PARÉ, XVIII
— ÊTYM. Accoupler.
ACCOUPLER (a-kou-plé), v. a. || 1° Disposer par couples, deux à deux. Ces deux personnes sont mal accouplées. Accoupler des bœufs , les mettre ensemble sous le joug. Accoupler des mots qui ne vont pas ensemble. Les âmes humaines veulent être accouplées pour valoir tout leur prix, J. J. rouss. Uél. il, 13. || 2" En parlant des animaux, apparier le mâle et la femelle. || 3° S'accoupler, v. réjl. S'unir pour la reproduction, en parlant des animaux. Les ours s'accouplent au commencement de l'hiver.
— HIST. xu' s. Si 's [si les] acoplons deuset deus as chevaus, Bonc. 160. || xiir* s. Deus ciens [chiens] acoplés, Ch. d'Ant. vi, 602. Moult menace Tybert et jure, X lui se voudra acoupler [assaillir], Se jamais le puet encontrer, Ben. 2499. Li braconierles chiens descopient; Et li brachet au leu s'acoplent; Et Ysengrin moult se herice, Ben. 1222. Li vénères sans plus d'arest A fait acopler les lévriers, t'b. 22337. Leurs engins avoient si acouplez aus chauciées que l'ostavoit fait pour boucher le flum, que nulz n'osoit aler aus chas chastiaus, joinv. 223. || xiv* s. Au mast [ils] ont les enfants loiés [liés] et acouples, Et ilreclaiment Dieu, qui en crois fu pênes, Baud. de Seb. ix, 500. Laiens y ot pillars qui firent à blasmer; Bertran les fit trestous lier et acoupler, Guesclin, 20383. ||xv s. Si ce diable le commença à acoupler et le bon chevalier de soi défendre, L. xi, JVou». 70. || xvi' s. Jamais l'homme ne voudrait s'accoupler avec la femme, paré, xviii, l. Force haims [hameçons] dont il accouployt souvent les hommes et les femmes, en compaignies où ils estoyent serrez, rab. Pant. Il, 16. 11 acoubla les doigz, de mode que le pouce dextre touchoyt le guausche, et le petit guausche touchoyt le dextre, id. Pant. il, 19. C'est mal accouplé, ce me semble, Vivre à l'aise et savoir ensemble, marot, iv, 165. Car si tu as des mots tant seulement soucy,Tu seras bien grossier et lourdaut, ce me semble, Si par art tu ne peux en accoupler ensemble Quelque peu.... du bellay, iv, 85, recto. Il meit aussi tost la main à l'espée; mais ainsi comme ilz estoient accouplez ensemble [aux prises].... amyot, Alex. 27.
— ÊTYM.fA et couple; Berry, accoubler. ACCOURCI, IE (a-kour-si, sie), part, passé. Par
un chemin accourci. Une phrase heureusement accourcie. Ceux qui.... Virent dès le matin leur beau jour accourci, malh. i, 4. Le bras du Seigneur estil accourci? fléch. Serm. 1, 168.
t ACCOURCIE, s. m. Terme de marine. Passage ménagé dans le fond de cale et des deux côtés pour aller de la poupe à la proue le long du vaisseau.
ACCOURCIR (a-kour-cir), ». a. || 1" Rendre plus court. Accourcir une robe, un bâton, un discours, une scène. Les Parques ontaccourcilefildeses jours, fén. Tél. xix. Et ma jalouse humeur t'est un monstre plus fort Que tous ceux dont tes bras ont accourci le sort, rotrou, Ilerc. m. 1, 3. Que n'ont tant de géants accourci mon destin? id. t'b. m, 3. Le beau fil de tes jours ne peut être accourci, tristan, Mariane, 111, 3. Il 2° Accourcir son chemin, prendre un chemin de traverse qui diminue la distance. || Absolument : Prenez le bois, et vous accourcirez. || 3" Rendre brève une syllabe qui est longue. Un Romain aurait sifflé un acteur qui eût allongé ou accourci une syllabe mal à propos, d'olivet, Pros. Fr. || 4" Terme de chasse. Accourcir le trait, le ployer àdemi ou tout à fait pour tenir le limier plus court. || 5°S'accourcir, ». réfl. Devenir plus court. [Il] s'allonge, s'accourcit, Ses muscles étendant, Régnier, Sat. I. S'il arrive que ce muscle s'accourcit, desc. Pass. 7. Je souhaitai que ma vie pût s'accourcir, fén. Tel. v. Lorsque les jours s'accourcissaient, le roi travaillait le soir chez Mme de Maintenon, st-simon, 417, 13. Il Locut. vie. Les jours accourcissent. Dites : Les jours s'accourcissent, ou les jours diminuent. Accourcir n'est pas un verbe neutre.
