‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 377 sur 403 · I. — IC · texte numérisé non relu

I. — IC

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vous doint longue et bonne vie, Qui vous ayme, ma damoiselle, Jà ne coure sur lui envie, ch. d'orl. Bal. 402. C'est qu'entre tous court voix et renommée De pis avoir pour le pueple et l'église, E. desch. Souffrances du peuple. Maie bouche tient bien grand court; Chascun à mesdire estudie; Faulx amoureux au temps qui court Servent tous de goliardie, A. chart. La belle dame sans merci. Il envoya à Callais trois ou quatre cens hommes qui coururent tout le pays de Boullenoys, comm. ni, 6. Et la rivière couroit entre nous et eux, id. vm, 7. Je vous enjoins que vous gardez de jamais courir votre cheval en la vallée, louis xi, Nouv. lii. || xvi« s. Plustostle Rosne en contremont courra, marot, i, 226. Lors que la peur aux talons met des ailes, L'homme ne sçait où s'enfuir, ne courre, id. m, 8. Ce livre court pieça ez mains des gents d'entendement, mont, i, 206. Ils se coururent sus, l'espée au poing, ID, i, 266. Tout ce qui est soubs le ciel court une loy et fortune pareille, id. u, 466. Ceulx qui ont abbregé leurs jours à courir toute la terre habitable, amyot, Préf. vil, 33.Theseus, voulant courir la mesme fortune qut feroient ses citoyens, s'offrit voluntairement à y estre envoyé, id. Thésée, 4 9. Quand ilz furent depuis parvenus en aage d'hommes, ilz coururent sus à Tarchetius, et le desfeirent, id. Jlom. 3. Il trouva la rivière si enflée et courant si roide, qu'il ne s'oza approcher du fil de l'eau, id. ib. 4. Aussi tost qu'ilz apperceurent le signe, ils s'en coururent çà et là enlever les filles des Sabins, in. ib. 20. Hieron envoya à la feste des jeux olympiques, des chevaux pour courir, id. Thém. 47. Ici fait son dernier séjour Euchidas qui d'icy courut jusqu'en Delphes, et racourut de là icy en un seul jour, id. Arist. 60. Il soublagea un peu les debteurs, en retranchant partie des usures qui couroient sur eulx, id. César, 48. Des le printemps de l'année que nous courons, d'aub. llist. m, 268. Humer et souffler, courir et corner, n'est pas chose à tolérer, leroux de lincy, Prov. t. n, p. 306.

— ÉTYM. Bourg, cori ; Berry, courre; picard, keurir; provenç. et esp. correr; ital. correre ; du latin currere. L'ancienne conjugaison est courre, corre, reproduisant l'accent latin cùrrere ; c'est de là que vient le futur, je courr-ai; s'il venait de courir, il serait je courir-ai, les futurs venant de l'auxiliaire avoir combiné avec l'infinitif. Courir provient d'un changement de la conjugaison latine, currire pour cûrrere, changement qui n'est pas rare.

t COURLERET (kou-le-rè) ou COURLERI (kourle-ri) ou COURLEUU (kour-le-ru), s. m. Un des noms vulgaires du courlis.

— ÉTYM. Voy. courlis; picard, corleru.

t COURLIÊRE (kour-liê-r'), s. f. Un des noms vulgaires du courlis.

COORLIEU (kour-lieu) ou COURLIS (kourli), s. m. Oiseau aquatique du genre des échassiers. Au coucher du soleil le courlis siffle sur la pointe d'un rocher, chateaubr. Génie, i, v, 8.

— HIST. xvr* s. Le corlys est oyseau d'aussi grande corpulence comme une aigrette [sorte de héron]; il a gaigné son nom françois de son cri ; car en volant il prononce corlieu, belon, De la nature des oiseaux, iv, 42.

— ÉTYM. Furetière et Richelet, corlieu; Berry querlu, kerlu; picard, corlu, corleru, corlieu, turlui; milanais, caroli, d'après Belon; anglais, curlew. Il faut croire, puisque les naturalistes le disent et que d'ailleurs les noms patois semblent y concourir, que ce mot est une onomatopée représentant le r.ri de l'oiseau. Autrement, on aurait été tenté d'y voir l'ancien français corlieu, provençal corlieu et corrieu, courrier , qui vient de courir et dont voici des exemples : XU* s. Il tramet ses messages et ses corlieus, Gérard de Ross. p. 3<o. Qui parleront plus bel qu'uns pages, Qu'uns trote àpié, ne qu'uns corlieus, du cange, corerius. X cest mot [il] trait son roi [aux échecs] et sagement l'aliue [place] Entre roi et aufin [cavalier], derrier la gent corliue [les pions], dans le Gloss. fr. de ducange, corliu. Li courleu furent bien quatre cent en estant Qui porteront les briés [lettres] et seiaus [sceaux] l'amirant, Ch. d'Ant. v, 960.

t COURMI (kour-mi), s. m. Sorte de bière faite d'orge fermentée.

t C0UR01 (kou-roi), s. m. Terme de marine. Voy.

COl.'RÉE.

— ÉTYM. Le même mot que corroi.

f COUROIR (kou-roi r), s. m. Terme de marine. Passage étroit entre des chambres.

— ÉTYM. Courir.

t COUROL. (kou-roi), ». m. Nom d'un oiseau d'Afrique.

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t COURONNADE (kou-ro-na-d') , t. f. Terme d'art militaire. Opération par laquelle une troupe entoure le point qui doit être attaqué.

— ÉTYM. Couronne.

t COURONNANT, ANTE (kou-ro-nan, nan-t'), adj. Oui couronne. || Bractées couronnantes, bractées qui forment une couronne au-dessus des fleurs.

COURONNE (kou-ro-n'), s. f. || 1° Ornement de tête fait de feuillage ou de fleurs. Une couronne de feuilles de chêne ou de laurier. Apollon à portes ouvertes Laisse indifféremment cueillir Les belles feuilles toujours vertes Qui gardent les noms de vieillir; Mais l'art d'en faire des couronnes N'est pas su de toutes personnes, malh. m, 2. Les couronnes ne s'acquièrent pas sans travail; même celles qui ne sont que de laurier ou de myrte s'achètent bien chèrement, voit. Lelt. 46. La chevelure que Dieu jeta comme un voile surles épaules du jeune homme, et comme une couronne sur la tête du vieillard, chateaub. Afart. 128. || Poétiquement. Belles, vous portez à quinze ans La couronne de l'innocence, bérang. Couronne. || Terme de géométrie. Couronne circulaire, espace renfermé entre deux cercles concentriques. Pour avoir la surface d'une couronne, il faut multiplier sa largeur par la circonférence moyenne. |j 2° Couronne a été prise de très-bonne heure comme un signe de distinction, de mérite supérieur ou d'autorité. || Terme d'antiquité romaine. Couronne triomphale, celle qui appartenait aux généraux qui obtenaient les honneurs du triomphe; elle fut d'abord de laurier, et d'or dans la suite. Couronne de l'ovation, couronne de myrte qui se donnait aux généraux qui obtenaientl'ovation. Couronne obsidionale, couronne d'épis qui se donnait au général qui avait fait lever un siège. Couronne civique, couronne de chêne qui se donnait à celui qui avait sauvé la vie à un citoyen. Couronne murale, couronne dont les fleurons avaient la forme de créneaux et qui se donnait à celui qui était entré le premier dans une ville assiégée. Couronne navale, couronne qui se donnait à celui qui, dans un combat navai, sautait le premier dans un vaisseau ennemi. Une couronne de feuilles de chêne, de laurier ou de quelque herbe plus vile encore, devenait inestimable parmi les soldats, qui ne connaissaient pas de plus belles marques que celles de la vertu, ni de plus noble distinction que celle qui venait des actions glorieuses, boss. Hist. m, 6. || Aujourd'hui, couronne académique, ou, simplement, couronne, prix remporté dans les concours académiques. || Se dit aussi de la couronne qu'on donne dans les collèges en même temps que les livres aux écoliers qui ont remporté un prix. ||Fig. Prix, récompense, ornement. H y a de fausses vaillances qui ont leur couronne, boss. Honn. t. Mes frères, vous serez ma couronne au jour de Notre-Seigneur, id. Pose. Vous êtes leur couronne, leur joie, leur consolation, bass. Myst. Résurr. || 3° Ornement de tête, signe de dignité. La couronne est l'insigne de la puissance royale et de diverses dignités féodales. Couronne de duc, de comte, de baron. Il reste encore aux meilleurs bourgeois une certaine pudeur qui les empêche de se parer d'une couronne de marquis, trop satisfaits de la comtale; quelques-uns même ne vont pas la rechercher fort loin, et la font passer de leur enseigne à leur carrosse, labruy. xiv. [Le milan] va tout droit imprimer sa griffe Sur le nez de Sa Majesté !— Quoi I sur le nez du roi! — Du roi même en personne.— Il n'avait donc alors ni sceptre ni eouronne? — Quand il en aurait eu, c'aurait été tout un, la roNT. Fabl. xn, (2. || Couronne fermée, celle dont le cercle est rehaussé de fleurons ou ornements qui viennent se rejoindre au-dessus de la tête; couronne ouverte, celle qui n'a que le cercle inférieur plus ou moins orné. Au commencement toutes les couronnes étaient ouvertes ; plus tard la couronne impériale et la couronne royale furent fermées. || Couronne impériale, couronne fermée de forme hémisphérique, terminée par un g'.obe surmonté d'une croix; couronne royale, couronne fermée plus large par en haut et surmontée d'un ornement particulier, qui, en France, était la fleur de lis; couronne ducale, couronne ouverte, garnie de huit feuilles ou fleurons; la couronne de marquis n'avait que quatre feuilles et, entre les feuilles, des pointes ornées de trois perles; la couronne de comte était tout autour garnie de perles; celle du vicomte ne portait que quatre perles, et, entre elles, de simples pointes; celle de vidame [lieutenant civil et militaire d'un évêque] portait quatre croix au lieu des quatre perles du vicomte; la couronne de baron, plus exactement nommée torfil, consistait en un cercle entouré de plusieurs cordons de perles.

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Il La triple couronne, la tiare du pape, ainsi dite parce que c'est un bonnet rond et élevé, entouré de trois couronnes d'or enrichies de pierreries, et mises, la première par le pape Hormisdas, la seconde par le pape Boniface VII!, la troisième par Jean XXII ; le bonnet est surmonté d'un globe portant une croix. || Couronne de fer, la couronne det rois lombards d'Italie. || Couronne antique, couronne formée par une feuille tournée en cercle, et découpée à grandes pointes jusque vers la base ou cercle qui entoure le front, telles étaient les couronnes des princes d'Italie. || La couronne d'épines, celle que l'on mit sur la tête de Jésus-Christ par dérision, à cause qu'il s'était appelé roi des Juifs; et, figurément, ce qui cause un vif déplaisir, une profonde douleur. Cela lui est une couronne d'épines. || 4° Absolument, la puissance royale, impériale. Les prérogalives de la couronne. Tous ces crimes d'État qu'on fait pour la couronne , corn. Cinna, v, 2. Il crut pouvoir saisir la couronne ébranlée, id. Rodog. i, 4. La justice n'est point une vertu d'État;Le choix des actions ou mauvaises ou bonnes Ne fait qu'anéantir la force des couronnes, id. Pomp. i, 4. Le ciel pour vous ailleurs n'a point fait de couronne, Et l'on s'en rend indigne alors qu'on l'abandonne, id. Rodog. m, 2. La plus belle couronne N'a que de faux brillants dont l'éclat l'environne, id. Héracl. i, 4. Qui sait porter une couronne, Quand il a prononcé , n'aime pas qu'on raisonne, id. Sertor. iv, 2. La couronne, seigneur, orne bien une tête, id. Agésilas, n, 7. De peur que quelque jour, venant à la couronne.... mairet, Soliman, i, 4. Et l'art et le pouvoir d'affermir les couronnes Sont des dons que le ciel fait à peu de personnes, corn. Ilor. v, 3. Harrington ne voyait que la république d'Angleterre, pendant qu'une foule d'écrivains trouvaient le désordre partout où ils ne voyaient point de couronne, montesq. Espr. xxix, 4 9. || Mettre la couronne sur la tête de quelqu'un, lui donner la puissance souveraine. || Discours de la couronne, discours prononcé par le souverain à l'ouverture d'une session législative. || Fig. C'est un des plus beaux fleurons de sa couronne, c'est une des plus riches possessions ou une des plus nobles prérogatives du prince; et aussi en général, c'est ce qu'une personne a de plus considérable, de plus avantageux. || 5° État gouverné par un monarque. Quand ils apprendront que, du temps de son ministère, les Anglais ont été battus et chassés. Pignerol conquis, toute la Lorraine jointe à cette couronne, la plus grande partie de l'Alsace mise sous notre pouvoir, voit. Lett. 74. Le pape saint Grégoire a fait cet éloge singulier de la couronne de France, qu'elle est autant au-dessus des autres couronnes du monde que la dignité royale surpasse les fortunes particulières, boss. Reine d'Anglet. Ne lui dites pas que la vie d'un premier prince du sang si nécessaire à l'État doit être épargnée; il répond qu'un prince du sang, plus intéressé par sa naissance à la gloire du roi et de la couronne, doit, dans le besoin de l'État, être plus dévoué que tous les autres pour en relever l'éclat, id. Louis de Bourbon. Cette couronne [le gouvernement espagnol] pourrait être excitée par l'excellente qualité du coton qu'on cultive dans les Philippines, à y élever, avec le secours des habitants du continent, de' belles et nombreuses manufactures, raynal, Hist. phil. v, 46. || Le souverain même. Les officiers, le domaine de la couronne. Les diamants de la couronne. || Traiter de couronne à couronne, traiter de souverain à souverain. Cela se dit aussi par raillerie d'un inférieur qui veut traiter avec son supérieur comme s'il était son égal. Le roi [Louis XIII] traita avec le duc d'Êpernon de couronne à couronne. volt. Mœurs, 476. Je ne sais ce que c'est qu'un reproche qu'on fait à nos petits États [deGex], d'avoir traité de couronne à couronne avec la république de Berne, pour saler notre pot [acheter du sel], n>. Lett. Dupont, 23 février 4776. || 6' Terme de théologie. La couronne de gloire, la béatitude éternelle. Quand je viens à penser que ces personnes [personnes d'une sainte vie] peuvent tomber et être au nombre malheureux des jugés, et qu'il y en aura tant qui tomberont de leur gloire et qui laisseront prendre à d'autres, par leur négligence , la couronne que Dieu leur avait offerte, pasc. Lettres, 4" fragment. || La couronne du martyre, la récompense qui est réservée aux martyrs. || Terme de peinture. Ornement que l'on place sur la tête de la Vierge et des saints. || 7° Couronne ou tonsure cléricale, petit rond que l'on rase au sommet de la tête et qu'on fait plus ou moins grand suivant la qualité des ordres reçus. Couronne d'évêque, de prêtre, de diacre. U 8° Petit chapelet qui n'a qu'une dizaine et

