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de tout le monde non confit en cabale de constitution, id. 450, 38. Bien est-il vrai qu'il parlait comme un livre, Toujours d'un toa confit en savoir-vivre, gresset, Vert-Vert, ch. H. || Être confit en dévotion, affecter des airs et des pratiques de sainteté. Et confite en détresse Imite avec ses pleurs la sainte pécheresse, Régnier, Sal. xm. || Une ama confite en amertume, en douleurs, personne éprouvée par de longues et fortes afflictions.
t 2. CONFIT (kon-fi) , s. m. Eau sure dans laquelle le chamoiseur plonge les peaux minces. || Cuve où le pelletier fait confire les peaux. |) Mélange d'eau et de son pour nourrir les porcs.
— HIST. rv* s. Pelletiers, megissiers, teinturiers detoille, barbaudiers et autres de semblable estât, de faire leurs confis, megis etbarbaudes au dedans leurs maisons, Ordonnances des rois de Fr. t n,
— ÊTYM. Confit t.
CONFITEOR (kon-fl-té-or), s. m. Nom donné à la prière que font les catholiques avant de se confesser, à la messe et dans d'autres circonstances. Dire son Confiteor. || Au plur. Des Confiteor.
— ÊTYM. Latin confiteor, je confesse, de cum, et fateri, avouer, qui est de même radical que le grec ipirro;, dit, de çîju.i ou <p5u.i, dire, latin fari, parler (voy. fable). Le nom de cette prière lui vient de ce qu'elle commence par ces mots : Confiteor Deo omnipotenti....
CONFITURE (kon-fi-tu-r'),*. f. On l'emploie souvent au pluriel. Fruits entiers ou coupés par morceaux, qu'on met cuire avec du s»cre ou du sirop pendant plus ou moins de temps, et qui se transforment en une sorte de marmelade ou compote. Confitures de groseilles, de prunes. Un jeune Grec, fort affable , m'offrit des confitures , chateaubr. Itinéraire, 44.
hist. xm* s. Siros confis de douce'confiture,
De quatre herbes pleines de sanité, Chanson à la Vierge, mâtzner, p. 67. || xv* s. Il bouta sa teste au trou du retrait où il fut bien encensé, Dieu le sait, de la confiture de leans, louis xi, Nouv. lxxii. M'a apporté herbes à faire la confiture de l'onguent dont le bon roi mehaingné, du quel sang vous estes issu, sera gary, Perceforest, t. vi, f Ul.\\ xvi* s. Strabo dit que les Juifs, pour la confiture [embaumement] de leurs corps, souloient user de bitume, pare, Mumie, 2. Confitures de cerises, id. xx, 3). Ses confitures ne céderont aux plus précieuses de celles qu'on fait es grosses villes, o. de serres, 843.
— ÊTYM. Confit i .
t CONFITUREUIE (kon-fi-tu-re-rie), s. f. Art du confiseur. || Lieu où l'on fait les confitures. || Lieu où on les conserve. On dit plutôt confiserie.
— ÉTYM. Confiture
CONFITURIER, 1ÈRE (kon-fi-tu-rié, riè-r'), s. m. et f. Celui, cellequi vend des confitures. || On ne dit guère maintenant que confiseur. || Adj. Marchand confiturier.
— ÊTYM. Confiture.
CONFLAGRATION (kon-fla-gra-sion; en poésie, de cinq syllabes),*./'. ||i° Embrasement général. La conflagration du globe terrestre. Néron fit accuser les chrétiens de la conflagration de Rome, furetiêhb. || 2°Fig. Bouleversement politique. La conflagration générale qui suivit la Révolution française. Vous périrez, et dans la conflagration universelle que vous ne frémissez pas d'allumer, la perte de votre honneur ne sauvera pas une seule de vos détestables jouissances, Mirabeau, Collect. t. H, p. «86.
— REM. Conflagration, bien qu'employé par Rabelais et Montaigne, n'a été remis en usage que dans le xvnr* siècle; il n'est dans aucune des anciennes éditions du Dictionnaire de l'Académie.
— HIST. xvi* s. Les géants emportèrent leur rot \narche à leur col. le mieux qu'ils purent, hors lu fort, comme fit iEnée son père Anchise de la conflagration deTroye, rab. Pont, n, 29. Chrysippus estimoit qu'en la dernière conflagration du monde, tous les dieux auroient à finir, sauf Jupiter,
— êtym. Latin conflagratio , de conflagrare, de cum, elflagrare, brûler (voy. flagraijt).
t CONFLE (kon-fl'), i. m. Terme de commerce. Balle de poivre lourd.
