CIVETTE (si-vè-f), s. f. Voy. CIVE
2. CIVETTE (si-vè-f), s. f. \\ 1° Quadrupède Carnivore semblable à une martre, dit aussi chat musqué (viverra civelta, /,.). || 2° Substance onctueuse, d'une forte odeur de musc, sécrétée par des glandes situées au-dessous de l'anus de la civette. Qui n'avait pas le goût du musc, civette, ou d'ambre, Régnier, Sat. xi. || Fig. L'on a beau faire bien, et semer ses écrits De civette, benjoin, de musc et d'ambre gris,
RÉGNIER, Sat. IV.
— HIST. xv' s. Une petite boistelecte d'argent à meetre cyvecte, de laborde, Émaux, p. 242. Pour une cage pour mettre une civette nouvellement venue de Levant, id. ib. p. 243. Mais que ce jeune bachelier, Laissast ces jeunes bachelettes; Non, et le deust-on vif brûler.... Plus doulces lui sont que civettes, villon, Gr. Testam. double bail.
— étym. Bas-grec, ÇauÉTiov, de l'arabe xabad, la substance onctueuse que fournit la civette, de xabad, écume.
CIVIÈRE (si-viê-r'), *. f. || 1° Engin propre à transporter des fardeaux, qui a quatre bras et est porté par des hommes. Brissac me mit sur une civière à fumier et il me fit porter par deux paysans, retz, iv, 324. || 2° Terme de marine. Cordage tenant lieu de racage, à la vergue de civadière. Sorte d'élingue pour changer les canons d'affût. || 8° Nom du bouvreuil, dans quelques cantons. || 4° Dans la papeterie, sorte de filtre. || Proverbe. En cent ans bannière, : en cent ans civière, ou cent ans bannière, cent ans ! civière, se dit pour exprimer que les plus illustres familles rentrent, à La longue, dans la foule vulgaire, en un mot que toutes les fortunes changent.
— hist. xui's. C'est com le jeu de la civière, L'un va devant, l'autre derrière, C'en est l'usage,
Choses qui [aillent en ménage. || xiv's. Et buvons tant de vins, parmi no cherveliere [vins qui nous portent à la cervelle, à la tête], Qu'il nous convient porter dormir à la chiviere, Baud. de Seb. I, 897. || xvi* s. Il y a un vieil proverbe françois qui dit, en cent ans bannière, en cent ans civière: qui a esté inventé pour signifier, chacune chose avoir son acroissement et sa déclinaison, lanoue, 226. Un laquais, qui roulle une civière et une malle verte dessus, d'aub. Fœn. iv, 43. Et ceux qui [les peuples nomades] toutes saisons Leurs maisons Roulent sur une civière, rons. 442. Nostre Jacques, roy de Naples et de Sicile, qui, beau, jeune et sain, se faisoit porter par pays en civière, couché sur un meschant oreiller en plume, mont, m, 287.
— ÉTYM. Picard, chiviere; bourguig. sereire, civeire ; vénitien, eiviera; milanais, scivera; ital. civéo, civéa; du bas-lat. cœno-vehum , de cœnum, boue, et «chère, porter (voy. véhicule), la civière servant d'ordinaire à porter du fumier. L'italien, civéo, civéa, représente directement le bas-latin, dont les autres formes proviennent par dérivation.
CIVIL, ILE (si-vil, vi-1'; au pluriel l's ne se lie pas : des employés civils à tout le monde; dites civil-à.... cependant plusieurs prononcent cette *: ci-vil-z à....) , adj. ||1° Qui concerne les citoyens. La vie, la société civile. Guerre civile, guerre entre les citoyens. La France, sortie enfin des guerres civiles, commençait à donner le branle aux affaires de l'Europe, boss. le Tellier. La vigueur qui, durant cinq ans, lui fit dévouer sa tête aux fureurs civiles,id. ib. Pourquoi nous déchirer par des guerres civiles? corn. Hor. I, 4. Et les proscriptions et les guerres civiles, id. Cinna, 1, 3. Un parti qui causa quelque émeute civile, mol. l'Étour. iv, 4 . Soit qu'en sa dernière tête L'hydre civile t'arrête, malh. h, 6. Les vertus civiles, qui font toute la douceur et toute l'harmonie de la société, massillon, Conly. || Année civile, l'espace de temps qui est réglé, dans chaque État, pour la durée des affaires du barreau, des cours de justice, etc. || Année civile se dit par opposition à année astronomique. Comme celle-ci vaut à très-peu près 366 jours et un quart, pour éviter cette fraction de jour, on compte trois années de 366 jours, et la quatrième qu'on nomme bissextile en a 366. D'un autre côté, l'année astronomique commence au solstice d'hiver, le 21 décembre, et l'année civile au 4" janvier qui suit. || État civil, la condition d'une personne résultant de sa filiation, d» ses alliances, de ses droits de famille. || Actes civils, actes qui constatent l'état civil des personnes. || Officier de l'état civil, fonctionnaire qui est chargé d'enregistrer les naissances, les mariages et les décès. || Droit civil, l'ensemble des lois qui règlent l'état des personnes, les biens et les diverses manières d'acquérir la propriété. Se dit par opposition à droit politique, droit criminel, droit commercial, droit des gens, droit canonique. || Droits civils, ceux dont la jouissance est garantie par la loi civile à tout Français. Mort civile, privation complète des droits civils. || Liste civile, somme allouée sur le budget de l'État au souverain. || Jour civil, espace de vingt-quatre heures qui se comptent d'un minuit à l'autre. || 2* Terme de jurisprudence. Civil se dit par opposition à criminel. Code, procès civil. Tribunal civil. Matière, procédure civile. || Partie civile, celui qui agit en son nom et dans son propre intérêt contre un accusé. || Intérêts civils, le dédommagement dû sur les biens d'un criminel à celui qui a souffert du crime. Les effets civils d'un jugement criminel. || Requête civile, voie extraordinaire admise par la loi en certain cas pour faire rétracter un jugement ou arrêt rendu en dernier ressort. || Substantivement. Le civil, la voie civile, par opposition au criminel. Vous pouvez le poursuivre au civil, mais non au criminel. || 3° Civil se dit par opposition à militaire. Courage civil. Emploi civil. Les autorités civiles, militaires, ecclésiastiques. Bâtiments civils. || Substantivement. Le civil par opposition au militaire. || Les militaires disent aussi uncivil, pour un bourgeois. || 4* Se dit aussi par opposition à politique. Ordre civil. || Se dit enfin par opposition à religieux. || 5° Qui appartient à la société, par opposition à sauvage. Ces peuples ne se sont point formés eux-mêmes par degrés; ils ont été transportés du fond des forêts et de l'état sauvage au milieu des cités et de l'état civil, chateaub. Génie, m, m, 2. || 6° Affable, poli, courtois. Civil à ceux à qui il ne pouvait être favorable, flech. Lamoign. Autrefois le rat de ville Invita le rat des champs, D'une façon fort civile, X des reliefs d'ortolans, la font. Fabl. i, 9. La recherche [de ma fille] en pouvait être honnête et civile, mol. le Dép. m, 8. Recon-
crv
naissez le héros qui , toujours égal à lui-même, san» se hausser pour paraître grand, sans s'abaisser pour être civil et obligeant, se trouve naturellement tout ce qu'il doit être envers tous les hommes, boss. Louis de Bourbon.
— HIST. xiv* s. Qu'il vousist se recorder de la civile compeignie en laquelle il estoit nez, bercheure, f* 64, recto. Il a convenu que les civiles privées dis cordes aient esté remises et delaiées, id. f° 42, verso. Et celle apert estre science civille, oresme, Eth. ut. Toute paine criminelle, corporelle et civille, qu'il devrait ou pourrait avoir encourue ou deservie, Bibl. des chartes, 6* série, t. i, p. 82. || xv* s. Adonc (dit Tulles) un homme de grande authorité leur monstra le grand bien de la vie civile, c'est à dire de la communauté de gens, Bouciq. iv, en. 4 0. Malet qui estoit civil et subtil home, du cange, civiUl. Oster et meurtrir toute vie civile du roy et du royaume, gerson, Harangue au roi Charles VI, p. tf>. || xvi* s. Il est plus respectueux et civil de.... mont, i, 61. Guerres civiles, id. i, 422. Le debvoir des armes et le debvoir civil, id. i, n 9. Requeste qui sembla raisonnable et civile, amyot, Flamin. 7,3.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. civil; ital. civile; du latin civilis, de civis, citoyen. Comparez à civis l'anglo-saxon, Mc;goth. heiv.
CIVILEMENT (si-vi-le-man) , adv. || 1» En matière civile. Poursuivre, juger civilement. || Être mort civilement, être frappé de la privation de tous ses droits civils. En cet état-là il est mort civilement, et s'est comme déposé soi-même, balz. 7* Discours sur la cour. || Être civilement responsable du dommage causé par une personne sur laquelle on a autorité, être tenu des réparations qui dépendent du droit civil, en cas de délit. || 2" Avec civilité, d'une façon honnête et polie. 11 m'a reçu fort civilement. Il en a usé le plus civilement du monde, hamilt. Gramm. 6. Je ne laisse pas de vivre civilement avec ceux qui ne le croient pas, fonten. Les mondes, 2* soir. Je n'ai garde d'insulter sur vos misères, comme vous le reprochez civilement, balz. Liv. v, lett. 3. C'est une grande bonté à vous de prendre la peine de m'écrire et de me traiter aussi civilement que si je ne vous avais pas les infinies obligations que je vous ai, voit. Lett. 4 29.
— HIST. xiv* s. Home est ordené à vivre civilment et en communité, oresme, Eth. vm, (4. L'on dit que telz gens conversent civilment, id. ib. 4 80. || xvi* s. Qui repond pour un criminel corps pour corps, avoir pour avoir, n'en est pourtant tenu que civilement, loysel, 671. Et pource qu'il y a deux voies de se justifier, l'nne civile et l'autre chevaleresque, je m'offre à deflendre civilement, que.... m. du bellay, 489. Sylla ayant du commencement usé moderéement et civilement de sa fortune , amyot, Sylla, 64. En quoy je ne sçay s'il feit sagement ne civilement, de prendre inimitié capitale à rencontre d'un tel personnage, id. Flam. 37.
— ÉTYM. Civile, et le suffixe ment; provenç. civilment; ital. civilmente. Dans l'ancien français, civilment, civil est aussi au féminin, par la règle des adjectifs latins en is qui sont des deux genres.
t CIVILISABLE (si-vi-li-za-bl*) , adj. Qui peut être civilisé.
— ÉTYM. Civiliser.
t CIVILISATEUR, TRICE (si-vi-li-za-teur, tri-s'). adj. Qui civilise, qui porte à la civilisation. Peuple civilisateur. Opinion, religion civilisatrice. || Substantivement. Pierre le Grand, le civilisateur de la Russie.
— ÉTYM. Civiliser.
CIVILISATION (si-vi-li-za-sion; en poésie, de six syllabes), s. f.\\ 1° Action de civiliser; état de ce qui est civilisé, c'est-à-dire ensemble des opinions et d«s mœurs qui résulte de l'action réciproque des arts industriels, de la religion, des beaux-arts et des sciences. Au commencement de la civilisation, turgot , Pens. et frag. || 2" Dans l'école de Fourier, civilisation signifie la période particulière de ia vie sociale où sont présentement lesnations européennes.
— REM. Civilisation n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 4 835, et n'a été beaucoup employé que par les écrivains modernes, quand la pensée publique s'est fixée sur le développement de l'histoire.
— ETYM. Civiliser.
CIVILISÉ, ÉE (si-vi-li-zé, zée), part, passé. Doté de civilisation. La Grèce civilisée par l'Orient. Les nations civilisées, par opposition aux nations barbares. || S. m. Celui qui vit dans un pays civilisé.
CIVILISER (si-vi-li-zé) , v. a. || 1° Autrefois rendre civile un» matière criminelle. Civiliser ua procès. Civiliser une matière criminelle. || 2* Rendre civil , courtois. La société des dames l'a civilisé.
CLA
CLA
Il Par plaisanterie, corriger, battre. X moi, rustaut, à moi, que je vous civilise, scarr. Jodelet, i, 2. || 3" Polir les mœurs, donner la civilisation. Le commerce des Grecs a civilisé les barbares. Je civilise autant que je peux les Allobroges, volt. Lelt. Albergati , 6 sept. 4760. || 4° Se civiliser, v. ré/1. Fig. et familièrement, s'apaiser, s'arranger. La querelle se civilise. Cette affaire se civilise. Locution prise du droit, où une affaire, de criminelle devenant civile, se civilisait et devenait moins grave. || On dit, dans un sens analogue, qu'une nouvelle se civilise, pour exprimer que la chose annoncée est moins grave qu'on ne l'avait cru d'abord. || 5° Devenir civilisé. Les peuples se civilisent lentement. La France a été longtemps barbare, et, aujourd'hui qu'elle commence à se civiliser, il y a encore des gens attachés à l'ancienne barbarie, volt. Dialogues, 24. || 6° Devenir poli. Cet homme se civilise.
— 1IIST. XVI* s. Il avoit quelque façon externe qui pouvoit n'estre pas civilisée à la courtisane, mont, i, 4 47.
— ÉTYM. Civil.
CIVILITE (si-vi-li-té), s. f. || 1° Bonnes manières & l'égard d'autrui ; usage du monde. On doit traiter tout le monde avec civilité. User de civilité. Et comme je connais sa générosité, Nous ne nous combattons
que de civilité, corn. Poly. H, 5 Tant qu'on
m'a laissée en quelque liberté, J'ai voulu me défendre avec civilité, id. Hérael. I, 2. Et vers moi tout l'effort de son autorité N'agit que par prière et par civilité, id. Nicomède, i, 2. Mais enfin elle est reine, et cette dignité Semble exiger de nous quelque civilité, id. ib. n, 4. Mais la civilité n'est qu'amour en Camille , Et l'amour en Othon n'est que
civilité, id. Othon, n, 2 Votre espoir trop
prompt prend trop de vanité Des termes obligeants de ma civilité, id. Rodog. iv, 4. La politesse flatte les vices des autres, la civilité nous empêche de mettre les nôtres au jour, montesq. Espr. xix, 4«. Il faut trop de savoir et de civilité [à la cour], Et, si j'ose parler, trop de subtilité, réonier, Sat. m. Vous tachez à me contenter d'ailleurs et à couvrir une injustice avec beaucoup de civilité, voit. Lett. 30. Elle pensa hier rompre en visière à un neveu de Mme le Challeux, qui lui faisait entendre, par manière de civilité, qu'il la trouvait bien faite, rac. Lett. xxxiii, à son fils. Les députés de Hollandenefurentpointreçusdes ministres de Louis XIV avec cette politesse française, qui mêle la douceur de la civilité aux rigueurs mêmes du gouvernement, volt. Louis XIV, 4 0. || 2° S. f. plur. Démonstrations, protestations de civilité. Faire mille civilités à une personne, combler quelqu'un de civilités. Souffrez que je réponde à vos civilités, corn. Sertor. m, 2. Se fit-il un art de les attirer [les femmes dévotes] ou de les attacher à lui par des civilités, des visites de bienséance? fléchier, Panég. il, p. 424. Les civilités qu'il lui fit faire, boss. Var. 4 0. Il vous a fait des civilités, sév. 668. La Loire à qui vous avez fait tant de civilités, id. 4 9. Je reçois mille civilités, id. 455. Je fus promptement retrouver mon janséniste, à qui je dis, après les premières civilités.... pasc. Prov. 4. Et tandis que tous deux étaient précipités Dans les convulsions de leurs civilités, mol. Fâcheux, i, t. || Au sing. La masque encore après lui fait civilité, mol. Sgan. v, 4. Une visite dont je veux lui faire civilité, id. Festin, m, 7. || La Civilité puérile, ancien livre fait pour apprendre la' civilité aui enfants. || Familièrement, il n'a pas lu la Civilité puérile, se dit de quelqu'un qui manque aux devoirs de civilité.
— REM. Voltaire, dans ses remarques sur A't'comède, dit que civilité ne doit jamais entrer dans le langage héroïque. Cet arrêt est trop absolu, et tout dépend de la place et de l'emploi.
— SYN. CIVILITÉ, POLITESSE, COURTOISIE. Etymo-
logiquement, la ci vilité est ce qui préside aux relations civiles, c'est-à-dire entre concitoyens; la politesse est la qualité de celui qui a été poli; la courtoisie, celle qui émane de la fréquentation de la cour, ou plutôt des cours féodales; c'est de là que le mot est provenu. Ces ètymologies distinguent suffisamment les trois mots. La civilité est le premier degré; elle a son cérémonial, ses règles, qui sont de convention. La politesse est quelque chose de plus: elle ajoute, à l'idée de civilité, des manières et une façon de s'exprimer qui ont quelque chose de noble, de fin, de délicat. Pour pratiquer la ci-' vilité, il faut connaître les usages; pour avoir la politesse, la connaissance de ces usages n'est pas absolument nécessaire; et l'homme distingué d'esprit et d'éducation aune politesse naturelle. La courtoisie implique, en plus, des sentiments chevaleres-
CICT. DE LA LANGUE FIIANÇAI**
ques, c'est-à-dire le culte envers les femmes, la générosité envers les adversaires et les ennemis, sentiments que ne renferment ni la civilité ni la politesse.
— HIST. xiv* s. Distribucion de honeurs ou de pecunes ou de quelconques autres choses qui sont partables entre ceulx qui communiquent en une civilité ou policie, orksme, Elh. 444. Civilité, c'est la manière, ordenance et gouvernement d'une cité ou communité, id. ib. 34. Et ditTere leur civilité de la civilité de ceux qui entendent à faire les citoiens bons en la manière que une bonne chose diffère d'une malvoise, id. ib. 34. || xv* s. Tant de ce les enhorta que il les attira à icelle civilité, et que il s'assemblèrent ensemble, Bouciq. iv, ch. 40. Pour la subtilité et civilité [adresse] du dit Malet, du cange, civilis. || xvi" s. Ceux qui vont en Allemagne, où les coustumes et civilitez [usages] sont différentes des nostres, quand ilz sont revenus, on les trouve grossiers, lanoue, 420. Ayant esté nourry à la guerre en discipline militaire plus que es civilitez de la viHe, amyot, Marius, 2.
— ÊTYM. Provenç. civilitat; espagn. civilidad; portug. civilidade; ital. civilità ; du latin civilitatem, de civilis, civil.
CIVIQUE (si-vi-k'), adj. || 1° Qui concerne les citoyens. Devoirs civiques. Droits civiques, droits qui appartiennent au citoyen. L'élection des citoyens chargés de voix se renouvelant tous les ans, on serait moralement sûr que les voix civiques seraient portées sur les plus dignes, tubgot, OEuvres, 1844, t. n, p. 64 5. || Serment civique, serment d'attachement au nouvel ordre de choses qu'on demandait durant laRévolution. || Garde civique, garde composée de citoyens, autrement garde nationale. Gloire à la garde civique, Piédestal des lois I bêrang. Restaur. || 2° Qui appartient à un bon citoyen. Les vertus civiques. L'objet de l'institution générale d'une bonne et civique éducation.... tubgot, OEuv. t. n, p. 534. || 3° Couronne civique, couronne de chêne qu'on décernait chez les Romains à celui qui, dans une bataille, avait sauvé la vie à un citoyen. Ces citoyens sauvés aux remparts de Nola, Qui d'un rameau civique honorèrent Sylla, jout, Sylla, 1, 4.
— ÉTYM. Lat. civicus, de civis, citoyen (voy. civil). CIVISME (si-vi-sm'), s. m. Sentiments qui font
le bon citoyen; attachement à la cité, à la patrie. || Dans les lois de la Révolution, dévouement au gouvernement établi. Certificat de civisme.
— REM. Ce mot est un néologisme et ne se trouve dans aucune des éditions antérieures à 4 836 du Dictionnaire de l'Académie. On a dit qu'il était dans Montesquieu : «Le civisme, demandant une préférence continuelle de l'intérêt public au sien propre, donne toutes les vertus particulières. » Cette citation est fausse; la phrase est : Cet amour [des lois et de la patrie] demandant.... montesq. Espr. iv, 6.
— SYN. civisme, patriotisme. Le civisme est du bon citoyen; le patriotisme est de celui qui aime et sert sa patrie. On voit dès lors que patriotisme est plus étendu que civisme; car, pour avoir du civisme, il faut être citoyen, tandis que, pour le patriotisme, il suffit d'avoir une patrie. Les serfs russes montrèrent beaucoup de patriotisme dans la grande invasion que fit Napoléon en leur pays. Hampden, en refusant une taxe modique qui n'était pas légale, fit un acte de civisme.
— ÊTYM. Voy. civique.
CLABACD (kla-bô) , s. m. || 1" Terme de vénerie. Chien à oreilles pendantes, qui aboie mal à propos, c'est-à-dire sans être sur les voies de la bête. Le veneur n'a point confiance en ce chien; c'est un clabaud. || 2° Par extension. Ce chapeau fait le clabaud, il est clabaud, il a les bords pendants. Un chapeau clabaud par-dessus mon bonnet, i. 3. rouss. Conf. vi. Demandez à votre écuyer si vous n'aviez pas votre chapeau en clabaud et si vous n'étiez pas noir comme undiable etpoudreuxcommeuncourrier,à labataille de Fontenoi, volt. Lettr. Richelieu, 46 juillet 4766. || 3° Fig. Personne qui crie beaucoup et sans cause.
— HtST. xvi* s. Ces clabaux de village, desi-er.
Contes, lvi Sans lévriers, sans clabauts Avez
forcé le cerf et par monts et par vaux, OEuvres de baïf, p. 67, dansLACURNE.
— ÉTYM. Picard, clabaud, qui a les oreilles pendantes; wallon, clabol, clochette pendue au cou des animaux; du germanique : holland. klappen; allemand kUrffen, bavarder, faire du bruit; ancien haut-allem. klajfàn (comp. glapir). On voit la série des sens : chien qui aboie mal à propos; mais, ce chien ayant les oreilles pendantes, le mot prend aussi l'acception de pendant, tombant. Ce mot, qui n'est pas trCs-ancien dans la langue, paraît être venu par nos provinces du uord.
CLABAUD AGE (kla-bô-da j'), s. m. || l"Aboi de chiens. Le clabaudage des chiens dans un chenil. |l 2° Fig. Criaillerie sans motif. Son clabaudage ne m'effraye point.
— ÊTYM. Clabauder.
t CLABAUDEMENT (kla-bo-de-man) , *. m. Action de clabauder.
— HIST. xvi* s. Aussi n'oyez-vous plus aux classes ce clabaudement latin des regens, Sat. Uén. p. 80.... Et ce clabaudement et abbayement est un pleur pour l'impatience de leur ire, paré, Animaux, ta.
