‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 342 sur 403 · DIRE, DICTION · texte numérisé non relu

DIRE, DICTION

t CONDIGNE (kon-di-gn*), adj. Terme de théologie. Satisfaction condigne, satisfaction parfaitement égale à la faute. Mérite condigne, mérite égal à la récompense.

— HIST. xiv* s. Ils seront prest et appareillés et offeront à faire amende condigne, du cangb, condignare. || xvi* s. Des quels outrages et cruautez le dit seigneur prince espère obtenir quelque jour justice, et qu'à faute des hommes Dieu en fera condigne vengeance, condé, Mémoires, p. 633.

— ÉTYM. Lat. condignus,decum,e\.dignus, digoe. + CONDIGNEMENT (kon-di- gne-man) , adv.

Terme de théologie. D'une manière condigne.

— HIST. xvi' s. Tous les humains, sans la grâce de Dieu, ne sçauroient faire chose qui puisse riter condignement paradis , Les triomphes de la noble dame, f° 288, dans lacurne.

— ÉTYM. Condigne, et le suffixe ment.

t CONDIGNITÉ (kon-di-gni-té) , s. f. Terme de théologie. Dignité attribuée à celui qui est justifié par le mérite des œuvres. Ils [les Luthériens] n'admettent pas le mérite qu'on appelle de condignité, dont tous nos livres sont pleins, boss. Fanât. 3. Quant au mérite de condignité, outre que le concile de Trente ne s'est pas servi de ce terme, la chose en elle-même n'a aucune difficulté, puisqu'au fond

CON

CON

CON

on esl d accord qu'après la justification, c'est-à-dire après que la personne est agréable, que le saint Esprit y habite et que la charité y règne, l'Ecriture lui attribue une sorte de dignité, id. ib.

— ÊTYM. Condigne.

fCONDILLAClÉN, IENNE (kon-di-lla-siin, siè-n', Il mouillées), adj. Qui se rapporte à la philosophie de Condillac. || S. m. Partisan de cette philosophie.

— ÊTYM. Condillac , célèbre philosophe du xviH" siècle, qui regardait la sensation comme la source de la pensée.

CONDIMENT (kon-di-man), *. m. Terme d'hygiène et de cuisine. Substance d'une saveur prononcée que l'on mêle aux aliments. Les condiments sont un ingrédient nécessaire de l'alimentation.

— SYN. assaisonnement, condiment. Assaisonnement est plus général. Il se dit de tout ce qui rend les aliments plus agréables, surtout quand il s'y joint l'idée d'une certaine variété selon les saisons. Les fines herbes sont un assaisonnement dans la salade. Condiment ne se dit guère que de ce qui a une saveur très-marquée. Le sel est le plus précieux de tous les condiments.

— HlST. xvi* s. Ces incommoditez luy servent d'aiguillon et de condiment à sa doulceur, mont. I, 70. Condimens au sel et au vinaigre dont on se sert l'hyver pour salade à l'entrée et commencement des repas, comme de pourpier, petits concombres, violettes doubles, pommes verdes ou abricots, des accobds, Escraignes dijonnoises, p. 54, dans lacurne.

— ÊTYM. Latin condimenmm, de condire, assaisonner; provenç. condimen.

| CONDIMENTAIRE (kon-di-man-tê-r') , adj. Terme didactique. Qui a rapport aux condiments. L'emploi condimentaire de cette substance.

— ÊTYM. Latin condimentarius , de condimentum , condiment.

t CONDIMENTEUX , EDSE (kon-di-man-teû , teû-z') , adj. Terme didactique. Qui tient de la nature des condiments.

— ÊTYM. Condiment.

CONDISCIPLE (kon-di-si-pP) , t. m. Compagnon d'étude, de collège. || Par extension. Dampierre et Vaucresson m'étaient ouverts en tout temps; les condisciples obscurs [de la cabale] y paraissaient librement devant moi, st-sim. 302, (84.

— REM. Condisciple, qui n'est ni dans Furetière ni dans Richelet, est donné par l'Académie pour la première fois dans l'édition de (762.

— ÊTYM. Latin condiscipulus , de cum, et discipulus, disciple.

t COND1T (kon-di) , s. m. Terme de pharmacie. Substance végétale pénétrée et recouverte de sucre Cristallisé.

— ÊTYM. Latin conditum, de condire, assaisonner.

