‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 333 sur 403 · LOYSEL · texte numérisé non relu

LOYSEL

— ÊTYM. Provenç. compensacio ; espagn. compensacion; ital. compensazione ; du latin compensationem, de compensare, compenser.

f COMPENSATOIRE (kon-pan-sa-toi-r5) , adj. Qui établit une compensation.

— ÊTYM. Compenser.

COMPENSÉ, ÉE (kon-pan-sé, sée), part, passé. Les maux compensés par les biens. || Ternie de palais. Dépens compensés.

COMPENSER (kon-pan-sé), v. a. || 1" Terme de droit. Déclarer équivalente la valeur de deux choses. Compenser une dette. || Compenser les dépens, ordonner par jugement que chaque partie restera chargée des frais qu'elle a faits. || 2° Par extension, venir en dédommagement de quelque préjudice, d'un désavantage. Hector compense seul tous mes destins contraires, luce db lancival, Hector, v, t. Compensant les satisfactions avec les injures, flf.cii. M. de Mont. || 3° Se compenser, v. réfl. Être compensé. Des erreurs qui se compensent et qui n'affectent pas le résultat.

— HIST. xvi" s. Les fautes sont compensées par oeuvres de supererogation,CALV./ns(i t. 64 3. La rémission gratuite ne peut estre compensée d'aucuns biens procedans de nous, id. ib. 630. Polycrates, pour interrompre le cours de son continuel bonheur, et le compenser, mont, h, 25». Cette douleur estoit compensée par le plaisir que.... m. m, lî.

— ETYM. Provenç. compensar, compessar; espagn.

compensar; ital. compensare, du latin compensare, de corn, etpnisare, peser (voy. peser).

COMPERAGE (kon-pè-ra-j'), s. m. || l'Affinité spirituelle entre le parrain et la marraine, et entre chacun d'eux et le père et la uiere de l'enfant.|| 2» Fig. Connivence de celui qui sert de compère à un charlatan. || Connivence et complicit6 dans toute espèce de supercherie.

— HIST. xw's. Benartne dote [craint, respecte] mariage, Ne parenté ne comperage, Ren. 8280. Note que ce qu'est establi generaument , si cum comperage, n'empecche pas mariage à fere solement, mes il depiece le fet, Liv. de just. 4 99. Le comperage qui estoit entre eus, beaum. lxi, 84. || xvi* s. Ce renard, sous ombre de comperage, trompoit les pauvres renards et les mettoit en la gueule des chiens, desper. Contes, xxxi.

— étym. Compère.

COMPÈRE (kon-pê-r'), t. m. || 1* Le parrain, par rapport à la marraine et au père ou à la mère de l'enfant; il désigne également le père relativement au parrain et à la marraine. C'est mon compère. || 2° Ntpm très-familier et d'amitié que l'on donne aux hommes avec qui on est en relation habituelle. Comment vous portez-vous, compère? Loin de les rendre à ton Crésus, Va boire avec ses cent écus, Savetier, mon compère, bêrang. El. de la rich. || La plupart des bourgeois se nomment compères comme les gentilshommes de campagne s'appellentcousins, decaillières, 4690. || Un compère, un homme, un enfant, vif, résolu. l)n gros compère. Il n'y a point de bien qu'on ne dise dece petit compère, sév. 668. Il C'estun rusé compère, un homme adroit. | Un vigoureux compère, un homme résolu, courageux. || Familièrement. Être compères et compagnons, être très-liés, vivre, agir habituellement ensemble. || 3" Nom donné par plaisanterie aux animaux. Compère le renard se mit un jour en frais, Et retint à dîner commère la cigogne, la font. Fabl. i, 4 8. L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours; Ma commère la carpe yfaisait milletoursAvec le brochet son compère, id.io. vu, 4. Eh bon jour, mon compère le brochet [nom donné familièrement dans une société au duc d'Enghien, le vainqueur de Rocroi], je m'étais toujours bien doutéefc'est la carpe qui parle] quoles eaux du Rhin ne vous arrêteraient pas, voit. iett. 4 43. || 4° Fig. Celui qui , sans qu'on le sache, est d'intelligence avec un escamoteur et aide à l'exécution des tours. Les charlatans ont ordinairement des compères. Je suis muet quand on ne m'interroge pas : je suis un vieux polichinelle qui a besoin d'un compère, volt. Lett. Mme du Défiant, 30 juillet 4 708. || Celui qui en seconde un autre pour faire quelque supercherie. || Proverbe. Tout se fait ou tout va par compère et par commè>° '•'est-à-dire tout se fait par faveur, protection, recommauuai.on.

— HIST. xiii* s.. X la parfin se porpensa Que son compère [il] proiera Que por Dieu li doint, sil conmande, Ou poi ou grant de sa viande, lien. 904. Il est compaires de Dieu, porce qu'il est en estât de grâce et sans pechié, beaum. Concl. Frère Hugue, compère le roy du conte d'Alençon [compère du roi, dont il avait tenu un des fils sur les fonts baptismaux], joinv. 268. || xvs. Quand le roi d'Angleterre entendit que ceux de Gand avoient occis Jacques d'Artevelle son grand ami et son cher compère.... rnoiss. I, I, 249. Un autre très honneste bourgeois so leva et dit tout ainsi qu'il ferait compagnie à son compère sire Eustache de Saint-Pierre, m. i, I, 321. || xvr*s. X la droite des compères [les Suisses] prenoit place en marchant te régiment de Sarlabons, d'aub. Jlist. I, 306. Le roi de Navarre s'alla jetter dans le lict du duc de Guise, et avec les alliances qu'ils avoient fait de maistre et de compère, eurent plusieurs familiers discours, id. ib. n, 4 87. Et n'avoit rien si odieux que l'on eust dit de luy, qu'il estoit parvenu par compère ou par comere, Cahl. i, (9. Plus sont de compe>»> que d'amis, Leroux de lincy, Prov. t. H, p. 373. Il n'y a ni compère ni commère, l'enfant est chrestien, oudin, Curios. franc. Qui de mastin fait son compère, plus de baston ne doit porter, cotgrave.