— ÊTYM. Clabauder.
CLABAUDER (kla-bô-dé) , t>. n. || 1° Terme de vénerie. Aboyer sans être sur les voies, en parlant d'un chien. Voilà maint basset clabaudant; Voilà notre renard au charnier se guindant, la font. Fabl. in, 23. || 2* Fig. Crier sans cause. Il clabaude contre tout le monde. Il jura qu'il s'en vengerait, et clabaude aujourd'hui contre moi chez monsieur le procureur général, volt. Lett. d'Argental, 20 oct. (764. Un peuple aimable et vain [les Parisiens].... Qui vole au moindre bruit, et qui tourne à tout vent, Y juge les guerriers, les ministres, les princes, Rit des calamités dont pleurent les provinces, Clabaude le matin contre un édit du roi, Le soir s'en va siffler quelque moderne ou moi, volt. Ép. cix.
— HIST. xvi* s. C'est un vertueux office, Avoir pour son exercice Force oiseaux, et force abbois, Et en meutes bien courantes Clabauder toutes ses rentes Par les champs et par les bois, dubell. m, 87, recto. Les chiens abbayent et clabaudent oyans le bruit des trompettes, paré, Animaux, 42.
— êtym. Clabaud.
CLABAUDERIE (kla-bô-de-rie), *. f. Criaillerie sans raison et sans sujet. Peu troublé de toutes ce? clabauderies. Mais le seigneur plein de furie Fit cesser la clabauderie, scarron, Virg. trav. liv. vi.
— HIST. xvi* s. Vous diriez, à les ouir criailler, que l'Estat s'en va perdu s'il manque de clabauderies affinée» et de ruses pedantesques, sully, dans le Dict. de dochez.
— êtym. Clabauder.
CLABAUDEUR (kla-bô-deur), *. m. j| 1* Terme de chasse. Synonyme de clabaud. || 2° Fig. Clabaudeur, clabaudeuse, celui, celle qui crie beaucoup et sans raison. Quel clabaudeur assommant!
— HIST. xvi* s. Les pedans clabaudeurs, après avoir questé avec grande estude et science par les livres, en font monstre et.... charroi», Sagesse, 1, 40.
— ÊTYM. Clabauder.
t CLADOPODE (kla-do-po-d'), adj. Terme de zoologie. Qui a les pattes divisées comme des branches.
— ÊTYM. KXâ8o;, branche, de %\ia, fendre (voy. clastique), et itoû;, «oSi?, pied (voy. pied).
t CLADORRUIZE (kla-dor-ri-z'), adj. Terme de botanique. Qui a des racines rameuses.
— ÊTYM. K/âSos, branche, et ftÇa. racine. CLAIE (klê), s. f. || l'Ouvrage de vannier, en
osier, plat, long de quatre ou cinq pieds et large d'environ trois ou quatre, selon les choses dont on a besoin. Une claie à faire sécher des prunes. Une claie à nettoyer les habits. || Passer à la claie, jeter avec une pelle de la terre pierreuse contre une claie qu'on tient entre droite et couchée, de sorte que la bonne terre passe et que les pierres retombent au bas de la claie du côté du jardinier. || Traîner sur la claie, punition infligée autrefois aui cadavres de ceux qui s'étaient tués volontairement, ou qui avaient été tués en duel, ou de condamnés à mort. Bruquement et Cavagnes furent traînés à la Grève sur la claie, volt. Mœurs, 474. || Fig. Ils ont beau traîner sur les claies Ce Dieu mort dans leur abandon ; Ils ne font couler de ses plaies Qu'un intarissable pardon, v. hugo, Voix, 6. || 2° Treillage en bois ou en 1er servant de clôture pour les parcs à bestiaui, les propriétés, d'abri pour les plantes, d'ahat-jour, etc. il 3° Terme de pêche. Synonyme de nasse. || 4° Terme militaire. Assemblage de branches d'arbres qu'on charge de terre et dont on couvre un logement pour le garantir des feux d'artifice de l'ennemi. || Terme de fortification. Assemblage de branches entrelacées qu'on jette sur la boue d'un fossé récemment saigné, afin de pouvoir le passer sans enfoncer. || 6° Terme d'orfèvre. Espèce de faux plancher en bois, divisé en chambrettes, qui est mis sous l'établi pour recevoir les parcelles d'or et d'argent qui se déiachent de l'ouvrage.
— HIST. xm* s. El n'a, ce semble, point de ventre, Que tout le pis [poitrine, devant du corps].... Pent à la cloie de l'eschine, la Rose, )02io. Or est Raimbaus Créions à l'estaque où s'est pris; Contremont est rampes com chevaliers gentis De ci qu'à une cloie;
CLA
sus à genous s'est mis, Ch. d'Ant. iv, 947. Sos une cloie s'«st muciés, toi de Welion. Formaiges qui dedens esteient Et sur une cloie giseient, mahie, Fable 4 4. La charretée de cloies à eschafauder, Liv. des met. 323. Quant fête fu [la fosse] à sa devise, Une perche a par desus mise, Sur la perche met une cloie, Ben. 744 t . || nv s. Que le faulcon siée droictement sur le poing, non pas sur la cloie [dos] de la main, ne dedens sur les dois, Modus, f lxxvm, verso. Le cop cheï sur elle , tellement qu'il lui fist une plaie à sanc sur la cloie de la main, ducange, data. Le suppliant lui donna delaclaye de la main par le visage, id. ib. || xv s. Le suppliant portait une clede ou claye qu'il avoit faite, id. ib. cleda. La claye ou clide du champ , id. ib. Le suppliant s'enfouit au dit villaige jusques au dedans d'une clue près et au rez des maisons,iD. ib. Et avoient fait [les Flamands] ponts de nefs et de clayessur l'Escaut, froiss. n, n, 58. || xvi* s. Les deux furent trainez sur des clies, et le peuple les poursuivit , et couvrit de fanges et d'opprobres , d'abb. Hist. n, 32. Les païsans roullerent dans le fossé force gabions, madriers, claies et fassines, id. ib. il, 66. Ceux du fort, qui n'avoient qu'un parapet de clies, l'abandonnèrent, id. ib. n, 4 93. Sur des clies doubles, id. «'p. m, 20. Les commissaires de l'artillerie, à cause des mauvais chemins, eurent quelquefois la peine de faire cheminer demie lieue l'artillerie sur des clies, id. ib. ni, 226.
— ÉTYM. Picard, cloie; génev. clie; ■wallon, clcûse; provenç. cleda; bas-lat. clida, clia, dans les lois des barbares et dans de vieux glossaires; le diminutif cletella dans Grégoire de Tours ; du celtique : anc. irlandais, cliath; kymri, clwyd; Cornouailles, eluit; bas-breton, cloued; tous mots qui signifient claie. La cloie de la main , la cloie de l'échiné s'est dit, dans l'ancienne langue, par comparaison de la structure osseuse de ces parties avec une claie.
| 4. CLAIN (klin), s. m. Biseau que le tonnelier forme sur l'épaisseur de chaque douve.
— ÉTYM. Sans doute pour clin, de cliner inusité, mais se trouvant dans in-cliner, dé-cliner, en-clin.
-(■ a. CLAIN (klin), s. m. Terme de coutume. Saisie. Il y avait deux sortes de clains, l'un réel qui se pratiquait sur les biens du débiteur, l'autre personnel qui s'exerçait sur sa personne. || Clain de rétablissement, procédure pour rétablir le bailleur de fonds à rente foncière dans la possession de l'héritage, faute par le preneur de payer la rente.
— ÉTYM. L'anc. verbe français clamer, qui signifiait réclamer en justice, du latin clamare (voy. clameur).
CLAIR, CLAIRE (klêr,klê-r'),odj'.|| l°Qui a l'éclat du jour, de la lumière. Le bois sec fait un feu trèsclair. Mais, 6 planète belle et claire.... malh. h, 4. Adieu donc, clairs soleils si divins et si beaux, Adieu l'honneur sacré des forêts et dss eauxl Régnier, Plainte. L'étoile reparaîtra avec un nouvel éclat ; vous la verrez marcher devant vous plus claire que jamais, et, comme les mages, vous serez transportés de joie, boss. Élévations sur les mysl. vi. Il 2" Qui reçoit beaucoup de jour. Cette chambre est fort clair». || Transparent. Des vitres bien claires. Clair comme le cristal. || 3" Luisant, poli. Des armes claires. Vaisselle claire. || Argent clair ou clairs deniers, argent comptant, et, par suite, argent qu'on est certain de toucher. Sa Majesté, dans les premiers jours de sa régence, épuisa l'épargne des plus clairs deniers, larochef. Mém. 23. || Par extension. Le plus clair de son bien, de sa fortune, la partie la plus sûre, la plus incontestable, par exemple de bonnes terres, de bonnes maisons, de bonnes rentes. Lesquels deux mille écus Du plus clair de mon bien seront pris et perçus, begnard, Légat, iv, 6. Son plus clair revenu consistait en bon vin, volt. Finances. H Argent clair s'est dit, ainsi que argent sec, pour argent comptant, à cause de l'éclat, ou, plaisamment, à cause de l'état sec que présentent des pièces de monnaie comptées pour un payement, jl 4" Qui est d'une nuance peu foncée, en parlant des couleurs. Vert clair. Brun clair. Un teint clair. Il suivait une pente où l'herbe, usée à peine, Sous
le sombre sapin et sous le clair bouleau massok,
Uelv. 11. Il Clair-brun, clair-brune, qui est d'un brun clair. Cheveux clair-bruns. Cette fille est clairbrune. Dans cette orthographe, qui est celle de l'Académie, clair est adverbe. || 5° Qui n'est pas trouble. Vin clair. Eau claire. Le long d'un clair ruisseau buvait une colombe, la font. Fabl. 11, 42. Ainsi qu'un clair ruisseau, captif entre ses bords, cas. delav. Ép. à Lamartine. Clairs ruisseaux, sombres bois, qui la vttes fidèle, Cessez de retracer à mon cœur affligé L'image d'une ardeur et si vive et li belle, chaulieu, Sur une infidélité. Savoure ce
CLA
nectar plus clair que le rubis, Gilbert, Nouvel Épicure. Il Fig. Faire de l'eau claire, ne pas réussir. Mais quoi ! que feras-tu que de l'eau toute claire ? mol. l'Étour. m, 4 . || Par extension. Le temps, le ciel est clair. Tous les jours se levaient clairs et sereins pour eux, rac. Phèd. iv, 6. Pour toi, toute fumée ondulant, noire ou gaie, Sur le clair paysage.... v. hugo, Voix intér. 19. || 8° Qui a peu de consistance, par opposition à épais. Cette purée est trop claire. || Un œuf clair, œuf qui a été pondu par une femelle d'oiseau non fécondée. || Lait clair signifie quelquefois petit-lait. || 7" Qui n'est pas assez serré, dont les parties ne sont pas rapprochées. Une toile claire. Les blés sont clairs. || Bois clair, bois dont les arbres sont assez éloignés les uns des autres. H 8° Net, aigu, en parlant de la voix et des sons. La voix des femmes est plus claire que celle des hommes. Et là d'une voix claire, Devant quatre témoins assistés d'un notaire, rac. Plaid, n, 4. Il 9° Fig. Aisé à comprendre. Cet auteur n'est pas clair. Des termes clairs. Des idées claires. Un système suivi, méthodique, clair, marchant de conséquence en conséquence, volt. Dict. phil. Philosophie. Ne doit-on pas interpréter des édits vagues et obscurs par des lois claires et reconnues qui les expliquent? volt. Lelt. de la Voûte, 4 février 4760. Il Cette affaire n'est pas claire, elle est embrouillée. Il Ce procédé, cette conduite, ces discours ne sont pas clairs, ils sont équivoques. || Familièrement. Est-ce clair? c'est-à-dire ai-je parlé d'une façon intelligible? H Le plus claird'une affaire, tout ce qu'on peut y comprendre. || 10" Qui comprend aisément, en parlant de l'esprit. Avoir l'esprit clair. Ëtaient-ce impressions qui pussent aveugler Un jugement si clair? malh. v, 4. y 11' Évident, manifeste. Son droit est clair. La loi est claire et précise. Vous déguisez en vain une chose trop claire, corn. Hor. 1, 2. Et vous pourrez avoir des visions plus claires , id. Nicom. n, S. Le jour est déjà grand ; et la honte plus claire De l'apôtre ennuyé l'avertit de se taire, malh. I, 4. Maintenant ces deux âmes pieuses contemplent ensemble à découvert les lois éternelles d'où les nôtres sont dérivées; et si quelque légère trace de nos faibles distinctions paraît encore dans une si simple et si claire vision, elles adorent Dieu en qualité de justice et de règle, boss. le Tellier. Qui cherche la perfection, Loin de tout croire en téméraire, Pèse avec mûre attention Tout ce qu'il entend dire et tout ce qu'il voit faire ; La plus claire apparence a peine à l'engager, corn. Imitation, 1, 4. Ce que l'on peut prendre pour la cause de cet effet, étant clair que c'est la même chose de faire faire un pouce de chemin à cent livres d'eau que de faire faire cent pouces de chemin à une livre d'eau, pasc. Équil. des liqueurs, n. Que dirai-je des difficultés qu'on suscite dans l'exécution, lorsqu'on n'a pu refuser la justice à un droit trop clair? boss. le Tellier. Des prophéties plus claires que le soleil, boss. Hist. 11, 4. J'exigerais de ceux [les esprits forts] qui vont contre le train commun et les grandes règles, qu'ils fussent plus que les autres, qu'ils eussent des raisons claires et de ces arguments qui emportent conviction, la brut, xil, || Familièrement. C'est un profit tout clair, un profit manifeste. Au lieu de dépenser mon argent, je l'ai placé, c'est un profit tout clair. Détaillons un peu les obligations que je vous ai : premier acte [de Tancrède], premier remerciaient ; la première scène du second, supprimée, profit tout clair, volt. Lelt. d'Argental, 24 sept. 4780. ||12° Clair, s. m. Clarté. Au clair de la lune. Notre promenade fut charmante au clair de lune, sév. 24 4. Les bigote.... criaient tous Disant : au clair de lune II [Guilain] fait danser les loups, bêrang. Ménétr. de Meudon. ||Terme de peinture. Un clairde lune, tableau d'une vueprise au clair de la lune. H II fait clair, il fait jour, et aussi on voit •lair. Il fait clair dans cette galerie. || 13° Terme de peinture. Parties éclairées d'un tableau. C'est ainsi que la peinture divise en grande masse ses clairs et tes obscurs, montesq. Goût, Variété. || 14" Dans une tapisserie, les clairs, les laines, les soies de couleur claire. Cette tapisserie est presque achevée, il n'y a plus que les clairs à mettre. || Endroit d'une étoffe ou d'un bas où, les fils étant à moitié usés, le jo^r se voit à travers sans qu'il y ait un trou. Raccommoder, faire les clairs d'un bas. || 15° Tirer un liquide au clair, le mettre en bouteilles quand il a bien reposé. Il Fig. Tirer une affaire au clair, l'éclaircir, en étudier toutes les circonstances. || Dans le même sens, mettre au clair. Chavigny, se voyant mis au clair [dévoilé], n'eut recours qu'au pardon, st-sim. vin, 98. Il 16° Clair, adt>. D'une manière claire, distincte. Voirclair. On lui vient dira qu'il verra clair [ne sera
CLA
pas aveugle], sév. 6. || Entendre «lair, avoir l'ouïe bonne. Moins usité que voir clair. || Fig. Voir clair, être pénétrant, se rendre compte d'une chose. Et le sort, qui détruit tout ce que je consulte, Me fait voir assez clair que jamais ce tumulte N'aura paix qu'au tombeau, malh. v, 2t. Ils se vantent de voir fort clair en leurs affaires, la font. Fiancée. L'œil qui voit dans les cœurs clair comme dans les cieux, Sait quelle aversion j'eus depuis pour tes dieux, rotr. St. Gen. m, a. Je commence à voir clair dans cet avis des cieux, rac. Athal. 11, 6. Dieu voit clair dans nos cœurs, boss. i, Pent. 2. Elle voit bien clair à l'intérêt que j'y prends, sév. 382. On voit clair au travers de mes paroles, id. 45. En venant à vouloir voir clair aux effets de notre marquise, mol. l'Av. iv, 4. Qui peut aisément voir clair dans l'histoire que vous ferez, id. ib. v, 6. Vous avez vu clair et dans la vanité de toutes les choses humaines et dans les grandes vérités de l'éternité, mass. Car. Inconstance. Qui voudraient voir clair dans les secrets de Dieu, id. Car. Temples. Ceux qui voudraient voir clair dans les voies éternelles de Dieu, m. Avent, Noël. Ma musique est une musique de conséquence, il faut voir clair à ce qu'on fait, regnard, Sérén se. 4 8. Il Parler clair, parler avec une voix grêle et aiguë. Il Fig. Parler clair, parler clair et net, parler ouvertement, sans réticence ni ménagement. Déclarant haut et clair que celui qui se dit mon ami ne l'est point. || Fig. Cette ferme lui rapporte clairet net quatre mille francs par an, c'est-à-diretous frais déduits. H Clair, en espaçant, de loin en loin. Semor clair. Des épinards plantés clair.
— HIST. xi* s. Que nous perdons clere Espagne la bêle, Ch. de Roi. iv. Bels fut li vespres, et li soleils fut cler, ib. xi. Cler en riant [il] l'a dit à Guenelon, ib. xlvh. Montjoie [il] escrie et hautement et eler, ib. cxlv. Li sanz touz clairs par mi le cors lui raie, ib. cxlvi. || xii* s. Princes e très cliers e granzies[tues]encestecité, Jf achao.i, 2. Mil graille sonent, moût en sont cler li son, llonc. p. 7t. Clere est la nuit et la lune luisant, ib. p. 4 14. L'espée [il] ceint, dont li pons [la poignée] reluit cler, ib. p. 4 25. Â cleres armes, à riches gonfanons, ib. p. 4 33. Cler luit la lune par la cité antie, ib. p. 447. Plus []'] en auroie le cuer del ventre cler [satisfait] , ib. p. 468. Mais se vos ieus, où l'on se puet mirer, Qui tant sont cler.... Coud, n. Queli faus enfes [enfant] qui crie Pour la bêle estoile avoir, Qu'il voit haut et cler seoir, ib. m. Mais son eler vis et sa fresche bouchete, ib. n. Et vos [votre] douz front qui plus est cler que glace, ib. xi. Le front poli et cler, les oils vairs et rianz, Sax. v. Ce fu à Pentecoste, que il fait bel et cler, ib. xm. || xin° s. La fille [de] Blancheflor la royne au cler vis, Berle, xxx. [Elle] cuida que il fust jour, pour ce qu'il faisoit cler, ib. xliii. S'en départ la royne , car la lune lu ist clere, ib. xliv. [Votre père] Qui ça vous envoia bêle, plaisant et clere, ib. xcvm. Et l'autre partie par clers usages et par cleres coustumes, usées et acoustumées de lonc tans pesivlement [paisiblement] , beaum. 4 3. Bien seûst veoir cler, Qui i veïst un mauvais cas, ruteb. 306. Cis siècles est moult fel, si nous veut enganer; N'i a vraie justice; nus n'i peut veïr cler, Moult i convient grant garde por nos âmes salver, Ch. d'Ant. 1, 96. Si que je leur monsterrai tout cler, que je n'enporte point d'argent, joinv. 282. Il xrv* s. Il est tout clair que telles petites fortunes ne font pas.... ohesme, Eth. 24. Et dit cilz d'Alebret : Je le dirai tout cler : On dit que vous tenez et faites enserrer Ung chevalier prison que je doi bien amer, Guescl. 4 3405. Lapaste est plus clere et est comme boulie clere, Uénagier, 11, 5. Laissiez reposer vos rainsseures; puis vuidiez le cler, et le coulez, t'6. || XV s. De nuit on oyt moult clair, froiss. n, n, 243. Et le comte qui sage et subtil estoit, et qui à ses besognes assez clair veoit, id. 11, ni, 6. Et chevauchèrent ces François tous armés au clair, id. 1, I, s<6. Je vois bien cler; jà ne faut qu'on me maine, ch. d'orl. Bail. 97. Pour estre de cette chose certainement et au clair informé, Bouciq. m, ch. 4. Le jour estoit ung peu au cler et esclarcy, comm. i, 4 t. Ayant clere congnoissance de gens, îD.n, 6. Sire, dit elle qui de loing traire vouloit clere eaue [tirer des éclaircissements], plaise vous moy nommer celles qui sont mariées et à qui, Perceforest, t. m, 1* 74. || xvi* s. C'est une chose claire comme le soleil en plein midi, calv. Instit. 4 4 55. Au lieu que je declaire, Le fleuve Lot couve son eau peu claire, marot, i, 258. J'ay mis au clair le plus grand de mes doutes, J'ay descouvert cent secrets d'un traict d'oeil, st-gel. 4 84. Le nom tout seul do François de la Tour Dira assez au clair sang de Turene Qu'il n'est pas mort, id. 4 96. Il y voyoit ai
CLA
CLA
CLA
cas
clair, d'un jugement si sain que.... mont, i, (47. Voir clair en ses affaires, id. h, 80. Il faict clair [il fait beau soleil], id. n, 368. Les accidents qui sont advenus aux cinq roys, qui régnèrent à Rome depuis Numa, ont rendu sa gloire encore plus claire et plus illustre, amyot, Numa, 36. Galba en prit la hardiesse de dire publiquement hault et clair, qu'il.... w.P.JSm. 54. Si tost donquesquelejourfutclair.... id. t». 62. Si feit ses rencs clairs du commencement, pour engarder que les ennemis ne le peussent envelopper, id. Crassus, 44. Des sachets de toile claire, o. de serres, 225, Comme dans un miroir, on voit toutes les grâces Au clair de votre teint.... OEuwes de des portes, p. 4 65, dans lacurne. Suppose que l'héritier offre accomplir le testament, et ce de bailler caution, ou de laisser es mains de l'exécuteur autant que se monte le cler du dit testament, Coustum. génér. t. i, p. 77.
— ÉTYM. Wallon, clér; Berry, clar, cl mouillés; bourguig. clar; provenç. clar; espagn. claro; ital. chiaro; du iatin clarus, clair.
f CLA1RÇAGE (klèr-sa-j'), s. m. Dans les fabriques de sucre, indigène ou exotique, opération qui consiste à filtrer, à travers le sucre cristallisé et encore enfermé dans les formes, un sirop de sucre blanc fait à froid, afin que ce sirop dit clairce, incapable de dissoudre d'autres sucres, remplisse les vides qu'il produit en déplaçant et faisant écouler les parties colorées dont les cristaux sont salis , le-
GOARANT.