CONDITION (kon-di-sion; en poésie de quatre syllabes), s. f. || 1° La classe à laquelle appartient une personne dans la société par sa fortune, par sa qualité, par ses emplois, par sa profession. Condition sociale. L'inégalité des conditions. Je ne me sentais pas de condition qui m'obligeât à faire un métier de la science,DEsc.lW»h.<,43.Tousgenssontainsi faits; Notre condition jamais ne nous contente; La pire est toujours la présente, la font. Fab. vi, <t. Le luxe et la vanité n'ont plus de bornes, et chacun se fait de ses propres vices les vertus de sa condition, tléchier, dans richelet. En vous ôtant un gendre on vous en donne un autre Dont la condition répond mieux à la vôtre, corn. Poly. v, 2. Cet orgueil qui nous pousse à nous agrandir au-dessus de nos conditions et de nos forces, fléch. Serm. n, 36. Hommes qui avaient vécu dans les plus basses conditions, fén. Tél. xvm. En quelque condition qu'on soit, id. ib. v. Un homme simple, obscur et d'une médiocre condition, id. ib. vu. Un roi vous semble heureux, et sa condition Est douce au sentiment de votre ambition, rotr. Vencesl. i, i. Tu lui diras qu'à la vérité je n'ai pas dit qui c'était, mais qu'il t'a semblé que je parlais pour un autre, pour quelqu'un de condition égale à la mienne [un bourgeois] , marivaux, le Préjugé vaincu, se. 2. || Dans le langage de l'histoire, la condition des personnes et des terres. Dans le moyen âge il y a trois conditions, les nobles, les vilains, les serfs; il y a des terres de condition noble et de condition roturière. || En termes de droit, faire la condition meilleure, pire, étendre ou restreindre les droits ou l'objet du droit d'une personne. Le créancier ne petit rendre sa condition meilleure au détriment du débiteur. || Dans le langage général. N'être pas de pire condition, être traité aussi bien que.... Croyez-vous que Dieu soit de pire condition que l'homme? pasc. Culte. Souvent le consul victorieux n'était pas de meilleure condi-

