ID. II
— ÊTYM. Le latin conciliare, de cum, et un dérivé de cillo, mouvoir, presser; conciliare, mouvoir ensemble, d'où rapprocher. Dans Varron, De lingua latina, conciliare veut dire fouler , presser des étoffes; et Lucrèce (i, 483) nomme concilium, le concours, la cohésion des premiers principes.
CONCIS, ISE (kon-si, si-z'; 1'* se lie : concis et nerveux; dites : kon-si-z et nerveui), adj. Doué de concision. Style concis. Phrase concise. Écrivain concis. Elle [la langue originale de l'Écriture] est serrée, concise, dégagée des ornements étrangers qui ne serviraient qu'à ralentir son imoétuositéetson feu, rollin, Traiié des él. iv, 3. Démosthène est grand en ce qu'il est serré et concis, et Cicéron au contraire en ce qu'il est diffus et étendu, boil. iongin, Sublime, ch. x.
— HIST. xvi' s. Cérémonies de simple bienséance , accompagnées de paroles concises, de froideur et grandes retenues, sully, dans le Dict. de dochez.
— ÊTYM. Provenç. concis; espagn. et ital. concise; du latin concisus, participe passé de concidere, couper, de cum, etessdere, tailler.
CONCISION (kon-si -zion; en poésie, de quatre syllabes) , s. f. Qualité du style qui dit ce qu'il veut dire en peu de mots.
— SYN. concision, précision. La concision diffère de la précision en ce qu'elle est plutôt la brièveté même du discours, que l'exactitude de sa signification. La précision au contraire consiste d'abord dans cette exactitude; la brièveté n'est plus qu'un moyen pour y arriver.
— ÉTYM. Provenç. concisio ; espagn. concision ; ital. concision*; du latin concùionero (voy. concis).
CONCITOYEN, ENNE (kon-si-to-iin , iè-n'; plusieurs disent : kon-si-toi-iin) , s. m. et f. \\ 1° Celui, celle qui est de la même ville, du même État qu'un autre. Et quoi qu'ait fait pour vous ce cher concitoyen, lD.C0RN.Sertor.li, 2. Qui, après mille friponneries punissables, marchent la tête levée dans Paris, parés des dépouilles de leurs concitoyens, avec autant d'orgueil que s'ils avaient sauvé l'État, vaub. Dlme, p. 257. Hercule, sois le dieu de tes concitoyensl volt. Œdipe, I, 4. Ils se représentent la fortune do cet illustre personnage, leur concitoyen, vaugbl. Q. C. liv. vi, ch. 9. J'aime mieux renoncer à l'empire que de répandre le sang de mes concitoyens, id. ib. liv. x, ch. 8. Il arrive quelquefois que les étrangers nous apprennent le mérite de nos propres concitoyens, que nous négligions peut-être parce que leur modestie leur nuisait de près, fonten. Littre. Les lois d'Euric, de Gondebaud et de Rotharis firent du Barbare et du Romain des concitoyens, montesq. Esp. x, 3. || 2° Par extension. 11 fuyait les cités, il ne cherchait que l'ombre, Vivait parmi les bois, concitoyen des ours, la font. Filles de ilin. Le lièvre et la perdrix, concitoyens d'un champ, Vivaient dans un état, ce semble, assez tranquille,
LA FONT. Fab. V, 4 7.
— HIST. xrV s. Jaqueme de Langle né concitains de ceste ville, du cange, concivium.
— ÉTYM. Con , et citoyen.
t C0NC1T0YENNETÉ (kon-si-to-iè-ne-té) , s. f. Relation existant entre plusieurs personnes du même pays, de la même ville.
— ÉTYM. Concitoyen.
CONCLAVE (kon-kla-v') , *. m. Lieu où les cardinaux Rassemblent après la mort d'un pape, pour lui choisir un successeur. || Assemblée des cardinaux procédant à l'élection. Il y aura de grandes difficultés au conclave, sév. 682. || Le conclave d'un tel pape, le conclave où il fut élu. || Proverbe. Qui entre pape au conclave, en sort cardinal, c'est-à-dire l'élection tombe rarement sur celui qui au début paraissait avoir le plus de chances d'être pape.
— HIST. XV s. Les cardinaux se trairent en conclave au palais Saint-Pierre, froiss. Il, u, 20. Lo disner fait, se retrairent les chevaliers en la chambre de leur conclave; et là n'entra nul, s'il n'estoit chevalier portant l'ordre et les quatre officiers dessus nommés, o. de la marche, Jfe'm. liv. i, p. 263, dans lacurne.
— ÉTYM. Provenç. concJa»i; espagn. et ital. conclave; de euro, avec, et clatis, clef (voy. clef): co qui se ferme à clef.
CONCLAVISTE (kon-kla-vi-sf) , s. m. Ecclésiastique servant un cardinal, et enfermé avec lui dans le même édifice pendant la durée du conelave. Et comme un conclaviste entre dans lo conclave, Régnier, Sol. u. L'abbé de Choisi alla en Italie Comme
CON
eonclaviste du cardinal de Bouillon, après la mort de Clément X, d'alembert, Eloges, Choisi.
— ÊTYM. Conclave.
CONCLU, UE (kon-klu.klue), fart, passéàe conclure. || 1* Terminé, décidé. Affaire conclue. Ce conciliabule.... où la mort de Jésus fut conclue, bourd. Carême, m, Communion pascale , 223. || 2° Déduit, inféré. L'empereur Tibère, ayant voulu voir Thamus lui-même, assembla des gens savants dans la théologie païenne pour apprendre d'eux qui était ce grand Pan; et il fut conclu que c'était le fils de Mercure et de Pénélope, fonten. Oracles, 1, 1.
CONCLUANT, ANTE (kon-klu-an, an-t'), adj. Oui prouve sans réplique. Si cette preuve était concluante, on montrerait de même.... pasg. Prov. 17. Des appareils qui conduisent à des expériences exactes et concluantes, condorcet, d'Arci.
t CONCLUDE (kon-klu-d'), s.f. Terme de fauconnerie. Mélange de sucre, de cannelle, de moelle, donné aux oiseaux pour les animer à la chasse.
CONCLURE (kon-klu-r'), je conclus, tu conclus, il conclut, nous concluons, vous concluez, ils concluent; je concluais, nous concluions; je conclus, nous conclûmes; je conclurai; je conclurais; conclus, concluons; que je conclue, que nous concluions; que je conclusse, que nous conclussions ; concluant; conclu, conclue, v. a. ||1° Arrêter, régler définitivement. Mais pourquoi consulter des choses résolues Et ne poursuivra pas comme on les a conclues? rotroij, Bélis. 11, 8. Nous n'avons rien conclu, mais ce n'est pas ma faute, corn. Sertor. iv, 3. Si j'y pouvais porter quelque faible espérance D'y conclure un accord d'une telle importance, id. ib. m, 2. Il approuve sa flamme et conclut l'hyménée, id. Poly. 1, 3. Amis, leur ai-je dit, voici le jour heureux Qui doit conclure enfin nos desseins généreux, id. Cinna, 1, 3. Un même instant conclut notre amour et la guerre, id. Hor. I, 3. Vous pouvez conclure affaire avec madame, mol. Mis. v, 5. Avant qu'on eût conclu ce fatal hyménée, rac. Andr. v, 1 . Vous qui depuis un mois brûlant sur ce rivage Avez conclu vous-même et hâté leur voyage, id. Iphig. 11, 7. y 2° Terminer, en parlant d'un discours, d'un récit. Milton est le premier qui ait conclu l'épopée par le malheur du principal personnage, chateaub. Génie, 11, 1, 3. || Absolument. C'est assez parler, il faut conclure. ||3° Terme de logique. Déduire, inférer d'une chose. Et de là que conclurat-on? boss. Ilist. h, 13. On a conclu de la pauvreté de ces pays que, pour que le peuple fût industrieux, il fallait des charges pesantes, montesq. Esp. xai, 2. L'homme seul a, dis-tu, la raison en partage; Il est vrai, de tout temps la raison fut son lot; Mais de là je conclus que l'homme est le plus sot, boil. Sat. vm. De sorte qu'au lieu que vous concluiez de votre passage supposé que Lessius n'était pas de ce sentiment, il se conclut fort bien de son véritable passage qu'il est de ce même sentiment, pasc. Prov. 13. Il Absolument. Conclure du particulier au général. ij Avec un nom de chose pour sujet. Ces passages concluent seulement que nous recevrons quelque chose. L'inspiration ne conclut rien pour la prophétie, boss. JVour. mysl. Cette impuissance ne conclut autre chose que la faiblesse de notre raison, pasc. dans cousin. || 4° Y. n. Donner son avis, prendre une décision après délibération. Et si la loi des dieux fait conclure à sa mort.... rotrou, St-Gen. m, 7. Et nous conclûmes tous d'attacher nos efforts Sur un cerf que chacun nous disait cerf dix cors, mol. Fdch. 11, 3. 11 conclut en disant qu'il était d'avis.... vertot, Révol. rom. liv. nu, p. 256. Bref tous conclurent à la mort, la pont. Cord. Ils conclurent à faire baptiser l'ingénu, volt. l'Ingénu, 2. || Terme de procédure criminelle et civile. Demander les fins de sa demande, après avoir déduit le fait et les raisons. L'avocat conclutà ce que, etc. Avocat, concluez. De vingt-deux juges, il n'y en eut que neuf qui conclurent à la mort, volt. Louis XIV, 25. || Terme de pratique. Présenter, prendre des conclusions. Il 8° Être concluant. L'argument conclut bien. Cela conclut contre de certaines gens qui l'entendent bien, pasc. Juifs, 13. || 6° Se conclure, v. réfl. Etre conclu, arrêté. En même temps que cette paix se conclut. Les hommes ont tant de peine à s'approcher sur les affaires, sont si épineux sur les moindres intérêts.... que j'avoue que je ne sais par où et comment se peuvent conclure les mariages, les contrats, les acquisitions, la paix, la trêve, les traités, les alliances, la brut. xi. La paix se conclut donc; on donne des otages, Les loups, leurs louveteaux; et les brebis, leurs chiens, la font. Fabl. III, 13. Il 7° Être déduit. Le vrai se conclut souvent du faux. Les principes se sentent, les propositions se con-
COIS
cluent, pasc. dans corsra. || Impersonnellement. Il se conclut de ce passage que.... pasc. Prov. 13. Il se conclut fort bien de vos maximes qu'en évitant les dommages de l'Etat on peut tuer les médisants en sûreté de conscience, 10. ib. 7.