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qu'on dit à l'honneur de la sainte Vierge. || 9° Terme d'astronomie. Couronne australe, Couronne septentrionale, constellations. || 10° Terme de physique. Foyer d'une aurore boréale vers lequel s'élancent les gerbes de feu. I| Météore qui paraît autour du soleil et de la lune, quand la lumière en est réfléchie sur des nuées médiocrement épaisses. On l'appelle plus ordinairement halo. || ll°Terme de botanique et de jardinage. Réunion, en cercle, des écailles ou lamelles qui naissent de la face interne du sommet de l'onglet des pétales dans certaines corolles. || Touffe de feuilles qui surmonte le fruit de l'ananas. || Greffe en couronne, greffe où, sciant le sujet, on met plusieurs greffes autour de la coupe, entre le bois et l'écorce. || Couronne impériale, fleur rouge ou jaune, composée de plusieurs petites cloches qui lui donnent l'apparence d'une couronne; elle est printanière. Couronne royale, espèce de mélilot. Couronne de terre, le lierre terrestre. || 12° Terme d'anatomie, de médecine et de chirurgie. Couronne des dents, partie des dents qui se trouve hors des gencives et qui est revêtue d'émail. || Couronne radiante, l'épanouissement des fibres médullaires des pédoncules cérébraux dans les lobes des hémisphères du cerveau. || Couronne de Vénus ou chapelet, pustules sèches ou suppurantes, qui se voient souvent sur le front des individus affectés de syphilis invétérée. || Couronne de trépan, espèce de petit cylindre d'acier, légèrement conique, dont l'extrémité la plus étroite est dentelée en forme de scie, et qui sert à enlever une rondelle d'os, particulièrement au crâne. || 13° Terme de vétérinaire. Partie du pied du cheval qui correspond à la deuxième phalange des orteils de l'homme, qui est située entre le paturon et le pied, à l'endroit où le poil joint et couvre le haut du sabot, et qui est formée d'un seul os, portant le nom d'os de la couronne ou de second phalangien. || Terme de vénerie. Bois du cerf, quand les andouillers sont disposés en une sorte de cercle. || Terme de fauconnerie. Duvet au bec de l'oiseau, près de la tête. || 14° Terme de fortification. Ouvrage à couronne, ou, simplement, couronne, ouvrage fait en forme de couronne qui est avancé vers la campagne, pour communiquer à quelque éminence. Dans ces demi-lunes était un grand ouvrage à couronne, volt. Louis XIV, 4 3. || 15° Terme de géologie. Cratère de volcans portant une sorte de couronnement ou rempart circulaire. || 16° Terme de blason. Représentation des ornements qu'on met pour timbre aux armoiries afin de marquer la dignité de la personne. La ville de Cologne porte trois couronnes en mémoire des trois rois ou mages que la légende y dit enterrés. || 17° Nom des ornements qu'on met aux quatre coins d'une couverture de laine. || 18° Terme d'architecture. La partie plate et la plus avancée de la corniche, et qui se nomme aussi larmier. || 19° Ornement en faïence qui se met au haut des colonnes de poêle. || Partie d'une lampe qui porte le verre. || Cercle de fer qui entoure la tête d'un pieu pour l'empêcher de se fendre quand on l'enfonce. || Terme de joaillier. La partie la plus éminente d'un diamant rose partagé en deux parties égales. || Terme de marine. Cercle en fer creusé, fixé au cabestan pour virer les câbles -chaînes. || 20° Terme de musique. Trait en demi-cercle qui surmonte le point d'orgue et le point de repos. 1 1 21° Couronne , sorte de papier qui est marqué d'une couronne. || Adj. Papier couronne. || 22° Monnaie d'argent d'Angleterre, qui vaut actuellement 5 fr. 8t cent. || Ancienne monnaie de France, frappée sous le règne de Philippe de Valois. || 23° Nom des coquilles qui sont amples et très-minces.

— HIST. xi° s. Icez plaid allèrent à la coronne le rei, lois de Guill. 2. De trestuz reis [je] vous présent les curunes, Ch. de Roi. xxvjii. Jamais en terre [il] ne portera curone, ib. lxxii. Je lui toldrai [ôterai] la corune du chef, ib. clxxxix. || xii* s. La corone de France doit estre mise avant. Car tuit autre roi doivent estre à lui [elle] apendant, Sxtx, i. Pris la curune de sun chief e le bou [bracelet] de sun braz, e aportés les ai à tei mun seignur, Rois, 42t. || xm°s. Tel coronne [elle] ot au chef, qui moût lui atalente, Berte, x. Et de couronne d'or [je] fui par vous couronnée, ib. xvi. Tôt environ siet en coronne Sa mesnie, qui l'avironne, Ken. 8205. Renart respont hastivement : Aurez corone [tonsure] grant etlée, Ne mes que l'eve soit chaufée, t'6. (087. Et clerc qui fet querone [se fait prêtre] por tolir autrui son droit et por achever ses meffez, ne doit pas avoir privilège de clerc, Liv. de just. 32. Maintenant plede on bien contre cix qui ont couronne de servage, mes que ce soit avant qu'il soient diacre ou sous diacre, beaum. xlv, 2». Il n'afiert pas à

clerc qu'il veste robe roiée, ne qu'il soit sans coronne aparant de clerc, puisqu'il a eu coronne d'evesque, id. xi, 43. Je en aurai une coronne es ciex, joinv. )98. || xiv° s. Changeurs pour chacun marc d'argent que il vendront payeront deux deniers, et ceux qui vendront veselles dorées, esmaillées, couronnes, chapeaux, pelles [perles], pierres, payeront quatre deniers pour livres comme les autres marchandises, Ordonn. des rois, t. n, p. 320. Eussions donné cours aux blans à la couronne pour quatre deniers tournois la pièce, et depuis ramené à trois, tb. tui, p. 520. || xv° s. Celle ville [une sorte de logis en bois transportable] estoit tellement ouvrée, ordonnée et charpentée, qu'on la pouvoit deffaire par travées ainsi qu'une couronne et rasseoir membre à membre, froiss. liv. m, p. 421, dans lacurne. Considérez la grand valeur des presens et aussi la puissance des Parisiens; car il fut dit à moy acteur de ceste histoire qui tous les presens vei , qu'ils avoyent cousté plus de soixante mille couronnes d'or, m. liv. îv, p. 7. Quant le roi Pelion et la royne Dace furent couronnez, les chevaliers prindrent la royne es honneurs; car l'or et les pierres précieuses gettoient la clarté si grande, qui estoient es couronnes et es chappeaulx qu'elles avoieut sur leurs chiefz, que toute la place en resplendissoit, Perceforest, t. il, f° 448. Un barbier secret fit aux damoiselles chacune la couronne [tonsure] sur la teste, louis xi, Nouv. lx. || xvi° s. Ils les rasent au sommet de la teste, afin que la couronne [tonsure], comme ils disent, signifie dignité royale, calvin, Instit. HSt. Cheval aiant les couronnes déliées et pelues [garnies de poil] , les pasturons courts.... o. de serres, 300. Par la disposition des belles fleurs sortans de ceste plante, elle est ditle coronne impériale [c'est l'impériale], id. 578. Grande quantité de bons greffes est insérée en petite coronne sur le tronc d'un gros arbre de leur espèce, id. 673. La figue et le raisin, par jugement universel, sont estimés la coronne de tous autres, id. 697. Si, aucun veut faire retraict et chambres aisées [lieux d'aisance] au long du mur commun etmoitoyen, il sera tenu faire un autre mur au long du dit mur, qui aura un pied et demy par bas d'espesseur, admortissant d'un pied jusques à la couronne de la voûte des dits retraicts, Coust. génêr. t. il. p. 264.

— ÉTYM. Bourguig. côrône; picard, corone; provenç. , espagn. et ital. corona; portug. coroa; du latin corona; grec, xopiivri, chose courbe.

COURONNÉ, ÉE (kou-ro-né, née), part, passé. || 1° Orné d'une couronne. La victime était prête et de fleurs couronnée, volt. Mèrope, v, fl. Si bientôt imprimant ses sottes rêveries, Il ne se fait graver au devant du recueil, Couronné de lauriers par la main de Nanteuil, boil. Art p. II. || Tête couronnée, un roi , un empereur. Encore un lustre ou deux et sous tes destinées J'aurais rangé le sort des têtes couronnées, corn. Toison d'or, Prol. Dès le premier abord notre prince étonné Ne s'est plus souvenu de son front couronné, id. Pomp. m, i. Et nous vou* ferons voir tous vos désirs bornés  vous donner en nous des sujets couronnés, id. Rodog. iv, 2. Don Diègue ravi lui présente enchaînés Au nom de ce vainqueur ces captifs couronnés, id. Cid, îv, i. Esclave couronnée, Je partis pour l'hymen où j'étais destinée, rac. Mithr. i, 3. Quoi ! mon cœur par vous-même à ce héros donné Pourrait ne l'aimer plus s'il n'est point couronné ? corn. Othon, iv, 3. Quoique le nom d'un savant ait bien du chemin à faire pour aller jusqu'aux oreilles des têtes couronnées, et même seulement jusqu'à celles de son maître, le nom de M. Delisle avait frappé les puissances étrangères, fonten. Delisle. D'esclaves couronnés à toute heure entourée, volt. Scythes, n, 4. J'ai préféré Pompée, errant, abandonné, X César toutpuissant, à César couronné, m. Triumv. v, 3. Quand Pépin fut couronné roi, le titre de roi fut uni au plus grand office; quand Hugues Capet fut couronné, le titre de roi fut uni au plus grand fief, montesq. Esp. xxxi, 6, Nous avons vu des rois, vainqueurs de la mollesse, Pour chercher la sagesse, Voyageurs couronnés, parcourir nos climats, Gilbert, Ode à Monsieur. || Terme de blason. Armoiries couronnées, armoiries surmontées d'une couronne. || 2° Qui a reçu une couronne, un prix dans un concours. Cet élève a été couronne trois fois. Ce discours couronné par l'Académie française. D'où vient donc que, sur le grand nombre de pièces qu'ils [Euripide, Eschyle et Sophocle] présentèrent au concours, le premier ne fut couronné que treize fois, le second que dixhuit fois , le troisième que cinq fois? barthél. Anach. ch. 69. || 3° Fig. Ta louange, dans mes vers, D'amarante couronnée, X'aura sa fin terminée Qu'en

celle de l'univers, malh. ii, ». Tu le vois, tous les jours devant toi prosterné, Humilier ce front de splendeur couronné, rac. Esth. Prol. || 4° Qui a reçu accomplissement, satisfaction, triomphe. Vos vœux sont couronnés et Célie est à vous, mol. l'Étour. v, 16. Voilà bien à tous deux notre amour couronné, id. le Dép. v, 9. Vous y verrez le vice couronné, sev. 446. || Une sainte vie couronnée par une mort édifiante. || 5° Dominé, entouré. Saint-Marc, qui n'a que deux cents maisons, mais agréablement bâties, se présente au fond d'une baie couronnée d'un croissant de collines, raynal, Hist. phil. xm, 40. || Surmonté. Ici les coteaux sont couronnés de vi-

gnobleset d'arbres fruitiers, fén. Exist. H Les

fertiles champs couronnés par l'Etna, volt. Tancr. 1, t. || 6° Terme de fortification. Ouvrage couronné , dit aussi ouvrage à couronne, ou, simplement, couronne, ouvrage avancé vers la campagne et fait en forme de couronne. || 7° Êcu couronné, sorte d'ancienne monnaie.... L'anneau lui fut donné, Et maint bel écu couronné, Dont peu de temps après on la vit mariée, la font. Joe. || 8° Terme de botanique. Semence couronnée, fruit couronné, semence, fruit qui conserve une partie du limbe du calice. || 9° Terme de vénerie. Cerf couronné, cerl dont les Dois, sans perches ni meules, sont formés d'une simple empaumure naissant immédiatement des os frontaux. || 10° Terme d'histoire naturelle. Spire couronnée, spire d'une coquille univalve où les bords de chaque tour sont garnis de pointes. || 11° Terme de vétérinaire. Cheval couronné, cheval qui, à l'un des genoux ou à chaque genou, a une place circulaire dépouillée de poils, ce qui provient d'une chute. || 12° Arbre couronné, arbre sur son retour et qui ne pousse plus de bois qu'à l'extrémité de ses branches; ce qui figure une disposition en couronne. || 13° Rime couronnée, vieille rime qui redoublait la consonnance comme dans ces vers : Ma blanche colombelle belle Souvent je vais priant, criant, marot.

COURONNEMENT (kou-ro-ne-man), s. m. || 1° Action de couronner et particulièrement de mettre la couronne sur la tête d'un souverain. Elle ne doute point de son couronnement [de recevoir la couronne] , corn. Pomp. 1, 2. Pour le couronnement on se servait de la couronne de Jeanne d'Evreux, troisième femme de Charles le Bel , princesse digne , par ses vertus, de cette espèce d'immortalité; Marie de Médicis, femme de Henri IV, est la dernière qui ait été couronnée, saint-foix, Est. Paris, Œuvres, t. ni, p. 360, dans pougens. || Terme de blason. Ornement qui se met en tête d'un écusson.|| Taille-douce qui représente la manière dont on a couronné quelqu'un. Le couronnement d'épines de Jésus-Christ.

|| 2° Fig. Achèvement Pour couronnement d'une

action si noire, corn. Othon, I, t. Son sacrifice a reçu son couronnement, pasc. Lett. 4. Quand je prévois la fin et le couronnement de son ouvrage [de Dieu] par les commencements qui en paraissent dans les personnes de piété, id. Lettres, ("fragment. C'est le couronnement de cette doctrine, id. Prov. 10. Il ne lui manque plus que de mourir, enfin, Pour le couronnement de toutes ses sottises, mol. l'Étour. v, 4). C'était le couronnement du crime, sév. 44. || 3° Terme d'architecture. Ornement d'architecture terminant un édifice ou l'une des parties d'un édifice. La corniche est le couronnement des ordres d'architecture. La vie de l'homme avec tous ses projets s'élève comme une petite tour dont la mort est le couronnement, bern. de s.-p. Paul et Virg. || Ornement fait avec un morceau de fer à jour, qu'on met au-dessus d'une porte de clôture de chœur d'église, de cour ou de jardin. || Couronnement de serrure, nom de certains ornements qui se mettent sur l'écusson et au-dessus de l'ouverture. || Terme de maçonnerie. Couronnement de voûte, le plus haut de l'extrados d'une voûte. || Terme de charpente. About d'un chevron qui est assemblé à enfourchément. || Partie supérieure de certains meubles, de certains vases. Cela forme un beau couronnement. || Terme de marine. Le couronnement d'un vaisseau , la partie qui est au-dessus de la poupe. || 4° Terme d'art militaire. Couronnement du chemin couvert, prise d'un chemin couvert, de vive force. || Occupation de la crête du glacis par l'assiégeant. || 6* Terme d'horticulture. Manière de tailler un arbre en forme de couronne. || Terme d'eaux et forêts. Maladie d'un arbre qui se couronne. || 6° Terme d'accoucheur. Être au couronnement, se dit de la position de la tête de l'euf.mt, au moment où, après la rupture des membranes, elle se présente à l'orifice utérin, dont le contour lui forme une espèce de couronne. || V Terme du vétérinaire. Lésion du cheval couronné.

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— HIST. xii* s. Tuz cels ad mis Thomas en escumengement [excommunication] , Qui à vostre fiz furent à sun corunement, Th. le mari. 4 34. DeDeuas poesté e tun corunement: De prince ne de lai ne l'as seculerment, ib. 75. || xm' s. Et fu cil coronemens en l'an de l'incarnation nostre Seigneur mil et dui cens et sis, villeh. cliv. Ensi fu esleus li ijuens Baudoins de Flandres à empereour, et fu pris li jor de son couronement trois semaines après Pasques, id. cxi. Et fist atourner çou que il convenoit à couronnement de rois, Chr. de Bains, p. 4 0. Et fist ses hommes semonre pour iestre à son coronement, as octaves de la mi-aoust, ib. 163. || xvi" s. S'il advenoit que l'enfant eust les mains ou bras au coronement, ou hors les parties génitales, jamais on ne doit tendre,ny essayer l'extraction par iceulx, paré, t. ii, p. 62», Le col de la matrice, et principalement la bouche intérieure d'icelle, dite vulgairement le couronnement, id. rvm, 44. Ceste dignité estoit, par manière de dire, le couronnement de toutes les charges, amyot, Caton, 32. Pensant avoir perdu le couronnement [complément] de sa victoire, id. Cr«ssus, 66. Le dit louagier est tenu d'entretenir les bastimens de clouage et placcage.... et pour ce qui touche à la couverture, de couronnement seulement, jVou». Coust, génér. 1. 1, p. 308.

— ÉTYM. Couronner; provenç. coronamen; anc. espagn. coronamiento ; ital. coronamento.