— ÉTYM. Picard et wallon, copère; provenç. eompat're; catal. compare; espagn. et ital. compadre; de corn.... et père.

t COMPÈRE-LORIOT (kon-pê-re-lo-ri-o), i. m. || 1° Le loriot commun. j| 2* Populairement, petit furoncle au bord de la paupière de l'œil, dit aussi orgelet. || Au plur. des compères-loriots.

— ÉTYM. Compère, et loriot, ainsi dit, peut-être, A cause de la couleur variée que présente cette petite tumeur.

* COMPERSONNIER (kon-pèr-so-niê) , s. m. Terme

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de droit féodal. Celui qui tient une terre avec d'autres à charge d'une redevance pour laquelle tous sont tenus solidairement. || Fig. Celui qui partage avec, qui agit avec. Je trouvai un grand avantage pour M. le duc d'Orléans de rendre M. le duc compersonnier dans le fait de la prison de Mme du Maine, st-sim. 623, 204. Le marquis d'Effiat, le compersonnier du chevalier de Lorraine, id. 328, 42. || Vieux.

— HIST. xvr" s. De partage, licitation et adjudication entre cohéritiers ou comparçonniers, ne sont dus lods ne ventes, loysel, 642.

— ÉTYM. Corn.... et l'anc. franc, parsonier , celui qui est partageant; de l'anc. franc, parson, partage, du latinpard'tionem, de partiri, partager (voy. partir).

COMPÉTEMMENT (kon-pé-ta-man), adv. D'une manière compétente. Il en parle compétemment. Rien n'est plus contradictoire que de prétendre représenter compétemment la nation, tandis qu'une grande partie de cette nation soutient qu'elle ne peut être représentée que dans une assemblée générale de ses trois ordres, Mirabeau, Collection,

— hist. xv* s. La sage ■administracion du père le fist introduire en lettres moult suffisamment et tant que competenment entendoit son latin, et suffisanment sçavoit les règles de grammaire, christ, de pisan, CharlesV, i, ch. 6. Et feitmandement de gens de guerre et en assembla compétemment, juvén. Charles YI, 4 385. || xvi» s. Si la saignée n'est faite et promptement et compétemment, ou le malade meurt bien tost, ou il se fait un abcès, paré, xx, 36. Je croy, qu'à un chascun sa langue puisse compétemment communiquer toute doctrine, dubell. i, 44, reeto. Avoir le corps en sa disposition naturelle, jouissant ordonéement et compétemment des functions molles et llateuses par lesquelles il luy plaist [à Dieu] compenser de sa grâce les douleurs de quoy sa justice nous bat à son tour, MONT, iy, 302.

— ÉTYM. Compétent, et le suffixe ment; provenç. compétemment; espagn. et ital. conxpetentemente.

COMPÉTENCE ( kon-pé-tan-s' ) , s. f. || 1" Terme de droit. Attribution, pouvoir d'un tribunal, d'un fonctionnaire, d'un officier public; mesure de ce pouvoir. Décliner, reconnaître la compétence d'un tribunal. La compétence des notaires. || Juger la compétence, décider à quel tribunal appartient la connaissance d'une affaire. Clotaire II règle la compétence entre les jug«s des églises et les officiers, montksq. Espr. xxx, 21. || 2° Fig. Habileté reconnue dans de certaines matières et qui donne un droit de décider. La compétence de Vaugelas dans les qucstionsgrammaticales. || Familièrement. Cela n'est pas de sa compétence, il n'est pas en état de juger, de décider. Du moins devrait-il se taire sur les choses qui ne sont pas de sa compétence, volt. Lett. en vers et en prose, 43. Elles se borneront aux choses de leur compétence, J. J. rouss. Ém. iv. Ces matières ne sont pas de ma compétence et je ne m'en mêle pas, DiDER. Ess. s. Claude, liv. H. || 3° De compétence, comme il convient. Cet habit cependant n'est pas de compétence. — Vous savez que l'habit ne fait pas la science, regnard, Folies amour, i, 5. Vieilli en ce sens, qui, d'ailleurs ici, paraît attiré par science. || 4° Rivalité. La moindre ombre de compétence avec un fils de France a un grand air de ridicule, retz, n, 82. Des gens, qui avaient voulu élever leur aîné jusqu'en compétence de M. le duc de Chartres, n'étaient pas pour s'accommoder de celles [prérogatives] des princes du sang, st-sim. 72, 479. Peu usité en ce sens.

— ÉTYM. Le latin competentia, de competens, de competere, compéter.

COMPÉTENT , ENTE (kon-pé-tan , tan-t') , adj. || 1° Terme de droit. Qui a droit de connaître d'une matière, d'une cause. Le tribunal s'est déclaré compétent. Le mariage doit être contracté devant l'officier public compétent. Il est vrai qu'ils [les légistes] n'ont jamais prétendu être compétents des causes majeures, st-sim. 373, 208. || Partie compétente, celle qui a qualité pour être partie au procès. || Âge, temps compétent, l'âge, le temps requis, voulu légalement. Âge compétent pour le mariage. || Portion compétente, part à laquelle des enfants ou héritiers peuvent prétendre dans un bien. || 2° Par extension, capable de bien juger certaines choses. Personne n'est plus compétent que lui dans l'archéologie du moyen âge.

