‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 368 sur 403 · CORRESPONDANT (ko-rè-spon-dan), s. m · texte numérisé non relu

CORRESPONDANT (ko-rè-spon-dan), s. m

|| 1" Personne avec qui on entretient un commerce de lettres. Il a des correspondants dans toutes les villes de commerce. || 2° Celui qu'on a chargé de quelque affaire dans un lieu où l'on n'est pas, et de qui l'on reçoit des informations régulières. Pour subvenir aux frais de l'entreprise, On lui donna mainte et mainte remise, Toutes à vue, et qu'en lieux différents II pût toucher par des correspondants, la font. Belph. || Se dit aussi de ceux qui sont chargés de la correspondance d'un journal. Il 3° Celui qui est chargé de pourvoir aux besoins d'un jeune homme éloigné de sa famille. Il ne sort qu'avec son correspondant. || 4° Celui qui est en relation avec un corps savant. Un correspondant de l'Académie. || Membre de l'Institut qui ne réside pas à Paris.

— ÉTYM. Correspondant 4.

CORRESPONDRE (ko-rè-spon-dr'), je corresponds,

tu corresponds, il correspond, nous correspondons, ils correspondent; je correspondais; je correspondis; je correspondrai; je correspondrais; correspons, correspondons; que je corresponde, que nous correspondions; que je correspondisse; correspondant; correspondu, v. n. || 1° Entretenir une correspondance, un commerce de lettres. Nous avons cessé de correspondre. || 2" Avoir des communications d'un lieu à un autre. L'inondation empêche cette ville de correspondre avec la capitale. || 3° Communiquer avec, en parlant des ohoses. Cette chambre correspond à telle autre. || Se correspondre, communiquer l'un avec l'autre. Ces pièces se correspondent. Ces pièces se sont correspondu autrefois. || 4°Fig. Rendre sentiment pour sentiment, action pour action, etc. La fille correspond -elle à votre amour? MOL. l'Av. IV, 3. La fidélité qu'on apporte à correspondre à la grâce, boss. Lett. abb. 4 03. L'attention à son salut pour correspondre aux desseins de Dieu, bourd. Carême, i. Prédest. 377. Le pauvre, pour peu qu'il corresponde à la grâce de son état, conserve aisément l'innocence de son coeur, id. ib. n, Richesses, 34. || 5° Être en rapport, en symétrie avec. L'aile gauche de cet édifice ne correspond pas avec l'aile droite. Ces objets se sont longtemps correspondu, mais on les a dérangés. || 6° Par extension, se rapporter à, être en conformité avec. Cet article correspond à tel autre.

— hist. xv* s. Et correspondaient toutes ses mœurs à la tournure de sa face, g. chastelain, dans le Dict. de dociiez. || xvr s. Quand ce vint à la bataille, il s'en fouit très laschement sans y faire aucun acte de vertu, ne qui correspondis! aux belles harengues dont il avoit presché le peuple, amyot, Démosth. 27.

— ÉTYM. Co, avec, etrespondre (pour répondre) , où Ys latine a été gardée, parce que le mot est venu tard dans le français. Espagn. corresponder ; ital. corrispondere.

CORRIDOR (ko-ri-dor), s. m. Allée le long des chambres ou des appartements d'une maison. Celte porte donne sur le corridor. Ici s'offre un perron, là règne un corridor, boil. Art p. i. || Galerie étroite qui tourne autour d'un bâtiment. || Ancien terme de fortification. Le corridor du bastion, le chemin couvert. || Terme de marine. Se dit quelquefois de la galerie de l'entre-pont.

— HIST. xvi" s. Il met en divers endroits sentinelles perdues, fournit le courridour de rondes, et

COR

les rues de patrouilles, d'aub. flist. n, 61. La muraille qui estoit sans corridor, id. «6. n, 263.

— ÉTYM. Génev. colidor; de l'ital. corridors ou de l'espagn. corredor ; de correre, courir : l'endroit où l'on court, où l'on passe. Colidor, que disent certaines gens, est un provincialisme et un barbarisme.

CORRIGÉ, ÉE (ko-ri-jé, jée), part, passé. ||1» Dont les fautes ont été réparées, enlevées. Édition revue et corrigée. Épreuves corrigées avec soin. || 2° Dont le caractère ou l'esprit s'est amendé. Tout ce que l'on peut faire à force de faillir, c'est de mourir corrigé, la bbuy. xi. || 3" Puni. L'enfant corrigé par son père. || 4° Tempéré. Des sucs acides corrigés par du sucre. || 5° S. m. Dans les collèges, le corrigé, la composition servant de modèle que le professeur communique aux écoliers après qu'ils ont fait euxmêmes le devoir. Un cahier de corrigés.

t CORRIGEANT, ANTE (ko-ri-jan, jan-f), adj. Qui corrige, qui aime à corriger. Des gens [les Spartiates] toujours corrigeants ou toujours corrigés, qui instruisaient toujours et étaient toujours instruits, également simples et rigides, exerçaient plutôt entre eux des vertus qu'ils n'avaient d'égards,

MONTESQ. Esp. XIX, 16,

t CORRIGEAIENT (ko-ri-je-man), s. m. Action de corriger.

— H1ST. xiv" s. Jehan dist au dit Fresquet par manière de corrigement.... du cange, corrcctio.

— ÉTYM. Corriger; ital. corregimento. L'ancien français avait aussi corrigence.