— SYN. accourcir, raccourcir. Proprement raccourcir devrait signifier accourcir de nouveau ce
ACC
qu'on a déjà accourci. L'usage ne lui a pas laissé ce sons précis, et il l'a confondu avec accourcir. Il est fâcheux que la nuance que donnait la composition du mot ait disparu.
— HIST. xu* s. Cortoisernsnt se sont aparillié; Li auquant ont lor estriers acorcié, B. de Cambrai, 94. y xiii" s. Les quarante jours que li home poent prendre, ne lor pot li quens [comte] acorchier, mais alongier les pot, s'il veut, beaum. lxv, 4. Dieu a pooir d'alongier nos vies et d'acourcir, joinv. 260. Car mains acorcent bien lor vie, Ains que l'umor soit défaillis, la Rose, 17193. || xv« s. Si le voyage y estoit accoursé , les chrestiens y viendroient communément, toujours conquérant avant, froiss. m, iv, 15. Il xvi' s. Ny les maladies ne raccourcissent [ l'espoir d'une longue vie], mont, i, 78 Nous accourcirons le temps à force d'honnestes propos, marg. Nouv. 10. La main de Dieu n'est point accourcie, qu'il ne nous puisse sauver, et son oreille n'est point estoupée, qu'il ne nous puisse ouïr, calv. Insl. 689. Il s'avança pour desloger Pluviaud de Marans, et, par là, commencer d'accourcir le commerce et les vivres aux Rochelois, d'aub. Hist. 1, 325. Je ferai accourcir ceux qui s'élèveront contre moi, id. ib. m, 46i la pauvreté, des muses
l'héritage, La quelle est à ceux-là réservée en partage, Qui, dédaignant la cour, fascheux et mal plaisans, Pour allonger leur gloire accourcissent leurs ans, du bellay, le Poète courtisan.
— ÊTYM. 4 et court ;provenç. acorchar, accorsar; catal. acursar; espagn. acortar ; ital. accorciare. Dans l'ancien français le verbe est généralement de la première conjugaison, acorcier.
ACCOURCISSEMENT (a-kour-si-se-man), s. m.
Diminution d'étendue ou de durée. Accourcissement du chemin, des jours.
— hist. xvi* s. Boiteux à raison de raccourcissement de la jambe, paré, xvn, 13.
— êtym. A ccourcir.
ACCOURIR (a-kou-rir), ». n. J'accours, j'accourus, j'accourrai, accourant, accouru; se conjugue comme courir. Courir vers. Il accourt à Paris. On accourait de toutes parts vers le lieu de l'incendie. On accourut lui annoncer l'heureuse nouvelle. J'accours, pour vous en faire un funeste rapport, corn. Rod.v, 4. Mon père, à ma venue, accourt les bras ouverts, rotrou, llerc. m. iv, 2. Quand verrai-je de toutes parts Tes peuples en chantant accourir à tes fêtes? rac. Esth. 1, 2. A vos genoux bientôt s'il accourait se rendre ?ducis, Abuf. 1, 3. Accourez, peuples ; venez contempler dans la première place du monde la rare et majestueuse beauté d'une vertu toujours constante, boss. Marie-Thérèse. Au premier bruit d'un mal si étrange on accourait à Soint-Cloud , id. Duch. d'Orl. Phalante accourait au secours de son frère, fén. Tél. xvi. Quand on fit les funérailles du roi, pendant quarante jours les peuples les plus reculés y accoururent en foule, id. ib. 11. Vous m'êtes, en dormant, un peu triste apparu; J'ai craint qu'il ne fût vrai ; je suis vite accouru. Ce maudit songe en est la cause, la font. Fab. vin, n.