— HIST. xm' s. Qant ge Toi fait dou tôt conclus, Ge m'en parti, il n'i ot plus, Sra, 21)29. Jurés fort et la foi bailliés, Ains que conclus vou3 en aillies, la Rose, 7490. Car riens qu'il voil, el ne refuse; S'il opose, el se rent concluse; S'ele commande, il obeïst, ib. 21442. Et celé, qui ot grant esmoi, Au miex que pot de ce s'excuse; Mais la dame la fist concluse Par les resons qu'el H sot rendre, Si que plus ne se pot défendre, ruteb. 268. || xiv's. Doncques puis je bien encore conclure que la consideracion et le propos de nostre bon roy Charles est à recommander, qui fait les bons livres et excellens translater en françois, oresme, Prol. Et de celles choses faire ses moyens et aussi conclurre telles conclusions, id. Elh. ni. Nous en avons conclu par raison, id. ib. 17. Une raison sophistique qui nie et conclude faulz, id. ib. 194. Et pour ce n'est il pas comme nous concludion en une doubte ou raison dessus mise, id. ib. 211. Et cequeceste raison conclut est bien vérité selon les vertus natureles, id. ib. 1 90. Et pour ce vouloit il conclurre que l'en [l'on] ne le devoit pas lier ne enchainer, bercheure, P 69, verso. H xv* s. Voulez- vous que ces besognes se concludent? froiss. ii, m, 72. Fut conclud envoyer devers eulx et entreprendre la pacification, comm. 1, 8. Quelque chose que sçaivent faire les hommes en telles matières, Dieu y conclud à son plaisir, id. m, a. Vos semblans et décevantes paroles m'ont conclue et rendue en vostre obéissance, louis xi, Nouv. xxxm. H xvi' s. Par quoy un faict courageux ne doibt pas conclure un homme vaillant, mont. n, 7. Aprez plusieurs remontrances, il conclud que le plus beau estoit.... m, n, 36. Des humeurs des princes, ils en concluent les conseils, id. ii, ho. Cette incitation est si mal concluante, que je la treuve plus forte au revers, id. m, 133. Les capitaines des Thebains ayans desja conclud de se retirer, amtot, Agisil. 54. Si fut pour ce jour là l'assemblée rompue sans y rien arrester uy conclurre, id. Pomp. 40. Et concluant à mort contre elle, la feit condemner et exécuter, id. Démosth. 21. De là ils commencèrent de traitter avec respect, pour conclure sans seureté ; ils en faisoient assés pour offense, non pour défense, d'avjb. Conf. 11, 5. Et tout en l'instant la paix fusconclucte et arrestée par sa dicte majesté, carl. ix, si.
— ÊTYM. Provenç. conduire, conclure; catal. conclouer; espagn. concluir ; ital. conchiudere; du latin concludere, de cum, et cludere pour claudere, fermer (voy. clore).
CONCLUSIF, IVE (kon-klu-zif, zi-v'), adj. Qui indique une conclusion. Proposition conclusive. Conjonction conclusive.
— ÊTYM. Provenç. conclusiu; espagn. et ital. conclusivo; du latin conclusum, supin de concludere, conclure.
CONCLUSION (kon-klu-zion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1* Arrangement final d'une affaire. La conclusion de ce traité, de cette affaire, a présenté de grandes difficultés. On dit qu'un homme est ennemi de la conclusion, pour exprimer qu'on ce peut terminer une affaire avec lui. || 2* Par extension, résultat final, terminaison, orôno!>rrje"'t.La conclusion d'un roman. Ce concile eu» :rp, ,i?i)ni:se conclusion, boss. Hist. I, H. Ce premier point eut par fortune Malheureuse conclusion, la font. Tabl. Il 3° Résultat d'une délibération. La conclusion fut que l'on marcherait incontinent vers l'ennemi. Il 4° Terme de logique. La déduction d'un raisonnement, d'un discours. La conclusion de son discours fit beaucoup d'impression sur l'auditoire. La majeure est inepte, la mineure impertinente, et la conclusion ridicule, mol. Mariage forcé, 6. Qui ne tirât de vos principes quelque méchante conclusion, pasc. Prov. 7. Il en tire des conclusions admirables, id. ib. Voici la conclusion que vous devez tirer, mass. Avent, Jug. J'en tire mes conclusions pour la thèse générale, sév. 443. Belle conclusion et digne de l'exorde, rac. Plaid, m, 3. Rien de plus dangereux en physique que ces conclusions trop générales, bonnet, Observ. Pucerons. || Adverbialement, dans le style familier, bref, en un mot. Conclusion, je n'en veux rien faire. Conclusion qu'il ne la put fléchir, la font. Faucon. || 6° Au plur. Terme de procédure. Énoncé de ce qu'une partie demande à un tribunal de juger. Conclusions au fond, principales, subsidiaires, additionnelles. Le tribunal lui a adjugé ses conclusions. || Enoncé de ce qu'une partie
CON
demande contre son adversaire. || Conclusions du ministère public, énoncé de l'opinion du ministère public, ses réquisitions. Les conclusions du procureur général contre l'Encyclopédie n'ont-elles pas été plus fortes que le mandement de notre archevêque T volt. Dial. 30. L'avocat général Marigny prend des conclusions contre l'héritier de la couronne [Charles VIIJ, id. Mœurs, 79. On prend des conclusions, puis oa rend un arrêté conforme au bon plaisir du maire, p. L. cour. 1, 184. Il Conclusions conformes, conclusions contraires, conclusions du ministère public conformes ou contraires à la décision rendue.
— SYN. conclusion, conséquence. Dans un raisonnement, la conclusion est la proposition finale qui découle des prémisses. La conséquence est la proposition, finale ou non, qui découle des prémisses. Un raisonnement n'a qu'une conclusion; mais il peut avoir plusieurs conséquences. Mais, à un autre point de vue, la différence est que la conséquence est le lien intellectuel entre les prémisses et la conclusion; la conclusion, nommée aussi le conséquent, est la proposition même qui est déduite. La conséquence peut être juste et la conclusion fausse, si l'on part de principes faux.
— HIST. xiv s. Donc, disent les autres, il faut que cet argument soit leu, et si orrons la conclusion de vos debas et comment il est jugié, Modus, S' eu, verso. Or fault respoitdre à la raison Qui faict fin et conclusion , ib. Pcxii. Celui qui aime discipline ou mathématiques vers conclusions spéculatives, okesme, Eth. 306. La conclusion s'en suit de nécessité , id. ib. 198. Et après l'en doit estndier comme par eulx et de eulx l'en viegne aus termes et as conclusions des sciences, id. ib. xi, 17. Les conclusions de plusieurs sciences sont nécessaires, si comme celles de géométrie, id. ib. 66 Et la conclusion Est telle,
beaux seigneurs, que nous vous livrerons Les clefs delà cité.... Guescl. 87(3. En conclusion, il ordonnèrent que une preuve s'en feroit loyaument, bercheure, !• 8. Il xv* s. Pour arriver à une telle fin e.t conclusion, froiss. u, ii, 126. Adieu, court; je to lesse; Trop m'as tenu; et pour conclusion, Foulz la poursuit, et saiges la delesse, e. desch. Intérieur des cours. Ma dite dame ne peut en cette matiero faire fors tant seulement conclusions civiles; les conclusions crimineuses appartiennent au procureur du roi, monstrel. llv. i, ch. 48. Les seigneurs qui là estoient prirent conclusion d'estre le lendemain au conseil tous ensemble pour ceste besogne, fenin, 1407. Les pensées et conclusions [du duc de Bourgogne] estoient grandes, comm. 1, 4. La mort qui depart toutes choses et change toutes conclusions, id. m, 9. Pour conclusion, elle les rappella par sottise, id. vu, 2. |] xvi' s. Sur le poinct de la conclusion [de l'accord], mont, i, 28. Il y a infinis exemples do pareilles conclusions populaires [résolutions], id. u, 38. Si furent leurs propos à la première rencontre les plus gracieux qu'il est possible : mais à la fin la conclusion n'en fut ny belle ny bonne, amtot. Pomp. 47.
— ÊTYM. Provenç. conclusio; espagn. conclusion; ital. conclusione; du latin conclusionem , de conclusum, supin de concludere, conclure.
t CONCLUSUM (kon-klu-zom'), j. m. Décret de la diète germanique ou du conseil aulique. || Ce mot s'emploie quelquefois par plaisanterie pour dire ce qui est conclu. Je voudrais connaître votre conclusum.
— ÊTYM. Lat. conclusum, chose conclue, pari, passé neutre de concludere.
fCONCOCTEUR, TRICE (kon-ko-kteur, ktri-s'), adj. Terme de médecine. Qui procure la digestion , la coction.
— ÊTYM. Voy. concoctio».
CONCOCTION (kon-ko-ksion), s. f. Dans l'ancienne physiologie, la digestion des aliments. || Dans l'ancienne pathologie, maturation des humeurs
— HIST. xvi* s. Par ce moyen on révoque nature de sou mouvement à l'expulsion des humeurs qui la molestent, pour l'empescher à la concoction des viandes, paré, Au lecteur.