— hist. xv* s. Quand ce vint au matin à heure co:apetente, ce Berthault fit signifiera ces seigneurs que ils seroient respondus , froiss. h, m, 91. Je

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n'ai plus soif, tarie est la fontaine ; Repeu je suis de compétent viande, eu. d'orl. Bal. 405. Lequel roi en son temps eut plusieurs fils et filles: desquels, c'est à savoir de ceux qui vécurent jusqu'à âge coinpetc-nt, les noms s'ensuivent, monstrel. liv. i, ch. 4 . Prenez jour brief et compétent et tel que la prochaineté des lieux le peut demander, m. n, 65. || xvi' s. Il nie donc que l'Empereur soit juge compétent d'une si haute matière, Calvin, Instit. 984. Forcer les loix de nature en faisant des mariages hors d'aage competant , amyot , Solon , 38. Leur ayant expressément enjoint, sitost qu'ilz auraient mis ensemble un nombre compétent, qu'ilz le luy envoyassent, id. Serlor. 30.

— ÉTYM. Compéter; provenç. compétent.

COMPÉTER (kon pé-té. L'accent aigu se change

en accent grave devant une syllabe muette : il compète; bonne orthographe de l'Académie, mais qui est en contradiction avec celle que l'Académie suit dans abréger, où elle écrit abrège: sans doute l'Académie écrirait, bien qu'elle n'en dise rien, compétera, compéterait, pour être d'accord avec régner, qu'elle conjugue règne, régnera), v. n. || 1" Terme de droit. Appartenir en vertu de certains droits. Ce qui lui peut compéter dans cetto succession. || 2° Être de la compétence. Cette affaire ne compète point à tel tribunal.

— hist. xiv* s. Et ceste passion , c'est assavoir vercunde [vergogne] , ne compete pas et n'est pas convenable à tout eage, oresme, Eth. 4 38. Et il monstre comme ces deux membres de la division dessus ditte compétent et convienent à diverses gens, id. ib. 69. || xv s. Laissez le roi d Espaigne et le roi de Portingal faire leur guerre ensemble, car elle ne vous compete en rien, froiss. ii, m, 48. Sire, dit Utran, je ne sçay quelle chose celluy aura qui achèvera l'adventure; mais, au regard de moy, je ne vouldroye nullement descouvrir chose qui peust desplaire ou compéter à autruy, Perceforest, t. v, f° 25. Il xvi* s. Ils alleguoyent que ceste charge mieulx competoyt à ung orateur qu'à ung sophiste, rab. Car. 1, 4 7, Me semble que doresnavant venez en eage à ce compétent, id. Pant. 111, 48. Touchant de créer les prestres, ils disent que le droit leur en compete, calv. lnstil. 87t.

— ÉTYM. Provenç. compelir; espagn. compéter; ital. competere ; du latin competere, de cum, avec, et petere, aller vers (voy. pétition).

COMPÉTITEUR, TRICE (kon-po-ti-teur, tri-s'), s. m. et/1. Celui, celle qui poursuit le même objet qu'un autre. Ils étaient deux compétiteurs à l'empire. Et contre les grands noms de ses compétiteurs Sa jeunesse eût trouvé d'assez froids protecteurs, corn. Pulch. 11, t. La fortune lui suscita deux compétiteurs dans la possession.... hamilt. Gramm. ».

— HIST. xvi* s. Un ennemi du siège romain, et compétiteur de la dignité du Pape, calv. Instit. 944, Cesdeux compétiteurs etcorrivaulx faisoient.... carl. vi, 37. Quand il vint à briguer Testât de praeteur, encore qu'il eust beaucoup et de grands compétiteurs, il fut le premier de tous déclaré eleu, amyot, Cicéron, xi. On proposoit à l'un de nos roys le chois de deux compétiteurs en une mesme charge, desquels l'un estoit gentilhomme , l'aultre ne Testoit point, mont. 111, 320.

— ÉTYM. Le latin compettfor; de competere, do cum, avec, et petere, demander (voy. pétition).

i COMPÉTITION (kon-pé-ti-sion), s. f. Prétention rivale.

— ÉTYM. Le latin competitio (voy. compétiteur.) COMPILATEUR (kon-pi-la-teur), *. m. Celui qui

compile. Il Dans un sens favorable. Celui qui réunit en un seul corps des documents dispersés. Duchêne, qui a donné cinq volumes de l'histoire de France, est un utile compilateur. Tribonien, compilateur du droit romain, boss. But. 1, 4 4. Si le public doit savoir gré à ceux dont le travail pénible rassemble depuis quelques années les traités, actes et mémoires. ... la reconnaissance due à leurs soins serait encore plus juste, si ces compilateurs eussent écarté de leurs ouvrages le mensonge.... torcy, liém. t. 1, p. 4. Il Dans un sens défavorable, celui qui n'a rien d'original ni de propre à lui. Ce n'est qu'un compilateur. Il y a des esprits, si j'ose le dire, inférieurs et subalternes, qui ne semblent faits que pour être le recueil, le registre ou le magasin de toutes les productions des autres génies; ils sont plagiaires, traducteurs, compilateurs; ils ne pensent point, ils disent ce que les auteurs ont pensé, la bruy. i. Pour l'achever [l'écrivain], quelque compilateur, Froid gazetier, jaloux d'un froid auteur, Vient l'entamer de sa dent mercenaire, volt. Ép. 82.

— ÉTYM. Lat. compilator, de compilare, compiler.

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COMPILATION (kon-pi-la-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f.\\ l'Action de compiler. || 2" Ouvrage composé d'extraits de divers auteurs. Ce livre n'est qu'une compilation. Nous portâmes chacun notre réponse chez M. de la Rochefoucauld; il s'en fit une assez mauvaise compilation, st-sim. 38, (6). Loi qui n'a pas été mise dans la compilation de .lustinien, montesq. Esp. xii, (5. Vous avez raison, les compilations de Grolius ne méritaient pas le tribut d'estime que l'ignorance leur a pavé, volt. Vial. xjuv, <•' entretien.

— HIST. xv' s. Sera recité par moy véritablement et sanz aucune adulation le principe et mouvement de ceste présent petite compillation, chr. de pisan, Charles V, i, Prologue.

— ÊTYM. Provenç. compilatio ; espagn. compilation ; ital. compilazione ; du latin compilationem , de compilare, compiler.

COMPILÉ, ÉE (kon-pi-Ié, lée), port, passé. Des documents compilés sans choix.

