BRUT. XI
— hist. xm* s. Ici endroit gist un cors saint, Qui est el ciel avec les sains, Bon martirs et bon confessors: Ci illeques en gist le cors, Ren. 477». || xvi* s. Et certes ils ne se pouvoyent confesser, veu qu'il n'y avoit lors ne confesseurs, ne confession mesme, calvin, Instit. Boi. L'aultre respondit à son confesseur qui lui promettoit qu'il souperoit ce jour-là avecques nostre seigneur: allez vous y en; car, de ma part, je jeusne, mont, i, 296.
— ÉTYM. Provenç. confessor; espagn. confesor ; ital. confessore; du latin confessorem (voy. confesser).
CONFESSION (kon-fè-sion; en poésie, de quatre syllabes) , *. f. || 1* Déclaration que l'on fait de ses péchés au prêtre catholique. 11 disait qu'il ne mourrait jamais sans confession, sêv. 398. Nous ménageons de lui faire faire une bonne confession, id. 48. Pour lui faire une confession générale, boss. I.ett. rel. 79. Qu'elle nous parut au-dessus de ces lâches chrétiens qui s'imaginent avancer leur mort quand ils préparent leur confession! boss. Durh. d'Orl. || Billet de confession, attestation par laquelle un prêtre certifie avoir entendu quelqu'un en confession. || Billet de confession, certificat de croyance à la bulle Unigenitus, donné à un malade pour recevoir les sacrements , lors des querelles suscitées par cette bulle, au milieu du xvui* siècle. || Fig. et familièrement. On lui donnerait le bsn Dieu sans confession , se dit des personnes qui , par leur* dehors ou par leur réputation, inspirent une entière confiance. || Confession auriculaire ou privée, confession qui se fait à l'oreille du prêtre, par opposition à la confession publique qui a été usitée dans la primitive Église. || Confier quelque chose sous le sceau de la confession, le confier à condition d'un secret absolu. || S. f. plur. Ouvrages de différents auteurs qui y font l'aveu des erreurs de leur vie. Les Confessions de St Augustin. Les Confessions de J. J. Rousseau. Donner à la volupté ce qu'on pense donner à la seule nécessité, comme St Augustin le dit de soi-même dans ses Confessions , pasc. Prov. 4. || 2° Aveu, déclaration d'un fait. La confession du crime rend la défense impossible. Je le prouverai par votre propre confession. En exigeant de moi cette confession , Vous me sollicitez d'une lâche action, rotrou, Bélis. I, 2. Par la confession de votre Égyptienne, mol. l'Étour. v, 14. J'étais un peu soulagé de lui avoir fait ma confession, hamilt. Gramm. 3. 11 faut bien vous fai re ma confession générale, id.
CON
t'b. I . || Terme de jurisprudence. Aveu de la partie adverse. On ne doit pas diviser la confession, c'està-dire on ne doit pas en prendre seulement ce qui convient et rejeter le reste. || Terme de rhétorique. Figure qui consiste à avouer la faute dont on «st accusé. Il 3* Action de confesser Jésus-Christ , de faire profession publique de la foi chrétienne. Vous pouvez bien déchirer nos corps.... le spectateur céleste de notre confession nous les rendra plus glorieux et plus éclatants, mass. Hyst. Résurrect. || Lieu où l'on honore les reliques d'un saint. La confession de saint Pierre, à Rome, est un lieu fort respecté. || 4* Confession de foi, ou, simplement, confession, liste ou dénombrement et déclaration des articles de la foi de l'Eglise romaine et des autres églises chrétiennes. Signer une confession. Pour dresser de nouvelles confessions de foi, boss. Var. jiréf. Peu de gens sont disposés à signer une confession de foi en blanc; or ce serait en signer une en blanc que vous rempliriez ensuite de tout ce qu'il vous plairait, pasc. Prov. 17. || Confession d'Augsbourg, déclaration de la créance des protestants, ainsi dite, parce qu'elle fut présentée dans cette ville à l'empereur Charles-Quint en 1630. || Terme de liturgie. La prière nommée aussi Confiteor.
— HIST. xii* s. De ceste espée qui me pent au giron , Lui ai donné si grant confession.... Ronc. p. 140. Confession la belle demanda, ib. p. 176. || xiv* s. Se un prestre scst par confession le crime d'un home, il ne peut tel home punir ne excommenier, oresme, Eth. (62. || xvi* s. Il m'a semblé plus qu'utile de mettre en avant cette confession de foi, calvin , 33t. La confession auriculaire , id. Instit. 492.
— ÉTYM. Provenç. cnnfessio; espagn. confesion; ital. confessione; du latin confessionem (voy. confesser).
f C0NFESSI0NNA1RE (kon-fè-sio-nê-r') , adj. Qui a rapport à la confession.
— HIST. XVI* s. Ils distinguoient les péchez en bras, branches, rameaux et feuilles, selon les distinctions des docteurs confessionnairas, calv. Instit. 499.
— ÉTYM. Confession.
CONFESSIONNAL (kon-fè-sio-nal ; en poésie , de cinq syllabes), s. m. Sorte de réduit clos où le confesseur reçoit le pénitent. Les confessionnaux de cette église. De sorte qu'il faudrait les exclure presque tous de nos confessionnaux, si nos pères n'eussent un peu relâché de la sévérité de la religion, pasc. Prov. 7. ô mon père, que ces maximes attireront de gens à vos confessionnaux I id. Prov. 10.
— ÉTYM. Confession.
f CONFESSIONNEL, ELLE (kon-fè-sio-nel, nè-l'), adj. Qui a rapport à une confession de foi. Articles confessionnels. Dissidences confessionnelles.
f CONFESSIONISTE (kon-fè-sio-ni-sf) , s. m. Luthérien de la confession d'Augsbourg.
— ÉTYM. Con frssion.
t CONFESSOIRE (kon-fè-soi-r'), adj. Terme d'ancienne pratique. Action confessoire, action par laquelle un voisin répète un droit de servitude sur son voisin.
— ÉTYM. Confesser.
