ST-S1M
— hist. xv" s. Je ne me laisserai mourir de la pépie, Quant en debvroy avoir la face cramoisie Et le nez violet, basselin, U. || xvi's. 406 aulnes de velours bleu cramoisy, rab. Garg. i, 8. Voulez vous une pièce de veloux violet cramoisy, tainct en grene; une pièce de satin broché, ou bien cramoisy? id. l'ant. u, ti. J'en notay une aultre insigne, à cause d'ung beau floc de soye cramoisyne que elle avoit sus la teste, id. ib. v, 33. Et tousjours les plus cramoisies [cerises] S'en vont les premières choisies, st-gelais, 42. Un haut-de-chausses de veloux cramoisi rouge, d'aub. Fosn. ni, 23. Les longues gousses du garrobier, colorées d'incarnat cramoisi,
— ETYM. Espagn. carmesi; portug. carmeiim; ital. chermisi, chermisi; de l'arabe karmesi, cramoisi, dérivé de kermès (voy. ce mot).
2. CRAMOISI (kra-moi-zi) , s. m. || 1° Couleur d'un rouge foncé. Voilà un beau cramoisi. || 2'Sorte de teinture qui rend les couleurs plus vives et plus durables. |] Fig. Être sot, être laid en cramoisi, être extrêmement sot, extrêmement laid. Locution vieillie. Vous seriez sotte en cramoisi , Si vous nous la donniez ainsi, scarron, Virg. trav. i. Voudriez-vous bien quitter Carthage ? Vous seriez folle en cramoisi , id. ib. iv. || Leroux, dans son Dict. comique, dit que cette locution est fort à la mode à Paris et que même, tu sa force, elle ne vieillira jamais. Il s'est trompé.
— ETYM. Cramoisi 4
CRA
f CRAMOISIE (kra-moi-zie), s. f. Anémone à peluche.
— êtym. Cramoisi t .
t CRAMOIS1ÈRE (kra-moi-ziê-r') , s. f. Variété de poire à couteau.
t. CRAMPE (kran-p') , s. f. || 1" Contraction, involontaire et douloureuse, de muscles isolés. Avoir des crampes. Il lui prit une crampe. || Autrefois on disait aussi goutte-crampe. [| Fig. Avoir la crampe, être lent. N'avoir pas la crampe, être vif, être éveillé sur ses intérêts. || 2° Crampe nerveuse de l'estomac, ou, simplement, crampe d'estomac, douleur vive qui a son siège dans les parois de ce viscère. || Crampes, douleurs que les femmes en couches ressentent souvent dans les membres abdominaux, lorsque la tête de l'enfant s'engage au détroit abdominal. || Crampe des écrivains, affection consistant en une inaptitude de certains muscles des doigts de la main, le pouce, l'indicateur, à se contracter régulièrement pour retenir et diriger une plume, pour appuyer sur les touches d'un piano, etc
— HIST. xin" s. Luxure n'est de riens endormie ne crampe; Partout queurt [court], partout monte, partout gravist et rampe i. de meung, Test. 1753. Vos alez en esteisi joint, Et en yver alezsi cranche, ruteb. 24 1. || xv* s. Mais la crance Ont ceulx dehors, s'il est qui y prent garde, e. desch. Adminitt. de l'hôtel du prince. || xvi" s. D'Alvian tint, Petillan recula; Aussi l'on dit en la gloire qu'il a Que son cheval n'eut pas la goutte grappe En Aignadel.... j marot, v, (39. La goutte grampe est une espèce de convulsion, faite d'une matière flatulente, par le moyen de laquelle souventesfois le col, les bras et jambes sont par une grande force retirées, ou estendues, causant une extresme douleur, non toutesfois de longue durée, pare, xxi, 2».
— étym. Picard, kranke; de l'anc. allem. krampf, du même radical que crampon (voy. ce mot). Crampe, cranche, crance, grampe, et même grappe, sont toutes formes d'un même mot qui était adjectif: estre crampe, avoir les membres contractés, engourdis, avoir la goutte crampe, etc.
t 2. CRAMPE (kran-p'), s. f. \\i' Terme de marine. Espèce de crampon. || Crampe à chambrière, petite barre ployée en équerre vers les bouts, pour maintenir le mât sur ses tins pendant qu'on le travaille. || 2° Terme de sellier. Voy. crampon.
— ETYM. Voy. CRAMPON.
CRAMPON (kran-pon), s. m. || l'Attache en fer qui a un bout recourbé. Ce sont de vieilles murailles [la prison de saint Pierre, à Rome] où l'on montre des crampons de fer, chateaub. Itin. n, 239. || Fig. Saint-Simon s'en est servi pour exprimer les appuis à l'aide desquels un homme peut s'élever dans le monde et pousser sa fortune : Noailles n'était admis à rien, en jeune homme qu'on ne connaissait pas assez, et dont le grand vol et les nombreux crampons tenaient en égale attention et défiance, st-sim. 238, 4 68. || 2° Terme de blason. Représentation du crochet de fer dont on se servait pour monter à l'assaut. || 3" Terme de serrurier. Crampon de fermeture, morceau de fer plié en carré et attaché dans la pièce du milieu de la croisée de la fenêtre, dans lequel on pousse le verrou des targettes qui sont attachées sur le châssis de la vitre. || 4" Terme de maréchalerie. Bout de fer recourbé à l'extrémité des éponges du fer à cheval, afin d'assurer la stabilité des bêtes de trait sur le sol. || Pendant les temps de glace, on emploie le crampon à oreilles de chat, ditàl'aragonaise, disposé en forme de pyramide. Pourquoi tant de soldats déjà morts defaimetde froid sous le poids de leurs sacs, chargés d'or au lieu de vivres et de vêtements, et surtout si trente-trois journées de repos n'avaient pas suffi pour préparer aux chevaux de cavalerie, de l'artillerie et à ceux des voitures, des fers à crampon qui eussent rendu leur marche plus sûre et plus rapide? séguh, Hist. de Nap. x, 2. || 6° Terme de chemin de fer. Morceau de fer plat servant à fixer provisoirement un coussinet sur sa traverse lorsque le boulon s'est cassé dans le trou. || 6' Terme d'orfèvre. Fil de fer retenant ensemble deux pièces qu'on veut souder. || 7° S. m. plur. Terme d'imprimerie. Pièces de cuivre en demi-cercle fixées au coffre de la presse et glissant sur les bandes pour procéder au foulage. || 8° Terme de sellier. Petit morceau de cuir qui est en forme d'anneau et qui est sur le devant de la selle pour attacher les fourreaux des pistolets. || 9" Terme de botanique. Appendice de la tige par lequel elle s'accroche aux corps voisins, et qui n'est ni roulé en spirale comme la vrille, ni propre à pomper la nourriture comme les racines. La tige du lierre est pourvue de crampons.