— REM. Accourir se construit avec l'auxiliaire avoir et l'auxiliaire être. L'on se sert du premier quand on a particulièrement l'intention d'exprimer l'action d'accourir; et du second, quand on a l'intention d'exprimer l'état d'une personne qui est accourue. Elles ont accouru en hâte nous porter secours ; elles sont accourues et ont contemplé ce tristo spectacle.
— hist. xi* s. De son palais vers les autres [il[ acurt, Ch. de Roi. 182. || xu' s. Li Sarazins acortà grant espois [hâte], Ronc. p. 26. Jo n'ai pas trait m'espée, ne jo ne li cur sure; N'autrui ne baillerai lacruiz, quik'i acure [quelque soit celui qui y accoure], Th. le tlart. 36. || xiu« s. Lor gent les en relèvent qui là sont accouru, Berte, loi. S'ele est bêle, tuit iaquerent, Tuit la porsivent, l'eneurent, la Rose, 8629. Por Dieu et por sa mère ne nous décevons pas, Nousveonsque la mort aqueurt plus que le pas, j. de meung, Test. 162. || xv s. Et vinrent messagers accourans jusques à Paris, froiss. n, 266. Il xvi' s. Tel défaut nous contraint d'accourir aux médecins en la nécessité, 0. de serres, 885.
— Etym. À et courir; provenç. accorre; espagn. acorrer; ital. accorrere.
fACCOURRES(a-kou-r'),s. f. plur. Plaines entre deux bois, où l'on place les dogues et les lévriers qui doivent coiffer l'animal au débucher.
t ACCOURSE (a-kour-s') , s. f. Terme d'architecture. Galerie extérieure par laquelle on communique dans les appartements.
ACCOURU, UE (a ou-ru, rue), part, patsé d'accourir. La foule accourue à ce spectacle.
ACC
ACCOUTRÉ, ÉE (a-kou-tré, trée), part, passé. || i* Femme simplement accoutrée. || 2° Fig. Accoutré de toutes pièces, maltraité en paroles ou en
ACCOUTREMENT (a-kou-tre-man),s. m. ||f Le Têtement considéré dans son ensemble. L'or.... N'est pas moins en leurs mœurs qu'en leurs accoutrements, malh. vi, 10. Le bailli, grave personnage, Endossera l'accoutrement Sous lequel assez rarement II rend justice en ce village, chaul. à la Dueh. du Maine. || 2° En mauvaise part, vêtement arrangé bizarrement. Dans un misérable accoutrement. L'intendant qui devait accompagner le roi fut choqué de l'accoutrement de MM. les Scrittori, p. l. codr. Leur, n, 8). ,
— HIST. xvi" s. Accoustré et revestu tout ne plus ne moins et des mesmes accoustremens que le sont telsouvriers, amyot, Aie. 66. Comme les accoutremens nous eschaufent, non de leur chaleur, mais de la nostre qu'ils conservent, charron, Sagesse,
'ÉTYM. Accoutrer; bourguig. écoutreman ;Berry, accoustrement (l's se prononce).
ACCOUTRER (a-kou-tré), v. a. || 1° Mettre des habits sur le corps de quelqu'un. On l'a plaisamment accoutré. || 2' Fig. Maltraiter en paroles ou en actes. Pendant son absence, on a parlé de lui, et on l'a accoutré de toutes pièces. Le pèlerin.... de horions laidement l'accoutra, la font. Contes, Coc. 1 1 3° S'accoutrer ,v. rèfl. Cette femme n'a pas de goût , ella s'accoutre ridiculement.
HIST. ïui' s. Luxure confond tout là où ele
s'acoutre, J. de meung, Test. 1809. || xv s. Et ses divers tours m'a monstrez, Biens et maulx ensemble accoustrez, Non pas petis, mais tous oultrez, al. chart. Livre des quatre Dames. Car d'eulx vous prenez la matière, Et des cieulx la forme première Pourquanque soitque labeuriez,Ouàvos labeurs aceoustriez, l'Alch. à Nat. 42. Quelque deux mille lances.... qui n'estoient point si bien acoustrez que teulx de dedans Paris pour la longue paix qu'ils avoient eue, comm. i, 8. Les mieulx parés et acoustrez qui pourroient estre , id. u, 4. Luy fist faire quatre grosses nefz qu'il luy fist acoustrer au port de la Vere [Hollande], m. in, 6. ||xvr> s. Ils leur permettaient d'accoustrer leurs cheveux et embellir leurs armes et leurs habillemens, amyot, Luc. 46. Pisistratus donna à entendre que ce avoient esté ses ennemis, qui l'avoient ainsi mal accoustré [blessé], m. Sol. 63. Il fit aussi accoustrer et fortifier le fort de Piraee, n>. Thém. 38. Toutes sortes de viandes exquisement accoustrées, id. Lucull. 80. Ses gens .ui avoient fait accoustrer à disner, carl. m, )2.
