PARÉ, IV
— ËTYM. KuêoeiSifc, de x06o;, cube, et elSo;, forme.
t CUBO-PRISMATIQUE (ku-bo-pri-sma-ti-k'), adj. Terme de minéralogie. Qui participe du cube et du prisme.
t CUCERON (ku-se-ron), ». m. Insecte qui dévore les légumes.
CUCUBALE (ku-ku-ba-1'), ». m. Terme de botanique. Genre de plantes qui, ayant été démembré, ne contient plus qu'une espèce (cucubalus baccifer).
fCUCULÊS (ku-ku-lé) ou CCCUUDKS (ku-ku-li-d'j, t. m. plur. Terme d'histoire naturelle. Famille d'oiseaux analogues au coucou.
— ÊTYM. Lat. cuculus, coucou.
fCUCUHNES (ku-ku-li-n'), ». f. plur. Terme
d'histoire naturelle. Abeilles parasites qui, comme le coucou, mettant leur progéniture dans le nid d'autrui.
— ÊTYM. Lat. cuculus , coucou.
fCUCULLAIRE (ku-kul-lê-r'), adj. Qui est en
forme d'un capuchon. Muscle cucullaire, nom donné quelquefois au muscle traptize à cause de sa ressemblance avec le capuchon d'un moine, lorsqu'on le considère avec son congénère.
— ÉTYM. Lat. cucullus, capuchon.
t CUCULLE (ku-ku-P), s. f. Les chartreux nomment cuculle ce que les autres religieux appellent scapulaire.
— êtym. Lat. cuculla, capuchon.
t CUCULLIFÈRE ( ku-kul-li-fê-r' ) , adj. Terme d'histoire naturelle. Qui porte des appendices en forme de capuchon ou de cornet.
— ÊTYM. Lat. cucullus, capuchon, et fer, qui porte.
t OTCULLIFOLIÉ, ÊE (ku-kul-li-fo-li-é. èe),adj. Terme de botanique. Qui a des feuilles en forme de capuchon.
— ÉTYM. Lat. cucu Wiu.capuchon, et foliutn, feuille. f CUCULLIFORME (ku-kul-li-for-m'), adj. Terme
d'histoire naturelle. Qui a la forme d'un capuchon ou d'un cornet.
— ÊTYM. Lat. cucullus, capuchon, et forme.
t CCCUMÉRACÊ, ÉE (ku-ku-mé-ra-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui ressemble à un concombre.
— ÊTYM. Lat. cucumer, concombre.
fCCCUMÉRlN, LNE (ku-ku-mé-rin , ri-n'), adj.
Terme d'histoire naturelle. Qui ressemble à un grain de courge.
— ÊTYM. Lat. cucumer, concombre.
f Cl'CUMIFORME (ku-ku-mi-for-m'), adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un concombre.
— ÊTYM Lat. cucumis, concombre, et forme.
f CUCUPUE (ku-ku-f), ». m. Ancien terme de pharn acie. Espèce de bonnet à double fond, contenant entre ses deux fonds un mélange de poudres aromatiques.
— ÊTYM. Bas-lat. cueufa. coiffe, qui est une forme, avec réduplication, du bas-latin eufa (voy. coiffe).
CUCURBITACÉE (ku-kur-bi-ta-sée), adj. f. Terme de botanique. Plantes cucurbitacées, plantes herbacées, à tiges rampantes, telles que les melons, les concombres, etc., et, substantivement, les cucurbitacées, famille de plantes dont la courge est le type.
— ÊTYM. Lat. cucurbita, courge.
f CCCURBITA1N (ku-kur-bi-tin), s. m. Voy. cu-
CURB1T1N.
CUCITRBITE (ku-kur-bi-f), s. f. || 1° Partie de
l'alambic qui s'introduit dans le fourneau et dans laquelle on met la matière à distiller. || 2° Nom d'une pierre argileuse, dont la figure approche de celle du concombre.
