MENT
ABSTRAIRE (ab-strê-r' ) , j'ajstrais, tu abstrais, il abstrait, nous abstrayons, tous abstrayez, ils abstraient. J'abstrayais, nous abstrayions, vous
abstrayiez. J'abstrairai. Abstrais, qu'il abstraie, abstrayons, abstrayez, qu'ils abstraient. Que j'abstraie, que tu abstraies, qu'il abstraie, que nous abstrayions, que vous abstrayiez, qu'ils abstraient. J'abstrairais. Abstrayant. Le parfait défini et l'imparfait du subjonctif ne sont pas usités, v. a. || 1* Terme de philosophie. Considérer isolément, dans un objet, un de ses caractères. Dans un objet blanc on abstrait la blancheur, qui devient un terme général. En arithmétique, on abstrait les nombres de toute valeur particulière. Les origines du langage témoignent que les hommes ont abstrait les qualités pour faire les substantifs généraux. || 2° Absolument. La pouvoir d'abstraire. C'est que, par la faculté quo toutes les personnes auraient d'abstraire, elles pourraient toutes être géomètres, dider. Leur, sur les sourds et muets. || 3° Abstraire son esprit, le séparer de tout autre objet que celui que l'on considère. Que d'efforts pour abstraire son esprit et se livrer à des méditations profondes I Abstraire un personnage du temps où il a vécu, une idée de la société où elle a pris naissance. Abstraire a ici son sens propre de séparer.
— HIST. xvi* s. Comme un elixir et quintessenca tirée et abstraite, non-seulement des harangues, mais.... Sat. Mén.
— ÊTYM. Abslrahere, de abs, indiquant séparation, et trahere, tirer, traire (voy. traire).
ABSTRAIT, AITE (ab-strè, trè-f). " 1* Part, passé. Séparé. Ils [les grands hommes] ne sont pas suspendus en l'air, tout abstraits de notre société, pasc. P. div. 407. Les choses immortelles, universelles, abstraites de la matière, la mothe levay. 80. || 2° Adj. Qui a le caractère d'une abstraction. La contemplation des choses abstraites. Les vérités abstraites des mathématiques. Les vérités ou les erreurs abstraites. La plus abstraite analyse. || 3° Terme abstrait, terme qui exprime une qualité considérée indépendamment du sujet, comme la blancheur, la rondeur. || 4* Nombre abstrait , nombre énoncé sans désignation d'aucun objet particulier , sept, neuf, etc. par opposition à nombre concret, sept pommes, neuf francs. || 5* Idée abstraite, idée qui ne s'applique pas à un objet particulier. L'humanité , en tant qu'indiquant l'espèce humaine , est une idée abstraite. Tout édifice bâti sur des idées abstraites est un temple élevé à l'erreur, buff. Animaux, systèmes de génération. || 6° 5. m. L'abstrait, par opposition au concret. La rondeur est un abstrait, et le rond est un concret. || 7° Science abstraite, celle qui s'applique aux lois des phénomènes, et non à un corps particulier. Les mathématiques sont une science abstraite, s'appliquant aux nombres , aux formes et aux mouvements. La chimie est une science abstraite , s'appliquant aux lois de composition et de décomposition de toutes les substances, tandis que la géologie, la minéralogie sont des sciences concrètes, s'appliquant à l'étude de corps particuliers, la terre, les minéraux. J'avais passé beaucoup de temps dans l'étude des sciences abstraites, bouhours, Nouv. rem. N'étant point, dans leur état, à portée de ces sciences abstraites et trop relevées pour eux, bourd. Pensées, t. h, p. 275. Le monde moderne lui doit tout [à la religion chrétienne] depuis l'agriculture jusqu'aux sciences abstraites , chateaub. Génie, 1, 4. || 8° Difficile k saisir, à pénétrer. Un esprit abstrait. Raisonnements abstraits. Discours abstraits. Ecrivain abstrait. Kant est un philosophe abstrait. Argumentation trop abstraite. || 9° Qui n'a d'attention que pour l'objet intérieur qui le préoccupe ; qui rêve. C'est un homme fort abstrait ; il est abstrait , rêveur. Un esprit trop abstrait se jetant loin du sujet de la conversation. Théocrine est abstrait, dédaigneux, et il semble toujours rire en lui-même de ceux qu'il croit ne le valoir pas, la brut. 4 . || Abstrait se met d'ordinaire après son substantif.
— SYN. abstrait, distrait. Signification commune, défaut d'attention, aver cette différence que ce sont nos propres idées, nos méditations intérieures qui nous rendent abstraits, tandis que nous sommes distraits par les objets extérieurs, qui nous attirent et nous détournent, guizot.
— ÊTYM. Abitractus, de abstrahere , abstraire (voy. abstraire); provenç.' dbstrayt ; catal. abstret; espagn. abstracto; ital. aslratto. Dans lexvu* sièclo à côté d'abstrait on disait aussi abstract.
t ABSTRAITEMENT (ab-strè-te-man), adv. Par abstraction. Aimerait-on la substance de l'âme d'une personne abstraitement? pasc. Pens. div. 67.
— ÊTYM. Abstraite, au féminin, et ment (voy.
ABSTRUS, USE (ab-stru,! struz'), adj. || 1* Diff
ABU
ABU
ABU
lement accessible à l'entendement. Une recherche si abstruse et si embarrassante, boss. Avert. ni. Je sais tout ce qu'on a dit sur cette matière abstruse, volt. Dial. 24, 17. Il pénétrait déjà dans la géométrie la plus abstruse et la perfectionnait par ses découvertes, à mesure qu'il l'étudiait, lorsqu'en 1684 li face de la géométrie change presque tout à coup.... fonten. Bernoulli. || 2° En un sens défavorable , philosophe abstrus. || Abstrus se met après le substantif : Ra isonnement abstrus , question abstruse.
— SYN. abstrus, abstrait. Une chose abstruse est une chose qu'on ne peut comprendre que par une suite de raisonnements, et qu'à force d'efforts; une chose abstraite n'est malaisée à comprendre qu'à cause de la généralité qui y est inhérente. Une chose abstruse est toujours difficile; une chose abstraite peut être aisée pour un esprit habitué aux spéculations philosophiques.
HIST. xvi* s. Des moyens si estranges [singeries
des sorciers] semblent venir de quelque abstruse science mont, i, 96. L'anatomie de la philosophie en laquelle les plus abstruses parties de notre nature se pénètrent, ID. I, 169.
— ÉTYM. Abstrusus, de abs, indiquant éloignement, et trudere, pousser. Comparez intrus et intrusion.
ABSURDE (ab-sur-d', ou, suivant la prononciation réelle, ap-sur-d'), adj. Il 1° Qui est contre le sens commun. Peut-on rien dire de plus absurde? Une hypothèse étrangement absurde. Il est absurde de croire que.... Une opinion absurde. Un absurde raisonnement. Un merveilleux absurde est pour moi sans appas, boil. A. P. m. Laisse là tes combats et cet absurde usage Qui met souvent le crime à l'abri du courage, Anne de Boleyn, ni, 4. || 2° En parlant des personnes , qui parle ou agit contre le sens commun. Raisonneur absurde. C'est un homme absurde. || 3° S. m. Absurdité. Tomber dans l'absurde. Réduire un homme, son homme à l'absurde. Démontrer une proposition par la réduction à l'absurde. L'absurde ne peut être cru. Quand l'absurde est outré, l'on lui fait trop d'honneur De vouloir par raison combattre son erreur : Enchérir est plus court, sons s'échauffer la bile, la font. Fab. ix, 1. 1| 4° Absurde à, avec un verbe à l'infinitif. Il mentait à son cœur en voulant expliquer Ce dogme absurde à croire , absurde à pratiquer , volt. u* Vise, sur l'homme, m.
— HIST. xvi* s. Voilà un bon mot et un utile desir, mais pareillement absurde, mont, ii, 379. Il n'est aulcun absurde, selon nous, plus extrême que de maintenir que le feu n'eschauffe point, id. u, 366.
— ÉTYM. Absurdus. On fait venir habituellement abmrdus de ab et surdus, sourd; mais on ne voit pas eomment cela pourrait signifier absurde. Dès lors on a cherché ailleurs : absurdus a le même sens que absonus, et signifie par conséquent qui \onne mal, d'où absurde. Le surdus de absurdus est rattaché au radical sanscrit sur, sonner, avec un suffixe, dus,
ABSURDË5ÏENT (ab-sur-de-man , ou, suivant la prononciation réelle, ap-sur-de-man), adv. D'une manière absurde. lia raisonné absurdement. lia absurdement raisonné. Il était ridicule d'augmenter le conseil, déjà absurdement nombreux, st-simon,
— étym. Absurde et ment (voy. mknt).
ABSURDITE (a-bsur-di-té, ou, suivant la prononciation réelle, a-psur-dité) , *. f. || 1° Vice de ce qui ejt absurde. L'absurdité d'un raisonnement. Ouvrir les yeux sur l'absurdité de ces disputes. U était difficile de dire de quel côté il y avait le plus d'absurdité et de folie. |l 2° La chose même qui est absurde. Quelle absurdité! Que sert de réfuter ces absurdités? Les impies sont tombés dans toutes les absurdités, boss. Jlist. H, 13. || 3° En parlant des personnes. L'absurdité de cet homme est choquante.
— HIST. xvi" s. De toutes les absurdités, la plus absurde aui épicuriens est de desadvouer la force et l'effet des sens, mont, ii, 12.
— ÉTYM. Absurditas, de absurdus, absurde (voy. absurde).
ABCS (a-bu), s. ni. || 1" Usage mauvais qu'on fait de quelque chose. Abus de la force. La Grèce i. dû sa ruine à l'abus de la liberté. Tout commence par la nécessité et finit par l'abus. Ils font abus de nourriture. Ots quoi les hommes savent-ils user sans .ibus? Comme il y * dans les conditions élevées plus de faux désirs, plus d'abus de son âme que dans les états inférieurs, les grands sont sans doute de tous les hommes les moins heureux, buff. Nature des anim. Qu'est-ce de communier iivligno-
ment? quel abus du saint même des saints! bourd. Pensées , t. m , p. 3 1 4. Laisser impunie une profanation est un abus si énorme, id. ib. p. 362. Un superflu qui me deviendrait pernicieux et nuisible par l'abus que j'en ferais, id. ib. t. u, p. 77. Je sais que dans l'amitié dont je parle il y a divers degrés d'abus et de désordres, id. ib. p. 259. Les ministères publics sont des assujettissements perpétuels et très-réels , à moins qu'on ne veuille, par un abus énorme, en négliger toutes les fonctions et en abandonner tous les devoirs, id. t"6. p. 486. Le peu qu'on en cite est un abus du texte, boss. Avert. Voilà le plus grand abus qu'on ait jamais fait de l'Evangile, id. îv.e'crt'f, 30. Mais qui peut arrêter l'abus de la victoire? volt. Ali. i, l. Ne prends point pour vertu l'abus de la victoire, SAURiN,Spar/acuî,v, 5. || 2" Coutume, usage mauvais qui s'introduit. Telle est la force des abus. Unabus qui s'introduit depuis quelque temps. Ona retranché ces abus. Cet abus subsiste, comme tant d'autres, par la raison qu'il est établi. Ilsréformenttous les abus, boss. Hist. u, 4. Comment ils doivent reprendre et réprimer les abus, id. ib. h, 6. Les abus du gouvernement, id. ib. il, 12. Tenir les"abus nécessaires dans les bornes précises de la nécessité qu'ils sont toujours prêts à franchir, les renfermer dans l'obscurité à laquelle ils doivent être condamnés, et ne les en tirer pas même par des châtiments trop éclatants, fonten. Argenson. Nous préservent les deux d'un si funeste abus, Berceau de la mollesse et tombeau des vertus, volt. Brut, n, 4. Philippe Auguste saisit le temporel des évêques d'Orléans et d'Auxerre pour n'avoir pas rempli cet abus devenu un devoir [conduire leurs vassaux à la guerre] , id. Mœurs ,50. Les bons mots ne sont qu'un abus ; Pourtant, messieurs , permettez-nous d'en dire, béranger, Gourmands. Trinquer est un plaisir fort sage Qu'aujourd'hui l'on traite d'abus, id. Trinquons. || 3° appel comme d'abus , appel interjeté d'une sentence rendue par un juge ou supérieur ecclésiastique, qu'on prétend avoir excédé ses pouvoirs ou Contrevenu aux lois. C'est nne assez faible consolation que celle des appels comme d'abus, pasc. Pensées, Pape, 7. Le bruit se répandit que le procureur général appellerait comme d'abus de tout ce que le pape pourrait faire au préjudice des libertés de l'Eglise gallicane, st-simon, 602, 82. Ce qu'il y eut de plus intéressant , ce fut l'appel comme d'abus que le parlement introduisit, volt. Moeurs, 75. || 4° En jurisprudence, abus de pouvoir se dit quand un fonctionnaire outre-passe le pouvoir qui lui est confié et fait des actes qui ne lui sont pas permis. || 5° Abus de confiance, délit dont on se rend coupable en abusant de la confiance qui avait été accordée. || 6" En termes de grammaire, abus des mots, sens détourné et forcé qu'on leur donne. || 7° Erreur. C'est un abus de croire. Lourd et grossier abus! croyance ridicule! rojrou, Buis. v, 8. Qu'un si charmant abus serait à préférer A l'âpre vérité qui vient de m'éclairerl corn. Hér. m, i. Et semant de nos noms un insensible abus, id. Hér. IV, 4. Mais il faut renoncer à des abus si doux, m. Pulch. Il, i. Dans les moments où Dieu vous a affligé, vous vous êtes adressé à lui; vous avez ouvert les yeux sur l'abus de ce monde misérable, mass. Carême, Prospérités temp. Que sais-je si, au premier jour, votrefin soudaine et surprenante ne fournira |pas à ceux qui m'écoutent de grandes mais d'inutiles réflexions sur l'abus du monde et de ses espérances, id. ib. Impénitence finale. Travailler serait un abus : J'ai cinquante écus, bér. Cinquante écus. || 8-Proverbe. Le monde n'est qu'abus et vanité.
— HIST. xiv* s. Et aucuns se delettent en abus de deliz [plaisirs] charnels, oresme, Eth. 203. ||xvi*s. S'il est question de corriger quelques abus..., lanoue, 85. Les appellations comme d'abus ont lieu quand il y a contravention contre les saints décrets, libertés de l'Eglise gallicane, arrest des cours souveraines, jurisdiction séculière ou ecclésiastique; et tient-on qu'elles sent de l'invention de messire Pierre de Cugnie-es, ores qu'elles semblent plus modernes, loysel , 888. En appelant d'Atropos trop irée Comme d'abus, marot, h, 272.
— ÉTYM. Proveuç. abus; espagn. et ital. abuso ; de abusue, de ab, indiquant perversion, et usus, usage (voy. us).
ABUSÉ, ÉE (a-bu-zé, zée). || 1" Part, passé. Trompé. Abusé par de vaines promesses. Abusé sur l'état des choses. Abusé et dépouillé. Nous étions bien abusés, pasc. Prov. H. En vain du sang des rois dont je suis l'oppresseur, Les peuples abusés m'ont cru le défenseur, volt. Mer. i, 4. Ma jeunesse, nourrie à la cour de Néron, S'égarait, cher Paulin, par l'exemple abusée, rac. llcrén. n, «.
|| 2° abusée, j. f. Je plains cette abusée , et c'est moi qui la suis, corn. Oth. m, i. || 3* En parlant d'une femme séduite Jeune fille abusée.
ABUSER (a-bu-»-'), v. n. || 1* User mal, se prévaloir de. Ayant, abusé de leurs talents. Abuser de l'ignorance de quelqu'un. Abuser cruellement de la victoire. Pour seconder les criminelles intentions d'un ami, lequel abusaitde votre orédulité, bourd. Pensées, t. Il, p. 261. Vous croyez qu'abusant de mon autorité Je prétends attenter à votre liberté, rac. Milhr. 1,2. J'abuse, cher ami, de ton trop d'amitié, id. Andr. m , i . Avez-vous prétendu que muet et tranquille, Ce héros qu'armera l'amour et la raison , Vous laisse pour ce meurtre abuser de son nom? id. Iph. 1,1, Et nos seulsennemis, altérant sa bonté, Abusaient contre nous de sa facilité, id. Brit. v, S. La perfide abusant de ma faiblesse extrême.... id Phèd. v, 7. Et que de mon bonheur vous avez abusé Jusqu'à plus attenter que je n'aurais osé, corn. M. de Pompée, m, 2. Prince, vous abusez trop tôt de ma bonté, n>. Nie. u, 3. Je vous remets ce droit dont j'allais abuser, volt. Orphel. v, 6. Vous ne voudrez jamais, abusant de mon âge..., id. Brut, n, 4. Il abuse en ces lieux de son pouvoir fatal, id. Sém. u, i. Ils ont tous abusé de leur nouveau pouvoir, id. Ali. Il, 2. Depuis qu'aux cieux l'amour est retenu, De son beau nom vous abusez encore , malfil. Narc. 1. 1| 2* Absolument. Usez , n'abusez pas. L'homme est disposé à abuser. || 3* Abuser de quelqu'un, ne pas su comporter avec lui comme il conviendrait. J'abuse de vous en vous entretenant si longuement de mes propres affaires. Abuser d'un domestique, le faire trop travailler. On dit dans le même sens abuser d'un cheval. Vous abusez d'une infinité de personnes en leur faisant accroire que les points sur lesquels vous essayez d'exciter un si grand orage sont essentiels à la foi, pasc. Prov. 17. || 4° Abuser d'une fille, la posséder. Pour venger sa fille dont Roderic abusait, boss. Hist. i, n. Nous flétrissons du nom d'incestueux le frère qui abuse de sa sœur, volt. Métaph. 9. Alexandre VI était accusé d'abuser de sa propre fille Lucrèce, m. Mœurs, 110. || Abuser, v. n., se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
abuser,», a. || 1° Tromper. Abuser quelqu'un d'un vain espoir. Nous nous laissons abuser par les opinions du vulgaire. Ils sont grossièrement abuses, pasc. Prov. n . La flamme de vos yeux.. . . Ne se lasse donc point.. ..d'abuser les vœux dont elle est désirée, mai.h. iv, 3. Car, sans le revenu, l'étude nous abuse, Régnier, Sat. m. Dites s'il me détrompe ou m'abuse en effet, corn. Héracl. u, 6. Notre profond silence abusant leurs esprits, Ils n'osent plus douter de nous avoir surpris, id. Cid, iv, 3. Sors du trône et te laisse abuser comme moi, id. Héracl. î, i. Moi, j'aurais l'âme assez méchante pour abuser une personne comme vous ! mol. D. J. h, 2. Je vous abuserais si j'osais vous promettre Qu'entre vos mains, seigneur, il voulût le remettre, rac. Andr. i, l. Je crains, je crains qu'un songe ne m'abuse, id. Phèd. n, î. C'est pleurer trop longtemps une mort qui t'abuse, id. Èsth. i, l. Est-ce ainsi qu'on m'abuse et qu'on croit me jouer! volt. Orphel. m, 3. Une image trompeuse ne vient-elle pas abuser mes yeux? fén. Tél. iv. Je reconnus, mais trop tard, les chimères qui m'avaient abusé, 3. i. rouss. Bel. ni" part. I.iv. 18. || 2* Abuser unefille, la séduire. Une fille abusée était punie avec le séducteur, j. i. bouss. Ém. v.
s'abuser, v. réfl. Se faire illusion. En cela, je me suis abusé. X moins que je ne m'abuse. Voulant nous affranchir, Brute s'est abusé, corn. Cinna, u, 2. Mais tu t'abuseras, mol. l'Étourdi, i, 10. Vois si je m'abuse, rac. Baj. ni, 3. Mais moi-même.... meserais-je abusée? id. Baj. m, 6. Penses-tu que je sois moinsépouse que mère? Tut'abuses, cruel.... volt. Orphel. iv, 6. En conseiller d'Etat, de discours j« m'abuse, Régnier, Élég. n.
— rem. Pascal a dit : Il n'est pas possible de s'abuser à prendre un homme pour un ressuscité. Cet emploi, qui peut très- bien être accepté, est un archaïsme. Voyez-en un exemple plus bas dans un texte de Lanoue.