— ËTYM. Berry , accoustrer (l's se prononce) ; bourguig. écoutrai; provenç. acotrar. Mot d'origine sbscure. Sylviusle tire de adeonsternere ; Caseneuve, de cultellatus qui , dans le moyen âge , a signifié plissé, vestis cullellata, habillement plissé, et, de là, habillement en général; mais rien n'indique que ce mot ait passé dans la langue vulgaire. D'autres le tirentde cotte, jupe, ancien allemand chozza. Génin le tire de couslre, cuistre, custos : Accoutrer, dit-il, c'est arranger, mettre en ordre, comme faisoit le couslre des ornements de l'église. On peut penser, à cause du sens et de l'orthographe, hcoudre, cousu, cousture; et Diez a donné cette étymologie. Il y a pourtant une objection : c'est le provençal acotrar, qui , dans cette hypothèse , devrait être acostrar. Il faut remarquer que les exemples cités par Raynouard appartiennent seulement à la Chronique des Albigeois, écrit qui est du xiiir siècle ; on pourrait supposer qu'il est venu du français dans le provençal : mais cela n'est qu'une conjecture, et l'étymologie de accoutrer reste incertaine.
t ACCOUTREUR (a-kou-treur), s. m. Ouvrier tireur d'or qui resserre et polit le trou de la filière.
— ÉTYM. Accoutrer.
ACCOUTUMANCE (a-kou-tu-man-s'), s. f. Action de s'accoutumer. La jeunesse change de goûts par l'ardeur du sang, et la vieillesse conserve les siens par l'accoutumance, larochep. Réfl. (08. C'est une marque de l'accoutumance au péché, que de pécher sans remords, boss. Habit, ). Lorsque J. C. a assuré que son joug était doux et léger, il nous a ordonné en même temps de le porter chaque jour : l'onction est attachée à l'accoutumance, mass. Carême, Salut. L'accoutumance ainsi nous rend tout familier la font. Fab. iv, )0.
— REM. « Ce mot, dit Bouhours, qui commençait a vieillir du temps de Vaugelas. s'est rétabli peu i peu; on le dit et on l'écrit tous les jours.» Cependant Marg. Buffet, Observ. p. 60, en )66», remarque que c'est un méchant terme qui ne se dit
ACC
plus. Aujourd'hui, il est de nouveau devenu peu usité; mais il n'est pas perdu, et ce serait en effet dommage de le perdre.
— hist. xiii* s. Il ne s'en pooit pas tenir Qu'il ne lui portast révérence Par la force d'accoustumance, la Rose, 6268. || xiv* s. Les autres par malvese acoustumance, les autres pour la très grant malice et perversité de leur nature, oresme, Elh. 203. Et est tell? qualité acquise par estude ou par acoustumance, ro. ib. 32. Convient que l'amede l'auditeur soit préparée par bones acoustumances à ce que elle se delette et esjoisse en bien, m. ib. 325. f| xv* s. Urbain VI voult retrancher aux cardinaux plusieurs choses de leur droit et outre leurs acoustumances, froiss. n, u, 48. || xvi* s. Elle gaigna cela par l'accoustumance qui.... mont, i, 106.
— êtym. Accoutumer ; picard , acoutumanche ; provenç. acosdumnansa ; ital. accoslumanza.