— ÊTYM. Claircer.
f CLAIRCE (klèr-s') , s. f. Sirop de sucre blanc qui sert au clairçage.
— ÉTYM. Clair.
t CLAIRCÉE (klèr-sée) , s. f. Voy. clairëe.
f CLAIRCER (klèr-sé), v. a. Dans les fabriques de sucre, épurer le sirop, et, mieux, pratiquer le clairçage.
— ÉTYM. Clairce.
4 . CLAIRE (klê-r'), s. f.\\ 1» Terme d'affineur. Cendres lavées, os calcinés dont on fait des coupelles. || 2° Chaudière du raffineur de sucre. || 3° Pour les bas, une claire, un endroit où les mailles sont relâchées, rompues. Refais tes claires avec soin, Georgette, si tu veux que tes bas n'aient jamais de trous, humbert, Gloss. génev. || On le fait d'ordinaire masculin, un clair, du moins à Paris. || 4" Claire des gardes, nom donné à l'étoile la plus brillante du carré de la Petite Ourse ; elle a une teinte rougeâtre.
— ÊTYM. Clair.
1 2. CLAIRE (klê-r') (SAINTE-), s. f. Nom d'un ordre religieux de filles, fondé au treizième siècle par saint François d'Assise. Il s'est divisé en deux branches, l'une nommée les Damianites, qui sont les anciennes; l'autre, qui prit le nom d'Urbanistes, du pape Urbain IV, qui mitigea leur règle.
— ÉTYM. Claire, nom de la première supérieure. Claire, nom propre, n'est pas autre chose que l'adjectif clair au féminin.
T CLAIRÉE (klè-rée) ou CLAIRCÉE (klèr-sée), s. f. || 1° En termes de raffinerie de sucre, synonyme de clairce. || 2° Clairée, réservoir d'un marais salant.
— ÉTYM. Clair.
t CLAIRE-ÉTOFFE (klê-ré-to-r), s. f. Voy. clairesoudure.
CLAIREMENT (klê-re-man) , adv. D'une manière claire, nette. J'ai clairement entendu ce que vous dites. Parler clairement. Tu penses que d'Ivry la fatale journée Où ta belle vertu parut si clairement, malh. vi, 22. Que nous apprendrez-vous, bon vieillard, qui sans yeux Lisez si clairement dans le secret des cieux, rotrou, Àntig. v, 6. C'est ce que de la tour j'ai clairement pu voir, id. ib. I, 2. Ce silence forcé parle trop clairement, id. Bélis. m, 3. Si vous vous expliquiez un peu plus clairement, corn. Serlor. iv, 4. Je vois trop clairement quelle main le produit, id. Perthar. m, 4. Vous voyez clairement que votre songe est vain, id. Poly. n, 3. [Elle].... fait voir clairement les merveilleux effets Qu'en un cœur irrité produisent les bienfaits, id. Vidée, iv, 4. Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, boil. Art p. i.
— SYN. clairement, distinctement. On voit clairement un objet toutes les fois qu'il est assez éclairé pour qu'on puisse le reconnaître en général; on ne le voit distinctement que lorsqu'on approche d'assez près pour en distinguer toutes les parties.
— HIST. xii" s. Et s'escria clerement à haut ton, Ronc. p. 69. Qui voldreit clerment à la raisun guarder, Mielz vient de basse gent estre bon e munter, Que de halte gent estre e en enfer aler, Th. le mart. 88. || xiii" s. Et clerement fu seii prochainement des Grieus et des François, comment il avoit esté es-
tranglés, villeh. xcviii. Et peut-on clairement connoistre leur afaire, Berte, lxix. Il voit tout clerament qu'ele a esté traie, ib. xc. Si comencha haut et clerement à canter le premier vier [vers], car il cantoit très bien, Chr. de Rains, p. 65. Il fu regardé que le [la] première convenence fu fête par fraude tout clerement, beaum. xxxiv, 49. Quand il oy ce, si commença à rire moult clerement, jomv. 26». || xiv s. Et par ce appert-il clerement que, pour dire un homme beneuré, il ne convient pas ensuir les fortunes, oresme, Elh. 23. || xv s. L'escuyer de Portingal qui est ici venu le m'a esclairci moult clerement , froiss. n, ni, 32. Mesmement le comte leur sire ne s'osoit clairement tenir en Flandre son pays [craignant d'Artevelle] , id. i, i, 67. ||xvi*s. Cela se pourra plus clairement veoir par le récit de ses faits, amyot, Flamin. m.
— ÊTYM. Claire, et le suffixe ment; provenç. clarament ; espagn. claramente; ital. chiaramente.
t CLAIRER (klè-ré), v. a. Terme de fonderie. Laver.
— ÉTYM. Clair,
f CLAIRE-SOUDURE (klê-re-sou-du-r') ou CLAIRE- ÉTOFFE, s. f. Nom d'une sorte d'alliage, qui est •.omposée de plomb et d'étain.
CLAIRET (klê-rè), adj. m. || 1° D'un rouge clair, «n parlant du vin. Le suc des raisins noirs se convertit en vin clairet, desc L'homme. || Substantivement. Boire du clairet. || 2° S. m. Infusion déplantes odorantes dans du vin miellé et sucré. || 3° Terme de joaillier. Pierre d'une trop faible couleur. || 4° Terme de pêche. Maille de la partie supérieure d'un filet.
— HIST. xii* s. Li rois l'acointe del plus riche barné ; Puis le servi del vin et del claré, Raoul de C. 46. || xiii" s. Et de l'iauve simple bevoient, Sans querre piment ne claré, N'onques ne burent vin paré, la Rose, 8419. || xiv" s. Car en che paradis est un riex [ruisseau] establis, Qui se partist en trois, en che noble pourpris; En l'un coert li clarés, d'espisses bien garnis, Baud. de Seb. xi, »l4.||xv"s. Et donnoit cette fontaine, par ses conduits, claret et piment très bon et par grands rieus, froiss. m, iv, 4. Et que le vin clairet, qui est de sa contrée, basselin, xxvm. Après il print les esguieres, Le vin, le- clairet, l'ypocras, villon, Repues fr. || xvi* s. Leur bruvage est faict de quelque racine et est de la couleur de nos vins clairets, mont, i, 237.
— ÊTYM. Clair: génev. claret, vin; provenç. claret; espagn. cla',ete , sorte de vin; ital. chiaretto, clairet, clarett/i, soi le de vin.
f CLAIRETTE (klê-rè-f), s. f. ||1" Maladie des vers à soie '"'.ans laquelle ils deviennent demi-transparents. || 2" Un des noms de la mâche. || 3° Sorte de vin blanc, mousseux et très-léger du midi de la France. La clairette de Die. || 4° S. f. plur. Bernardines.
CLAIRE-VOIE (klê-re-voî), s. f. || 1° Ouverture fermée seulement par un grillage en bois ou en fer. || Au plur. Des elaires-voies. || X claire-voie, loc. adv. X jour. Une palissade faite à claire-voie. Une porte à claire-voie. Toile à claire-voie, toile à tissu peu serré. || Semer à claire-voie, jeter la graine à terre en la dispersant le plus possible. || 2° Terme de marine. Sorte de panneau formant toit pour l'écoulement des eaux. || 3° Terme de manufacture. Le jour qui reste quelquefois entre les fils de la chaîne, après que les draps ou autres étoffes de laine sont travaillées en toile.
— HIST. xvi* s. Il se vid avoir affaire à trois troupes et non à une, si bien que pour fournir aux diverses faces chacun prit parti à ce qu'il devoit affronter; cela fit faire une clair-voie entre ce qui donnoit aux deux cousins, d'aub. Hist. m, 64, 66. Une couppe plate, d'argent doré, à tout son couvercle , dont le pyé est faict à clervoises et lectres , de laborde, Émaux, p. 246.
— ÊTYM. Norm. claire-vaie. L'étymologie parait être claire et voie; pourtant, outre que le sens n'est pas satisfaisant, on remarquera que dans les exemples, peu nombreux il est vrai, de l'historique, clair demeure invariable; ce qui porterait à croire que, dans la fin du mot, il faut chercher autre chose que voie, peut-être quelque formation irrégulière du verbe voir.
| CLAIRIER (klè-rié), s. m. Levain plein de mousse.
— ÊTYM. Clair.
CLAIRIÈRE (klè-riê-r') , s. f. || i° Certaines parties de bois où les arbres ne sont point si touffus que dans d'autres. Dans la brune clairière où l'arbre au tronc noueux Prend, le soir, un profil humain et monstrueux, v. hugo, Voix intér. vu. Bien des fois, n'est-ce pas? à travers la clairière, Pâle, effaré,
n'osant regarder en arrière, Tu t'es hâté.... id. ib. x. || 2° Partie claire d'un tissu. Il y a des clairières dans cette toile. || 3* Terme de manufacture. Voy.
*B0ULAGE.
— REM. Au xvii* siècle, on disait clarière. On faisait environ deux mille pas dans le bois, puis on rencontrait une clarière qui servait comme de parvis au temple, la font. Psyché, a, p. 468.
— ÊTYM. Clair.
CLAIR-OBSCUR (klê-rob-skur, au pluriel comme au singulier) , s. m. || 1* Terme de peinture. En général, manière de traiter les jours et les ombres. On dit d'un peintre qu'il entend bien le clair-obscur, lorsqu'il détache bien ses figures, par une heureuse disposition des ombres et de la lumière. Les Italiens ignoraient l'art de la perspective et du clair-obscur, volt. Mœurs, 42). || Un dessin au clairobscur, ou, simplement, un clair-obscur, dessin dont les ombres sont de couleur brune et les jours rehaussés de blanc. || 2° Effet de la lumière, éclairant les surfaces qu'elle frappe, et laissant dans l'ombre celles qu'elle ne frappe pas. Ajoutez à cela le clairobscur du soleil et des ombres, i. J. rouss. Bél.u, 3. \\Au plur. Des clairs-obscurs.
— ETYM. Clair, obscur.
4. CLAIRON (klè-ron), s. m. || 1° Sorte de trompette à son clair et perçant. C'était le clairon des barbares Qui vous annonçait nos revers, béranger, Orage. || Dans les régiments d'infanterie, cornet des voltigeurs. || 2° Celui qui sonne du clairon. j| 3° Un des jeux de l'orgue, à l'octave de la trompette. || Proverbe. X bête sûre il ne faut pas de clairon, c'est-à-dire quand on est plein de confiance en l'honnêteté d'une personne , il est inutile de la surveiller.
—HIST. xiii' s. Le roy qui venoit àun terrible tempestier de trompetes, clerons et cors, du cange, clarasius. || xv* s. Quand ce vint le samedi au matin , on sonna trompettes et claronceaux à grand foison parmi l'ost, froiss. il, m, 4 9. Et moy tantost depietonner;Car, quant on ouyt clarons sonner, Il n'est couraige qui ne croisse, villon, Archer de Bagnolet. Et les menestriers se mirent tous devant, sonnans trompes, clairons et cors sarrasinois, cimballes et tabours, et menoient si grant deduyt.... Perce foresl, 1. 1, f* 4 05.
|| xvi' s Chanta les vers que dessus déclarons,
Plus haut et cler que trompes et clairons, marot, n, 282. Il n'a point les trompettes et clarons sonans autour de luy, ains marche à pied avec des pantoufles, amyot, Harcell. 35. Sonnant grand nombre de clairons, de cornetset de trompettes, id. Sylla, 34. X pain et oignon, trompette ne clairon, cotgrave. Les clairons, hault-bois et trompettes du tournoy, condé, Mém. p. 646. Il est accoustumé de mectre en la dicte gallere trompettes et clairons, Les faits de mer, dansjAL, clairon.
— ÊTYM. Bas-lat. clario; ital. chiarina; du latin clarus, clair: instrument qui donne un son clair.
t 2. CLAIRON (klè-ron), s. m. || 1° Terme de marine. Partie du ciel qui parait dans une nuit obscure. || 2° Terme de pêche. Torche de paille allumée pour éblouir le poisson la nuit.
— ÊTYM. Picard, clairon, éclat passager de lune ou de soleil pendant une nuit ou un jour obscur; de clair : c'est-à-dire chose qui donne de la clarté.
CLAIR-SEMÉ, ÉE (klêr-se-mé, mée), adj. Peu serré, répandu de distance en distance. Du blé clair-semé. Des orges clair-semées. Un bois de chênes clair-semés. || Fig. Les beautés sont clair-semées dans ce poème. L'argent est clair-semé chez lui, il en a fort peu.
— REM. Clair est invariable dans ce mot, qui signifie : semé à clair.
— HIST. xiii" s. Cels pris [je prise] , cels aim [j'aime ceux-là], et si je doi; Cels doit l'en bien monstrei au doi; Qu'il sont el siècle clersemé, ruteb. 230. || xiv* s. Et est vraisemblable que telesumistés soient cler semées et non pas communes, oresme, Eth. 235. || xvi" s. Qu'on loge un philosophe dans une cage de menus filets de fer clair-semez, mont, u, 365. Tels à la vérité sont si clair-semez, qu'il seroit bien difficile d'en trouver quinze à la douzaine, froumenteau, Finances, m" livre, p. 437.
— ÊTYM. Clair, et semé.
t CLAIRURE (klè-ru-r'), s. f. Terme de manufacture. Endroit d'une étoffe de laine où les fils ne se joignent pas bien.
— ÊTYM. Clair.
CLAIRVOYANCE (klêr-vo-ian-s*; plusieurs disent klêr-voi-ian-s'), s. f. || 1° Discernement par lequel on voit le fond des choses. Il a trop de clairvoyance pour qu'on puisse le tromper. || 2" Vue attribuée aux personnes endormies du sommeil magnétique et qui
CLA
CLA
CLA
leur permettrait de voir à distance ou à travers les choses opaques.
— REM. On a dit que ce mot était dû à Port- Royal ; il est beaucoup plus ancien.
— HIST. xvr s. Ce n'est pas par discours ou par nostre entendement que nous avons receu nostre religion, c'est par auctorité et par commandement estrangier; la foiblesse de nostre jugement nous y ayde plus que la force, et nostre aveuglement plus que nostre clairvoyance; c'est par l'entremise de nostre ignorance plus que de nostre science que nous sommes sçavants de ce divin sçavoir, mont.
— ÊTYM. Clairvoyant.
CLAIRVOYANT, ANTB (klêr-vo-ian, ian-t'; plusieurs disent klêr-voi-ian , ian-t') , adj. || 1" Oui voit clair; dont la vue est bonne. || Substantivement. C'est un clairvoyant qui est directeur de l'Institution des aveugles. La dame à qui nous venons de parler est une clairvoyante. || 2° Fig. Oui voit clair dans les affaires. Un homme, un esprit clairvoyant. Cette ruine fait entendre aux moins clairvoyants l'accomplissement de la prophétie, boss. Ilist. n, 4. Et, afin que cette suite du peuple de Dieu fût claire aux moins clairvoyants, Dieu la rend sensible et palpable par des faits que personne ne peut ignorer, id. ib. n, 4 3. La princesse palatine croyait voir partout dans ses actions un amour profane déguisé en vertu; plus elle était clairvoyante, plus elle était tourmentée, id. Anne de Gonx. Les efforts que vous feriez pour l'empêcher , ne serviraient qu'à faire connaître aux moins clairvoyants que vous avez eu peur, pasc. Prov. 4 5. Les mystères du coeur sont souvent si cachés Que les plus clairvoyants y sont bien empêchés, corn. Nicom. m, 4. Si le ciel s'est ouvert, si ton œil clairvoyant Peut voir ce qui n'est pas et lit dans le néant, brébeuf, Phart. y.
— hist. xiu* s. Et qui serait bien cler veans, Il verrait que maus est neans, Car ainsinc le dit l'Escripture, la Rose, 6320. || xyi' s. Or avez vous l'esprit si clervoyant, Que nul destour, tant soit il fourvoyant, Vos pas certains pourrait tromper.... du bellat, vn, S) , recto. Selon le jugement des plus clairs voyans et plus advisez , condé, Mémoires, p. 658. Dirons nous pas que ces simples gents là se sont laissez piper apiez le vulgaire, pour n'estre pas clairvoyants comme nous? mont, i, 203.
— ÊTYM. Clair, et voir; bourguig. clarvoyan.
t CLAMABLE (kla-ma-bl') , adj. Terme de coutume. Bien clamable, bien sujet à l'exercice d'un retrait.
— ÊTYM. Voy. CLAMANT.
t CLAMANT (kla-man) , *. m. Terme de coutume. Le demandeur, le saisissant, le retrayant.
— ÊTYM. L'anc. franc, clamer, réclamer, du latin clamare, appeler.
t CLAMEAUX (kla-mô), s. m. plur. Clous ou crampons à deux pointes coudées pour des constructions provisoires.
— ÊTYM. Sans doute dérivé de clamp (voy. ce mot).
CLAMEUR (kla-meur) , s. f. || 1° Ensemble de cris tumultueux, souvent de mécontentement, de réprobation. Une bruyante clameur. Il s'éleva une clameur universelle. Une montagne en mal d'enfant Jetait une clameur si haute Que chacun au bruit accourant Crut qu'elle accoucherait sans faute D'une cité plus grosse que Paris, la font. Fabl. v, 40. Les bons papes trouveront l'Église en clameurs, pasc. P. Jés. 4. Partout où il a passé c'a été des clameurs [cris de douleur], sbv. 2)1. Justice qui fait semblant d'être vigoureuse, à cause qu'elle résiste aux tentations médiocres et peut-être aux clameurs d'un peuple irrité, boss. le Tellier. J'entends de tous côtés les clameurs des soldats, volt. Adélaïde, i, 4. Les clameurs des soldats par la crainte étouffées, delav. Paria, I, t. || 2" Réclamation à haute voix. Les dieux plus pitoyables À nos justes clameurs se rendent exorables, corn. Médée, v, 4. La forte clameur que vous poussez pour eux vers te trône de votre fils, mass. Pass. 2. Les grenouilles, se lassant De l'état démocratique, Par leurs clameurs firent tant Que Jupin les soumit au pouvoir monarchique, la font. Fabl. m, 4. || La clameur publique, l'indignation publique. || Clameur de haro, terme de pratique, qui se disait autrefois, en Normandie, de la sommation de comparaître sur-lechamp devant le juge. Voy. haro. ]| 3" Criaillerie. Braver les clameurs des sots. 11 a trop craint les clameurs de la cabale. Osant braver les clameurs de leur sexe, J. j. rouss. Ém. I. À ces vaines clameurs on ne répondait pas, volt. Œdipe, v, 4. — SYN. cri, clameur. Cri est le mot général;
clameur le particularise. Le cri est la voix poussée avec effort, mais sans être nécessairement articulée. Un homme qui souffre beaucoup peut jeter des cris, mais non des clameurs; la clameur suppose toujours un sens et des paroles ; elle emporte l'idée de plainte, de demande, d'accusation, de réclamation.
— HIST. xi* s. Cent solz al clamur por la teste, Lois de Guill. 4. || xn« s. Les meies paroles o tes oreilles receis, sire; entent la meie clamur, Psautier, dans Missions scientifiques, t. v, p. 446. Un en doit faire clamour, Couci, m. Ne jà certes [je] n'en feïsse clamor, Se j'eusse de moi venger puissance, ib. xvi. || xiii* s. Grains [attristé] et marriz, [il] fist tant par sa maistrise [adresse] , Que à sa dame en un destour A fait sa plainte et sa clamour, audf.fr. le bast. Homancero, p. 6. Li mestre marischaus a la joustice de tous les forfais apartenans à leur mestiers, et de toutes les clameurs qu'il i font li uns seur l'autre, Liv. des met. 46. Je vous ains [aime], dit-il, par amors; Si en ai fait maintes clamors, Ben. 440. Comment, par le conseil d'Amours, L'amant vint faire ses clamours X ami, à qui tout compta, la Rose, 3) 20. Quant le [la] clameurs est d'aucun cas qui touque à l'eritage de son seigneur, beaum. 30. Et se il est requérant, qu'il die le plus brief qu'il pora ; car en brieve clamor a deus proufiz; l'un est que la court retient et recorde mieus le court que le lonc, Ass. de Mr. 46. || xvi* s. Petits plaisirs, longues clamours, Or taschons à trouver la chose Que je cherche au temple d'Amours, marot, i, 4 (H. Et alors se leva une clameur de joye que le peuple jetta si haulte, qu'elle fut entendue jusques en la mer, amyot, Flamin. 20.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. clamor; ital. clamore; du latin clamorem, cri.
t CLAMEUX, EUSE(kla-meû,meû-z'),od). Terme de vénerie. Chasse clameuse , chasse qui se fait avec grand bruit, pour effrayer le gibier. || Par extension. Les hirondelles de mer, dans les temps de nichée, sont plus inquiètes et plus clameuses que jamais, buffon, dans le Dict. de poitevin. || S. m. Nom d'un oiseau, le bruyant, qui a la voix forte.
— ÊTYM. Le latin clamosus, criard, de clamare, crier (voy. clameur).
t CLAMP (klan) , s. m. Terme de marine. Pièce de bois, qui, étant appuyée contre un mât ou un pilier, sert à le soutenir et à le fortifier.
— ÊTYM. Wallon, clamm, cr»mpon; norm. acclamper , cramponner; de lanoen Scandinave klampi; allemand moderne, Khmmt*, crampon.
+ CLAMPE (klan-p'), *. f. Teime dt, charpentier. Sorte de crampon ou d embolture.
— ÊTYM. Voy. clamp.
t CLAMPIN (klan-pin), s. m. Terme militaire. Soldat retardataire, traînard, écloppé. || Populairement, clampin, clampine, un fainéant, une fainéante, y Boiteux. Le duc du Maine, tout clampin qu'il est, Lett. gai. dans leroux, Dict. com.
f CLAMPONNIER (klan-po-nié), t. m. Terme de manège. Cheval long et jointe, ou qui a les paturons longs, effilés et trop pliants. || Adj. Cheval clamponnier.
4. CLAN (klan), *. m. En Ecosse et en Irlande, parmi les Gaëls, tribu formée d'un certain nombre de familles, régie par des coutumes déterminées, et ayant un chef appartenant à une famille éminente qui le fournit héréditairement. Un clan de montagnards. Chef de clan.
— ÊTYM. Gaélique, clann, enfant, descendant.
+ ï. CLAN (klan), *. m. Terme die marine. Mortaise dans les murailles, au bout des vergues, au pied des mâts de hune, etc.
— ÊTYM. Autre forme de clamp.
f 3. CLAN ou CLAND (klan), s. m. Instrument de parcheminier.
f CLANCULAIRE (klan-ku-lê-r"), s. m. Nom d'une secte d'anabaptistes, qui s'assemblent secrètement pour les exercices de leur croyance, dans l'opinion qu'ils n'ont point de compte à rendre de leur foi au public.
