SYN. COMPLEXION, CONSTITUTION, TEMPÉRAMENT
La complexion est l'ensemble des signes extérieurs qui caractérisent la constitution ou le tempérament. La constitution, expression plus spéciale que tempérament, désigne la manière du corps considéré quant à la santé en général, tandis que le tempérament désigne le résultat delà prédominance d'action d'un organe ou d'un système. Une bonne complexion. Une constitution vigoureuse. Un tempérament sanguin, nerveux.
— HIST. xni* s. Cil qui vivent plus, si lor avient par boine complexion qu'il ont, alebrant, f"2. ïuit ont de lor complexion, Par naturele entencion, Ruile [règle] qui ne faul ne ne ment, la Rose, (9)76. [Les choses] Sunt muables en tant de guises Qu'el puent lor complexions Par diverses digestions Si changier.... ib. (6293. Se feme se marie à home de
froide complexion, Livre de just. 207 Garder
diète, Que sa complexion nel mete En maladie.... ruteb. il, 212. Il xiv s. Il les convient varier selon plusieurs choses qui sont à considérer comme la complexion de la personne, oresme, Elh. 36. Eustrace respond que telle passion peut estre considérée en tant comme elle vient de nature et de complexion, m. ib. 64. Et c'est assavoir que plusieurs causes sont par quoyun homme peut estre négligent de bien faire: une est la malice de sa complexion qui le rend pesant,id. ib. 73. || xv* s. Ce pape estoit de petite complexion, froiss. ii, n, 20. Comme il soit que quatre elemens Soient avec quatre saisons, Aussi quatre complexions Sont en un corps encorporées, e. desch. Poésies mss. f° 434, dans lacurne. Ainsi nous tenons [la France] de région chaulde et aussi de la froide, parquoy nous avons gens de deux complexions, comb. iv, 6. || xvi* s. Ouoy qu'il feust de nature debile, et de petite et foible complexion, si ne laissa il pas pourtant d'estre vaillant homme, amyot, Coton, 42. Que c'estoit de destin, si les influxions Des astres commandoient à nos complexions, rons. 663. Quand par quelque complexion solitaire et melancholique on le verrait adonné d'une application trop indiscrète à l'estude des livres, mont, i, )8t. On préfère l'art à la nature, l'acquis au naturel, le difficile et estudié à l'aisé, les bouttées et secousses à la complexion et habitude, charron, Sagesse, p. 347, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. complnin, complicio ; espagn. complexion ; portug. compleicào; ital. complessione; du latin complexionem , entrelacement, arrangement, constitution; do complexus (voy. complexe).
f COMPLEXIONNÉ, ÊE (kon-plè-ksio-né, née), adj. Qui a une certaine complexion. Bien, malcomplexionné.
— HIST. xiv* s. Sain et bien complexionné en corps et vertueux en ame, oresme, Thèse de meunier. || xv* s. Il n'estoit point complexionné pour porter le travail qui serait nécessaire à ung roy d'Angleterre qui vouldroit faire conqueste en France, comm. iv, 4). || xvi* s. Nous voyons souvent les riches ignorants et mal complectionnés, et les pauvres vertueux, yver, p. 602. Il estoit également bien complexionné et pour la force et pourlasanté, amyot, Coton, 2.
— ETYM. Complexion; provenç. complexionat ; espagn. complexionado ; ital. complessionato.
COMPLEXITÉ (kon-plè-ksi-té), s. f. Qualité de ce qui est complexe.
— ÉTYM. Complexe.
COMPLICATION (kon-pli-ka-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Action de compliquer; résultat de cette action. La complication des intérêts. Dans une comédie, la complication des incidents rebute le spectateur. Machine d'une grande complication. Les complications de la politique. || Terme de médecine. Complication de maladies, de symptômes, coexistence de deux maladies, de plusieurs symptômes. || Affection qui survient pendant le cours d'une autre affection déjà déclarée. La pneunomie est quelquefois une complication de la rougeole. || Terme de jurisprudence. Se dit, en général, de toutes les
affaires où il y a un grand nombre d'objets et de demandes respectives.
— HIST. xvi* s. Es tumeurs contre nature, la couleur monstre la différence desdites tumeurs ou complication d'icelles, paré, Introd. 14. Le chirurgien prend indication des accidens et complications de la maladie, id. ib. 22. Comme une corde ou tissu de poil, ou de laine, ou de fil, qui acquiert grande force par complication des choses assemblées, combien que chacune d'icelles séparément soit fort foible, id. xvm, 7.
— ÊTYM. Le latin complicatio, de camplicare, compliquer.
COMPLICE (kon-pli-s'), adj. || 1° Qui participe à un délit, à un crime. Non je ne serai point complice de ses crimes, r\c. Andr. ni, 8. 11 est froid et indifférent sur les observations que l'on fait sur la cour et sur le courtisan; et, parce qu'il les a entendues , il s'en croit complice et responsable , la bruy. vm. Il Fig. C'est bien mal connaître les droits et les privilèges de l'amitié que de vouloir la rendre complice des crimes, et protectrice des actions injustes, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. iv, p. 238, dans pougens. Eh bien , il va périr, ta haine en est complice, corn. Hcracl.m, 3. Je lui prèle à regret un silence complice, id. Mêdèe, ni, ». || 2° Substantivement. Terme de droit criminel. Celui qui participe à un crime ou délit commis par autrui. Le complice se distingue de l'auteur principal qui prend part à l'exécution du crime. Les complices d'un assassin. Le complice d'un vol. Mais si pour s'excuser il nomme sa complice, corn. Cinna, m, 1. Et livrant sans regret un indigne complice, rac. Baj. iv, 6. Il Familièrement, celui qui participe à un acte. Nous leur avons fait une surprise, et vous avez été notre complice. || Fig. 11 en fit le complice de sa haine.