tion que le peuple qu'il avait vaincu, st-évhem. ii, <t. Le roi ne doit pas être à cet égard de pire condition que ses sujets, vadb. Dime, p. 78. || En droit, la condition des personnes, l'état civil ou l'ensemble des droits. Condition juridique, la condition de l'étranger, du mineur, de l'enfant naturel. || 2" La manière d'être, en parlant des choses. La condition des choses de ce monde est d'être sujettes au changement. La condition d'un mariage avantageux est aussi souhaitable suivant le monde qu'elle est vile et préjudiciable selon Dieu, pasc. Extrait d'une lettre à Mme Périer, 1669. || Terme de philosophie. Principe des conditions d'existence, principe que les sciences ont substitué à celui de la finalité et qui consiste à considérer comment les choses sont ou se font et non pourquoi elles sont ou se font. || Fondements, bases, éléments. Conditions constitutives, statiques, physiologiques, industrielles. En droit, conditions essentielles, les éléments essentiels des contrats, des obligations : le consentement, la capacité, l'objet, la cause. || Ensemble de rapports. Conditions de température, de salubrité , dans un pays donné. || 3* Qualité requise. Conditions de capacité, de moralité. Cet ouvrage n'a pas les conditions demandées, n'est pas dans les conditions voulues. || Bonne ou mauvaise condition. Marchandise de bonne condition. || Terme d'hippiatrique. Le traitement bon ou mauvais que subit le cheval. En condition, terme qui désigne l'état du cheval qui, ayant été soumis à l'entraînement, est apte à courir. Ce cheval est mis en condition. || 4" Absolument, noblesse. Ceux qui comptent plusieurs degrés, sans illustration extraordinaire, forment l'homme et la femme de condition. C'est ici que le sang et la condition Ne nous permettent pas une lâche action, rotr. Anlig. m, 6. Il s'est mis dans la tête de vouloir faire l'homme de condition, mol. les Préc. t. Nous connaissons des personnes de condition qui ont appréhendé des morts domestiques, pasc. Lett. 4. Le besoin de loger les pensionnaires de condition, boss. Lett. abb. 274. La locution complète était condition noble; l'usage a supprimé noble, en gardant le même sens. || 5° Service de domestique. Être, entrer en condition. Chercher condition. Hors de condition. Il ne cherchera pas à le mettre en condition jusqu'à votre retour, sêv. 307. || Faire plusieurs conditions, servir dans plusieurs maisons différentes, et, par extension, changer de condition, de position. Mme de Brinon est à Maubuisson, où elle s'ennuiera bientôt; cette personne ne saurait durer en place; elle a fait plusieurs conditions et changé de plusieurs couvents, id. 507. || I.e sens propre, qui vient de la féodalité, était : personne de condition, personne soumise à une condition, c'est-à-dire affranchie avec la condition de fournir un certain service. || 6" Condition, situation, état. La condition matérielle du peuple, des laboureurs. Sa condition a empiré. Les empereurs romains améliorèrent la condition des esclaves. Améliorer la condition morale, intellectuelle et physique du plus grand nombre. || Position avantageuse ou désavantageuse dans une affaire. Votre condition est bien meilleure que la mienne. || 7" Clause, charge, obligation qu'on impose ou qu'on accepte. Condition expresse, tacite, onéreuse. Combats pour m'affranchir d'une condition Qui me livre à l'objet de mon aversion, corn. Cid, v, 4. La mort de Jésus-Christ ne suffit point sans le baptême; il le faut d'eau, d'esprit ou de sang; c'est à cette condition qu'il a mis l'utilité que nous en devons recevoir, sév. 441. Il ne veut pas imposer les conditions de la paix avec hauteur, fén. Tél. xi. Nous réglâmes ensemble plusieurs conditions, id. ib. x. Quelles conditions elle veut imposer, rac. Baj. i, 4. Et faisons qu'à ses fils il ne puisse dicter Que les conditions qu'ils voudront accepter, id. Milhr. i, 5. Ses prêtres.... A deux conditions se peuvent racheter, id. Alkal. v, 2. || Absolument. Je vouslaveux montrer, mais à condition, la font. Cand. || Faire ses conditions, stipuler d'abord et formellement ses avantages. || Vendre une chose sous condition, la garantir; l'acheter sous condition, l'acheter avec faculté de la rendre si elle n'est pas ce qu'elle doit être. Je vous assure de son service sous condition, sev. 84. || Vendre à condition, c'est vendre à la charge de reprendre la chose si elle ne satisfait pas l'acheteur. || Baptiser sous condition, administrer le baptême à un enfant, dans le doute qu'il l'ait déjà reçu, ou qu'il soit vivant, ou que sa conformation soit monstrueuse et n'en fasse pis un homme; et figurément et familièrement, il a été baptisé sous condition, se dit par plaisanterie d'un homme très-laid ou très-sot. || Condition sine qua non \u;ots latins qui signifient : sans

laquelle non), condition formelle et indispensable. || En droit, conditions d'un legs, conditions d'un contrat, les clauses qui le déterminent. La donation est révoquée pour cause d'inexécution des conditions. Condition de droit, clause que la loi supplée dans un engagement. || Plus spécialement, événement futur et incertain qui modifie une obligation et auquel l'existence de cette obligation est soumise. Obligation à terme ou sous condition. Condition nulle, illicite. Faire une donation sous la condition que le donateur survivra au donataire. || Condition positive, celle qui consiste dans un événement qui arrivera; négative, dans un événement qui n'arrivera pas; suspensive, qui suspend l'existence de l'obligation; résolutoire, qui éteint l'obligation en rétablissant les choses dans leur état primitif. || Àcondition que, locut. conjonct. qui régit l'indicatif, ouïe subjonctif, ou le conditionnel, et signifie pourvu que. Je vous donne cet argent à condition que vous partirez demain, ou que vous partiez demain. Il vous a donné cet argent à condition que vous partiriez ou que vous partissiez. A condition qu'ils régneraient suivant ces maximes, fén. Tél. v. j| On dit aussi à condition de, avec l'infinitif. J'ai reçu de l'argent, à condition de partir demain. || 8° Terme de commerce. Lieu destiné à la dessiccation des soies. || Établissement pour connaître le poids des soies.

— SYN. 1* condition, état. La condition a surtout rapport au rang qu'on tient dans les différents ordres qui forment l'économie de la république. L'état a plutôt rapport au genre de vie, à l'occupation dont on fait profession, Girard. || 2° de condition, de qualité. De condition est plus compréhensif que de qualité; tout homme qui appartient à la noblesse est de condition; au contraire de qualité ne se dit que des personnes dont les aïeux ont eu quelque illustration, ou qui avaient un titre de duc, marquis, comte, etc. Une personne de qualité ravit mou âme, mol. Escarbagn. se. <6. On ne traite point de la sorte les femmes de qualité, id. ib. se. 2».