— ÊTYM. Le latin clancularius , clandestin, de clam, en cachette.
CLANDESTIN, 1NE (klan-dè-stin, sti-n'), ad). Il 1° Qui se fait en cachette. Un écrit clandestin. Une réunion clandestine. Un mariage clandestin, la font. Fab. IV, 4. Un hymen clandestin mit ce prince en son lit, bac. Iph. iv, 4. Un rapport clandestin n'est pas d'un honnête homme; Quand j'accuse quelqu'un, je le dois et me nomme, gresset, Méchant, v, 4. || 2° Par extension, caché. 11 ne se renferme point dans les lieux clandestins de sa débauche, dider. Éloge de Richardson. Il m'est très-important que Genève, qui n'est qu'à une lieue de mon
séjour, ne passe point pour un magasin clandestin d'éditions furtives, volt. Lett. Damilaville, 2 févr.
— HIST. xiv s. Par clandestine aliance, bercheure, f° 62, verso. \\ xvi* s. Et si ses clandestin» et secrets rapports poignans en derrière n'engendrent pas soudainement un ulcère, amyot, Comment dise, le /lad. 42. [La honte et la crainte] sorties du maudit et clandestin mariage de l'esprit humain avec la persuasion diabolique, charron, Sagesse, I, 34.
— ÊTYM. Le latin clandestinus , de clam, en cachette.
CLANDESTINE (klan-dè-sti-n') , s. f. Terme de botanique. Plante ainsi nommée parce que ses tiges croissent dans la terre ou sous la mousse ; dite aussi herbe cachée, herbe à la matrice, et madrate (lathrxa clandestina, L.).
— ÊTYM. Clandestin.
CLANDESTINEMENT (klan-dè-sti-ne-man) , adv.
D'une manière clandestine. Assemblés clandestinement. Ils se sont mariés clandestinement. Le sort des accusateurs et des accusés, balancé clandestinement dans l'intérieur du palais, ne dépendra plus des intérêts d'un petit nombre de gens en faveur, dider. Essai sur Claude. Doté sur vos journaux d'une rente d'injures, Ou clandestinement diffamé par brochures, gilb. Apologie.
— HIST. xvi' s À ce qu'ils n'eussent plus à
lire clandestinement de nuyct, rab. Pant. n, 47. Il y en a qui disent que Helpicine n'habitoit point clandestinement, ains publiquement avec son frère Cimon, comme sa femme légitimement espousée, amyot, Cimon, 8.
— ÊTYM. Clandestine , et le suffixe ment.
CLANDESTINITÉ (klan-dè-sti-ni-té) , s. f. || 1" Caractère de ce qui est clandestin. C'est pour cette raison que Cranmer n'osa jamais déclarer son mariage durant la vie de Henri VIII, et il lui fallut ajouter à un mariage défendu la honte de la clandestinité, boss. Var. 7. Qu'on a eu tort de leur reprocher la clandestinité de leurs assemblées, id. ib. 4 6. Il 2° Terme de droit. Vice d'une chose faite en secret, contrairement à la loi, comme en matière de possession, de mariage. || Clandestinité des hypothèques, se dit sous un système hypothécaire qui n'en ordonne pas l'inscription pour les rendre publiques.
— ÊTYM. Clandestin.
+ CLANGCEUR (klan-gheur) , *. f. Terme de zoologie. Cri aigu et retentissant de certains animaux comme le son de la trompette.
— ÊTYM. Le latin clangor; grec,xiâYYu>, crier bruyamment.
CLAPET (kla-pè), s. m. || 1° Soupape qui se lève et qui se ferme en forme de couvercle. || 2° Espèce de soupape pratiquée dans une écluse de manière à s'ouvrir et à se fermer par la seule action des eaux.
— êtym. Allem. Klappe, de klappen; angl. to clap, faire du bruit en frappant.
CLAPI, 1E (kla-pi, pie), pari, passé, de clapir. Un lapin clapi dans son trou.
CLAPIER (kla-pié ; au pluriel l's se lie : des clapiers et.... dites : kla-pié-z-et....), s. m. || 1° Ensemble de trous où les lapins se retirent dans une garenne. Un clapier bien peuplé. Le roi Charles IX s'amusant à chasser des lapins dans un clapier, volt. Mœurs, 4 7 ) . Il 2° Réduit où l'on élève des lapins. Prends-moi dans ce clapier trois lapins de garenne , Et chez mon procureur porte-les ce matin, rac Plaid. 1, 6. H Unlapin de clapier, ou, simplement, un clapier. En lapins de garenne ériger nos clapiers, boil. Sat. m. Il 3" Fig. Par le seigneur lui-même, père des belles filles et mari de Babeau, cette terre fut nommée un clapier de p.... p. l. cour. Gazette du village, w 4. Il Anciennement, clapier tout seul signifiait un lieu de prostitution. Elles [les femmes publiques] avaient dans chacune de ces rues un ciapier qu'elles tâchaient à l'envi de rendre propre, agréable et commode,SAiNT-Foix, Essais sur Paris, Œuvres, t.in, p. 73, dans pougens. || 4° Terme de chirurgie. Sinus ou foyer qui se forme plus ou moins profondément dans des abcès étendus, sur le trajet des fistules.
— HIST. xvi* s. Ogier aiant pendu un bazelaire [poignard] à sa ceinture et un planchon à sa main , disant qu'il estoit temps que la clapoire [lieu de prostitution] feust effondrée, du cange, claperius. || xv* s. Les supplians misrent le corps d'icelluy brigant soubz un clappier et monceau de pierres, id. to. Clappieret bordel publique, id. ib. S'une fois vous trouvez en mue, C'est assavoir en leur clapier, Fussiez-vous cent fois esprevier, Ils tous feront devenirgrue, Le blason des faulces amours, p. 236, dans lacurne. Il xn* s. Se retirèrent tous comme connins [lapins]
CLA
CLA
CLA
au clappyer, Jean d'auton, Annales de Louis XII, ms. 1° 90, dans lacurne. Le monastère des cordetiers de Paris, qui est le plus fertile clapier de moines qui soit d'ici à Rome, lanoue, 141. Ce clapier-ci est par d'aucuns appelle garene, toutesfois improprement, o. de serres, 412. Lors faut fermer incontinent les trous des terriers qu'improprement aucuns appellent clapiers, id. 4(7.
— ÉTYM. Provenç. clapier, trou à lapins, clapiera, tas de pierres, dap, tas, monceau. Dans le lias-latin, on ne trouve claperius, claperium, claperia, avec le sens de clapier, que dans le commencement du xiv' siècle, mais, antérieurement, avec celui de tas de pierres. Or clapus, qui est évidemment le primitif de claperium, signifie également tas île pierres et clapier; on comprend la liaison des idées: un tas, puis, comme les lapins vivent en grand nombre dans les terriers, un tas de lapins, et finalement le terrier où ce tas se loge. Cette étymologie fait tomber celle de Diez qui assigne à clapier de lapins le verbe latin elepere, dérober, pour origine, et celle de Du Cange qui assigne clapa, sorte de piège à prendre les lapins. Clapier au sens de tas est rattaché à deux origines différentes : par Diez , au kymri clap, clamp, masse; par d'autres étymologistes, a l'islandais, klaupp, roc; allem. Klippe. L'origine celtique paraît préférable.
CLAPIR (kla-pir), t. n. Se dit du cri des lapins. Les lapins clapissent. || Se clapir, v. réft. Se cacher dans un trou, en parlant des lapins.
— ÊTYM. Clap, ancien mot signifiant tas, de sorte que clapir c'est se mettre en tas (voy. clapier).
f CI.APIS (kla-pi), s. m. Grand éclat fait maladroitement en taillant le marbre.
— ETYM. Allem. kla/fen, être ouvert.
CLAPOTAGE (kla-po-ta-j'), s. m. Mouvement vif
ot rapide des vagues, et surtout bruit qui résulte de ce mouvement que le vent communique à la mer et qui soulève à sa surface des ondes courtes et pressées.
f CLAPOTANT, ANTE (kla-po-tan, tan-t'), adj. Qui clapote. Une mer clapotante.
CLAPOTER (kla-po-té) , v. n. En parlant de la mer ou d'un lac, se couvrir d'ondes courtes et pressées qui font du bruit.
— ÉTYM. Allem. klappen, faire du bruit (voy. clapet).
CLAPOTECX, EUSE (kla-po-teû, teû-z'), adj. Mer clapoteuse, mer qui clapote. Flots clapoteux.
— êtym. Clapoter.
CLAPOTIS (kla-po-tt), s. m. Voy. clapotage.
f CLAPPEMENT (kla-pe-man), s. m. Terme de grammaire. Bruit aigu que produit la langue se détachant brusquement du palais. || Articulation particulière à la langue des Hottentots.
t CLAPPER (kla-pé), v. n. Faire entendre un clappement.
— ÉTYM. Allem. klappen, faire un clappement. fCLAQUADE (kla-ka-d'), s. f. Terme famiker.
Coups répétés.
— hist. xvic s. La fouetter de claquades, brant. Dames gai. 1. 1, p. 372, dans lacurne.
— étym. Claquer.
| CLAQUART (kla-kar), *. m. Variété de pigeon.
— ÉTYM. Claquer.
4. CLAQUE (kla-k'), s. f. || 1° Coup donné du plat de la main. Donner une claque sur les fesses à un enfant. || 2° Troupe de claqueurs dans un théâtre. La claque s'efforça en vain de soutenir la nouvelle pièce. || 3° Nom d'une espèce de sandales que les femmes mettent par-dessus leurs souliers, pour se garantir de la crotte. Aux dominos que la dame rencontre Elle s'en va disant : nQue je vous montre Monsieur Grognard, un franc original, Mon cordonnier qui prend des airs de bal. » Lors d'un peu loin dirigeant ses attaques : « Tenez demain, pour trois heures un quart, Mes souliers prêts; entendez-vous, Grognard 1 — Oui, mais pour vous, point de souliers, des claques, » pons (de verdun), Contes et poésies, p. 68.
— hist. xiv s. Le dit Jacque avoit mis main à Andrieu Postel.... sus qu'il en temps passé avoit donné une claque à une certaine personne , du cange, claca.
— ÊTYM. Claquer.
2. CLAQUE (kla-k'), s. m. || 1" Chapeau qui s'aplatit et qu'on peut mettre sous le bras. Un claque est commode au bal. Rome verra sa broderie [de M. Millin], son claque et sa dentelle, p. l. cour. Lett. n, 68. || 2° Jouet d'enfant, papier plié de façon à paraître plat comme un claque, mais qu'un mouvement rapide de la main fait ouvrir avec le bruit d'un coup de fouet.
— ÊTYM. Claque 4 , à cause du bruit qu'il fait en se repliant.
CLAQUÉ, ÉE (kla-ké, Me), part, passd. || 1° Frappé d'une claque. Ce polisson claqué comme il le méritait. || 2° Applaudi. De tous les yeux vous êtes remarquée; De mille mains on vous verrait claquée, volt. Ép. lxxx. || 3° Souliers claqués, bottines claquées, souliers de femme ou bottines légères, garnis, auprès de la semelle, de cuir ou d'une autre substance moins perméable à l'eau que l'étoffe dont la chaussure est faite.
t CLAQUEDOIS (kla-ke-boî), s. m. Terme de musique. Sorte d'harmonica en bois, composé de dixsept bâtons qui vont en diminuant de longueur et qu'on fait résonner en frappant dessus avec des baguettes.
— ÉTYM. Claquer, et bois.
CLAQUEDENT (kla-ke-dan), s. m. || 1° Terme d'injure. Un gueux, un misérable qui tremble de froid. || 2" Familièrement, homme qui parle de lui-même avec jactance. D'où vient peut-être qu'on nomme ceux qui parlent beaucoup des claquedents. d'ablancourt, Lucien, dans le roux, Dict. comique.
— HIST. xv* s. Claquedent [un des satellites de Pilate], mystère de la l'assion, dans lacurne.
— ÊTYM. Claquer, dent.
CLAQUEMENT (kla-ke-man), s. m. || 1" Bruit de choses qui s'entre-choquent. Le claquement de dents dans le froid de la fièvre. Le claquement des mains. Le moine maronite appelle par le claquement de deux planches l'étranger que la nuit a surpris, ciiateaub. Génie, iv, m, 5. || 2" Bruit du fouet lorsqu'on en frappe l'air.
— HIST. xvi* s. Quand il vit le bruit recommencer, avec un claquement gênerai des mains, Sat. Mén. p. 95.
— ÉTYM. Claquer.
CLAQUEMURÉ, ÉE (kla-ke-mu-ré, rée) , part, passé. Renfermé étroitement. Que voudriez-vous que le courtisan fit d'une dame Honesta claquemurée dans son ménage? p. l. cour, i, 316.
CLAQUEMURER (kla-ke-mu-ré) , v. a. || 1° Mettre en une prison étroite. Il nous faudrait toutes Dans des couvents claquemurer, la font. Aveux, ô Marc René [d'Argenson, lieutenant de police], de qui la faveur grande Fait ici-bas tant de gens murmurer, Vos beaux avis m'ont fait claquemurer; Que quelque jour le bon Dieu vous le rende, volt. Bastille. || 2° Familièrement. Se claquemurer, v. réfl. Se tenir renfermé. Il s'est claquemuré et ne veut voir personne. || Fig. Que vous jouez au monde un petit personnage, De vous claquemurer aux choses du ménage! mol. F. sav. i, 4.
— ETYM. Claquer, et mur; proprement, claquer, c'est-à-dire, jeter dans des murs. Oudin, Dict. , a claquemur, sorte de jeu qu'il traduit par abaltimuro.
f CLAQUE-OREILLE (kla-ko-rè-lP, «mouillées), s. m. Terme populaire. Chapeau à bords pendants. \\Au plur. Des claque-oreilles.
CLAQUER (kla-ké), v. n. || 1° Faire entendre un bruit sec et éclatant. Claquer des dents pendant un accès de fièvre. Claquer des mains pour applaudir. L'un claque, l'autre siffle; et l'antre du parterre, Et les cafés voisins sont le champ de la guerre, volt. Cabales. Faisant claquer un maudit fouet qu'il avait à la main, hamilt. Gramm. J. Les monstres [crocodiles] poussent un cri, et faisant claquer leurs mâchoires, fondent sur les étrangers, chateaubr. Génie, I, v, 40. || Fig. Faire claquer son fouet, se faire beaucoup valoir, faire l'important. Tout Picard que j'étais, j'étais un bon apôtre, Et je faisais claquer mon fouet tout comme un autre, hac. Plaid. i, 4. || Faire claquer la rose, produire un petit bruit en pliant des feuilles de rose d'une certaine manière et les frappant contre le front, sorte de badinage duquel on tirait un bon ou mauvais augure du succîs de ses amours. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || l" V. a. Claquer quelqu'un, lui appliquer un ou plnsieurs soufflets. || 3° Claquer un acteur, l'applaudir. Je vous avertis que je joue le grand prêtre dans Sémiramis et que je suis fort claqué, volt. Lett. d'Argental, nov. 4762.
— ÉTYM. Sans doute onomatopée, qui se trouve aussi dans l'allemand : moyen haut-allem. Mac, bruit; holland. klakken, faire un claquement.
CLAQUET (kla-kè; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel l's se lie: les kla-kè-z et...; claquets rime avec traits, succès, paix), s. m. Petite latte placée sur la trémie d'un moulin, qui bat continuellement avec bruit. || La langue lui va comme un claquetde moulin, se dit de quelqu'un qui parle sans cesse.
— HIST. xvi' s Que ton importun caquet [d'une
cloche] Soit fait compagnon du claquet [petit engin pour faire du bruit] , Du baril et de la besace D'un
ladre verd.... r. belleau, t. n, p. «9, dans lacurne. Elle claquette toute seule, C'est un moulin, c'est une meule D'un moulin qui tourne tousjours, id. ib. p. i:is. Quand les porcs courent au claquet du chaudron et tiennent leurs groings dedans l'auge, merlin cocaïe, t, i, p. 245, dans lacurne.
— ÊTYM. Claquer.
f CLAQUETER (kla-ke-té. Le t se double quand la syllabe qui suit est muette : je claquette, je claquelterai, je claquetterais), v. n. On prétend l'avoir entendue [la cigogne] claqueter en passant devant les portes, buff. cigogne. \\ Il se dit particulièrement de la cigogne et aussi du cri des poules lorsqu'elles veulent pondre. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xvi* s. Il grince et claquette des dents, paré, Introd. 4 8. Un bruit d'un grand feu qui claquette, pare, xxix, 28. Clacquetant des dents, id. Anim. 48. Ils claquetent comme cigales, ils bourdonnent comme les mousches, id. ib. 25 Et de
coups redoublez l'un sur l'autre abondans, Font craquer leur maschoire et claqueter leurs dents, rons.
— ÊTYM. Claquet.
f CLAQUETTE (kla-kè-f), s. f. || 1° Sorte de crécelle qu'agitent les employés de la poste pour annoncer l'heure de la levée des lettres. || 2" Populairement, celui, celle qui aime à débiter des nouvelles. Cet homme est une claquette. || 3" Terme de musique militaire. Instrument garni de grelots et imitant le bruit d'un fouet. || 4° Espèce de livre formé de deux planchettes pour donner un signal en les faisant claquer. || 5° Espèce de carnet où les dames mettent leurs cartes de visite.
— ÊTYM. Claquer.
CLAQUEUR (kla-keur),s. m. En langage de théâtre, applaudisseur gagé. Une troupe do claqueurs. || Approbateur. Cet écrivain a ses claqueurs.
— ÉTYM. Claquer.
t CLAREQUET (kla-re-kè), s. m. Conserve transparente de fruits.
f CLARET (kla-rè) , s. m. Nom que les Anglais donnent à toute sorte de vins rouges, surtout aux vins de Bordeaux.
— HIST. xv" s. De boire vous vueillez garder Ypocras, claré et garnache [grenachel, e. dksch. Poésies mss. f°485, dans lacurne.
— ÉTYM. Voy. clairet.
f CLARETTE (kla-rè-t), s. m. Sorte de petit vin blanc. Voy. clairette.
f CLARICORDE (kla-ri-kor-d') , s. m. Terme de musique. Ancien instrument à cordes, dit aussi manicorde.
— ÉTYM. Clair, et corde.
t CLARIÈRE (kla-riê-r'), s. f. \\ 1" Voy. clairière. || 2° Terme de marine. Passage entre les banquises et les gros amas de glaces.
— ETYM. Clair.
CLARIFICATION (kla-ri-fi-ka-sion) , s. f. Opération qui consiste à séparer d'un liquide les particules solides qui s'y trouvent suspendues, et qui en troublent la transparence. La clarification se fait d'ordinaire par l'ébullition , la despumation et la filtration. La clarification arrive à de certaines liqueurs par le seul repos, charras, Pharmac. liv. i, ch. 34.
— HIST. xv" s. Pour clarification [éclaircissement] et alegement de la pratique devant dicte, est. de la roche, Arismetique , f" 34. Et qui plus est, si la ténèbre obscure Ne peult [exister] avec clarification, Dieu qui estoit la clarté nette et pure.... J. marot,
V, 296 et 296.
— ÉTYM. Clarijicatio, de clarificare, clarifier; provenç. clarificacio ; espagn. clarificacion ; ital. chiariftcaiione.
CLARIFIÉ, ÉE (kla-ri-fi-é, ée), part, passé. Rendu clair. Eau clarifiée par un filtre.
CLARIFIER (kla-ri-fi-é), t'. o. || 1° Rendre clair un liquide qui est trouble. ||2°Par extension, purifier. Clarifier un sirop. || 3° En langage mystique, rendre gloire à quelqu'un. Comme j'ai clarifié mon Père sur la terre, vous allez me clarifier, confesser mon nom et le porter dans tout l'univers jusqu'à la consommation des siècles, mass. Conf. de la vocation à l'état ecclésiastique.- || Aujourd'hui la chaire ne paraît plus se servir de ce mot. ||4° Se clarifier, v. réfl. Devenir clairou limpide. Cette liqueur se clarifie.
— HIST. xn* s. Ceste apparicions nostre Signor clariliet ui cest jor [aujourd'hui], et li devocions et li honoremenz des rois lo fait dévot et honraule, s. bern. 551. || xv s. Pour gloire et exaltation de cestuy très crestien royaulme, clariffié par battures et souffrance, G. chastel, Chron. du duc Philippe. Proesme. || xvi's. Pour le trouble clariffier Et nostre
CLA
honneur veriffier, Dictes qu'en nous tout bien abonde, j. marot, v, 303. Affin de clariffler [illustrer] davantaige sa race, et donner à ses enfants une plus vive couleur de noblesse, carl. ix, 3. Tost après que l'ulcère fait par ledit cautère jette boue, 1& veue se clarifie, paré, vm, 35. On donne aussi le petit laict cuit et clarifié, n>. xxi, 2. Si la doctrine rencontre les âmes mousses, elle les aggrave et suffoque, masse crue et indigeste; si desliées, elle les purifie volontiers, clarifie et subtilise jusqu'à l'exinauition, mont, iv, 42.
— ÊTYM. Clarificare, de clarus, clair, et facere, faire (voy. faire); provenç. clariftcar, clarifiar; espagu. clarificar ; ital. chiari/kare.
CLARINE (kla-ri-n'), s. f. \\ 1° Sonnette qu'on pend au cou des animaux lorsqu'on les fait paître dans les forêts. || 2* Terme de blason. Animal qui porte une sonnette.
— IIIST. un* s. Landris li connestables au col de son cheval pendi un clarain , autel com l'en atacbe au col de ces bestes qui vont en pastures, du cange, clarasius. || xiv s. Unchien au col du quel, par esbattement, il pandi une sonnette ou clare, que ont acoustumé de porter vaches, brebis ou moutons id. t'6. Robin trova un clarin de vaches, m. t'6. || xv'S. Ung clarant qu'on pend au col des beufz, id. t'6.
— ÊTYM. Clair; ainsi dit à cause du son clair.
t CLARINE, ÉE (kla-ri-né, née), ad). Terme de blason. Animaux clarines, animaux qui ont des sonnettes.
— ÉTYM. Clarine.
CLARINETTE (kla-ri-nè-f), s. f. || 1" Instrument de musique à vent, à bec et à anche. Jouer de la clarinette. || Jouer de la clarinette avec son nez ou sur le bout de son nez, geste moqueur en usage chez les gamins et les jeunes soldats, qui consiste à tenir les deux mains aussi étendues que possible, le pouce gauche au bout du nez, le pouce droit touchant le petit doigt gauche, le tout dans la direction de la personne dont on se moque, et à remuer les doigts intermédiaires comme si l'on jouait de la clarinette. On dit dans le même sens jouer de la flûte sur le bout de son nez. || 2" Musicien qui joue de la clarinette. C'est une excellente clarinette,
— ÉTYM. Diminutif de clarine; génev. clarinette. t CLARINETTISTE (kla-ri-nè-ti-sf), s. m. Mot
qui se dit quelquefois pour désigner le musicien qui joue de la clarinette.
