‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 369 sur 403 · COK · texte numérisé non relu

COK

à cause d'une chapelle de sainte Marie Egyptienne qui est à l'entrée du côté de la rue Montmartre; le peuple, par abréviation et corruption du mot, s'est accoutumé à l'appeler rue de la Jussienne, saintroix. Km. Tarit, (Ouvrée, t. m, p. 1»2, dans pougens. || 2° Décomposition putride. La corruption de la viande, de l'air. On a cru autrefois que les insectes s'engendraient de la corruption. Tout [les préparations anatomiques] se garantissait de la corruption par le secret de M. Ruysoh, funtkn. Hvysch. || 3" Fig. Dépravation. La corruption des mœurs du siècle. Sans les aveugles, sans les sau-

, sans les infidèles qui restent et dans le même du christianisme, nous ne OOOnattriOn

la corruption profonde de notre nature ni l'abîme d'où Jésus-Christ nous a tirés, boss. Hist. Il, 13. La corruption du cœur consiste dans l'opposition à l'ordre, malebr. Éclaire, liv. m. La corruption des mœurs, qui peut se maintenir jusqu'à un certain point malgré l'instruction, était infiniment favorisée et accrue par l'ignorance, fonten. Le czar Pierre. C'est à cette victoire remportée sur Antiocbus et à cette conquête de l'Asie, que Pline attacha l'époque de la corruption des mœurs dans la république romaine, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vm, p. 436, dans rouons, U y a deux genres de corruption : l'un, lorsque le peuple ■.'observe point les lois; l'autre, lorsqu'il est corrompu par les lois, montesq. Esp. vi, )2. Et que m'importe à moi que le sénat m'outrage , Que la corruption mette à prix son suffrage? volt. Cutil. I, 2. Jamais on ne doit se décourager; la corruption n'est jamais totale; il y a partout des gens de bien, et, s'il en manque, on en fait naître, marmont. Rèlisaire , xn. Dans la corruption une cour endormit'. Avec son empereur disputant d'infamie, legouv. Épichar. et AVr. i, *L Les péchés mêmes des grands deviennent les e des peuples, et la corruption de la cour s'établit comme politesse dans les provinces, flEch. Harie- Thcr. || Au sens actif, la corruption que l'on cause, que l'on produit. Les choses mêmes les plus saintes ne sont point à couvert de la corruption des hommes, mol. Préf. du Tartuffe. || 4° Au sens actif, moyen qu'on emploie pour gagner quelqu'un et le déterminer à agir contre son devoir et la justice. Ses plaintes, ses écrits et la corruption De ceux qu'il crut pouvoir servir sa passion, rotr. Vencesl. u, I. || Au sens passif. Ce juge est soupçonné de corruption, d'avoir été corrompu. Ne parlons pas des corruptions qu'on a honte de se reprocher; parlons de la lâcheté ou de la licence d'une justice arbitraire qui sans règle et sans maxime se tourne au gré de l'ami puissant, boss. le Tellier. || Terme de droit. Le crime du fonctionnaire qui trafique de son autorité, et le crime de ceux qui cherchent à le corrompre.

— hist. xii's. Rapresseir lo contretenail [îéprimer l'opposition] de nostre corruption, et commencier fors à eissir à la connaissance deveriteit, Job, 488 Orvus ai fait ici mult grant digressiun; Car ne vuoil en l'afaire mettre corruptiun, Th. le mart. «3. || xm* s. Lors fu e cors e deitez Ensemble sans co»ricion; Lors montas à l'ascencion, huteb. ii, ïfc En toi ne doit avoir nule corrupeion; Car tuit sommes et toutes en ta correpeion, J. DE meung, Test. 674. Mondes pleins de corruption. Trop est fous qui en toi se fie, Les vers du monde. ||xiv* s. Car l'air qui estoit nés et purs, Fu ors et vils, noirs et obscurs, Si que de sa corruption Heurent les gens oppinion Que corrompu en devenoient, mâchai i.t, p. 72. Avec ce fut faicte la dicte délivrance par le dit Jehan pour corruption de deniers qu'il en ot, Lett. de rémission, Bibl. des Ch. 4* série, t. u, p. 69. Le nom de prodige [prodigue] en grec signifie perdicion et une manière de corrupeion de son estre et de sa substance, par quoy il se peut vivre, ORESME, Eth. t03. De communication politique sont trois espèces; et les corruptions ou transgressions de elles sont en nombre equal, id. ib. 245. Tirannie est corrupeion el îualvestié ou empirement de monarchie, id. ib. 24G. Une lampe de voirre qui devant sa tombe arduit obéit d'aventure sur le ] ment sans nulle corruption, Chr. de saint Henis, t. i, f"36, dans i.aci rne. Crime de corruption, si comme quand aucun officier de justice, sous ombre

i uilire. par corruption ou autrement juge autre à niert sans cause et laisse celuy qui a deservy mort, Boumi.ii.n, Somme rural, titre xxvm. || xvi* s. L'un meurt, l'autre revit, et toujours la naissance Par la corruption engendre une autre essence, KOKS.EIrg. (8.