— HIST. xiv* s. Et quant il ne puet faire touz seulz ses grans malices, Si fait du pis qu'il puet par ses malvais complices, Girart de Ross. v. 3)05. Par crainte de son dit frère et ses autres complices, Lett. de rémission. Bibl. des Chartes, 5* série, t. v, p. 82. C'est voir [vrai], tu l'as bien retenu, Ce dit Raison, et à cuer mis; Puisqu'estre veulx de mes complices. Garde bien que tu acomplisses Mes commandemens.... bruyant, dans ilénugier, t. h, p. 33.
Il xvi* s. La ville se trouva grandement troublée pour ce meurtre, et fut assemblé le conseil là dessus, qui condemna sur le champ Damon et ses complices àmourir, amyot, Ctmon, n. En ce temps icy fut envoyé de la part du roy monsieur de Gonnor vers monsieur le prince de Condé et ses complices, à Orléans, pour voir s'ils vouldroient laisser les armes, condé, Mémoires, p. 682.
— ÉTYM. Espagn. et ital. complice; du latin comph'cem, complex, de cum, et plex, plié, de même radical que complexe.
COMPLICITÉ kon-pli-si-té), s. f. Qualité de complice. Acte de complicité. Agir de complicité.
— ÉTYM. Complice; ital. complicità.
t COMPLIÉ, ÉE (kon-pli-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui est plié sur soi-même.
— ÉTYM. Le latin complicatus (voy. compliquer).
COMPLIES (kon-plie), s. f. plur. Terme de liturgie. La dernière partie de l'office divin, qui se chante après vêpres.
— HIST. xii* s. Ne verrai jà la conplie sonant, Ronc. p. <oo. E quant li moinie [moines] vindrent lur conplie chanter, Th. le mart. 48. || xni* s. Et li curez ne puet avoir, S'a paine non du pain por vivre, Ne achater un petit livre Où il puisse dire complies, ruteb. 293. Le soir ooit ses compiles, joinv. 199. Un semblant font de dire ou vespres ou complie; Se à Dieu plaist ou non, certain je ne suis mie, J. demeung, Test. <2)9.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. complétas; du latin completx, sous-entendu horse : heures complètes (voy. complet). Complies est le féminin pluriel de l'ancien participe compli.
COMPLIMENT (kon-pli-man), s. m. || 1" Discours solennel adressé à une personne revêtue d'une autorité. Toutes les compagnies allèrent faire compliment au gouverneur. || Petit discours en prose ou en vers qu'on fait apprendre à un enfant pour une fête. H 2» Paroles de civilité adressées à quelqu'un de vive voix ou par lettre, au sujet d'un événement heureux ou malheureux qui le touche ou d'une visite qu'on lui doit. Compliment de remerclment, de félicitation, de condoléance, d'amitié. Allez le voir, il attend votre compliment. Compliment bien troussé. Je veux que l'on soit homme, et qu'en toute rencontre Le fond de notre cœur dans nos discours se montre, Que ce soit lui qui parle, et que nos senti-
ments Ne se masquent jamais sous de vains compliments, mol. Mis. 1, 4. On vous en devait bien au moins un compliment, id. F. sav. iv, 4. Voilà les compliments que l'amour leur suscite, rotr. Yencesl. m, 3. Quel adieu vous dirai-je? et par quels compliments.... corn. llor. 11, 8. 11 s'est défait de cet esprit jaloux [de cet homme jaloux] Avec un compliment encor plus court qu'à vous, id. Tilt et lier, m, 4. Allons de sa réponse à votre compliment Prendre l'occasion de parler hautement, in. Nicom. n, *. Cléopatre s'enferme en son appartement, Et, sans s'en émouvoir, attend son compliment [de César], id. Pomp. ni, t. Un gentilhomme qui voulut être le premier à lui faire son compliment [à la mort deTurenne], sév. 20). Il est revenu exprès pour faire son compliment ici, in. 5. 11 fait à la donzelle Son compliment comme homme bien appris, la font. Orais. Il a des formules de compliments pour l'entrée et pour la sortie, à l'égard de ceux qu'il visita ou dont il est visité, la bruy. iv. || Tourner un compliment, l'arranger d'une façon agréable. Comment, sans vous compromettre , Vous tourner un compliment?BÉRANG. Halte-là. || Faire compliment à quelqu'un de, le louer de. || Par ironie. Je vous en fais mon compliment, se dit à quelqu'un qui a fait une maladresse, une faute. Les chansons commencèrent à lui faire compliment sur ses nouveaux attributs, hamilt. Gramm. 9. j| Familièrement, rengainer son compliment, revenir sur un éloge ou sur l'intontion qu'on avait de donner son approbation, et, en général sur ce qu'on avait dit ou avancé. || 3° An plur. Paroles de civilité. Rien n'est si inutile qu'une lettre de compliments, volt. Leit. SArgental, 8 mai 1773. Il Terme de civilité qu'on emploie pour se rappeler au souvenir de quelqu'un. Il vous fait mille et mille compliments, sév. 2)8. J'ai fait vos compliments à Mme de Lafayette , id. 4 9. J'ai mille compliments k vous faire de M. de la Rochefoucault, id. 4. II m'a prié de vous faire ses compliments pour celui que vous lui avez fait, boss. Lett. 71. Il Paroles cérémonieuses. Laissons là les compliments, l'as tant de compliments et venons au fait. Trêve de compliments , s'il vous plaît. Je ne vous ferai pas plus de compliments qu'il ne m'en fit, pasc. Prov. 9. Il Au singulier. Non, m'a-t-il répondu, je suis sans compliment, Et j'y vais pour causer avec toi seulement, mol. Fdch. I, ). || Sans compliment, franchement, sans flatterie. || 4° Vaines paroles, vaines promosses. Il vous fait des offres de service, mais c'est pur compliment. | 5° Par antiphrase, paroles désobligeantes, mauvaise nouvelle Voilà un sot compliment. On ne peut faire un plus mauvais compliment. Comme vous refusez d'épouser ma sœur après la parole donnée, je crois que vous ne trouverez pas mauvais le petit compliment que je viens vous faire [proposition deduelj, mol. Mar. forcé, 4». Hé! monsieur, rengainez ce compliment, je vous prie , id. ib. M. de Pomponne est disgracié; il eut ordre de se défaire de sa charge.... Ce fut M. Colbert qui lui fit ce compliment [qui lui annonça cette mauvaise nouvelle], sév. 386.
