‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 374 sur 403 · I. — iot · texte numérisé non relu

I. — iot

COU

rou

militaire. Couche de fusil, disposition plus ou moins courbée d'une crosse. Plaque de couche, semelle de la crosse. || il" Toile dans laquelle on met le pain pour le faire lever. |j 12° Terme de brasseur. Disposition du grain dans le germoir, en un tas carré, avant la fabrication de la bière. || 13° Terme de charpente. Pièce de bois pour supporter des étais ou pour retenir des terres. || 14° S. f. plur. Terme de marine. Assemblage de pièces qui entrent dans la composition d'un mât.

— HIST. xir s. Il de terre levad, e sur une culche s'assist, Rois, 4(4. En sa culche dormeit, ib. 458. || xiii* s. Un grant tapis d'ovre [œuvre] entaillé Sur la cuche [il] jeta e mist, Lai del désiré. Neis [même] au soir, quant ge me couche, Ains que vous reçoive en ma couche; Si cum prodons fait sa moillier, la Rose, 8904. Sor tex [telles] couches cum ge devise, Sans rapine et sans convoitise, S'entre acoloient et baisoient Cil cui li geu d'amors plaisoient, ib. 8469. De ta fille [Jésus] feïs ta mère; Tiex fu la volonté du père; De la crèche te fit-on coche, Sans orguel est qui là se couche, euteb. h, 20. Loing [elle] trova de son hospital Une femme qui aloit mal; La bone dame fist la couche, Dedenz une granche l'acouche, L'enfant receut et en fut baille, id. il , 203. Et assemblé sunt [les animaux], et en leur colche seront raloé, Psautier, f° 425. || xv" s. Et douce main pour remuer Le parient et le ruer Doucement en lit ou en couche, eust. desch. Poésies mss. f" 420, dans lacurne. X deux coups ay perdu six francs; Pour autres six voulez-vous bien ? Couche, je ne refuse rien, id. ib. f°375. Porté fu le roy de sa couche en son lit, christ, de pisan, Chartes V, m, ch. 7). || xvi* s. Couche [enjeu], j. mahot, t. v, p. 408. Ils dormoyent à terre sans lict ne couche, calvin, Instit. 40(3. L'enfant sera puis enveloppé en une couche ou linge, pare, xvi, 37. Nous diviserons le potager par planches, couches , quarreaux , vazes , diversement nommés, o. de serres, 505. La hauteur de la couche [à melons], appellée couvrir, monlera jusques à deux ou trois pieds sur terre, id. 543. La couche nuptiale, mont, i, 97. Il requit les dieux que tout ce qu'il toucherait se convertist en or.... son vin feut or, son pain or et la plume de sa couche, id. ii, 339. De quelle espèce d'animaulx a jamais nature tant honoré les couches, la naissance et l'enfantement [il s'agit des alcyons pour qui la mer devient calme]? ID. ii, 497. En quaresme sont toutes maladies semées, c'est la vraye pépinière, la naïfve couche de tous maulx, rab. Pant. v, 29.

— ÉTYM. Provenç. colga (voy. coucher).

COUCHE ,ÉE (kou-ché,chée) , part, passé. \ 1 1° Eten-

du sur un lit. Les gens de la maison couchés et endormis. Presque tous les hommes, quoique couchés sur des fleurs, ne sauraient dormir, s'il y en a une seule feuille pliée en deux, fonten. Dial des morts, Mi- Ion et Smyndiride. || 2° Par extension, étendu sur le sol ou sur quoi que ce soit. 11 approche du roi couché sur la poussière, rac. Théb. v, 3. Dans ses propres États privé de sépulture, Ou couché sans honneur dans une foule obscure, id. Mithr. i, 3. Le comédien couché dans son carrosse jette de la boue au visage de Corneille qui est à pied, la bruï. xn. Quoi mortes! quoi, déjà sous la pierre couchées I Quoi I tant d'êtres charmants sans regards et sans voix! v. hugo, Orientales, 33. || Terme de blason. Pièce couchée, pièce dont la race regarde le côté droit de l'écu. || Terme de botanique. Plante couchée, plante qui étale ses rameaux sur la terre, sans que ceux-ci y envoient des racines. || 3° X soleil couché, un peu après que le soleil est couché. Avant soleil couché. Après soleil couché. || 4° Rédigé. Il y eut une proposition couchée en ces termes, boss. Var. 4. Cette condition est couchée en termes formels dans le prophète Isaïe.... id. Paix, 2. Voici comment il [ce compromis] est couché dans les Écritures, id. Satisf. 4. Ces cinq articles ainsi abrégés et couchés en règles générales, sont, je ne l'ignore pas, sujets à mille difficultés, J. J. rouss. Paix perpét. || 5° Inscrit. Elle se trouvait encore couchée sur l'état des dépenses, hamilt. Gramm. 7. N'étant pas couché sur l'état de sa maison, je n'eus rien, j. j. rouss. Conf. n. Vous êtes couché sur l'état en qualité d'ingénieur des troupes de débarquement, id. Hél. m, 25 J'aurais regret d'être

obligé d'écrire, Et de vous voir couché dans mon procès-verbal, mol. Tort, v, 4. || Proverbe. On est plus couché que debout, c'est-à-dire la vie est bien courte à l'égard de l'éternité.

COUCHÉE (kou-chée), s. f. L'endroit où l'on coucheeu voyîge. Eth couchée encore assez distante, Iktjiii. Urais. 11 n'y aquunecouchéed'icià Vannes,

sév. 6«8. Je vous suis à toutes vos couchées; vous serez demain àChâlon, où vous trouverez une de mes lettres, id. 333. Mademoiselle pleura de la séparation de tout ce qu'elle connaissait; mais on sut après, qu'elle s'était consolée dès la première couchée, st-sim. 62,35. Zadig suivit l'ermite à la dernière couchée, volt. Zadig, 20. 11 passa la journée à méditer ce beau dessein , et il en remit l'exécution à la première couchée, le sage, Gil Blas, i, 3. || I.e souper et le logement des voyageurs dans une hôtellerie. J'y entrai sans un sou pour payer ma couchée, j. J. rouss. Conf. iv.

— hist. xvie s. Puis après, pour faire une entrée honorable à Paris, avoit pris sa couchée à Sainct- Denis, d'aub. Hist. i, 205.

— ÊTYM. Couché; provenç. cotcada.

t COIXIIE-POINT (kou-che-poin), s. m. Trépointe du talon d'un soulier ou d'une boite. || Au plur. Des couche-points.

4.C0CCHER (kou-ché), ». a. || 1° Mettre au lit. Coucher un enfant. Les valets de chambre viennent coucher leurs maîtres. Les garçons de la noce venaient coucher l'épousée. || 2° Étendre quelqu'un ou quelque chose tout de son long sur la terre ou sur quoi que ce soit. Coucher une échelle. On coucha le blessé sur un matelas. Coucher une bouteille sur le côté, la vider. || Terme d'horticulture. Plierles rameaux jusqu'à terre et les couvrir de terre pour qu'ils prennent racine. || Terme de doreur. Coucher d'assiette, coucher une couleur rougeâtre pour servir de préparation à recevoir l'or. Coucher de fond, étendre une couleur sur les rouleaux de papier avant de les imprimer. || Eig. Coucher quelqu'un sur le carreau, l'étendre sur la place mort ou grièvement blessé. Dieu dans un moment a couché ce géant (Galérius] sur la terre, chateaub. Hart. 11, 314. Ainsi le trait fatal dans les rangs se promène, Et comme des épis les couche dans la plaine, lamakt. Méd. Il, 45. Ils couchèrent sur la plaine environ mille cavaliers, plus de quinze mille fantassins et bon nombre d'éléphants, le p. catrou, dans desfontaines. Il 3° Incliner, pencher, rabattre quelque chose. La pluie et le vent couchent les blés. Coucher le poil d'un chapeau. Coucher des galons, une dentelle sur uue étoffe. La brise qui soulève ou couche les épis, lamakt. Ilarm. 1, 5. || Terme de marine. Coucher un bâtiment , l'incliner pour le caréner. On dit aussi que le vent couche un bâtiment, quand il l'incline sur le côté. || Terme de manufacture. Ranger avec la brosse le poil sur un drap tondu à fin. || Fig. Coucher le poil à quelqu'un, le flatter, le cajoler. Il 4° Coucher en joue, donner au fusil une position couchée, horizontale, en l'ajustant à l'épaule et contre la joue pour tirer. || Fig. Que l'on couchait en joue, et de plus d'un endroit, Celle dont il a vu qu'une lettre en avance Avait si faussement divulgué la naissance, mol. l'Ét. tv, 4. Il crut que ces longues paupières n'avaient jamais couché que lui en joue, hamilt. Gramm. 7. La villageoise est belle et jeune, je l'avoue; Don Alphonse, en passant, peut la coucher en joue, scarron, Dom Japhel, 1. 4. Si tu t'aperçois que quelque parent de don Gonzale ait de grandes assiduités auprès de lui et couche en joue sa succession, tu' m'en avertiras aussitôt, le sage, Gil Bios, îv, 7. || 5° Etendre en couche. Coucher une couleur, de l'or, de l'argent sur.... H Terme de peinture. Coucher des -couleurs, les étendre avec le pinceau l'une à côté de l'autre avant de les fondre. Ii 6° Coucher quelque chose par Écrit, mettre par écrit. Couche de ses faveurs l'histoire par écrit, Régnier, Sal. x. Nous faisons profession de ne coucher dans ces mémoires que ce que nous tenons de celui même dont nous racontons les faits, hamilt. Gramm. 4 4. Voici comment Luther coucha l'article vi du sacrement de l'autel, boss.

Variai. IV, § 35 Tu te souviens qu'au village

on t'a dit Que ton maître est nommé pour coucher par écrit Les faits d'un roi.... boil. Ép. xi. On vient d'exiler un conseiller de notre parlement, parce qu'il a prêté sa plume à coucher les remontrances que le corps a cru devoir faire au roi, montesq. Correspondance, 61. Le vieil officier, de son côté, se piquait de savoir bien coucher par écrit, le sage, Gil Blas, vu, 42. Il 7° Inscrire. Coucher quelqu'un sur une liste, sur l'état des pensions. Coucher un article en recette, en dépense. Dans peu de temps, j'espère Y voir coucher [dans un testament] mon nom en riche caractère, regnard, iég. 1, 4. ||8° Terme de jeu. Mettre comme enjeu. Il est grand joueur, il couche mille écus sur une carte. Coucher gros, jouer très-gros jeu, et fig. risquer beaucoup. || On dit, au neutre, coucher de tant. || Fig. Coucher gros, avancer quelque c;.ose d'exUuoidinaiie; vieux en

ce sens. La corneille.... Qui, croassant partout d'un orgueil effronté, Ne couche de rien moins que l'immortalité, Régnier, Sal. 11. Vous couchez d'imposture et vous osezjurer! corn, le Menteur, m, 5. Il ne couche pas moins que de faire employer pour lui toutes les puissances, Trévoux. Tu couches d'imposture el tu m'en as donné, mol. l'Ét. 1, 40. Il 9° V. n. Prendre son repos de nuit. Coucher dans un lit, sur un matelas. Coucher sur la dure. Chambre à coucher. Pygraalion ne couche jamais deux nuits de suite dans la même chambre, de peur d'être égorgé, pén. Tél. liv. m. || 10° Loger ou passer la nuit. 11 coucha dans une hôtellerie. Coucher en ville. Coucher dans la rue. Elle le retenait souvent à coucher, hamilt. Gramm. 6 Vous ennuyezvous point De coucher toujours seul? une esclave assez belle Etait à mes côtés; voulez-vous qu'on l'appelle? la font. Fabl. vm, 4t. J'ai couché plus mal quelquefois, dit-il; ayez seulement soin de cet enfant qui me conduit et qui est plus délicat que moi, marmont. Bétisaire, 1. || Coucher à la belle étoile, et, populairement, coucher à l'enseigne de la lune, coucher en plein air. || Coucher dans son fourreau comme l'épée du roi, ou, simplement, coucher dans son fourreau, coucher tout habillé. Il 11° Coucher avec une femme, avoir commerce avec elle. Jupiter, en couchant avec Alcmène, fait une nuit de 24 heures, volt. Mœurs, miracles. On ne pouvait coucher ensemble la première nuit des noces, ni même les suivantes, sans en avoir acheté la permission, montesq. Esp. xxvili, 4t. Un autre vous promet de vous faire coucher avec les esprits aériens, pourvu que vous soyez seulement trente ans sans voir de femme, id. tell. pers. 68 Déjà, pour commencer dans l'ardeur qui m'enflamme. Je vais dire partout qu'il couche avec ma femme, mol. Sganar. 4 7. || 12° Se coucher, v. réfl. Se mettre au lit. Us se sont couchés fort tard. Est-ce donc pour veiller qu'on se couche à Paris? boil. Sot. vi. Pour moi, fermant ma porte, et cédant au sommeil, Tous le» jours je me couche avecque le soleil , id. t'6. Je ne me couche point qu'aussitôt dans mon lit Un souvenir fâcheux n'apporte à mon esprit Cent histoires de morts lamentables.... id. Sal. x. 11 se couche tranquillement sur une nouvelle qui se corrompt la nuit, la bruy. 1. T'attendre aux yeux d'autrui, quand tu dors, c'est erreur; Couche-toi le dernier, et vois fermer ta porte, la font. Fabl. xi,3.|| Familièrement. Se coucher comme les poules , se mettre au lit de trèsbonne heure. || Populairement. Allez vous coucher, c'est-à-dire laissez-moi tranquille. || 13° S'étendre. Le reste.... se couche contre terre et sans faire aucun bruitPasse une bonne partd'une si belle nuit, corn. Cid, iv, 3. Éconduit, il [le courtisan] insiste; repoussé, il tient bon; qu'on le chasse, il revient;qu'on le batte, il se couche à terre, p. l. cour. Simple discours. Il Terme de manège. Le cheval se couche en vache, lorsque, dans le décubitus sternal, les talons de ses sabots et les extrémités des branches du fer viennent heurter et contondre la peau du sommet du coude. Il Se coucher sur la volte, se dit d'un cheval qui, malgré son cavalier, force ses inclinaisons dans les changements de direction. || Être couché, étendu. Ce collet est mal taillé, il ne se couche pas bien sur l'habit. Sur deux tréteaux boiteux se couchait une porte, Régnier, Sat. xi. [| 14° Passer audessous de l'horizon , en parlant des astres. Le soleil se couchera bientôt. Â Paris, la Grande Ourse ne se couche jamais. || Proverbes. Pour boire de l'eau et coucher dehors il ne faut demander congé à personne. H II ne faut pas se dépouiller avant de se coucher, c'est-à-dire il ne faut pas faire, de son vivant, donation de son bien à des enfants ou à des héritiers. || Comme on fait son lit on se couche, c'est-à-dire il faut se résigner à subir les conséquences de sa conduite. ||Si vous n'en voulez point, couchez-vous auprès, se dit très-familièrement à une personne qui refuse une offre que l'on croit raisonnable.

— REM. 1. Se coucher signifie se mettre au lit, s'étendre pour dormir: nous nous sommes couchés à minuit; et coucher, v. n. signifie passer la nuit, le temps du sommeil : il a couché en ville. Ainsi il ne faut pas dire : il est allé coucher, mais il est allé se coucher, quand on parle de se mettre au lit; maison dirait: il est allé coucher dans la rue, c'est-à-dire il est allé passer la nuit dans la rue. || 2. Coucher, v. n. ne se construit qu'avec l'auxiliaire avoir; cependant Racine a dit : Il y serait couché sans manger ni sans boire, Plaid. 1, 4. C'est une licence que rien n'empêcherait d'imiter en poésie.

— HIST. xi' s. Sur un perron de marbre bloi se culche, Ch. de liol. n. Descent à piet, à la terre se culche, ib. CILVilI. louant il se dresse, li soleil»

cou

est culchet, t'b. clxxvii. S'en ma merci [il] ne se culzt à mes piez.... t'b. clxxxix.

— m* s. Et el sepoucre cocher et repouser, Ronc. p. 6. Quant à tes pies [elle] se co\icha à hamlon, t'b. p. 48. [Il] Coche s'arlens, durement s'Immelie, t'b. p. 55. Dès le matin jusqu'à soleil couchant, t'b. p. 68. Sa chemise qu' [il] eut vestue, [il] M'envoia pour embrasser; La nuit, quant s'amour m'arguô, [je] La met delez moi couchier, Dame de faiel, dans Couci. E à la nue terre se culchout en ses dras Que il aveit le jur, ne changout altres pas. Th. le mart. t02.

— un" s. De paour [elle] va à dens sur la terre couchier, Berte, xix. En croi sur l'herbe drue doucement [elle] se couchoit, t'b. xxvm. Vous deus dedens ma chambre ensemble [je] coucherai, t'b. lvii. Rois, ce n'est pas ma fille qui ci estoit couchie, ib. xc. Quant il vinrent laiens, si se coucierent et reposèrent jusque? à l'endemain après la messe que il alerent au castiel où li cuens estoit, h. de valenc. xvi. Li rois Loeys ses pères se coucha au lit mortiel, et le convint partir de cest siècle, Chr. de Retins, p. 40. Dont sont tous nos François cochié à genoillon; Or oïez de Jhesu, en qui croire devon, Corn a fait grant vertu, por confondre Mahon, Ch. d'Ant. m, 618. Si tost com ou sépulcre [le St-Sépulcre] iert m'ofrande coucie, Et je l'aurai baisié et m'orison fenie, ib. i, 9)2. Par devant le segneur desoz qui il couque et lieve, beaum. 68. Et s'il ne le trueve d'aventure, il doivent aler 1ère lor semonce à lor ostel où il est couquans et levans, m. 50. Dusqu'à tant que les paroles sont couquies en jugement, id. vi, (4. Quant je fus couchié en mon lit, là où je eusse bien mestier [besoin] de reposer, joinv. 230. 11 m'apoia, au passer que je fis, de son glaive entre les deux espaules, et me coucha sur le col de mou cheval, m. 225.

— xv" s. Mon très redouté et souverain seigneur, je me mets et couche du tout en vostre ordonnance et en la disposition de vostre haut et noble conseil, froiss. il, m, 93. Après ce coup là veïssiez Autres coups aller et tenir, Et flourins aller et venir; L'un couchoit de seize tous francs, E. desch. Poésies mss. f°392, dans lacurne, au mot effacer. Auquel [Brissonnet] il faisoit conseiller de se faire prestre et que il le ferait cardinal, à l'autre couchoit [prometlait] d'une duché, comm. vu, 2. Qui sçauroient le coucher en meilleur langage que moy, id. Prol. Coucher une lance en arrest, id. i, 3. Il dresse le bras dextre à tout la lance au poing ....et quant il fut temps de coucher, il coucha tout droit bonne lance, et tourna sur son ennemy, Perceforest, t. v, f°6. Couchier à dix, lever à six, le roux de lincy, Prov. t. II, p. 164.

— xvi* s. Mais qu'il s'allast coucher, et qu'il couchast bien soigneusement la médaille sur ses roignons, mont, i, 95. Au lieu de coucher ces advis sur ses meurs, chascun les couche en sa mémoire, id. i, lu. Les femmes couchant à part de leurs maris, id. i, 237. On les couchoit sur des charriotes pleines de bruyère, id. i, 238. Je couche de peu [j'avance, je risque peu], car.... id. iv, (24. Il les portoit l'un après l'autre par terre à chacune rencontre, sans que jamais sa lance fut couchée en vain, yveh, p. 534. La confiscation des meubles appartient au seigneur duquel le confisqué est couchant et levant [domicilié], loysel, 840. Drogues couchées avec le pinceau, palissy, 313. Nous ne laisserons pas de coucher par escript les choses dignes de mémoire que nous avons peu amasser du roy Numa, amyot, Numa, 2. Il ne luy restoit plus qu'à coucher l'edict er. bons termes, id. SoZon, 25. Ils les trouvèrent qu'il estoit ja soleil couché, id. Pyrrh. 2. Il se trompoit, car il n'eust seu coucher d'un nom plus désagréable aux habitans que celui du roi, d'aub. Hist. il, 441. Se coucher en chapon le morceau au bec [se coucher de très-bonne heure], Débat de folie et d'amour, p. 99, dans lacurne. Qui se couche avec les chiens, se levé avec les puces, cotgrave. Qui avec malheureux couche, il a froid, quoiqu'il

lui touche, LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 383.

Ils ne sont pas trestous couchez encore, qui auront malvais repos anuict, palsgr. p. 422.

— ÊTYM. Bourguig. cochai; picard et rouchi, couker; wallon, coûkl; namurois, couchi; provenç. colgar, colcar; ital. colcare, corcare, cortcare; du latin collocare, mettre, poser, de col, pour cum, avec, et locare, placer (voy. louer). Le sens général de placer a été réduit au sens particulier de mettre dans un lit ou dans une position analogue à celle qu'on a dans le lit : coucher une lance en arrêt. L'espagn. et le portug. colgar signifient appendre.

». COUCHER (kou-ché; l'r ne se lie jamais), *. m.

Il 1" Action de se mettre au lit. J'étais à son coucher. || Le coucher du roi ou, simplement, le coucher, réception qui précédait le coucher du mi. Je viens du coucher, où le discours n'a roulé que sur vous, hamilt. Gramm. 7. || Petit coucher, l'intervalle de temps entre le bonsoir que le roi donnait à tout le monde étranger, et le moment où il se couchait effectivement, pendant lequel il demeurait avec les officiers les plus nécessaires de sa chambre ou avec ceux qui avaient un privilège particulier pour y rester. Pour aller au Louvre au petit coucher, mol. Pn'c. se. h. || On écrit aussi couché. Moi, pourvu que je puisse être au petit couché, Je n'ai point d'autre affaire où je sois attaché, mol. Jfi'î. il, 5. || Dicton juridique. Au coucher se gagne le douaire, le douaire n'est point acquis à la fournie avant que le mariage ne soit consommé. || 2° Position d'une personne étendue horizontalement. Coucher en supination ou sur le dos, coucher en pronation ou sur le ventre, et coucher sur l'un ou l'antre côté. || 3° Couchée. Il ne paya rien pour son coucher. || 4° Manière dont on couche. Un bon coucher. Il est délicat pour le boire, pour le manger et pour le coucher. Le coucher dessus la dure, la psalmodie de la nuit et le travail de la journée attirent le sommeil à ce corps si tendre, boss. la Val- Hère. || La garniture du lit, matelas, etc. || 5° Terme d'astronomie. Moment où un astre passe scus l'horizon. Au coucher du soleil. De beaux couchers de soleil. Les couchers et les levers du soleil. Les astronomes distinguent trois couchers des étoiles: le cosmique, l'acronyque et l'héliaque. || Se dit aussi des tableaux qui représentent le soleil se couchant. Il a dans sa galerie un très-beau coucher de soleil.

— hist. xvi" s. Il luy fut donné deux autres villes, l'une pour son vestir, l'autre pour son coucher, amyot, Thém. 63. La mollesse au vestir et coucher, mont, i, (83.

t COUCUERIE (kou-che-rie) , s. f. Terme populaire. Commerce charnel.

— ÊTYM. Coucher.

COUCHETTE (kou-chè-f), s. f. || 1° Bois de lit, et surtout petit lit, comme ceux des enfants. Une couchette de bois de noyer. Tout est aux écoliers couchette et matelas, la font. Fabl. v, il. On appelait les lits couches quand ils avaient dix ou douze pieds de long sur autant de large, et couchettes quand ils n'avaient que six pieds de long et six de large, saint-foix, Ets. Paris, Œuvres, t. m, p. 71, dans pougens. || 2" Couche. Mais le plus heureux des maris, En quittant sa couchette, Demain se pavanera, bérang. Célibat. || Un mignon de couchette, un beau fils, un jeune homme bien fait et de toilette élégante. De ce beau mignon de couchette, scarron, Virg. Irav. n. Le voilà, le beau fils, le mignon de couchette, Le malheureux tison de ta flamme secrète, mol. Sganar. se. 6.

— HIST. xv" s. Et incontinent s'en alla jetter dessus une couchette estant en la chambre , J. de troyes, Chron. (465. Il aperçut d'aventure, aux pieds de la couchette, un bahut qui estoit à sa femme, louis xi, tiouv. xxvn. || xvi" s. Battre très bien sa femme et la faire coucher en la couchette, et celle qu'il aimoit au grand lit, marg. Nouv. xxxvii.

— ÊTYM. Diminutif de couche.

COUCHEUR, EUSE (kou-cheur, cheû-z'),s.

m. et f. || 1° Celui , celle qui couche avec une autre personne. Son coucheur cette nuit se retourna cent fois, la font. Gascon puni. || Il n'y a rien à faire avec cette veuve depuis qu'elle a un coucheur, qu'elle est remariée. || Un mauvais coucheur est celui qui fait du bruit la nuit, qui découvre son camarade, qui l'empêche de dormir ; et fig. un homme difficile à vivre, querelleur. Soit que le lit où il coucha ne fût pas bon, ou que Doguin ne fût pas bon coucheur, il ne put dormir de toute la nuit, scarron, Roman com. ch. 5. || 2° Coucheur ou couchart, ouvrier qui dépose la feuille de papier sur les feutres. || Coucheuse, celle qui, dans le point d'Alençon, couche la bride; c'est une espèce de réseau.

— HIST. xvi" s. Il avoit assez souvent ouï dire quel coucheur c'estoit, desper, Contes, xlih.

C0UCH1S (kou-chi), s. m. || 1" Couche de sable et de terre sur laquelle on établit le pavé d'un pont. || Pièces de bois qu'on pose sur les fermes des cintres pour supporter une voûte pendant sa construction. || Couchis de lattes, le lattis d'un plancher. || Assemblage de bouts de planches posées horizontalement dans une tranchée de fondation. || 2" Terme de jardinage. Synonyme de marcotte. || Nouvelles pousses de la garance.

— ETYM. Cvucher.

t COUCHOIR, (kou-choir), t. m. Instrument de

COU

relieur. || Petit instrument de buis avec lequel les doreurs prennent les feuilles d'or.

— ÊTYM. Coucher.

t COUCIIURE (kou-chu-r'), s. f. Défaut des dents d'un peigne d'acier qui se renversent. || Terme de broderie. Le point d'un fil qui, couché le long du dessin, est embrassé de distance en distance par un autre fil.

Corel- COUCI (kou-si -kou-si) , loc. ode. X peu pus, tout au plus. Ai-je pas réussi En tout ce que j'ai dit depuis? — Conci-couci, moi.. Vfilour. iv, 5. Puisse l'eofknt sans merci Vous forcer à rendre hommage À quelque Iris de village, Dont le coeur fourbe et volage Vous aime couci-couci, desiichilières, dans riciiei.et.

— ÊTYM. Ital. coA cosi, ainsi ainsi; de cum, avec, et sic, ainsi. On l'a aussi écrit à l'italienne: Je prétends être noble et non pas, Dieu merci, De ceux qui seulement le sont cosl cosl , th. corn. flon Rertrand Cigaral, iv, I. Vu l'étymolop> serait mieux d'écrire par deux st coussi roussi que, comme on fait, par un c. C'est ainsi du reste qu'on l'a souvent écrit: Celui [feu] qui brilla notre Truie, X comparer à celui-ci, N'éla t qu'un feu coussicoussi, scarron, Virg. trav. v.

COUCOU (kou-kou), s. m. || l'Oiseau du genre des pies qui dépose ses œufs clans le nid des autres oiseaux. Le coucou est un oiseau voyageur. L'élégant historien du coucou a essayé de justifier les procédés singuliers et presque dénaturés de l'oiseau, bonnet, Conlempl. nat. 5" part. ch. 6. Un misérable oiseau pensa me rendre fou X force de crier coucou, coucou, coucou, boursault, Merc. gai. m, 4. Elle [Junon] tient de sa droite une grenade, symbole mystérieux qu'on n'explique point aux profanes; de sa gauche, un sceptre surmonté d'un coucou, attribut singulier qui donne lieu à des contes puérilsi barthf.l. Anach. ch. r>3. L'oiseau nommé coucou des Canaries répétait son chant monotone, ciiateaub. Voy. Amer. 340. || 2° Pendule à coucou, ou, simplement, coucou, nom d'horloges venues d'Allemagne, qui, au lieu de sonner l'heure, font entendre le cri du coucou. || Se dit aussi , par extension, de toutes ces petites horloges de bois qui se font en Allemagne et ne sonnent pas l'heure, mais auxquelles on adapte souvent un réveille-matin. || N"iu que les voleurs, dans leur argot, donnent aux montres. || 3° Jouet d'enfant en forme de soufflet imitant le cri du coucou. || 4° Terme de jardinage. Fraisier qui fleurit beaucoup, mais ne fructifie pas. || 5° Petite voiture publique pour les environs de Paris. || 6° Terme de botanique. Le narcisse des bois. || La lychnide fleur de coucou. || Pain de coucou, la primevère officinale. || 7° Sorte de jeu de cartes, appelé aussi as qui court. || 8° Coucou! cri que fait en jouant l'enfant qui croit être bien caché. || 9° Synonyme mitigé de cocu.