— ÊTYM. Le latin concoctio, de cum, eleoctio, coction.
t CONCOLORE (kon-ko-lo-r*) , adj. Terme didactique. Qui est partout de même couleur.
— ÊTYM. Le latin concolor, de cum, et color, couleur.
CONCOMBRE (kon-kon-br'), s. m. || i" Plante potagère qui produit des fruits très-gros et à peu près cylindriques (cucumis sativus , /..). || Le fruit de cette plante. On me servait du veau aux concombres oa aux oignons , chateaub. Itin. 11, 841. || 2* Concombre sauvage , concombre d'Ane (momordi 't
CON
CON
CON
elaierium, /,.), plante qui ne ressemble au concombre commun que par son feuillage, et dont le fruit n'a guère que l'épaisseur d'une noix et donne un extrait fort employé autrefois sous le nom d'elaterium et violemment purgatif. || 3° Concombre de mer, plusieurs échinodermes et quelques holothuries.
— HlST. xm' s. Cocombres sont froides et moistes u [»u] secont degré, alebbant, f 67. || xvr* s. Pline prend le plus souvent le concombre pour le melon, confondant ces deux fruits sous mesme appellation , o. DE serbes , 538. Des concombres communs y a il, blancs, verts, grisâtres, grands, moiens, petits, discernés par telles qualités, id. 646.
— ÉTYM. Génev. et Berry, cocombre; bourguig. cocombre; Saintonge, coucombre, queueombre; provenç. cogombre; ital. cocomero; de l'accusatif latin cucumerem, où l'accent est sur la même syllabe que dans les langues romanes. Marg. Buffet, Observ. p. 82, remarque, en 4 668, que beaucoup disent des cocombres, et d'autres concombres, mais que cocombre est le meilleur. Maintenant cocombre est un provincialisme.
CONCOMITANCE (kon-ko-mi-tan-s') , t. f. Existence simultanée de deux ou de plusieurs choses. Les formalités plus ou moins anciennes ou variées qui accompagnent la réception n'en sont que les concomitances, st-sim. 300, 436. Il est arrivé que par la concomitance d'un collier.... enfin je ne me souviens pas bien de tout cela, begnabd. Sérénade, se. te. || En termes de théologie, par concomitance. Le sang de J. C. dans l'eucharistie est sous l'espèce du pain par concomitance.
— HlST. xvr» s. Si le corps y est, aussi par conséquent et l'ame et la divinité y sont ensemble avec le corps ; si on leur nie ceste déduction qu'ils appellent concomitance, que feront-ils? calv. lnstit. 14 33.
— ÊTYM. Concomitant.
CONCOMITANT, ANTE (kon-ko-mi-tan , tan-t'), adj. Oui se produit en même temps, qui accompagne. Les événements concomitants font comprendre cette disposition des esprits. || Terme de médecine. Symptômes ou signes concomitants, ceux qui accompagnent les phénomènes essentiels et caractéristiques d'une maladie et ne sont qu'accessoires. || 'l'erme d'acoustique. Sons concomitants, sons harmoniques, ainsi nommés, parce qu'ils se produisent spontanément et accompagnent ainsi toujours le son fondamental. Il faut remarquer que M. Rameau fait dériver toute l'harmonie de la résonnance du corps sonore; et il est certain que tout son est accompagné de trois autres sons harmoniques concomitants ou accessoires qui forment avec lui un accord parfait, tierce majeure, j. J. bouss. Examen de deux principes sur la mus. || Terme de théologie. La grâce concomitante, celle que Dieu donne dans le cours des actions pour les rendre méritoires.
— ÊTYM. Le latin eoncomitari, de cum, avec, et comitari, accompagner, de cornes, compagnon (voy. comte).
f CONCORDAMMENT ( kon-kor-da-man ) , adv. D'une manière concordante. Tous les témoins ont déposé concordamment.
— HlST. xv* s. Avons esté empesché de concourdammentvacquer et entendre aux faiz etbesoingnes, Preuves sur le meurtre du duc de Bourg, p. 265, dans lacurne.
— ÊTYM. Concordant, et le suffixe ment.
CONCORDANCE ( kon-kor-dan-s' ) , s. f. || f Rapport de conformité. La concordance des témoignages. Je fus frappé de la concordance de leur songe, bern. de st-p. Paul et Virg. || 2° Nom donné à différents livres où l'on s'est proposé d'accorder les passages des Écritures qui paraissent opposés les uns aux autres. || La concordance de la Bible, index contenant tous les mots de la Bible, et indiquant tous les endroits où ils se trouvent. || Concordance des calendriers, tableau servant à. établir le rapport qui existe entre le calendrier républicain et le calendrier grégorien. ||8° Terme de grammaire. Accord des mots entre eux. La concordance du substantif avec l'adjectif. Syntaxe de concordance, celle par laquelle deux ou plusieurs mots s'accordent entre eux; elle est opposée à la syntaxe de détermination ou de régime.
— HlST. xn" s. Sire, fait cil, la concordance Ot
Iil ouït] de tei e del rei de France, benoît, u, 6226. Quelques-uns] ki par une concordance soi conjoindent encontre nos, Job, 453. ||xiu" s. Il avoieut oï tesmonKnier à lor pères et à lor aieus, que ceste concordance fu fête entre le conte Raoul de Clermont et ses homes de le \la] conté de Clermont, beaum. rxxu, 47. Procureres ne pot fere pes ne mise, ne
acordance, ne concordance de le [la] querele son segnuur, se li pooirs.... id. 86. Et furent faits ces establissemens [de St-Louis] par grand conseil de sages hommes et de bons clers , par les concordances des lois et des canons et des decretales, Ord. des rois de Fr. t. i, p. 4 07.
— ÉTYM. Concordant; espagn. concordancia ; ital. concordania.
j 4. CONCORDANT, ANTE (kon-kor-dan, dan-t'), adj. || l°Où règne la concorde. Le prince de Monaco y ramena sa femme fà Monaco]; le ménage n'en fut pas plus concordant , st-sim. 348 , 72. Rose avait marié sa petite-fille à Portail ; le mariage ne fut point concordant, m. 85, 4 4 2. || 2° Qui est en rapport. Voici la doctrine catholique parfaitement concordante dans toutes ses parties, boss. Projet. || Terme de droit. Qui s'accorde. Les présomptions doivent être graves, précises et concordantes. || Terme de minéralogie. Stratification concordante, stratification à couches parallèles.
— HlST. xvi* s. Et quoy que feu à l'eau contraire soit, Humide chaut toutes choses conçoit; Et par ainsi concorde discordante A geniture est apte et concordante, mabot, iv, 35.
2. CONCORDANT (kon-kor-dan), s. m. Nom qu'on donnait à une espèce de voix entre la taille et la basse-taille, et qui pouvait chanter l'un et l'autre. Un bon concordant. On dit aujourd'hui baryton.
t CONCORDANTIEL, ELLE (kon-kor-dan-si-èl, è-1'), adj. Terme didactique. Qui établit la concordance entre des textes, des calendriers, etc. Table concordantielle. Lexique concordantiel.
— ÊTYM. Concordance.
CONCORDAT (kon-kor-da ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel 1'* se lie : leskon-korda-z et.... Concordats rime avec fracas, mâts, etc.), s. m. || 1" Accord, traité fait entre le pape et un souverain concernant les affaires religieuses de l'État. || Traité entre le pape Léon X et le roi François I" qui convinrent que, les églises cathédrales et les métropolitaines ainsi que les abbayes venant à vaquer, les chapitres ni les monastères n'auraient plus droit d'élire leurs pasteurs, à moins que d'en avoir un privilège particulier du saint-siége, mais que le roi, comme patron de toutes les églises de son royaume, nommerait ces pasteurs; et que le pape leur donnerait les provisions sur le brevet du roi. Le chancelier Duprat fit ce fameux concordat, volt. Mœurs, 138. || Traité fait en 1801 entre Napoléon premier consul et le pape pour le rétablissement des rapports entre le gouvernement français et le pape, et !e règlement des affaires ecclésiastiques. || 2° Terme de commerce. Arrangement suivant lequel un failli obtient de ses créanciers facilité de payement tant par la remise d'une partie des créances que par les délais accordés. I| 3° Convention entre les officiers d'un régiment de l'ancienne armée pour indemniser ceux qui prenaient leur retraite.
— HlST. xvt* s. N'oubliant le concordat qui jadis fut faict contre les empereurs, que nul empereur ne seroit jamais roy des Deux Siciles, brant. Pescayre.
— ÊTYM. Bas-latin concordatum, de concordare.
f CONCORDATAIRE (kon-kor-da-tê-r') , CONCOR- DAT ISTE (kon-kor-da-ti-st'), adj. Se dit des ecclésiastiques qui approuvèrent le concordat de 4 80 1. || Terme de commerce. Failli concordataire, failli qui a obtenu un concordat.
— ÉTYM. Concordat.
CONCORDE (kon-kor-d') , s. f. Union des cœurs ou des esprits. Si c'est pour nous unir d'une étroite concorde.... rotbou, Bélisaire, m, 2 Leur concorde impie, affreuse, inexorable, cobn. Cinna, i, 3. Par lui seul d'entre nous la concorde est bannie, volt. Catil. iv, 2. || Formulaire de concorde, écrit ajouté par les Luthériens à la Confession d'Augsbourg, pour condamner les Zuingliens.
