‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 376 sur 403 · SYN. HOMME DE COUR, HOMME DE LA COUR · texte numérisé non relu

SYN. HOMME DE COUR, HOMME DE LA COUR

L'homme de cour est celui qui a le ton, les manières, l'esprit de la cour. L'homme de la cour est celui qui en fait partie. On peut être un homme de la cour sans être un homme de cour.

— hist. xi* s. Qu'il issit à dreit en la curt.. .. Loit de Guill. 6. Meillur vassal n'aveit en la curt nul, Ch. de Roi. xvi. || xn's. [Il fut] A cort de roi et sorviz et losez, Tionc. p. 48. En ceste cort [il] vous vient au roi piéger, ib. p. 4 85. Je delsse et l'estre et l'errement De la grant court de France au dous renom, Où toute valor se baigne, hues de la ferté, liomuucero, p. 4 82. La corz fu moult pleniere; quatorze rois i ot, Sax. xvn. X la cort le manda l'hostes par un garçon, Sax. xxn. E quant [il] vus volt tolir vostre curt e fauser, E apele autre curt, de ço le poez [tu le peux] grever, Th. lemart. 44. Se [il] ne peUst le roi dune el pais trover, Le prélat estettst à la justice aler [il faudrait que le prélat allât à la justice], Ço qu'ai reiapartint en real curt finer, Ço qu'atainst al prélat en sa curt terminer, ib. 60. Les portes arses, e, en la cort, les herbes nées aussi corne en bois, Machab. i, 4. || xm* s. Et furent huit jours à court, ains qu'il peussent iestre oï, Chr. de Rains, 4 23. Et avoec els [eux] avoit grant plenté de bones gens, et moult sembloit bien court à riche prince, villeh. xciii. Si comme je vous ai dit, tint li empereres sa court au Noël, H. de valenc. xv. ....Lasse! mortes sommes, Mes sires, ounesaiquex hommes Est entrés dedens nostre court, la Rose, 44434. Ele [Courtoisie] ère en toutes cors bien digne D'estre emperieris ou roine, ib. 1251. Il deit faire recorder les dittes conoissances en la court pleniere, Ass. de J. 89. En la court laie pren un pou d'espérance; En cort des clers n'aie jà jor fiance, En nus prelas nule bone attendance, Proverbes ruraux et tulgaus. Se bature est fête devant juge, en cort vestue, l'amende est à la volenté du seigneur, beaum. xxx. 20. Aussi bien convient il que la cors soit garnie por fere recort comme por jugement, id. xxxix, 8. Sire evesque, fist le roy, entre vous avez establi que l'en ne doit oyr nul escommenié en court laie, joinv. 291. Entre les chevaliers que monsieur Jehan de Valenciennes ramena, je en y trouvai bien quarante de la cort de Champaingne, id. 261. ||xv's. Depuis avint que messire jean de Ghistelles fut si mal de cour [en cour] que.... froiss. u, n, 46. De tous poissons ot illeo [à un repas] cours pleniere, eust. descii. Poésies mss. f°4 34, dans lacurne. Aulcuns flatteurs envieux.... comme assez de telles gens a en cour communément, Bouciq. m, ch. Il; Au chevet du lit pour tous jeux, Pend un benoistier qui est gourd, Avec un aspergés joyeulx, Tout plain d'eaue benoiste de cour, coquill. Droits nouveaux. Puis remonta à cheval, et s'en alla au palais, qui estoit tendu et pavé moult noblement; et là tint il court pleniere, et y souppa, et avecques luy à sa table soupperent les pairs de France et ceux de son sang, monstrel. t. m, p. 88, dans lacurne. Et disoit on que ledit banquet seroit fait à tous venans et comme court ouverte, t'6. p. 77. À longueur de temps aura raison, si la cour, c'est à entendre le prince en son auctorité soubz lequel il vit, n'est contre luy, comm. v, 4 8. X la cort le roi, chascuns y est pour soi, Leroux de lincy, Prov. t. u, p. 75. || xvi' s. Si tusçavois vivre de choux, tu ne ferois pas la court à un tyran, mont, u, 346. Conseiller en la cour de parlement, id. m, 205. J'aymesloix et ma cour pour juger de moy, id. m, 260. Misérable à mon gré, qui n'a chez soy où estre à soy, où se faire particulièrement la

cou

cou

court, où se cacher I mont, m, 289. Je veois souhs moy mon jardin, ma bassecourt, ma court, id. m, 288. À chasque court son traistre, leroux de lincy, Prov. t. il , p. 76 Le seigneur peut faire saisir le fief de son vassal par faute de service de cour et de plaids [c'est-à-dire quand il a manqué à assister aux plaids de sa seigneurie], Coustum. (finir. 1. 1, p. 538.

— ÉTYM. Norm. court, grande ferme; bourguig. cor; provenç. cort; ital. et espagn. corte; du baslat. curtis, cortis, dérivé du latin cohors ou cors, basse-cour, enclos; grec, xopTOi:> 1m a même radical que le latin hortus, et l'allemand Garten, jardin. Le t qui appartient à cour dans tous les anciens textes et dans toutes les langues romanes, et qui se retrouve dans tous les dérivés, courtois, courtisan, etc. montre que le mot vient de curtis et non de curia, fausse étymologie qui commença à se montrer dans le xiv« siècle où l'on se mit à nommsr en latin les gens de cour curiales. Curtis a signifié d'abord la cour, l'enclos, la ferme, puis la résidence rurale des seigneurs et des rois, puis la résidence de leur conseil, de leur autorité et aussi de la justice. Dans l'ancien français, au nominatif singulier la cors, au régime la cort; au nominatif pluriel, les cort, au régime, les cors.

f COURABLE (kou-ra-bl'), adj. Terme de chasse. Bête courable, bête qui est bonne à courir. La taille du lièvre et celle du cerf sont les plus éloignées de la proportion des bêtes courables, salnove, Chasse du lièvre, dans bichelet.

— ÉTYM. Courir.

t COURADE (kou-ra-d'), «. f. Terme de pêche. Espèce de sardine du Croisic.

t COURADOUX (kou-ra-dou) , s. m. Terme de marine. Espace renfermé entre les deux ponts d'un bâtiment. || Il est vieilli.

COURAGE (kou-ra-j'), s. m. || 1° L'ensemble des passions qu'on rapporte au cœur. Au moins, que les travaux, Les dangers, les soins du voyage Changent un peu votre courage, la font. Fabl. ix, 2. Vous voilà, vains honneurs qui m'enfliez le courage, Ecoulés en un jour comme l'eau d'un orage, kotr. Bel. v,4. Sans que.... 11 te reste aucun fruit que la honte et la rage Qu'un remords inutile allume en ton courage, corn. Ct'nno.iv, 7. De tous deux Rodogune a charmé le courage, m. Rodog. i, 5. Que tu'pénètres mal le fond de mon courage! id. ib. rv, 5. Accordez votre bouche avec votre courage, Pratiquez vos conseils ou ne m'en donnez pas, id. Cour de Milite , 1, 2. La honte suit de près les courages timides, rac. Alex. I, 2. Détrompez son erreur, fléchissez son courage, id. Phèd. i, 6. Quel courage endurci Soutiendra les assauts qu'on lui prépare ici ? id. Iphig. IV, 4. Le nom d'amant peut-être offense son courage, id. Phèd. il, H. Mais de faire fléchir un courage inflexible, id. ib. Je ne sais maintenant qui retient mon courage Que de vingt coups de poing au milieu du visage.... begnard, Fol. amoureuses, I, 2. Un étranger, Fatime, un captif inconnu Promet beaucoup, tient peu, permet à son courage Des serments indiscrets pour sortir d'esclavage, volt. Zaïre, i, 4. C'est même une lâcheté de courage, mass. Car. Doutes. Soumettez-lui les fiers courages Des plus nobles peuples du Nord, gresset, Ode au roiStanislas. || 2" La personne même, considérée au point de vue de la passion qui l'anime. Ce grand prince calma les courages émus, boss. Louis de liourb . Il devient un objet de mépris aux uns, et, ce qui est le plus insupportable à un grand courage, un objet de pitié aux autres, id. Reine d'Anglet. Combien reçut-il d'avis secrets que sa vie n'était pas en sûreté,! Et il connaissait, dans le parti, de ces fiers courages dont la force malheureuse et l'esprit extrême ose tout et sait trouver des exécuteurs, id. le Tellier. Ô la lâche personne! ahl le faible courage, mol. Dip. am. îv, 4. Homère aux grands exploits anima les courages, boil. Art p. iv. Quels courages Vénus n'a-t-elle point domptés? rac. Phèd. i, 4. Cela ne put étonner des courages qui étaient à toute épreuve, et qu'une suite non interrompue de prospérités remplissait d'assurance, rollin, llist. anc. (Kuvres, t. vi, p. 498, dans pougens. || Homme courageux.[LaFrance]Pleine de mœurs et de courages, malh. ii, 3. || 3" Zèle, bonne volonté, ardeur. Je vous servirai de grand courage. Donner courage aux faibles, pasc. dans cousin. Il ne perdit pourtant pas courage, id. Prov. 4. Il me disait que je devais prendre courage, fên. Tél. H. Je me sentis plein de courage contre les plaisirs, id. ib. || 4' Fermeté qui fait supporter ou braver le péril, la souffrance, les revers, etc. Ses négociations, ses traités, tout ce que sa prudence et son courage opposaient à la fortune de l'Etat,

boss. Reine d'Anglet. S'il y eut jamais une conjoncture où il fallut montrer de la prévoyance et un courage intrépide, ce fut lorsqu'il s'agit d'assurer la garde des trois illustres captifs, id. le Tellier. La vraie épreuve du courage N'est que dans le danger que l'on touche du doigt, la font. Fabl. vi, 2. Le vrai courage trouve toujours quelque ressource, fén. Tel. vi. Ce jeune roi, bien fait, vigoureux, d'une mine haute et fière, avait dans ses yeux la fureur et le désespoir; il était comme un beau cheval qui n'a point de bouche, son courage le poussait au hasard, et la sagesse ne modérait point sa valeur, id. ib. n. D'un courage naissant sont-ce là les essais? rac. Iphig. i, 2. Le monde, injuste estimateur des choses du ciel, ne laissera pas d'admirer et de faire valoir le courage de ce sacrifice, mass. Car. Resp. hum. Dessus ses grands ciievaux est monté mon courage, mol. Sgan. 24. La philosophie peut éclairer; mais d'une âme faible elle n'en saurait faire une âme forte; il y a bien des sortes de courages, condillac, Hist. anc. u, 10. Le vrai courage est une confiance éclairée que rien ne trouble, id. ib. il, 44. || Courage d'esprit, fermeté de l'intelligence qui fait saisir les idées hardies, par opposition à courage de cœur, qui fait braver les périls présents. Ces sortes d'idées hardies, pourvu qu'elles le soient dans de certaines bornes, partent d'un courage d'esprit, rare même parmi ceux qui ont le courage du cœur, fonten. Chazelles. || Donner courage, inspirer du courage. César qui lisait sa peur sur son visage, Le flattait par pitié, pour lui donner courage, corn. Pomp. m, 4. 1| Prendre courage, ne pas se laisser abattre; reprendre courage, se relever après avoir été abattu moralement. Prends courage, ma fille, et sache qu'aujourd'hui Ton roi te veut servir et de père et d'appui, corn. Cid, u, 9. || Perdre courage, se décourager. Battus sans jamais perdre courage, boss. Hist. i, ». || Il se dit aussi des animaux. Ce chien a du courage. || Familièrement. Prendre, tenir son courageàdeux mains, faire effort pour s'affermir dans une résolution. || Courage! interjection d'encouragement, d'excitation. Allons, courage! Du courage! Mais courage, il s'émeut, je vois couler des larmes, corn. Poly. iv, 3. Ménage, qui a dit tant de mots et qui en a dit si peu de bons, avoit pourtant raison de s'écrier à la représentation des Précieuses ridicules : courage , Molière! voilà le bon comique, marmont. Élém. de liltér. t. vi, p. «74, dans pougens. || 5° Dureté de cœur (le courage de la fermeté ayant, par exagération , passé à la dureté de cœur, à l'insensibilité). Je n'ai pas le courage de lui refuser cela. Le traître eut le courage de livrer son meilleur ami. Sans que les larmes d'un si bon roi pussent amollir le courage de ces tigres qui le trahissaient si lâchement, vaug. Q. C. 347. || Proverbe. Il n'y a plus que courage, ou il n'y a plus que le courage, locution qui se dit pour encourager en avertissant qu'on est au bout de la peine, du travail, de la course, etc.