COURONNER (kou-ro-né) , v. a. || 1° Orner d'une couronne. Les anciens couronnaient les victimes. Alexandre couronna le tombeau d'Achille. Leurs fronts sont couronnés de ces fleurs que la Grèce Aux champsde Marathon prodiguait aux vainqueurs, volt. Épît.Lxvi. || Fig.Ô Dieu que la gloire couronne, Dieu que la lumière environne, Qui voles sur l'aile des vents, bac. Esth.i, 6. || 2° Mettre solennellement la couronne sur la tête d'un souverain. Couronner un pape, un roi. Charlemagne se fit couronner roi d'Italie, boss. Hist. i, 44. Il Donner le titre de roi, de reine. Ce monarque avant de mourir voulut couronner son fils. Qu'il règne avec éclat sur sa propre conquête, Et que de sa victoire il couronne sa tête, corn. Nicom. n, 3. Mais vous voyez, seigneur, le prince son aîné Dont le bras généreux trois fois m'a couronné [m'a conquis trois royaumes], id. ib. Maintenant que je puis couronner tant d'attraits, bac. Bérén. Il, 2. Il va sur tant d'États couronner Bérénice, id. ib. i, 4. Pour couronner ma tête et ma flamme en ce jour, id. Thib. v, 4. Quelque horreur que d'abord un attentat nous donne, L'horreur en diminue alors qu'il nous couronne, ducis, Xacteth, ni, 4. || Être couronné, recevoir ou avoir le titre de roi, de reine. Jamais tant de vertu fut-elle couronnée? rac. Eslh. in, 9. || Absolument. Faire roi. Achève.... C'est le dieu qui règne et qui couronne; C'est le dieu qui punit, c'est le dieu qui pardonne, lamart. Méd. n, 7. || 3" Décerner une couronne, un prix soit dans les jeux gymnastiques, soit dans un concours littéraire. Couronner le vainqueur à la course, à la lutte, au ceste. Couronner l'auteur du meilleur ouvrage. Ce discours a été couronné par l'Académie. || 4° Honorer, récompenser. Le ciel va couronner aussi votre vertu, corn. Perthar. IV, 6. Oui, je veux couronner une flamme si belle, id. Bodog. Vf, 3. Digne de venger les crimes et de couronner la vertu, boss. Hist. u, t. L'Église vit couronner une infinité de martyrs, id. ib. i, H. Ils l'avaient mis sur le trône pour couronner ses vertus et mettre fin aux désordres que l'anarchie causait parmi eux, id. Hist. I, 7. Je louerais en vain des vertus que Dieu n'aurait pas couronnées, fléch. Tur. C'est ainsi que le roi Honore le mérite et couronne la foi, rac. Esth. n. 6. Quand il veut couronner l'innocence, mass. Panég. St J. Bapt. Pourquoi du saint bonheur sitôt me couronner? v. hugo, Odes, n, 9. || 5° Terme d'architecture. Former le couronnement. Un entablement couronne l'édifice. || 6° Dominer, surmonter. La ville de Rhodes, est couronnée de divers petits coteaux, bouhours, Hist. d'Aubusson, liv. m. Ces bois semblaient couronner cesbellesprairies.FÉN. Tél. i. L'immortelle forêt qui couronne l'Ida, delille, Enéide, x. || 7° Terme militaire. Garnir de troupes quelque point élevé. Le régiment, chassant devant lui l'ennemi, couronna la hauteur. Les généraux d'artillerie, qui s'étonnaient aussi de leur stagnation, profitèrent promptement de la permission de combattre qu'on venait de leur donner ; ils couronnèrent bientôt les crêtes, ségur, Hist. deNap. vu, 40. || 8° Terme d'horticulture. Couronner un arbre, en tailleries branches à une même hauteur, de manière à former une surface plane. || 9° Terme de vétérinaire. Couronner un cheval , le laisser tomber de façon qu'Use couronne. || 10°Fig. Combler, accomplir.

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La victoire s'avançait à grands pas pour couronner ses triomphes, vaugel. Q. Cliv. m, ch. 6. Lorsque après de longues années il se vit élevé à cette grande charge.... le modeste ministre disait que le roi, pour couronner plutôt la longueur que l'utilité de ses services, voulait donner un titre à son tombeau et un ornement à sa famille, boss. le Tellier. Et par un beau trépas couronne un beau dessein, corn. Cinna, i, 4. Loin de t'excuser tu couronnes ton crime, id. ib. v, t. Et que demain l'hymen couronne leur amour, id. ib. v, 3. Il faut ou condamner ou couronner sa haine, id. Bodog. v, 4. Et ce qui couronne tout cela est la prédiction, pasc. Proph. 46. 11 a voulu couronner son entreprise, sév. 566. Ces morts précieuses qui couronnent une belle vie, fléch. Dauph. Ce qui couronne la vie de cette princesse, c'est qu'elle fut toujours égale, id. Mar. Th. Mais ce même Amurat ne me promit jamais Que l'hymen dût un jour couronner ses bienfaits, rac Baj. i, 3. Et Paris, couronnant son insolente flamme, Retiendra sans péril la sœur de votre femme I id. Iphig. i, 2. Quoi! de mes ennemis couronnant l'insolence J'irais attendre ailleurs une lente vengeance, id. Andr. iv, 3. Jamais aucun succès n'a couronné mes vœux, volt. Tanc. i, 4. Ceux dont une honorable vieillesse couronne une vie sans reproche, j.i.roiiss. Lett. de la mont. ix. De toutes les opérations que nous avons décrites, il en résulte une qui, pour ainsi dire, couronne l'entendement, c'est la raison, condillac, Conn. hum. sect. u, ch. 44.||il0Se couronner, v. re'/l. Se mettre une couronne. Se couronner de fleurs. || Se faire roi. Voilà par quels exploits il sut se couronner, rac. Andr. m, 8. Par d'illustres exploits couronnez-vous vous-même, id. Théb. iv, 3. || 12° Terme d'horticulture. Cet arbre se couronne, il vieillit et la tête s'en dessèche. || Terme de vétérinaire. Ce cheval s'est couronné , en s'abattant, il s'est fait la lésion dite couronnement. |[ La fin couronne l'œuvre, se dit pour exprimer que l'on doit persévérer jusqu'à la fin, que la vertu ne doit passe décourager, etc. ou simplement pour exprimer qu'une œuvre est enfin achevée.

— HIST. xi' s. Tel coronet [tel prêtre couronné, tonsuré, l'archevêque Turpin] ne chantât onques messe, Ch. de Roi. cxix. || xn* s. De Tortolose estoit rois coronez, Ronc. p. 4t. Sur toute joie est celé couronnée Que j'ai d'amor: Dieu I i faudrai-jedonc? Coud, vi. Le premier roi de France fist Diex par son commant Coroner à ses anges dignement en chantant, Sax. i. En cel contemple ad fait li reis Henris jurer Henri sunfilàrei,e sil fist coruner, Th. le mort. 68. Li clers est corunez : Deus deit en lui seeir; Aprendre deit tuz dis; mult li covient saveir, ib. 30. E tuit le firent coronier après sa mort, Machabées, i, i. Il et ele [Thibaut et la reine Blanche] lez à lez La [France] tiennent de compagnie; Cil n'en est fors rois clamés [que roi de nom] Qui pieça est coronés, hues de la fertë, Bomonccro, p. 189. || xm' s. Sire, que la vostre ame soit de Dieu couronnée, Berte, xlvi. Dont pristrent li baron conseil de s'aler en Constantinoble, pour coroner le bailli à empereour, villeh. clxiv. Dist Renart : se Diex bien me face, Se je puis un rasoir trover, Je vos vodré bien coroner [tonsurer], Ben. 3240. Li fust li roiaumes donnés, Dont il fu puis reis couronnés, Et vicaires de tout l'empire, la Bose, 6760. Quand le patriarche corone le roi, la procession lui vient à rencontre à la porte du mostier, Ass. de J. I, 29. || xiv s. Es olimpiades les très bons et les très fors nesontpascoronnés.mesceulx qui bienbesoignent, oresme, Eth. 18. Et doit l'en aviser que le cheval ait maigres jambes, larges et plates, qu'il n'ait pas les genoulx couronnés, Ménagier, n, 3. || xv* s. [Rob. Bruce recommande en mourant, aux barons, que quand son fils] seroit venu en aage, qu'ils luy obeyssent, et qu'ils le couronnassent à roy, froiss. i, i, 47. Libéralité est es cueurs des hommes effacée et estaincte, et en lieu de ceste couronnée vertu règne avarice et convoytise, Hist.de la Toison d'Or, t. il, f° 200. || xvi" s. L'on vous donnera la louange d'avoir glorieusement couronné et achevé l'œuvre, que vostre feu père avoit heureusement fondé , amyot , Ép. Ilz le voulurent couronner de chappeaux de fleurs, pour leur avoir apporté de si bonnes nouvelles, id. Thésée, 26. D'un tel logis le seigneur redouté Va couronné d'honneur et de jeunesse, rons. 705. Car il est , quant au reste , aussi noble qu'un ange, Tantjel'ay couronné de gloire et de louange, id. 87.

— ETYM. Voy. couronne; provenç. et espagn. coronar; ital. coronare; du latin coronare.

t COURONNURE (kou-ro-nu-r') , s. f. Terme de vénerie. Disposition des menus cors d'un cerf, rangés en forme de couronne.

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— HIST. xvi* s. Il jugeoit un vieil cerf à la perche, aux espois, X la belle empaumeure, «t à la couronneure, rons. 24 0.

— Étym. Couronner; provenç. coronadura.

t COUROUCOU (kou-rou-kou)', s. m. Genre d'oiseaux de l'ordre des sylvains.

t COU-ROUGE (kou-rou-j') , s. m. Un des noms vulgaires du rouge-gorge. \\ Au plur. Des cousrouges.

— ETYM. Cou, et rouge.

t COUROUPITE (kou-rou-pi-f) , s. m. Grand arbre de la Guyane dont le fruit est gros comme un melon et renferme une pulpe acide assez agréable.

t COURPATE (kour-pa-f), s. m. Nom d'un poisson de la Méditerranée {tétragonure du Cuvier).

4. COURRE (kou-r'), t. n. Infinitifancien du verbe courir. || 1" Au sens de courir, emploi dans lequel il a vieilli et est aujourd'hui hors d'usage. Do ces jeunes guerriers la flotte vagabonde, Allait courre fortune aux orages du monde, malh. i,4. Quelquesuns faisaient déjà courre le bruit que j'en étais venu à bout, desc Méth. Le cardinal fit courre après, sév. 204. Ce sera à lui à courre et il courra, id. 294. Pour s'encourager à courre dans la carrière, boss. Pass. || Activement. Ne m'estimant ni pour entendre l'économie..., ni pour savoir bien courre la poste, balz. liv. il, lett. 4. || 2° Aujourd'hui, terme de chasse qui se dit des chiens qui poursuivent les bêtes. La duchesse y voulut voir courre des lévriers, hamilt. Gramm. 4 0. || Chasse à courre, chasse qui se fait avec les chiens courants et à cheval. || Laisser courre les chiens, ou, simplement, laisser courre, découpler les chiens. || Le laisser-courre, *. m. Le lieu où l'on découple les chiens. Il se trouve au rendez-vous de chasse, il est au laisser-courre, la bruy. vu. || Se dit aussi de l'air de cor quand on découple les chiens. Sonner le laisser-courre. || 8° F. a. Poursuivre la bête. Quand il vous plaira, je vous donnerai le divertissement de courre un lièvre, mol. G. Dand. i, 8.A-t-on jamais parlé de pistolets, bon Dieu! Pour courre un cerf? m. Fdch. u, 7. || Fig. Chercher à obtenir. Nous venons, mon enfant, de courre un bénéfice , regnard , Distrait , n , 4 . || 4" Terme d'équitation. Courre un cheval, le mener à bride abattue.

— REM. Du temps de Vaugelas, l'usage voulait qu'on dît plutôt courre la poste que courir la poste. Aujourd'hui courre n'est plus que terme de chasse.

— HIST. xm' s. Et por ce fait il bon courre au devant de tix perix, beaum. xxi, 42. On doit courre au devant des fraudes et des bares qui sont fêtes es marciés, id. xxxiv, 47. || xv* s. Fist prendre ledit huyssier et fut plusieurs jours gardé , à la fin on le laissa courre, comm. m, 4. Or voyez les choses qui se dressoient pour courre sus au dit duc de Bourgongne, id. m, t. || xvi' s. Je dis au comte qu'il pourrait courre fortune comme les aultres, mont, i, 95. J'ay veu quelqu'un de mes intimes amis coune la mort à force, id. i, 300. S'il fault courre le hazard d'un chois incertain.... id. m, 62. Toute la Gaule s'estant eslevée pour luy courre sus, id. m, 472. Il fault laisser courre la rivière soubs le pont, id. iv, 44. Je viens de courre d'un fil [parcourir] l'histoire de Tacitus, id. iv, 68.

— ÉTYM. Voy. COURIR.

2. COURRE (kou-r'), s. m. Terme de vénerie. Endroit où l'on place les chiens, quand on chasse le sanglier, le loup, etc. Un beau courre, pays commode pour la chasse à courre.

— êtym. Courre t.

f COURRETTE (kou-rè-f), s. f. Couleuvre de la Martinique.

f COURRIAU (kou-rio), s. m. Petit chariot à trois roues employé, en Provence, au transport du lignite.

— étym. Courir.

COURRIER (kou-rié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, 1'* se lie : des kou-rié-z actifs), s. m. || 1° Porteur de dépêches. Un courrier dépêché porte cette nouvelle, tristan, M. de Chrispe, iv, 2. Et depuis jusqu'ici chaque jour ses courriers M'apportent en tribut ses vœux et ses lauriers, corn. Pomp. U, t. Pour rendre ce commerce de lettres plus sûr et plus prompt, il établit, dans toute l'étendue de son empire, des courriers qui allaient jour et nuit et faisaient une diligence extraordinaire, rollin. Hist. anc. Œuvres, t. n, p. 368, dans pougens. || Courrier de cabinet, courrier envoyé par les ministres pour les affaires publiques. || Familièrement. Courrier de malheur, celui qui annonce une fâcheuse nouvelle. || 2° Tout homme qui court la poste à cheval. J'ai rencontré quatre courriers. Voyager en courrier. Par votre ordre en courrier j'ai précédé sa chaise, c. delav. Ec. det vieill. I, 2. || 3° Le préposé qui , voyageant dans

la malle-poste, porte les lettres. Le courrier de Lyon. Répondez -moi courrier par courrier. || La voiture où est le courrier. Voyager par le courrier. [[ La totalité des lettres qu'on envoie ou qu'on reçoit par le même ordinaire de la poste. Faire, lire son courrier. Il pouvait si peu se gêner que, le samedi même, jour de presque tous les courriers, il ne pouvait attendre pour sortir que le travail fût achevé, 3. j.bouss. Confessions, 2* partie, liv. vu, ) 743-) 744. || 4* Nom qu'ont pris un grand nombre de journaux françaiset étrangers. Le Courrier français. Le Courrier des théâtres, de la mode. || 5° Terme ecclésiastique. Cellerier, et aussi, procureur ou intendant d'un évêque, d'un abbé, d'une communauté ecclésiastique. || Courrier apostolique, celui qui, dans les temps de persécution, était chargé de porter aux fidèles les lettres des évêques. || Aujourd'hui, officier chargé d'avertir les cardinaux de se trouver aux consistoires, aux chapelles que tient le pape. || 6° Terme d'art militaire. Courrier volant, projectile creux contenant une missive. || 7° Nom d'un oiseau qui est le chevalier à pieds rouges. || 8° Terme de mnrine. Petit bâtiment armé.

— REM. L'Académie écrit courir par une seule r, et courrier par deuxr; l'ancienne orthographe, qui est encore dans Furetière, est Courier.