COMPILER (kon-pi-lé), v. a. || 1° Mettre ensemble des extraits de divers auteurs, des documents provenant de différentes sources. Il a compilé cette théologie de vingt-quatre de nos pères, pasg. Prou. 5. || 2° Absolument. Au peu d'esprit que le bonhomme avait, L'esprit d'autrui par supplément servait; 11 entassait adage sur adage, 11 compilait, compilait, compilait.... volt. Je Pauvre diable.

— lllST. xiv s. L'histoire est telle, et ne la doy pas corriger ne faire autre; car plus sage de moi la compila et intitula, Ménagier, I, 6. || xv* s. Les sciences sont extraites et compilées de plusieurs clercs, et ce que l'un sait, l'autre ne sait mie, froiss. Proi. Et avois , de pourveance, fait escripre, grosser et enluminer et recueillir tous les traités amoureux et de moralité, que, au terme de trentequatre ans, je avois faits et compilés, id. m, îv. 40 Et à grant joye me fut dit par le trésorier du dit seigneur, qu'il luy plairoit que je compillasse an traictié sur certaines matières, chiust de pisan, Charles V, I, ch. 2. Car pour moi c'est mal compilé, Mal entendu et mal filé. De prendre fuseau sans peso», coguiLLARD, Blason des armes et des dames. Il xvi' s. L'esprit humain ne 8e sçauroit maintenir, vaguant en cet infini de pensées informes, il les luy fault compiler en certaine ima.ee à son modèle, mont. I, 246. Une sorte de pilulles compilées de cent et tant d'ingrédients, id. DI, 228. L'aucteur qui compila ce livre vouldroyt qu'il fust en sa puissance de faire plus grant service à son pays, palsor. p. 4(1, J'ai recueilly sommairement des mémoires que j'ay, de longue main, compilez pour mon particulier, amyot, Tranq. de l'Ame, t.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. compilât ; ital. compilare; du latin compilare, proprement piller, et par suite, piller les ouvrages d'autrui, de com, et pilare, piller (voy. piller).

f COMPISSER (kon-pi-sé), v. a. Arroser d'urine. Tu m'as tout compissé, pisseuse abominable, scarr. D.Japhet, iv, (2. || Vieux et burlesque.

— HIST. xiv's. Il fait à l'un la moe, l'autre compissera; Et si est nice et ors, ne say qu'on en fera, Guescl. variante du vers lis. || xvf s. Que les mastins paillards la compissent tousjours 1

— ÉTYM. Com, et pisser; provenç. compissar.

COMPITALES (kon-pi-ta-1'), s. f. pi. Terme d'antiquité. Fêtes romaines à l'honneur des dieux domestiques, et qui se célébraient dans les carrefours.

— ÊTYM. Latin compitalia, de compilum, carrefour.

COMPLAIGNANT, ANTE (kon-plè-gnan, gnan-t'), adj. Qui se plaint en justice. || Substantivement. Dans le discours du complaignant, st-sim. 70, (52. Peu usité.

— ÊTYM. Complaindre.

t COMPLAINDRE (kon-plin-dr'),«. a. Témoigner de la compassion à quelqu'un. || Se complaindre, ». rèjl. Faire sa complainte. || Vieux.

— HIST. xn' s. X vous amans, plus qu'à nule attire gent, Est bien raison que ma dolor [je] coniplaigne, Couct, xxii. || xm's. Ainsi se complaignoit li rois, Chr. des Rains, p. 80. Et sont tenu à sainte Eglise garder et garantir, toutes les fois que ele en a mestier et qu'ele se complaint à eus comme à ses enfans, beaum. xi, 27. Au juge d'eulx [il] se complaindra, (a Hose, 7832. || xiv' s. Assez rueve [demande] qui se complaint, machault, p. 79. I xv* s. Et quant le gentil chevalier eut ouï complaindre la roine si tendrement, froiss. i, i, U. ||xvi's. L'un que tourment poursuit et importune, Va complaignant sa mauvaise fortune, marot, i, 3H. Adonc le complaignant renforcea la voix et commencea à

crier plus hault, amyot, Démosth. te. Des mains, nous festoyons, rcsjouissons, complaignons, attristons, MONT. II, (69.

— ÊTYM. Com, et plaindre; provenç. complanher, complagner , complanger ; catal. complanyer; anc. espagn. complanir; ital. compiangere.

COMPLAINTE (kou-plin-f), s. f. \\ 1" Plainte quo l'on fait entendre. A vous seul en pleurant j'adresse ma complainte, nËGNiER, Élég. v. Ne te lasse donc plus d'inutiles complaintes, malh. vi, 18. En ces propos mourants ses complaintes se meurent, id. i, 4. || 2' Chanson populaire sur quelque événement tragique ou sur une légende de dévotion. La complainte sur l'assassinat de Fualdùs (en t8io). La complainte du Juif errant. || 3* Action par laquelle celui qui est troublé dans la possession d'un immeuble demande à être maintenu en possession contre l'autour du trouble. La complainte est une action possessoire. || En style de monitoire, faire complainte à l'Eglise. || En matière bénéficiale, se dit d'une action qu'on forme pour être maintenu en un bénéfice, après en avoir seulement pris possession.

— HIST. xiii* s. Dame Dieux ouï ma complainte et ot merci de moi, Psautier, f° 36. Li chaslelains de Couci aima tant Qu'onc pour amor nuls nen ot dolor graiudre; Pour ce [je] ferai ma complainte en son chant, anonyme, dans Couci. Quand mes complaintes [elle] entendi, la Rose, 4240. Nos avons oï la conplainte, Or devons la response atendre Et l'un droit après l'autre rendre, Rcn. 8764. Meslre, fait li rois, s'onc oïstes En vostre terre tex conplaintes Com à ma corta l'en fait maintes, ib. 8432. Li rois avoit mandé durement et asprement de maintes pleintesetcompleintesqu'ilavoitoïeSjLiv.dejKil. < i. || xv* s. Ces nouvelles et ces complaintes en vinrent à messire Jean de Hainaut [Philippe de Valois venait de ravager son territoire], froiss. i, i, 98. | xvi' s. En complainte do nouvelleté, y a amende envers le roi et la partie, loysel, 753. Car ce sont cris, pleurs et complaintes, marot, i, 184.