— SYN. 1° cœdb, courage. Courage est un dérivé de cœur, et c'est cette dérivation qui permet de les distinguer, puisque, par là, courage doit contenir quelque chose de plus. En tant que considérés comme ce genre de fermeté qui fait mépriser le danger, cœur et courage sont synonymes ; et dans cette phrase de Molière : Et le cœur est digne de blâme Contre les gens qui n'en ont pas (Amph. i, 2), courage irait aussi bien. Mais bien que l'on dise combattre avec courage, on ne dit pas combattre avec cœur. Donc ce que la dérivation ajoute à cœur pour former courage, c'est que courage exprime la manifestation du cœur. Quand le cœur se manifeste par des actes extérieurs, il prend le nom de courage. || 2° courage, bravoure. Courage est plus général que bravoure; justement parce que courage tient étroitement à cœur, il exprime tous les genres de courage aussi bien à la guerre que dans la paix. Au contraire bravoure n'exprime que le courage dans le combat.

— HIST. xi* s. Li reis est fiers , et sis curages pesmes, Ch. de Roi. iv. Mais je ne sai quels en est sis curages [intention], ib. xin. Gardez, de nous ne turnez le curage [que vous ne changiez de sentiment à notre égard], ib. LI. En son curage [il] en est joieus et liét,' ib. cxcvi. || xir* s. Entendez mon corage, Ronc. p. 43. Respont Rollant: ne me vient en corage [je n'en ai pas envie], ib. p. 47. Li cuens Rolant o le courage fier, ib. p. 67. Rolanz fu preus et de moût fier corage, ib. p. 64. A Olivier [ilj eu a dit son corage, t'6. p. 84. Par vasselage [fermeté], son corage [ses sentiments] il cela, ib. p. 4 68. Et de moût bon corage [il] a reclamé Jhesu, ib. p. 4 96. Mais je n'ai pas corage [intention] que plus le res-

pltons, ib. p. 20». Au mont [monde] n'a [il n'y a], voir, si cruel traïson Ou'en bel semblant et corage félon, Coud, ix. Je doi avoir grant joie en mon corage, ib. xix. Tant []'] ai en lui [elle] ferme assis mon corage Qu'ailleurs ne pense.... ib. [Je] Chanterai pour mon courage Que je veuil reconforter, Dame de faiel, dans Couci. Diex! Que ferai? Dirai lui [à elle] mon coraige? Irai-je lui dont [donc] s'amour demander? gin snes, Romancero, p. 83. Chanter m'esteut, que m'en est pris coraige, t'6. p. sr,. Tel cinq cent chevalier Qui n'ont cuer ne corage de Saisnes guerroier, Sax. xvi. En tous essamples s'est granment reconfortez; Mais nepurquant mult ert el corage trublez, Th. le mart. 65. Puel cel estre qu'ensi se voleient vengier De mei . quant lur curage [intention] ne porent avancier? ib. 89. Ço est la lei à hume, ke hum te serve en simplicited e purted de sun curage, e tu li faces merci, Bois, 446. || xiii* s. Damoisele, fait ele, fraignez vostr» corage; Trop avez hui menée grant dolor et grant rage, audefr. le bast. Romancero, p. 44. Et bien créant en Dieu et de moult bon courage, Rerte, lxx. Seignor, famé est et foie et sage, Et moult est foie de corage. Ren. 7408. El [Papelardise] fait dehors le marmiteus, Si a le vis [visage] simple et piteus, Et semble sainte créature ; Mais sous ciel n'a maie aventure Qu'ele ne pense en son corage, la Rose, 417. Li valés fu jones et biaus, Si estoit bien d'autel aage Cum s'amie, et d'autel corage, ib. 4286. En tel cas prent on aucune fois l'autrui coze, et si n'est pas larrecins, car larrecins n'est pas sans avoir corage d'embler, beaum. xxix, 4 2. Mais li corages monte as preus et as gentis, Ch. d'Ant. n, 4»o. || xiv s. Vouloir estre honouré entre les grans et des grans, il vient de bon courage et tel se monstre home, oresme, Eth. 423. Chetif courage, iu.it. 4 06. La famé de Richart dit moût hautement de mauvais courage au dit exposant.... du cange, avidere. || xv* s. Le duc commença à rire et s'excusa, et ne dit pas si très tost ce qu'il avoit sus le courage, froiss. n, m, 47. On pardonne bien de bouche, mais tousjours demeurent les haines en courages, id. u, u, 244. Leurs gens n'avoient nul courage de bien faire ni eux défendre, id. n, m, 47. Et qui eust voulu poursuir, on eust chassé les dits Anglois jusques à la mer, veu le courage que chacun avoit; car ung François eust abatu dix Anglois, Chron. du siège d'Orlians, 4 429, Bibl. des Chartes, t. m, 2* série, p. 207. Vallet, va quérir en message Centurion au fier courage; Va tost, dy ly qu'il veigne cy, la Pass. de JV. S. J. C. En présence de cette noble compagnie, et mesmes plusieurs autres nobles hommes et vertueux courages cy presens , math, de coucy, Hist. de Charles VII, p. 678, dans lacurne. || xvi11 s. Les courages des ennemis sont abbattus, mont, i, 24. Un mauvais luicteur se feit médecin: courage, lui dict Diogenes; tu as raison ; tu mettras à cette heure en terre ceulx qui t'y ont mis aultrefois, id. m, 210. Remplissant des haines parricides les courages fraternels, id. iv, 204. Epaminondas, sans faire semblant de rien, avoit de longue main conduit la prattique de lever le courage aux jeunes hommes Thebains, amyot, Pilop. 43. 11 feit renaistre es courages des soudards une envie de se trouver aux prises.... id. Pilop. et Marcel, comp. 3. Philopœmen le laissa dire, combien qu'il en fust fort despit en son courage [intérieurement], id.

l'hilop.io Unque je sçeusseavoir courage lasche,

id. Comment dise, le fiait. 68. Un bon courage décore visage, leroux de lincy, Prov. t. n, p. 430.

— ÉTYM. Bourguig. coraige; provenç. et catal. coraige; espagn. corage; porlug. coragem; ital. coraggio ; d'une forme coralicum (comme le prouvent le tg du provençal et le double g de l'italien), dérivée de cor, cœur. Palsgrave, p. 62, au xvi' siècle, dit qu'on prononçait couraige.

COURAGEUSEMENT (kou-ra-jeû-se-man) , adv.

Avec courage, fermeté. Ils ravagent tout ce qui est entre la Somme et l'Oise, et, tant que personne ne leur résiste, ils tiennent courageusement la campagne, ils tuent nos paysans et brûlent nos vill; voit. Lell. 74. Si Gustave en doutait, vous ne le verriez pas Si courageusement s'avancer au trépas, piron, G. Wasa, iv, 8.

— HIST. xvi* s. Comme il combattait fort courageusement contre ceulx qu'il avait en teste, amyot, Pyrrh. 70.

— ÉTYM. Courageuse, et le suffixe ment; provenç. coratjosamens.

COURAGEUX, EUSE (kou-ra-jeu. jeu-z'), adj. || l°Qui a du courage. Se montrer courageux dans le malheur. Une âme courageuse. Plus vi'.es qi aigles, plus courageux nue les lions, bûss. Louis de

cou

Botirhon. Le premier qui se présenta |au tournoi] était un seigneur très-riche, fort vain, peu courageux, très-maladroit et sans esprit, volt. Zadig, 19. [Apprends que l'amour est] Courageux et surtout hors de cette faiblesse, Oui force à se chercher et pour soi s'intéresse, corn. Imit. ni, 5. || Substantivement. Le courageux est assuré contre les périls dans les entreprises considérables; mais le magnanime va plus loin encore, boss. dans le Dict. de dociiez. || 2° Oui dénote du courage. Trait courageux. Un courageux dévouemont. On opina par boules sur la punition qu'il f l'abbé de Saint-Pierre] avait encourue; toutes les boules, à l'exception d'une seule, furent pour l'exclure de nos séances; cette boule courageuse fut donnée par Fontenelle, d'alembert, Éloges, abbé de St-Pierre.

— HIST. xii* s. Od [avec] gent hardie e corajuse, Fiere e estrange e bataillose, benoît, u, 4 083. Berengers fu corageus et hardiz, Ronc. p. 63. Et corageus as armes et fier comme liepart, Sax. xix. || xm* s. Il sunt félon et outrageus, De tous maus faire corageus, la Rose, 9214. ||xvi* s. Il n'estoit point de mémoire que jamais ils eussent esté batus en bataille rangée... . au moyen de quoy ilz estaient si courageux [liers] et si terribles que personne ne les osoit attendre, amyot, Pélop. 32. Si ses escritps rapportent aucune chose de ses conditions, c'estoit un grand personnage, droicturier et courageux, non d'une vertu superstitieuse, mais philosophique et généreuse, mont, iv, 63.

— étym. Courage; provenç. coratjos, coratgos; anc. espagn. corajoso ; ital. coraggioso.

t COURAI (kou-ré), s. m. Terme de marine. Voy.

C0UREE.

t COOKAILLER (kou-ra-llé, Il mouillées), v. n. Terme populaire. Courir fréquemment; et fig. mener une vie désordonnée ou de débauche.

— > ÊTYM. Courir.

t COURALIN (kou-ra-lin) , s. m. Espèce de pirogue.

COURAMMENT (kou-ra-man), adu. D'une manière courante, avec facilité. Lire, écrire couramment.

— HIST. xvi* s. Lequel leut courantement les dictes lectresen françoys, Pièce publiée par lehoux i:E lincy, Bibl. des Ch. 5* série, t. n, p. 485.

— étym. Courant, et le suffixe ment; bourg. comrnman.

COCHANT, ANTE (kou-ran, rant-t'), adj.

|| 1° Oui court. || Adverbialement. Tout courant, en grande hâte. Elle envoie tout courant savoir de Mme du Chàtelet, si S. M. [le roi de Prusse] passera, volt. Roi de Prusse, 44. || 'fout courant, sans hésiter, sans peine. Il lit tout courant. || L'Académie met un trait d'union à tout-courant; ce qui est singulier et ne peut être suivi. || Ternie de vénerie. Chien courant, chien qui court le lièvre, le cerf, etc. J'appelais une chienne courante, sEv. :i32. Un comte de Nassau Hautveiller amena de fort bons chiens courants pour le lièvre, st-sim. 49, 73. || 2° Oui coule continûment. Eau courante. Ruisseau courant. Le climat est sans pluie; on n'entend aux montagnes Bruire en ces lieux aucuns torrents; En ces lieux nuls ruisseaux courants N'augmentent le tribut dont s'arrosent les plaines, la fontaine, Quinquina, II. Nous allons sans cesse au tombeau, ainsi que des eaux qui se perdent sans retour; en effet nous ressemblons tous à des eaux courantes.... boss. Duch. d'Orléans. C'est un acte très-méritoire aux Indes, de prier Dieu dans l'eau courante, montesq. Esp. xxiv, 2ci. || 3° Par extension, écriture courante, voy, courante 3. || Terme de marine. Pièces courantes, pièces qui glissent ou arrivent facilement et librement. || Cape courante, cape dans laquelle il reste assez de voiles pour qu'on puisse gouverner. || Manœuvres courantes, les cordages qui servent constamment à la manœuvre. || 4* Oui est en cours. Le mois courant. Le terme courant. L'intérêt courant. Et créer une rente Dès le . du mort courante, la font. Fabl. n, 2u. || 5° Oui a cours. Acheter au prix courant. C'était [300 florins d'or] tout au plus 200 livres de la monnaie de France courante de nos jours, volt. Mœurs, 8t. Les lettres phéniciennes étaient le caractère courant de leur nation [les Cutéens] , id. PMI. n, 255. || 6° Terme de banque. Compte courant, voy. compte. || Main courante, voy. brouillard. || 7° En parlant des mesures, aune courante, toise courante, mètre courant, mesure prise avec l'aune, la toise, le mètre, et considérée par rapport à sa longueur, sans avoir égard à la largeur. || 8° Terme de botanique. Feuille courante, feuille qui embrasse sa tige et s'allonge sur elle. || 9" Terme d'imprimerie. Titre courant, titre qui se répète au haut de chaque page. || 10" Ordinaire, habituel. U est chargé des