— HlST. xm«s. Se il avenoit que aucuns clers ou lais, de quel condition que il fust, Ordonn. somptuaire de Phil. le Hardi. Par condicion que le seignor le done [le fief] à son dreit heir, Ass. de J. i, 222. Par ces deus cas dessus dis poés voz entendre de toz autres cas qui poent avenir de convenences qui sunt fêtes par condicions, beaom. xxxiv, 4. S aucuns convenence soz condition ou autre marcié, m. ib. 68. On peut bien, selonc nostre coustume, fere lais [legs] par condition, id. xii, 54. f xiv* s. Personnes de condition [personnes assujeties à un service], du cange, conditionati. Vous faites tout aussi vos condicions, Comme celui qui dit : au pltu fort nous tenons, Guescl. 21466. Et se tu veus dire que tu ne les mie subgès de fortune. Et que ta grant attraction [descendance] Afranchist ta condition .. machault, p. 96. || xv's. Par telle condition que le jeune enfant prendrait à femme l'une des jeunes filles du roi d'Angleterre, froiss. i, i, <7i. La reine, qui estoit vieille et de diverses conditions, n'estoit pas bien contente de lui, pour ce qu'il estoit amoureux d'aucunes autres jeunes dames du pays plus qu'il n'estoit d'elle, monstrel. liv. i, ch. 474. Son gentil maintien et son arc doré donnoient enseignes de ses inclinations et conditions amoureuses, Bouciq. i, ch. 2. Quant ung prince ensuyt vertu et bonnes conditions et fuyt les vices, comm. Prol. La plus part des gens taschent à leur complaire [aux princes et à leurs complexions et conditions, id. ib. Et disoient sa condition [de Louis XI] estre telle que s'il n'avoit débat par le dehors contre les grans, qu'il falioit qu'il l'eust avec ses serviteurs et officiers et que son esprit ne pouvoit estre en repos, id. m, t. Qui eust peu prendre partie des conditions du roy nostre maistre et partie des siennes [du duc de Bourgogne], on en eust bien fait ung prince parfaict, id. m, 3. Par condition qu'ils voulussent attendre à conclurre la ligue de quinze jours, id. vu, <6. || xvi* s. On y retrouvera aucuns traicts de mes conditions et humeurs, mont. Au lecteur, p. n. C'est la condition de vostre création, id. i, 85. Gents de basse condition, id. i, »o. Cet homme estoit simple et grossier, qui est une condition propre à rendre véritable le tesmoignage, id. i, 233. Il leur vendit la retraicte à ses terres, en condition que.... id. i, 298. Hz leur ottroyerent la paix soubs équitables et raisonn conditions, amyot, Marcel t.

— ÊTYM. Provenç. condicio; espagn. condicion; ital. eonditione ; du latin coiubtionem , de condere, fixer, établir, de cum, et dere pour dare, donner (voy. datif).

f CONDITIONNANTE (kon-di-sio-na 11 lé), s. f.

TON

Terme didactique. Qualité de ce qui est conditionnel. Les métaphysiciens s'efforcent en vain de soustraire par leurs espérances ces phénomènes à la conditionnante, cuvier, dans le Dict. de poitevin.

CONDITIONNÉ, ÉE(kon-di-sio-né, née; en poésie, do cinq syllabes), part, passé. || 1* Qui est en certaine condition. Bien conditionné, bien fait, en bon état. Un ouvrage bien conditionné. En sens inverse, mal conditionné. || 2° Fig. et absolument, pourvu des qualités requises en bien ou en mal. Sottise, étourderie conditionnée, très-grande. Je n'ai jamais respiré une odeur mieux conditionnée, mol. Préc. tu. J'aiditassez d'absurdités en ma vie pour m'y connaître, et j'aurais bien perdu le seul fruit que j'en pouvais tirer , si cette maxime ne m'en paraissait pas une bien conditionnée, dider. Essai s. Claude. || Qui a bien mangé, bien bu. Après quoi nous nous levâmes de table, tous assez bien conditionnés, le sage, Gil Mas, vu, 13. || 3° Soumis à une condition. Quatre formules algébriques qui exprimaient les quatre nombres et n'avaient que deux inconnues ou indéterminées , telles qu'en supposant d'abord que la première était » et la seconde 2, il venait quatre nombres conditionnés comme on les demandait, fonten. Rolle. N'affaiblissons point la vérité par des exceptions malicieuses et par des louanges conditionnées, balz. le Prince, ch. xiv. Il prit une permission conditionnée, maucroix, Schisme, liv. n, dans richelet. || Ancien terme de commerce. Billet conditionné, billet qui n'était payable qu'en un certain temps et en certains cas. || 4° Homme conditionné, nom donné au mainmortable dans certaines coutumes.