ACCOUTUMÉ, ÉE (a-kou-tu-mé, mée), part, passé et ad/. || 1" Qui a pris une habitude. Accoutumé à la guerre. Accoutumé, dès la jeunesse, aux luttes populaires. Tribu accoutumée à vivre sous les armes. Peu accoutumé à entendre la vérité. Une âme accoutumée aux grandes actions Ne se peut abaisser à des soumissions, corn. Cid. n, 7. Vous irritez un roi dont vous voyez l'armée Nombreuse, obéissante, à vaincre accoutumée, m. Nie. m, 2. Vos maux sont accoutumés désormais à ces divins remèdes, mass. Recherch. Nourri dans l'abondance, au luxe accoutumé, volt. Ilenr. x. À ces viles grandeurs ton ame accoutumée, id. Fanai, i, 4. Mon âme à la vengeance est trop accoutumée, id. Orphel. v, 4. Ma raison, chaque jour, s'y voit accoutumée, id. Zaïre, i, ). Accoutumé à vivre de peu, fên. Tél. v. || 2» Passé en habitude, habituel, ordinaire. A l'heure accoutumée. Cérémonies accoutumées. Cela a manqué à la fortune accoutumée de César. Reprends auprès de moi ta place accoutumée, corn. Cinna, v, 3. Forme accoutumée, id. Olhon, m, 4. Au milieu d'un petit nombre de témoins domestiques et accoutumés, le personnage cesse, et l'homme prend sa place, mass. Or. (un. Madame. || 3° A. l'accoutumée, loc. adv. À l'ordinaire, comme de coutume. Me promenant un jour, à l'accoutumée, balz. le Prince, aiant-propos. Vous agirez donc à l'accoutumée, par le seul sentiment de la vertu, id. liv. vin, lett. îv. Le pape n'osa recevoir l'hommage annuel du royaume de Naples, que le connétable Colonne se préparait à lui rendre à l'accoutumée, saint-simon, 96, 22. Il [le P. Tellier] ne me parla plus pour cet emploi, mais d'ailleurs toujours à son accoutumée, id. 369, )29. David jouait de la harpe devant Sattl comme à l'accoutumée, volt. Phil. iv, 3)5. Nous entrons enfin dans la grotte dont il tient la clef; tout s'y passe comme à l'accoutumée, arnault, le Sexagénaire, t. III, p. 232.
ACCOUTUMER (a-kou-tu-mé) || 1° V. a. Faire prendre une coutume. Vous avez accoutumé votre fils à ne point vous cacher ses secrets. Accoutumer un taureau à la charrue. Accoutumer un Ëtat libre à la servitude. Il accoutuma ses troupes à.... La bonne éducation des enfants qu'on accoutumait à l'obéissance, au travail, à la sobriété, à l'amour des arts ou des lettres, fën. Tél. n. Accoutumez vos peuples à suivre inviolablement les règles, id. ib. m. D'autres peuples, profitant de votre imprudence, attirent chez eux les étrangers et les accoutument à se passer de vous, id. ib. Il trouve moyen de nous apaiser, de nous accoutumer insensiblement au discours de sa passion, mol. Préc. Rid. 5. Et l'indigne prison où je suis renfermé, A la voir de plus près m'a même accoutumé, rac. Baj. n . 6. La main qui vous opprime et que vous soutenez, Les accoutume au jougque vous leur destinez, corn. Sert, m, 2. || 2" Avoir accoutumé, v. n. (Usité seulement aux temps composés : j'ai accoutumé, j'aurai accoutumé, que j'aie accoutumé, que j'eusse accoutumé; il veut, avec un infinitif, la préposition de) Avoir coutume. Il cite ce passage selon les Septante, comme il avait accoutumé, boss. Hist. Il, 7. Les hommes n'ayant pas accoutumé de former le mérite, pasc. Rel. 5). Je n'ai point accoutumé de dissimuler mes défauts, corn. Ex. d'Hor. La colère du roi, comme dit Salomon, Est terrible, et surtout celle du roi lion; Mais ce cerf n'avait pas accoutumé de lire, la font. Fab. vm , ) 4. Allez, monsieur, on voit bien quo vous n'avez pas accoutumé de parler à des visages, mol. Mal. im. m, 6. Comme les rois, par grandeur et par dignité, ont accoutumé de traiter leurs grandes affaires par l'entremise de leurs ministres, fléch. Panég.i, 279. Ils sont accablés d'un fardeau qu'ils n'ont pas