CKA
— hist. xin« s. Nus ne puet ouvrer de cranpons qui ne soient bon et fort selonc la grandeur où il s'afierent, Liv. des met. (68. ||xvi's. Je le pendy, accrochant la broche à deux groz crampons qui soustenoyent les hallebardes, rab. Pant. il, 44. Elle trouva les huis couverts, entre autres, celui de la cave, et la serrure et les crampons par terre, desper. Contes, xlvii. Les deux navires apporter, ut en mesme temps leur voilée, les crampons et telles escouppetlerie qu'il ieur fallut quitter le tillac, d'aub. Hist. u, 179. Le fer estant en forme de crampon marin, de quoy on meurdrist les morhons et luilaines, Pièce publiée par leroux de lihcy, Bibl. dei Chartes, 6» série, t u, p. 17».
— ETYM. Allem. Krampe; anc. h. allem. chrapfo, chrempfo. Il y avait dans l'ancien français crampi, courbé : L'un pié cranpi et l'autre 'droit, lien.
CRAMPONNÉ, ÉE (kran-po-né, née), part, passé.
Fixé avec des crampons. |j Solidement fixé. Kt où faudrait-il que la terre fût cramponnée pour résister au mouvement de celte matière cé.este et ne s'y pas laisser emporter? fonten. les Mondes, t" soir. jl Fig. et familièrement Avoir l'âme crampe: dans le corps, avoir la vie dure, résister à des accidents, à des maladies, qui auraient fait périr bien d'autres. || Dans le même sens. Cramponné à la vie. Cramponné à un dernier espoir. || Terme de blason. Pièces cramponnées, pièces dont les extrémités sont courbées en crampon.
CRAMPONNER (kran-po-né), v. a. || 1" Fixer au moyen d'un crampon. Cramponnez bien cette serrure. || 2* Terme de maréchalerie. Cramponner des fers de cheval, y faire des crampons. || Cramponner un cheval, le ferrer à crampons. || 3° Se cramponner, v. réfl. S'accrocher. La joubarbe se cramponne dan» le ciment, chateaub. Génie, m, v, 5. Mes chenilles tapissèrent de soie toutes les parois du poudrier, ce qui leur donnait plus de facilité pour se cramponner contre le verre, bonnet, Insectes, observ. 4. || Se cramponner à la fenêtre, à un barreau, etc. se dit en parlant de quelqu'un qui s'y fixe fortement à l'aide des mains. || Fig. S'attacher obstinément à quelqu'un pour en obtenir ce qu'on désire. Cet homme est-il bien de ma race [Juifs]?.... Ames fils comme il se cramponne! uérang. Échelle. Je cours après mon homme, et, s'il faut qu'il m'échappe, Je me cramponne après le premier que j'attrape, piron, Métrom. m, 4 4. || Se cramponner à une chose, faire tous ses efforts pour ne pas la quitter, pour ne pas la perdre. Se cramponner à un espoir, à ht vie. L'abbé d'Estrées se promettait je ne sais comment une fortune en se cramponnant comme que ce fût dans son triste emploi en Espagne, stsim. 4 34, 4 99.
— HIST. xv s. Et l'on se retrahist à son pavillon , et aussi messire Enguerrant, pour leurs bassinets faire cramponner, Jeh. de Saintré, ch. 40. j|xvi=g. Il fallut paier d'autre monnoie, quand l'amiral et Haumont tapperent à bord, et cramponnèrent de haut en bas, d'aub. Hist. n, 2o8. Les uns et let autres, n'ayant tiré qu'une volée, se cramponnèrent id. ib. u, 209. Et l'ayant cramponnée, luy et ses soldats, se lancèrent à corps perdu sur la parmente, carloix, i, 40.
— Etym. Crampon.
CRAMPONNET (kran-po-nè), J. m. Petit crampon || La partie d'une serrure où se meut le pêne. || Conduit du verrou d'une targette.
— ETYM. Diminutif de crampon.
4 . CRAN (kran) , s. m. || 1" Petite entaille dans un corps dur servant à y accrocher ou y arrêter quelque chose. Le cran d'une arbalète. Hausser, baisser une crémaillère d'un cran. || Fig. Chacun d'eux [des courtisans] la monte [leur lâche politique] et la baisse à son cran, retz, v, 390. || Monter, descendre d'un cran, passer à quelque chose de supérieur ou d'inférieur. Il méritait bien de monter d'un cran, sbv. 256. Nous sommes baissées d'un cran, madame Bertrand, nous donnons dans le bas bourgeois, dancoi et, Moul. jav. se. 4 . Mon amour vent dompter des cœurs d'un plus haut rang, Je prends uu vol plus fier et suis haussé d'un cran, regvard, Sténech. iv, 2. De faux brillants, trop de magie Metteat le Tasse un cran plus bas, volt. Goût. Du reste, que j'aie abandonné les échecs, ou qu'en jouant jo me sois remis en haleine, je n'ai jamais avancé d'un cran depuis cette première séance, j. j. bouss. Conf. v. || 2° Terme d'imprimerie. Petite ontaille ou canal qui est vers le bas de chaque caractère et qui se fait dans la fonte même. || 3° Terme de marine. Entaille sur le bourrelet d'une bouche à feu. || Mettre un vaisseau en cran , le mettre en carène ou lui donner le radoub.