CONFIANCE (kon-fi-an-s'), s. f. || 1* Sentiment qui fait qu'on se fie à quelqu'un ou à quelque chose. On verra ce qu'en vous je prends de confiance, corn. Mcom. h, 2. Elle avait eu la confiance de deux ministres, sêv. S48. Le roi prenait confiance en ses conseils, boss. le Tell. Heureux le peuple innocent Qui dans le Dieu du ciel a mis sa confiance, rac. Esth. h, 9. Mais son inimitié vous rend ma confiance, id. Brit. iv, 3. Il perdrait ma confiance si.... fên. Tel. xm. Il est vrai qu'Idoménée s'est laissé trop prévenir par ceux qui ont eu sa confiance, id. «6. xu. J'étais ravi qu'on eût en moi cette confiance, id. ib. m. Cette femme avait toute sa confiance, id. ib. Ses alliés ont une entière confiance en lui, id. ib. v. C'était un aventurier qui s'était donné à Nestor et qui avait gagné sa confiance, id. t'b. xvi. || Homme, personne de confiance, à qui l'on se confie entièrement. M. de Beaufort qui est l'homme de confiance de M. de Paris, boss. Lett. quiét. 180. Certaines personnes de confiance, fêh. Tél. DU. || Place de confiance, place donnée à une personne en qui l'on se confie pleinement. || En confiance, en toute confiance, sans crainte. Expliquez-vous, seigneur, parlez en confiance, corn. Pulch. n, 4. Vous puis-je en confiance expliquer ma pensée? id. Rodug. i, 6. Il peut parler en confiance à Protésilas, fên. Tél. xiii. || De confiance, sans se défier, en ayant pleine confiance. J'ai acheté cela de confiance. || Racine a dit : confiance sur. Vingt fois, sur vos discour»
CON
CON
CON
pleine de confiance, Baj. I, 3. Il n'y a aucune raison pour qu'on ne dise pas confiance sur, bien que moin» usité. Voy. à se confier un autre exemple de Racine cil la construction est la même. || 2* Absolument, état des esprits qui ont confiance dan» la stabilité d'un gouvernement, dans lasituation des affaires commerciales et industrielles. Rétablir la confiance. La confiance renaît. || 8" Sentiment qui fait qu'on se fie en soi-même. Prendre, perdre confiance. Il est plein de confiance en lui. Dans la confiance de la victoire, vaugïlas, Q. C. dans richelet. Le trop de confiance attire le danger, corn. Cid, n, 7. La confiance de plaire est souvent un moyen de plaire infailliblement, larochefouc. Prem. pensées, 84. D'autres, loin de se taire en ce même moment, Triompheraient peut-être, et, pleins de confiance, Céderaient avec joie à votre impatience, rac. Bèrèn. m, S. Il n'oubliait rien pour entretenir leur confiance [de Crassus et de Pompée] , pendant qu'à force de présents il tâchait de gagner les sénateurs qui leur étaient les plu» dévoués, vertot. Révol. rom.xm. Tant de victoires avaient donné aux Suédois une si grand» confiance qu'ils ne s'informaient jamais du nombre de leurs ennemis, mais seulement du lieu où ils étaient, volt. Charles III, 4. || Liberté honnête. Aborder quelqu'un avec confiance. || Présomption. Avoir des airs de confiance. Se donner des airs de confiance.
— HIST. xvi* s. En ceste manière il veut establir la confiance de ceux qui sentent leurs consciences pures, calv. Instit. 684.
— ÉTYM. Confiant.
CONFIANT, ANTE (kon-fi-an, an-t'), ad). || 1° Qui a de la confiance ou y est disposé. Il est trop confiant et se laisse tromper, ô fureur! ô cœur trop confiant, delav. Vêpres sicil. n, 4. Confiante amitié, rentre enfin dans son cœur, id. Paria, H, 6. || Substantivement. M. l'abbé Terrai, attentif à mettre dans un beau jour le nouveau système des finances, y a découvert la secte des confiants et des défiants, nESFONTAiNES. || 2" Qui est porté à confier ses secrets. Il est confiant jusqu'à l'indiscrétion. || 3° Présomptueux. C'est un homme confiant, plein de lui-même.
— HIST. xvi* s. Confiant de vostre dicte clémence et doulceur, me suis avancé de vous faire un présent, g. crétin, Épitre, p. 7, dans lacurne.
— ÉTYM. Confier.
CONFIDEMMENT (kon-fi-da-man), adv. ||i° En confidence. Cicéron.... parlant confidemment à Pomponius Atticus, avoue que la vertu de Caton était inutile à la patrie, balz. 6* dise. s. la Cour. Je vous en ai parlé tantôt confidemment, corn. Sertor. îv, 9. Je 1» priai de me dire confidemment si.... pasc. Prov. (.Venons au fait, parlons confidemment, Car entre amis on parle avec franchise, chaulieu, Autre épttre de l'abbé C. Parlez-moi confidemment, lesage, Gil Blas, tx, 6. Un homme se trouvant là, sans fonctions apparentes, m'aborda familièrement et me demanda confidemment si je n'étais point auteur de certaines brochures; je m'en défendis fort, p. l. cour. Pamph. des pamph. || 2° Avec confiance. Le silence que je garde si hardiment et si confidemment, voit. Lett. 483 Attila me traite assez confidemment, corn. Attila, iv, 4. || Vieilli en ce sens.
— HIST. xvi* s. Le roi qui vous tesmoigna de vouloir reconcilier le roi de Navarre à lui et de s'en servir confidemment, sully, dans le Dict. de dociiez.
— ÉTYM. Confident, et le suffixe ment.
CONFIDENCE (kon-fi-dan-s') , s. f.\\f Communication d'une chose secrète. C'est de quoi je voulais vous faire confidence, corn. Nicom. v, 4. Il m'était échappé d'en faire confidence , id. Héracl. Il, 4. La personne à qui on en fait la confidence, m. Ex. de Poly. J'avais mis mes secrets en bonne confidence, id. Perthar. iv, 2. Ne fais point confidence avec toutes personnes, Regarde où tu répands les secrets de ton cœur, corn. Imitation, i, 8. Je veux bien t'en faire confidence , mol. Fest. v, 2. Brancas a mis Dieu de cette confidence, sév. 453. Le roi a été le premier dans celte confidence, id. 380. Les raisons dont nous sommes en confidence, mon ami et moi, id. 54. Il lui faisait les confidences le» plus belles sur sa passion, hamilt. Gramm. -18. Je ne vous avertirais pas si l'on m'en avait fait confidence, id. Gramm. t. Ils veulent mettre le public dans la confidence de leurs larmes, uass. Car. Aum. Soyez très-sûr que vous ne risquez rien, et qu'on vous renverra la pièce sans tarder et sans abuser de la confidence, volt. Lett. Laharpe, 31 mars (776. || Fausu confidence , prétendue révélation qu'on fait pour tromper quelqu'un , pour lui donner le change. Il lui fit une fausse confidence pour déguiser une fausse trahison , hamilt. Gramm. 4. || En
confidence, sous le sceau du secret. J'ose donc, comme ami, vous dire en confidence Qu'une vertu parfaite a besoin de prudence, corn. Nicom. m, s. Je te dirai bien plus, mais avec confidence.... id. Poly. iv, 8. Sénèque disait en confidence à ses amis que le lion reviendrait promptement à sa férocité naturelle, dider. Claude et Néron. || 2° Confiance intime. S'il ne vous traite ici d'entière confidence [s'il ne vous dit pas tout], corn. Poly. i, 3. X cause de ses débauches et de son infamie qui lui conservèrent l'affection de l'empereur et sa confidence, perrot , Tacite , 460. Elle m'a vu toujours, ardent à vous louer, Répondre par mes soins à votre confidence, rac Bérén. v, 7. Sa confidence auguste a mis entre mes mains Des secrets d'où dépend le destin des humains, id. Brit. v , 3. Je puis l'instruire au moins combien sa confidence Entre un sujet et lui doit laisser de distance, id. t'6. i, 2. || 3" En parlant de bénéfices ecclésiastiques, la confidence est une convention secrète qui consiste à posséder un bénéfice sous le nom d'autrui qui en a le titre sans jouir des fruits. Tenir un bénéfice en confidence, ou par confidence.