— HlST. xiv* s. Par alambics et descensoires, Cucurbites, distillatoires, Par pélicans et matheras, Oncques tu ne l'arresteras Cestuy vif-argent tant folage, Nat. à l'alch err. 40.
— Ïtym. Lat. cucurbita, courge (voy. ce mot), à cause de la forme.
| CUCURB1TÊ, ÊE (ku-kur-bi-té, tée), adj. Qui est en forme de courge. Les branches du calebassier se chargentde fruits cucurbités dont on peut faire toute sorte de vaisselle, bbrn. de st-p. Harm. f , Science des enfants.
— ÊTYM. Lat. cucurbita, courge.
f CUCURB1TIN, INE ( ku-kur-bi-tin, ti-n'). || i'Adj. Terme de botanique. Qui a de la ressemblance avec un potiron, en parlant des baies de certaines plantes. || 2° S. m. Terme d'histoire naturelle. Nom donné au tsenia (taenia solium) parce qu'il est composé d'anneaux qui ressemblent à des semences de
CUE
courge. Les anciens nommaient cucurbitins ces anneaux qui sont souvent rendus isolés et qu'ils prenaient pour des vers particuliers. Chaque anneau paraît un véritable ver; et ce sont ces anneaux ainsi détachés qui ont été nommés par erreur vers cucurbitins, de leur ressemblance avec la graine de courge, bonnet, Atout», rech. Taenia.
— ETYM. Lat. cucurbita, courge.
t CCCURI (ku-ku-ri) , ». m. Sorte de chien de mer.
fCUDELÊ, ÉE (ku-de-lé, lée), adj. Ancien terme de vétérinaire. Affecté d'eaux aux jambes en parlant d'un cheval.
t CUE1LLAGE (keu-lla-j', Il mouillées), s. m. || 1° Action de cueillir les fruits. || Saison où on les cueille. || 2° Action d'enlever le verre en fusion avec la sarbacane. || Quantité de matière prise à la fois.
— ÊTYM. Cueillir.
tCUEILLAISON(keu-llê-zon, H mouillées), t.f.
Terme d'agriculture. Époque de cueillir.
— ÊTYM. Cueillir.
t t. CUEILLE (keu-U\ M mouillées), s. f. Terme d'agriculture. L'action de cueillir. la cueille est faite.
— ÉTYM. Voy. cueillir. On a dit au masculin dans le XV siècle : Soit la terre labourée Et la revenue en cueil, e. desch. Poésies mss. f°69, dans lacurne.
f». CUEILLE (keu-U', Il mouillées), s. f. Terme de marine. Largeur d'une pièce de toile à voile.
— ÊTYM. Cueillir, dans le sens de rassembler.
t CUEILLÉE (keu-llée, «mouillées), *./. Faisceau de fils redressé par l'engin de l'épinglier.
— ÉTYM. Cueillir, dans le sens de rassembler.
t CUEILLEMENT (keu-lle-man, Il mouillées), ». m. Action de cueillir.
— HlST. xvi* s. Cueillement, cotgrave.
— ÊTYM. Cueillir.
CUEILLETTE (keu-lle-t', Il mouillées, et non keuyè-t'), s. f. || 1° Récolte de certains fruits. La cueillette des olives, des pommes. Oui, d'abord vivant de nos miettes, Il [l'homme] prit de nous [singes] l'artdescueillettes,BÊRANG. Orangs-out. || 2" Collecte, produit d'une quête. Faire une cueillette pour les pauvres. || En ce sens il est vieux. || 3° Terme de marine. Charger un navire en cueillette, à la cueillette, le charger de marchandises appartenant à divers. Si le vaisseau est chargé à cueillette ou au quintal ou tonneau, le marchand qui voudra retirer ses marchandises avant le départ du vaisseau .pourra les faire décharger à ses frais, en payant la moitié du fret, Ordonn. août 4 68). || 4" Récolte des chiffons à faire le papier.
