COTYLE (ko-ti-f) , ». m. d'après l'Académie
cou
et mieux s. f. [| 1« Terme d'anatomie. Cavité d'un os dans laquelle la tête d'un autre os s'articule. || 2° Organe semblable à une cotyle, annexé aux bras des céphalopodes.
— REM. On fait, dans les livres médicaux , et l'Académie à leur suite, cotyle du masculin; c'est une erreur; xotûati est du féminin soit pour signifier une mesure de capacité, soit pour signifier la cavité de la hanche. Ce mot est trop technique pour qu'il y ait force d'usage contre la forme correcte, et pour que l'on crée l'anomalie d'avoir cotyle féminin pour la mesure et masculin pour la cavité.
— HIST. xvi* s. La boette dedans laquelle l'os de la cuisse est receu, nommée des Grecs cotyle, des Latins acetabulum, paré, iv, 34.
— ÉTYM. KitûVo, chose creuse (voy. le précédent). COTYLÉDON (ko-ti-lé don) , ». m. || !• Terme de
botanique. Nom des lobes séminaux ou feuilles séminales, l'une des quatre parties essentielles de l'embryon des végétaux phanérogames. Le haricot ai; moment de la germination, ou lorsqu'il sort de la terre, se divise en deux parties qui sont les cotylédons. || 2" Terme d'anatomie. Lobe charnu du placenta. || Cotylédons utérins, renflements tuberculeux et pédicules de la muqueuse utérine des ruminants à cornes, auxquels adhèrent les coulédons du placenta. || 3° Genre de plantes à feuilles charnues et concaves.
— HIST. xvi* s. Les cotylédons ne sont autre chose qu'orifice des extrémités des veines et artères menstruales, ainsi que les excrescences des cotylédons aux bestes brutes ne sont dites chorion, ains appendices d'iceluy; ainsi telle masse de chair aux femmes pour mesme raison ne doit estre appellée chorion, ains cotylédons tuméfiés et appendices d'iceluy, paré, i, 34.
— ÉTYM. Kotu).r,8à>v, proprement petite cavité en forme de coupe, de xotûat) (voy. cotyle).
f COTYLÉDONAIRE (ko-ti-lé- do-nê-r'), adj. Terme de botanique. Qui a rapport aux cotylédons.
— ÉTYM. Cotylédon.
COTYLÉDONÉ, ÉE (ko-ti-lé-do-né , née), adj. En parlant des végétaux, pourvu de cotylédons. S'est dit comme synonyme de phanérogame.
— ÉTYM. Cotylédon.
t COTYLÉMÔRPHE (ko-ti-lé-mor-f) , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est en forme de cotyle.
— ÉTYM. Cotyle, et u.opçri, forme. Mot préférable à cotyliforme , qu'on trouve quelquefois et qui est hybride.
f COTYLÉPHORE (ko-ti-lé-fo-r') , adj. Terme de botanique. Qui porte de petites cupules. [| Qui porte une cotyle, en parlant des bras de quelques céphalopodes.
— ÉTYM. Kotûat), cotyle, et <pop6;, qui porte. Mot très-préférable à cotylifère, qu'on trouve quelquefois et qui est hybride.
y COTYLET (ko-ti-lè), s. m. Terme de botanique. Genre de plantes grasses. C'est le nom donné par certains auteurs au genre de crassulacées appelé par l'Académie cotylédon, legoarant.
COTYLOÏDE (ko-ti-lo-i-d'), adj. Terme d'anatomie. Qui est en forme de cotyle. Cavité cotyloïde, celle de l'os iliaque dans laquelle s'articule la tête du fémur.
— ÉTYM. KoTÛAin, cotyle, et eTSoç, forme.
f COTYLOÏDIEN, IENNE (ko-ti-lo-i-diin , diè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à la cavité cotyloïde. Ligament cotyloïdien.
— ÉTYM. Cotyloïde.