— HIST. xiv* s. À la confidence de l'aide de nostre seigneur Jasu Crist, je Nicole Oresme doyen.... oreshe, Prol. || XV s. En icelle Eglise a une image de Notre Dame en une petite chapelle, et en laquelle les rois d'Angleterre ont toujours eu grand confidence et créance, froiss. h, ii, 4 4 5. ||xvi*s. Ils [les valets d'armée] firent une forme de campement à la veue de l'armée royalle, leur sottise servant de confidance et de si bonne contenance que.... d'aub. Hist. i, 274. Et le depesena pour la confidence qu'il avoit en lui, carl. i, 46.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. confidencia ; ital. conjidensa; du latin confidemia, de confident, confiant (voy. confident).
CONFIDENT, ENTE (kon-fi-dant, dan-t') , s. m. et f. || 1° Celui, celle àqui l'on fait la confidence de ses secrets, de ses pensées intimes. Apprends, ma confidente , apprends à me connaître, corn. Rodog. Il, 2. Je te fis après lui mon plus cher confident, id. Cinna, v, 4. Il faut que je l'attrape et que de ses desseins Je sois le confident pour mieux les rendre vains, mol. l'Étour. u, 8. Elles avaient le roi pour confident, sév. 390. C'est à vous de choisir des confidents discrets, rac. Bnt. i, 4. Une vieille femme qui était la confidente de ses amours, fén. Tél. vin. Malheureux confident d'un horrible secret, volt. Fanât, iv , 5. Duroc, le plus réservé de tous, l'ami, le confident de l'empereur, disait hautement qu'il ne prévoyait pas d'époque à notre retour, ségur, Hist. de Nap. vi, 2. || Terme de théâtre. Personnage secondaire de la tragédie, et, en particulier, de la tragédie classique française, qui reçoit les confidences des principaux personnages; par quoi le spectateur se trouve instruit des desseins et des événements. Les rôles de confidents, de confidentes forment un emploi à part. Dans leurs pièces de théâtre la plupart des confidentes sont des nourrices, i. j. Ronss. Ém. 1. 1| 2" Adj. Maxime est comme moi de ses plus confidents, corn. Cinna, i, 4. Surprendre les témoins les plus confidents de notre vie, hass. Tiéd. 4.||Fig. et poétiquement. Rochers confidents de mes peines. Prêt à faire sur vous éclater la vengeance D'un geste confident de notre intelligence, rac Brit. m, 7.
— HIST. xvi" s. Avecques leurs plus confidens ils délibérèrent de marcher diligemment vers Paris, lanoue, 685. Le Roy de Navarre persistant à vouloir que D'Aubigné lui servist de confident dans ses amours, d'aub. Vie, xm. Ce fut lors à remuer le mesnage des charges tant qu'il fut possible, à ester les confidens [partisans, affidés] de Bourbon et de Montmorency, m. Hist. i, 86. En cest equippage entrèrent en camp conduits par leurs parrins, et accompagnez de leurs confidens, M. du bell. 475.
— ÉTYM. Lat. confidens, part, présent de confidere (voy. confier).
CONFIDENTIAIRE (kon-fi-dan-si-ê-r") , s. m. Celui qui a reçu une somme d'argent ou autre valeur avec l'engagement secret, mais d'honneur, de la rendre à une personne déterminée. En rendant le bien à la veuve, on est confidentiaire, la bhuy. xiv. || Celui qui tient un bénéfice par confidence. Le roi ne souffrit plus que les séculiers possédassent des bénéfices sous le nom de confidentiaires , volt. Louis XIV, 35.
— ÉTYM. Confidence.
CONFIDENTIEL, ELLE (kon-fi-dan-si-èl , è-I'), adj. Qui se communique en confidence. Avis confidentiel. Lettre , note confidentielle.
— ÉTYM. Confidence.
CONFIDENTIELLEMENT (kon - fi - dan - si - è - leman), adv. D'une manière confidentielle. Cela m'a été dit confidentiellement et non officiellement.
— ÉTYM. Confidintielle , et le suffixe ment.
t CONFIDENT1SSIME (kon-fi-dan-ti-ssi-m'), J,m. Très-confident, dans un langage familier. Le roi envoya à Blois M. de Chavigny, secrétaire d'État et confidentissime du cardinal, retz, i, 22.
— ÉTYM. Confident, avec la terminaison du superlatif latin.
CONFIÉ, ÊE (kon-fi-é, ée), part, passé. ||1° Remis. Elle trahit mon père et rendit aux Romains La place et les trésors confiés en ses mains, rac. Mithr. I, 4. || 2" Dit en confidence. Un secret confié à votre discrétion.
CONFIER (kon-fi-é), v. a. || 1° Remettre avec confiance. Confier un dépôt. Je vous ai confié ce quo j'avais de plus précieux et de plus cher. Confier le gouvernement d'une province à un chef expérimenté. Pour vous, si vous voulez qu'en quelque autre contrée Nous allions confier votre tète sacrée, rac. Baj. v, 4 1. Le sang de César ne se doit ailier Qu'à ceux à qui César le veut bien confier, id. Brit. i, 2. plus j'ai cherché, madame, et plus je cherche encor En quelles mains je dois confier ce trésor, id. t'6. n, 3. || 2" Déposer dans. Confier des semences à la terre. || Confier une chose à sa mémoire, s'en reposer sur elle pour se souvenir. || Il est dangereux de confier certaines choses au papier, de les consigner par écrit. || 3° Communiquer, faire part de. Je vous confie mes soupçons, mes craintes. Je vous confie mes peines. Vous m'en avez déjà confié votre joie, rac Athal. m, 3. Mais je l'ai vue enfin me confier ses larmes, id. Andr. i, 4. On confie aisément les malheurs qu'on surmonte, volt. Brutus, n, 4. || 4" Se confier, v. réfl. Se reposer sur, s'en remettre à. Je me confie en vous. Se confier au hasard. Se confier en ses forces. Ils se confiaient à la disposition du lieu où l'on combattait, vaugel. Q. C. 332. Et leur langue indiscrète, en qui l'on se confie, Déshonore l'autel où leur cœur sacrifie, mol. Tari, m, 3. Sera-t-il venu si loin pour désoler un roi qui se confie en son pouvoir et en sa vertu? fléch. Panég. de St Franc, de Paule. L'électeur de Bavière se confiant et à la bonté de sa place et à la grosse garnison qui était dedans, rac. Relation du sirge de Nnmur. Ces pauvres dames se confiant à la générosité du roi , id. t'6. Heureux le roi qui aime son peuple, qui en est aimé, qui se confie en ses voisins, et qui a leur confiance! fén. Tél. xi. Un roi ne peut se passer de ministres qui le soulagent, et en qui il se confie, puisqu'il ne peut tout faire, id. t'6. xn. Ohl si dans vos discours j'osais me confier! gir. Mathab. i, 3. || Racine a dit se confier sur. Sur l'équité des dieux osons nous confier, Phèdre, v, 4. || Par extension. Il entre, il se confie à ces lugubres voûtes, delille, Trois règnes, i. || 6° Faire des confidences, épancher son cœur, ô de se confier noble et douce habitude ! Non , mon cœur n'est point né pour vivre en solitude, a.chén. Élég. 4 2. || 6" Être confié. Des papiers aussi importants ne se confient pas au premier venu.