— HlST. xnr» s. Si que il apert que les coi'.loites aient perdu le droit du cours de lor nature, beaum. xliv, 34. || xiv* s. La queuillette de touoo livres parisis que la ville de Paris paie pour la chevalerie du roy Loys fils le roy Philippe le bel, du cange, auxilium. Les fruiz des vignes venuz à ' eurté et presque en estât de cueillette , id. collecta. || XV s. Or avint ainsi que messire Henri de Flandre se mit un jour en la compagnie et cueillette de plusieurs chevaliers, froiss. i, i, 86. Le comte Derby fit une cueillette et un amas de gens d'armes et d'archers, id. i,i, 232- En temps d'esté, doit on assigier les chasteaulx et citez, affin que ilz ne puissent faire leur cueilte, chris. de pisan, Charles V, n, ch. 34. || xvi* s. On lui avoit laissé plus de rameaux que de coustume, parce qu'on la vouloit arracher après la cueillie, palissy, 30. Le laboureur attend patiemment le temps et saison de cueillette, après avoir semé, id. toi. Cueillettes d'aumosnes pour les pauvres et nécessité des églises, d'adb. llisl. n, (74. Il y a plus de proufit de faire tousjours suffisante cueillette des fruicts, que d'en avoir une fois à grand foison, la boetie, 233. Il envoya vers le pape luy remontrer la disette du pays et le prier de luy donner deux cueillettes l'an d'après, Moyen de parvenir, p. 3io, dans lacurne.
— ÊTYM. Le même que collecte; provenç. culhida; portug. colheita; ital. colletta.
t CUEILLEUR, EUSE (keu-lleur, Ueû-z', Il mouillées), s. m. et f. || 1° Celui, celle qui cueille. || Être fait en cueilleur de pommes, être mal accoutré, ou être accoutré comme quelqu'un se préparant à quelque ouvrage rustique, à quelque travail pénible. || 2° Celui qui prend le verre fondu dans le pot. || 8° Pièce du rouet à filer l'or.
— HlST. xiv s. Willaume Lefevre cuelieur ou receveur du paage du pont de Pinquigny, du cange, coUectariuM. || xvi* s. Adventuriers en cueilleurs de chastaignes Furent transmis ung baston blanc au poing. J. mahot, t. v, 98. niogenes recoursa ses manches jusques es coubtes, se troussa en cueilleur
CUE
des pommes, rab. Pant. m, prol. Il s'en alloit par les rues, tantost habillé en marinier, tantost en magister, tantost en cueilleur de prunes, et toujours en fou, desper. Contes, lxx. Mon g.dlaml fui mis en cueilleur de pommes, n. est. Apol. d'Ilérod. p. 4SI, dans LACURNE.
— ÊTYM. Cueillir; wallon, codetf; namurois, coudfil; provenç. culhidor.
CUEILLI, IE (keu-lli, llie, « mouillées, et non keu-yi), part, passé de cueillir. Des fruits cueillis à point. Les plantes cueillies le matin à la rosée ou le soir à l'humidité ou le jour durant la pluie, ne se conservent point; il faut absolument choisir un temps sec, i. i. Rousseau, Lettre élément, sur la botanique. || Fig. [L'ode] Vante un baiser cueilli sur les lèvres d'Iris, Qui mollement résisle, et, par un doux caprice, Quelquefois le refuse afin qu'on le ravisse, boil. .Irt p. n.
t CUEILLIE (keu-llie, il mouillées), ». f.\{ f Terme de maçonnerie. Trait de plâtre par lequel les maçons commencent pour dresser un enduit. La cueillie sert aussi à former les angles. || 2°Termed'épinglier. Faisceau de fils de laiton redressés par l'engin.
— ÊTYM. Cueillir.