— ÊTYM. Complaindre ; provenç. complancha , complansa, complanta, complainla; anc. catal. complancta, complanta; ital. compiania.

COMPLAIRE (kon-plê-r'), je complais ,il complaît ; je complaisais; je complus; je complairai; que je complaise; que je complusse; complaisant; complu, v. n. || 1° Acquiescer pour plaire, pour faire ulaisir. Il ne cherchait qu'à plaire et qu'à complaire. Moins vous l'aimez, et plus tâchez de lui complaire,

rac. liithrid. iv, 2 Et sans plus me complaire

Vous refusez l'honneur que je voulais vous faire, id. ib. iv, 4. Non que, si jusque-là j'avais pu vous complaire.... id. Brit. iv, 2. Se faire petit pour complaire, s'abaisser, s'effacer devant un supérieur, p. l. cour. Lett. n. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || 2° Se complaire, v. réjl. Mettre sa jouissance, son plaisir dans une chose toute personnelle. 11 se complaît à rendre service. Il se complairait à vous tourmenter. J'avais prévu ma chute en montant sur le faîte; Je m'y suis trop complu : mais qui n'a dans la tête Un petit grain d'ambition? la font. Fab. x, 10. Dieu se complaît, ma fille, à voir du haut des cieux Ces grands combats d'un cœur sensible et vertueux, volt. Agathocle, n, I. Tu te complais peut-être en ta funeste erreur, delavio. Vêpres sicil. m, 2.

— hem. Faut-il dire : cette femme s'est complu ou complue à se parer; ils se sont complu ou complus à vous obliger. L'Académie ne dit rien là-dessus, mais au mot plaire, elle donne, dans des constructions analogues, le participe passé invariable : elle s'est plu à se parer; ils se sont plu à vous obliger. C'est la règle que donne aussi bien pour complaire que pourptat'reGirault-Duvivier dans la Grammaire des grammaires. Cette règle est bonne; on doit la suivre, interprétant (et c'est l'interprétation la plus naturelle) se complaire par complaire à soi. Mais d'autres grammairiens écrivent : elle s'est complue, ils se sont complus; et cela aussi ne déroge pas à la grammaire ; seulement l'explication est différente : dans celle-ci on considère complaire comme un verbe neutre construit avec le pronom personnel , tel que se taire, s'écrier, s'enfuir, et, dans l'ancien français, se dormir, se gésir, etc. tous verbes qui sontdes verbes réfléchis absolus et dans lesquels le participe passé est variable : ils se sont tus, écriés, enfuis, et dans l'ancien français, ele s'est dormie, etc. De la sorte on peut faire, avec complaire, le participe variable ou invariable suivant le point de vue où l'on se placera, c'est-à-dire suivant qu'on le considérera comme un verbe réfléchi indirect ou comme un verbe réfléchi absolu (voyez, pour la théorie de cette construction du pronom personnel, le verbe aper-

cevoir). Mais l'usage le plus général est do faire complu invariable.

— syn. complaire, plaire. Complaire c'est s'accommoder au sentiment, uu goût de quelqu'un, dans la vue de lui être agréable. Plaire c'est effectivement être agréable, beauzéb.

— HIST. xv* s. Ain/, le mentir en pluseurs [j'] apperçoy, Qui aux princes cuident par ce complaire, E. desch. Ce qui est nécess. aux rois. La pluspart des gens taschent à leur complaire [aux princes] , comm. Prol. || xvr s. Aymant complaire à Dieu | H foy et observation de ses sainetz commandements, rab. Pant. m, 30. A Vulcan donc son dueil elle declaire, Qui tout subit, pour à Veuus complaire.... marot, i, 300. Tels complaisoient à ceulx-cy, qui, a ceste venue, les eussent abandonnez, cari., vu, 9. 11 souloit louer les médecins qui ne complaisoient jamais aux voulcntez et appétits desordonnez de leurs patiens, amyot, Pompée, 90. Se complaire oultre mesure de ce qu'on est, en lumber en amour de soy indiscrète, mont, ii, «2. Que l'ame l'assiste et favorise [le corps] et ne refuse point de participer à ses naturels plaisirs, et de s'y complaire conjugalement, ID. IV, 300.

— ÊTYM. Espagn. complacer; ital. compiacere ; du latin compiacere, decum, avec, eiplacere, plaire.

C0MPLA1SAMMENT (kon-plè-za-man), adv. Avec ou par complaisance. Il m'a écouté complaisamment. || Ironiquement, avec un sens de blâme. Il parle trop complaisamment de lui.

— ÊTYM. Complaisant, et le suffixe ment. COMPLAISANCE (kon-plè-zan-s'), s. f. || f Soin,