— REM. i. Des grammairiens ont critiqué Racine d'avoir dit confier en des mains (voy. les exemples), et voulaient confier à. Mais, confier étant aussi synonyme de remettre, il n'y a pas lieu de blâmer Racine. || 2. On a prétendu qu'on ne pouvait dire se confier à, et qu'il fallait se confier en; mais do bons exemples prouvent qu'il n'en est rien. Confier s'emploie avec en, dans, à, sur.
— SYN. se confier, se fier. Se confier, c'est faire un acte de confiance; se fier, c'est avoir confiance. Il y a donc entre ces deux verbes cette différence que le premier exprime un sentiment relatif aux circonstances, et le second un sentiment durable et continu. Je me confie en lui, c'est-à-dire je me remets à lui avec confiance; je me fie en lui, c'est-àdire j'entretiens pour lui un sentiment qui fait que je me confierai en lui dans toutes les circonstances. Dans l'exemple de Molière : Et leur langue indiscrète en qui l'on se confie..., se fier aurait une autre nuance, signifiant une confiance habituelle. Du reste, ces deux verbes, ne différant que par le préfixe, se confondent très-souvent.
— HIST. xv* s. [Le comte de Nazarat] avoit mis certaines gens sur les passages, ens es quels il se confioit autant comme en lui-mesme, froiss. ii, m, 26. || xvi* s. La sagesse nous défend de nous confier ou glorifier aux biens de ce monde, amïot, Solon, 58. Se confiant en eulx plus qu'à nuls autres Grecs, m. Timol. 2. Icetfcs voulut défendre jusques au bout les quartiers de la ville qu'il avoit occupez, soy confiant en ce qu'ilz estoient forts d'assiette et malaisez à approcher, m. t'6. 31. Parquoy Pyrrhuj
CON
m confiant plui & la faveur de fortune qu'au discours de la raison, il passa oultre, m. Pyrrh. 67. Dcmos- Ihenes se confiant aux armes et en 1» prouesse des Grecs, id. Démosth. 27.
— ÊTYM. Con, et fier; provenç. cmifidnr, cofixar; espagn. confiar; ital. confidare.
CONFIGURATION (kon-fi-gu-ra-sion; en poésie, de six syllables), s. f. Action de configurer; résultat de cette action et forme extérieure. Qui est-ce qui a pris le soin de choisir une si juste configuration des parties [dans la formation de l'eau, ni trop rare, ni trop dense]? fen. Exist. 4 3. Toutes les espèces d'insectes offriraient des observations curieuses et utiles par la configuration de leurs ailes, bebn. de s.-p. liarm. liv. n, Anim. J'appellesimplement figure celle qui est extérieure, et j'appelle configuration la figure qui est intérieure et qui est nécessaire à toutes 1rs parties dont chaque corps est composé, malkbranche, Recherche, 1,1, 4. || Terme d'astronomie. Situation relative des corps planétaires les uns par rapport aux autres, et, en particulier, des satellites de Jupiter, y Terme d'astrologie judiciaire. Aspect mutuel des planètes, ou conjonction de ces corps célestes.
— HIST. xiv s. Configuracion des parties, oresme, Thèse de meunier.
— ÉTYM. Latin configurât™, de configura™. CONFIGURÉ, ÉE (kon-fi-gu-ré, rée), part, passé.
Qui a reçu une certaine forme. J'ai idée de la couleur verte, et d'un corps tellementconfiguré, volt. ilé'.aph. 3.
CONFIGURER (kon-fi-gu-ré), f. a. \\ 1° Donner une forme. La cristallisation configure les sels de diverses manières. |] 2° Dans le langage mystique, rendre semblable. 11 faut être configuré à sa mort [de Jésus-Christ] pour participer à sa résurrection, boss. Souffr. t.
— hist.xvi* s. Nous sommes configurez à ses passions [de Jésus-Christ], jusques à ce que nous parvenions à la similitude de sa résurrection, calv. Instit. 627. etc.
— ÉTYM. Latin configurare, decum, eifigurare, figurer.
CONFINE, ÉE (kon-fi-né, née), part, passé. Relégué. Confiné dans un lieu solitaire. Obscurément confiné au fond de sa province, d'alemb. Éloges, Trublet.
t CONFINEMENT (kon-fi-ne-man), s. m. || 1° Action de confiner, de reléguer. || 2° Terme de droit criminel. La peine de l'isolement dans les prisons.
— HIST. xvi* s. Par dégradation d'honneur, confiscation d'estat, de biens, et confinement que l'on appelle mort civile, carl. h, 6. C'est une géhenne et lieu de tourments ou un confinement où les âmes sont reléguées, amyot, De la tranq. d'dme, 39. Fut condamné à mort, qui luy fut neantmoins eschangée par la douceur de l'empereur en un confinement de religion et monastère, pasquier, Recherches, liv. n, p. 4) , dans lacurne.
— ÉTYM. Confiner.
