xvi* s qui en accords plus divins qu'an
geliques Alloient chantant à l'envy maints beaux vers, mar. m, 306. Bientost après, allans d'accord tous quatre , Par les préaux toujours herbus s'esbattre, id. m, 308. D'un commun accord, calv. Inst. 959. L. Marcius sema des entrejects d'accord, mont, i, 23. Venir à accord, id. i, 26. Traité d'accord , id. i,25. L'ephore ne s'esmoie pas si la musique en vault mieux, ou si les accords en sont mieulx remplis, id. i, 424. Ce seroit un meslange de trop mauvais accord [les harangues et la joie], id. i, 424. Cette narration d'Aristote n'a non plus d'accord avecques nos terres neuves [l'Amérique], id. H, 233.
— Étym. Accorder; bourguig. écor; provenç. accort; anc. catal. acord; espagn. acuerdo; ital. accordo. Dans l'ancien français on disait accord, s. m. et accorde, s. f.
ACCORDABLE (a-kor-da-bl') , adj. Qui peut s'accorder, se dit dans toutes les acceptions d'accorder. Ces plaideurs ne sont pas accordables. Cette grâce est accordable. Ce piano n'est plus accordable. || Se met toujours après son substantif.
— HIST. xili* s. Et chose plus accordable au monde est garder ce qui est enconvenancé [convenu] entre les genz,litTe de just. 400. || xv's. [I es envoyés] commencèrent à traiter et cheirent sur aucunes voies assez accordables, froiss. i, i, 444. Par longue accoustumance il ramena à douceur et accord mesuré et plaisant à ouïe, sa voix qui souloit estre laide et mal accordable, Hist. de Êouciq. iv,40.
— ÊTYM. Accorder.
ACCORDAILLES(a-kor-dâ-p; 11 mouillées, et non
a-kor-dâ-ye) , s. f. plur. Réunion pour signer un contrat de mariage. Il se trouva peu de parents aux accordailles.
— ÉTYM. Accorder.
ACCORDANT, ANTE (a-kor-dan, dan-t') , adj. || 1* Ancien terme de musique. Qui s'accorde. Plusieurs sons mêlés ensemble seront accordants ou discordants, desc. l'Homme. N'ayant lieu entre les sons accordants que par accident.... id. Mus. Aujourd'hui on dit plutôt consonnant. ||2"Qui consent, qui concorde. Il est impossible qu'ils soient accordants avec toutes las diverses opinions des hommes, desc. liéth. 6.
— HIST. xiii* s. Et tout cil qui s'i acordent doivent estre mis en escrit comme acordans, beaum. 8(.|| xvi" s. Bref, rien n'y faut sinon que ton plaisir Soit accordant à mon ardant désir, marot, i, 333. Nourrissant en mesme giste, d'une société accordante et paisible, le crime et le juge, mont, i, 390. Une assemblée de quatre si accordants et si unis d'amitié, id. iv, 326.
t ACCORDE (a-kor-d'). Terme de marine. Commandement que l'on fait aux rameurs pour qu'ils rament ensemble. "Et substantivement, commander l'accorde.
— ÊTYM. Impératif du verbe accorder.
ACCORDÉ, ÉE (a-kor-dé, dée) , part, passé.
|| 1° Mis d'accord. Les deux adversaires ayant été accordés. Ces passages, en apparence contradictoires, étant accordés. || 2° Concédé. Privilège accordé. Demande accordée par le sénat. Cesprincipes étant accordés. || 3° Absolument. Accordé, je vous l'accorde, j'y consens. Vous demandez de l'argent, accordé. || 4° En termes de musique , mis d'accord. Un clavecin bien accordé ne fournit que des touches qui expriment la juste valeur de chaque son, ïên. t. xxi,
ACCORDÉ (a-kor-dé) , *. m. ACCORDÉE (a-kor-
ACC
dée), t. f. Homme, femme liés réciproquement par un engagement de mariage. L'accordé et l'accordée. Le domestique amène l'accordée au fils de son maître, chateaub. Gén. Il, 6, 3. Je vous dis que vous ne caressiez point nos accordées, mol. Le F. de pierre, n, 3.
— hist. xvi* s. Le chevalier Salviati, oncle de son accordée, rompit son mariage, d'adb. Vie.
— étym. Accorder.
t ACCORDEMENT (a-kor-de-man) , s. m. Action d'accorder. L'accordement de deux adversaires.
— REM. Il n'y a aucune raison de ne pas accepter ce mot qui est ancien et qui se comprend sans peine.
— HIST. xii* s. N'i pout avoir accordement Ne par amiz ne par parent, Hou, 769».
t ACCORDÉON (a-kor-dé-on),«. m. Nom donné à un instrument de musique à soufflet et à touches qu'on tient et qu'on manœuvre avec les mains.
— étym. Accorder.