CORRIGER (ko-ri-jé. Le g prend un e quand il est suivi d'un a ou d'un o: je corrigeais, corrigeons, corrigeant), v. a. j| 1° Ramener au bien ce qui est mal, à la règle ce qui s'en écarte, redresser. On corrige les défauts d'une personne, et on c irrige une personne de ses défauts. Une faute qui devait servira me corriger de ma présomption, fén. Tél. i. Le sénat, qui croyait que corriger Rome de ses vieilles superstitions était faire injure au nom romain, boss. 7/i'st. m, t. Chacun a débité ses maximes frivoles, Corrigé la police et réformé l'État, boil. Sat. m. Je sais sur leurs avis corriger mes erreurs, Et je mets à profit leurs malignes fureurs, i" ;l. Ép. vu. Pourquoi ne pas donner pouvoir aux d'Argensons Qui règlent la police et corrigent la France , De mettre les rimeurs aux Petites-Maisons? ciiaulieu, Ép. à Lafare, (703. || 2" Redresser ce qui est fautif ou défectueux. Corriger un thème, un devoir. Il corrigea longtemps son livre. Corriger les défauts d'un tableau. Le plan fut corrigé par une main habile. || Terme d'imprimerie. Corriger des épreuves, indiquer par certains signes les fautes de composition ou les changements à faire ; et aussi exécuter les corrections indiquées par l'auteur ou le correcteur. || Terme de marine. Corriger la route d'un bâtiment, rectifier par l'observation les erreurs provenant de la dérive. || 3° Tempérer, adoucir par quelque mélange de certaines substances. Il faut corriger la crudité de l'eau par un peu de vin. Assez insensé pour imaginer que le bain dans le sang des enfants pouvait corriger le sang des vieillards, volt. Phiî. v, 12. || Fig. Il corrigea habilemenf ce que ses paroles avaient de trop dur. Et si l'âge à mon rang fait quelque préjudice. Vous en corrigerez la fatale injustice, corn. Nicom. i, 2. J'ai su de mon destin corriger l'injustice, rac. Esth. n, (. Il était juste que les merveilles de sa mort corrigeassent l'obscurité de sa vie, mass. ilyst. Assomp. Pour corriger le sort, il régla qu'on ne pourrait élire que dans le nombre de ceux qui se présenteraient, montesq. Espr. il, 2. || Corriger la fortune, se dit d'un joueur qui répare ses pertes en trichant avec adresse. La fortune est devenue mauvaise, il la faut corriger, hamilt. Gramm. 3. || 4° Punir. Il fut sévèrement corrigé. Ne méconnais donc plus la main qui te corrige; Au défaut de la foi, ta gloire .même exige Qu'on reconnaisse ici le bras d'un Dieu vengeur, mass. Ilelvétiens, v. || 5" Se corriger, v. rêfl. Amender en soi ce qui est mal. Se corriger de ses défauts. Corrigez-vous, humains; que le fruit de mes vers Soit l'usage réglé des dons de la nature, la font. Quinquina, n. Molina assure qu'un religieux chassé de son monastère n'est point obligé de se corriger pour y retourner et qu'il n'est plus lié par son vœu d'obéissance, pasc. Prov. 6. Il coûte moins à certains homoies de s'enrichir de mille vertus que de se corriger d'un seul défaut, la bruy. xi. Il s'était corrigé des excès du vin, très-ordinaires en Moscovie, et dont les suites peuvent être terribles dans celui à qui on ne résiste jamais, fonten. Czar Pierre. Les hommes [à Sybaris] se frisent avec tant d'art, ils emploient tant de temns A se corriger à leur miroir,

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montesq. Gnide, iv. Personne ne se corrige, dit-on; malheur à ceux pour qui ce principe est une vérité de sentiment, mabmont. Éle'm. de lilt. t. vi, p. les, dans pougens. || Se rectifier l'un l'autre, réciproquement. La découverte de nouveaux instruments, la multiplication même des observations qui se corrigent et se réforment mutuellement, condorcf.t, ilaurepas. || Etre corrigé, en parlant des choses. Les vices de l'esprit peuvent se corriger. Eh! la peur se corrige-t-elle ? la font. Fabl. n, 14. || Être tempéré, adouci. L'acidité du citron se corrige par le sucre.

— SYN. corriger, reprendre. Celui qui corrige montre la manière de rectifier le défaut. Celui qui reprend ne fait qu'indiquer la faute. Peu de gens savent corriger et beaucoup se mêlent de reprendre.

— HIST. xm" s. Toz tex cas et les cas qui de tex [tels] poent naistre doivent estre corregié par sainte Eglise, beaum. xi, 28. Li articles qui est royés est ainsi corrigus.... Ait', des met. 303. || xiv s. Les consuls ainsi corrigé et blasmé par les pères, bercheure, f° 37, verso. Je vous pri, s'il y ha aucunes choses à corriger dans le livre, que vous y faites enseignes [marques], machault, p. 148. Ainsi faisoient les nobles du bon temps, et corrigoient les gens qui disoient fables de Dieu, Modus, f" lxiii, verso. 11 pense et promet tousjours à lui mesme de amender sa vie, et si ne se corrige point, ilënagier, i, 3. || xv* s. Car seignourir [il] se doit premièrement, Et corrigier pour l'exemple d'autrui, e. desch. Des vertus nécessaires au prince. Mon frère, je vous envoyai l'autre jour une fourme de scellé, afin que m'en envoyissiez ung pareil pour envoyer en Bretaigne; et depuis ay advisé qu'il n'est pas en bonne forme et l'ay fait corriger, Lettre de Louis XI, Bibl. des Chartes, 4" série, t. i, p. 15. Passelion fut moult joyeulx du beau coffre et se seist au plus près, puis commença à vouloir corriger à tout les doigts à la serrure pour l'ouvrir; et, quant il veit qu'il n'en povoit venir à chef, adonc il commença fort à se courroucer, Perceforest, t. iv, f" 46. Concluant que les compaignons fussent bannis, confiscation de biens et héritages, pugnis et corrigiés, et tous les maulx du monde, viriville , p. 347. || jcvi* s. Qu'il se contente de se corriger soy mesme, mont, i, 166. Quand Froissard a faict une faulte, il la corrige en l'endroict où il en a esté adverty, id. n, no. Eumenes, ayant veu le serment, ne le voulut pas ainsi jurer, ains le corrigea, amyot, Eum. 23. Apprenant de luy beaucoup de choses, et réciproquement aussi le corrigeant de quelques imperfections qu'il avoit de nature, id. l'hoc. 8. Je treuve celle manière de vouloir corriger et redresser l'un par desvoyer et desbaucher l'autre, incivile et inhumaine, id. Dêrnétr. 2. Le laict d'asnesse pris chaudement, et corrigé avec un peu de sel, paré, xx, 35. Espée, baston et verge meurdriers, varie ts, enfans corrigent, génin, Récréai, t. h, p. 239.