— HIST. xvi* s. Ce n'est pas assez que vous vous contentiez de faire et accomplir toutes ces choses bonnes et généralement les autres qui regardent le compliment [accomplissement] de vos actions, pasquier, Lett. t. ru, p. 282, dans lacurne.
— ÊTYM. Provenç. complimen; catal. cumpliment; espagn. cumplimiento ; portug. cumprimenlo; ital. compimento. Le mot signifie, proprement, achèvement, terme, perfection, et de là par une transition qui se conçoit, parole qui remplit, qui satisfait, compliment. Compliment est le substantif verbal dérivé de l'ancien verbe complir, tandis que complément dérive directement du latin complementum.
f COMPLEMENTAIRE (kon-pli-man-tê-r"), s. m. Ancien terme de société marchande. Celui des associés, sous le nom duquel se faisait tout le commerce.
— ÊTYM. Compliment, parce que c'était celui à qui on faisait compliment, à qui on s'adressait.
COMPLIMENTÉ, ÉE (kon-pli-man-té , tée), part, passé. Il 1* Qui a reçu un compliment. Henri IV complimenté à la porte de la ville par le maire. || 2° Loué. Complimenté par ses chefs pour sa belle conduite.
COMPLIMENTER (kon-pli-man-té), v. a.\\ 1* Faire un compliment. Il a été complimenté à l'occasion de la mort de son père. || 2" Absolument. Faire des civilités. Ne perdons pas le temps à complimenter. Il 3° Louer. On l'a complimenté de son courage.
— ÊTYM. Compliment.
COMPLIMENTEUR, EUSE (kon-pli-man-teur,
teû-z'), adj. Qui fait trop de compliments. C'est un homme complimenteur. j| Substantivement. Un fade
COM
COM
COM
complimenteur. Une complimenteuse. C'était [d'Harcourt] un très-petit homme, vif, sémillant, ambitieux, bas complimenteur sans fin, st-sim. 95, 9. Qui de nous, je vous prie, est le complimenteur? bouiisault, Fables d'Ésope, v, 4. L'ours, très-mauvais complimenteur, Lui dit : viens-t'en me voir.... LA font. Fabl. vin, 10. Cérémonieux, complimenteurs jusqu'à la fadeur et à l'excès, buff. De l'homme, Variétés.
— Étym. Complimenter.
COMPLIQUÉ, ËE (kon-pli-ké, kée), part, passé. Oui offre des complications. Affaire, machine compliquée. Plus le procès devient compliqué, plus il semble que les préjugés augmentent, volt. Lelt. Horangiès, 30 oct. 4772. || Maladie compliquée, maladie à laquelle une autre est venue s'ajouter. La guerre civile est une de ces maladies compliquées, dans lesquelles le remède, que vous destinez pour la guérison d'un symptôme , en aigrit quelquefois trois ou quatre, betz, II, 333.
COMPLIQUER (hon-pli-ké), v. a. || 1" Rendre une chose moins simple qu'elle n'était. Compliquer un mécanisme. Une maladie qui vient en compliquer une autre. || 2° Par extension, rendre difficile à démêler, à comprendre. Cela complique la question. L'auteur a trop compliqué l'action de sa pièce. || 3* Se compliquer , v. réfl. Devenir compliqué. L'affaire se complique. La pneumonie se complique souvent d'une pleurésie. Les passions dans les animaux ont un effet plus simple et plus certain; car les nôtres se compliquent par nos réflexions , et s'embarrassent mutuellement, boss. Connaiss. v, 9.
— HIST. xvi' s. Les maladies compliquées requièrent estre curées par ordre, les unes après les autres, pabé , Introd. 23. Ceste gresse est souvent compliquée [combinée] avec un autre humeur visqueux et gluant comme le blanc d'un œuf, id. 1,6.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. complicar; du latin compticare, de cum, avec, et plicare, plier (voy. ce mot).
COMPLOT (kon-plo ; le t se lie seulement dans le parler soutenu : un kon-plo-t affreux ; au pluriel, 1'* se lie : des kon-plo-z affreux; complots rime avec repos, faux, sauts), s. m. || 1° Résolution concertée secrètement et pour un but le plus souvent coupable. Former, tramer un complot. Celui qui met un frein à la fureur des flots Sait aussi des méchants arrêter les complots, bac. Athal. I, l. Ils font des complots contre St-Paul, boss. Hist. ut 7. Les rois et les princes font des complots inutiles, id. ib. Il, 4. Maximien fit un dernier complot, id. ib. i, 10. || Terme de droit. Résolution concertée pour un attentat politique. || 2° Par extension, cabale. Le Parnasse français, ennobli par ta veine. Contre tous ces complots saura te maintenir, boil. Éptt.wi. | Mettre quelqu'un dans le complot, l'informer de ce qui se trame et l'y faire participer.