— hist. xiii" s. Villains vestu de gris entre les chevaliers Hesanble le cucu entre les espriviers, gf.ffroi, Notices et extraits, p. 83. Quant du coucou oient le cri, Ne sorent quex oisiaus ce fu, marie, Fable 22. || xv" s. Qui au gieu mourra, je conclus, Sur lui chantera li cucus, Et tuit li tavernier aussi; Atant fine le gieu joli, e. desciiamps, le Dirt du jeu de dés. || xvi* s. J'ay beau lui remonstrer, je ne fais non plus que le coucou aux cannes, cotgrave,

—ÊTYM. Onomatopée. Génev. cocu; latin, cuculus; grec,xoxxu£;allem. Kuckuk; ital. cucolo; esp. cuco.

f COUCOUER (kou-kou-é) ou COUCOULER (koukou-lé) , v. n. Se dit du cri du coucou.

— ÊTYM. Coucou.

f COUCOUMELLK (kou-kou-mè- 1') , s.f. Nom vulgaire de l'oronge blanche, sorte de champignon.

f COU COUPÉ (kou-kou-pé), 1. m. Nom vulgaire du gros-bec fascié, qui vient du Sénégal. || Au plur. Des cous-coupés.

— ÊTYM. Cou, et coupé; dit ainsi à cause de la couleur de son collier qui tranche avec celle du corps.

t COUCOURELLE (kou-kou-rè-1'), ». f. Variété de figue.

COUDE (kou-d'), s. m. || 1" La partie de l'articulation du bras a\ec l'avant-bras qui est opposée à la saignée, ou, anatomiquement, angle saillant formé par l'apophyse olécrane à la partie postérieure de l'articulation du bras avec l'avant-bras. Il lui donna un coup de coude. [Un homme déguenillé qui a] Ses grègues aux genoux, au coude int,

Régnier, Sat. il. Plusieurs se parlèrent des yeui et du coude en se retirant, et puis à l'oreile st-sim. 60, «3. Je ne puis pardonner les coups de coude que je reçois régulièrement et périodiquement, montesq. Lett. peu. M. || Coude à coude, si

COU

près qu'on se louche les coudes. En ce cercle Mme la princesse était à la tête des duchesses, en retour comme elles, et coude à coude de la première , st-sim. 6*, 73. || Fig. Mettre les mains jusqu'au coude dans quelque chose, en prendre sans réserve, et aussi s'enfoncer tout à fait dans quelque chose, dans quelque sujet. On dit dans le même sens, mettre le bras jusqu'au coude. || Fig. Hausser le coude, aimer à boire, faire un excès de boisson. M. le duc de Bourgogne fut si aise qu'il en haussa le coude jus qu'à tenir des propos si joyeux qu'il ne pouvait le croire le lendemain , st-sim. 274, (70. || Terme de vétérinaire. Région du membre antérieur ayant pour base Polécrane ou partie principale de l'os cubitus. || 2° Endroit de la manche qui correspond au coude. Son hahit est percé au coude. Sa mère [de l'abbé de Mailly] l'y força [à l'état ecclésiastique] , et lui laissa percer les coudes jusqu'à ce qu'il se fît prêtre, st-sim. 150, 4 85. Dois-je trouver mauvais qu'unméchant pourpoint noir, Qui m'a duré deux ans, soit percé par le coude? scarron , dans richelet. || 3° Angle saillant, brusque changement de direction. Cette muraille fait un coude. La rivière faisait un coude au pied du verger, j.j. rouss. Hél. îv, 4 4. Ici le chemin qui se dirigeait E. et 0. fait un coude et tourne au N. chateaub. Ilin. n, 235. || Endroit d'un cep d'où sort la branche qui donne le raisin. || Coude de baïonnette, partie cylindrique et courbée de la baïonnette des fusils de munition. || Bout de tuyau de plomb servant à raccorder, dans le tournant d'une conduite, les tuyaux de fer. || Bout de tuyau en tôle par lequel on change la direction d'une suite de tuyaux de poêle. || Proverbes. Il ne se mouche pas du coude, on le voit bien sur sa manche, locution par laquelle on fait valoir d'une façon très-familière et quelquefois ironique l'habileté de quelqu'un. On dit aussi dans le même sens : il ne se mouche pas du pied. |] Quand on a mal aux yeux, il n'y faut toucher que du coude, c'est-à-dire il ne faut pas porter les doigts à un œil malade, et, figurément, il ne faut pas toucher aux choses pénibles, douloureuses.

— HIST. xir s. Par som le coûte [la main] lui fu du cors partie, Ronc. p. 4 4 5. Sur un cute à un moine li sainz huem s'apuia, En sun séant s'assist.... Th. (e mari. 4 39. ||xin*s. X genous et à coûtes [elle) va la terre incliner, Berte, xlhi. Mes ce vit il bien tout sans doute Que plus la longor du coûte Fu ele levée en l'air amont , buteb. h, 436. Tant ont no chevalier ans Sarrazins caplé, Que desci que aus keutes en sont ensanglenté, Ch.d'Ant. m, 696. Si vous loe et conseille que toutes les foiz que il nous geteront le feu, que nous metons à coûtes et à genoulz, et prions nostre Seigneur que il nousgete de ce péril, joinv. 222. ||xiv* s. Vindrent à l'église où il avoit fait espier le conte, et vint par derrière si comme le conte esloit à coudes et à genoulx sur le pavement, Chr. deSl-Denis, f" 253, dansLACURNE. Il xvi" s. Ils se font demander la paix à coudes et à mains jointes, d'aub. Hist. n, 4 85. Pour eslargir les coudes des Roiaux [les mettre à l'aise] , id. 16. Ht, 24 8. Lui estant permis de s'en aller la mèche esteinte et le mousquet sous le coude, id. 16. m, 337. Le ply du coulde, paré, iv, 23. Ce nom de coulde est usurpé en trois significations : car quelquesfois il est pris pour toute la partie de la main comprise entre le bras et le poignet ; quelquesfois pour l'os intérieur de la susdite partie; quelquesfois pour la partie supérieure du dit os, laquelle tourne dans l'orbite du bras et est appellée olecranon, id. iv, 26. La vertu assignée aux affaires du monde est une vertu à plusieurs plis, encoignures et coudes, pour s'appliquer et joindre à l'humaine foiblesse» mont, iv, 4 31. Ce qui faict veoir tant de cruautez inouies aux guerres populaires, c'est que cette canaille de vulgaire s'aguerrit et se gendarme, à s'ensanglanter jusques aux coudes et deschiquetter un corps à ses pieds, n'ayant ressentiment d'aultre vaillance, id. m, 4 09.

— ÉTYM. Picard, keute; Berry, code; provenç. code,coide; catal. coke; espagn. codo; ital. cubito; du latin cubitus.

COUDÉ, ÉE (kou-dé, dée), part, passé. Qui présente un coude, un angle saillant. Le mur coudé en cet endroit. Si j'ai préféré des haricots coudés naturellement, c'a été pour éviter les dérangements que j'aurais pu y occasionner en les coudant moimême, bonnet, Usage des feuilles, 5* met». || Arbre, ou essieu coudé, essieu qui porte les grandes roues de la locomotive.

COUDÉE ;kou-dée), s. f. || 1° Mesure de longueur d'environ un pied et demi, ainsi nommée parce qu'elle représente à peu près la distance du coude

COU

au bout du doigt du milieu. On distinguait plusieurs coudées : coudée naturelle chez les Égyptiens, de *50 millimètres; coudée royale, de 525; coudée olympique, de 462; coudée haschémique, de 640. L'empereur Julien marque dans une lettre à Ecdice, préfet d'Egypte, que la hauteur du débordement du Nil s'était trouvée de quinze coudées le 20 septembre [en 362], rollin, îlist.anc. Œuvres, 1. 1, p. 36, dans pougens. Elle [une machine] jetait une pierre du poids de trois cents livres et une flèche de douze coudées à la dislance d'un stade, c'est-à-dire à cent vingt-cinq pas de là, id. ib. t. x, p. 37. La hauteur de la figure [la Minerve de Phidias] est de vingt-six coudées; elle est debout, couverte de l'égide et d'une longue tunique ; elle tient d'une main Ja lance, et de l'autre une victoire haute de près de quatre coudées, barthél. Anach. ch. 4 2. Il 2° Familièrement, coudée prise dans le sens d'usage du coude et usitée seulement dans la locution : avoir ses coudées franches, avoir, quand on est assis avec plusieurs personnes, quelque espace autour de soi, de manière à n'être pas gêné par ses voisins ; et fig. n'être ni contraint ni gêné dans ce qu'on veut faire. Si c'était une paysanne, vous auriez maintenant toutes vos coudées franches à vous en faire la justice à bons coups de bâton, mol. G. Dand. 1, 3. Vous avez toutes vos coudées franches pour votre syndic, sév. 4 76. Villars était ravi de se débarrasser de l'électeur et de ses troupes, pour avoir ses coudées plus franches, st-sim. 420, 64. .

— HIST. xii* s. Roiz fu Nabugodonosor ; Une image fist faire d'or, Soisante coltées [lisez coltés] de haut tour, Et siz coltées out de laour [largeur], Roman de Rou, ms. p. 445, dans lacurne, au mot collée. Il xvi' s. Par là, Caen eut ses coudées plus larges, d'aub. Hist. m, 226. Estendre ses coudées, oudin, Curios. fr. Respondons à l'ambition , que c'est ellemesme qui nous donne goust à la solitude; car que fuit elle tant que la société? que cherche elle tant que ses coudées franches? mont, i, 273.

— ÉTYM. Coude; provenç. copdada; catal. colsada. 11 y a aussi une forme masculine : provenç. coydat. C'est une forme masculine semblable (collé) qu'il faut lire dans le passage du roman de Rou cité dans l'historique; avec coltées, dans les deux vers, la mesure n'y est pas; avec collés elle y est. Or, il est de règle que, ces vieux poëtes versifiant très-bien , la mesure doit toujours être exacte.

t COUDF.LATTES(kou-de-la-t'), s. f.plur. Terme de marine. Pièces de bois pour recevoir la tapière, dans une galère.

COU-DE-PIED (kou-de-pié), s. m. || 1° Terme d'anatomie. Articulation de la jambe avec le pied. Il 2" Dans le langage ordinaire, partie antérieure et supérieure du pied, sur laquelle se noue ordinairement la chaussure. \\Au plur. Des cous-de-pied.

— REM. L'Académie dit que quelques-uns écrivent, abusivement, coude-pied. C'est, en effet, une faute; non pas parce que le pied n'a point de coude, raison qu'allèguent quelques grammairiens, car il n'a pas non plus de cou ; mais parce que cou-de-pied est l'ancienne locution, et que c'est effectivement à un cou que nos anciens ont comparé cette articulation.

— HIST. xii' s. Uns grans sollers aveit, ke uns frères li porta; Entur le col ilel pié à nuals les laça, Th. le mart. 60. || xvi* s. Il estoit blessé sur le col du pied d'un coup d'espée, M. du bell. 475. La branche sera choisie droite, polie, grosse, comme le col du pied, 0. de serres, 801.

— ÉTYM. Cou, de, et pied.

COUDER (kou-dé), t). a. Plier en forme de coude. Couder une barre de fer. J'ai fait entrer, dans un grand poudrier de verre blanc , de dix pouces de hauteur sur trois pouces de largeur, deux des haricots étiolés, en les coudant de manière que leur sommité a été inclinée en bas dans l'intérieur du poudrier, bonnet, Usage des {milles, supplément S*. Il Se couder, v. réjl. Prendre la forme d'un coude.

— ÉTYM. Coude.

f COUDOIEMENT (kou-dol-man) , *. m. L'action de coudoyer les autres.

— ÉTYM. Coudoyer.

t COUDOIR (kou-doir), s. m. Traverse pour poser le bras dans un canapé.

— ÉTYM. Couder.

t COUDONNIER (kou-do-nié), s. m. Un des noms vulgaires du coignassier,

— ÉTYM. Lat. coloneum, coing (voy. coing). COUDOYÉ, ÉE (kou-do-ié, iée; d'autres disent

kou-doi-ié, iée), part, passé. Heurté du coude. Mais

Evrard, en passant, coudoyé par Boirude, Ne sait

| point contenir son aigre inquiétude, non.. Lulr. iv.

COU

COUDOYER (kou-do-ié; quelques-uns disent koudoi-ié), je coudoie, tu coudoies, il coudoie, nous coudoyons, vous coudoyez, ils coudoient; je coudoyais, nous coudoyions, vous coudoyiez, ils coudoyaient; je coudoierai; je coudoierais; coudoie, coudoyons, coudoyez; que je coudoie, que nous coudoyions, que vous coudoyiez: que je coudoyasse; coudoyant; coudoyé, v. a. || 1" Heurter quelqu'un du coude. Il faut prendre garde de coudoyer les gens. Je coudoyai les plus proches pour me faire place, d'ablancourt, iuct'en, t. n, dans richelet. Jetez-vous dans la foule et tranchez du notable, Coudoyez un chacun, point du tout de quartier; Pressez, poussez, faites le diable, mol. Impr. Remerc. au roi. J'ai trop de répugnance à coudoyer un mort, mol. l'Étour. n, 5. || 2- Fig. La décence même y babille, Et par la gaité qui prend feu, Se laisse coudoyer un peu, bérang. Gourmands. Le vieil arbre que l'âge ploie, Le donjon qu'un moulin coudoie, v. hugo, F. d'aut. 34. || Fig. et familièrement. On n'est pas tous les jours coudoyé par un homme de génie, c'est-à-dire un homme de génie se rencontre rarement. Sans être coudoyé par un Démosthène ou par un Cicéron, dider. Essai sur Claude. || 3° Se coudoyer, v. réfl. Se toucher l'un l'autre du coude. Nous étions si serrés à table, qu'il était impossible de ne passe coudoyer. On s'arrête, on s'assied, on voit passer la foule Qui sur l'étroit degré se coudoie et se foule, lamart. Ilarm. m, 6.

— HIST. xvi' s. X pied je me crotte jusques aux fesses, et les petites gens sont subjects par ces rues à estre chocquez et coudoyez, àfaulte d'apparence, mont, iv, 278.

— êtym. Coude.

COUDRAIE (kou-drê), s. f. Lieu planté de coudriers. Il Par extension, toute esp'ce de bocage. L'ébat qu'on prit sous la coudraie. la font. Troq.

— HIST. xu*s. Je l'ai veiï Là jus sous la coudroie, Romancero, p. 67. || xvi' s. Es olivetes, amendaies etcoudraies, cinq ou six toises d'entre-fossé satisferont, o. de serres. 642. Sous ces adresses nous édifierons la coudraie, soit ou par plant enraciné, ou par branche, id. 681.

— ÉTYM. Coudre 4 .

t COUDRAN (kou-dran), s. m. Terme de marine. Goudron.

—ÉTYM. Voy. goudron.

f COUDRANNER (kou-dra-né), v. a. Terme de marine. Tremper une corde dans le goudron.

— ÉTYM. Coudran.

f COUDRANNEUR (kou-dra-neur), s. m. Terme de marine. Celui qui goudronne les cordes.

— ÊTYM. Coudranner.

i. COUDRE (kou-dr'), s. m. Coudrier, noisetier.

— HIST. xii* s. Belles et droites vont les coudres croissant, Ronc. p. 4 56. ||xiii* s. Desor une coudre menue, Tien. 23942. Se l'execucion de mort a de quoi soldre, Lors en envoient l'ame en Dieu plus droit que coldre, J. de meung. Test. 409». Et remirer ces biaus moriers [mûriers], Ces pins, ces codres, ces loriers, la Rose, 4298. || xvi" s. Il avoit un coudre blanc en main avec un petit fusil, d'aub. Fcen. H, 40. Glands, fannes, cornouilles, cormes, couldres [noisettes], et semblables fruits basiards que les arbres sauvages produisent, o. de serres. 336. Les barreaux sont de til [tilleul], et la perchette blanche Qui traverse la cage est d'une coudre franche, rons. 736.

— ÉTYM. Bourg, queudre; picard, keudre, caure; Berry, cceudre; normand, la coudre; ital. côrilo; paysde Côme, caler; bas-lat. colrina, dans un texte du IX* siècle; du latin corylus, noisetier.

2. COUDRE (kou-dr'), je couds, tu couds, il coud, nous cousons, vous cousez, ils cousent; je cousais; je cousis, nous cousîmes ; je coudrai; je coudrais; couds, cousons, cousez, qu'ils cousent;que je couse, que nous cousions; que je cousisse; cousant; cousu, v. a. || 1° Attacher au moyen d'un fil passé dans une aiguille. Coudre deux morceaux d'étoffe. Coudre une pièce à un vêtement. Coudre un bouton, un cahier. La vieille crut qu'on pouvait sans dommages Du livre affreux détacher quelques pages; Elle en prend quatre, et les coud proprement Pour relier un volume vivant [l'enfant de choeur dont la culotte était déchirée], gresset, Lutrin viv. j| Absolument. Elle coud très-bien. Je l'ai vue heureuse et parée; Elle cousait, chantait, lisait, bérang. Jeanne la rousse. Et c'est assez pour elle, à vous en bien parler, De savoir prier Dieu, m'aimer, coudre et filer, mol. Éc. desf. i, 4. || Fig. On ne saitquelle pièce y coudre, on ne sait quel remède y apporter. || Coudre la peau du renard à celle du lion, joindre la ruse à la force. Car, disait-il, partout où la peau du

cou

lion ne peut atteindre, il faut y coudre la peau du renard, hollin, Ilist. anc. Œuvres, t. îv, p. 77, dans poitgens. Vous savez coudre avec encor plus d'art Peau de lion avec peau de renard, la font. Poésies mêlées, xlii, à Tvrenne. || 2° Par extension. X sa naissance on le coud dans un maillot, J. J. Botss. Ém. 1. || Terme de treillageur. Arrêter les parties d'un treillage en bois par des liens de fer. || Terme de vannier. Lier les sarments avec de l'osier. || Terme de pêche. Coudre un filet, joindre plusieurs filets de la même espèce pour en former un grand. || Terme de marine. Coudre un bordage, le clouer sur les membres. || 3° Fig. Assembler , mettre bouta bout. Si l'on cousait ensemble toutes les heures que l'on passe avec ce qui plaît, l'on ferait à peine d'un grand nombre d'années une vie de quelques mois, la bhuy. îv. || l' Assembler sans art. Il croyait avoir tout sauvé en cousant à ses expressions le mot de sacramentel, boss. Var. 4. De sorte que, pour ne point rompre le fil de la pièce, on s'avisa de les coudre au sujet du mieux que l'on put, mol. Fâcheux, préf. Je ferais comme un autre, et, sans chercher si loin, J'aurois toujours des mots pour les coudre au besoin, boil. Sat. n. Je sais coudre une rime au bout de quelques vers , m. ib. vn. Quand on ne s'applique qu'à des actions détachées, on coud des lambeaux qui ne sont point faits les uns pour les autres, fén. xxi, 39. On leur apprend à coudre des phrases de Cicéron, J. i. rouss. Ém. n. J'ai suivi leur projet quant à l'événement, Y cousant en chemin quelque trait seulement, la font. Fabl. vi, t.

— HIST. xii' s. Bêle Yolans en ses chambres seoit, D'un bon samit une robe cosoit, Romancero , p. 39. Bêle Yolans en chambre coie Sur ses genouz pailes desploie, Cost un fil d'or, l'autre de soie, ib. p. 53. Mère, de quoi me chastoiez? Est-ce de coudre ou de tailler? ib. p. 54. Adès senti les pointes li clers de la custure, Cum li saint le cusurent après la tailleûre, Th. le mart. (68. || xin* s. Et fu li vaissiaus bien cousus et poiés, et fu assis en l'aiguë [l'eau], Chron. de Rains, p. 95. Une meschine i troverez; Jo quid ke vus la conustrez : X chandele cust la pucele, Lai del désiré. Celé ki esveillée iu E le bliaut aveit cosu, ib. Un vermeil samit [elle] ot vestu, Estoit à las molt bien cosu, Lai de Uelion. Se aucuns cavatiers [savetier] mesprent en son mestier, si comme se il keust mauveisement un soulier ou de mauvais fil.... Liv. des met. 233. Et pour ce qu'il convient que il taillent et cousent les robes aus haus homes aussi bien par nuit corne par jour, ib. (44. Ces povres chapes mau cozues, ruteb. 256. || xv* s. Si l'emportèrent entre leurs bras dedans la forteresse, et luy cousirent, bandèrent et appareillèrent ses playes et le gouvernèrent si bien qu'il guarit, froiss. liv. i, p. 2î5, dans lacurne. || xvr" s. Quand la peau du lion n'y peult fournir, disoit-il, il y fault couldre aussi celle du regnard, amyot, Lysand. t). ]lz luy montraient leurs mains cousues à coups de flesches avec leurs pavois, m. Crassus, 48. Ayant les cheveux et la barbe tous hérissez et pouldreux, et le visage desfaict et cousu pour les ennuis qu'il avoit supportez, id. Cicéron, 60. 11 cousut celle pierre en sa ceincture, et puis nia qu'il l'eust prise, id. Anton. )04. L'on couche le patient dedans l'une de ces auges, et puis le couvre l'on de l'autre, et les coust onl'une à l'autre, m. Arlax. 20. Toutes lesdeux trouppes se revinrent coudre ensemble; et cette seconde meslée s'opiniastroit à bon escient, quand.... d'aub. Hist. i, 278. Peu de gens voulant coudre la besongne que cette chaude teste entreprenoit, m. ib.i, 303. Tout cela combattoit cousu de façon que les testes des chevaux alloient jusques aux arçons des ennemis, id. ib. n, 287.

— ÊTYM. Wallon, keûse, coudre, kosou, cousu; namurois, keûze; rouchi, keute; saintongeois, coudut, cousu; provenç. coser, cozir, cuzir; catal. cosir; espagn. coser; portug. coser ; ital. cucire; baslat. cucire, dans les Gloses d'Isidore, de consuere de cum, avec, et suere, coudre (voy. suture). La forme est très-contracte , mais régulière : consuere, donne cou-re, et, par l'attraction de la dentale par l'r, coudre, puis dans les temps primitifs reparaît i's du radical : je cousais, je cousis.

T COUDREE (kou-drée), s. f. Terme d'agriculture. Terre desséchée.

t COUDREMENT (kou-dre-man), s. m. Terme de tanneur. Opération qui consiste à tremper les peaux, les unes après les autres, dans une dissolution de noix de galle.

•f COUDRER (kou-dré), v. a. Terme de tanneur. Soumettre les cuirs au coudrement.

COUDRETTE (kou-drè-f), s. f. Coudraie. Tien-

cou

nette Qui par hasard dormait sous la coudrelte, la font. TYoq.On dansa horsdu village, sur le gazon, sous la coudrelte, p. L. cour, ii, 99.

— REM. Coudre étant féminin dans l'ancien français, coudrelte en est un diminutif et signifie proprement un petit coudrier; la coudrelte, dite ainsi d'une façon générale, signifie un ensemble de coudriers, et par conséquent une coudraie.

— HIST. xvi* s. Toy Perrot, prens en don ceste belle chevrette [cornemuse] : Son ventre est fait de cerf, son anche de coudrette, rons. 74s.

— ÊTYM. Coudre t ; Ardennes, cauretle, fruit du coudrier.

COUDRIER (kou-dri-é; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l'î se lie: les kou-dri-é-z et les noisettes),», m. Noisetier. Baguette de coudrier. C'est d'une baguette de coudrier que se servent ceux qui font tourner la baguette. Les coudriers noueux, les palmiers toujours verts, delille, Géorg. II.

— REM. Dans l'ancienne versification, coudrier était de deux syllabes, comme les mots analogues, ouvrier, sanglier, etc.

— HIST. xvi' s. Des coins de bois de coudrier ou sapin, paré, xiv, 9. Grenadier, coignier, coudrier, o. de serres, 637. Le fruit du coudrier est diversement appelle, avelaineset noisetes, id. 68 i. Je mis, pour t'essayer encores devant-hier, Dans le creux de ma main des fueilles de coudrier, rons. (61.

— ÊTYM. Coudre t ; Ardennes et rouchi, caurier; wallon, côri.

+ COUË, ÉE (kou-é, ée), adj. Terme de chasse. Qui a sa queue. Animaux coués, animaux à qui l'on n'avait point ôté la queue. || Inusité.

— ÊTYM. Queue (voy. ce mot).

COUENNE (koua-n'), s. f. || 1° La peau du cochon raclée. Couenne de lard. || La peau des marsouins. || 2° Terme de médecine. Nom donné quelquefois à certaines taches congénitales ou altérations locales de la peau. [| Couenne inflammatoire, couenne pleurétique, concrétion d'un blanc jaunâtre, formée à la surface du sang provenant d'une saignée qu'on laisse se cailler dans un vase. La couenne se montre dans les maladies inflammatoires en général, et surtout dans les phlegmasies de la plèvre ou du poumon.

— HIST. xnr s. Rasis, Constantin, Avicenne I ontlessié la couenne, laRose, )6I64. || xivs. Oindre l'escorce ou couane du porc, Ménagier, u,5. Comme un laboureur des champs a plus dure coane que le fils d'un roy, ib. m, 2. Quand les sangliers ont boutée et renversée la terre et la couenne de l'erbe pour querre les vers de la terre qu'ils mengent, Jfodus, f-xxxi, verso. || xvi* s. On en voit naistre d'aucuns ayans en quelque endroit du corps la figure et la substance d'une coinne de lard, paré, xxii, 3. Coenne de lard, id. ib. Cornue, cuenne, récipient, aludel, materas, id. m, 638.

— ÊTYM. Normand, quouane, gazon, sens qui se trouve à peu près dans un des exemples de l'historique; picard, quouane, bête, poltron; wallon, coiène; génev. couanne de lard, grande saleté, force, vigueur, avoir la couanne d'oser; provenç codena; ital. cotenna,codenna;napol.co(ena. Origine difficile à déterminer, qui paraît pourtant bien être le latin cutis, peau. La difficulté est de trouver un suffixe enna ou ena; si le mot venait de cutaneus, il serait en français couaine; et, si l'on supposait que couaine se serait changé en couenne, il faudrait admettre que ce mot vient du français dans les autres langues romanes; ce dont on n'a aucune preuve. Grandgagnage dit qu'en wallon on trouve cote di laine, peau de mouton, et que dans une ordonnance de 4735 on lit: Ordonnons que les laines d'agneaux et autres qui ne tiennent pas à la cotte.... Cote paraît bien venir de cutis; mais le suffixe n'est pas expliqué.

COUENNEUX, EUSE (koua-neû , neû-z'), adj. Terme de médecine. Couvert d'une couenne. Sang couenneux. Angine couenneuse, maladie très-grave dont un des caractères est l'exsudation d'une fausse membrane à la gorge.

— ÊTYM. Couenne; wallon, conièse.

t COUET (kouè), *. m. Terme de marine. Nom do certaines grosses cordes de vaisseau, qui s'amarrent aux voiles et qui sont différentes des écoutes.

). COUETTE (koi-f ou kouè-f), s. f.\\i' Lit de plumes. Coucher sur une couette. Elle les [les draps] fit venir à moitié de la couette , Régnier, Sat. xi. || i° Pièce creuse, de fer ou de métal, dans laquelle tourne le pivot d'une porte ou l'arbre d'une machine. || 3° Terme de marine. Couettes, ou coittes, ou coites, s. f. plur. Nom de deux fortes pièces de bois, qui, placées sous un bâtiment en construction, glissent avec lui quand on le lance à la mer.