— ETYM. rrupcio ; espagn. corrupeion; ital. conuzione ; du latin corruplionem (voy. COBROMPHF).

COR

COR

CORS (kor), s. m. plur. Terme de chasse. Synonyme d'andouillers, ou chevillures sortant de lii corne du cerf. Un cerf de dix cors, et, plus ordinairement, un cerf dix cors, est celui qui a dix de ces chevillures, cinq de chaque côté. L'animal chargé d'ans, vieux cerf, et de dix cors. En suppose un plus jeune et l'oblige par force.... i.a font. Fabl. x, 4. Sur un cerf qu'un chacun nous disait cerf dix cors. mol. Fâch. u, 7. || Un cors, Voy. jeunement.

— HIST. xiv s. Si on te demande combien de cors porte le cerf, respond en nonhre per; pource que s'il ne portoit que neuf cors, si tu dois dire qu'il en porte dix, Modus, f» vu. || xv* s. Trente deux ans ara [aura] le cerf volant Des grans forests de Gaule et de Bourbon, Au chief léger et au corps remuant; X huit cors jà fera craindre son nom, Et à vint cors sera de tel renom Qu'il destruira, ce dit la lettre escripte, L'isle aux geans et l'asne, veuille ou non; Tele est de lui la prophecie dite, eust. besch. Poésies mss. f° 46. ||xvi" s. Et Dyana, des forests présidente , Entre plusieurs dryades eminente, Lesquelles font de leurs questes rappors, Quel est le cerf et combien a de cors, G. crétin, p. 77, dans LACURNE.

— ÉTYM. Lat. cornu, qui, àcôté de corne, a donné corde même signification, au pluriel cor* (voy. cor et corne).

t CORSAC (kor-sak), s. m. Terme de zoologie. Nom vulgaire et spécifique du chien corsac , dit aussi renard de Tartarie, et nommé par Buffonisa (is.

CORSAGE (kor-sa-j') , s. m. || 1° La taille ou le buste, depuis les hanches jusqu'aux épaules. Achille était haut de corsage, malh. iv, 6. Sa taille haute et droite et d'un juste corsage, Régnier, Dial. Douce d'humeur , gentille de corsage , la font. Psaul. Cette drogue lui donnerait D'Éraste et l'air et le corsage , id. Coupe. Du premier Amadis je vous offre l'image; Il fut doux, gracieux, vaillant, de haut corsage, la font. Poésies mêlées, lu. Un fourbe cependant, assez haut de corsage, Et qui lui ressemblait de geste et de visage, Prend son temps, et partout ce hardi suborneur S'en va chez les humains crier qu'il est l'honneur, boil. Sat. xi. [| 2" 11 se dit aussi du cerf, du lévrier, du cheval, etc. Ce cheval a un beau corsage. Triste oiseau le hibou, ronge-maille le rat, Dame belette au long corsage, la font. Fabl. vm. || 3° Par extension. Le corsage d'une robe, la partie qui embrasse le corsage. || 4" Terme, de féodalité. Gens de corsage, ceux qui étaient soumis à la mainmorte personnelle.

— HIST. xs* s. Respundi nostre sire: N'esguarder pas à sa chiere ne à sun corsage, liois, 69. || xme s. Arpes [harpies] sont oisaus de corsage Et sont pucelles de visage, do cange , arpa. || xiv s. Non pourquant le feri, tout parmi le corsage, Que le sang li en fait salir sus le preage, Baud. de Seb. xi, 433. || xv' s. Le flamand, qui le vit de petit corsaige, présuma bien que encore estoit enfant, Bouciq. i, ch. 9. || xvi' s. Seroit-ce point vostre bonté tant sage, Ou la hauteur de ce tant beau corsage? marot, i, 35). Ils ne cedoient rien en grandeur de barbe et de corsage aux anciens pairs de France, Sat. Mén. p. 4. Il -estoit gresle et menu de corsage, amvot, Ces. 24. Les enfants ne ressemblent seulement à leurs père et mère de corsage (comme en ce qu'ils sont grands ou petits, gros ou déliés, camus ou bossus, boiteux ou tortus).... paré, xvm, 2. Corpsage, palsgr. p. 4 88.