CRA
CRA
CRA
Il 4° Terme de métallurgie* Défaut il'un métal mal forgé ou mal étiré. || 5" Nom de certains replis ou inégalités que les chevaux ont aux chairs du palais, et où l'usage est de les saigner lorsqu'ils ont la bouche échauffée. || 6° Morceau d'étoffe que le tailleur ajuste au derrière d'un habit.
— H1ST. xv s. Il convient qu'ils fies Ecossais] entrent en l'evesché de Duram, ardant et exilant le pais; ils feront bien grand cran en Angleterre, avant que nos ennemis soient pourveus, froiss. liv. ru, p. 330, dans lacurne.
— ÉTYM. Wallon cren; lombard, crena; piémont. cran; pays de Coire, crenna; du latin crena, mot qui se trouve dans Pline. Il faut aussi prendre en considération le bas-allem. karn, s. m., entaille, bavarrois, hrinnen, s. f. , même sens. Crena dans Pline est une leçon douteuse; mais on peut croire que les langues romanes, ayant ce mot, ajoutent quelque autorité au texte. Il n'est pas sûr que cran, dans l'exemple ci-dessus de Froissart, soit le même que le cran dont il s'agit ici ; mais il est certain que dans l'exemple suivant c'est un tout autre mot : Et quand les armes eussent esté accordées, et nous eussions aussi avisé et eslu les nostres, et de ce pris aux Sarrazins cran et ostages, et aussi livré, ce fust raison, froiss. m, iv, 16. Il y avait en effet dans l'ancienne langue cran ou crand avec le sens de gage, de sûreté.
2. CRAN (kran), s. m. Nom vulgaire du cochléaria rustique (crucifères) , appelé aussi cram, cron et raifort sauvage.
fCRANAGE (kra-na-j'), s. m. Terme d'horlogerie. Opération par laquelle on enlève l'excès de matière qui reste à la base des dents d'une roue quand on a formé ces dents.
— ÉTYM. Crâner.
t CRANCELIN (kran-se-lin) ou CANCERLlN (kansèr-lin) ou mieux CRANTZELIN (kran- tse-lin), s. m, Terme de blason. Portion de couronne en bande à travers un écu, du chef à la pointe. On attribue à une origine semblable les armoiries de Saxe, du moins quant au crantzelin, puisque l'on dit que Bernard, fils d'Othon d'Ascagne, recevant de l'empereur Frédéric l'investiture de la Saxe, cet empereur lui jeta une couronne de rue [plante] qu'il portait sur la tète durant les chaleurs de l'été, et que ce nouveau duc l'ajouta à ses armoiries comme une faveur singulière, le p. menesthier , De la chevalerie, p. 167, dans lacurne.
— ÉTYM. L'orthographe du P. Menestrier est la bonne, puisque c'est le mot allemand Kràntilèin, petite couronne, diminutif de Kranti.
f CKANCHIE (kran-chie), s. f. Nom d'un genre de mollusques céphalopodes.
— ÊTYM. Crang, nom d'un naturaliste anglais. CRÂNE (krâ-n'), s. m. || 1" Assemblage des os qui
renferment le cerveau et le garantissent. La conformation du crâne n'est pas exactement la même dans les diverses races d'hommes. Les Scythes qui s'abreuvaient de sang dans le crâne de leurs ennemis, volt. l'hil. i, 467. Nous pourrons dévorer nos ennemis vivants, Et nous désaltérer dans leurs crânes sanglants, g. de la touche, Iphig. en Taux, i, 4. Et boive avec plaisir dans des crânes sanglants, delille, Pitié, il. || Fig. Avoir le crâne étroit, avoir peu de moyens. Mon bon oncle de Fargis est un bon et brave homme, mais il a le crâne étroit, retz, i, 32. || 2° Fig. et populairement, homme hardi et querelleur. C'est un crâne. Faire le crâne. || Adjective-1 ment. Avoir l'air crâne. || Cette locution est prise à la même métaphore que celle qui a donné la locution basse et populaire: faire sa tête, se montrer récalcitrant. || 3° Terme de botanique. Espèce de vesse-loup ou lycoperdon.
— ÉTYM. Espagn. crùneo; ital. cranio; du latin cranium, qui vient de xpavïov, crâne, dérivé de xpâvov, tête. L'ancien français n'avait pas crâne ; il disait test.
t CRÂNEMENT (krâ-ne-man), adv. Mot populaire. En crâne, hardiment et vigoureusement
— ÊTYM. Crâne, et le suffixe ment.
t CRANEQlïIN (kra-ne-kin), s. m. Ancien terme militaire. Instrument dont les soldats se servaient pour tendre les arbalètes. || Sorte d'arbalète.
— Hist. xv" s. Lequel Haquinet a tendu grenequins et arbalestes à croq, nu cange, crenkinarii. Bauduin prist une arbalestre nommée cranequin et la monta, m. ib. Bande ton crennequin, qui est dire arbalestre â pied, id. ib. Item a légué, donné et devisé à son frère Jehan de Failly son petit grenequin fourny, id. ib.
— ÉTYM. Wallon, crcnckin, arbalète; du bas-allem. kramke, grue; ainsi dit à cause de la forme.
f CRANEQUINIER (kra-ne-ki-nie), «. m. Ancien terme militaire. Soldat armé du cranequin.