ACCORDER (a-kor-dé), v. a. || 1" Mettre en bonne intelligence, concilier, arranger. Accorder deux plaideurs. Accorder des ennemis. Accorder un différend. Comme le sujet de leur querelle fut public, elle fut accordée au sortir du palais par M. le duc d'Orléans, larochef. Mém. 482. Le ciel, qui de sa main daigna nous accorder, Doit faire que l'effet à l'attente réponde, rotrou, Antig. i, 4. ||2° Effacer les contrariétés, les désaccords, concilier. C'est celle qui accorde les contrariétés par un art tout divin, pasc. édit. Cousin. Il accorde en peu de mots l'immatérialité de l'âme avec le pouvoir qu'a la matière d'altérer ses fonctions, id. ib. Mais d'ailleurs comment pourrions-nous accorder avec l'infinie bonté de Dieu, notre Créateur et notre père, de nous avoir appelés à un état où il ne nous fût pas possible d'obtenir la souveraine béatitude1? bourd. Pensées, t.i,p. 77. Accordez cesdiscoursque j'ai peina à comprendre, corn. Mort de P. v, 3. D'Albe avee mon amour j'accordais la querelle, id. Hor. I, 4. Accordez le respect que mon trône vous donne Avec cet attentat sur ma propre personne, ro. Sert. Il, 2. Vous saurez accorder votre amour et ma gloire, id. Sirt.in,4. Quelle convention peut-il y avoir entre J. C. et Bélial, et comment peut-on accorder le temple de Dieu avec les idoles? boss. Hist. n , 358. Pour accorder le franc arbitre et la prédestination, la mothe levayer. 4 2. Comment peut-on avec tant de colère Accorder tant d'amour? rac. Ath. m, 8.... je saurai peut-être accorder quelque jour Les soins de ma grandeur et ceux de mon amour, id. Andr. i, 2. 11 a accordé une piété solide avec une profonde érudition, fonten. Oracl. 9. Il faut accorder les contradictions qui ne sont qu'apparentes; il faut faire un choix bien raisonné, quand elles sont réelles, id. de Liste. J'étais fatigué de me trouver toujours entre deux hommes que je ne pouvais accorder [qui conseillaient des choses opposées] , fén. Tél. xm. Pouvant accorder la résidence avec la cour, sév. 453. || Accorder en ce sens prend arec , et quelquefois d : Je ne sais s'il y a moyen pour donner des règles fermes, pour accorder les discours à l'inconstance de nos caprices, pasc. Pens. i, 3.... un prince aimableQui sait accorder si bien.... Aux talents d'un capitaine Les vertus d'un citoyen, chaul. à Vendôme. || 3° Demeurer d'accord, avouer. J'accorde cette proposition, ce fait. Oui, j'accorde qu'Auguste adroit da conserver L'empire où sa vertu l'a fait seule arriver, corn. Cinna, n, 4. De quel poids peut être le suffrage d'un homme comme moi , d'un homme sans lettres et sans étude?On vous l'accorde ; l'Église peut fort bien se passer de votre suffrage . bourd. Pensées, t. il, p. 347.Plutôtque d'accorder qu'il faille dira la forme d'un chapeau, j'accorderais que.... mol. le Mar. forcé, e. Ils ne nient ces chosesnine les accordent; ils n'y pensent point, la bruv. 4 6. Au cas qu'on ait accordé les principes, et qu'on demeure ferme à les avouer, pasc. Pensées, i, 3. || 4° Concéder. Accorder un privilège, une grâce, une demande. Il lui accorda de venir auprès de lui. Accordez-moi une audience. Ne rien accorder aux faiblesses de la nature. Les dieux ne lui ont pas accordé de revoir sa patrie , fén. Tél. m. Je ne te veux qu'un mot; accorde ma prière, rotrou, St- Gettest, iv, 4. Puisque vous le voulez, j'accorde qu'il le fasse, corn. Ct'd, iv, 6. Une vie où l'on n'accorde rien aux passions extrêmes, mass. Rich. Accorder à Dieu une chiquenaude pour mettre le monde en mouvement, pasc. édit. Cousin. On se remet en grâce avec eux; on leur pardonne, et on leur demande qu'ils nous accordent le même pardon, bourd. Pensées, t. n,p. 300. Il est vrai , rep,it Jésus-
ACC
Christ, Moïse vous l'a accordé, mais il ne l'a accordé qu'à laduretéde votre cœur, id. ib. p. 360. De n'avoir point de repos que les superfluités ne me soient accordées, m. ib. p. 406. Lorsqu'on verra qu'elle s'accorde tous les soulagements et se ménage toutes les douceurs qu'elle est en pouvoir de se procurer, m. ib. p. 407. Il semble que l'on n'entre dans un emploi que pour pouvoir obliger et n'en rien faire ; la chose la plus prompte et qui se présente d'abord .c'est le refus; et l'on n'accordeque par réflexion, la bruy. H. || 5" Accorder une fille, la promettre en mariage. Mon père est prés de m'accorder, la font. Nie. Il 6» Terme de musique, mettre d'accord. Accorder la voix avec un instrument. Accorder un piano. On a un vieux clavecin ; Emile l'accorde, J. J. rouss. Ém. v. Pour accorder ma flûte avec ton instrument, Régnier, Sat. x. Il semble.... QuePhébusà leur ton accorde sa vielle, id. Sat. m. Près du temple sacré, les Grâces deminues Accordent à leurs voix leurs danses ingénues , volt. Henr. ix. C'est ressembler à un musicien qui se contenterait de trouver des sons harmonieux, et qui ne se mettrait point en peine de les unir et de les accorder pour en composer une musique