COU

— HIST. xu* s. E li liz saint Thomas estelt appareilliez Desus un chaelit qui tut esteitquiriez D'une cuilte purpointe, d'un poi d'estraim junchiei, 77». te mart. 402. N'esloit pas de fuerre esmié La coucha ne de coûtes aspres, la Charrette, <tss. ||xiii* s. Kieutes [ils] i portent et tapis, Lai de Uelion. Kt ainçois que li rois fust couciés, entrèrent il en la sale où li rois Henris estoit acousté sour une coûte, Chr. de Rains, p. 16. Et quant par nuit dormir voloient, En leu de coites aportoient En lor casiaus monceaus de gerbes , la Rose, 8438. Ausinc [sur l'herbe] y poïst l'en sa drue [amie] Couchier comme sur une coite, ib. 1403. Et en aucun liu est il qu'on pot penre en cascun oslel une queute por les sorvenans, beaum. xxxh, )9. Ne coûte ne coussin, lin ceuil ne oreillier, Rerte, xxxvm. Je sui sans coûtes et sans liz; N'a si povre jusqu'à Senlis, ruteb. 3. || xiv* s. De lacceteetdou coessin,DUCANGE. coisinut. || xv« s. Une povre couste de vieille toile enfumée pour estuper le feu, froiss. h, h, 167. Si le menèrent glorieusement les prelatz et princes jusques en sa chambre, là où il se tint en sa quoyte jusques à my heure après mïdy, g. chastel. Chron. des ducs de llourg. p. i, ch. 9. || xvi* s. Or encor que fort peu vinssent aux mains sur les couetes et fagots, desquels la brèche estoit remparée.... d'aub. Hist. n , 280. Ils garnissent les nids de plume, laine, ou d'autre matière molle, comme s'ils leur preparoient une coulte ou un matelas, pare, Anim. 4. Ils couvrent les pommes avec du foirre , des linges, des couvertes, mesme avec des cottes da plume, o. dr serres, 248. X défaut de poule couvante, poserés les oeufs dans un large pannier parmi de la plume de coette , id. 371. Coettes, cuissins, oreillers, materas, id. 88).

— ÊTYM. Génev. coitre , couatre; norm. coete, keute; provenç. cousser, cosser, s. m. et cota, s. f.; espagn. et portug. colcha; du latin cûleita (et culcitra qui a donné coitre dans le genevois, colcedra dans l'ancien espagnol, càltrice dans l'italien). L'J qui se trouve dans la plus ancienne forme et dans le portugais, prouve qu9 ce mot ne peut venir du grec xotr/i; dans les formes où l'J a disparu, il est arrivé ce qui est arrivé aussi en d'autres mots, par exemple dans mou» ou mot pour moult, molt. En d'autres termes, les formes sans ( s'expliquent par une suppression dont il y a des exemples ailleurs, tandis que les formes avec l ne pourraient s'expliquer qua par un radical où cette lettre existerait.

t 2. COUETTE (kou-è-f) , s. f. Petite queue. Mot très-familier. || Un des noms de la mouette.

— ÊTYM. Diminutif de queue.

t COUFFE (kou-f) , s. m. Terme de commerce. Sorte de balle, de panier usité à Marseille et dans le Levant. Coufle de séné. Le sol était jonché de sacs de coton, de couffes de riz, chatealb. /(in. n, 20. Il On trouve aussi couffle.

— HIST. xiv s. De chascun cartal, un cofel; et d'un dimieg cartal, un dimieg cofel, du cange, cofellus. || xv s. Il print la coffe, la quelle estoit toute plaine d'eaue, et la gette sur les dittes femmes, id. ib.

— ÊTYM. Latin , cophinus, corbeille (voy. coffre).

t COUITQUE (kou-fi-k'), adj. Terme de philologie. Caractères coufiques, caractères dont ss servaient les Arabes avant le IV siècle de l'hégire. L'écriture coufique n'a pas de points diacritiques.

— ÊTYM. Coufa, ville de l'Irak arabe, où cette écriture était en usage.

j COUGUAR (kou-par) , s. m. Espèce de grand chat d'Amérique, dit aussi lion d'Amérique, tigre rouge, puma (felis concolor , L.).

— ÊTYM. « Le couguar , nom que nous avons donné à cet animal et que nous avons tiré, par contraction, de son nom brésilien euguacu ara, que l'on prononce cougouacounre, buffon, Hist. nat. t. IX, p. 2)6. note. • C'est Margraff qui a donné ce nom de euguacu ara, reproduit par Pison et adopté par Ray; mot guarani qui est écrit plus corn ment guaçu ara dans le Vict. guarani du P. Ituiz, et gvaru ara dans l'Histoire du Paraguai d'Azara.

\ COUI (koui) , s. m. Fruit gros , dont l'écorce dure sert à faire des ustensiles, et qui est rempli d'une pulpe blanche, aigrelette, employée comme remède populaire. On en fait un sirop, dit sirop de calebasse. C'est le calebassier proprement dit (crescentia cujete, L.).

f COUIER (kou-ié) , s. m. Corde qui attache la poupe d'un bateau au rivage.

— êtym. (jueue , la poupe étant comparée à la queue.

t C0U1LLARD (kou-llar, Il mouillées), s. m. Terme de marine. Sorte de cargue supplémentaire. || Pièce d'un moulin.

COU

t COUILLON (kou-llon , Il mouillées) , s. m. Terme de marine qui n'est guère usité que dans la Méditerranée. Petit tapon d'étoupe placé dans une poche que l'on fait faire à une voile, de manière à former une espace de bouton auquel on amarre du bitord pour tendre la voile.

— ÉTYM. Dit par assimilation avec un mot obscène. coui lion, couille, qui vient du latin coleut, grecxoXeè;, testicule.

| COU-JAUNE (kou-jô-n'), s. m. Nom vulgaire du genre fauvette. j| Au plur. Des cous-jaunes.

COULAGE (kou-la-j'), s.m.\\ 1" Action île s'écouler par...., de se perdre. Le coulage du sel au travers de ces trémies grillées en dérobe ordinairement dix livres par minot, vaub. Dtme, p. t40. Déduisez les façons, l'impôt, le coidage [du vin], etc. vous trouverez net )40ou 160 fr. pour le bonhomme, p. L. cour, n, 283. || Action de couler la lessive. || Introduction, dans un moule, d'un métal qui a été mis en fusion. || 2° Fig. Déchet, perte, résultant d'un gaspillage quelconque. Il y a ici beaucoup de coulage.

— ÉTYM. Couler.

COURAMMENT (kou-Ia-man), adv. D'une manière coulante, aisée. Il écrit coulamment. Tout lui fournissait [à Mlle Rose, béate à extases] de quoi dire et instruire naturellement, aisément, coulamment, st-sim. 87, m. Il [Pavillon] succédait aussi coulamment à Benserade dans l'Académie française qu'à Racine dans l'Académie des inscriptions, sainte-heuve, Une ruelle poétique sous Louis XIV.

— ÉTYM. Coulant, et le suffixe ment.

t ..COULANT, ANTE (kou-lan, lan-t'), ad). || 1° Oui coule. Quelques-unes des plus coulantes parties du sang, uesc. Mèlh. 5. || Vin coulant, vin léner et agréable à boire. || Nœud coulant, nœud qui se serre et se desserre sans se dénouer. || 2° Qui verse en abondance. Cette terre coulanie de lait et de miel, boss. n, Visit. 1. 1| 3° Fig. Terme de littérature. Qui est comme s'il coulait, aisé, naturel. Ses vers sont bien coulants. Ses vers sont d'un beau style et sa prose est coulante, boil. Sot. m. Le ton de la conversation y est coulant et naturel, 1. 1. rouss. Hél. n, (4. Rien n'est plus coulant ni plus harmonieux que l'endroit où le poète décrit la douce et insinuante éloquence de Nestor, rollin, Traité des Et. Il, t. || Dans un sens analogue, dessin coulant. || 4° Être coulant en affaires, être facile, accommodant. Je l'ai trouvé très-coulant. Il m'avait fait entendre que, si je m'engageais à quitter la plume, on serait coulant sur le passé, j.j. rouss. Confess. xn. Qui peut voir aujourd'hui ces mêmes ministres [pasteurs protestants], jadis si coulants et devenus tout à coup si rigides, chicaner sur l'orthodoxie d'un laïque et laisser la leur dans une si scandaleuse incertitude? j.j. rouss. Lett. de la mont. n.

— HIST. nu* s. Si a bonnes portes coulans [à coulisses], Por faire cens defors doulans, Et pour emprendre et retenir, S'il osoient avant venir, la Rose, 3839. || xv s. En ai-je bien eu deus mille Des frans; que sont-il devenu? Si coulant sont et si menu, Quand ma bourse en est pourveûe; Tost en ai perdu la vette, froiss. l.e dit dou florin. Plus que Pithon merveilleux à oultrage, Escorpion qui seult poindre les nus, Cuerplus coulant que couleuvre en marage [marais], Souriecte qui a les dens agus, E. descii. Poésies mss. f°38, dans lacurne. || xvi's. En un lieu glissant et coulant, suspendons nostre créance, mont, n, 24). Le sang s engendre tout soudain par la transmutation de quelque chair qui se tourne promptement en liqueur coulante, amyot, P. Mm. 2:1. Les sangsues qui habitentes eaux claires et coulantes, paré, xv, 69. Afin de rendre les parties plus glissantes et coulantes, id. xvm, 32. Eu manière de lacq colant, id. t. n, p. G29. Ils tariront le coulant des fontaines, rons. 653.

— ÉTYM. Couler.

2. COULANT (kou-lan), s. m. || 1° Pierre fine qui coule le long d'un collier, d'un cordon, et qui peut le resserrer ou le relâcher à volonté. Cette dame avait un coulant de grand prix. ]| Nom d'un ornement de pierreries que les femmes ont porté au cou, composé d'un gros diamant et d'une croix au-dessous. H 2" Anneau de fer ou d'acier au moyen duquel on serre et l'on desserre une chose. Des coulants de bourse. || Terme de lampiste. Enveloppe cylindrique en cuivre, destinée à porter la cheminée de la lampe et qui glisse sur le tuyau de la lampe pour régler la hauteur de la flamme. || 3° Terme de jardinage. Tige grêle qui s'allonge en coulant sur le sol et donnant de distance en dislance des rosettes de feuilles. || Rameau étalé sortant de l'aisselle des feuilles intérieures, tout à fait nu dans une partie notable de sa longueur, et poussant, à son extrô-

mité, d'abord des racines, ensuite des feuilles. Chaque fraisier donne naissance à des coulants qui propagent le plant. || 4° Outil de l'orfèvre et du boutonnier. || S" Terme de peinture. La longueur du pli d'une draperie. || 6° Coulants, s. m. plur. Pièces de bois placées verticalement sur les cadres d'un puits de mine, pour empocher la tinede toucher au boisage.

— HIST. xvr s. L'escroue et le coulant, lequel au moyen d'une viz se hausse et baisse, paré, ix, 4.

— ÉTYM. Coulant t.

f COULAVAN (kou-la-van), s. m. Espèce de loriot, f COULE (kou-1') , s. f. Espèce de capuchon porté

par les religieux et religieuses.

— HIST. xn"s. Du chef de son braier une clef deffermerent, Et cole et estamine et un froc en estèrent, du cange, culla. || xiv* s. Froc ou coule de moine, id. cucullus.

— ÉTYM. Bas-latin, culla. Ce paraît être une contraction, bien qu'elle soit forte, de cuculla, cucullus, capuchon, qui a donné régulièrement : provenç. cogula; catal. cugulla; espagn. cogulla; ital. cuculla. Mais on a un exemple d'une aussi forte contraction dans l'ancien français cous, qui veut dire et représente cocu; provenç. cogu l. On remarquera aussi que cuculla veut dire capuchon; mais on trouve cuculla dans des textes du moyen âge avec le sens de froc.

1. COULÉ, ÉE (kou-lé, lée), part passé. || 1° Introduit en coulant. Du plomb coulé dans les creux. Les esprits coulés dans les muscles parles nerfs répandus dans tous les membres font le mouvement, boss. Connaiss. n, 6. || Terme d'architecture. Fermé avec du plomb fondu. Ces joints sont mal coulés. || 2° Coulé à fond, ou, simplement, coulé, enfoncé au fond de l'eau. Le navire coulé par une bordée d'artillerie. || Familièrement. C'est un homme coulé,

■il est perdu, ruiné. || Question coulée, coulée à fond, question épuisée. || 3° Glissé furtivement. Quelques pistoles coulées adroitement dans sa main. Un mot important coulé dans l'oreille. || 4° Terme de gravure. Traits coulés, tailles coulées, traits, tailles qui suivent avec aisance la direction d'un contour. || 5°Qui n'a pas noué, en parlant des fleurs et des boutons à fruit des plantes. Fleurs coulées. Fruits coulés. Blé coulé.

2. COULÉ (kou-lé), *. m. || 1* Terme de musique. Passage qui se fait d'une note à une autre, en les liant par le même coup de gosier, de langue ou d'archet. Le coulé se marque par un trait en arc placé au-dessus des notes liées. || 2° Sorte de pas de danse, qui n'est autre chose que le glissé. || 3" Terme de peinture. La première teinte que l'on donne dans une ébauche. || 4° Terme de fondeur. Ouvrage jeté en moule. || 5° Terme de broderie. Assemblage de deux points faits séparément sur une même ligne. || 6° Un coulé, une liaison de la coulée, écriture. || 7° Un coulé, se dit au billard de l'action de couler. Voilà un beau coulé. Jouez ce carambolage par le coulé.

— ÉTYM. Coulé t .

COULÉE (kou-lée), s. f. || 1° Action de couler. La coulée d'une lessive. La coulée des laves d'un volcan. || 2° Opération du coulage d'un métal. || Flot de lave, de métal ou de verre à l'état de fusion. Il parait que ces déjections [du Vésuve] n'étaient point à l'état fluide; car je n'ai vu nulle part de trace d'une coulée de lave, tchihatchkf, Comptes rendus, Acad. des se. t. lui, p. ti>90. || Endroit par où s'écoule la fonte contenue dans un creuset de forge. || 3° Sorte d'écriture penchée dont toutes les lettres sont unies par des liaisons. Écrire la coulée. Et, adjectivement, une écriture coulée. ||4° Terme de chasse. Chemin étroit que le cerf suit pour se rendre dans son réduit. || En général, faux chemins que les animaux tracent dans les bois. ||5° Terme de géologie. Interposition de masses semi-liquides, qui se sont solidifiées sans se stratifier. || 6° Terme de marine. Adoucissement entre les genoux et la quille d'un vaisseau. || Partie submergée d'un navire recouverte par les bordages appelés ribords.

— ÉTYM. Coulé t ; saintongeois, couline, coulée, vallon.

t COULEMELLE (kou-Ie-mè 1') , s. f. Champignon , dit aussi coulmotte , bon à manger ; sorte d'agaric.

| COULEMENT (kou-le-man) , s. m. || 1° Mouvement des liquides suivant leur pente. || 2" Terme d'escrime. Coulement d'épée, action de faire glisser d'on bouta l'autre la lame de son épée contre celle de l'adversaire.

— HIST. xvi" s. Mais tout ainsi que l'onde à val des ruisseaux fuit Le pressant coulement de l'autre qui la suit, Ainsi le temps se coule.... rons. 917.

— êtym. Couler.

f COULEN (kou-lèn'), s. m. Plante légumineuse

COU

du Chili (psnralea glandulosa, L.) dont les feuilles en infusion sont stomachiques.

t C0ULEQU1N (kou-!e-kin), ». m. Nom vulgaire de la cécropie, plante.

COULER (kou-lé), V. n. ||1° Se mouvoir, en parlant des liquides. Ce ruisseau, cette fontaine coule lentement. Malc aimait un ruisseau coulant entre des roches, la font. Captivité de S' Malc. Épargnez-moi des pleurs qui coulent à ma honte, corn. J'ohj. n, 2. Voyez couler nos pleurs sans y mêler vos larmes, id. Hor. m,6.LTndeet l'Hydaspe entier vont couler sous vos lois, rac. Alex, iv, 2. Moi qui.... Par d'austères conseils ai fait couler vos larme3,iD. Iphig. v, 6. J'ai pris, j'ai fait couler dans mes brûlantes veines Un poison que Médée apporta dans Athènes, id. Phèd. v, 7. Tant qu'un reste de sang coulera dans mes veines, id. Iph. iv, 6. De vos yeux attendris je vois des pleurs couler, volt. Orph. i, 6. S'il faut mon sang pour la victoire, Agnès, tout mon sang coulera, bérang. Charles VII. L'union de deux rivières en une les fait couler plus vite, parce que, au lieu du frottement des quatre rives, elles n'ont plus que celui de deux à surmonter, fonten. Cuglielmini. L'acier, l'or et l'argent coulent en longs ruisseaux, delille, Enéide, vin. || Par analogie. On appelait faire couler l'Eucharistie, la donner détrempée dans une liqueur, boss. Comm. || Faire couler le sang, engager une lutte, une bataille. Le sang à votre gré coule trop lentement, rac. Athal. H, 5. || 2° Fig. Quand l'âge dans mes nerfs a fait couler sa glace, corn. Cid, i, 7. Aucun espoir n'y eoule [dans mon cœur], où j'ose persister, id. l'oly. m, t. Elle sentit la flamme qui coulait déjà dans son sein, fên. Tél. vu. Il était convenable qu'il coulât dans son sein quelque étincelle de cet amour, boss. m. Nativ. 2. Henri voit ces beaux lieux, et soudain, à leur vue Sent couler dans son âme une joie inconnue, volt. Henr. vu. Heureux, dit-on, le peuple florissant Sur qui ces biens coulent en abondancel rac. Esth. n, ». Par quelle adresse il fit couler jusqu'à vous ses assistances imprévues, fléch. M. de Mont. La douce persuasion coulait de ses lèvres, fén. Tél. x. Des provinces les plus éloignées par les soins des hommes apostoliques coulaient des fleuves de charité, mass. Carême, Aumône. Sentant couler dans son âme un détachement secret de toutes les choses créées et une sensible confiance que ses vœux seraient exaucés, fléch. Panég. Ste Thérèse. || 3° Par extension, laisser échapper, en parlant d'un vase, d'un tonneau. Ce tonneau coule. Quand on est enrhumé du cerveau, le nez coule. || La chandelle coule, c'est-à-dire du suif qui ne brûle pas avec la mèche, coule et se répand le long de la chandelle. || 4° Être plus ou moins fluide. Celte encre ne coule pas assez. || 5" Passer, en parlantdu temps. Elle aurait vu couler sans crainte et sans envie, Chez un prince allié, les restes de sa vie, corn. Nicom. i, 6. Il coulera du temps avant qu'il s'établisse, tristan, M. de Chrispe, iv, H. Le temps coule trop vite à son gré, fléch. Panég. i, 242. Seize années d'une prospérité accomplie qui coulèrent sans interruption, boss. Reine d'Anglet. 9. Je voyais près d'Iris couler mes heureux jours, boil. Poésies div. 6. Vos jours toujours sereins coulent dans les plaisirs, rac. Brit. n, 3. Mes jours moins agités coulaient dans l'innocence, id. Phèd. i, 3. Tous les siècles qui ont coulé jusqu'à nous, vous les regarderiez comme des instants fugitifs, mass. Carême, Mort. Jusqu'à quand verrai-je couler les jours rapides de ma carrière? m. Carême, Faus. confr. Le torrent des siècles, qui entraîne tous les hommes, coule devant ses yeux, id. Carême , Mort. Le siècle d'or coula sous ses auspices , Le siècle d'or ne vit que des heureux, malfil. Narcisse, ch. i. Laissons revenir en foule Mensonge, erreurs, passions; Sur ce peu de temps qui coule Faut-il des réflexions? chaulieu, à la duchesse de Bouillon. || 6" Découler,, résulter. C'est de lui que coulent ses autres vices, mass. Petit carême, Tent. d. gr. Si je puis une fois établir ce principe, on en verra couler les lois comme de leur source, montesq. Esp. i, 3. C'étaient des effets différents, puisqu'ils coulaient de principes divers, id. Esp. xxvn, ch. unique. || 7° Avoir une facile et heureuse abondance, en parlant du style. Un style qui coule de source. Cette harmonie ravissante fait que, dans la plupart de ses ouvrages [de Sapho] , ses vers coulent avec plus de grâce et de mollesse que ceux d'Anacréon et de Simonide, barthél. Anarh. ch. 3. ||8°Terme de fondeur. Cette cloche a coulé, le métal s'est échappé par quelque fente du moule. || 9° Terme d'agriculture. Ne pas venirà bien, en parlant des fleurs qui ne nouent pas et tombent sans sa former en fruit. Ou quelquo longue pluie, inondant

cou

Tos Talions, A-t-elle fait couler vos vins et vos melons? boil. Sat. m. Les pluies ou les brouillards qui surviennent dans le temps de la floraison et qui font couler les fruits en empêchant l'action des poussières sur les embryons, bonnet, Letl. div. Œuvres, t. ni, p. 274, dans pougens. Nous voilà saufs de la Saint-Anicet, temps critique pour nos bourgeons; si la vigne peut passer fleur et ne point couler, on ne saura où mettre tout le vin cette année, p. l. cour. Gai. du village, iv. || Couler, se dit aussi d'une chienne qui paraît pleine et ne fait pas de petits. || 10" Glisser, s'échapper. L'échelle avait trop de pied, elle coula. Cette divinité ne touche point du pied àterre; elle coule légèrement dans l'air comme un oiseau le fend de ses ailes, fên. Tél. xxiv. || Ce rasoir coule bien, il coupe sans gratter. || Terme de billard. Jouer de telle façon que la bille du joueur, au lieu de faire un angle après le choc, suive la bille atteinte, en ligne droite ou légèrement oblique, pour toucher l'autre bille un peu masquée. Couler après, faire entrer sa bille dans une blouse après la bille de son adversaire. || Terme de manège. Rendre la bride au cheval, afin qu'il aille un peu plus vite, quand il galope autour du manège. || Couler au galop, se dit lorsque le cheval va un galop uni et qui avance. || 11° Glisser le long d'une chose. 11 saisit la corde et se laisse couler jusqu'à terre. Je voudrais couler sur une rivière tranquille, je suis entraîné par un torrent, montesq. Esp. xx, *. || Passer sans bruit et à la dérobée. Coulez vite le long de cette muraille. L'ennemi commençait à couler sur la droite le long du camp. || Fig. Couler sur quelque chose, en parler à peine, ne pas s'y arrêter. Cet endroit était délicat; il a coulé dessus adroitement. 11 me reproche que je coule doucement sur la transsubstantiation, boss. Euch. 2. Coulant légèrement sur ces sujets, pasc. 2" conv. l'lutarque, qui le regarde [Philopémen] avec raison comme un des plus grands capitaines de la Grèce, coule légèrement sur cette action et n'en dit qu'un mot, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vm, p. 455, dans pougens. || 12° Aller au fond de l'eau, en parlant des barques et navires qui s'emplissent d'eau. 11 a vu couler à fond l'amiral, sêv. 478. Maintenant que.... ma nacelle coule bas, irai-je me remettre en mer? iiern. de s. -p. Socrate. || 13° V. a. Passer au filtre. Couler un bouillon. Après que cette substance a été délayée dans l'eau, on la coule à travers une espèce de tamis qui retient les parties les plus grossières, raynal, Hist.phil. i, 47. || Couler la lessive, mettre dans un cuvier le linge qu'on veut blanchir, le couvrir d'un morceau de toile dit charrier, sur lequel on met de la cendre ; puis jeter de l'eau à peine tiède, et reprendre cette eau; la faire chauffer, la jeter de nouveau, et ainsi de suite jusqu'à ce que le linge, très-échauffé, laisse l'eau, qui est alors lessive, couler presque bouillante. || Terme de maçon. Couler de la chaux, la délayer après l'avoir éteinte et la verser dans un bassin. Couler une pierre, la sceller en plâtre. Couler les joints, les dalles, y verser du plomb fondu. || 14° Terme de fondeur. Fondre et mouler. Couler une statue, un bronze, une pièce de canon. || Fig. 11 [le christianisme] coule la pensée En bronze palpable et vivant, lamart. Uarm. iv, 43. || Couler une glace, en faire couler la matière fondue sur une table préparée à cet effet. || 16° Couler bas, ou, simplement, couler un vaisseau, le faire aller au fond de l'eau J en le perçant. Un boulet perça la barque et la coula. || Fig. Couler une question à fond, la traiter sans rien omettre. Couler une affaire à fond, la conclure définitivement. Le prince de Conli coulait tout avec lui [M. le duc] et l'accablait de devoirs et de prévenances, st-sim. 220, 247. || Couler quelqu'un à fond, le confondre dans une discussion, ruiner son crédit, son influence. Qu'avant la fin du jour l'autre le coule à fond, piron, Uétrom. IV, 4. '|| 16° Passer, en parlant du temps que l'on passe. ;£)ue ne coule-t-il ses jours comme la bête? mass. Carême, Avenir. Apprends que ton ami plein de gloire et d'années Coule ici près de moi ses douces 'destinées, voi.t. Ali. II, 2. La douce chose de couler ses jours dans le sein d'une tranquille amitié, à l'abri de l'orage des passions impétueuses ! J. J. rouss. llil. iv, 4 0. Ces barbares coulent des jours inutiles dans une inaction entière, rayn. Hist. phil. 1, 47. Il 17° Terme de musique. Exécuter des notes en les liant. Couler un trait, un passage. || Terme de daDse. Exécuter en glissant. Couler un pas. || Terme de graveur. Conduire des coups de burin en lignes assez droites pour former des tailles. Couler une taille. Il 18° Faire glisser, faire arriver furtivement. 11 a coulé quelques pièces de mauvais drap parmi celles qu'il ma livrées. Tu sais adroitement couler

COU

ta flatterie, corn. Suite du Menteur, 11, 6. Je ne sais quel malheur aujourd'hui me menace Et coule dans

ma joie une secrète glace, 111. Itodog. 1, 7 Me

coulant en main quelques pisloles, scarr. Jodelet, n, 4. Dans la main, en passant, coulons-lui ce papier, rotr. Bélis. iv, 2. Je coulai mes avis dans ce libre murmure, id. Vencesl. I, 4. Dans les lettres nouvelles d'érection de Piney [en duché-pairie] on fit adroitement couler : « En tant que besoin serait, » st-sim. (6, (90. Ah! les discours de Dieu fatiguent alors le pécheur au lit de la mort; il faut ménager sa faiblesse en ne coulant que quelques mots à propos, mass. Avent, Mort du pécheur. Et, faisant succéder les effets aux paroles, 11 m'a voulu couler dans la main cent pistoles, la font. Florentin, 3. Il 19° Terme de chasse. Couler la queue, se dit du cerf qui fuit. |j 20° Se couler, v. re'/I. S'introduire à la dérobée; s'avancer furtivement- En son quartier souvent je me coulais sans bruit, cohn. le Ment. 11, 5. Ils furent enveloppés d'une troupe qui s'était coulée entre deux eaux, vaug. Q. C. «88. Je vous ai vu dans ce lieu vous couler, la pont. Mari conf. Par malheur il se trouva là un enfant qui s'y était coulé, fonten. Parménisque. Viens alors , viens ; qu'au travers de la foule De son côté chacun de nous se coule Adroitement et trompe tous les yeux, malfil. Narcisse, ch. îv. | Par analogie. Leurs gens se coulaient furtivement dans les ordinations de l'Église romaine, boss. Var. 44. Voilà on traître, un scélérat, qui a violé tous les droits les plus saints, qui s'est coulé chez moi sous le titre de domestique, pour me dérober mon argent et pour me suborner ma fille, mol. l'Avare, v, 5. j Fig. Un faux bruit s'y coula touchant la mort du roi, corn. Ilodog. j, 1 . Ces sentiments se coulaient insensiblement parmi le peuple, boss. Hist. 11, 5. Toutes sortes d'erreurs se coulaient insensiblement dans l'Angleterre, boss. Variât, vu, § 74. Elle se coulait dans le sein de l'Église sous prétexte de piété, 10. Or. 1. 1| 21° Fig. et familièrement. Se couler, se perdre de réputation ou de fortune.

— SYN. couler, glisser. 11 lui coula dans la main, il lui glissa dans la main quelques pièces d'or; il se coula, il se glissa derrière la muraille. Ces expressions sont absolument synonymes pour exprimer une action furtive, à la dérobée; elles ne diffèrent que par la nature de la métaphore; couler, c'est faire aller comme une eau qui s'écoule; glisser, c'est faire aller comme sur la glace.