COU (kou) ou COL (kol), s. m. || 1° La partie du corps qui unit la tête au tronc. Le héron au long bec emmanché d'un long cou, la font. Fabl. vu, 4. Voyez un peu ce cou d'ivoire s'arrondir sur ces belles épaules, marmont. Contes moraux, Lauret. Elle offre, en détournant sa tête éblouissante, D'un cou semé de lis la beauté ravissante , delille, Géorg. 1. 1| Populairement et par pléonasme. Il sera pendu par son cou. || Avoir un cou de grue, le cou d'une grue, avoir le cou long et grêle. || Avoir un cou de cygne, avoir le cou blanc et gracieux, en parlant d'une femme. On dit aussi pour louer le cou d'une femme : cou d'ivoire, d'albâtre, de lis. || Se jeter au cou de quelqu'un, l'embrasser avec effusion. Elle se jette au cou de ce pauvre vieillard , corn, le Ment. H, 6. La petite d'Hudicourt a été huit ou dit jours à la cour toujours pendue au cou du roi, sév. (72. Télémaque se jeta au cou de Mentor, FÉN. Tél. xxn. Télémaque saute à son cou, m. ib. xi. Je voulus me jeter à son cou pour l'embrasser, id. ib. iv. || Mettre la corde au cou, passer la corde autour du cou de quelqu'un pour le pendre; et fig. ruiner, perdre. La trop grande indulgence de son père lui a
COU
mis la cordeau cou, Dict. de l'Âcad. || Se mettre la corde au cou, se perdre soi-même, se mettre dans une position d'où on ne peut se tirer. || Mettre le pied sur le cou de quelqu'un, lui faire violence. || Couper le cou, trancher la tête. Celte révolte n'empêcha pas Antiochus de faire couper le cou au grand prêtre Onias, volt. Phil. m, (39. || Tordre le cou, donner la mort. Pour le dîner on tordra le cou à quelques poulets. J'aimerais.... que monsieur Satan vous vînt tordre le cou, m'l. l'Élour. i, 11. || Être dans l'eau jusqu'au cou. y être presque totalement plongé. Son maître était jusqu'au cou dans les boues, la font. Or. \\ Et fig. Je puis vous promettre, s'd se détermine à ce que vous voulez, de m'y mettre jusqu'au cou pour le succès, st-sim. 610, 281. || Fig. Tendre le cou, s'offrir comme une victime, subir quelque grande violence ou injustice sans résister. || Fig. Rompre le cou à quelqu'un, à une affaire, l'empêcher de réussir. || Se rompre, se casser le cou, se blesser grièvement en tombant; et fig. perdre tous ses avantages, toutes ses espérances. || Prendre ses jambes à son cou, s'enfuir au plus vite.... Uendez-moi mon bijou, Et je prends, pour partir, mes jambes à mon cou, regnard, Démocr. v, 6. [| Avoir son cou chargé de quelque chose, porter une charge considérable, avoir une grave responsabilité. || Fig. Ta main sera sur le col de tes ennemis, boss. llist. n, 2. Ce peuple [juif] était d'un cou roide et dur d'entendement, volt. Phil. n, (36. || 2" Le cou ou le col d'une bouteille, la partie longue et étroite par laquelle on l'emplit et on la vide. || Cou de chemise, voy. col. || 3° Cou de cygne, partie courbée de lavanttrain d'une voiture. [| Terme de marine. Cou de cigogne, cou de cygne, tige en fer fixée au pont. || Terme de manège. Cou de cygne, encolure en cou de cygne, encolure de certains chevaux. || 4* Terme de zoologie. Cou-blanc, nom du motteux. || Coujaune, nom de la fauvette de St-Domingue (Sylvie pendante de Latham). || Cou-rouge, le rougegorge. || Cou-tors, le torcol. || Cou-coupé, le gros bec du Sénégal. || 5° Terme de botanique. Cou de chameau, narcisse des prés (narcissus pseudo-narcissus, t.). || Cou de cigogne, géranium commun dans les bois.
— REM. Col est une forme archaïque qui est d'un usage rare, excepté quand il s'agit du goulot d'un vase, d'un passage dans une montagne, de la partie d'une chemise qui entoure le ccu, etc.
— HIST. xi' s. De son col [il] jeté ses grandes pels de martre, Ch. de llol. xx. || xir* s. Au col le comte [au cou du comte], Ronc. p. 26. Et son col blanc, son chef blond et luisant, Couci, v. || xm" s. Asseiz plus, ce poeiz savoir, L'acheta [le paradis] sainz Piere et sainz Poulz, Qui de si précieux avoir, Com furent la teste et li coux, L'aquistrent, se teneiz à voir [vrai], ruteb. (27. Les bras au col doit l'en [l'on] mener Son anemi pendre ou noier, la Rose, 7402. || xv* s. Et ce est l'aise des Brabançons; car, où que ils soient, ils veulent estre en vins et en viandes el en délices jusques au cou, froiss. Il, ni, 1(4.