— HIST. xiv's. Le chapitre et ses couriers sont en droit d'arrester dans l'enceinte de l'église les bayles et mestraux qui ont négligé de faire payer les gens et les aultres revenus de l'église dans le temps marqué, Ordonn. des rois, t. m, p. 209. || xv* s. Jehan Girard clerc courier et habitué en l'église collégiale de St Julien de Brioude, du cange, cursus. || xvie s. Ayant surpris quelques courriers de Philippus, amyot, Démétr. 28.

— ÉTYM. Courre t; ital. carrière. L'ancien français avait corlieu (voy. courueu à l'étymologie).

COURRIERE (kou-riê-r'), s. f. Mot qui n'appartient guère qu'à la poésie. Les soins d'une si noble et si belle courriêre, mol. le Dép. i, 2. La renommée, enfin, cette prompte courriêre, boil. Lut. n. Telle ne luit en sa carrière Des mois l'inégale courriêre, Et telle dessus l'horizon L'aurore au ma tin ne s'étale, malh. m, t. De ce mois malheureux [août, la St-rsarthélemy] l'inégale courriêre [la lune] Semblait cacher d'effroi sa tremblante lumière, volt. Henr. n. Des nuits l'inégale courriêre S'éloigne et pâlit à nos yeux, bernis, Quatre part, jour, matin.... Leur armure guerrière Semble éclipser des nuits la brillante courriêre, delille, Paradis perdu, iv.

— êtym. Courrier.

t COURROI (kou-roi), s. m. Rouleau sur lequel on étend les étoffes de laine sortant de la teinture. || Apprêt donné au sable par le fondeur.

— Etym. Même mot que couroi, corroi.

COURROIE (kou-roî), s. f. || 1° Lanière de cuir.

Attacher avec des courroies. Nouer, serrer, lâcher la courroie. || Fig. Allonger, étendre la courroie, user avec économie des ressources dont on dispose; et aussi, étendre les profits d'un emploi au delà de ce qui est permis || Serrer la courroie à quelqu'un, restreindre les ressources qu'on lui procure. || Lâcher la courroie, laisser faire, donner des facilités. 11 [le régent] se garderait bien de lâcher à l'empereur la courroie assez longue pour que sa puissance pût s'augmenter, st-simon, B2i, 472. || Faire du cuir d'autrui large courroie, ne pas ménager la bourse d'autrui. || 2° Bandes de cuir qu'on emploie quelquefois pour communiquer les mouvements. || Courroies de guindage, liens de cuir qui servent au carrosse. || Ancien proverbe. Mieux vaut ami en voie que denier en courroie [la courroie était la ceinture, la bourse], c'est-à-dire, en voyage, il vaut mieux trouver un ami que d'avoir de l'argent en sa bourse.

— HIST. xi* s. Les mains [ils] lui lient à curreies de cerf, Chr. de Roi. cclxxii. || xiv s. [Ils] portent bones coreges por les mieux esfreer, Ronc. p. 201. Mainte en i a ceinte d'une corroie, Oui leur ami ne font fors de guiller [tromper] , quesnes, Romancero , p. 87. Dune veneit à Robert, e sil feseit lever, Baillout lui les curgies à lui discipliner, Th. le mart. 403. S'il eussent sun cors tut nu à nu cergié [cherché, examiné] Des curgies l'eussent trové tut despecié, ib. 4 56. Elle tenoit une corgie Dont la mule [elle] feroit [frappait] grans cous, la Charrette, 2784. y xui* s. Nus ne puet estre baudroier à Paris, ce est à savoir conreeur de quir por fere courroies à ceindre et por fere semeles à souliers, se il n'achate le mestier du Roy, lit;, des met. 224. En ton lardier le saleras Et de la pel fere porras Coroies à copier flaiaus, Ren. (6027, Adès vaut miex amis en

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voie Que ne font deniers en corroies [bourse], la Rose, 4964. Devant la table le roy, endroit le comte de Dreuez, mangoit monseigneur le roy de Navarre en cote et en mantel de samit bien paré de courroie, de fermait et de chapeld'or, joinv. 205. Quant frère Remon oy ce, il se desirra [déchira] jusques à la courroie et prist à arracher sa barbe, et crier: ai mi, ai mi, id. 283. || xiv s. C'est à savoir que Venus la trisceresse née de Cypre avoit une diverse et variable corgiere ou courroie, oresme, Klh. 2110. Pour ce dist uns proverbes: miex vaut trouver en voie Un boin certain ami, que denier en coroie, Raud. de Seb. I, 1048. || xv s. Cuident ilz [les menteurs] du monde tenir Tous les deux bout/, de la courroye? C'est folie, que vous diroye? en. d'orl. Bail. toi. Et je les pren; point ne m'ennuie: Si les pendray à ma couroie, la Pass. de N. S. J. C. Ha Madame, dit madame à la royne, vous taillez larges courroies d'autruy cuir, Jéh. de Saintré, ch. 24. i| xvi* s. II lui donna un coup de pistolet dans la

coroie de la salade, d'aub. liisl. ni, 66 Où pendent

sur le haut les courayes funestes (Je tremble en le disant) des homicides cestes Taillez de cuir de bœuf qu'on assomme à la mort, Pelu, non courroye, large, puissant et fort, bons. 849. 11 veut avoir les deux bouts de la courroie et le milieu, cotgrave. Qui cuir voit tailler, courroye en demande, id.

— ETYM. Berry , courrait; bourguig. corroo; wallon, coriète; namurois, scoriète; rouchi, ecoriète ; liégeois, corie, bande de cuir; provenç. correya, coritja, correja, et aussi au masculin correg, correy, correl: ; catal. corretj, au masculin; espagn. correa; ital. correggia; du latin corrigia, courroie, fouet, de corrigere, corriger. Quant à l'ancien mot corgie, qui a le même sens, il est difficile à expliquer, à cause du déplacement de l'accent, et peut être d'autre origine, à moins qu'on ne suppose que corrigia a donné par métathèse corgiia, d'où corgie.

COURROUCÉ, ÉE (kou-rou-sé, sée), part, passé. Animé de courroux. Dieu courroucé contre son peuple. Car les dieux courroucés contre la race humaine, Régnier, Sat. m. Il regarda d'un œil courroucé sa pauvre bru, ce qui rabattit un peu de sa joie, scarron, Roman corn, n, 8. || Fig. Les flots courroucés.

COURROUCER (kou-rou-sé. Le c prend une cédille devant o et 0: je courrouçais, nous courrouçons, courrouçant), t>. o. || 1° Mettre en courroux. Cette conduite courrouça son père contre lui. || Fig. Déchaîner la tempête et courroucer les flots, delille, Enéide, 1. || 2" Se courroucer, v. réfl. Se mettre en courroux. C'est ainsi qu'un chrétien se venge et se courrouce, corn. Poly. v, 6. C'est contre le péché que son cœur se courrouce, Et l'intérêt du ciel est tout ce qui le pousse, mol. Tart. 1, t. Prompt à se courroucer, enclin à contredire, volt. Catil. u, 3. Rien dont le ciel pût se courroucer, marmont. Contes moraux, Ann. Lub. || Fig. La mer se courrouce.

— HIST. x' s. Si fut Jonas propheta mult correcious et mult ireist, Fragm. de Yalenc. p. 468. Il xi* s. Paien s'en fuient curuçus et irez, t'A. de Roi. OJZ. Si lui a dit: à tort vous curuciez, ib. xxxv. Ne s'en coruce giens [en rien] cil saimismes hom; Ains priet Deu quet il le lur parduinst [pardonne], StAlexis, liv. Il xii* s. Peinez discipline, que nostre sire alquune fiede [aucune fois] nesecuiuist, Liber psalm. p. 2. Sa lance est fraite, moût en est corociez, Ronc. p. 05. Li uns vers l'autre ne se doit corochier, ib. p. 83. Li Saisne s'en tournèrent, n'i ot que correcier, Sax. iv. Moult par fu l'empereres correciez et irais, ib. xv. Aine ne trova li reis qui plus l'ait corecié, Th. le mart. 37. Del saint encens porter el temple s'enhardi; Deus s'en ert cureciez, de liepre le feri, ib. 74. Lai saint iglise aveir ses decrez e ses leis; Ele est espuse Deu, qui est sire des reis; Il s'en corecera, se de rien la descreis, ib. 29. Se comandeit nous est que nous amons nos proïmes [prochains] si com nos mismes, dont [donc] convient que nos corezons à lur visces alsi com à nos, Job, 6i6. Et il n'en poïst estre cruciez, se il ne veïst et oîst les maies œvres de ses proîmes [prochains], ib. 44). y xiii* s. Devant ce que nous vous avons ci conté, vint une novele en l'ost dont li baron furent moult courecié et les autres gens, cai maistres Foulques de Nulli morut , villeh. xlui. Tant doute [elle craint] à courocier Dieu et sainte Marie, Berte, exix Ne sai comment ge vous le die, Car ge vous crtens à correcier, la Rose, 2905. Trop avoit [tristesse] son cuer correcié , Et son duel [deuil] parfont commencié, ib. 3)). C'est le [la] vilonie que nus puist dire, de quoi cil à qui elle est dite se courrouce plus, beaum, xxx, toi. Li lions

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courouchiés pert légèrement son propos, id. v, 40. Et ces choses fesoit il, vous ramentoi je, pource que vous vous en gardez, parquoy Dieu ne se courrousse à vous, joinv. 293. Il xiv* s. Les Stoiciens disent que un bon homme ne se doit onques troubler ne courroucier pour quelconques adversités, oresme, Eth. 24. Se nous nous courçons trop fort ou trop tost, ou trop peu ou trop tart'.... id. t'6. 42. Et pour ce tantost l'en se aîre et couresce , id. ib. H xv s. Car le premier vous n'estes mie Qu'ay courcié en plus grant degré, cit. d'orl. Complainte. Coruciez sommes durement, De vous, chiere dame honorée, Quant ainssy estes démenée, Résurr. de J. C- Et se courroucent quant on leur reffuso, comm. n, 2. Le roy s'en courrouça à luy [s'irrita contre liji de cela], ainsi chascun se teust, id. iv, 9 Je ne sçauroye dire vers qui nostre Seigneur s'es» monstre plus courroucé, ou vers luy qui.... ou vers ses subgectz, id. v, 9. || xvi* s. Comment Dieu seroit il courroucé à la plus noble de ses créatures, veu que les moindres œuvres qu'il a faites lui plaisent? calvin, Instil. 479. Se courroucer afin qu'on se contre-courrouce, mont, m, 144. Valerius ayant entendu de quelques siens amis comme le peuple se plaignoit de cela, il ne s'opiniastra point, ny ne s'en courroucea point à eulx, amïot, Publ. )8. La mer par plusieurs jours se tint fort haulte, et fut toujours fort courroucée, id. Timol 27. Laissons aux Tarentins leurs dieux qui leur sont courroucez, id. Marcel. 34. Il estoit facile à pardonner quand on l'avoit courroucé, id. Pyrrhus, )7. Bien courroucé de peu pleure, leroux de mncy, Prov. 1. 11, p. 248. S'il s'en courrouce, qu'il s'en deschausse, Cymbabalum mundi, p. 104, dans lacurne.

— ÊTYM. Wallon, corci; rouchi, courcher, courchier; picard, courcher; provenç. corrossar; anc. catal. corrosar; ital. corrucciare (voy. courroux).

COURROUX (kou-rou; l'a se lie: un kou-rou-z aveugle), s. m. || 1° Sentiment d'irritation : s'emploie en poésie et dans le style soutenu. Et même ses courroux, tant soient-ils légitimes, Sont des marques de son amour, mai.h. 1, 6. Et si de mes discours vous entrez en courroux, Régnier, Élég. 6. Sans de l'une ou de l'autre allumer le courroux, corn. D. Sanche, H, 4. Je sais que mes crimes Vous ont causé souvent des courroux légitimes, rotr. Vencest. v, 4. Je ne sais qui me tient, infâme, Que je ne l'arrache les yeux, Et ne t'apprenne où va le courroux d'une femme? mol. Amph. 11, 3. Mais si la cruelle Se met en courroux Au récit fidèle Des maux que je sens pour elle, Oiseaux, taisez-vous, id. la Princ. n, 2'interm. se. 3. Quoi! Tout ce grand projet qui m'a mise en courroux, m. l'Étour. 1, 10, Il se met en courroux, id. ib. 1, 2. Un aveu dont d'abord elle a paru contente Faute d'avoir le temps de s'en mettre en courroux, la font. Fianc. Laisse-t-elle un moment respirer son époux, Ses valets sont d'abord l'objet de son courroux, boil. Sat. x. Un esclave est pour elle un objet de courroux, hac. Alex. 1, 2. Je ne condamne plus un courroux légitime, id. Andr. 11, 4. Poursuivez, s'il le faut, un courroux légitime, id. Baj. v, 4. Et ce juste courroux, Ainsi qu'à tous les Grecs, seigneur, vous rend à vous, id. ib. 11, 6. Ce courroux enflammé, id. 10. m, ). Jouissez à loisir d'un si noble courroux, id. ib, m, 6. Dieu parle, et d'un mortel vous craignez le courroux! id. Esth. 1, S. Comment ce courroux si terrible En un moment s'est il évanoui? id. ib. 11, 9. Croyezmoi , plus j'y pense et moins je puis douter Que sur vous son courroux ne soit près d'éclater, id. Ath. I, 4. Ces nations frémissaient de courroux, rtn. Tel* xi. Il II se dit aussi de quelques animaux nobles ou féroces. Le courroux du lion. || 2" Fig. Où la vague en courroux semblait prendre plaisir À feindre de le rendre [le corps de Pompée] et puis le ressaisir, corn. Pomp. v, ). Ma fortune va prendre une face nouvelle, Et déjà son courroux semble s'être adouci, rac. Andr. 1, ). Des astres ennemis j'en crains moins le courroux, id. Esth. 11, 7. Comme Neptune de son trident apaise les flots en courroux, FEN. Tél. xxin.

— SYN. courroux, colère. Ces deux mots diffèrent non par le sens qui est le même, mais par l'emploi; c'est-à-dire que colère appartient à tous les styles, tandis que courroux n'appartient qu'au style soutenu et à la poésie.

— HIST. xi* s. Qui tort eslevera , ou faus jugement fera par curruz, loi* de Guill. 4) . || xn* s. Curuz de rei n'est pas gius [jeu] de petit enfant ; Qu'il couience à haïr, seit pur poi u pur grant, Jamais ne l'amera en trestut sun vivant, Th. le mart. 38. Seignur, fait-il, j'apel; kar mestier en ai grant : Car cist curuz me vait mult durement grevant, ib. 4). [Ils]

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ferirent les pecheors en lor ire e les félons en lor corroz, Machab. I, 2. Se il pecchent envers tei, e tu par curuz les livres à maie veue à lur enemis, flots, 203. |] xm* s. Berte la debonaire sans corous et sans ire, Berte, xiv. Si en oten son cuer si grant courou et si grant ire que.... Chr. de Rains, p. 68. Li pors qui tant curu avoit Que trestout aveglez estoit De lasseté et de corrot, En l'espié se feri debot, lien. 225 H. Ens ou milieu je vi haine Qui de courrous et d'ataïne [querelle] Sembloit bien estre moveresse, la Hose, 4 r>o. Il ot peur que s'il ne fesoit sa volonté, qu'il ne moreust en couroz ou en hayne, beaum. xn, 35. Métiers est à celi qui se melle d'ofice d'avocat, qu'il sace souffrir et escouter sans courous, u>. v, -10. Quant aucuns a son enfant mort, si comme par fu.... on n'en doit rien demander au père ne à le [la] mère, car li grant courous qu'il en ont les doit délivrer du damace temporel, id. lxix, 5. Le roy respondi que il en pooient faire leur volenté; car il amoit miex mourir bon crestien, que ce que il vesquit ou courrous Dieu et sa mère, joinv. 247. || xv* s. Et adonc le duc d'Orliens par grant couroulzlui dist : Monseigneur, je n'ay point rompu la paix, fenin, t4t4. || xvi's. Laquelle ne feroit qu'aigrir nostre courroux, calvin, Instit. 162. Courroux est vain sans forte main, leroux de lincy,

ProV. t. II, p. 278.

