PARÉ, VIII
— ÊTYM. Compter.
t COMPTORISTE (kon-to-ri-sf) , s. m. Celui qui tient le comptoir; celui qui a de l'habileté à faire les comptes du commerce. || Inusité.
— ÊTYM. Comptoir.
t COMPULSATION (kon-pul-sa-sion) , t. f. Action de compulser.
— êtym. Compulser.
COMPULSÉ, ÉE (kon-pul-sé, sé«), part, passé. Registres compulsés avec soin.
COMPULSER (kon-pul-sé), v. a. || 1* Terme de jurisprudence. Proprement et anciennement, obliger un notaire ou autre personne publique en vertu de lettres obtenues en chancellerie, à délivrer des actes dont il garde les minutes. || Aujourd'hui se faire montrer quelque pièce qui est chez un notaire ou autre personne publique. || 2* Rechercher dans des papiers ou des livres. 11 compulsa tous les auteurs.
— HIST. xvi* s. Compulser touts registres qu'ils verront, pour la preuve du faict, estre nécessaires, condê, Mémoires, f° 704.
— ÉTYM. Le latin compulsare, forcer, obliger, de cum, avec, et pulsare, pousser (voy. pousser).
f COMPULSIF, IVE (kon-pul-sif, si-v'), adj. Qui oblige, contraint. Il lui faut [à l'État] une force universelle et compulsive pour mouvoir et disposer chaque partie de la manière la plus convenable au tout, j. j. rouss. Contrat, n, 4.
— êtym. Lat. compulsum, supin de compellere, de cum, et pellere, dont pulsare est le fréquentatif (voy. pousser).
t COMPULSION (kon-pul-sion) , s. f. || 1° Terme didactique. Contrainte, ou force qui contraint. || 2" Action de compulser. Minutieuse et longue compulsion. On m'a fait payer un droit de compulsion.
— HIST. xiv* s. Compulsions de payer la ditte ayde, Ordonn. des rois de France, t. m, p. 886.
— ÉTYM. Le latin compulsio, de compulsum, supin de compellere, de cum, et pellere (voy. pousser).
COMPULSOIRE (con-pul-soi-r'), s. m. Terme de jurisprudence. Moyen d'instruction pour rechercher une pièce. || Procédure dont l'objet est de contraindre un notaire, un greffier ou autre dépositaire de titres, actes, registres, à les représenter, ou à en délivrer ou à en laisser prendre copie. || Acte par lequel le juge donne permission de compulser les pièces qui sont chez un notaire ou autre personne publique. || Procès-verbal dressé en cette circonstance par l'officier public. || On désigne souvent ainsi la vérification des registres d'un négociant. || Anciennement. Lettres de compulsoire , lettres accordées en chancellerie pour obliger une personne publique à représenter des titres en dépôt chez elle.
— HIST. xvi* s. Tout aussi tost j'avale, Sans dans la grande sale Attendre un compulsoire, J. le houx, iv. J'en connois plus d'une douzaine en nostre ville à qui la peau et la plume démangent, et n'attendent qu'un compulsoire, pour faire extraits et vidimus de leurs Menippées beaucoup plus sanglantes que la première, Sat. Mén. p. 236.
— ÉTYM. Le latin compulsum, supin de compellere (voy. compulsif); provenç. compulsori; espagn. compulsorio.
COMPUT (kon-puf), *. m. Supputation qui sert à régler les temps pour les usages ecclésiastiques, et par lequel on entend les méthodes du cycle solaire, du nombre d'or ou de l'épacte, de la lettre dominicale et de l'indiction romaine.
— HIST. xin* Romulus fut li premiers entre caus [ceux] qui sorent latin, qui traita del compost et ordena le calendier, Comput, t° t. || xv" s. Ung frère du suppliant, qui va a l'escolle et alloit estudiant le compoust, du canoë, computus.
— ÉTYM. Comput (provenç. compot; espagn. computo) vient de computus, calcul (voy. compter); mais l'ancien français disait compost qui a été usité jusque dans le xvu" siècle, et qui vient decomposttum, arrangé, disposé (voy. composite).