— ÉTYM. Provenç. corregir, corrigir ; catal. correlgir; espagn. corregir; portug. corrigir; ital. correggere ; du latin corrigere, de cum, et rigere pour regere (voy. régir).

f CORRÏGEUR (ko-ri-jeur), s. m. Celui qui corrige. On distingue, en imprimerie, le correcteur et le corrigeur. Le correcteur est celui qui lit l'épreuve et marque les fautes; le corrigeur est celui qui exécute les corrections.

— HIST. XV s. Doivent les corrigeurs et maistres ou parens des jueunes faire comme le bon médecin, christ, de pisan, Ilist. de Charles V, part, i, ch. 11.

— ÉTYM. Corriger.

t CORRIGIBILITÉ (ko-ri-ji-bi-li-té), s. /'.Qualité de celui, de celle qui est corrigible. Sa corrigibilité est possible.

— ÉTYM. Corrigible.

CORRIGIBLE (ko-ri -ji-bf), adj. Qui peut être corrigé, en parlant des personnes. Cet homme n'est pas corrigible. || Qui peut recevoir une émendation. Ce texte n'est pas corrigible sans manuscrits.

— HIST. xv" s. 11 faut qu'il soit disciplinable et corrigible, Hist. de la toison d'or, dans le Dict. de DOCBEZ.

— ÉTYM. Corriger.

f CORRTGIOLÉ, ÉE (ko- rri-ji-o-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte une bande colorée en forme de jarretière.

— ÉTYM. Corrigiola, diminutif de corrigia, courroie (voy. ce mot). Corrigiole, dans Paré, xxn, 5, signifie la renouée, plante.

t CORR1VAL (ko-ri-val), s. m. Rival. Aussi froid qu'un jaloux qui voit son corrival, Régnier, Sat. vm. || Inusité.

—ÉTYM. Co, avec, et rival. Corrival, dit le Corn-

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plément du Dict. de l'Académie, est dans Montaigne qui l'a formé.

CORROBORANT, ANTE. (ko-rro-bo-ran, ran-t'), adj. Qui corrobore, qui fortifie. || En termes .le médecine, moyens corroborants, les moyeu qui , suffisamment prolongés, ont la vertu d'augmenter la force de la constitution. || Substantivement. Les corrobor.mts. Le grand air, le séjour i la campagne, une bonne nourriture sont des corroborants.

— SYN. corroborant, tonique, excitant. Ce qui corrobore donne de la force à la constitution; une bonne nourriture est corroborante. Ce qui est tonique, donne du ton, c'est-à-dire augmente l'activité d'un organe ou même de la constitution entière; les amers sont toniques. Ce qui est excitant cause une excitation momentanée du système nerveux; le café est excitant.

— HIST. xvi* s. Faut appliquer remèdes refroidissans et corroborans, pour repousser et empescher la fluxion des humeurs, paré, ix, 5.

— ÉTYM. Corroborer.

CORROBORATIF, T1VE (ko-rro bo-ra-tif, ti-v'), adj. || 1° Qui a la vertu de corroborer. Un moyen corroboratif, et, substantivement, un corroboratif. || 2° Terme de grammaire. Qui sert à corroborer, qui ajoute quelque force à l'expression.

— HIST. xvi"s. Choses adstringentes et corroboratives, paré, xxbis, 4 9.

— êtym. Corroborer.

CORROBORATION (ko-rro-ho-ra-sion), î. f. Action de corroborer; état de ce qui est corroboré.

— HIST. xvi's. La corroboration du cœur, paré, viii, 15. Et ont ces dits muscles interuptions nerveuses et transverses, pour la corroboration d'iceux, id. 1, 4 1.

— ÉTYM. Corroborer; provenç. corroboration; espagn. corroborocion ; ital. corroborazione.

CORRORORÉ, ÊE (ko- rro-bo- ré, rée), part. passé. Corroboré par un verre de vin chaud.

CORROBORER (ko-rro-bo-ré), v. a. || 1" Terme de médecine. Donner de la force, du ton. Le vin corrobore l'estomac. || Absolument. Il faut donner à cet enfant étiolé tout ce qui corrobore. || 2° En général, donner appui, force. Ces faits peuvent corroborer mon système.

— HIST. xv" s. Avec ses lettres de son scel, signées desonseingmanuel.etcorroboréesparun acte public et notarié, monstrel. i, 49. || xvi" s. Par intervalle on corrobore les entrailles, paré, xx, 36. Par leur aromaticité, ils corroborent la vertu animale, jo.

— -ÉTYM. Espagn. corroborât; ital. corroborare ; du latin corroborare, de cum, et roborare, fortifier, de robur, force (voy. rouvre).

CORRODANT, ANTE (ko-rro-dan, dan-t'), adj. Qui corrode. || Substantivement. Les corrodants. L'eau forte est un corrodant.