— ÉTYM. Corps, par l'ancien français cors où le p étymologique avait disparu.

CORSAIRE (kor-sê-r'), s. m. || 1° Vaisseau armé en course par des particuliers, mais avec l'autorisation du gouvernement. || 2° S'est dit des vaisseaux équipés dans les pays barbaresques, Alger, Maroc, Tunis, et qui faisaient en tout temps la course contre les chrétiens. Un autre, mal pourvu des armes nécessaires, Fut enlevé par des corsaires, la font. Fabl. vu, 4 4. Voilà qu'un corsaire de Salé fond sur nous et nous aborde, volt. Cand. 4 4. || 3° Adjectivement. Capitaine corsaire. C'est qu'en fait d'aventure il est fort ordinaire De voir gens pris sur mer par quelque Turc corsaire, mol. l'Étour. iv, 4. Je ne vous dirai point combien il est dur pour une jeune princesse d'être menée esclave à Maroc avec sa more; vous concevez assez tout ce que nous eûmes à souffrir dans le vaisseau corsaire, volt. Cand. 4 4. || Substantivement. Les hommes qui montent ces vaisseaux de course. Les corsaires eurent une belle part de prise. Et toujours avait fait Avec honneur son métier de corsaire, la font. Calendr. || 4° Fig.. Homme dur, impitoyable par cupidité. Endurcis-toi* le cœur, sois arabe, corsaire, Bon. Sat. vm. Mes

créanciers sont des corsaires, bérang. Ma dern. chans. || 5° Ëpervier. || Proverbes. X corsaire, corsaire et demi, c'est-à-dire envers un homme agressif, difficile, on se montre encore plus agressif, plus difficile. || Corsaires contre corsaires font rarement leurs affaires. Corsaires à corsaires, L'un l'autre s'attaquant, ne font pas leurs affai res , Régnier, Sat. xii.

— SYN. corsaire, pirate. Le corsaire est muni de lettres par son gouvernement et armé seulement en temps de guerre; pris U est traité comme prisonnier de guerre. Le pirate n'a point de lettres de marque, attaque même en temps de paix, et, pris, est traité comme voleur.

— HIST. xv s. Certaines gallées coursaires du roy d'Arragon nostre ennemy et adversaire estoient presque toujours sur la mer illec environ, Lettre d'abolitwn de Louis XI, Bibl. des Charles, 2' série, t. m, p. 64. || xvi" s. Jason fut esleu capitaine de la grande nefd'Argo, avec commission d'aller çà et là, pour oster et chasser tous les coursaires et larrons escumans la mer, amyot, Thésée, 23. Hommes non chalans de labourer et cultiver la terre, mais de toute ancienneté grands coursaires qui vivoient de ce qu'ils escumoient en la mer, id. Cimon, 43. De corsaire à corsaire n'y prend on que barriques rompues , cotgrave. Mesmes se souhçonna on qu'il [André Doria] avoit quelque sourde intelligence avec Barberousse , comme corsaire à corsaire, brant. Cap. élr. t. n, p. 45, dans lacurne.

— ÉTYM. Provcnç. corsari; espagn. corsario; ital. corsare, corsale, de corsa, course, qui est provençal, espagnol et italien (voy. course).

t CORSÉ, ÉE (kor-sé, sée), adj. Qui a du corps, de la solidité, de la consistance. Drap corsé, drap qui a du corps, qui est épais. Vin corsé, vin qui a du corps, de la force. || Cheval corsé, cheval étoffé. || Dans le langage vulgaire, repas corsé, repas abondant.

— HIST. xiii' s. Uns cevaliers corsus et fors, Partonop. V. 7G27.

— ÉTYM. Corps; génev. corsé, membru, vigoureux.

t CORSECQUE (kor-sè-k'), s. f. Ancienne arme à lame fourchue.

— ÉTYM. Corse, île, à cause que cette arme était en usage parmi les Corses.