— HIST. xv* s. Grand nombre d'arbalestriers , de cranequiniers, picquenaires et gens d'armes, froiss. m, iv, 60. Michel, lors cranequinier de la compaignie, du cange, crenkinarii. Les arbalestriers ou crennequiniers auront brigandine ou corsset comme lescoustilliers,iD. th. || xvi" s. Et sembloient les anciens cranequiniers de France, Sat. Mén. p. 43.
— ÉTYM. Cranequin.
t CRANER (kra-né) , t\ o. Terme d'horlogerie. Faire l'opération du cranage.
— hist. xv" s. Seront tenuz de cranner [boucher les cransj autour de le [la] dite maison, du cange, cranare.
— ÊTYM. Cran.
CRÂNERIE (krâ-ne-rie) , s. f. Caraotère, acte de crâne, bravade, mépris affecté du danger. Ses crâneries n'épouvantent personne. Cet héroïsme on jupon [celui des femmes qui poussent toujours aux duels] tourne d'autant plus à la crftnerie qu'il est moins exposé à se voir mis à l'épreuve, ch. de Bernard, le Gendre, § 6.
— ÉTYM. Crâne'.
t CRANGON (krau-gon), s. m. Terme de zoologie. Crangon vulgaire, nom scientifique de la crevette de mer.
— ÊTYM. Kpoq-Ytiv.
fCRANIACÉ (kra-ni-a-sé) , s. m. Terme de conchyliologie. Nom d'un groupe très-étendu de la famille des brachiopodes, dont la cranie est le type.
f CRANIE (kra-nie), s. f. Terme d'histoire naturelle. Genre de coquilles bivalves dont le type est la cranie en masque ou cranie personnée, seule espèce actuellement vivante dans lés mers de l'Inde et dans la Méditerranée, lkooarant.
f CRÂNIEN, 1ENNE (krft-niin,niè-n'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport au crâne. Cavité crânienne. Nerfs crâniens.
— ÉTYM. Crâne.
t CRANIO -ABDOMINAL, ALE ( kra-nio-a-bdomi-nal',na-r),ad;'. Terme dé physiologie. Tempérament cranio-abdominal, celui où prédominent l'influence du cerveau et celle des viscères abdominaux.
— ÉTYM. Crâne, et abdomen.
t CRANIO-FACIAL, ALE (krâ-ni-o-fa-si-al, a-1'), adj. Terme d'anatomie. Oui appartient au crâne et à la face.
— ÉTYM. Crâné , et face.
t CRANIOGRAPHE (krâ-hio-gra-f), s. m. Terme didactique. Celui qui a fait une description du crâne.
— ÉTYM. Kpavîov, crâne, et ypicpî" , décrire.
t CRANIOGRAPHIE (krâ-ni-o-gra-fie), s. f. Description du crâne.
f CRANIOGRAPUIQtTE (krâ-ni-o-gra-fi-k') , adj. Qui a rapport â lacraniographie.
CRANIOLOGIE (krâ-nio-lo-jie) , s. f. Terme de physiologie. Art au moyen duquel on prétend reconnaître l'intelligence et le moral d'un homme, par l'inspection des différents points de la surface de son crâne.
— REM. L'Académie écrit, sans accent circonflexe sur cra, craniologie et cranologie. Cela oblige à roter aussi des autres composés de crdne qui ne sont pas dans le Dictionnaire de l'Académie.
— ÉTYM. Kpavtov, Crâne, et àôtoç, théorie.
f CRAN10L0GIQUE (krà-ni-o-lo-ji-k'), adj. Qui a rapport à la craniologie.
t CRANIOLOGISTE (krâ-ni-o-lo-ji-sf) ou CRA- NIOLOGUE (krâ-n i-o-lo-gh'), s. m. Celui qui s'occupe de la craniologie; partisan delà craniologie.
f CRANIOMANCIE (krâ-ni-o-man-sie), ». f. Art prétendu de deviner les dispositions intellectuelles et morales d'un individu d'après l'inspection de son crâne.
— ÉTYM. Kpnviov, crâne, et le suffixe mancie.
t CRAN10MÈTRE (krà-ni-o-mè-tr'), s. m. Terme didactique. Espèce de compas d'épaisseur avec lequel on mesure les diamètres du crâne.
— ÉTYM. Kpaviov, crâne, et ui-cpo», mesure.
f CRANIOMÉTRIE (krâ-ni-o-mé-trie), s. f. Terme didactique. Mesure du crâne.
— ÉTYM. Craniomêtre.
f CRANIOMÉTRIQUE (krâ-ni-o-mé-tri-k'), adj. Qui a rapport à la craniométrio.
t CRANIOSCOPIE (krâ-ni-o-sko-pie), *. f. Terme didactique. Art d'examiner le crâne et d'apprécier, d'après cet exameu, les facultés intellectuelles et morales.
— ÉTYM. Kpsvîov, crâne, et <jy.07tetv, examiner. f CRANÎOSCOPIQl'E (kra-ni-o-sko-pi-k'), adj.
Qui a rapport à la cranioscopie.
t CRANIO - T1I0RACIQUE (krâ-ni-o-to-ra-si-k'),
adj. Terme de physiologie. Tempérament craniothoracique, celui où prédominent l'influence du cerveau et celle de la poitrine.
— ETYM. Crâne, et thorax.
f CRANIOTOME (krâ-n io-to-m'), s. m. Terme de chirurgie. Nom des instruments avec lesquels on pratique la section des os du crâne d'un enfant mort quand l'accouchement ne peut se faire.
— ÊTYM. Kpaviov, crâne, et Tép.vEtv, couper (voy. tome) .
t CRANIOTOMIE (krâ-ni-o-to-mie), s. f. Terme de chirurgie. Opération dans laquelle on emploie le craniotome.
— ÊTYM. Craniotome.
t CRANOIR (kra-noir), i. m. Sorte de lime qui sert â crâner.