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accoutumé de porter, id. ib. H,S64. Quelles précautions n'avait-il pas accoutumé de prendre! id. Letell. Je ne sais; mais vous n'avez pas accoutumé d'être ainsi, brueys, le Muet, m, 2. Les animaux qui ont accoutumé de ne sortir que pendant la nuit, fén. Tél. xvia. Thaïes avait accoutumé de remercier les dieux de trois choses : d'être né raisonnable plutôt que bête; homme plutôt que femme; grec plutôt que barbare, id. Philotoph. Thaïes. L'ambition dont il était dévoré se trouvant jointe à unu vanité excessive, il prit le chemin qu'ont accoutumé de tenir ceux qui affectent la tyrannie, vertot, Hév. rom. vu, 2)7. L'avocat ou conseil qu'on avait accoutumé de donner aux accusés, volt. L. XV, chap. 42. Une terre sur laquelle nous avions accoutumé de lever le cens, montesq. Esprit, xxx, )5. Les vierges avaient accoutumé de laver leurs robes d'écorce dans ce lieu, chateaub. Atala, 235. || En ce sens, accoutumer prend aussi pour sujet un nom de chose. La connaissance des premiers principes n'a pas accoutumé d'être appelée science , desc. Rép. 2. Mes lettres n'avaient pas accoutume de se suivre de si près ni d'être si étendues, pasc. Prov. )6. Il Construit ordinairement avec l'auxiliaire avoir, il peut prendre aussi l'auxiliaire être: On est accoutumé de se laisser aller au péché par les caresses des femmes, pasc. Prov. )6. Le soin qu'on eut de garnir la salle d'une foule de docteurs, moines et mendiants, qui n'étaient pas aocoutumes de s'y trouver, fit dire à Pascal.... volt. /.. xiv, chap. 37. Cette solitude, il [le duc d'Orléans] était trop accoutumé du bruit pour la pouvoir supporter, saint-simon, 326, )9. || Des grammairiens ont signalé comme une locution vicieuse l'emploi de l'auxiliaire être; on voit que de très-bons auteurs s'en sont servis, et il ne peut y avoir aucun scrupule à s'en servir aussi après eux. || On remarquera que, neutre , ce verbe n'est employé qu'aux temps composés; mais il n'en faut pas conclure qu'il ne soit pas verbe neutre ; l'emploi que nous en faisons de cette manière n'est qu'un débris de l'ancien usage, suivant lequel accoutumer pouvait être neutre aux temps simples comme aux temps composés (voy. historique).
s'accoutumer , v. réft. Contracter une habitude. S'accoutumer aux armes. Il s'était accoutumé à se contenter de peu. Une volonté indocile qui ne peut s'accoutumer au joug, bourd. Pensées, 1. 11, p. 74. Ses yeux même pourront s'accoutumer aux miens, rac. Bérén. ni, 2. Ah! ma sœur, puisqu'enfin mon destin éclairci Veut que je m'accoutume à vous nommer ainsi.... corn. Hér. m, ). Bientôt on s'accoutume à des maîtres nouveaux, volt. Irène, r 6. Descends du haut des cieux, auguste vérité, Que l'oreille des rois s'accoutume à t'entendre , m Henr. 1. Comment avez-vous pu vous accoutumer au secret dans une si grande jeunesse? fén. Tél. m. Ils deviendraient comme un homme qui a de bonnes jambes et qui, perdant l'habitude de marcher, s'accoutume enfin au besoin d'être toujours porto comme un malade, id. ib. vm. Mais du nom des Césars Rome toujours charmée, Sous, un si noble joug s'est trop accoutumée, M. de Néron, v, ). Il S'accoutumer veut d'ordinaire à avec l'infinitif; maison dit aussi de. On s'accoutume de donner, comme le monde, à toutes les passions, des noms adoucis, mass. Conf. Fuite du monde. Il vous importe de vous accoutumer de bonne heure de haïr l'injustice, voit. Lett. 9. Il S'accoutumer avec. Il a eu beaucoup de peine à s'accoutumer avec ce voisin que le hasard lui a donné. Il faut s'accoutumer de bonne heure avec ces sortes d'idées, si l'on veut se les rendre familières.
— syn. s'accoutumer X, s'accoutumer avec. On emploiera de préférence avec, quand s'accoutumer s'approchera du sens de se familiariser. On s'accoutume avec quelqu'un, quand on se fait à ses manières. S'accoutumer avec le péril, c'est devenir familier avec le péril et en faire une sorte de connaissance; s'accoutumer au péril, c'est, y étant souvent exposé, le considérer comme une chose habituelle et qui ne surprend plus. S'accoutumer avec exprime donc quelque chose de plus intime, de plus étroit.