- HIST. xii" s. Quant Sarrasin voient mourir Margot, Plus do vint mille vienent plus que le trot; Chascuns portoit ou lance ou javelot; Entor Guillaume veïssiez grant complot [foule], Bat. d'Aleschans, v. 0053. || xni" s. Moult estera honi qui verra tel complotte [bataille], Et partira du champ.... Iloman d'Alexandre, t° 22, dans lacubnb. Bras à bras jurent [ils furent couchés] en la couche ; La borgoise ama le complot [lutte amoureuse] , Fabliaux rnss. p. 363, dans lacubne. ||xiv" s. Et un jour estoient assemblés plusieurs d'iceulx jeunes hommes romains , et prindrent complot ensemble do soupper tantost, ilénagicr, i, 4. Si avoient pour ce prins complot, si comme ils disoient, d'aler tous ensemble en chascun hostel de chascun d'eulx, ib. i, 6. || xvi* s. Demosthenes doneques ayant ouy les maistres d'eschole quifaisoient leur complot ensemble de se trouver à ce jugement, amïot, Démosth. 7. Ils ont, par complot, armé le monde à rencontre de luy, mont, i, 97.
— ÊTYM. On trouve un dérivé de ce mot dans l'ancienne langue : ariere turne al bruiseïs Et au très fier comploteïs, benoît, h, 10491. Ce mot est formé de corn, et d'un radical plot qui est dans l'anglais où il signifie : morceau de terre, champ, plan, menée, intrigue. Au sens de morceau de terre, se rapporte peut-être comptai, terre détrempée: 11 ot pieu, si fist molt lai complai, Raoul de Cambrai, <09. Maintenant d'où vient l'anglais plot? Y a-t-il deux mots différents , l'un signifiant morceau de terre, l'autre complot, ou bien un seul mot avec une transition de sens qui nous échappe? Diez propose avec doute complici tum , qui peut, il est vrai, à la rigueur, donner complot; mais cette étymologie paraît difficilement conciliable avec le radical
plot qui est en anglais, et qui reste, avec le mot français, dans l'obscurité.
COMPLOTÉ, ÉE(kon-plo-té, têe), part, passé. Le meurtre de César comploté par les chefs du parti républicain.
COMPLOTER (kon-plo-té), v. a. Chercher à exécuter par un complot. Ils ont comploté sa perte, sa ruine. Ils avaient comploté de livrer une porte de la ville à l'ennemi. || Absolument. Us complotent ensemble.
— HIST. xvi* s. Comploter de commencer et entretenir, soubz prétexte da religion, ceste guerre civile, condé, Mémoires, p. 600. Si ne m'osterontils pas de la teste, que ce ne soit un très convenable mariage du plaisir avecques la nécessité , avecques laquelle, dict un ancien, les dieux complottent tousjours, MONT. IV, 305.
— ÊTYM. Complot.
t COMPLOTEUR (kon-plo-teur) , s. m. Celui qui complote.
— HIST. xvi* s. Comploteur, cotohave.
— ÉTYM. Comploter.
COMPLU (kon-plu), part, passé du verbe complaire.
t COMPOIDS ou COMP01X (kon-poî) , s. m. Terme de coutume. Dans certaines provinces du Midi, répartition des impositions sur les fonds d'une communauté, et rôle de cette répartition.
— ÊTYM. Corn, et poids.
t COMPON (kon-pon), s. m. Terme de blason. Partie d'une componure.
— ÊTYM. Voy. COMPONÉ.
COMPONCTION (kon-pon-ksion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Douleur profonde d'avoir offensé Dieu. L'action de grâces ne demande ni componction de cœur, ni effort, boss. Or. 4. Us n'étaient pas touchés de componction, m. Souff, l. Il persévérait dans la componction et dans l'anéantissement de lui-même, fléch. Panég. i, p. 329. Mais que savez-vous si la componction que vous lui offrez [à Dieu] de votre défaut dans la prière ne vous purifie pas? mass. Car. Prière. La componction de leurs fautes.... id. Paraphrases , Ps. xvn, vers. 45. Il y avait parmi eux beaucoup d'esprit de dispute et peu d'esprit de componction, boss. Variât, xi, §144. Que savez-vous s'il ne veut point vous inspirer plus de componction devos crimes passés? mass. Carême, Prière. On s'en reconnaît coupable sans componction, id. Car. F. légères. Heureux qui peut tenir ses forces ramassées Dans le recueillement de la componction! cobn. Imit. i, 2t. Si son exacte vigilance Ne s'exerce avec diligence Dans les saintes douleurs de la componction, ib. i, 20. || Dans le langage ordinaire. Un air de componction, un air qui témoigne du regret ; se dit parfois avec une nuance de raillerie.il est venu, avec un air de componction, me faire des excuses.
— HIST. xii" s. Tu demustras al tuen pople dures choses, abevras nus del vin de compunctiun, Liber psalm. p. 77. Cant [il] nos avironeit de la lumière de compunction, Job, 443. Selavertuz de compunction nos destrent pardedenz, ib. 454. || xvi" s. Ils requièrent ces trois choses à pénitence, componction de cœur, confession de bouche et satisfaction d'œuvre, calv. Inslit. 486. La souvenance de toutes ces turpitudes et desordres nous doit donner une grande componction en nos cœurs, lanoue, 68.
— ÉTYM. Provenç. compuncio; espagn. compuncion; ital. compunzione ; du latin compunctionem, action de piquer, de cum, avec, et pungere, piquer, poindre (voy. ce mot).
t COMPONÉ, ÉE (kon-po-né, née), ad]. Terme de blason. Il se dit d'une bordure ou pal divisé par émaux différents, mais de même grandeur; chacun de ces émaux ou divisions est appelé compon.