CORSELET (kor -se -le; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire; au pluriel, 1'* se lie : deskor-se-lèz-épais; corselets rime avec traits, succès, jamais), s. m. || 1° Léger corps de cuirasse. Les matelots étaient armés de corselets, vaugel. Q. C. liv. vu, ch. 9. || Petite cuirasse que portaient les piquiers dans le régiment des gardes. || Familièrement. Elle a comme un piquier le corselet au dos, Régnier, Sat. ix. || 2° Terme d'histoire naturelle. La partie du corps des insectes qui correspond au thorax des vertébrés. La mouche nettoie alternativement sa tête, son corselet et sa croupe, bern. de st-p. Harmon. liv. n, animaux. X son corselet tiennent deux ou quatre ailes avec lesquelles il voltige dans l'air, bonnet, Conlempl. nat. t. vm, p. 270, dans pougens. || Par extension. Le corselet d'une écrevisse, d'un homard. || Partie antérieure des crochets d'une coquille bivalve à laquelle s'attache le ligament quand il est externe.

— hist. xvr* s. Un esquadron de corselets, mont. i, 64. Voyant le bataillon des corselets, des boucliers, la cavallerie, les archers, la boétie, 473. Elle, pour loyer de sa vertu, luy donna un corselet et un armet d'or, amyot, Anton. 97. Serbillon depescha Sallasar avec 600 harquebusiers, 200 mousquetaires et autant de corselets, d'aub. Hist. 11, 202. Aucuns trouveront estrange que je fais les testes si foibles et seulement de six rangs de corselets, lanoue, 321 . Cinq compagnies d'espagnols de vieilles bandes, avec leurs corcelets, harquebuses et morions qui reluisoient bien fort, et avec cela braves d'habillemens aussi comme des princes, brant. Cap. fr. t. 11, p. 25, dans LACURNE.

— ÉTYM. Double diminutif de corps: cors-el-et. fCORSERON (kor-se-ron), s. m. Terme de pêche.

Petit morceau de liège qui fait partie d'une ligne.

t CORSES (kor-s'), s. m. plur. Ancienne milice du pape, dont la principale fonction était une fonction de police.

— étym. Corse, lie; cette garde étant formée principalement de Corses.

CORSET (kor-sè ; le t ne se lie pas dansle parler ordinaire ; au pluriel , Vs se lie : des kor-sè-z étroits ; corsets rime avec traits, jamais, succès) , s. m. \\ 1° Espèce de corsage baleiné tocé derrière, que les femmes portent en dessous de leurs robes, et qui enveloppe

et suit exactement les formes du buste depuis la poitrine jusqu'au dessous des hanches. Mettre, lacer son corset. Moi, je crois que son corset Lui rend la taille moins fine, bérang. Voisin. Et certain seia ne se reposant point , Allant, venant, sein qui pousse et repousse Certain corset en dépit d'Alibech, la font. Diable. || Le corset est aussi employé par les hommes qui veulent se serrer la taille et l'avoir fine. Il 2° Le corps d'une cotte villageoise. C'est 11 coquette Du TiDage voisin Qui m'offre une conquête En corset de basin, uérang. Rêverie. || 3° Terme de chirurgie. Espèce de bandage fait d'une ou de plusieurs pièces, qui embrasse la plus grande partie du tronc.

— HIST. xiii' s. Et lors m'envoya querre le roy pour manger avec li ; et je y niai à tout [avec] la corcet que l'en m'avoit fait en la prison des rongneures de mon couvertouer, joinv. 253. Quant on ot chanté tout à trait, Chascuns ala à son retrait, Qui dut son corset devestir Pour le sercot ouvert vestir, machault, p. 80. || xvi* s. Elle vous avoit un corset D'un fin bleu lassé d'un lasset Jaune qu'elle avoit fait exprès, marot, i, 204. Corpset, palsgr. p. (87.

— ÉTYM. Diminutif de corps, par l'intermédiaire de l'ancien français cors.

t CORSETIER', 1ÈRE (kor-se-tiè, tiê-r'), s.m.elf. Celui, celle qui fait des corsets. || Adjectivement. Une apprentie corsetière.

— ÉTYM. Corset.

t CORSIN (kor-sin), s. m. Usurier, négociant en argent. Usité seulement dans cette locution : enlever quelqu'un comme un corsin, l'enlever de vive force, sans qu'il ait le moyen de résister. On écrit d'ordinaire : enlever comme un corps saint (voy. corps); mais l'enlèvement d'un corps saint, se faisant avec solennité, ne convient pas au sens de la locution, tandis que l'enlèvement d'un corsin (les Lombards et hommes d'argent étaient, dans le moyen ;1ge, exposés à de fréquentes violences) y répond.

— HIST. xiv s. Malabaille corssin [banquier] de Bourc, du cange, caorcini.