CONFLIT (kon-fli; le « ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, Vs se lie: les conflits armés, dites: lescon-fli-z armés), s. m. || 1* Choc de gens qui en viennent aux mains. Le conflit de deux armées. Le pigeon profita du conflit des voleurs, S'envola, s'abattit auprès d'une masure, la font. Fait. ix, 2. || 2° Terme de procédure. Conflit de juridiction, ou, simplement, conflit, contradiction sur le
droit de connaître d'une affaire entre deux juridictions de l'ordre judiciaire. || Conflit d'attribution, conflit entre deux juridictions, l'une de l'ordre judiciaire, l'autre de l'ordre administratif. Élever le conflit. |f Conflit négatif, celui qui a lieu, lorsque deux tribunaux se déclarent respectivement incompétents pour connaître d'une même affaire. || 8° Fig. Au milieu d'un conflit tumultueux de grands et petits intérêts, flf.ch. le Tellier. Toutes les fois que l'autorité souveraine voudra s'interposer dans les conflits de l'honneur et de la religion, elle sera compromise des deux côtés, i. i. rooss. Lettre à d'Alembert.
— HIST. xii* s. En ce ke il chascun jor surmontent et laissent les oevres de cest secle, soi combatent il chascun jor par fort conflit encontre eaz[eux] mimes, Job, 48) . || xvi* s. Aussi fut pris maint roy, maint duc et comte En ce conflit, dont je laisse le compte, marot, I, 327. En ce conflit, qui dura une bonne demie heure, furent blessez des mutins environ trente ou quarante, condë, mémoires, p. 612. Celuy qui, picqué et oultré jusques au vif d'une offense, s'armeroit des armes de la raison contre ce furieux appétit de vengeance, et, aprez un grand conflict, s'en rendroit enfin maistre, ferait sans doute beaucoup plus, mont, u, <(5. C'est un conflict [discussion] qui se décide plus par les armes de la mémoire que par celles de la raison, m. 1, 240.
— ÊTYM. Espagn. conflicto; ital. conflitto; du latin confliclus, de confligere, de cum, et fligere, heurter, frapper.
t CONFLUENCE (kon-flu-an-s') , s. f. Terme de médecine. La qualité d'être confluent. La confluence de la petite vérole.
— ÊTYM. Confluent t.
1. CONFLUENT, ENTE (kon-flu-an, an-t') , adj. Terme de médecine. Petite vérole confluente, celle où les boutons sont si rapprochés qu'ils se touchent et se confondent, par opposition à variole discrète.
|| Terme de botanique. Parties confluentes, parties qui se réunissent ou se confondent. || Terme de minéralogie. Aragonite confluente, variété prismatique, dont les cristaux se réunissent par leurs bases.
— ÊTYM. Confluer.
2. CONFLUENT (kon-flu-an) , s. m. || 1* Endroit où deux rivières se réunissent. Le confluent de la Seine et de la Marne. || 2° Terme d'anatomie. Confluent des sinus de la dure-mère, ou pressoir d'Hérophile, sorte de cavité, située au devant de la protubérance occipitale interne, et formée par la réunion des trois grands replis de la dure-mère. j| Confluent de deux veines. La seconde branche de la veine ombilicale s'unit à la veine-porte, et forme avec elle une espèce de confluent qui se partage ensuite en différentes branches, condorcet, Bertin.
— HIST. xvr s. Nous partismes de Mayence, pour venir à Coublants, aultrement Confluents, que nous disons en françois corrompu Conllans ; qui est quand une rivière entre en une aultre plus grande en laquelle elle perd son nom, comme Conflans entre Paris et le pont Charenton, etc. carl. vni, 29.
— ÊTYM. Confluer.
CONFLUER (kon-flu-é), v. n. Se joindre dans le même lit, en parlant de deux rivières. La Marne conflue avec la Seine; ces deux rivières confluent au-dessus de Paris. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xvi* s. Confluer, monet, Dict.
— êtym. Latin confluere, de cum, et fluere, couler (voy. floer).