CUEILLIR (keu-llir, Il mouillées, et non keu-yir), je cueille, nous cueillons; je cueillais; je cueilli»; je cueillerai; je cueillerais; cueille, cueillons, cueillez; que je cueille, que nous cueillions; que je cueillisse; cueillant, cueilli, ■». a. || 1° Détacher des fruits, des fleurs, des feuilles de la tige. Cueillir des fruits, des fraises, des raisins. Cueillir une rose. Cueillir des feuilles de mûrier. Les nymphes se mirent à cueillir des fleurs , fén. Tél. vu. Ces herbes ne sont pas d'une vertu commune ; Moimême, en les cueillant, je fis pâlir la lune, corn. Médée, iv, 2. Telle qu'une bergère au plus beau jour de fête De superbes rubis ne charge point .i tète, Et, sans mêler à l'or l'éclat des diamants. Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornements, boil. Art p. n. Le gouvernement faii cueillir tous les ans cette plante par dix mille soldais tartares, dont chacun doit rendre gratuitement deux onces du meilleur ginseng, raynal, lltst. phit, v, 24. || Cueillir un bouquet, cueillir des fleurs pour en faire un bouquet. 11 oublie à les voir [les fleurs] l'emploi qui le demande, Et s'égare à cueillir une bedeguirlande, a. chen. Idylles, Hy'as. || Pig. Quelque fruit que par là j'espère de cueillir, corn. Cinna, m, 3. || Cueillir des palmes, des lauriers, remporter des victoires. C'est le fruit que j'attends des lauriers qui m'attendent; Heureux si mon destin, encore un peu plus doux, Me les faisait cueillir "sans m'éloigner de vous, corn. Ponip. iv, s. Tout le fruit qu'on en cueille est de se mettre mal, El d'avancer par là les desseins d'un rival, mol. le Dép. i, 2. Mayenne.... Songe à cueillir le fruit sans en être complice [du crime de J. Clément], volt. Ilenr. v. || 2° Cueillir un baiser, prendre un baiser à une femme. C'est du poison que j'ai cueilli sur tes lèvres, j. j. rouss. Ilél. i, 14. Il [l'Amour] dormait; un souris sur sa bouche formé L'entr'ouvrait mollement; et de jeunes abeilles Viennent cueillir le miel de ses lèvres vermeilles, a. chén. Idylles, imité de Platon. || 3" Cueillir, dans le langage des maçons, faire une cueillie. Cueillir une fenêtre en plâtre. || 4" Terme de marine. Plier une manoeuvre en rond ou en ellipse. || 5* Prendre le verre fondu avec la canne. || 6 Boucler la soie étendue sur les platines. || 7° Couper le fil destiné à faire les épingles ||8° Se cueillir, n. réft. Être cueilli. C'est en cette saison que les pommes se cueillent.
— REM. L'orthographe de «uet'iitr et de ses formations est très-irrégulière. Le c y prend un « après lui à la manière du q ; et cet u esl supposé encore après l'e pour en former le son euil , l'orthographe rationnelle serait cœuillir, où \'o de ce rappellerait l'élymologie , en même temps qu'il conserverait le son dur du c comme dans ctrur, et l'u placé après l'e donnerait le son eu qu'on doit entendre, tandis que et'J ne peut faire que eil, comme dans pareil, jullien , Thèses de gramm. p. 424 .
HlST. xi* s. Rolans sis niez me coillit en haûr
[haine], Ch. de Roi. cclxxiv. || xn's. Par vos barons en fut raisons cellie [accueillie], Jlonc. p. (0. Lie fist tant que ele m'ot bien pris Par traïson que [elle] cueille et mouteploie [multiplie], Couct, p. (24. L'arcevesques Thomas ad esté mis servanz ; Mes rentes ad cueillettes tûtes par plusurs ans, Th. le mart. 33. Mais à voz letres puis e veeir e sentir Que ne puis pas les grapes des espines cuillir Ne des runci.-s les fiches.... ib. *&. L'arcevesque Thomas ad vers le rei mespris; 11 de lut le reaume ad esté poestis, Eles rentes cueilletes unes e ans e dis, ib. t>«. || xiu* ».