— HlST. xir* s. E si cuncorde et pais li tiens, E que te faces crestiens, [il veut] Qu'amor ferme seit establie Entre vous dous sans tricherie, benoît, ii, 6347. E dit qu'en la cuncorde, quant um les fist amis, Aveit l'uns d'els à l'autre otrié e promis.... Th. le mart. 6ï. || xin" s. Qui moult axnoit mieux les descordes Qu'il ne fit les gentis concordes, Bat. des 7 arts. Si r'avions et pais et concorde, la Bose, 4 474 6. Quel concorde que li banisdeuc livres fâche à nous, il remaint banis as hommes de la chitédusque adont qu'il ara payet lx sols, tailliar, Recueil, p. 39. || xiv" s. Je, dist-il, qui suys aucteur de concorde, uercheure, f° 38, emo. Contencion qui est ennemie et adversaire à concorde, obksme, Eth. 229. Amisté appert estre une chose semblable à concorde, orhsme, Eth. »29. Nennil, ce dit Bertran, par le mien serrementl De concorde, de paix, n'ai
ore nul talent, Guescl. îîios. || xvi" s. 11 est certain que l'esprit n'est point répugnant à soy : quelle sçr» donc la concorde [conciliation]? calv. /nslif. 64î.
— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. concordia, dtt latin concordia, de cum, avec, et cor, cordis , cœur (voy. cœur).
CONCORDER (kon-kor-dé) , V. n. || I" Vivre <Um la concorde, s'accorder. Ils ne peuvent concor-e.. I 2° Être en rapport, correspondre. Leurs témoignages n'ont pas concordé. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HlST. xii" s. Ceo te prie chascun par sei : Concorde nos à nostre rei [fais notre paix], benoît, h, 4036. Quand il soi doinl [donne] concordeir az vwii • ment ploranz, Job, 446. Oreswarde cum proprenr.eu; se concordent altres paroles encor de l'apostle à ce/, trois choses, st bbbn. 570. || xin" s. Et se il n* se pueent concorder, li vallés puet aler en la place au chevet Saint-Gervais, devant la meson la convers»-, Liv. des met. 132. Doubles est qui son fait ne u :•• corde à son dit, Et qui se met à euvre que sa lar.jt;m escoudit, ;. de meung, Test. 763. Et s'il se pucu*. ambedoi concorder d'enclore à moitiet terre et a n J tieteoust, boinert [sera], tailliar, Recueil, p. i >
|| xiv" s. Semblablement convient-il que l'appétit concupiscible se concorde, conferme et obéisse à raison, orksme, Eth. 400. || xv" s. Si estoient lors grands divisions entre les gens d'Eglise, par le moyen des deux contendants, lesquels on ne pouvoit concorder ni faire renoncer à l'Eglise universelle, monstbel. I, ch. 49.
— ÉTYM. Provenç. concordar, concordiar; espagn. concordar; ital. concordare ; du latin concordare (voy. concobde).
f CONCOURANT, ANTE (kon-kou-ran , ran-t'), adj. Qui concourt. || En géométrie, lignes concourantes, lignes qui tendent à se rencontrer. || En mécanique, forces concourantes, forces dont les directions convergent vers un même point.
t CONCOURINE (kon-kou-ri-n1), s. f. Terme de commerce. Drogue qui sert à teindre en jaune.
CONCOURIR, (kon-kou-rir), je concours, nous concourons; je concourais; je concourus; je concourrai; je concourrais; concours, concourons; que je concoure, que nous concourions; que je concourusse; concourant; concouru, v. n. || 1° Se joindre pour une action commune, pour un effet commun, pour une opinion commune. La conduite de Dieu est admirable pour faire concourir toutes choses à la gloire de sa vérité, pasc. Prov, (8. Le prince les faisait concourir au bien public, boss. Hist. lu,
6. Toutes ces choses concourent à établir les livres divins, id. Hist. n, 43. Tout semblait concourir à le sauver, id. Polit. L'idée de la perfection et celle de la félicité sont deux idées qui concourent, id. Culte, 4. Si mon jugement ne me trompe pas, si, rappelant la mémoire des siècles passés, j'en fais un juste rapporta l'état présent, j'ose croire, et je vois les sages concourir à ce sentiment, que les jours d'aveuglement sont écoulés et qu'il est temps désormais que la lumière revienne , id. Rcme d'Anglet. Et si de la valeur le succès doit dépendre , J'espère que la mienne y pourra concourir, volt. Triumv. n , G. Son fait [d'une devineresse] consistait en adresse; Quelques termes de l'art, beaucoup de hardiesse, Du hasard quelquefois, tout cela concourait; Tout cela bien souvent faisait crier miracle, la font. Fabl. vu, 4 6. Au milieu de tant de gens concourant à leur plaire, J. j. bouss. Ëm. iv. |] Coïncider. Cette époque concourt avec le temps où.... boss. Uisl. i, to. || 2° Terme de géométrie. Avoir, en parlant de lignes, une direction telle qu'elles doivent se rencontrer. Deux lignes qui concourent en un point. || 3" Avoir les mêmes droits, la même condition. Tous les officiers de l'armée concourent pour l'avancement. || Terme de droit. Se dit en parlant des créanciers quand leur hypothèque est de même date. || On dit des provisions de la cour de Rome pour un bénéfice qu'elles concourent, quand elles sont datées du même jour, cas où elles sont toutes deux nulles. || 4° Être en concurrence. Concourir pour le prix d'éloquence, de peinture, pour une chaire de droit, de médecine. Il [Philippe IV] envoya le comte de Fuentes déclarer au roi que les ministres espagnols ne concourraient plus dorénavant avec ceux de France [pour la préséance] , volt, iout's 17 1",
7. || Se dit aussi en parlant des ouvrages envoyés à un concours. Ce livre a concouru pour les prix de l'Académie. || Subir les épreuves d'un concours. 11 concourt en ce moment à l'école de droit.
— HIST. xvi" s. Il estoit vulgaire, si d'aultres plus fortes qualitez n'y concurroieiit.de.... mont, m, 61. L'auctorilé y couc quand et la raison, id. m, 67.
CON
TON
CON
— ÊTYM. Provenç. cnncurrrr; espagn. concurrir ; ital. concurrent du latin concurrere, de cum, et currere (voy. courir).
CONCOURS (kon-kour; l'j ne se lie pas : un concours odieux, dites: un kon-kour odieux), s. m. || 1° Action d'une foule qui se porte vers un point; affluence. Le concours des curieux était très-grand. L'audace d'une femme arrêtant ce concours.... bac. Alhal. i, t. Je voulais éviter cette foule importune; Au devant de mes pas le concours s'est grossi , m. j. chénier, Gracques, i, 6. Me refusant d'abord à ce concours d'hommages, ducis, Hamlet , iv, 7. Un concours pénitent de dévots pèlerins, De l'Helvétie entière inonde les chemins, masson, Uelvéliens, v. || 2° Action de se trouver ensemble, rencontre. Un concours de voyelles formant un hiatus. Le favorable concours des circonstances. Le monde, formé, suivant Démocrite, par le concours des atomes. Fuyez des mauvais sons le concours odieux, boil. Art p. I. Formé par un concours fortuit des premiers corps, boss. Ilist. Il, i. || Coïncidence. Le concours de deux époques. || Terme de géométrie. Le concours de deux lignes, leur intersection. || 8° Terme de jurisprudence. Se dit lorsque plusieurs prétendent droit à un même objet. Concours entre créanciers. Concours de privilèges, lorsque plusieurs créanciers privilégiés se disputent la priorité. || Concours d'actions, lorsque plusieurs actions concourent pour obtenir un même résultat. || 4° Action de concourir, de coopérer à un résultat. [Ces choses] dépendent du concours de deux causes, desc. Médit. 4. Et prêtant son concours à ce fameux ouvrage, rotrou, St-Gen. iv, 2. 11 veut que Dieu l'y soutienne par un concours extraordinaire, bourd. Carême, i, Tentât. \ 97. Il fallait qu'il y eût un certain concours entre les opérations de l'âme, boss. Conn. de Dieu, 4. || Terme d'administration. Concours de l'État, des communes, intervention financière dans l'exécution des travaux publics, dans une entreprise. || 6° Lutte dans laquelle plusieurs concurrents se disputent des prix, des primes, des chaires; épreuve entre ceux qui prétendent à un emploi, à l'exécution d'une œuvre d'art. Le concours est ouvert. Un brillant concours. Mettre une chaire au coucours. || Concours général, et, absolument, concours, compositions, par classes respectives, entre l'élite des élèves des lycée* et collèges de Paris et du lycée de Versailles. || Dispute ou examen qui se fait à Rome pour obtenir certains bénéfices vacants.
— hist. xvi* s. Quand il se fait un concours [réunion] de plusieurs personnes pour quelque occasion, amyot, De la curiosité, 22.
— ÉTYM. Espagn. concurso; ital. concorso; du latin concursus, de cum, et cursus, cours.
t CONCRESCIBILITÉ (kon-krê-ssi-bi-li-té), s. (. Qualité de ce qui est concrescible.
fCONCRESClBLE (kon-krè-ssi-bl') , adj. Terme didactique. Qui peut prendre une consistance concrète.
— ÊTYM. Latin cuncrescere , se réunir, de cum, et crescere, croître : croître avec (voy. croItre).
CONCRET, ETE (kon-krè, krè-l'), adj. || 1° Terme didactique. Qui a une consistance plus ou moins solide, par opposition à fluide. Les coquilles fossiles liées par une vase plus ou moins concrète. || î" Terme de grammaire et de logique. Terme concret, celui qui exprime une qualité considérée dans un sujet, par exemple un papier rouge, par opposition à terme abstrait, celui qui exprime une qualité séparée du sujet, par exemple la rougeur. || Verbe concret, celui qui par l'analyse peut se résoudre en deux termes : le verbe être et un attribut. Aimer est un verbe concret, car il se décompose en être aimant. || 3° Terme d'arithmétique. Nombre concret, nombre qui exprime l'espèce d'unités: dix soldats, cent moutons sont des nombres concrets; dix, cent sont des nombres abstraits. || 4° Terme de philosophie. Science concrète, science qui a pour domaine un objet particulier, par opposition à science abstraite, celle qui s'occupe des lois générales d'un certain domaine. La géologie est une science concrète , ayant pour sujet la terre, et la chimie est une science abstraite, ayant pour objet les lois générales de la composition et de la décomposition moléculaires.