— HIST. xu° s. Aval la face [l'eau] lui est clere colée, Jionc. p. 48. Li brans cola sur la sele dorée, ib. p. 86. Li sans vermex [vermeils] jusqu'as pies lui cola, ib. p. 80. Sur l'espaule senestre l'espée li cula, Li mantel e les dras tresqu'al cuir encisa, E le braz maistre Edward près tut en clous colpa, Th. le mari. 4 50. || xm" s. L'espié jusqu'à la croix [il] lui fait au cors couler, Berle, va. Non por quant li cos [coup] li coula sour le bras diestre, si que poi s'en failli que il ne li eslossa [brisât] , h. de valenc. xxvi. Et maintenant qu'il furent tout ens, les portes furent fermées et toutes les barres coulées, Chr. de Hains, 205. Vers le rendu [moine] s'en est alez, Entre ses jambes s'est coulez, Ren. 2874 2. Par deriere l'a assailli, Ferir le cuida, si failli, Le coup li cola en travers, Et dant Costant chaï envers, ib. 4235. Il xv* s. Mes paroles se vont et viennent; et quant à moy, j'en laisse beaucoup couler, chastel. Chr. des ducs de Bourg, p. 11, ch. 15 Six grans bateaulx et plusieurs petis à couler l'artillerie pour les servir à ce passage, comm. i, 9. Atant il haussa son coustel, et eu ferit le premier que il trouva, en telle manière que il luy coulla la lumelle au travers du corps, Perceforest, t. îv, P 28. ||xvr>s. Pourceque cest argument sera traité ci-après plus au long, je le coule pour ceste heure, Calvin, instit. 24. Et qui de loing coules tes cleres eaux En l'Océan d'une assez vive course, nu uell. ii, 8, verso. De loing quelquefois reluit Une estoille espoinçonnée, Qui coule ou semble couler, m. 11, 48, recto. Le miel qui les oreilles touche, X Nestor couloit de la bouche, id. 111, 48, recto. Nostre leçon se coulera sans se faire sentir, mont, i, 482. L'orage debvra couler par dessus leur teste sans offense, id. m, 240. Scevola s'estant coulé dans le camp ennemi, id. i, 307. Il les laissa couler [fuir] en liberté, id. 1, 352. Coulant le long des files, il enhortoit les soldats, id. m, 94. Une sueur mortelle luy couloit tout le long du corps, id. iv, 322. Hz se couloient dedans les jardins le plus finement et le plus cautement qu'ilz pouvoient, amyot, Lyc. 36. D'entre les vœus et offrandes qui sont pendues aux voultes du santuaire, il coula un bandeau , qui tumba droittement sur la teste de Tiluolcon, id. Timol. 40. Il passa et coula par uu ta-

COI

mis les cendres du feu, id. C. d'Utiq. 46. Ayant nouvelles que sa navire estoit perie, charge et tout coulés à bas en pleine mer, id. De la tranq. d'âme, 9. Trouverez- vous mauvais de vostre fidelle moitié si avec plus de franchise que de respect elle coule ses pleurs et ses pensées dans vostre sein? d'aub. But. 1, 4 32. Le reste de son armée coulée à fonds avec perte de 30 vaisseaux et plus de 2000 hommes, id. ib. 11, 209. La première décoction faite, coulée et passée, paré, xvi, 8.

— ETYM. Bourguig. côlai; provenç. etespagn. co-' lar; ital. colare; du latin colare, filtrer, de colum. filtre.

t COULERESSE (kou-le-rè-s"), t. /*, Bassin à l'usage du raffineur de sucre.

— RTYM. Couler.

t COULE- SANG (kou-le-san) , t. m. Nom d'une espèce de serpent et, en particulier, de la vipère de la Martinique.

— hist. xvi" s. Le coule-sang a esté ainsi appelé pour autant que le sang coule par tous les conduits du corps qui en a esté mordu; c'est un petit serpent comme une vipère, pare, xxiii, 24.

— ÊTYM. Couler, sang.

t COULETTE (kou-lè-f), s. f. Terme du rubanier. Petite broche de fer qui sert à faire tourner un rochet de fil ou de soie. || Sorte de filet de pêche.

— ÊTYM. Couler.

COULEUR (kou-leur), ». [. || 1° Sensation que produit sur l'organe de la vue la lumière diversement réfléchie par les corps. Les couleurs, ainsi que l'a démontré Newton, sont le produit de la décomposition de la lumière. Les couleurs ne sont pas dans les corps colorés, mais dans la lumière; pour qu'on voie un objet, il faut qu'il soit éclairé, j. j. roi ss. Ess. Orig.des langues, ch. 46. || Couleurs primitives, les sept couleurs qui se montrent dans la décomposition de la lumière. Couleurs naturelles des corps, celles qui proviennent de la nature des rayons réfléchis ou réfractés par ces corps (ceux qui absorbent tous les rayons du spectre, moins le rayon rouge, qu'ils réfléchissent ou qu'ils laissent passer à travers leur substance, étant d'une couleur rouge, et ainsi de toutes les autres couleurs). Couleurs complémentaires, celles qui reproduisent la couleur blanche en se combinant à une autre couleur; c'est ainsi que six couleurs du spectre solaire réunies sont toujours complémentaires de la septième couleur avec laquelle elles donnent naissance à la couleur blanche ; dans le système du contraste des couleurs, le mot Complémentaire a une autre signification, il sert à indiquer la couleur qui est susceptible d'exhausser le ton d'une autre couleur. || Juger, parler d'une chose comme un aveugle des couleurs, en parler sans la moindre connaissance. || Couleur se prend au masculin dans les expressions comme celles-ci : Le couleur de rose, d'or, d'eau, de chair, de citron, etc. Le plumage tire sur le couleur de rose vers la racine, la font. Psyché, liv. 1, p. 43. Leur laine était d'un couleur de feu si vif qu'il éblouissait la vue, id. ib. 11, p. 479. Je vous trouve les lèvres d'un couleur de feu surprenant, mol. Impromptu, i. Après un substantif ces locutions s'emploient comme un adjectif invariable : un ruban couleur defeu; des souliers couleur de rose. || Terme de métallurgie. Couleur d'eau, brillant violet du fer bien poli, qui a passé au feu. Fer de couleur, fer qui devient cassant à la couleur rouge cerise. Couleurs de recuit, couleurs qui indiquent le degré de carburation de l'acier. || 2° Substance ou matière colorante dont on se sert en teinture, peinture, etc. Broyer, étendre des couleurs, peindre à pleine couleur, peindre avec un pinceau très-chargé de couleur. Couleurs amies , celles qui s'assortissent agréablement. || Terme de peinture. Couleurs légères, celles qui sont comprises sous le blanc, c'est-à-dire sous la dénomination de couleurs blanches. L'outremer est compté parmi les couleurs légères. Couleurs pesantes, celles qui sont comprises sous le noir. Le brun-rouge, la terre d'ombre, le bistre, etc. sont des couleurs pesantes. Couleurs changeantes, celles qui dépendent de la situation des objets à l'égard de la lumière, comme celle des taffetas changeants, de la gorge des pigeons, etc. Couleurs noyées, celles qui s'affaiblissent insensiblement, comme sont celles qui forment les nuances. Couleurs rompues, couleurs trop vives que les peintres affaiblissent par le mélange d'autres plus sombres. Couleur générale, le résultat de l'ensemble des divers objets colorés qui sont dans un tableau. H Couleur locale, la couleur propre à chaque objet indépendamment de la distribution de la lumière, et, par extension, couleur locale, art de

COU

représenter, soit en peinture, soit dans une composition littéraire, soit même dans une composition musicale, certains détails qu'on croit avoir caractérisé un pays, un temps, etc. Le procédé de la couleur locale a été particulièrement mis en usage par l'école romantique. 1 1 Terme de peintre en bâtiment. Couleurs simples, celles qui viennent des végétaux et qui ne peuvent pas souiïrir le feu.|| Mettre en couleur, peindre un carreau, un parquet, etc || Terme de teinturier. Couleurs matrices , cinq couleurs dont les 'autres dérivent. || 3" En parlant des vêtements, toute autre couleur que le blanc et le noir. Elle avait une robe de couleur. Les gens de guerre portent des habits de couleur, les gens d'église en portent de noirs. || Terme de liturgie. Se dit des ornements de l'Église suivant les fêtes qu'elle célèbre. || Couleurs de blason ; on en distingue cinq : gueules ou le rouge ; azur ou le bleu; sinople ou le vert; sable ou le noir, et le pourpre qui est mélangé de gueules et d'azur. Ces couleurs sont dites émaux. || Anciennement, livrées. Gens de couleurs, les pages, laquais, cochers et suisses. Cet homme a porté les couleurs, il a été laquais. Comment ! un aumônier portant vos couleurs? hamilt. Gramm. 7. Faire par les couleurs distinguer ses valets, boil. Sat. v. Tel aujourd'hui triomphe au plus haut de sa roue, Qu'on verrait, de couleurs bizarrement orné, Conduire le carrosse où l'on le voit traîné, boil. Sat. i. || Porter les couleurs d'une dame, porter des couleurs semblables à celles qu'elle affectionne le plus. Je dois vaincre, j'ai de ma belle Et les chiffres et la couleur, bérang. Charles VU. Aux couleurs, au carrosse il ne doute de rien; Tout était à Lucrèce.... corn, tient, m, *l. Les couleurs et les chiffres de Mme de Valentinois paraissaient partout, lafayette, Prt'nc. de Clèves, CEuvres, t. H, p. *, dans pougf.ns. Remettez-moi le soin de finir vos malheurs, J'irai dans les combats vaincre sous vos couleurs, delav. Vêpres sicil. Il, 3. || Fig. Le mal n'a point d'excuse, il n'est espoir, surprise, Intérêt, amitié, faveur, crainte, malheurs, Dont le pouvoir nous autorise À rien faire ou penser qui porte ses couleurs, corn. lmit. I, 45. || 4° Drapeau. Après un assaut acharné, les couleurs françaises flottèrent sur les remparts. Les couleurs nationales. Les trois couleurs, le drapeau ou la cocarde tricolore. ...Qui pouvait répondre Que le ciel.... N'eût point vu sur la tour de Londre Flotter enfin les trois couleurs! bérang. Cocarde. Quand secouerai-je la poussière Qui ternit ses nobles couleurs? m. Vieux drapeau. || Terme de marine. Couleurs, s. f. plur. Pavillon, drapeau national. || 5" Fig. Caractère propre à telle ou telle opinion. Ses opinions ont complètement changé de couleur. La couleur de ce journal est encore, indécise. Prendre couleur, se décider pour un parti politique. M. Judas.... soutient avec chaleur Qu'il n'a joué qu'un seul rôle Et n'a pris qu'une couleur, bérang. Judas. || 6° Au jeu de cartes, le rouge et le noir, et chacune des quatre marques : pique, trèfle, coeur et carreau. De quelle couleur tournet-il? Je n'ai point de cette couleur. || Au lansquenet, prendre couleur, entrer au jeu et couper. || Nommer la couleur, se dit, àl'hombre, pour signifier : faire la triomphe en indiquant la couleur. || Jeu des trois couleurs, sorte de jeu de hasard que l'on joue avec un plateau et trois dés, portant chacun trois couleurs différentes. || T Le teint, la couleur du visage. Déjà l'étonnement lui fait la couleur blême, malh. i, 42. J'ai couru sur le lieu sans force et sans couleur, corn. Cid , II, B. Est-ce vous, Ladislas, Dont la couleur éteinte et la vue égarée.... rotrou, Vencesl. îv, 4. Je vous vois sans épée, interdit, sans couleur, rac. Phèd. H, 6. Néron l'a vu mourir sans changer de couleur, id. Brit. v, 7. Vous changezdecouleur[vous pâlissez], princesse! lo.Atlt. v, t. Son visage changeait à tout moment de couleur, fën. Tél. v. Quelle étrange pâleur De son teinttout à coupeffacelacouleur? rac. Esth. u,7. Longtemps sans mouvement, sans couleur et sans vie, volt. Orphel. n, 7. || Être haut en couleur, avoir la figure très-colorée. La femme d'Harlay était extrêmement grosse et très-haute en couleur, st-sim. 37, 51. M. leducd'Orléaos était de taille médiocre au plus, fort plein sans être gros, l'air et le port aisé et fort noble, le visage large et agréable, fort haut en couleur, le poil noir et la perruque de même, id. 390, S. Cunégonde était haute en couleur, fraîche, grasse, volt. Cand. 4. 1| Reprendre couleur, perdre sa pâleur, revenir à la vie ; et fig. rentrer en faveur, reparaître dans le monde. || Un homme, une femme de couleur, un mulâtre, une mulâtre. Les gens de couleur. || ferme de médecine. Les pâles couleurs, la chlorose. Les filles malades des pâles couleurs se croyaient pos-

sédées, volt. Phil. v, 368. || 8° Terme de rôtisseur et de boulanger. Qualité colorée qu'on donne à la viande et au pain, par le moyen du feu. Ce rôti, ce pain a pris couleur. ||Fig. L'affaire prend couleur, tourne à bien, commence à bien aller. L'affaire du quiétisme, qui dormait un peu â la congrégation du saint-office, reprit couleur, et couleur qui commença à devenir fort louche pour M. de Cambrai, st-sim. &6, (89. || 9- Coloris, en parlant d'un tahleau. Ce tableau est d'une bonne couleur. || Terme de gravure. Cette estampe est d'une belle couleur, ou y reconnaît la couleur du tableau. || Fig. C'est h monseigneur à mettre la dernière couleur, sév. 408. || 10° Éclat, brillant du style. Son style a une couleur brillante. Ce morceau manque de couleur. || Expressions considérées en tant qu'elles peignent. Mais je ne trouve pas de couleurs assez noires Pour en représenter les tragiques histoires, corn. Cinna, i, 3. Toutes les langues ont les couleurs entières de l'expression et n'ont pas les mêmes nuances, mahmont. Élém. lilt. CEuvres, t. x, p. 270, dans poucens. || Terme de musique. Couleurs des sons, se dit quelquefois pour timbre. || il" Certain caractère des choses. Aux yeux du mélancolique, tout revêt de sombres couleurs. Voir tout couleur de rose, voir tout en beau. Ainsi nous séduisant d'une fausse couleur, Régnier, Sot. xiv. Il m'a rendu ma gloire et préservé mon front Des infâmes couleurs d'un si mortel affront, corn. Théodore, iv, 6. Voilà de quelle couleur sont les réllexionsd'une personne de mon âge, sév. 482. || Familièrement. J'ai fort causé avec Corbinelli, il est charmé du cardinal; il n'a jamais vu une âme de cette couleur; celles des anciens Romains en avaient quelque chose, sév. 337. || Je ne sais de quelle couleur est son argent, c'est-à-dire il ne m'a pas payé ce qu'il me devait, il ne m'a pas fait les gratifications qu'il était convenable qu'il me fit. || On dit dans ce même sens : depuis huit jours je ne connais pas la couleur de ses paroles, il ne m'a parlé depuis huit jours. || 12" Apparence , prétexte , raison palliée. Sous couleur d'aller voir une femme malade, régnier, Sat. xi. Ce traître.... Entra dedans mon cœur sous couleur d'amitié, id. Dial. Pour appuyer cette conjecture, on ne manque ni de preuves ni de couleurs, patru, Plaid, n, dans richelet. Vous cherchez , Ptolémée, avecque trop de ruses, De mauvaises couleurs et de froides excuses, corn. Pomp. m, 2. Et tout ce qui pourra, sous quelque autre couleur, Autoriser ta haine et flatter ta douleur, id. Héracl. I, 2. Mais situ veux trahir, trouve du moins, ingrat, Déplus belles couleurs dans les raisons d'État, id. Perthar. i, 4. Sous couleur de punir un injuste attentat, id. Cid, iv, B. Sous une autre couleur lui faire ses adieux, id. Serlor. i, 2. Sous couleur de lui servir d'appui, Le met hors du royaume et me répond de lui, id. Perthar. v, f. Et trouve occasion dessous cette couleur De venger le mépris qu'on fait de sa valeur, m. D. Son. n, I. Vous ne manquerez jamais d'esprit pour donner de belles couleurs aux fautes que vous pourrez faire, mol. Comtesse, 4. Sous couleur de changer de l'or que l'on doutait, id. l'Élour. Il, 7. Leurs injustices [des Romains] étaient d'autant plus dangereuses, qu'ils savaient mieux les couvrir du prétexte spécieux de l'équité, et qu'ils mettaient sous le joug insensiblement les rois et les nations sous couleur de les protéger et de les défendre, boss. Hist. univ. m, 6. S'ils s'en plaignent, c'est avec quelque couleur de justice, m. Serm. Sept. Des gens qui sachent donner au mensonge de belles couleurs, id. i" avert. De quelque couleur qu'i.1 v déguise, id. m, Penl. 2. On donne de mauvaises couleurs à leursactions, m. Pensées, 29. Sous couleur de piété, on ne s'aperçoit pas qu'où veut dominer, bourd. Avent, Sur l'étang. 4)8. J'inventai des couleurs, j'armai la calomnie, rac. Esth. n, 4. Ne prétendrais-tu point, par tes fausses couleurs, Déguiser un amour qui te retient ailleurs ? id. Baj. v, 4. || Populairement, mauvaise raison, mensonge. Quelle couleur! J'ai deviné la couleur. || 13" Couleur, nom qu'on donnait, alors que les tulipes faisaient fureur, à celle qui n'était que d'une couleur.

— SYN. couleur, coloris. Proprement, couleur désigne une couleur particulière; et coloris est l'effet qui résulte de l'ensemble et de l'assortiment des couleurs. Coloris ne peut pas se prendre pour couleur; mais couleur peut se prendre pour coloris, couleur étant le terme générique et répondant à la sensation pure. Coloris est proprement un terme de peinture; il se dit, au propre, de l'effet produit par la couleur dans un tableau, et, par extension, de la couleur du visage, de celle de quelques fruits et de celle du style.

COU

— HIST. xi* s. Li reis Marsiles ad la culur muée, Ch. de Roi. xxxnr. || xu's. [Ils font] Engin de mainte color [espèce], Pour tourner joie en tristor, Couci, i. Bêle Eremborsàla fenestre, au jor. Sur ses genou» tient paile de color, Romancero, p. 49. || xm' s. La colors n'estoit pas en semblance de choe [chouette], Bcrte, xxxin. Quant li rois l'entendi, color [il] prit à muer, ib. cxn. Li bateurs d'estain puet taindreson estain de toutes manières de couleurs, Lit. des met. 7». 11 iert biaus, et ele bêle; Rien resembloit rose novele De sa color.... la Rose, 813. Se leur messe [des ordres mendiants] vaut quatre, ilont bone couleur De dire que leur messe soit de greignor valeur, i. de meung, Test. 996. || xiv" s. Ce que il dit eust aucune couleur, mais comme pourrait il coulourer son dit? ohesme, Eth. 296. || xv s Bon serviteur Sans couleur Vous a esté vrayement, ch. d'orl. Requête à Cupidon. Lors quant de nous approucher je le vy, Couleur changay.... id. i. Combien que nous avons couleur de penser que le mareschal, comme dict est, en soit cause, Bouciq. But. m, ch. 5. Et fust ceste guerre depuis appellée le bien publique, pource qu'elle s'entreprenoit soubz couleur de dire que c'estoit pour le bien publique du royaulme, comm. i, 2. La plus part [des églises] furent pillées soubz umbre et couleur de prendre des prisonniers, id. n, 13. Ce qu'ilz font et la couleur qu'ils veulent prendre en leurs lectres n'est que pour parvenir à leurs fins, Lettre de Charles VLIl . Bulletin du comité de la langue, t. m, p. 587. || xvi* s. Ils desgorgent toutes les vilenies qu'ils peuvent contre nous, pensans avoir belle couleur de nous blasmer, en ce que.... calv. Instit. 146. Des peuples surprins soubs couleur d'amitié et de bonne foi , mont, m, 6. Soubs couleur de quelque meurtre, il lui feit trencher.... id. i, 38. J'en ay veu engloutir du sable pour acquérir les pasles couleurs, id. i, 308. X quoy faire la provision des couleurs à qui ne sçait ce qu'il a à peindre? id. ii, 9. Cela donna occasion à Mago de souspeçonner quelque trahison, avec cequ'ilnedemandoit que quelque couleur pour s'en aller, amyot, Timol. 30. Soubs couleur de faire ses préparatifs, et dilayant toujours, id. Pêlop. 53. De meschantes robbes rappiecées de drap de couleur, id. Agésil. 49. Csesar changea sur l'heure de plusieurs couleurs, monstrant évidemment à la face qu'il sentoit toutes sortes de mouvemens en son cueur, id. Cicéron, 60. Maintenant il nous faut traiter des pâlies couleurs, paré, xvui, 70. Or convient il de parler des exornations ou figures que l'on diot couleurs de rhétorique, fabri, Art de rhélor. f°84, dans lacurne.

— ÊTYM. Bourguig. quelou; provenç. et espagn. color; portug. cor; ital. colore; du latin colorem.

COULEUVRE (kou-leu-vr") , s. f.\]i° Reptile de la famille des serpents. Couleuvre de haie. || Nom , dans l'histoire naturelle.de plusieurs serpents dépourvus de glandes à venin et de crochets mobiles venimeux. || Couleuvre d'eau, nom vulgaire du coluber natrix , t., dit aussi serpent d'eau, couleuvre à collier et serpent nageur. ]| Fig. Toute herbe a pour moi sa couleuvre, Et la haine monte à mon oeuvre.... v. hugo, Crép. 26. || Avaler des couleuvres, éprouver des mortifications, des dégoûts. Sachant toutes les couleuvres qu'il avale à Paris, sév. 456. C'eût été encore une couleuvre à avaler, id. 690. Ce goût lui fait avaler toutes sortes de couleuvres, id. 34). Le comte d'Auvergne, nourri de couleuvressuf sa charge depuis longtemps, avala encore celle-ci en silence [nominations d'inspecteurs et de directeurs] , st-sim. 25, 32. Mme de Maintenon nourrit longtemps Mme de Montespan des couleuvres les plus cruelles, id. 484, 4 53. Résous-toi, pauvre époux, à vivre de couleuvres, boil. Sat. x. Qu'il est doux de lire Virgile et Homère en foulant à ses pieds les BaviusetlesZoïle, et de se nourrir d'ambroisie, quand l'envie mange des couleuvres ! volt. Lettre à Albergali, 23. déc. 4760. Monsieur, j'ai traversé une crise de ce genre, et je ne saurais vous faire l'énumération des couleuvres que l'on m'y prodigua, reybaud, 1er. Pâturât, i, t4. || 2° Couleuvre de pierre, ammonite. || 3° Terme de blason. Armes de certaines maisons. [Le soleil] N'aura point achevé l'an Que tes conquêtes ne rasent Tout le Piémont et n'écrasent La couleuvre de Milan [les Visconti], malh. h, 4.

— HIST. xiii' s. Car destinée i envoia Une culuevre grant et fort, Qui les deveure e trait à mort, marie, Fable 26. Quant il regardoit en ses mains, [il] Trovoit ou laisarde ou culuevre, FI. et Bl. 820. Vers qui de porreture nessent, Et mes serpens et mes coluevres, Tout s'estuidient à mes uevres, la Sose,

i — £Tïii. Wallon, colowe; uamurois, coloute ;

cou

provenç. colobre,colobri,colobra;espa.gn. culebra; portug. cobra; ital. colubro; du latin colubra.

COULEUVREAU ( kou-leu-vrô) , s. m. Petit de couleuvre.

— HIST. xvi* s. Comme un faucon perdu dedans les cieux Pour ses appas va poursuivant des yeux Le couluvreau dessus l'herlie menue, B. belleau, Bergeries, t. i, p. 53, dans pougens.

— ÉTYM. Diminutif de couleuvre.

COULEUVRÊE (kou-leu-vrée) , s. f. Terme de botanique. Plante de la famille des cucurbitacées, dite aussi vigne blanche, vigne vierge (bryona dioica,L.).

— HIST. xvi* s. Racines de guimauve, coulevrée, semence de lin, paré, xiii, 30. Composer un fron- *.ail avec des herbes et fleurs chaudes de melilot, de sauge, de rosmarin, de colevrée blanche, o. nE

— ÉTYM. Couleuvre.

t COULEUVRIN, INE (kou-leu-vrin, vri-n'), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui ressemble à une couleuvre.

— ÉTYM. Couleuvre.

COULEVRINE (kou-le-vri-n') , ». f. Espèce de canon, qui, étant plus long que les pièces ordinaires, chassait beaucoup plus loin; le diamètre de son calibre était d'environ cinq pouces et son boulet de seize livres. Voilà vos longues coulevrines Qui soufflent du feu sur mes eaux, v. hugo. Orient. 35. || Ancien terme de guerre. Être sous la coulevrine de la place, se dit d'une maison, d'un logis, d'un emplacement assez près du corps d'une place pour en être soit défendu, soit incommodé. Et fig. Être scusla coulevrine de quelqu'un, avoir son bien dans le voisinage de quelqu'un plus riche et plus puissant que soi, et, par extension, être dominé, être sous la dépendance. Vous êtes sous sa coulevrine. Dans cet emploi, il est sous la coulevrine d'un homme qui le fera marcher droit. Il [l'électeur palatin] devait se reconnaître trop petit prince et trop sous la coulevrine de la France pour ne pas s'accommoder au temps, Mme de la fayette, Mém. cour de Fr. Œuvres, t. n, p. 34, dans pougens.

— HIST. xv* s. Les Anglois firent une sortie sur le chemin de la chaussée, en la quelle ils pensèrent gangner des coulevrines et ribaudequinsqui estoient rangés sur la dite chaussée, Hist. d'Artus III, connest. de Fr. p. 777, dans lacurne. Si laisseraient toute artillerie grosse et menue, réservé arcs, arbalestres et coulevrines à main, berry, Chron. depuis 4402 jusqu'à 146) , p. 464, dans lacurne. Coulevrines et canons à largesse, ch. d'orl. llondel, 64. || xvi* s. Il logea deux coulevrines royales, et deux bastardes dans les ridottes plus avancées, d'aub. Jlist. m, 20. Il le trouva prenant sa réfection sur le flasque d'une couleuvrine, carl. i, 43. Quatorze grandes coulevrines à 48 pieds de chasse, et le reste coulevrines moyennes et bastardes, id. viii, 24. Couleuvrines, serpentines, basiliqs, noms pris des plus pernicieux animaux, comme des serpens, couleuvres et basiliqs, paré, ix, Préf.

— ÉTYM. Couleuvre; le nom d'animaux ayant été donné à des canons, par exemple fauconneau, basilic etc.; génev. coulouvrine. Les coulevrines étaient très-longues et minces, ce qui permettait la comparaison avec la couleuvre.

f COULEVRINIER (kou-le-vri-nié) , s. m. Ancien terme militaire. Soldat chargé de manœuvrer les coulevrines.

— HIST. xvi' s. Piquiers, hallebardiers, coulleuvriniers, suisses, Lettres, « mai 4 501.

— ÉTYM. Coulevrine.

f COULIÈRE (kou-liê-r') , s. f. Fer aplati en verge carrée. || Pièce d'un train de bois.

f COULIN (kou-lin), s. m. Pigeon ramier.

f COULINAGE (kou-li-na-j') , s. m. Terme rural. Action d'échauder rapidement avec une torche enflammée l'écorce des arbres à fruits, pour les débarrasser des insectes et des lichens.

i. COULIS (kou-li), s. m. Terme de cuisine. Suc d'une substance consommée par une cuisson lente. Coulis de perdrix, de pois. Elle avalait, en se couchant, d'excellents coulis, lesage, GilBlas,u,i. || Coulis d'écrevisses, purée obtenue en pilant les écrevisses. Deux dindonneaux au coulis d'écrevisses, volt. Taureau, 8. || Terme de maçon. Plâtre ou mortier gâché assez clair pour couler entre les joints qu'il est destiné à garnir. || Métal fondu qu'on coule dans les joints.

HIST. xiii" s. Et se mengier l'estuet par foiblece,

si menguce [qu'il mange] coleis et oef mau [mou], alebpant f° 28. || xiv* s. Coulis d'un poulet : cuisiez le poulet tant que.... Ménagier, il, 5. || xv s. Et luy fut mis des coullis en la bouche [de Charles VII qui

COU

ne vouloit plus manger de lui-même , craignant qu'on ne l'empoisonnât] , comm. vi, 7. || xvi* s. Bouillons et coulis humectans, pake, vu, 40. Espais comme un coulis d'orge mondé, id. xviii, 68. La nuit ne faut estre dégarni de quelques bons pressis et bouillons, lesquels sont plus à louer que les coulis, à cause qu'ils [les coulis] sont trop espais. font obstruction aux veines rnesaraïques et capillaires du foye, id. xxiv, 22.

— ÉTYM. Couler (voy. coulis 2).

a. COULIS (kou-lt), adj. m. Vent coulis, vent qui coule, c'est-à-dire qui se glisse à travers les petites ouvertures, les fentes, etc.