— HIST. xvi" s. Les ulcères virulentes et corrodantes, PARÉ, xi, il.

CORRODÉ, ÉE (ko-rro- dé, dée), part, passé- L'estomac corrodé par le poison.

CORRODER (ko-rro-dé), v. a. || 1° Ronger, faire des trous, des entamures. La rouille corrode le fer. || Fig. Exercer une action morale malfaisante. L'éloquence dangereuse de démagogues qui corrodent les institutions et les mœurs. || 2" Se corroder, v. réfl. Être rongé. Le fer se corrode aisément.

— HIST^xvi'S. Estouper quelque trou du palais, à cause que la verolle auroit corrodé ou coirompu l'os, paré, Introd. 2.

— ÉTYM. Provenç. corroder; catal. corroir; espagn. corroer; ital. corrodere; du latin corrodere, de cum, et rodere, ronger.

CORROI (ko-roi), s. m. Façon que le corroyeur donne au cuir. || Étendoir sur lequel l'apprêteur déplisse et étend les étoffes. || Épaisseur de terre, surtout de terre glaise, qui sert à retenir les eaux des fontaines, des réservoirs, etc. || Terme de marine. Enduit gras dit aussi courée et courai qu'on emploie pour les navires.

HIST. xiii" s. Des ci qu'il voit venir le roi, Deux

mil armés en son conroi, Partonop. v. 2167. Si prist grant cure et grant conroi De moi afaitier et garnir, ib. v. 4572. L'autre corroi sont à cent mile nombre, Agolant, v. 704. Le conroi de nos et de no maisnie, du cange, conredium. || xiv" s. Lesconrois qui sont appelle repas, id. t'o.

— ÊTYM. Provenç. conre, eonre», équipage, nouiriture; catal. conreu; espagn. correo; ital. corredo; bas-lat. conredium (et conredum, dans un texte du ix" siècle); mot hybride de cum, avec, et du flamand réden, préparer, qui correspond au moyen hautallemand oe-ret'len, anglo-saion ge-rœdian, goth

COR

raidjan. Conroi était un mot très-usité et ayant toute sorte de sens dérivés du sens primitif, qui est préparation.

f CORROIERIE (ko-roi-rie) , s. f. Atelier, art du corroyeur.

— HIST. xm" s. Et est accordé que nus ne poie [appuyé] riens, hors de l'uis, dedenrées qu'il vende, quant à corroieries, l.ir. des met. 226

— ÊTYM. Corroyer.

t CORROMPAIil.E (ko-ron-pa-bl'), adj. Oui peut être corrompu. Les matières organiques sent facilement corrompables.

hem. Ce mot, anciennement usité, pourrait

être employé à côté de corruptible, qui se dit moins communément de Ja corruption matérielle, et qui vient du latin enrruplibilis, tandis que corrompable est formé directement de corrompre.

— HIST. xm* s. Par nature estes corrumpables, la Rose, 4424. Il xiVs. Et leles choses sont sans nécessité et nient corrumpables, oresmk, Elh. \ta. Nostre nature est composée d'une chose et avec ce, d'une autre chose qui est corrumpable, id. ib. 225. Il xv" s. Le corps ne puet au monde demourer, Qu'à certain temps ne le faille pourir; Corrumpable est; si le faut retourner, Corrupcion et cendre devenir, E. desch. Poésies mss. f" 145, dans lacurne. || xvi's. 11 n'estoit aucunement corrumpable par presens,

AMYOT, Pêric. 33.

— ÉTYM. Corrompre; provenç. corrompable.

CORROMPRE (ko-ron-pre), je corromps, tu corromps, il corrompt, nous corrompons, ils corrompent: je corrompais; je corrompis; je corromprai; je corromprais; corromps, corrompons; que je corrompe, que nous corrompions; que je corrompisse; corrompant; corrompu, v. a. || 1° Rompre l'ensemble, et, par suite, gâter, détruire. Arsanes mit le feu partout et corrompit tout ce qui pouvait servir à l'usage des hommes, vaug. Q. C. tes. \\ Fig. Adieu donc! Fi du plaisir Que la crainte peut corrompre, la fout. Fabl. 1, 9. Vous corrompez tout par d'injustes usages, mass. Car. Voc. Comme toute chair a corrompu sa voie, id. ib. Motifs. Belle Aréthuse, ainsi ton onde fortunée Roule, au sein furieux d'Amphitrite étonnée, Un cristal toujours pur et des flots toujours clairs, Que ne corrompt jamais l'amertume des mers, volt. Henr. ix. Vous avez corrompu tous les dons précieux Que pour un autre usage ont mis en vous les dieux, id. Catil. 1, I. L'effroi qui me saisit, corrompant mon espoir.... id. Triumv. iv, 6. Vous comprenez assez quelle amertume affreuse Corrompait de mes jours la duiée odieuse, id. Zaïre, I, 2. Les novateurs dont les interprétations corrompaient la simplicité de la foi , ciiateaub. Génie, 1, 1, t. Je puis t'abandonner; oui, je mourrai content, J'ai corrompu ta joie, df.lav. Vêpres , sicil. iv, 5. || Altérer la forme, la figure, l'état de certaines choses. Corrompre la forme d'un chapeau. Ce sens a Vieilli. || Terme de corroyeur. Faire venir le grain à un cuir de vache. Corrompre la vache. || Terme de métallurgie. Corrompre le fer, en pétrir toutes les parties par le feu ou par le marteau. || Terme de cirier. Corrompie la cire, lui ôter la ductilité. || Terme de cartonnier. Corrompre les coupeauxou cartons, les recourber de manière que la partie concave soit du côté de la peinture des cartes a jouer. || Populairement. Corrompre l'eau, la corriger en y ajoutant un peu de vin, de vinaigre, de sucre, etc. || 2° Gâter par décomposition putride. La décomposition de substances organiques avait corrompu les eaux. La terre que nous habitons n'est devenue salubre que par les travaux de l'homme; dans son origine, elle était couverts de forêts et de marécages qui corrompaient l'air; c'est l'état actuel de Madagascar, raynal, Ilist. phil. iv, 4. H 3° Dépraver. Corrompre les mœurs. La flatterie le corrompit. Deux cœurs nés généreux qu'un traître a corrompus, volt. Fanât, m, -H. Cambyse, fils de Cyrus, fut celui qui corrompit les mœurs des Perses, boss. Ilist. III, t>. y 4° Altérer, modifier en mal, en parlant de la langue, du goût, du style. La lecture des mauvais auteurs corrompt le goût. Corrompre une langue. L'invasion des barbares corrompit le latin. Dans les arts d'imagination, tout ce qui n'est pas neuf ou brillant est inutile ; et la multi plication des ouvrages médiocres corrompt le goût au lieu de le former, condorcet, llaller. || Corrompre un texte. La négligence des copistes a corrompu bien des passages dans les auteurs anciens. 11 a omis ces paroles par un dessein outrageux, pour corrompre la pensée de ce père, pasc. Prov. Jlêfut. de la rép. à la W lett. Il découvre l'orgueil caché et l'hypocrisie des Pharisiens et des docteurs de la loi qui la corrompaient