CONFINER (kon-fi-né). || 1° V. n. Toucher aux confins, aux limites. Damas qui confinait aux deux royaumes, boss. Hist. 1, 8. Leurs terres peuvent confiner à la vigne de Naboth, j. 1. rouss. Ém. v. Il II se conjugue avec l'auxiliaire avoir. || Condillac l'a fait actif en ce sens : Dans les forêts qui confinent la Lithuanie et la Russie, Conn. hum. iv, 2. Il 2° V. a. Confiner un héritage se disait autrefois, dans la langue du droit, pour borner. || 3° Reléguer quelqu'un dans un certain lieu. On l'a confiné dans une Ile, dans un monastère. Vous me confinez parmi les bêtes sauvages qu'on ne peut apprivoiser, vaugel. Q. C. liv. m, ch. 1. H Fig. Ravalant la vertu, la confine en misère, Régnier, Sat. n. Je plains tout être faible, aveugle en sa manie, Qui dans un seul objet confina son génie, volt. Épit.i.. || 4" Se confiner, v. réfl. Se retirer dans un lieu écarté pour y vivre dans la retraite. Se confiner au fond d'une province. Là Fédéric alla se confiner, la pont. Faucon. Il se va confiner aux lieux les plus cachés, m. Fabl. 1, il. Au bout de l'univers va, cours te confiner, rac. Bérén. rv, 4. Quoique je me sois confiné au pied des Alpes, entre la Savoie et la Suisse, volt. Lett. de Vaines, 4 8 mars 4 776.
— HIST. XV s. Aucuns Allemans qui confinent tant en Savoye que en Bourgongne [qui sont limitrophes], comm. 11, 6. Et par soupçon seulement [les rois] confinent souvent des gens, m. vn, )5. |J xvi" s. Fii un bois, là je me confine, marot, m, 39. Ils furent contraints de soy retirer au dedans de leurs Alpes, sans plus courir les Marches de l'Italie qui leur confine, amyot, Fab. 4. Il appelle les extrêmes confins le territoire qui est à l'entour de Delium,
CON
pource que là confine le Bceoce avec le pals de l'Attique. m. Lysand. 6a. Hz le menèrent, non en la cour du roy, mai» en la Cherronese de Syrie, là où il fut confine, m. Détnétr. 72. L'on eust irremissiblement péché de confiner avecques ung mary fascheux et incompatible une telle damoiselle, carloix, m, 7.
— ÉTYM. Voy. confi:« ; provenç. et espagn. confinar; ital. confinare.
f CONFINITÉ (kon-fi-ni-té), s. f. La condition de Jeux pays qui se touchent.
— HIST. xiv* s. Villes situées environ la confinité de la mer, Chron. française ms. de G. de nangis, an <303, dans lacurne.
— ÉTYM. Voy. confins; provenç. confinitat. CONFINS (kon-fin) , s. m. plur. \\ 1° Parties d'un
territoire, placées à l'extrémité de ce territoire et à la frontière d'un autre. Les confins de la France. Ces saules, de ton champ qui marquent les confins, T'offriront du sommeil les douceurs passagères, malfil. Génie de Virgile, \"Égl. Il entra dans les confins de la Médie, vaugel. Q. C. liv. m, ch. 4, dans riciielet. Mais ceux dont les Etats entourent mes confins, volt. Sémiram. m, 8. Auguste journée où deux fières nations, longtemps ennemies et alors réconciliées par Marie-Thérèse, s'avancent sur leurs confins, leurs rois à leur tête, non plus pour se combattre, mais pour s'embrasser, boss. Marie- Thér. Il Aux confins de la terre, aux extrémités de la terre, au bout du monde. || Par extension. Si l'on juge de la distance d'Uranus par la lenteur de son mouvement, il doit être aux confins du système planétaire, laplace, Expos. 1, 9. || 2° Fig. Le lieu de purification [le purgatoire] , placé sur les confins de la douleur et de la joie, chateaub. Génie, n, v, 4 6. Il 3° Terme de géographie. Confins militaires, province de l'empire d'Autriche, divisée en quatre généralats.
— HIST. xiv s. Aux confines de Piémont en Lombardie, Ménagier, 1, 6. || xv s. Chascun estoit aux confins de son royaulme, comm. n, 8. || xvi's. Quand leurs confins viendraient à se toucher, qu'il n'y aurait rien entre deux, amyot, Pyrrh. 23. Et à ceulx qu'il ne peult faire rappeller, au moins leur procura il que leurs confins ne fussent point si loingtains, comme les autres qui estoient reléguez par delà les monts Acrocerauniens, id. Phoe. 40. C'est miracle de veoir continuer des actions si diverses, d'une si pareille teneur qu'il ne s'y sente point d'interruption et d'altération, aux confins mesmes et passage de l'une à l'aultre, mont, i, 396. Beau et bon sont confins, et s'expriment par mesmes mots en grec et en l'Escriture sainte, charron, Sagesse, 1, 6.
— ÊTYM. Latin confinis, qui a la même limite, de cum, et finis, fin, frontière (voy. fin).
CONFIRE (kon-fl-r'), je confis, tu confis, il confit, nous confisons, vous confisez, ils confisent; je confisais; je confis, nous confîmes; je confirai; je confirais; confis, confisons; que je confise, que nous confisions; que je confisse; confisant; confit, v.a. H 1° Anciennement, préparer par assaisonnement, achever par maturation. || 2° Aujourd'hui, mettre des fruits, des fleurs, des légumes dans un liquide qui les pénètre et s'y incorpore ou quelquefois se dessèche avec eux, et, dans tous les cas, les conserve. Confire des abricots, des coings, des petits pois. Le premier massepain pour eux, je crois, se fit, Et le premier citron à Rouen fut confit, boil. Sat. x. Il Terme de tanneur. Tremper dans l'eau sure, appelée confit, les peaux qui doivent être chamoisées. || 3» Se confire, v. réfl. Être confit. Cela se confit de cette façon.
— HIST. xiii' s. Le meilleur bevrage que il aient et le plus fort, c'est de lait de jument confist en herbes, joinv. 264. || xivs. Tel jugement font ceulx qui espreuvent les vins et qui assaveurent et con- Isent les salses et les potages, oresme, Elh. 94. Il xV s. Aucunes gens qui bien peu sentent, Nourriz en simplesse et confiz, Contre le vouloir Dieu actentent, Par ignorance desconfiz, ch. d'orl. Bal. 4 02. Après ensuit automne, que le fruit se meure et confite, et adont est en saison et temps de cueillir et en user prouffitahlement, christ, de pisan, Charles V, 1, ch. 12. || xvi's. En vray amour et science conficts, marot, i, 256. Par tes escrits tu me donnois ton cœur : ô don confict en mauvaise liqueur! id. i, 363. Du coriandre confict, mont, i, 237. Ainsi se remplit le monde, et se confit en fadese et en mensonge, id. n, 284. L'essence des femmes est si confite en souspeçon, en vanité et en curiosité, que.... id. m, 349. Le but où il vise, est de tousjours inventer, apprester et confire quelque jeu, quelque faict, et quelque parole à plaisir et pour
CON
donner plaisir, amyot, Comm. dise, le flatt. 20. Plusieurs racines, herbes, fleurs et fruits, y a-W propres à confir, 0. de serres, S43.