— ÊTYM. Clarinette.
t CLARISSE (kla-ri-s') , s. f. Nom des religieuses de Ste-Claire.
— ÉTYM. Claire, fondatrice de cet ordre, et née à Assise en 4 4 94.
t CLARISSIMAT (cla-ri-ssi-ma), t. m. Titre de clarissime.
— ÉTYM. Clarissimatus , du latin clarissimus.
f CLARISSIME (kla-ri-ssi-m'), s. m. || 1° Tilre d'honneur très-fréquent dans le bas-empire. Il s'est employé aussi comme adjectif. || 2° Par plaisanterie. J'ai écrit au clarissime, dont j'ai lu la dissertation avec grand plaisir, p. l. cour. I, 48.
— ÉTYM. Clarissimus, superlatif de clarus, illustre (voy. clair).
CLARTÉ (klar-té), s. f. || l°Ce qui éclaire. Les hibous fuient la clarté. C'est vouloir que la rose au pavot se compare Et le nuage à la clarté, malh. vi, 25. Cette obscure clarté qui tombe des étoiles, corn. Cid, iv, 3. Enfin mes faibles yeux cherchèrent la clarté, rac. Iphig. n, 1. Et la mort à mes yeux dérobant la clarté, id. Phèd. v, 7. Il marche à la clarté de la lune, fén. Tél. xvm. Il s'en fallait de beaucoup que la ville de Paris fût ce qu'elle est aujourd'hui; il n'y avait ni clarté, ni sûreté, ni propreté, volt. Louis XIV, 29. || Poétiquement. Quelle Jérusalem nouvelle Sort du fond des déserts brillante de clartés? rac. Athal. m, 7. Dieu protège Sion.... Je vois de toutes parts sa clarté [de Sion] répandue, t'6. m, 8. Un rang qui l'expose aux yeux de tout le monde, Dont je n'ai pu de loin soutenir la clarté, id. Brit. n, 3. Vos yeux sur cette nuit répandront la clarté, volt. Orph. il, 7. Cet astre si brillant, si longtemps respecté, Penche vers son déclin sans force et sans clarté, id. Sêmiram. H, 3. Si quelquefois les dieux pour des beautés mortelles Quittent de leur séjour les clartés éternelles, corn. Andromède, i, 4. || 2" Flambeau. Faire apporter de la clarté. Demander de la clarté. Monsieur le commissaire, Votre présence en robe est ici nécessaire: Suivez-moi, s'il vous platt, avec votre clarté, mol. Écol. des mar. m, 5. || Poétiquement. Les nome et ies vertus de ces clartés errantes Par qui sont nos destins et nos mœurs différentes, la font. Fabl. xi, 4. C'est que \p vois les flots sombres, Toi, les astres enchantés I
eu
Hélas! je compte les ombres, Quand tu comptes les clartés, v. hugo, Voix intér. xvn. || 3° Fig. La clarté du jour, la vie. Perdre la clarté du jour. Revoir la clarté du jour, revenir à la vie. 0 frère, plus aimé que la clarté du jour! corn. Hodog. v, 4. Mais où vous a-t-il dit qu'il reçut la clarté? mol. l'Êtour. vi, 3. Il 4° Tout ce qui éclaire l'esprit. Quel effet a pu faire Des rayons immortels l'immortelle clarté? malh. i, 4. Les uns et les autres sont dans une eitrême clarté naturelle, pasc. Géom. Pour se voir affranchi de la prison du corps, Et contempler de près mes clartés infinies, corn. Imitation, m, 49. Quand, pour quelques clartés dont ton esprit abonde, Ton orgueil à quelque autre ose se préférer, id. ib. I, 2. Étrange aveuglement! — Éternelles clartés! corn. Poly. iv, 3. Vous avez des clartés que mon insuffisance.... id. Sertor. n, 3. Venez, derrière un voile écoutant leurs discours, De vos propres clartés me prêter le secours, rac. Esth. n, 8. C'est à nous de chanter, nous à qui tu révèles Tes clartés immortelle», id. Athal. n, 9, Je consens qu'une femme ait des clartés de tout, mol. Femmes sav. i, 3. Et j'ai vécu depuis, sans que de ma maison J'eusse d'autrei clartés [renseignements] que d'en savoir le nom, id. L'Étour. v, 14. Don Louis du secret a toutes les clartés, id. D. Gare, v, 6. Vous qui pour l'avenir avez tant de clartés, Ignorez-vous les maux qui vous sont apprêtés? lemerc. Agamemn. iv, 6. Aux clartés des chrétiens si son âme est ouverte.... volt. AU. v, 7. Et si Dieu ne te donne une clarté nouvelle, Ta probité te parle, il faut n'écouter qu'elle, id. t'6. v, 5. Le plus vil témoin et les moindres clartés Nous montrent quelquefois de grandes vérités, id. Mérope, il, 4. Mais, sans tes clartés sacrées, Qui peut connaître, Seigneur, Les faiblesses égarées Dans les replis de son cœur? J. B. rouss. Ode 2, liv. i. Aspirez aux clartés qui sont dans la famille, Et vous rendez sensible aux charmantes douceurs Que l'amour de l'étude épanche dans les cœurs, mol. F. sav. i, l. Comme vos yeux, votre ame a beaucoup de clartés, quinault, La comédie sans comédie, n, 6. Lutèce, si petite.... Et qui jette aujourd'hui.... Sous le nom éclatant dont le monde la nomme, Plus de clarté qu'Athène et plus de bruit que Rome, v. hugo, Voix intér. vu. || 5° Netteté, en parlant des idées et des expressions. Le génie de notre langue est la clarté. Vous m'apprîtes qu'il n'y avait rien en votre personne ni àl'entour que vous ne connussiez avec une clarté merveilleuse, voit. Lett. 34. La clarté dans les affaires est le premier devoir auquel il faut s'attacher, en quelque genre que ce puisse être, volt. Lett. Richelieu, 26 mars 4776. || Avoir de la clarté dans l'esprit, dans les idées, avoir des idées claires et nettes. || 6° Transparence, limpidité. La clarté du verre. La clarté de l'eau. || 7° État de ce qui est clair, poli, uni. La clarté de son teint n'est pas chose mortelle, malh. v, 42.
— REM. Au commencement du xvn" siècle, on disait souvent clairté. Je sais bien que mon sort n'eut jamais de clairté Qui ne fût un rayon de Votre Majesté, du ryer, Alcyonée, n, 3. Et le ciel.... Blanchissait de clairté les peuples d'Orient, Régnier, Ép. i.
— HIST. xi* s. N'i a clartet, se li ciels ne s'i fent, Ch. de Roi. cix. Charles, chevauche; tei ne faudra clartet, t'6. clxxv. || xii" s. Jors ni solaus n'i va clarté faisant, Ronc. p. 68. Très grant clartez li est aa vis montée, t'6. p. -16t. Hxiii's. La clarté [elle] fait oster, qu'on n'i put rien choisir [voir], Berte, xm. Nus boutoniers ne puet ouvrer de nuiz, quar la clartez de la nuit n'est mie souffisans à ouvrer de leur mestier, Liv. des met. 4 86. Je avoie fait une meson, là où je mangoie moy et mes chevaliers à la clarté de l'uis, joinv. 278. Et s'il veut faire plus haute maison que la moie, je ne li puis deveer, tout soit ce qu'elle nuise à la clarté de ma maison, beaum. xxiv, 22. || xv" s. Celle clarté qu'il avoit apportée. Si m'esveilla du somme de soussy Où j'avoye toute la nuit dormy, ch. d'orl. Bal. 67. || xvi's. Comme une estoile diffère de l'autre en clairté, Calvin, lnstit. 4(87. La dame laissa la porte ouverte, et alluma de la clarté là dedans, parquoi la beauté de cette fille pouvoit estre vue plus clairement, marg. Nouv. xvm. Parquoy s'ensuit qu'en toute clairté Son nom reluyt et sa vertu pululle, j. marot, v, 295 et 296. S'estant esveillé en sursault tout emeu du bruit et de la clarté de la lune, qui rayoit dedans sa chambre, amyot, César, 81.
— ÉTYM. Génev. clairté; Berry, clairté, cl mouillés; bourguig. clertai, datai; provenç. claritat, clardat, clartat; espagn. claridad; portug. claridade; ital. chiarità; du latin claritalem, de clarus (voy. clair). L'ancienfrançaisavait un verbe clarier,
CLA
clareier, être clair, brillant, qu'il est bien fàcîïeui d'avoir perdu.
' CLASSE (klâ-s'), x. f. || !• Division du peuple romain suivant certaines conditions sociales et politiques. Servius Tullius [roi de Rome] établit le cens ou le dénombrement des citoyens distribués en certaines cluses, boss. Ilist. i, 7. || 2° Rangs établis parmi les hommes par la diversité et l'inégalité de leurs conditions. Les diverses classes de la société. Les hautes classes. Les basses classes. Au moyen 8ge il y a trois classes de personnes, les nobles, les vilains et les serfs. || Ensemble des personnes qui ont entre elles une certaine conformité d'intérêts, de mœurs et d'habitudes. Classes gouvernantes. Classes industrielles, agricoles, ouvrières. La classe des avocats, des marchands, des rentiers. || Les classes laborieuses, les ouvriers, celles qui travaillent spécialement. || Par analogie. La classe des honnêtes gens. Cet ouvrage convient à toutes les classes de lecteurs. || Un artiste, un peintre de la première classe, d'un mérite supérieur, d'un très-grand talent. || Familièrement. Un fripon de la première classe, fripon trèsadroit, très-audacieux. j| 3° Ensemble d'objets qui sont de même nature, qui présentent les mêmes caractères. Classe de marchandises. || En histoire naturelle, classes, groupes généraux en lesquels se subdivisent les embranchements et qui sont formés par la réunion des ordres, comme ceux-ci le sont par celle des familles composées de genres, qui euxmêmes sont un assemblage d'espèces. L'homme seul fait une classe à part [parmi les animaux], buffon, Homme. || 4* Division. Partager en plusieurs classes. Classes de l'Institut. || Division avec l'idée de gradation, spécialement dans le langage polititique et administratif. Route de première classe. Médaille de première classe. || Classe de fonctionnaires, correspondant plutôt à des différences de traitement qu'à des différences d'attributions. Un ingénieur de première classe. Une préfecture de première classe. Chaque ordre de tribunaux se divise en plusieurs classes. || Classe de contribuables d'après le chiffre de leurs impositions. Terres de première classe, les plus imposées. || Division d'après la qualité. Terres de première classe, terres les plus fertiles. Houille de première classe. || Division des places d'après leur commodité et leur prix dans les navires, les bateaux à vapeur, les chemins de fer. Une place de première classe, et par suite un convoi de première classe, par opposition à convoi omnibus. || 6* Ordre établi , pour régler le service dû à l'État, entre matelots et autres gens de mer, lesquels sont distribués par parties dont chacune se nomme une classe. || Les classes, en France, l'ensemble des gens de mer soumis à l'inscription maritime qui doivent leurs services à l'État pendant un certain nombre d'années. Les classes sont pour les gens de mer l'équivalent de la conscription pour les autres citoyens. Colbert distribua les pilotes et les matelots en trois, quatre ou cinq divisions, qui furent appelées classes, pour servir alternativement dans les armements de mer. || 6° Dans le langage administratif, l'ensemble des jeunes gens appelés chaque année à concourir au tirage pour le recrutement de l'armée de terre, ou de ceux qui, appelés sous les drapeaux, appartiennent à une même année. Les classes de (812, 48)3, 4814, furent appelées par anticipation. || VTerme de collège. Distribution de» élèves selon les différents degrés d'études. Le cours des études universitaires comprend sept classes de la huitième à la seconde et est couronné par la rhétorique et la classe de philosophie. La classe de rhétorique. La classe de septième. Basses classes. Hautes classes ou classes supérieures. Il a fait toutes ses classes, il a fait un cours d't-\ tudes complet. Le possesseur du jardin Envoya faire plainte au maître de la classe; Celui-ci vint, suivi d'un cortège d'enfants, la font. Fabl. IX, 6. || La classe, les écoliers. La classe a eu un congé. || la salle où se donnent les leçons. Il a été mis à la porte de la classe. || Le temps où les écoliers sont assemblés pour entendre la leçon; la leçon même. Troubler la classe. Il n'y a pas de classe aujourd'hui. La rentrée des classes. || Faire classe se dit aussi du professeur. Il n'est pas habitué à faire classe. Il fait la classe de sixième. Il n'a ou ne fait que cinq classes par semaine. || Ouvrir une classe, commencer à tenir école. || Tenir classe, donner des leçons dans une classe. Il ne faut pas s'imaginer que Socrate tînt classe à la manière des autres philosophes, fén. Socrate. || En dehors du collège, enseignement. Une classe d'histoire. Une classe de chant. Les classes du conservatoire. Classe de solfège. [| Les classes, l'ensemble des étude», de» professeurs et des écoliers,
CLA
des manières de penser et de parler du collège. Un
enfant alors dans ses classes, la font, v, u Un
des plus grands principes de leur science et le fondement de leurs traités du vide; on le dicte tous les jours dans les classes, pasc. .Pesant, de l'air, Conclusion. [Ils] Ne vous parlent que d'Apollon, De Pégase et de Cupidon, Et telles fadeurs synonymes, Ignorant que ce vieux jargon , Relégué dans l'ombre des classes, N'est plus aujourd'hui de saison, gresset, Chartreuse. || 8° Populairement, endroit où les crocheteurs d'un quartier attendent qu'on les emploie.
— HIST. xiv s. Servius ordena tout le puepie romain en cinq grandes distinctions, lesquelles il appela classes, bercheure, f» 2t , recto. || xvi" s. Leurs classes seroient plus décemment jonchées de fleurs que de tronçons d'osier sanglants, mont, i, <S3.
— ÉTYM. Le latin classis, venant par contraction de calare, appeler, convoquer (voy. calendes).
CLASSÉ, ÊE (kla-sé, sée), part, passé. Mis dans un certain rang dit classe. Les végétaux classés par Jussieu. Les baleines classées parmi les mammifères. || Familièrement. Il est classé, on connaît sa portée, sa capacité. || Matelot classé, matelot inscrit sur les registres de l'inscription maritime.
CLASSEMENT (klâ-se-man), s. m. || 1° Action de mettre dans un certain ordre. Faire un classement de papiers. Classement d'une bibliothèque. || Classement des fortunes en vue de l'impôt. || 2° État de ce qui est classé. Le classement des matières.
— rem. Classement n'est dans aucune des éditions du Dictionnaire de l'Aaadémie antérieures à l'édition de «835.
— étym. Classer.
CLASSER (klà-sé), v. a. || 1" Distribuer par classes. Classer des plantes. Il faut classer tous ces papiers. Il osa former le projet de décrire et de classer tous les êtres de la nature, conuorcet, Linné. || Absolument. Un naturaliste qui classe. || Par extension. On le classa parmi les plus habiles. Quand le génie de Napoléon, la grandeur de son élévation, l'importance de son entreprise et l'habitude de leurs anciennes relations classaient encore Bernadotte [alors roi de Suède] comme son lieutenant.... sëgur, Jlist. de Napol. i, 4. || 2° Terme de marine. Inscrire un marin sur le registre du quartier auquel il appartient. || 3" Se classer, être classé. Ces objets se classeront difficilement. || Être apprécié. Du premier coup il se classa parmi les premiers de sa profession.
— REM. Classer ne se trouve dans aucune des éditions du Dictionnaire de l'Académie antérieures a l'édition de <835.
— ETYM. Classe.
t CLASSEUR (klâ-seur), ». m. Portefeuille i compartiments.
— Etym. Classer.
j CLASSICISME (kla-si-si-sm'),».m. Néologisme. Système des partisans exclusifs des écrivains de l'antiquité, ou des écrivains classiques du nrii* siècle.
— ÉTYM. Classique.
I CLASSIFICATEUR (kla-si-fi-ka-teur), s. m. Terme didactique. Auteur de classifications.
— ÉTYM. Classifier.
CLASSIFICATION (kla-si-fi-ka-sion), s. f. Action de distribuer par classes. Classification des marchandises. || En histoire naturelle, distribution d'une collection d'êtres, d'objets, de choses, de quelque nature qu'ils soient, en classes, ordres, genres, espèces et variétés. Classifications naturelles ou méthodes, celles qui sont fondées sur l'ensemble des caractères. Classifications artificielles ou systèmes, celles qui sont fondées sur la considération d'un seul caractère. || Classification des maladies ou nosologie.
— syn. classement, classieication. Le classement est l'action de ranger effectivement d'après un certain ordre : le classement des papiers. La classification est l'ensemble des règles qui doivent présider au classement effectif ou qui déterminent idéalement un ordre dans les objets.
— étym. Classifier.
t CLASSIFIER (kla-si-fi-é), V. a. Néologisme. Faire , établir des classifications.
— ÉTYM. Latin fictif classificare , de classis, classe, et le suffixe ficare, faire.
CLASSIQUE (kla-si-k') , adj. || 1" Qui est à l'usage des classes. Les livres, les auteurs classiques. || Qui appartient aux classes. Exercices classiques. || Livre classique, nom donné, soit aux auteurs grecs ou latins expliqués, soit aux auteurs modernes ou aux livres admis dans les classes des lycées, des collèges, on dans les écoles. || Substantivement. Les classiques grecs, latins || 2° Auteur, poète, ouvrage classique, celui qui est regardé comme un modèle. Vous me fai-
CLA
tes grand plaisir en m'apprenant que l'Académie va rendre à la France et à l'Europe le service de publier un recueil de nos auteurs classiques, avec des notes qui fixeront la langue et le goût, volt. Lett. Duclos, to avril )76t. || Par extension, tout auteur, tout ouvrage qui fait autorité. Les ouvrages de ce jurisconsulte , de ce médecin , sont devenus classiques. || 3° Qui appartient à l'antiquité grecque ou latine. L'antiquité classique. Les langues classiques, le grec et le latin. || Par analogie. L'algonquin est la langue classique du désert, chateaub. Amer. (<o. || Terre classique, la Grèce ou l'Italie antique. || Fig. Terre classique des beaux-arts, pays où ils furent cultivés avec le plus de succès. La Grèce est la terre classique de la liberté. Cette Ile fameuse [l'Angleterre] , cet inépuisable foyer de si grands exemples, cette terre classique des amis de la liberté, Mirabeau, Collection, 1. 1, p. 338. || 4° Classique, par opposition à romantique, qui est conforme ou qui se conforme aux règles de composition et de style établies soit par les auteurs de l'antiquité grecque et latine, soit par les auteurs classiques duxvii* siècle. Poète classique. Poésie classique. Le genre classique , et, simplement, le classique. || En termes d'arts, qui rappelle la manière antique. Pureté classique. Cet artiste suit les traditions classiques.
— ÉTYM. Classe. Les grammairiens anciens appelaient écrivains ou poètes classiques ceui qu'ils mettaient dans la première classe; les modernes ont donné le même nom à ceux qu'on étudie dans les classes ; d'où la série des sens : qui est donné comme modèle et qui, à ce titre, appartient à l'antiquité, et enfin qui est opposé à romantique.
t CLASTIQUE (kla-sti-k') , adj. || 1» Terme de géologie. Terrain, roche élastique, terrain, roche qui présente des traces évidentes de fracture. || 2° Anatomie élastique, pièces artificielles d'anatomie qui peuvent se démonter de manière à montrer les parties sousjacentes.
— ÉTYM. KAototèç, brisé, de xXiw, briser.
+ CLATIIRE (kla-tr') , ». m. Terme de botanique. Genre de champignons.
— ÉTYM. Latin clathri, barreaux, traverses.
CLATIR (kla-tir), v. n. Terme de chasse. Redoubler son cri, en parlant du chien qui poursuit le gibier. Peu usité.
— ÉTYM. Bas-latin, clatire, pour glatire (voy. glapir).
CLAUDE (klô-d'. Chifflet, Gramm. p. 226, recommande de prononcer glaude, prononciation que quelques personnes ont conservée), s. m. Imbécile, niais. C'est un vrai claude. || Adj. Il n'est pas si claude qu'il en a l'air.
— ÉTYM. Claude. En latin Claudius, pris (comme Jeannot, par exemple) en un sens général et défavorable.
CLAUDE (reine-), s. f. Voy. reine-claude. CLAUDICATION (klô-di-ka-sion) , s. f. Terme didactique. Action de boiter.
— HIST. xvi* s. La cause de la claudication et de l'emaciation «st, que l'humeur aura jette l'os femoris hors de sa boette et lieu naturel, paré, m, 42.
— ÉTYM. Le latin claudicatio, de claudicare , boiter, declaudus, boiteux; provenç. claudicatio ; esp. claudicacion ; ital. claudicazione.
t CLAUJOT (klô-jo), s. m. Un des noms locaux du gouet ou pied-de-veau.
CLAUSE (klô-z'), s. f. Terme de droit. Disposition particulière qui fait partie d'un traité, d'une loi, d'un contrat ou de tout autre acte public ou particulier. Clause expresse. Clause tacite. Clause dérogatoire. Clause irritante. Contrat qui porte une clause avantageuse, patru, Plaidoyer m, dans richelet. Sans laquelle clause Le présent testament sera nul, et pour cause, regnard, Légataire, iv, 6. Le parlement de Toulouse ordonna une procession annuelle pour célébrer la mémoire de Jacques Clément, en ajoutant la clause qu'on pendrait quiconque parlerait jamais de reconnaître pour roi Henri IV, volt. Lett. d'Argental, 7 août 1702. |j Clause de six mois, celle qui résilie un bail à la condition de s'avertir six mois d'avance (propriétaire ou locataire). Bail sans clause, bail qui ne contient pas cette clause. || Clause résolutoire, celle qui entraîne l'annulation d'un acte, soit dans le cas où l'une des parties n'exécute pas ses obligations, soit dans le cas d'un événement prévu. || Clause pénale, celle qui, dans un contrat ou un testament, soumet à une peine pécuniaire ou indemnité le contraclant ou le légataire qui n'accomplira pas ses obligations. || Clause comminatoire, clause qui menace seulement, qui n est pas encourue de plein droit et ne s'exécute cas i la rigueur.
CLA
— HIST. xii' s. Li vers est d'une rime en cinc clauses cuplez : Mis langages est bons, car en France fui nez, Th. le mari. toe. ||xiv s. Tant chief, tantes sentences : ebascun en dit sa clause, Girart de Ross. v. 636. || xv s. Je sçay bien qu'il a bonne cause; Mais vous y trouverez bien clause, Si voulez, qu'il l'aura mauvaise, Patelin. ||xvt" s. Il y a quelqu'un des vieillards qui, le matin avant qu'ils se mettent à manger, presche en commun toute la grangée. en se promenant d'un bout à aultre, et redisant une mesme clause à plusieurs fois, jus-iues à ce qu'il ayt achevé le tour, mont, i, 237.