COCJ

affaires courantes. Pour les élections et autres affaires courantes et momentanées, j. j. nouss. Polit. 9. L'avis courant que leurs complaisants ont soin de leur dicter, est toujours le leur, parce qu'ils n'en ont point à eux, d'alemb. Essai sur la soc. des gens de lettres. Œuvres, t. m, p. 3», dans pougens. || Par analogie. Je n'aurai que les chagrins courants de la vie, sev. 344. || 11° S. m. Courant, le cours, la direction d'une eau vive. Un agneau se désaltérait Dans le courant d'une onde pure, la font. Fabl. i, i o. Un torrent n'a jamais causé plus de ravage <?ue lorsqu'à son courant on ferme le passage, volt. Triumv. iv, 2. || Terme de marine. Direction particulière du mouvement des eaux, qui se portent, comme fait un fleuve, vers, un point fixe. U y a sur cette côte des courants très-dangereux. Si la terre était entièrement inondée par les eaux de l'Océan, ces eaux pourraient, aussi bien que l'air, former sousl'équateurun courant perpétuel, etce courantseraitversl'estou versl'ouest, selon que la profondeur de la mer serait plus ou moins grande, d'alkmb. Causes gén. desvenls. (JKuvres, t. xiv, p. 28, dans pougens. Des courants rapides s'opposent à l'arrivée des navigateurs, raynal, Hist. phil. xiii, 9. || Fig. Laissez-vous amuser, suivez le courant des plaisirs qu'on peut avoir en province, SÊv. 44. Bien loin d'être emporté par le courant rapide Des flots impétueux de ses bouillants désirs, corn. Imitation, i, 3. Pour ne jamais sortir de l'état où vous êtes, vous'n'avez qu'à suivre vos penchants, vous prêter à vous-même, vous laisser entraîner mollement au courant, mass. Car. Fausse confiance. || Les grands courants de l'opinion, les idées qui, à certains moments et dans certains pays, deviennent générales et entraînent tout. Rien ne résista à ce courant général de l'opinion en France. || 12° Courant d'air, vent. Fermez cette porte pour éviter les courants d'air. L'atmosphère est agitée par des courants qui sont les vents. || 13° Courant atmosphérique, dit, par analogie avec les courants de la mer, des vents qui suivent une direction déterminée. Le ballon rencontra les courants supérieurs. || 14° Terme de physique. Courant électrique, progression en sens opposé des électricités de noms contraires, à travers un con lucteurqui, par ses deux extrémités, est en contact avec une source d'électricité. || 15° La période de temps qui court. Dans le courant de la semaine, de l'année. Harlay crut que cette grande affaire [du pas] lui coûterait à peine le courant d'un hiver à emporter, st-sim. ta, 493. || Le courant, le mois qui court. Le cinq du courant. On dit elliptiquement, en termes de bourse et en ce sens : fin courant, c'est-à-dire fin du mois courant. || 16° En matière de rente, d'intérêt, le terme qui court. 11 me doit les arrérages et le courant. || 17° Terme de théâtre. Mettre une pièce au courant du répertoire, la mettre parmi les pièces qu'on joue habituellement. || 18° La manière ordinaire de se comporter. Suivez le courant de la maison pour la pauvreté, boss. Leur. Corn. 4 51. || Le courant du monde, la manière ordinaire du monde. Il se laisse aller au courant du monde. H Le courant du marché, le prix actuel des denrées. || 19° Le courant des affaires, les affaires ordinaires qui se succèdent les unes aux autres, par opposition aux affaires extraordinaires. Les portefeuilles qui ne renferment que le courant, boss. Leur. abb. 22a. Il était trop distrait par le courant des affaires, trop souvent entraîné par les événements pour.... connoiicET, llavrepas. || Un courant d'affaires, une masse d'affaires à traiter. || Être au courant des affaires, connaître bien celles qui se font régulièrement tous les jours. || Mettre, tenir quelqu'un au courant d'une affaire, lui en donner connaissance exacte. || Être au courant, n'avoir plus d'arriéré, soit comme travail, soit comme dettes. Se mettre au courant, se débarrasser de l'arriéré. || 20° Terme de marine. Partie d'une manœuvre qui passe dans les poulies. || 21° Terme de charpentier. Courant de comble, comble considéré dans sa longueur.

— HEM. On dit et on écrit souvent, surtout dans le langage du commerce, le », le to courant, au lieu de le s, le 4 0 du courant. 11 est certain que cette forte ellipse a l'inconvénient de présenter courant comme se rapportant au 8, au 40, etc.; mais du reste elle n'est pas plus forte que cette autre qui est très-ordinaire : le 8, le 40 avril, au lieu de le 8, le 10 d'avril. Anciennement, jamais cette dernière ellipse ne se faisait. On ne la trouvera pas une seule fois dans la correspondance de Voltaire; mais il semble que l'usage lui a donné droit de bourgeoisie; il semble aussi qu'elle entraîne l'ellipse congénère: le 8, le 40 courant. Mme de Sévigné dit avec le nombre ordinal et sans de : le 4* avril.

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— IllST. xi* s. Li val profond et les ewes [eaux] curant, Ch. de Roi. cxxxvi. || xn* s. Sor Velantif son bon cheval rorant, Ronc. p. 37. Corant i vint Margaricde Sebie, ib. p. 42. [L'eau] Qui tant par est ravinouseetcorans, th. p. 409. || xm* s. 11 prenoient les nés [navires] toutes ardans à cros de fer, et les tiroient par vive force fors du port, et les menoient el corant del bras, villeh. xcvi. || xiv* s. Li pères et la mère si le heoient tant, Que souvent en leurs cuers aloient désirant Que fust mors ou noicz en une eaue corant, Guescl. 69. || xvi* s. Un nœud courant, mont, ni, 4 52. Ceulx qui minent souhs terre, rencontrent souventefois es enlrailles de la terre des rivières courantes, amyot, P. Mm. 23. Elle avoit attaché un las courant à son col , toute preste à se pendre et estrangler, id. Pyrrh. «2. Il lisoit tout courant les rabins sans points et les expliquoit sans lire le texte, d'aub. Vie, xn. En manière de laqs courant, pare, xviii, 33. Elle commettra à la principale de ses servantes la charge des meubles courans par la maison, servans comme en quartier, o. de serres, 880. [Courante, s. f. dans le sens de courant,*, m.] À la faveur de la mer qui estoit calme, sans vent ne fureur de courante, nos galleres.... M. du bf.ll. 697. Et même dans régnieh : Au gouffre du plaisir la courante m'emporte, Sat. vu.

— ETYM. Courir.

i. COURANTE (kou-ran-f), s. f. || 1» Ancienne danse très-grave, qui se dansait sur un air à trois temps. Elle commençait par des révérences, après quoi le danseur et la danseuse décrivaient en pas de courante une figure réglée qui formait une sorte d'ellipse allongée. Le pas de courante se composait de deux parties : la première, nommée spécialement temps de courante, consistait à faire un plié relevé en même temps qu'on ramenait le pied de derrière à la quatrième position en avant par un glissé. La seconde partie du pas de courante consistait en un demi-jeté d'un pied et un coupé de l'autre pied. Oa voit par cette description que la courante était plutôt une marche noble et pleine de belles attitudes qu'une danse proprement dite, puisqu'on ne s'enlevait pas de terre. Donner une courante. Le bal se donnait tous les soirs, où de très-méchants danseurs danseront de très-mauvaises courantes, scarron, Rom.com. 2* part. ch. 17. Baptiste le trèscher N'a point vu ma courante , et je le vais chercher, mol. Fdch. n, 5. Ha franchise va danser la courante aussi bien que mes pieds, id. Prèc. 13. Il ne dansa qu'avec Mme de Crussol qu'il priade ne lui point rendre sa courante, sf.v. 48i. Le roi mena la reine et honora l'assemblée de trois ou quatre courantes, et puis s'en alla au Louvre avec sa compagnie ordinaire, sêv. t. i, Lett. 61, dans pougens. Je veux que nous dansions ensemble une courante, regnard, Distrait, m, 4. || 2° L'air sur lequel on la danse. Comme à de mes amis, il faut que je te chante Certain air que j'ai fait de petite courante.... (Il chante la courante) N'est-elle pas belle? mol. Fdch. u, 5.

— HIST. xvi* s. Courante [sorte de danse], j. makot, v, 212. Iianser la volte, la courante, la fissaye et autres danses dissolues, bouchet, Serécs, liv. i. p. 133, dans lacurne. La volte, la courante, la fissaye, que les sorciers ont amenez d'Italie en France, id. ib. p. 136.

— ETYM. Courir, peut-être parce qu'on ne tournait pas en place comme dans la pavane, et qu'on ne sautait pas comme dans les branles et les gigues. Il paraît, d'après Bouchet, qu'il y a eu une courante qui était une danse dissolue.

2. COURANTE (kou-ran-f) , f. f. Terme populaire. Diarrhée. De parler elle s'effraya; Dont il eut bien fort la courante, scarkon, Virg. trav. dans leroux, Dict. coin.

— ETYM. Courant. Ou a dit courante au xv* si

Et ne mangeoieut les poures gens que prunes et fruitz, dont la courance se preit dans l'ost, et y moururent beaucoup de nos gens, o. de la marche, Mém. liv. n, p. 605, dans lacurne.

f 3. COURANTE (kou-rau-f), t. f. Sorte d'écriture cursive.

— ÊTYM. Courant.

f4. COURANTE (kou-ran-f), s. f. Meule supérieure d'un moulin , mieux dite tournante.

— ETYM. Courant.

t COURANTILLE (kou - ran - ti -U', Il mouillées), s. f. Terme de pèche. Sorte de filet pour les thons.

— ETYM. Courant ; ainsi nommé parce qu'on l'abandonne au courant.

+ COLRANT1N. l.NE kou-ran-tin, ti-n'), s. m. et/. || 1° Celui ou celle qui, aimant à courir, quitte pour cela sa besogne. C'est un courantin, une courauline.

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Il 2" Celui qu'on emploie à des courses, à des commissions. Employé d'abord comme courantin dans une élude. || Mot vieilli. On dit aujourd'hui petit clerc, ou, par plaisanterie, saute-ruisseau. || 3° S. m. Fusée qui court le long d'une corde tendue.

— ÉTYM. Courant.

t COURAQUET (kou-ra-kè), *. m. Un des noms vulgaires de la rousserolle, plante.

t COURATARI (kou-ra-ta-ri), s. m. Arbre de la Guyane, dont l'écorce fournit des lanières aux indigènes et dont le bois est bon pour la charpente.

t COURAU (kou-rô) , s. m. Terme de pêche. Petit bateau; allège.

fCOURAYER (kou-rè-ié), V. a. Terme de marine. Appliquer une couche de courée sur la carène. || On trouve aussi couroyer.

— ÉTYM. Voy. couree.

t COURRARLE (kour-ba-bl') , adj. Qui peut être courbé.

— étym. Courber.

t COURBAGE (kour-ba-j'), s. m. Terme didactique. Action de courber

— étym. Courber.

t COURRAN (kour-ban) , s. m. Fête musulmane qui se célèbre annuellement le )0 du mois consacré au pèlerinage et dans laquelle on immole un grand nombre de brebis.