— ÉTYM.* Picard et bourguig. co ; provenç. col, espagn. cuello; ital. collo; du latin collum. Dans l'ancien français, au nominatif singulier, li cols ou ii coui (cou, prononciation qui est devenue la plus habituelle parmi nous); au régime, le col (col, prononciation qui est restée dans quelques cas exceptionnels).
t COUA (kou-a), s. m. Genre d'oiseaux répandu dans les parties chaudes des deux hémisphères.
f(. COUAC (kouak), s. m. Onomatopée burlesque qui se dit pour exprimer les fautes que font avec les instruments à anche ou à bocal les débutants qui n'ont pas l'embouchure. On le dit aussi des chanteurs. Faire des couac. || Au plur. Des cou;ic.
— HIST. xvi" s. Le renard d'une vistesse soudaine empongne la grole, la quelle ne seut tenir aucune contenance que de faire coua, palissy, 88.
1 2. COUAC (kouak), s. m. Terre argileuse dont les nègres sont très-avides.
f COUAGGA (kou-a-gga), s. m. Terme de zoologie. Kspèce du genre cheval originaire d'Afrique, à raies gris roussâtre en travers de la tête, crinière courte et droite, dit aussi cheval du cap, cheval zéhroïde, dauw ou daw.
— ETYM. Onomatopée prise du cri de cet animal, f COUAILLE (kou-a-U'), s. f. Nom, en Bretagne,
des extrémités d'un étang qui restent à sec pendant la saison des eaux basses.
— ÉTYM. Queue (voy. ce mot).
t COUAQUE (kou-a-k') , s. m. Sorte de mets fait en Amérique avec la racine râpée de manioc, encore fraîche, qu'on étend sur des plaques de for
cou
cou
cou
rondes pour la soumettre à l'action du feu, en la remuant en divers sens, legoabant.
t COUAR (kou-ar), s. m. Nom, en Sologne, de la corneille noire.
COUARD (kou-ar; le d ne se lie jamais), s. m. H 1° Poltron, lâche. C'est un franc couard. \\Adj. lin homme couard. Une femme couarde. De vaillant fait couard, de fidèle fait traître, malh. i, 4. || Terme de blason. Lion couard, lion qui porte la queue entre les jambes. [| 2° Terme de manège. Tronçon de la queue du cheval. || 3° Terme de boucherie. Nom d'une région du boeuf dite aussi bord du cimier, ou cimier, ou abords, ou bords du bassin, qui comprend dans son ensemble la base de la queue, la partie postérieure de la croupe, les parties latérales de l'anus (et de la vulve chez la femelle seulement), et enfin l'angle de la fesse. || 4° Extrémité par laquelle on applique le manche à la faux.
— HIST. xi* s. Pour tout l'or Deu [il] ne volt estre cuard, Ch. de Bol. lxix. || xu* s. Mais li cohart n'i auront [en paradis] ja pardon, Bonc. p. 7). Et non porquant la terre d'outremer [je] Voi en si très grant balance Qu'en chantant [je] veuil prier le roi de France Que ne croie cowairt ne losengier [qui lui conseillent de quitter la croisade], quesnes, Romancero, p. < 00. Quant il ont en bataille fiché leur estendart, Ne le maintiennent mie à guise de coart, Sax. xix. Li reis ad dous [deux] privez, Soreledan Blanchart, Tost funt del buen malvais e del haidi cuart, Th. le mart. 66. || xin*s. 11 n'i ot si coart qui maintenant ne fust garnis de hardement, H. de valbnc. iv. Ce dist Renart: trop iescoarde, Ce fis ge por toi esmaier, Einsi te voloie essaier, Tien. <800. Se il [le bailli] estoit couars, il n'oseroit courocier le rice home qui aroit à fere contre le povre, beaum. 20. Il xiv s. Il n'est pas dit couart pour ce, se il craint infâme ou que l'on ne face villanie à ses gens, oresme, Eth. 79. ||xv*s. Si sont Lombards de leur nature riches et couards; nous y ferons nostre profit, froiss. m, iv, 20. Peu de chose est de fol espoir, Et c'est assés, au dire voir ; Car le cowart il fait hardi; Et le joli, Selon les mours qui sont en li, Il li fait ordenance avoir, id. Virelay. || xvi* s. Auprès du feu couards tiennent gros termes, j. marot, p. 38, dans lacurnk. C'est une qualité tousjours couarde et basse, mont, i, 8. Nous le rendons servile et couard [l'entendement] , pour ne luy laisser la liberté de rien faire de soy, id. i, <63. 11 n'y a homme si couard qui n'ayme mieuli tumber une fois, que demourer tousjours en branle, id. i, 261. Ouy, dit-il, je suis couard, voirement timide es choses villaines et deshonnestes, auyot, De la mauv. honte, 6. Moy plus couard, je ne requiers sinon.... Mourir oisif en ton giron, Cassandre, rons.