— Etym. Provenç. clauza; du bas-latin clausa, fermeture, chose fermée, bornée, déterminée, de clausus, participe passé de claudere, clore (voy. clore). D'ailleurs le bas-latin clausa s'est confondu avec le latin classique clausula, qui avait un sens qu'on retrouve dans les exemples de l'historique. Dans la première moitié du xvi* siècle, Maigret, en son traité de grammaire française, appelait clause la proposition comme renfermant une pensée parfaitement terminée.
t CLAUSICONQUE (klô-zi-kon-k'), adj. Terme de zoologie. Qui a une coquille fermée.
— ÉTYM. Lat. clausus, fermé, et conque.
t CLAUSOIR (klô-zoir) , s. m. Dans les constructions, dernière pierre d'une voûte.
— ÉTYM. Lat. claudere, fermer (voy. clore). CLAUSTRAL, ALE (klô-stral, stra-1'), adj. Qui
appartient au cloître. La vie, la discipline claustrale. La passion de posséder les bénéfices claustraux ou affectés aux religieux était une pomme de discorde dont l'abbé [de Cluny] savait profiter, st-sim. 279, t7. Ces biens [ecclésiastiques] partagés en divers lots prirent le nom de bénéfices manuels, simples, claustraux, chateaub. Génie, iv, m, 2. || Offices claustraux , certains bénéfices qui sont du corps d'une abbaye ou d'un prieuré. || Prieur claustral, le religieux qui est le supérieur des autres.
— ÉTYM. Claustralis, de claustrum (voy. cloître).
t CLAUSTRATION (klô-stra-sion) , s. f. Néologisme. Action d'enfermer dans un lieu étroit et resserré.
— ÉTYM. Lat. claustrum (voy. cloître).
f CLAUSTRE ou CLOSTRE (klo-str'), s. m. Terme d'architecture. Les claustres sont des demi-cylindres creux de poterie, employés à garnir une balustrade.
— ÉTYM. Lat. claustrum, barrière (voy. cloître).
t CLAUSULE (klô-zu-1'), s. f. Conclusion, sentence. Peu usité. || Terme de métrique ancienne, plus usité dans cet emploi. Petit vers jeté au milieu de grands vers de même espèce, quichehat, Tr. de versification latine, ch. 27. Clausule signifie aussi la terminaison d'un vers, le dernier pied ou les derniers pieds, id. t'6.
— HIST. xvi* s. Par quoi l'apostre , disent-ils, comprend tout ceci par une clausule, qu'il faut que tous comparoissent devant le siège judicial du fils de Dieu, calvin, 66.
— ÉTYM. Provenç. et ital. clausula; du latin clausula, de claudere, fermer (voy. clore).
| CLAVAIRE (kla-vê-r'), s. f. Terme de botanique. Genre de champignons à substance charnue ou tubéreuse et ordinairement en forme de massue. Toutes les grandes clavaires à chair tendre sont comestibles, tuais particulièrement la clavaire corallolde (clavaria coralloïdes, L.), connue vulgairement sous les noms de mainotte, menotte, chevaline, barbe de bouc.
— ÉTYM. Le latin clava, massue.
t CLAVALIER (kla-va-lié) , ». m. Arbre d'ornement.
t 1. CLAVÉ, ÉE (kla-vé, vée), adj. Terme de marine. Être clavé, être serré dans une banquise, se dit parmi les marins qui fréquentent Terre-Neuve.
— ÉTYM. Ane. franc, et patois, claver, fermer à clef; du latin clavis, clef (voy. ce mot).
f 2. CLAVÉ, ÉE (kla-vé, vée), adj. Terme didactique. Qui est en forme de massue.
— ÉTYM. Latin clava, massue, de clavus, clou (voy. clou); à cause de la forme de la massue.
<. CLAVEAU (kla-vô), s. m.\\l" Terme d'architecture. Pierre taillée en coin, qui sert à fermer une plate-bande; à former le dessus d'une fenêtre ou d'une porte carrée ou d'une corniche. Cette pierre s'appelle voussoir, lorsque ces portes ou ces fenêtres sont en arcade. C'est le temps qui creuse une ride Dans un claveau trop indigent; Qui sur l'angle d'un marbre aride Passe son pouce intelligent, v. huoo, Voix, 4. || 2° Terme de construction. Pièce de bois disposée en biais, de manière à tendre vers le centre d'une arcade. || Pièce en saillie au milieu d'une arcade.
CLA
— irtST. xii* s. Raous le fiert, cui mervelles fu bel, 0"e li eScus ne li vaut un mantel, Et de l'auberc li rompi le clavel [clou], Raoul de C. v. 4 09.
— ÊTYM. Provenç. clavel, clou, hameçon, dard; catal. clavell; ital. chiavello; du latin clavellus, diminutif de clavus (voy. clou). Le claveau des anciennes armures est une sorte de clou ; le claveaudes architectes est une pierre taillée en forme de coin.
2. CLAVEAU (kla-vô), s. m. Terme de vétérinaire. Maladie éruptive et contagieuse propre aux bêtes à laine, et qui paraît avoir beaucoup d'analogie avec la petite vérole. || Nom donné par les vétérinaires à la matière claveleuse, susceptible de transmettre le claveau par inoculation.
— ETYM. Lat. clavellus, petit clou, diminutif de clavus (voy. clou); à cause qu'on a comparé la pustule du claveau à un clou.
4. CLAVECIN (kla-ve-sin) , s. m. Instrument de musiqueà clavier età cordes métalliques, abandonné aujourd'hui, remplacé par le piano, et dans lequel les cordes pincées par un bec de cuir donnaient des sons trop uniformes. Un clavecin bien accordé ne fournit que des touches qui expriment la juste valeur de chaque son, fén. xxi, 446. Il ne doit jamais chanter qu'au clavecin, j. j. bouss. Ém. n. On a un vieux clavecin tout dérangé; Emile l'accommode et l'accorde, il est luthier aussi bien que menuisier, id. ib. v. Toutes ces désinences heureuses [en e muet dans le français] laissent dans l'oreille un son qui subsiste encore après le mot prononcé, comme un clavecin qui résonne quand les doigts ne frappent plus les touches, volt. Lett. Tovaxxi, 24 janvier 4 764. || Clavecin à ravalement, celui qui a plus de touches que les autres. Clavecin organisé, clavecin dont le clavier fait jouer un petit orgue.
— ÉTYM. Ital. graricembalo , clavicembalo ; de clavicymbalum , du latin clavis, clef, clavier (voy. clavier) , et cymbalum , cymbale.
t 2. CLAVECIN ou CLAVESIN (kla-ve-sin), s. m. Terme de marine. Partie de la dunette consacrée à la distribution des chambres d'officiers; salon au milieu de l'espace occupé par ces chambres.
t CLAVECINISTE (kla-ve-si-ni-sf), s. m. et f. Celui, celle qui jouait du clavecin.
f CLAVEL (kla-vèl), s. m. Terme de chimie. Soude d'une qualité inférieure.
t CLAVELADE (kla-ve-lad'), s. f. Terme de vétérinaire. Synonyme de claveau 2.
— ÊTYM. Claveau 2.
CLAVELÊ, ÉE (kla-ve-lé, lée), adj. Terme de vétérinaire. Attaqué du claveau.
— HlST. xvi* s. Il est, par la vertu Dieu, hérétique; je dis hérétique formé, hérétique clavelé, hérétique bruslable, rabel. Faut, ni, 22.
— étym. Claveau 2.
CLAVELÉE (kla-ve-lée), s. f. Terme de vétérinaire. Synonyme de claveau 2.
— HlST. xv* s. Et puis je lui fesoie entendre, Affin qu'il ne m'en peust reprendre, Qu'ilz mouraient de clavelée, Patelin, 4096.
— étym. Clavel, ancienne forme de claveau (voy. claveau 2) ; génev. gravelle.
-f CLAVELISATION (kla-ve-li-za-sion), s. f. Terme de vétérinaire. Inoculation de la clavelée. La clavelisation a été préconisée par un grand nombre de vétérinaires et d'agriculteurs.
fCLAVELISER (kla-ve-li-zé), v. a. Terme de vétérinaire. Pratiquer l'opération de la clavelisation.
— ÊTYM. Clavelée.
| CLAVESIN (kla-ve-sin), s. m. Terme de marine. Voy. clavecin 2.
f CLA VET (kla-vè) , s. m. Terme de marine. Fer de calfat, ou calfat double.
— ÉTYM. Diminutif de clavus, clou (voy. clou). CLAVETTE (kla-vè-t'), s. f. Petite cheville plate,
qui passe au travers d'une plus grosse pour l'arrêter.
— HlST. xii* s. Nis [môme] la cuoule [le capuchon] e l'estamine En aveit il en une archete [boite] Que desfermout ceste clavete [petite clef], benoIt,
— ÉTYM. Diminutif de clavis, clef (voy. clef).
t CLAVICORDE (kla-vi-kor-d'), s. m. Terme de musique. Espèce de clavecin.
— ÉTYM. Lat. clavis, clavier, et corde.
t CLAVICORNE (kla-vi-kor-n'), adj. Terme de zoologie. Qui a les antennes en massue.
— étym. Lat. clava, massue, et corne.
f CLAVICULA1RE (kla-vi-ku-lê-r'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à la clavicule.
— HlST. xvi* s. De la luxation de l'os claviculaire ou jugulaire, paré, xiv, H.
— ÊTYM. Clavicule.
CLAVICULE (kla-vi-ku-1'), ». f. || 1° Petite clef,
CLA
usité seulement dans cette locution, la clavicule de Salomon, titre d'un livre de magie attribué faussement à Salomon. || 2° Terme d'anatomie. Os qui sert d'arc-boutant à l'épaule, et que l'on a ainsi appelé parce qu'on l'a comparé à la clef d'une voûte; ou, selon d'autres, parce que la forme en est la même que celle des verrous anciens.
— HlST. xvi" s. Les clavicules semblent estre connexes avecques le sternon par un moyen os cartilagineux, paré, il, 4. X la teste des dits omoplates, attacheras les os clavicules ou furcules, en les bien joignant avec le sternum, id. iv, Ch. compl.
— ÊTYM. Lat. clavicula, petite clef, de clavis, clef (voy. clef).
CLAVICULE, ÉE (kla-vi-ku-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Pourvu de clavicules. Animaux clavicules.
— ÉTYM. Clavicule.
f CLAVI- CYLINDRE (kla- vi-si-liu-dr'), s. m. Terme de musique. Instrument à clavier dans lequel le son est produit par le frottement des cordes sur un cylindre de verre tournant.
CLAVIER (kla-vié; IV ne se lie jamais; au pluriel \'s se lie : les claviers et.... dites : les kla-vié-z et....),*, m. H 1° Petite chaîne ou anneau de fer pour réunir les clefs. Anciennement, le clavier faisait partie de la parure des femmes. || 2° Terme de musique. Assemblage des touches de certains instruments, le piano, l'orgue, la vielle, sur lesquelles on appuie les doigts pour tirer les sons. Sur le clavier quand votre main brillante Joue avec art une pièce savante, stlambert, Épilre. Selon les diverses façons que l'organiste remue les doigts sur le clavier, desc. L'homme. Ces jours sont loin, poursuit-elle [la fée], où ton âme, Comme un clavier, modulait tous les airs, bé-
rang. Adieu chansons Vous dont la main de
flamme Fait parler au clavier la langue de votre âme, v. hugo, F. d'automne, 34. || Présenter quelqu'un au clavier, lui mettre les doigts sur le clavier, lui donner les premières leçonsde piano. Savoir son clavier se dit de l'enfant qui commence à apprendre et qui sait distinguer les touches. Posséder son clavier, toucher le clavier d'une manière exercée et habile. || Il y a des claviers de pédales, c'est-à-dire qui se remuent avec les pieds, dans les orgues. || L'étendue d'un instrument quelconque. || La portée générale, tableau indiquant les rapports des diverses clefs. || 3" Dans les métiers, morceau de fil de fer ou de laiton plié en anneau vers le milieu.
HlST. xvi* s. Le très glorieulx clavier [porteclefs] de paradys, sainct Pierre l'apostre de Jesucrist, jean d'auton, Annales de Louis XII, ms. f° 66, dans lacurne. Moy je joueray sur le clavier, et feray resonner les orgues, paré , t. m, p. 688.
— ÊTYM. Lat. clavis , clef (voy . clef) . Clavier, dans l'ancien français, signifiait celui qui porte les clefs; et le clavier, dans la musique, a pris ce nom parce qu'il est la réunion des clefs.
| CLAVIÈRE (kla-viê-r') , s. f. Poisson de la Méditerranée (genre labre).
f CLAVIFOLIÉ, ÉE (kla-vi-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles en forme de massue.
— ÉTYM. Lat. clava, massue, et folium, feuille. fCLAVIFORME (kla-vi-for-m') , adj. Terme didactique. Qui est en forme de massue.
— ÊTYM. Lat. clava, massue, et forme.
f CLAVIGÈRE (kla-vi-jê-r') , s. m. Terme d'entomologie. Genre de coléoptères.
— ÊTYM. Lat. clava, massue, et gerere, porter.
t CLAVI-HARPE (kla-vi-har-p') , s. m. Terme de musique. Sorte de piano où les marteaux frappent des cordes de harpe ou disposées comme dans la harpe.
— ÉTYM. Lat. clavis, clef, clavier, et harpe.
t CLAV1-LYRE (kla-vi-li-r'), s. m. Terme de musique. Espèce de clavi-harpe.
— ÉTYM. Lat. clavis, clavier, et lyre.
t CLAVIN (kla-vin) , s. m. Autre nom de la clavelée.
— ÊTYM. Lat. clavus, clou.
f CLAVIPALPE (kla-vi-pal-p'), adj. Terme d'entomologie. Qui a les antennes en forme de massue. || S. m. Genre de coléoptères.
— ÊTYM. Lat. clava, massue, et palpe.
f CLAYER (klè-ié) , s. m. Grosse claie.
— HlST. xv* s. S'il y a aussi bourbe qui nuyse à passer, car en ce cas il fauldroit porter des claiers ou des fagotz.... le Jouvencel, f* 28, dans lacurne.
— ÊTYM. Claie.
f CLAYÈRE (klè-iê-r'), s. f. Parc inondé, sorte de grand marais ou de grand étang rempli d'eau de mer dans les grandes marées et dans lequel on jette les huîtres après les avoir pêchées, pour les y nourrir et engraisser.
CLE
— ÊTYM. Claie, à cause de la clôture de ces parcs.
t CLAYETTE (klè-iè-C), s. f. Nom donné à l'assemblage de vingt-quatre maniveaux de champignons.
— ÉTYM. Diminutif de claie.
t CLAYMORE fklè-mo-r'), s. f. Grande et large épée des Gaêls d'Ecosse, et dont le nom leur sert de cri de guerre.
— ÊTYM. Mot celtique, contraction du gaélique claidheamh, épée, et mor, grand: grande épée.
CLAYON (kle-ion),î. m. || 1* Sorte de petite claie en jonc ou en paille, servant à différents usages, et entre autres à faire égoutler les fromages. || Petite claie ronde sur laquelle on porte les pâtisseries. || 2* Claie servant de clôture. Comme un clayon léger qui parque des brebis, Nous avions devant uous vu tomber nos murailles, mass. llelvét. m. || 3* Terme de ponts et chaussées. Brin de bois flexible servant à la construction des clayonnages. || 4* Carré d'osier dont l'arçonneur se sert pour ramasser au milieu de la claie l'étoffe qui est éparse. || Natte dont on couvre les cuviers de lessive.
— ÊTYM. Claie.
CLAYONNAGE (klè-io-na-j'), *. m. Assemblage de pieux et de fascines sous forme de claies, destiné à soutenir des terres ou à défendre contre les eaux les bords des rivières. L'Académie peut en juger par le fragment de clayonnage que je mets sous ses yeux ; la quantité d'huîtres n'y est pas moindre que sur les fragments de roche, coste, Comptes rendus, Acad. des se. t. m, p. 420. || Faire un clayonnage, enfermer quelque espace avec des claies qui empêchent les terres de s'ébouler.
— ÊTYM. Clayon.
CLÉ (klé) , s. f. Voy. clef.
f CLÉCHÉ, ÉE (klé-cbé, chée), adj. Terme de blason. Se dit d'une pièce ouverte à jour qui laisse voir le champ de l'écu.
— ÊTYM. Clef. Cliché s'explique étymologiquement par une forme fictive clavicatus.