— étym. Arabe, kourbdn, sacrifice.

t COURBANT, ANTE (kour-ban, ban-f), adj. Terme didactique. Qui est susceptible de se courber. || Terme de marine. Bois courbant, bois dont les fibres suivent une certaine courbure.

t COURBARIL (kour-ba-ril), s. m. Le cœur du bois de Vhymenxa courbaril , L. dont l'écorce laisse écouler une résine dite animé occidental ou copal tendre.

t COURHARINE (kour-ba-ri-n'), s. f. Terme de chimie. Résine de courbaril.

t COURBATON (kour-ba-ton), s. m. Terme de marine. Fortes pièces de bois qui servaient de contreforts dans une galère.

COURBATU, UE (kour-ba-tu, tue), adj. || 1° Terme de manège, signifiant l'état d'un cheval qui n'a pas la respiration et les membres libres, soit qu'il ait été trop poussé, soit que le mal vienne d'une cause intérieure. Comme un vieux cheval de renvoi , Maigre, harassé, courbatu, Venait la débile monture Aux funérailles de Voiture, sarrazin, Pompe (un. de Voit. || 2° Par extension, il se dit des personnes qui éprouvent une grande lassitude. Je me sens tout courbatu.

— HIST. xv* s. Courbatuz [parlant des maris qui servent mal leurs femmes], Aresta amorum, p. 4)4, dans lacurne. || xvi° s. La requeste des maris umbrageux, courbatus, boucquineux, farouches, trop tristes, pensifs et désolés, du verdier, Bibl. p. 2H8, dans lacurne. Courbatu [en parlant d'un homme assommé de coups], rab. p. 63, dans lacurne.

— ÉTYM. Quelques-uns tirent ce mot de courbature; mais comment courbature aurait-il donné courbatu? pas plus que conjecture ne pourrait donner conjectu. Courbatu semble formé de court et battu; le sens de cette composition serait battre de court, battre à bras raccourci, très-bien battre. Cette conjecture est vraisemblable et par conséquent préférable à cette autre : courb-batlu, battu de manière à se courber. Le verbe n'est pas usité; cependant il l'est dans les campagnes des environs de Paris: la fièvre le courbât.

COURBATURE (kour-ba-tu-r'), s. f.\\l° Terme de vétérinaire. Malaise d'un cheval courbatu. || Vieille courbature, synonyme de phthisie pulmonaire chez le cheval. || 2° Chez l'homme, indisposition caractérisée par une sensation de brisement ou de coniusion des muscles et des membres et une extrême lassitude.

— HIST. xvi« s. Un vendeur de chevaux n'est tenu de leurs vices, fors de morve, pousse, courbes et courbatures, loysel, 418.

— ÉTYM. Ménage le dérive de curvatura, disant que la courbature fait courber les chevaux. Mais voyez à courbatu les difficultés de cette dérivation, courbatu ne pouvant avoir été formé de courbature, tandis que courbature dérive régulièrement de courbatu.

t COURRATURÉ, ÉE (kour-ba-tu-ré , rée) , part, passé. Tout courbaturé.

t COURBATURER (kour-ba-tu-ré), V. a. Donner, causer une courbature. || Se courbaturer, v. ré/l. Se donner une courbature.

— ETYM. Courbature. Ce mot nouveau est régulièrement formé de courbature , comme conjecturer l'est de conjecture. Il n'a pas d'autre sens que com-

battre, qui n'est resté usité que dans le parler populaire de certains cantons. Il est un peu comme clôturer qu'on dit souvent parce qu'on ne connaît pas assez le verbe clore. Ces allongements de mots ne sont pas toujours une richesse dans la langue.

COURBE (kour-b'), adj. || f Qui est en forme d'arc ou de sinuosité; ou, suivant la définition géométrique, qui n'est ni droit ni composé de lignes droites. Une ligne courbe. Une surface courbe. Encore que son mouvement se fasse en ligne courbe, nEsc. Monde , 7. Le même bâton qui me parait droit dans l'air me paraît courbe dans l'eau, boss. Conn. de Dieu, m, 8. Et ses sonores espingoles Et son courbe damas, v. hugo, Orient. 21. || 2" S. /'.Terme de géométrie. Ligne courbe. Décrire une courbe. La cojrbe que décrit la terre autour du soleil. Toutes les courbes peuvent passer pour des suites infinies de lignes droites infiniment petites, fonten. Bernoulli. Un géomètre ne doit pas être moins glorieux d'avoir donné son nom à une courbe ou à une espèce entière de courbes qu'un prince d'avoir donné le sien à une ville, id. Tschirnhaus. Quelle est la courbe suivant laquelle un vaisseau doit être taillé pour être le meilleur voilier qu'il soit possible? montesq. Lett. pers. 97. Nous ne sommes point nés pour mesurer des courbes, volt. Lettr. Prusse, 19. Alors, pour lui donner une idée de la géométrie des courbes, on lui fit lire un traité fort élémentaire des sections coniques; et, quand il eut acquis ces notions, il entendit sans effort le livre de M. Trabaud sur le mouvement et sur l'équiRbre, condillac, Gramm. Motif des études, Œuvres, t. v, p. cxlvii, dans pougens. Après trois ans d'étude, âgé seulement de dix-sept ans, il donna une nouvelle solution du problème de la courbe d'égale pression dans un milieu résistant, condobcet, d'Arci. Mais sur d'heureux contours glissant avec mollesse, D'une courbe facile elle aime la souplesse, delille, Ima gin. m. || Courbes algébriques , courbes dont l'équation ne contient que des fonctions algébriques, par opposition à courbes mécaniques ou transcendantes. On a donné le nom de courbes géométriques à celles dont on a su mesurer exactement la marche; mais lorsque l'expression ou l'échelle de cett» marche s'est refusée à cette exactitude, les courbes se sont appelées courbes mécaniques, buff. Homme, Arithm. morale.\\ 3° Terme d'architecture. Courbe rampante, se dit du limon courbe d'un escalier. \\ Les courbes, en charpenterie, sont des pièces de bois coupées en arc. || Terme de marine. Courbe de capucine, celle qui lie en partie l'étrave avec l'éperon. || Courbes d'écubier, deux pièces de bois larges et épaisses qui joignent l'étrave l'une à droite, l'autre à gauche. Pièces de fer analogues aux courbes en bois ou qui les suppléent. || 4° Crossetles de la vigne. || 5° Terme de vétérinaire. Tumeur osseuse, située en dedans du jarret, sur l'extrémité inférieure et interne du tibia. 116° Sur les rivières, une courbe de chevaux, deux chevaux accouplés qui tirent les bateaux.

—HIST. xni' s. Et quant à point se sentira, Et par les rues s'en ira, Si soit de bêles aleûres, Non pas trop moles ne trop dures, Trop eslevées, ne trop corbes, Mais bien plesans en toutes torbes, la Rose, t3739. Mes certes je ai si grant fain Que tote en ai corbe l'eschine, Ren. iOH9. || xive s. L'escuier dont je di n'i fist arrestement, Print un couibe coutel qui tranchoit roidement, Piètre trancha le chief, voiant toute la gent, Guescl. 16822. Le concave et le curve d'une ligne circulaire, oresme, Eth. 30. La gielle [sorte d'engin] doit estre ung peu courbe devers le gros bout, Modus, f° cxxm, verso. || xvi" s. L'ame qui est triste à cause de la grandeur du mal et qui chemine courbe et foible et les yeux défaillants, et l'ame qui a faim, le donnera gloire et justice, calvin, 99. Cette charge tient l'esprit courbe [affaissé] et croupy, mont, i, 4 39. Un aviron droict semble courbe en l'eau, id. i, 3<9. Pour dresser un bois courbe, on le recourbe au rebours, id.iv, 4 54 . Un vendeur de chevaux n'est tenu de leurs vices, fors de morve, pousse, courbes et courbatures, loysel, 4<8. Contre les courbes [des chevaux] faut employer cataplasme fait de sauge, o. de serres, 982. Un jardin aiant des allées droites, des coslés droits, des diagonales et des curves, id. 69t. L'sedilitas curulis, ainsi nommée à cause de certaines chaires qui ont les pieds courbes, amyot, Marius, 6.

— ÉTYM. Provenç. et catal. corb; espagn. et ital. corvo; du latin curvus.

COURBÉ, ÉE (kour-bé, bée), part, passé. || 1° Rendu courbe. Un bâton courbé. Tantôt vous tracerez la course de votre onde ; Tantôt d'un fer courbé dirigeant vos ormeaux, Vous ferez remonter leur sève vagabonde Dans de plus utiles rameaux, i. b. rouss.

Odes, m, «. || Terme de blason. Se dit des fasces un peu voûtées en arc. I| 2° Infléchi , en parlant des personnes. Je ne suis pas courbé sous le poids des années, boil. Sat. i. Un pauvre bûcheron tout couvert de ramée, Sous le faix du fagot aussi bien que des ans Gémissant et courbé, marchait à pas pesants, la font. Fabl. i, 10. On ne voyait de tous côtés que des femmes tremblantes, des vieillards courbés, de petits enfants les larmes aux yeux, qui se retiraient dans la ville, fên. Tél. i. Oh! que ne suis-je couvert de cheveux blancs, courbé et proche du tombeau, comme Laërte, mon aïeul! m. Tél. iv. L'ambitieux, courbé sous le fardeau des ans, De la fortune encore écoute les promesses, deshouliêres, Poésies, t. i, p. 471 , dans pougens. Et noire dernier roi , courbé du faix des ans, volt. Zaïre , H , i . Des sacrificateurs courbés par la vieillesse, id. OEdipe, i, <. || Terme de botanique. Qui est infléchi sur soi-même. || Fig. Courbés sous nos tyrans nous attendons leurs coups, volt. Orphel. v, 6. Que les enfants de ta mère soient courbés devant toi, id. Phil. iv, 77.

t COURBEMENT (kour-be-man), s. m. Action de courber; état de ce qui est courbé.

— HIST. xvi' s. Courbement, Robert est. Dict.

— ÉTYM. Courber; provenç. corbament.

COURHER (kour-bé), t>. a. || 1° Rendre courbe.

Courber un bâton. La vieillesse viendra courber ton corps, fén. Tél. xix. Quand l'eau courbe un bâton, ma raison le redresse, la font. Fabl. vu, 18. Puis l'infirme vieillesse, arrivant tristement, Presse d'un malheureux la tète chancelante, Courbe sur un bàiun sa démarche tremblante.... a. CHÉx.Élég. 33. || ï'Fléchir, baisser. Peut-être Assuérus, frémissant de courroux, Si nous ne courbons les genoux Devant une muette idole. Commandera qu'on nous immole, bac. Esth. il. 9. Vou6 avez jusqu'ici.... Résisté sans courber le dos; Mais attendons la fin, la font. Fabl. i, 22. On courbe l'homme, et il reste plié; il prend cette attitude pour celle que lui donne la nature, il s'endort dans sa misère, st-lambert, Saisons, iv, note 4. On courbait la tête sous les bénédictions des évêques, chateaub. Génie, iv, m, 2. || Fig. Ce Dieu, tyran cruel, monarque imaginaire, Sous le sceptre odieux du pouvoir arbitraire . Devait courber nos fronts.... delille, Parad. perdu, vi. Las de courber mon front sous un injuste empire, c. delav. Vêp. sicil. I, 2. || 3° V. n. Courber sous le faix, plier, fléchir. Quatre monstres marins courbent sous ce fardeau , corn. Toison d'or, n, 3. L'ombrage n'était pas le seul bien qu'il sût faire; Il courbait sous les fruits, la font. Fabl. x, 2. Ils [des arbres] courbent sous le poids des offrandes sans nombre, id. Phil. et Bauc. || 4" Se courber, v. réfl. Devenir courbe. La poutre se courbant sous le poids qu'elle supportait. Ce trône était ombragé de lilas qui se courbaient en voûte, marmont. Contes mor. Mari sylphe. Jusqu'aux fonds azurés où la voûte des airs S'unit, en se courbant, au vaste sein des mers, st-lambert, Saisons, n. || Avec suppression du pronom réfléchi. On fit courber par force des arbres l'un vers l'autre, et l'on attacha à chacun de ces arbres un des membres du corps de ce parricide, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. vi , p. 450, dans pougens. || 6° Plier le corps. Se courber pour ramasser quelque chose. Mais du haut de la porte enfin nous l'avons vue, Un poignard à la main sur Pyrrhus se courber, Lever les yeux au ciel, se frapper et tomber, rac. Andr. v, 5. Lui-même, se courbant, s'apprête à le rouler [le lutrin], boil. Lutrin, m.|| 6° S'incliner. L'insolent devant moi ne se courba jamais, rac. Esth. il, i. Cette tète élevée vers les deux n'est pas faite à l'image du Créateur pour se courber devant un homme, raynal, Hist. phil. xix, 10. Séraphins, prophètes, archanges, Courbez-vous, c'est un roi; chantez, c'est un martyr! v. hugo, Odes, i, 6. || Fig. [La véritable grandeur] se courbe par bonté vers ses inférieurs et revient sans effort dans son naturel, la bruy. h. || 7° S'humilier sous la volonté d'un supérieur. Tout se courbe devant cet homme. || Se dit aussi, dans le langage élevé , des objets inanimés, ô voyage bien différent de celui qu'elle avait fait sur la même mer, lorsque, venant prendre possession du sceptre de la Grande-Bretagne, elle voyait, pour ainsi dire, les ondes se courber sous elle et soumettre toutes leurs vagues à la dominatrice des mers ! boss. Reine d'Anglet. Et la mer se courbant sous vos flottes puissantes, delille, Enéide, iv.