+ COMPUTATION (kon-pu-ta-sion), *. f. Supputation de temps relative au calendrier. || Terme de jurisprudence. Computation d'un délai, sa fixation précise.
— ÉTYM. Le latin computalio (voy. computer) .
t COMPUTER (kon-pu-té), v. n. Supputer les temps relatifs an calendrier. On compute encore par
COM
les ères julienne, grégorienne, etc. chateaubr. Génie, i, IV, t.
— HIST. xvi« s. Socrates, pour n'avoir sceu computer les suffrages de sa tribu, mont, iv, t33. Il estoit pour lors gouverneur de l'Estat de Milan pour l'empereur, où Ferdinand de Gonzagues ayant mesme charge, cela se peut computer aisément, brant. Cap. fr. t. n, p. 33t , dans lacurne.
— êtym. Le latin computare (voy. compter).
COMPUTISTE (kon-pu-ti-st'),*. m. Celui qui travaille au comput. || Officier chargé de percevoir certains revenus de la chambre apostolique.
— étym. Comput.
t COMTAL, ALE (kon-tal, ta-1'), adj. Qui appartient à un comte. Il reste aux meilleurs bourgeois une certaine pudeur qui les empêche de se parer d'une couronne de marquis, trop satisfaits de la comtale , LA BRUY. XIY.
— ÉTYM. Comte; provenç. comtal; espagn. condal. COMTAT (kon-ta), s. in. Le comtat Venaissin,
ou, simplement, le Comtat, le comté d'Avignon, territoire enclavé dans la Provence et qui a appartenu aux papes depuis l'établissement de Clément V à Avignon, en 1308, jusqu'à la réunion de ce territoire à la France pendant la Révolution.
— ÉTYM. Le latin comitalus (voy. comté).
COMTE (kon-f) , s. m. || 1" Nom de certains dignitaires des derniers temps de l'empire romain et du bas-empire. Comte du sacré palais. || Spécialement, commandant militaire. || 2° Dans les États fondés par les barbares, fonctionnaire gouvernant une division du territoire sous l'autorité du roi. Un comte franc. Charlemagne convoquait aux assemblées les évêques et les comtes. Les rois.... S'endormaient sur le trône, et, me servant sans honte, Laissaient le sceptre aux mains ou d'un maire ou d'un comte, boil. Lutr.u. || Sous le régimeféodal, souverain d'une seigneurie du premier degré. || 3* Titre de noblesse, qui désigne le dignitaire d'un rang au-dessus des barons. Quand Napoléon I" rétablit la noblesse, il créa des comtes et non des marquis; la Restauration rétablit le titre de marquis qui mi d'un rang plus élevé que le comte, bien que jadis il n'eût pas cette valeur. Le comte de Tufière est-il ici, mon cœur? — Oui, monsieur, le voici. — Cher comte, serviteur, destouches, le Glorieux, n, <4.
— HIST. xi* s. E se alquens, u quens, u provost, mesfeïst, Lois de Guill. 2. 11 en apelet et ses dux et ses cuntes , Ch. de Roi. n. Et de Gascoigne li preuz quens Acelins , ib. xn. || xn* s. Li cons Rollans, Ronc. p. 9. Deux de vos contes, ib. p. to. Li uns fut dux, li autres cuens puissant, ib. p. t63. Li cuens de Blois devroit bien mercier Force d'amors qui lui donna amie, Couci, xxi. [Il mandera] Et le conte Richard où Normandie apent, Sax. xxi. Quant li cuens les y sut, moult lui fu bel et bon, ib. xxii. || xm* s. Cil dui conte estoient cousin germain et neveu le roi de France et neveu le roi d'Engleterre, villeh. n. Et par la grâce de Dieu si advint que li quens Thiebaus de Champaigne et de Brie prist la crois, id. iv. Que tout li grant seigneur, li conte et li marquis, Berle , v. Li quens les heberja moût honorablement, ib. ix. Femme au duc de Sassoigne, qui ert [était] quens et marquis, t'6. xxx. Duc est la première dignité, et puis contes, et puis vicontes, et puis barons, et puis cbastelains, Liv. dejust. 67.