CONFONDRE (kon - fon - dr") , je confonds, nous confondons; je confondais; je confondis; je confondrai; confonds, confondons; qu'il confonde; que je confondisse; confondant; confondu, v. a. || 1° Réunir pêle-mêle, effacer les séparations. La Seine et la Marne confondent leurs eaux. La victoire et la nuit, plus cruelles que nous, Nous excitaient au meurtre et confondaient nos coups, rac. Andr. I, 2. Les inondations du Nil qui confondaient les bornes des champs, furent cause que chacun voulut des mesures exactes, fonten. Les mondes, fsoir. || 2" Ne pas faire de distinction entre des personnes et des choses. Ils se ressemblent tellement qu'il m'arrive de |les confondre. Va, je ne confonds point ses vertus et ton crime, corn. Héracl. i, a. Et confondant ces mots de trésor et d'époux, Je crus les bien entendre, expliquant tout de vous, id. tTj. ni, t. Vous avais-je sans choix Confondu jusqu'ici dans la foule des rois? rac. Bérén. m, i. Soit que ma haine en lui Confonde les Romains dont il cherche l'appui, id. Mithr. i, 2. On m'accuse de vouloir confondre la charité avec l'espérance, boss. Avert. Ils rompaient ces bornes sacrées qui avaient été
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plantées par nos pères, et confondaient la philosophie avec la religion, flêch. l'anrg. n, p. «9. || Absolument. Il est possible que je Oomonde. il 8* Unir, identifier. Dans vos intérêts n'en confondez point d'autres, corn. Pomp. u, 3. Eu adoptant Néron , Claudius par son choix De son fils et du vôtre a confondu les droits, rac. Brit. m t. Qu'ils confondent leur haine et ne distinguent plus Le sang qui les fit vaincre et le sang des vaincus, a, Andr. i, 2. || Concentrer. Tous ces yeux qu'on voyait venir de toutes parts Confondre sur lui seul leurs avides regards, rac. Bérén. i, 5. || 4° Faire échouer, réduire à l'impuissance. Elle eût sans doute confondu leur orgueil, pasc. dans cousin, ô Dieu, confonds l'audace et l'imposture! rac. Esth. m, 4. Le ciel punit ma feinte et confond votre adresse, id. Baj. n, 5. Sa mort peut vous confondre, id. Brit. v, ». In regard confondrait Hermione et la Grèce, id. Andr. m, 6. Je voulais que ton zèle achevât en secret De confondre un amour qui se tait à regret, id. Bérin. u, 2. Et de quel œil Ma mère a-t-elle vu confondre son orgueil? id. Brit. m, i. Quel malheur imprévu vient encor me confondre? id. Baj. m, 8. je ne m'arrêterais pas à vous rapporter les passages de vos pères, si cela n'était nécessaire pour confondre l'assurance que vous avez eue de dire.... pasc. Prov. 4 3. C'est Dieu lui-même qui confond les conseils et la prudence de nos chefs, mass. Carême, Mot. de conv. || Par imprécation. Te confonde le ciel de me parler ainsi I mol. Amph. u, i. Diable, conclus; ou bien quelecielte confonde! rac. Plaid, m, 3. || Gâter, ruiner. Un orage violent a confondu toutes nos récoltes. || 5° Mettre dans l'impossibilité de répondre, atterrer. Ce serait bien, seigneur, de tout point me confondre, corn. Nicom. iv, 5. St Augustin confondit ces hérétiques, boss. Hist. i, II, Il est facile de les confondre, pasc dans cousin. Pour les confondre par la vue de leur folie, id. io. La nature confond les Pyrrhoniens, et la raison confond les dogmatistes, n>. «6. Il n'est pas condamné puisqu'on veut le confondre, rac. Baj. iv, 7. Achille en veut connaître et confondre l'auteur, id. Iphig. m, t. Je veux confondre le monde par ceux que le monde révère le plus, par ceux qui le connaissent le mieux, et ne lui veux donner pour le convaincre que des docteurs assis sur le trône, boss. Duch. d'Orl. Sitôt que par un vice ils pensent me confondre, C'est en me corrigeant que je sais leur répondre, boil. Épit. vu. 11 pensait que, pour éviter ou confondre ces reproches, il fallait remplir le devoir que.... condorcet, Bucquet. Témoignons pour le Christ, mais surtout par nos vies; Notru moindre vertu confondra plus d'impies Que le sang d'un martyr, lamart. Harm. i, 6. || 6° Étonner, stupéfier. Ce que vous dites là me confond. La Trinité confond notre petitesse, accable nos sens, chateaub. Génie, i, ♦. Ce qui me confond, c'est la légèreté avec laquelle des hommes frivoles prescrivent des règles de conduite à des personnages d'une expérience consommée, didkr. Ess. s. Claude. || Absolument. Il