désir de complaire. Tant il a de complaisance pour les riches, pasc. Prov. xii. Je refuse d un cœur la vaste complaisance Qui ne fait du mérite aucune différence, mol. Hit. Irl. Goûtez, avec complaisance pour Adoam , les plaisirs qu'il vous offre, fén. Tél. vin. J'avais plus espéré de votre complaisance, rac. Iphig. m, t. Un esprit né sans fard, sans basse complaisance, Fuit ce ton radouci que prend la médisance, boil. Sat. ix. Il est bon d'avoir votre suffrage, mais je veux l'avoir par la force de la vérité, et je ne vous prierai pas même d'avoir la plus légère complaisance, volt. Lett. Mme du Deffant, 30 juillet 1773. || 2° Acte de complaisance. Vous voyez comme je m'y prends et les adroites complaisances qu'il m'a fallu mettre en usage pour ni'introduire à son service, mol. l'Avare, i, t. Vous avez bien fait d'avoir cette complaisance pour M. de Grignan, sév. 557. C'est une simple complaisance de l'esprit à la volonté de Dieu, boss. Lett. abb. 145. Traître, pour les Romains tes lâches complaisances N'étaient pas à mes yeux d'assez noires offenses, rac. Slithr. m, t. Ces complaisances douteuses que vous avez pour cette personne, mass. Car. F. légères. Il ne me trouvait ni assez jeune , ni assez belle, et il me fut impossible d'en tirer aucune complaisance , fonten. Hélène, Fuhie. Si l'Évangile avait des distinctions à faire et des complaisances à accorder , mass. Cor. Immutabilité de la loi. Le souvenir des complaisances d'Alexandre à Tilsitt et à Erfurt confirmal'empereur de France dans cette fausse opinion, ségur, Uist. de Napol. liv. lu,). || Terme de commerce. Billet de complaisance, billet exprimant une opération fictive. || 3° État de l'âme où l'on se complaît, soit à soi-même, soit à quelque chose. Parler d'une personne avec complaisance. Regarder avec un œil de complaisance. Se regarder avec complaisance, être satisfait, outre mesure, de sa personne. Ne savez-vous pas que la bonne opinion de soi-même et la complaisance qu'on a pour ses ouvrages est un des péchés les plus dangereux? pasc. Prov. ix. La mère est regardée avec complaisance de celui qu'elle a rendu père , boss. Polit. Ce superbe.... se met au rang des gens désabusés [de la religion], il insulte en son cœur aux faibles esprits qui ne font que suivre les autres sans rien trouver par eux-mêmes; et, devenu le seul objet de ses complaisances, il se fait lui-même son dieu, boss. la Vailière. Ciel 1 avec quel respect et quelle complaisance Tous les cœurs en secret l'assuraient de leur foi I rac. Bérén. i, 6. Pour une fille.... Croit» elle en ses valets voir quelque complaisance, boil. Sat. x. La complaisance qu'il avait eue à contempler sa modération, fén. Tél. xvm. Jupiter la regarda avec complaisance, id. ib. ix. Il sommeillait, mollement incliné: Et le vieillard, seul, assis en silence, Le soutenait d'un air de complaisance, malpil. Narcisse, ch. n. U y a dans l.i domination et la supériorité une complaisance naturelle qu&le christianisme même a beaucoup de peine à régler, fléch. i, p. 267. || 4" En style biblique, au pluriel, affection. Dieu dit dans l'Évangile : C'est ici mon fils bien-aimé,

COM

en qui j'ai mis toutes mes complaisances. Ce Mossio, l'objet fie ses complaisances [de DieuJ , boss. Hist. Il, 4. L'homme est toujours l'objet des complaisances de l'Éternel chateaub. Mart. h 89.

— 8YN. COMPLAISANCE , DÉFÉRENCE , CONDESCEN- DANCE. La complaisance est le soin de complaire et est, par conséquent, plus étendue que la déférence qui, comme l'étymologie l'exprime, se déportepour laisser prévaloir, par égard ou par respect, les idées, les opinions, les goûts , les volontés d'autrui. La condescendance serait la même chose que la déférence, s'il ne s'y joignait, étymologiquement , l'idée de descendre d'une hauteur et de se prêter à la satisfaction des autres, au lieu d'user de sa supériorité et de ses droits.

— HIST. xiv* s. Celui fct teles complaisances, affin que par ce li soit faite aucune utilité en pecunes,

ORESME, Eth. t32.

— ETYM. Complaisant ; provenç. et espagn. complacencia; ital. compiacenza.

COMPLAISANT, ANTE (kon-plè-zan, zan-t'), adj. || 1* Oui a de la complaisance ou des complaisances.... S'il m'eût vaincu, votre esprit complaisant Lui faisait de ma tête un semblable présent, corn. I'nmp. m, 2. Et, comme c'est m'aimer que me faire présent, Je suis toujours alors d'un esprit complaisant, corn, le tient, iv, 4. Les uns , parce qu'ils sont méchants et malfaisants, Et les autres, pour être aux méchants complaisants, mol. Mis.i, i. Vos désirs lui seront complaisants Jusques à lui laisser et mouches et rubans? id. Éc. des mar. i, 2. Mais au moins sois complaisante aux civilités qu'on te rend, id. Pr. <TÉl. M, *. Il se rend complaisant à tout ce qu'elle dit, Et pourrait bien avoir douceur de cœur pour elle, id. Turf, m, 4. Les dieux à vos désirs toujours si complaisants, rac. Iphig. i, 4. Elle était impérieuse avec ses enfants , mais complaisante à son mari, perrot, Tacite, 253. || 2* Qui se complaît à soi-même. Il vaut mieux ne pas jeûner et en être humilié que jeûner et en être complaisant, pasc. P. div. 180. || 3° Substantivement, il se prend ordinairement en mauvaise part. Un grand et ses complaisants. Le caractère de celui qui veut hériter de quelqu'un rentre dans celui du complaisant, la brut. vi. || En un sens particulier, celui, celle qui favorise les galanteries d'une autre personne.

— HIST. xvi* s. Le fil de nos discours nous obligeoit à parler non seulement des empereurs, rois, primats et potentats souverains, mais aussi des délicieux mignons, favoris et complaisans à tout faire, et des administrateurs à tout entreprendre , sully , dans le Dict. de pochez.

— ÉTYM. Complaire; ital. compiacente.

COMPLANT (kon-plan), s. m. Terme d'agriculture.

|| i" Assemblage de jeunes arbres qu'on plante dans quelque lieu. On dit plant aujourd'hui de préférence. || Plant de vignes composé de diverses pièces de terre. || 2°Terme de féodalité. Portion que le seigneur prenait sur les fruits des vignes par lui données à complanter et cultiver. || Champ dont on a accordé la jouissance par usufruit, à la charge d'y planter des arbres et particulièrement des vignes.