— HIST. xiii* s. Et les entrées estoient bien garnies de bares couleïces. Chr. de Bains, 205. Et mangoniaus do maintes guises, Et bones portes colelces, lien. 4 8223. || xv* s. Et le premier char passa avant et s'arresta sous la porte coulisse, fboiss. il, il, 224. On doict mectre es portes des chasteaulx et villes, portes colices [herses] et anneaulx de fer, chbist. de pisan, Charles V, n, ch. 36. [| xvi* s. Pour les malades, ilz usent de ventcouliz, comme de couliz on nourrit les malades de nostre pays, rab. Pant. iv, 43. Il avoit ordonné rie faire faire à la porte du parc, sous une grande voûte, deux ou trois herses coulisses, m. du bell. 4 4 3. Un vent coulis me donna tellement contre une hanche, que.... pabê, vm, 44. Aucuns font des huis coulis, lesquelles avec une longue corde haussent et baissent, du bas du colombier, o. de serres, 390. Je la voulois atoucher en cachette Par la coulis [action de couler, de glisser] d'une secrette main Dedans son lit.... pasquikb, Œuvres mêlées, p. 377, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenç. coladitx, coulant; du latin colare, couler (voy. ce mot). L'ancienne forme est couleïs, et suppose un adjectif colaticius.

COULISSE (kou-li-s'), s. f. || 1° Rainure par laquelle on fait glisser ou couler un châssis, un tiroir, etc. Graisser une coulisse. Des métopes ou petits tableaux de marbre à coulisse séparaient entre eux les triglyphes, chateaub. Ilin. 492. || Volet qui va et vient dans la rainure. Fermez cette coulisse. || Coulisse de confessionnal, petite planche que le confesseur fait couler quand il veut entendre le pénitent. || Terme d'anatomie. Rainure profonde de la surface des os, qui, tapissée d'un périoste lisse ou d'une membrane synoviale pour faciliter le glissement des tendons qu'elle reçoit, se distingue par là de la gouttière. || Terme d'imprimerie. Coulisse de galée, planche mince qui sert à faire couler les pages sur le marbre. || Terme de marine. Canal que suit, sur le chantier, la quille d'un bâtiment lancé à l'eau sans ber. || Petite porte pratiquée dans la grande porte d'un poêle. || 2° Terme de théâtre. Châssis mobile garni de toiles peintes, qui sert à la décoration latérale. Le feu prit aux coulisses. || Nom qu'on donne à l'espace qui est entre les ais ou les pilastres qui sont aux deux côtés d'un théâtre, et où se tiennent les acteurs avant d'entrer en scène. Fréquenter les coulisses, se mêler souvent aux acteurs dans les coulisses. Nous n'irons plus dans les coulisses Brailler en chœur à l'opéra, bérano. Concord. Grands réformateurs, Piliers de coulisses, id. Scand. j| Fig. Il se dit de ce qui est propre aux gens de théâtre. Langage, intrigue de coulisses. || Le derrière des affaires. On agit ; mais lui se tient dans la coulisse. Voilà ce qu'on dit en public; mais dans la coulisse.... Il 3* Rempli qu'on fait à un vêtement pour le serrer au moyen de cordons. Passer un lacet dans une coulisse. || Familièrement. Faire les yeux en coulisse, regarder de côté à la dérobée. Dans le même sens, regarder en coulisse. || 4° Terme de bourse. Petit parquet, non reconnu par la loi, où des courtiers, non autorisés, mais, en dépit d'efforts contraires, consacrés par l'usage et la coutume, font l'office d'agents de change; on ne s'y occupe que des rentes et à peu près exclusivement du 3 o/o. La coulisse est une succursale du parquet pour les affaires exclusivement dites de jeu. |l Réunion de courtiers marrons (c'est-à-dire non institués par la loi) ne faisant que des opérations à terme, ne levant ni ne livrant jamais de rentes, mais compensant avec le parquet, et faisant des marchés non escomptables, et des primes dans des conditions de temps tout autres qu'au parquet(du jour au lendemain, par exemple). || 5°Terme de serrurier. Place qui reçoit les chaînons d'un charnière. Bouton à coulisse , celui qui est placé sur le palatre ou sur la cloison d'une serrure et qui sert à en ouvrir le demi-tour. || Terme d'horloger. Pièce d'une montre placée sur la petite platine, audessous du balancier. || 6" Terme de terrassier. Sorte de tranchée couverte. || 7" Terme de blason. Herse placée à la porte d'un château ou d'une tour.

COU

— HIST. xvi* s. Cataracte ou coulisse : c'est une concrétion d'humeur entre la cornée et l'humeur crystalin, pare, xv, 5.

— ■ Irn Féminin de l'adjectif coulis a, pris substantivement et signifiant la chose qui coule, qui glisse.

[ COULISSÉ, ÊE (kouli-sé, sée), adj. Terme didactique. Qui a des coulisses. || Terme de Haton, Château coulissé, château dont la porte est garnie d'une herse.

— ÉTYM. Coulisse. Herse coulisse se trouve dans les anciens textes; voy. coulis 2.

t COULISSEAU (kouli-sô), s. m. || 1* Au plur. les coulisseaux, double coulisse de bois sur laquelle repose un lit à roulettes. || 2" Terme de serrurier. Petit mouvement de tirage monté sur platine pour sonner les domestiques. || 3* Terme de construction. Bâti dans lequel on place des tiroirs.

— ÉTYM. Coulisse.

t C0ULISS1ER (kou-li-sié; IV ne se lie pas; au pluriel, 1'* se lie : les kou-li-sié-z à la bourse), s. m. Terme de bourse. Celui qui fait des affaires à la coulisse.

— ÉTYM. Coulisse.

t COULISSOIRE (kou-li-soi-r') , s. (. Outil de fact"nr d'instruments de musique, pour faire les coulisses.

— ÉTYM. Coulisse.

t COULMOTTE (koul-mo-t'), ». f. Voy. coulemelle.

COULOIR (kou-loir), ». m. || 1* Sorte d'écuelle à fond de toile, par où l'on coule le lait qu'on vient de traire. || 2° Terme d'architecture. Passage intérieur peu large, servant au dégagement, à la circulation. Un couloir obscur. Se promener dans les couloirs. || Le couloir dans les assemblées politiques, le passage qui conduit à la salle des séances et où l'on s'arrêle pour causer. Intrigues de couloir. l| 3* Terme de marine. Galerie de l'entre-pont. || Terme de poêlier. Petit espace pour la circulation <le la fumée. || Terme d'eaux et forêts. Le plan incliné suivant lequel on précipite le bois au bas d'une montagne ou d'un rocher. || 4° Terme d'analomie. Ancien nom des canaux ou conduits par lesquels sont rejetées en dehors les humeurs excrémentitielles du corps animal. Les couloirs de la bile. Les ulcères, les exutoires étaient des couloirs accidentels ou artificiels.

— HIST. xiv* s. F.tfineront, pour la sale, de deux ou trois couloueres pour gecter le gros relief comme souppes, pain trenché ou brisié, tranchouers, chars et telles choses, et deux seaulx pour gecter et recueillir brouets, sausses et choses coulans, de laborde, Émaux, p. 230. || xvi* s. Lors coulerés la matière à travers d'une toile nuefve, violemment, pour la difficulté de sortir du couloir, à cause de son naturel glutineux, o. db serres, 866.

— ÉTYM. Couler; saintong. courot.

COULOIRE (kou-Ioi-r*), ». {. Vaisseau disposé, à

son fond, de manière à laisser s'écouler la partie la plus liquide de certaines préparations. || Petit vase qu'on met sous le robinet de la cuve lorsqu'on tire le vin. || Espèce de filière d'épinglier.

— HIST. xvi* s. Restant le tiers assés espès, lequel par après l'on passera par une couloire de cuivre, persée à petits trous, o. de serres, 236.

— ÉTYM. Couloir.

f COULON (kou-lon), s. m. Un des noms vulgaires du pigeon. || Coulon-chaud, un des noms vulgaires du tourne-pierre, oiseau. || Coulon de mer, un des noms vulgaires de la mouette.

— ÉTYM. Latin, columbus. Coulonou colon était, dans l'ancienne langue, le nom du pigeon.

t COULOTTE (kou-lo-f), ». f. Outil de plombier. || Pièce qui soutient le bois que refend le scieur de long.

f COULOUGLI (kou-lou-gli), s. m. Voy. colouoli.

COULPE (koul-p'), s. f. || 1* Terme de dogme. La souillure du péché qui fait perdre la grâce. Il fallait détruire la coulpe et la peine du péché, boss. h, Pass. 3. C'est une vérité de foi que l'absolution du prêtre, en nous remettant, quant à la coulpe, les péchés que nous avons confessés, ne nous en remet pas pour cela toute la peine, je veux dire toute la peine temporelle, bourd. Pensées , t. i, p. 331. Par le baptême la rémission est complète, rémission de la coulpe et rémission de toute la peine; au lieu que dans le sacrement de pénitence Diou ne remet pas toujours, avec la coulpe et la peine éternelle, ce que nous appelons peine temporelle, id. i"6. La coulpe ou l'offense faite à Dieu, flécii. Serin, n, 4 14. Les actions ne sont pas d'une malice de coulpe quand l'intention est

!. — ICS

COU

pure, volt. Inndnu, 15. || Dire sacoulpe d'une chose, en témoigner son repentir. Trois fois la semaine, les capucins disent leur coulpe devant leur gardien, et en présence de tous les religieux. J'en dis ma coulpe et j'en suis tout honteux, la font. Aveux. |! Battre sa coulpe, dans le style ancien et poétique, se frapper la poitrine en disant son mea culpa. Lors bat sa coulpe, à Dieu se recommande, Son cœur défaille et son unie s'en va, creuzé de lesser, la Table ronde, ch. xix. || 2' D'une façon générale, faute. La pauvre Marion trouve tant de vengeurs en ce monde que, quelque grande qu'ait été mon offense, je crains peu d'en emporter la coulpe avec moi, J. J. rouss. Conf. n. X l'heure où, près de sortir de cette vie, ils seront sollicités par leur conscience à ne pas emporter leur coulpe avec eux, id. Dial. s.

— hist. x* s. Elle colpes non avret [avait], por o no s'coit [pour cela elle ne fut brûlée], Eutalie. || xi" s. Clamez vos culpes, si priez dieu merci, Ch. de Roi. lxxxvii. N'i a culpe li bers, ib. xc. || xn's. D'heures en autres [il] va sa coupe battant, Ronc. p. 92. || xiii" s. Bien diriez que n'ai coupe en ceste destinée, Berle, xvi. Et vois [vais] je jus ma corpe batre; Il a [y a] en vos mal confessor, Ren. 208 1-2. Quant en cope se sentira, Du forfet se repentira, la Rose, -10617. Si li sers s'en est foïz et ce n'est pas es colpes à celui qui l'achata, il n'en paiera riens, Dig. 4 48. Le pechié et la colpe en est soe [sienne], non pas de celui qui est à son conseill, Ass. de J. 49. Et je vous donrai tant, que la coulpe n'iertpas moie, mes vostre, se vous ne voulez demourer, joinv. 257. || xiV s. Pour ce disoit Chaton d'un homme ivre, que ce n'est pas la culpe du vin mais est la culpe du Devant, oresme, Eth. 60. ||xv*s. Et que ce n'estoit pas sa coulpe qu'elle [Isabelle, femme d'Edouard II] estoit partie de lui, car il ne lui vouloit que tout amour, froiss. i, i, 4t. || xvi's. [Tu croiras que mon absence] Vient par sentir la coulpe qui mepoinct D'aucun mesfait : mais ce n'est pas le poinct, mahot, ii, 465. Que doivent espérer les meschans, qui sans cesse Portent dedans le cueur leur coulpe vengeresse? dubell. vin, 34, verso. Il semble qu'en nous esmouvants de l'accusation nous nous deschargeons aucunement de la coulpe, mont, m, 78. Les médecins en atlribuent la coulpe au patient, id. m, 2)0. Perseus, troublé de ses malheurs, cherchoit à rejetter la coulpe «le sa desfaitte sur tous autres que sur luy, amyot, P. Mm. 37. Il ne se pouvoit trouver autre satisfaction suffisante pour abolir la coulpe de nos péchez, calv. Instit. 384.

— ËTYM. Provenç. colpa; espagn. culpa; ital. colpa;A\> latin culpa.

| COULT (koult'), s. m. Bois de marqueterie.

COULURE (kou-lu-r') ,s.f.\\l° Mouvement d'une chose, d'un liquide qui coule. Ce que les fondeurs craignent le plus, c'est la coulure du métal hors du moule. || 2" Terme de culture. Accident qui arrive à la grappe en fleur et qui fait que toutou partie des grains de raisin coulent, ne se développent pas. La vigne est sauvée de la gelée, il n'y a plus que la coulure à craindre. Cette différence vient peut-être des divers accidents auxquels la vigne est sujette dans ce pays-ci, gelées, pluies, coulure, qu'on n'a point tant à craindre dans les pays chauds, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. x, p. 460. || 3° Terme de pèche. Nom de cordes de crin qui, bordant le haut et le bas des seines, portent des lignes par en haut, et des cailloux par en bas.

— Êtym. Couler.

t COUMAILLE (kou-mâ-11', Il mouillées), ». f. Roche des mines dans lesquelles la houille est divisée.

t COUMAR1NE (kou-ma-ri-n'), *. f. Terme de chimie. Principe cristallisable, d'une odeur aromatique, qui existe dans la fève tonka.

— étym. Coumarou.

fCOUMAROU (kou-ma-rou), s. m. Arbre de la Guiane, de la famille des légumineuses, dont le fruit est la fève tonka (coumarouna adorala, L.).

— ÊTYM. Mot galibi.

t COUMIER (kou-mié), s. m. Arbre laiteux et résineux des forêts de la Guiane.

t COUNTRY-DANCE (on devrait prononcer kaoun'tri-dan-s'; mais on a presque toujours prononcé kon-tre-dan-s', comme pour la contredanse française) , s. f. Voy. contredanse 2.

COUP (kou ; le p ne se prononce pas et ne se lie pas : un kou audacieux; coupse comporte comme loup, où lepneselie jamais; au pluriel, l's se lie: des kou-z audacieux ; Bèze, au xvi° siècle, remarque que le p se prononce au singulier et non au pluriel) , s. m. 4' Impression qu'un corps fait sur un autre en le

COU

heurtant; 2» les coups, le combat; 3° blessure, contusion; 4° ladécharge d'une armeàfeu; 6* atteinte, attaque, blessure morale; 6° son, bruitque rendent certains corps par le choc; 7* action rapide d'un organe, d'un instrument, etc.; 8» coup de main, terme de guerre; 9° coup d'œil ; 10° action vive, effet subit de certaines choses; n° chance favorable ou défavorable, circonstance imprévue; 42° action; i3°coup d'État, coup de théâtre; 44° fois, occasion; 16° coup devin; 4 6°termede jeu , manière de jouer, chance du jeu ; 47'toutà coup; 18° à coup; (9° tout d'un coup; 20° coup sur coup; 21° après coup; 22° à tous coups; 23° pour le coup; 24° encore un coup; proverbes. || 1° Impression qu'un corps fait sur un autre en le heurtant. Donner un coup de bâton, un coup de fouet, un coup de marteau. Se donner un coup contre un mur, se faire une contusion en se heurtant. Où chacun seul témoin des grands coups qu'il portait.... corn. Cid, iv, 3. Je veux ici l'attendre et le rouer de coups, scarron, D. Japhet, îv, 2. C'est un de ces braves de profession, de ces gens qui sont tout coups d'épée, qui ne parlent que d'échiner, mol. Fourb. de Scapin, n, 8. Et les coups de bâton d'un dieu Font honneur à qui les endure, id. Amph. m, 10. Il se donna cinq ou six coups de couleau, sêv. 143. Le cheval s'approchant lui donne un coup de pied, Le loup un coup de dent, le bœuf un coup de corne, la font, l'abl. m, 44. Il ne leur reste qu'à considérer de quel côté allait tomber ce grand arbre, ébranlé par tant de mains et frappé de tant de coups à sa racine, boss. Anne de Gonz. Le Samien m'avait porté un fau* coup, fén. Tél. v. Au premier coup qu'on lui porte, l'idole se renverse, id. ib. xn. Ils [les mauvais rois dans le Tartare] sont sous les coups de ces esclaves, devenus leurs tyrans impitoyables , id. ib. xvm. L'onde était écumante sous le coup de rames innombrables, id. ib. n. Il en couvrait d'autres de peaux de sangliers et d'ours, et lâchant sur eux ses chiens de chasse, il les faisait déchirer, ou les tuait à coups de flèches, rollin, Hist. anc. OEuvres, t. v, p. 423, dans pougens. || Eaire le coup de poing, se battre avec le poing fermé. || Coup de poing, instrument pour percer les tonneaux; espèce de pistolets fort petits. || Fig. Rabattre les coups, adoucir, apaiser des gens aigris les uns contre les autres. | Casser le nez à coups d'encensoir, donner en face des louanges exagérées et grossières. || Faire d'une pierre deux coups, venir à bout de deux choses par un seul moyen. || Frapper les grands coups, employer les moyens décisifs. || Frapper des coups en l'air, perdre sa peine. || C'est un coupdans l'eau, c'est un coup d'épée dans l'eau, se dit d'une tentative inutile. || Avoir un coup de hache à la tête, ou, simplement, avoir un coup de hache , un coup de marteau , être un peu fou. || Terme de manège. Coup de hache, dépression existant au point de jonction de l'encolure avec le garrot. Coup de lance, cavité à la base de l'encolure, a l'épaule, au bras ou à la fesse. Coup de reins, mouvement par lequel le cheval roidit les reins. || Coup de fouet, coup porté avec un fouet. Le soldat anglais reçoit des coups de fouet. Un coup de fouet vigoureusement assené fit partir le cheval au galop. || Terme de pathologie. Coup de fouet, rupture de fibres musculaires ou de muscles minces, qui survient à lajambe pendant un effort, et qui fait éprouver au patient une sensation comme s'il recevait un coup de fouet. || Terme de vétérinaire. Coup de fouet, mouvement brusque observé aux flancs dans la respiration d'un cheval poussif, surtout pendant l'expiration. || Dans le langage général, coup de fouet, effort redoublé par lequel on tente d'obtenir ou d'emporter quelque chose, et, en musique, effort plus brillant que tout le reste, par lequel on finit un morceau. Coup de fouet signifie aussi excitation, action d'animer, de presser, j Terme de marine. Coup defouet, la dernière crise du coup de vent, ou le coup de vent lui-même, s'il est de peu de durée. || Coup de talon, choc qu'éprouve un navire en passant sur un écueil. || Coup de boutoir, coup porté par le sanglier avec son boutoir; et, figurément, attaque brusque et inattendue en paroles. ' Terme de maréchalerie. Coup de boutoir dans la sole, plaio faite par le maréchal, lorsque avec le boutoir il pare trop profondément la sole du cheval. Terme d'escrime. Coup pour coup, action de deux tireurs qui se touchent en même temps. Coup de temps, coup pris d'opposition sur un développement; et fig. circonstance inopinée, ou occasion qui passe vite. Il a su profiter du coup de temps. || Coup fourré, dans un combat au fleuret, à l'épée, se dit quand chacun des deux adversaires en même temps donne et reçoit un coup. Et, figurément, faire un coup |

COU

fourré, se rendre mutuellement et en même temps de mauvais offices. Ils ont fait un coup fourré. Et contre cet assaut je sais un coup fourré, Par qui je veux qu'il soit de lui-même enferré, Mol. l'Étour. m, e. || Dans un autre sens, porter un coup fourré, rendre en secret un mauvais office. || Terme de jeu de paume. Coup de brèche, coup qui fait entrer la balle dans le dedans, près des encoignures. || Tenue de fauconnerie. On dit qu'un oiseau prend coup, quand il heurte trop rudement sa proje. || Terme de maçonnerie. Un mur prend coup, il menacedechute, il fait ventre, il n'est plus à plomb. || 2° Les coups, le combat. Mais s'il fallait encor que l'on en vînt aux coups, Je combattrais pour elle en soupirant pour vous,. corn. Jlor.i, 4. Elle-même leur dresse une embûche au passage, Se mêle dans les coups, porte partout sa rage, id. Rodog. i, 6. Hercule respirant sur le bruit de vos coups, rac. Phèd. m, 5. j| Fig. Juger des coups, rester spectateur d'une lutte, d'un débat. Nous étions neutres et nous jugions des coups, sév. 844. || Sans coup férir, sans combattre, sans en venir aux mains. Il s'empara des positions de l'ennemi sans coup férir. Et fig. et familièrement, sans résistance. Il en est venu à bout sans coup férir. || 3° Blessure, contusion. Il est tout couvert de coups. Il tomba percé de coups. L'époux expirant sous les coups d'une épouse barbare, mass. Car. Avenir. Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauvé? rac. Andr. v, se. dern. ||Coupdefeu, plaie produite parune arme à feu. || Le coup de la mort, la blessure, l'accident qui la détermine. 11 se jeta à son cou, disant qu'il devinait bien ce qu'il avait à lui dire, que c'était le coup de sa mort, qu'il le recevait de la main de Dieu, sév. 473. L'amour lui a donné le coup delà mort, boss. i, Ass. 1. 1| Le coup de grâce, celui par lequel le bourreau achevait le patient; et, par extension, ce qui consomme la ruine de quelqu'un. Il souhaite la mort comme le coup de grâce, sêv. 32. || Populairement et ironiquement. Il a été le plus fort, il a porté les coups, il a été battu. || 4° La décharge d'une arme à feu. Tirer un coup de canon. Cent pièces de canon tonnèrent sur elle à son arrivée, et la maison où elle entra fut percée de leurs coups, boss. Reine d'Anglet. Des filous effrontés, d'un coup de pistolet, Ébranlent ma fenêtre et percent mon volet, boil. Sat. vi. Il ne s'avisa pas seulement de lui tirer son coup, hamilt. Gramm. 6. || Tirer à coup perdu, tirer hors de portée. || Fusil à deux coups, fusil à double canon. || Faire le coup de fusil, prendre part à un combat d'infanterie, se battre en tirailleurs. On dit de même pour la cavalerie, faire le coup de pistolet. Les Mazarins venaient faire le coup de pistolet dans le faubourg Si-Antoine, retz, ii, 213. || Se dit aussi de la charge de l'arme. J'ai encore deux coups de poudre et un coup de plomb. || Terme de chasse. Coup double, coup qui tue deux pièces de gibier. Et fig. Le cardinal prit si bien son temps et ses mesures qu'il fit coup double; le confesseur fut renvoyé, et il en donna un autre auquel il était assuré de faire dire ce qu'il voudrait, st-sw. 8, 65. || Par extension. Coup de tonnerre, bruit violent qui accompagne une décharge d'électricité dans un orage. Un violent coup de tonnerre fit trembler toutes les vitres. || Familièrement et par ironie, il est secret comme un coup de tonnerre, comme un coup de canon , il divulgue ce qu'on lui confie. || Coup de foudre, coup que frappe l'électricité dans un orage. Un coup de foudre fendit le peuplier. || Fig. Ce coup de foudre est grand, corn. Poly. n, 4. Un coup de foudre est tout ce que je veux de vous, rac. Théb. v, 6. Les dieux, longs à se résoudre, Ont fait un coup de leur foudre, malh. n, 4. || 5° Fig. Atteinte, attaque, blessure morale. En vos beautés parfaites Vous ne pouvez savoir tous les coups que vous faites, Régnier, Sat. xm. Il veut frapper le coup sans notre ministère, corn. Iléracl. m, 3. X l'honneur de tous deux il porte un coup mortel, id. Cid, i, 6. Les Sarrasins reçurent de grands coups durant l'empire de Léonce, noss. Hist. m. Vous vous troublez beaucoup! Mon c n'est point du tout ébranlé de ce coup, mol. F. sav. v, 4. Amour est un étrange maître; Heureux qui peut ne le connaître Que par récit, lui ni ses coups, la font. Fabl. iv, ^. Mais il me faut tout perlie et toujours par vos coups, rac. Andr. i, 4. S il pi rait ses coups tandis que je vous vois, id. Bril. v, 5. Constantin, après avoir affaibli la capitale, frappa un autre coup sur les frontières, montesq. Rom. n. || Le dernier coup , ce qui achève d'accabler, de ruiner, etc Donner le dernier coup à la dernière tête De la rébellion, malh. ii, 12. Donner le dernier coup au parti des tyrans, mol. D. Gare, v, 6. Il ne restait qu'à donner le dernier coup à celta

secte, FLiîcn. le Tellier. Il donna le dernier coup à leur empire, boss. Hist. ni, 6. Voilà le dernier coup qu'il fallait donner à notre ignorance, id. ib. H, 44. Cet édit qui donna le dernier coup a l'hérésie, id. le Tellier. Les flatteurs nous donnent le dernier coup, id. Resp. 3. Mme de Jouarre donne le dernier coup à l'exemption, n>. Lettr. abb. 70. || Tenir coup, tenir tête. Prête chacune à tenir coup aux gens, la font. Mazet. || Le coup de pied de l'âne, insulte qu'un lAche adresse à un homme jadis puissant et maintenant hors d'état de se venger. Locution tirée de la fable où l'âne vient en dernier frapper le lion mourant. || Coup de Jarnac, manœuvre perfide, déloyale. François de Vivonne fut tué en combat public et singulier par Guy Chabot, fils du seigneur de Jarnac, d'où est venu le proverbe du coup de Jarnac, st-sim. 352, (33. || 6° Son , bruit que rendent certains corps par le choc. Le premier coup de cloche le réveilla. Au coup de minuit, de midi. Les coups de marteau retentissaient dans toute la maison. Tout est prêt ; nous partirons au coup de dix heures. || Familièrement. N'être pas sujet au coup de cloche, au coup de marteau, n'être pas sujet a la cloche, au marteau qui demande que la porte soit ouverte et qui indique qu'on vient réclamer votre office, être libre et maître de son temps. || 7° Action rapide d'un organe, d'un instrument, etc. Un coup de langue. Des coups de gosier sonores. En quelques coups de balai la maison fut nettoyée. || Un coup de dent, action de faire aller la mâchoire pour manger. [L'âne] Craignit qu'en perdant un moment II ne perdît un coup de dent, i.a font. Fabl. vin, 47. Il y procédait d'une vitesse toujours égale et trouvait moyen, sans perdre un coup de dent, de me donner louanges sur louanges, lesage, Gil Blas, i, 2. || Coup de pinceau, application du pinceau pour peindre; et fig. description. Tu demeures surpris et changes de couleur à ce discours; ce n'est là qu'une ébauche; et, pour achever le portrait, il faudrait bien d'autres coups de pinceau, mol. D. Juan, i, 4. Si Molière a rendu Tartuffe odieux au cinquième acte, c'est par la nécessité de donner le dernier coup de pinceau à son personnage, marmont. Élém. litt. t. vi, p. 444 , dans polgens. || Coup de chapeau, salutation donnée au passage. Encor? Que de coups de chapeau I mol. Éc. desmar.i, 5. || Traduire à coups de dictionnaire, ne pouvoir traduire qu'en ayant recours fréquemment au dictionnaire. La plupart des livres de certains savants ne sont fabriqués qu'à coups de dictionnaires, et ils n'ont guère lu que les tables des livres qu'ils citent, ou quelques lieux communs ramassés de différents auteurs, MALLEBR. JÎCcft.liv. IV, Cil. 8. || Coups de ciseaux, coupures qu'on fait avec des ciseaux dans quelque écrit pour les insérer textuellement dans une composition. Faire un journal à coups de ciseaux. || Donner à quelqu'un un coup demain, d'épaule, lui venir en aide, unir momentanément ses efforts aux siens. || Donner un coup de collier, faire un nouvel effort, locution prise des chevaux qui, faisant un effort, appuient sur le collier. || Familièrement. Donner un coup de pied jusqu'à tel endroit, y aller : cela ne se dit que d'un endroit peu éloigné. || Terme de peinture. Application, sur la toile, de la brosse ou du pinceau chargé de couleur. Peindre au premier coup, peindred'une manière large, facile, rapide. Coup de jour, traitvif de lumière ou de clair placé à propos. || Terme de musique. Coup de langue, coup de gosier, coup d'archet, manière de lancer le son. || Fig. Coup de bec, de dent, de langue, de patte, propos médisant. Les absents sont assassinés à coups de langue, scarron, Rom. corn. cli. 3. Pour vous, vous représentez une de ces personnes qui prêtent doucement des charités à tout le monde, de ces femmes qui donnent toujours le petit coup de langue en passant, mol. Impromptu, 4.||Coup de filet, action de lancer le filet, et résultat de cette action, prise de poisson; et fig. une capture, un gain. La police, d'un coup de filet, a saisi plusieurs malfaiteurs. Ce seul coup de filet lui a rapporté une grosse somme. || Terme de typographie. Coup de planche, action de poser la planche sur le papier pour l'imprimer. || Coup de piston, la course entière accomplie par un piston dans un corps de pompe, pour se rendre d'une extrémité à l'autre. || 8" Terme de guerre. Coups de main, ceux qui se donnent avec les armes ordinaires, sans artillerie. Une place emportée â coups de main, c'est une place emportée d'emblée, l'épée à la main. || Coup de main, expédition, attaque de vive force, et, en général, toute espèce d'entreprise hardie. S'il est permis, sous ce prétexte, de faire des coups de mnin, quels États sont en sûreté dans la jeunesse des roist boss.