— ÉTYM. Provenç. coart; espagn. et portug. cobarde;ital. codardo;àu latin cauda, queue(voy. ce mot) : qui est de la queue, c'est-à-dire qui se tient en arrière, ou qui porte la queue basse comme les animaux qui ont peur. Coar( est le nom du lièvre dans le roman de Renart.
f COUARDEMENT (kou-ar-de-man), adv. D'une manière couarde, lâchement.
— HlST. xiir s. Je vous di que mieus doit plaire X tous, cil qi, sans retraire, Furnistçou q'il entreprent, Que cil qi couardement Le laist :car j'os tesmongnier K'il le Ta i t parcuer lanier, Bibl. des Chartes, 4* série, t. v, p. 347. ||xvi*s. Plusieurs gladiateurs se sont veus, au temps passé, aprez avoir couardement combattu, avaller courageusement la mort, offrant leur gosier au fer de l'ennemi et le conviant, mont, iv, 2) 2.
— ÉTYM. Couarde, et le suffixe ment.
t COUARDER (kou-ar-dé), v. n. Se conduire en couard.
— HIST. xi* s. Mal seit du cuer qui au piz [poitrine] se cuarde, Ch. de Bol. 85. || xii' s. Ceste bataille [troupe] n'ira pas cohardant, Roncisv. p. |3). || xurs. Je m'en trais [de la fontaine] lors unpoi en sus, Que dedens n'osai regarder; Ains commençai à coarder, Quand de Narcissus me sovint, la Rose, 4 624. || xiv* s. Aux uns dit: prenez l'avant garde; Gardez que nulz ne se couarde, Le livre du bon Jehan, 4341. || xvr s. Estre vaillant et couarder de crainte; Vouloir mourir et vivre par contrainte, bons. 48.
— ÉTYM. Couard.
COUARDISE (kou-ar-di-z'), s. f. Poltronnerie, lâcheté. Ma couardise est extrême D'avoir eu le moindre effroi , la font. l'Amour mouillé.
— HIST. xi* s. Onques n'aimai cuard ne cuardie, Ch. de Roi. cxn. Home qui fasse cuardie, ib. clxx. H ni* s. Que par lui soit coardie pensée, itonc.
p. 432. || xin* s. Et [elle] fu mère Rolant, qui fu sans couardie, Berte, cxliv. Et toutes ces coses qu'il lairoit à fere par couardise, beaum. 20. ||xiv*s. Et en celui qui est fort, ire, couardie, hardiesse ne font nulle rébellion contre raison ou peu, oresme, Eth. 32. Fortitude est plus contraire à couardise que à trop grant hardiesse, id. t'o. 63. || xv* s. Et dirai partout où je irai, qu'il m'aura refusé par couardise une jouste de fer de lance [le sire de Langurant défiant au combat le capitaine de Carvilac), froiss. ii, n, 43, xvi* s. Tant se tourmenter do la mort, c'est grande foiblesse et couardise, charron, Sagesse, p. 358, dans lacurne.
— ETYM. Couard; provenç. coardia ; espagn. cobardia; ital. codardia.
t COUCHAGE (kou-cha-j'), s. m. || l'Action de coucher à l'auberge. J'ai payé tant pour mon couchage. || 2° Ensemble des objets qui servent au coucher. Unboncouchage.il Terme d'administration militaire. Literie des troupes. || 3» Terme d'horticulture. Action de coucher, dans une fosse peu profonde, des rameaux destinés à y prendre racine et à devenir des marcottes. || Action de mettre les graines en couche.
— ÉTYM. Coucher.