CUE
La dame est jà par la verdour [verdure] , Eu un verger cueillant la flour, audefr.lebastard, Romancero, p. ». El cil des cinc nés [navires], si tost comme il porent apercevoir le jor, cueillirent leur voiles et s'en alerent sans parler à nullui, vii.lkh. cxlvui. Celui qui queut la coustume [perçoit la taxe). l.iv des met. 7. Mus en quiaut [il en cueille plus] de pleine jaloie [sorte de mesure], Ren. 4»272. Mes or vendent [les juges] les jugemens. Et bestornent les erremens, Et taillent et cuellent et saient [scient], Et le» povres gens trestout paient, la Rose, 6«07. Mais li termes moult Ions estoit, Com li ert vis,du fruit cuellir, FI. et 131. 386. Us plusor vont les pieresenlor mances coillir [ramasser en leurs manches], Ch. d'Ant. vui, 483. Gentius dus [duc], monté sont en la cité garnie, Trente ou plus, ne savons, Diex lor soit en aie I Tant avoit sor l'eschiele de nostre gent coillie [rassemblée] , Que por le fais des armes est rompue et froisie, ib. vi, 827. Encore, qui acate, et, por doute de rescousse, queut blés, mars ou vins, en leritage qu'il a ace té, ains le tans de droite meurison, beaum xliv, 34. Et li rescoveres vient ains le tans qu'il fust poins de coillir, u>. xuv, 34. Et s'ele ne se pot partir [partager] si comme viviers ou travers ou teles cozes sanllavles, li sires les doit fere coillir porfitavlement as cos [coûts] des compaignons, in. xxi, si. Une des galies le roy le queilli et l'a porta en noslre nef, là où il nous conta comment ce li estoit avenu, joinv. 287. || xiv* s. Après ce que les fruis sont cuillis, oresme, Elh. 246. || XV s. F.t avoit intention d'arriver à Harfleu; mais un tourment le prit et cueillit en mer, qui lui dura plus de quinze jours, froiss. i, i, 214. Tous ces seigneurs s'estoient cueillis en grant désir de là venir, et faire leur pouvoir de la conquérir [la ville], 1D. I, l, 88. Il prit et cueillit environ quarante lances de bons compagnon», n>. i, i, 7». Elle sera tousjours coincte, jolie et bien cueillie, Aresta amorum, \i. 24i, dans lacurne. Et le chevalier qui tant avoit aydé à monseigneur Yvain, dit qu'il ne le laissera «levant qu'il soit guary ; si fait cueillir le pavillon à sou nepveu et une coutte pointe; car il pense bien que mestier il aura de pavillon, se gésir le conviant hors de la ville, Lancelot du Lac, t. i, f° ua. Puis osla son heaulme, et abbatit sa ventaille pour mieulx cueillir le vent, car il avoit eu trop de chault, ib. t. in, f* 48. Et avoit cueilly et perceu grant argent contant, comh. iv, 42. Vestus de toile blanche et déliée cueillie [ramassée] à l'entour d'eux si mignonement que c'estoit merveilles à veoir la beaulté de leur vesture, Perceforest, t. i, f* 2*. Et quant ce vint à l'approcher, Lionnel baisse sa lance et va cueillir ta ventaille du heaulme du chevalier, et lui rompt le laz, et emporte son heaulme enmy le camp, ib. f° 408. Car là [il] cueilloit cueur et hardement en tous ses faitz, ib. t. h, f 82. Adonc fut temps de nappes osier; si les cueillirent escuyers et se i gens; après se levèrent dames et damoUelles et chevaliers, ib. 1. 1, f* «34. || xvi' s. Ledoulx fruictd'amourettes, lequel veuli Venus estre secrètement et furtifvement cueilly, rab. l'uni, u, 18. Les mousches en sont tant friandes que merveilles, «t se y cueilleroyent Utilisaient, et y feroyent leurs ordures, ID. ib. n, 4*. Roses aussi de diverses couleurs, S'on ne les cueult, sans profiter périssent : Et s'on les cueult, les cueillans les chérissent, harot, h, 288. Fol, dit-il, ce que tu semés ne cueille point de vigueur, sinon qu'il soit mort auparavant, calvin, Instit. 