— HIST. xiv* s. Cpmme Phalaris qui tenoit uns enfant et avoit concupiscence de abuser en par delettation de luxure inconveniente, oresme, Eth 104. || xv* s Me faites, vous et raison, Aucune déclaration ; Ou de votre fait suis abus, Pout ce que dit avez dessus, la font. 675. Povre homme, tu t'abuses bien ; Par ce chemin ne feras rien, Si tu ne marches d'autre pas, Nat. à l'Alch. si. Las! ne suis le premier de Fiance Qui sotement s'est abusé, ch. d'orl. Rond. 34. Ausquels fut dit pour le dict seigneur, qu'ils s'alrasoient et que le dicl seigneur
ACA
aimeroit mieux mourir que d'estre contre le roi, i. de troyes, 1476. FA avec telles mensonges se abusent bien aucuneflbis les maistres, comm. ii, 2. On abusoit le roi quand on lui conseilloit entreprendre ceste guerre, id. hi, 2. || xvr ». Ils sçavent l'arithmétique si parfaitement que jamais ne s'abusent à conter, lanoue, (83. Cet enfant nous abuse, car les estables ne sont jamais on hault de la maison, rab. Garg. I, <2. Laissons les abuser de leur loisir, mont. I, 187. II me venoit compassion du pauvre peuple abusé de ces folies, id. I, 200. On ne peult abuser que des choses qui sont bonnes, id. n, 60. Elle n'y trouva les efforts repondants à sa taille, beauté et jeunesse par où elle avoit été prinse et abusée, id. hi, 371. Il usa d'une ruse par la quelle il abusa l'une et l'autre partie pour le bien de la chose publique, amyot, Solon, II. Solon pour vrai est un fol abusé, Qui de son gré lui-même a refusé Un si grand heur que lui offroient les dieux, id. ib. 22. Stesimbrotus s'abuse grandement pour n'avoir pas bien pris garde à la suitte des temps, m. Thém. 3. Son filz abusoit un peu trop de l'affection que lui portoit sa mère, et de lui aussi semblablement par le moyen d'elle, id. Thém. 36. Abusant la jeunesse de vaine espérance, id. Fab. 61. Les Lacedemoniens abusèrent d'Alcibiades plus tost qu'ils n'en usèrent, id. Aie. et Cor. 4. Il abusa de son éloquence à calomnier et faussement charger et accuser ceux qui valoient mieux que lui, id. Pélop. 44. Celui qui ne vise à la voie Par où il va, faut et s'abuse, marot, m, 5».
— ÊTYM. Abus; provenç. et espagn. abusar ; ital. abusare.
ABUSEUR (a-bu-zeur), t. m. Celui qui abuse, qui trompe.
— HIST. xiv s. Se le dit tel abuseur avoit aucune chose prins ou gaingné sous ombre de la dite abusion, do cange, abusor. || xV s. Et trouva on que ce n'estoit qu'un abuseur; si le fit prendre et emprisonner et eut sa finance qui estoit grande , J. des drsins, 1389. Et se trouva un cordelier forgé qui de lui-même prit débat au dit frère Hieronime [Savonarole], l'appellant hérétique et abuseur dépeuple, comm. vin, 19. Il xvi* s. C'estoyent divinateurs, enchanteurs et abusenrs du simple peuple, rab. Pant. iv, 58. [Traitz] dont le cruel abuseur plein d'attraits A bien souvent faict mainte plaie amere, marot, il, 280. D'un petit nombre d'abuseurs sont sorties plusieurs sectes, calv. Inst. 89.
— trnt. Abuser.
ABUSIF, IVE(a-bu-zif, ziv'), adj. || 1" Qui tient de l'abus. Tout privilège qui tend à l'exemption de cette contribution étant injuste et abusif, vauban, Dîme, )04. Il 2° En termes de grammaire, emploi abusif d'un mot.
— HIST. xiv* s. Faire une comparaison abusive de choses qui ne sont pas comparables, oresme, Thèse de Meunier. ||xvi's. Tout ceque les hommes apprennent de Dieu par les images est frivole et mesnie abusif, calv. fnst. 66. Il rompit et annulla cette coustume comme abusive, pleine de larcin, carloix, y, S2.
— tTYM. Abusirus, deabusus, abus.
ABUSIVEMENT (a-bu-zi-ve-man) , adv. || 1« D'une
manière abusive. On avait établi abusivement celte mesure. H 2' En termes de grammaire, employer abusivement un mot
— ÊTYM. Abusive au féminin , et ment ( voy. ment).
t ABUTEB (a-bu-té), v. a. et».n. || !• Terme de marine. Mettre bout à bout, ou toucher par un bout. Ces pièces de bois abutent. || 2° Au jeu de boule ou de palet, lancer la boule ou le palet vers un but pour savoir qui jouera le premier. Eh bien, abutons.
— HIST. xvi' s. Le temple St-Sorlin fut gagné à coups de canon par les assiégés : ce qui fit tenir conseil en la place St-Georges, et résoudre de mettre le feu en toutes les rues qui abuttoient à la maison de ville, d'aub. Hist.i, 38. Articulation, c'està-dire jointure : sçavoir quand iceux os sont tellement abuttés et alliés que.... paré, iv, 43. Pault luy [à l'âme] fournir d'object où elle s'abbutte, mont. I, «I.
— ÊTYM. À et but:
t ABUTILON (a-bu-ti-lon) , s. m. Botanique. Plante d'agrément des Antilles, cultivée dans quelques parties de l'Europe, à écorce filandreuse, de la famille des malvacées.
ABYME (a-bi-m1), ». m. Voy. abIme.
ABYMER (a-bi-mé), 0. o. Voy. abImer.
ACABIT ( a-ka-bi ; le ( ne se lie pas ) , *. m. Il i* Qualité bonne ou mauvaise des choses. Ces fruits sont de bon acabit. Ce mouton, ce drap sont de mauvais acabit. || 2° En parlant des personnes. Ce
DICT. De LA LANOUE FRANÇAISE.
ACA
sont gens de même acabit. Vous ne le corrigerez pas, tel est son acabit , Acad. || Loc. vie. Poires d'une bonne acabit, dites d'un bon acabit.
— Hisr. xv s. Se en cest malheur et labit Nous mourions par quelque acabit [accident] , Ame n'y a qui bien nous fasse, villon, Baill. et Mal. On a dit aussi acabie : boursault , Ésope , iv, S: Et de quelle acabie étoit-il conseiller T Le féminin n'est plus usité.
— ÊTYM. Bas-latin, acapila , acapilis , acapitagium, mots qui signifient au propre l'action de se constituer vassal d'un seigneur, mot à mot, action de prendre pour chef; par extension, droit d'entrée, et, par une nouvelle extension, toute espèce d'achat. Acabit veHt donc dire achat, débit, et, comme le remarque ménage, des fruits d'un bon acabit signifient proprement des fruits d'un bon débit. Acapita, acapitagium sont composés de ad et capitagium; capitagium, de caput , chef (voy. chef).
ACACIA (a-ka-sia; Castel et Béranger l'ont fait, en vers, de trois syllabes, et la prononciation ordinaire ne lui en donne non plus que trois; mais on pourrait aussi, en vers, le faire de quatre syllabes, suivant l'habitude de notre poésie, qui tend plus à allonger les mots qu'à les raccourcir), s. m. Il 1" En botanique, nom d'un genre de la famille des légumineuses, dont deuxespèces fournissent la gomme arabique et la gomme du Sénégal. Suc d'acacia, suc exprimé des gousses pilées du mimosa nilotica. Suc d'acacia indigène, suc tiré du fruit non encore mùr du prunellier. Le suc d'acacia est astringent. Il 2* Dans le langage ordinaire, l'acacia est le faux acacia ou acacia blanc, arbre d'agrément, espèce de robinier à rameaux épineux et à fleurs blanches et odorantes. Ses gais refrains vous égalent en nombre, Fleurs d'acacia qu'éparpillent les vents, bbranger , Ém. Debraux. Sous l'acacia léger j'aurais placé Delille, castel, les Plantes, iv. || Au pluriel, des acacias.
— HIST. xvr» s. Berberis, sumac, acacia et leurs semblables, paré, viii, 53. Quant aux sucs solides et endurcis, comme l'aloès, l'acacia.... id. xxv, 27.
— ÊTYM. Provenç. acassia; du latin acacia, du grec ixaxîot. Ce mot paraît venir de àxaxia, défaut de méchanceté [ de oc privatif, et xaxé;, méchant], parce que ce végétal , bien que couvert d'épines, fournit de bonnes choses.
ACADEMICIEN (a-ka-dé-mi-siin; en vers, il est de six syllabes; par exemple, dans l'épigramme de Piron : Ci-gît Piron, qui ne fut rien, Pas même académicien. Cependant on pourrait aussi suivre la prononciation ordinaire et le faire de cinq syllabes), t. m. Il i° Philosophede la secte de l'Académie. Cicéron était académicien. || 2° Celui qui fait partie d'une société de gens de lettres. De zélés académiciens. Les réceptions de nouveaux académiciens. Il fit lever le plan de cette mer [Caspienne], et, grâce à ce conquérant académicien, on en connut enfin la véritable figure, fonten. Czar Pierre. Il possédait souverainement les qualités d'académicien, c'est-à-dire, d'un homme d'esprit qui doit vivre avec ses pareils, profiter de leurs lumières et leur communiquer les siennes, id. Dodart.
— REM. Académicien a quelquefois un féminin. L'Académie de peinture a nommé quelques femmes académiciennes. 11 y a en Italie des académiciennes.
— SYN. académicien, académiste. Le premier se dit de celui qui est d'une académie de gens de lettres, et le second de celui qui est d'une académie où l'on apprend à monter à cheval, à tirer des armes, etc. Cette distinction s'est introduite assez tard; la comédie de Saint-Ëvremond contre l'Académie était intitulée la comédie des Académistet.
— ÊTYM. Académie.
ACADÉMIE (a-ka-dé-mie), t. f. || 1* Jardin près d'Athènes où Platon enseigna. || 2* La doctrine même de Platon et de ses successeurs. || 3* Par extension, compagnie de gens de lettres, de savants ou d'artistes. L'Académie française, l'Académie des inscriptions et belles-lettres, l'Académie des sciences, l'Académie des beaux-arts, l'Académie des sciences morales et politiques; ces cinq académies réunies forment ce qu'on nomme l'Institut. L'esprit de discussion est assez contraire à celui de décision ; mais l'Académie doit plus examiner que décider , suivre attentivement la nature par des observations exactes, et non pas la prévenir par des jugements précipités, fonten. Dodart. Je veux établir chez vous une académie de beaux esprits, mol. Préc. Rid. 4 0. Il 4° Absolument, l'Académie française. Discours de réception à l'Académie. Le Dictionnaire de l'Académie. L'Académie, dépositaire des bienséances et de
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la pureté du goût. || 5" Par métaphore, en fait de style, forme académique. Les oreilles so.it flattées par l'académie et l'arrangement des paroles, boss. Par. de Dieu, l.|| 6" Académie royale de musique, le théâtre de l'Opéra à Paris, ainsi dénommé dans les lettres - patentes de son établissement. Il 7° Lieu où les jeunes gens apprennent l'équitation et d'autres exercices du corps. Tenir académie. Faire son académie. Pour m'entretenir à l'académie, hamilt. Gramm. 3. En 169) , je commençais à monter à cheval à l'académie des sieurs de Mémon et Rochefort, sajnt-simon, i, 2). Sans avoir fait son académie, un voyageur monte à cheval, J. j. rousseau, Ém. 11. Il 8* Les écoliers mêmes qui fréquentaient une académie. Ce jour-là tel écuyer fit monter toute son académie à cheval. || 9° Lieu où l'on donne à jouer en public. Les académies de jeux sont souvent des coupe-gorges. II y a un livre intitulé Académie des jeux, qui donne les règles des jeux en usage. Il a perdu son argent dans une académie. Ma maison n'est point une académie, picard, les Deuxphil. n, )9. On dit maintenant maison de jeu. Il 10° Division de l'Université de France dirigée par un recteur. || 11" En termes de peinture, une figure entière qui est peinte ou dessinée d'après un modèle, et qui n'est pas destinée à entrer dans la composition d'un tableau.
— ÊTYM. Academia, du grec àxotSïitita et àxaSiiiisia. Ce mot vient d'Académus, personnage de l'âge héroïque. Dans la guerre que les Lacedemoniens firent à Athènes pour reprendre Hélène enlevée par Thésée, Académus leur révéla où elle était cachée. En récompense de ce service, ils ménagèrent dans leurs ravages sa maison de campagne, qui était à 1000 pas d'Athènes. L'orthographe n'est pas constante; on écrit aussi Hecadémus, 'Exàêr)|j.o; et par conséquent éxaSïiiua. Dans Horace, Ep. 11, 11, 45, Alque inter silvas Academi quserere verum , on trouve la variante Ecademi. 'Ax<z8r|u,oc vient sans doute de àxoç, remède, et 81)11.0;, peuple, qui guérit le peuple; et éxiôr.n-o; de éxàe;, loin, qui est loin du peuple.
ACADÉMIQUE (a-ka-dé-mi-k"), adj. || 1* Qui appartient à la doctrine de Platon. La philosophie académique. || 2" Qui appartient ou qui convient à des académiciens, à une académie. Questions académiques. Séances académiques. || 3° Plus particulièrement, qui appartient à l'Académie française. Discours académique. Fauteuil académique. || 4* En parlant du style , des compositions littéraires et aussi des peintures correctes, élégantes, mais où la correction et l'élégance font tort à la vérité et à la simplicité. Pourquoi appelle-t-on académique un discours fleuri, élégant, ingénieux, harmonieux, et non un discours vrai et fort, lumineux et simplet vauven. Nouv. max. 12. || 5° Dans les beaux-arts, figure académique , figure d'étude , traitée sans égard à l'ensemble d'un tableau. || 6° En parlant des personnes, digne d'être de l'Académie. Sujet académique, homme qui mérite d'être élu de l'Académie.
— ÉTYM. Académie.
ACADÉMIQUEMENT (a-ka-dé-mi-ke-man), adv.
D'une manière académique. Cela est écrit académiquement.
— ÊTYM. Académique, et ment (voy. ment). ACADÉMISTE (a-ka-dé-mi-st*), s. m. || !• Celui
qui, dans une académie, se forme à certains exercices. Les gens de cette sorte sont académistes, écoliers, pasc. Pré', g. Avecunextérieuraustèreil[Harleyfils] était aussi parfaitement débauché et aussi ouvertement qu'un jeune académiste, st-simon, 470, 107. Il 2* Celui qui tient une académie et enseigne les exercices.
— ÊTYM. Académie.
ACAGNARDÉ , ÊE (a-ka-gnar-dé, dée) , port. passé. Acagnardé par la fainéantise.
ACAGNARDER (a-ka-gnar-dé), e. o. || i* Rendre cagnard. La mauvaise compagnie l'a acagnardé, Acad. Il 2" S'acagnarder, v. réfl. Devenir cagnard. S'acagnarder dans un fauteuil. Ces enfants sesontacagnardésau coin du feu. || Loc. vicieuse : acagnardir ou s'acagnardir. Ce verbe est de la conjugaison en er.
— HIST. xvi* s. Je ne me peux contenter de moi mesme, me voyant ici oisif, acagnardé à un foyer, i yver, 663. Vous avez secouru des personnes qui es- ! toient dans les rues ou accagnardées près du feu ; je vous demande l'aumosne pour des gens qui servent nuit et jour, henri iv, Lettres.
— ÊTYM. À et cagnard; Genevois, s'acagnardir et aussi s'acagner, se blottir.
ACAJOU (a-ka-jou), s. m. || l'Bois d'acajou ou
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simplement acajou, bois rougeâtre et susceptible d'un beau poli, employé dans l'ébénisterie, la tabletterie, etc. et fourni par un arbre de l'Amérique Méridionale ( Swietenia Mahogoni et Cedrela xlorata). Meuble d'acajou. Lit d'acajou. || Au pluriel, des acajous. || 3* Noix d'acajou, fruit en forme de rein, lisse, coriace, et d'un brun grisâtre. Sous l'enveloppe se trouvé un suc huileux, noir et caustique. A l'intérieur est une amande bonne à manger.Ce fruit est fourni par Vanacardium occidentale , grand arbre de la famille des térébinthacées. La
— ÊTYM. Rein* le tire du brésilien acajaba.
ACANTHE (a-kan-f), t. (. || 1* Plante dite vulgairement branche- ursine et remarquable par ses Selles feuilles découpées et recourbées vers l'extrémité. On a dit que la feuille d'acanthe avait servi de modèle pour l'ornement du chapiteau corinthien. Voici la fête d'Olympie I Tressez l'acanthe et le laurier, v. hugo, Odes, iv, io. ||a* Ornement d'architecture imité de la feuille d'acanthe.
— ÊTYM. Acanthus ,(le ixctvOo;, deâxav6a, épine, mot dans lequel est la racine àtâi, pointe, aiguille (voy. aioo).
t A CAPELLA (a-ka-pèl-la). Terme de musique d'éylise, signifiant que les instruments marchent à l'unisson ou à l'octave avec les parties chantantes. Style à capella, style grave, posé, sans instruments.
— ÏTYM. liai. A capella, à chapelle.
t ACARE (a-ka-r'), i. m. Terme d'histoire naturelle. Sorte d'animaux articulés de la classe des ,-irachnides, dont un genre renferme le petit ciron ({u'on trouve dans les vésicules de la gale, tant chez l'homme que chez le cheval. Le soufre ne guérit la trale qu'en tuant les acares.
— ÊTYM. 'Axapi, sorte de petit insecte. ACARIÂTRE (a-ka-ri-â-tr'), adj. Qui est d'une
humeur fâcheuse et aigre. || Il se met toujours après le substantif : Une femme acariâtre ; un esprit acariâtre.
— hist. xvi* s. A tant de gens qui sont acariâtres, hab. Car g. 1, 1.
— êtym. Picard, accarienne. Ce mot vient de l'ancien français acarier, confronter, d'où l'adjectif désignant, avec le sens défavorable qu'a la finale âtre, celui qui tient tête dans la confrontation, et de là de difficile humeur. Acarier vient de à et de cara, face, visage (voy. chère).
f ACATALECTIQUE (a-ka-ta-lé-kti-k'), s. m. et adj. Terme de métrique ancienne. On appelait ainsi les vers auxquels il ne manquait aucune syllabe.
— ÊTYM. 'AxaT<xXT|XTixè«, qui n'a pas de finale, de a privatif, et dexaTaVr|xTtx6c,quiaune finale; xotoatixtixô;, de xaxaAriYt.iv , finir, de xorrâ, à, et aiîyeiv, cesser.
ACATALEPSIB (a-ka-ta-lé-psie) , *. f. Expression technique de Pyrrhon et des philosophes sceptiques, qui désigne l'impossibilité de connaître.
— ÊTYM. 'AxaTaXri^a, de a privatif, et xoTâlriiJ/iç , compréhension: impossibilité de comprendre, et par conséquent absence de certitude dans les connaissances humaines (voy. catalepsie).
ACATALEPTIQUE (a-ka-ta-lé-pti-k') , adj. Qui a rapport à l'acatalepsie.
— ÊTYM. Acatalepsie.
ACAULE (a-kô-P) , adj. Terme de botanique. Qui n'a pas dp tige apparente.
— ÊTYM. A privatif, et caulis, tige (voy. chou). ACCABLANT, ANTE (a-kâ-blan, blan-t'), adj.
|| 1° Qui accable. Un poids accablant. Une charge accablante. Une douleur accablante. Des reproches accablants. A ces mots, Idoménée parut comme un homme qu'on soulage d'un fardeau accablant, fén. Tél. xu. Les affaires les plus désagréables, les embarras les plus accablants, les dégoûts et les déboires les plus affreux, bourd. Pensées, t. m, p. 4 42. Le nombre des matériaux nécessaires devient toujours plus accablant pour le géographe, et, s'il se pique de précision, tous ceux qu'il peut recouvrer lui sont nécessaires, fonten. Éloges, Delisle. Les remarques sont jugées accablantes pour M. de Cambrai , boss. Lett. quiét. 37t. Ces foudroyants regards, ces accablants reproches, th. corn. Ari. iv, S. Ahl penser accablant où mon cœur s'abandonne 1 campist. Andron. v, 4. Il n'avait répondu que par un silence accablant à ses supplications, mass. Prière, 2. Mais qu'il est accablant de parler de sa honte I volt. lirul. il, t. || %° Importun, incommode. Un homme accablant. Visites accablantes. || Il se met avant ou après le substantif : Une nouvelle accablante ; une accablante nouvelle.