COUCHANT, ANTE ( kou-chan, chan-t" ) , adj. || 1" Qui se couche; mot qui ne se dit guère qu'avec chien et soleil. || Chien couchant, chien d'arrêt, qui se baisse quand il sent le gibier. On dresse les chiens couchants en telle sorte que.... desc. Pass. i, 60. Contades était un gentilhomme d'Anjou dont le père était connu du roi par plusieurs présents de chiennes couchantes fort belles et fort bien dressées, st-sim. 460, 4 0». || Fig. Faire le chien couchant auprès de quelqu'un, tâcher de capter sa bienveillance par de basses soumissions. Quand il m'est inutile, il fait le chien couchant, mol. l'Étour. iv, 2. || Soleil couchant, qui est près de disparaître sous l'horizon. || Fig. Huet, Fontenelle ont écrit à quatre-vingts ans; il ya de très-beaux soleils couchants, volt. Lett. llénault, 7 sept. 1768. || On adore plutôt le soleil levant que le soleil couchant, on flatte plutôt la puissance à son début qu'à son déclin. || 2° S. m. L'occident. Du levant au couchant, du More jusqu'au Scythe, Les peuples vanteront et Bérénice etTite, corn. Tite et Bérén. v, 6. Du zèle qui pour toi [Dieu] l'enflamme et le dévore, La chaleur se répand du •couchant à l'aurore, rac. Esth. Prol. Embrasez par nos mains le couchant et l'aurore [en y portant la guerre par nos mains] , id. Mithr. ni, 4. La Lusitanie est terminée au couchant par l'Océan, au nord par le fleuve Durius [le Duero], rollin, Histoire anc. Œuvres, t. I, p. 243. || Fig. et poétiquement. Vieillesse, déclin. En cet âge penchant Où mon peu de lumière est si près du
couchant, malh. vi, 34 Suffisamment instruit
Que le plus beau couchant est voisin de la nuit, la font. Poésies mêlées, Disc, à Mme de la Sablière. Sur mon couchant enfin ma débile paupière Me ménage avec soin ce reste de lumière, rotrou, Vencesl. iv, 4. Tout passé qu'est le roi dans un âge penchant, Son fils par caractère est plus près du couchant, mair. Soliman, i, 4. Tant de choses éclatantes ont eu leur orient et leur couchant, volt. Louis XIV, 49.
— ÉTYM. Coucher.
COUCHE (kou-ch') , s. f. || 1" Lit, dans le style poétique et soutenu. Qui vous a si matin tiré de votre coucheVROTROU , Vencesl. iv, 4. Sonsangà gros bouillonssur cette couche verte [lit de gazon].... corn, ilodog. v, 4. L'aurore matinale Vient frapper de ses feux la couche nuptiale, delille, Trois règnes, vi. Sur sa couche de mort il vit pour sa famille, Sent tomber sur son coeur les larmes de sa fille, id. ib. vui. X ces mots, sur sa couche imprimant son visage, id. Enéide, iv. Si, par nous abrité, 11 s'endort sur la couche De l'hospitalité, bérano. Exilé. || Souiller la couche, abuser de la femme de quelqu'un. Volage adorateur de mille objets divers, Qui va du dieu des morts déshonorer la couche, rac. Phèd. u, 6. || Souiller la couche, se dit aussi de la femme qui manque à la fidélité conjugale. || Familièrement. Bois de lit. Couche de bois de noyer. || 2* Mariage. Les fruits de sa couche, ses enfants. Dieu a béni leur couche, leur a donné des enfants. Les dieux ne montrent point que sa vertu les touche; D'aucun gage, Narcisse, ils n'honorent sa couche; l'Empire vainement demande un héritier. rac. Brit. il, 8. Et jouir de la couche et des embrassements D'un homme qui fuyait tous ces engagements, mol. École des f. m, 2. || 3" Linge dont on enveloppe les petits enfants. Une douzaine de couches. || 4° Enfantement. Être en couche, être dans le travail de l'enfantement et aussi être dans
l'état qui suit l'enfantement. Relever de couche, se dit du rétablissement de la santé après l'enfantement. Il arrive tant d'accidents aux femmes en couche, sèv. toi. Il m'a mandé l'heureuse couche de sa femme, id. 219. Je sais bien que vous êtes en couche, m. 269. La première personne qui vient au-devant de lui [pèlerin], c'est sa femme relevée de couches, chateaib. Génie, ni, v, a. || On dil également couche au singulier et au pluriel pour indiquer un seul enfantement. Les couches de celle femme ont été heureuses. Faire ses couches. || Fausse couche, expulsion du produit de la couception qui survient avant le terme de la