— ÉTYM. Ane. wallon, coroche; provenç. carrolz; Ual. eorruccio. Ëtymologie difficile. On a indiqué le latin coruscare, briller; mais le sens ne convient pas. Raynouard le rattache à cour, sans indiquer comment s'est faite la dérivation. Diez le tire de choiera, proprement nile, et figurément colère , par l'intermédiaire d'une forme coleruccio; mais, s'il en est ainsi, comment se fait-il qu'en aucune des formes ne paraisse VI étymologique? On devrait trouver ce mot écrit quelquefois colrouz. X l'appui de son dire, Diez cite l'ancien français eourine qui signifie aussi colère, et qu'il dérive de choiera, par une forme cholerina; mais là aussi, d'une part, on regrette de ne pas trouver parfois coulrine, et d'autre part on a, dans le provençal, coreilla, corilla, qui paraît le même que eourine et qui dérive de cœur. En étudiant de près les formes du mot, on en trouve deux au régime singulier, l'une plus rare qui est corrot, et l'autre plus commune qui est corrouz. La première correspond à l'italien corrotto, deuil, et est évidemment un substantif fictif corruptus, dérivé du participe corruptus. Que corruptus ait pu donner coi-rot, et ruptus, rot, c'est ce que prouvent les exemples suivants : Icellui suppliant a congneu [avoué] que ses diz tesmoings il avoit induis et corroz [corrompus], ducange, corrumpere. Roz [rompus] [il] ot les laz del heaume de Bavière, Bat. d'Aleschans, v. 622. Corrot paraît entraîner courroux et le rattacher à corruptus, par l'intermédiaire d'une forme corruplium. On conçoit sans peine que corrumpere ait pris le sens d'aigrir, mettre en peine, irriter; d'ailleurs le fait est certain pour le français corrot, et l'italien corrotto. L'italien cruccio, crucciare, est une contraction de eorruccio, corrucciare , contraction qui se trouve aussi dans l'ancien français (crucier, voy. l'historique de courroucer). Une autre contraction française de courroucer est couicier, de courrecier pour courroucer.

t COUUROYER (kou-ro-ié), v. a. Mettre au courroi.

— ÉTYM. Voy, COHROI.

f COURROYEUR (kou-ro-ieur), s. m. Ouvrier qui

courroie les étoffes.

— ÉTYM. Corroyer.

COURS (kour ; quelques personnes prononcent Vs, disant kours', ce qui est mauvais; l*« ne se lie pas: kou-r éternel des astres; cependant quelques personnes lient cette s : le kour-z éternel), s. m. || 1° Action de courir, cheminement, progrès, au propre et au figuré. Que d'un cours si rapide La victoire vous ait ramené dans l'Aulide, rac. Iphig. i, 2. C'est pour vous qu'on l'a vu, vainqueur de tant de princes, D'un cours impétueux traverser nos provinces, id. Alex, il, 4. Un entretien dont le cours m'importune, id. Bérén. I, 3. Et pour trancher le cours de leurs dissensions, corn. V. Sanche, i, 2. Pour rompre le cours à toutes les dépenses, mol. le Bourg, v, 2. Il faut, dis-je, pour rompre à toute chose cours.... id. l'Élour. i, 9. Il a arrêté le cours d'une corruption publique, pasc. Prov. 8. La violence et la vérité ne peuvent rien l'une sur l'autre.... La violence n'a qu'un cours borné par l'ordre de Dieu, qui en conduit les effets à la gloire de la vérité qu'elle attaque, id. ib. <2. Quand ce grand Dieu a choisi quelqu'un pour être l'instrument de ses desseins, rien D'en arrête le cours, boss. Reine

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d'Anglet. Hé quoi ! votre courroux n'a-t-il pas eu son cours? rac. Ândr. i, *. J'ai cru que votre amour allait finir son cours, id. Bérén. v, 7. De mes inimitiés le cours est achevé, m. Andr. i, 4. Des exemples qui arrêtent le cours de l'iniquité, fén. Tél. xn. Toutes ses passions reprirent leurs cours, m. ib. xvi. || Interrompre le cours d'une chose, l'arrêter, l'empêcher. Les plaisirs dont jamais le moindre remords n'a interrompu le cours, pasc. Prov. 4. C'est ce qui nous apprend parfaitement la dépendance perpétuelle où nous sommes de Dieu, puisque, s'il en interrompt tant soit peu le cours, la sécheresse survient nécessairement, id. Lettre à Mme Périer, 5 nov. 1648. De combien de soupirs interrompant le cours, Ai-je évité vos yeux que je cherchais toujours! rac. Brit. m, 7. Je te vis.... Toujours de ma fureur interrompre le cours, id. Andr. i , 4. Mais un trouble importun vient, depuis quelques jours, De mes prospérités interrompre le cours, id. Ath. H, 5. || Terme de marine. Voyage de long cours, par opposition au cabotage qui se fait sans presque quitter la côte, tandis qu'on s'en éloigne tous les jours dans le voyage de long cours. On est généralement plus longtemps à se rendre de Dunkerque à Cette que de Nantes à Terre-Neuve; mais, quelle que soit la durée du voyage, le premier est nommé cabotage ou grand cabotage, et l'autre long cours, legoarant. Les deux souris s'embarquent dans un vaisseau qui allait faire un voyage de long cours, fén. xix, 57. || Capitaine au long cours, celui qui commande les navires qui font le long cours. || Terme de filature. L'allée et la venue de la navette, dans les fabriques de soie. || 2° Mouvement réel ou apparent des astres. Que puisses-tu, grand soleil de nos jours, Faire sans fin le même cours! malh. m, 4. Je n'entends point le cours du ciel ni des planètes, Régnier, Sat. m. L'astre qui commence son cours, rac. Hymne. Son char vide [du soleil] faisait son cours ordinaire, fén. Tél. u. || 3" Mouvement d'écoulement, et aussi étendue que parcourt le fleuve, etc. Cette rivière a un cours rapide. Les rivières ne sont guère navigables que dans la dernière moitié de leur cours. Une rivière dont le cours, Image d'un sommeil doux, paisible et tranquille, Lui fit croire d'abord ce trajet fort facile, la font. Fabl. vin, 23. Les bateaux qui suivent le cours d'une rivière, desc. Monde, <0. Les paroles de Mentor étaient semblables à ces paroles enchantées qui calment la mer irritée , font taire les vents et les flots, et suspendent le cours des fleuves, fén. Tél. xi. Le commerce est comme certaines sources ; si vous voulez détourner leur cours, vous les faites tarir, id. ib. ni. Sur un ruisseau rapide Vers la France entraîné, Il s'assied l'œil humide Et le front incliné; Dans ces champs qu'il regrette, Il sait qu'en peu de jours, Ces flots que rien n'arrête Promèneront leur cours, bérang. Exilé. || Un cours d'eau, un ruisseau, une rivière. Les grands cours d'eau qui traversent l'Amérique méridionale. || Donner cours à l'eau, lui procurer de l'écoulement. || Donner cours à ses larmes, les laisser couler. De ses premiers sanglots laissez passer le cours, rac. Bérén. m, 2. Pleurons et gémissons, mes fidèles compagnes; X nos sanglots donnons un libre cours, id. Esth. b. |] Fig. Donner cours à ses transports, à sa fureur. Et laisse-moi, de grâce, attendant Emilie, Donner un libre cours à ma mélancolie, corn. Cinna, m, 2. Je veux pour donner cours à mon ardente haine.... rac. Théb. lv, 4. Nos habitudes ouvrent nos organes et donnent aux esprits un cours facile et prompt, vauven. Pénétration. || Prendre son cours, se dit d'une eau qui prend sa pente. Et fig. avoir origine. Et de là prend son cours mon déplaisir secret, corn. Cid, I, 2. La source d'où la grâce a pris son cours, boss. Dév. 4. || Laisser passer le cours, attendre qu'une eau soit écoulée; et fig. attendre que quelque chose ait cessé. Ulysse.... De ce premier torrent laissa passer le cours, rac. Iphig. i, 4 . || Par comparaison avec le cours d'un fleuve, on dit le cours d'une chaîne de montagnes. L'idée qu'il avait d'établir le véritable cours de la ligne des montagnes qui commence à la mer Noire, vaparallèlementauDanubejusqu'aumontSt-Gothard el continue jusqu'à la Méditerranée, fonten. M arsigli. || 4° Par analogie. Le cours du sang. U faut que cette humeur ait son cours. Je voudrais que du ciel le barbare secours De mon sang dans mon coeur eût arrêté le cours, volt. Zaïre, m, 3. || 5° Cours de ventre, diarrhée. || 6° Développement, enchaînement. Le cours des saisons, des événements. Je lui prête mon bras sans engager mon âme; Je m'abandonne au cours de sa félicité, Tandis que tous mes vœux sont pour la liberté, corn. Sertur. m, 2. Les choses quelquefois prennent un autre cours, id.

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Nicom. iv, B Mon sang rompt le cours du mal

que j'avais fait, id. ib. v, <o. J'observe comme vous cent choses tous les jours, Qui pourraient mieux aller prenant un autre cours, mol. Mis. i, 4. Ils ne peuvent prévoir le cours que prendra l'avenir, boss. Hist. m, 7. Ce serait à moi qu'il se faudrait prendre du cours qu'ont pris vos deux lettres, m. LHt. quiét. 14). Il n'y a qu'à laisser aller les choses leur cours naturel, mass. Car. F. conf. Il suit le cours des révolutions humaines, id. ib. Voc. Laissant au hasard le cours des siècles et des saisons, in. Av. Noël. Vous ne sauriez... Conter vos malheurs sans conter mon histoire; Et lorsque, ce matin, j'en écoutais le cours, Mon cœur vous répondait tous vos mêmes discours, rac. Mithr. n, 6. Désormais que ma muse , aussi bien que mes jours, Touche de son déclin l'inévitable cours, la font. Poésies mêlées, lxix. Quand on est au cours des plus grandes affaires, rarement tombe-t-on dans certaines petitesses, vauven. Sujétion de l'esprit. [| 7° Durée. La nuit est au milieu de son cours. Le cours de notre existence. Dans le cours de la guerre. J'en romprai bien le cours [de sa vie], corn. Uor. m, 6. Dans le cours d'une seule journée Je suis Héraclius, Léonce et Martian, id. Héracl. v, 6. Mais enfin ce héros, sujet au cours des ans, A trop longtemps vaincu pour vaincre encor longtemps, id. Sertor. u, 4. Tout est vain en l'homme si nous regardons le cours de sa vie mortelle, boss. Duch. d'Orl. Puisqu'à l'âge de 99 ans j'ai assez vécu pour connaître les hommes, et que j'ai vu pendant ce cours toute sorte de personnes, la bruy. Théophr. Av. propos. Dans le cours d'environ trente ans, Marivaux donna sur la scène française et sur la scène italienne environ trente pièces, qu'il partagea à peu près également entre les deux théâtres, d'alemb. Éloges, Marivaux. || Cours de la lune, le temps qui s'écoule depuis le premier quartier jusqu'à la pleine lune. || On dit qu'une maladie a son cours quand elle passe inévitablement par certaines périodes. Je pense qu'il fallait que le mal eût son cours, Régnier, Sat. xm. Il faut que le reste [du mal] ait son cours, et nous comptons sur trois semaines, sêv. 245. Il 8° Enseignement suivi sur une matière. Suivre un cours de chimie, d'algèbre, de littérature. Apprenez, ma fille; faites votre cours [de médecine], id. 387. Outre les leçons publiques, M. Chirac faisait chez lui des cours particuliers, fonten. Chirac. || Traité spécial sur un enseignement. Ce professeura publié un coursde philosophie. || Etudes universitaires. Ce jeune homme a fini ses eours. || Ancien terme de jurisprudence. Recueil de lois, de canons. Cours civil. Cours canonique. || 9° Circulation, crédit. Cette monnaie n'a plus cours. Donner cours forcé aux billets, obliger de les recevoir comme argent. Une monnaie de cuivre qui avait cours il y a deux mille ans, montesq. Lelt. pers. U2. Semblable à une monnaie qui n'a point de cours, la bruy. i. || Par extension, se dit des écrits ou idées qui ont circulation et crédit. Plusieurs copies qui eurent cours par la ville, hamilt. Gramm. 4). Ces ouvrages [de parti] ont cela de particulier qu'ils ne méritent ni le cours prodigieux qu'ils ont pendant un certain temps, ni le profond oubli où ils tombent, la bruy. i. Les choses qui ont cours [qui sont usuelles] , id. xm. Un ouvrage qui n'ait nul cours [nulle vogue] , id. xn. Jusqu'à ce qu'ils aient vu le cours que l'ouvrage aura dans le monde, id. i. Les erreurs qui ont aujourd'hui cours dans le monde, mass. Myst. Visit. Il m'npprend un jargon qui a cours dans l'Europe, volt. Amabed, 4. En général la satire a peu de cours dans les grandes villes, J. J. rouss. Ilél. u, 9. || Donner cours aune monnaie, à un papier; et, par extension, donner cours à un bruit, à une opinion. Le commerce de tant de peuples divers, autrefois étrangers les uns aux autres, et depuis réunis sous la domination romaine, a été un des principaux moyens dont la Providence se soit servie pour donner cours à l'Évangile, boss. Hist. m, 4. Les manières polies donnent cours au mérite, la bruy. v. || 10° Terme de commerce. Valeur sur le marché. Acheter des marchandises au cours de la place ou du marché. Rien n'eut cours ni crédit, la font. Fabl. vu, U. || Fig. C'est le cours du marché des affaires humaines , Régnier, Sat. xu. La vertu.... Se transforme aux humeurs , suit le cours du marché , id. Sat. v. || 11° Terme de bourse. Le cours est ouvert. Le cours du change, de la rente, des obligations. Les cours sont élevés, les fonds sont en hausse. Puisque le change, dans son cours, éprouve nécessairement des hausses et des baisses alternatives, il est évident que Ifs marchands, tour à tour, donneront tantôt une plus

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grande somme pour une plus petite, tantôt une plus petite pour une plus grande, condillac, Comm. gouv. i, 4 7. [| Cours moyen, cours également distant du plus haut et du plus bas de la bourse courante. Acheter de la rente au cours moyen. || 12° L'étendue d'une chose en longueur. Une tapisserie de dix métrés de cours. |[ 13° Terme d'architecture. Cours de plinthe, plinthe de pierre ou de plâtre continuée dans les murs de face , a l'effet de marquer la continuation des étages. || Cours de pannes, réunion de toutes les pannes pour faire la longueur du comble. || Cours d'assise, rang continu de pierres dans une bâtisse. || 14° Lieu agréable qui est un rendez-vous pour se promener à certaines heures à cheval ou en voiture, et qui est ordinairement en dehors de la ville. Au xvii* siècle, le cours du mardi gras se tenait au bout du faubourg St-Antoine. Hyde-Park, comme on sait, est le cours de Londres, hamilt. Gramm. 7. Il se promène avec des femmes à la plaine ou au cours, la bbuy. vu. En revenant à Paris, nous trouvâmes au cours presque toutes les filles de qualité à marier, st-sim. 28,72. Il Nom de promenades publiques dans des villes. || 15° Terme de liturgie. Cours ecclésiastique, heures canoniales ou bréviaire.