douce et touchante, fén. Tél. xxn. || 7* En peinture, accorder les tons, assortir les couleurs et les nuances. || 8° Terme de grammaire, mettre l'accord entre les mots. Accorder un verbe avec son sujet en personne et en nombre. || 9" S'accorder, v. rèfl. S'arranger, être arrangé à l'amiable. Leur différend s'est accordé. Les deux adversaires se sont accordés. Tu n'as dans leur querelle aucun sujet de craindre ; Elle a trop fait de bruit pour ne pas s'accorder, corn. Cid, il, 3. || 10° Être d'accord, en bonne intelligence. Moi-même, je ne m'accorde pas toujours avec moi-même, boss. Conn. de Dieu. Les nôtres bien souvent s'accordent mal ensemble , corn. Poly. iv, 6. L'enfant et le héros s'accordent mal ensemble , id. ÛKd. n , 4. Est-il possible que celui-là m'estime, en l'estime duquel tous nos ennemis s'accordent ? balz. Lett. I, a. On dit communément ami jusqu'aux autels, pour signifier que, dans toutes les autres choses qui n'ont nul rapport à la religion, et qui d'ailleurs ne sont pas mauvaises en elles-mêmes, on peut s'accorder avec un ami, bourd. Pensées, t. u, p. 273. Hélas! combien se sont liés et accordés ensemble aux dépens du pauvre et de l'innocent, m. ib. p. 304. Réunissons trois cœurs qui n'ont pu s'accorder, rac. Andr. v, 5. [Un roi qui] meurt, et laisse après lui, pour venger son trépas, Deux fils infortunés qui ne s'accordent pas, m. Mithr. i, t. Si sa bouche s'accorde avec la voix publique, id. Bérén. i, 3. La vérité s'accorde avec la renommée,». Baj. 1,3. Que ta voix s'accorde avec ce que j'écris, id. Iph. I, t. Tous deux jaloux de plaire et plus de commander, Ils sont montés trop haut pour pouvoir s'accorder , volt. Catil. l, 6. [Ils] rapprocheront trois cœurs qui ne s'accordaient pas, id. Irène, v, 3. Les Anglais avec moi pourraient mal s'accorder, id. Adél. iv, 6. Nos volontés ne s'accordaient pas avec les siennes, lesage, le Bach, i, 4 39. On était prêt à passer à une guerre ouverte, lorsqu'on s'accorda de part et d'autre de s'en tenir aux décisions de l'oracle, fén. Philos. Thaïes. Accordez-vous donc avec vous-mêmes, mass. Injust. Qu'il est rare, mes frères, que la nature s'accorde avec la grâce, id. Car. Vocation. Cette répubbque [l'Europe chrétienne] , quoique divisée, s'était accordée longtemps dans les projets des croisades, volt. Ess. sur l'hist. gén. i, 333. Hélas! ces deux partis, sans pouvoir se détruire, Ne se sont accordes qu'à déchirer l'empire, ducis, Macbeth, l, 4. || 11° Demeurer d'accord, consentir à. Les provinces s'accordaient encore à cette forme de gouvernement, perrot d'abl. Tac. 3. Madame, enfin Galba s'accorde à nos souhaits, corn. Oth. n, 3. Je ne désespère pas de me pouvoir accorder de cela avec vous, voit. Lett. 62. Etant tous unis dans le dessein de perdre M. Arnauld, ils se sont avisés de s'accorder de ce terme de prochain, que les uns et les autres disaient ensemble, quoiqu'ils l'entendissent diversement , pasc. Prov. 4. A tout ce qu'on disait, doucet je m'accordais. Régnier, Sat. x. Charnacé stipule qu'il le couchera [le tailleur], le nourrira et le payera avant de le renvoyer ;le tailleur s'y accorde et se meta travailler, st-sim. 6», 236 || 12° Être en accord, enconformité, en rapport. Ces maximes ne s'accordent pas au dessein de la plupart des gens, pasc. Prov. 6. La force s'accorde avec cette bassesse, pasc. édit. Cousin. Mon récit ne s'accorde guère avec ce que raconte cet auteur, boss. Hist. i, 7. Sa demande s'accorde à mon désir, mol. lits. v,2. Le moyen de lui résister quand elle [la von de la nature] s'accorde à la voix
ACC
du cœur? j. j. rouss. Hil. i, 40. Toute religion qui pourrait s'accorder avec le code, serait admise; toute religion qui ne s'y accorderait pas, serait proscrite, idem, I, 447. 11 n'y a aucun de ces tempéraments qui puisse, en quelque manière, s'accorder non-seulement avec le christianisme le plus exact et le plus étroit, mais avec le christianisme le plus modéré et le moins sévère, bourd. Pensées, t. u, p. 269. Le zèle de la religion et l'amour des richesses, principes bien opposés, s'accordaient à augmenter tous les jours le nombre des découvertes dans les climats lointains, fonten. Delisle. Tout cela, évalué avec toutes les précautions nécessaires , s'accordait à donner à la Méditerranée la même étendue que les observations astronomiques dont on voulait se défier, id. ib.\\ 13° Être concédé. Des grâces pareilles s'accordent difficilement. Comme cette dignité ne s'accorde pas toujours au mérite. || 14° En grammaire, prendre, autant qu'il est possible, les mêmes formes accidentelles. L'adjectif s'accorde en genre et en nombre avec son substantif, c'est-à-dire qu'il en prend le genre et le nombre. Le verbe s'accorde en nombre et en personne avec son sujet, c'est-à-dire qu'il se met au même nombre et à la même personne. [| Proverbe. Accordez vos flûtes, c'est-à-dire faites vos préparatifs, vos arrangements.