— ÉTYM. Bas-Iat. caorcini, calurcini, caursini, cawarsini, corsini, marchands italiens qui faisaient le commerce d'argent; provenç. chaorciu. usurier; de cadurcinus, habitant de Cahors, ville où les marchands italiens avaient propagé leur commerce, ou plutôt de Caorsa, ville du Piémont, comme paraissent l'indiquer la locution conjointe Lombardi et Caorcini et les vers cités dans du Cange : Usurier de Chaorse: et Li Sathanas m'i engenra, Et de illuec il m'aporta A Chaourse où on me nourri. Chaorse, Chaourse reproduit bien plutôt Caorsa que Cahors. Quant aux vers de Dante. Enfer, xi, 49 : E perô lo minor giron suggella Del segno suo e Sodomma e Caorsa; Caorsa peut aussi bien se rapporter à Caorsa qu'à Cahors.

f CORSOÏDE (kor-so-i-d') , s. f. Nom d'une pierre figurée, qui est une sorte d'agate, du moins par sa couleur, et qui représente une tète, dont la chevelure imite celle de l'homme.

— ÉTYM. KopoTi, tète, et eTSo;, forme.

CORTEGE (kor-tè-j'), s. m. || 1° Suite de personnes

qui en accompagnent une autre pour lui faire honneur dans une cérémonie. Cortège nombreux. Bacchus entre et sa cour, confus et long corlége.... la font. Filles de Min. || Réunion de personnes qui marchent en cérémonie. Il s'est trouvé sur le passage du cortège. || 2° Par extension, toute suite nombreuse de personnes. Celui-ci vint suivi d'un cortège d'enfants, Voilà le verger plein de gens Pires que le premier, la font. Fabl. ix, 5. Ce cortège nombreux d'amis vendus au crime Sentira comme vous l'équité qui m'anime, volt. Catil. 1, 5. Le brillant cortège dont il s'était fait suivre se dissipa sur-le-champ, et il arriva à son logis suivi de ses seuls domestiques, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vni, p. 90, dans pougens. || Poétiquement. La nuit, guidant son cortège d'étoiles, Sur le monde endormi jette ses sombres voiles, lamart. Méd. I, 46. Il 3' Fig. Les infirmités sont le cortège de la vieillesse. L'ordre des vestales se montra à Rome avec un cortège de simulacres et de mystères, dèsfontaines, Hist. des Vestales. Les hommes livrés à l'amour-propre et à son triste cortège ne connaissent plus le charme et l'effet de l'imagination, 1. 1. rouss. Dial.' 11. Tous ces maux sont le premier effet de la propriété et le cortège inséparable de l'inégalité naissante, id. Inégalité, 2' part.

— étym. Ital. corteggio; corteggiare, faire la cour, de cotte, cour (voy. cour). L'ancien français avait cortoier, et le provençal avait cortejar, po»r aller à la cour, faire h cour.

COR

t CORTÊGER (kor-té-jé) , je cortège, je cortégeais, nous cortégeons, v. a. Faire cortège. Le bon seigneur fut cortège De maints monstres a face fière, scarron, Virg. trav. v. || Vieilli ; mais il pourrait être rajeuni.

— ÊTYM. Cortège.

CORTÈS (kor-tès'), t. f. phtr. Assemblée représentative en Espagne et en Portugal. Il arriva un courrier d'Espagne avec la copie de l'acte de renonciation du rni d'Espagne, passé le 5 novembre en pleines cortès, st-sim. 336, <49.

— ETYM. Espagn. cartes, pluriel de corle, cour (voy. cour). Cortes signifie proprement les cours.

CORTICAL, ALE (kor-ti-kal, ka-1'), adj. || 1° Terme de botanique. Qui appartient à Técorce. Couches corticales. Les pores corticaux. Bourgeon cortical. Si l'on fait passer un fil d'argent dans l'épaisseur rie l'écorce d'un arbre en pleine végétation, on verra ce fil s'avancer chaque année vers l'extérieur de l'arbre, parce qu'il sera emporté par les couches cort cales qui suivront la même direction, bonnet, Contempl. nature. Œuvres, t. vm, p. 335, note 3, dans potic.Ess. || Plantes corticales, celles qui naissent et végètent sur l'écorce. || 2° Terme d'anatomie. Substance corticale du cerveau, substance externe et grise, qui enveloppe la substance blanche, dite médullaire. || Substance corticale des reins, substance cendrée formant écorce à la glande urinaire. || Substance corticale des dents ou cément, une des substances qui forment les dents composées des mammifères.

— ÉTYM. Lat. cortex, corticis, écorce; sanscr. Itrltti, de kftt, fendre.

t CORTICICOLE (kor-ti-si-ko-1'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui vit sur les écorces.