CLEF ou CLÉ (klé; Vf ne se prononce jamais; au pluriell'* se lie : les clefs étaient.... dites : les klé-z étaient), s. f. || i* Instrument ordinairement en fer, servant à ouvrir et à fermer une serrure. Une clef de caisse, de secrétaire, de bureau. Il est bien assuré que l'angoisse qu'il porte Ne s'emprisonna pas sous les clefs d'une porte, malh. i, 4. La foi, l'honneur et la raison Gardent la clef de leur prison. malh. vi, 4 0. Dans une armoire dont j'ai la clef, boss. Leur. Corn. 4 42. J'en garde la clef, mol. l'Étour. v, 4. Un endroit dont il gardait toujours la clef, fén. Tél. vm. La clef du coffre-fort et des cœurs, c'est la même; Que si ce n'est celle des cœurs, C'est du moins celle des faveurs, la font. Lepetit chien. || Fermer à clef, à la clef, avec la clef, fermer à un, deux tours. C'est un miracle.... qu'il ne m'ait.... Enfermée à la clef, mol. Éc. des maris,!, 2. Fermantsur lui la porte àla clef, j. j. rousseau. Ém. a. |Cette porte ferme à clef, elle est munie d'une serrure. Les portes de beaucoup de maisons ne fermaient point à la clef, bern. de s.-p. Paul et Virg. || Fausse clef, clef imitée ou non, dont les voleurs se servent pour ouvrir les serrures. || Gentilshommes de la clef d'er, certains grands officiers de la cour d'Autriche, d'Espagne et autres, qui ont le droit d'entrer dans la chambre des princes, et qui, en signe, portent une etef d'or à leur ceinture. || Clef de chambellan, charge de chambellan. || Fig. Jeter, mettre les clefs sur la fosse, renoncera la succession d'une personne parce qu'elle doit trop : locution qui vient de ce que, dans l'ancien droit, la personne qui renonçait mettait effectivement les clefs sur la fosse. || Fig. Mettre la clef sous la porte, déménager furtivement. Le premier, mourant de faim, a mis la clef sous la porte et s'en est allé, p. l. cour, n, 286. || Fig. Prendre la clef des champs, s'évader, prendre la fuite. Donner la clef des champs , donner la permission de sortir, de s'en aller. || Avoir la clef des champs, être en liberté d'aller où l'on veut. Caliste N'eut pas la clef des champs, qu'adieu les livres saints, la font. Coupe. Il [mon génie] veut, pour se produire, avoir la clef des champs; C'est lors qu'il court d'haleine et qu'en pleine carrière, Quittant souvent la terre en quittant la barrière, Puis d'un vol élevé se cachant dans les cieux, Il rit du désespoir de tous ses envieux, corn. Excuse à Ariste. || Fig. Sous clef . en prison. Une lettre de cachet le tenait sous clef. || Dans un autre sens, tenir sous clef, tenir caché. Il tient la vertu dans le cabinet ou sous la clef, boss. 7/onn. 3. M. de Noailles, tout dévotement, était sournoisement dans le même goût [des filles et des | pots] sous cent clefs, st-sim. »6, 7. J'écris à Cramer
CLE
et je lui mande qu'il mette les autres exemplaires sous la clef, volt. Lett. Ricltelieu, 19 juillet «778. il Terme de blason. Il y a des clefs posées en pal, en sautoir, ou couchées, ou adossées selon la disposition des pannetons. Le pape porte deux clefs posées en sautoir. || 2° Les clefs d'une ville, les clefs qui ferment les portes de la ville. Présenter les clefs d'une ville au vainqueur, se rendre. Utrecht envoya ses clefs et capitula avec toute la province, volt. Louis XI V, ». Qu'aisément ils [les étrangers] ouvraient les portes Dont nous avions livré les clefs, bêrang. Cocarde. Il 3* Fig. Passage, place par où l'on peut avoir actes dans un pays. Les Thermopyles sont la clef de la ijrèce. Il livra le Havre de Grâce, c'est-à-dire la clef du royaume, boss. Déf. Pour le Guipuscoa, c'était un leurre de le prendre pour une clef d'Espagne, st-sim. 82, 69. || 4° Terme de théologie. La puissance des clefs, la puissance d'ouvrir et de fermer le ppjadis, de lier et de délier, de condamner et d'absoudre, que Jésus-Christ donna à ses apôtres. |) Les clefs de saint Pierre, l'autorité du saint-siége. || Les clefs du royaume descieux, la puissance de lier et de délier. Le grand principe de MM. Claude et Jurieu est que Jésus-Christ a donné les clefs non au corps des pasteurs, mais au corps de toute l'Église, fén. il, 29. || 6° Ce qui ouvre, ce qui prépare, ce qui explique. Ne leur donnez jamais la clef de vos affaires, fén. Tél. xxiv. Les gens artificieux avaient trouvé la clef de son cœur, id. t'6. xvi. Tout autant de dévotions que vous trouverez dans ce livre sont autant de clefs du ciel, pasc. Prov. 9. Les langues sont la clef ou l'entrée des sciences, et rien davantage, i.a brut. xii. C'est une des clefs qui ouvrent l'intelligence des prophéties, boss. Hist. h, 9. La générosité étant comme la clef des autres vertus, desc. Pas*, tet. Nous aurions en main la clef du mystère, boss. Avert. 2. X moins qu'on n'ait la clef de tout le mystère, id. Tar. 4. Peut-être tirerait-ondes mêmes principes la clef des faux jugements, j. j. rouss. Hél. iv, H. Ceux qui n'auraient vu dans la chimie qu'une suite d'expériences curieuses, de théories abstraites, apprenaient à la regarder comme la clef de l'histoire naturelle, conborcet, Bucquet. || La clef du caveau. Voy. caveau. || 8° Convention d'après laquelle on peut lire une écriture secrète. || Clef du chiffre, alphabet convenu d'avance qui sert soit à chiffrer soit à déchiffrer les dépêches secrètes. || Explication de caractères énigmatiques, ou de noms supposés. La clef de la cabale. Les clefs du livre des Caractères de la Bruyère. Ajouter une clef à un ouvrage, faire connaître le nom des personnes à qui il est fait allusion. || 7°Parextension, ensemble de connaissances ou de renseignements nécessaires pour comprendre une chose. La clef d'un système de philosophie. La clef d'une affaire. Vous pourriez prendre certaines vues justes qui vous donneraient une clef générale de tous les détails, fén. xviii, 380. Voilà, sublime dervis, la clef de la nature, montesq. Lett. pers. 97. Et qu'est-ce que la vie? Un réveil d'un moment! Labyrinthe sans clefl question sans réponse! larm. Harm. m, 9. || Clef des fêtes mobiles, indication à l'aide de laquelle on connaît les jours où tombent les fêtes mobiles. || 8° Terme de musique. Caractère de musique posé au commencement d'une portée, pour déterminer le degré d'élévation de cette portée dans le clavier général et indiquer le nom des notes placées sur la ligne de la clef. Il y a trois clefs, la clef de fa, la clef de sol et la clef d'ut. Ou voit que, pour rapporter une clef à l'autre, il faut les rapporter toutes deux sur le clavier général, au moyen duquel on voit ce que chaque note de l'une des clefs est à l'égard de l'autre; c'est par cet exercice réitéré qu'on prend l'habitude de lire aisément les partitions, J. J. rouss. Dict. de musiqu», clef. De quelque caractère que puisse être une voix ou un instrument, pourvu que son étendue n'excède pas à l'aigu ou au grave celle du clavier général, on peut lui trouver une portée et une clef convenables, in. t'6. || Fig. Laisse-moi ton bémol, prends la clef de nature, Régnier, Sat. x. || 9° Ce qui, dans les arts, sert à ouvrir, à fermer, à serrer, à détendre, à monter et à démonter des instruments, desappareils, des machines, etc. || Fig. Que l'argent est la clef de tous les grands ressorts, mol. Éc. des f. I, 6. || La clef d'un robinet, la partie mobile qui sert à l'ouvrir et à le fermer. || La clef d'un poêle, petite bascule de la largeur du tuyau à l'intérieur duquel elle est placée , et qui est posée sur un axe mobile qui sert à la faire mouvoir. || La clef d'une montre, d'une pendule, petit instrument creusé en carré avec lequel on monte le ressort. || La clef d'un piano, d'une harpe , instrument qui sert à tourner les chevilles sur lesquelles les cordes sont enroulées. || Les clefs
CLE
d'un instrument à vent, les pièces mobiles au moyen desquelles le musicien ouvre et ferme les trous de l'instrument. || Clef de pressoir, la vis qui serre et desserre le pressoir. || Une clef de voiture, l'instrument qui sert à monter, à démonter et à serrer les écrous. || Clef de lit, instrument avec lequel on tourne les vis pour monter et démonter un bois de lit. || Clef de pistolet, de carabine, d'arquebuse à rouet, se disait autrefois de l'instrument avec lequel on bandait ces armes. || Clef d'étau , morceau de fer qui sert à serrer l'étau. || Clef anglaise, espèce de marteau à deux mâchoires, dont une se meut par une vis et qui sert à serrer et à desserrer. || Clef de forceps, petit instrument de fer destiné à fixer le bouton qui unit les branches du forceps. Clef de trépan, petit instrument d'acier qui sert à monter la pyramide du trépan et à la démonter quand la voie de la couronne est assurée. || 10° Terme d'architecture. Clef de voûte, pierre du milieu et du haut d'une voûte, et qui, étant plus étroite en bas qu'en haut, presse et affermit toutes les autres pierres composant la voûte. [Il voyait] ....les feux dispersés dans des nuits embaumées, Calculant sans compas leurs courbes enflammées, Sous la voûte sans clef flottant de toutes parts, lamart. Harm. u, 12. || Fig. Le point capital d'une affaire. Les règlements ne sont que le cintre de la voûte dont les mœurs forment la clef, i. J. rouss. Conlr. n, 12. || Clefs du crâne, nom donné autrefois aux os wormiens, || 11° Dans les métiers, ce qui sert à fixer, tenir ferme, élargir. || Clef de poutre, courte barre de fer dont on arme chaque bout d'une poutre et qu'on scelle dans les murs où elle porte. || Clef de charpenterie, pièce de bois qui est arc-boutée par deux décharges pour fortifier une poutre. || Clef de menuiserie, tenon qui entre dans deux mortaises, collé et chevillé pour l'assemblage des panneaux. || Terme de tourneur. Espèce de coin de bois, d'un pied de longueur et d'un pouce d'épaisseur qui, entrant dans une mortaise ménagée à la queue des poupées, les affermit sur les jumelles, par-dessous lesquelles ces clefs sont placées. || Terme de cordonnier. Clef de forme, morceau de bois qu'on fourre dans une forme brisée pour élargir le soulier. Clef d'embouchoir, morceau de bois que l'on met dans l'embouchoir pour élargir les bottes. || Clef de relevée, tige à anneau servant de tête de sonde. Clef de retenue, canal où glisse une tige de sonde. || Dalle de pierre mobile placée sur la voûte d'une fosse d'aisance pour en boucher l'entrée. On dit aussi tampon. || 12° Terme de marine. Pièce de charpente placée horizontalement pour tenir un bâtiment droit dans sa forme. Clefs de ber, arcs-boutants dont un bout s'appuie sur les bords de la cale. || Petit billot qu'on enfonce entre les varangues des bâtiments en construction. || Gros boulon carré traversant la caisse des mâts de hune pour les supporter. || Être en clef, en parlant d'un mât supérieur qui, ayant atteint sa hauteur, repose sur la clef seule. || Demi-clef, sorte de nœud très-simple dont la propriété est de se serrer beaucoup lorsque le cordage est fort tendu, et de se défaire très-aisément lorsque le cordage est lâche, jal. || 13° Terme de dentiste. Clef anglaise ou clef de Garengeot, instrument qui sert àarracher lesdents. || 14° Terme de vénerie. Clefs de meute, les meilleurs chiens d'une meute. Les clefs de meute, parvenues X l'endroit où pour mort le traître se pendit. Remplirent l'air de cris, la font. Fabl. xii, 23. || Fig. et familièrement, clef de meute se dit d'un homme qui a beaucoup de crédit dans sa compagnie, dans son parti. || Terme de fauconnerie. Se dit des ongles de derrière d'un oiseau de proie. || 15° Terme de pêche. Sorte de nœud qui sert à attacher les hameçons aux empiles , les poids aux cordes et les cordes aux piquets. I 16°Clef-de-montre, nom d'une plante, la lunaire commune (lunaria annua, L.).
— HIST. xi* s. Tenez les clés de ceste cilet large, Ch. de Hol. li. || xn's. De Saragoce les clés emporterez, Ronc. p. 3). X prince terrien ne volt aine Deus baillier Les clefs del ciel, qu'il poent lier et deslier; Mais as ordenez fait sa poesté traitier, Th. le mart. 9t. || xm* s. [Elle] De tout portoit les clés, qu'ele l'ot deservi [mérité], Berte, lix. Le postic [elle] refreme à la clef, Lai d'Ignaures. Li rois Jehans et la crestientés de France et de Lombardie et de Toscane et d'Alemaigne ont assise [assiégé] Damiette, et bien savent que c'est li clés de la terre, Chron. de Bains, 89. C'est la clef de nostre terre, et par illeuc nous vient toute nostre pourveance, t'6. 96. Toutes les fois qu'on va penre [prendre] por dete par justice, et cil sor qui ou va penre ne veut debonerement monstre r ses chozes, les clés la roi
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[la force qui ouvre tout] doivent estre têtes, beaum. liv, 8. Li boens rois de Navarre, qui lait si bêle terre, Que ne sai où plus bêle puisse on troveir no querre; Mais hom doit tout laissier por l'amor Dieu conquerre , Ciz voiages est cleis qui paradix desserre, ruteb. 138. Et je regardé une coignée qui gisoit illec, si la levai et dis que je feroie la clef le roy, joinv. 250. || xiv* s. Se tu pues sentir ou veoir Que les ennemis asseoir En bourc, en chastel ou en ville Te veillent, aie tant de guiUe Qu'adès aies la clef des chans, hachault, p. )I3. || xv' s. Un très fort chastel qui est la clef et l'entrée de Bretagne, froiss. i, i, <56. En le gardant en loyaulté, Soubzclef de bonne voulenté, en. d'orl. Bal. 32. Mais la despartie [séparation], sans doubte, Est la clef de nostre œuvre toute, la font. 654. Il n'y failloit [à l'arbalète] ne corde ne clef pour la descocher, Percefnrest, t. iv, f° 22. Quant aux autres qui ne se peurent sauver assez à temps dans icelle ville, ils prirent les clefs des champs à l'adventure, les uns par eaue et les autres par terre, jean chartier, p. 266, dans lacurne. Là [après la mort de Philippe, duc de Bourgogne] renonça la duchesse Marguerite sa femme de ses biens meubles, pour la doubte qu'elle ne trouvast trop grands debtes, mettant sur sa représentation sa ceinture, avec sa bourse et les clefs, comme il est de coustume, monstrel. i, h 7. || xvi's. Il le conjura fort confidemment de luy donner la clef de ce mystère, Mém. s. du G. ch. 7. Ils passeront deux ou trois heures à jouer au flus, à la séquence, à la condemnade, au trou madame, à la clef, à remue ménage, choliêhes, Contes, f° (74, dans lacurne.
— ÉTYM. Bourguig. clar; provenç. clau; anc. espagn. clave; espagn. mod. llave; portug. chave ; ital. chiave; du latin clavis, clef, dont le radical est dans clau-dere, fermer.
f CLEIDO.... préfixe mal orthographié, venant dexXei;, xXeiSè;, clef, et devant s'écrire clid, l'ti se rendant en français par t. Voyez les mots commençant par elido....
CLÉMATITE (klé-ma-ti-t') , s. f. Plante grimpante, du genre clematis. La clématite en fleurs se suspend aux arcades, lamart. Harold, v.
— ÊTYM. KXTiuatïTt; , de x^u-ati;, menue branche, de x>rj(ia, branche, de x).àv, rompre.
CLÉMENCE (klé-man-s') , s. f. Vertu qui , che» une personne puissante, consiste à pardonner les offenses, et à adoucir les châtiments. Un acte de clémence. La clémence est la plus belle marque Qui fasse à l'univers connaître un vrai monarque, corn. Cinna, îv, 4. Une aveugle clémence, Loin d'arrêter le crime, en nourrit la licence, rac. Esth. ni, 4.... Le sceptre d'or que vous tend cette main Pour vous de ma clémence est un gage certain, m. t'6. Il, 7. Que lui peut-on reprocher, sinon la clémence"? boss. Reine d'Anglet. Songez que ma clémence a
surpassé mes crimes, volt. Alt. v, 7 Lassant
enfin les clémences célestes, Le monde à ces signes funestes Ose répondre en les bravant, v. hugo, Odes, i, -H. Sans jamais écouter ni pitié ni clémence Qui te parle pour eux, malh. ii, (2. Coupables, approchez : De la chaîne des ans les jours de la clémence Sont enfin retranchés, Gilbert, Jug. dernier. || Indulgence d'un père pour ses enfants. On doit toujours espérer en la clémence d'un père.
— HIST. x' s. Par souue [sa] clementia, Eutalie. || xvi" s. Qu'ilz n'abusent de la clémence dont avons usé envers les simples, condé, Mémoires, p. 564.
— ÉTYM. Le latin clementia, de clemens, clément. CLÉMENT, ENTE (klé-man, man-t'), adj. Qui a
de la clémence. C'était la force et la sévérité qui sortait du doux et du clément, mass. Or. fun. Dauph. Je veux bien avouer de lui [Charles I"] ce qu'un auteur célèbre a dit de César: qu'il a été clément jusqu'à être obligé de s'en repentir , boss. Reine d'Anglet. Ainsi mourut César; il fut clément et brave, volt. Triumv. iv, 2. Elle calma souvent la colère du czar, et le rendit plus grand encore en le rendant plus clément, volt. Russie, n, t. || En termes de dévotion. Dieu est clément et miséricordieux. || Un ciel clément, un climat doux, propice, et fig. un destin prospère.
— ÊTYM. Le latin clemens.
CLÉMENTINES (klé-man-ti-n') , s. f. plur. || 1» Le
septième livre des décrétales rédigé par le pape Clément V, et publié par le pape Jean XXII. || 2* Ouvrage en huit livres, attribué au pape Clément 1 (de l'an 91), mais reconnu comme apocryphe.
— ÊTYM. Clemens, nom propre.
t CLENCHE (klan-ch*), s. f. Pièce principale d'un loquet, laquelle, reçue par le mentonnet, tient i» porte fermée. On dit aussi clenchette ou ciincnu
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— ÊTYM. Wallon, cliché, ciichette; de l'allem. Klinke; suéd. klinka; angl. clineh, loquet.
t CLENCHETTE (klan-chè-tf) , ». f. Voy. clenche.
CLEPHTE (klè-fV), s. m. Nom que les montagnards libres de l'Olympe et du Pinde se donnent à eux-mêmes. Les chants des clephtes. Trois oiseaux se sont posés au-dessus du poste des clephtes, fauriel, Chants populaires de la Grèce mod. P. i, n° 4. Les Turcs se sont comptés trois fois, il en manque cinq cents; les enfants des clephtes se comptent, il leur manque trois braves, m. ib. n° 2.
— ETYM. Grec mod. xXé<p8riç, du grec ancien xXsutyk, voleur, de xXéirreiv, voler.
CLEPSYDRE (klè-psi-dr"), t. f. || 1° Machine qui indique l'heure par le moyen de l'écoulement de l'eau. Quoique les clepsydres ou horloges à eau, si usitées chez les anciens, aient été entièrement abolies parmi nous par les horloges à roues infiniment plus justes et plus commodes.... fonten. Amontons. || 2* Nom de certaines machines hydrauliques chez les anciens.
— ÊTYM. KXeiJujîpa, de xXéirreiv, dérober (voy. clf.phtk), et {tèup, eau (voy. hydre); ainsi dite parce que, l'écoulement tari, l'eau pour ainsi dire se dérobe. Il y avait à Athènes une fontaine dite clepsydre parce qu'elle était intermittente.
CLERC (klèr; le c ne se prononce jamais, excepté dans la locution clerc à maître, dites: clèr-k à maître; au pluriel 1'* ne se lie pas: des clercs en vacances , dites : des clèr en vacances ; cependant d'autres disent : des clèr-z en....), i. m. || 1° Par opposition à taîque, toute personne qui étudie pour entrer dans l'état ecclésiastique. Il naît un autre clerc pour remplir la place, la. brdy. iiv. Un clerc mondain ou irréligieux, s'il monte en chaire, estdéclamateur, m. xv. On sauve l'innocence des clercs de la contagion du monde, mass. Or. fun. Villeroy. Il n'était pas permis [sous Charlemagne] de se dire clerc sans l'être, volt. Mœurs, 20. || Dans les anciens parlements, conseiller -clerc, conseiller qui était pourvu d'une charge affectée auxecclésiastiques. || Clerc de la chapelle, ecclésiastique qui était un des officiers de la chapelle du roi. ||X Rome, clerc de la chambre, prélat officier de la chambre apostolique. ||Fig. Parler latin devant les clercs, parler de choses devant des personnes qui les connaissent mieux que vous ne les connaissez. | Adjectivement. C'est qu'on avait toujours devant les yeux les tribunaux clercs, montesq. Espr. xxviii, 40. || 2* Autrefois, par extension, tout homme lettré ou savant. Salomon qui grand clerc était, la font. Joc. M. de Châlons, qui en affaires du monde n'était pas grand clerc, alla nasiller coup sur coup au régent, st-sim. 460, 38. Pour être, S'il se peut faire, en mal plus grands clercs que leur maître, Régnier, Sot. vi. N'en déplaise aux docteurs, cordeliers, jacobins, Pardieu, les plus grands clercs ne sont pas les plus fins, id. Sat. in. || Clerc du secret, ancien nom de ceux qu'on a appelés plus tard secrétaires d'Etat. || Adjectivement. Un loup quelque peu clerc prouva par sa harangue Qu'il fallait dévouer ce maudit animal, la font. Fabl. vu, 4. 1| 3* Celui qui travaille dans l'étude d'un notaire, d'un avoué, etc. Clerc d'huissier. Clerc de procureur. Aborder sans argent un clerc de rapporteur, boil. lutr. h. George.... Qu'un million comptant, par ses fourbes acquis, De clerc, jadis laquais, a fait comte et marquis, id. Sat. 1. 1| Maître clerc, principal clerc, premier clerc, le clerc qui dirige une étude. || Petit clerc, jeune homme qui, dans une étude, fait les commissions et rend les petits services. || Vice de clerc, faute qui, se trouvant dans un acte par l'étourderie d'un clerc, n'est pas imputable à l'auteur de l'acte, et peut se corriger par ce qui suit ou précède. Cette locution vieillit. || Familièrement. Pas de clerc, faute commise par ignorance ou par étourderie dans une affaire ; démarche inutile, maladroite. Et il n'est pas question d'aller faire ici un pas de clerc, mol. G. Dand. I, 4. Ma langue en cet endroit a fait un pas de clerc, m. le Dép. I, 4. Que sûtes-vous par le rapport de votre envoyé? Peu de chose; à la fin on imprime, tout devient public, et il se trouve qu'il n'y a point eu de conspiration ; cependant les têtes étaient coupées; voilà un furieux pas de clerc, une bévue qui coûte cher, et que la liberté des journaux vous eût épargnée, p. l. cour, i, 2)6. Le parlement de Toulouse, qui voit qu'il a fait un horrible pas de clerc, empêche que la vérité ne soit eennue, volt. d'Argental, 4 6 mai 4 762. || Compter de clero à maître, rendre seulement compte de ce qu'on a reçu et déboursé, sans autre responsabilité. || 4° Dans les paroisse», clerc de l'œuvre, celui qui a soin de certaines choses concernant l'œuvre de
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la paroisse. || Autrefois, chez le roi ou chez les grands princes, clerc d'office, officier suivant les plats servis devant le roi et ayant soin des choses qui se faisaient dans l'office. || Autrefois, celui qui servait quelque corps de métier et qui en faisait partie. Le clerc des orfèvres. || Autrefois, clerc du guet, officier du guet dans les ports de mer et sur les côtes. || 5° Autrefois , clerc d'armes , jeune gentilhomme qui apprenait les exercices militaires et qui était un novice de chevalerie. || Proverbe. Les bons livres font les bons clercs, c'est-à-dire c'est dans les bons livres qu'on prend la science.
— hist. xi' s. Ensemble od lui si clerc et si chanoine, Ch. de Roi. cclxvi. || xir* s. Li elers i vint sur un mulet ambiant, Ronc. p. 4 63, Faites faire erramant Vos Chartres et vos briés [brefs] à clerz bien escrivanz, Sax. xxi. Sire clerz, tout en haut [à haute voix] nous dites la leçon, ib. xxv. Arcevesques, evesques, e clerc de grant clergie, Th. le mart. 443. As leis [lois] ecclesiaus deit laie leis servir; Nulz ne deit plaiz d'iglise, se n'est clers, maintenir, ib. 75. || xiii' s. Si vot 1? quens Gautiers que Jehans ses nus fust clers; mais il ne le vot iestre, Chr.deRains, 83. Homs qui aime ne puet bien faire, N'a nul preu de ce mont [monde] entendre; S'il est clers, ilpertsonaprendre, laRose, 3068. Sel [si vous le] demandés as clers lisans, ib. 370. Cascuns des auditeurs pot avoir son clerc por escrire ce qui est dit en l'enqueste, bkaum. xl, 2a. Fors escoliers, autre clergié Sont tuit d'avarice vergié ; Plus est bons clers qui plus est riches, bdteb. 227. || xiv* s. Au dit mestier n'aura que dix vendeurs tant seulement, lesquels vendront les dits poissons en leurs personnes, sans ce qu'il les puissent faire vendre par leurs femmes, par leurs clercs mesmes, ne par aucune autre personne que par eux, Ordonn. des rois de Fr. t. u, p. 368. Assez puet impetrer qui donne largement; Car li homs est bons clers qui a assez d'argent, Guescl. 4 7428. || xv* s. Aussi [de même] les sciences sont extraites et compilées de plusieurs clercs, et ce que l'un sait, l'autre ne sait mie, froiss. Prol. Escoutés donc ce qu'on dira; Aprenez, soyez clergeresse, coquill. Droits nouv. Les bons livres font les bons clercs, gerson, dans Hist. littér. de la Fr. t. xxrv, p. 283. Clercs et femmes sont tout ung, leeoux de lincy, Prov. t. u, p. 42). Car chevaliers ont honte d'estre clers, eust. desch. Poésies mss. f* 4 37, dans lacurne. Maint sont clers où n'a que folie ; Car sans savoir sont hors du sens ; Si se puet l'en bien chevir sans Tels clers où science n'est mie, ib. f" 282. Il avoit plusieurs clercs [commis] et facteurs sousluy, qui se mesloient des dites marchandises, Mathieu de coucy , Hist. de Charles VU, p. 694 , dans lacurne. Mais dit le sage que tous ceulx ne sont pas clercs qui en portent le semblant, ne chevaliers qui portent espérons , Perceforest, t. iy, f* 42. Et combien qu'elle ne l'eust jamais vu exercer l'office de clergie, toutefois elle jugea tantost qu'il est très grand clerc, louis xi, Nouv. c. || xvi* s. Divisons l'Eglise en deux estats : assavoir qu'elle contienne le clergé et le peuple. J'use de ce mot de clercs , pource qu'il est commun, combien qu'il soit impropre : par lequel j'enten ceux qui ont office et ministère en l'Eglise, calv. lnstit. 965.... Mais trop plus est à craindre une femme clergesse, Sçavante en l'art d'amour, quand elle est tromperesse, rons. 4 26. Il ne s'y entend comme clerc d'ar mes [il y est habile] , H. est. Précell. p. 79. Jadis un antique prophète de la nation judaique mangea un livre , et fut clerc jusqu'aux dents ; présentement vous en boirez un, et serez clerc jusques au foye, rab. Pant. v, 46. Gens de condition ne peuvent faire leurs enfants clercs sans l'exprès consentement de leurs seigneurs , Coustum. génér. t. I, p. 880. Entre les clers, aucuns sont mariez, aucuns non ; les mariez jouissent de leurs privilèges si longuement qu'ils portent la tonsure et l'habit clérical et servent à une église, hospital ou séminaire, et à faute de ce ils les perdent, ib. t. n , p. 4 067. Je ne parle point en clerc d'armes, je l'ay vu, Contes de cholières, f° 220, dans lacurne.