— HIST. xiv" s. Une escriptoire de cuir copponée d'or à fleur de lys entaillée, de labobde, Emaux, p. 222.
— ÉTYM. Le latin componere, disposer, de cum, avec, et ponere, mettre (voy. pondbe).
COMPONENDE kon-po-nan-d') , t. f. Office de la cour romaine, où l'on paye les droits du pape pour les grâces qu'il accorde, suivant le prix dont on est convenu avant l'expédition.
— ÉTYM. Le latin componendus, qui doit être arrangé, de componere, arranger, de cum, avec, et ponere, mettre (voy. pondbe).
t COMPONIUM (kon-po-ni-om'), s. m. Terme de musique. Sorte d'orgue à cylindre qui, par son propre mécanisme, varie les airs qu'on y joue.
— ÉTYM. Le latin componere, composer.
t COMPONURE (kon-po-nu-r'), s. f. Terme de blason. Disposition des pièces componées.
— ÉTYM. Voy. COMP0NB.
COMPORTÉ, ÉË (kon-por-té, tée), part, passé. Un langage comporté par la situation politique.
COMPORTEMENT (kon-por-te-man), s. m. Manière de se comporter. Pour reconnaître si c'est Dieu qui nous fait agir, il vaut bien mieux s'examiner par nos comportements au dehors que par nos motifsau dedans, pasc. Fragment d'une lettre à U. Périer, 4681.
— HIST. xvi" s. S'il y a aucun comportement qui se puisse appeler fureur, c'est celui de quelques gens de guerre, lanoue, 13. Le comportement de Pline second est à noter en ce propos, id. 220. Ce Boydam qui s'estoit retiré en Pologne, rappelé par les rudes comportemens de Ynovic qui traitoit les Moldaves à le turquesque... i'aub. But. n, 196.
— ÊTYM. Comporter; provenç. comportamen.
COMPORTER (kon-por-té), v. a. || 1° Permettre
d'être avec, d'aller avec, de coexister. Cette plaça comporte plus de dépense que celle de capitaine, sEv. 698. Soyez aussiheureux que la pauvre espèce humaine le comporte, volt. Lett. Chabanon, 31 déc. 1774. Mes forces ne comportent plus les travaux d'uno pénible guerre, le p. catboo, dans des fontaines. Les consuls ne précipitèrent point la vengeance de Rome, le temps ne le comportait pas, id. ib. Faut-il verser des torrents de sang pour établir la liberté chez un peupla, en tel degré que ce peuple ne la comporte pas? chateaub. Génie, m, n, l.||2"Se comporter «. réjl. Se conduire, agir d'une certaine manière. Je ne vois point de créature Se comporter modérément; Il est certain tempérament Que le maître do la nature Veut que l'on garde en tout; le fait-on? nullement, la font. Fabl. ix, il. Lui qui s'était jusque-là comporté En homme doux, id. Court. La marquis s'est fort bien comporté à Versailles, sév. 498. Dissimulez pourtant, feignez, comportez-vous Comme frère en secret, en public comme époux, la font. Captivité de St ilalc. Si je conçois comment l'on s'y comporte [sur la terre], bêbano. le Bon Dieu. || Se comporter bien, mal, faire bonne, mauvaise contenance dans un péril. Cet officier, ce régiment s'est très-bien comporté dans le grand assaut. || Terme de marine. Se comporter bien à la mer, sa dit d'un bâtiment qui marche bien. || Terme de jurisprudence. Le tout tel qu'il se comporte, dans l'état où il se trouve.
— rem. « Ce sont des plaisirs que comporte la jeunesse, etc. Ces façons de parler sont assez vieilles, mais elles sont de la cour, bouhours, Remarquas sur la langue. » Comporter est tout à fait rentré dans l'usage.
— hist. x;ii" s. Se on veut bonner [borner] un cemin, on ne le doit pas fere en un lieu large et en l'autre estroit , ainçois se doit comporter d'une meisme larguece, beauu. xxvi, 8. || xiv" s. Item une granche [grange] et les mesons si comme elles se comportent, du cange, arminium. ||xvi"s. Cette vertu de largesse est la seule qui se comporte bien avecques la tyranie mesme, mont, iv, 9. Qui nous est une telle et si grande injure et qui nous revient à si grant ennuy, qu'il n'est possible que nous la puissions comporter, m. du bell. 201. Ils s'estoient tousjours comportez le plus honnestement qu'il estoit possible l'un envers l'autre, amïot, Rom. 36. Une opinion de soy mesme plus presumptueuse que ne comporloit la civilité d'un magistrat, id. Cam. 14. Les autres Romains qui estoient autour de luy ne pouvoient comporter que l'on acheptast ainsi la secours de ces barbares, id. Caton, 19.
— ÊTYM. Bourguig. compolai; provenç. et espagn. comporlar; ital. comportare; du latin comportare, de cum, eiporlare, porter.
t COMPOSANT, ANTE (kon-pô-zan, zan-t'), adj. || 1" Qui coinpose,qui entre dans la composition de. Quoique je ne l'admette pas comme un corps composant de la république.... i. i. bouss. Pol. 7. || S. m. Il [le corps] n'a reçu que sa vitesse, qui n'est qu'un des composants, un des instruments de la force, volt. Force motr. 2. || Terme de chimie. Corps qui sert à en composer un autre. Les composants de l'eau sont l'oxygène et l'hydrogène. 1 1 2° Terme de mécanique. Forces composantes, vitesses composantes, mouvement composant, vitesses, forces, mouvement dont un point matériel est simultanément animé. || 5./. Chacunedesforcesdans lesquelles une résultante peut être décomposée.
i. COMPOSÉ, ÉE (kon-pô-zé, zée), part, passé. || l'Qui est formé de plusieurs parties. La nature ne nous offre guère que des corps composés. L'organisation des animaux est la plus parfaite et la plus composée. Ainsi de toute femme.... Soit parfaite en beauté, ou soit mal composée De mœurs ou de façons, quelque chose m'en plaît, bégnieb, Sut. vu.