— ÊTYM. Provenç. confir, enfir; espagn. confitar; portug. confeitar; ital. confettare. Le français et le provençal viennent du latin conficere, achever, digérer, de cum, et facere, faire; l'espagn. le port, et l'italien viennent d'un dérivé confeclare; une forme pareille a existé aussi dans l'ancien français, voyez l'exemple de Christine de Pisan.
t CONFIRMATEUR (kon-fir-ma-teur), ». m. Celui qui confirme.
— HIST. xvi* s. Il admet près de soy un flatteur estranger, lequel il pense et veult luy estre tesmoing et confirmateur de l'opinion qu'il a de soy mesme, amyot, Comment discerner le flatteur, 4.
— ÉTYM. Confirmer.
CONFIRMATIF, IVE (kon-fir-ma-tif , ti-v1), adj. Qui a la force, le pouvoir de confirmer. Arrêt confirmatif d'un jugement. On espère recevoir un bref confirmatif de son ordonnance, boss. Lett. quiit. 466. Othon pouvait-il donner par cet acte, confirmatif de celui de Charlemagne, la ville même de Rome? volt. Mœurs, 36. Il y eut un édit confirmatif de la convention, anquet. Ligue, n, p. 226. Il Acte, titre confirmatif, qui approuve ou ratifie un acte antérieur.
— HIST. xvi* s. Un troisième brevet confirmatif des deux précédents, carl. h, 6. Et seront par ce moyen vos deux parolles confirmatives et comme pleigées l'une de l'aultre, m. vm, 4.
— ÊTYM. Provenç. confermatiu , cofermatiu ; espagn. confirmalivo; ital. confermalivo; du latin confirmativus (voy. confirmer).
CONFIRMATION (kon-fir-ma-sion ; en poésie, do cinq syllabes),»./'. || 1° Action de confirmer.de garantir, d'assurer une chose. La confirmation d'un privilège. La confirmation d'une nouvelle. Ce fait mérite confirmation. Il m'a donné de nouvelles confirmations de son amitié en me recommandant chaudement. J'attends avec impatience mes lettres de vendredi : il me faut encore cette confirmation de votre chère et précieuse santé, sév. 254. || 2° Terme de jurisprudence. Approbation ou ratification d'un acte. Il Maintien d'une décision judiciaire par une juridiction supérieure. || 3° Sacrement, le quatrième en ordre, dans lequel l'évêque forme le signe de la croix sur le front de l'homme baptisé pour l'affermir et le fortifier dans la grâce reçue au baptême. Monseigneur ne donnera la confirmation qu'aux personnes exactement instruites de toutes les principales vérités du catéchisme, fén. xviii, 474. || 4° Terme de rhétorique. Partie du discours où l'on prouve ce qu'on a avancé et où l'on range les preuves dans un ordre capable de persuader. La confirmation vient ordinairement après la narration, dans le genre judiciaire.
— HIST. xiii* s. Ofice de meor [maire] ne se doit pas fere devant la confirmacion, Livre de just. 52. Il xiv* s. C'est à dire que la confirmacion de la ditte élection demourast vers les Pères, bercheure, f" 42, verso. Il xv* s. Et le roy lui eust donné X sa vie certaine pension; Qu'il vous plaise, seigneur très redoubté, Retenue ait et confirmacion, e. desch. Supplicat. au roi. || xvi* s. Ceste confirmation est accomplie par onction et telle forme de paroles : Je te marque par le signe de la sainte croix, et confirme par onction de salut, calv. Instit. 4(66. Pour la confirmation de ladite espine [du dos] et plus facile flexion d'icelle, paré, iv, (8. Que ce que nous avons dit soit vray, nous en asseurerions, si nous avions sur cela la confirmation d'un oracle, mont.
— ÊTYM. Provenç. cofermatio, confirmation ; espagn. confirmacion ; ital. confermaxione; du latin confirmationem ((voy. confirmer).
t CONFIRMATOIRE (kon-fir-ma-toi-r'), adj. Qui a la vertu de confirmer.
— HIST. xvi" s. Le dire de saint Augustin ne devoit estre entendu de l'imposition des mains confirmatoire, mais curatoire et reconciliatoire, calv. In-
ttit. 4 4 74.
— ÊTYM. Voy. confirmer ; provenç. confermatori, confirmatori ; espagn. confirmatorio.
CONFIRMÉ, ÊE (kon-fir-mé, mée), part, passé Il 1° Rendu sur, certain, en parlant des choses. Ce billet confirmé par votre témoignage, corn. Hcracl. 11, 8. Sa gloire est confirmée et ses honneurs accrus, mair. ttariane, 1, 6. Si mon intégrité vous était confirmée, mol. l'Étourdi, 1, 9. Ma honte est confirmée, rac. Andr. iv, 3. Lorsque ta raison par l'âge confirmée.... volt. Zaïre, 1, (. L'autorité fatale est trop bien confirmée, id. Guèfcr. 1, ». Ud
CON
bruit trop confirmé se répand sur la terre, m. tfnrt de Ces. i, 3. Il n'y a point de probité assez confirmée, pour qu'on puisse sans incertitude l'exposer au passage de la ligne [la mettre dans les affaires des colonies, de l'Inde, etc.], raynal, Hist. phil. iv, 23. || 2° Devenu assuré, en parlant des personnes. Confirmé dans ses espérances. Des athées confirmés dans leurs désordres, bourd. Car. i, Religion chrétienne, 285. Ils vont loin, confirmés par le succès, la brut. i. H 8" Oui a reçu le sacrement de confirmation. Confirmé par l'évêque. || Chrétien confirmé en grâce, c'est-à-dire d'une vertu si épurée que Dieu est comme obligé de l'assister toujours de ses grâces.
f CONFIRMEMENT (kon-fir-me-man) , s . m. Etat de ce qui est confirmé.
HIST. xii* s. Il fist un establissement Et si en
flstconfirmement, wace, Brut, 2333. || xm" s. Il le deit prover par prevelige, q le le seignor ou son ancestre ait doné à lui ou à son ancestre le dit fié [fief] ou confermement de cel fié, Assises de J. i, 254. Cascune de ces trois cozes vaut confermement de marcié [marché], beaum. xxxiv, 60.
— êtym. Confirmer; provenç. confermament, confermamen; anc. espagn. confirmamienlo ; ital. confermamento.