ACCABLE, ÉE (a-kâ-blé, blée), part, passé.
|| 1 "Cédant, succombant sous le poids. Accable sous
un fardeau trop lourd. Dante a peint les avares accablés sous des chapes de plomb. La vigne était accablée sous son fruit, fén. Tél. 1. 1| 2" Fig. Accablé do maux. Accablé de dettes. Il fut accablé par le nombre. Cet homme d'Etat, accablé par ses ennemis. Le régiment accablé par des forces supérieures. Accablé d'affaires. Accablé d'honneurs. Accablé d'outrages. Accablé d'une aussi haute fortune. Je suis accablé de voir que le mal a fait tant de progrès. Une femme qui n'avait nuls signes de grossesse, accablée d'ailleurs d'un grand nombre d'incommodités très-cruelles, fonten. Littre. Accablé des malheurs où le destin me range, corn. Cid. i, 8. Il semble à l'âme que son mal est sans remède, tant elle en est possédée et accablée, bourd. Pensée»,t. h, p. 22. Tâche de les convaincre par une multitude de preuves dont ils devraient être accablés, m. ib. p. 274. ...j'allais, accablé de cet assassinat, Pleurer Britannicus, César et tout l'Etat, rac. Brit. v, 6. Non, non, je ne puis vivre accablé de sa haine, m. Alex, iv, 4. Vous pensez.... qu'un cœur, accablé de tant de déplaisirs, De son persécuteur ait brigué les soupirs? id. Andr. u, t. Lusignan, ce vieillard accablé de douleurs, volt. Zaïre, m, ». Si je l'ai jusqu'ici de tant d'honneur comblée , De tant de faveurs accablée.... corn. Agés, v, 2.
ACCABLEMENT (a-kâ-ble-man) , s. m. || l'Etat d'une personne , d'un corps, d'un esprit, d'un peuple accablés. Être dans l'accablement de la douleur. Son accablement est extrême. Plongé dans l'accablement. Et je préférerais un peu d'emportement Aux plus humbles devoirs d'un tel accablement, corn. Sert, iv, t. On croit cette imposition prématurée dans l'accablement où sont les peuples, boss. Lett. quiét. 472. Quand il dort, c'est d'accablement, sêv. 602. Des infortunés qui vivent dans l'accablement, mass. Affl. Vous qui n'avez jamais de sourire moqueur Pour les accablements dont une âme est troublée, v. hugo, Crép. 38. || 2" Action d'accabler. Pour dernier accablement, son adversaire lui donna un coup de pied, scarr. Rom. com. io. || "("Surcharge. Accablement d'affaires. Que deviennent les lois et le prodigieux accablement de leurs commentaires? la bruy. 12. Si c'est trop de se trouver chargé d'une seule famille, si c'est assez d'avoir à répondre de soi seul, quel poids, quel accablement que celui que donne un royaume! m. 40.
— SYN. accablement, abattement, découragement. L'idée commune est un état de langueur de l'âme. L 'accablement est plus fort que l'abattement. L'homme abattu peut se relever ; l'homme accablé a succombé sois le poids, et ses forces sont brisées. Pour l'abattement et l'accablement, il y a toujours une cause extérieure et antérieure, un coup porté, une surcharge imposée. Le découragement, au contraire, est plus général , et ne suppose pas nécessairement quelque chose de grave qui ait précédé. Certains hommes sont pris de découragement pour des motifs fort légers; on peut avoir perdu courage et n'être ni abattu ni accablé, mais l'abattement et l'accablement ôtent le ressort de l'âme et impliquent le découragement.
— ÊTYM. Accabler.
ACCABLER (a-ka-blé), v. a. || 1* Faire succomber sous. Accabler de coups de poing. Être accablé sous un fardeau. Ce fardeau énorme vous accable, quelque fort que vous soyez. Le poids des entreprises qu'il a commencées l'accable. Ses dettes finiront par l'accabler. 11 fut accablé par la chute d'un rocher. J'irai sous mes cyprès accabler ses lauriers, corn. Cid, iv, 2. Leurs membres décharnés courbent sous mes hauts faits, Et la gloire du trône accable les sujets, corn. Prol. de la Toison d'or, t. Sous tant de morts, sous Troie , il fallait l'accabler, rac. Andr. i, t. ||2° Vaincre, ruiner, faire succomber. Il a été accablé par le nombre des ennemis. Ce désastre les accabla. Accabler un innocent. Ce dernier témoignage l'accabla. Accabler l'ennemi. Ainsi tout m'accable à lafois.Ilaaccablésesadversairesde tant d'arguments. Je suis assez puni; ne m'accablez pas. Rome.... ne désarma point sa fureur vengeresse Qu'elle n'eût accablé l'amant et la maltresse , rac. Bér. il, 2. C'en est fait, le cruel n'a plus rien qui l'arrête ; Le coup qu'on m'a prédit va tomber sur ma tête; Il vous accablera vous-même à votre tour, racine, Brit.y, 7. Fuyons tous deux, fuyons un spectacle funeste, Qui de notre constance accablerait le reste, id. Bér. m, t. Assez et trop longtemps mon amitié t'accable, id. Andr. m, t. Quand je verrai ces yeux armés de tous leurs charmes , Attaches sur les miens , m'accabler de leurs larmes, id. Bérén. iv, 6 mon cœur, respectant la vertu, N'accable pas encore un rival abattu, id. Alex. 111,4 . Ami ,
n'accable pas un malheureux qui t'aime, id. Andr. I, 4. Ne rougissez-vous pas d'accabler ma misère? volt. Orpheï. iv, 4. Est-il donc permis de se mettre si aisément au hasard de la violer, cette justice qu'on ne connaît pas, et qui peut être toute pour une partie adverse que l'on accable ? bourd. Pensées , 1. 11 , p. 260. Tout cela formera contre lui un témoignage qui l'accablera et qui ne lui laissera nulle excuse pour se justifier, id. ib. p. 43t. || 3° Fig. Il est accablé de maladies. Un si grand malheur m'accable. Je suis si accablé de douleur que.... On l'accable d'injures, d'outrages. Accabler quelqu'un de questions. Depuis qu'il est en place, ses connaissances l'accablent de sollicitations. Le sommeil l'accablait. Le combat qu'elle [la vertu] soutient au dedans contre tant de tentations qui accablent la nature humaine, boss. /(eine d'Angleterre. L'ambition, l'amour, le dépit, tout m'accable, volt. Brut. 11, i. ICplusvous la pouvez accablerd'infamie, corn. A'ic. m, 4. Le poids de mes habitudes m'accable, la multitude et la grièveté de mes offenses m'effraye, bourd. Pensées, t.n,p.46». S'il pouvait apprendre que son fils ne sait imiter ni sa patience ni son courage, cette nouvelle l'accablerait de honte, et lui serait plus rude que tous les malheurs qu'il souffre depuis si longtemps, fén. Tél. 11. La mort de M. de Guise dont je suis accablée, sév. 73. || Absolument. Cette nouvelle accable, id. 447. || 4° Être àcharge. Et sans doute elle attend le moment favorable Pour disparaître aux yeux d'une cour qui l'accable, rac. Bi'r. I, 3. Je me suis laissé accabler de visites, sév. 463. Un homme de ce caractère nous accabla pendant deux heures de lui , de son mérite, montesq. Lett. pers. bo. || 6° Charger en bonne part. Accabler de biens, de louanges, de politesses. Ceux au contraire que la fortune, aveugle, sans choix et sans discernement, a comme accablés de ses bienfaits, eu jouissent avec orgueil et sans modération, la bruy. 44. lime comble d'honneurs, il m'accable de biens, corn. Cinna, m, 3. Tu trahis mes bienfaits, je les veux redoubler; Je t'en avais comblé, je t'en veux accabler, id. Cinna, v, 3. Je sais ce que je dois au souverain bonheur Dont me comble et m'accable un tel excès d'honneur, m. Jforl de P. iv, 6. Madame , achevez donc de m'accabler de joie , m. Perth. m, 3. y 6" Absolument. Vous m'accablez, vous êtes trop bon, trop poli, etc. || 7* S'accabler, v. réft. Il ne faut pas s'accabler de travail. Ne vous accablez pas d'inutiles douleurs, rac. Alex, iv, 2.
— SYN. accabler, opprimer, oppresser. Accabler exprime l'idée la plus générale ; il veut dire simplement faire succomber sous le poids ; il se prend en bonne et en mauvaise part : accabler de chagrin, accabler de bienfaits. Les Romains accablèrent les Carthaginois. Opprimer ne se prend qu'en mauvaise part : le fort opprime le faible ; un roi opprime ses sujets ; un tyran domestique opprime sa femme et ses enfants. Oppresser n'indique qu'une action physique : une respiration gênée est oppressée; oppresse par la douleur. De ce côté, oppresser redevient équivalent à accabler, sauf que oppresser indique plutôt la gêne de la suffocation, et accabler l'anéantissement des forces. C'est l'usage seul qui a introduit une différence entre opprimer et oppresser; car ils sont de même origine, si bien que l'oppresseur est non pas celui qui oppresse, mais celui qui opprime.
— HIST. xv* s. Raoulin vint au suppliant, l'achabla et tira à terre, ducange, cabutus, || xvi* s. Des arbres qui aient suffisante force pour soutenir la vigne sans s'accabler eux-mesmes,o. de serres, IS2. Le comble de la galerie tumbasur les garsons qui estoient demourés dessous, et les accabla tous, amyot, Cimon, 29.
— ÊTYM. À et ancien français caabler. du cangk, au mot cité, rapporte ceci : De abattre à terre, que l'on appelle caable; ce qui est traduit en latin : l><prostratione ad terram quod quadablum (ou cada balum) dicitur. Caabler ou chaabler veut donc dire renverser, et il vient du bas-latin cadabalum ou chadabula, en vieux français, chaable qui signifie une machine de guerre (voy. chablis).
f ACCALMIE (a-kal-mie) . s. f. Terme de marine Calme momentané qui succède à un coup de veui très-violent.
— ÊTYM. À et calme.
ACCAPARÉ, ÊE (a-ka-pa-ré, ée), part, passe. Tout le sucre étant accaparé par quelques spéculateurs.
ACCAPAREMENT (a-ka-pa-re-man), s. m. L'action d'accaparer ou le résultat de cette action. Vu les accaparements de blé qu'il avait faits.
— ÊTYM. Accaparer.
ACC
ACCAPARER (a-ka-pa-ré), v. o.|f Arrher ou acheter tout ce qu'il y a sur le marché de denrées , de marchandises, afin de devenir maître du cours. Ces spéculateurs s'entendirent pour accaparer les sucres. || 2° fig. Prendre tout pour soi. Ce candidat a su accaparer les voix des électeurs. Accaparer la faveur du peuple. Cet avocat accapare toutes les a flaires.
— êtym. Ac pour ad, et le bas-lat. caparra; ital. caparra et caparrare-; provenç. caparro; espagn. caparra; mots qui signifient arrhes, et qui viennent de cap pour capere (voy. capable) , et arrhes
(voy. ARRHES).
ACCAPAREUR, EUSE (a-ka-pa-reur, reu-z'), *. m. et f. Celui , celle qui accapare.
■ — êtym. Accaparer.
t ACCASTILLAGE (a-ka-sti-lla-j', Il mouillées), j. m. || 1" Terme de marine. Partie de l'œuvre morte d'un grand bâtiment qui reçoit des sculptures et des ornements. Voilà un bel accastillage. Les accastillages sont bien soignés dans ce port. || 2° Dans l'ancienne marine, le château del'avant et le château de l'arriére d'un vaisseau.
— ÊTYH. Accasliller.
fACCASTILLÉ, ÉE (a-ka-sti-llé , ée, Il mouillées), part, jassé. || 1° Vaisseau bien accastillé. || 2° Dans l'ancienne marine . il se disait d'un vaisseau qui a un château sur son avant et un autre sur son arrière.
fACCASTILLER (a-ka-sti-llé, Il mouillées), v. a. Garnir un vaisseau de son accastillage. S'occuper de l'accastillage d'un vaisseau.
— ÊTYH. À et castellum, château (voy. château). ACCÉDER (a-ksé-dé. Pour l'accent aigu ou
grave sur ce, on observe la règle du verbe céder. Il ne se conjugue qu'avec l'auxiliaire avoir : j'ai accédé),», n. Entrer dans des engagements déjà contractés par d'autres, donner son assentiment à. Cette puissance accède au traité déjà conclu. J'accède à votre proposition. Accéder aux désirs de quelqu'un. Il accéda enfin au parti qu'on lui fit comprendre devoir être incessamment le plus fort.
— ÉTYM. Accedere,de ad, à, et cedere, aller (voy. cÊnsn).
ACCÉLÉRATEUR, TRICE(a-ksé lé-ra-teur.tri-sO, ad). || 1" En physique, force accélératrice, celle qui, continuant d'agir sur un corps mobile après son départ, lui communique à chaque instant une nouvelle vitesse. Le rapport de la vitesse acquise au temps, est constant pour une même force accélératrice; il augmente ou diminue, suivant que ces forces sont plus ou moins grandes; il peut donc servir à les exprimer, la place, Exp. m , 2. || 2° En anatomie, muscle accélérateur, muscle qui accélère une évacuation. || Il ne se met qu'après le substantif : Muscles accélérateurs, force accélératrice.
— ÊTYH. Accélérer.
ACCÉLÉRATION (a-ksê-lé-ra-sion) , s.f. || l'Augmentation de vitesse. L'accélération du mouvement dans la chute des corps graves. || 2" En médecine, accélération du pouls, accélération de la respiration se dit quand, dans un temps donné, il y a plus de pulsations ou de respirations qu'en état de santé. || 3° Prompte exécution, prompte expédition. L'accélération des travaux, d'une affaire, d'un jugement.
— ÉTYM. Accélérer.
ACCÉLÉRÉ, ÉE (a-ksé-lé-ré, ée), part, passé. || 1° Marche accélérée. Respiration accélérée. Pouls accéléré. L'affaire a été accélérée par son activité. || 2" En termes militaires, pas accéléré, sorte de pas plus rapide que le pas ordinaire. || 3° Voiture accélérée . ou simplement Accélérée , s. f. et Accéléré , f . m. Voiture qui fait un trajet donné avec une vitesse plus grande qu'on ne faisait auparavant.
ACCÉLÉRER {a-ksé-lé-ré. L'accent sur la syllabe West aigu ou grave, suivant la règle qui est observée pour le verbe céder) , v. a. Augmenter la célérité, rendre plus rapide , plus prompt. La pesanteur d'un corps qui tombe en accélère le mouvement. Il voulait qu'on accélérât la marche des troupes. Il accélérait sa mort par des imprudences continuelles. Accélérer le pouls, la respiration. Accélérer un travail, la terminaison d'une affaire. Son fils, ce faible enfant qu'il porte entre ses bras, D'un cher et doux obstacle embarrasse ses pas, Des pas que va bientôt accélérer la joie, ducis, Oscar, m, 6. Quelle ardeur violente Accélère mon sang en ma tête brûlante? lemercier, CharlesVI, m, 4.
— hist. xvi* s. Là-dessus le roi les licencia, leur commandant d'accélérer le procès, carxoix,ii, is. La tunique charnue de l'œsophage est tissue de fi-
ACC
lamenta transversaux pouraccelerer tant le boire et le manger que les vomissements et venta rejettes de l'estomac au dehors, paré, h, 20.
— êtym. Accelerare, de ad, à, et celerart, hâter (voy. CÉLÉRITÉ).
ACCENSE (a-ksan-s'), s. m. Terme d'antiquité romaine. Officier subalterne attaché à quelque fonctionnaire dans l'ordre civil et militaire, sorte d'appariteur.
— ÉTYM. Les étymologistes latins ont varié sur l'origine de ce mot. Varron le fait venir tantôt de ciere, appeler, convoquer, tantôt de censere. Cette dernière étymologie est la plus probable ; accensus de accensere, ajouter, adjoindre, de ad, à, et censere, compter (voy. cens).
ACCENT (a-ksan ; ne prononcez pas a-san comme font les méridionaux), s. m. ||i" Terme de grammaire. Élévation de la voix sur une syllabe dans un mot, c'est-à-dire intensité donnée à une syllabe relativement aux autres : cela s'appelle accent tonique. || 2" Inflexions particulièresà une nation, aux habitants de certaines provinces. Accent anglais, italien. Accent gascon. On connaît à son accent de quelle province il est. L'air de cour est contagieux; il se prend à Versailles . comme l'accent normand à Rouen ou à Falaise, la brdy. 8. L'accent du pays où l'on est né demeure dans l'esprit et dans le cœur, comme dans le langage , la rochef. Réflex. 342. || 3° Absolument. Prononciation des personnes de province par rapport au parler de la capitale. Pour bien parler il ne faut pas avoird'accent ; cette phrase veut dire qu'il faut donner l'accent consacré par le bon usage parmi ceux qui parlent bien. Il a perdu, conservé son accent. || 4* Accent oratoire ou pathétique, inflexion de la voix par rapport aux sentiments ou aux pensées. Je trouve qu'il prend toujours l'accent le plus convenable à son sujet. Il avait dans les morceaux pathétiques un accent de tristesse. J . J. Rousseau a fait confusion entre l'accent oratoire et l'accent proprement dit, en écrivant : Se piquer de n'avoir point d'accent, c'est se piquer d'ôter aux phrases leur énergie, Ém. i. || S* Langage, chant, dans le style élevé et la poésie. Les accents de la passion, de la colère. Detristesaccents. J'entends vos divins accents. Écoute les accents de sa mourante voix, corn. Médée, v, 8. Ce sont les accents de la nature qui causent ce plaisir : c'est la plus douce de toutes les voix, montesq. Esprit, xxvi, 4. Ces accents de la mort sont la voix de Ninus, volt. Sém. i, 3. Son aspect, ses accents Ont fait trembler mon bras, ont fait frémir mes sens, m. Oreste, iv, 6. Aux accentsdel'airain sonnant, les homicides.. . m. j.chên.
Ch. IX, v,2 des clairons les belliqueux accents
Pour la première fois font tressaillir mes sens, c. delav. Paria, i, *. Enfin sa bouche flétrie Ose prendre un noble accent, béranger, Judas. || 6° Petite marque qui se met sur une syllabe, soit pour en indiquer la prononciation, soit pour la caractériser grammaticalement.
— REM. La grammaire française a trois espèces d'accents : l'accent aigu, l'accent grave, l'accent ct'reonflexe. || 1. L'accent aigu se met sur tous les é fermés qui terminent la syllabe, ou qui sont seulement suivis d'un s, signe du pluriel : bonté, vérité, assemblée, les procédés, les prés émaillés. Mais on écrira sans accent l'e fermé de ne*, de berger, parce qu'ici ce n'est point l'e qui termine la syllabe. || 2. L'accent grave se met sur tous les è ouverts qui terminent la syllabe : pèle, règle, prophète, il mène; ou qui sont suivis d'un s qui achève le mot : procès , succès , décès, après. Exceptions : ces, les, mes, tes, ses.... j'appelle, terre, coquette. En effet, dans ces trois derniers mots, le redoublement de la consonne donne à la voyelle un son ouvert et rend inutile l'accent grave. Il faut remarquer que Vi est toujours ouvert lorsqu'il termine la syllabe et qu'il est suivi d'une consonne et d'un e muet : il espère, il pèse, modèle. Sont exceptées les phrases interrogatives : aimé- je, dussé-je, veillé-je , etc. où l'e est fermé comme dans bonté. On a excepté aussi, du moins pour l'écriture, sacrilège , sortilège, colle 'ge, qu'on écrit par un accent aigu; mais la prononciation usuelle met un accent grave et dit comme s'il y avait sacrilège, sortilège, collège. C'est un cas où l'Académie devrait intervenir. Dans plusieurs mots l'accent grave ne sert que de distinction grammaticale : d préposition et il a ; des article partitif et dès préposition ; où adverbe de lieu et ou conjonction; là adverbe de lieu et la article féminin. || 3. L'accent circonflexe s'emploie : !• lorsque la voyelle est longue, et surtout lorsqu'il y a suppression de lettre, comme dans les mots âge, bâiller. tête, épitre, côte ; 2* sur l'avant-dernier • de quelques
ACC
mots en ime, comme extrême, blême; 3«sur 1'» des verbes en atlre, en ottre, dans tons les temps où » est suivi de t : naître, paraître, accroître, il naît, il paraîtra, nous accroîtrons; *' sur o qui précède 'es finales le, me, ne, comme dans pôle, rôle, dôme, fantôme, trône. On en fait également usage à la première et à la deuxième personne du pluriel du prétérit défini de l'indicatif, età la troisième personne du singulier de l'imparfait du subjonctif: nous aimâmes, vous aimâtes , vous reçûtes, qu'il fût, qu'il eût, qu'il aimât . qu'il reçût Dans cet emploi l'accent circonflexe indique la suppression d'une lettre ou la longueur de la voyelle comme dans lâche, apôtre; tantôt il indique seulement la longueur de la syllabe, sans suppression de lettre, comme dans pôle, trône; tantôt enfin il indique seulement la suppression d'une lettre sans que la voyelle soit allongée, comme dans hôpital, où l'o n'est pas long. Dans certains cas, l'accent circonflexe ne sert non plus que de distinction grammaticale : du, article composé pour de le, et du, participe passé du verbe devoir, anciennement deu; tu, pronom personnel, et tu, participe passé du verbe taire, anciennement teu; sur, préposition, et sûr, adjectif, anciennement seur.Ces accents, qui servent de signes dans l'écriture, sont très-différents dans legrec et dans le français, qui pourtant lesaprisdu grec. Les accents aigu, grave et circonflexe, dans legrec, servent uniquement à noter la syllabe qui a l'accent tonique, et désignent des nuances de cette intonation. En français, l'accent tantôt dénote la prononciation de quelques voyelles, tantôt indique la suppression d'une lettre, tantôt est employé à distinguer l'un de l'autre deux mots qui , ayant des acceptions très-différentes, s'écrivent, sauf cet accent, de même.