COU

Variât. Déf. t" dise. § 4 e. La Grande-Bretagne n'oublia pas, à Utrecht, que ces voisins entreprenants, soutenus des Canadiens, accoutumés à la chasse et aux coups do main, avaient porté, durant les deux dernières guerres, la désolation dans ses divers établissements, raynal, Hist. phil. xvn, 42. || 9° Coup d'reil, vue, regard. Jetez un coup d'ail sur ce tableau. Et dès qu'il m'aura plu d'abattre votre orgueil, Vos têtes pour tomber n'attendront qu'un coup d'oeil, corn. Attila, v, 3. Je crains d'en recevoir quelque coup d'oeil fatal, Et chasse un ennemi dont je me défends mal, id. Théod. Il, 2. Enfin, avant de paraître au parloir, On doit au moins deux coups d'oeil au miroir, grksskt, Vert-vert, 1. Les opticiens, fondés sur l'expérience, disent que l'étendue d'un coup d'œil est bornée à l'angle droit, bonnet, Ess. psych. ch. 38. || Fig. Bannis toute imposture , et d'un coup d'oeil plus sage Regarde ce prophète à qui tu rends hommage , volt. Fanal, i, 4. || Coup d'œil, sûreté dans l'appréciation des choses. Il avait ce qu'on appelle le coup d'œil d'une justesse et d'une promptitude singulière et peut-être unique; c'était une sorte d'inspiration dont la clarté et la force prouvaient la vérité, du moins pour lui, fonten. Chirac. Un Condé, dont le premier coup d'œil décidait toujours de la victoire, mass. Or. {un. Louis le Grand. Descartes a envisagé la nature comme un homme qui, plongeant sur elle un vaste coup d'œil, l'embrasse tout entière et en fait pour ainsi dire le plan à vue d'oiseau, turgot, Ébauche du 2' discours. Progrès de l'esprit humain, p. 278. Il avait reçu de la nature ce coup d'œil prompt et juste qui saisit tout ce qui mérite d'être observé et qui ne voit les objets que tels qu'ils sont, condorcet, Linné. \\ Coup d'œil, aspect. La vertu n'a de triste que le premier coup d'œil, mass. Car. Dégoûts. Il n'a de beau que la surface et le premier coup d'œil, id. Profess. relig. t. Le coup d'œil de son retour à sa toute-puissance en Espagne [la princesse des Ursins] ne la dérangea pas plus qu'avait fait la chute de la foudre sur elle à Madrid, st-sim. 444, too. || 10° Action vive, effet subit de certaines choses. Un coup de vent fit écrouler une partie de la muraille. Du premier coup de vent il me conduit au port, corn. Poly. iv, 3. L'hiver était si près de nous, qu'il n'avait fallu qu'un coup de vent de quelques minutes pour l'amener âpre, mordant, dominateur, skgur, Hist. de Nap. ix, 7. || Terme de marine. Coup de mer, choc d'une grosse lame. Bien tenir le coup, résister aux coups de vent et de mer. Faire un coup d'écoute, forcer sa voilure parune brise fraîche. || Terme de médecine. Coup de sang, attaque d'apoplexie, et aussi congestion momentanée du sang vers la tête. || Coup de lumière, effet subit d'une lumière qui apparaît. Malgré l'obscurité du crépuscule où les nations semblent encore errer, des coups fréquents de lumière annoncent l'aurore et la venue du grand jour, holbacii, dans du marsais, Essai prêj. ch. 4 4. || Coup de soleil, effet produit, sur une partie quelconque d'un être vivant, animal ou végétal, par l'action d'un soleil ardent. Il Coup de soleil, sorte d'érysipèle causé parle soleil. J'attrapai un coup de soleil sur une main, chateaub. Ilin. 243. || Coup de soleil, ensemble d'accidents cérébraux causés par le soleil, et qui peuvent causer rapidement la mort. || Populairement. Coup de soleil, action de rougir soudainement par honte ou par embarras. || Coup d'air, fluxion ou douleur causée par un courant d'air. || Terme de vétérinaire. Coup de chaleur, congestion sanguine, brusque, rapide, du poumon, quelquefois de l'intestin et plus rarement de l'encéphale, arrivant communément sur les chevaux de trait rapide, pendant le travail et au temps des chaleurs. || Terme d'arts. Coup de feu, action d'activer le feu pour la cuisson ou la fusion de différentes matières. Toute porcelaine, au moment qu'elle reçoit son dernier coup de feu, se trouve dans un état de fusion commencée, raynal, Hist. phil. v, 27. || Terme de cuisine. Coup de feu, l'action d'activer le feu des fourneaux au moment d'achever la cuisson des mets; et figurément , moment de presse. || Coup de feu, action d'un feu trop ardent sur une préparation culinaire. Le rôti a un coup de feu. || 11° Chance favorable ou défavorable, circonstance imprévue. Coup du ciel. Coup de bonheur. Comment la retrouver sans un coup du hasard? brifaut, Ninus II, m, 4. Fais agir ta constance en ce coup de malheur, corn. Cid, n, 3. La fortune se plaît à faire de ses coups, la font. lab. vu, 4 3. Mille fois la religion a été à la veille d'une destruction universelle; et, toutes les fois qu'elle a été dans cet état, Dieu l'a relevée par des coups extraordinaires de sa

COU

puissance, pasc. Pensées, part, n, art. 4. Glaive du Seigneur, quel coup vous venez de faire ! toute la terre en est étonnée, boss. Marie-Thér. Quel coup vient nous confondre! volt. Zaïre, n, i. Parle, achève, ô mon Dieul ce sont là de tes coups, volt. ib. H, 3. || 12° Action. Voilà un coup d'étourdi. C'est un coup de désespoir. C'est là que votre main peut faire de beaux coups, rêgnier, Sat. xm. Quoi! de tuer un homme auriez-vous conscience? Loin que votre dessein vous fasse aimer d'Hortense, Ce coup augmentera sa haine, il est certain, la font. Florentin, t. Nous savons que ce prince magnanime [Charles II] eût pu hâter ses affaires i servant de la main de ceux qui s'offraient à détruire la tyrannie par un seul coup, boss. Heine a" Ai Vous vouliez toutes deux un coup trop inhumain, corn. Rodog. v, 4. Il n'a point pris le ciel ni le sort à partie, Point querellé le bras qui fait ces lâches coups, id. lléracl. m, 3. Un môme coup a mis ma gloire en sûreté, Mon âme au désespoir, ma flamme en liberté, id. Cid, v, 6. Votre bras dans Pharsalo a fait de plus grands coups, id. Pomp. iv, 3. S'il a cette vertu, cette valeur insigne, Donnez-lui votre armée, et voyons ces grands coups, id. Nicom. n, 3. ôcoup! ô trahison trop indigne d'un homme! m. Cinna, m, 3. Si de mon propre sang ma main versant des Ilots N'eût par ce coup hardi réprimé vos complots, rac. A thaï., n, 7. Gardez qu'avant le coup votre dessein n'éclate, id. Andr. m, 4. Cet ouvrage, madame, est un coup d'Agrippine, id. Brit. v, <. L'action de Léonidas, avec ses trois cents Spartiates, n'était pas un coup de désespoir, mais une conduite sage et généreuse, comme Diodore de Sicile a soin de le faire remarquer , roli.in, Hist. anc. Œuvres, t. m, p. 220. Ils ont fait un beau coup vraiment; Mais, pour réparer leur sottise, La folie et l'amour ont fait adroitement Réussir l'heureuse entreprise, regnard, Folies amour. Divertiss. Je crus faire un coup d'une profonde politique en.... fên. Tél. xm. 11 n'appartient de proposer des changements qu'à ceux qui sont assez heureusement nés pour pénétrer d'un coup de génie toute la constnution d'un État, mo.ntesq. Esp. Préface. Le coup du génie [dans le Misanthrope de Molière] est de l'avoir fait amoureux d'une coquette, J. J. rouss. Lettre à d'Alembert. || Faire le coup, faire l'action dont il s'agit, en parlant d'une action mauvaise, ou tout au moins d'une action hardie. Je crois que c'est monsieur votre cher intendant qui a fait le coup, mol. VAv. v, 2. On ne put pas le convaincre d avoir fait le coup, boss. Variai, x. Non, non ; Britannica* est mort empoisonné ; Narcisse a fait le coup ; vous l'avez ordonné, bac. Brit. v, 6. On découvre que le jardinier a fait le coup, I. 1. Bouss. Ém. n. || Faire de bons coups, faire de bons tours. Font quelques fois ensemble de bons coups, la font. Herm. Faiie un mauvais coup, une mauvaise action. Celui qui reçoit de l'argent pour un méchant coup , pasc.

Prov. xvm Comme le voilà fait! Débraillé, mal

peigné, l'œil hagard! à sa mine, On croirait qu'il viendrait, dans la forêt voisine. De faire un mauvais coup.... regnard, le Joueur , 1, 7. H Faire un coup de tête, faire étourdiment une chose hardie ou extravagante. Faire un coup de sa tête, ne demander conseil à personne. || Un coup de maître, une action digne d'un maître, d'un homme habile, vaillant, etc. Mes pareils à deux fois ne se font pas connaître, Et pour leur coup d'essai veulent des coups de maître, corn. Cid, 11, 2. || Coup d'essai, la première fois qu'on tente une chose. Ne cherche point à faire un coup d'essai fatal, corn. Cid, 11, 2. Sur ce beau coup d'essai de votre ingratitude, id. Nicom. iv, 5. Ce sont des coups d'essai, mais si grands que peut-être Le Capitole a droit d'en craindre un coup de maître, id. Nicom. m, 2. N'est que le coup d'essai de ses illusions, id. Poly. 1, (. Il fit voir que les plus difficiles victoires ne sont que les coups d'essai de ceux que Dieu même instruit pour la guerre, fléch. Panég. 11, p. 10. En voilà assez pour des faussetés si vaines; ce ne sont là que des coups d'essai de vos novices, et non pas les coups d'importance de vos grands profès, pasc. Prov. xvi. Il Coup d'éclat, action qui fait grand bruit, qui attire beaucoup de renom, et aussi action qui rompt avec des habitudes, avec une situation, elc. Il Coup monté, coup préparé à l'avance, prémédité. || Manquer son coup, ne pas réussir. Ayant manqué mon coup, je ne fis point de vains efforts contre un à grand nombre d'ennemis, scarr Jfom. com. 2" pari. ch. 44. Les anges de la réforme ne manqu'rrni pas leur coup à cette fois [le tuèrent], boss. Déf. Une de ces flèches qui n'ont jamais manqué leui coup. ! i.\. Tel. xx. Il Dans un sens opposé, porter coup,

COU

sans régime, produire un effet considérable. Ce discours porta coup et fit songer notre homme, la font. Coupe. Les événements qui ont porté coup dans la suite, boss. Uist. m, 2. Ce qui se passe en la vie porte coup au point de la mort, m. Imp. t. Pour faire des menaces qui portent coup, la brut. x. La plus petite tolérance porte coup, patbu, Plaid. 6, dans bichelet. Il s'en faut bien que toutes nos habiletés ou toutes nos fautes portent coup, vauven. Max. 646. || Porter coup, nuire, faire tort. Le coup est porté, le mal est fait. L'injuste porte coup sur lui-même, mass. Ferv. 2. Le gouvernement portera coup à l'agriculture et au commerce, toutes les fois qu'il entreprendra de fixer le prix des denrées, condillac, Comm. gouv. part. I, ch. 4. || Être sous le coup, être menacé par, être en butte à. Il est sous le coup d'une accusation. || 13° Coup d'État, mesure violente à laquelle un gouvernement a recours. Il ne faut plus que vous parliez d'agir puissamment, ni de faire des coups d'État qu'avec la reine, balz. liv. u, lett. 5. Jamais un coup d'État ne fut mieux entrepris, corn. Pomp. il, 8. Non qu'en un coup d'État je n'approuve le crime, n>. ib. i, 4. Et je puis dire enfin que jamais potentat N'eut à délibérer d'un si grand coup d'Etat, id. ib. i, 4. Au lieu de gouverner par les lois, ils veulent étonner par des coups d'État, condillac, Étud. hist. part. I, ch. 4. || Action qui décide de quelque chose d'important pour le bien de l'État. La bataille de Denain fut un coup d'État. || Entreprise violente par laquelle un personnage s'empare du pouvoir (coup d'État du 4 8 brumaire par lequel le général Bonaparte devint maître de la France) , ou mesure par laquelle un gouvernement change violemment et en dehors des lois la constitution (le coup d'Etat tenté par Charles X en (830). || Fig. Tout ce qui est décisif dans quelque affaire importante. Ce mariage fut un coup d'Etat dans cette famille. C'était un coup d'État, mol. le Dép. m, 7. || Coup d'autorité, usage extraordinaire qu'une personne fait de son autorité envers ceux qui lui résistent. || Coup de théâtre, se dit en poésie dramatique, d'un événement ou d'une situation, qui frappe tout d'un coup l'esprit, parce qu'on ne s'y attendait pas. On ne forme point les esprits avec des tableaux et des coups de théâtre, mabmont. Élém. litt. Œuvres, t. îx, p. 46, dans pougens. Et fig. Son arrivée fut un coup de théâtre. Cela fit un coup de théâtre. || 14" Fois, occasion, moment. [L'honneur qui] perdu pour un coup jamais ne se recouvre, hégnier, Sat. vi. Elles n'arrivent pas à leur dernier degré de perfection du premier coup, desc. Diopt. 4. Il n'est pas permis de faire ces actions-là [actes de vaillance] beaucoup de fois en sa vie ; et la fortune, qui vous en a tiré pour ce coup, est un mauvais garant pour l'avenir, voit. Lett. 4 4 8. Les hommes valeureux le sont du premier coup, corn. Cid, u, 9. Certes Rome à ce coup pourrait bien se vanter, D'avoir eu juste lieu de me persécuter, id. Pomp. m, 2. C'est à ce coup qu'il est bon de partir, Mes enfants.... la font. Fabl. iv, 22. Mais le pauvret, ce coup, y laissa ses houseaux,iD. ib. xn, 23. Vous ne bougerez pour ce coup, id. Cord. M'empoisonne à tous coups [à chaque instant] leurs plus charmants appas, mol. le Dép. i, 4. Voyons si votre diable aura bien le pouvoir De détruire à ce coup un si solide espoir, m. l'Étour. v, 46. Je l'ai déjà manquée,et même plusieurs coups, id. ib., v, 6. Sans menacer, sans avertir, la mort se fait sentir tout entière dès le premier coup, boss. Duch. d'Orl. Tout cela ne se fait pas d'un coup, id. Visite, 2. À ce coup, le Saint-Esprit irrité se retire, les ténèbres s'épaississent, la foi s'éteint, m. Anne de Gong. || 15" Coup de vin, ce qu'on boit de vin en une fois. || Le coup du milieu, le coup qu'on boit entre les deux services. || Le coup de ï'étrier, le coup qu'on boit en montant à cheval pour partir. || Familièrement. Boire un coup, un verre de vin. Un jour le cuisinier ayant bu trop d'un coup.... la font. Fabl. ni, 42. [Tartuffe] But, à son déjeuner, quatre grands coups de vin, mol. Tart. i, 6. Il avait envie d'y boire un coup, hamilt. Gramm. 4 4. Matta but cinq ou six grands coups pour étouffer un reste de délicatesse qui l'inquiétait, id. ib. 3. Frère Giroflée buvait un coup en attendant le diner, volt. Cand. 24. On a vu le bossu passer près de la Villeaux-Dames, où il a bu un coup, p. L. cour, ii, 276. || Boire à petits coups, peu à la fois, mais souvent. L'aîné [Bellisle] était fort sobre ; le cadet aimait à souper et à boire le petit coup, mais sans excès, stsim. 523, 221. Du vin vieux d'un hôte aimable II faut boire à petits coups, bêrang. P. coups. || Boire un coup est aussi faire un excès de vin. Il avait bu un

COU

coup. Il Populairement. Boire un coup, être en danger de se noyer. || 16° Terme de jeu. Manière de jouer, chance du jeu. U a fait un beaucoup. || Le donner en trois coups, quatre coups, etc. se dit pour exprimer qu'on défie quelqu'un de faire la chose dont il s'agit, qui est difficile, et qu'on n'a pas su ou qu'on ne saurait pas faire soi-même. Je le donne en six coups au fourbe le plus brave, mol. l'Étour. n, 7. || Coup se dit de chaque fois qu'un des joueurs a donné une carte, lancé des dés, etc. Coup forcé, coup qu'il n'est pas possible de parer. Remettre un coup, autoriser quelqu'un à recommencer un coup mal joué. || Coup sûr, coup qui ne peut manquer de réussir. |] Fig. Imperceptiblement ensemble ils se rendront, Et malgré vos efforts, mon fils, ils se joindront; C'est un coup sûr.... la font. Florentin, 3. || X coup sûr, loc. adv. Immanquablement, avec certitude de gain, de succès. Nous réussirons à coup sûr. Ce n'est pas toujours à coup sûr qu'on spécule. Mais vantés, à coup sûr, du Mercure galant, boil. Sat. xn. || Coup de dés , toute combinaison que les dés peuvent présenter. De leurs différentes combinaisons [osselets à quatre faces dont se servaient les anciens] résultent trente-cinq coups auxquels on a donné les noms des dieux, des princes, des héros, etc. barth. Anach. ch. 20. Et figurément, c'est un coup de dés ou de dé, c'est une affaire où le hasard aura beaucoup de part. || Rompre le coup, arrêter, détourner une chance des dés, en les empêchant de rouler librement; et fig. empêcher le succès d'une entreprise. || Au trictrac, coup et dés, veut dire que la primauté appartiendra à celui qui amènera le dé le plus fort. || Tout coup vaille, arrive ce qu'il pourra. || Au billard, coup du roi, coupoù.labille étant placée en arrière de la blouse du milieu près de la bande, on va frapper de sa bille la bande du haut, de manière qu'en revenant elle pousse l'autre dans la blouse. || Dans toute espèce de jeux, faux coup, se dit, en général, d'un coup qui n'a pas réussi ou qui n'a pas porté. || Au billard, faux coup de la queue, faute que commet le joueur quand il touche la bille à faux. || Coup de partie, ce qui décide du succès d'une partie de jeu; et fig. du succès d'une affaire. Ce que je viens de faire est un coup de partie Qui les sauve tous quatre et moi-même avec eux, lachaussée, Mélanide , m, 8. || Coup de bourse, opération de bourse qui réussit, qui apporte un grand profit. || 17" Toup à coup, loc. adv. Soudain et sans qu'on s'y attende. Faire accroire tout à coup à tout

un peuple que boss. Hist. u, 4 3. Tout à coup

elle aperçut les débris d'un navire , fén. Tél. i. || 18° X coup, à la fois. Le sangdes veines y entre si à coup et en si grande quantité que.... desc. Pass. 4 22. Selon que ce froid vient plus lentement ou plus à coup, m. Météor. 5. Au lieu de descendre doucement dans leur matière, ils y tombent soudainement et à coup, balz. liv. vu, lett. 60. || 19° Tout d'un coup, loc. adv. Tout en une fois, à la fois, du premier coup. Et pour voir tout d'un coup vos malheurs terminés, corn. Nicom. v, 7. Et de Servilius l'astre prédominant Dissipa tout d'un coup ce bonheur étonnant, id. Serlor. u, 4. On ne va pas tout d'un coup à la corruption entière, st-évrem. dans bouhours, nouv. Rem. Et croyant entrer tout d'un coup, laf. Fabl. iv, 4 6. Ou plutôt il fallait, comblant ta perfidie, Lui ravir tout d'un coup la parole et la vie, rac. Phèd. iv, 4. || Dans le sens de tout à coup. Non, monsieur, elle a fermé tout doucement la fenêtre, et s'est allée mettre sur son lit ; là elle s'est prise a pleurer amèrement ; et tout d'un coup son visage a pâli, ses yeux se sont tournés, le cœur lui a manqué, et elle m'est demeurée entre les bras, mol. l'Am. méd. i, 6. La fille unique de notre maître, attaquée d'une maladie qui lui a ôté tout d'un coup l'usage de la langue, id. Méd. m. lui, l, 6. Comment! il y avait six jours entiers qu'il ne pouvait mourir, et cela le fit mourir tout d'un coup, id. le Fest. m, 4. Ne disons plus que la mort a tout d'un coup arrêté le cours de la plus belle vie du monde; disons qu'elle a mis fin aux plus grands périls dont une âme chrétienne peut être assaillie, boss. Duch. d'Orl. Il arrive aussi quelquefois qu'un écrivain, parlant de quelqu'un , tout d'un coup se met à sa place et joue son personnage, boil. Sublime, 23. Le roi fit un grand ha ! comme un homme oppressé qui tout d'un coup respire, st-sim. 94, 4 4 6. || 20° Coup sur coup, loc. adv. Successivement et sans interruption. Coup sur coup je verrai par leur intelligence De mes soins vigilants confondre la prudence, mol. Éc. des f. iv, 7. Trois rendez-vous coup sur coup furent pris, la font. Magn. Elle a été deux fois à la Trappe coup sur coup, boss. Lett. 840. La

reine écrivit coup sur coup quatre lettres, id. Déf. Les prophètes qu'il envoie coup sur coup, iD.Hisl. H, 4- Tant de malheurs qui arrivaient coup sur coup entre ses mains, id. Char. (rat. 2. Tandis que.... coup sur coup, Pour ma santé je bois beaucoup, bérang. Deo grat. Il produisit coup sur coup divers ouvrages qui certainement devaient lui faire honneur, d'olivet, Hist. acad. t. n,p. 4 73,dansP0UGENS. ||21°Après coup, Joe. adv. Après que la chose est faite. Ces actes n'ont été faits qu'après coup, patru, Plaid. 6, dans richelet. Qu'Esdras y ait ajouté après coup les prédictions, boss. Hist. u, 43. Elles n'étaient que des additions après coup, id. Jîem. L'amour-propre a voulu après coup vous déguiser votre crime, mass. Car. Tiéd. 4. Dans tous les autres Etats les lois sont faites après coup, volt. Lettres à Calh. 4 5. Quelques mots auxquels je n'ai réfléchi qu'après coup, J. J. rouss. Conf. m. || 22° Âtous coups, loc. adv. X tous propos, chaque fois. Non, je ne veux plus voir à tous coups hasardé, Un si grand différend par le sort décidé, tristan, Mort de Chrispe, n, 6. || 23° Pour le coup, loc. adv. Pour cette fois. Ah! c'est pour le coup qu'il faut se croire heureux en bêchant son jardin, marmont. Bélis. ii. || Expression d'impatience et d'humeur. Pour le coup, c'en est trop! Pour le coup, l'enfant n'y est plus; comment concevoir qu'on le laisse sortir seul? j. 3. rouss. Ém. ni. || 24° Encore un coup, loc. adv. Encore une fois. Madame, encore mn coup, cet homme est-il à vous? corn. Nicom. i, 2. Non, mais encore un coup, ne la revoyez point, n>. Poly. u, 4. Va-t'en, encore un coup je ne t'écoute plus, in. Cid, m, 4. Allons encore un coup le donner a Chimène, id. ib. v, 4. ô ma coignée! ô ma pauvre coignée! S'écriait-il, Jupiter, rends-la-moi; Je tiendrai l'être encore un coup de toi, la font. Fabl. v, 4. Il raisonne mal, encore un coup, boss. Déf. J'espère donc encore un coup, que vous voudrez, id. Lett. 264. Mettons, encore un coup, toute la Grèce en flamme, rac. jlndr. iv, 3. Madame, encore un coup c'est à vous de choisir, id. Baj. u, 4. Encore un coup vivez, et revenez à vous, m. Eslh. n, 7. || Proverbes. Le coup vaut la balle, le coup vaut l'argent, la chose vaut bien la peine qu'on a prise. || Ses plus grands coups sont rués, s'est dit jadis d'un homme qui est sur l'âge.

— KEM. Les grammairiens font observer que tout d'un coup se dit de ce qui se fait en même temps : Ils ont résolu de partir tout d'un coup; et tout à coup de ce qui se fait soudainement et comme à l'improviste : Ils ont disparu tout à coup. 11 faut en effet distinguer tout à coup, de tout d'un coup; mais la distinction indiquée n'est pas exacte. Tout à coup ne peut pas s'employer pour tout dun coup ; mais tout d'un coup peut avoir le sens de tout à coup. Voy. les exemples.

— HIST. xi* s. Tans cols a pris sur son escu boucler, Ch. de Roi. xxxix. Donez mon fief: c'est le colp de Rolant [c'est de frapper Rolant], ib. lxvii. De cous ferir, receveir et doner, ib. xc. Franc et paien merveilleus colps i rendent, ib. cvn. Colp en auras ainz que nous départons, ib. cvn.

— xir s Ja par cop d'arme [le baume] ne sera entamez, Ronc. p. 36. Nus cops de lance, de dart et de penon, ib. p. 61. D'ores en altres i [il] va grans cols donant, ib. p. 436.

— xm* s. Apertemeut lui va Pépins tel cop donner, Berte, m. En la senestre cuisse [elle] a tel cop assené, ib. xv. Et veez chi un castiel qui a nom Tenis priés de chi à quatre lieues [Tunis, à quatre lieues de Damiette] que nous prendrons au premier cop, C/ir. de Rains, 404. Li ménestrel du mestier desus dit doivent lesier oevre au samedi au darrenier coup de vespres en la paroisse où il demourent, Liv. des met. 63. Amours, aine ne fu chevaucie [chevauchée], Tornoiemens, ne os [armée] banie, Où on ne sentist de tes caus, Hist. litt. t. xxm, p. 613. Voussavés bien qu'au premier cop Ne cope l'en mie le chesne, la Rose, 3424. Et ainsi s'en revint et ramena sa gent à pié ; et ses trois biaus cops fist-il devant le seigneur d'Arsur et les riches hommes qui estoient en Acre, joinv. 277. Li rois ot, par la pez fesant, grant coup [beaucoup] de la terre le conte, ib. 206. Qui ot le vis [visagej et teint et pale Por les cous qu'il ot receùs, Ren. 24858.

— xiv* s. Se vostre faulcon a mal es yeulx, de cop ou de toyes [taies], Modus, f° xciv. Tournemine qui fu prudoms au cops donner, Gucscl. 4 834 2. L'en estoit en conseill souvant, Grant coup avoit de sape gent ; Là oïssiez de beaux langages, Liv. du bon Jeh.