— REM. L'Académie écrit concrète avec un seid t, et muette avec deux t, ce qui n'est pas conséquent.
— HIST. xvi* s. La liqueur demeure concrette et glacée, paré, xvm, 44.
— ETYM. Provenç. concret ; espagn. et ital. concreto; du latin concrelus, du supin concretum. de concrescere, se réunir, de cum, et crescere, croître: croître avec.
t CONCRETE, ÉE (kon-kré-té, tée), part, passé. Devenu concrel. L'opium concrète sur les capsules incisées du pavot dont il découle.
t CONCRÉTER (SE) (kon-kré-té; l'accent aigu se change en accent grave devant une syllabe muette: il se concrète, excepté au futur et au conditionnel : il se concrétera, il se concréterait) , v. réfl. Terme didactique. Se coaguler, se prendre.
— REM. Destutt de 'I'racy a forgé dans son Traité d'idéologie, ch. 8, le barbarisme concraire : a Cette opération de l'esprit.... n'a point de nom dans la langue française, on peut l'appeler concraire par opposition à abstraire. » Il aurait beaucoup mieux valu dire concréter activement pour l'opération de former des idées concrètes.
— ÊTYM. Concret.
CONCRÉTION (kon-kré-sion ; en poésie, de quatre syllabes),», f. || i* Action de s'épaissir, de se solidifier. La concrétion du lait. || 2° Agrégation de parties solides. Concrétion saline, pierreuse. || Terme de médecine. Production de nouvelle formation, organisée ou non, qui se forme dans l'épaisseur des tissus, dans les articulations, dans les conduits et réservoirs. Concrétions arthritiques, biliaires. || 3° Terme de chirurgie. Adhérence de parties qui doivent être séparées.
— HIST. xvi* s. Ceste humidité estengendrée après la mort par l'eihalation et concrétion des esprits, paré, u, 40.
— ETYM. Provenç. concrecio; ital. concrezione; du latin concretionem , de concretum (voy. concret).
t CONCRÉTIONNAIRE (kon-kré-sio-nê-r'J , adj. Terme de géologie. Roches concrétionnaires, roches disposées en masses ou rognons.
— ÊTYM. Concrétion.
t CONCRÉTIONNÉ, ÉE (kon-kré-sio-né, née), part, passé. Terme de minéralogie. Qui a le caractère d'une concrétion. || Terme de géologie. Qui a été formé par infiltration ou par dépôts successifs, comme les stalactites.
t CONCRÉTIONNER (SE) (kon-kré-sio-né), V. réfl. Terme didactique. Se former en concrétion.
— ÊTYM. Concrétion.
CONÇU, UE (kon-su, sue), part, passé de concevoir. || 1* Formé dans le sein de la mère. || Fig. Formé dans le cœur, dans l'esprit. Les jalousies conçues sur de fausses apparences, mol. les Préc. se. 6. Cet horrible dessein Ne fut jamais, seigneur, conçu dans votre sein, rac. Brit. iv, 3. || 2° Disposé, arrangé, combiné. Projet bien conçu. D'une paix mal conçue elle m'a fait le gage, corn. Rodog. m, 3, Jamais contre un tyran entreprise conçue Ne permit d'espérer une si belle issue, id. Cinna, i, 3. || Exprimé, rédigé. Discours conçu en termes menaçants. Les sentiments des saints Pères, conçus et exprimés en leurs propres termes, pasc. Prov. 3. f CONCUBIN (kon-ku-l)in) , s. m. Termed'ancienne jurisprudence. Celui quivitavecuneconcubine. || Au piur.L'hommeetlafemme qui viventen concubinage. Les libéralités étaient interdites entre concubins.
— HIST. xv* s. Le suppliant respondi : ort, vil, villain, concubin, je ne te crains, du cange, concubinarius.
— ÊTYM. Voy. concubine.
CONCUBINAGE (koi)-ku-bi-na-j'), s. m. État d'un homme et d'une femme non maries qui vivent ensemble. Il a fallu, dans ces pays, flétrir le concubinage, montesq. Esp. xxiii, 6. Madelon : Quoi ! débuter d'abord par le mariage? — Gorgibus : Et par où veux-tu donc qu'ils débutent? par le concubinage? mol. Préc. se. 6. Ce libertinage [du duc d'Orléans et de Mme d'Argenton] , devenu abandon depuis tant d'années , s'approfondissait de plus en plus, et il était devenu non-seulement concubinage, mais ménage public, st-sim. 253, 146.
— HIST. xv* s. Icellui Jaquet et Perrette demouroient ensemble en quoqubinaige, du cange, concubinarius. ||xvi's. Donation en mariage, ni concubinage, ne vaut, loïsel, 4 27.
— ÊTYM. Concubine.
CONCUBINAIRE (kon-ku-bi-nê-r'), s. m. Celui qui vit en concubinage.
— HIST. xvi* s. Cela fut très bien dit contre les paillars et concubinaires, la boétie, 312. Don de concubinaire à concubine et de concubine à conoubinaire frequentans et conversans ordenairement ensemble, ne vaut, Coustumier génér. t. n, p. 4 77.
— ÊTYM. Concubine.
i CONCUBINAIREMENT (kon-ku-bi-nê-re-man) , adv. A la façon des concubinaires.
— hist. xvi* s. C'estoit à cause des femmes que l'on detenoit concubinaireinent par force, carl. vi, 5.
— ÊTYM. Concubinaire, et le suffixe ment.
t CONCUBIN AT (kon-ku-bi-na), *. m. Chez les
Romains, sorte d'union légale, mais inférieure, qui ne produisait pas les effets civils des justes noces.
— ÊTYM. Voy. concubine.
CONCUBINE (kon-ku-bi-n'), s. f. Femme qui vit avec un homme sans être mariée avec lui. Henri VIII ne pouvait déclarer la tante de l'empereur concubine, volt. Mœurs, (36. || Dans l'antiquité et dans l'Orient, femme qui fait partie du harem d'un prince. Darius se faisait suivre par trois cent soixante-cinq concubines, et toutes en équipages de reines, vaugel. Q. C. liv. m, ch. ». || A Rome, la femme unie par le concubinat.
— HIST. xiv* s. H [Sardanapalus] restoit tousjours enclos avecques ses concubines, ohesme, F.th. v, ». || xv* s. Et dirent ainsi, que ce duc de Lancastre s'etoit trop forfait et vitupéré quand il avoit espousé sa concubine, froiss. m, iv, 60.
— ÊTYM. Provenç. espagn. et ital. concubina; du latin concubina, de cum, et cubare, coucher (voy. couver).
CONCUPISCENCE (kon-ku-pi-ssan-s'), s. f. Terme de dsgmatique. Le fond d'inclination naturelle qui nous fait désirer la jouissance des biens sensibles et surtout des plaisirs charnels. Une concupiscence naissante, fléchier, i, 326. Ils vous ont porté à chercher votre bien dans les concupiscences qui sont le partage des animaux, pasc. Car. ta. Que si, lâchant la bride à sa concupiscence, 11 emporte la jouissance Où l'a fait aspirer ce désir déréglé.... corn. /mtt.i,6. Les passions de son cœur lui cachent presque toujours la vérité et ne la lui laissent parattre que lorsqu'elle est teinte de ces fausses couleurs qui flattent la concupiscence, halebr. Recherche, vi, t.
— SYN. concupiscence, cupidité, avidité, convoitise. La concupiscence est un état habituel de l'âme qui la porte vers la jouissance de toutes les sortes de biens sensibles. La convoitise est un vif désir de quelque chose que nous désirons posséder. L'avidité est un désir insatiable. La cupidité est, d'une façon restreinte, le désir d'avoir de l'argent, des richesses.
— HIST. xiv* s. Concupiscence apetice [devient plus petite] par li résister, obesme, Eth. xi, 47. E< un autre fait adultère par sa concupiscence, et y despent du sien et en suefre damage, id. ib. 143. || xvi* s. Il ne fut jamais modéré en ses concupiscences, ny par pauvreté lorsqu'il estoit jeune, ny par l'aage après qu'il fut devenu vieil, amyot, Sylla et Lysand. 6. La vertu qui règle la concupiscence, et qui limite ce qui est modéré et opportun es voluptez, se nomme tempérance, id. De la vertu morale, 2. Le mariage estoit un nom d'honneur et dignité, non de folastre et lascive concupiscence,
— ÊTYM. Provenç. concupiscenlia ; espagn. conçupiscencia; ital. concupiscenza ; du latin concupiscenlia, de cum. et cuperr, désirer (voy. cupide).
t CONCUPISCENT, ENTE (kon-ku-pi-ssan, san-f), adj. Qui est livré à la concupiscence.
— ÊTYM. Voy. concupiscence.
CONCUPISCIBLE (kon-ku-pi-ssi-bl'), adj. Terme
de scolastique. Appétit concupiscible, l'inclination qui porte l'âme vers ce qu'elle considère comme un bien. Les philosophes appellent appétit concupiscible celui où domine le désir, boss. Conn. de Dieu, i, 6. Les anciens philosophes, en analysant l'âme humaine, y admettaient trois facultés, la concupiscible, l'irascible et la raisonnable, bebn. de st-p. Harm. liv. v, harm. anim.
— HIST. xiv* s. Que l'appétit concupiscible se concorde, conforme et obéisse à raison, oresme, Thèse de meunier. L'autre puissance est concupiscible, et généralement tout appétit sensitif, id. Eth. 3<. || xvi" s. La partie intelligente [de l'âme] résiste bien souvent à la concupiscible et irascible, amyot, De la vertu morale, 4. La faculté concupiscible, paré, xv, 62. La vertu concupiscible ou désireuse, id. xvm, 3.