Il y a , comme on voit, quatre sortes d'accents qu'il ne faut pas confondre, et que l'on confond souvent : t* l'accent tonique, qui est l'élévation de la voix sur une syllabe d'un mot : dans donne, l'accent tonique est sur la pénultième ; dans amour, il est sur la dernière. Dans la langue française l'accent tonique n'occupe jamais que l'une de ces deux places. Dans le latin, l'accent tonique est en général sur la pénultième syllabe , si cette syllabe est longue, et sur l'antépénultième, si la pénultième est brève. C'est l'accent latin qui a déterminé la forme des mots français d'origine. La syllabe qui avait l'accent en latin l'a conservé en français: presbyter, prêtre, frâgtiis, frêle, anima, âme. Le français, quoi qu'on en ait dit, a un accent très-marqué : l'accent, en chaque mot, se trouve sur la dernière syllabe , si elle n'est pas terminée par une muet, et sur l'avant-dernière, si la dernière est terminée par un e muet. Dans le parler, les mots non accentués s'appuient sur les mots accentués et ne font qu'un avec eux; ainsi dans ce vers tout monosyllabique de Racine : Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur ; il y a cinq accents, un sur jour, un sur pa», un sur pur, un sur fond et un cinquième sur coeur, de sorte que pour l'oreille il n'y a vraiment que cinq mots. Le vers français, comme le vers italien, anglais ou allemand, est fondé sur l'accent aussi bien que sur le nombre des syllabes. Dans le vers alexandrin, il faut deux accents : l'un à la sixième syllabe, et l'autre à la douzième ; dans les vers de dix syllabes, il en faut deux aussi : l'un à la quatrième et l'autre à la dixième syllabe, v L'accent provincial, qui est l'intonation propre à chaque province et différente de l'intonation du bon parler de Paris , prise pour règle. 3° L'accent oratoire, qui est l'inflexion donnée aux mots conformément aux affections de l'âme de celui qui parle ou qui lit . i' L'accent, signe grammatical servant dans l'orthographe à différents usages.
— hist. xn' s. Ses propos estoient belles chansons, estans les paroles accompagnées de chants, de gestes et d'accents pleins de douceur et de gravité, amyot, Lyc. 4
— ÊTYM. Provenç. accent; espagn. acento; ital. aecenlo; a'accentus, de ad, à, et cantus, chant (voy. chant).
f ACCENTUABLE (a-ksan-tu-a-bP), adj. Qui peut être accentué. Syllabe accentuable.
— ÉTYM. Accentuer; provenç. accentuai.
ACCENTUATION (a-ksan-tu-a-sion), s. f. || 1* Manière d'accentuer, c'est-à-dire d'élever la voix sur une syllabe. Les règles de l'accentuation française sont très-simples (voy. accent) ; celles de l'accentuation grecque sont beaucoup plus compliquées. || %' Action de poser la petite marque dite accent. L'accentuatfen n'a été que tardivement introduite
ACC
dans les livres. Les manuscrits français du moyen âge n'ont aucune accentuation.
— ËTYM. Accentuer.
ACCENTUÉ, ÉE (a-ksan-tu-é, ée), part, prisse. Syllabe accentuée, celle sur laquelle porte l'accent tonique. Langue très-accentuée, langue où l'accent tonique est très-marqué et très-varié. É accentué, e marqué d'un accent.
ACCENTUER (a-ksan-tu-é), v. a. ||i° Prononcer suivant les règles de l'accent tonique. Le Français accentue uniformément la dernière syllabe d'un mot si elle est masculine, ou la pénultième si la dernière est féminine ; l'Italien accentue souvent l'antépénultième. || 2° Donner l'accent oratoire, et aussi appuyer sur une phrase pour la faire remarquer ou sentir. Cet homme est fatigant, il accentue tout ce qu'il dit. || 3° Poser convenablement les accents dans l'écriture. Les grammairiens Alexandrins sont les premiers qui aient accentué les mots grecs. Il n'y a pas longtemps qu'en français on accentue les e et autres voyelles.
— HIST. xiii* s. Lire sais tu, voire chanter; L'on le sait bien à l'accenter , du cange , accentuare. || xvi* s. Je ne puis pas accentuer à droyt en la langue latine; car ma langue françoise m'empesche,
PALSGR. p. 4)5.
— ÊTYM. Bas-lat. accentuare; provenç. accentuât; espagn. acentuar; ital. accentuare ; à'acccntus, accent (voy. accent).
ACCEPTABLE (a-ksè-pta-bl'), adj. || Qui peut être accepté. Conditions acceptables. Cela n'est pas acceptable. Ce sacrifice a été reçu et est acceptable àDieu, pasc. Prov. 4. || Il suit toujours le substantif : Une proposition acceptable.
— HIST. xii* s. Offrir dei [je dois] à Deu sacrefise ki li seit acceptable, liois, 249. E jo di ceste parole que la tue [tienne] parole seit ferme et acceptable cume sacrifice, ib. 4 70. Tel offrende n'est acceptable, Adam, Èytt. p. 47. || xv« s. Ce n'estoit pas honorable ni acceptable de prendre en trêve et en répit ville, chastel ni forteresse, froiss. ii, ii, 22). il xvi" s. Dieu a pour acceptable ce qui y est de bien , calv. Inst. 660.
— ÊTYM. Âcceptabilis, de acceptare, accepter.
t ACCEPTANT, ANTE (a-ksé-ptan, ptant') s. «t. et f. || 1° En termes de pratique, celui, celle qui accepte un legs, un don fait par un acte constatant cette acceptation. En présence du donataire et de l'acceptant, legoarant. || 2° En parlant de la bulle Unigenitus, les acceptants et les refusants, ceux qui l'acceptaient et ceux qui la refusaient.
— HIST. xvi' s. La grâce qu'ils appellent acceptante n'est autre chose que la bonté gratuite du Père céleste, dont il nous embrasse et reçoit en Jesus-Christ, calv. Inst. 615.
ACCEPTATION (a-ksè-pta-sion), s. f.\\l° Action d'accepter. L'acceptation que Dieu fait du sacrifice, pasc. Prov. 4. Elle [la prière] peut devenir même plus agréable au Seigneur par l'acceptation des peinesquo vous y souffrez, mass. Car. Prière. || 2° En termes de banque, acceptation d'une lettre de change, promesse de la payer à son échéance. || 3° En termes de droit, consentement légal de celui à qui on fait une offre. Acceptation de donation. Acceptation de communauté, acte par lequel une femme, après la dissolution de la communauté, déclare accepter sa part dans l'actif et le passif de la communauté. || 4° Hist. eccl. Action d'accepter les constitutions des papes, ou acte par lequel on les accepte.
— HIST. xiv* s. Combien que l'acceptation soit naturel, oresme, Elh. 76. || xvi* s. La justice n'est pas d'acceptation gratuite, mais de saincteté et vertu, inspirée par l'essence de Dieu laquelle réside en nous, calv. Inst. 673. La reine, en l'acceptation de son offre, n'y procedoit point de mauvaise intention,
— étym. Accepter.
ACCEPTÉ, ÉE '(a-ksè-ptê, ptée), part, passé. Offres acceptées. Sacrifice accepté par les dieux. La paix acceptée des deux partis ou par les deux partis. Le débat étant accepté. Présage accepté. Le prix est de cent francs; accepté. || Accepté invariable se met sar un papier de commerce pour indiquer acceptation. Accepté pour la somme de....
ACCEPTER (a-ksè-pté; prononciation vicieuse, «cteter), v. o. || 1° Agréer, consentir à, prendre ce qui est offert ou ce qui se présente. Il ne voulut rien accepter d'eux. Accepter la paix, une condition. L'excuse fut acceptée. Accepter une chose. J'accepterai tous les coups de la fortune plutôt que.... Accepter le débat en justice. Accepter un arrêt, une peine. Accepter un héritage. Il accepta l'invitation h dîner. Le sacrifice fut accepté de Dieu. L'empire
ACC
qu'il n'avait accepté que par force. Acceptant ce qu'il avait refusé d'abord. Ce traité ne fut pas accepté par la cour de France. Il fait de fausses offres, mais extraordinaires, qui donnent de la défiance et obligent de rejeter ce que l'on accepterait inutilement, la bruy. 40. De grand coeur j'accepte la condition, bourd. Pensées, t. n, p. 80. Dans le fond, il doit se réputer digne des plus mauvais traitements, et les accepter, m. ib. p. )29. J'ai dû prévoir tout cela : que dis-je? je l'ai même prévu; et en le prévoyant, je l'ai accepté, id. ib. p. 4)8. Il ne rejetait pas ces victimes, il voulait bien les accepter, id. ib. t. n, p. 42). Jésus soutint le supplice de la croix, dit l'apôtre, et il accepta toute la confusion de la mort la plus infâme, id. ib. t. i, p. 329. Ce peuple abandonnerait son pays, ou se livrerait à la mort plutôt que d'accepter la servitude, fén. Tél. vin. J'accepte aveuglément cette gloire avec joie, corn. Hor. n, 3. Renoncer à la gloire, accepter pour jamais L'infamie et l'horreur qui suivent les forfaits, id. Sert, v, 4. Cependant c'en est peu [de prudence] que de n'accepter pas Le bonheur qu'on recherche au péril du trépas, m. Cinna, n, 2. Je t'adopte pour fils, accepte-moi pour père, id. Hér. v, 3. Et faisons qu'à ses fils il ne puisse dicter Que les conditions qu'ils voudront accepter, rac. Mithr. i, 6. Il me fit d'un empire accepter l'espérance, ro. Esth. i, 4. J'accepte tous les dons que vous me voulez faire, id. Phèd. u, 3. Il vient en m'embrassant de m'accepter pour gendre, id. Iphig. m, 3.... puis-jo espérer encore Que vous accepterez un cœur qui vous adore? id. Andr. i, 4. En citoyen zélé, j'accepte votre fille, volt. Tancr. i , ) . Acceptez aujourd'hui Rome pour votre mère, Son vengeur pour époux, Brutus pour votre père, id. Brut, m, 6. J'entre , je me présente, on accepte ma foi, id. Fanât, n, ). || 2" Accepter un défi, promettre de .faire ce dont on a été défié, et, plus particulièrement, accepter un duel. || 3° Accepter le combat, se montrer prêt à soutenir te combat. || 4" J'en accepte l'augure, je souhaite qu'il en soit comme on me le fait espérer. J'accepte avec plaisir un présage'si doux, rac. Bérén. m, 2. || 5° En termes debanque, accepter une lettre de change, s'engager à la payer à l'échéance. || 6° Absolument. On tira parole de cet homme qu'il accepterait. Un faible roi ne sachant ni refuser ni accepter. || 7° S'accepter , v. réfl. Être accepté. Cela peut s'accepter. Enfin l'offre s'accepte, et la paix désirée Sous ces conditions est aussitôt jurée, corn. Hor. 1, 4.
— HIST. xiv" s. Que si li rois englois ne voloit acepter Et tenir loialment, sans lui aparjurer,La paix si faitement qu'on l'ot foit ordener, Guesclin, 2)367. || xvi* s. Il accepta à prendre du vin qu'il avoit refusé, mont, h, )29.
— ETYM. Provenç. acceplar; espagn. aceplar; ital. accetlare; de acceptare, fréquentatif de accipere, recevoir, de ad, à, et cipere pour capere, prendre (voy. capture).
ACCEPTEUR (a-ksè-pteur) , s. m. Terme de banque. Celui qui accepte une lettre de change.
— hist. xvi* s. Dieu n'est point accepteur de personne, lequel élit ce qu'il veut, marguer. Nouv. 2.
— ÊTYM. Acceptor, de accipere, de oc pour ad, et cipere pour capere, prendre (voy. capable).
t ACCEPT1LATION (a-ksè-pti-la-sion) , s. f. Terme de droit romain. Acte par lequel un créancier décharge un débiteur sans avoir reçu de payement.
— ÊTYM. Acceptilatio , de acceptum , chose reçue , et latio, action de porter.
ACCEPTION (a-ksè-psion ; en poésie, de quatresyllabes, a-ksè-psi-on) , s. f. || 1* Action d'admettre par préférence. La loi ne fait pas acception des personnes. Nefaireacception de personne. Si l'on voit une acception de personnes dans la chaire de saint Pierre.... boss. Leur, quiét. )29. Le Dieu du ciel et de la terre qui n'a acception de personne, volt. Zad.T. || 2" Manière de prendre un mot, sens qu'on lui donne. Ce mot a plusieurs acceptions. Acception propre, acception figurée. On prend ce mot dans une double acception.
— HIST. xv s. Soyez renommé en administration de vraie justice, et à icelle puissamment exercer et exécuter, sans acception de personne, i. des ursins,07*. vi, (410. || xvi* s. Sans nulles acceptions de personnes, d'aub. Hist. n, 229. Sans acception ne exception de personne, id. ib. Les fidèles sont justes devant Dieu, non point par les œuvres, mais par acception gratuite, calv. Inst. 690.
— ÊTYM. Provenç. acceptio; catal. accepeiô ; espagn. accepeion; de acceptio, de accipere, recevoir, de ad, à, et capere, prendre (voy. capture).
ACC
ACCES (a-kgô; Ys se lie), s. m. || 1" Arrivée a, entrée dans. Lieux d'un difficile accès. Comme personne n'avait accès dans le temple. Pour ne laisser aucun accès aux abeilles. Si on n» laissait aucun accès à l'air. Les verres de télescopes, qui avaient été sa première occupation, lui donnèrent beaucoup d'accès à l'Observatoire, fonten. Hartsoëker. Le* sables et les bancs cachés dessous les eaux Rendent l'accès mal sûr à de plus grands vaisseaux, corn. Mort de P. n, 2. Lajnontée était torte et de fâcheux accès, Régnier, Sat. n. Nous avons accès à l'autel de sa miséricorde, boss. 3 Purif. Et depuis quand, Seigneur, entre-t-on dans ces lieux, Dont l'accès même était interdit à nos yeux? rac Baj. i, 4. De ce triste chemin, route affreuse , homicide, Un voyageur osa me disputer l'accès,volt. Œd. m, 4. De ce dépôt sacré, tu sais quel est l'asile; Tu n'es point observé; l'accès t'en est facile, id. Orphel. i, 6. Quelque accès m'est ouvert en ce séjour sacré, id. Sémir.i, 4. Non, plus d'accès Aux procès ; Vidons, joyeux Français, Nos caves renommées, béranger, Gr. org. || 2° Entrée auprès de quelqu'un pour le voir, pour i'entretenir. Soyez d'un facile accès. Avoir accès auprès du ministre. Donner accès à quelqu'un. Ils étaient du nombre de ces petits à qui Jésus-Christ donnait un accès si facile auprès de sa personne, bourd. Pensées, 1. 1, p. 425. C'est la paix qui chez vous me donne un libre accès, corn. Hor. I, i. J'aurai déjà gagné chez ellequelqueaccès, id. Ment, i, 6. L'amant Eut à la fin accès chez sa maltresse, la font. Rem. Il me fermera tout accès auprès d'elle, mol. Sic. s. Toute sorte d'accès m'est fermé auprès d'elle. id. Médecin malgré lui. n, 9. Leur donnant un libre accès auprès de lui, boss. Hist. I, )0. Il est rare qu'elle ait accès auprès du trône, mass. Obst. Ceux qui ont accès auprès des rois, fléch. Stont. Leurs yeux [des gens que leur fortune aveugle], leur démarche, leur ton de voix et leur accès marquent longtemps en eux l'admiration ov'i ils sont d'euxmêmes, la brut. 44. Il 3" Fig. La pitié eut accès dans son âme. Donner accès à l'amitié. Un accès plus facile aux honneurs. Le peuple aurait accès aux premières dignités. Laisser peu d'accès à la vérité. La colère ne trouve pas d'accès dans l'âme du sage. La brigue n'aura pas d'accès dans son palais. Pour trouver de l'accès dans le cœur des femmes, bam. Gram. 6. Tes discours trouveront plus d'accès que les miens, rac Phèd. m, ). Mais peut-être ma voix, la voix de l'innocence, Trouvera dans les cœurs plus d'accès qu'on ne pense, bbiff. Ninus u, i, 10. Ouvrez-moi, m'a-t-il dit, un accès dans son cœur, C. delav. V. Sicil.i, 6. || 4° Invasion périodique ou non d'accidents morbides. Accès de folie. Accès de goutte. Les accès réguliers d'une fièvre intermittente. Il est justement arrivé le jour de mon accès. M. de Paris a eu quelques accès de fièvre tierce, boss. Ij>ttr. quiét. 367. Elle a eu trois accès marqués de fièvre "quarte, sév. 322. || 5° Fig. Invasion passagère de certains mouvements de l'âme. Dans un accès de fureur. lia des accès de libéralité. J'ai ressenti de nouveaux accès de joie à toutes les lettres, pasc Prov. i. Ce fer si près de moi sur l'édit de Narsès De ma juste frayeur renouvelle l'accès, sotrou, Bel. il, 9. Je vois de vos chagrins les funestes accès, volt. Adél. n, 7. C'est toi seul que je plains, intraitable rimeur; Ta mère te conçut dans un accès d'humeur, Gilbert, Apol. || 6° Endroit canon, au conclave, lors de l'élection d'un pape, ballottage qui se fait entre les cardinaux proposés au scrutin, sans qu'aucun ait réuni le nombre nécessaire de voix, et qui a pour conclusion l'accession de la pluralité des voix à un des noms. L'accès est ainsi nommé, parce que la formule est accedo domino.... Je me joins à.... Il fut fait pape à l'accès, Acad. || 7° Faculté de posséder un bénéfice vacant par l'incompétence d'âge ou par la mert du titulaire.
— HIST. xv s. Un poure accès de fièvre l'homm» efface, Ou aage viel qui est déterminé, E. deschamps, Profiter de la jeunesse. Le dit légat se partit de Paris et s'en ala au pays de Picardie et de Flandres, cuidant avoir leur acceps d'entrer au dit rays, jean de troyes, Chron. )480. || xvi' s. L'accès que la fortune m'a donné aux chefs des divers partis, mont. I, )03. Feu de fiebvre, subject à accez et remises, id. i, 209. Ces trois choses n'ont nul accez prez de Dieu, id. ii, 226. Qui me deffendroit l'accez de quelque coing des Inôss, je.... id. iv, 242.
— êtym. Acccssus, de accedere, approcher (voy. accéder).
t ACCESSIBILITÉ (a-ksè-si-bi-li-té), *. f. Qualité de ce qui est accessible. Dans ce oui s'écrit sur ]a
ACÇ
religion maintenant, de quoi est-il question? De la lumière du Thabor, de l'immaculée conception, de l'accessibilité, p. l. courr. I, <95.
— ÊTYM. Accessibilitas, de accessibilis, accessible.
ACCESSIBLE (a-ksè-si-bl') , adj. || 1° Où l'on peut arriver, pénétrer. Le rivage n'était pas accessible. Le temple de Cérès n'était pas accessible aux hommes. Rendre un coteau accessible. || 2° Fig. La vertu est accessible à tous. Sous l'ancienne monarchie , beaucoup de charges n'étaient pas accessibles aux roturiers. || 3° En parlant d'une personne qui se laisse approcher et reçoit avec bienveillance. Il était accessible au dernier des citoyens. Être accessible aux plaintes des malheureux. Il se rend accessible à tous les janissaires, rac. Raj. 1,4. Ce roi se rendit aflable et accessible à tout le monde, montesq. Espr. xix, 2. Ceux qui ne savent pas tirer parti des autres sont ordinairement peu accessibles , vauven. 99. Plus vif et moins austère, on te peignait sensible, Ami des malheureux, bienfaisant, accessible, m. J. chén. Grac. 1,4. || 4" Ouvert à. Il est accessible à de mauvaises impulsions. Accessible à la brigue. Si ton coeur sensible  la compassion peut se rendre accessible, cow.Médée, iv, 5. Et, se montrant alors à la peur accessible, mairet, Sophon. n, 4. Plus il brûle pour vous, [Mus il est accessible à des soupçons jaloux, ducis, Oth. ni, l.