CONFIRMER (kon-flr-mé), v. a.fl 1° Rendre ferme, en parlant des choses. Ainsi tant de miracles étonnants , que les anciens Hébreux ont vus de leurs yeux, servent encore aujourd'hui à confirmer notre foi, boss. Hist. il, 1». 11 confirma par cette victoire le nom d'Africain dans sa maison, id. ib. i, 9. Au lieu que les succès et les malheurs d'un Etat où le peuple est soumis confirment également sa servitude, montesq. Rom. ». Ahl que cette amitié jadis m'eût su charmer, Et quel plaisir j'aurais pris à la confirmer ! champfort, Uust. et Z. il, 4. || Rendre ferme, en parlant des personnes. L'air dont je vous ai vu lui jeter cette pierre.... Me confirme encor mieux à ne pas différer Les noces où j'ai dit qu'il vous faut préparer, mol. Éc. des f. m, 4. Les vérités saintes qui confirment une âme dans le mépris du monde et dans l'amour des biens éternels, mass. Car. Tiéd. 1. 1| Terme de manège. Confirmer un cheval, achever de le dresser. || 2° Sanctionner, attribuer par îonfirmation. Le roi confirma les droits et privilèges de cette ville. La cour d'appel a confirmé le jugement rendu en première instance. Dieu lui confirme toutes ses promesses, boss. Hist. il, 2. Vous avez de ses feux un gage solennel, Qu'il peut, quand il voudra, confirmer a l'autel, rac. Milhr. n 1. Là, si vous m'en croyez, d'un amour éternel Nous irons confirmer le serment solennel, id. Phèd. v, 4. Roi, prêtres, peuple, allons, pleins de reconnaissance, De Jacob avec Dieu confirmer l'alliance , id. Ath. Y, 7. Je sais que le sénat tout plein de votre nom D'une commune voix confirmera ce don, id. Bér. m, 4. Il veut que d'un festin la pompe et l'allégresse Confirment à leurs yeux la foi de nos serments, id. Brit. v, t. Une telle victime Vaut bien que, confirmant vos rigoureuses lois, Vous me la demandiez une seconde fois, id. [phig. iv, 9. Du dieu de Mahomet la puissance invoquée Confirme mes serments et préside à mes feux, volt. Zaïre, M, 6. Ce territoire avait été confirmé à la France par la paix d'Utrecht , volt. Louis XV, 28. || 3° Attester, montrer. L'expérience confirme que.... Trente papes confirmèrent de leur sang l'Evangile qu'ils annonçaient à toute la terre, boss. Hist. i, 40. Douter d'une trahison que tant d'apparences confirmaient, mol. le Fest. i, 3. Songez-y; vos refus pourraient me confirmer Un bruit sourd que déjà l'on commence à semer, rac. Ath. m, 4. Un mot même d'Arbate a confirmé ma crainte, id. Mithr. iv, 2. Lisez; il vous confirme un secret si funeste, volt. Sémir. iv, 2. L'expérience confirme que la mollesse ou l'indulgence pour soi et la dureté pour las autres ne sont qu'un seul et même vice , la bruy. iv. || 4" Terme de théologie. Conférer le sacrement de la confirmation. Il n'appartient qu'aux évêques de confirmer. L'évêque frappe légèrement , avec la main, la joue de celui qu'il confirme, pour lui apprendre qu'il doit être prêt à souffrir toute sorte de disgrâces pour Jésus-Christ. || Fig. Dieu confirme en grâce Dieu assure la grâce à l'homme. || Fig. et familièrement. Confirmer quelqu'un, lui appliquer un souffl«< , cela ne se dit qu'avec un adverbe ou un modificatif quelconque: Il a été rudement confirmé; Son maître le confirma d'importance; ou quand le ton du discours indique de quoi il s'agit. || 5" Se confirmur, v. réfi. S'affermir. Se confirmer dans une opinion. Chose permise aux vieux [serviteurs du dieu de Delphes], de saint zèle enflammés. Oui se
CON
sont par service en ce lieu confirmés, Régnier, Sal. 1. 1| Etre confirmé. La nouvelle se confirme par des gens qui en sont venus, sév. 670. Ce bruit ne se confirme pas, la bruy. x. || Impersonnellement, il se confirme, c'est-à-dire le bruit qui courait prend de la consistance. 11 se confirme que l'ennemi a été battu.
— HIST. xii' s. Li reis l'a par sa chartre tut einsi confermé, Otrié en almosne en parmenableté, Th. le mart. 45. Humblement respundeit li sainz à lur escriz, E par les escriptures confermout tuz ses diz, t'6. 70. Bien savez qu'il mis ad fait vos leis confermer, ib. 42. Comandé s'est à Deu, e puis s'en returna, Enz emmi le chemin, là ù il mielz erra, Es viles e es bures les enfanz conferma, t'6. (3). [Réfuter] par reisun confermée, ib. 58. E que nostees sires cunfermt ses paroles que il ad de mei parled, ilôts, 227. || xm' s. Ottroi et confermé chele meîsme vente, Charte de Hesdin, dans raynouard, Lex. Et li consaus fu tex, que li mariages fust confermés de l'une partie et d'autre, villeh. clxvi. Dont envoierent lor messages, li une partie et li autre, à l'apostole de Rome Innocent, pour confermer les convenances, et il le fist moult volentiers, id. xix. Juvenaus [Juvénal] neïs le confermé, Oui redit par sentence ferme.... la Rose, 8747. Ge di que l'en doit savoir se celé costume a esté confermée en jugement contredit, Liv. de just. a. || xiv* s. Car des autres bourjois en y ot revenus, Qui tout ont confermé et les fais espandus, Guescl. 8435. || xv* s. Si vous voulez entendre aux traités et à confermer la trêve, mon très redouté seigneur le roi d'Escosse et ses nobles consaulx les confermeront, froiss. II, II, 2)9. Pour confirmer les royaumes en paix, id. ii, n, 447. Qui confirmoit l'abusion , comm. vin , 46. || xvr» s. Qu'il soit confirmé par l'imposition des mains, calv. Instit. née. Je trouvai à celte opinion le fondement bien foible, moy qui avois à la confirmer en aultruy, mont, i, 4 4 7. Il confirma les Napolitains, qui estoient d'eulx mesmes bien affectionnez aux Romains, en la bonne dévotion qu'ilz avoient , amtot, Marcel. 44. Il demanda qu'on luy confirmast ses gouvernemens, id. Eum. 20. Et qui n'a honte de rien , tant il est de longue main accoustumé et confirmé à mal faire, id. Comment il faut ouir, 24. L'habitude est une qualité confirmée, laquelle.... id. De la vertu morale , 8. St Paul remonstre fort et ferme, Et la loi humaine confermé Qu'enfans obéir sont tenus Aux pères dont ils sont venus, marot, iv, 4 88.
— ÊTYM. Provenç. confermar, cofermar, confirmar; espagn. confirmar ; ital. confirmare ; du latin confirmare ,de cum , et firmare, rendre ferme (voy. fermer).
t CONFISABLE (kon-fi-za-bl') , adj. Qui peut être confit, qui est bon à confire.
— HIST. xvi* s. Au vin cuit peuvent confir tous fruits confissables au moust, o. de serres, 849.
— ÊTYM. Confire.
CONFISCABLE (kon-fi-ska-bl'), adj. Qui peut être confisqué. Des marchandises confiscables.