— ÉTYM. Provenç. coms , comte; catal. compte; espagn. conde ; ital. conte; du latin comitem, compagnon, puis titre de dignité dans l'empire romain et dans la féodalité. L'ancien français quens, cuens ou cons et le provençal coms sont le nominatif et viennent de cornes; comte est le régime et vient de comitem; au pluriel nominatif (t comte, au régime les comtes, viennent de comités (toutes ces formes étant déterminées par l'accent latin qui reste toujours sur la première syllabe).
COMTÉ (kon-té) ,s. m. Terme deféodalité. || l-Titre en vertu duquel le possesseur de certaines terres prenait la qualité de comte. || 2° Territoire possédé parun comte. || Division territoriale ou seigneurie possédée par un comte. || 3° S. f. comté-pairie, v. pairie.
— REM. Comté a été féminin ; d'où la Franche- Comté, où le nom propre a conservé l'ancien genre, et une comté-pairie. Ils vont voir un comte dans sa comté, sêv. 442. Au reste l'historique montre que le genre a varié et que le masculin est autorisé aussi.
— HIST. xi* s. Se il est inplaidé et seit mis en forfait en le counté, Lots de Guill. 3. || xm* s. Et cil qui est semons n'a riens en la conté de Clermont, beaum. 69. Le roy s'en vint par la contée de Provence jusques à une cité que en apele Ays en
CON
Provence, joinv. 289. || xv* s. La comté de Flandres, froiss. i, i, 97.
— ÉTYM. Provenç. comtat, contât, m. et f. ; espagn. condado; ital. contado ; du latin comitalus, de cornes, comte.
COMTESSE (kon-tè-s"), s. f. || 1» Celle qui de son chef possédait un comté. || 2° La femme ou la veuve d'un comte. Mais j'aperçois venir madame la comtesse De Pimbêche.... rac Plaid, i, 6.
— HIST. xi* s. Quatre cuntesses sempres [il] i a mandées, Ch. de Roi. cclxxi. || xii's. Que [car] mon langage ont blasmé li François, Et mes chançons, oiant les champenois, Et la contesse encor, dont plusmepoise [fâche], quesnes, Romancero, p. 83. Gentil contesce, plus ne vuel dclaier, Vos me nouristes, ce ne puis-je noier [nier], Raoul de C. 206. || xm* s. Quant les borgoises du chastel , Affublées de lor mantel, Aloient d'enfant à la mes^e, Cha.v cune aloit comme comtesse, Mult bien parée à grant devise, ruteb. h, t77.
— ÊTYM. Provenç. conlessa; de comilissa, féminin de cornes (voy. comte).
t COMTIFIER (kôn-ti-fi-é), v. a. Donner le titre de comte. || Se comtifier , v. réft. Prendre le titre de comte. Le fils du chancelier prit le nom de Pontchartrain et se comtifia, st-sim. 70, 167.
— ÉTYM. Comte, et le suffixe ficare, faire.
t COMTISER (kon-ti-sé), v. a. Donner le titre de comte. Celui-ci s'appela le comte de Cnamillart; le de s'usurpait par qui voulait depuis longtemps; mais de marquiser ou de comtiser son nom bourgeois de famille, c'en fut le premier exemple, stsim. <06, t27. Il Se comtiser, v. réft. Le sieur d'Avaux est le célèbre d'Avaux qui se comtisa dans les ambassades, id. 3)9, 462.
— ÊTYM. Comte.
t COMUS (ko-mus'), s. m. Le dieu des festins chez les Grecs.
— ÉTYM. Kô>|ao;, qui veut dire proprement réjouissance avec repas danse et musique.
t CON..., ou COM...rréfixe, du lat. cum, avec.
t CONANTHÈRE (ko-nan-tè-r'), s. f. Terme de botanique. Nom d'un genre de plantes herbacées du Chili.
— ÊTYM. Kûvoç, cône, et àv6ï|pè;, qui fleurit.
t CONARIUM (ko-na-ri-om'), s. m. Terme d'anatomie. Nom de la glande pinéale. Où se forme la petite glande nommée conarium, desc. Fa?tus, 4.
— HIST. xvr s. Le conarion est une petite glandule de la mesme substance du cerveau, ronde et oblongue en forme d'une pomme de pin, pare, m, 7.