— HIST. xu* s. Jo guarderai à mun oes [service] set milie humes ki encore unches ne curberent le genuil devant Baal, Rois, 322. || xiu* s. Corbés sui por le fes de mes péchiez qui trop est griés [lourd],

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Psautier, f* 47. ||xvi* s. Il n'en ont veu aulcun esdenté ou courbé de vieillesse, mont, i, 236. La figure [de ma bibliothèque] en est ronde; elle vient m'offrant, en se courbant, d'une veue touts mes livres, n>. ni, 289. En un endroit où la rive se «ourboit en forme de croissant, amyot, Publ. 35. Leurs espées estoient forgées de fer fort mol, de sorte qu'elles se courboient et plioient incontinent, id. Cam. 70. On ne voyoit autre chose que gens courbez vers la terre qui fouilloient des pierres, id. Anton. 68.

— ÊTYM. Berry, corber, corbir ; provenç. corbar, curvar ; anc. espagn. corvar; ital. curvare; du latin curvare (voy. courbe).

t COURBET (kour-bè), ». m. Grande serpe avec avec laquelle on coupe les taillis, on abat les branches. || Nom des parties d'un bât de mulet qui sont un peu élevées en arc.

— HIST. xvi* s. Fagots taillés au courbet, Nouv. coust. génér. t. n, p. 4 49.

— ÉTYM. Diminutif de courbe.

COURBETTE (kour-bè-f) , s. f.\\ 1° Terme de manège. Air relevé de manège consistant en un saut dans lequel le cheval lève et fléchit les deux membres antérieurs, pendant que, tenant les hanches basses, il les avance sous le ventre. Faire aller le cheval à courbettes. Déjà Phébus, voisin de ses moites retraites, Ne semble plus mener ses chevaux qu'à courbettes, la font. Ragolin, i, i. || Fig. Faire al 1er un homme à courbettes, avoir plein pouvoir sur lui, le gourmander. || 2° S. f. plur. Fig. Politesses prévenances trop humbles. X quoi servent, mon sieur, les façons que vous faites? Parlez donc, je suis las de toutes ces courbettes, regnard. Folies amour. H, 3. Les princes du sang furent ceux qui parurent avoir le moins de part à tant de courbettes [du duc du Maine], st-sim. 362, 29. || Faire des courbettes, ramper devant quelqu'un. Tout en me faisant de grandes courbettes, il travailla tellement à la sourdine, que, ne pouvant porter l'ambassadeur à me donner mon congé, il me mit dans la nécessité de le prendre, J. J. rouss. Conf. vu. Ce qui n'empêchera pas que, traité comme Sancho, je ne reçoive partout cent courbettes moqueuses, avec autant de compliments de respect et d'admiration, id. Corresp. Lettre à Jf. de St-Germain, t. vu, p. 217, dans pougens.

— HIST. xvi' s. Un grand coursier syrien, qui d'agiles bonds et courbettes faisait voler autour de soi une épaisse poussière, yver, p. 634. Il monta sur un cheval d'Espagne, le plus beau que j'aie veu de longtemps, et se manioit très bien, et faisoit de très belles courbettes, brantome, Ëames gai. t. n, p. 298, dans LACURNE.

— étym. Courber.

t COURBETTES, (kour-bè- té), e. n. Terme de manège. Faire des courbettes.

— ÊTYM. Courbette.

f COURBINE (kour-bi-n'), ». f. voy. corbine.

j COURBOTTE (kour-bo-f), ». f. Balancier auquel on attache les chaînes des soufflets de forge.

f COURBU (kour-bu) , s. m. Variété de raisin.

COURBUBE (kour-bu-r'), ». f. État, forme d'une chose courbée. La courbure d'un arc. La courbure de la terre. Son lit [d'un fleuve] en longs courants, des vallons sinueux Suivra les doux contours et la molle courbure, delille, Jardins, in. Son grand travailfut de donner à ces matériaux le degré de courbure qu'exigeait la sorte d'ouvrage qu'elle voulait construire, bonnet, Observ. 28. Insectes, t. n, p. 295, dans pougens. || Terme de géométrie. Rayon de courbure, le rayon du cercle osculateur. Courbe à double courbure, celle dont les éléments ne sont pas situés dans un même plan, comme l'hélice ou la courbe d'une vis. || Terme d'horticulture. Action de courber une branche trop vigoureuse. || Terme d'architecture. Revers des feuilles de chapiteau.

— ÉTYM. Courber.

T COURCAILLER (kour-ka-llé , Il mouillées), V. n. Se dit du cri de la caille.

COURCAILLET (kour-ka-Uè, Il mouillées; et non kour-ka-yè), ». m. Nom qu'on donne au cri des cailles. || Sifflet qui imite ce cri et qui sert d'appeau pour les attirer. Et des courcaillets pour les cailles, scarron, Virg. trav. iv. || On a porté autrefois des habits, des chausses en courcaillet, parce qu'elles étaient plissées de la même manière que cet appeau.

— HIST. xvi* s. Un gentilhomme qui avoit un de ses bas de chausses bandé au haut de la cuisse et l'autre en courcaillet, D'AUB.Fœn. n, 43. Les hommes ont inventé certains petits instruments de cuir et d'os, nommez courcaillets, qui peuvent exprimer la voix de la caille; la quelle, oyant le courcaillet,

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pensant que ce soit les femelles, et voulant les venir trouver, tombe dans les filets, belon, Chap. de la caille.

— ÊTYM. Onomatopée.

t COURCE (kour-s'), s. m. Bois que laisse un vigneron en taillant la vigne.

fCOURCET (kour-sè), ». m. Grand» serpe pour tailler les arbres.

t COURCHOT (kour-cho), ». m. V«r à soie malade.

COURCIVE (kour-si-v') , ». f. Term» de marine. Voy. COURSIVE.

—HIST. xvi' s. Recommença sa salue aussi belle et furieuse que devant, des canons d« courcie de seize galères et des autres pièces d'anmebusades , tellement que tout estoiten feu, brant Dames gai.

t. Il, p. 296, dans LACURNE.

t COURÇON (kour-son), s. m. Terme d'art militaire. Pieu caché dans l'eau. || Bois nui n'a pas la longueur prescrite. Il Pièce de Ter pour serrer les moules d'une pièce de fonte. || Sorte d" fer qui est en barres très-courtes.

— ÊTYM. Court.

t COUREAU (kou-rô), s. m. Term» de marine. Sinuosité entre des bas-fonds et des roches que l'eau recouvre.

— HIST. xvi« s. Il arriva qu'un des bateaux qui avoient passé la troupe fut assablé e' ne put estre ramené de là le courau comme les autres, d'aub.

HÙt. III, 24.

4. COURÉE (kou-rée),s. f. Terme de marine. Mélange de suif, de soufre et de résine, dont on enduit la carène des bâtiments.

— ÊTYM. C'est la forme féminine de corroi (voy.

f 2. COURÉE (kou-rée), ». f. Terme de boucherie. Se dit dans quelques provinces pour le poumon de la bête.

— ÊTYM. Bourguig. corée; du latin cor, cœur, t COURESSE (kou-rè-s') , ». f. Espèce de couleuvre.

— ÊTYM. Courir.

f COURET (kou-rè), ». m. Terme de marine. Voy. COURÉE t.

COUREUR, EUSE (kou-reur, reû-z') , s. m. et f. Il i" S. m. Celui qui est exercé à la course. Un bon, un mauvais coureur. L'on voyait de son temps certains coureurs parcourir dans le cirque l'espace de 460 000 pas, hollin, Hisl. anc. Œuvres, t. v, p. 80, dans pougens. La plupart des villes entretiennent des coureurs accoutumés à parcourir dans un jour des espaces immenses, barthél. Anach. 34. Je suis charmé que vous ayez eu le prix, et qu'il ait eu l'accessit; quiconque vous suit de près est un très-bon coureur, volt. Lett. Gaillard, 23 janv. 4 769. || 2° Valet qui accompagne à pied la voiture. || Homme aux gages d'une personne de qualité qui l'envoyait à une ou plusieurs personnes et qui lui donnait ordre d'en rapporter réponse. J'ai donné ordre à mon coureur, qui vous porte cette lettre, de vous chercher où que vous soyez et de ne point revenir sans votre réponse, j. J. rouss. Hél. m, 23. y Coureur de vin, officier qui portait, à la chasse et partout où allait le roi, une valise contenant des serviettes, du pain, du vin, un couteau, une fourchette et quelques pièces de four. Il 3° Celui qui va et vient sans cesse d'un endroit à un autre. || C'est un grand coureur, on ne le trouve jamais à la maison. || Coureur de bague, de tête, celui qui court la bague, les têtes. || Coureur de bois, nom, en Canada, de ceux qui vont faire la traite des castors et autres pelleteries. || Familièrement. Coureur de bals, de spectacles, celui qui est de tous les bals, qui suit tous les spectacles. || Coureur de nuit, celui qui se retire tard, qui fait de la nuit le jour. Il Coureur, celui qui court d'amourette en amourette. Hé , mon Dieu 1 je connais mon don J uan sur le bout du doigt, et connais votre cœur pour le plus grand coureur du monde, mol. Festin, 1, 2. Il Coureur de filles, ou, simplement, coureur, homme de mauvaise vie. J'aurais défié tous les coureurs de filles de Paris d'écrire jamais une seule des lettres d'Héloïse, J. 1. rouss. Diat. 1. Un coureur de taverne et de mauvais lieux, id. Dial. H. || 4" Au plur. Cavaliers détachés qui, en temps de guerre, battent le pays et éclairent l'armée. Pendant ces événements, Davoust, au sud de Vilna, avait entrevu quelques coureurs de Bagration, qui déjà cherchait avec inquiétude une issue vers le nord, ségur, Bist. de Nap. iv, 6. || 6* Cheval de selle propre pour la course et, particulièrement, pour la chasse. Il était monté sur un excellent coureur. || Terme de zoologie. Les coureurs, nom donné à une fa-

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mille de l'ordre des rongeurs, à laquelle appartient le lièvre; à un ordre de la classe d»i oiseaux qui ne volent pas ou ne volent guère et qui courent très-vite; à un groupe d'orthoptères dont les pieds sont propres à la course, tels que les blattes; à une famille de crustacés dont les pieds sont uniquement propres à la course ou qui sont remarquables par leur agilité. || 6" Terme de mines. Filon de charbon de terre à découvert. || 7* S. f. Coureuse, jument légère. Une bonne coureuse. || Fig. Coureuse, fille ou femme de mauvaise conduite. Une coureuse de remparts. Une petite coureuse de bonnes fortunes, hamilt. Gramm. 40. Avec les faveurs de toutes les coureuses de la ville, id. ib. 9. Ne voudrait-on point que je mariasse mon fils avec elle? une fille inconnue qui fait le métier de coureuse? mol. Fourb. m, 4 4. Il 8* Adj. Qui est bon à la course. Chevaux coureurs, chevaux de relais qui courent la chasse. || Terme d'entomologie. Araignée coureuse, araignée vagabonde et qui ne file pas de toile. Il Pieds coureurs, pieds qui ne peuvent s> rvir qu'à la marche, comme chez les carabes. || Terme d'ornithologie. Oiseaux coureurs, oiseaux dont les jambes sont demi-nues, et qui sont trés-vites à la course : telle est l'autruche.