CONDITIONNEL, ELLE (kon-di -sio- nèl, nè-1'; en poésie, île cinq syllabes), adj. || 1° Qui dépend de certaines conditions. Promesse, clause conditionnelle. Cela est conditionnel. |j Terme de droit. Obligation, legs conditionnel, soumis à une condition. j| 2° Terme de grammaire. Mode conditionnel, celui des modes qui indique que l'idée exprimée par le verbe est subordonnée à une condition. [| S. m. Le conditionnel, le mode conditionnel. Le conditionnel présent. Le conditionnel passé. || 3° Terme de théologie. Qui est sujet à condition, qui n'est point absolu. || Science des conditionnels, connaissance que Dieu possède seul de ce qui aurait pu arriver suivant de certaines conditions, dans de certaines circonstances.

— HIST. xiV s. Par telles condicioneles supposicions, oresme, Thèse de meunier. ||xvr*s. L'absolution est conditionnelle, calvin, Instit. 605. Je fois voluntiers mes promesses, en touts subjects, incertaines et conditionnelles, MONT. IV, 94.

— ÊTYM. Provenç. conditional; espagn. condicional ; ital. condixionale ; du latin conditiona lis , de conditio (voy. condition).

CONDITIONNELLEMENT (kon-di-sio-nè-le-man) , adv. Sous certaines conditions. 11 dit n'être obligé à payer que conditionnellement.

— HIST. xivs. Condicionelement, oresme, Thèse de meunier. || xvi* s. Un ministre de la parole en exécutant deument son office ne peut absoudre que conditionnellement, calvin, Instit. 60t.

— ÊTYM. Conditionnelle, et le suffixe ment; provenç. conditionalment ; espagn. condicionalmente ; ital. condizionalmpnte.

t CONDITIONNEMENT (kon-di-sio-ne-man), t. m. || 1° Terme de philosophie, action de conditionner. || 2° Action de dessécher la soie écrue. Pendant les cinq jours ouvrables de cette semaine, à Lyon, le chiffre total du conditionnement dépasse de plus de t3000 kil. la somme de la semaine complète d'opérations la plus élevée depuis le commencement de l'année, la Prœe, journal quotidien, tt juin <860.

— ÉTYM. Condition.

CONDITIONNER (kon-di-sio-né), v. a. || 1° Terme d'arts. Faire , fabriquer une chose , de manière qu'elle soit en bonnes conditions. Bien conditionner un drap. || 2° Terme de pratique. Conditionner un acte, le charger de clauses. || 3° Terme de commerce. Conditionner une soie, la soumettre à la dessiccation. || 4° Se conditionner, v. réfl. Être fabriqué avec les conditions requises. Les marchandises se conditionnent bien dans cet établissement. || Recevoir la préparation dite conditionnement. L'établissement où se conditionnent les soies.

— HIST. xiu* s. D'autre part, el [les femmes] sunt franches nées; Loi les a condicionnées, Qui les oste de lor franchises, Où nature les avoit mises, la Rose, uoso. Li filz Dieu, qui si bien les condicionna, Qui à la Magdalene ses péchiez pardonna, Leur merisse les biens que par eulz nous donna! j. de meung, Test. 97. ||xiVs. De tous ceux qui sont en autre demaine [domaine] et justice, qui