— ÊTYM. Lat. cortex, corticis, écorce (voy. cortical), et colère, habiter.

t CORTICIFËRE (kor-ti-si-fê-r'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte une écorce.

— ÊTYM. Lat. cortex, corticis, écorce (voy. cortical), et férus, qui porte.

t CORTICIFORME (kor-ti-si-for-m') , adj. Terme de botanique. Qui a l'apparence de l'écorce.

— étym. Lat. cortex, écorce, et forme.

fCORTICINE (kor-ti-si-n'), s. f. Terme de chimie.

Variété de tanin, commune à toutes les écorces ligneuses des végétaux.

— ÉTYM. Lat. cortex, corticis, écorce, avec le suffixe français ine.

t CORTINE (kor-ti-n'), s. f. || 1" Terme d'antiquité romaine. Trépied d'airain consacré à Apollon et qui êtaitgardé chez les quindécemvirs. || 2°Terme de botanique. Réseau filamenteux situé au bord du chapeau dans plusieurs agarics.

— ÊTYM. I.at. cortina, chaudière.

f COUTIQUEUX, EUSE (kor-ti-keû, keû-z'), adj. Terme de botanique. Qui a une écorce épaisse. Fruits cortiqueux.

— ÊTYM. Lat. corttcosus , de cortex, corticis, écorce (voy. cortical).

CORUSCATION (ko-ru-ska-sion), s. f. Terme de physique. Vif éclat de lumière. La coruscation d'un météore. || Le dernier phénomène que présente la coupellation de l'argent , et qui consiste en ce que ce métal, au moment de passer de l'état liquide à l'état solide, jette un éclat très- vif qui ne dure qu'un instant.

— ÊTYM. Lat. coruscationem , de coruscare, proprement heurter; grec, xopûffueivjprovenç. coruscacio; ital. coruscazione.

f CORVE (kor-v') , s. m. Terme de pêche. Bâtiment hollandais peu différent des dogres.

CORVÉABLE (kor-vé-a-bl'), adj. Qui est sujet aux corvées. Nous étions la gent corvéable, taillable et tuable à volonté, nous ne sommes plus qu'incarcérables, p. L. cour, i, 1 64. || Substantivement. Les corvéables. Le corvéable devait travailler depuis le soleil levant jusqu'au soleil couchant; mais on devait lui laisser un temps raisonnable pour prendre sa nourriture et faire paître son bétail.

— HIST. xvi* s. Les tenanciers sont corvéables à miséricorde; mais les cours supérieures ont accouslumé de les réduire à douze [corvées] par années, loisel, Instit. liv. vi, tit. 6. Gens de condition mainmortable, taillables haut et bas, courveables à volonté, justiciables en toute justice, ne sont point receuz en tesmoignage pour le seigneur duquel ils sont hommes, Cowst. gén. t. i, p. 846.

— ETYM. Voy. CORVÉE.

COUVÉE (kor-vée), s. f. || i" Terme de féodalité. Journées de travail gratuit que les vassaux devaient à leur seigneur. Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts, Le créancier et la corvée, Lui font d'un malheureux la peinture achevée, la font.

Fabl. I, 16. || Corvées réelles, cellesqui étaient dues par le fonds ou à cause du fonds. || Corvées personnelles, celles auxquelles étaient soumis les habitants d'un lieu par le fait seul de leur résidence. || Prestation de travail personnel pour l'entretien des chemins. Celui [Turgot] qui vient de supprimer les corvées pourrait bien supprimer l'esclavage [mainmorte] , volt. Lett. Christine, 1 a août i 775. Un Impôt en travail, ou autrement dit la corvée, est peut-être une heureuse idée fiscale, necker, Compte rendu au rni, janvier 1781, p. 70. L'impôt qui a rein; corvée en nature, impôt connu sous le nom de subvention représentative de la corvée, montesquiou, Rapport, 27 août 1790, p. 8. Les beaux chemins sont un bien et un très-grand bien; mais la corvée est un mal et un très-grand mal, st-lambert, Saisons, h, note 2«. || 2° Terme militaire. Travaux que font tour à tour les hommes d'une compagnie. On commande tant d'hommes de corvée. j| 3" Nom que les ouvriers donnent à de petits travaux qu'ils vont faire en ville et qui ne leur prennent qu'une partie de leur journée. || 4° Par extension, travail obligé et gratuit; chose qu'on est requis ou prié de faire, et qui est une charge. Je me serais bien passé de cette corvée. Et commettre aux dures corvées [de la guerre] Toutes ces âmes relevées.... malh. m, 1. J'ai du déplaisir de la corvée qu'il vous a fait faire, balz. Lett. choisies, i" part. liv. ni, lett. 4, dans bichelet.