— ÊTYM. Kuvâpiov, diminutif de xûvo;, cône.
t CONASSIÈRE (ko-na-siê-r'), s. f. Terme de marine. Grosse penture s'étendant sur les bordages.
t CONCAMÉRATION (kon-ka-mé-ra-sion), s. f. || 1° Terme d'architecture. Voûte, arcade, cinlre d'une voûte. || Demi-concamération, forme d'une voûte qui s'arrête à La moitié delà courbe. || 2* Terme de conchyliologie. Nom donné quelquefois à chacune des chambres qui forment une coquille polythalame. || 3° Terme de physique. Courbure de chaque onde sonore qui, succédant aux premières ondes formées, devient de plus en plus grande puisqu'elle circonscrit les autres.
— ÉTYM. Lat. concameralio , de cum, et camera , voûte, chambre (voy. chambre).
t CONCASSÀTION (kon-ka-ssa-sion), s.f. Opération pharmaceutique qui a pour but de réduire en fragments les corps trop durs ou trop gros.
— ÉTYM. Concasser.
CONCASSÉ, ÉE (kon-kâ-sé, sée),par«\ passé. Du poivre concassé.
CONCASSER (kon-kâ-sé), v. a. Briser dans un mortier des matières dures ou sèches. || Terme de pharmacie. Réduire en petits fragments des racines ou des bois, pour séparer plus facilement les principes qu'ils contiennent.
— HIST. xiv* s. Et tout ce faire conquasser et mettre en un sac, Ménagier, n, 6. || xvi* s. Il y en eut beaucoup affolez, et beaucoup de leurs vaisseaux conquassez et froissez, amyot, Marcel. 26. Toute la ville entièrement en fut brisée et conquassée, exceptées cinq maisons, amyot, Cimon, 29. Concasser, se dit des choses pilées grossement, palissy, 378.
— ÉTYM. Le latin conquassare, de cum, et quassare (voy. casser).
t CONCASSEUR (kon-kâ-seur), s. m. Terme d'agriculture. Instrument broyant grossièrement les grains qui servent à la nourriture des animaux.
— ÊTYM. Concasser.
t CONCATÉNATION (kon-ka-té-na-sion), s. f. || 1° Terme de uhilosophie. Enchaînement de
CON
CON
CON
plusieurs choses ensemble. || 2° Terme de grammaire. Mot proposé par Beauzée pour cette gradation où un mot se répète d'un membre dans le suivant, et les enchaîne ainsi les uns aux autres : Tout renaissait pour s'embellir; tout s'embellissait pour plaire.
CONCAVE (kon-ka-v'), adj. || 1° Dont le milieu est plus déprimé que les bords. Surface concave. Les miroirs concaves réfléchissent les rayons à un point nommé foyer. || 2" S. m. La partie concave. Le concave d'un globe. Vieux en cet emploi.
— HlST. xiV s. Le concave et le curve d'une ligne circulaire, oresme, Eth. 30. Ceste concavité ou superficie concave est très parfettement polie, planée et ouvrée, sans quelcunque aspreté ou endenture, id. Thèse de meunier. Concave et convexe sont opposites par relacion et non pas par contrariété, id. ib. La profondeur des pui3 et des concaves [cavités] de la terre, e. desch. Art de dictier, p. 263. Et Glaucus li dieux de la mer Dist que, pour tout faire périr, Feroit des concaves issir Ses mers et par les champs espandre, n>. Poésies mss. f 469, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. concau; espagn. et ital. concavo; du latin concavus, de cum, et cavus, creux (voy. cave).
t CONCAVIFOLIÉ, ÊE (kon-ka-vi-fo-li-é, ée), adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles concaves.
— ÉTYM. Concave, et feuille.
CONCAVITÉ (kon-ka-vi-té), s. f. || 1° La partie ou le coté concave. La concavité d'un verre de montre. || 2° Creux, cavité. Les animaux qui ont deux concavités dans le cœur, desc. fœtus, 2. Cinq vieux chênes germant dans ses concavités [du roc] Y penchent en tous sens leurs troncs creux et voûtés, la-