— REM. 1. S'accorder, dans le sens d'être d'accord, régit l'infinitif avec à : Les évangélistes s'accordent à nommer saint Pierre devant tous les apôtres. On se sert aussi, bien que plus rarement, de la préposition de:Ils s'accordèrent tous deprendre ce parti. || 2.Accorder, dans le sens de reconnaître, régit l'indicatif ou le subjonctif, si la phrase est affirmative: J'accorde que cela est ou que cela soi t , qu'il le fera ou qu'il le fasse; mais le subjonctif seulement, si elle est négative : Je n'accorde pas que cela soit. Quand la phrase est affirmative, le sens est différent avec le subjonctif ou l'indicatif : J'accorde que cela soit, signifie une concession provisoire; je ne sais si cela est, mais je l'accorde. Au contraire, j'accorde que cela est indique une concession définitive : vous m'avez convaincu; je donne mon assentiment. || 3. Accorder, dans le sens de octroyer, veut toujours le subjonctif: J'accorde que vous fassiez cela. J'ai accordé à mon fils qu'il allât à Paris. On pourrait aussi, au temps passé, se servir du conditionnel : Il lui accorda qu'il irait à Paris. Autrement, on emploie de avec l'infinitif: Je vous accorde de faire cela, d'aller à Paris.
— SYN. accorder, raccommoder, réconcilier. Mettre l'union entre des personnes qui sont en opposition. On accorde ceux qui sont en dispute pour des prétentions ou des opinions. On raccommoda ceux qui se sont brouillés. On réconcilie ceux qui entretiennent entre eux des inimitiés. Entre les gens qu'on accorde, il peut n'y avoir rien de personnel ; entre les gens qu'on raccommode ou qu'on réconcilie , des affaires personnelles, des passions, des intérêts sont toujours intervenus. La nuance est faible entre raccommoder et réconcilier. Raccommoder est plus familier que réconcilier, et quand il est nécessaire de les distinguer, il y a entre eux la différence qu'il y a entre la brouille et l'inimitié.
— HIST. xi* s. X Charlemagne [il] se voudrat acorder, C/i. deRol. 4 85. Mais Guenelon fai (fais) acorder au rei, ib. 286. || xn° s. Se m'i poez par enging acorder, Ronc. p. 4. A cel conseil s'acordent tel cinq cent chevaliers, Sax. 4 6. Les enemis faisiens |nous faisions] acorder et paîer[mettre enpaix],t'b. Sire, car faites mander Vos barons et acorder , hues de la fertb, Romane, p. 4 9t . Bien fust ore la terre de mon père escillie [ruinée] , Se la guerre ne fust acordée et paie [appaisée], audefroi le bastard, Tlom.p.12. || nu* s. Si ne se purentàcelefoisacorder, por ce qu'il lor sembla qu'il n'avoient mie encore deniers assez, villeh. 8. Et s'acorderent entre aux [eux] à ce qu'il se trairoient envers Venise, id. ib. 4 0. Dame, bien m'i puis acorder, la Rose, 5523. Li aucun des homes voelent dire que.... mais je ne m'i accort pas, beaum. x, 9. En héritages qui sont tenu en vilenages, s'acorde nostre coustume à l'usage de France, id. xviii, 24. Et por ce je m'acort que longe prison li soitbaillie, id. xxx, 19. Que la vieille sa mère s'est au roi acordée.... Berle, te. Ensi s'accordèrent tout au mainsné [puîné] , Chr. de Rains,p. 3. Au conseil que nous lui donames s'acorda li rois , dont la royne fu moult lie . joinv. 288. Je lui demandai au quel avis il s'acordoit, et il me dit : Je m'acorde que nous nous laissons tous tuer; si nous en irons tous en paradis. Mais nous ne le creumes pas, id. 240. Le traité de l'acorder fu tel que
ACC
l'en devoit rendre au soudanc Lamiete... id. 237. Ainsi li rois acorda le comte Ue Champaigne à la royne de Chypre, id. 204. A tant qu'il sceust se li amiraus de Egypte lui acorderoient la trêve que il avoient rompue, id. 464 . Acordéfu que le roy descendrait à terre le vendredi devant la Trinité, id. 2(4. || xiv* s. David li prophète jadis, Quant il voloitapaisier l'ire De Dieu, il acordoit sa lire, Dont il harpoit si proprement, machault, p. 9. Quand les paroles s'acordent as œuvres, il [elles] sont creues, oresme, Eth. 206. A chose vraye toutes choses s'acordent, id. ib. (7. ||xv*s. AdonC [je] congneu que ma pensée Accordoit à ma destinée, ch. d'orl. Bal. 62. Ains accordèrent ses ennemis entre eux paisiblement et firent secrètement savoir à la roine, froiss. i,i,9. Ainsi et sur cet estât fut la journée accordée de combattre [il fut convenu de combattre], id. i, i, 9t. Il leur a»corda tout ce qu'ils demandoient, id. n. ni, s. Et disoient les députés au comte de Flandre : Cher sire, accordez vous tellement que nous reportions paix en la ville de Gand, id. il, a, 55. Et à ce s'accorde Aristole semblablement, Seneque et tous les autres sages, selon le contenu de leur dit, cun. de pisan, ii, 4. Leur capitaine saillit dehors à seureté pour cuider composer, il ne peut accorder, comm. m, 9. Et le marquis j'y accorda et son oncle y contredit, id. vin, «. Et si l'on dit que par là.... je