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par leurs interprétations, boss. Ilist. 11, 6. ||5° Fig. Gagner quelqu'un par dons ou promesses. Il essaya de corrompre sus juges. On corrompit les témoins. C'est à qui se sent faible a corrompre son juge, uuiNAULT, la Comédie sans comédie, 11, 0. Il a\ait corrompu par argent la garnison, fén. Tél. xx. On l'accusait aussi d'avoir corrompu à force de présents la prêtresse de Delphes, qui avait ordonné, de la part du Dieu, de le rappeler de l'exil, roi.lin, Ilist. anc. Œuvres, Uni, p. 691, dans POUGEHS, Des moines, parcourant l'Helvétie alarmée, Divisent les tribus i't rurnuiip' nt l'armée, mass. UeMliens, v. Il Séduire, en parlant d'uni! femme. En poursuivant les fuyards, il fut tué par un des siens dont il avait corrompu la femme, BOSS. But. 1, 10. Crispe, fils de Constantin, mais d'un autre mariage, accusé par cette marâtre [la seconde femme de l'empereur Constantin] de l'avoir voulu corrompre, trouva son père inflexible, id. ib. I, 4«. || Absolument. Les vices n'y sont point un sujet de ridicule; corrompre ou être corrompu ne s'appelle point un usage ou une manière de vivre, montesq. Esp. xviii, 26. Ce Philippe qui, mieux qu'homme du monde, savait diviser pour réduire et corrompre pour asservir, mabmont. Élém. litt. Œuvres, t. vm, p. 80, dans pougens. Il 6° Se corrompre, v. réfl. Se putréfier. La viande se corrompt rapidement dans les jours chauds et orageux. Je vois qu'un corps tel que l'eau est divisible, muable, sujet a se corrompre, à se geler, bodlainvilliers, Réfutation de Spinosa, p. 4). || Se dépraver, s'altérer. Les mœurs se corrompent. La langue grecque se corrompit peu à peu. Cette sagesse insensée, ingénieuse à se tourmenter, habile à se tromper elle-même, qui se corrompt dans le présent, qui s'égare dans l'avenir , boss. Duch. d'Orl. C'est une chose étonnante comment les langues se forment, s'augmentent, se perfectionnent, et comment, après un certain cours d'années, elles dégénèrent et se corrompent, rollin, Ilist. anc. Œuvres, t. xi, 2" part. p. 602, dans pougens.

— HIST. xii* s. Deus, quel duel [deuil] des prelaz que lur mestier ne funt ! Mucie est la lumière qui esclaire le munt [monde], Ilsuntli pullent cors que l'esperit corrunt, Th. le mari. GO. || xin" s. Qui gist en mortel pechié est corrumpuz, Psautier, f°2). Li lius [lieu] estoit tout corrompus, et moult i ot mors de gens, Chr. deliaiiis, 177. Nostre coustume a corrumpu ceste loi et suefre que testamens se prueve par deus loiax tesmoins, bsadm. xn, 40. Et parce est le [la] droite mesure du souverain corrompue en plusors liex, si comme il est dit dessus, m. xxvi, 12. Et por ce loonz [conseillons] noz à toute manière de juges qu'il se gardent de prendre dons par les quix il soient corrompu, id. xl, 33. Donques li baillis doit estre soufrans et escoutans, en tele manière qu'il laist à cex qui sont devant li en jugement, dire toute lor volenté et tout ce qu'il lor plera, partie contre autre, et sans corrumpre lor paroles, id. )9. Il xiv s. Ceulx qui ont l'apetit corrompu et la volonté pour malvois vices se delettent en choses qui ne sont pas bonnes à l'ame, oresme, Eth. <9. J'ai pour l'amour de toi grant paine recheûe, Et en terre et en mer; mais Diex m'a secorue; De nul homme de char n'ai esté corrompue, Daud. de Seb. m, 132. Icellui suppliant a congneu que ses diz tesmoings il avoit induis et corroz, et leur avoit promis de donner le vin, mais qu'il/, déposassent à son entension, du cange, corrumpere. || xv s. Et pour ce que je n'y veux mettre ni ester [à la matière de ses chroniques], oublier ni corrompre, ni abréger, froiss. 1, 1, t. (|xvr s. De peur que les grains ne se corrompent et pourrissent, mont, h, I8g. S'ils faisoient quelque appointement avec serment solennel, il duroit jusques à ce que l'une des parties se trouvast la plus forte, pour le corrompre et violer, et vaincre par malice, lanoue, 55. Une oligarchie corrompue comme aussi fut celle d'Athènes, id. 65. Il estimoit estre convenable de déposer la substance du feu en garde de personnes non corrompues ny polluées, amyot, Numa, 17. Ses ambassadeurs corrompirent deux des meilleures et plus anciennes maisons de la ville, id. Pub!. 5. Se laisser corrompre par argent, id. Aie. et Cor. comp. 8. Boire de l'eau puante et corrompue, id. Anton. 21. On luy fit entendre que la tourmente estoit sur la montagne, ce nonobstant on ne luy sceut dissuader de passer ce jour là, pensant corrompre [rompre, vaincre] le temps, contre l'opinion de tous, m. du bell. 621. Hormis qu'il se trouvoit fort las et corrompu [courbatu] , à cause du tourment qu'il avoit souffert, paré, xix, 32.