— ÉTYM. Bourguig. clor, clar; provenç. clerc, clergue, cierge; espagn. clerigo ; ital. chierico ; de clericus , de xXripixè;, de xXrjpoi; , clergé, proprement lot , bon lot , terme appliqué dans les premiers temps aux chrétiens par opposition aux païens, et finalement à ceux qui avaient charge de prêtrise. Régnier s'est encore servi de clergesse dans le sens de femme habile : Clergesse, elle fait jà la leçon aux prêcheurs, Sot. xm. Dans l'ancien français, au singulier, nominatif li clers, et régime le clerc ;au pluriel, nominatif li cler, régime les clers.
CLERGÉ (klèr-jé), s. m. Le corps des clercs ou
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des ecclésiastiques d'une église, d'un pays, d'une ville. Le clergé séculier, les curés, évêques et archevêques. Le clergé régulier, les moines. Le haut, le bas clergé. Sous l'ancienne monarchie, le clergé était le premier des trois ordres, et composé en partie de personnes séculières, en partie de personnes régulières. Elle y voit aborder le marquis, la comtesse , Le bourgeois , le manant, le clergé , la noblesse, boil. Lutrin, 1. 1| Rentes du clergé, se disait autrefois des rentes constituées sur le clergé.
— HIST. xii* s. Tous li clergiés et li home d'eage Qui en aumosneet enbienfaismainront.... quesnes, Romancero, p. 94. || xm* s. Si i furent mandé li evesque et tous li clergiés, villeh. xcvni. Li clergiés vint encontre moût ordenéement, Perte, cxxxin.
— ÊTYM. Clericatus, de clericus (voy. clerc).
f CLERGEON (klèr-jon) , s. m. Ancien terme de dénigrement, petit clerc de procureur. Si je savais à quel procureur vous êtes, je vous ferais châtier, petit clergeon.... Mais tout ce que je pus faire.... fut de lui dire que je n'étais point clergeon de procureur, et que j'étais gentilhomme, Francion, l.iv, p. 474. || Vieilli. On a dit aussi clerKeau et clergeot.
— HIST. xii* s. Ke ne sai la kele leçons Est aie lire undesclerjons, Rou, 603.Cantent limestrecler e cantent li clerjon, ib. 4 626. || xm* s. Savez rien de celui afere Que li maistres fait as clerçons, quant il lor aprent les leçons, Rcn. 20929.
— ÊTYM. Diminutif de clerc; provenç. clerion; espagn. clerison; ital. chiericone.
t CLERGESSE (klèr-jè-s'), *. f. S'est dit autrefois pour femme savante, habile; c'est le féminin de clerc (voy. clerc, à l'historique et à l'étymologie), Clergesse, elle fait jà la leçon aux prêcheurs, Elle lit saint Bernard, la guide des pécheurs, régnicr, Sat. xm. || Vieilli.
t CLERGIE (klèr-jie), s. f. Instruction, savoir. Vieux. || Bénéfice de clergie, privilège établi autrefois en faveur de certains criminels, dans le cas où ils possédaient les premiers éléments des lettres. Le bénéfice de clergie par lequel un criminel obtenait sa grâce, en cas qu'il sût lire, volt. Moeurs, 73. || Bénéfice de clergie, en Angleterre, usage encore subsistant, suivant lequel un meurtrier, dans les cas graciables, est sauvé du dernier supplice, lorsqu'il peut lire quelques lignes de vieux caractères saxons; un juge prononce alors : legit clericus; sur quoi le coupable obtient grâce de la vie.
— HIST. xii* s. Et les leis que vus dites, à quei li reis s'alie, Ne sunt de leauté.ainzsunl de felunie, Contre Dcu et raisun, pour destruire clergie, Th. le mart. 40. || xin* s. Corne l'on ne peut saveir totes clergiés, ne me semble il pas que l'on puisse saveir toz les plais, Ass. de Jir. 64. Toutes gens do religion, tote clergie, tout chevalier et tout gentilhomme, Liv. des met. 309. Se clers est marceans, il ne pot pas affrancir sa marceandise par le privilège de sa clergie, beaum. xi, 36. || xv* s. Si avisèrent un saint home de religion, pourvu de prudence et de clergie, et le chargèrent pour aller en France, froiss. m, rv, 33. [Paris] C'est la cité sur toutes couronnée, Fontaine et puis de sens et de clergie, e. desch. Sur les beautés de Paris. Renommée en clergie et science, louis xi, Nouv. c. || xvi* s. Mieux vaut plein poing de bonne vie qu'avoir un muy de clergie, cotgrave.
— ÉTYM. Clerc; provenç. clercia; espagn. clerecia; portug. clerexia; ital. chiericcia.
CLÉRICAL, ALE (klé-ri-kal, ka-1'), adj. || i* Qui est propre aux ecclésiastiques. Tonsure cléricale. Les ordres cléricaux. || Lettres cléricales, lettres écrites par le clergé d'une église, lorsque le siégt épiscopal est vacant. || Autrefois, titre clérical, le revenu dont chaque clerc devait faire preuve, avant d'être ordonné. || 2* Qui est favorable au clergé, à l'Eglise. Le parti clérical. Tendances cléricales. || Substantivement. Les cléricaux.
— HIST. xii* s. As leis ecclesiaus deit leie [laïque] leis servir; Nuls ne deit plaiz d'iglise, se n'est clers, maintenir, Ne laie leis ne deit la clergil davancir [devancer] , Th. le mart. 76. || xvi* s. Les uns font la première ordre de la tonsure cléricale, la dernière de l'evesché, calvin, lnstit. 4 4 79. Les enfans masles d'une femme de servile condition ne peuvent prendre, avoir ou porter couronne ou tonsure cléricale, sans administration, congé ou licence du seigneur dont ils sont serfs, Coustum. génér. t. i, p. 80. Matière d'opinion, non matière de foy; ce que je discours, selon moy, non ce que je crois selon Dieu.... d'une manière laïque, non cléricale, mais très religieuse tousjours, mont, i, 4ot.
— ÊTYM. Clericalis, de clericus, clerc; proveng.
( ;li
clerjal. Le vieux français clergil Tient d'un clericihs.
CLÉRICALEMENT (klé-ri-ka-le-man) , adv. D'une manière cléricale. Si les clercs cessent de vivre cléricalement, ils sont déchus de leurs privilèges.
— ÊTYM. Cléricale, et le suffixe ment.
t CLÊRICAT (klé-ri-ka), s. m. Office de clerc de la chambre apostolique.
CLÉRICATURE (klé-ri-ka-tu-r") , s. f. L'état, la condition du clerc ecclésiastique. Lettres de cléricature. Après quatre ans de théologie faits comme ils peuvent l'être par obéissance, il quitta la cléricature . et par piété et par amour pour les mathématiques, fonten. Oianam.
— HIST. xvi* s. Le roy peut justicier ses officiers clercs, pour quelque faute que ce soit commise en l'exercice de leurs charges , nonobstant le privilège de clericature, p. pithou, 38.
— ÉTYM. Bas-lat. clericatura, de clericatus, clergé
(voy. CLERGÉ).
t CLÉRODENDRON (klé-ro-din-dron) , s. m. Terme de botanique. Genre de la famille des verbénacées, dont les espèces sont des plantes d'ornement.
— ÊTYM. KXrjpo:, lot, choix, et SfWSpov, arbre.
+ CLÉROMANCIE (klé-ro-man-sie) , s. f. Art prétendu, chez les anciens, de deviner ou de dire la bonne aventure, en jetant le dé ou en tirant les lots.
— ÊTYM. KXrjpo;, sort (voy. clerc), et le suffixe mande.
t CLÉROMANCIEN (klé-ro-man-siin) , t. m. Celui qui pratique la cléromancie.
t CLÉRONOMIE (klé-ro-no-mie), ». f. Terme d'histoire ancienne. Partage de biens par le sort.
— ÊTYM. KJ.ripovou.ta, de xXîjpoc, sort, et vôpio;, loi.
CLICHAGE (kli-cha-j'), s. m. Terme de typographie. Art ou action de clicher.
— ÊTYM. Clicher.
CLICHE, ÉE (kli-ché, chée), part, posté. Feuilles clichées. || S. m. Planche en relief obtenue par le clichage. || Terme de sculpteur. Empreinte d'un coin de médaille qu'on fait dans de l'étain en fusion, et par laquelle on juge jusqu'à quel point le travail est avancé.
CLICHER (kli-ché) , v. a. Terme de typographie. Couler de la matière fondue dans l'empreinte qu'on a prise d'une page composée en caractères mobiles; ce qui donne par le refroidissement un bloc présentant le même relief que les lettres mêmes; bloc qui , employé pour l'impression au même usage que les caractères, permet de tirer, s'il y a lieu, un très-grand nombre d'épreuves sans faire une nouvelle composition. Clicher un ouvrage classique. On dit aussi clicher un fleuron, une vignette. || Absolument. Cet ouvrier cliché bien. || Se clicher, v. réfl. Être cliché. Cet ouvrage se dichera-t-il ?
— HIST. xv* s. Et en ce faisant fut la noise ouïe de la ville, dont les gens, tout esmus, en grand nombre vinrent au chastel et tirèrent le pont qui n'estoit ni cliqué ni verrouillé, monstrel. u, 12.
— ÉTYM. Clicher parait être le même, prononcé différemment, que cliquer, dans le sens de fixer, assujettir, qui se rattache à l'allemand Klinke, loquet (voy. clenche). Dans le wallon, cliché signifie un loquet.
CLICHECR (kli-cheur), s. m. Celui dont la profession est de clicher.
— ÉTYM. Clicher.
t CLIDOMANCIE (kli-do-man-sie), s. f. Divination avec une clef qui , attachée par un fil à une Bible, donnait, tournant ou ne tournant pas, un
-ÉTYM. KXelc, xXetSot;, clef, et le suffixe mande. CLIENT (kli-an), s. m. || i°ÂRome, plébéien qui était sous le patronage d'un patricien. Que veulent les consuls avec la suite immense D'affranchis, de clients vendus à leur puissance? m. i. chén. Gracqves, i, 2. || 2° En général, toute personne qui se met sous une protection. Mon char est salué d'un peuple de clients, v. hugo, Odes, iv, 8. Non loin île ce palais où je rends mes oracles, Est un vaste séjour des mortels révéré Et de clients soumis à toute heure entouré, boil. Lutrin, vi. || Fig. Moi, je me plus toujours, client de la nature. Avoir son opulence et bienfaisante et pure, a. chénier, 226. || 3" Client, cliente, s. m. et f. Toute personne qui confie ses intérêts à un homme d'affaires. Cet avocat a beaucoup de clients. Le nom d'un pareil avocat fera bien de l'honneur à son client, volt. Lelt. d'Ârgental, (6 juin 1706 Nul ange n'a jamais eu, depuis le démon de Socrate , un si importun client : tantôt tragédies, tantôt farces, volt. Lett. d'Argental, t 4 août
1 763. || Il se dit aussi de3 parties à l'égard de leurs juges. || Celui, celle qui use habituellement des soins d'un médecin ; celui , celle qui fréquente une boutique ou un établissement ouvert au public. Mais ce néologisme n'est pas bon : un médecin a des malades ; un marchand a des pratiques et non des clients. C'est à tort que de clientèle on a conclu à client.
— HIST. xyi* s. [Avocats] Assez vous aurez d'autre temps Pour d'avarice Faire eiercice Sur les clients, i. le houx, vu. Les procureurs et gens de langue en fournissant quelques procès seront tenus de fournir en mesme temps une procuration en forme de leurs maistres ou cliens, Nouv. coustum. génér. t. i, p.
— ÊTYM. Lat. cliens. On le rattache au latin cluere, entendre; grec, xXûeiv; goth. kliuth, ouïe;kymri, clyvo, et bas-bret. kléô, ouïe; sanscr. sçru, entendre.
CLIENTÈLE (kli-an-tè-1') , s. f. || i' Terme d'antiquité romaine. Tous les clients d'un patron. || La protection que le patron devait à ses clients. Il était sous la clientèle de Scipion. || La relation de client à patron. || 2° L'ensemble des personnes usant habituellement des services d'un homme de loi. Il a peu de clientèle. Grande clientèle. Quelqu'un disait que Roch, pour la première fois, Venait d'être attaqué d'une goutte cruelle : Pour la première fois! vous me la baillez belle, Reprit son procureur, homme des plus matois : Depuis plus de dix ans que j'ai sa clientèle, Roch m'a bien fait sentir qu'il a la goutte aux doigts, Bertrand, Épigr. dans richelet. || L'ensemble des malades d'un médecin, considéré alors comme une sorte de patron de ses malades. || Par extension, l'ensemble des pratiques, des chalands, en parlant de ceux qui fréquentent un magasin, une boutique, un établissement ouvert au public. Une nombreuse clientèle.
— hist. xvi* s. Clientelle, cotgrave.
— Étym. Le latin clientela, de cliens, client. CLIFOIRE (kli-foi-r'), s. f. Jouet que les enfants
se font avec une tige de sureau pour lancer de l'eau comme avec une seringue.
— ÊTYM. Sans doute un radical clif ou claf ou clap, qui se trouve dans clapet.
CLIGNÉ, ÉE (kli-gné, gnée), part, passé. Tenir les yeux clignés.
CLIGNEMENT (kli-gne-man), s. m. Mouvement par lequel on rapproche les paupières l'une de l'autre, de manière à ne laisser que très-peu d'intervalle entre elles, soit pour garantir l'œil d'une trop vive lumière, soit pour apercevoir plus facilement des objets éloignés, soit pour faire à quelqu'un des signa* d'intelligence.
— HIST. xvi's. Clignement d'oeil, œil d'hypocrite, paré, xv, 6.
— ÊTYM. Cligner.
CLIGNE- MUSETTE (kli-gne-mu-zè-t'j, s. f. Jeu d'enfants où plusieurs se cachent, tandis qu'un seul cherche. Jouer à cligne-musette.
— HIST. xiv s. Mais viez péchiez et vielles debtes Font à Dieu compter à clignettes, C'est à dire qu'il n'i voit goûte, machault, p. t i 5. || xv* s. M'avez-vous fait jouer à cligne-musette pour me faire ce desplaisir? louis xi, Nouv. lxxxvii. || xiv* s. Il jouoit à cline-mucette, rab. Garg. i, 22.
— ÊTYM. Bourguig. clemisôtte; norm. climuchette; de cligner, fermer l'œil, et mussette, cachette, de musser : ferme l'œil , et mussons-nous. Musette est une altération pour mussette ou mucette.
CLIGNER (kli-gné), v. a. Faire un clignement. Cligner les yeux ou l'œil. Tout ce qu'il y a dans le monde d'effroyable et de terrible, n'est pas capable de lui faire cligner un œil, balz. let Romains. || Absolument. Cligner de l'œil.
— HIST. xii* s. Moult li a ris et moult clignié, Et maint semblant fait d'amistié, Roman du Brut, ms. (° 65, dans lacurne. || xm* s. Adonc [il] clocha forment d'un pié, L'un oel ouvert, l'autre clingnié, La teste basse et les reins haut, Bl. et Jeh. 3634. À cest mot s'en est retornez En la poudrière au souleil, Et commença à cliner l'oit ; Ne doute que gorpil [renard] s'i mete, Ren. 1624. Qar les chapons [il] voit au soleil, EtChantecler [le coq] qui clinel'ueil, ib. 4989. Li cox [le coq] respunt : sidei-ge faire, Maudire l'ueil qui vieut cligner, Alors qu'il devreit veillier, marie, Fab. 6). ||xiv* s. Ivorine, la bêle, li va de l'oiel clignant, Qu'il se rendist briefment au pople mescreant, Baud. de Seb. xm, 385. || xv* s. S'ils eussent remandé leurs gens, onleseust pu excuser; mais neimil, ainçois clignerent-ils les yeux et le soufîrirent, froiss. u, u, 6i. En terre clinoie mes yeuls, m. Épinette amoureuse. Mes yeulx cligniez et mon oreille close, ch. d'orl. Songe en complainte. Chascun parla de divers gieux jouer, De cliner l'oeil,
eu
de portermale honte, e. desch. Poésies mss. f 226, dans lacurne. Je suis content de cligner l'œil tant que l'on voudra, mais que guarison s'ensuive, louis xi, Nouv. LIXXVII.
— ÉTYM. Génev. cliner, cligner; provenç. dinar, courber, baisser; ital. cftt'nore, incliner; du latin clinare, baisser, incliner. Cliner, très-usité dans l'ancienne langue, veut dire proprement baisser, puis baisser la paupière, c'est-à-dire cligner. Les deux formes ciiner, cligner, même cluigner, se confondent pour signifier tantôt cliguer, tantôt incliner.
CLIGNOTANT, ANTE (kli-gno-tan, tan-f), adj. Qui clignote. Yeux clignotants. Un homme enivré.... Dont la clignotante et débile paupière Lui laisse encore à peine entrevoir la lumière, volt. Disc. 2. || Terme de zoologie. Membrane clignotante, membrane demi-transparente qui, chez les oiseaux, placée à l'angle interne de l'œil, entre le globe oculaire etles paupières, est tirée à volonté par l'animal comme un rideau pour se garantir de l'impressian de la lumière.
CLIGNOTEMENT (kli-gno-te-man), s. m. Clignement prompt et répété, mouvement involontaire par lequel les paupières se referment et s'ouvrent continuellement et avec rapidité.
— ÊTYM. Clignoter.
CLIGNOTER (kli-gno-té), v. n. Cligner continuellement. Il ne fait que clignoter. Clignoter des yeux. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xm* s. Celui qui clingnete de l'eil, Hist. occid. des croisades, t. il, p. 682. || xvi* s. Leurs yeux clinettent tousjours, paré, xiiii, 46.
— ÉTYM. Fréquentatif de cligner; bourguig. cleignoté.
CLIMAT (kli-ma; le t se lie; au pluriel l's se lie: des kli-ma-z heureux; climats rime avec appas, attentats, etc.), s. m. || 1° L'espace compris, sur la mappemonde et les cartes géographiques, entre deux cercles parallèles à I'équateur terrestre. || 2* Par extension , une étendue de pays dans laquelle la température et les autres conditions de l'atmosphère sont partout à peu près identiques. Les climats se divisent : en chauds, de I'équateur au 30* ou 36* degré de latitude ; tempérés, du 30* ou 35* degré au 50* ou 56*; froids, du 60* ou 56* au pôle. Des climats différents la nature est diverse ; La Grèce a des vertus qu'on ne voitpointen Perse, corn. Agésil. v, 2. Si le climat avait tant de puissance, la Grèce porterait encore des Platon et des Anacréon, volt. Lett. Somarokof, 26 février 1769. Dans leurs climat? brûlants les Africains domptés, rac. Baj. u, *. Les climats font souvent les diverses humeurs, boil. Art p. m. Je n'ai jamais conçu qu'on ait abandonné le plus beau climat de la terre [la Louisiane] dont on peut tirer du tabac, de la soie.... volt. Let'. d'Argental, (•* nov. 1760. Comme on distingue les climats par les degrés de latitude, on pourrait les distinguer, pour ainsi dire, par les degrés de sensibilité : j'ai vu les opéras d'Angleterre et d'Italie; ce sont les mêmes pièces et les mêmes acteurs ; mais la même musique produit des effets si différents sur ces deux nations, l'une est si calme et l'autre si transportée, que cela paraît inconcevable, montesq. Esp. xiv, 2. La culture des terres est le plus grand travail des hommes; plus le climat les porte à fuir ce travail, plus la religion et les lois doivent y exciter, id. ib. xiv, 6. Ce sont les différents besoins, dans les différents climats, qui ont formé les différentes manières de vivre; et ces différentes manières de vivre ont formé les diverses sortes de lois, id. ib. xiv, 10. || 3* Pays, région. J'ose dire, seigneur, que par tous les cbmats Ne sont pas bien reçus toutes sortes d'États, corn. Cinna, II, t. Délivrez nos climats de cette vagabonde, id. Sertor. u, 4, Pour en donner l'exemple à oent climats divers, m. Sertor. a, 4. Et jamais ces climats n'ont vu pompes si belles, id. Suréna, i, 1. Il avait assez vécu dans une cour, et, quelques agréments qu'un philosophe y puisse avoir, il ne peut s'empêcher de sentir qu'il est dans un climat étranger, pont. Hartsoeker. Tel est le sort de l'Inde et de ces beaux climats, Où jamais les hivers n'ont porté les frimas, st. -lahbert, Saisons, hiver. || En Bourgogne, nom de certains territoires propres à la culture de la vigne. Ce propriétaire a des vignes dans les meilleurs climats.
— hist. xiv* s. En chaus climas, H. de mondbville, f" 86. || xvi* s. Le siècle auquel nous vivons, au moins pour nostre climat , est que, je na dis pas l'exécution, mais l'imagination mesme do la vertu en est à dire, mont, i, 263. Au dit comté et bailiaga d'Auxerre il y a plusieurs climats et territoires notoirement ullouiaui, Coustum. g4nér. t. i, n. 226.
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— ETYM. KXtua, de xMvu, incliner, indiquant l'inclinaison de la terre, de l'équateur au pôle, et j les espace? compris entre les cercles parallèles. Le grec xXtvc» est le latin elinare (voy. cligner).
CLIMATERIQUE (kli-ma-té-ri-r), adj. Oui appartient à un des âges de la vie regardés comme critiques. Les époques climatériques. || An ou année climatérique. C'étaient, suivant les uns, toutes les années de la vie de l'homme qui sont des multiples du nombre sept; les autres n'ont donné ce nom qu'aux années qui résultent de la multiplication de sept par un nombre impair; quelques-uns ont étendu ce nom aux multiples de neuf; et tous ont admis comme climatérique, la soixante-troisième année, dite la grande climatérique, parce que soixante-trois est le produit de sept multiplié par neuf. Les spéculations climatériques, poussées avec cette rigueur arithmétique, sont sans fondement. Il épouse une vieille antique Oui compte plus de vingt printemps Après son an climatérique, mainard, Poésies, dans richelet. Il Fig. L'an climatérique, l'époque de la décadence. X chercher l'an climatérique De l'éternelle fleur de lis, malh. in, 4. || Maladie climatérique, terme employé pour désigner un changement survenant sans cause connue à une période avancée de la vie, et par lequel le patient perd ses chairs et ses forces avant de se plaindre ni d'anorexie ni de dyspepsie.
— REM. Une faut pas, comme font quelques-uns, faire dériver ce mot de climat, ni dire influence climatérique pour influence de climat.
— MST. xvi* s. Les causes de ce mal ne sont point celles que les astrologues et philosophes remarquent ou sur les constellations ou sur les ans climacteriels, d'aub. Hist. il, 4 76.
— ÉTYM. Climactericut, qui va par échelons, par degrés, de xXiu.axtiripixôç , de xXi|AaxT7jp, échelon, de y.XîjiaÇ, échelle, de xXîveiv, incliner, àcause qu'une échelle est inclinée quand on s'en sert (voy.