— HIST. xi" s. [Il] Descent à pied, alet i est plein curs, Ch. de Roi. ccn. || m* s. El curs del tens e del termine Oui est, qui vient et qui sera, benoît, n, 4 023. Cum li fluies [fleuve] remfle suvent E creist pur la mer dtisqu'en som Par les curs de la luneison, id. n, 3022. || xiu* s. Des douze signes par coi li solaus fait son cours, alebrant, f° 4. Des testamens ont hui ces deux ordres [les moines mendiants] le cours ; Et si s'en entremetent par commun entrecours; Testamens, sépultures leur font si grant secours, Que de quanque il leur fault treuvent ilec recours, j. de mbung, Test. 906. Le cours de nostre vie humaine, id. Tr. 96. Gardez-vous del trot ou del cors, Fabl. et contes anc. t. n, p. 4 86. || xiv" s. Elle [la monnaie] n'a pas son pris ne son cours par nature, mes par la loi et par ordenance humaine, oresme, Eth. 4 52. Et lesorsd'ingremanche [nécromancie] scet-elle bien user, Et le cours des esteles scet-elle regarder, Baud. de Seb. xu, 730. || xv s. Je savoie bien que encore au temps à venir sera cette haute et noble histoire en grand cours , et y prendront tous nobles et vaillans hommes plaisance et exemple de bien faire, froiss. m, m, 4. Et au corps ils avoient le cours du ventre dont ils mouroient sans remède, id. ii, m, 83. L'escuyer anglois qui venoit là le cours [en courant] pour lui aider, n'y put venir à temps, id. n, u, 85. Il faut que les choses aient leur cours, id. ii, ii, 4 42. Mais il convient que je l'endure, Puisque c'est le cours de nature, ch. d'orl. Bail. 98.... tant d'ordure y a cours [à la cour] Qu'eureus est cils qui ne la poursuit mie, e. desch. Douleur advenant à ceux qui suivent la cour. X vostre mort [vous] courez plus que le cours; Trop me merveil comment vie vous dure, id. Vie dissipée. Pour congnoistre selon les espaces des charpenteries, à veoir le cours des lois par un descours seulement, quans milliers de clou et de latte et de tieulle il aura sur un toit, m. Poésies mss. f° 394, dans lacurne. Escoliers qui vuellentestreJicentiés en médecine doivent oïr en la dicte science par cinquante six mois ou par six ans à ordinaire et à cours, non comptées les vacations d'entre Saint Père et la Sainte Crois, Ord. des rois de Fr. t. il, p. 70. || xvr* s. Diane en l'onde il vaudrait mieux trouver Ou voir Meduze, ou au cours s'e^prouver Avecques Atalante.... dubell. vu, 26, verso. Mettre en traficque la raison, et donner aux loix cours de marchandise, mont, i, 448. J'avois achevé mor. cours [mes études], id. i, 4 96. On laisse ce vain coure à son auctorité, id. ii, «o. Leur monnoye de fer n'avait point de cours aux autres villes de ta Grèce, amyot, Lyc. 44. Aucunes rivières ne furent destournées de leurs cours, id. Fab. 6. La roideur du cours delà rivière, id. Tim. 42. Ne pouvant demeurer oisif sans rien faire avec un si bon nombre de galères, il s'en alla en cours, où il prit quelque» isles, id. lysand. 4 6. Il envoia quelques^ galleres et fustes en la mer pour descouvrir; ceux-là n'eurent pas fait grand cours qu'ils rencontrèrent Uluzali, d'aub. Uist. n, 202.

— ËTYM. Bourguig. cor de ventre; provenç. cors; esp. curso; ital. corso; du latin cursus, de currere (voy. courir).

f COURSABLE (kour-sa-bf) adj. Qui a cours. Nos lois monétaires sur la fabrication veulent que nos espèces aient une valeur coursable supérieure à celle de la matière, hirabeau, Collection, t. v, p. 86.. [\ Inusité.

— ÊTYM. Prov. corsable, qui a cours; du latin cursus, cours (voy. cours).

COURSE (kour-s'), s. f.\\ 1° Action de courir; genre de locomotion qui consiste à aller très-rapidement en penchant le corps en avant. La course diffère de la marche en ce que, tandis que dans la marche il y a toujours un des pieds qui touehe le sol, dans la course il y a un moment où aucun des pieds ne touche le sol. Prendre un lièvre à la course. La course n'est pas la seule chose qu'elles [les femmes] fassent maladroitement, mais c'est la seule qu'elles fassent de mauvaise grâce, J. J. rouss. Ém. v. Nous faisions régulièrement la lieue de poste de 4000 mètres en 15 et 46 minutes.... La pratique avait fini par nous faire trouver toutes simples ces longues et rapides courses.... Après bien des expériences, j'ai remarqué que la vitesse la plus convenable pour toutes les classes d'hommes était celle de 400 pas par minute, et la longueur la plus rapprochée de la moyenne, de un mètre d'un talon à l'autre, laisné, Gymnastique pratique, p. -54. Pas de course gymnastique sur place : au premier commandement, les élèves fixeront leur attention et porteront tout le poids du corps sur la jambe droite ;■ à celui de en position, ils lèveront la jambe gauche en avant en baissant la pointe du pied et de manière à ce que la cuisse forme un angle droit avec elle; au commandement de marche, ils s'enlèveront un peu sur le pied droit, puis ils retomberont immédiatement sur le gauche; ils en feront ensuite autant sur celui-ci pour retomber sur le droit, et ils continueront en comptant, à haute voix, un, pour tomber sur le pied gauche, et deux, pour retomber sur le droit, id. ib. 66 et 66. || Prendre sa course, se mettre à courir. Ayant pris sa course avec tant d'ardeur, noss.Impén. 4. || Pas de course, pas militaire plus vite que le pas accéléré et où le corps est en effet penché en avant comme dans la course. Il Marche très-rapide, sans que pour cela on coure précisément. La reine dont ma course a devancé les pas, rac. lphig. 1, 4. Elle-même tantôt, d'une course subite, Était venue aux Grecs annoncer votre fuite, id. ib. v, 6. || Fig. Jason de tant de maux borna soudain la course, corn. Toison, 1, 4. Quoil je verrai, seigneur, qu'on borne vos États, Qu'au milieu de ma course on m'arrête le bras, id. Nicom. 11, 3. Les apôtres n'avaient pas encore achevé leur course, boss. Hist. n, 7. Ensanglanter la fin d'une course si belle, rac. Alex, v, 2. Si les bonnes gens vivent encore, ils ne sauraient être fort éloignés du dernier moment de leur course, la font. Psyché, 1, p. 63. Voulez-vous sans pitié laisser finir vos jours? Quelle fureur les borne au milieu de leur course? rac. Phèd. 1, 3. Ou si quelque chagrin en [de vos plaisirs] interrompt la course, m. Brit. n, 3. Ne murmurons donc plus contre les destinées Qui livrent sa jeunesse au ciseau d'Atropos, Et ne mesurons point au nombre des années La course des héros, J. b. rouss. Odes, 11, 4 0. Quoique enlevé au commencement de sa course, il n'est point d'âme sensible et vertueuse qui ne doive envier une mort telle que la sienne, d'alemb. Éloges, la Trem. Il 2° Joute où l'on s'efforce de l'emporter par la vitesse. Course à pied, en char. Le chevalier avait fait une course de chevaux, hamilt. Gramm. 4 4. Entre les différents exercices que cultivaient avec tant de soin les athlètes pour se donner en spectacle dans les jeux publics, la course était celui qui tenait le premier rang; c'était par là que commençaient les jeux olympiques, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. v, p. 76, dans pougens. || Épreuves que l'on fait subir aux chevaux pour juger de la vitesse de leurs allures et de leur vigueur à franchir des obstacles. Courses de vitesse ou de race, celles qui se font au galop. Courses d'ép^uve, courses de production, celles qui se font au trot. Courses plates, celles qui se font sur un terrain non accidenté. Courses des barrières, courses au galop dans les hippodromes, où l'on place de distance en distance des obstacles consistant en barrières, en haies mobiles. Course au clocher, celle qui se fait à vue de but et par la voie la plus courte à travers champs, haies et fossés. H 3° Attaque dans un tournoi. En trois courses il rompit trois lances. || Au jeu de bague, course de tête, exercice par lequel on apprend à atteindre un certain but qui est figuré par une tête. [| 4° Allées et venues, démarches pour une affaire. Faire bien des courses par la ville. || Plus particulièrement. Ce petit clerc, ce commis n'est employé que pour faire les courses || 8° Excursion. Les courses de nos savants dans ce pays en font connaître les antiquités. Il renonce aux courses ingrates, Revient en son pays, voit de loin ses pénates, Pleure de

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joie et dit : heureux qui vit chez soi, De régler ses désirs faisant tout son emploi! la font. Fabl. vu, 4 2. Il est ravi que vous ayez fait cette jolie course, sbv. 4 42. y 6° Trajet, distance. Il y a une très-longue course d'ici chez vous. || Trajet que fait une voiture de place d'un endroit à un autre. Prendre un fiacre à la course. || Ce que gagne un courrier, un cocher, un portefaix pour le chemin qu'il a parcouru. H 7° Cours des astres, des fleuves. Eh! qui guide les cieux en leur course rapide? la font. Fabl. x, 1. D'un ruisseau qui peut nuire, interrompre la course, boursault, Ésope à la cour, v, 6. Les fleuves étonnés remontent vers leur source, Les astres de la nuit interrompent leur course, 1. n. nouss. Cantate, Circé. Le Tibre, doit le ciel favorise la course, delille, Enéide, vm. || 8" Terme de guerre. Expédition qu'une troupe fait en pays ennemi, en vue du butin. Les Scythes ont plutôt fait des courses que des conquêtes, boss. Hist. m, 3. Les barbares faisaient quelques courses et ravageaient, id. Égl. 1. Pourquoi tenter si loin des courses inutiles? rac. ilithr. 111, 4. Nous n'allions jamais en course qu'accompagnés de vieilles sorcières, volt. Ph. ignor. 63. C'était beaucoup pour les chrétiens [espagnols] de pouvoir se réfugier dans ces montagnes et d'y vivre de leurs courses, id. Mœurs, 27. || Fig. Sans cette crainte [de la justice], il [l'homme] ferait des courses continuelles sur les autres, lahociikf. Pensées, 22. || 9°Terme de marine. Expédition de corsaires. Armer un navire en course. Aller en course. Une petite flotte et des vaisseaux détachés qui Brest la course, anquet. Ligue, 1, 282. Les Danois et les Normands n'étaient point armés en course et ne savaient guère se battre que sur terre, raynal, Hist. phil. x, 4 9. Il 10° Terme de danse. On appelle ainsi le parcours de l'aire de la danse. On distingue la course en rond et la course en carré. Pour la course en rond, le cavalier tenant sa dame par la main se trouve avec elle sur le rayon du cercle qu'il décrit tout entier; c'est donc une sorte de moulinet double, sinon que les dames ne se tiennent pas par la main. Dans la course en carré, le cavalier menant sa dame fait des pas de côté de manière à occuper successivement les quatre côtés du carre, en faisant toujours face à ses vis-à-vis. La demicourse a lieu quand on ne fait pas le tour entier et que, loin de revenir à sa place, on s'arrête à celle du vis-à-vis après un demi-tour. || 11° Quantité dont un pêne de serrure peut avancer ou reculer. || L'aller et le venir d'une navette, d'un piston. || Terme d'émailleur. Tirer à la course, tirer l'émail en long* filets, après qu'on l'a puisé liquide dans la cuiller.

— HIST. XV s. Et vinrent de course, à pied, l'un contre l'autre [joute de deux chevaliers], froiss. ii, ii, 8t. Pour moy n'avez rien fait encor; Et s'espeluchiez si l'argent, Hz sont de bon or et de gcnt, Du coing du roy, et ont leur course [leurcoursj, eust. desch. Poésies mss. f° 373 , dans lacuiink. Il xvi* s. Sa galère fut arrestée au milieu de sa course par un rémora, mont, h, 4 80. Ce chien pnnt sa course, et se jecta dans le feu, m. n, 483. Les courses et pilleries qu'ilz feirent par l'Italie, amyot, Crassus, 44. Hz en prirent, à course de cheval, plusieurs qu'ils trouvèrent esgarez et errans çà et là parmy les champs, id. il). 54. Il prit à la course le fan, qui estoit une petite biche de pelage estrange, id. Sertur. 4 5.

— ETYM. Provenç. et ital. corsa (voy. cours).

COURSIER (kour-sié; l'r ne se lie jamais; au pluriel, l's se lie: des kour-sié-z ardents), s. m. || 1° Grand et fort cheval de tournoi ou de bataille. || Poétiquement, un noble et beau cheval. Déjà d'un plomb mortel plus d'un brave est atteint, Sous les fougueux coursiers l'onde écume et se plaint, boil. Ëpit. iv. On vous voit moins souvent, orgueilleux et sauvage, Rendre docile au frein un coursier indompté, rac. Phèd. 1, 4. Et mes coursiers oisifs ont oublié ma voix, id. ib. n, 2. Ces superbes coursiers qu'on voyait autrefois, Pleins d'une ardeur si noble obéir à sa voix, id. ib. v, 6. Et fier de porter l'homme et sensible à sa gloire, Le coursier partagea l'orgueil de la victoire, delille, Homme des champs, iv. Il Fig. Le sang remonte à son front qui grisonne, Le vieux coursier asenti l'aiguillon, bbrang. V. sergent. Il Par plaisanterie. Un ânier,son sceptre à la main, Menait en empereur romain Deux coursiers à longues oreilles, la font. Fabl. il, 40. || 2° Dans la marine ancienne, passage de la proue a la poupe, dans une galère, entre les bancs des forçats. || Le canon qui, placé sous le coursier, faisait feu par la proue. Il Dans la marine actuelle, canon de chasse placé à l'avant. || 3° Conduit qui, amenant l'eau d'un biez de moulin , la fait passer au-dessous de ta roue.

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— syn. coursier, cheval. Cheval est le nom simple de l'espèce sans aucune idée accessoire. Coursier renferme l'idée d'un cheval courageux et brillant. Coursier est tellement propre à la poésie ou à a haute éloquence, que l'emploi de ce mot dans le style ordinaire suffit a rendre ridicule celui qui s'en sert, à moins qu'il ne le fasse par moquerie.

— hist. xii* s. Quant il se voit sor son cheval corsier, Ronc. p. 40. Et maint cheval corsier, sor et bai et bauçant, Sax, t. i, p. 88. || xni' s. Et les chevaliers que le roy avoit mis en ses courciers [sorte de navire] pour nos malades deffendre, s'enfouirent, joinv. 239. || xv* s. Si monta au plus tost qu'il put sur fleur de coursier et prit les champs, froiss. i, i, 403. Elle remonta sur son coursier, ainsi armée comme elle estait [la comtesse de Montfort], id. I, i, 474. Et estait appelé ce brigand Bacon- et estoit toujours bien monté de bons coursiers, de doubles roncins et de gros palefrois, id. i, i, 324. Le quel coursier qui estait grand et fort s'escueillit à courir, et emporta le chevalier malgré lui, id 1,1,298. Et avoyent nefs coursieres qui couraient sur les bandes de Normandie pour avoir des nouvelles, id. liv. h, p. 28), dans lacurne. Trois manières sont de chevaux qui sont Pour la jouste, les uns nommez destriers, Haulz et puissans et qui très grant force ont; Et les moyens sont appeliez coursiers, Ceuix vont plus tost pour guerre et sont legiers; Et les derrains sont roncins, et plus bas Chevaulx communs qui trop font de debas, Au labour vont, c'est du gendre villain, eust. desch. Poésies mss. f°234, dans lacurne. || xvi" s. Douze chevaux coursiers d'Hespaigne, carl. iv, 42. Comme ung brave seigneur, monté sur ung furieux coursier, id. n,H. Si se heurtèrent les deux coursiers de front, amyot, Eum. )3. Au baron appartient l'espace du faucon et du destrier; et est entendu destrier un grand cheval de guerre, coursier ou cheval de lance, Coust. génêr. t. n, p. 65.

— étym. Provenç. corsier; espagn. corcel; ital. corsiere; bas-lat. corserius; du latin cursus (voy. course).

tCOURSIÈRK (kour-siè-r'), s. f. Terme de marine. Voy. coursive. On dit aussi coursier.

COURSIVE (kour-si-v'), s. {. Terme de marine. Demi-pont qu'on fait de chaque côté sur les petits bâtiments qui ne sont pas pontés, jj Tout passage pratiqué entre des soutes dans le sens de la longueur du bâtiment.