— HIST. xii* s. Desor Paiens tant destrier coreor, Ronc. p. 44. Il xv* s. Les François et leur route chevauchoient d'un costé, les coureurs allemans d'autre, froiss. 1, 1, 4 39. Lors envoyèrent les Anglois leurs coureurs par les villages, et ardirent en une empainte [attaque] plus de soixante en la marche de Reims, id. n, n, 66. Il est de nécessité qu'il y ait coureurs et les mettre voulentiers fors, affiu qu'ilz reboutent les coureurs des ennemis, le Jouvencel, f* 84, dans lacurne. || xvi* s. Ordonnent aus dits dismeurs de ce pays d'avoir un coureur de disme juré, qui ayt preste le serment es mains de l'officier de garder tant le droit des dits dismeurs que des laboureurs, Nouv. Coust. génér. p. 34 4.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. corredor; ital. corridore; anc. franc. coreor;d'une forme latine currilorem, de currere, courir (voy. courir), forme supposée par l'ancien français coreor, d'où coureur dérive, comme tous nos substantifs de ce genre, en eur, dérivent d'une forme en eor de l'ancienne langue : doneor, donneur, etc.

t COURE-V1TE ( kou-re-vi-t' ) ou COURT-VITE (kour-vi-f), s. m. Nom d'un genre de l'ordre dis échassiers (oiseaux). || Au plur. Des coure-vitc ou court-vite.

— ÊTYM. Courir, et vite.

4. COURGE (kour-j'), ». f. Genre de la famille des cucurbitacées, qui ne diffère de celui des concombres que par ses semences entourées d'un bourrelet trèsmarqué. H Fruit de ces plantes. De belles courges. Il Huile de courges ou de courge (puisque l'Académie écrit huile d'olive), huile qui se tire principalement des semences de la courge potiron, variété de la courge monstrueuse.

— HIST. xui* s. [Graines de pin] broies avoec semence de choourdes ostent l'arsure et le [la] doleur de rains, alebrant, f 66. Ungz homs qui porte couhourdes doit un denier, du cange, cucurbita. Il xvi* s. La s'estendoit la friande laictue, Et là s'enfloit la coucourde ventrue, dubell. vu, 4, verso. Us disent qu'ils font coalescer une pièce de cougourde desseichée au lieu de l'os amputé, paré, vm, 22. Avec jus de cougourde ou melon, m. xxi, 22. Quant aux courges, de trois principales sortes en avons-nous, distinguées par ces mots, courges, cougourdes, citrouilles. Les courges et cougourdes ne différent qu'en figure, eslans de couleur blanche et de semblable goust. Les courges sont longues, y en aiant attaindre jusqu'à cinq ou six pieds. Les cougourdes sont rondes, commodes à estre asséchées pour en faire des bouteilles. Je ne doute pas qu'en plusieurs endroits, ces deux especes-ci ne se confondent en leurs appellations, 0. deserrks, 547.

— ÉTYM. Jura, courde; ital. cucuzza; du latin cucurbita. L'ancien français est de trois syllabes : coourde.

t 2. COURGE (kour-j'), ». f. Blton un peu recourbé à l'aide duquel on peut porter, sur l'épaule, deux seaux d'eau, l'un en avant, l'autre en arrière. Il Terme d'architecture. Corbeau de pierre ou de fer qui supporte le manteau d'une cheminée sans chambranle.

— HIST. xiv*s. Pour deux seaulx et une courge ferrez, pour porter l'eaue es cha-aibres de madame Ysabel et madame Jehanne de France, de laborde, Émaux, p. 230. || xv* s. Un certain baston appelé corge,nu cange, corjo. ||xvi*s. On prend un bastoa assez plat, comme une courge (dont les chambrière

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portent deux seaux d'eau sur leurs espaules) de largeur de deux pouces et long environ d'une toise, paré, xiv, 25. De tout mur metoyen, chacun des voisins aux quels il appartient peut s'ayder, et percer le dit mur tout outre pour asseoir ses poutres et sommiers en bouchant les pertuis, mesme pour asseoir les courges et consoles des cheminées à fleur du dit mur, Coust. génér. t. H, p. 4 034.

— ÉTYM. Bas-lat. cargo, bâton. Nicot le tire du latin curvus, recourbé; mais la forme corgo ne s'y prête pas du tout.

t COURGÊE (kour-jée), s. f. || 1° Charge d'une courge. || 2° Sarment de vigne qu'on sépare du cep pour le lier à un échalas plus éloigné.

— HIST. xiv s. [Quej les supplians aient esté consentans à prendre et emporter de nuit, de une nef estant au port [à Meaux] chargée de vin, environ une courgée de vin en deux seaux, nu cange, corgn.

— ÉTYM. Courge s.

COURIR (kou-rir), je cours, tu cours, il court, nous courons, vous courez, ils courent; je courais; je courus, nous courûmes; je courrai; je courrais; cours, courez, courons; que je coure, que tu coures, qu'il coure, que nous courions; que je courusse; courant; couru, courue, v. n. || 1° Aller avec une grande vitesse. Où courez-vous ainsi? Calypso, plus furieuse qu'une lionne à qui on a enlevé ses petits, courait au travers de la forêt, sans suivre aucun chemin, fên. Tél. vu. Les femmes ne sont pas faites pour courir; quand elles fuient, c'est pour être atteintes, J. i. bouss. Ém. v. Elle eût, des jeunes blés rasant les verts tapis, Sans plier leur sommet, couru sur les épis, delille, Enéide, vn.|| Terme de marine. Faire route. Courir au nord, au sud. || Courir signifie quelquefois s'échapper a la hâte. ....Serviteur au portier, Dit-il, et de courir, la font. Fabl. ix, 4 0. || Je cours encore, locution familière, qui s'emploie pour dire: je m'en allai en hâte, on ne m'y rattrapera plus. Cela dit, maître loup s'enfuit et court encor, la font. Fabl. I, 5. Les dames dirent qu'il ne fallait pas m'importuner ni faire des façonsavec moi, et je cours encore, st-sim. 404, 34. || Courir, pris substantivement. Nier, croire et douter sont à l'homme ce que le courir est au cheval, pasc. Kel. 8. || Courir sus à quelqu'un, en termes d'ordonnances, de déclarations, se jeter sur lui pour l'arrêter, pour le tuer. On ordonna de lui courir sus. Etfig. poursuivre, persécuter. || On dit dans le même sens courir sur. Nous promettons pour cette grâce De sauter pour les gens en place, De courir sur les malheureux, bérang. Requête. || Courir sur, faire la course comme corsaire. En leur obtenant du Portugal des commissions pour courir sur les Espagnols, même après qu'ils eurent fait la paix avec la France, raynal, Hist. phil. xni, 35. || On dit dans le même sens courir à. Peuple, vengez mon père et courez à ce traître, volt. Fanât, v, 4. || Courir s'emploie en une espèce de passif impersonnel, avec le pronom ce. On pourra dire à des enfants qui courent: c'est assez couru, c'est-à-dire ne courez plus. || Fig. C'est assez couru dans les voies de l'iniquité, fléch. Sermons, n, 237. || Ce n'est pas tout que de courir, il faut partir de bonne heure, c'està-dire il ne suffit pas de se hâter, il faut encore se mettre à l'oeuvre à temps. Rien ne sert de courir, il faut partir à point; Le lièvre et la tortue en sont un témoignage, la font. Fabl. vi, 40. || 2° Jouter à la course. Ceux qui devaient courir n'attendaient que le signal pour s'élancer dans la carrière. Alexandre ne voulut pas courir dans les jeux olympiques, à moins que des rois n'y courussent. || Courir se dit aussi des chevaux qui disputent le prix de la course. Paire courir, envoyer des chevaux sur le turf pour y courir. || 3° Fig. Et dans cette entreprise il a bien su courir X la nécessité qu'il voyait de mourir, corn. Héracl. m, 3. Au tombeau comme au trône on me verra courir, id. ib. îv, i. Ces prisonniers même avec lui conjurés Sous cette illusion couraient à leur vengeance, id. ib. v, 7. Celle qui vous pressait de courir au baptême, id. Poly. i, 4. Qu'avec plaisir, Philippe, on court à le venger [un ennemi], Lorsqu'on s'y voit forcé par son propre danger, id. Pomp. v, 4. De peur que l'ignorant [sa mort], ce peuple ne se flatte, N'attende encor ce prince et n'ait quelque raison De courir en aveugle à qui prendra son nom. id. Héracl. m, 4. Et je suis en suspens, si, pour me l'acquérir, Aux extrêmes moyens je ne dois point courir, bol. VÉtour. m, 2. Les esprits courent à vous aimer, sêv. 451. Cette mer où tu cours est célèbre en naufrages, boil. Ép. I. Ce péril extrême où, pour me secourir, Je vois votre grand cœur aveuglément courir, corn. Héracl. i, 4. Qui se venge à demi court lui-même à sa peine,