y a de quoi confondre. || 7» Causer un sentiment excessif de modestie, d'humilité; se dit par civilité. Vous me confondez par vos louanges. Seigneur, tant de bontés ont lieu de me confondre, rac. Mithr. i, 3. || 8° Se confondre, v. réfl. Être mêlé. Ils se sont confondus avec d'autres peuples, boss. Hist. u, 7. De peur que ces histoires ne se confondent dans votre esprit, id. Hist. préf. Parterres d'un dessin agréable et nouveau, Amphithéâtres, jets, tous au palais répondent Sans que de tant d'objets les beautés se confondent, la font. Psyché, i.p. t04. Leurs années se poussent successivement comme des flots; ils ne cessent de s'écouler, tant qu'enfin, après avoir fait un peu plus de bruit et traversé un peu plus de pays les uns que les autres, ils vont tous ensemble se confondre en un abîme où l'on ne reconnaît plus ni princes, ni rois, boss. Duch. d'Orl. Du vainqueur, du vaincu les clameurs se confondent, delav. Vêpres sicil. v, 2. jj 9° Tomber dans le désordre. Turenne meurt, tout se confond , fléch. Tur. || 10° Devenir incapable de distinguer. Mon amour.... mais adieu, mon esprit se confond, corn. Bodog. iv, t. Une langue qui s'épaissit, une mémoire qui se confond, mass. Car. Impén. Cet abîme où son esprit se confond, id. Car. Mort. De loin l'œil se confond avec l'objet, boss. Char. frai. 2. Plus j'y pense, plus je me confonds, j. J. rouss. Êm. iv. || Ne pouvoir plus être distingué. Les contours s'effacent, les nuances se confondent. Toutes mes idées se confondent. || H" S'humilier. C'est de vous confondre de vos faiblesses devant le saint Époux, boss. Lett. Corn. 129. Confondez-vous qu'après des excès.... on vous demande si
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peu, mass. Car. Jeûne. Nous devrions nous confondre qu'avec bien moins d'innocence nous ayons besoin de plus d'indulgence, id. ib. || 12° Se tromper. Il a compris qu'il est très-possible que je me confonde, sêv. 141. || 13° Demeurer interdit. Dès vos premiers regards je l'ai vu se confondre, bac. Phèd. ii, 1. Vous détournez les yeux et semblezvous confondre, m. Bérén. n, 4. j| 14° Familièrement^ Se confondre en excuses , en respects , etc. multiplier les excuses, les respects, etc.
— HIST. xi* s. En cest puis [il] nous est venuz cunfundre, Ch. de Roi n. Deus me confonde, se la geste [}') en desment, ib. lu. || xii* s. Et qu'il confunde tout vostre parenté, Ronc. p. 22. Et tant vassaus ocis et confondus, ib. p. 80. Marsile est confunduz, ib. p. **. Dex les confonde qui fist ciel et rosée, t'A. p. 70. Normendie ert bien prof destruite e confondue, Ejà Vost de France ert tresqu'à Ruem venue; Tute Engleterre esteit à sun duel esmeûe, Th. le mari. 163 Dune vint Joab devant le rei, si li dist : Cunfundu as ui tuz tes humes ki unt ta vie gardée, flots, 190. || xiir" s. La roïne racourt, de duel [se] confont et d'ire, audefr. le bast. Romancero, p. <6. Dame Dieu la confonde, l'orde serve pullentel Berte, x. Mesaise j'ai eue, toute en sui confondue, ib. m. Une forche tint en ses mains, Si le feri parmi les rains, Par un pou ne l'a abatu, Moult l'a blecié et confondu, Ren. -10391. Dist Ysengrin : Biausniés, qu'as tu? Moult te voi ore confondu, tien. 244. Mes or seroit fort à respondre, Por tous les argumens confondre Que l'en puet encontre amener, la Rose, 17470. Ains que [avant que] Virginius parlast, Qui tout estoit prest de respondre Por ses adversaires confondre.... ib. B644. Tant les hé [je les hais] que se ges [je les] poïsse Confondre, tuit les confondisse, «6. 16060. Envie destruit gentillece, Envie grieve, Envie blece, Envie confont charité, Et si destruit humilité, buteb. ii, 36. Se le conte de Poitiers feust avant venu, et il et sa gent eussent esté tousconfoundus, joinv. 219. Tant de gens mors et confondus, id. 262.Confusest cul proiere ne vaut, Psautier, f» 28. || xv" s. Et fit garder le havre et le port de Calais, si près que rien n'y pouvoit entrer ni issir, que tout ne fust confondu, fboiss. I, I, 3)6. || xvi* g. X quoy respondit Panurge : Dieu confonde qui vous laissera, rab. Pont, n, 26. Les pièces empruntées d'aultruy, il les transformera et confondra pour en faire un ouvrage tout sien, mont, i, 162. Je ne conseille pas qu'on confonde leurs règles; on s'y tromperait, id. i, a 14.