— XV s. X ces coups [cette fois] passoient et dévoient passer le roi de France et ses oncles, moiss.

cou

cou

cou

il , h , 2) ». Le bateau n'estoit pas trop grand où nous passasmes, car il n'y pouvoit entrer que deux chevaux au coup [à la fois], id. n, m, 7. Et puis de petit à petit je mènerai tel Jean Lyon que il sera tout rué jus; ainsi serons-nous vengés subtilement et sans coup ferir [Mahieu à ses frères], id. ii, ii, 62. Si se retrait en sa bataille et ordonna que toutes gens mangeassent à leur aise et bussent un coup, m. i, i, 284. Mais il n'a nul recovrement. Quant la mort a son cop féru, ch. d'orl. Requête dCupidon. Mais les dames si nous prièrent très De boire un coup; et illec assez près Nous menèrent en lieu bel, cler et frès Pour desjuner, christ, de pisan, Dit de Poissy. Lors le roy mist sa lance en arrest et se afficha du tout sur les estriers, puis s'appuya sur le coup pour le chevalier tuer, Perceforest, t. i, f° 28. Le duc de Normandie s'estoit délibéré ung coup de fuyr en Flandres, mais.... comm. i, (6. Sage après le coup, id. t'6. Son artillerie tyroit à coup perdu par dessus et dedans la ville, in. m, 3. Disant que on faisoit ces dissimulations pour n'avoir point la guerre aux deux royaulmes à ung coup, id. m, 6. Ung coup me trouvay présent que le seigneur Durfé dist ces parolles au dit duc, id. m, 8. Qu'est ce cy, à qui sommes nous? Ma maistresse est bien arrivée; X coup à coup, despechez vous, villon, \"repue fr. Le mari qui mouroit et enrageoit de faire un coup de sa main, trouva façon de.... louis xi, JVoud. lti. — xvi" s. Lors me dist à voix espamye : Encore un coup, le cueur me deult, J. marot, v, 338. Chargez, compaignons, chargez vos ennemys, et commencez le hust; car le premier coup vault deux, jean d'auton, Ann. de Louis XII, ms. f° 74, dans lacurne. Il en a faict son coup d'essay, marot, n, <44. Pour belle femme l'on visite X tous les coups un laid mari, id. n, <89. Pour si à coup [soudain] de nous ne l'estranger, id. ii, 294. ô le bon gain de mort qui nous délivre Tout à un coup de tribulation, id. ii, 322. X lacompaigne, à coup, à coup, Hau capitaine pinsemaille, id. u, 432. Tirer à coups de flèches, mont, i, 23. X touts coups, id. i, sa. Le tromper peult servir pour le coup, id. i, 24. X coups d'aviron, id. i, 63. X tous les coups qu'il se mettoit à table, id. i, 35. Tout à [d'] un coup, id. i, 82. Mort du seul coup de son imagination, id. i, »t. Ce conte lui vint à coup [tout à coup] frapper l'imagination, id. i, 84. [Préservatif] contre le coup du soleil et la douleur de teste, id. i, 95. Arracher quelqu'un du sommeil tout à coup et par violence, id. i, 4 95. Je bois le dernier coup quasi tousjours le plus grand, id. ii, 18. Vulcanus en est encor boiteuJt du coup qu'il print [de la chute qu'il fit], et sera toute sa vie, desper. Cymbal. 4*4. Ils esmeurent une partie de la France contre l'autre, et eux cependant jugeoyent des coups, lanoue, 99. Lors ses souhaits seront à un coup [entièrement] assouvis amïot, Préf. xni, 44. Un vaisseau athénien arrive tout côy du commencement, puis tout à coup ceulx qui sont dedans font un grand bruit, id. Solon, 4 4. X tous coups, id. Thém. 28. Il combattoit à coups de traict et de gect, id. ib. 28. Il m'a fallu es jours sacrez de mon triumphe ensepvelir coup sur coup, de mes propres mains, mes deux jeunes entons, id. P. Mm. 68. Celuy qui avoit fait le coup s'en fouit incontinent, tenant tousjours son espée nue au poing, id. Timol. 24. Quand il perdit coup à coup ses deux enfans, id. Timol. et P. Mm. comp. 3. Elle avoit desja pris coup, et il estoit trop mal aisé de la retenir qu'elle n'allast en précipice, id. Lucull. 77.11 alloit aussi au sénat quand il estoit question de rompre le coup à quelque menée, id. ib. 85. X grand peine peut sa cuirasse résister aux coups de traict et de main qu'il receut, id. Dion, 4). Et si est son cours fort aspre et fort roide, tellement que les troncs d'arbres que l'on jettoit à val la rivière, avoient grand coup, et faisoient grant effort contre les poultresqui soustenoient le pont, id. César, 30. Le duc estoit homme de guerre, remarqué pour, en plusieurs batailles et combats, avoir par ses charges gagné le coup de la partie, d'aub. Htsl. i, 3go. M afin que cette manière d'assurance portast plus de coup, on depesche deux edils l'un dessus l'autre plains de faveur et asseurance à tous ceux qui se voudraient retirer, id. ib. u, 34. Qu'il falloit l'obliger à son avènement pour en tirer une pareille à coup de besoin, id. ib. t 58. Toutes les autres volées firent coup [portèrent] dans la cavalerie, id. ib. .m, 62. Ils baptisèrent ce prodigieux et horrible forfait, du nom de coup du ciel, Sat. Mén. p. 6. Aussi, de coup à coup, regarderés Testât de sa cuite, pour prendre avis du poinct de la sortie du feu, o. de serres, 806. Les autres coups hors mains et venans de loin, comme pierres, traicls et dards,

Roman d'Alector, p. 4 1 , dans lacurne. Je y ai receu plus de trois cents coups de main et beaucoup plus de traict, ib. p. ». X son réveil elle fut trouvée avoir perdu le sens; car elle tenoit des propos impudiques contre sa nature et costume, changeans et muables coup à quille [comme les coups au jeu de quilles] et s'entretenant comme arène sans chaulx, ib. p. 27, dans lacurne. S'estant transpercez les visages par coups fourrés, comme en ce temps là on usoit de ces mots, brant. Cap. eslrang.t. i, p. 303, dans lacurne. Procedans sur lieu [pour établir des limites de possessions territoriales] , si Tune des parties frapoit aucuns coups à un ou plusieurs cailloux, maintenant estre bornes, ffouv. cousl. gënér. t. n, p. 79. Chacun est recevable pour rehausser et renchérir ces biens, jusqu'à ce que le coup de la main ou de la palmée en sera donné, ib. t. i, p. 492. Un coup de langue est plus dangereux qu'un coup de lance, cotorave. Chascun est sage après le coup, id. En adventure gisent grands coups, id. Qui vise loin, jamais ne rend son coup heureux, id.

— ÉTYM. Picard, keu; bourguig. c6; saintong. cot; provenç. colp, cop, colbe; espagn. et portug. golpe; ital. colpo; bas-latin, colpus, dans la loi salique, de colapus, colaphus qui se trouve avec le sens général de coup; du latin colaphus, coup de poing, soufflet, en grec xoXaçoç.

COUPABLE (kou-pa-bl'), adj. || i° Qui a commis un crime, un délit, une faute. Quiconque tue est coupable d'homicide, pasc. Prov. 4 4. Pour se rendre coupable devant Dieu, id. t'6. 4. Il n'est point de malheur dont je ne sois coupable, rac Brit. v, 6. Si je te hais, est-il coupable de ma haine? id. Andr. m, 8. Il serait moins coupable à m'avoir moins aimée, corn. Sertor. v, 4. Ils [les méchants] boiront dans la coupe affreuse, inépuisable, Que tu présenteras, au jour de ta fureur, X toute la race coupable, rac. Ath. u, 9. Hélas! de vos malheurs innocente ou coupable, id. Phèd. m, t. Ils [les grands] se trouveront encore coupables devant vous des désordres publics, mass. Pet. car. Vices et vertus. Pour un fils téméraire et coupable envers vous, volt. Sémiramis, m, 6. Vous sentez-vous coupable, et pouvez-vous répondre? id. AU. m, 6. Non, si je suis aimé, non, tunes pas coupable, id. t'6. m, 4. Lorsqu'un Athénien attente à ses jours, il est coupable envers l'État qu'il prive d'un citoyen, barthél. Anach. Introd. part, n, sect. t. Ce qui me désespère, s'écriait le jeune Apollodore dans l'égarement de son affliction, c'est que vous mourrez innocent. — Aimeriez-vous mieui, lui répondit Socrate en souriant, que je mourusse coupable? id. t'6. ch. 67. || Dans le langage de la galanterie, amant téméraire ou trop impétueux. Quelquefois les femmes, sans égard pour le dictionnaire, prennent le mot de coupable en meilleure part que celui d'innocent, ch. de Bernard, la Chasse aux amants, § 4. || Terme de dévotion. Se rendre coupable du corps et du sang de Jésus-Christ, recevoir la communion quand on en est indigne. Que l'homme sonde son propre cœur , de peur de se rendre coupable du corps et du sang du Sauveur, fén. xviii, 478. Le plus grand nombre de ceux qui recevront Jésus-Christ en ces jours saints se rendront coupables du corps et du sang du Seigneur, MASS.Cor. Comm.i. |[ Par antiphrase. Malheur aux citoyens coupables de vertu! m. i. chénier, Tibère, i, 4. || 2* On le dit aussi des choses. Trahissant la vertu sur un papier coupable, boil. Art p. iv. .... De vos fictions le mélange coupable Même à ses vérités [du christianisme] donne l'air de la fable, id. t'6. m. Par de pareils objets [une femme trop décolletée] les âmes sont blessées, Et cela fait venir de coupables pensées, mol. Tart. m, 2. Seigneur, le croirez-vous qu'un dessein si coupable.... rac. Mithr. m, 3. J'en ai trop prolongé la coupable durée, 10. Phèd. I, 3. D'une tige coupable il craint un rejeton, id. t'6. i, 4. Et je ne prétends pas que sa coupable audace Une seconde fois lui promette ma place, id. Brit. iv, 3. || 3" Substantivement. Les coupables

furent condamnés 11 n'est point de coupable en

repos, boil. Épit. xi. Un jour, il m'en souvient, le sénat équitable Vous pressait de souscrire à la mort d'un coupable, rac. Brit. iv, 3. La coupable est punie et vos mains innocentes, corn. Rodog. v, 6. Une coupable aimée est bientôt innocente, mol. Mis. IV, 2. Tout coupable est timide, volt. Sémiram. v, «. Coupables, approchez; De la chaîne des ans les joursde la clémence Sont enfin retranchés, Gilbert, le Jug. dernier. Souvent dans sa grandeur quand le coupable en paix Semble de crime en crime affermi pour jamais, delav. Vêpres sicil. i, 3. || Familièrement et par plaisanterie, se dit d'une personue qui a fait quelque chose qu'elle désire cacher.

Vous cherchez l'auteur de cette espièglerie, voici le coupable, la coupable.

— IIIST. XII' s. Purço que pur lui fu (ço conuïst) ocis [parce que Thomas fut occis pour lui, Henri II, qui le reconnut], Est venuz al martyr culpablus e clamis, E se rent e conuist e forfait e chaitis, Th. le mart. 4 61. Qui en un forfait culpables est de toz, Job, 442. || xill* s. Li bourgûis respondirent que de la mort le bailli lor pesoit et qu'il n'en estoient pas coupable, Chr. de Rains, 227. Ainsi [je] sui de sa mort coupable, Bl. et Jeh. 4069. Lors se coucha adens à terre. Et trois foiz se rendi copables, Puis se seigna por les deahles.... Ren. 4 0867. Tybers s'escuse molement, Que vers lui corpables se sent, t'6. 2204. Et se li corpables vient por droit avoir, Liv. de jus t. M 3. Plusors personnes poent estre coupavles d'un vilain fet, beaum. lxi, 43. ||xiv's. Ou cas que il seroit prouvé par tesmoings en forme de droit que il est culpable, oresme, Elh. <62. Celui qui est incontinent, il est culpable du proverbe ou quel nous dison en ceste manière.... id. t'6. 4 95. || xv s. Il en fut trouvé non culpable, et pour ce fut tenus prisonnier sans estre mis à mort, fenin , 4 4 20. || xvt* s. Celui qui hait son frère est coupable de jugement; qui monstre signe de courroux est coulpahle d'estre condamné par tout le consistoire; quiconque lui dit injure est coulpable de la géhenne du feu, calvin, Instit. 3oi. Coulpable d'impudicité, id. t'6. 304. Certes, seigneur, je sens bien que ma faulte Me rend coulpable à ta majesté haulte, durell. m, »2, recto. Les innocens, qui en tels lieux damnables Tiennent souvent la place des coulpables, marot, l, 264. Coupable craint de comparaître, LEROUX DE LINCY , PrOV. t. II, p. 278. Voilà

doncques jusques où je me sens coulpable de ceste première partie que je disois estre au vice de la presumption, mont, m, 67.

— ÉTYM. Provenç. colpable ; espagn. culpable ; portug. culpavel; ital. colpevole; du latin culpabilis (voy. coulpe).

t COUPABLEMENT (kou-pa-ble-man), adv. D'une manière coupable.

— ÉTYM. C'oupabie, et le suffixe ment; provenç. colpahlement ; espagn. colpablemente ; ital. colpabilmente.

t COUPAGE (kou-pa-j'), s. m. Action de couper, c'est-à-dire d'atténuer une liqueur forte par une moins forte. Le coupage de l'alcool par l'eau. Le coupage des vins spiritueux du midi par des vins plus légers.

— ÉTYM. Couper.

COUPANT, ANTE (kou-pan, pan-t'), adj. || 1° Qui coupe. Ce couteau n'est pas assez coupant.|| 2° S. m. Tranchant. Le coupant d'un sabre. || Terme de vénerie. Le coupant de l'ongle du sanglier, le bord de l'ongle.

— HIST. xvi* s. Les coupans des costez des traces d'un sanglier, cotgrave.

1 . COUPE (kou-p'), s. f. || 1° Action de couper. La coupe d'un taillis. La coupe des foins se fait en juin. La coupe des cheveux, La coupe du gâteau qu'on fait pour le jour des Rois. Rien n'est plus efficace pour redresser les arbres et pour leur donner une tige droite et nette, que la coupe faite au pied, buff. Ezp. sur les ve'gét. 2* mém. Cette association puissante a tourné ses vues vers la coupe du bois, vers la multiplication des troupeaux, vers le coton et le cacao, mais principalement vers le tabac, raynal, Hist. Phil. xiii, 4 2. Vers le temps de la coupe des blés, on entendait au lever de l'aurore les petitus sonneries de nos hameaux , chateaub. Génie, iv, 1,4. || Faire des coupes dans une substance, la couper en différents sens pour en examiner la structure. Il faisait d'une partie qu'il examinait toutes les coupes différentes qu'il pouvait imaginer, pour la voir de tous sens, fonten. Du Verney. || Coupe, chaque tonsure qu'on donne aux étoffes de laine. || Partie abattue d'une masse d'ardoise. || Terme de menuiserie. Coupes carrées, celles qui se font dans une pièce de bois perpendiculairement à sa longueur. || 2" Coupe de bois, étendue de forêt abattue ou à abattre. Les coupes réglées sont les aménagements suivant lesquels on coupe chaque année une portion de bois déterminée. On a des bois en coupe réglée aulant qu'on en peut consommer, J. J. rouss. Uél. v, 2. Le fripon qui me vola la moitié d'une coupe de bois, obtient de l'équité des juges un encouragement de 800 francs, P. L. cour, i, 448 || Coupe sombre ou d'ensemencement, opération qui consiste à enlever, dans un massif, une partie des arbres qui le composent, de manière à permettre à ceux qu'on laisse sur pied d'ensemencer ce sol au moyen des graines qu'ils produisent et qui se disséminent naturellement

COU

Coupe claire, opération qui consiste à abattre une partie des arbres précédemment conservés afin d'habituer peu à peu le jeune recru à la lumière. Coupe définitive, opération qui consisle en l'extraction des derniers arbres laissés sur pied, quand la nouvelle forêt est assez vigoureuse pour n'avoir plus rien à redouter des influences atmosphériques. Coupe de nettoiement, opération qui consiste a enlever les pieds nuisibles, parasites, rachitiques. Coupe à tire et à aire, celle qui se fait sans rien laisser [en tirant, ôtant ce qui est sur l'aire, sur l'emplacement]. || Fig. Coupe réglée, prélèvement qui se répète régulièrement. Sous le premier empire la population de la France était mise en coupe réglée par la conscription. Mettre quelqu'un en coupe réglés, imposer à quelqu'un, d'une façon régulière, des privations, des sacrifices d'argent. ||3° Endroit où une chose a été coupée. Ce drap est beau à la coupe. La coupe d'un tronc d'arbre. || X la coupe, Inc. adv. X la condition de couper pour essayer. Acheter un melon à la coupe. On n'a reconnu qu'à la coupe la fausseté de cette pièce de monnaie. || 4° Terme d'architecture. Plan qu'on suppose couper l'intérieur d'une construction, pour en montrer les dimensions relatives et les détails intérieurs. Coupe perpendiculaire. || Fausse coupe, assemblage qui se trace avec la sauterelle, sans le secours de l'équerre, ni de l'onglet. Fausse coupe, direction d'un joint de tête oblique à la douelle d'une voûte. || 5" L'art de tailler les pierres. La coupe des pierres est un art particulier. M. Desargues, qui était du petit nombre de mathématiciens de Paris , et M. Bosse, fameux graveur, avaient fait une première partie d'un traité de la coupe des pierres, matière alors toute neuve, fonten. Lahire. || Action de couper le verre avec le diamant. || 6° Manière dont la coupe est pratiquée, disposition qui en résulte. La coupe de ce cintre est élégante et hardie. La coupe d'un habit. || Par extension. Coupe de corps [du cygne] élégante, formes arrondies, gracieux contours, buff. Cygne. Dans sa coupe légère, avec solidité, Il réunit la force à la rapidité, delille, Imagin. v. || On dit dans le même sens : la coupe du visage; une coupe gracieuse du visage. || Terme de marine. Fausse coupe, coupe manquée d'une pièce de Dois ou d'une voile. j| 7° Manière de découper les étoffes, les cuirs. On vante cet ouvrier pour l'habileté de sa coupe. || Terme de marine. Maître de coupe, celui qui coupe les manœuvres d'un bâtiment. Coupe des voiles, action, art de les tailler. || 8" Fig. Division, distribution. La coupe d'un poème, d'un ouvrage. || Arrangement des repos dans le vers, dans la phrase. La coupe d'un vers, d'une phrase. Les coupes du style. Un écrivain, qui a de l'oreille et assez d'art pour donner à son style le mouvement de la pensée ou du sentiment qu'il exprime , saura bien varier encore la coupe et le rhythme du vers, marmont. Êlèm. litt. Œuvres, t. x, p. 472, dans pougens. || 9" Terme de jeu de cartes. Séparation qu'on fait en deux parties du jeu de cartes qu'un joueur a mêlé. || Faire sauter la coupe, rétablir avec dextérité les deux paquets comme ils étaient avant d'avoir fait couper. || Fig. Cet homme est heureux à la coupe, manière adoucie de dire qu'un homme triche au jeu. || Être sous la coupe de quelqu'un, être le premier en carte, le premier après la coupe. Les joueurs ont souvent cette superstitieuse croyance qu'il y a des gens qui ont une coupe malheureuse, et ils ne veulent point être sous leur coupe. || Fig. Être sous la coupe de quelqu'un, être dans sa dépendance, être exposé à son ressentiment. Chamillart et Tessé ne purent se résoudre à retomber une autre fois sous sa coupe [de Catinat] , quelque généreux et chrétien qu'il se fût montré alors, st-sim. 180, 2. Un étranger qui n'a rien en France et peu sous une coupe étrangère et souvent ennemie n'était pas un parti aisé à établir, id. 76, 247. || Terme de gravure. Action et manière d'entamer la planche avec le burin. 1 1 10° Terme de verrier. Quantité de verre en fusion que l'on prend pour faire une glace soufflée. || 11° Terme de maçonnerie. Espèce de petit canal qui, placé sous les appuis de croisée, sert à l'écoulement des eaux. || 12° Manière de nager, qui, consistant à porter, alternativement et avec force, chaque bras en avant et à le ramener le long du corps, d'avant en arrière , coupe l'eau rapidement. Nager à la coupe. Faire la coupe.

— hist. xiv s. Se les coustumierg abatent bois et ne font bien la coppe, Ordonnances des rois, t. vu, p. 776. || xv* s. De telle façon que Ja chemise paroissoit, et estoient ces coupes [manches découiiées'l touttes attachées avec un grand ruban , gode-

COU

froy, Observ. sur Charles VIII, p. 7(0, dans lacurne. Il xvi' s. La garenne sera complantée de plusieurs espèces d'arbres découpe, o. de serres, 4(0. Vendre à la coupe, oudin, Dict. Le vers français lié et enchaîné est contraint de se rendre en ceste estroite prison de rithme sous la garde le plus souvent d'une couppe féminine, fâcheux et rude geôlier et incogneu des autres vulgaires, dubellay, p. 3t , dans LACURNE.

— ÉTYM. Voy. COUPER.

2. COUPE (kou-p'),s. /. ||l°Vaseàboire, ordinairement plus large que profond. C'est de ma main qu'il prend et l'encens et la coupe, corn. Cinna, i, 3. Recevez de ma main la coupe nuptiale, id. Rodog. v, 3. César prend le premier une coupe à la main, rac. Brit. v, 6. Hérodote parle de six coupes d'or qui pesaient trente talents, ce qui montait à près d'un million, bollin, Hist. anc. t. n, p. no, dans pougens. La céleste troupe Dans ce jus vanté Boit à à pleine coupe L'immortalité, J. b. rouss. Cantate 9. Après avoir distribué des coupes aux convives et fait des libations, on apportait le premier service qui commençait ordinairement par des œufs frais, et on finissait le second par des fruits, d'où est venue l'expression ab ovo usque ad mala, pour dire du commencement?! lafin, condillac, Hist. anc. xi, 3. La coupe aux larges bords est vide en un moment, delille, Enéide, i. Tu peux jeter ta coupe, orgueilleux Diogène, Et boire dans tes mains; moi je garde la mienne, delille, Imagin. vi. || 11 se dit surtout en poésie. || 2*Fig. Et d'enfants à sa table une riante troupe Semble boire avec lui la joie à pleine coupe, rac. Esth. il, 9. Vous versez sur nos villes et sur nos provinces la coupe de vos fureurs, mass. Avent, Dispos, à la comm. Il a versé sur nous la coupe de sa fureur, id. Car. Mot. de conv. La bouche du jeune convive [l'enfant qui n'a point encore de dents] n'est point armée, de peur de blesser la coupe du banquet maternel [le sein, le mamelon], chateaub. Génie, i, vi, 6. Tous les hôtes qui ont bu avec moi la coupe de la joie, id. Mart. u, 289. Chez l'étranger la mort l'atteint; Qu'il dut trouver sa coupe amère! bebang. Convoi de David. || Boire la coupe jusqu'à la lie, souffrir une humiliation, une infortune complète. || 3° La partie de la communion de l'Eucharistie qui se fait avec le vin qu'on met dans la coupe. Le concile de Constance a retranché la coupe aux laïques qui en avaient autrefois l'usage. Le commandement pour tous les fidèles de participer à la coupe, boss. Comm. Quant au désir qu'il a du rétablissement de la coupe, m. Déclar. || 4" Terme d'architecture. Coupe de fontaine, petit bassinen marbre ou en pierre, recevant l'eau du jet. || Partie concave d'une voûte ronde, qui se nomme autrement coupole, d'après les Italiens. || Donner plus ou moins de coupe aux joints des voussoirs d'un arc, en rendre l'inclinaison plus ou moins forte. || 5° Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère austral. || 6° La fausse coupe, certaine partie d'un calice. Les calices seront marqués et contre-marqués au bouge, fausse coupe et couvercle, Règlem. orfévr. 30 déc. («79.

—HIST. xii* s. Lores pristrent la lance e la cupe ki fud alchief Saûl; si s'en aierent, flots, 104. ||xih* s. Libacin sont andui d'or fin; Em pior [pire] coupe met on vin, Partonop. v. 975. Li coupiers ert ciers et vaillans, D'escarboucles resplendissans, FI. et Bl. 91. Et li rois Uters avoit devant lui une moult bêle coppe d'or, Merlin, 68, verso. ||xiv* s. Lors lui ala de vin si largement verser Que la coupe convint pardessus suronder, Guescl. 163, 174. Une couppe d'argent doré à porter le corps nostre Seigneur, du cange, coppa. Une coupe couverte, dorée et esmaillée, et au fonds de ladicte coupe a uneymagede saint Martin, delaborde, Émaux, p. 230. Une autre couppe où il a par dedans une fleur de lys enlevée, et est le couvescle semé d'esmaulx à un clocher pardessus, id. t'6. || xv* s. Le suppliant ala acheter une oope [sorte de mesure] de sel pour saler le potage, DU CANGE, COpa.

— ÊTYM. Picard, cope ; provenç. espagn. et portug. copa; ital. coppa; du latin cuppa ou cupa (voy. aussi cuve).

1. COUPÉ, ÉE (kou-pé, pée), part.passé. || l°Tranché. Rome a pour ma ruine une hydre trop fertile; Une tête coupée en fait renaître mille, corn. Cinna, iv, 3. Et n'y voyant qu'un tronc dont la tète est coupée, id. Pomp. v, 1. 1| Avoir le cou coupé, perdre la tête sur l'échafaud. Pomenars ne fait que sortir de ma chambre ; nous avons parlé assez sérieusement de ses affaires, qui ne sont jamais de moins que de sa tête; le comte de Créance veut à toute force qu'il ait le cou coupé; Pomenars ne veut pas ; voilà le procès, sév. 70. || Barbe coupée. Cheveux

COU

coupés. || Familièrement. Elle venait d'être coupée [d'avoir les cheveux coupés], sév. 44. || Cette locution n'est plus usitée du tout. || 2° Terme d'architecture. Pan coupé, surface qui remplace l'angle à* la rencontre de deux pans de mur. || Terme de peinture. Contour coupé, contour qui n'est pas bien tournant et qui, étant tranché trop net, paraît dur. || 3° Interrompu. Pays coupé de canaux. La route est fort coupée et le pays difficile, j. j. rouss. Em. v. Le royaume de Siam, quoique coupé par une chaîne de montagnes qui va se réunir aux rochers de la Tartarie, est d'une fertilité prodigieuse, ray- KAL, Bitt. phil. iv, 12. || Terme militaire. Dont la retraite est interceptée. L'ennemi coupé par une manœuvre audacieuse. Il annonce que la première ligne de Mural a été surprise et culbutée, sa gauche tournée à la faveur des bois, son flanc attaqué, sa retraite coupée, sêgur, Hist. de Nap. vni,'ll. || 4°Terme de marine. Pont coupé, élévation d'une partie du pnnt de certains bâtiments de commerce. || 5° Châtré. L'Angleterre ne permet pas la sortie de ses chevaux s'ils ne sont coupés, montesq. Esp. xx, 12. || 6° Fig. Voix coupée par les sanglots. Les échos assoupis ne livrent au zéphyre Que des soupirs mourants, de silence coupés, lamart. Méd. u, 2. || Terme de littérature. Style coupé, style à phrases courtes, et aussi celui où l'orateur, paraissant entraîné par la passion, ne fait pas toujours les phrases complètes , supprime quelque liaison entre les propositions, n'achève pas toujours sa pensée et la laisse deviner en partie. Sa conversation était légère, agréable et instructive par le grand nombre d'hommes et de peuples qu'il avait connus; elle était coupée comme son style, pleine de sel et de saillies, sans amertume et sans satire, d'alembert, Éloges, Montesquieu. || Phrase, strophe bien coupée, phrase, strophe où les repos sont bien ménagés. || 7° Point coupé, espèce de dentelle faite avec des feuilles pointues. || 8° Terme de blason. Êcu coupé, écu divisé par le milieu, de droite à gauche, par une ligne horizontale ou dans le sens de la fasce. || Animaux coupés, têtes de loups, de sangliers et autres animaux, ou pieds et autres membres, quand ils paraissent nettement séparés du corps. Coupé de l'un ou l'autre, se dit quand, sur un écu ainsi coupé, il y a un animal ou autre pièce ou meuble brochant sur le tout, qui est pareillement coupé, en sorte que l'émail du chef se trouve en la pointe, et, réciproquement, celui d'en bas se trouve en haut. || 9" Mélangé avec un autre liquide de force moindre. Du vin coupé d'eau. Les vins forts sont coupés avec des vins plus légers. || Absolument. Mélangé avec de l'eau. Lait coupé. Bouillon coupé. || Proverbe. Pain coupé n'a point de maître.

2. COUPÉ (kou-pé), s. m. || 1° Voiture bourgeoise, dont la caisse n'a qu'un fond. Un joli coupé. || Adjectivement. Carrosse coupé. || Compartiment antérieur d'une diligence. Prendre une place dans le coupé. || Dans les chemins de fer, coupé-lit, wagon disposé pour le transport de malades ou de blessés. Coupé simple, compartiment où l'on n'a pas de visà-vis, exactement comme dans le coupé d'une diligence. || 2° Pas de danse autrefois fort en usage. On en distinguait plusieurs : le plus ordinaire comprenait un demi-coupé, c'est-à-dire un plié relevé avec changement de pied, suivi d'un pas glissé. Vois-tu ce petit trait de feinte que voilà? Ce fleuret? ces coupés courant après la belle? Dos à dos, faceà face, en se pressant sur elle? mol. Fûch. î, f>. || Demi-coupé, pas de danse qui commence lé coupé. Il consiste à rapporter devant le pied qui est derrière, ou réciproquement, en pliant les genoux et se relevant aussitôt. Le demi-coupé exige deux temps; il se fait en avant, en arrière ou de côté. |[ 3° Terme d'escrime. Coupé sur pointe ou, simplement, coupé, mouvement de l'épéequi équivaut, quant au résultat, à un dégagement. || 4° Terme de musique. Mot qui, écrit sur une note, marque que l'on doit la frapper, mais l'abandonner à l'instant, sans lui donner sa valeur de durée. || 6° Terme de blason. Une des quatre partitions de Técu. || 6° Terme de marine. Elévation de quelques centimètres faite à l'arrière sur le pont d'un bâtiment.