— ÉTYM. Provenç. corrompre ; catal. corromprer; espagn, corromper; ital. corrompere ; du latin cor-

COR

rumpere, de cum, et rumpere, rompre. L'an

lu participe corrompu, avait aussi corrot un corrout, dont le simple se trouve: un roui ou roupt, un nombre fractionnaire. ompu est un participe fait sur le verbe français; corrol : revient directement du participe latin

I nrrûptui, avec l'accent sur ru.

CORROMPU, VE (ko ron-pu, pue), part, posas* d? corrompre. || 1° < . t. Tout le ]

été corrompu par l'ennemi qui battait en reti

II Peu usité en ce sens. || g* Altéré, en parlant de langues, de textes, etc. 11 <■ t étonnant que Belleau, Jodelle et Dubartas aient été sitôt suivis d'un Racan et d'un Malherbe', et que notre langue, à peine corrompue, se soit vue réparée, la druy. i. La critique qui restitue dans le-, auteurs les endroits corrompus, donne des éditions.... d'ai.kmh. Explic. sytt. conn. hum. Œuvres, t. 1, p. 335, dans poix

Il 3° Gâté par décomposition putride. De l'eau corrompue. Unsang noir et corrompu roulade sa plaie, fén. TH. xv. Il 4" Dépravé. Des meeurscorrompues. Je neveux nulle place en des cœurs corrompus, mol. Vit. i, i. Les hommes corrompus n'ont aucune pudeur, et ils sont toujours prêts à toutes sortes de bass fén. Tél. xxiv. Les illusions mêmes de l'amour se purifient dans un cœur chaste et ne corrompent qu'un cœur déjà corrompu, J. 1. rouss. llél. n, 27. Leur religion est un mahométisme extrêmement corrompu par les superstitions indiennes, raynal, Ilist. phil. I, 8. y 5' Séduit par argent. Une sentinelle ayant été corrompue laissa; approcher les assaillants. Il On dit quelquefois substantivement. Un corrompu, les corrompus, les gens qui ont de mauvaises mœurs, et surtout les gens qui se laissent corrompre par l'argent, et, en politique, ceux qui par intérêt passent du côté du pouvoir.

f CORROND (ko-rron), s. m. Terme de métallurgie. Extrémité d'une barre dont l'étirage n'a pas été achevé faute de chaleur suffisante.

CORROSIF, IVE (ko-rro-zif, zi-v'), adj. p-Qui corrode. Substances corrosives, celles qui, mises en contact avec les parties vivantes, les désorganisent peu à peu. On devait user de remèdes moins corrosifs, boss. Var. x. Il en renforce les traits comme une eau forte et corrosive, j. j. rouss. llél. 11, 3. Il Substantivement. Les corrosifs. Le nitrate d'argent est un puissant corrosif. || 2" Fig. La parole corrosive de ce calomniateur.

— HIST. xur' s. X la maille [tache à l'œil] qui est enclose Covient mult curuzive chose, Us. St-Jean. Il XV s. La poudre, qui corrosive estoit, lui gasta et mangea trestout l'œil, rouis xi, Nouv. 11. || xvi' s. Ulcères corrosives et chancreuses, pare, v, 19. Médicament corrosif, m. xi, 18.

— ÉTYM. Provenç. corrosiu, corrossiu; espagn. et ital. corrosivo; du latin corrosirus (voy. coukoder).

CORROSION (ko- rro-zion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. Action, effet de ce qui est corrosif. La corrosion de l'estomac par l'arsenic. || Par extension, se dit de l'effet des eaux sur leurs rivages. 11 avait grimpé avec une peine infinie sur une roche escarpée, pour voir de là le cours du Sercliio et la corrosion qu'il causait à ses rives, fohten. Manfredù

— - HIST. xiv s. Leur corps seufire continuelment une manière de corrosion, oresme, Elh. 225. || xvi's. Dont s'ensuit corrosion aux parties qui sont sous le cuir, paré, v, (t. Par corrosion de certaine humeur acre qui tombe aux gencives, id. xv, 27.

— ÊTYM. Provenç. corrosio, corrossio; espagn. corrosion; ital. corrosione ; du latin corroiionem (voy. corroder).

fcORUOSIVETÉ (ko-rro-zi-ve-té) , s. f. Qualité de ce qui est corrosif.

— HIST. xv" s. Et là où corrosiveté aucune se trouvera en ma tractation non agréable à chascun, que icelle vuelient plus imputer à la nature du temps qu'à la perverse et oblique intencion de l'aucteur, G. chastel. Expos, sur vérité mal prise.