— ÊTYM. Provenç. confondre, cofondre; espagn. confundir; ital. confondere; du latin confundere, de cum, etfundere, fondre.
CONFONDU, UE (kon-fon-du, due), part, passé de confondre. || 1° Mis en confusion. Je ne pense pas.... que les éléments paraissent confondus Pour qu'un mortel ici respire un jour de plus, volt. Mort de Ces. m, 6. || Familièrement, détruit, abîmé. Voyant ce ménage, mon herbe confondue , perdue, si ie ne dis mot.... p. l. cour, n, 296. || 2° Réuni àd'autres sans distinction. Il était confondu dans la foule avec les derniers du peuple, fén. Tél. vi. On prenait plaisir à voir les deux camps confondus par une amitié si inespérée, et les deux armées qui n'en faisaient plus qu'une , n>. t&. xxi. Esclave dans la foule où j'étais confondue.... volt. Zaïre, n, 2. || 3° Réduit à l'impuissance, au silence, à la confusion. L'accusé a été confondu par un témoignage aussi précis. Du coup dont ma raison vient d'être confondue, bac. Andr. m, t. Ta fausse vertu va être confondue, fén. Tél. xvni. Viens voir tout cet amour devant toi confondu, volt. Sémiram. rv, t. Vous êtes consterné, mon àme est confondue, m. Tancrède, iv, 4.
f CONFORMATECR (kon-for-ma-teur) , s. m. Instrument pour donner aux chapeaux la forme de la tête.
— Etym. Conformer.
CONFORMATION (kon-for-ma-sion ; en poésie, de cinq syllabes) , s. f. Disposition naturelle des différentes parties d'un corps et, particulièrement, d'un corps organisé. Il résulte pour l'éléphant plusieurs inconvénients de sa conformation bizarre, buff. Éléphant. || Terme de médecine. Vice de conformation , tout dérangement, apporté en naissant, dans l'ordre, le nombre ou la disposition des parties du corps. || Maladie de conformation, maladie qui provient d'une mauvaise disposition des parties du corps. || Terme de chirurgie. Réduction des os fracturés ou luxés.
— HIST. xvi* s. Pour la conformation et articulation de la voix, la langue a esté flexile.... pake,
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— ÉTYM. Latin conformalio, de conformare, conformer.
CONFORME (kon-for-m'), adj. \\ i° Qui a la même forme, qui est semblable. Copie conforme à l'original. || Pour copie conforme, formule de pratique, certifiant l'exactitude d'une copie. || 2° Qui s'accorde avec. Dites-moi en quoi vous êtes conformes aux jésuites, pasc. Prov. 2. Conforme à son aïeul , à son père semblable , bac. Athal. v, 6. Vos désirs sont toujours si conformes aux siens, id. Brit. il,3. Vos intérêts ici sont conformes aux nôtres, m. Théb. l , 5. Revêtons-nous d'habillements Conformes à l'horrible fête Que l'impie Aman nous apprête, id. Esth. i,B. Et mon sort , de tout point , est si conforme au vôtre, Qu'il semble que le ciel nous ait faits l'un pour l'autre, kegnard, Démocr. îv, 7. Toutes ces dispositions étaient plus conformes au climat d'Italie qu'à celui du Nord, montesq. Esp. xxiii, 2) . || Absolument. Et presque aucun avis ne se trouvant conforme , rotbou, Yencesl. i, t. || 8" Qui convient. Mener une vie conforme à sa profession. [Il] s'est fait une vertu conforme à son malheur, rac. Brit. n, 3. Il sait feindre le caractère plus conforme aux vues qu'il a, la brut. x. || Absolument. Son cœur qui vous estime est solide et sincère, Et ce choix plus conforme était mieux votre affaire, mol. Mis. i, i.