786. Je cueilliray tellement la somme de ce qu'il dit là, que j'useray mesme de ses mots tant qu'il me sera possible, m. ib. 10(4. Pour la culture de la terre, si je m'en voulois mesler, je cueillirois plus d'orge et de froument, la bobtie, 22». Csesar, s'esmerveillant de son gentil cueur, luy alla au devant avec grands cris de joye pour le cueillir et caresser, amyot, Cétar, 20. Parc de vignoble où il se cueult tous les ans environ deux cents queues de vin blanc et clairet, Carl. u, 40. On fera une cousture, en cueillant et comprenant du processus du péritoine tant profondement qu'il en soit retressi, paré, vi, (t. L'on cueillira les noisilles ou avelaines devant qu'elles aient grane, o. de serres, 860. Livres auxquels on peut cueillir quelque plaisir, AuitJ de Straparole, '■'p. 1. 1, p. 2. Quant il vit l'englois qui tel orgueil démena, il cueilly force et hardement, et prist en soy grant air, et proposa de illec vivre ou mourir où il conquerrait honneurs, menard, llist. de du Guescl. p. 232, dans lacurne. La Cypris de sa main cueut trois pommes dorées, iu'ip, OEuvres, p. 486, dans LACtJRNB. ,
ÉTYM. Wallon, code; namuroi», tvude; Berry, quillii (prononcé ki); provençal coillir, cuelhir, ucl'dr; catal. culhr; espagn. coaer; portug. collier}
CUI
iial. cogliere; du latin colligere, de col, cum, et légère, recueillir. Les formes en »'r sont irrégulières, et proviennent d'une transformation de colligere en colligire; du reste, la conjugaison suit colligere, et non colligire: je cueille, côlligo; il cueille ou, anciennement, il queut, câlligit; au futur, je cueillerai (cueiller-ai), et non cueillir -ai, qui s'est dit cependant au xvr siècle et au xvn\ « X la cour tout le monde dit cueillira et recueillera; à la ville tout le monde dit cueillera et recueillera; et, cela présupposé, que s'ensuit-il autre chose, sinon que cueillira et recueillira est comme il faut parler? vaugel. Rem. t. u, p. 886. » L'usage a prononcé pour cueillerai, qui suit la conjugaison de colligere, contre cueillirai qui suit la conjugaison de colligire. Dans certaines provinces on dit cueiller, de la l" conjugaison.
f CUEILLISSAGE (keu-lli-sa-j', 12 mouillées),!, m. Action de cueillir la soie sur les platines. || Mouvement du métier à bas qui plie le fil étendu sur les aiguilles.
— ÉTYM. Cueillir. La formation est barbare, cueillir n'ayant jamais fait eueillissant au participe présent; il faudrait dire cueillage.
CUEILLOIR (keu-lloir, U mouillées, et non keuyoir), s. m. Panier où l'on met la cueillette. || Corbeille attachée au bout d'un long bâton pour cueillir les fruits des hautes branchas. Les dômes découpés en feuillage ou creusés en forme de cueilloir deviennent autant de corbeilles, chateadb. Génie, m, v, 6. || Espèce de cisailla pour cueillir des fruits délicats.
— êtym. Cueillir.
f CUFFAT (ku-fa), s. m. Sorte de tonne, employée dans les puits de mines, pour transporter le minerai et les mineurs.
— ETYM. Bas-lat. cupha, qui s'est dit pour cupa, coupe, sorte de vase.
t CUFIQUE (ku-fi-k') , «d;. Voy. coukque.
\ 4 . CCI DER (kui-dé) , v. n. Terme vieilli et tombé en désuétude. || 1° Croire, penser. Me cuidant tromper, tu voudrais faire accroire.... Régnier, Élég. 2. Il se plaît aux trésors qu'il cuide ravager, id. Sal. rx. Tel, comme dit Merlin, cuide engeigner autrui, Qui souvent s'engeigne soi-même, la font. Fabl. iv, H . || I* Se cuider, v. réfl. Se pavaner, faire l'outrecuidant. Quelques vieux et plats courtisans, comme Dangeau, Cavoia, regrettèrent de n'avoir plus à se cuider parmi les sots et les ignorants, dans les raisonnements et l'amusemeni journalier d'une cour qui s'éteignait avec le roi, ST-sm. 417, 2).