— HIST. xin's. Jou Hues de Casteillon, quens de St Pol, fach savoir, ke jou tous les homes de Goy ai quité de toute corowée, sauf men droit et me justice, tailliab, Recueil, p. 83. Cil qui sont deu par la reson des terres sont cens, gelines, corvées, et plusors autres choses qui plus doivent par la reson des terres que par autres, Liv. de just. 240. Et se le [la] corvée est d'omme sans queval, quatre deniers, beaum. xxvn, 22. N'agairesque me voliés pendre, Or le poés de vous atendre; Tele est ore la destinée; Por moi ferés ceste corvée, Guill. de Palerme. || xiv* s. Comme l'on ait acoustumé de faire au dehors et près des murs d'icelle ville [Langres] un jeu appelé la courvée.... lequel jeu s'encommence par enfans et aucunes fois se parfait par gens bien aagiez et puissans de corps, en gectant les uns contre les autres pierres grosses et menues au plus eflbrciement qu'ilz pevent, chacun en espérance de rebouter sa partie, telement que aucune foiz sont navrez ou bleciez, Trésor des chartes, reg. 131, pièce 20, dans lacurne. ||xv* s. Chascune charrue paierat chascun an trois journées à la crowée de la charrue, du cange, corvagium. || xvi* s. Soit déclaré le nom du censeur ou laboureur, de qui on voudra avoir la coruwée, Coustum. génér. t. i, p. 8)2. Quant aux courovées de brach et aux courovées de cheveaux, Nouv. coustum. génér. t. i, p. 407, col. 2. Les farces des bateleurs nous resjouissent, mais aux joueurs elles servent de corvée, mont, i, 331. Servius Tullius dispensâtes chevaliers qui avoient passé quarante sept ans, des courvées de la guerre, id. i, 407.

— ÊTYM. Bas-lat. corvada, dans le capitulaire de Villis de Charlemagne, et dans des textes postérieurs corruweia, corrua, croata; du bas-lat. corrogata, corvée, decum, et rogare, prescrire: corrogata opéra, le travail commandé. Corrogata est dans un texte presque aussi ancien que corvada du Capitulaire, et décide la question d'étymologie; mais corvada prouve que dès le temps de Charlemagne la forme romane existait.

t CORVÉÏEUR (kor-vé-ieur), s. m. Celui qui travaille à la corvée.

— ÊTYM. Corvée.

CORVETTE (kor-vè-f) , s. f. Bâtiment de guerre entre le brick et la frégate. Corvette-aviso, sorte de grand brick.

— ÉTYM. Espagn. et ital. corbata; portug. corveta; du latin corbata, navire de transport. t

fCORVIDÉ (kor-vi-dé), s. m. Terme d'ornithologie. Les corvidés, groupe qui comprend les sousgenres corbeau, pie, geai, cassenoix, etc.

— ÊTYM. Lat. corvus, corbeau.

CORYBANTE (ko-ri-ban-t'), s. m. Terme d'antiquité grecque. Nom des prêtres de la déesse Cybèle, très-fameux pour certaines dévotions violentes.

— ÊTYM. Zend, gerevuntô, montagnard; sanscr. giri, montagne.

f CORYBANTIQUE (ko-ri-ban-ti-k') , adj. Terme d'antiquité. Qui appartient aux corybantes. || S. f. plur. Les corybantiques, fêtes de Cybèle célébrées par les corybantes.

f CORYBANTISME (ko-ri-ban-ti-sm'), î. m.

Terme de médecine. Nom donné anciennement à une espèce de frénésie dans laquelle les malades

cos

étaient tourmentés par une insomnie continuelle et par des visions fantastiques.

— êtym. Corybante.

t CORYCOBOLIE (ko-ri-ko-bo-lie) ou CORYCOMA- CIME (ko-ri-co-ma-chie), s. f. Exercice du conçus.

— ÉTYM. Ut. corycus, et poV^, jet, ou (ii/r„ combat.

f COUYCl'S (ko-ri-kus'), *. m. Terme de la gymnastique ancienne. Sac rempli de graines de figue ou de farine pour les gens faibles, et de sable p les gens forts, et approprié au\ forces et à 1' quant à la grosseur. On le suspendait par une c en liant du plafond des gymnases, de maniera qu'il fût à la hauteur du nombril de celui qui s'exerçait. On le poussait avecles mains et on le recevait, quand il revenait, avec les mains ou avec le corps.