— HIST. xvi* s. Mes actions sont réglées et conformes à ce que je suis, mont, dans le Dict. de dochez. Les eflects lesquels je rendray, Dieu aidant , conformes au langage de ma protestation , condé, Mémoires, p. 661.
— ÊTYM. Conformis, de cum, et forma, forme. CONFORMÉ, ËE (kon-for-mé, mée), part, passé.
|| 1* Rendu conforme. Conduite sévèrement conformée au langage. || 2° Qui a une certaine conformation. Enfant mal conformé. Les fondations [ des couvents] ne sont que pour la jeunesse et les personnes bien conformées, volt. L'h. aux 40 écua, Raisonnement sur les moines.
CONFORMÉMENT ( kon-for-mé-man ) , adv. En conformité avec. Conformément à la promesse faite à Abraham, boss. But. n, 4. Vivez conformément à ce que vous croyez, mass. Car. Vérité de la religion.
— HIST. xti* s. Conformément à cet aultre [dire], que le sage a la fortitude pareille à Dieu, mais en l'humaine foiblesse, mont, ii, 210.
— ÊTYM. Conforme , et le suffixe ment. Cet adverbe devrait s'écrire conformément; l'accent est dû à un abus autorisé par l'usage, dit Chifûet, Gramm. p. 188. On trouve dans Amyot, Solon, 4, conforméement, qui vient non de conforme, mais de conformé.
CONFORMER (kon-for-mé) , v. a. || 1* Donner la forme. Les eaux ont conformé certaines portions de la surface du globe. || 2° Rendre conforme. 11 conforma sa vie au modèle qu'il s'était choisi. Je sais mieux conformer les remèdes au mal, corn. Pomp. îv , 1 . || 3° Se conformer , v. réfl. Se rendre conforme, devenir conforme. Corneille nous assujettit à ses caractères et à ses idées ; Racine se conforme aux nôtres, la brut. i. Haïr le monde, c'est-à-dire ne pas vous conformer à lui , mass. Car. Élus. Conformez-vous aux temps, conformez-vous aux lieux, volt. Tancr. i, 4. Ces mœurs sont vos devoirs, il faut s'y conformer, id. Ali. iv, 2. Il doit se conformer aux moeurs de ses complices, id. Catil. i, i. Ses superbes coursiers.... Semblaient se conformer à sa triste pensée, rac. Phèd. v, 6. ||4° Se soumettre à. Pour se conformer à cet ordre, ils demeurent enfermés quarante jours, boss. But. u, 7. Elle se conformait aux ordres de Dieu, elle lui offrait ses souffrances en expiation de ses fautes, id. Duch. d'Orl. Pourrais-je à cette loi ne pas me conformer? rac. Athal. rv , 3.
— HIST. xiii" s. Nous à la requeste de cascune partie, cheste [cette] pais, si comme il est contenu en leur Chartres, sauf nostre droit, conformasmes et volons qu'ele soit tenue ferme, tailliar, Recueil, p. 34. Selon mon art vous conformés, Car nus, s'il n'est bien enformés, Ne puet passer sans beste vendre, la Rose, -13209. Conformés vous à sa manière, ib. 7760. || xvi« s. Dieu bégaye, comme par manière de dire, avec nous, à la façon des nourrices pour se conformer à leurs petis enfans , calvin , Instil. 70. Christ a tousjours conformé ses réponses à ceux ausquels il avoit à faire, m. ib. 656.... X ce que la vie de l'homme soit conformée à la pureté de Dieu, comme à un patron, m. ib. 3H. X ce dire s'accorde et se conforme aussi un accident qui luy advint en la ville d'Aniphipolis, amyot, P. Jim. 39. Epaminondas, auquel Timoleon taschoit plus à se confor-
CON
mer et à luy ressembler qu'à nul autre.... id. Timol. 47. Certes je désirerais beaucoup en veoir l'expérience et congnoistre à veue d'oeil si l'effet conforme au bruit qui en est, D. Flores de Grèce, S" cli, dans lacurne. Nous délivrions avoir honte, qu'ez sectes humaines il ne feust jamais partisan, quelque difficulté et estrangeté que mainteinst sa doctrine, qui n'y conformast aulcunement ses deportements et sa vie, mont, u, 4 44. Je soais bien que fort peu de gents rechigneront à la licence de mes escripts, qui n'ayent plus à rechigner à la licence de leur pensée; je me conforme bien à leur courage, mais j'offense leurs yeulx, ro. m, 311. Vous vous conformerez patiemment à tout ce qu'il plaira à Dieu d'ordonner de moy, mont, iv, 323.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. conformar ; ital. conformare; du latin conformare, de cum, et formare (voy. fobmer).