— HIST. xvi* s. L'aer, la terre et le complant sont le fondement du vignoble, o. de serres, 4 47. Tout homme ayant droict de complant se peut emparer, de son auctorité privée, sans offense, des vignes sujettes au dit complant, par défiant de les faire tailler dedans la St George, Coustum. génér. t. u, p. 842. Si aucun tient du seigneur vignes à somplants et chargées de cens ou rentes, ib. p. 675. . ..J'ay de mes propres mains Planté un beau verger de si bonne aventure, Que le ciel tout bénin et la douce nature Ont tant favorisé qu'on ne voit rien de 1 eau Qu'aisément on ne trouve en ce complant nouveau, b. belleau, Bergeries, t. i, p. 32, dans

LACURNE

— étym. Corn, et plant.

t COMPLANTER (kon-plan-té). || 1° V. a. Planter ensemble de la vigne et des arbres. || 2° F. n. Terme de féodalité. Percevoir le droit de complant.

— HIST. XVI' s. Des vignes toutes entières, complantées des plus exquises espèces de raisins . o. de seiires, 4 46. Autant couste de cultiver la vigne rarement complantée que celle qui est toute occupée de ceps, id. 4 77.

— ÉTYM. Complant.

tCOMPLANTERIE(kon-plan-te-rie), s. f. Terme

de droit féodal. Lieu sur lequel le seigneur avait droit de complant.

t COMPLECTIF, IVE ( kon-plè-ktif , kti-v'), adj. || Terme de botanique. On dit que la préfoliaison est complective, lorsque les feuilies se recouvrent par leurs côtés et leur sommet.

— rkm. Les botanistes devraient supprimer mm. plectif qui est barbare , et le remplacer par complexif qui serait correct, comme se rattachant à complexum, complexio, et formé à l'instar de conjonctif, de conjunclum; au lieu que complectif formé de l'infinitif complecti est aussi défectueux que le serait conjongif de conjungi.

— ÉTYM. Le latin complecti, embrasser (voy. complexe).

COMPLEMENT (kon-plé-man) , ». m. || 1» Ce qui complète un nombre, une chose. Le complément d'une somme. La table qui est le complément du volume. Que la terre était arrivée à son complément d'habitants, chateaub. Génie, i, i, «. || 2" Terme de théologie. Complément de béatitude, surcroît de béatitude des bienheureux après le jugement dernier. || 3°Terme de géométrie. Ce qui manque à un angle pour compléter l'angle droit ou marquer 90 degrés. || Complément arithmétique, la différence entre un nombre et l'unité suivie d'autant de zéros qu'il y a de chiffres dans ce nombre. Le complément arithmétique de 7 est de 3, puisque 40 est l'unité suivie d'un zéro et que 7 •+- 3 = tu. || Terme d'astronomie. Complément d'un astre, sa distance angulaire au zénith. || 4° Terme de musique. Complément d'un intervalle, ce qui manque pour compléter l'octave. Le complément de la quinte est la quarte. || 5° Terme de grammaire. Tout mot joint à un autre pour en compléter le sens, surtout par une relation de différence. Si les mots désignent le même objet, comme Charlemagne empereur, on ne dit pas que empereur soit le complément de Charlemagne; mais dans Charlemagne empereur d'Occident, d'Occident est le complément d'empereur. || Complément direct d'un verbe, celui qui complète la signification d'un verbe actif, directement, sans interposition de préposition : Il aime son père. Complément indirect, celui qui ne complète la signification d'un verbe qu'à l'aide d'une préposition : Il résiste à vos menaces. || 6" Terme de fortification. Complément de courtine, addition d'une demi-gorge à chaque extrémité de la courtine.

— SYN. complément, supplément. Ces deux mots ne diffèrent que par le préfixe cum et sub; le premier indiquant adjonction, le second substitution. De là la signification respective de ces deux termes : on complète ce qui n'est pas achevé; on supplée ce qui offre des lacunes.

— HIST. xiv s. Que nostre peuple ayt complément de petite monoye pour leur nécessitez, Ord. des rois de Fr. t. H, p. 285. ||xvr» s. Ou estre confiné en une perpétuelle prison jusques à l'entier complément de ma volonté, carl. iv, 7. Ils le favoriseront et assisteront jusques au parfait complément de sa charge [mission], id. vhi, 4 9.

— ÉTYM. Provenç. complément; du latin complementum, de complere, accomplir (voy. complet).

COMPLÉMENTAIRE (kon-plé-man-tê-r'), adj.

Qui forme complément. Somme complémentaire. || Jours complémentaires, les cinq ou six jours qui , dans le calendrier républicain, complétaient l'année composée de douze mois de trente jours. || Terme de géométrie. Angles complémentaires, angles dont la somme vaut un droit. || Terme de physique. Couleurs complémentaires, couleurs simples ou composées, dont la réunion produit du blanc.

— ÉTYM. Complément.

COMPLET, ËTE (kon-plè, plè-t'), adj. || 1* Auquel il ne manque rien. L'ouvrage est complet. La somme est complète. Un habillement complet. La voituro complète des magistrats, sêv. 80. Non-seulement tous les régiments étaient complets, mais il y avait, dans chaque compagnie, plusieurs surnuméraires, volt. Charles XII, 4. || Familièrement. Être complet, être ivre. || Terme d'entomologie. Les larves des orthoptères , des hémiptères et de quelques névroptères sont dites demi-complètes. || 2* Qui a toutes les qualités. Un esprit complet. Un homme complet. || Bien rempli. Ma journée est complète. || 8* .S. m. Nombre ou quantité requise pour que quelque compte soit complet. Villars assura le roi que tous ses bataillons en Allemagne excédaient le complet de 60 hommes, st-sim. 20) , 480. || Être au complet, se dit de ce à quoi il ne manque rien. La troupe est au complet, au grand complet. Mes amis, sommes-nous au complet?