— ÊTYM. Crâner.
CRANOLOGIE (krâ-no-lo-jie), s. f. Voy. craniologie.
— ÉTYM. Kpivov, tête, et a6yoç.
t CRANQUILLIER (kran-ki-llié , Il mouillées), s. m. Nom, dans quelques localités, du chèvrefeuille des bois.
f CHANSON (kran-son), s. m. Nom vulgaire du cochlêaria officinal.
t CRAOCILLASSE (kra-ou-lla-s' , Il mouillées), s. /. Un des noms vulgaires de la pie-grièche.
t CRAOUILLE (kra-ou-11') ou CRAOUILLÈRE (kra-ou-llê-r', (/ mouillées) . s. f. Pie-grièche.
CRAPAUD (kra-pô; le d ne se lie pas: un kra-pô énorme; au pluriel, l's se lie: des kra-pô-z énormes), s. m. || 1° Reptile batracien qui a les pattes beaucoup plus courtes que celles des grenouilles et dont le corps est couvert de tubercules ou glandes d'où suinte une humeur vénéneuse. Passerai-je sous silence les amours du crapaud, cet animal hideux, et qui peut néanmoins nous intéresser par sa constance, par sa patience et par sa dextérité à servir d'accoucheur â sa femelle? bonnet, Consid. Corps org. Œuvres, t. vi, p. 142, dans pougens. Ce n'est qu'assez improprement qu'on peut dire que le crapaud est ovipare; c'est que les petits corps qu'il met au jour en si grand nombre ne sont pas précisément des oeufs; ils sont, à parler exactement, les têtards eux-mêmes, déjà tout formés, id. Contempl. nat. part, xn, ch. 42. || Pierre de crapaud, sorte de pierre qu'on disait se trouver dans la tête du crapaud, et à laquelle on attribuait des vertus particulières. || Populairement. Sauter comme un crapaud, sauter d'une manière lourde. || Être chargé d'argent comme un crapaud de plumes, n'avoir pas le sou. || Un vilain crapaud, un petit homme fort laid. C'est aussi un terme d'injure qui n'implique pas la laideur. || Fig. et familièrement. Avaler un crapaud, faire quelque chose de désagréable, qui coûte beaucoup. || 2° Crapaud de mer . nom vulgaire de la synancée horride, poisson qui habite la mer des Indes et qui est dit aussi pythonisse. C'est encore le nom de lalophie histrion, poisson. || Crapaud pêcheur, la baudroie, poisson. || Crapaud ailé, nom marchand d'une coquille univalve, le strombe très-large de Linné. || 8" Crapaud volant, nom vulgaire de l'engoulevent, oiseau. || 4° Terme de vétérinaire. Maladie du sabot regardée par quelques auteurs comme de nature cancéreuse. || 6° Terme d'artillerie. Affûtde mortier plat etsans roue. || Terme de marine. Forte platebande de fer coudée, qui maintient le gouvernail toujours à la même hauteur. || 6" Terme de minéralogie. Pierre grossière qui se trouve dans un bloo de marbre. || 7° Petit fauteuil très-bas pour s'asseoir au coin du feu. || 8° Petite bourse de soie dans laquelle les hommes enfermaient leurs cheveux par derrière. || 9° Crapaud du marais, nom donné par dénigrement à ceux des membres de la Convention qui siégeaient dans le bas et qui suivaient d'ordinaire l'impulsion du pouvoir dominant.
— HlST.xn's. Quardesserpenz i ot àgrant plenté, Laisardes grans et grans crapoz enflés, Le montage Guillaume, v. 2542. || xm's. À deables tant de maistres, dist li crapos à la herse [ancien proverbe], leroux de linct, Prov. 1. 1, p. 174. Xi crapaut aime, lunette [petite lune] li semble, id. ib. Lesards etcoluvres, grants crapots et serpens pesans, Hiver et esté. Pour ce qu'elle Volt [voulut] se [son] baron [mari] doner un crapaut à megner [manger] , Bibl. des Chart. 2" série, t. ni, p. 423. || xiv" s. Les quelles femmes portèrent un gros crapot pour deffaire le sort; et, ce fait, la fille tantost après fu aussi oomme toute garie, du cange, buffo. || xvi" s. D'où vient donc une si grande licence à ces vers ou crapaux, d'establir patrons et advocats devant Dieu? calvin, lnstit. 69'J. De plus on a apporté le madrier, pouf les barrières, pour les crapaux, pour le; grilles,
CRA
en A
CRA
d'adb. Hist. n, 350. Ho le meschant crapaut françois ! carl. v, 10. Encores que les crapaux n'nyent des dents.... le crapaut est vestu d'une grosse pe;iu dure, paré, xxiii, 32. Au reguard des lettres, d'humanités, de oongnoissance des anticques histoires, ils en estoyent chargés comme crapault de plumes, rab. n, 14. Saute, crapaud, voici la pluie, oudin, Curios. fr. Comme en la danse des crapauds en laquelle chascun veut estre maistre , julien , Mesl. hist. p. MB, dans lacurne.
— ÉTYM. Berry, grapaud; picard, crapeux; wallon, crapan; limousin, gropal ; provenç. grapaut, crapaut; anc. catal. grapalt, grapaut; calai, mod. calapat; bas-lat. crapaldus, crapnllus. On a indiqué le danois groen-padde, crapaud, de groen, vert, et padde, grenouille; mais la forme du mot ne s'y prête pas. Il vaut mieux recourir aveo Grandgagnage et Diez à l'anglo-saxon enopan; frison, kriapa; holland. kruipen; angl. lo creep ; island. eraup, ramper; l'anglais a aussi creeper, vermine qui rampe.
t i . CRAPAUDAILLE (kra-pô-dà-11' , Il mouillées), t. f. Ramassis de gens méprisables.