— HIST. xrn's. En leur terres n'est il mie accoustumé que il le facent, villeh, 94. Il apartient au bailli savoir quix avocas acoustument à pledier par devant lui, beaum. v, 19. Nous n'avons pas accoustumé que noms de poesté face procureur, id. ib. 80. Li tiers ensoines si est, s'il est acoustumés de maladie qui vient soudainement, id. lxi, 6. Si vous prie je pour l'amour de Dieu premier et pour l'amour ds moi, que vous les acoustumez à laver [les pieds au*
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wumesle jeudi samt] , joinv. 495. || xiv s. Il prouva «on entencion par le commun parler acoustumé, oresme, Eth. 28. Nulle chose ne se peut acoustumer au contraire de ce qu'elle a de nature, id. ib. 33. || xv' s. Si alla en Jherusalem au pèlerinage du saint Sépulcre, qu'il visita très dévotement, et aussi fut par tous les saints lieux accoustumés , Bouc, i , 4 5. C'est chose assez accoustumée que.... comm. Prol. Car ainsi estoit-il accoustumé de parler, id. I,
3. Les Suisses ont tant acoustumé l'argent dont ils avoient petite connoissance par avant, que.... id. vi,
4. || xvi* s. Les cerimonies qu'on avoit accoustumé en telles choses, mont, i, 4 7. J'ai accoustumé de considérer, id. i, 58. Pratiquons le, accoustumons le [accoutumons-nous-y], id. i, 76. Accoustumer les hommes à.... id. i, 80. S'accoustumer à vivre d'araignées, id. i, (06. Sa femme, le bienveignant de ses criailleries accoustumées, id. m, 4 27. Ils n'estoient pas accoustumez de prendre en bonne part les remontrances de gents armez, id. iv, 24. La jument accoustumera l'asnon [s'habituera à le nourrir], o. de serres, 3H. Numa vouloit accoustumer ses gens à ne servir ni ne parler point aux dieux en passant, amyot , Numa, 26. Les maux qui ont accoustumé de travailler les hommes , id. ib. 32. La chambre où ils avoient accoustumé de coucher estoit au plus haut estage, id. Pél. 65. Tu es tout accoustumé à.... là où, quant à moi. je n'ai point accoustumé de.... id. Cat. 4 8. Il s'acoustuma à estre toujours le premier à l'aller et le dernier à retourner , id. Phil. 5. Accoustumez de rejeter , lanoue, 4t.
—ÉTYM. X et coutume; bourguig. écoutumé; provenç. acostamar ; espagn. acostumbrar; ital. accostumare.
ACCRÉDITÉ, ÉE (a-kré-di-té, tée), port, passé. jl 1" En parlant des personnes. Banquier accrédité. Etre accrédité au barreau. Le chef le plus accrédité parmi les huguenots. Gens peu accrédités. C'est un procès dont la perte doit causer un dommage irréparable ; il est entre les mains d'un juge accrédité dans sa compagnie, bourd. Pensées, t. i, p. 4 5.11 voit l'iniquité dominante , l'iniquité honorée, accréditée, toute-puissante, id. ib. p. 32. Son beaupère très-accrédité auprès de Darius, boss. Hist. i, 8. Et voyant contre Dieu le diable accrédité N'osent qu'en bégayant prêcher la vérité, boil. Ép. xu. Ambassadeur accrédité auprès d'une cour étrangère. )| 2" En parlant des choses. L'opinion la plus accréditée est que.... C'est là une tradition accréditée. Bruits accrédités. La vérité, pour s'établir sur la terre, a souvent eu à combattre des erreurs accréditées qui, plus d'une fois, ont été funestes à ceux qui l'ont fait connaître, laplace, Exp. v, 4.