— hist. xvi* s. Les soldats aux arbalatieres, poupes, rambades, proues et coursies, tant bien en point et tant bien armez d'armes si claires et reluisantes que c'estoit une très belle chose à voir, brant. Cap. fr. t. il, p. 48, dans lacurne.

— ETYM. Course; ital. corsia.

4. COURSON (kour-son), s. m. Terme de jardinage. Branche taillée courte par opposition à d'autres taillées longues. || Courson ou, au féminin, coursonne, bois qu'on taille tous les ans sur les branches charpentes de la vigne, et qui porte le produit de la bourre ou œil. || Branches couisonnes, sur le pêcher, celles qui, placées sur la charpente, portent la branche à fruit de l'année.

— ÉTYM. Court.

t 2. COURSON (kour-son), s. m. Sorte de fer trèsdoux, du Berri.

t 3. COURSON (kour-son), s. m. Term<> de pêche. Endroit dans une rivière où il reste des pieux ou des vestiges d'un ancien moulin.

f COURSONNE (kour-so-n') , s. f. Voy. COURSON t.

COURT, COURTE (kour, kour-t'; usage variable pour la liaison du t; les uns disent : un kour espace de temps; les autres : un kour-t espace de temps; au pluriel, même incertitude pour fit; quelquesuns disant : les kour espaces de temps ; plus souvent: les kour-z espaces de temps), ad}. || 1° Qui a peu de longueur. Cheveux courts. Herbe courte. Manteau court. Que le chemin est court d'un palais au tombeau ! rotr. Bélis. v, 4. Il a bien jugé que le pluscourt chemin de persuader était de plaire, balz. liv. vi, lett. 5. J'en vis plusieurs s'approcher sur une espèce de courte allée qui séparait en deux le terre-plein, j. j. rouss. Hél. iv, 44. || Anciennement, prévôt, lieutenant criminel de robe courto, juge qui porte l'habit court et l'épée, qui n'est pointgradué; ces juges étaient particulièrement établis pour la capture et le jugement des voleurs et des vagabonds. || Terme d'anatomie. Vaisseaux courts , artères et veines qui s'étendent de la rate au grand culde-sac de l'estomac. || Courte paume, courte boule, jeu de paume ou de boule renfermé dans un espace étroit, et où l'on ne pousse pas la paume, la boule de toute sa force, mais où l'on fait voir plus d'a-

dresse en la menant en des endroits limités. || On dit d'un homme adroit et habile, que l'herbe sera bien courte s'il ne trouve à brouter. || Fig. Son épée est trop courte, c'est-à-dire il n'a pas assez de crédit, de capacité, de force pour.... On dit dans le même sens : il a les bras trop courts. || Tirer à la courte paille, décider par le sort au moyen de plusieurs pailles dont la plus courte assigne ce dont il s'agit à celui à qui ello échoit. || Faire la courte échelle, présenter son dos comme marchepied à quelqu'un qui veut escalader un mur. Escalader un mur à la courte échelle. Et, figurément, faire à quelqu'un la courte échelle , lui faciliter les moyens d'arriver à son but. || Tenir quelqu'un de court, lui laisser peu de liberté. Mme de Marsan ne fut regrettée ni des siens, ni de son mari qu'elle tenait de court, et qui demeurait riche usufruitier d'une partie de ses biens, st-sim. 73, 203. Le duc de Bourgogne était peu accompagné, et de personne qui le tint de court, id. 306, 3. Ne sachant à qui nous en avions, on nous tenait de plus court qu'auparavant, J. J. rouss. Conf. I. || Prendre quelqu'un de court, ne pas lui laisser assez de temps pour faire la chose dont il s'agit. On l'eût pris de bien court à moins qu'il ne songeât A l'endroit où gisait cette somme enterrée, la font. Fabt. iv, 20. || Terme de poterie. Pâte courte, pâte qui ne s'étend pas beaucoup. Cette porcelaine diffère essentiellement des autres, en ce qu'elle est faite d'une pâte plus courte, qu'elle est très-dure et très-solide, raynal, Hist. phil. v, 27. || 2"0ui a peu de taille. La trop courte beauté monta sur des patins, la coquette tendit ses lacs tous les matins, boil. Ép. ix. Ce peuple imitateur, ce singe de lacour A commencé depuis un jour D'humilier enfin l'orgueil de ses coiffures; Mainte courte beauté s'en plaint, gronde, tempête, Et, pour se rallonger consultant les devins, Apprend d'eux qu'on retrouve en haussant ses patins La taille que l'on perd en abaissant la tête, chaul. Pour Mme de Lassay. || Terme de manège. Cheval court, celui dont le corps a peu de longueurdugarrot à la croupe. || Terme de chasse. Longue levrette et court lévrier. || 3° Insuffisant. 11 vint des gens qu'on n'attendait pas, et le dîner se trouva court. Le bouillon est un peu court, mettez-y de l'eau. Tu diras qu'aux coffres du roi L'argent est court comme chez moi, boisrobert, Ép. xn. Voilà ce qu'un marchand appellerait le nécessaire, mais le nécessaire est bien court entre ceux qui trafiquent d'esprit, dider. Lett. à M. de Ramsay. Depuis lors mes finances ont souvent été fort courtes, mais jamais assez pour être obligé de jeûner, j. j. rouss. Conf. iv. || Avoir la vue courte, ne pas voir de loin. Pour servir à ceux qui ont la vue courte, desc. Diopt. 2. La faiblesse de sa vue, qui était si courte qu'il ne voyait pas à dix pas, fonten. l'Hôpital. Et fig. N'avoir pas assez de sagacité, de prévoyance. On dit dans le même sens : un homme à courte vue. On dit aussi : des vues courtes, il n'a que des vues courtes. || Terme de marine. Un navire aie vent court, quand il n'atteint que difficilement, à la bordée, le point vers lequel il se dirige. || Fig. Avoir l'esprit court. La sagesse humaine est toujours courte par quelque endroit. M. Basnage ne s'aperçoit pas, tant ses lumières sont courtes, qu'il est pris par son aveu, boss. Var. déf. 4" dise. § «r.. Cette religion de l'esprit, tout intellectuelle et morale, ils l'ont faite toute physique et matérielle , pour la mettre à leur brute et courte portée, sëgur, Hist. de Napol. vu, 8. || Monnaie courte, monnaie qui n'a pas tout à fait le poids requis. || Eu parlant des personnes, être court de, manquer de. Être court d'argent, de mémoire. Plus heureux cent fois que le roi Si je n'étais court de finance, Régnier, Ép. m. Et que deviendra lors Sfctte publique estime Qui te vante partout comme un fourbe sublime Et que tu t'es acquise en tant d'occasions X ne t'être jamais vu court d'inventions? mol. l'Étour. ni, 4. Fénelon prit Godet pour un homme sans monde, sans talents, de peu d'esprit et court de savoir, st-sim. 34, 436. || Absolument. Être court, n'avoir pas une grande portée d'esprit. C'était [Boufflers] un homme fort court, mais pétri d'honneur et de valeur, st-sim. 207, 38. ||t°Qui est de peu de durée. En hiver les jours sont courts. De quels jours assez longs peut-il borner sa vie, Que notre affection ne les trouve trop courts? malh. n, 4. Toute action, tout temps, tout lieu Était propre à penser à Dieu; Toute heure était trop courte à cette sainte idée, corn. Imit. i, 4 8. Leur amitié fut courte autant qu'elle était rare : Le sang les avait joints, l'intérêt les sépare, la font. Fabl. iv, 48. Comptons comme très-court, ou plutôt comptons comme un pur néant tout ce qui finit,

boss. le Tellier. Qu'importe que sa vie ait été si courte? jamais ce qui doit finir ne peut être long, id. Duch. d'Orl. Les autres ennemis n'ont que de courtes haines, rac. Théb. m, 6. Ces jours, si longs pour moi, lui sembleront trop courts, rac. Bérén. iv, 5. Mais toi seul, ô mon Dieu, par siècles tu mesures Ce temps qui sous tes mains coule éternellement; L'homme compte par jours; tes courtes créatures Pour naître et pour mourir ont assez d'un moment, lamart. Harm. iv, 4. || Courte et bonne, disent les dissipateurs en parlant de la vie. La faire courte et bonne, mener joyeuse vie en mangeant sa fortune et ruinant sa santé. || Terme de commerce. Lettre de change à courts jours, celle qui n'a plus que peu de jours à courir. On dit de même, tirer ou remettre à courts jours, c'est-à-dire pour un terme qui doit bientôt échoir. || 5° Avoir la courte haleine, l'haleine courte, la respiration courte, respirer peu profondément et coup sur coup; être facilement essoufflé. || 6" Bref. Courte harangue. Une courte réprimande. Une courte prière, [llj s'est défait de cet esprit jaloux Avec un compliment encor plus court qu'à vous, corn. Tite et Bérén. m, 4. Je n'ai fait celle-ci plus longue que parce que je n'ai pas eu le loisir de la faire plus courte, pasc. Prov. 46. || Être court, ne pas parler longuement. Monseigneur, vous avez d'autres affaires que celles du pays de Gex, ainsi je serai court, volt. Lett. Turgol, 22 déc. 4 775. || Pour le faire court, pour abréger. Et pour le faire court, Dire qu'il n'est rien.... regnier, Sat. ni. Il le prit en homme de courage, En galant homme, et, pour le faire court, En véritable homme de cour, la font. Joc. Enfin, pour faire court, l'aventure fut telle.... mairet, Soliman, i, i. On lui dit, pour faire court, Qu'il mette ordie à ses affaires, la font. Glout. || 7° Prompt et facile. Les moyens les plus courts pour réussir. Le plus court expédient. Le général a plus court de céder, mais d'éviter à les avoir dans son armée [les gendarmes et mousquetaires], st-simon, 471, 231. Il 8° Courte honte, refus, affront, insuccès. Il en a eu la courte honte. Qu'il serait pris ainsi qu'au trébuchet Et s'enfuirait avec sa courte honte, la font. Confid. Il L'explication de cette locution parait être une honte avec laquelle on demeure court, on est arrêté court. H 9" Substantivement. Le court, ce qui est court. Savoir le court et le long d'une chose, en connaître tous les détails. || Le plus court, le chemin le pluscourt. Quel est mon plus court? En passant par là, vous prenez le plus court. || Fig. Le pluscourt, ce qu'il y a de plus simple, de plus facile. Votre plus court sera, madame la mutine , D'accepter sans façon l'époux qu'on vous destine, mol. Sgan. 4. Il faut qu'avec notre famille Nous prenions dès demaip chacun une faucille; C'est là notre plus court, u font. Fabl. iv, 22. Votre plus court est de ne dire mot, id. Rich. 11 faudrait que votre imagination nous représentât aussitôt leurs figures, elle ne le peut pas; c'est le plus court de croire qu'ils ne sont point, fonten. les Mondes, 6* »oir.|| 10" Court, adv. Couper court, abréger, ou même interrompre. Et moi , pour trancher court toute cette dispute, mol. Femmes sav. v, 3. Laissez un peu de temps agir la maladie; Cela fait, tranchez court; quelquefois un moment Est maître de toute une vie, la font. Quinquina, n. Coupons, morbleu, coupons court Aux erreurs de la jeunesse, bérang. Chapons. Il Couper court àquelqu'un,le quitter brusquement; rompre l'entretien par une parole brève et décisive. Il Se trouver court, être arrêté tout à coup dans une entreprise, faute de moyens, de ressources, de capacité. Les ressources leur ont manqué, et ils se sont trouvés court. Les souscriptions ne vinrent pas, et la compagnie se trouva court. Se trouvant court par celui-là; C'est par l'esprit que je veux dire , la font. Nie. N'as-tu point honte, toi, de demeurer court à si peu de chose? mol. Scapin, 1, 2. Il demeure court dans ses entreprises, boss. Amb. 5. La hardiesse humaine n'aime pas à demeurer court, id. Gornay. Puisque, entreprenant de marquer ces faits, il demeure court dans la preuve, boss. Var. 2'instruct. past. § 8t. Si j'avais mis nos gens à bord [à terre] Sans argent et sans pierreries, Seraient-ils pas demeurés court? la font. Fianc. Il Rester court, tout court, manquer de mémoire, être confondu. Je ne saurais plus écrire; me voilà demeurée tout court, sév. 99. J'aime mieux demeurer court sur cette demande, boss. Satisf. D'où vient que son dictionnaire demeure court en celle-ci? id. Préf. Il a la confusion de demeurer court, la bruy. Thëophr. 27. C'est le plus petit inconvénient du monde que de demeurer court dans un sermon ou dans une harangue, la bruy.

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m. H Tourner court, en parlant d'un cocher qui ne se donne pas assez d'espace pour faire tourner sa voiture. Un cocher risque de verser quand il tourne court. || Par extension. Tourner court, faire un brusque changement de direction. Il tourna tout court sur l'infanterie des Arabes, la Fayette, Zayd, Œuvres, t. I,p. 276, dans lacurne. ||Daus un sens analogue, tomber court. Il est bon que j'imite Phoebus qui, sur la fin du jour, Tombe d'ordinaire si court Qu'on dirait qu'il se précipite, la font. Fianç. || Tourner court, être interrompu brusquement. L'engagement fut d'abord vif, mais il tourna court; l'avant-garde russe se retira précipitamment derrière le ravin, sêgur, Hist. de Napol. iv, 8. || Fig. Tourner court, ue pas ménager les transitions dans sa conduite, dans son langage. Ils [les hommes faibles] tournent si court quand ils changent de sentiments qu'ils ne mesurent plus leurs allures, retz, iv, 49. Tournons tout court, et venons à la conclusion, boss. Réf. On a dit un mot de Chantilly, mais cela est tombé si court qu'il n'en est plus question, sév. 378. || ll°Court-vêtu, qui a un vêtement court. Légère et court-vêtue.... la font. Fabl. vn, 40. La véritable reine reprenait un bon teint frais et vermeil, mais elle était crasseuse, court-vêtue, fén. xix, 6. D'un regard étonné j'ai vu sur les remparts Ces géants court-vètus, automates de Mars, volt. Voy. à Berlin. || Les Orientaux chevauchent court, ils n'allongent pas leurs étriers autant que nous. || Être pendu haut et court, être exécuté à la potence. Sinon, il consentait d'être en place publique Guindé, la hart au col, étranglé court et net, la font. Fabl. vi, (9. On le menace, on lui dit que sous peine D'être pendu, d'être mis haut et court En un gibet, il faut que sa puissance Se manifeste avant la fin du jour, la font. Belph. || 12° Tout court, loc. adv. Sans ajouter un mot, sans plus d'explication. 11 ne fut plus que messire tout court , id. Faucon. Hé bien, monsieur tout court, et non plus monsieur de Sotenville, j'ai à vous dire que.... mol. G. Dand. i, 4. Ce nom de Mademoiselle tout court passa ainsi dans l'esprit du monde pour être affecté à la première petite-fille de France, st-sim. 227, 43. || Brusquement, subitement. Je lisais votre lettre et je m'arrêtais tout court, sév. 52. Quand il lui échappe quelque chose, elle s'arrête tout court, id. 481. Souvent l'on trouvait de l'eau en quantité qui arrêtait tout court les ouvriers et semblait devoir les rebuter pour toujours, rollin, Hist. anc. Œuvres, t. I, p. 243, dans pougens. || Proverbes. On dit d'un homme peu dévot, qu'il fait courte messe et long diner. || Courte prière pénètre les cieux, ce n'est pas la longueur, c'est la ferveur de la prière qui en fait l'efficacité. || Les plus courtes folies sont les meilleures, il convient de se retirer le plus tôt possible d'une mauvaise affaire où l'on est engagé. || Le chemin le plus long est quelquefois le plus court, c'est-à-dire, en se détournant de la route directe on évite parfois des obstacles et on arrive plus vite au but. || X vaillant homme courte épée, un homme courageux n'a pas besoin d'être bien armé, un homme habile n'a pas besoin d'être bien outillé.