— HIST. xv* s. Allez en Angleterre, orde crapaudaille, que jamais pied n'en puisse retourner, froiss. Il, m, 44. Venez eus, douce damiselle; Et que vault ceste crapaudaille? Allez en arrière, merdaille, Patelin. Elles ont prins chacune un compagnon, et ont fait jusqu'à outrance la folie. Au diable les crapaudailles! laissons-les là, louis xi, Nouv. lvih.
— ÉTYM. Crapaud.
ï. CRAPAUDAILLE (kra-pô-dà-U' , Il mouillées), ». f. Par corruption pour crépodaille. Voy. ce mot.
t CRAPAUDE (kra-pô-d'), s. f. La femelle d'un crapaud. || Terme familier forgé par Voltaire : Demandez à un crapaud ce que c'est que le beau, le lo kalon? Il vous répondra que c'est sa crapaude, avec deux gros yeux sortant de sa petite tète, une gueule large et plate, un ventre jaune, un dos brun, volt. Dict. Philos, au mot Beau.
CRAPAUD1ÈRE (kra-pô-diê-r'), s. f.\\i° Lieu où se trouvent beaucoup de crapauds. || 2" Fig. et familièrement, lieu bas, humide, malpropre. Ce jardin est une crapaudière.
— ÉTYM. Crapaud.
t CRAPAUDIN (kra-pô-riin), ». m. Plaque creuse en fer dans laquelle on tourne les fers à friser l'étoffe.
CRAPAUDINE (kra-po-di-n'), s. f. || 1° Espèce de pierre qu'on croyait se trouver dans la tête des cra- .pauds et qui est la dent pétrifiée du poisson appelé loup marin. Il est faux que la crapaudine change de couleur et qu'elle sue quand on l'approche du gobelet où il y ait du poison; quoique Boot et quelques autres assurent que la crapaudine se trouve dans la terre, je ne voudrais pas néanmoins contester qu'il ne s'en trouve dans la tête des vieux crapauds, mais il est certain que celle que nous vendons ne provient pas de ces animaux, pomet, Hist. des drogues, dans de laborde, Émaux, p. 2:13. Il 2° Manière d'accommoder les pigeons qui consiste d 'abord à les fendre, les élargir et les aplatir, de telle sorte que, tout déformés, on a pu les compter à des crapauds. Pigeons à la crapaudine. Je n'aime ni le pigeon à la crapaudine ni le pain qui n'a pas de croûte, volt. Lett. d'Autre, 6 sept. 1765. Il 3° Plaque de plomb posée à l'entrée d'un tuyau de bassin ou de réservoir, pour empêcher les crapauds et les ordures d'y entrer. Il Soupape de décharge au fond d'un réservoir, d'une baignoire. De petits bouts de bois faisant une espèce de grdlage ou de crapaudine, J. J. rolss. Conf. 1. Il Fer creux dans lequel pénètre le gond d'une porte. Il Terme de mécanique. Bois qui reçoit le pivot d'un arbre vertical. || Terme d'imprimerie. Morceau de fer sur lequel est placée la grenouille. || Terme de marine. Support en fonte d'une caronade. || 4°Terme de vétérinaire. Ulcération située sur la couronne des animaux monodactyles (chevaux, ânes, mulets) et produite par les atteintes que se donne l'animal. Il 6" Un des noms vulgaires de l'anarrhique loup, appelé aussi loup de mer et loup marin, poisson. Il 6" Un des noms vulgaires de la stachyde droite [siderilis vêla des officines), plante.
— HIST. xiv* s. Fourme sur couronnelle est quant au travers sur le coup du pié a une soubaudreure [sic] qui se hausse, et en huit jours est formée aussi derrière comme devant, et durant ce qu'elle est entière, l'en l'appelle fourme et fait pies avalés; mais quant elle est crevée, l'en dist crapaudine, et ne garist l'en puis, et est sur le bout de la couronnelle du pié, Ménagier, II, 3. || xv" s. Sept anneaulx, à pierres crapaudines, de laborde, Émaux, p. 232. Unt
crapaudine assize en un annel, m. th. Grosses bombardes, gros canons, veuglaires, serpentines, crapaudines, coulouvrines et ribaudequins, Jean chartier, Hist. de Charles VII, p. 2 16, dans lacurne. Il xvi* s. Une bague d'argent de Limoge avec une crapodine, d'auu. l'œn. m, 3. L'opinion du vulgaire est fausse, pensant qu'on trouve dedans leur teste une pierre nommée crapaudine, bonne contre le venin, paré, xxiii, 32.
— ÊTYM. Crapaud; provenç. crapaudina.
t CRA PELE! (kra-pe lé), ». m. Nom vulgaire du jeune crapaud.
fCRAPELC (kra-pe-lu), s. m. Variété de crabe.
t CRAPONE (kra-po-n'), s. f. Sorte de lima bâtarde à l'usage des horlogers.
CRAPOUSSIN, INE(kra-pou-sin.si-n'), s. m. clf. Terme populaire. Personne couru», grosse et mal faite.
— HEM. L'Académie dit que crapoussin est aussi une sorte d'animal crustacé. Mais les naturalistes ne le connaissent pas.
— ÉTYM. Dérivé de crapaud, aveo une signification diminutive.
f CRAPPE (kra-p'), s. f. Graisse de la meule du moulin.