BICT. DK t.A I.ANRUR FRANÇAIS*

CON

ne sont conditionnez ou abonnez, levez la dite aide, du canok, conditionnai. Comme le suppliant eust pris par mariage Thomine, ycelle cuidant estre femme bien conditionnée et paisible, id. conditio. || xv* s. Qu'il advise bien de se mettre en lieu, qui soit tel, si bien conditionné, si vertueux et si bon, qu'il y puisse prendre exemple de toute bonté, Bouciq. I, ch. 7. Ungqui depuis s'est appelle monseigneur de Chimay, homme jeune et très-bien conditionné, nepveu du seigneur de Croy, comm. i, 2. Entre les conseillers se trouvent tousjours largement de bons et notables personnages, et aussi il en y a aucuns bien mal conditionnez, ainsi est-il en tous estaz, id. i, «. || xvi' s. Tous ont aspiré estre receuz en vostre alliance, à pactes par vous mesmes conditionnez, rab. Garg. i, 3t. Ils mesprisent les services limitez et conditionnez [conditionnels], mont. m, 242. De mal conditionné jouvenceau, oultrageux et téméraire qu'il estoit auparavant, il devint homme très sage et très modéré, amyot. Lyc. tu. Il avoit veu mourir devant ses yeux u„ «ien filz bien conditionné, id. Cor. 37,

— ÉTYM. Condition ; provenç. conditionar ; espagn. condicionar ; ital. condiiionare.

CONDOLÉANCE ( kon-do-lè-an-s) , s. f. Témoignage par lequel on montre qu'on prend part à la douleur de quelqu'un, lors de la mort d'un de ses proches, et, en général, lors d'un malheur considérable quelconque qui lui arrive. Lettre de condoléance. Rendre les devoirs de condoléance , malh. dans vaugelas, Rem. au mot condouloir. S'il survient quelqu'un à qui il doive un discours tout différent, il sait, en achevant de vous congratuler, lui faire un compliment de condoléance, la bruy. viii. Permettez que je joigne mes compliments de condoléance à vos jolis vers sur la goutte de M. de Kayserling, volt. Letl. Pruss. <09.

— HIST. xv s. Le duc descendu à pied le va saluer humblement et faire deux contraires personnages , l'un de la condoléance du trespas du roi son père, l'autre de conjouissement de la très haulte et très glorieuse fortune qui estoit resplendie en lui, G. chastelain, duns le Dict. de dochez.

— ÉTYM. Voy. CONDOULOIR.

CONDOR (kon-dor), s. m. Genre de vautour de l'Amérique méridionale. Le condor est le plus gros des oiseaux qui volent. Si la faculté de voler est un attribut essentiel à l'oiseau, le condor doit être regardé comme le plus grand de tous.... 11 possède même à un plus haut degré que l'aigle toutes les qualités, toutes les puissances que la nature a déparlies aux espèces les plus parfaites de cette classe d'êtres; il a jusqu'à dix-huit pieds d'envergure, le corps, le bec et les serres à proportion aussi grandes et aussi fortes, le courage égal à la force, buffon, Condor. Tel on voit s'élever le monstrueux condor, Quand, du sommet des monts prenant son vaste essor, Dans les airs obscurcis il plane et se balance, masson, Helvétiens, vu.

— ÊTYM. Cuntur, dans la langue des Incas. fCONDORMANT (kon-dor-man) , s. m. Sectaire

qui autorisait la promiscuité des sexes.

— ÊTYM. Com, et dormir.

+ CONDOTTIERE ( kon-do-ttiè-r' ) , s. m. Nom qu'on donnait en Italie aux capitaines de soldats mercenaires. Un condottiere. On le vit [Maximilien] à la fin gagnant sa vie comme condottiere, dans le camp des Anglais, empereur à cent écus par jour, michelet, Hist. de France au xv s. i, 8. || Aujourd'hui, aventurier qui prend indifféremment du service militaire en vue de son avancement personnel. || Au plur. Les condottieri , suivant la règle du pluriel italien.

— ÊTYM. Ital. condottiere, capitaine, de condotta, conduite (voy. conduite).

CONDOCBLÉ, ËE (kon-dou-blé, blée), adj. Terme de botanique. Synonyme de conduplicatif.

— ÊTYM. Com, et doubler.

CONDOULOIR (SE) (kon-dou-loir) , t>. ré/l. Employé seulement à l'infinitif. Se condouloir avec quelqu'un, lui témoigner qu'on prend part à sa douleur. Leurs Majestés avaient envoyé des personnes de qualité à la reine d'Angleterre se condouloir de la mort funeste du roi son mari , la rochef. Mém. «7. Arrivé droit au parlement [le duc d'Orléans devra leur dire qu'il est venu] leur faire part lui-même et se condouloir avec eux de la perte que la France venait de faire, st-sim. 398, (88.