m'accorderai assez que ung jeune roy le fist, id. vi, 43. Disant au dit duc que ceulx qui estoient en Bretaigne pourraient bien acorder sans lui.... id. u, 5. || xvi* s. II n'a pu accorder avecques le pape, parce que il y demandoit excessive somme d'argent pour l'investiture de ses terres, rab. Epi. 1 4. La tourterelle en gémit, et en mens Semblable deuil : et j'accorde à leurs chants , mar. m , 298.... je confesse ce point, Que ce seul don ne t'accorderois point, id. iv, 69. Disant : Mon fils, ma parole et ma voix Trop de léger s'acorda à la tienne, id. ib. Nous avons aussi un autre ancien père qui accorde à notre opinion , calv. Inst. 280. Et encore que nous leur accordissions que ceste dissimulation fust bonne pour quelque temps, id. t'ô. 667. Par quoy ces deux choses s'accordent très bien, id. «'6. 904. Ils n'estiment point qu'un homme soit chrestien, sinon qu'il s'accorde à toutes leurs exterminations, id. ib. 928. Le roi accorda trefve pour quelques jours, mont, i, 23. Dionysius se mocquoit des musiciens qui accordent leurs flûtes et n'accordent pas leurs mœurs, id. i, (46. Et cet aultre que Plutarqua vouloit induire à s'accorder avecques son frère, m. I, 207. S'il advient que mes humeurs plaisent et accordent à quelque honneste homme.... id. iv, lit. Il advient souvent que les jugements d'aultruy ne s'accordent pas aux miens, m. iv, 4 23. A la fin ils accordèrent entre eux qu'ils decideroient ce différend par le vol des oiseaux, amtot, Rom. 14. Accorder une lyre ou une viole, id. Thém. 2. Il arriva des ambassadeurs avec plein pouvoir d'accorder et appointer tous différends , id. Aie. 23. Deidamia, estant encore petite garse, avoit esté accordée à Alexandre fils d'Alexandre le Grand et de Roxane, id. Ptjrrh. 7.
— ÊTYM. Bourguig. écoilai; provenç. et espagn. acordar; ital. accordare. D'après Ménage, accorder vient de corda, corde. C'est une erreur; il vient de d et cor, cœur (voy. ce mot), comme le prouvent le mot français concorder et les mots latins parallèles, concor*, vecors, excors. Concordare a en latin presque tous les sens d'accorder, et Ovide a dit : « Con- « cordant carmina nervis. » Accorder, dans l'acception de mettre d'accord un instrument de musique , est donc non la signification propre, mais la signification figurée.
ACCORDEUR (a-kor-deur) , s. m. || 1° Celui qui cherche à arranger les différends. || 2° Celui qui accorde certains instruments. Un accordeur de pianos. H n'est guère usité aujourd'hui que dans ce dernier sens.
— hist. xvi* s. Ils se moquoient des grandes différences de religion, louoient les accordeurs.... d'aub. mi, 363.
— ÉTYM. Accorder.
ACCORDOIR (a-kor-doir), *. m. Sorte d'outil qui sert à accorder certains instruments de musique.
— êtym. Accorder.
ACCORE (a-ko-r') , s. m. || 1* Terme de marine.Contour d'un banc, d'un écueil. || 2" Pièce de bois qu'on dresse pour étayer. Les accores sont des élançons ou fortes pièces de bois qui servent à étayer un vaisseau en construction ou en réparation. || 3° Adj. Une côte, une terre est accore, quand elle est coupée verticalement à la surface de la mer ou fortement inclinée.
3fi
ACC
ACC
Arc
— étym. A et l'anglais shore, rivage, accore, étai ; îo shore up, accorer.
ACCORE, ÊE (a-ko-ré, rée), part, passé. Navira acooré.
ACCORER (a-ko-ré), v. a. Terme de marine. Êtayer avec des accores un bâtiment en construction ou en réparation.
— ÊTYM. Accore.
t ACCORNÉ ,ÉE (a-kor-né , née), adj. Terme de blason. Il se dit des animaux qui ont des cornes, quand elles sont d'une autre couleur que l'animal.
— étym. A et corne.
ACCORT, ORTE (a-kor, kor-f) , adj. || 1° Qui est de gentil esprit, quiestàlafoisavisê etgracieux.il poursuivait Pompée et chérit sa mémoire; Il veut tirer à soi, par un courroux accort, L'honneur de sa vengeance et le fruit de sa mort, corn. SI. de Pomp. iv, 4. Son éloquence accorte, enchatnant avec grâce L'excuse du silence à celle de l'audace, id. Oth. 11, <. Voyant une beauté folâtrement accorte, Régnier, Sat. vu. Je ne sais commentll faut se taire accort ou parler faussement, id. Sat. ni. || 2° Insinuant et quelquefois flatteur. Je vis dejeunesGrecques, vives, jolies, accortes.CHATEAUB. Itin. n, 45. D'humeur accorte , Perrault , Chaper. rouge , 20. Aussi ce prince [Germanicus] était-il d'un esprit doux et accort, perrot d'abl. Tacite, 29.
— HIST. xvi' s. C'est bien le plus grand mal qu'un homme puisse avoir, Que servir une femme accorte a décevoir, rons. (25. Le libertin courtisan est si accort, qu'il n'oublie aucun artifice pour couvrir ce qu'il sçait bien que plusieurs reprouvent, lanoue, 6io. Lyon , regnard ; car vous tenez de la hardiesse et valeur de l'un, et estes accort, prévoyant et advisé comme l'autre, carloix, v, 25. Tant estoit accort et ruzé en ses responses, id. vin, (4.