— ÊTYM. Confisquer.
CONFISCANT, ANTE (kon-fi-skan, skan-f) , adj. Qui confisque. || Terme de jurisprudence féodale. Sur qui la confiscation pouvait échoir. On disait des gens de main-morte qu'il fallait qu'une communauté donnât au seigneur un homme vivant, mourant et confiscant, quand elle possédait une terre sans avoir payé les droits qu'elle devait.
CONFISCATION (kon-fi-ska-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. || 1" Action de confisquer. La confiscation générale est abolie. || 2° Biens confisqués. Le roi lui donna la confiscation d'un tel. Le bien que ce jeune homme héritait de sa mère ayant été confisqué, le père en a demandé et obtenu la confiscation, dont il jouit, sans secourir son malheureux fils, volt. Letl. Maupeou, 4 4 mars 1774.
— HIST. xiv* s. Non obstant que les confiscacions du dit royaume deussent estre appliquées et converties es reparacions de la noble maison de Saint Oyn.... Letl. de Charles V, Biblioth. des Chartes, 4«série, t. m, p. 42a. Il xvr s. La confiscation des meubles appartient au seigneur, duquel le confisqué est couchant et levant, loysel, 840.
— ÊTYM. Provenç. confiscation ; espagn. confiscacion; ital. confiscation; du latin coniscationem (voy. confisquer).
f CONFISERIE (kon-fi-ze-rie) , s. f. Art du confiseur; sou atelier; son magasin.
— ÊTYM. Confire.
CONFISEUR, ECSE (kon-fi-zeur , zeû-z'), s. m. etf. Celui, celle qui fait et vend des fruits confits, des sucreries diverses. Je fus bercé par tes faiseurs De
vers, de chansons, ae poèmes; Ils sont , comme les confiseurs, Partisans de tous les baptêmes, bf.rang. Deux cousins. || Adj. Marchand confiseur.
— HIST. xvi' s. Ses confitures ne céderont aux plus précieuses qu'on fait es grosses villes, bien qu'elle n'ait autre confiseur que l'aide de ses servantes, o. DESERRES, 843.
— ÊTYM. Confire; génev. confisseur.
CONFISQUÉ, ÉE (kon-fl-ské, kée), part, passé.
Pris au profit du fisc, du trésor public. Les biens confisqués. || Familièrement. C'est un homme confisqué, c'est un homme dont la santé, la fortune est dans un mauvais état, ou qui est entièrement perdu pour le monde. Avec un ton de commandement et une parole forte, que la colère lui fournissait dans la faiblesse d'un corps confisqué, balz. le Romain. La guérison d'un corps confisqué n'est pas l'effet d'un seul breuvage ni d'une seule saignée, id. liv. v, lelt. 2. C'est un homme perdu, noyé dans son ménage. — Abîmé. — Confisqué, la chaussés, Préjugé à la mode, u, 4.
CONFISQUER (kon-fi-ské), v. a. || 1» Attribuer au fisc pour cause de crime ou de contravention. On confisque les marchandises de contrebande. |[ Terme de droit commercial. Saisir des marchandises au nom d'un tiers. || Par analogie, prendre à un élève un objet dont l'usage n'est pas autorisé dans le collège, dans la classe. || Dans l'ancien droit criminel : Qui confisque le corps confisque les biens, c'est-àdire la condamnation à mort emporte confiscation des biens. || Terme de féodalité. Confisquer son fief, refuser à un seigneur la foi et l'hommage pour un fief qui vient de lui. || 2° Se confisquer, v. réfl. Être confisqué. Tâchons d'avoir du bien qui ne coure aucun risque; Un grand fonds de vertu rarement se confisque, boursault, dans richelet.
— HIST. xv s. Se en ung péage il passe un marchant qui ne acquitte ce qu'il porte, il confisque toute sa marchandise , en beaucoup de lieux est i 1 , le Jouvencel, f°72, dans lacurne. Le ditducde Bouigongne declaira le dit seigneur d'Argueil avoir cou fisqué envers lui corps et biens, et puis fist arracher et abatre toutes les places et chasteaux qu'il avoit en ses pals, Chron. scandaleuse de Louis XI, p. 464, dans lacurne. ||xvi*s. Ses biens furent confisquez, mont, i, 39. Le marquisat qui avoit esté confisqué de son frère, id. i, 44. Comme le fief se confisque [perd] par le vassal, ainsi la tendre féodale par le seigneur, loysel, 650. Le seigneur confisquant est tenu des dettes jusqu'à la valeur du fief, id. 664. Qui confisque le corps confisque les biens, id. 839. La longueur de la prison ne confisque point les biens [n'en entraîne pas la confiscation], m. 833. Femme mariée ne confisque [perd par confiscation] que st< propres, id. 847. L'homme qui se met à mort par desespoir, confisque envers son seigneur, id. 837. Hors ceste rencontre, il n'y eut pas un Byzantin mis à mort par justice, ny confisqué ou banny, amyot, Aie. 63. Quand la maison et les biens du tyran Nabis eurent esté vendus, comme confisquez à la chose publique, id. Philop. 26. Ceulx [les citoyens] qu'il confisquoit , id. Sylla , es. Que sa niepee avoit du bien en France, qu'elle confisqueroit au roy en prenant, hors de son royaume, party de mariage sans son consentement et congé, m. du bell. 180. Les enfans des condamnez et confisquez ne laisseront de succéder à leurs parens tant en ligne directe que ccllateralle, pourveu qu'ils soient conceuz lors de la succession eschue, Coust. génér. 1. 1, p. 4015.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. confiscar; ital. confiscare; du latin confiscare, de cum et fiscut, le fisc : réunir au fisc (voy. fisc).
4. CONFIT, ITE(kon-fi, û-t'),part. passé de confire. || 1° Citrons, marrons confits. || On dit qu'un fruit est confit sur l'arbre, pour exprimer qu'il est en sa pleine maturité et comme confit dans son suc par l'action du soleil. || Salade confite, salade tout assaisonnée, qui, n'ayant pas été mangée entièrement le jour même, se trouve comme confite le lendemain par l'assaisonnement. || Par extension et plaisanterie. Ses refus ne valent rien que confits; et enco.e faut- il employer beaucoup de sucre en cette sorte de confiture, pour en ôter l'amertume, costar, t. i, lettre 388, dans richelet. || 2" Fig. Compagnons de Minerve, et confits en science, Régnier, Sat. n. Par ces plaisirs d'amour tout confits en délices, id. Élég. n. Cet hymen de tous biens comblera vos désirs, Il sera tout confit en douceurs et plaisirs, mol. Tort, n, 2. Confit dans les maximes et dans la politique de sa société , il [le père Tellier] était profondément faux, trompeur, st-sim. 217' 4 78. Le régent fit prêcher la Ferté, au scandai»