— ÊTYM. Kiipuxoç, sac.

CORYMBE (ko-rin-b'), s. m. Terme de botanique. Assemblage de fleurs ou de fruits qui, bien que les rameaux ou pédoncules naissent de divers points de la tige, s'élèvent au même niveau. La fleur de la mille-feuille est en corymbe.

— ÊTYM. Lat. corymbus, de xépuu.6o{, extrémité terminale.

t CORYMBÊ, ÉE (ko-rin-bé, bée) ou CORYM- BEUX, EUSE (ko-rin-beû, beû-z"), adj. Terme de botanique. Qui est disposé en corymbe.

— ÊTYM. Corymbe.

CORYMBIFÈRE (ko-rin-bi-fê-r'), adj. Terme de botanique. Qui porte sa fleur en corymbe. || S. f. pi. Famille de plantes à fleurs composées. Les corymbifères.

— ÊTYM. Lat. corymbus (voy. corymbe) , et férus, qui porte.

t CORYMBIFLORE (ko-rin-bi-fio-r'), adj. Terme de botanique. Qui a les fleurs disposées en corymbe.

— ÊTYM. Corymbe, et le latin /Toi, Jleur.

CORYPHÉE (ko-ri-fée), *. m. || l' Terme d'antiquité. Celui qui dirigeait les chœurs dans les pièces du théâtre grec. Des signes placés à la tête d'une pièce de musique en indiquent le rhythme, et le coryphée,dulieu le plus élevé del'orchesire, l'annonce aux musiciens et aux danseurs attentifs à ses gestes, BABTiiÊLEMY, Anach. ch. 27. || 2° Chef des choeurs dans nos opéras. || 3° Celui qui chante à la fois les chœurs et les solos qui s'y trouvent. || 4° Chef des chœurs de danseurs ou de danseuses dans les ballets. Les coryphées ou autres chefs du ballet sont employés utilement dans les chœurs qui offrent l'image de ceux des Grecs, noverre, Lettre 26 sur les arts imitateurs. j| 6° Fig. Celui qui se distingue le plus, qui est au premier rang. Pétrarque était le coryphée des poètes de son siècle. Il est visible que ce coryphée est vraiment le chrétien parfait, boss. Nouv. myst. 10. Alexandre, dont nous parlions, c'est le coryphée des destructeurs de l'espèce humaine, p. l. cour. Lett. u, 23t. J'aimais l'honneur, et je pensais avec plaisir que je passerais pour le coryphée des domestiques, le sage, GilBlas, iv, 7. || 6° S.f. Termede zoologie. La coryphée, fauvette d'Afrique, nom vulgaire de la syltie coryphée.

— ÊTYM. Lat. coryphxus, de xopuçaîo;, de xopuçrj, tête.

CORY'ZA (ko-ri-za), t. m. [| 1* Terme de médecine. Inflammation catarrhale de la membrane muqueuse des fosses nasales, dite vulgairement rhume de cerveau. || 2° Terme de vétérinaire. Cory/.a dans l'espèce chevaline. || Coryza des bêtes bovines. Cette maladie a plus d'intensité chez le bœuf que chez le cheval. || Coryza des bêtes ovines, morvedes moutons. || Coryza des porcs, dit aussi ronflement, maladie pernicieuse, qui produit souvent le marasme, et pendant laquelle le nez et le groin se déforment.

— ÊTYM. KopuÇa.

t COS (kos') , s. m. Voy. coss.

COSAQUE (ko-za-k'), s. m. || l'Homme appartenant à un peuple de l'Ukraine qui fournit à la Russie une cavalerie irrégulière. Viens , mon coursier, noble ami du Cosaque, Vole au signal des trompettes du Nord, bérang. Cluxnt du Cosaque. L'emparei.r regardait et souriait, s'avançant toujours et croyant a une terreur panique ; ses aides de camp sou; liaient des cosaques; mais ils les voyaient marcher si bien pelotonnés qu'ils en doutaient encore; et, si ces misérables n'eussent pas hurlé en attaqu comme ils le font tous pour s'étourJirsui le danger, peut-être que Napoléon ne leur eût pis sÉGUK,Hisl.deNap. îx, 3. || flg. et familièrement. Un homme brutal et dur. || 2° S. f. La cosaque, sorte de danse imitée de la manière de d ineer «les cosaques.

— ÉTYM. Kasak, en langue kirgbiM, cavalier ou guerrier.

t COSAQUERIE (ko-za-ke-rie), *. f. Incursion

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