— ÊTYM. Corrosif.

f CORROYAGE (ko-ro-ia-j'), s. m. Art du corroyeur; dernière préparation que le corroyeur donne au cuir. H Terme de métallurgie. Réunion de plusieurs barres de métal qui doivent être soumises à un nouvel étirage.

— ÊTYM. Corroyer.

CORROYÉ, ÉE (ko-ro-ié, iée), par*, passé. Cuir corroyé. || Fer conoyé.

CORROYER (ko-ro-ié; plusieurs disent ko-roi-ié), je corroie, tu corroies, il corroie, nous corroyons, vous corroyez, ils corroient; je corroyais, nous corroyions, vous corroyiez, ils corroyaient; je cor. royai;je corroierai; je corroierais; corroie, corroyons; que je corroie, que nous corroyions, que vous

cou

corroyiez; que je corroyasse; corroyant; corroyé, v. a. || 1° Préparer le cuir pour les divers usages auxquels il est destiné. Corroyer des peaux, des cuirs. || 2" Corroyer du bois, le dégrossir extérieurement. || 3° Corroyer du fer, le battre à chaud; soucier ensemble plusieurs tiges au marteau. || 4° Pétrir soi- ,-ement le sable, la chaux, etc. avec de l'eau, pour en faire de meilleur mortier; ou bal ire de la terre pour en faire un corroi. Corroyer un canal, un bassin, le garnir d'un corroi. La plus grande partie des glands n'avaient pas levé; les pluies de l'hiver avaient tellement battu et corroyé la terre qu'ils n'avaient pu percer, buffon, Exp. sur les végit. 2e mém. Les murs étaient corroyés de stuc mêlé de bouse de vache, bern. de st-p. Ch. ind. || 5° Terme de fonderie. Corroyer du sable, en écraser toutes les mottes, pour le rendre plus maniable.

— hist. xn*s. X honur [il] les fil cunreer, U ke il volorent sejurner, Rou, v. 0448. || xm* s. La nuit [il] le fait en sa maison jesir, Et cunreer et richement servir, du cange, conredium. I.i mangiers fu richement conreé, id. ib. Et sur ces cercles getent piaus de moutons que l'en appelle piaus de Damas, conreées en alun, joinv. 230. || xvi* s. Plolemaeus commanda que l'on pendist le corps de Cleomenes, l'ayant devant conroyé, amyot, Agis et Cléom. 72. L'escorce de laquelle les taneurs courrayent leurs peaux, palissy, 2). Les terres argileuses de quoy l'on se sert pour tenir lesdiles eaux, faut qu'elles soyent conroyées, id. <77. Puis faut avoir une chausse de cuir de chien conroyé, pake, xxi, 24. La peau de bouc escorchée, seiebée et courroyée par les taneurs, id. Animaux, 2t.

— ÉTYM. Corroi; anc. wallon, coureir; rouchi, eorer ; namurois, conrer; provenç conrear, arranger, régaler; espagn. conrear, donner la secoude Façon à la terre; ital. corredare. Conreer avait, dans l'ancien français, tous les sens qu'avait conroi, et signifiait en général disposer, arranger, préparer. Bien qu'on trouve dans le bas-latin corregeria, corroierie, corregerius, corroyeur, provenç. corrigier, anc. catal. correjer, espagn. correero, portug. correciro, ital. corregiajo, courroie, les sens divers qu'a corroi en français montrent qu'il provient de l'ancien français conrot.

t CORROYÈRE (ko-ro-iê-r') , s. f. Terme de botanique. Espèce de sumac dont les feuilles sont employées pour tanner les cuirs.

— ÉTYM. Corroyer.

CORROYEUR ( ko-ro-ieur ; plusieurs disent koroi-ieur; Ménage recommande de ne pas prononcer conroyeur, ce qui était un archaïsme, l'ancienne forme étant conroi , et il ajoute qu'on prononce corrayeur), s. m. Celui qui corroie les cuirs.... Et l'animal de somme Passe du jardinier aux mains d'un corroyeur, la font, vi, n. Cléon [un démagogue athénien] était fils de corroyeur et corroyeur lui-même, kollin, Hist. anc. Œuvres, t. m, p. 497, dans pougens.

— HIST. xm' s. Quiconques est corroiers à Paris, il doit ouvrer as us et as coustumes de la vile, Liv. des met. 234. Nus corroiers ne puet rendre son aprenti, se li mestre ne va outre mer ou il ne gist ou lit de langueur, ib. 235. Nus ne puet estre baudroier à Paris, ce est à savoir conreeur, de qui por fere courroies.... ib. 224. ||xvi«s. Un cordonnier et un conroyeur, d'aub. Hist. i, 78. Peaussiers, corroyeurs , paré, xxiv, <o. Les corrayeurs, palissy, 33.

— ÉTYM. Corroyer; wallon, côreû; namurois, connu; bas-lat. conreator. Il y a eu confusion entre corroyeur venant de conreer, et corroier venant de courroie.

f CORRUDE (ko-rru-d') , s. f. Terme de botanique. Asperge sauvage (asparagus acutifolius, L.).

— ÉTYM. Latin, corruda.

f COP.RCGATEUR, TRICE (ko-rru-ga-teur, tri-s'), adj. Terme d'anatomie. Oui plisse. Muscle corrugateu. , et, substantivement, le corrugateur, le muscle sourcilier, parce qu'en se contractant il fait froncer le sourcil.

— ÉTYM. Voy. C0RRUGAT1ÛN.

f CORRUGAT10N (ko-rru-ga-sion) , s. f. Terme didactique. Froncement, plissement. La cornigation de la peau par l'action des muscles sous-jacents.

— ÉTYM. Lat. corrugatio, de cum, et ruga, ride (voy. ride).