— ÊTYM. Accessibilis, de accedcre, approcher (voy. accéder).
ACCESSION (a-ksè-sion), s. f. || 1° Action d'adhérer à, de donner son consentement. Les puissances du Nord ont promis leur accession à ce traité. j| 2° En jurisprudence, droit d'un propriétaire sur ce que produit sa propriété mobilière ou immobilière, ou sur ce qui s'y unit et s'y incorpore ; la chose môme sur laquelle ce droit est exercé. Les atterrissements insensibles , les arbres qu'on plante sur un terrain sont des accessions et appartiennent au propriétaire par voie d'accession. || 3° Accession au trône , l'action d'y monter.
— HIST. xvi" s. Et pourrait faire avecques ceste accession de forces un tel et si grand accroissement a la republique chrestienne que nul autre depuis Charles le Grand n'en auroit fait de pareil, M. de bellay, 295. Je ne trouve pas estrange que aux bonnes parties qui jà estoient en toy, il y ait uno accession et accroissement si grand, amyot, Corn, refr. la col. 2. Les accessions externes prennent saveur et couleur de l'interne constitution, mont. I, 3(8. La durée n'est aulcune accession à la sagesse [ne la rend pas plus grande], id. Il, 271.
— ÊTYM. Accessio, de accedere, accéder.
ACCESSIT (a-ksè-sif) , s. m. Nomination décernée, dans les écoles ou dans lesacadémies,àceuxqui ont le plus approché du prix. Obtenir un accessit.
— REM. Au pluriel, les accessit ou les accessits. 11 vaut mieux faire rentrer ce mot dans la classe des substantifs ordinaires et écrire les accessits.
— ÊTYM. Accessit, 3* personne du sing. du prétérit d'accedere ; mot à mot , il s'est approché (voy. accéder).
ACCESSOIRE (a-ksè-soi-r'). || 1° Adj. Qui est regardé comme la dépendance de quelque chose de principal. Dans notre projet, cela n'est qu'accessoire. J'ai dit qu'un grand État devenu accessoire d'un autre s'affaiblissait, montesq. Esprit, xxvi, 23. || 2'Subst. m. Ce qui dépend du principal. L'accessoire suit le principal. Il est bien juste que le principal l'emporte sur l'accessoire, bourd. Pensées, t. i,p. 103. Mon sujet est petit, cet accessoire est grand , la font. Fab. xn , f o. Tous ces hommes qui m'ont sacrifié, qui ont disposé de moi comme d'un accessoire dans leur vie, stael, Delph. v, 6.^| 3° Au plur. Les accessoires, dans ce tableau, sont parfaitement traités. Les costumes, les décorations sont des accessoires dans un ouvrage dramatique. || 4° Au théâtre, accessoires, certains objets qui peuvent être nécessaires à la représentation, tels que bourse , écritoire , etc. || 5° Malencontre. Et tout ce qu'elle a pu , dans un tel accessoire, C'est de me renfermer dans une grande armoire, mol. Éc. des Femmes, iv, 6. || Ce dernier sens, tombé en désuétude, est ancien, comme on peut le voir à l'historique.
— HIST. XV s. Chevance et avoir ne sont qu'accessoires et ssrves à vertu et comme chamberieres, al. cuart. Quadril. inveclif. || xvi" s. La prise de Velitres fut comme un accessoire de ceste expédition, car elle luy fut rendue sans coup ferir, amyot, Cam. 71, Estimant que vaincre les ennemis par armes n'estoit qu'un accessoire , au prix de
ACC
bien dresser et aguerrir ses citoyens par bonne discipline, in. P. Mm. 6. L'accessoire qu'il adjomtoit à ses facultez montoit plus que le principal qu'il avoit eu et hérité de ses parents, id. Calon, 45. Détestant et mauldissant Neoptolemus, par lequel il avoit esté reduitàsi piteux accessoire, id. Eumène, 14. Ils fussent venus boire nostre vin jusques à nos portes, et vous eussent mis en merveilleux accessoire, Sat. Mén. <3i .Cette proposition, pour avoir esté iniquement interprétée, le meit aultrefois et teint longtemps en grand accessoire à l'inquisition de Rome, mont, i, 161.
— ÊTYM. Provenç. accessori; espagn. accesorio; ital. accessorio; d'un mot non latin accessorius, d'accessor, de accedere, s'adjoindre (voy. accéder).
ACCESSOIREMENT (a ksè-soi-re-man) , ode. D'une manière accessoire. Cet auteur, autour du sujet principal, a groupé accessoirement différentes questions.
— ÊTYM. Accessoire et ment (voy. ment) ; provenç. accessoriamen ; espagn. accesoriamentc; ital. accessoriamente.
t ACCIDENCE (a-ksi-dan-s'), s. /".Terme de philosophie. Qualité, état , possibilité d'être de l'accident.
— ÊTYM. Âccidentia, de accidens, accident. ACCIDENT (a-ksi-dan), *. m. || 1° Ce qui advient
fortuitement. Des accidents bons et mauvais. Tous les accidents de la fortune. Quelque accident qu'il plaise à la fortune de m'envoyer. La renommée qui se plaît à répandre dans l'univers les accidents extraordinaires. Un pur accident le décida à renoncer à son projet. || 2° Absolument, événement malheureux. Les accidents de la vie humaine. Dans les hôpitaux où se rassemblent toutes les infirmités et tous les accidents de la vie humaine. Cet accident le déconcerta. Mille accidents nous ravissent nos biens. Enlevé par un accident imprévu. Il fut choisi pour être médecin du Châtelet; le grand agrément de cette place pour lui était de lui fournir des accidents rares et plus d'occasions de disséquer, fonten. Littre, 7. [L'amitié] C'est une protection contre l'injustice, c'est un remède contre les accidents et les revers de la fortune , bourd. Pensées, t. n, p. 255. Il semble qu'il vous soit arrivé quelque accident, sév. 4 5. Secourez la princesse, Qu'un accident subit prive de mouvement, rotrou , Bel. iv, 7. A nouvel accident trouvons nouveau remùde, id. t'6. iv, 5. Et pour garder enfin ses États d'accident, id. Venceslas, i, i. Oyez un accident qui me transit d'effroi, id. Antig. i, 2. Mais nous ne verrons point de pareils accidents. Lorsque Rome suivra des chefs moins imprudents , corn. Cinna, n, 2. Je te donnai sa place en ce triste accident, id. ib. v, t. Jason, sans rien savoir de tous ces accidents.... id. Médée, v, 1. 1| 3" En termes de médecine, phénomène inattendu qui survient dans une maladie et qui l'aggrave. Il a eu une fièvre qui d'abord semblait légère, puis il est survenu des accidents tout à fait alarmants. || 4° En termes de philosophie, ce qui est accidentel, par opposition à la substance. La substance est le support des accidents. Dans la cire, la blancheur n'est qu'un accident. En logique, les qualités abstraites, comme la blancheur, la rondeur, sont considérées comme des accidents. Ni l'édifice n'est plus solide que le fondement, ni l'accident attaché à l'être plus réel que l'être même, boss. Duch. d'Orléans. Tout poème où le merveilleux est le fond et non l'accident du tableau , pèche essentiellement par la base, chateaub. Génie, n, 1,2. || 5° En termes de grammaire, tous les changements que les mots peuvent éprouver. Les genres et les nombres sont les accidents des noms; les temps, les personnes, les modes, les voix sont ceux des verbes. || 6" En termes de théologie, et en parlant du saint sacrement de l'Eucharistie, on appelle accidents la figure, la couleur, jla saveur, etc., qui restent dans le pain et le vin après la consécration. || 7° Disposition variée du terrain, delà lumière. Les accidents de la lumière font un excellent effet dans ce tableau. Les accidents du terrain favorisaient les assaillants. Les rayons du soleil enrichissaient de mille accidents ce tableau, j.-j.rouss. Ém. i. Réunissez un moment, parla pensée, les plus beaux accidents de la nature, chateaub. Génie^, v,2. H8" Musique. Seditdes bémols, dièses ou bécares qui , n'étant point à la clef, se trouvent dans le courant c'u morceau. || 9° d'accident , loc. adv. Qui n'est pas essentiel parsoi-même. L'esclavage dans la conquête est une chose d'accident , montesq. Espr. x, 3. Une puissance qui est d'accident, qui ne peut pas durer, qui n'est pas naturelle, m. Rom. 16. || 10° par accident, loc. adv. Fortuitement. Le feu prit par accident. Par accident, il se trouvait au
lieu de réunion des conjurés. Il aurait regardé la France comme un théâtre propre à faire éclater la gloire de Dieu, et, par accident, la sienne propre,
FLÉCH. H, 137.
— HIST. xiv« s. Se aucun veut rendre à celui à qui il est deu son depost ou son gage, et il est contraint à non rendre, l'en doit dire que il fait injuste par accident, oresme, Eth. i, 68. Félicité est do Dieu principalement causée, qui Mt généralement cause de toutes choses, et très especialment de félicité plus que de nul autre accident, m. ib. 2(. Bien qui est substance est, par nature, devant bien qui est accident, id. ib. vi, 40. || xvi' s. X quoy s'accorde et se conforme aussi un accident qui lui advint en la ville d'Amphipolis, que l'on ne sçauroit référer aUleurs qu'à la faveurdes dieux, amyot, P. Mm. 39. Il n'y eut cueur si dur en toute la ville de Rome à qui ce grand accident ne feist pitié, ID. t'6. 67. Ceulx qui eurent l'advantage au rencontre de la Rocheabeille, faisant grand'feste de cet accident, mont, i, 248. s'ils avoient privilège qui les exemptast d'un si grand nombre d'accidents, id. i, 406. Le poids, la couleur, et touts accidents sensibles, id, ii, (99. Non seulement les mauvais accidents et insupportables, id. ii, 387. Ce sont là lo projets qu'on fait après un accident favorable, lanoue, 645. L'accident, et très-léger, foule aux pieds la substance, et le vent emporte le corps, tant l'on est esclave de la vanité, charron, Sagesse, i, 38.
— ÊTYM. Provenç. accident ; espagn. et ital. occidente;de accidens, participe présent de accidere, advenir, de ad, à, et cadere, tomber(voy. choir).
ACCIDENTÉ, ÉE (a-ksi-dan-té, tée), adj. Qui présente des accidents, des dispositions variées. Ce terrain est très-accidenté, c'est-à-dire il a des hauteurs, des fonds, desruisseaui, etc.
— ÊTYM. Accident.
ACCIDENTEL, ELLE (a-ksi-dan-tel, tè-I'), adj. || l°Qui advient par accident. Une mort accidentelle. Tant de causes accidentelles de mort. || 2" Enfermes de musique, signes accidentels, dièse ou bémol non indiqué à la clef; lignes accidentelles, lignes audessus ou au-dessous de la portée. || 3° En termes de logique, qui est dans un sujet par accident, qui n'y est pas inhérent, par opposition à immanent. Dans un boulet de fer la pesanteur est immanente, mais la rondeur est accidentelle. || 4* En termes de grammaire, ce qui n'est pas essentiel à une chose. Le sujet, le verbe et l'attribut étant les termes essentiels d'une proposition, les compléments sont des termes accidentels. Les formes accidentelles des mots sontla même chose que les accidents. || 6° En termes de médecine, se dit des symptômes qui surviennent dans le cours d'une maladie sans connexion nécessaire avec elle , et des tissus qui se développent à la suite d'un travail morbide. Dans la fièvre intermittente le vomissement est accidentel; les brides qui, après une inflammation, unissent la piévre costale àla plèvre pulmonaire, sont un tissu accidentel. || Suit toujours le substantif : Une circonstance accidentelle.
— HIST. xvi* s. Quelque qualité ou vice accidentai, calv. Inst. 523. Les fièvres accidentelles au lieu des essentielles, paré, xx, 6. Le froid semblablement, non de sa propre nature, mais accidentale, eschauffe, id. xxv, 3. La beauté spirituelle estoit icy principale; la corporelle, accidentale et seconde, mont, i, 211. Il se fault servir de ces commodités accidentales et hors de nous, id. i, 280.
— ÊTYM. Provenç. et espagn. accidentai; ital. accidentale; d'accidentalis, d'accidens (voy. accident). L'ancienne langue variait entre la terminaison al et la terminaison el.
ACCIDENTELLEMENT (a-ksi-dan-tè-le-man) , adv. D'une manière accidentelle. Il n'est qu'accidentellement impliqué dans cette affaire ; ou II n'est impliqué qu'accidentellement dans cette affaire.
— SYN. accidentellement, fortuitement. Accidentellement, par accident; fortuitement, par fortune ou cas fortuit. Ce qui arrive accidentellement est un événement qui survient contre notre attente, sans que nous nous reportions à la cause, qui nous est inconnue, mais qui est réelle. Ce qui arrive fortuitement est considéré comme arrivant sans cause. C'est accidentellement, non fortuitement, que le choléra a éclaté il y a quelques années ; c'est fortuitement et non accidentellement que, suivant Épicure, les choses du monde ont été produites. Mais il y a nombre de cas où la nuance importe peu à l'écrivain et où l'on emploie l'un pour l'autre.
— HIST. xvr s. Or peuvent bien toutes ces choses estre advenues accidentellement et par cas fortuit, amyot, Csesar, 83.
— étym. Accidentelle au féminin, et ment (voy.
ACC
ACG
ACC
ment); provenç. accidentalmen ; espagn. et itai. aceidentalmente.
t ACCIPITRIN, INE (a-ksi-pi-trin, trin'), ad). Terme de zoologie. Oui a des rapports avec un oiseau de proie.
— ÉTYM. Accipiter, épervier, de accipere, prendre (voy. ACCEPTER).
ACCISE (ii-ksi-z'), s. f. Taxe levée en Angleterre sur les boissons et autres objets de consommation. En Angleterre, l'administration de l'accise a été empruntée des fermiers, moniesq. Espr. xm, 19.
— ÉTYM. Bas-latin, accisia. Suivant du Cange, atcisia est dit pour assisia ou assessio, assiette de l'impôt; assisor, celui qui répartit les taxes; assisa rerum venalium, règlement pour la qualité, le poids des choses qui se vendent; assisia, l'impôt même accordé par les assemblées appelées assises. Toutefois, malgré ces indications, je crois qu'on ne peut pas ne pas tenir compte de la forme du mot accise. Accisia vient donc plutôt de accidere, couper, tailler, et signifie taille; de ad, à, et cidere pour csedere, couper (voy. césar).
t ACCLAMATECR (a-kkla-ma-teur) , *. m. Celui qui concourt à des acclamations. Des acclamateurs à gages. Lorsque Néron jouait delà lyre sur le théâtre, il avait pour premiers acclamateurs Sénèque et Burrhus, la veaux, Gramm
— ÉTYM. Acclamer.
ACCLAMATION (a-kkla-ma-sion ;en poésie, de cinq syllabes, a-kkla-ma-si-on) , s. f. || 1* Action d'acclamer. Pousser des acclamations. Saluer quelqu'un par des acclamations. Exciterdesacclamations. Ce discours ayant provoqué des acclamations. Une foule d'auditeurs qu'on traîne après soi , leur assiduité , leur attention, leurs acclamations, bourd. Pensées, t. n, p. 208. Les acclamations de ce puissant empire, volt. Sèmir. 1,5. Ils en admiraient la beauté avec une acclamation extraordinaire, lamothe lev. 299. Jevous demanderai compte de ces talents éclatants qui vous avaient attiré les bénédictionsdesjus tes et les acclamations même des mondains, MkSS.Avent, Jug. univ. Nous l'avons vu entrer aubruitdes acclamations publiques, io. Car. Pass. || 2° Par acclamation, loc. adv. Tout d'une voix et sansqu'il soit besoin de voter. Les Allemands s'étaient donnés à Charlemagne par acclamation, volt. Mœurs, 32.
-» HIST. xvi* s. Aussi ne fault il pas inconsidcréement user de toutes sortes d'acclamations à la louange du disant, amyot, Comment il faut ouïr, 22.
— ÉTYM. Acclamatio, de acclamare (voy. acclamer).
fACCI \MÊ,ÊË (a-kkla-mé,mée), part, passé. La proposilii a fut acclamée, c'est-à-dire accueillie par des acclamations.
t ACCLAMER (a-kkla-mé). || 1° F. n. Pousser des cris marquant la joie ou l'approbation. Ils acclamèrent à cette proposition. || Se conjugue avec l'auxiliaire <ra>t'r. || 2° F. a. La foule acclama le triomphateur. Je recommandai au duc d'Orléans d'en saisir les premiers élans d'an1.' :r et de reconnaissance [des états généraux] pa« se faire acclamer en conséquence des renonciations, et en tirer brusquement un acte solennel en forme de certificat du vœu unanime, saint-simon, 397, 151.
— REM. Ce mot n'est pas un néologisme, puisque Saint-Simon l'emploie ; dans tous les cas il est bon, et on ne doit pas se faire scrupule de l'employer.
— ÉTYM. Acclamare, de ad, à, etclamare, crier (voy. clameur).
t ACCLAMPÉ, ÉE (a-klan-pé, pée), part, passé. Terme de marine. Mât acclampé.
t ACCLAMPER (a-klan-pé) ,v. a. Terme de marine. Fortifier un mât, une vergue, en y attachant des pièces de bois par les côtés. Acclamper un mât.
— étym. Ce mot paraît être de même radical que le provençal aclapar, amasser, entasser, de à et clap, tas, amas (comparez clapier).
t ACCLIMATATION (a-kli-ma-ta-sion), s. f. Action d'acclimater. Société d'acclimatation, société qui a pour objet d'acclimater en France des animaux et des plantes exotiques.
— ÉTYM. Acclimater.
ACCLIMATÉ, ÊE (a-kli-ma-té , tée), part, passé. Plantes acclimatées. Le cerisier transporté en Italie par Lucullus était, cent ans après, acclimaté dans la Grande-Bretagne. Troupes acclimatées. Le cheval depuis longtemps acclimaté en Amérique.
t ACCLIMATEMENT (a-kli-ma-te-man) , s. m. Résultat de l'acclimatation, état de ce qui est acclimaté. L'acclimatement des hommes, des animaux, des plantes. Favoriser l'acclimatement. Le succès des acclimatements. L'acclimatement résulte d'une mo-
dification plus ou moins profonde produite dans le corps par un séjour prolongé en un climat qui diffère notablement de celui où l'on a vécu. Plus la différence des deux climats est grande, plus l'acclimatement est difficile.
ACCLIMATER (a-kli-ma-té). || l"F.o.Habitueràun nouveau climat, tellement qu'on n'en ressente plus aucune mauvaise influence. La mortalité est grande aux Antilles parmi les Européens qui ne sont pas encore acclimatés. Il faut du temps pour acclimater une plante étrangère. || 2° S'acclimater, v. réfl. Les Européens s'acclimatent difficilement dans les Indes.
— REM.Raynal parait être le premier qui ait employé ce mot. L'Académie ne l'a reconnu que dans son édition de (798.
— SYN. acclimater, naturaliser. Il fautdistinguer entre acclimater et naturaliser, entre acclimatation et naturalisation. Acclimater se dit des individus et des espèces ; naturaliser ne se dit que des espèces.
— ÉTYM. A et climat.
t ACCLINÉ, ÊE (a-kkli-né, née), ad). Terme d'histoire naturelle. Se dit d'une partie qui en couvre une autre par le côté.
— ÉTYM. Ad, à, et clinis, penché.
t ACCOINÇON (a-koin-son), ». m. Partie de charpente qu'on ajoute à un toit, pour le rendre égal.
ACCOINTANCE (a-koin-tan-s'), î. f. || 1° Fréquentation et familiarité. Lors de faire accointance, lafo.nt. Contes, Fér. Je suis bien aise, en vérité, De cette honorable accointance, volt. Épit. xm. Elles n'évitaient pas avec moins de soin l'accointance des petits habitants, bern. de st-p. Paul et Virg. || 2° Liaison entre deux personnes de sexe différent. Il a eu des accointances avec cette femme.