— ÊTYM. Coupé t.

4. COUPEAU (kou-pô), s. m. Sommet d'un coteau, d'une montagne Pour grimper au coupeau

Du Parnasse français, bégnier, Sat. u. Voyez-vous au-dessous de ce petit coupeau Le berger Alcidor qui mène son troupeau? racan, Berg. acte u, se. 4. || Vieux.

— HIST. xii* s. Quant ne porent le saint hors de] mustier geter, Enz el chief de l'espée grant colp li vait duner, Si que de la curune le cupel emporta,

cou

cou

Ï7i. le mart. 460. ||xiv* s. Bouchier H couru encore sus à tout un grant coustel et l'en feri tellement qu'il le profendi du couplet de la teste jusques au tronc, du canoë, cnpa. || xV s. Car par tropeatilx, Nonobstant les cris et rappeaulx Des bons, couviisles les coppeaulx Des heaulmes, a. chartier, Le livre des 4 daines. Quant le suppliant eut amassé sa hachette, remonta au dit arbre jusques au coupel d'icellui, du cange, copa. || xvi* s. Les plantes humides seront posées en lieu arrousé par le moien de la fontaine sourdant au coupeau de la montaignete, o. de serres, 600.... Le coupeau Du chevelu Parnasse, ronsard, 476. Quand la fureur qui bat les grands coupeaux.... du bellay, m, 26, verso. Ils vindrent à se montrer tout soudain au couppeau de la montagne, amïot, Sylla, 40. Par les montagnes dont il est parlé en pluriel, on entend communément Sion et Moria, qui estoient deux couppets prochains l'un de l'autre comme des cornes, Calvin, 287. Depuis le couppet de la teste jusques à la plante des pieds on n'y trouvera un seul grain de bien, id. Inslit. 604.

— ÊTYM. Diminutif de l'anc. franc, coppe, sommet (voy. du cange, coppa); picard, coupet, couplet, faîte, coupinette , cime d'un arbre; norm. coupet, cime; wallon, copète , sommet; espagn. copa, coupe et sommet, cupete, cime; kymri, cop et copa; flamand, kop ; haut-allem. kuppe, cime. Tous ces mots paraissent provenir d'une certaine assimilation entre l'apparence d'une coupe renversée et le sommet d'un coteau et puis de tout autre objet (voy. coupole).

f 2. COUPEAU (kou-pô), s. m. Bande de carton, contenant cinq cartes sur sa largeur. On dit aussi coupon. || S. m. plur. Terme de gravure. Parties du métal que le burin enlève.

— ÊTYM. Le même que copeau.

f COUPE-BOURGEON (kou-pe-bour-jon) , t. m. Petit insecte qui, pendant les mois de mai et de juin, fait de grands dégâts parmi les jeunes pousses; il en coupe l'extrémité, ce qui les fait périr. Dit aussi bêche, lisette. || Au plur. Des coupe-bourgeons.

— ÊTYM. Couper, et bourgeon.

f COUPE-BOURSE (kou-pe-bour-s'), s. m. Ancien nom des filous qui enlevaient subtilement la bourse et autres objets. \\Au plur. Des coupe-bourses.

— HIST. xvi* s. Ayant condamné un coupe-bourse d'avoir l'aureille coupée, des accords, Bigarrures des entends-trois.

— ÉTYM. Couper, et bourse; voleurs ainsi nommés, parce qu'ils coupaient les cordons qui anciennement tenaient la bourse.

f COUPE-CERCLE (kou-pe-sèr-kl'), ». m. Instrument qui sert à couper circulairementle carton employé à faire des sphères et autres pièces pour l'astronomie et la géométrie. || Terme de menuisier. Vilbrequin armé d'une couronne tranchante. || Au plur. Des coupe-cercles.

— ÉTYM. Couper, tt cercle.

f COUPE-CHOUX (kou-pe-chou) , s. m. || 1° Frère coupe-choux, religieux qui n'est d'aucune considération dans son couvent, et, par dérision, un moine. Ah! préférez à leur audace [de Voltaire et des siens] L'esprit d'un frère coupe-choux, déuang. Missionn. de Monlrouge. || Par extension, homme sans considération. Le duc de Béthune, son mari, n'était qu'un frère coupe-choux qu'on tolérait à cause d'elle, st-sim. 302, 482. || 2° Coupe-chou; au plur. Des coupe-choux, nom qu'on a donné, par ironie, à un sabre très-court porté par les fantassins.

— ÉTYM. Couper, et chou; dénomination passée sans doute du frère chargé du soin des légumes à un sens de moquerie.

t COUPE-CORS (kou-pe-kor), t. m. Terme de pédicure. Instrument qui sert à couper les cors.

— ÉTYM. Couper, et cor, durillon.

COUPE-CUL (kou-pe-ku), s. m. || 1° Au lansquenet se dit quand celui qui donne ne fait pas une seule carte et amène la sienne la première. || Vieux. On dit maintenant coupe-gorge. || 2° Jouer à coupe-cul, jouer une seule partie sans donner de revanche.

— HIST. xvi' s. Le roi Henri IV, ayant pris Liantes, voulant se divertir, joua une partie de pauline contre des boulangers de la ville, qui lui gagnèrent son argent et ne lui voulurent donner sa revanche, parce que, disoient-ils, ils avoient joué à coupe-cu en trois parties, Mémoires pour servir à l'histoire de France, Cologne, 4749, t. u, dans riciielet.

— ÉTYM. Couper, et cul.

t COUPÉE (kou-pée),s. f. Terme de marine. Ouverture faite dans la muraille d'un navire au-dessus du pont supérieur.

— étym. Couper.

t COUPE FAUCILLE (kou-pe-rô-si-ll', U mouillées), s. f. Un des noms vulgaires du muflier. || Au plur. Des coupe-faucilles.

— ÊTYM. Couper, etfaucille.

t COUPE-FOIN (kou-pe-foin), s. m. Instrument propre à couper, à trancher le foin conservé en tas ou en meule. || Au plur. Des coupe-foin.

— ÊTYM. Couper, et foin.

■f COUPE-GAZON (kou-pe-ga-zon) , s. m. Instrument pour détacher le gazon par plaques. \\Au plur. Des coupe-gazon.

— ÊTYM. Couper, et gason.

COUPE-GORGE (kou-pe-gor-j'), s. m. |j 1° Endroit

écarté, maison mal famée où l'on court risque d'être assassiné ou volé. Il semble qu'il ait passé toute M vie dans un coupe-gorge, sév. 597. Moahdar est devenu fou , Babylone est un grand coupe-gorge , volt. Zadig, 45. || Par extension. Les académies de jeux sont souvent des coupe-gorge. Le monde est un coupe-gorge, il n'y a que fraude, st-évrem. dans richelet. Apprenez, maître Jacques, vous et vos pareils, que c'est un coupe-gorge qu'une table remplie de trop de viandes, mol. l'Avare, m, 6. Allons, c'est trop souffrir les chagrins qu'on nous forge; Tirons-nous de ce bois et de ce coupe-gorge, mol. Mis. v, 4. On joue le hoca : c'est un coupe-gorge, SÉV. 224. Allons voir mon notaire; et sortons, si je puis, Du coupe-gorge affreux et du bois où je suis, regnard, Ménechmes, iv, 6. Un de mes amis me raconte une scène tragique dont il venait d'être témoin dans un de ces coupe-gorge à tapis vert dont je parlais tout à l'heure, ch. de Bernard, la Peau de lion, § 40. || 2° Au lansquenet, coupe-gorge, se dit du malheur de celui qui, ayant la main, tire sa carte avant que d'en avoir tiré aucune de celles des joueurs; ce qui lui fait perdre tout ce qui est sur le tapis. 11 a fait trente fois coupe-gorge aujourd'hui, regnard, le Joueur, i, 7. Le hasard fit qu'elle [la grande duchesse] coupait M. le Grand, et qu'elle lui donna un coupe-gorge, st-sim. 477, 440. || 3" Terme de marine. Courbe de charpente qui, formant la gorge du vaisseau, se courbe vers l'étrave et sous l'éperon. \\Au plur. Des coupe-gorge.

— HIST. xin' s. Et fist en sa manche glacier Ung bien trenchant rasoer d'acier, Qu'il fist forgier à une forge, Que l'en apele cope-gorge, la Rose, 4 2300. Coupe-gorge [sorte d'arme] qui n'ist du fuerre [ne sort du fourreau] , Fors quand larrecin vet en fuerre, Fabliaux mss. n°76l5, t. u, 1-491, dans lacurne, au mot fuerre. || xv* s. Un grand coustel, appelle coppegorge, autrement ganivete, du cange, copagorgius.

— étym. Couper, et gorge.

f COUPEILLON (kou-pè-llon, Il mouillées), s. m. Terme de pêche. Petite truble pourretirer le poisson des poches d'une bourdigue.

COUPE-JARRET (kou-pe-ja-rè) . s. m. Brigand, assassin de profession. S'étant écrié avec un transport do joie que le coadjuteur n'aurait plus tant de crieurs à gage dans la salle du palais, et le président de Mesmes ayant ajouté, ni tant de coupe-jarrets.... retz, Mém. t. i, liv. 2, p. 390, dans pougens. Je vis ces Albanais qui sont des coupe-jarrets enrôlés, p. l. cour. Lelt. i, 69.

— REM. Des grammairiens ont dit que, ne s'agissant pas de couper un seul jarret, il fallait écrira un coupe- jarrets. D'autres ont remarqué que, admettant un coupe- jarret , il fallait écrire au pluriel aussi des coupe-jarret, la pluralité tombant non sur jarret, mais sur hommes sous-entendu. L'Académie écrit un coupe-jarret, des coupe-jarrets.

— étym. Couper, et jarret.

t COUPE-LANDE (kou-pe-lan-d') , s. m. Sorte de houe en fer avec laquelle on coupe, entre deux terres, les ajoncs et les autres plantes qui obstruent les terrains incultes. || Au plur. Des coupe-lande.

— ÉTYM. Couper, et lande.

| COUPE-LÉGUMES (kou-pe -lé-gu-m'), s. m. Instrument pour couper les légumes en menus morceaux. || Au plur. Des coupe-légumes.

— ÉTYM. Couper, et légumes.

COUPELLAT10N (kou-pèl-la-sion) , S. f. Tenus de

chimie. Opération par laquelle ou sépare l'argent des autres métaux avec lesquels il est uni, excaptô de l'or.

— ÉTYM. Coupelle.

COUPELLE (kou-pè-1'), s. f.\\i° Petit vase fait avec des os calcinés, réduits en poudre, puis délayés dans l'eau, et dont on se sert pour la coupellation. Mettre à la coupelle. Passer à la coupelle. || Or ou argent de coupelle, or, argent très-fin, qui a passé par l'essai de la coupelle. || Fig. Mon cœur «'est purifié 1 la coupelle de l'adversité, i. I.

rouss. Prom. 1. 1| 2° Terme de marine. Pelle de ferblanc, qui sert aux canonniers pour prendre de la poudre.

— hist. xv* s. Je crois qu'homme n'est si rusé, Fust fin comme argent de coupelle, Qui n'y lai linge et drapelle, villon, dans le Dict. de dociiiz.

— ÊTYM. Lat. cupella, diminutif de cupa, cuve, coupe (voy. cuvk) : proprement petite co

COUPELLE. ÉE (kou-pêl-lé, lée), part, passé. Argent coupelle.

COUPELLER (kou-pèl-lé), v. a. Terme de chimie. Passer un métal à 1» coupelle.

— ÊTYM. Coupelle.

t COUPEMENT (kou-pe-man), s. m. Terme de charpentier. Action de couper une pièce avec la scie.

— HIST. xvi* s. Coupement [action de couper], cotgrave.

— ÊTYM. Couper.

t COCPE-PAILLE (kou-pepâ-11', U mouillées), s. m. Instrument pour couper la paille en fragments très-petits. || Au plur. Des coupe-paille.

— ÉTYM. Couper, et paille.

t COUPE-PATE (kou-pe-pâ-f), t. m. Terme de boulanger. Instrument pour couper la pâte || Au plur. Des coupe-pâte.

— ÊTYM. Couper, etpdle.

| COUPE-QUEUE (kou-pe-keùe) , s. m. || 1* Instrument de chirurgie vétérinaire composé de deux branches, l'une mâle, qui porte un tranchant demi-circulaire, l'autre femelle, qui est creusée d'une cavité correspondante. || 2° Platine de cuivre que l'on chauffe, et sur laquelle on aplanit l'extrémité inférieure des chandelles à la baguette. || 3* Instrument pour couper les queues des peaux qu'on veut p en mégie. || Au plur. Des coupe-queues.

— ÊTYM. Couper, et queue.

COUPER (kou-pé), t). a. || 1° Diviser un corps avec un instrument tranchant. Couper du pain avec un couteau, du bois avec une hache. David, rencontrant Saul à son avantage, après lui avoir sauvé la vie malgré les instances de tous les siens, se sentit saisi de frayeur pour lui avoir seulement coupé le bord de sa robe et avoir mis la main, quoique d'une manière si innocente, sur sa personne sacrée, noss. Variât. 6* avert. § 30. || Familièrement. X couper au couteau, se dit de choses épaisses, d'un liquide plus consistant qu'il ne doit l'être. Un brouillard, une fumée a couper au couteau. Voilà un bouillon à couper au couteau. Quelques verres d'un gros vin à couper p3r tranches, J. J. rouss. Conf. u. || Absolument. Ce rasoir coupe bien. || Couper la bourse à quelqu'un, lui voler sa bourse. || Couper la gorge à quelqu'un, et, populairement, le sifflet à quelqu'un, l'égorger, le tuer. On coupa la gorge à tous les Français dans les Vêpres siciliennes. || Fig. Couper la gorge à quelqu'un, lui faire perdre sa position, lui causer un grand dommage. || Fig. Couper le sifflet à quelqu'un, le rendre muet. || Familièrement. Je lui couperai les oreilles, se dit par exagération et par menace. Laissez-moi, je lui veux couper les deux oreilles, mol. Tart. v,2. || On dit aussi couper le nez. Laissez-moi lui couper le nez. — Laissez-le aller; Oue fenez-vous, monsieur, du ne* d'un marguillier? regnard, Mc'ntchm. m, 4 4. || Couper le visage à quelqu'un d'un coup de cravache, lui asséner un coup de cravache à travers la figure. || Fig. Couper la jupe, couper la robe au cul, façon de parler grossière qui se dit à des prostituées ou à des femmes qui ne valent pas mieux. Il me ferait couper ma jupe; Ma foi, je ne suis pas si dupe, scarr. Virg. travesti, dans leroux, Dit*, comique. || Fig. Couper l'herbe sous le pied à quelqu'un, lesupplanterdansuneaffaire.il Couper pied à un abus, en ôler la cause. || Couper bras et jambes à quelqu'un, lui ôter tout moyen d'agir efficacement, et aussi lui causer une consternation grande. Cette nouvelle m'a coupé bras et jambes. Je m'en consolerai quand je verrai Phocas Croire affermir son I en se coupant le bras, cohn. lféracl. iv, 6. || Quelle horreur d'embrasser un homme dont Pépie De toute ma famille a la trame coupée! corn. Mot. v 3. Si vous voulez couper d'une race odieuse Dans ses derniers rameaux la tige dangereuse, volt. Orphel. ut, 4. || Couper le mal à sa racine, l'attaquer à sa source et l'extirper. C'en est encor bien moins [de prudence] alors qu'on s'imagine Guérir un si grand mal sans couper la racine, corn. Cinna, u 2. || 2* Se couper, couper à soi-même. Se couper les ongles. Coupez-vous du pain. En taillant sa plume, il s'est coupé le doigt. Quand on eut appris sa mort chez les barbares, la douleur fut extrême, ils se coupèrent les cheveux, coupèrent les crins de leurs chevaux et de leurs mulets, et remplirent tout le camp

COU

de cris et de gémissements, rollin, Hist. ane. CE«vres, t. ni, p. 269, dans pougens. || Se couper la gorge, se donner la mort en s'ouvrant la gorge. || Se couper la gorge avec quelqu'un, se battre en duel avec lui. Mon ami, lui dit le chevalier, j'ai autant d'envie que vous de me couper la gorge, car je suis outré de dépit; mais ce ne sera pas avec vous, s'il vous plaît, marmont. Contes mor. Lauret. || 3°Tailler d'une certaine façon. II s'entend bien à couper les pierres. Couper un habit. La voilà qui me coupe des «erviettes, sév. 221. || Terme de gravure. Conduire d'une certaine manière le burin. Ce graveur coupe bien le cuivre. Exécuter en creux ou en relief différents ornements. || Terme de sculpture. Couper le plâtre , faire à la main des moulures ou autres ornements en plâtre. || Terme d'architecture. Couper du trait, faire le modèle d'une voûte ou d'une pièce de trait en petit, avec de la craie, du plâtre, etc.|| Absolument, en termes de cordonnier et de tailleur, tailler le cuir ou l'étoffe selon les règles du métier. Il coupe bien. || En termes de jardinage, couper à l'épaisseur d'un écu, couper en moignon, couper en talus, couper en pied de biche, couper carrément, termes deLAQUiNTirciE, Jardins, 1. 1, dans richelet.|| 4° Enlever, retrancher une partie d'une chose. Couper un pan de bois. || En termes de maçonnerie, couper une pierre, en ôter trop, de sorte qu'elle ne peut pas servir à l'endroit où elle était destinée. 1 1 En termes de chirurgie, couper un membre, l'amputer. Couper dans le vif, couper, pourmieuxextirperunrnal, tout autour dans les chairs vives. || Fig. Couper dans le vif, prendre des mesures énergiques pour mettre fin à une situation mauvaise. || Terme de vétérinaire. Couper un animal, le châtrer. || 5" Barrer, détourner, intercepter. Couper le cours d'une rivière. Couper une route, un passage. Les ponts furent coupés pour empêcher les ennemis dépasser. || Couper le chemin à quelqu'un, le lui barrer, passer devant lui. Son fils et deux valets me coupent le chemin, corn, le Hent.u , 5. Ils avaient coupé le chemin aux Madianites, boss. Polit. Il fait signe aux siens, qui étaient de l'autre côté de l'arbre, de couper le chemin au perfide Adraste, fénel. Tél. xx. Depuis, les Russes ont reproché à Napoléon de ne s'être point décidé à cette manœuvre ; mais ont-ils assez songé qu'aller ainsi se placer par delà un fleuve, une ville forte et une armée ennemie, c'eût été, pour couper aux Russes le chemin de leur capitale, se faire couper à soi-même toute communication avec ses renforts, ses autres armées et l'Europe? sÉgur, Hist. deNap. vi, 3. || Couper les communications, couper les vivres à une place assiégée, empêcher qu'elle ne communique avec le dehors, qu'elle ne se ravitaille. || Fig. Coupons dès cette nuit tout accès à ses vœux, rotr. Vencesl. m, S. X tous nos démêlés coupons chemin, de grâce, mol. Mis. il, t. || Couper les vivres à quelqu'un, cesser de subvenir à ses dépenses, lui refuser de l'argent. || Couper le feu, circonscrire, borner l'action de l'incendie. Des capucins travaillèrent si bien qu'ils coupèrent le feu, sév. 20. || Par analogie. Couper la fièvre, empêcher le retour des accès. Avec la seconde écorce du sassafras, ils [les sauvages] coupent les fièvres, chateaubr. Amer. 96. || Fig. Je coupe en lui tout intérêt de mentir, J. j. rouss. Ém. n. || 6" Passer devant quelqu'un en le séparant de la personne ou de la chose vers laquelle il va. Elle coupe la duchesse et donne la serviette, sév. 27. Tantôt il vous quitte brusquement pour joindre un seigneur ou un premier commis, et tantôt, s'il les trouve en conversation avec vous , il vous coupe et vous les enlève, la brut. ix. Vardes convint avec mon père que le carrosse de M. de Vardes couperait celui de mon père, st-sim. to, H9. Tous [au conseil d'État] étaient assis, et les conseillers d'État y coupaient les secrétaires d'État et le contrôleur général , m. 4< 7 , 7. || Terme de manège. Couper la volte ou le rond, changer de main en faisant des voltes. || 7" Séparer, diviser. Je couperai cette pièce en deux par une cloison. Us ont coupé de trop grandes pièces, pour avoir des logements mieux distribués , J. j. rouss. Hél. îv, <0. || Se croiser avec. Ce chemin coupe la route d'Orléans. Une ligne qui en coupe une autre à angle droit. || Couper l'eau, couper le courant, aller en travers ou en remontant. || Fig. Couper à quelqu'un sa journée, déranger le plan de ses occupations. || Terme de marine. Le vaisseau coupe la lame, quand l'avanf court sur la lame et la traverse. || On dit aussi couper la ligne de l'ennemi, quand un ou plusieurs vaisseaux la traversaient et la séparaient en deux, rendant ainsi l'une des parties inutiles pour le combat, alors que les vaisseaux à vapeur n'existaient pas. A Trafalgar, les Anglais coupèrent la ligne française. || Fig. Couper l'équateur, traverser

l'équateur. || 8°Terme de jeu de carte. Prendre avec l'atout une carte de son adversaire. Je coupe le carreau. Le jeu rassemble tout ; il unit à la fois Le turbulent marquis, le paisible bourgeois ; La femme du banquier, dorée et triomphante, Coupe orgueilleusement la duchesse indigente, regnard, le Joueur, m, 6. || Absolument. Je coupe à carreau. || 9° Empêcher, en parlant de la voix, de la parole. La Parque à ce mot lui coupe la parole, corn, llodog. v, i. Ce n'est que la douleur qui lui coupe la voix, m. Théod. v, 9. Peut-êlre, si la voix ne m'eût été coupée, L'affreuse vérité me serait échappée, rac. Phèdre, iv, 5. Ses pleurs précipités ont coupé mes discours, id. Baj. ni, 4. || Couper la parole à quelqu'un, l'interrompre en la prenant soi-même. Couper la parole à son maître, la bruy. iv. Néron lui coupe la parole et lui réplique que Claude ne fit jamais accuser personne, dider. Ess. s. Claude. || 10° Gercer, en parlant du froid Le froid m'a coupé les lèvres. || Ce vent coupe la figure, il est vif et froid. || 11° Tempérer un liquide par un autre. Couper du vin blanc avec du vin rouge. || Absolument. Couper, c'est mélanger d'eau. Couper le bouillon. On a beau couper le lait de mille manières, I. i. rouss. Ém. 1. 1| 12° Couper le style, faire des phrases courtes et d'où les liaisons sont absentes. || Mettre les repos dans les phrases, dans les vers. Ce vers est heureusement coupé. L'orateur a mal coupé ses phrases. Il faut couper vos phrases à propos; mais il y a une manière de les couper qui, bien loin d'interrompre l'harmonie, sert à la continuer, d'olivet, Prosodie fr. art. v, § 2. j] Terme de musique. Couper les sons, marquer un silence d'un son à l'autre. || 13° À la paume, couper le coup, couper la balle, pousser la balle de manière qu'elle ne fasse point de bond. Ils la touchent en biaisant de leur raquette, ce qu'ils nomment couper, desc. Diopt. 5. || Terme de jeu. Couper cul , se retirer après avoir gagné et sans donner de revanche. || Couper les dés, les jeter en retirant le cornet, pourqu'ils restent à la même place. || 14° Couper court, abréger. Je dirais beaucoup de choses sur ce sujet que je coupe court par mille raisons, sév. 346. || Absolument. Couper court au discours; et, elliptiquement, couper au discours. Tout cela va le mieux du monde, Mais enfin coupons au discours, mol. Amph. m, u.||Par extension, mettre un terme. Coupons court Aux erreurs de la jeunesse, bérang. Chap. || Couper court à quelqu'un, le quitter brusquement en lui faisant une réponse brève et décisive. Et absolument : Monsieur, point tant de paroles, coupons court. || 15° V.n. Passer la racloire sur une mesure de grains qui est comble. || 16° Couper à travers champs, par le plus court chemin, se diriger par la ligne la plus courte. || Terme de vénerie. Un chien coupe, lorsqu'il veut gagner la tête de la meute ou lorsqu'il manque de force. || 17° Terme de peinture. On dit qu'une couleur coupe quand elle n'est pa3 assez fondue. || 18° Terme de danse. Exécuter le pas dit coupé. || Terme d'escrime. Exécuter le dégagement dit coupé. Couper sous le poignet, dégager par-dessous le poignet de son adversaire. Couper sur pointe, porter une botte en dégageant par-dessus la pointe de l'épée de l'adversaire. || On dit aussi couper la mesure, la dégager. || 19" Terme de jeu de cartes. Séparer en deux un jeu de cartes, après que celui qui les tient lésa bien mêlées. || Au jeu du lansquenet, prendre carte et se mettre au nombre des joueurs. 11 coupait. || 20° Terme de marine. Couper à terre, aller directement le cap sur la terre. || Passer entre un vaisseau et un autre. Dans ce momentlà j'avais Ruyter par mon travers, et je voyais l'arrière-garde ennemie dans nos eaux, qui pouvait, en revirant, couper entre notre corps de bataille et la division de M. Gabaret, Mém.de Villette, en 1676, dans jal. || 21" Se couper, v. réfl. Se blesser avec un instrument tranchant. Elle s'est coupée à la main. || Terme de manège. On dit que des chevaux se coupent, quand ils s'entre-heurtent les jambes, ou quand, avec l'un des fers, ils se blessent le boulet de l'autre pied. || Se dit aussi des enfants et des personnes grasses, lorsqu'il leur vient des excoriations aux plis que forme ia peau. || 22° Être coupé. Le roc cède et se coupe aisément. || En parlant des étoffes, se gâter par les plis. Les étoffes fortes se coupent plutôt que celles qui sont souples et déliées. Il 23° S'entre-croiser. Ces deux lignes, ces deux routes se coupent. || 24° Fig. Se contredire dans ses assertions. On se coupe aisément quand on ne dit pas la vérité. Ces deux réponses se coupent, boss. Nouv. my st. 90. La comtesse de Soissons, craignant toujours qu'on ne lui eût fait quelque finesse, tourna tant Vardes qu'il se coupa sur deui ou trois choses,

COU

Mme de la fatette, Hist. d'Henr. d"Anglet. Gf:utrès, t. m, p. (67, dans pougens.

— hist. xi" s. Si ço avent que alquen colpe le poin à altre u le pied, Loi» de Guill. (3. || xn* s. Au

bon destrier [il] a l'eschine coupée, Rone. p. «6. Ne faiz pas cum saint Piere qui doua la colée; Al serf al prince aveit l'une oreille coupée, Th. le mari. 9i>. Pardouz [deux] feis i fupris: si l'en laissa aler, Mais ainceis li fistl'um les oreilles couper, ib. 3l.||xm*s. Et li François lor remanderent qu'il i seraient l'endemain devant tierce, et le [l'ormeau] copperoienl ou despit de lui, Chr. de liains, p. 63. Se feme tient bos [bois] en douaire, elle ne le poet couper devant que il ait sept ans acomplis, beaum. xm, 7. Et quant il les orent pris, il lor coperent les testes à toz, id. xxx, 63. Et lors il me portèrent à terre et me saillirent sur le cors pour moy coper la gorge, joinv. 240. Mal apertement se partirent les Turs de Damiete, quant il ne firent coper le pont qui estoit de nez [nefs], lu. 216. ||xiv s. Et on voit qu'un* barons qui se met à l'embler, Il n'aconte noient d'une bourse à couper, Baud. de Seb. vi, 263. ||xv s. El à tant je coupe le compte de che chevalier, jusques cy après que j'en releveray le remannant, g. cius tel. Chron. des ducs de Ilourg. 1. i, ch. 64. Que ce vin on ne coupe; Ainçois qu'on boive net; Je pry toute la troupe De vider le godet, basselin, xviu. j| xvi' s. S'estant si lourdement couppé [contredit], mont. i,39.C'estoit un précipice si droict et si couppé, que.... m. I, <66. Un mont coupé, rabotteux et inaccessible , id. i, <76. Un langage trop serré, coupé , m. i , 292. Murena en rencontra les uns fuyans, ausquelz il couppa le chemin et les desfeit, amyot, Sylla, 40. Ses ennemis luy coupoient les vivres, id. Lucull. 4. La montée n'estoit pas fort roide ny couppée [à pic], id. th. 63. 11 faut couper la cause de la fièvre par son contraire, paré,

Page 1