— REM. i. Dans le xvn* siècle, les grammairiens ont discuté la question de savoir si une femme devait dire: je suis demeurée courte ou court. Marguerite Buffet voulait que courte fût ici un adjectif et s'accordât. Vaugelas, Chifflet, Th. Corneille ont décidé que court était adverbe et invariable; et tel est l'usage aujourd'hui. Une femme dit : je suis demeurée court. L'interprétation de cette locution est: demeurer dans le court, sans aller jusqu'au bout. j| 2. Une femme doit-elle dire: je suis courte d'argent. Les mêmes giammairiens se sont partagés, Marguerite Buffet voulant qu'une femme dit : je suis courte; et les autres : je suis court. L'Académie en fait, dans cet emploi, non un adverbe, mais un adjectif; et la construction grammaticale ne paraît pas permettre ici un adverbe. || 3. Être court d'argent, et non être à court d'argent, qui est une locution fautive, puisque rien n'y justifie la préposition à.

— HIST. xi* s. Curte la cuisse et la crope bien large, Ch. de Roi. cxm. Espiez [ils] ont forz, et les hanstes sont curtes, ib. ccxxn. || xii" s. Gardez bien ces messages [messagers], car lor vivres est cors, Sax. xxvii. Car joie a corte durée Qui avient par tel folor, Coud, i. Jambes [ils] ont cortes, gros les os, flou, U459. || xiii* s. Chascuns l'a fiancé [promis], cours en fu li sermons, Berte, xxm. Il les tenoient si court, que sept ou huit fois les convenoit le jour armer, villeh. lxxiv. Et nequedent [cependant] il les tenoit si cours qu'il ne savoient pooir de movoir cascuns de son lieu, Chr. deRains, p. 73.

COU

La court retient mieus le court que le lonc, Ass. de J. 46. || xv* s. Lors les seigneurs Poulains luy dirent tout court, qu'ils ne le serviroient plus en tel estât, Ji'h. de Saintré, ch. 60. Incontinent le duc d'Aquitaine coupa court, monstrel. liv. i, ch. 434. Nous avons un de leurs prescherres Tué et lapidé à pierres; Les autres plus en douteront; S'en les tient court, ilz cesseront, Mart. de S. Etienne. { II] Retourna tout court, et [je] croy que, s'il fust passé oultre deux traictz d'arc, qu'il eust été prins comme aucuns autres qui chassoient devant lui, comm. i, 4. Et pour le vous faire court, il séjourna aucuns jours en la cité, u>. H, 4. Et après le disner, lequel fut court et sec, montèrent achevai, louis xi, IVouw. lxxxi. Il les convint départir, voulsissent ou non ; et moult en pesa au chevalier au tref d'argent; mais Gulphar en fut joyeux, car il se sentoit de courte alaine, Perce forest, t. vi, f* 37. Très cher sire, bien est vrai que, quand nous eusmes esté entre vous et moy secrètement ensemble, aucunes fois je vous ay moult court tenu [sollicité] de sçavoir vostre nom et dont vous estes, ib. t. i, f° 39. Pour ce ne laissent pas qu'ilz ne se mettent à la voye par devers la vieille que la jeune damoiselle et ses deux chamberieres tenoient toute courte; car elle s'en vouloit fuyr, «6. f* 45. Lors regarde son compaignon et voit que le chevalier le tenoit si court, qu'il ne pouvoit yssir hors de l'eaue et lui avoit ja fait une playe au cousté senestre, ib. f° 62. Quant je ouy ce, si fus moult courroucé et convoiteux de sçavoir qui il estoit; si la tins de si court [une femme] et tant la requis qu'elle me dist que c'estoit Lancelot, Lancelot du lac, t. in, f° 420. || xvi* s. Il y en a aucuns meschans, lesquels pensent estre leur plus court d'avoir en moquerie toutes religions, calvin, Instit. 283. Et pour le faire court [en un mot] , id. t'6. 605. Il nie plat et court que.... id. ib. 573. L'ennemy ne avoyt pensée plus urgente que de sa retraicte, accompaignée de courte honte, rab. Pant. iv, Nouv. prol. Si mon argent est court, je me recommanderay à voz aulmosnes, id. Épi. i. Demeurer court [à faire quelque chose], id. i, 4 90. Un parler court et serré, id. i, 4 94. Et, en estants assiégez tout court [par la neige], ils furent.... id. i, 262. Si la douleur est violente, elle est courte, id. i, 304. Ces boeufs, ayants faict leur tasche, s'arrestoient tout court, id. il, 474. Je trouvay mon plus court de gaigner les solitudes, id. il, (93. Il tenoit les soldats de plus court, estant prez des ennemis, id. iii, 174. Avoir la veue courte, id. iv, 32. Pirithous ne s'en fouit point, ains retourna tout court au devant de luy, amyot, Thésée, 38. Estant pour lors l'argent fort court à Athènes, ces amendes là estoient fort griefves, id. Solon, 44. Les vivres commencèrent à estre courts aux Gaulois, in. Cam. 4t. En ceste extrême nécessité les Athéniens eurent une courte joye pour 4 50 galères que l'on apperceut près d'yEgine, id. Démétr. 44. Cela ne se peut pas faire des terres sableuses; parce qu'elles sont toutes courtes et vaines [cassantes, sans consistance] , palissy. 305. Les vivres estant courts et chers, d'alb. Hist. I, 2(2. Vienne se trouva en peu de jours courte de vivres, id. ib. m, 349. Les séditieux que l'on tiendra de si court qu'ilz n'oseront entreprendre. ...condb, Mémoires, p. 643. Avons esté contraints de retourner, je n'ozeray dire avecques nostre courte honte; car elle n'a esté que trop grande, pasquier, Lett. t. H, p. 89, dans lacurne. Ayant un désir importun de mon retour, pour en sçavoir moy mesmes, comme l'on dit, le court ou le long, l'Amant ressuscité, p. 486, dans lacurne. Se on ne tient jeunesse bien court, elle sera bien tost gastée, palsgr. p. 697. Tesmoignage de la faiblesse et insuffisance humaine, qui, à faute de bonne monnoye, employé la courte et la fausse, charron, Sagesse, p. 220,

dans LACURNE.

— ÉTYM. Bourguig. cor; provenç. cort; espagn. corto; portug. curto; ital. corto; du latin curtus; sansc. krita, couper.

COURTAGE (kour-ta-j'), s. m. || i* Profession de courtier. Faire le courtage des vins. Les Juifs commencèrent à exercer le commerce, le courtage et l'usure, volt. Phil. v, 306. || 2* Prime qui sert de rétribution au courtier. Un quart pour cent de courtage. H On dit aussi : droit de courtage. Cette affaire [une recommandation au ministre] me mit en goût, et dix pistoles, que je donnai à Scipion pour son droit de courtage, l'encouragèrent à faire de nouvelles recherches, lesage, Gil Bios, vin, 9.

— HIST. xiii* s. Li mesureur ne doivent prendre ne demander, par leur seremens, de la some mesurée que un denier, de la demi some obole, et de mains [moins] noiant, ne pour courralago ne pour

cor

autre choso, Uv. des met. 460. Ge m'entremetdecorretages, Ge faiz pais, ge joing mariages, la Rose, 4(88(. Il xiv s. Il en volent avoir ensi leur courretaige, Baud. de Seb. vu, 680. Il feront l'office de courretier bien et loyaument. Et leur soit deffendu.... sur peine d'estre bannis de la courreterie à tousjonrs-més, que ils ne fassent nuls faux contracts.... 11 ne pourront faire l'office de courreterie.... et ne pourront demander, de leur courretage, for» l'estimation faite d'ancienneté, Ordonnance, février 02t. Les proufis et cmolumens lou couiletaige des vins, du cange, corralagium. \' xv« s. Sa fille de chambre est leans Qui la sert de menus suffrages, Elle a sa vieille aux yeux rians, Oui ue la swrt que de courtages, coquill. Droits noue.

— ÊTYM. Voy. COURTIEa.

t COURTAILLE (kour-ta-ll' , Il mouillées), *. f. Epingle manquée.

— ÊTYM. Court.

j COURTAIN (kour-tin) , t. m. Nom de l'épée d'Ogier le Danois, chevalier célèbre dans les chansons de geste du cycle carlovingien.

t COURTANELLE (kour-ta-nè-1'), 1. f. Variété de raisin.

COURTAUD, AUDE (kour-to, tô-d'), *. m. et f. Il 1* Personne de taille courte et ramassée. Un gros courtaud. || Par dénigrement. Courtaud de boutique, commis marchand. Il n'est courtaud de boutique Qui chez vous ne prenne de vin, Régnier, Mac. Il n'est crocheteur ni courtaud de boutique Qui n'estime à vertu l'art où sa main s'applique, id. Sat. v. Si ce visage de courtaud ne sort tout à l'heure, je m'en vais le jeter par les fenêtres, vise, Devineresse, 1, 43. Et aucun rit de voir les courtauds de boutique, Grossissant à l'envi leur chienne de musique, Se rompre le gosier dans cette belle humeur, Et crier après moi , le valet du menteur, corn. Suite du Ment. 1, 3. Le pauvre petit tabellion, en faveur du voyage, avait arboré le plumet et l'épée pour imposer aux clercs et aux courtauds, dancourt. Foire de Besons, se. 5. || 2" Cheval à qui l'on a coupé les oreilles et la queue. Je fis trois charges sur un excellent courtaud bai brun, st-sim. 4 2, 439. || Courtaud, chien à qui l'on a coupé la queue et les oreilles. [Il] Fait crever les courtauds en chassant aux forêts, rêgnier, Sat. v. || Adjectivement. Un cheval courtaud. Chien courtaud. || Familièrement. Étriller, frotter quelqu'un en chien courtaud, l'assommer de coups. || 3* Instrument de musique, qui est une sorte de basson raccourci, servant de basse à la musette. || 4* Anciennement, nom donné à de petites pièces d'artillerie.

— HIST. iv" s. La vigille S. Martin fut chassé un loup terrible et orrible.... et icellui jour fut prins, et n'avoit point de queue, et pour ce fut nommé courtault, et parloit on autant de luy comme on fait du larron.... et disoit on aux gens qui alloient aux champs : gardez-vous de courtault, Journal de Paris, p. 482, dans lacurne. Laissèrent chevauli et harnoys, sauf que les hommes d'armes en emmenèrent ung courtault chascuns, comm. m, (0. || xvrs. Leur artillerie estoit de six courtaux, deux couleuvrines et deux moyennes, d'aub. Hist. 1, 286. Roumains de Prusse, et doubles courtaux de Dannemark, carl. v, 8.

— ÉTYM. Dérivé de court; génev. courtiaud; Berry, corlaud; ital. cortaldo.

COURTAUDE, ÉE(kour-tfi-dé, dée), part, passé. X qui on a coupé la queue et les oreilles. Cheval courtaude.

COURTAUDER (kour - tô-dé), v. a. Couper la queue et les oreilles à un cheval. || On dit aussi coutauder. || Fig. et familièrement. Il sera courtaude, il sera mal reçu, maltraité.

— ÊTYM. Courtaud.

f COURT-BANDAGE (kour-ban-da-j'), s. m. Sorte de barre de fer. \\ Au plur. Des courts-bandages.

fCOURT-BATON (kour- bà- ton), s. m. Ancienne arme du genre des demi-piques. || Terme de marine. Courbe de charpenterie qui soutient les bouts des bancs et dos barrots. \\Au plur. Des courts-bàtons.

COURT-BOUILLON (kour-bou-llon , Il mouillées) , s. m. Liquide composé dans lequel on fait cuire la poisson. Le court-bouillon se compose d'eau, de vi« naigre ou de vin blanc, de sel, de poivre, girofle, laurier, oignons et carottes en tranches, thym, ail et persil. Le même court-bouillon peut servir tant qu'il est en bon état. Le saumon nous en eût dit davantage, mais il était au court- bouillon, et cela était cause qu'il ne parlait qu'avec beaucoup de difficulté, voit. Lett. (43. y Au plur. Des courtsbouillons.

--- ETYM. Court, et bouillon, ainsi dit, parce que

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le poisson est cuit dès que le liquide a jeté un bouillon, et qu'ainsi le bouillon, le bouillonnement est court.

tCOURT-BOUlLLONNÉ,ÉE(kour-bou-llo-né,née, 21 mouillées), adj. Terme de cuisine. Mis au courtbouillon.

— ÉTYM. Court-bouillon.

t COURT-BOUTON ( kour-bou-ton ) , s. m. Pièce de l'attelage des bœufs. \\Auplur. Des courts-boutons.

T COURT-CÔTÉ (kour-kô-té), s. m. Partie du harnais placée, de chaque côté, au porte-mors et au-dessus de la tête, jj Au plur. Des courts-côtés.

t COURT-CUREAU (kûur-ku-rô) , *. m. Partie de l'équipage àa gros marteau de forge. || Au plur. Des courts-cui eaui.

COURTE- BOTTE (kùui-te-bo-t'),s. m. Tout homme de petite taule. || Mot du langage populaire. [| Au plur. Des courtes-bottes.

— REM. Des grammairiens ont dit qu'il fallait écrire au pluriel des courte-botte, attendu que la pluralité tombe sur homme sous-entendu : des hommes à courte-botte. Mais une catachrèse permet aussi de considérer les courtes-bottes comme la personne même et d'écrire au pluriel des courtes-bottes.

— ÉTYM. Court et botte.

t COURTE-BOULE (kour-te-bou-1'), s. f. Voy.

COURT

-f COURTE-ËPÉE (kour-té-pée) , s. f. Anciennement, nom de toutes les armes blanches qui avaient peu de longueur, telles que dague, poignard, etc. || Au plur. Des courtes-épées, qu'on prononce comme au singulier.

t COURTE-ÉPINE (kour-té-pi-n'), s. f. Espèce de poisson, nom vulgaire du diodon alinga (plectognathes) dit aussi atingua et épine croche.

t COURTE-GRAISSE (kour-te-grê-s') , s. f. Nom donné en Flandre à l'engrais provenant des fosses d'aisance.

— étym. Courte, et graisse. Cela est dit ainsi par euphémisme.

{ COURTE-HALEINE (kour-ta-lè-n'), s. f. Voy.

COURT

t COURTE-LETTRE (kour-te-lè-tr") , s. f. Terme de fondeur. Lettre dont le corps doit être coupé, à l'extrémité de l'oeil, pour le laisser isolé. || Au plur. Des courtes-lettres.

t COURTEMENT (kour-te-man) , adv. D'une manière brève. Il racontait si bien les choses passées qu'on croyait les voir, mais il les racontait courtement, fén. Tél. u. Le roi ajouta courtement les mêmes choses qu'il venait de dire à M. le duc de Chartres, st-sim. 2, 46.

— hist. xvi" s. Courtement, oudin, Diet.

— ÉTYM. Courte, et le suffixe ment.

t CODRTE-PAUME (kour-te-pô-m') , *. f. Voy.

COURT

COURTE-POINTE (kour-te-poin-tf), s. f. Couverture de lit pour la parade. On faisait son lit [de la maréchale de Noailles] et il n'y avait plus que la courte-pointe à y mettre, st-sim. 226, il. \\ Au plur. Des courtes-pointes.

— hist. xm' s. De floretes lor estendoient Les couste pointes, qui rendoient Tel resplendor par ces herbaiges.... la Rose, 8462. Sor couches et sor dras de lis Ont mis tapis et kieutes pointes, l'Escoufle. Encore i faut-il coutepointes, Sarges, oreillers biaus et cointes, Pour lit couvrir, Choses qui [aillent en ménage. || xiV s. Jehanne Dupont, après ce qu-elle ot une fois esté mise en la gehyne en la couste pointe [sorte de torture] seulement.... du cange, coustepointarius. || XV s. Entrementes que Philippe [d'Artevelle] dormoit sur une coutepointe delez le feu de charbon en son pavillon, froiss. ii,

— ÉTYM. Génev. contre-pointe. Il n'y a là dans ce mot ni courte ni pointe. Courte-pointe est une fausse prononciation pour coulte-pointe ou coutepointe, c'est-à-dire une coûte pointe, une coûte piquée, du latin culcita puncla (voy. couette et

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