— HIST. xii* s. [Son beau visage] Par quoi mes cuers se mit en l'acointance, Couci, xvii. Dolente, sans conseil, mar [je] vi onques le jour, Que premier [je] vi d'Ugon l'acointance et l'amour, Romane. 32. || xm* s. Miex aim morir recordans ses beautés Et son grant sens et sa belle acointance, r. de nav. 29. Por ce [il] amoit moult l'acointance De richesse et la bienvoillance, la Rose, 1125. Ainsi va des amis poissans; Douz est à lor mescognoissans Lor service et lor acointance Par le défaut d'expérience, ib. 18781. J'aimeroie mieux l'acointance Cent mille tans du roi de France Que d'ung povre , par nostre Damel ib. 11433. ||xv* s. Je te feray avoir d'eulx accointance ;Là trouverons de tous biens habondance, ch. d'orl. i. Nonobstant qu'il n'eust onques à lui guère d'acointance, Bouciq. i, 4 5. Et il [mon gosier] ne peut durer s'il n'a de l'acointance Avec eux [les vins] ses voisins, bassel. 28. Plusieurs femmes d'estat dont autreffois il avoit eu grant privaulté et grant accointance, comm. ni, 7. Le dit prince de Salerne fut à Venise, parce qu'il y avoit grant accointance, id. vu, i. Après plusieurs paroles d'accointance, le bon homme... l. xi, Souv. 24. Celle dont il desiroit l'accointance et la jouissance, id. t'6. Il xvt" s. Celui là est certes bien indigne de son accointance [de la vertu], qui.... mont. 1, 70. On trouve facilement des Jiommes propres à une superficielle accointance , id. 1 , 2 1 7. Elle eut l'accoi ntance de plusieurs grands personnages de la Grèce, amyot, Pér. 46.
— ÉTYM. Accointer; provenç. accoindansa.
ACCOINTÉ, ÉE (a-koin-té, tée), port, passé. Accointé avec des gens de mauvaise vie.
ACCOINTER (S') (a- koin-té),u. réfl. Faire accointance. Il s'est accointé d'un homme, avec un homme de fort mauvaise réputation.
— HIST. xii* s. Et pur ce que li reis l'aveit tant eshaucié, E mustrélui avoit sovent grant amistié, Qu'en tote rien lui out son conseil acointié, Ains netrovali reisquiplus l'out corecié [courroucé] ,Th. le Mart. 37. Le jur meesmes puis li fu bien acuintié, Etdui riche barun lui unt pur veir nuncié, Que s'il alout à curt, si ert aparillié, Il ert mis en prisun, ne verra mais sun pié, t'6. 35. Celle [ma dame] me fut crtieus à l'acointier, Couci, xxi. Mar [je] acointai sa très bêle figure Pour ces douleurs et pour ces maus atraire, ib. 126. Il les firent andeux [tous deux] en une isle nagier [passer] ; S'es [si les] ont andeux laissiez as armes acointier, Sax~. 4. Maracointa Cbarles ton fier courage [à malheur Charles fit connoissance avec], Ronc. 14. Cil s'acointa et dit à Guenelon, ib. Qui à mes coups n'est encore acointiés, ib. 89. || xm* s. Ignaures, ki ot le cuer gent,A toutes douze [dames] s'acointa, Lai cVIgnaurès. [Il] 01 parler de celle dame, qui repairoit ensatere, et fist tant qu'il parla à li et s'i acointa , Chr. de Reins, p. 14. Et puis vint au castiel.ets'acointaaucastelain de laiens [léans], et dist qu'il estoit menestreus de
vielle, t'6. p. 54. X un moine courtois m'accointai tellement.... Berte, 1. Onque si douce chose [je] ne vi ne n'acointai, t'6. 57. Quand je vois [vais] à Rome ou en Frise Porter nostre marcheandise .Vous devenez tantostsi cointe; Car je sai bien qui m'en acointe, Que partout en va la parole, la Rose, 8516. Fox est qui s'acointe d'oiseuse [oisiveté]; S'accointance est trop périlleuse, ib. son. Miex me venist estre aie pendre, Au jor que je dui famé prendre, Quant si cointe famé acointai, t'6. 8879. Bon fait acointier hommes riches, S'il n'ont les cuers avers etchiches, ib. 1 3309. Donques t'en vien aveques moi , Et je t'acointerai au roi Et à ma dame la rolne, Ren. 12212. Il xv* s. Et emmena avec lui quinze jeunes et preux chevaliers d'Angleterre, pour eux accointer des seigneurs et des chevaliers qui là dévoient estre , froiss. I,i, 27. Les Anglois escripvirent au duc de Bretaigne comme à leur accointié qu'il les voulust aider, j. des ursins , Ch. vi , 1 387. Car je te vueil avecques moi mener Vers un seigneur dont te fault acointier, en. d'orl. i.Nostre gouge fit un beau fils, dont le père adoptif s'acointa grandement, et de la mère aussi, L. xi, JVoue. 22. C'est de se acointer et approcher de lui gens vertueux et honnestes, comm. ii, 3. En passant par Lyon il s'accointa d'un médecin appelle maistre Simon de Pavie, id. iv, 13. || xvi* s. Il s'accointa de cette Larentia et l'aima tellement qu'il la laissa son héritière, amyot, Rom. 6. Les prestres se crèvent les yeux pour acointer les daimons, mont. 1, 112. Autant qu'elles ont accointé de masles, id. 1, m.
— ÉTYM. Bourguig. s' accointai ; provenç. acoindar, aconjar; ital. accontare, se rencontrer, s'aboucher, accontato, informé, acconto, ami intime; angl. to acquaint; de à et d'un radical roman qui existeen italien, conto, ami, connoissance. Bien qu'on trouve dans l'allemand kund qui a le même sens, il n'y a aucune raison pour ne pas chercher l'étymologie dans le latin cognitus, connu, de cognoscere (voy. connaître). Cognitus avec l'accent sur co donne régulièrement conte ou conto.
• f ACCOISÊ, ÉE (a-koi-zé, zée) , part, passé. Apaisé. H Usité dans le xvu* siècle.
fACCOISEMENT (a-koi-ze-man), 1. m. Apaisement. H Usité dans le xvn* s; inusité aujourd'hui.
— HIST. xvi* s. La mortelle opération du venin ne put plus estre empêchée, mais elle fut bien un peu retardée par un acasement de cette violenta douleur, tver, p. 691.
— ÉTYM. Accoiser.
fACCOISER (a-koi-zé). || 1* 7. a. Rendre coi, calme, tranquille. Adoucissons, lénifions et accoisons l'aigreur de ses esprits, mol. Pourceungnac, acte 1, se. 2. Accoisez tous les mouvements de votre intérieur pour écouter cette parole, boss. Év. 74* jour. Il 2" F. réfl. Si les couleurs semblent voguer au milieu de l'air, si elles s'affaiblissent peu à peu, si enfin elles se dissipent, c'est que, le coup que donnait l'objet présent ayant cessé, le mouvement qui reste dans le nerf est moins fixe, qu'il se ralentit, et enfin s'accoise tout à fait, boss. Conn. de Dieu.
— REM. On voit que ce verbe était en bon usage au xviie s.; il est aujourd'hui tombé en désuétude, à tort, et un emploi intelligent, s'autorisant de Bossuet, pourrait être essayé.
— HIST. xi* s. Franceis se taisent ; as les vous [les voilà] aquisez.RoJ. 18. || xii* s. Durement [il] s'esmerveille quant ele nes'acoise, Romane, p. 16. Tuit ont de mi envie ; mais si me desmoterrai teil à ois [eux]que tuit cil qui lor envie acoyseront seront bieneureit, st-bern. 524. || xm* s. Apriès vinrent li conte et li grant seigneur, et prisent [prirent] trives à trois jours, et là dedens fut la cose acoisie et apaisiée, Chr. deRains, p. 42. Nuls n'en n'ose parler, l'un pour l'autre s'aquoise, Berte, 62. Li baron sont tuit à repos ; Par la sale n'i a tant os [hardi] Qui i face ne crinenoise;Li rois parla ;Renarts'acoise, Ren. 13634. Quant il fu un poi acoisiez.... ib. 6441. Car manjue [démangeaison] s'acoise, qui ung petit la grate, J. de meung. Test. 844. || xiv* s. Et si faites cesser et acoisier vo gent, Tant que dit vous aurai mon fait tout pleinement, Guesciin, 20290. || xv* s. Le temps cessa et la mer s'aquassa, froiss. i, i, 198. En cel ardour, en ce désir, M'ala souvenir de ma dame; Lors m'alai acoisier, par m'ame, id. Épinette amoureuse. Et ceux qui contre lui avoient proposé lui grever pour la mort du duc d'Orléans, furent tous acoisez, p. de fénin, Uio. Non mie que je vueille dire quetous les jeunes en chiéent [tombent] es inconveniens susdits et que mains n'en y aitd'accoisiez et rassis, chr. de pisan, Charles v, 1,10. Et puis quant seroit appaisée Lafumée et toute accoysée La mer.... la font. 1028. Et ains demeura en celle place aa
iied coy , attendant que la mer fust accoisée , Bouciq.n, 18. || xvi* s. Tu accoises les ruisseaux Et les bois lostes desbestes, yvkh, 628. Que la guerre d'Italie pour les grandes dfespenses et interests des princes s'accoise, d'aub. Hisl. i, 29.
— ÊTYM. À, et coi (voy. ce mot); provenç. aquexar.
ACCOLADE (a-ko-la-d') , s. f. || i* Embrassade en étant les bras autour du cou. Dans une accolade bien tendre Nous mêlerons nos cheveux blancs, bébanger, Bouquet. || 2° Coup du plat de l'épée donné sur le cou d'un chevalier, lors de sa réception. Comme son chevalier en reçut l'accolade, Régnier, Sat. il. Après avoir reçu l'accolade et l'ordre de chevalerie, ham. Gramm. 4. Il ne fallait point avoir reçu l'accolade pour entrer aux diètes de l'Empire, volt. Uœurs, 97. Ce faisant, aurez l'accolade et serez reçu chevalier, J. i. rouss. Ilél. i, 35. L'officiant me chaussa les éperons en me donnant l'accolade, chateaub. Ilin. ni, 39. || 3° Sorte de trait
de cette forme ~— — ~ servant dans l'écriture à
embrasser plusieurs objets. || 4° En termes de cuisine, accolade de lapereaux, deux lapereaux servis ensemble. || ETerme d'architecture. Certaines courbes qui couronnent les linteaux de portes et de fenêtres.
— MST. Dans la langue d'oïl on disait non l'accolade, mais plus souvent l'acolée; elle se donnait avec la main ou avec l'épée sur le chignon du cou, et, par extension, se prenait pour un coup quelconque. || xm*s. L'acolée [de chevalier] [le roi] leur donne, puis les ala baiser, Berte. 129. || xvi* s. Lors, que de chères et grandes accollées,MAROT, u,
— ÊTYM. Accoler.
t ACCOLADER(a-ko-la-dê),i>. o. Terme d'imprimerie et de commerce. Joindre par une accolade plusieurs objets destinés à former un tout ou ayant des rapports d'analogie.
t ACCOLAGE (a-ko-la-j') ,*. m. Terme de jardinage et d'agriculture. Action de fixer à des échalas ou à des espaliers les sarments de la vigne ou les branches des arbres fruitiers.
— étym. Accoler.
ACCOLÉ, LÉE (a-ko-lé , lée). || l'Part.passé. Oui reçoit une embrassade. Environné, accolé, entraîné de part et d'autre, je fus poussé a travers ce vaste appartement, st-simon, 272, 476. || f Adj. Joint, réuni , mis ensemble. Ces deux noms accolés. || 3' En termes de blason, se dit des animaux qui ont des colliers ou des couronnes passés au cou; des choses entremêlées à d'autres ; de deux écus qui sont joints ensemble ; des fusées, des losanges qui se touchent par leurs angles sans remplir l'écu. Mlle de Malause portait les armes de Bourbon, qui choqueraient le roi accolées avec les siennes [de Pontchartrain], st-simon, 44, 5. || 4° En jardinage, attaché à l'espalier, aux échalas. Sarments accolés.
f ACCOLEMENT (a-ko-le-man) ,s. m. Action d'accoler, de joindre, de réunir. Etat de ce qui est accolé. Quelque monstrueux que fût l'accotement de la dignité de pair de France avec la qualité de conseiller de cour souveraine, l'indignation publique fut étouffée sous le poids du duc de Guise, st-simon, 374, 4. y 2° Terme d'architecture. Espace de terrain entre les fossés d'un chemin et les bordures du pavé, servant d'encaissement .
— HIST. xvi* s. Après les accolements et honneurs dignes de sa grandeur, yver, 646.
— ÊTYM. Accoler.
ACCOLER (a-ko-lé), v. o. || 1* Embrasser en jetant les bras autour du cou .... Lors, se tournant vers moi, M'accole à tour de bras.... Régnier, Sat. vin. H 2" Accoler la cuisse, la botte à quelqu'un, lui embrasser la cuisse, la botte, ce qui était une marque de grande soumission et d'infériorité. || 3* Accoler la vigne, l'êchalasser. || 4* Réunir par une accolade. Accoler deux ou plusieurs articles dans un compte. Il 5" Fig. Faire figurer ensemble. Il accola ces deux hommes, ces deux noms dans son discours. || 6° S'accoler, v. réfl. Se donner l'accolade Il 7° S'embrasser, s'unir, en parlant de la vigne, du houblon, etc.
— hist. xu* s. Et vous avez, par Dieu, meilleur snvie D'un bel valet baiser et accoler, quenes, Romane, p. 4 08. Et doucement les a touz acolez , Ronc. 202. y xnr* s. Ensanle [ensemble] dorment doucement, Acolé sont estroitement, FI. et Bl. 2597. Assez fu Buiemons baisié et acollé, Ch. d'Ant. m, 477. Briefment, tuit clerc fors escoler Vuelent avarisce acoler, rut. 222. Charles Martiaus meïsmes court son fil [fils] acoler, Berte, 3. |j xv* s. Si les festa liementet baisa et accola chacun de grant cœur, moiss. I,u,t86. Lors j'accolle mon oreille et crie:
ACC
Merci amours.... en. d'orl. Bal. 42. Dieu a les bras ouverts pour t'acoler, Prest d'oublier ta vie pécheresse, in. Complainte de la France. ||xvi* s. C'est le saint nom du pape qui accolle Les chiensd'enfer, s'il lui plaist, d'une estolle.HAROT, 1, 257. Lors accollant chauldement son mari.... mont, m, 4 1 9. Ils estoient joints face à face et comme si un plus petit enfant en vouloit accoller un plus grandelet, m, m, 4 36. Le lierre corrompt et ruine la paroi qu'il accole, id. iv, 4 54.
— ÊTYM. À et col. D'après Palsgrave,p. 23, on prononçait les deux c.
t ACCOLCRE (a-ko-lu-r") , t.f. || l'Lien donton se sert pour accoler la vigne. || 2° Assemblage des premières mises de bûches d'un train à flotter. || 3° Ligature dans la reliure d'un livre.
f ACCOMBANT, ANTE (a-kkon-ban,ban-t'), adj. Terme de botanique. Se dit d'une partie qui est couchée sur le bord d'un autre.
— ÊTYM. Accumbere, être couché auprès, de ad, à, et cumbere, cubare, être couché.
ACCOMMODABLE (a-ko-mo-da-bl') , adj. Qui se peut accommoder, concilier. Querelle, différend accommodable. || Ne se place jamais qu'après son substantif.
— HIST. xvi* s. Mon appétit est accommodable indifféremment à toutes choses de quoy on se paist, mont, i, 4 84.
— ÊTYM. Accommoder.
ACCOMMODAGE (a-ko-mo-da-j'), s. m. || !• Apprêt que l'on donne aux aliments. L'accommodage d'un morceau de bœuf. || 2" Opération par laquelle le perruquier arrange les cheveux. L'accommodage de la perruque. Ce perruquier prend tant pour l'accommodage d'un mois. || Ce dernier sens vieillit.
— ÊTYM. accommoder.
ACCOMMODANT, ANTE (a-ko-mo-dan , dan-f),
adj. Qui s'accommode, s'arrange avec. Se dit des personnes et deschoses. Se montrer accommodant. L'autre est un esprit dojx, patient, accommodant, bourd. Pensées,t. ii,p.240.Y eut-il jamais un esprit plus facile,plus accommodant, fléch. Vont. Elle ne chercha pas des docteurs de la loi faciles et accommodants, pour calmer ses remords, id. i, 204. Vous aimez mieux un doute accommodant qu'une sûreté trop gênante, mass. Carême, Salut. Quand vous avez entrepris de décider les cas de conscience d'une manière favorable et accommodante.... paso. Prov. 48 Sinon, qu'ils soient d'humeur accommodante, la font. Cont. le Cal.
t ACCOMMODATION (a-ko-mo-da-sion), t.f.
Il i* Action d'accommoder ou de s'accommoder. L'accommodation des êtres vivants aux conditions dans lesquelles ils se trouvent. || 2" Terme de physiologie. On donne le nom d'accommodation de l'œil aux changements qui s'y opèrent pour rendre la vision distincte à des distances diverses. || 3" Terme de philosophie. Procédé par lequel souvent on accommode une doctrine aux opinions, aux connaissances, aux préjugés de ceux à qui on l'enseigne.
ACCOMMODÉ, ÉE(a-ko-mo-dé, dée), part. passé. Il l'Ajusté, arrangé. H 2» Apprêté, en parlant d'un mets. Ce bœuf est bien accommodé. || 3° Terminé à l'amiable. Querelle accommodée. || 4" Conformé à. Cette pièce a été refaite et accommodée au goût du public. Une religion accommodée est propre à durer, pasc. Pensées, Prov. 3. Pensées ou réflexions sensibles, familières, instructives, accommodées au simple peuple, qu'il n'est paspermis de négliger, la bruy. Prologue. || 6" Pourvu de. Les magasins pleins, les particuliers accommodés de toutes choses, sarasin, Siège de Dunk.to. || Être peu accommodé des biens de la fortune. Un homme assez accommodé des biens de la fortune. Quoique peu accommodé des biens de la fortune , Socrate se tint dans les termes d'un désintéressement parfait, fén. Socr. Il Absolument. X l'aise, riche. J'ai découvert sou s main qu'elles ne sont pas fort accommodées, mol. l'Av.i, 2. Le seigneur Anselme est.... un gentilhomme qui est noble, doux, posé, sage et fort accommodé, iD.t'o. 1, 7. Mon père était des premiers et des plus accommodés de son village, scarron, Rom. Com. 1, 4 3. M. et Mme de Ventadour ne voulaient pas ouïr parler d'un cadet fort peu accommodé, m-simon, 24 , 250. Les ouvriers en avaient encore construit un grand nombre d'autres [échafauds pour un spectacle] , qu'ils avaient loués aux familles les plus riches et les plus accommodées, vertot, Rév. ix,
— REM. Accommodé a un peuvieilli dans ce dernier sens, et, pour l'employer, il faudrait quelque précaution, c'est-à-dire que l'emploi en fût tel, qu'aucun doute sur le sens ne pût s'élever.
ACCOMMODEMENT (a-ko-mo-de-man), s. m.
H 1* Arrangement, restauration. 11 faut faire à cette maison quelques accommodements. || 2* Action de mettre d'accord des hommes, d'arranger une affaire, une querelle. Par voie d'accommodement. Un esprit d'accommodement. Entrer en voie d'accommodement. Il y eut entre eux tentative d'accommodement. Le plus mauvais accommodement est préférable au meilleur procès. Quel est donc l'expédient qu'on imagine? C'est de lui ménager un accommodement qui arrête le cours d'une affaire si épineuse et si fâcheuse, bourd. Pensées, t. u, p. 282. En matière d'accommodement, il est Tr!*es- 6aire que chacun se relâche, et alors k perte, comme le gain, doit être partagée, id. ib. Je l'ai vu.... dans les accommodements, calmer les esprits aigris, par une patience et une douceur qu'on n'aurait jamais attendues d'une humeur si vive ni d'une si haute élévation , boss. Louis de Bourbon. Les ac commodements ne font rien en ce point, corn. Cid, 11, 3. Mais si, jusques au jour de l'accommodement..., id. ib. Pour tâcher de ménager quelque accommodement, sêv. 235. Le comte les porta à entrer dans quelque accommodement, boss. Dé(. Faisons ici votre accommodement, mol. l'Amour méd.m, 4. || 3" Expédients pour concilier, arranger. Le ciel défend, de vrai, certains contentements; Mais on trouve avec lui des accommodements, mol. Tart. iv, 6. Il C'est un homme d'accommodement, de facile accommodement ; il est facile de s'entendre avec lui. Il 4°Terme de peinture. Manièredont les draperies et les ajustements sont choisis, assortis et disposés.
