MART. JOC. II
— HIST. xiv* s. La concavité et curvité de telle Figne ne sont pas deux choses divisées, mes sont ceste ligne meisme, oresme, Eth. 39. || xvi* s. Il y aura tout à l'entour dudit cabinet certaines concavitez creusées dedans la muraille, qui serviront de sièges, palissy, 64. Concavitez, amyot, P. JEm. 22.
— ÉTYM. Provenç. concavitat; espagn. concaviaad; ital. concavitd; du latin concavitatem, de concavus, concave.
t CONCAVO-CONCAVE (kon-ka-vo-kon-ka-v') , adj. Terme didactique. Qui est concave sur les deux faces.
t CONCAVO-CONVEXE (kon-ka-vo-kon-vè-ks'), adj. Terme didactique. Qui est concave d'un côté et convexe de l'autre.
CONCÉDÉ, ÉE (kon-sé-dé, dée),parl. passé. Les terres concédées par l'Etat aux colons.
CONCÉDER (kon-sé-dé. L'accent aigu se change en accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je concède; excepté au futur et au conditionnel : je concéderai, je concéderais; anomalie regrettable), v. a. Faire octroi de. On concéda de grands privilèges à cette compagnie. || Se dit du gouvernement qui accorde, sous certaines conditions, à une compagnie, le droit de construire un chemin de fer et de l'exploiter. Concéder une ligne. || Fig. Le sort tombé sur moi m'a concédé la gloire De tenter le premier cette grande victoire, du ryer, Scévole, y, 6. Madame, c'est avec justice que le ciel vous a concédé le nom de belle-mère, puisqu'on voit sur votre visage.... mol. Mal. irnag. n, 7.
— HIST. xvi* s. Et ne concéder point choses deraisonnables etdeshonnestesàtelzeffrontez, amyot, De lamauv. honte, 4 5. On ne leur sçauroit concéder des passeterops plus réglez que ceulx qui se font en présence d'un chascun et à la veue mesme du magistrat, mont, i, 4 99. Voilà pourquoy Aristote mesme leur concède volontiers ceste science [l'astronomie à certains animaux], ID. II, (96.
ÉTYM. Le latin concedere, céder, concéder, de cum, et cedere, céder.
+ CONCÉLÉBRER (kon-sé-lé-bré) , v. a. Terme de liturgie. Dire en même temps la messe, en parlant de l'évêque et des nouveaux prêtres qu'il consacre. || Se concélébrer, e. réfl. Être concéléhré. La messe qui s'est concélébrée lors de son ordination a été très-solennelle.
— Êtym. Con.... préfixe, et célébrer.
t CONCENTRABLE (kon-san-tra-bl'), adj. Qui peut être concentré.
f CONCENTRATEUR (kon-san-tra-teur) , adj. Qui sert à concentrer les liquides, les sirops. Appareil concentrateur, et, substantivement, un concentrateur.
CONCENTRATION ( kon - san - tra - sion ) , s. f. || 1" Terme de physique. Action de concentrer. La concentration des rayons solaires au foyer d'une len-
tille. || Résultat de cette action. L'âme, dit Leibnitz, est une concentration, un miroir vivant de tout l'univers, volt. JVeu>(. i, 7. || Fig. Terme de politique. La concentration du pouvoir entre les mains d'un seul. || 2° Terme militaire. La concentration des troupes, la réunion des troupes sur un point déterminé. || 3" Terme de chimie. Opération qui consiste à rapprocher les molécules d'un corps, en diminuant, par l'action de la chaleur ou autrement, la proportion du liquide qui les tient dissoutes. Parvenu à un certain degré de concentration, le vinaigre devient susceptible de prendre, parle refroidissement, une forme concrète , condorcet , Courtanvaux. || 4° Terme de médecine. Concentration du pouls, état du pouls qui devient concentré.
— ÊTYM. Concentrer.
CONCENTRÉ, ÉE (kon-san-tré, trée\ part, passé. || 1* Rassemblé au centre. Les rayons solaires concentrés au foyer d'une loupe. Votre monade, ainsi que la mienne, est un miroir concentré de cet univers, volt. Phil. ignorant, 27. Il semble que la voix dans les airs égarée, Par cet espace étroit dans ces murs concentrée X notre âme retentit mieux, lamart. Ilarm. i, 8. || Terme militaire. Des troupes concentrées, troupes rapprochées l'une de l'autre pour agir sur un même terrain. Feu concentré, feu d'artillerie dirigé de différents cotés, sur un même point convenu. || 2°Terme de chimie. Acide, alcool concentré, acide, alcool dont on a chassé la partie aqueuse. Le vinaigre radical, étant chauffé fortement, devient susceptible de prendre feu ; plus il est concentré , plus il est inflammable , condorcet , Courtanvaux. || 3° Terme de médecine. Pouls concentré, pouls où l'artère est peu développée sous le doigt qui la touche. || 4" Borné, limité, renfermé. Ce serait un miracle que de persuader à ceux-ci et à ceux-là que la vertu n'est pas concentrée toutentière dans leur parti, dider. Disc, prélim. || 5° Fig. Qui ne donne point d'expansion à ses sentiments ou à ses idées. Concentré en soi-même. Ceux qui ont des I passions plus sérieuses étant froids sur ces puérilités, toute la vivacité de leur esprit demeure concentrée, YAOYEN. Vivacité. Mais un cœur ulcéré Par de trop longs chagrins devient plus concentré, m. j. ciién. Gracques, m, 7. Brûlant pour Desdémone, il déguisait sa flamme, Cachait les noirs projets concentrés dans son âme, ducis, Othello, v, 6. Un fait certain, c'est qu'en quittant son beau-frère, les traits de Murât portaient l'empreinte d'un profond chagrin; ses mouvements étaient brusques, une violence sombre et concentrée l'agitait, ségur, Hist. de Napol. vi, 4. Là, au milieu des chefs rassemblés, entouré de leurs regards inquiets et qu'il suppose désapprobateurs, il semble vouloir les repousser de son attitude sévère et d'une voix brusque, cassante et concentrée, id. t'6. vin, il.