in. Rodog. v, 4. Mais il court à sa perte et vous traîne avec lui, id. Nicom. m, 4. [Il] Tâche à rompre le cours des maux où vous courez, in. Nicnm. m, 2. Je veux bien vous guérir D'une erreur dangereuse où vous semblez courir, m. ib. îv, 6. Ma fille qui s'approche et court à son trépas, rac. Iphig. i, 4. Misérable, tu cours à ta perte infaillible, id. Phèd. iv, 3. Jeune peuple, courez à ce maître adorable, id. Esth. m, o. Roxane est offensée et court à la vengeance, m. Baj. n, S. Il vous faudra, seigneur, courir de crime en crime, id. Bril. iv, :). Mais parmi ces périls où je cours pour vous plaire, in. Andr. i, 4. Tu murmures, vieillard! vois ces jeunes mourir, Vois-les marcher, vois-les courir À des morts, il est vrai, glorieuses et belles, Mais sûres cependant et quelquefois cruelles , la font. Fabl. vin, (.On vit alors les courtisans courir au-devant de la réforme, proscrire le luxe de leurs tables, étudier avec empressement les figures de géométrie, babthêl. Anach. 33. || Courir au plus pressé, faire d'abord ce qui est le plus urgent. Ils ont couru au plus sûr, et ont compris que ce serait une folie de vouloir se sauver comme les autres se damnent, mass. Car. Salut. || Courir sur les brisées de quelqu'un, se mettre en rivalité avec lui. || Courir sur le marché de quelqu'un, enchérir sur lui, tâcher d'obtenir ce qu'un autre a demandé le premier. || Courir à l'hôpital, se ruiner rapidement par des dépenses excessives. || Courir à l'évêché, au bâton de maréchal, être en passe d'y parvenir. || 4" Marcher vite sans précisément courir, aller en hâte, se dépêcher, s'empresser. Vous ne marchez pas, vous courez. Courir aux armes. Tout le pays se souleva et courut aux armes. Mais, quelques jours après, le dieu l'attrapa bien, Envoyant un songe lui dire Qu'un tel trésor était en tel lieu; l'homme au voeu Courut au trésor comme au feu, la font. Fabl. ix, (3. [Ils] courent parmi la ville Émouvoir les soldats et le peuple imbécile, corn. Sertor. v, 3. Que dit-il quand il voit, avec la mort en trousse, Courir chez un malade un assassin en housse? boil. Sat. vm. Quand pour le recevoir chacun court sur la rive , rac. Mithr. n , t . Pharnace entrait à peine Qu'il courut de ses feux entretenir la reine, id. ib. il, 2. Bajazet vit encor; vizir, courez à lui ,id. Baj. v, 40. Chère Antigone, allez, courez à ce barbare, id. Théb. n, 4. Ma fille dans Argos courait pleurer sa honte, id. Iphig. m, 4. Et que m'a fait à moi cette Troie où je cours? id. ib. iv, 6. De l'Inde à l'Hellespont ses esclaves coururent, id. Esth. i, 1. Achille va combattre et triomphe en courant, id. Iphig. i, 4. || Fig. Eh bien! ce stratagème ? — Ah! comme vous courez! Ma cervelle toujours marcheàpas mesurés, mol. l'Étour. i, 2. Ah! de peur de tomber ne courons pas si fort, id. ib. iv, 4. || 11 n'y va pas, il y court comme à la noce, il y va avec ardeur, avec joie. || En termes d'escrime, courir, marcher trèsrapidement sur son adversaire. || En courant, à la hâte, d'une manière superficielle, fugitive. Certaines choses que j'avais lues en courant, sév. 613. Il ne les lit pas, ou il ne les lit qu'en courant, boss. Avert. 4. || 5° Courir après quelqu'un ou quelque chose, aller à sa recherche. Phraate fit courir après Démétrius, boss. Hist. i, 9. Il faut courir, Olympe, après ces inhumains, bac. Théb. i, 4. Non, il ne courra plus après l'ombre du frère, S'il voit monter la sœur sur le trône du père, corn. Héracl. i, 4. || Fig. Mon cœur court après elle, rac. Andr. n,B. En effet il courait après le mensonge, mais il était attiré par quelque lueur de vérité, fléch. i, p. 277. Qui ne court après lafortune?LA font. Fabl. vu, 4 2. Mon esprit ne court pas après si peu de chose, mol. l'Étour. m, 3. Le mérite a pour moi des charmes si puissants, que je cours partout après lui, id. Préc. 40. Cet air de parure après lequel on court et qu'on n'attrape guère , hamilt. Gramm. 6. || Courir après l'esprit, affecter d'en montrer sans trop y réussir. || Courir après son argent, continuer à jouer pour tâcher de regagner ce qu'on a perdu, et aussi aller relancer ses débiteurs. lia mieux aimé diminuer son fonds que d'avoir toujours à courir après ses rentes, j. J. rouss. 11 él. vi, 52. || En un autre sens, courir après l'argent, chercher toutes les occasion s d'en gagner. || 6" Aller et venir çà et là. Il est toujours à courir. L'enragé qu'il était.... s'en alla follement.... Courir comme un bandit qui n'a ni feu ni lieu, boil. Sat. vm. || 7° Faire des courses, des démarches. Il a couru toute la journée pour ses affaires. Quand on est candidat, on court plus qu'on ne pense, delav. Éc. des vieillards, i, 5. || Faire courir quelqu'un, lui faire perdre son temps en courses. L'attention qu'on a de ne pas faire courir les ouvriers, t. 1. rouss. Hél. iv, 40. || 8° Terme de

commerce. Courir franc, ne rien payer pour salaire d'une négociation. || 9° Abonder, en parlant de ver. mine et de petits animaux nuisibles. Les souris courent dans cette maison. Les poux courent sur cette chemise. || 10° Avoir un mouvement de progression, en parlant des choses. Sa plume courait sur le papier. || Laisser courir sa plume, se livrer en écrivant au (nuis de ses idées. Vous avez 1 courir votre plume et donné un essor à votre imagination, vauven. IHal. Pasc. et Fén.\\ Terme de marine. Faire courir une manœuvre dans ses pou faciliter le jeu des cordages. On dit que les ami courent quand elles glissent. || 11° Couler. Le sang court dans les veines. Cette affreuse sueur qui court sur son visage, corn. liod. v, 4. Et nous fa courir des ruisseaux de leur sang, id. Cid, jv, t. || 12° Être répandu, passer de main en main. Il court parmi le monde un livre abominable, mol. Mis. v, i. Outre les copies qui couraient parmi le peuple, boss. Hist. n, 3. J'ai longtemps hésité si je donnerais au public ces panégyriques, et je ne m'y suis enfin déterminé qu'après en avoir vu courir quelques éditions sous mon nom, où je n'avais nulle part, flRch. Préf. 63. Vous verrez courir de ma façon dans les belles ruelles deux cents chansons, mol. Préc. 40. Il y avait d'autres écrits de Picolomini qui couraient dans le monde, volt. Mœurs, 96. Lorsque la comédie du Glorieux fut donnée au théâtre, il courut, contre cette pièce et contre l'auteur, des couplets qui eurent alors toute la vogue passagère assurée aux satires, d'alembbbT, Éloges, Destouches. || Les billets de ce négociant courent sur la place, on cherche à s'en défaire. || Faire courir un papier, une brochure, un livre, le remettre à quelqu'un en lui recommandant de le remettre à d'autres et ainsi de suite. Ils firent courir une lettre contre lui, pasc. Pror. 4 5. Vient-il de la province une satire fade , Pour la faire courir on dit qu'elle est de moi, boil. Épit. vi. || Faire courir une santé, la faire porter successivement par tous les convives. || On dit de même : Dans cette réunion, à ce repas, les propos joyeux, les chansons couraient à la ronde. Là courent à la ronde et les propos joyeux Et la vieille romance et les aimables jeux, delille, Trois règnes, 1. 1| Faire courir la voix, demander les avis dans une assemblée délibérante. Locution vieillie. || L'avis qui court, l'avis qui a le plus de voix dans une délibération qui n'est pas encore finie. Locution vieillie. || Courir se dit aussi des bruits qui circulent, des paroles qui se répandent. Il court de lui un bon mot. Je sais que de ma mort il courut un faux bruit, corn. Perlhar. iv, 5. Puisque déjà le bruit jusqu'à vous a couru, id. Théod. iv, 6. Et l'on fera courir quelque mauvaise excuse, Dont la cour s'éblouisse et le peuple s'abuse, id. Perlhar. m, 2. Ils ont de rang en rang fait courir votre nom, id. Othon, iv, 2. Ce malheureux proverbe qui court dans Paris, pasc. Prov. 2. Nous fîmes quelques couplets de ces Léridas qui ont tant couru, hamilt. Gramm. 8. Que diraiton si le bruit en courait? la font, ilandr. Mille bruits encourent àma honte, RAC.Brt'f.iv, 2. Déjà jusques au camp le bruit en a couru, id. t'6. || 13° En parlant de maladies, sévir d'une façon épidémique. Les maladies qui courent. La scarlatine court dans ce canton, elle a enlevé beaucoup d'enfants. Il courait alors une fièvre dangereuse. Il a couru cette année des dyssenteries. || 14° Être en voie de, être près d'arriver au terme. Ma provision de bois court à sa fin. || 15° Se passer, en parlant du temps. L'année qui court. On lui a donné trois mois qui courent à partir de tel jour. Les six mois ne courent qu'à partir du jour de la sommation, patru, Plaid. 5, dans richelet. Ils se repentiront de s'être fait la guerre, Mais avant cette paix il courra bien des mois, maynard, Poésies, dans bichelet. Pour moi je le [le temps] vois courir avec horreur et m 'apporter en passant l'affreuse vieillesse, les incommodités et enfin la mort, sév. 482. Malgré l'ennui et la fatigue les jours ne laissent pas de passer bien vite; j'en ai passé de bien douloureux, sans compter les mauvaises nuits; et cependant rien n'empechait le temps do courir, id. 600. La Parque sur nos pas fait courir devant elle Midi, le soir, la nuit et la nuit éternelle, Et par grâce, à nos yeux qu'attend le long sommeil, Laisse voir au matin un regard du soleil, a. chén. Élég. 33. Quand chaque année on est sûr de la suivante, qui peut troubler la paix de celle qui court? 3. i. rouss. Hél. v, 2. || Familièrement. Par le temps qui court, d'après ce qui se passe, dans les circonstances où nous sommes. Dans le temps qui court ce n'est pas un petit mérite, sêv. 402. || 16° Être compté, en parlant des intérêts, loyers, appointements.

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Ses intérêts, ses gages courent depuis un an. || 17" S'étendre, se prolonger. Le chemin court entre des vignes au bord du lac. Cette côte court estouest, c'est-à-dire va droit d'orient en occident. Ces rochers courent sud-ouest, environ trois lieues. L'Asie est soutenue, tant au nord qu'au midi, par deux grandes chaînes de montagnes qui courent presque depuis l'extrémité occidentale de l'Asie Mineure et des bords de la mer Noire, jusqu'à la mer qui baigne les cfltes de la Chine et de laTartarie à l'orient, raynal, Hist. phil. i, 4. || 18" En termes de filature, on dit qu'un fil de laine, de soie, etc. court, quand il fournit beaucoup d'ouvrage. || 19° V. a. Poursuivre à la course. Ce n'est pas qu'on s'imagine que la vraie béatitude soit dans le lièvre qu'on court, pasg. J9tu. 2. Monseigneur court le lièvre dans son parc, hamilt. Gramm. 9. Le duc m'a voulu mener courir un cerf avec lui , mol. les Prie. 4 2. Il courut un cerf au clair de la lune, sêv. 46. Mme la Dauphine se met à courir les bêtes, id. 437. || Fig. Ils courent le même lièvre, c'est-à-dire ils prétendent à la même chose. || Il ne faut pas courir deux lièvres à la fois, c'est-à-dire quand on recherche deux objets à la fois, on les manque l'un et l'autre, il ne faut s'occuper à la fois que d'une chose. || En parlant des personnes qu'on poursuit. Courir quelqu'un l'épée à la main. Etles petits enfauts, sitôt qu'on m'aperçoit, Me courent dans la rue.... corn. Suite du Ment. i, 3. L'un deux [des secrétaires de Vendôme] le courut [Alberoni] plus de mille pas à coups de bâton à la vue de toute l'armée, st-sim. 4 56, 4t. Mais d'aller attaquer de ces bêtes vilaines Oui n'ont aucun respect pour les faces humaines Et qui courent les gens qui les veulent courir, mol. Prince d'Él.i, 2. || 20" Fig. Rechercher avec empressement. Courir les honneurs. Cet ecclésiastique courait les bénéfices. || Il se dit des personnes. On le court, on le choie. Ce prédicateur est trèscouru. Nous les verrions nous courir sans tous ces respects et ces soumissions où les hommes les acoquinent, mol. la Princ. m, 2. C'est assez qu'elle vous ait vue pour me la faire courir, sév. tu. Se serait-il engagé à Césonie qui l'a tant couru? la bruy. m. Ceux qui courent le favori du prince, comme ses viles créatures, id. x. L'on court les malheureux pour les envisager, id. viii. Ils courent partout celles [les femmes] dont ils espèrent se faire écouter, font. Jugem. de Pluton. Nous courons quelquefois les hommes qui nous ont imposé par leurs dehors , vauven. Max. oclviii. C'est ce même chevalier que mademoiselle votre fille court aux Tuileries, dancourt, Cheval, à la mode, v, 7. || 21* S'exercer dans une lice à différents jeux d'adresse. Courir la bague, la tête, courir en essayant d'atteindre av«c une lance une bague, une tête. En Espagne on court les taureaux. Il fallait courir quatre lances ; ceux qui seraient assez heureux pour vaincre quatre chevaliers.... volt. Zadig, 49. [Il] court le faquin, la bague, escrime des fleurets, régnieh, Sat. v. || Courir un prix, en parlant des courses de chevaux, faire courir un cheval pour avoir ce prix. || 22' Courir le cachet, se dit d'un professeur qui donne des leçons en ville. || 23" Parcourir. J'ai couru toute la ville sans le trouver. Je n'ai plus qu'à courir les côtes de l'Afrique, corn. Pomp. IV, 3. Tout cassé que je suis, je cours toute la ville, id. Cid, m, 5. On court sans cesse les imprimeries, pasc. Prov. 17. Hors vous et moi, monsieur, je ne crois pas que personne s'avise de courir maintenant les rues, mol. Sic. 3. Pour moi, sur cette mer qu'ici-bas nous courons, Je cherche à me pourvoir d'esquifs et d'avirons, X régler mes désirs, à prévenir l'orage, Et sauver, s'il se peut, ma raison du naufrage, boil. Ép. v. Je cours tout le sérail, rac. Baj. v, 9. J'ai couru les deux mers que sépare Corinthe, id. Phèd. i, t. Cher compagnon, me veux-tu croire? Courons ensemble le pays; Tu sais médire, je sais boire : Nous ne manquerons point d'amis, la font. Daphné, ni, 4 0. Il courut tous les environs de Montpellier à plus de dix lieues, et en rapporta des plantes inconnues aux gens même du pays, fonten. Tournefort. || Être fou à courir les rues, à courir les champs, être très-fou. || Courir le monde, voyager en divers pays. Les philosophes ne. courent guère le monde, et ceux qui le courent ne sont ordinairement guère philosophes, et par là un voyage de philosophe est extrêmement précieux, fonten. Tournefort. || Fig. Mais un roi, vraiment roi, qui, sage en ses projets, Sache en un calme heureux maintenir ses sujets, Il faut pour le trouver courir toute l'histoire, boil. Ép. I. |j 24» Courir la poste, voyager en poste, aller fort vite; et fig. se c ^pêcher outre mesure. j| On dit dans le même sens courir le grand galop. Il dit fort posément ce dont on