CORRUPTEUR, TRICE (ko-ru-pleur, ptri-s), s. m. et f. || 1° Celui, celle qui corrompt les mœurs, l'esprit ou le goût. Fallait-il dans l'exil chercher des corrupteurs? rac. Brit. i, 2. Eux seuls [les mauvais prêtres] sont les corrupteurs des peuple», mass. Confér. Excell. Fuyant des corrupteurs les conseils désastreux , briffault , Ninus II , u, 2. Quelus et

COU

Saint-Maigrin, Joyeuse et d'Espernon, Jeunes volupiueux qui régnaient sous son nom, D'un maître efféminé corrupteurs politiques, Plongeaient dans les plaisirs ses langueurs léthargiques, volt, llenr. i. Toutes les nouveautés utiles lui semblaient des sacrilèges, et tous les étrangers dont leczar se servait pour exécuter ses grands desseins lui paraissaient des corrupteurs, m. Russie , ii, to. Un lâche, un corrupteur, un traître l'a séduite, ducis , Othello, i, 4. || 2° Celui, celle qui par dons ou promesses détourne quelqu'un de son devoir. La loi punit les corrupteurs de témoins. U abdiquera lu d'ambassadeur ou de dépulé pour prendre celui de corrupteur, le seul qui puisse lui réussir, raynal, Hist. phil. xix, 3. || 3° Celui qui altère un texte. C'est un insigne corrupteur de l'Ecriture, maucroix, ScMsme, liv. u, dans richei.et. || 4° Adj. Une doctrine corruptrice. Nous avons rejeté ces présents corrupteurs, Trop étrangers pour nous, trop peu faits pour nos mœurs, volt. Scythes, i, t. Que ne puis-je à la fois engloutir sous le Tibre Ces métaux corrupteurs d'un peuple jadis libre! H. J. chén. Gracques, n, 3. C'est là que tous les préjugés d'une éducation corruptrice sont ébranles par les maximes de la nature et de la raison, marmont. Elém. litt. Œuvres, t. x, p. 340, dans pougens. 11 laissait Barclay faire aux soldats français et à leurs alliés ces adresses corruptrices qui avaient tant ému Napoléon, siccuk, Hist. de N'apol. vm, t.

— ÉTYM. Lat. corruptor, de corruptum , supin de corrumpere . corrompre.

CORRUPTIR1LITÉ (ko-ru-pti-bi-li-té) , s. f. État, nature de ce qui est corruptible.

— ÉTYM. Provenç. corruptibililat; espagn. corruptibilidad ; ital. corruttibililà ; du latin corruptibilUtitt'm (voy. corrompre).

CORRUPTIJiLE (ko-ru-pti-bl') , adj.\\l' Qui est sujet à corruption. Les matières corruptibles. Notre âme d'une nature spirituelle et incorruptible a un corps corruptible qui lui est uni, hoss. Hist. Il, 6. || 2" Qu'on peut corrompre, en parlant des personnes. C'est un homme très-corruptible. Ils seraient donc plus délicats que les courtisans et les gens de robe, qui voient tous les jours avec plaisir représenter des marquis fats et des juges ignorants et corruptibles , lesage , Critique de Turcaret. Cet exemple et mille autres prouvent que l'imagination est la plus corruptible des facultés de l'âme, marmont. Essai sur le goût, Œuvres, t. iv, p. 360, dans pougens. || S. m. Nom donné à des hérétiques du sixième siècle, qui prétendaient que Jésus-Christ avait été sujet aux douleurs, aux passions, et que sa chair était corruptible.

— HIST. xiv s. Choses corruptibles, oresme, Tlièse de meunier. ||xv* s. Un édifice que feu né fer ne autre chose corruptile ne pourra consumer, Rouciq. IV, ch. 46. || xvi* s. Le corps qui est corruptible aggrave l'ame, Calvin, 67. Le privilège de quoy nostro ame se glorifie, de renger les choses qu'elle estime dignes de son accointance, à desvestir et despouiller leurs conditions corruptibles, et leur faire laisser à part, comme vestemens superflus et viles, l'espesseur, la longueur, la profondeur....

MONT. II. t08.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. corruptible; ital. corruttibile ; du latin corruptibilis (voy. corrompre).

t CORRUPT1F, IVE (ko-ru-ptif, pti-v'), adj. Qui a la propriété de corrompre.

— hist. xiv* s. Chose juste n'est pas corruptive ou corrumpance de cité, oresme , Thèse de meunier.

— ÉTYM. Provenç. corruptiu; espagn. corruplivo ; du latin corruptivus (voy. corrompre).

CORRUPTION (ko-ru-psion; en poésie, de quatre syllabes), s. f. || 1° Rupture d'un ensemble, altération en général. Pour peu qu'on veuille s'appliquer à bien examiner ce système, il sera facile de se convaincre qu'il est le meilleur, le mieux proportionné et le moins sujet à corruption qui se puisse nieltre en usage, vaub. Mme, p. 128. Toute la conséquence qu'on peut tirer de cette diversité d'opinions, c'est que les uns ont considéré la comédie dans sa pureté, lorsque les autres L'ont regardée dans sa corruption, mol. l'rèf. du Tartuffe. || Altération dans un texte. Il y a corruption dans ce texte-là. || Altération du langage, du goût. Les innovations amènent la Corruption des traditions littéraires. La corruption du latin dans les temps qui suivirent l'invasion des barbares. || Par extension. Ce mot est formé de tel autre par corruption. Le chef du conseil d'Aragon portait le titre de grand justicier, et, par corruption, celui simplement de justice, st-sim. s'J, 166. rue s'appelait anciennement la rue de l'Égyptienne,

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