CRAPULE (kra-pu-1'), ». f. \\ 1° Grossière débauche, surtout dans le boire. Le grand s'enivre de meilleur vin que l'homme du peuple : seule différence que la crapule laisse entre les conditions les plus disproportionnées, entre le grand seigneur et l'estafier, la bruy. ix. Tout ce qu'il cherche n'est que crapule et brutalité, patru, Plaidoyer i i , dans bichelet. St-Pouange se conduisit dans la Guyenne avec tant de crapule, qu'il ne put y être soutenu davantage, st-sim. UH, i 14. Claude entouré des affranchis qui abusent de son penchant à la crapule, dider. Ess.s. Claude. Ne pouvant souffrir ni la gêne de la bonne compagnie, ni la crapule du cabaret, J. I. bouss. Conf. 1. Quand j'aurais passé mes premiers ans dans la crapule, id. Ilél. 1, 5t. La crapule endurcit le cœur, rend ceux qui s'y livrent impudents, grossiers, brutaux, cruels, in. Dialogue i. Cet homme n'avait jamais voulu se marier; il ne reconnut aucun de ses parents, vécut dans la crapule et mourut d'indigestion, volt. l'U. aux 10 écus, entret. avec le chirurg. || 2° Par extension, gens crapuleux. N'allez pas avec ces gens-là : c'est delà crapule.
— HIST. xiv* s. Il met tousjours contra luxure Contenance, et contre crepule Abstinence.... gacb de la bigne, dans le Dict. de dochez.
— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. crapula; du latin crapula, du grec xptmriXri, de xpà;, tête, et nà».siv, agiter.
CRAPULER (kra-pu-lé), ». n. Vivre dans la crapule. Et quelques-uns trop en tâtèrent, C'est-à-dire qu'ils crapulèrent, scarron, Virg. trav. vu. || Peu usité.
— hist. xvi* s. Les hommes gras et replets, ceux qui crapulent et qui usent des bains mal à propos, paré, xx, 22. Par la mauvaise manière de vivre, et pour avoir crapule et beu des vins forts, id. xxi, 4. Et m'ayant dit qu'il estoit difficile à vamir, je luy conseillay qu'il crapulast, et mangeast plusieurs et diverses viandes au souper, id. xxi, il.
— ÉTYM. Crapule.
f CRAPULEUSEMENT (kra-pu-leu-ze-man), adt'. D'une manière crapuleuse.
— ÉTYM. Crapuleuse, et le suffixe ment. CRAPULEUX, EUSE (kra-pu-leu, leû-z'), adj.
Il 1° Qui se plaît, qui vit dans la crapule. C'est un homme crapuleux. | 2° En parlant des choses. Goûts crapuleux. Nous apprîmes qu'il menait une vie débordée et crapuleuse, volt. Jenni, 4. Toute la joie de Rome ne consistait pas dans les débauches nocturnes et les fêtes crapuleuses de la cour dider. Ess. ». Claude. Les mœurs crapuleuses auxquelles ils ne sont que trop sujets, J. J. rouss. Pol. ta. Galérius prolonge dans les ténèbres de la nuit de basses et crapuleuses orgies, ciiateaub. Mart. (22. Au lieu de ses anciennes grâces, je ne lui trouvai plus qu'un air crapuleux qui m'empêcha de m'épanouir avec lui, J. J. rouss. Conf. vin.
— HIST. xvi* s. Les corps cacochymes, crapuleux et vieils, sont coustumierement vexés de telles tumeurs, paré, v, 44.
— ÉTYM. Lat. crapulosus, do crapula, crapule.
f t . CRAQUE (kra-k') , s. f. Terme populaire. Mensonge par exagération et par gasconnade. Ce qu'il dit là n'est pas vrai, c'est une craque.
— ÉTYM. Origine incertaine; à moins que l'on ne suppose que la craque est une chose qui sonne, qui craque. Collin d'Harleville a fait une jolie comédie intitulée If. de Crac dans son petit castel ;
c'est un Gascon qui pousse à l'excès la manie d'exagérer. X défaut de renseignements historiques, on se demande si c'est la pièce qui a suggéré la locution de craque, ou la locution qui a - ré le
nom du personnage.
t 2. CRAQUE (kra-k'), ». f. Terme de minéralogie. Cavité pleine de cristaux, dans une roche.
— ÉTYM. Craquer.
t CRAQUELAGE (kra-ke-la-j') , ». m. Procédé par lequel on craquelé la porcelaine.
— ÉTYM. Craqueler.
tCRAQUKLKK (kra-que-lé. Dans la syllabe quel, Vise redouble quand la syllabe qui suit est muette : je ■'.le, je craquellerai), v. a. Terme de manufacture île porcelaine. Donner à la porcelaine un émail fendillé. || Vases craquelés, vases à fonds divers dont l'émail est fendillé de mille manières, soit en dehors, soit en dedans.
t. CRAQUELIN { kra-ke-lin), ». m. Sorte de biscuit qui craque sous la dent. Craquelin au beurre. Il Nom, dans quelques provinces, de l'échaudé.
— HIST. xvi* s. Il est ordonné que tous les hniillangersde Rouen fassent de bon pain blanc, comme mollet, fouacbe, pain de rouelle, semineaux, cornuyaux, craquelins, crelelées, Urdonn. d'oct. 1508.
— ÉTYM. Croquer 1.
t 2. CRAQUELIN (kra-ke-lin), ». m. Terme de marine. Bâtiment d'une charpente trop faible et qui joue ou craque à la mer. || Fig. Homme peu vigoureux.
— ÉTYM. Craquer 1.
t 3. CRAQUELIN (kra-ke-lin), ». m. Crabe qui vient de changer de peau.
— ÉTYM. Craquer 1.
f CRAQUELOT (kra-ke-lo) , s. m. || 1* Hareng saur nouveau. || Hareng peu salé et peu fumé. || 2° 5. m. plur. Terme de pèche. Crustacés dits aussi craquelins venant de subir leur mue, qu'on emploie comme appâts.
— ÉTYM. Craquer.
t CRAQUELOTIÈRE (kra-ke-lo-tiê-r"), ». f. Femme qui prépare les craquelots.
— ÊTYM. Craquelot.
t CRAQUELURE (kra- ke-lu-r"), ». f. Terme de peinture. Défaut du vernis et de la couleur qui s'écaillent. Ce tableau est très-bien conservé; il est impossible d'y découvrir une craquelure.