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Ces peuples si belliqueux et que vous dites qui sont nés pour commander à tous les autres, fuient devnnt une armée qu'ils disaient être composée de nos cochers et de nos laquais, voit. Lett. 74. Notre être composé, pasc. dans cousin. Les histoires ne sont composées que des actions, noss. Ilist. Préf. Qu'est-ce qu'ailleurs tu te proposes? N'est-ce pas bien voir tontes choses Que voir les éléments dont tout est composé? corn. /mit. I, 20. Et d'autant que le monde est ainsi composé Qu'une bonne fortune en craint une mauvaise, malh. Prière pour le roi. ]1 fit faire par le meilleur fondeur de la ville une petite statue composée de tous les métaux, des terres et des pierres les plus précieuses et les plus viles, volt. Baboue. Il Société bien composée, mal composée, société fo;mée de personnes bien , mal choisies. Celui [le parlement] qu'on y avait substitué était trop mal composé pour pouvoir subsister avec la confiance et la considération publiques, nécessaires à des magistrats, d'alemb. Lett. au roi de Prusse, 31 oct. <774. || 2° Qui n'est pas simple. Il Terme d'arithmétique. Raison composée, celle qui résulte du produit des antécédents de deux ou plusieurs raisons, et de celui de leurs conséquents. Il Fig. Dans la nature entière et dans chacune de ses parties, l'uniformité dans la variété et la beauté toujours en raison composée de ces deux qualités [l'uniformité et la variété].... dider. Uccherch. philos, sur le beau, Œuvres, t. 11, p. 420, dans pougens. H Terme de mécanique. Mouvement composé, celui qui résulte de mouvements composants. Il Machine composée, machine qui se meut par un grand nombre de pièces. || Pendule composé , celui qui consiste en plusieurs poids conservant toujours la même position entre eux et oscillant autour d'un centre commun de gravité. || Terme de chimie. Corps composé, celui où l'expérience a fait reconnaître des éléments divers, comme l'eau qui est une combinaison d'oxygène et d'hydrogène. || Terme de botanique. Fleur composée, celle qui résulte d'un assemblage de petites fleurs réunies en un capitule, serrées dans un involucre commun, et ayant les anthères soudées. Feuilles composées, celles qui sont formées de parties articulées les unes sur les autres, et susceptibles de se séparer sans déchirement à la fin de la saison. || Terme de zoologie. Dents demi-composées, dents qui, dans les coupes transversales, ne montrent qu'une seule substance centrale, les replis de l'ivoire n'y pénétrant que jusqu'à une certaine profondeur. || Terme de zoologie. Accouplement composé, celui qui a lieu quand un animal hermaphrodite est fécondé et fécondant. || Terme de grammaire. Mot composé, mot formé de deux ou plusieurs mots, comme re-poscr, surtout. Un substantif composé. Ce nom nouveau du Sauveur est celui de l'Eucharistie, nom composé de biens et de grâces, boss. Marie-Thér. || Temps composés, les temps qui, dans les verbes, sont formés avec un auxiliaire, comme j'ai dormi, il est sorti. Il Terme do métrique ancienne. Les grammairiens qui ne reconnaissent en grec et en latin que des pieds de deux ou de trois syllabes, donnent le nom de pied composé à toute réunion de quatre syllabes ou plus, y Terme de musique. Mesure composée, celle qui est désignée à la clef par deux chiffres, indiquant l'emploi des mesures à deux et à trois temps; par exemple la mesure à 6/8, qui a deux temps, chacun divisé en trois parties égales. || Intervalle composé, celui qui passe l'étendue d'une octave ou qui peut se diviser en deux intervalles. Il Terme de danse. Pas composé, eelui qui est formé de plusieurs pas simples exécutés dans un certain ordre et selon une certaine figure. Le pas de la valse, le pas de la polka sont des pas composés. Il Terme d'architecture. Chapiteau composé, colonne composée, se dit par opposition aux ordres classiques. Il Terme de philosophie. Sens composé se dit par opposition à sens divisé, c'est-à-dire que, dans le sens composé, on prend dans sa totalité la proposition dont il s'agit, et que, dans le sens divisé, on considère à part chaque partie de la proposition. Ce qui est vrai au sens composé ne l'est pas toujours au sens divisé. || 3° Qui a un air de retenue. Avoir un maintien composé, affecter un air sérieux et modeste. Arriva un valet de chambre du premier président aussi composé que son maître, st-sim. 18, 214. La parole modeste et les yeux composés, RÉGNIER, Sat. XIII.
2. COMPOSÉ (kon-pô-zé) , s. m. \\ 1° Tout formé de diverses parties. Jupiter dit un jour : que tout ce qui respire S'en vienne comparaître aux pieds de ma grandeur; Si dans son composé quelqu'un trouve à redire, Il peut le déclarer sans peur, là font.