— SYN. accommodement, raccommodement. L'accommodement se fait entre des personnes qui sont en procès, en querelle, mais qui auparavant ne se connaissaient pas ou étaient indifférentes l'une à l'autre. Le raccommodement se fait entre des amis, des parents qui se sont brouillés : le raccommodement d'un père avec son fils.
— HIST. xvi* s. Accommodement est terme de haute vollerie ou de gibecière , ou style de bourreau pour l'accommodement de la corde au patient, d'aub. Fcen. m, 22.
— ÊTYM. Accommoder.
ACCOMMODER (a-ko-mo-dé; quelques-uns prononcent a-k'-mo-dé, comme si le premier o était un e muet; cette prononciation est à éviter), c.o. Il 1° Donner delà commodité, de l'aisance, convenir. Quand cela vous accommodera. Des terres qui l'accommoderaient le mieux du monde. De manière à accommoder tout le monde. Tout ce qui vous accommode vous appartient déjà, mass. Prosp. Rechercher avec un empressement extrême des superfluités qui m'accommodent, bourd. Pensées, t. H, p. 405. Il 2" Arranger , agencer, ajuster. Accommoder sa maison, son jardin. Accommoder ses affaires, les mettre en meilleur état. Accommoder le feu, m"« de graffigny, Lett. 4 43. L'idée Que j'ai sur le papier en prose accommodée, mol. Femmes S. m , 2. Un geai prit son plumage , Puis après se l'accommoda, la font. Fab. îv, 8. || Accommoder une personne, lui arranger son lit, sa toilette, etc. Elle s'était amusée à accommoder Mme la duchesse, sév. 5. Il 3° Accommoder, apprêter , en parlant d'un mets. Que voulez-vous qu'on vous accommode pour votre dîner? Accommoder des champignons. Il 4* Coiffer, arranger des cheveux. Accommoder une perruque. Accommoder quelqu'un. Il est allé chez le coiffeur se faire accommoder. || 5° Bien accommoder, bien traiter. Cet aubergiste accommode bien ses hôtes. Ce marchand accommode bien ses pratiques. Il Ironique et familier. Il l'a bien accommodé ; je l'accommoderai comme il faut : c'est à dire, Il l'a maltraité; je le traiterai durement. Est-ce qu'on n'en voit pas de toutes les espèces Qui sont accommodés chez eux de toutes pièces? mol. Éc. des Femmes, 1, 4. On ne saurait aller nulle part où l'on ne vous entende accommoder de toutes pièces, id. l'Av. m, 5. Il me prend des tentations d'accommoder tout son visage à la compote, id. G. D. u, 4. || Il est étrangement accommodé, il a ses habillements en mauvais état ou en désordre. Un cabriolet l'a éclaboussé, le voilà bien accommodé. || 6° Concilier, terminera l'amiable. Accommoder un procès, une affaire. Accommoder deux adversaires. Tout est accommodé, mol. l'Étour. v, 7. Il se résout d'accommoder l'affaire sans bruit, corn. Ex. du Cid, Elle a fait trop de bruit pour ne pas s'accorder, Puisque déjà le roi veut les accommoder, id. Cid, H, 3. On arrête les procès, on accommode les différends,bourd. Pensées, 1. 11, p. 437. Ils accommodent la religion avec les plaisirs, flêcii. Dauph. Il y a certains intérêts délicats que les dévots ne savent que .
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trop accommoder avec leur vertu, id. 16. t. II, p. t38. Accommoder Dieu avec le monde, id. Serm. i, 86. On ne songe nullement à accommoder l'affaire, boss. Lettr. Quiét. 326. Accommoder une brouillene, stbêal, îv, 7. Son ambition [d'Alexandre] le porta aux Indes, quand il pouvait accommoder la gloire et le repos, saint-évrem. h, 65. || 7* Céder par vente ou autrement à quelqu'un un objet qui lui convient. Je vous prie de l'accommoder de ces objets qu'il désire. Le libraire l'accommoda de très-beaux livres. Si vous avez quelque manuscrit" persan, vous me ferez plaisir de m'en accommoder, montesq. L. pcrs. 142. Le roi avait aidé le maréchal d'Humières à accommoder Mouchy, saint-simon, 23, 12. Vous voilà tous pourvus; n'est-il point quelque 111e Qui pût accommoder le pauvre Mascarille? hol. l'Étour. v, t6. Je fais un échange avec Paul, afin de me loger ; mais Paul n'a pas de quoi m'accommoder; il substitue de l'argent en la place du logement que je lui demande, boss. Pensées chrét. 34. || 8° Conformer, approprier. Accommoder son discours aux circonstances. Il accommodait les lois à ses passions. On accommode la règle aux personnes, loin de juger les personnes par la règle, mass. Car. Prosp. tempor. Vous nous reprocherez peut-être un jour d'avoir accommodé la sainte vérité de votre Evangilea'ix indulgences et aux adoucissements de nos siècles, id. Car. Par. de Dieu. On veut accommoder tout le monde à soi , fléch. Serm. ', 234. J'accommode ma flamme au bien de mesaffaires.coRN. Médée, i, i. Il faut que l'air soit accommodé aux paroles, mol. B. G. i, 2.
s'accommoder, v. réjl.\\ 1* Se donner des commodités, des aises. Voyez comme il s'accommode. |j a° Bien s'accommoder, devenir riche. Je l'ai vu pauvre , mais il s'est bien accommodé. || 3° Se concilier. Ils se sont accommodés. Leur différend s'accommodera. Il y a trop de peine à s'accommoder pour le profit, pasc. Prov. 8. Le maréchal s'est accommodé avec ses créanciers, sév. 20. Si la soif des grandeurs, l'amour de commander Avec son joug étroit pouvaient s'accommoder, rac. Âth. m, 3. Peut-être pensez- vous que la prospérité et la religion ne s'accommodent guère ensemble , fléch. t. ni, p. 283. H 4* S'accommodera, se conformer à. Sachant s'accommoder à tous les goûts, fén. Tél. xvi. Il faut qu'il [le roi] s'accommode à leurs faiblesses [des hommes], qu'il les corrige en père, qu'il les rende sages et heureux, id. tu. xxiv. Est-ce ainsi qu'à nos vœux il sait s'accommoder? rac. Baj.iv,i. C'est une vie à laquelle il ne peut s'accommoder, pasc. Mit. Cousin. Pour t'accommodera la faiblesse des hommes, pasc. Prov. 7. Si vos résolutions s'accommodaient à nos désirs, 6êv.42(. Pour s'accommoder àla dépravation dqnos désirs, mass. Car. Prosp.temp.Le Seigneur, attentif à ce qui se passe dans nos coeurs , et indigné de n'y rien trouver pour lui , s'est accommodé à nos souhaits, id. ib. Je n'aurai pas besoin , pour m'accommoder à mon sujet , de vous donner des titres spécieux , mass. Yillars. Qui s'accommode à toutes les dispositions, aux faibles et aux forts, aux sains et aux malades.... bourd. Pensées, t. m, p. 399. Qu'il faut vivre avec ses amis, qu'il faut s'accommoder à eux, faire comme eux , ou rompre avec eux , id. t'6. t. u , p. 267. Je ne sais comment il me sera possible de m'accommoder au temps et de ne pas trahir mon honneur, vaugel. Q. Curce, 369. j| 5° S'accommoder de, accepter avec facilité et sans humeur. Il s'accommode de tout. C'est un homme dont je m'accqmmodais très-bien. Ma fille a de la complaisance, et vous verrez qu'elle s'accommodera entièrement de vous, mol. Mar. forcé, «4. Cela est fort agréable et fort divertissant, et je m'en accommoderais assez, id. Fest. de Pierre, I, ». Le moyen, mon oncle, qu'une fille un peu raisonnable se pût accommoder de leur personne? id. Les Préc. rid. 6. Vous ne serez pas de ces maris incommodes, qui veulent que leurs femmes vivent comme des loups-garous ; je vou3 avoue que je ne m'accommoderais pas de cela et que la solitude me désespère . id. Mar. forcé, 4. L'orgueil de votre nom ne s'accommode guère de cequi suit.... bourd. Pensées, t.n, p. 4 4 5. On ne s'accommode nulle part d'un homme noté et décrié , id. ib. p. 4 95. Ce seul terme de clôture marque déjà, par soi-même, quelque chose de triste et dont la nature ne doit pas s'accommoder, id. ib. p. 480. Les méchants s'accommodent mieux des bons, fén. Tél. vm. Peu d'écrivains s'accommodent de ce style, la bruy. i. Une vie dont l'anachorète le plus pénitent aurait de la peine à s'accommoder, mass. Car. Jeûne. || 6" S'accommoder d'une chose, l'acheter, l'acquérir. U s'en accommoda au prix
qu'on voulut. Je voudrais vous prier de les voir [ces esclaves] et de les entendre pour les acheter,s'ils vous plaisent, ou pour leur enseigner quelqu'un de vos amis qui voulût s'en accommoder, mol. le Sien. 8. || 7° Proverbes. On l'a accommode toutde rôti, c'est-à-dire on l'a fort maltraité. || Accommodez-vous, le pays est large, se dit à un homme qui prend ses commodités sans se gêner suffisamment.
— hist. xvi* s. Si tu te veux accommoder à nos façons de faire et adorer le roi, tu le pourras veoir et parler à lui, amyot, Thém. 29. Il se sçavoit dextrement accommoder à toutes compaignies, id. Péricl. 8. Accommodant la matière à ma force, mont, i, to4. Enfin, Cinna, je t'ay rendu si accommodé et si aysé que.... in. i, 129. D'une façon noble et accommodée au temps et au lieu, id. i, 182. Ils se prestent et accommodent aux inclinations naturelles, m. u, 234. La noblesse en seroit plus accommodée d'argent et moins endettée, lanoue, 95. Et s'il a esté aspre pour la parachever [sa maison], il ne l'est pas moins pour l'accommoder par dedans, id. (67. [Les chefs] pour estre bien parés s'accommodent de la moitié des payes des soldats, id. 264. Il accommode le soulier à nostre pied, c'est à dire la déspense à notre pauvreté, id. 276.
— ÊTYM. Bourguign. equemodai; Berry, acmoder; wallon, ak"moide ; d'accommodare , de ad, à, et commodus (voy. commode).
t ACCOMPAGNAGE(a-kon-pa-gna-j'), s. m. Trame fine dont on garnit le fond d'une étoffe de soie brochée d'or.
ACCOMPAGNATEUR, TRICE ( a-kon-pa-gnateur, tri-s'), s. m. et f. Terme de musique. Celui, celle qui accompagne la partie principale d'un morceau. || Le néologisme a créé accompagnateur; et ce serait pêcher contre l'usage que de dire accompagneur.
— ÉTYM. Accompagner.
ACCOMPAGNÉ, ÉÉ (a-kon-pa-gné, gnée), part, passé. || 1* Accompagné d'une foule nombreuse. Craignant une attaque, il sortit bien accompagné. Peu accompagné. || 2" Fig. Un présent accompagné d'une lettre polie. Quels coups accompagnés de regards effroyables.... rac. Mithrid. v, 4. Quelques dehors spécieux, accompagnés de beaucoup de confiance et de présomption, bourd. Pensées, t. H, p. 1 97. || 3' Terme de musique, soutenu par un ou plusieurs instruments, une ou plusieurs voix. Il est mal accompagné. || 4" En termes de blason, se ditdes pièces qui sont réparties auprès d'une pièce principale et particulièrement des croix , sautoirs , chevrons, etc., lorsqu'ils sont également disposés dans les quatre cantons de l'écu. || 5° En termes de vénerie, se dit du cerf lorsque, pressé par les chiens, il se joint à d'autres bêtes pour donner le change.
— REM. Le roi accompagné de ses gardes. Télémaque accompagné par Minerve. En général on préférera par à de, quand la personne dont nous sommes accompagnés , nous est supérieure pour le. rang et la qualité.
ACCOMPAGNEMENT (a-kon-pa-gne-man), s. m.
|| 1° Il fut choisi pour l'accompagnement de la princesse. La dernière de ces conférences [entre le maréchal de Boufflers et le prince d'Orange] fut plus nombreuse en accompagnement , et les suites se mêlèrent et se parlèrent avec force civilité, stsimon,49,77. Il 2° Fig. Ce qui accompagne , ce qui est accessoire. Le mérite et son accompagnement ordinaire, l'estime publique. La figure principale de ce tableau aurait besoin de quelques accompagnements. Quand il est seul et sans ces accompagnements, pasc. P. div. 10. || 3* En termes de blason , tout ce qui est hors de l'écu, comme les supports, le cimier. Porter des armoiries sans aucun accompagnement. || 4* Union des instruments avec la voix. Chanter avec accompagnement de piano. Quel accompagnement sublime Pour les chants inspirés du barde audacieux Que le bruit du canon.... lamart. Ép. à A.dePercev. Un organiste lui a donné quelques leçons d'accompagnement, i. l. rouss. Em. v. Une leçon d'accompagnement est celle où l'on enseigne l'art d'accompagner et non pas celle où l'on accompagne. C'est une faute grave, quoique très-commune chez les jeunes pianistes, surtout celles qui sont un peu avancées, d'appeler leçons d'accompagnement celles qui leur sont données par un violoniste qui joue avec elles. C'est presque toujours une leçon de style ou une leçon d'ensemble donnée par accompagnement. La longueur de la phrase explique, mais ne justifie pas une locution fausse. || 5° En chirurgie, accompagnement de la cataracte, matière blanchâtre et visqueuse qu'ona vue quelquefois au-
tour du cristallin, et aussi lambeau de U membrane cristalline devenue opaque.
— HIST. xni* s. Et aucune fois fait on tex acompaignemens, parce que li uns a plus de paine en aministrer les besongnes de le [la] compaignie que li autres, beaum. xxi, 33.
— ETYM. Accompagner.
ACCOMPAGNER (a-kon-pa-gné), e. a. ||1« Aller de compagnie. Il m'accompagne dans tous mes voyages. J'accompagnais partout le vieillard. La reine qui l'accompagna au cœurde l'hiver, boss. R. tTAnglet.i. en jugerselon l'estime du monde profane eteorrompu, vous vous voyez dans une espèce de nécessité de seconder cetami [en un duel], de lui offrir votre secours, de l'accompagner, bourd. Pensées, t. il, p. 272. Et partout Xipharès accompagne ses pas, bac. Mithr. IV, t. Oser accompagner ma fuite, id. Phèdre, v, i. De mon heureux rival j'accompagnai les armes, id. Bérén. 1, 4. || 2* Fig. La fortune semble l'accompagner. Ces anathèmes partis du siège apostolique et secondés de tant d'autres qui les ont accompagnés ou suivis dans les églises particulières.... bourd. l'ensées, 1. 11, p. 342. Toutes les traverses dont le faux bonheur du monde est accompagné, in. t'6. p. 374. L'amour de la sagessse lui fit préférer la douceur du célibat aux soins qui accompagnent le mariage, fén. Philos. Thaïes. Courage, mon garçon I Tout heur nous accompagne, mol. l'Étour. m, 5. ....un traître qui n'est hardi qu'à m'offènser , De qui nulle vertu naccompagne l'audace, rac. Milh. 11, 4. Et toujours quelque crainte accompagne l'amour, id. Brit. v, 3. Il 3° Suivre par honneur, conduire en cérémonie , reconduire par honneur. Ce prince est toujours accompagné d'une suite nombreuse. C'est lui qui a la charge d'accompagner l'ambassadeur à l'audience. Quand il s'en alla, on l'accompagna jusqu'à sa voiture. || 4° Escorter. Il se fait toujours accompagner, il ne sort que bien accompagné, à cause de ses ennemis. || S* Convenir à, aller avec. Sa voix, son geste accompagnent son visage, la bruy. ». La mode qui fait la tête des femmes la base d'un édifice à plusieurs étages.... qui éloigne les cheveux du visage, bien qu'ils ne croissent que pour l'accompagner, id. (3. || On y joint souvent l'adverb* bien ; Cette garniture accompagne bien la robe. Il 6* Accompagner de, joindre à, ajouter. Il accompagne ses remontrances de menaces. || 7* En termes de musique, faire un accompagnement. Si vous voulez chanter, je vous accompagnerai sur le piano, avec le piano. J'irais de la pastourelle Accompagner les chansons , bérang. Petit oiseau. || Accompagner se dit aussi absolument. Il accompagne bien, il accompagne mal. || 8" s'accompagner , v. réfl. Il s'accompagna de gens de main pour faire lecoup. Si vous vous accompagnez en ce voyage de vos muses et de vos papiers, nous n'aurons que faire pour nous entretenir, balz. Lettr. 1, te. || 9° En musique, se faire à soi-même l'accompagnement. Il chanta en s'accompagnant du piano, de la guitare. || 10° Être accompagné. La fièvre s'accompagnait de délire.
— SYN. accompagner, escorter. Nous escortons parprécaution , pour empêcher les accidents qui pourraient survenir, ou pour mettre à couvert de l'insulte de l'ennemiqu'on peutrencontrerdanssa marche. Accompagner est plus général qu'escorter. On peut dire accompagner au lieu d'escorter, maison ne peut pas dire toujours escorter pour accompagner.
— HIST. xii" s. Et tuit si frère l'aidèrent, et tuit cil qui estoient acompaigné od son père , Machab. 1, ch. 3. A Guenelon icil s'aconpagna, Ronc. p. 72. [| xiii* s. Se tu te voloies acompaigner à moi, je te porterai foi et loiauté, et porrions conquerreassés de ceste contrée, villeh, <33. Acompaignié [associés] sont li baron En poi d'heure por le bacon [jambon] , Ren. 7063. Et tiex puet on acompaignier Dont l'en a puis grant enconbrier, ib. 7530. Ensemble vous et lui vous acompaignerai, Berte, 57. Se tele compaignie [société, association] se fait, ne sont il pas compagnon de toz lor biens, mais des choses tant solement de quoi il s'acompaignerent [s'associèrent], beaum. xxi, 30. Ay acompagnié et acompagnons Monseigneur le duc et ses hoirs à toutes les choses que j'ay, du cange, associare. Il xiv* s. Nous l'acompaignons des ores en avant en tous les biens faits en nostre église, id. t'6. Il xv* s. Feu Thomas a donné aux dits religieus, afin qu'il soit acompaignié en leurs aumosnes et oraisons, m. t'6. Et si s'acompagnoient à un pilot [pièce de bois] vingt ou trente, et s'escueilloient et puis boutoient de grant raudon contre le mur, proiss. i, i, t37. il xvi* s. Selon sa grâce infinie, J. C. s'accompagne avec nous qui sommes bas et contemptibles, calv. Inst. 363. Voilà pourquoi saint Paul ac-
ACC
compagne la doctrine avec la foi d'un lien inséparable, iD.i'b. «21. Afin que ceux au nom desquels il offrait fussent accompagnez aui fidèles qui estoient morts pour maintenir la vraie religion, id. ib. 629. Et s'accompagnant honteusement à la cause et entreprise des infidèles, mart. dd bellay, 348. Nos romans disent ordinairement adestrer pour accompaigner, mont. I, 358. Ils se promettent une vie terrestre accompaignée do toutes sortes de plaisirs, id. h, 252. J'escrivois cecy, accompaigné de telle douleur en la vessie.... id. m, <2. Mais toujours de douleur le plaisir s'accompagne, ronsard, 266. Ainsi qu'avec l'Espaigne La France s'accompaigne [s'allie], du bellay, toi, <o, recto.
— ÉTYM. Provenç. acompanhar; catal. acompanyar; espagn. acompahar; ital. accompagnare ; de a et du verbe roman qui se trouve en provençal et en italien, companhar , compagnare (voy. compagnon).
ACCOMPLI, IE(a-kon-pli, plie). || 1° Part, passif. Effectué, achevé. Voeu accompli. Prophéties accomplies. L'oracle est accompli. Les ordres le plus sûrement accomplis sont ceux.... Qu'en un lieu, qu'en un jour un seul fait accompli Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli , boil. Art. p. H. Faut-il, Abner, faut-il vous rappeler le cours Des prodiges fameux accomplis de nos jours, bac. Ath. \,*.\\ 2* Révolu. Il a trente ans accomplis. Depuis douze siècles presque accomplis. Le terme est accompli. Les temps sont accomplis, princesse, il faut parler, bac. Ath. i, 2. || 3'Adj. Pourvu de tout ce qui complète. Accompli de tout point, accompli en tout genre. Un ouvrage accompli. Une beauté accomplie. Turenne fut un général accompli. Rome n'a rien produit de plus accompli que ces deux hommes. Le roi Henri VIII, prince en tout le reste accompli, boss. R. d'Anglet. Seize années d'une prospérité accomplie, id. ib. Le modèle d'un roi accompli , id. Uist.n,i. Il faut auparavant que je donne l'idée d'une méthode encore plus éminente et plus accomplie, pasc. Pensées , part, i, 2. D'où il paraît que les hommes sont dans une impuissance naturelle et immuable de traiter quelque science que ce soit dans un ordre absolument accompli, id. ib. Ce serait un roi accompli si.... fén. Tél. xi. J'étais né pour servir d'exemple à ta colère, Pour être du malheur un modèle accompli, rac. Andr. v, 6.