— REM. L'Académie écrit complète, avecunaccent grave; mais pourquoi écrit-elle muette avec deux I?

— HIST. xiii* s. Sire, je ai quinze ans complis ou plus d'aage, et se vos ou autre le mescreés, je sut prest de.... Ass. de Jérus. i, 269. || xvi* s. Qui trieroit de l'armée ceulx qui marchent par le seul zèle d'une affection religieuse.... il n'en sçauroit bastir

COM

I une compaignie de gens d'armes completto, mont. II, 443.

— ETYM. Espagn. et ital. completo; du latin corn- \pletut, de complere, accomplir, de cum, et le primitif inusité plere, emplir (voy. plein).

COMPLÉTÉ, ÉE (kon-plé-té, tée), part, passé. Un recueil complété à grand'peine.

«.COMPLÈTEMENT (kon-plè-te-man), adv. D'una manitre complète. L'ouvrage est complètement achové. Il a réussi complètement.

— REM. Les autres adverbes dérivés d'adjectifs en et prennent un accent grave, discrètement, secrètement, etc. Complètement est le seul qui prenne un

i accent aigu. Pourquoi cette anomalie qui crée une difficulté inutile?

— hist. xvi* s. Au premier livre il traicte de félicité non pas complectement, oresme, Eth. iv.

— ETYM. Complète, et le suffixe ment.

t 2. COMPLÈTEMENT (kon-plè-te man) , s. m. Action de compléter, de rendre une chose complète. Le complètement des compagnies militaires. Le complètement d'une collection.

— ÉTYM. Compléter.

COMPLÉTER (kon-plé-té. La syllabe pli prend l'accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je complète, excepté au futur et au conditionnel : je compléterai, je compléterais, avec l'accent aigu; ce qui est une anomalie inutile), t;. a. Re idre complet. Compléter une somme. Cela comi létera sa ruine. || Fig. Je t'adore ange et t'aime femme; Dieu, qui par toi m'a complété, A fait mon amour pour ton âme, v. hugo, Crép. 23. || 2° Se compléter, v. réfl. Devenir complet. Le régiment se compléta rapidement. || Terme de librairie. Prendre les livraisons destinées à compléter un ouvrage. || Populairement. Se compléter, achever de s'enivrer.

— bem Compléter, qui n'est ni dans Furclii're ri dans Richelet, ne se trouve dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de l'édition de 17tii

ètym. Complet; espagn. completar.

COMPLÉTIF, IVE (kon-plé-tif, tiv'), adj. Terme de grammaire. Qui sert de complément. Mot co.nplétif. Phrase complétive. Il Cas complélif, nom donné à l'emploi des pronoms moi, U , lui, elle, soi, nous, vous, eux, elles, soi, lorsqu'ils sont mis comme complément soit des prépositions soit des verbes, comme dans les exemples suivants: écoutemoi, parlez-nous, selon eux d'après elles.

— étvm. Provenç. completiu; espagn. et ital. completivo; du latin completivus, de complere (voy. complet).

COMPLEXE (kon-plè-ks'), adj. Qui embrasse ou contient plusieurs idées, plusieurs éléments. Idée complexe. Question complexe. Le caractère de cet homme est complexe. || Terme de grammaire. Sujet, attribut complexe, sujet, attribut modifié par quelque terme ajouté. Proposition complexe, proposition qui a plusieurs membres. Terme complexe , terme qui désigne plusieurs idées. || Terme d'arithmétique. Nombre complexe, nombre composé d'unités différentes, comme nos anciennes mesures : i toise, 6 pieds, 9 pouces; 26 livres, (3 sous, 6 deniers, sont des nombres complexes. || Terme d'algèbre. Quantité compleie, quantité composée de plusieurs parties. || Terme de minéralogie. Cristaux complexes, cristaux dont la structure est compliquée. || Terme de droit criminel. Question complexe, question posée au jury dans laquelle il y a mélange de plusieurs crimes ou de leurs circonstances diverses.

— ÉTYM. Espagn. complexo ; ital. complesso ; du latin complexus, entrelacé, de complectere , deoim, avec, et plectere, plier (voy. plier).

t COMPLEXIF, IVE (kon-plè-ksif , ksi-v'), adj. Mot qui devrait être substitué à complectif (voy.

COMPLECTIF).

COMPLEXION (kon-plè-ksion ; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || i* Entrelacement, union. Par ma nature , j'entends la complexion de toutes les choses que Dieu m'a données, desc. Médit. 8, t o. 1 1 Terme de philosophie. La complexion des termes est leur étendue, leur généralité. || 2* Terme de médecine. Ensemble des caractères physiques que présente une personne considérée par rapporta sa santé. Il faut avoir la complexion sanguine pour rire de ses bons mots, balz. liv. vi, lett. 4. Il s'en voit d'autres qui sont d'une complexion plus heureuse, pasc. Prov. 9. La galanterie peut être un vice de la compiexion, la brut. in. Il était d'une complexion délicate boss. Bern. t . Les traits découvrent la complexion et les moeurs; mais la mine désigne les biens de fortune ; le plus ou moins de mille livres de rente se trouva écrit sur les visages, la bruy. vi. || 3* Caraclère, humeur. Ahl ahl vous êtes donc de complexion

co:.i

COM

amoureuse, mol. Poure. n, 4. Avant que nous lier, il faut nous mieux connaître ; Et nous pourrions avoir telles complexions Que tous deux du marché nous nousrepentirions, id. Mis. i, 2. Le ministre ouleplônipotentiaire est un caméléon, est un protée : semblable quelquefois à un joueur habile, il ne montre ni humeur, ni complexion, la bruy. x. 11 y a une dureté de complexion ; il y en a une autre de condition et d'état, la bruy. vi. Vous voyez que l'amour de la retraite et du silence n'est pas commun à tous les dévots, et que, comme je vous le disais, c'est l'effet de leur complexion plutôt que de la piété, pasc. Prov. 9.

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