Fab. 1, 7. Je n'entreprends point de justifier un composé si bizarre, fonten. Préf. des Mondes. Les liassions vicieuses sont toujours un composé d'orgueil, et les passions vertueuses un composé d'amour, chatkauur. Génie, n, ni, t. C'estun composé du pédant et du précieux, fait pour être admiré de la bourgeoisieet de la province, la nnuy. v. || 2° Terme de chimie. Corps qui résulte do la combinaison de deux ou do plusieurs autres corps simples. || Fig. La fermentation causée par ces nouveaux levains produisit des composés funestes au bonheur, I. J. rouss. Orig. 2. Il 3° Terme de grammaire. Mot formé de deux ou plusieurs mots. Composé de dépendance, celui où le deuxième élément gouverne le premier, par exemple main-tenir. Composé copulatif, celui dans lequel les termes ne sont pas compléments l'un de l'autre, par exemple chef-lieu. Composé déterminatif, celui qui contient un substantif déterminé par un adjectif, par exemple bon-heur.
COMPOSÉE (kon-pô-zée), s. f. || 1" Terme de botanique. Nom d'une famille de plantes dicotylédones, monopétales, herbacées ou ligneuses, dont les (leurs sont réunies par leurs anthères en un cylindre formant calice. || 2" Terme de minéralogie. Nom d'une classe de roches formées de minéraux d'espèces différentes.
COMPOSER (kon-pô-zé), v. a. || 1° Former un tout de différentes parties. Composer un remède avec divers ingrédients. Qui ne croirait à nous voir composer toutes choses d'esprit et de corps.... pasc. dans cousin. Les douze villes dont Cécrops composa le royaume d'Athènes, noss. Ilist. 1, 3. Le roi était à la tête de «a maison et de ses plus belles troupes qui composaient trento mille hommes, volt. Louis XI V, to. Vous [jésuites] composez véritablement un corps uni sous un seul chef, pasc. Prou. il. Son infanterie était composée de deux cent mille hommes, vaugel. Q. C. Iiv. m, dans riciielet. Il paraît de temps en temps, sur la surface de la terre, des hommes rares.... ils n'ont ni aïeux ni descendants, ils composent seuls toute leur race, la bruy. h. Les louanges de chacun des hommes illustres qui composent l'Académie française, id. Préf. du dise, prononcé à l'A end. franc. Les hommes composent ensemble une même famille : il n'y a que le plus ou le moins dans le degré de parenté, id. rx. Hélas! nous composions son histoire de tout ce qu'on peut imaginer de plus glorieux, boss. Duch. d'Orl. || Se composer, composer à soi, composer pour son usage. II s'est composé une excellente bibliothèque. || Absolument. Les gens grossiers n'ont qu'une sensation : leur âme ne sait composer ni décomposer, montesq. Goût. Délie. Nos sciences décomposent et recomposent , mais elles ne peuvent composer, chateaub. Génie, m, 11, 2. Il Terme de mécanique. Composer des forces, des mouvements, des vitesses, en former la résultante. Il 2° Terme d'imprimerie. Mettre une rangée de lettres sur le composteur, pour en faire des lignes, des pages, et ensuite des formes. || Terme de fondeur de caractères. Arranger les lettres fondues et les mettre sur l'instrument dit composteur, en sorte qu'elles aient toutes le cran du même côté; et aussi les ratisser, les unir du côté du cran et du côté opposé. H 3° En parlant d'un ouvrage d'esprit, travailler à le faire, donner une certaine forme à ses idées ou à ses matériaux, et à son style. Composer un livre, un poème. Il n'y a personne qui ne sache pour quelle réjouissance la pièce fut composée, mol. Fdch. Préface. || Absolument. Il a besoin d'être seul quand il compose. Et femme qui compose en sait plus qu'il ne faut, mol. Éc. des femmes, 1, i.\] Fig. Composer des almanachs, faire des pronostics en l'air. Il Se dit aussi d'un peintre, d'un architecte, d'un chorégraphe. Composer un tableau. Composer les plans et les dessins d'un édifice. Composer un ballet. Il Terme de musique. Produire quelque air, quelque chant, soit le sujet seul, soit le sujet avec des parties. Composer une messe. Composer un chœur. Composer la musique d'un opéra. || Absolulument. Il compose facilement. || Composer sur la basse, sur le piano, se servir de la basse, du piano pour composer de la musique. || 4° Arranger de manière à faire croire à de la retenue ou de la modestie. Composer son langage, son maintien. J'allais plus retenue et composais mon pas, Régnier, Dial. Ni l'un ni l'autre n'avaient eu Le temps de composer leur mine et leur visage , la font. Quipr. L'air de mollesse des jeunes filles, l'art de composer leurs visages, leur parure vaine, tout ce que je voyais dans ces femmes me semblait vil et méprisable, fén. Tél. iv. H Composer son visage sur, régler son visage sur celui de quelqu'un. Composant leurs visages sur celui de Protésilac, id. Tél. Ait. Mais ceux qui de la
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cour ont un plus long usage Sur ies yeux de César composent leur visage, rac. Brit. v, 7. || 6° V. n. Ternie de classes, l'aire le devoir donné pour le concours des places. Composer en version, en vers latins. Nous portâmes chacun notre réponse chez M. do la Rochefoucauld, où je crus voir des pensionnaire qui ont composé pour les places, st-sim. 38, tel. Il 6" S'arranger, s'accorder en faisant des concessions. Si on eût composé, beaucoup se seraient sauvés, boss. Bonté, 2. Me voyant pris, il fallut composer, ccon. le lient, n, 5. Composons, M. de La Fontaine, J. J. rouss. t.m. n. En plein conseil, Amour fut dépouillé; Vénus supplie et Jupiter compose, millev. la Préférence. Ne reviendrait-il pas au même de composer ensemble, de se traiter tous avec une mutuelle bonté? la bruy. xi. || Composer avec les préjugés, leur faire des concessions. Je demande une division [de la France en départements] qui ne paraisse pas en quelque sorte une trop grande nouveauté, et qui, si j'ose le dire, permette de composer avec les préjugés et même avec les erreurs, Mirabeau, Collect. t. n, p. 303. || Composer avec sa conscience, n'en pas suivre rigoureusement les prescriptions. || Convenir avec les assiégeants de certaines conditions, moyennant quoi on su rendra La ville compose, on espère qu'on y entrera demain. Loin de mériter la confiance du duc de Milan, les Suisses composèrent avec les Français et rendirent Novarre, volt. Mœurs, no. || 7" Se composer, v re'/l. Être composé. L'édifice entier se compose da trois enceintes. || 8° Prendre une apparence mesurée, qui ne laisse voir aucun désordre dans l'esprit ni dans la contenance extérieure. Composez-vous sur eux, âmes belles et hautes, malh. vi, 40. Tâchez de vous composer par étude, mol. Fourb. i, 4. Kappelé [l'enfant] par la voix de ceux qui lui ont appris à penser, il se compose, il dirige ses actions, buff. Homme. Il faut que votre sexe ait fait une élude bien réfléchie de l'art de se composer pour réussir à ce point, beaumarcii. Mar. de Fig. n, i 9.