— ÉTYM. Voltaire, tout en remarquant que ce mot n'est plus en usage dans le style noble (ce qui est vrai; pourtant on pourrait l'y faire rentrer dans quelques cas bien choisis), le tire de accord. C'est une erreur ; accort vient del'italien accorto, avisé, de accorgere (accorgersi, s'apercevoir) pour accoreggère, de a et correggere (voy. corriger) : accorto, mot à mot, qui s'aperçoit, avisé, habile.
f ACCORTEMENT (a-kor-te-man) , ado. D'une manière accorte. Ma bouche accortement saura s'en acquitter, corn. Méd. 11, 6.
— HIST. xvi* s. Quand il apparoit y avoir grande injustice en icelui [commandement] , ne vaut-il pas mieux qu'il s'excuse accortement de l'accomplir [le commandement] ? lanoue, 220. Le nombre n'est pas petit de ceux qui sont abreuvez de ceste fausse opinion et qui la publient accortement es lieux où ils fréquentent, id. 492.
— ÊTYM. accorte au féminin, et ment (voy. ment). ACCORTISE (a-kor-ti-ze) , s. f. Humeur accorte.
L'accortise italienne calma la vivacité française, volt. Louis ZIV, 37. Ses souplesses [d'Orry] et son accortise l'avaient attaché et lié avec M. de Luxembourg et ses amis, st-simon, 131, (96. Mme d'Espinoy n'était qu'une mortelle qui vivait avec Mme de Soubise dans l'accortise et la subordination de sa beauté et de sa faveur, id. 69 , 245.
— ÊTYM. Accort.
ACCOSTABLE (a-ko-sta-bl') ,adj. Qu'on peutaborder facilement. Les plats.. ..N'avaient ni le maintien ni la grâce accostable , Régnier , Sat. x. Si le maire était noble de son chef, nous le trouverions accostable, p. l. cour. 11, 297.
— . hist. xvi* s. L'ayant trouvé bien conditionné et de conversation fort accostable.... carl. m, 7. Lors vous trouvant aussi douce et traitable Qu'auparavant vous n'estiez accostable.... rons. 817.
— ÊTYM. Accoster.
+ ACCOSTANT, ANTE (a-ko-stan, stan-t'), adj. Qui accoste avec facilité, lie facilement conversation. Termes était poli et accostant , mais à peine lui répondait-on en fuyant, st-simon, (29, (77.
+ ACCOSTE (a-ko-st'). Terme de marine. Commandement d'approcher. Accoste au quai.. Substantivement, commander l'accoste.
— étym. Impératif du verbe accoster.
ACCOSTÉ, ÉE(a-ko-sté, stée), part, passé. || l'Accosté par un individu de mauvaise mine. Le vaisseau fut accosté par une chaloupe. || 2° En blason, se dit de toutes les pièces de longueur, mises en pal ou en bande, quand elles en ont d'autres à )eur côté.
ACCOSTER (a-ko-sté), v. a. || 1" Aborder quelqu'un qu'on rencontre. [Gens qui] vous viennent accoster comme personnes ivres, Régnier, Sat. 11. Il 2" S'accoster de,e. réfl. Prendre pour compagnon, hanter, fréquenter. N'ayant ooint dîné, Je m'accos-
tai d'un homme à lourde mine, volt. P. Diable. Accostez-vous de fidèles critiques ; Fouillez, puisez dans les sources antiques; Lisez les Grecs, savourez les latins; Je ne dis tous, car Rome a ses Cotins, J. B. rouss. Ép.m.l ,à Warot. || 3" Enfermes de marine, en parlant d'un bâtiment, d'une embarcation, venir se placer le long et à côté de. La chaloupe accosta le vaisseau. Ce vapeur accosta le quai. —HIST. xii' s. Ses homes se acosterentà lui, sili
distrent: Bel père, se li prophètes te deïst que
Rois, »63. Lez Oliver s'acoste le meschin [il se met près du jeune Olivier], Ronc. 60. Et à un pilier [il] s'est tenuz et acostez, Th. le Mart. (48. || xni' s. Maintes fois avint que en esté il aloit seoir au bois de Vincennes, après sa messe, et se acostoioit à unchesne, joinv. (99. Lez un fossé se plaint et plore,Et cil luicorentandoiseure Là où il se fu acostez, Ren. (8673. y xiv* s. Au lez devers la mer [il] les a fais acoster ; Les pors lor a tolus, et les pas destournez, Guesclin, 1 4782. || xv« s. Les archers d'Angleterre estoient accostés aux deux lez du chemin, froiss. 1,1, 2(8. y xvi* s. J'avois le latin si prest et si à la main que mes précepteurs craignoient à m'accoster, mont, i, (94. Junia s'estant accostée d'elle familièrement, elle la repoussa rudement, id. m, (80. M. de Vendosme vint acoster M. de Vielleville, carloix, iv, (6. Toutefois il s'acosta de lui pour se descharger de sa créance, id. h, 7. [Dans le cortège] les archevesques de Cologne et de Mayence accostoyent [étaient à côté] l'empereur , sleidan ,
— ÊTYM. "Wallon, acoisler; provenç. et espagn. acostar; ital. accostare; de ad, à, et costa, côte (voy. côte). Joinvillea dit acosloier, verbe fait de d et costoyer, que nous disons côtoyer. Il y avait, dans l'ancien français, le substantif acost, qui signifiait action d'accoster : Et Renart si s'en vait fuyantQuin'avoitsoing deson acost, Ren. 25915. On remarquera que nos anciens auteurs écrivaient généralement par un seul c accoster et les mots composés semblablement. Cela prouve qu'ils n'en prononçaient qu'un seul. Nous n'en prononçons qu'un seul non plus; pourquoi ne faisons-nous pas comme eux? C'est une simplification digne d'être recommandée à l'Académie.