— HIST. xi* s. Et des mellors qui al champ [de bataille] quient estre, Ch. de Roi. clv. Si grand duel [deuil] a, sempres cuida morir, ib. cclv. || xii's. Je le cuidai à mon neveu doner, Roneisv. p. 157. Bien [je] cuidai vivre sans amour Des ore en pais tout mon aé [âge, vie], Couei.u. Or quidout qu'il fust tels cum il Tout ainz veû, Th. U mari. 3». ||xm*s. Cil qui onques mes ne l'avoient veQe ne euidoient mie que si riche cité peOst avoir en tout le monde, villeh. lxi. Quiconque cuide ne qui die Que soit folor ou musardie De croire que songes aviengne, Qui ce voldra, pour fol m'en tiengne, la Rose, II, || xv* s. Ceste béste [l'ours] est de telle nature que ce qu'elle tient, soit homme ou beste, quant il ne se remue plus, elle le laisse là, cuydant qu'il soit mort, comm. iv, 3. || xvi* s. Je cuyde que soye descendu de quelque riche roy, rabel. Garg. i, 4. Ils mareboient en desordre , comme ceux qui euidoient bien estre hors de tout dangier, mont, i, 343. Or est-ce bien un grand abus, s'on cuide Que d'inventer la fontaine soit vide, la bobtie, 47». Si cuida Theseus au commencement user de force, mais il fut contraint par les brigues et menées de ses adversaires de s'en déporter, amyot, Thés. 43.
— ETYM. Provenç. euidar, cuiar ; espagn. cuidar; ital. eoitare; du latin cogitare, panser, de cum, avec, et agitare (voy. agiter).
1 2. CUIDER (kui-dé) ,s. m. Panier long pour cueillir at porter les fruits.
CUILLER ou , suivant l'orthographe de quelquesuns, dit l'Académie, CUILLÈRE (kui-Uè-r', Il mouillées, et non kui-yè-r; la prononciation est la même pour les deux orthographes, bien que, pour la première, quelques-uns disent kui-llé ; ce qui est une prononciation tombant en désuétude. Henri IV ayant dit à Malherbe qu'il fallait prononcer cuiller, et le faire faire masculin, Malherbe réponditque, tout puissant qu'était le roi , il ne ferait pas qu'on dit ainsi en deçà de la Loire. D'autre part Ménage remarque que le petit peuple de Paris prononce cueille, la cueille du pot,el que les honnêtes bourgeois y disent cutillire; l'usage a aussi écarté la prononciation tueillère),
CUI
». f. || 1* Petite palette creuse tenue par un manche, dont on se sert pour porter à sa bouche les aliments peu consistants ou pour les servir à table. Cuiller de fer, d'argent, d'étain. Cuiller à potage. Cuiller à ragoût. [Dans les catacombes] Anciens calices, antiennes croix, anciennes cuillers pour administrer la communion, chateaub. Italie , 38. || Cuiller à pot, cuiller large et profonde, avec laquelle on prend le bouillon dans le pot-au-feu pour tremper la soupe. || Cuiller à punch, grande cuiller dans laquelle la palette, au lieu d'avoir sa longueur dans la direction du manche, l'a perpendiculairement à ce manche; de plus elle est terminée par des goulots à droite et à gauche, afin de pouvoir verser commodément la liqueur soit dans les verres pour la boire, soit dans le bol lui-même lorsqu'on brûle l'eau-de-vie. || Petite cuiller se dit des cuillers à café. || Biscuit k la cuiller, biscuit long et mince, fort léger, qu'on trempe ordinairement dans le vin; ainsi nommé parce que, pour le faire, on en répand la pâte en long sur le papier avec la cuiller. || Terme de botanique. Pétales, feuilles en cuiller, [létales, feuilles qui en ont la forme. || Chevaliers de la cuiller, nom que prirent, dans le xvi" siècle, des nobles du pays de Vaud, s'étant vantés, dans une orgie, de manger les Genevois à la cuiller. || 2* Ustensile de cuisine. Cuiller de bois. || Par extension, nom d'instruments de formes diverses employés dans les arts. Cuiller à fundre du plomb. Cuiller à brai. || Cuiller à projection, demi-sphère creuse, en fer ou en fonte, munie d'un manche à bois, à l'aide de laquelle, dans les laboratoires, on fait fondre les métaux, les alliages, on verse certains corps dans les creusets chauffés au rouge. || Outil pour transporter les boulets rouges du gril à la pièce. (l Pierre creusée en rond ou en ovale pour recevoir l'eau d'un tuyau de descente. || Morceau de fer qui embrasse le bout de l'essieu des roues de devant d'un carrosse. || 3* Tarière de sabotier. || 4* Terme de marine. Sorte de foret acéré et coupant, pour percer les pompes. Il Instrument pour décharger les beuches à feu. || 6" Herbe à cuillers, cochléaria. || 6* Nom vulgaire de la spatule, espèce de héron qui ne diffère du héron que par le bec, qu'il a de la forme d'une cuiller , d'où il tire son nom. || 7* Nom de certaines coquilles de mer.