viabilité du Castro. Il craint que cette émotion ne lui cause une fausse couche, sêv. 20. || Fig. Fausse couche, avortement. La raison a fait bien des fausses couches avant de mettre ces deux enfants au jour, volt. Ht>\ de Prusse, 4 64. || Les lochies sont vulgairement appelées suites de couches. || Suite de couches, se dit aussi des maladies ou indispositions qui suivent les couches. || Les couches de la Vierge, dévotion à la Vierge où on lui chante des saluts neuf jours avant Noël. || 5° Terme de jardinage. Préparation de parallélogrammes larges et épais de plusieurs décimètres, formés de fumier, de feuilles, de mousses ou de toutes autres matières fermentescibles, susceptibles de s'échauffer et de conserver leur ehlkof pendant un certain temps. Nous vîmesbriller si pompeusement tous les trésors de la Hollande [des tulipes] sur quatre couches de fumier.... J. J. houss. Ml. iv, M, || Couche chaude, celle qui se fait avec du fumier de cheval dans son premier feu, ou peu de temps après sa sortie de l'écurie; elle fournit une chaleur élevée, mais qui baisse rapidement si on ne la ranime avec des réchauds ou bourrelets de fumier chaud renouvelé souvent. |l Couche tiède, celle qui se fait avec du fumier de cheval, de vache et des feuilles, le tout bien mélangé; la chaleur en est moins forte que celle de la couche chaude, mais elle se prolonge plus longtemps. Ces deux couches se chargent avec du terreau pur ou une terre mélangée, par quart ou par moitié, de terreau, suivant le temps que doivent y rester les plantes. || Couche sourde, celle qu'on établit dans une tranchée creusée en terre et à laquelle on donne une forme bombée en dessus, recouverte entièrement d'une terre ameublie et mélangée de terreau. Les couches sourdes sont maintenues chaudes par un bourrelet épais de fumier chaud et sec mis dans les sentiers qui les bordent. || 6° Se dit des choses qu'on met par lits, surtout des fruits, de certains aliments, de certain», médicaments, etc. Une couche de beurre, de confitures. Une couche de lard. Arranger différentes choses par couches. || 7* Lame ou lit de substances qui ont, relativement, de l'étendue et peu d'épaisseur. Comme les différentes couches de l'atmosphère sont capables de dilatation et de compression , d'alemb. Œuvres, t. xiv, p. 29, dans pougens. || Couches géologiques, lits de substances terreuset ou pierreuses. Couches de Purbeck, assise inférieure du terrain wealdien. Couches de Weymouth, calcaires marneux alternant avec des marnes et appartenant à l'étage supérieur du terrainjurassique. Dans mon ouvrage sur les ossements fossiles, je me suis proposé de reconnaître à quels animaux appartiennent les débris osseux dont les couches superficielles du globe sont remplies, cuvier, Révolut. p. 7. || Terme de maçonnerie. Substance étendue qu'on applique sur une autre pour la couvrir. Revêtir un mur d'une couche de plâtre. || Terme de paveur. Sable qu'on répand avant ou après un pavage. || Terme de doreur. Feuille d'or ou d'argent qu'on laisse sur l'objet qu'on veut dorer ou argenter. M Terme de botanique et d'anatomie. Portion de tissu disposée en lame plus ou moins épaisse. Couches ligneuses. Couche musculaire. || 8* Terme de peinture. Enduit. Donner trois couches de blanc à l'huile. || Couche de teinte, la dernière couche de peinture. || Fig. Madame, farouche et particulière, avec sa couche de gloire, n'en voulut pas faire plus que Mme la Dauphine, st-sim. 429, (72. || Trèspopulairement. Avoir ou se donner une couche, une belle couche, sa petite couche, se griser. || Fig. Trop de peuples, trop de ravages se succédèrent; trop de couches de barbarie furent données coup sur coup , avant que les premières eussent le temps de disparaître et de céder à la force des sciences romaines, turgot, 2* dise, en Sorbonne. || 9° À certains jeux , l'enjeu qu'on met sur une carte. La moindre couche était de 20 francs. Tant de couche et de belle, se dit pour avertir qu'on met tant sur la carte et que celui qui est pris paye tant \k ceux qui ont encore leurs cartes. || 10" Terme