CONFORMISTE (kon-for-mi-sf ) , s. m. etf. Dans le langage ecclésiastique de l'Angleterre , celui , celle qui se conforme au culte établi par les lois du pays : ceux qui professent une autre religion sont appelés non-conformistes. L'église anglicane met les calvinistes puritains au nombre des non-conformistes, boss. Var. 13.
— etym. Conformer.
CONFORMITÉ (kon-for-mi-té), s. f. || 1° Qualité de ce qui est conforme. Avec lequel il n'avait qu'une conformité apparente, pasc. Prov. 2. Des sentiments qui avaient quelque conformité avec ceux du christianisme, id. Rel. 24. Pour entrer en conformité de son esprit, boss. h, Pass. 3. Que de conformité de mœurs et de doctrine! Que "d'union d'esprits sous un supérieur 1 corn. Imit. I, -18. Il est rare que la conformité des humeurs ratifie un nœud que la conformité seule des intérêts forme presque toujours, mass. f sermon d'une profession relig. J'ai encore une bonne raison de l'aimer, c'est qu'il a à peu près la même maladie qui m'a toujours tourmenté : les conformités plaisent, volt. Lett. Mme du Deffant, mars (766. Quel bonheur sur la terre eût égalé le nôtre? Douces conformités d'âges et de désirs, Le ciel autour de nous rassemblait les plaisirs, ducis . Bamlet, iv, 2. Je t'aimerais bien moins si tu m'étais fidèle; Moins de conformité nous unirait tous deux; Le ciel entre fripons forme d'aimables nœuds, chaulieu, A Mme D. pour la prier.... || En conformité de, conformément à. Il agit en conformité des ordres qu'il a reçus. || Absolument. Les prophètes qui avaient parlé en conformité , boss. llist. n, 4. || 2° Soumission. C'est la conformité à la volonté de Dieu qui fait tout le prix de vos sacrifices, mass. Myst. purifie. 1. L'acceptation des ordres de Dieu sur nous, la conformité à sa volonté sainte dans toutes les situations où il nous place, id. Panég. Martyr. || 8° En Angleterre, soumission à la religion dominante.
— HIST. xiv s. Ceste conformité ou alliance peut apparoir par un merveilleux signe, oresme, Thèse de meunier. ||xvi* s. Et si peult on encore remarquer une grande conformité de nature entre eux, amyot, Cimon, 6. La conformité de celle peinture avec sa passion la feit fondre en larmes, id. Brutus,
— ÉTYM. Provenç. conformitat; espagn. conformidad ; ital. conformità; du latin conformitalem , de conformis (voy. conforme).
CONFORT (kon-for; le ( ne se lie pas : le kon-for et l'aisance; au pluriel, l's ne se lie pas: les konfor et l'aisance; cependant plusieurs prononcent l's.- les kon-for-z-et....), s. m. || i° Secours, assistance. Et traîner sans confort.... Une pauvre vieillesse, Régnier, Sat. ni. Vain et triste confort, soulagement légerl corn. Médée, v, 4. || 2° Tout ce qui constitue le bien-être matériel et les aisances de la vie. Les Anglais ont un grand amour pour le confort. || Ce sens a été donné en Angleterre au mot français confort, et c'est de là qu'ainsi transformé, il nous est venu.