— ÊTYM. Concupùcibifis (voy. concupiscence)
t CONCURE (kon-ku-ré), s. m. Prêtre qui exerçait la charge de curé concurremment avec d'autres.
— ÉTYM. Con, et cure'.
CONCURREMMENT (kon-ku-rra-man) , adv.
|| 1° Par un concours mutuel, ensemble. Ils ont agi concurremment.il faut que le criminel, concurremment avec la loi, se choisisse des juges, montesq. Esp. xi, 6. Vous avez saisi mon système: il consiste à attribuer concurremment le droit de faire la paix ou la guerre aux deux pouvoirs que la constitution a consacrés, Mirabeau, Collection, t. m, p. 34o. || 2* En concurrrence l'un de l'autre. Ils briguaient
CON
cette charge concurremment. ]| 3" Terme de pratique. Au même rang. Ces créanciers viennent en ordre concurremment.
— ÉTYM. Concurrent, et le suffixe ment.
CONCURRENCE (kon-ku-rran-s') , *. f. || 1* Prétention de plusieurs personnes à un même objet. Un fils qui veut entrer en concurrence avec son père , mol. V Av. iv , 4. Dans les mouvements de l'ambition et les vivacités des concurrences, mass. Car. Conf. Doux et patient dans les concurrences infinies des intérêts et des passions, id. Carême, Samar. Dieu rompait une société de plaisirs par des dissensions et des concurrences, id. Profession religieuse, Sermon t. Tout se réduisit à deux méthodes [pour construire les vaisseaux] : l'une de M. du Quesne si fameux et si expérimenté dans la marine, l'autre de M. Renau jeune encore et sans nom ; la concurrence seule était une assez grande gloire pour lui , fonten. Renau. C'est vous qui leur gagnez sur moi la préférence, Moi que déshonorait la seule concurrence, volt. Catil. II, 4. Vous voyez toutefois qu'en cette concurrence Un monarque entre nous met quelque différence, corn. Cid, i, 3. Après une amitié de vingt ans, tous deux se crurent des droits à une même place, et cette concurrence, qui aurait détruit peut-être sans retour une amitié commune, ne put altérer celle de MM. d'Arci et le Roi, condorcbt, d'Arci. || Être en concurrence, être en balance, incertain. Grâce à Dieu, mon bonheur n'est plus en concurrence, mol. Éc. des f. y, 3. || Entrer en concurrence avec, balancer. Nul intérêt n'était jamais entré dans son âme en concurrence avec la vérité, mass. Or. (un. Conty. Le mérite qui entre en concurrence avec lui, id. Petit car. Tentât. || 2" Terme de commerce. Rivalité entre marchands ou fabricants ou entrepreneurs. Redouter, soutenir la concurrence. La concurrence que certains produits français font aux produits anglais sur les marchés de l'Amérique. || En termes d'économie politique, le principe de la libre concurrence, liberté pour les individus de concourir dans toutes les branches de la production. Concurrence des bras, des capitaux. C'est la concurrence qui met un prix juste aux marchandises, montesq. Esp. xx, (0. L'effet d'un régime réel de liberté et de concurrence est do nous mettre tous dans une situation où chacun peut tirer de ses forces et de ses ressources tout ce que légitimement elles peuvent donner, dunoyer, Liberté du travail, t. i, p. 450. || 8° Terme de jurisprudence. Égalité de droit, de position, d'ordre. Venir en concurrence avec tel et tel créancier. || Droit qui appartient à différents juges ou officiers publics de connaître d'une affaire. || 4° Concurrence d'office, terme de bréviaire, qui se dit lorsqu'aux secondes vêpres d'une fête double il se trouve un autre office de fùte double qui se doit célébrer le jour suivant. | 5° Jusqu'à concurrence, jusqu'à la concurrence de, jusqu'à ce que telle somme soit remplie, acquittée. Vous rembourserez jusqu'à concurrence de tant. || Absolument. Jusqu'à due concurrence.
— HIST. xV s. Aucune fois la concurrence Des signes et les mocions Avec les opposicions, eust. desch. Poésies mss. f" 450, dans lacurne. || xvi' s. Si elle meritoit ce beau nom, ce debvoit estre en concurrence, non par privilège, mont, i, 69. [Nous nous liâmes] d'une faim , d'une concurrence pareille, id. i, 213. Nous avons formé une vérité par la consultation et concurrence de nos cinq sens, id. ii, 359. La réduction de l'Eglise en bonne concurrence et union de doctrine, M. du bell. 346. Alors ilz departoient à leurs gens des biens qu'ilz y trouvoient, jusques à la concurrence de ce qui leur pouvoit estre deu de souldg, amyot, Eumènes, 4 5. 11 y avoit desja quelque peu de picque entre eulx, et ceste concurrence [pour la préture] les meit encore plus avant en querelle, amyot, Brutus, 8.
— ÉTYM. Concurrent.
CONCURRENT, ENTE ( kon-ku-rran , ran-t') , t. m. et f. || 1° Celui, celle qui prétend à une chose en même temps qu'un autre. 11 s'est débarrassé de la foule importune, Du turbulent espoir de tant de concurrents, corn. Pulch. il, ). La reine des dieux serait bien aise de nuire à sa concurrente, la font. Psych. liv. il, p. <57. L'orgueil assortit mal ces superbes rivaux [Pompée et César], Et, bien que concurrents, ils ne sont pas égaux , brébeuf, Phars. i. Tous chemins vont à Rome; aussi nos concurrents Crurent pouvoir choisir des sentiers différents, la font. Fabl. xii, 37. On dit que Psyché lui dispute [à Venus] la prééminence des charme»; c'est justement le moyen de la rendre furieuse; sa concurrente fera fort bien de ne pas tomber entre ses mains,
CON
la font. Psyché, h, p. H 7. Mais si pour concurrent je n'avais que mon frère, rac. Phèd. n, 2. On ne sent aucune jalousie dans M. Ceibnitz; il excite tout le monde à travailler; il se fait des concurrents s'il peut, fonten. Leibnits. Concurrent malheureux à cette place insigne, volt. Catil. i, 5. L'oracle est accompli dans tous ses points , excepté dans celui qui exige qu'il terrasse ses rivaux; mais il a fait plus, il a sauvé la vie du seul concurrent qu'il pouvait craindre, volt. Princesse de Babyl. 2. || 2° Terme de commerce et d'adjudication. Celui qui fait concurrence; celui qui dispute une enc'aère. || 3° Adjectivement. Qui concourt, qui agit simultanément Il y a des muscles qui se meuvent ensemble pour s'aider les uns les autres; on les peut appeler concurrents, boss. Connaiss. H, 2. || Jours concurrents, jours surnuméraires aux cinquante-deux semaines de l'année (l'année commune étant de 52 semaines et un jour, et l'année bissextile de 52 semaines et deux jours); ainsi nommés, parce qu'ils concourent avec le cycle solaire ou qu'ils en suivent le cours. La première année du cycle solaire on compte un concurrent; la deuxième deux; la troisième trois; la quatrième quatre; la cinquième six, parce que cette année est bissextile; la sixième sept; la septième un, et ainsi de suite, en recommençant toujours par un après avoir compté sept, parce qu'il n'y a que sept concurrents, autant que de lettres dominicales.
— HIST. xm* s. Li autres nombres a nom concurrens, parce qu'il cort avoec les réguliers por inonstrer par quel jor cascuns mois entre, Comput, f° 4. || xvi* s. L'autre roy Agesilaus son concurrent [compagnon, co-roi], se trouvant lors en fort bas aage, amyot, Agesilaus, 32. Au mesme temps, Curion, compagnon et concurrent de Faonius en cest office d'œdile, id. Cat. d'Uliq. 62. C'est une louange propre et singulière à Dion qu'il n'a point eu de concurrent ny d'aide à ce faire , comme Brutus eut Cassius, id. Dion et Brutus, i. Pour cela il fault que puissance et fortune soyent concurrentes en un, avec justice et prudence, id. Dion, ).
— ÉTYM. Provenç. concurren; espagn. concurrente; ital. concorrente; du latin concurrere, concourir (voy. concourir).
CONCUSSION (kon-ku-ssion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Exaction, malversation dans l'administration des deniers publics. Sosie de la livrée a passé par une petite recette à une sous-ferme : et par les concussions, la violence et l'abus qu'il a fait de ses pouvoirs, il s'est enrichi sur les ruines de plusieurs familles, la bbuy. vi. || Terme de droit. Perception frauduleuse, par un fonctionnaire, de taxes qui na sont pas dues.
— HIST. xvi' s. Le mut esternua en insigne véhémence et concussion [secousse] de tout le cors, rab. Pant. m, 20. C'est une chose merveilleuse, que la foy soustient les cœurs des fidèles au milieu de telles concussions et si rudes, calv. lnstit. 434. Les oiseaux qui tumbent de l'air en terre ne cheent pas pource que l'air, agité par aucune véhémente concussion, se rompe ny se fende.... amyot, Pump. 39. En l'exercice duquel estât il se gouverna si honnestement, qu'il ne fut jamais souspeçonné de corruption ny de concussion quelconque, id. Cicéron, <(. Exemptes d'avarice, cruauté, ambition, injustice et de toute concussion, carl. ix, i. Par tel tremblement est faite une secousse et concussion de tous les humeurs contenus dedans le corps, paré, Introd. 25.
— ÉTYM. Lat. concussio, proprement secousse, ébranlement, et, par extension, extorsion; du supin concw.sum, de concutere, de cum, etcutere, frapper.
CONCUSSIONNAIRE (kon-ku-ssio-nê-r'). || 1° S. m. Celui qui se rend coupable de concussion. Un concussionnaire qui ne pardonnait pas àSénèquele châtiment de ses extorsions, dider. Ess. sur Claude. Il 2" Aclj. Ministre, percepteur concussionnaire.