ACCOTÉ, ÉE (a-ko-té , tée, part, passé. || 1° Accoté contre un arbre. || 2° En blason, se dit des pièces qui sont posées à côté d'une autre pièce de l'écu.
t ACCOTEMENT (a-ko-te-man), s. m. || 1" Terme d'horlogerie. Rencontre vicieuse d'une roue et d'un pignon. Il 2° En termes de ponts et chaussées, espace compris entre la chaussée et le fossé, entre le ruisseau et la maison.
— ÊTYM. Accoter.
ACCOTER (a-ko-té) , v. a. || 1° Soutenir à l'aide d'une cale, appuyer par côté. Accoter sa tête. Accoter un pot, de peur qu'il ne se renverse. || 2° S'accoter, v. réfl. S'accoter contre une muraille. Heurtant contre une porte , en pensant m'accoter, Régnier , Sat. x. 1 1 8° F. n. Être couché sur le côté par la force du vent, en parlant d'un navire. || 4" En horlogerie, frotter l'une contre l'autre, en parlant des pièces.
— HIST. xmes. Dedenz lecortilau vilein, S'entrèrent andui tout àpIein;Le vilein ont moult redoté; Lez la paroi sont acoté, Ren. (2260. || xv« s. Et je me sarray cy à terre, Et m'acoteray sur le coûte, Afin que j'entende et escoute, Myst. Resurr. de ff. S.
— ÉTYM. Norm. acoul, appui, acouter, appuyer; wallon, ascot, appui, ascoler, accoter. Dans le genevois, il y a cotte, étai, cale, colter, serrer, assujettir; dans le franc-comtois, coûte, appui. Notre verbe vient donc de à et d'un radical cote ou cotte, radical qui est sans doute celui du verbe cotir (voy. cotir). Dans l'ancien français il est souvent difficile de distinguer accoterai accouder, qui se disait acouter.
ACCOTOIR (a-ko-toir) , s. m. || 1° Ce qui sert à s'appuyer par côté. Les accotoirs d'un carrosse , d'un fauteuiL Cela vous servira d'accotoir. || 2° Étai sur lequel on appuie les navires en construction.
— ÊTYM. Accoter; bourguig. écotôrre , appui, dossier.
t ACCOUARDI, IE (a-kou-ar-di , die), part, passé. Rendu couard, devenu couard.
t ACCOCARDIR (a-kou-ar-dir) , v. a. Rendre couard. || Bon mot, anciennement français, et qui se comprend sans aucune explication.
— HIST. xiii* s. Par parole sont moult hardi; Mais tost restent acoardi, Quant vienent à un poi d'effort, Ren. (67(2. Il xiv* s. Il estoit preux es armes, couraigeux et hardis; Oncques en un bon fait ne fut acouardis, Girard deRoss. v. (375. || xvs. Ma dame,
que Jhcsus honneurs! Me regardoit, cem'estoit vis, Si liement que tous ravis Estoie, en soi seule esgardant; Mais tousm'aloieacouardant, froiss. Ep. Am. Il xvi* s. La demeure de la maison n'acouardit pas tellement ceux qui la suivent, qu'une bonne partie ne soit en bonne disposition de bien faire quand l'honneur le commande, lanoue, 210. Si du front m'asosté L'honneur, la honte et l'audace première,- Acouardant mon ame prisonnière , Serve à ta volonté,
— êtym. A et couard.
ACCOUCHÉE (a-kou-chée). || 1» Part. passé f. Cette femme ayant été accouchée par le forceps. || 2° S. f. Femme qui vient d'accoucher, jj Proverbe. Elle est parée comme une accouchée, se dit d'une femme fort parée, à cause de l'habitude qu'avaient les femmes de recevoir en toilette, dans leur lit, les visites de leurs amies. || Le caquet de l'accouchée, conversation frivole, que l'on nomme ainsi à cause du babil ordinaire dans les visites qui se rendent aux femmes en couches.
— hist. xvi* s. Aux accouchées laissons Ces douceresses boissons; Ce bon cidre caressons, J. le houx, ((.
ACCOUCHEMENT (a-kou-cbe-man) ,s.m.\\ 1-Tout le travail de la mise au monde de l'enfant depuis les premières douleurs jusqu'à la terminaison. Accouchement heureux, laborieux. || 2' Action d'aiderune femme à accoucher. Faire un accouchement, un cours d'accouchement. || 8° Fig. Difficulté qu'on éprouve à dire une chose, à prendre un parti. C'était un accouchement pour lui que de traiter ce point délicat.
— SYN. accouchement, enfantement. Le premier est un terme de médecine, et le second est un terme général. Le premier indique non-seulement l'enfantement, mais tout ce qui le précède et le suit immédiatement; le second n'indique que l'action de mettre l'enfant au monde. Le premier a un sens passif : l'accouchement de cette femme par une sagefemme ; le second n'a qu'un sens actif.
— ÊTYM. Accoucher.