— HIST. xii* s. El cueriniquitez vusovrez [opérez] en terre, forcenneries [exactions] les vos mains composent, Liber psalm. p. 75. |[ xv s. Et leur remontra sur quoi et comment ils estoient composés [avaient capitulé], et que de ce ils avoient livré ostages, froiss. i, i, 236. Les chevaliers, qui aussi veoient bien le péril où ils estoient, s'y accordèrent assez légèrement et envoyèrent un héraut de par eux au comte Derby, pour composer, id. i, i, 224. Les hommes de la ville touteoiement se sont composés [rendus à composition] à nous,iD. n, m, 34. Leurcappitainesaillitdehorsàseuretépour cuyder composer, il ne peut accorder, comm. m, 9. Se ilz ne feussent venuz, la ville eust mis peu à soy composer, id. m, 40. || xvi* s. Le soleil soy couchant en l'Océan, ilz se compousoyent à dormir, rab. Pant. v, 27. Huytres, harans, salades toutes compousées, herbes venereicques, id. ib. v, 29. Dressans escarmouches, compousans trefves, id. ib. v, 31. C'est une chose composée de terre et d'eau , mont, ii , 289. C'est cruauté de requérir de nous une desmarche si composée, id. ni, 200. Des exclamations composées, id. iv, i 12. Composer vos moeurs est vostre office, non pas composer des livres, id. iv, (96. Il estoit si bien né, et si parfaitement composé à toute vertu, qu'il n'eut aucun besoing de maistre, amyot, Numa, i. Etsembloit qu'il n'y eust aucun moyen de composer et pacifier tous ces differens, id. Solon, 20. Ayant secrettementcomposéquelquesvers elegiaques, id. ib. 14, Or avoit-il jà estably la cour et le conseil d'aréopage, en le composant de ceulx que l'on elisoit par chascun an prevosts de la ville, id. ib, 33. Il s'esludia de composer tellement son visage, sa contenance et sa parole , qu'il semblast penser à toute autre chose , id. Pélop. t8. Si le nombre à partir estoit composé de plusieurs différences, est. de la roche, Arùmetique, f° 44, verso.
— ÊTYM.Mot de formation hybride puisqu'au fond il représente le latin componere et s'en rapproche dans le participe compositus, tandis que, pour la forme, il répond à poser, qui vient d'une tout autre racine. S'il venait directement de componere, il ferait compondre, comme pondre de ponere.
7 COMPOSEUR (kon-pô-zeur), *. m. Celui qui compose. Un composeur de romans. || Ironiquement, compositeur médiocre.
— HIST. xvr s. Ils font comme les composeurs de tragédies, amyot, Comment discerner le fiait. 39. Lui pour estre à l'achèvement du marché, sans faire soupçonner les composeurs, prit un mousquet, d'aub. Ilisl. m, 248.
— ÊTYM. Composer.
COMPOSITE (kon-pô-zi-t'), adj. || 1" Terme
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d'architecture. Qui appartient à un cinquième ordre d'architecture inventé par les Romains, où le chapiteau, ayant au bas les feuilles d'acanthe corinthienres, se termine en haut par la volute ionique. Base , chapiteau composite. L'ordre composite. L'entablement de Saint-Paul à Paris estd'ordre composite. || S. m. Ordre composite. Le composite est venu après les autres ordres. || 2' Dans le langage des fouriéristes, la composite, la passion qui engendre les entraînements.
— ÊTYM. Lat. eompositus, participe passé decom- ■ponere, de corn, et ponere, mettre (voy. pondre).
COMPOSITEUR (kon-pô-zi-teur), s. m. \\ 1* Terme d'imprimerie. Nom do l'ouvrier qui arrange les lettres pour en former des mots. Compositeur aux pièces. Compositeur en conscience. || 2' Celui
qui compose des ouvrages d'esprit On croirait
au nombre des ouvrages Et des compositeurs (car chacun fait des vers), Qu'il nous faudrait chercher un mont dans l'univers, Non pas double, mais triple, lafont. Clymène, 606. Infatigables auteursde pièces médiocres, grands compositeurs de riens, volt. Lett. Trublet, i 7 avril 1 76 1. 1| 3° Terme de musique. Celui qui compose en musique. C'est un compositeur. Habile compositeur. || Compositeur, pris absolument, s'entend toujours d'un homme qui compose de la musique. || 4° Terme de jurisprudence. Amiable compositeur, celui qui, dispensé de juger suivant la rigueur du droit, fait composer les deux parties sur leur litige. Son esprit compassé était naturellement tourné à être amiable compositeur,