— ÊTYM. Craqueler.
CRAQUEMENT (kra-ke-man), ». m. Bruit que font certains corps en craquant. Le craquement d'une poutre. On entendait, à plusieurs centaines de pas, des craquements semblables au claquement d'un fouet ou aux éclats d'un feu d'artifice, bonnet, Conlempl. nat. part, v, ch. 13. Le bruit sourd et monotone de nos pas, le craquement de la neige, et les faiblesgémissements des mourants interrompaient seuls cette vaste et lugubre taciturnité, sêgur, Hist. de Napol. xn, 2. || Craquement des dents, bruit produit par un mouvemeit des mâchoires pressées l'une contre l'autre violemment ou convulsivement de manière à faire craquer les dents. || Terme de médecine. Bruit de craquement ou bruit de cuir neuf, bruit produit parle frottement de la plèvre ou du péricarde, quand ces membranes sont devenues inégales et raboteuses par quelque altération.
— HIST. xvi* s. On trouve une cavité et enfonceure, avec quelque bruit d'une petite crépitation où craquement, paré, xiii, <3.
— ÉTYM. Craquer I. On trouve aussi craquetis : Tousjours d'un craquetis leur maschoire cliquoit,
t. CRAQUER (kra-ké), v. n. || 1* Produire un bruit sec, en se déchirant ou en se froissant. La glace craquait sous les pieds. Le biscuit craque sous la dent. Faire craquerses doigts. Nous brûlons du désir de trouver une assiette ferme et une dernière base constante , pour y édifier une tour qui s'élève k l'infini; mais tout notre fondement craque et la terre s'ouvre jusau'aux abîmes, pasc. Pensées, 1, », éd. Lahure, I86Ô. Toute la famille priait Dieu dans la case, dor.t le toit craquait horriblement, bern. de st-pikrre, Paul et Virg. || Fig. et familièrement. Cette affaire craque, elle menace de ne pas réussir. L'opposition est victorieuse, et le ministère craque, il est ébranlé. En Europe , tout craquait après la révolution de février. Cet homme vous craquera dans les mains, c'est-à-dire il vous manquera de parole, il vous abandonnera. || 2° Terme de fauconnerie. On dit que la grue craque, quand elle fait du bruit en fermant son bec, et aussi quand elle crie. || Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
—HIST. xvi* s. D'un horrible regard rouant ses yeux ardents Et d'un horrible son faisant cracquer
CRA
CRA
CRA
ses dents, dubell. in, 3( , verso. Ainsi qu'on voit les bien-volantes grues Craquer aigu quand passer il leur faut La mer, pour vivre en un pays plus chaud, bons. 602. En mangeant ils craquoient et du bec et des ailes, Comme font ces corbeaux qui suceent les cervelles Des animaux pourris, n>. 842. ....Et de coups redoublés l'un sur l'autre abondans, Font craquer leur maschoire et claqueter leurs dents,
— êtym. Crac.
t S. CRAQUER (kra-ké), v. n. Terme populaire. Dire des hâbleries. Cet homme ne fait que craquer.
— ÊTYM. Voy. CRAQUE t.
CRAQUERIE (kra-ke-rie) , s. f. Menterie, conte en vue d'attraper, d'en faire accroire. || Populaire.
— ÊTYM. Craquer 2.
t CRAQUET (kra-kè), *. m. Terme de botanique. Espèce de varech.
— êtym. Craquer i.
CRAQUÈTEMENT (kra-kè-te-man), s. m. Action de craqueter; bruit produit par ce qui craqueté. || Cri de la cigogne.
— ÊTYM. Craqueler.
CRAQUETER (kra-ke-té. L'Académie ne conjugue pas craqueler; mais comme elle écrit craquètement , il faut, par analogie, employer aussi l'accent dans le verbe : je craqueté; je craquetais; je craquèterai, craquetant), v. n. || 1° Produire un craquement fréquemment répété ; produire un petitcraquement. Le sel craqueté dans le feu. | j 2° Il se dit aussi du cri de certains oiseaux. On entend craqueter les cigognes. || 3" Fig. et familièrement, mais dans un sens qui n'est plus en usage. Quand on l'avait [la princesse d'Harcourt] bien fait craqueter [demander grâce] , Mme la duchesse de Bourgogne se laissait toucher, st-sim. ((3, 23*.
— hist. xvi* s de là s'entend le bruit Des gemis-
sans sous le fouet esclattant, Et des gros fers tirez en cracquetant, dubell. iv, 66, recto. Quand j'oy les Muses cacqueter, Enflant leurs mots d'un vain langage, Il me semble ouyr cracqueter Un perroquet dedans sa cage, id. m, 9( , recto. Il faisoit craqueter un fouet aussi bien que charretier de France, mont. l, (09. Elle se donnoit dans le bras des coups de poinçon, qui luy faisoient craqueter la peau et la saignoient bien enbon escient, id. i, 309. Comme ce poil craquette, Ce disoit-elle, et brûle tout en soy, Ainsi Francus puisse brusler de moi, rons. 624. L'advertissant s'il ne sent point quelque os craqueter; car si les os de la teste sont rompus, ils ne faudront point lors à faire bruit et craquetis, paré, viii, 2.
— ÊTYM. Craquer.
t CRAQUETTE (kra-kè-f), t. f. || 1" Petit billot de fer avec lequel les tailleurs repassent les boutonnières. || 2° Espèce d'écume retirée du beurre fondu.
— ÊTYM. Craquer t.
CRAQUEUR, EUSE (kra-keur, keû-z'), s. m. elf. Terme populaire. Menteur, hâbleur. C'est un grand craqueur.
— ÊTYM. Craquer i.
fCRASANE (kra-za-n') , s. f. Mot qui se trouve dans le Dictionnaire de Trévoux. Voy. crésane et