ACCOUCHER (a-kou-ché). || i' Y. n. Mettre au monde. Accoucher à terme, avant terme. Elle est accouchée de deux jumeaux. Et la triste Emilie est morle en accouchant, corn. Sert, v, 2, Que ses parents et ses voisins l'avaient vue grosse de la fille dont elle avait accouché, vertot, Rév. rom. v, 00. Elle vient d'accoucher d'un garçon, sév. 3. || 2* Fig. et dans le style badin ou critique. L'un enfante des volumes, l'autre accouche d'épigramtnes. Que votre esprit accouche enfin de ce que.... Le sort de ce sonnet a droit de vous toucher; Car c'est dans votre cour que j'en viens d'accoucher , mol. F.sav. m, (. Mais enfin j'accouche d'un dessein Qui passera l'effort de tout le genre humain, regnard, Lég. iv, 2. Monsieur avait accouché de projets toute la nuit, retz, m, (76. Si quelquefois il n'enfantait pas heureusement ses idées, du moins il savait faire accoucher heureusement ses auditeurs des vérités cachées qui étaient en eux, desfont. Éloge de Renau. || 3* S'expliquer. Parlez, accouchez enfin, et voyons ce qui vous inquiète. Le roi insistant, il fallut bien accoucher, et Chamillart lui dit que.... st-simon, (05, (20. D 4° V. a. Aider une femme à accoucher. Accoucher une femme. Ce chirurgien accouche bien.
— REM. Accoucher, v. n. se conjugue avec être quand il s'agit d'exprimer l'état, et avec aeoi'r quand il s'agit d'exprimer l'acte : Elle est accouchée depuis un mois; Elle a accouché heureusement. Loc. tic. : Elle a accouché d'hier. Dites : Elle est accouchée d'hier.
— hist. xiii' s. Mahiusde Montmorency accoucha malades , et tant fu agrevés qu'il morut , villeii. 89. Li quons del Perche s'acoucha de maladie, id. 29. La comtesse Marie si acoucha d'une fille, id. (80. Novellement est acouchée, À chascun [petit] donoit sa bouchée, Ren. 363. Et pour les dites maladies |j' ] acouchai au lit malade en la mi carême, joinv. 237. Car trois jours devant ce que elle acouchast, lui vinrent les nouvelles que li rois estoit pris, id.262. Et avint antre ces entrefates que la reine fust preste d'acouchier; et lo jor devant que ele acouchast.... merlin, f 68, recto. || xiv* s. Si le [Piètre] leva de fons [fut sa marraine] la royne jolie, Qui d'une fille estoit à ce temps acouchie, Guesclin, 8G2i.|| xv* s. Après advint que celle dame fut enceinte, et le dit roi, son mari, accoucha malade au lict de la mort, froiss. i, i, 49. L'abbesse , qui belle et jeune et en bon point lors estoit, r.igueres s'acouche malade, l. xi, Nom. 21. Advint qu'elle fut malade et au lit de la mon acou-
ACC
chée, m. Nouv. 61. Là accoucha malade messire Henry de Bar en une ville que on nomme Trevise, Bouc, I. 27. || xvi* s. Ci dessous git estendue et couchée, Une qu'amour si bien vaincue avoit, Que plusieurs fois elle en fust accouchée ; Mais c'estoit
mal dont elle relevoit, st-gelais, 197 où les
femmes s'accouchent sans plainte et sans effroy, mont. I. H3. Une montagne futquelque fois en travail d'enfant, et puis enfin elle s'accoucha d'une souris, amyot, Agés. 63. Elle s'accoucha en la prison d'un beau fils que.... n>. Dion, 72.
— êtym. Bourguig. écouchai; picard, aeouker. On voit par l'historique que accoucher ou s'accoucher signifie proprement se coucher, s'aliter; ce n'est que peu à peu qu'il a pris le sens exclusif de se mettre au lit pour enfanter. De à et coucher.
ACCOUCHEUR, EUSE (a-kou-cheur, cheû-z'), î. m. et (. Celui, celle qui pratique les accouchements. S'agit-il de chercher une nourrice, on la fait choisir par l'accoucheur, j. i. rouss. hm. i.
— ÊTYM. Accoucher.
ACCOUDÉ, ÉE (a-kou-dé, dée), part, passé. Accoudé sur le balcon , il regardait la foule.
t ACCOUDEMENT (a-kou-de-man), s. m. || 1» L'action de s'accouder. || 2° Art militaire. Etat de rapprochement des soldats d'infanterie dans les rangs.
— étym. Accouder.
ACCOUDER (S') (a-kou-dé), v. réfl. S'appuyer du coude. Il s'était accoudé sur la table.
— HIST. xu* s. Sur l'erbe verte ont les tapis getez ; Raoul s'i est couchiés et acoutez, R. de Cambrai, 6i. || un' s. Et la mauvaise vieille s'est lez lui acoutée, Berte, 16. En un anglet [je] m'alai toute seule acouter, ib. 112. Deleiz le roi s'est Rollan acouteiz, Ger. de Viane, 1227. EtRenart, qui tant à mal est, Desus le puis s'est acoutez, Grains et mariz et trespensez, Ben. 6615. Et ainçois que li rois fust couciés, entrèrent il en la sale où li rois Henris estoit acousté sour une coûte, Chr. de Bains, p. M. || xiv* s. Dessus une fenestre s'est aie aqueuter, Guesclin, dans du cange, accubitus. || xvi* s. Et s'estant acouldé à l'une des fenestres de sa chambre,
CARLOIX, H , 9.
— ÊTYM. Norm. acouter; picard, akeuter; provenç. acodar, acoudar, acoltar; espagn. acodar; de âdeubitare, de ad, à, et cubitus, coude (voy.