— KEM. Balzac a dit accompli de : Les périodes sont accomplies de tous leurs nombres, Leur, i, i.
— SYN. accompli, parfait. Le sens de l'un et de l'autre est à qui il ne manque rien. Ces deux mots peuvent se prendre souvent l'un pourl'autre ; et la nuance qui les sépare n'est pas tranchée. Pourtant on remarque que parfait se dit plutôt d'une qualité, d'un talent considéré isolément, et accompli , d'un ensemble de qualités, de mérites. Un musicien parfait ; un poète parfait; mais un homme accompli, parce que l'on considère alors l'ensemble des qualités. Si l'on dit, Turenne fut un général parfait, celaappellera plutôt l'attention sur sa supériorité en tant que général; si l'on dit , il fut un général accompli , cela appellera plutôt l'attention sur l'ensemble de ses qualités militaires.
ACCOMPLIR (a-kon-plir), v. a. || i* Mener à complément, à terme, à exécution. Quand le temps convenu sera accompli. Elle n'a plus pensé qu'à accomplir son tempsdepénitence. Accomplir son noviciat, son apprentissage. Accomplir un voeu, son devoir. Il accomplira ses bonnes résolutions. Vos vengeances ne sont-elles pas encore accomplies? Ainsi fut accompli de point en point l'ancien oracle. Accomplissant ce que le plus grand des philosophes avait dit autrefois. Que pouvait penser le prince, si ce n'est que, pour accomplir les plus grandes choses, rien ne manquerait à ce digne fils que les occasions? boss. louis de Bourbon. Ce sont ces choses simples : gouverner sa famille, édifier ses domestiques.... accomplir le bien que Dieu veut et souffrir les mauxqu'il envoie.... id. t'b.i en juger selon la prudence du siècle, c'était un dessein chimérique ; et l'on sait néanmoins avec quelle ardeur ils s'y employèrent, avec quelle constance ils le soutinrent, aves quel bonheur ils l'accomplirent, bourd. Pensées, t. n, p. <88. Motif nécessaire et sans lequel il n'est pas possible d'accomplir tout le précepte de la charité chrétienne , id. t&. p. 239. N'ayant rien à souffrir de personne, comment accomplirions-nous cette divine leçon de saint Paul : Supportez-vous les uns les autres? id. «6. p. 297. Il faut, pour accomplir cette course, que la lune aille cinq mille six cents fois plus vite qu'un cheval de poste, la Ibruy. 46. Doit-elle se mettre en peine, pourvu que j'accomplisse ma promesse? mol. D. Juan, n, 6. Promets au roi Louis, à l'Europe, à
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ton père, De ne point accomplir cet hymen odieux, Avant que le pontife ait éclairé tes yeux, volt. Taire, m, 4. J'ai reçu ta parole; il faut qu'on l'accomplisse, volt. Alt. I, 4. J'accomplis l'ordre de Mithridate, rac. Mithr. v, 2. Une esclave empressée Qui courait de Roxane accomplir le désir, in. Baj. m, <. Rien ne me retient plus, et je puis dès ce jour Accomplir le dessein qu'a formé mon amour, id. Baj. n, 4. Et l'empereur ne fait qu'accomplir à regret Ce que toute la cour demandait en secret, id. Brit.m, 3. Résolu d'accomplir ce cruel sacrifice, J'y voulus préparer la triste Bérénice, ID. Bérén. n, 2. Que peut-on m'ordonner que mon bras n'accomplisse? corn. Ci4, y, 8. Le prêtre accomplissait les mystères divins, c delav. V. sicil. m, i. Si le ciel veut se faire obéir, Qu'il me donne des lois que je puisse accomplir, yolt. Orph. iv, 6. || Accomplir la loi, faire ce que la loi exige. Ceux qui accomplissent la loi, sont ses amis, boss. Pent. 2. || 2°Teinture. Accomplirla cuve, y mettre un nouveau brevet. US* S'accomplir, s'effectuer. Les prophéties s'accomplirent. Une promesse s'accomplit tôtou tard. Tant de prédictions qui se sont accomplies. J'en ai fait le serment, il faut qu'il s'accomplisse! volt. Fanât, m, 7. Avec quelle douleur verra- t-il s'accomplir en lui ce reproche du prophète!... bourd. Pensées, t. n, p. 2<o.
— hist. xii* s. Puis fu set ans acomplis et entiers , Ronc. p. 31. Quant on me Sert d'un roit espieu tranchant, J'en preng vengeance molt tost au riche brant; Vers le bastard vuell acomplir cest champ, 7?. de Cambrai, <»3. Beaus reis, se tu voleies escerchier les escris, Plusurs reis trovereies que Deus out ains eslis; Quant il les out au mund muntez et encheriz, Mal unt encontre deu lur mestiers acompliz, Th. le mart. 76. Fuiez, fait li Reinalz, quant se fu purpensez. — Nel ferai, fait lisainz; ici metroverez, Et vos grans malveistiez ici acumplirez, ib. <48. Elle a pooir d'acomplir Mon vouloir toute ma vie , Coud, * 5. Toute leur volentez or en iert [sera] acomplie , Sax. 20. Mais d'itant sui esbahis Que j'ai si très haut pensé Qu'à peines ert [sera] acomplis Li servira dont j'atent gré, t&. 12. Benoit seies tu de nostre seignur Deu ; kar jo ai acumpli sun cumandement, flots, 65. || xiir» s. Et cis, pour leur proiere acomplir et pour le besoing qu'il veoit, dit qu'il iroit moût volentiers, villeh. ii9. Il savoit bien certainement que, sans celé ost, ne pooit li servises nostre Seigneur estre acomplis, id. 55. Moult avoit grant désir d'acomplir son vouloir,Berte, 66. Et se il a bois au bail, il ne doit estre copés devant qu'il ait sept ans acomplis, beaum. xv, 22. Quant li terme du service ne sunt acompli.... id. xxix, 20. La famé n'a nulle poesté de soi, de ses convenances acomplir sans la volenté de son mari, id. xxxiv, 60. El n'acomplit tout mon voloir; Si m'en estuet plaindre et doloir, la Rose, 4)66. Il nous promist que char [chair] prendrait, Et que de nous lui souviendrait ; Ses promesses sont acomplies, j. de meung, Tr. 732. [| xiv* s. Il ne font faute de despendre [dépenser] pour acomplir leur concupiscence, oresme, Eth. to». Il xv* s. Ils avoient acompli et achevé leur désir à l'aide de Dieu, tout à leur plaisir, fboiss. i, i, 22. Tout fut acordé et acompli, comm. m, 44. Il xvi* s. Rien ne peut combattre la durée d'une histoire éloquente, acomplie des qualitez qu'elle doit avoir, amyot, Préf. ni, 28. Estimant estre raisonnable qu'il accomplit la paction que lui mesme avoit faite, id. Rom. 6. Ce fut un acte de vertu si accomplie qu'il n'est pas possible de le deuement exprimer, id. Rom. et Thés. comp. 2. Quand le temple fut de tout point accomply, et qu'il eut tous ses ornements et embellissements, id. Publ. 27. Toutefois l'on dit que ceste prophétie fut accomplie par un autre exploit, id. Nicias, 26. Là est toujours le parfait et accompli usage de toutes choses, MONT. I, 234.
— ÉTYM. Bourguig. ecompli; de à et un ancien verbe complir (voy. complet).
ACCOMPLISSEMENT (a-kon-pli-se-man), s. m.
Action d'accomplir, état de ce qui est accompli. HSter l'accomplissement d'un ouvrage. L'accomplissement de vos désirs. Leur sacrifice a reçu son accomplissement. Ils voient l'accomplissement des menaces de Dieu. Ne trouvant aucune résistance dans l'accomplissement de leurs volontés. La prophétie eut un manifeste accomplissement, boss. Hist. 11, 5. Les prophéties ont eu un accomplissement manifeste, id. ib. a. Il faut.... Faire avoir à nos vœux leur accomplissement, malh. h, 8. Que ce soit pour mourir, ou*que ce soit pour vivre, Notre siècle va voir un accomplissement, v. hugo, Crép.Prél. C'est dans l'accomplissement de ce désir qu'est renfer-
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mée toute mon espérance, bourd. Pensées, t. 1, p. 43.
— hist. xiii* s. Et qui à celé table pooit seoir les accomplissemens de son cueur avoit en toutes manières, mehlin, f° 54, recto. || xiv* s. Enquerre la vérité des crimes et faire, sur ce, accomplissement de justice, Bibl. des Chartes, 4* série, t. n , p. 69. La fin et l'accomplissement d'une operacion est ou temps que l'en la fait, oresme, Eth. 48. Il xvi* s. Les devins le prirent en mauvaise part, craignans que ce ne fust l'accomplissement de la prophétie qui.... amyot, Nie. 26.
— ÉTYM. Accomplir.
ACCON (a-kon), s. m. Terme de marine. Bateau à fond plat qui cale fort peu d'eau, et qui sert principalement, dans les Antilles, au chargement des navires de commerce. || Bateau à fond plat employé dans la pèchedes huîtres. || Petit bateau à fond plat, qui sert à aller sur des vases, quand la mer est retirée.
— ÉTYM. Les Poitevins appellent ainsi ces petits bateaux avec lesquels ils vont par les marais, et que celui qui est dedans mène en poussant la terre avec le pied . ménage. Origine inconnue. Ménage tire ce mot de acus, aiguille, parce que ces bateaux sont terminés en pointe; mais cette étymologie no peut se soutenir.
ACCOQUINER (a-ko-ki-né), e. a. Voy. Acoquiner.
t ACCORAGE (a-ko-ra-j'),s. m. || 1° Terme de marine. Action d'accorer. 1 1 2* Ensemble des pièces de bois qui servent à maintenir un navire d'aplomb, pour
10 réparer.
— étym. Accorer.
ACCORD (a-kor; le d ne se lie pas: un accord harmonieux, a-ko-r harmonieux. L'î du pluriel ne se lie pas davantage : des accords harmonieux, des a-ko-r harmonieux. Cependant, d'après une autre prononciation, 1'* se lie : des a-kor-zharmonieux), t. m. H 1° Réunion des cœurs ou des esprits sur unmêma point, assentiment. L'accord des sentiments et des volontés. Le bon accord entre parents. Ces frères passèrent leur vie dans un parfait accord. Comma par un accord général. || 2° Etre d'accord, s'entendre, être du même avis. Les moins sévères lois en ce point sont d'accord, corn. Ilor. v,3. Ils sont parfaitement d'accord entre eux, fén. Tél. yi. Quoiqu'ils parussent n'être jamais d'accord en rien, id. Tél. xiii. Quand deux personnes qui pensent sont d'accord sans s'être donné le mot, il y a beaucoup à parier qu'elles ont raison, volt. Lettre à d'Alembert. Je devrais bien plutôt d'accord avec les dieux.... id. GEd. v, 2. Je ne suis pas si bien d'accord avec vous du jugement que vous faites de nos deux poètes, voit. L. <87.|| 3* Être d'accord de, consentir à. Quels que soient ses mépris, peignez-vous bien sa mort, Madame, et votre cœur n'en sera pas d'accord, corn. Perlh. n , i . Toute votre justice en est-elle d'accord?». Cid. v, 8. Il 4* Être d'accord, confesser, reconnaître. Le roi même est d'accord de cette vérité, id. Cid,iv, 2. César est généreux, j'en veux être d'accord, id. M. de Pomp. v, 1. Qu'aux pressantes clartés de ce que je puis être, Lui-même soit d'accord du sang qui m'a fait naître, mol. Amph. m, 6. Vaillant, j'en suis d'accord , mais vain, fourbe, flatteur, rotrou, Tenc. I, 4. Autant qu'il est d'accord de vous avoir aimée, mol. Amph. n, 6. || 5* Être d'accord, être conclu, arrangé. Je vais appeler mon père pour lui dire que tout est d'accord, mol. le Mar. forcé, te. Mon affaire est d'accord, corn. Ment, m, \.\\ Voltaire condamne cette expression, prétendant qu'elle ne se dit que des personnes; mais on dit : Tout est d'accord, et cela justifie Corneille. || 6* Être d'accord, s'accorder avec, être concordant La forme du corps et le tempérament sont d'accord avec la nature, buff. le Chat. || 7* Tomber d'accord, s'accorder, consentir à, reconnaître. Si son père et la mienne tombent point d'accord, corn. Ment. v,4. Ces cœurs en sa faveur tombent soudain d'accord, id. Théod. iv, 4. J'en ai fait tomber d'accord ma mère, sêv. 247. Je tombe d'accord que c'est un bœuf, ham. Gramm. 7. 1| Marg. Buffet, dans ses Observ. p. 32 (en I6C8), prétend que : 11 est tombé d'accord de cette affaire, est une locution vicieuse, et qu'il faut dire :
11 est demeuré d'accord. II est certain qu'elle est bizarre et peu facile à expliquer. Tomber d'accord, c'est comme si on disait tomber du même avis ; et il faut prendre tomber dans le sens de cette phrase-ci: Cela tomba parfaitement pour lui. Les puristes du xvirsiècle ne voulaient pas recevoir cette locution qui alors n'était pas fort ancienne, mais qui, on la voit, était employée par Corneille. L'usage l'a confirmée. Pourtant demeurer d'accord n'est sujot à au-
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cune objection. || 8* Demeurer d'accord , avouer, reconnaître. Il faut demeurer d'accord que ce terme était familier aux spirituels, boss. Or, a. Pour demeurer d'accord de sa capacité , MOL.JfW.ro. lui,i,f>. On doit demeurer d'accord que les Français ont quelque chose en eux dépoli, de galant, que n'ont point les autres nations, m. Sic. 4 4. Je demeure d'accord que je trouve bien mieux mon compte avec l'un qu'avec l'autre, m. l'r. d'El. n,2* inlerm. Une grâce dont il faut que vous demeuriez d'accord, id. Les Pr. 5. J'en demeure d'accord, corn. Ex. d'Hor. 11 demeure d'accord de tout, sév. 4t. Il ne pouvait demeurer d'accord de ce que le fils d'Ulysse lui disait, fén. Tél. xxui. H 9° D'accord, loc. adv. j'en convions, j'y consens. Eh bien! d'accord, j'ai commis une faute. ||10° Mettre d'accord, accorder. J'y veux mettre d'accord l'amour et la nature, Etre père et mari dans cette conjoncture, corn. Nie. îv, 3. Le feu, l'air et le temps, les enfers et le sort, Pour nous faire périr, se sont tous mis d'accord, mair. M. d'Âsdrub.j, 3. Mettez-nous d'accord, monsieur, mol. F. de Pierre, n, 6. Aussi n'est-ce que par là que je vous veux mettre d'accord, id. t&. Dites-moi donc, seigneur, ce qu'en jugent vos yeux, S'ils laissent votre cœur d'accord de vos promesses, corn. Agés. n, î-Uli" Convention, accommodement. L'accord conclu entre la France et l'Allemagne. Il fait un tel effort Que, la ville aux abois, on lui parle d'accord, corn. Rod. î, 6. Il voudrait qu'un accord, avantageux ou non, L'affranchit d'un emploi qui ternit ce grand nom, id. Sert, i, 2. Conclure un accord, m. ib. iii,2. Argaliphontidas ne va point aux accords [à l'arrangement des affaires d'honneur], mol. Amph. m, 8. Les vainqueurs firent divers accords et divers partages, boss. Hist. m, 7. Tout accord entre le mensonge et la vérité se fait toujours aux dépens de la vérité même, mass. Car. Passion. || 12" Accords, au plur. convention préliminaire d'un mariage. On a signé les accords. 0 belles fleurs sans fruits! accords sans hyménée 1 rotrou, Antig. y, 4.j|13° Union, association. Et nouons entre nous de si parfaits accords Que nous n'ayons qu'un cœur et qu'une âme en deux corps, rotr. Bél.i,«. L'orgueil s'assortit mal avec le mauvais sort; Et tous deux, insolents, font un mauvais accord , id. Antig. iv, 3. Le ciel n'a point encor, par de si doux accords, Uni tant de Vertus aux grâces d'un beau corps, corn. if. de Pomp. in, 3. J'épouse une princesse en qui les doux' accords Des grâces de l'esprit avec celles du corps Forment le plus brillant etplus noble assemblage, id. Suréna,
n, 4 je vois en vous les accords Des grâces de
l'esprit et des beautés du corps, id. D. Sanche, a, 7. || 14» Convenance, juste rapport, ensemble. Il y a un merveilleux accord entre les parties du corps humain. L'accord entre la nature d'un pays et ses productions vivantes. Ces bateliers ne rament pas d'accord. || 15° Union de plusieurs sons entendus à la fois et formant harmonie. Accord parfait. Accords consonnanls, dissonants. || 16* Etat d'un instrument dont les cordes sont montées juste au ton où elles doivent être. Mettre un violon, un piano d'accord. Ce piano ne tient pas l'accord. || 17° Chants, vers, poésies, surtout poésie lyrique. Comme autrefois David par ses accords touchants Calmait d'un roi jaloux la sauvage tristesse, rac. Esth. m, 3. Lévites, de vos sons prêtez-moi les accords, id. Athal. ni, 7. Achitoas les interrompait de temps en temps par les doux accords de sa voix et de sa lyre, dignes d'être entendus à la tabledes dieux, fên. Tél. vin. L'on entendait les tendres accords d'une voix avec une lyre, id. ib. xvii. Oui, j'irai surles tourelles Former des accords plaintifs, bér. Pet. Ois. ||18° En termes de
Îieinture, bon effet résultant de l'harmonie des couours, des lumières, des ombres. Il y a un bel accord dans ce tableau. On y voit [à Palmyrel une espèce d'arbre dont le feuillage échevelé et les fruits en cristaux forment avec les débris pendants de lieaux accords de tristesse, chateaub. Gén. m, 6, 4. JJ 19* Terme de grammaire, convenance d'après laquelle deux ou plusieurs mots qui se rapportent a un seul et même objet prennent, autant qu'il est possible, les mêmes formes accidentelles. Accord est opposé à régime; il exprime le rapport d'identité, quand celui-ci exprime le rapport de différence. || Proverbe. Être de tous bons accords, être d'une humeur aisée et consentir à ce que les autres veulent.
— hist. xi* s. Se ceste accorde me voulez otrier, Ch. de Roi. 32. || xn* s. L'apostolies i a sovent ses briefs tramis As conciles qu'il unt de l'acorde entre els pris, Th. le mart. 4 04. || xiii* s. Et bien tesmoigne li livres apertement que plus de la moitié de l'ost estoient en leur accort, vtlleh. 68. Par l'accort Ptnar la volonté aus autres, id. (6. nist Ysen-
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gnn : N'en parlez pas ;Je voil qu'on m'arde en-es-lepas [aussitôt], Quand je à lui prendrai acorde,flen. 4 4723. Li acorsdesamis futix [tel] qu'il marièrent le [la] demoiselle de l'aage de dix ans, beaum. xv, 29. Li quix [lequel] acors doit estre fes [fait] en le [la] presenceduseigneur,iD.84.Le Temple etl'Ospital lui respondirent d'un acort,que il estoit bon que l'en essayast à preni e la cité, joinv. 276. Il prisrent un commun acortqui futel....iD. 203. || xiv s. Et est vérité que presque tous sont d'un accord et confessent que ce est quant au nom, oresme, Eth. 4. ||xvs. Il s'en découvrit bien secrètement à aucuns chevaliers de Picardie, qui tous furent de son accord, car la prise de Calais leur touchoit trop malement, froiss. i,i, 326. S'ils sont d'accord de rendre le chastol, je ne le débattrai jà; et s'ils sont d'accord du tenir, quel fin que j'en doive prendre, j'en atendrai l'aventure avecques eux,iD. u,iu, 8. Et eust le dit roi Robert vu volontiers qu'on eust les dessus dits rois mis à accord et à fin de leur guerre, id. i, I, (23. Les douze pers et barons de France s'assemblèrent à Paris et donnèrent le royaume d'un commun accord à messire Philippe de Valois, id. i, i,