— HIST. xvi* s. Et neantmoins ne se peut Opimius garder d'estre concussionnaire et larron, amyot, Opim. 54. Aussi à la vérité, il ne fust jamais concussionnaire, carl. vi, H.
— ÉTYM. Concussion.
CONDAMNABLE (kon-da-na-bl'), adj. Qui mérite d'être condamné, d'être blâmé. Action condamnable. Il est condamnable d'avoir ainsi parlé. Ah! d'un si grand service oubli trop condamnable, rac. Esth. 11, 3. Vous voulez voir encor cet objet condamnable, volt, faner, il, 5.
— HIST. xvi* s. Ils seroyent condamnables si ils y parveuoyent au détriment public ou particulier, lanoue, 86.
— ÉTYM. Condamner.
CON
CONDAMNATION (kon-da-na-sion; en poésie, de ciii'j syllabes),», f. || l'Action de condamner: j ment qui condamne. 11 y a eu condamnation contre lui. Condamnation à l'amende, aux travaux forcés. Condamnation contradictoire. || La chose à laquelle on est condamné. Condamnation solidaire. || La peine infligée. Subir sa condamnation. || Au plur. Les condamnations, amende, dommages-intérêts, réparations, frais, etc. résultant du jugement. Acquitter les condamnations. || Passer condamnation , consentir que la partie adverse obtienne jugement à son avantage. || Subir condamnation, acquiescer à un jugement dont on pourrait interjeter appel. || Fig. Passer condamnation, reconnaître qu'on a eu tort. Il a peur qu'on ne croie qu'il ait passé condamnation sur les livres de Mme Guyon, boss. Relat. Ce ministre passe condamnation pour Luther et pour Mélanchthon, id. Avert. 2. Passez donc condamnation sur le fait, id. Avert. 4. Il est prêt à passer condamnation pour prévenir l'arrêt du juge, id. Pén. <. Il Dans le même sens, prendre condamnation. Il fait sentir la supériorité qu'il a; je la lui passe tout entière, et je prends condamnation, montesq. l.ett. pers. 74. Il 2° Blâme. Notre amour-propre souffre plus patiemment la condamnation de nos goûts que de nos opinions. || 3° Ce qui fait improuver, blâmer. La conduite de ce ministre est la condamnation de celle qu'ont tenue ses prédécesseurs. Ils auraient porté avec eux leur condamnation, boss. llist. 11, 13. Il a mangé et bu sa condamnation [en communiant], mass. Car. Comm.
— HIST. xvi' s. Il faut que moi et eux passions condamnation sitost que Dieu a parlé, Calvin, 221. Nous avons esté rachetez de condamnation de mort, id. lnstit. 624.
— ÉTYM. Provenç. condemnaeion, condempnation; espagn. condenacion; ital. condennazione ; du latin condemnationem , de condemnare, condamner.
tCONDAMNATOIRE(kon-da-na-toi-r'),adj.Terme d'ancienne pratique. Qui porte condamnation.
— HIST. xvi* s. Condamnàtoire, monet, Diet.
— ÉTYM. Provenç. condempnatori ; espagn. tondenatorio; ital. condannatorio ; du latin condemnatorius, de condemnare, condamner (voy. condamnkr).
CONDAMNÉ, ÉE (kon-da-né, née), part. pas.,é. Il 1° Qui a subi une condamnation. La partie condamnée. Un criminel condamné à la peine capitale. Il est certain qu'il y a des démons, des génies malfaisants et condamnés à des tourments éternels; la religion nous l'apprend, fonten. Oracles, 1, 1 J| Substantivement. Un condamné, une condamnée, ne se dit qu'en matière criminelle. Le dernier jour d'un condamné, titre d'un livre de V. Hugo. || Fig. Qu'elle puisse à nous voir n'être plus condamnée, RAC. lphig. m, 4. Il 2" Blâmé. Conduite condamnée par tout le monde. Homme condamné même par ses amis. Quel crime a donc commis ce fils tant condamné? rac Brit. iv, 2. Ociell si notre amour est condamné de toi, id. Baj. 1, 4. C'est une erreur condamnée de dire que le prêtre ne peut ni ne doit point absoudre le pénitent, à moins que celui-ci n'ait pleinement satisfait à toutes les oeuvres qui lui ont été ordonnées, bourd. Pensées, t. m, p. 436. || 3° Un malade condamné par son médecin, un malade duquel le médecin pense que la maladie est mortelle. Il 4° Porte, fenêtre condamnée, porte, fenêtre qu'on a bouchée et qui ne s'ouvre plus.
CONDAMNER ( kon-da-né), V. a. || 1" Terme de jurisprudence. Prononcer un jugement contre quelqu'un. Condamner quelqu'un à la mort, à l'exil, aux dépens, à l'amende. Dieu condamne et punit ceux qui l'offensent, la bruy. xvi Un peuple infortuné Qu'à périr avec moi vous avez condamné, rac. Esth. m, 4. L'un défenseur zélé des bigots mis eu jeu Pour prix de ses bons mots le condamnait au feu, boil. Épit. vu. Il En style judiciaire, on dit condamner en, quand il s'agit d'une somme d'argent. La cour l'a condamné en mille francs d'amende. C'est un archaïsme. || On a dit condamner de, en place de condamner à, qui est seul usité présentement. Quelqu'un vient d'être condamné en justice de payer pourun autre, la bruy. Théophr.12. || 2° Par extension, il se dit des choses qui portent condamnation. Voilà les preuvesqui l'ont condamné. || 3° Condamner un livre, en parlant des tribunaux ecclésiastiques ou civils, en interdire la lecture et en ordonner la saisie ou la destruction. || 4" Fig. Réduire, astreindre, vouer. Ses fonctions le condamnent à une extrême assiduité. Il est condamné par ses infirmités à quitter le service miliuiire. Un rigoureux devoir me condamne au silence, rac. ilithr. 11, 6. Quel champ couvert de morts me condamne au silence? id. Iphig. iv. 4. Apprendre à
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quel mépris Titus l'a condamnée, H>. Bérén. m, 2. Kst-ce qu'à faire peur on veut vous condamner? boil. Sat. x. || 6" Par analogie, blâmer, désapprouver, réfuter. Polydamas a condamné les entreprises d'Adraste, il en a prévu les suites funestes, fên. Tél. xxi. Vous-même condamnant vos injustes desseins, Tantôt à vous psrer vous excitiez mes mains, bac. Phèd.i, 3. Je condamnai mes pleurs, et jusques aujourd'hui Je l'ai pressédefeindreetj'aiparlépourlui, m. liaj. i, ♦. Des témoins de sa mort viennent à tous moments Condamner votre doute et vos retarderaents, id. Uilhr. i, 3. Je condamnai les dieux; et, ;ans plus rien ouïr, Kis vœu sur leurs autels de leur désobéir, id. Iphig. i, 4. Je ne vois que malheurs qui condamnent les dieux, id. Andr. m, 4. || Condamner de..., taxer, accuser. Les ornements ne la font point condamner de trop d'artifice, corn. Ex. de Cinna. Il n'oserait condamner d'aucun péché un homme qui .... pasc. Prov. 7. Et c'est trop condamner ma bouche d'imposture, mol. Tart. iv, 3. Ne me condamnez point d'un deuil hors de saison [ne m'accusez pas d'avoir un deuil hors de saison] , mol. Sgan. 48. Le peu de théologiens qui s'opposent à ce concours sont condamnés de témérité pa,r vus les autres, boss. Libre arb. ». || 6° Condamner un malade, prononcer qu'il ne réchappera pas de la maladie dont il est atteint. Ils attendent que les médecins les aient condamnés, boss. ii, Pinil. 3. Estil quelque espérance [pour le duc de Berry blessé]? Hélas! un lugubre silence A condamné son triste époux [de la ducnesse] , v. hugo, Odes, i, 7. || Terme de marine. Condamner un navire, le rayer, comme trop vieux, de la liste des navires qui peuvent faire un service actif; décider qu'il ne prendra plus la mer, qu'il servira de ponton, ou qu'il sera démoli. || 7° Condamner une porte, une fenêtre, la clore de manière qu'elle ne puisse être ouverte. On condamna la cave, on ferma la cuisine, boil. Sat. x. Quand par votre ordre exprès elle a vu travailler Ce maudit serrurier venu pour nous griller, Qu'elle a vu ces barreaux et ces grilles paraître Dont ce noir forgeron condamnait sa fenêtre.... regnard, Folies amour, il, 8. || 8* Se condamner, v. rifl. Être condamné. Car, selon l'intérêt, le crédit ou l'appui, Le crime se condamne ou s'absout aujourd'hui, régnier, Sat. m. || Donner des preuves contre soi. Il se condamne par son propre récit. || Se condamner l'un l'autre. Au dernier jour, tous vos auteurs s'élèveront en jugement les uns contre les autres, pour se condamner réciproquement dans leurs effroyables excès contre la loi de Jésus-Christ, pasc. Prov. (3. || S'astreindre, s'obliger. 11 se condamnait, en rendant les sceaux, à rentrer dans la vie privée, noss. le Tellier. Quelle serait la puissance des rois s'ils se condamnaient à en jouir tout seuls? ma^s. Pet. Car. Humanité.