— HIST. xi* s. Entr'els [ils] en ont et orguel et cunfort, Ch. de Roi. cxliii. Amors m'a fait oublier L'ennui qui longtemps m'a mort, Et donné nouviau confort, Coud, iv. Que de'vous [je] n'ai confort ne guerredon, ib. vu. [Amour] Qui tout me donne à vous entièrement, Si que je n'ai de moi confort ne joie, ib. xvi. Il en Deu prent confort e es divins escris, Th. le mari. 65. || xin's. Je servirai à [selon] mon pooir tous dis, Tant que j'aurai vers ma dame trové Aucun confort des maus où il [mon cœur] m'a mis, le comte d' anjou, Romancero, p. 123. Un seul confort me tient en bon espoir, Et c'est de ce qu'onques [je] ne la guerpi [ma dame] , u>. t'6. p. 1 24. Ceste parole fu grans cenfois as pèlerins, vu-llii. xcix.
CON
Et par leur confort et leur prières en tornerent mains [moins] à aler à Venise, vii.leii. xxxii. Nus de cix qui s'acorderent à la pes, ne doivent fere nule ayde ne comfort à cix qui demorerent en la guerre, beaum. nx, 4 2. Poi [peu] de confort apaise cuer marri, Anc. poésies fr. Vatican, n* 1622, M 53, dans lacubne. H xiv* s. Aucunes fois nous bons celui qui aime honeur comme homme de bon confort et fort courage, oresme, Eth. 426. || xvi* s. Ils ne s'aident du confort [aide] du magistrat à la conservation de leur bien, calv. Instit. 4207. Le bon vieillard, vrai confort des craintifs, marot, ii, 46. Malheureux est qui n'a aucun confort, id. ii, 327. Les assurant que Tissaphernus leur donnerait confort et aide à ce faire, amïot, Aie. 62. Au malheureux fait confort avoir compaignie en son sort, génin, Récriât, t. il,
— ÊTYM. Corn, elfort: ce qui rend fort. Provenç. confort, cofort ;&nc. espagn. con/bi'io; espagn. mod. confuerto; ital. conforto : angl. comfort.
t CONFORTABLE ( kon-for-ta-bl' ), adj., Qui procure du confort. Un logement confortable. || S. m. Le confortable, l'ensemblo des choses qui constituent le confort. H Sorte de fauteuil dont le bois estrembouré, recouvert et capitonné.
— rem. « Confortable est un anglicisme très-intelligible et très- nécessaire à notre langue, où il n'a pas d'équivalent ; ce mot exprime un état de commodité et de bien-être qui approche du plaisir, et auquel tous les hommes aspirent naturellement, sans que cette tendance puisse leur être imputée à mollesse et à relâchement de mœurs, Charles nodieh, Examen crit. des Dict. « Bien que la terminaison able soit ordinairement passive (aimable, digne d'être aimé), elle est quelquefois active, favorable, qui favorise, secourable, qui secourt, confortable, qui conforte.
— ÊTYM. Anglais, comfortable, dérivé du français confort.
t CONFORTABLEMENT (kon-for-ta-ble-man), ad». D'une manière confortable.
— ÉTYM. Confortable, et le suffixe ment. CONFORTANT, ANTE (kon-for-tan , tan-t'), adj.
Terme de médecine. Oui réconforte. Remède confortant. || S. m. Prendre un confortant.
— HIST. xv* s. Fut conseillé, que il laissast madame sa sœur acquérir «t pourchasser amis et confortans au royaume de France, froiss. i, i, 8.
CONFORTATIF, IVE (kon-for-ta-tif, ti-v'), adj. Qui a la vertu de donner ou de rendre des forces. Un
emède, un discours confortatif. || S. m. Les confortatifs. Le roi avait trouvé chez Lavienne des confortatifs [aphrodisiaques] qui l'avaient rendu plus
ontent de lui-même, st-sim. 62, 423.
— HIST. xiv s. Tel son ne est pas corrumpant ne violent, mez est confortatif et vivifiant, oresme, Thèse de meunier. || xv* s. On lui mit en la bouche pain, eau et espices et toutes choses confortatives, froiss. m, iv, 23. Elle lui donna aucune chose confortative, après la médecine laxative qu'il avoit prinse celle nuitée, louis xi, JVou». lix. || xvi* s. Un bon vieillard portant chère joyeuse, Confortatif, de parolle amoureuse, Et s'appelloit bon Espoir par son nom, marot, 1, 4 3. L'axonge par telle cuisson est rendue plus subtile et confortative des parties,