ACCRÉDITER (a-kré-di-té), v. a. || l* Mettre en crédit, en réputation. La probité est ce qui accrédite le mieux un négociant. |[ 2° Accréditer un ministre auprès d'un gouvernement étranger, l'en faire reconnaître. || 3° Donner cours, autoriser. Accréditer un bruit, une opinion. Cette crédulité était si accréditée que.... Des bruits trop répandus que la haine accrédite, b. constant, Walstein, i, 4. ||4" S'accréditer, v.réfl. Se mettre en crédit. Ce chef s'accrédite partout par son activité et son ardeur. Il savait combien il lui était important pour la conversion des infidèles de s'accréditer dans leurs esprits, afin qu'ils devinssent parlàplus dociles à l'écouter, bourd. Pensées, t. il, p. '95. || B" Prendre cours ou faveur. La chose s'accrédite. Les bruits de guerre s'accréditaient. Fausse opinion qui s'est accréditée. L'alchimie s'accrédita singulièrement durant le moyen âge. On dirait que, pour s'accréditer, La fable en sa naissance ait voulu l'imiter , l. rac. Relig. m. Quand ses disciples, s'apercevant que l'école de leur maître commençait à déchoir, et que celle de Jésus-Christ s'établissait de jour en jour et s'accréditait, bourd. Pensées, t. n, p. 481.
— etym. A et crédit.
t ACCRÉMENTITIEL.ELLE (a-kkré-man-ti-si-èl, è-1'), adj. Terme de physiologie. Génération accrémentitielle, celle qui consiste en ce qu'une partie organique, brisant les liens qui l'unissaient à l'individu par lequel elle a été formée et avec lequel elle ne formait qu'un primitivement, se développe en un individu distinct et en tout semblable à celui d'où elle procède. Cela a lieu dans beaucoup de végétaux et d'animaux inférieurs.
— ÉTYM. VOy. ACCRÉMENT1TI0N.
t ACCRÉMENTITION(a-kkré-men-ti-sion), s. f. Termede physiologie. Génération par accrémentition, phénomène caractérisé par la naissance d'éléments anatomiques entre ceux qui existent déjà et semblables à eux, à l'aide et aux dépens d'un blastème
ACC
qu'ils ont fourni ou fournissent peu à peu ; d'où accroissement des tissus.
— ÉTYM. Mot dérivé du latin accrementum, accroissement , de accrescere , accroître ( voy. accroître).
t ACCRESCENT, ENTE(a-kkrè-ssan, san-te), adj. Se dit, en botanique, des parties de la fleur, autres que l'ovaire, qui prennent de l'accroissement après la fécondation.
—ETYM. Accrescens, de accrescere (voy. accroître).
t ACCRÉTION (a-kkré-tion), s.f. Terme de physiologie. Action de croître, de se développer.
— ÊTYM. Accretio, à& accrescere (voy. accroître). ACCROC (a-kro ; le c ne se lie jamais : Un accroc à
la robe ; dites un a-kro à la robe. Au plur. des akro, ou, suivant d'autres, des a-krô),s. m. || 1° Déchirure faite par ce qui accroche, un clou, une épine, etc. Votre robe aun accroc. || 2° Ce qui accroche. J'ai rencontré un accroc qui a déchiré mon habit || 3° Fig. Ce qui retarde, ou empêcha la conclusion d'une affaire, d'une entreprise, etc. Cette négociation allait bien, mais il est survenu un accroc. Il [ le diable ] emporte polichinelle ; Autre accroc fait à la douleur [nouvelle distraction] , béhanger, Les Nègres.
— etym. A et croc.
ACCROCHÉ, ÉE (a-kro-ché, chée), part, passé. || 1* Son manteau resta accroché. Accroché à des ronces, à un clou. Voiture accrochée par une charrette qui la renverse. Accroché à l'improviste par ce quidam, je voulais.... || 2° Fig. Mais aux hommes par trop vous êtes accrochées, mol. Amph. n , 5. || 3° Arrêté, empêché. Notre procès demeura accroché jusqu'à l'hiver suivant, st-simon, 26, 49.
ACCROCHE-COEUR, s. m. Petite mèche de cheveux en boucle plate sur la tempe. Des accroche-cœur.
ACCROCHEMENT(a-kro-che-man), s.m.\\ 1" Action d'accrocher. L'accrochement de deux voitures. || 2" Fig. Difficulté, embarras. Bien des accrochements survinrent dans cette affaire.
— HIST. xvi* s. Afin de bien faire entendre à Sa Majesté toutes les difficultés et accrochements qui s'y estoient présentés [à la conclusion de la paix],