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n'a que faire, Et court le grand galop quand il est à son fait, rac. Plaid, m, 3. || Courir en guide, courir la poste à cheval, ayant devant soi un postillon monté sur un autre cheval. || Anciennement, courir un bénéfice, envoyer un courrier à celui qui a la nomination d'un bénéfice devenu vacant, pour être le premier à le solliciter. || 25° Terme de guerre. Faire une incursion rapide. Courir le plat pays. Les ennemis laissèrent dans la place une garnison qui se mit à courir toute la contrée. || 26" Terme de marine. Courir des bordées, ou courir des bords, aller alternativement à droite et à gauche. || Courir le bon bord, se dit des corsaires qui courent sur des bâtiments marchands; et lig. et familièrement, fréquenter les mauvais lieux. || Courir la mer, y faire la course comme corsaire ou pirate. Pour courir cette mer, il ne fallait que des radeaux, des galères et des rameurs, raynal, Hist. phil. xix, 5. || 27" Suivre une profession où l'on a des émules. Courir la carrière littéraire. Une fille guerrière De son guerrier chéri court la noble carrière, volt. Scythes, ii,2. || 28° Etre en train d'accomplir une certaine année de son âge. J'ai l'honneurde courir ma BO' année, volt. Lett. en vers et en prose, 80. Je cours actuellement ma soixante et dix-huitième année, id. Lett. Richelieu, 48 fév. 4771. || 29°Courir les aventures, se disait des chevaliers qui allaient à la recherche des exploits guerriers. Son frère, ayant couru mainte haute aventure, Mis maint cerf aux abois, maint sanglier abattu, Fut le premier César que la gent chienne ait eu, la font. Fabl. vm, 24. ||Dans un sens général, avoir des aventures, quelles qu'elles soient. Notre héroïne se mit à rêver à ses aventures, particulièrement à celles de cette nuit; ce n'étaient pas véritablement les plus étranges qu'elle eût courues, id. Psyché, I, p. 39. || Par extension, être exposé à. Il a couru le risque de périr. Vous courez risque de vous ruiner. Quand je songe aux dangers que je lui fais courir, corn. Cinna, I, 2. 11 vous a préservé, sur le point de périr. Du danger le plus grand que vous puissiez courir, id. Rodog. v, 5. Et d'ailleurs quels périls peut vous faire courir Une femme mourante et qui cherche à mourir? rac. Phèd. i, t. C'est là tout le danger que vous pouvez courir, id. Iphig. il, 4. || Courir fortune, hasard, s'exposer à certaines éventualités. Il a couru hasard de se tuer. Ils sont trop habiles pour vouloir courir la fortune, sêv. 44. || Courir même fortune, être exposé aux mêmes risques et périls. L. Junius eût couru la même fortune si, pour échapper à la cruauté du tyran, il n'eût feint d'être hébété, et d'avoir perdu l'esprit, vertot, Révol. rom. i, p. 58. D'où vient qu'ayant voulu courir notre fortune, 11 ne partage point l'allégresse commune? volt. Tancr. v, t. || Courir une belle fortune, être en passe d'arriver à quelque chose de grand. || 30° Hanter, fréquenter. Courir les bals, les maisons de jeu, les théâtres, les salons. À courir les fillettes.... 11 s'est couvert de dettes, bêrang. Pet. h. gris. || Courir les ruelles, aller de visite en visite chez les dames. || Courir le bal, aller au bal. De l'habit dont jadis elle courait le bal, Elle s'est mise en homme en cet accès fatal, regnard, Fol. amour, m, 9. || Familièrement. Courir la prétantaine, aller et venir sans objet bien déterminé. Cette femme court la prétantaine , c'est-à-dire ses allées et venues ne sont pas convenables, excitent les soupçons sur sa conduite. || Populairement. Courir le guilledou, fréquenter, principalement durant la nuit, des lieux suspects. || 31° Être répandu, propagé. Cette aventure court les salons. || Courir les rues, être su de tout le monde, être commun , vulgaire. Cette nouvelle court les rues. L'esprit court les rues, il est trèscommun, tout le monde en a. Honnête homme I et qui ne l'est pas? C'est un mérite qui court les rues, marmont. Contes mor. Bon mari. Vous trouvez que toute leur capacité et leur étude sur la religion se réduit à certains discours de libertinage qui courent les rues, s'il est permis de parler ainsi, mass. Car. Doutes sur la Religion. || 32° Terme de marine. Courir les coutures, presser les étoupes qui en ont besoin.

— rem. 1. S'en courir a été usité dans le xvn° siècle. Il s'en court en disant : à Dieu me recommande, hégn. Sat. xi. Mon esprit agité Douteux s'en court de l'une à l'autre extrémité, id. Élég. 2. X la fin le pauvre homme S'en courut chez celui qu'il ne réveillait plus, la font. Fabl. vm, 2. L'associé des frais et du plaisir S'en court en haut, id. Quiproquo. Ce discours fut à peine proféré Que l'écoutant s'en court.... id. aveux. Des grammairiens ont condamné cette locution comme fautive; c'est à tort; elle est aussi correcte

que t'en aller ou s enfuir. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'elle est archaïque et tombée en désuétude. || 2. On trouve dans quelques auteurs courir v. n. conjugué avec l'auxiliaire être. Je suis courue ici, sév. 48». J'y suis courue en vain, c'en était déjà fait, rac. Théb. v, 2. J'y suis couru, id. Berén. n, t. Les grammairiens condamnent cet emploi, disant que courir exprimant une action ne peut recevoir l'auxiliaire être. Mais venir exprime aussi une action et ne s'en conjugue pas moins avec l'auxiliaire être. Ici encore l'usage est pour l'auxiliaire ot'oir,- l'auxiliaire être est très-peu usité, mais est également correct; dans l'ancienne langue il était de plein usage. || 3. L'usage trouve cours-je? trop dur, ou du moins (car courge a le même son et n'est pas rejeté) nous ne sommes pas habitués à renverser ainsi les verbes monosyllabiques; on tourne la phrase en : est-ce que je cours?

— HIST. xi" s. Si s'en commourent tote la gent de Rome; Plus tost i vint ki plus tost i peut curre, St- Alexis, cm. [Il] Plus curt à pied que ne fait un cheval , Ch. de Roi. lxix. Puis sont montez sjr leur curanz destriers, ib. lxxxvih. Son cheval fil] broche, laisse curre à esforz, t'6. xci. Rolant fit] regarde, puis si lui est curut, t'6. cliii. || xii* s. Li destrier [il] broche, il cort par tel randon.... Jlone. p. 52. Puis [il] laisse corre tout une randonnée, t'6. Rolant le vit, sel [si le] corut à aider, t'6. p. 96. Par toute Espaigne là où corent mes lois, t'6. p. 422. Très qu'es chevols lui est li brans [l'épée] coru, il. p. 445. Saisne lui corrent sus par vertu et par ire, Sax. x. L'aiguë lui cort du cuer parmi les oilz à rais, t'6. xv. Jo n'ai pas trait m'espée, ne jo ne li cur sure, 17». le mart. 36. Quant l'arcevesque veit que tuit li curent sure , t'6. (07. || xiir» s. Les larmes de son cuer corrent de tel ravine, Que ses mantaus en mouille et ses bliaus d'ermine, audefr. le bast. Romancero, p. 24. Einsi coururent par mer tant qu'ils vindrent à Cademalée, en un trèspas [cap] qui sied seur mer, villeh. lx. Chascuns i est couru la merveille esgarder, Berte, m. [Une ourse] Qui vers lui s'en venoit courant gueule baée, t'6. xi vi. Courant [elle] vint à sa mère, n'i fit pas long délai, ib. lvii. Sachiez, ce jour [il] i ot maint grant destrier couru, t'6. cxxxvn. Bruiant et Bernart et Beaucent As armes corent maintenant, Ren. 26940. Que trop par est ma pance plaine; Au wvts [à courir] mefaudroit [manquerait] l'alaine, t'6. 20668. Ausinc cuer qui d'amer ne cesse, Ne queurt pas tous jors d'une lesse, la Rose, 7594. Qui cercheroit jusqu'en Cartage, Et d'Orient en Occident... Et corusl tous jors sans paresce, Tant cum porroit, grant aleûre, t'6. 5399. Lor nature est que doivent coire Por la gent aidier et secorre, t'6. 5201. Ne jà n'aura [le marchand] assés acquis, Se crient [s'il craint] perdre l'avoir acquis, Et queurt après le remananl Dont jà ne se verra tenant, Ï6. 6093. Onques mes n'avoie veûe Celé iave [eau] qui si bien coroit, t'6. 4 4 5. Encor apartient au baillif que char soit vendue à droit pris, et les autres viandes, et que droites mesures corgent, Liv. de just. 70. Toutes crient ensemble : Ce soit à Dieu plaisir I Aus osteus sont corutes por les bordons saisir, Ch. d'Ant. vm, 474. Et s'el lait l'an et le jor passer, toz li tans sera courus contre li, beaum. lxv, (7. Autre matière noz quort sus, si noz soufrerons à tant [nous arrêterons ici], id. xlvi, 4 2. Il sanlleroit qu'il peust plus laissier du quint de son héritage, se li torfès et les detes ne sont si grant que tout y quore [y passe, y soit employé], id. xii, a. Une coustume quort entre les procureurs en la cort de crestienté, laquele ne quort pas en cort laie, id. 83. Quant cefu fait, il le mistrent en la fosse avec son seigneur et aveo le cheval tout vif, et puis lancèrent sus la fosse planches bien chevillées, et tout l'ost courut à pierres et à terre, joinv. 266. Et pour ce la renommée couru en estranges terres, dont maint marcheant lessierent à venir en l'ost [renoncèrent à venir], id. 217. Mort, vielz et jeunes, nous queurt seure; Mort nous prent, nous ne gardons l'eure, j. de meung, Tr. 4345. || xivs. En la manier» que aucuns servans vistes et hastis qui s'en cuerent exécuter avant que il aient oy tout le commandement, oresme, Eth. 205. Si comme un cheval quant il queurt bien ou porte bien, il est bon, id. t'6. ix, tu. || xv s. Le comte de Flandre dit : Je m'esmerveille de ces Anglois qui me queurent sus et prennent mon pays.... froiss. il, n, 207. Et fut la cité de Vennes toute courue et robée [après la prise d'assaut] , id. i, i, 499. Si comme renommée keurt, id. n, u. S.' Et passèrent là une rivière qui y queurt, qui s< fiert en l'Escaut, et vient d'amont devers Arleux. .. id. I, I, 79. En priant Dieu, digne pucelle, Qu'i.

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