— HIST. xii's. Il s'abaissa [se baissa], si a pris un cuillier, Bat. d'Aleschans, v. 3886. Cuilliers, cupes, hanas d'argent, d'or esmeré, Th. le mart. 462. || xm* s. Quilliers de boys ou de fust, Lit. des met. 32 t. Lors sai je bien et puis savoir, Li vilain dit raison et voir, Qui dit qu'entre bouche et quiller Avientsovent grand encombrier, Ren. 4077. |j xjv's. Autre plus petit estuy pour mettre une petite cuillier d'or de la royne, de laborde, Émaux, p. 238. Cuillers d'argent, quatre douzaines, Ménagier, il, 4.||xvs. On ne perdrait pas céans une cueillier d'or ou d'argent, ni rien qui soit, que il ne le sçust tantost, froiss. n, m, 22. Vêla à tel pot, telculier, coquill. Plaidoy. de la simple. Une petite cullier à nectoyer la langue, de laborde, Émaux, p. 238. Après mengier, cuiller, lerouxdelincy, Prou, t. u, p. 183. || xvi* s. Trudon, prenez toutes ces cuillères d'argent, et ce drageouer, rab. Pant. iv, 43. On dit que bien souvent entre bec et cuiller II vient destourbier, 1. le houx, Tau de Vire, 26. Faut mettre en la vessie l'autre bout qui est cave en façon de cueiller, paré, xv, 46. Une cuillère d'argent, id. xx bis, 26. Plein une cuillier, id. xuv, 4». Avec une cueiller on recueillira le beurre, o. de serres, 286. Les grosses pièces de fruit seront plongées dans l'eau, une à une, avec la cueiller persée, id. 869. Entre tant de maisons armées, moy seul, que je sçache, en France , de ma condition , ay fié purement au ciel la protection de la mienne , et n'en ay jamais osté ny cueillier d'argent, ny tiltre, ny tapisserie, mont, in, ». Entre la bouche et la cueillier souvent advient grant destourbier, cotgrave.
— ÉTYM. Wallon, cui; Berry, quillire (prononcé Jti); saintong. chillère, chuliére; provenç. culhier, cuiller, cuiller, euller ; du latin cochleàre, de cochlea, par comparaison de la cuiller avec la coquille du limaçon. Le wallon cui vient du nominati. côchlear, avec l'accent sur co.
CUILLEREE (kui-lle-rée, il mouillées, et non kuiye-rée), s. f. Quantité contenue dans une cuiller. Une cuillerée de potage, de sirop. Une cuillerée à café équivaut à cinq grammes d'eau commune; une cuillerée à bouche équivaut à quatre cuillerées à café, et par conséquent à vingt grammes; il faut huit cuillerées à bouche pour un verre ou une verrée
HIST. xvi* s. Deux ou trois cueillerées d'huile
d'amandes douces, paré, xvhi, 4«. On en donnera,