— HIST. xii" s. [Ils] Cuveiterunt en l'aneme [âme] del juste, e sanc nunnuisant [innocent] condemnerunt, Liber psalm. p. 4 38. || xm" s. Li apostoles assanla [assembla] un grant concilie pour condempnerl'empereour, Chr. de Rains, 427. Et maistres Pierre de la Vigne revint de Lions, et conta à l'empereour cornent il estoit condempnés de tiere, t'6. Tuit cil qui moerent avant qu'il soient condampné de vilain cas de crieme, beaum. vu, 8. || xiv* s. Aucuns dotteurs font ici ceste question assavoir mon se le juge doit condempner celui que il scet certainement estre innocent, oresme, Eth. 462. Il condempne un larron à mort non pas comme prestre mais comme juge, id. ib. 4 64. || xv* s. Le pape et les prélats contournèrent du tout la roine d'Angleterre et condamnèrent en son tort, et mirent le roi d'Angleterre et son conseil à son droit, froiss. i, i, 44. Mais encore ne volt il mie [Piètre du Bois] le pont condamner [fermer] de tous points, id. ii, ii, 478. Et ainsi se condempna le roy en ceste amende, congnoissant iju'il avoit trop parlé, comm. iv, to. || xvi* s. Gardons-nous d'imposer le nom de justice aux œuvres qui sont condamnées de pollution par la bouche de Dieu, calv. Instit. 809. Estre condemné à mort, mont, i, 64. Ceux qui condemnent les punitions capitales aux hérétiques [ceux qui blâment ces condamnations] , id. i , 65. Prins et condemné à la mort, m. i, 65. J'ay tousjours accusé d'impertinence ceulx qui condamnent ces esbattemens, id. i, 4 98. Condamner ces choses impossibles, c'est se faire fort de.... id. i, 202. Les condamnez qui attendoient l'exécution.... id. ii, 39. Ceux qui condamnent les autres par orgueil, il avient après que Dieu les condamne par justice, lanoue, 72. Ne retirant point du tout nostre dilection de leurs personnes, encore que leurs erreurs et meschancetez soient condamnées de nous, id. 7«. On en condamne aussi quel-
ques uns d'aller aux guerres de Barbario, id. 160. Quant à moy je ne veulx point ainsi rejelter ny condemner une histoire si renommée, amïot, Solon, 66. Il condemna les Corinthiens en une amende de vingt talents envers eulx, id. Thém. 46. On feit condemner et murer la porte de l'estiive, id. Cimon, 6. En quoy il ne mérite point d'eslre blasmény condemné d'ingratitude, ains.... id. Pomp. 2». Le roi fit condamner de pierres et autres meubles la porte ordinaire, d'aub. Hist. m, 4 5). Tel a bonne cause qui est condempne, cotgravb.
— ÉTYM. Proveuç. condampnar; espagn. eondemnar; ital. condcnnare, condanmare; du latin condcmnare, de cvm, et damnare (voy. damner).
t CONDEMNADE (kon-da-ua-d.'), *. f. Ancien jeu de cartes a trois personnes.
— hist. x"i* s. Ils passeront deux ou trois heure» à jouer au (lus, à la séquence, à la condemnade, au trou madame, à la clef, à remue ménage et autres tels jeux qui ne sont pas défendus, Contes de chouere, f° 474, dans laccrne.
t CONDENSABILITÊ (kon-dan-sa-bi-li-tê), s. f. Terme de physique. Propriété que possèdent les corps de pouvoir être condensés, c'est-à-dire réduits à un moindre volume, soit par la pression, soit par le refroidissement.
— ETYM. Condensable.
f CONDENSABLE (kon-dan-sa-bl'), adj. Terme de physique. Qui peut être réduit à un moindre volume.
— ÉTYM. Condenser.
f CONDENSANT, ANTE ( kon-dan-san , san-t'), adj. Terme ie physique. Qui condense. || Terme de médecine. Hypertrophie condensante des os, augmentation du volume d'un os avec production de tissu compacte en lieu et place du canal médullaire ou du tissu spongieux.
CONDENSATEUR (kon-dan-sa-teur) , s. m. Terme de mécanique. Condensateur de forces, appareil destiné & accumuler la puissance d'un moteur, pour la dépenser ensuite à fur et mesure. || Terme de physique. Instrument dû à Volta et qui rend sensibles de très-petites quantités d'électricité, en les accumulant. || Machine qui sert à condenser un gaz dans un espace donné.
— ETYM. Condenser.
t CONDENSATIF, 1VE (kon-dan-sa-tif, ti-v'), adj. Qui a la propriété de condenser.
— hist. xvi* s. Nous appelions médicament condensatif, qui ferme les pores, pare, xxv, 4.
— ETYM. Condenser; provenç. condensatiu.
CONDENSATION (kon-dan-sa-sion), s. f. Terme
de physique. Action de rendre plus dense; résultat de cette action. Comme l'eau touche les animaux de tous côtés, elle ne peut causer ni d'enflure ni d'enfoncement, mais seulement une condensation générale de toutes les parties vers le centre, pasc. Équil. des liqueurs, vu. || Terme militaire. Condensation de colonne, mouvement qui produit la colonne serrée.
— HIST. xiv* s. Quant un corps par condempsacion est fait en mendre lieu ou par raréfaction en plus grant lieu, oresme, Thèse de meunier. || xvi* s. Les perturbations de l'ame produisent de merveilleux effets en nos corps, par la refraction et condensation , retraction et effusion des humeurs et des esprits, pare, Introd. 25.
— ETYM. Latin condensatio , de condensare, condenser.
CONDENSÉ, ÉE (kon-dan-sé, sée), part, passé. || 1° Réduit à un moindre volume. Un gaz condensé par une pression de plusieurs atmosphères. || Terme de botanique, se dit quelquefois des rameaux qui sont serrés, rapprochés. || a^Fig. Beaucoup de sens condensé en peu de paroles.
CONDENSER (kon-dan-sé), v. a. || 1" Terme de physique. Rendre plus dense en parlant des gaz, des vapeurs. Mais-, quand le ciel varie et que les vents divers Condensent tour à tour et dilatent les airs, malfil. Génie de Virgile. [\ Terme militaire. Condenser une colonne, la mettre en colonne serrée. ||2°Fig. Rédiger en peu de paroles. Il remania et condensa son factura. || 3° Se condenser, v. réfl. Devenir plus dense. On dit que les vapeurs se condensent, lorsqu'elles reprennent l'état liquide par le rapprochement de leurs molécules, et cessent de rester en suspension. || Terme militaire. Se condenser, se former en colonne serrée.
— hist. xvi* s. Cest air par sa constitution condense les humeurs et les rend moins fluxiles, paré, Introd. 43.
— ÉTYM. Latin condensare, do cum, et densus (voy. dense).
t CONDENSEUR (kon-dan-seur) , s. m. Terme de
machines. Récipient dans lequel la vapeur qui »'y rend est ramenée à l'état liquide par un jet d'eau froide.
— ETYM. Condenser.
CONDESCENDANCE (kon-dè-san-dan-s'), t. f.
Penchant à condescendre; action de condescendre. Si nous souffrons quelque relâchement dan» \m autres, c'est plutôt par condescendance que pat dessein, pasc. Prov. 6. Ils avaient pour le peupla une juste condescendance, boss. Hist. m, o. Ma tendance N'avait point reconnu tant de prééminence, volt. Sophon. m, 4. Votre condescendance sera blâmée, vous n'en doutez pas, dider. Ess. s. Claude. Qui sera assez juste appréciateur des circonstances où l'empire se trouvait, pour oser blâmer la condescendance de Sénèque? id. ib.
— hist. xv* s. Nous nous sommes plus préparé, nos amés fils, a vostre université escrire, pour ce qu'à schisme vous avez condescension piteuse donnée, monstrfx. i, ch. 33.
— ETYM. Condescendre ; espagn. condescendencia ; ital. condescendenxa.
CONDESCENDANT, ANTE (kon-dè-san-dan, dan-t'), adj. Qui a de la condescendance.
CONDESCENDRE (kon-dè-san-dr") , je condescends, nous condescendons; je condescendais; je condescendis; je condescendrai; condescends, condescendons; que je condescende ; que je condescendisse; condescendant; condescendu, v. n. || 1° Se relâcher de ses droits, de sa supériorité, de son autorité, de ses prétentions envers quelqu'un. Ils ont fait cette défense pour rondescendre envers les Juifs, boss. Déf. comm. || 2" Céder en condescendant. Je ne puis condescendre à ce que vous exigez de moi. Elle condescendit Aux volontés du capitaine, la font. Fianc. Quel risque à ses désirs de vouloir condescendre? regnard, Folies amour, m, 3. || Il se conjugue toujours avec l'auxiliaire arotr.
— HIST. xiv" s. Pour acomplir du tout leur passions et leur desiriers en condescendant et obéissant à la partie de l'ame qui est irracionele, ork Eth. 278. || xv* s. Et principalement pour ceste cause il s'y condescendit et les assembla, juven . Charles VI, 4391. À la parfin le mareschal, qui en nul cas n'est trouvé déraisonnable, s'y condescendit, Bouciq. m, ch. 2. || xvi* s. Il fault sçavoir condescendre à ces allures puériles et les guider, mont, i, )60. Ils eussent esté ennemys du bien et repos de leur patrie, s'ils ne s'y fussent condescendus, carl. i, si. Depuis le Roy s'est condescendu à vous recommander la cause du Duc, m. du bell. 220. Les Athéniens n'eussent point eu la guerre, s'ilz se fussent voulu condescendre à révoquer leur décret, amyot, l'éric. 57. Il prit trois mille vieux soudards, qui vouluntairement se condescendirent à le suivre en ce voyage, pour en faire le fort de son armée, id. Flamin. 4.
— ÉTYM. Espagn. condescendre ; ital. condescendere ; du latin condescendere , de cum, et descendere, descendre.
t CONDIACRE (kon-di-a-kr') , s. m. Anciennement, titre que l'évêque donnait au diacre.
— ÉTYM. Con, et diacre.
tCONDICTION (kon-di-ksion) , s. f. Terme de droit romain. Action qui avaitpour objet l'exécution d'une stipulation ou la répétition d'une chose due.
— ÉTYM. Latin condictio, de cum, et dictio (voy.