— HIST. XV s. Par plus forte raison, tu dois condoler sur la mort de ton frère, monstrel. i, ch. 47. || xvi* s. Aprez s'estre souvent condolu à ses privez des maulx que.... mont, i, 44. [Ils ne trouvent pas bon] de condouloir et compatir, ny mesme fleschir

TON

avec eulx [les malheureux], amyot, De la tranq. d'âme, 12. Il s'adressa à l'un de ses familiers qui faisoit le plu9 de mine de s'en condouloir et contrister avec luy, id. ib. ts.

— ÊTYM. Latin condolere, de cum, avec, et do- 1ère, avoir de la peine (voy. douloir).

CONDUCTEUR, TRICE (kon-du-kteur, ktri-s'), t. m. elf. || 1° Celui, celle qui conduit. Le conducteur d'une barque. Moïse était le conducteur du peuple de Dieu. Ceux-ci allaient toujours, sans regarder qu'ils allaientàla servitude; et leur subtil conducteur qui, en combattant, en dogmatisant, en faisant le docteur et le prophète, aussi bien que le soldat et le capitaine.... boss. Reine d'Anglet. Pour mieux eLtendre ce queferaient par eux-mêmes dos chevaux fougueux, il faut les considérer sans bride et sans conducteur qui les pousse ou qui les retienne, boss. Connais». m, 9. Tu verras de chameaux un grossier conducteur.... volt. Fanât, i, 4. || Conducteur du requin, nom d'un poisson (centronote conducteur de Cuvier; gastirostèe conducteur de Linné). || 2" Celui, celle qui dirige. Ces négociations avantageuses dont il fut le conducteur, fléch. le Tel. Veuillent les immortels, conducteurs de ma langue, Que je ne dise rien qui doive être repris, la font. Fabl. xi, 7. Une musique de luths et de voix se fit entendre à l'un des coins du plafond, sans qu'on vît ni chantres ni instruments, musique aussi douce et aussi charmante que si Orphée et Amphion en eussent été les conducteurs, la font. Psyché, i, p. 37. Pourvu que l'honnêteté, la discrétion, la prudence soient conductrices de cette affaire, id. ib. n, p. 138. Le bon sens etl'esprit, conducteurs du courage, SontdesCondés enfin l'ordinaire apanage, id. Letl. xxv. || Terme de ponts et chaussées. Conducteur, agent qui est sous les ordres directs de l'ingénieur et au-dessus des piqueurs, ainsi dit parce qu'il est chargé de la conduite ou direction des travaux. Conducteur embrigadé, celui qui fait partie du corps des ponts et chaussées à titre permanent. || On dit aussi d'une manière générale conducteur des travaux pour désigner une sorte de contre-maître qui dirige les travaux de bâtisse sous un entrepreneur ou un arcbiiecte. Conducteur des travaux du Louvre. || Homme de confiance qui, sans être nécessairement le cocher d'une voiture, ladi rige et fait payer les voyageurs, etc. Conducteur de diligence, d'omnibus. || 3° Livre qui sert de guide. Conducteur de l'étranger dans Paris. il 4° Terme de chirurgie. Instrument employé autrefois dans l'opération de la taille par le grand appareil. || 5° Terme de physique. Corps qui transmet le fluide électrique ou le calorique. Les métaux sont bons conducteurs de la chaleur. J'ai un antitonnarre à Ferney dans mon jardin ; vous savez que cela s'appelle un conducteur, volt. Letl. d'Argental, 8 mars 4776. || Cylindre métallique, soutenu par des colonnes de verre, qui se trouve au devant de la machine électrique, et à la surface duquel l'électricité se rassemble. || 6° Adj. Thésée reçut d'Ariane un fil conducteur dans le labyrinthe. Acceptez le secours de ma main conductrice, lemerc. Charles 17, m, 6. || Corps conducteur du calorique ou de l'électricité, corps qui se laisse facilement traverser par l'un ou l'autre de ces agents. || Terme de botanique. Tissu conducteur, portion du tissu du style et du placenta, à travers lequel pénètrent les boyaux polliniques pour arriver dans la cavité de l'ovaire et aux ovules. || Terme d'imprimerie. Points conducteurs, voy.

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