t CONCENTREMENT (kon-san-tre-man), s. m.
|| 1° État de ce qui est concentré. || 2° Fig. Resserrement, attente avec inquiétude. Le garde des sceaux sortit et revint à M. le duc d'Orléans, qu'il tira dans une fenêtre; et cependant grand concentrement de presque tous, st-sim. 614, 67.
— ÉTYM. Concentrer.
CONCENTRER (kon-san-tré), v. a. || 1° Terme de physique. Faire converger, réunir au centre, ou en un centre , vers un centre. Concentrer les rayons solaires. || 2" Fig. Concentrer toutes ses affections sur quelqu'un. Elles ne feront que concentrer la charité dans votre fond, boss. Lettr.abb. 4 42. L'hiver ne concentre tous les trésors de la terre qu'afin que le printemps suivant les déploie, fén. Exist. 47. Immobile, i'œil fixe attaché sur ce cœur Qui semble sur lui seul concentrer sa douleur, de belloy, Gabr. de Vergy, v, to. Nul ne désira plus dans l'autre âme qu'il aime De concentrer sa vie en se perdant soi-même, lamart. Ilarm. iv, U. || Concentrer dans ses mains toute l'autorité. Le gouvernement de Berne, en concentrant ses fonctions dans un certain nombre de familles, n'en a pas exclu les professions utiles à la société et qui exigent des lumières, condorcet, Haller. || 3° Terme de chimie, ôter à un corps liquide l'eau qui y est mélangée. Concentrer l'alcool. || Concentrer un acide, faire partir une partie de l'eau qui le tient en dissolution, soit en le chauffant, soit en l'exposant à l'action du froid, qui en congèle la partie aqueuse. || 4° Terme de guerre. Rassembler les divers corps de troupes sur un même point. || 6° Ne pas donner d'expansion. Concentrer sa haine, sa fureur, la contenir jusqu'à ce qu'elle éclate. || Concentrer sa douleur, la renfermer en soi. || 6° Se concentrer,»). réfl. Etre concentré. Les rayons du soleil se concentrent dans le foyer d'un mi roir ardent. Toute sa colère
s'était concentrée sur ce pauvre homme. || Terme militaire. Réunir ses forces sur un même point. Pendant qu'on s'appelle, qu'on regarde et qu'on se concentre dans celui de ces deux hameaux qui était 16 plus près du Borysthèna, des milliers de cosaques sortent d'entre tous les arbres, ségur, Hist. de Napol. x, 9. Il hésitait pourtant à quitter cette position rétrécie sur laquelle allaient se concentrer tous les feux ennemis, id. ib. v,3.
— ÉTYM. Con.... et centre.
CONCENTRIQUE (kon-san-tri-k') , adj. Terme de
géométrie. Il se dit des lignes courbes qui ont un même centre. Je décris un troisième cercle concentrique , J. j. rouss. Ém. n. || Terme do médecine. Hypertrophie concentrique du cœur, augmentation d'épaisseur de ses parois, diminuant la capacité sans augmenter le volume de l'organe.
— HIST. xiv s. Tout cercle qui divise son espère [sa sphère] en deux moitiés et a son centre ou [au] centre du monde, est dit concentrique , oresme, Thèse de meunier. || xvi* s. Ces epicycles excentriques , concentriques , de quoy l'astrologie s'ayde à conduire le bransle de ses estoiles, elle nous les donne pour le mieulx qu'elle ayt sceu inventer en ce subject, mont, ii, 28(.
— ÊTYM. Voy. CONCENTRER.
+ CONCENTRIQUEMENT (kon-san-tri-ke-man), adv. D'une façon concentrique.
— ÊTYM. Concentrique, et le suffixe ment CONCEPT (kon-sèpt'), s. m. Terme de philosophie.
Résultat de la conception, chose conçue. Pour ma servir des termes de l'école, dans leur concept formel , desc. Médit. 6. N'est-ce pas là une image de ces concepts qui ont fait tant de réputation à tant de philosophes? dider. Lett. s. les sourds. Idée est tout concept formé par l'esprit, boullainvilliers, Itéfut. de Spinoxa, p. 91. Si l'on veut former une idée ou concept particulier de la partie, il faut la séparer de son tout, id. ib. p. 97. Il n'en existe point d'autres [que le pendule composé] dans la nature; et les pendules simples ne sont que de purs concepts géométriques propres à simplifier les objets, laplace, Expos, ni, 6. || Dans le langage de Kant, toute idée qui est générale sans être absolue.
— HIST. xvi' s. A esté trouvé bon d'amplier les dites chartes , et d'icelles estre fait un recueil et concept, Nouv. coust. gènèr.t.u, p. 4).... Pense qu'autant de testes Et de bras et de mains viennent pour tes conquestes, En nombre redoublez, de dessin en dessin, Pour mettre tes concepts fidèlement à fin, am. jamin, Poésies, p. 27, dans lacurne.
— ÉTYM. Le latin conceptum, chose conçue , de concipere (voy. concevoir). Concept s'est dit pour conception, la formation de l'enfant dans le sein de sa mère : Vostre concept et naissement, 3. ma-