ACE
forger. Mais il est plus vraisemblable de le rattacher à causa, cause (voy. ce mot). Ce qui ajoute quelque probabilité à cette étymologie, c'est que Bède dit que accusare s'est aussi écrit avec deux ss, orthographe qui est aussi celle de causa, caussa. f.... ACÉ(a-sé), suffixe employé surtout pour désignerdes catégoriesde plantes ou d'animaux ; Iesliliacées, les crustacés.
— ÉTYM. Aceus, suffixe latin indiquant le rapport et la ressemblance.
ACENS (a-san), s. m. Terme d'anciennes coutumes. Terre ou héritage quelconque tenu à cens.
—étym. À et cens.
ACENSÉ, ÊE (a-san-sé, sée), part, passé.
ÀCENSEMENT (a-san-se-man), s. m. Terme d'anciennes coutumes. Action de donner à cens.
— HIST. xive s. La seureté de tout le vendaige ou acensissement des dis moulins, du cange, accensamentum.
— ÊTYM. Acenser; provenç. acessamen, assensament.
ACENSER (a-san-se), v. a. Terme d'anciennes coutumes. Donner à cens, c'est-à-dire sous la redevance d'une rente.
— HIST. xm" s. Il ont acensi pour els et por les oirs du roi de Navarre les maisons le roi qui sont.... du cange, accensare. Et s'il avenoit que je acensesisse mon winage, id. ib. || xiv" s. Que toutes les revenues de la dicte ville seront acensées, id. ib. || xv* s. Les communes de Paris s'esmurent et armèrent , et occisent tous ceux qui avoient assencé ces gabelles et ces impositions, froiss.ii, ii,4 37. Robaut dist au suppliant qu'il se aclienssast et composast par devers Jehan, du cange, ib.
— ÉTYM. Acens; Berry, accenser; provenç. acessar; ital. accensare.
ACÉPHALE (a-sé-faP), adj. Terme didactique. || 1° Qui n'a point de tête. Un monstre acéphale. || 2° Fig. Qui n'a point ou qui ne reconnaît pas de chef. Concile acéphale. Secte acéphale. || 3° Dans la versification ancienne, vers acéphale, vers tronqué au commencement , et particulièrement l'hexamètre qui commençait par une brève. || 4° S. m. Espèce fabuleuse d'hommes sans tête. St Augustin assure qu'il a vu des acéphales , volt. Oreilles, 6. || 5° En termes d'histoire naturelle, animaux qui n'ont point de tête. Les huîtres sont des acéphales.
— étym. 'AxéçaXo?,de a privatif, el «çaXiî, tête, (voy. cêphalique).
f ACÉRAIN, AINE(a-sé-rin, rè-n'),ad/. Qui tient de la nature de l'acier. Fer acérain. Mine acéraine.
— HIST. xn" s. Pinabaux de Sorence tint le brant acerin, Ronc. p. 494. Le roi [il] servi au bon branc acerin ; De plusors gueres il fist maint orfenin, R. de Cambrai, s.
—ÉTYM. Acier.
ACERBE (a-ser-b') , adj. || 1" D'un goût âpre. Fruits acerbes. || 2° Fig. Sévère et dur. Des paroles acerbes. C'est un homme acerbe. Il m'écrivit sur un ton trèsacerbe.
— ÉTYM. Acerbus. Ce mot a une parenté évidente avec acer, acre (voy. Acre), et avec tous les mots qui, formés avec le radical ac différemment varié, ont le sens de pointu et de piquant.
ACERBITÉ (a-sèr-bi-té), s. f. || 1° Qualité de ce qui est acerbe. L'acerbité de ce fruit. || 2° Fig. L'acerbité de son langage. L'obligation de raconter le fait lui rappelle la mémoire plus vive de l'acerbité d'un événement qui.... P. L. cour, i, 71.
—ÉTYM. Acerbitas, de acerbus, acerbe.
t ACERE (a-se-r'), adj. m. Histoire naturelle. 11 se dit d'insectes qui n'ont point d'antennes et de mollusques dont la tête est dépourvue de tentacules.
— étym. A privatif, et xépaç, corne (voy. corne). ACÉRÉ, ÉE (a-sé-ré, rée), part, passé. || 1* Rendu
tranchant par l'acier, affilé, aigu. Fer à pointe acérée. La plainte qu'on permet à des désespérés Ne te sauvera pas de ses traits acérés, rotrou, Herc. mour. v, s. Un serpent blessait Zadig au cœur de sa langue acérée, volt. Zadig, 7. || 2" Fig. Qui blesse profondément. Les traits acérés de la calomnie. Langue acérée. Plaisanteries acérées.
ACÊRER (a-sé-ré. La syllabe ce prend l'accent aigu quand la syllabe qui la suit est sonnante , j'acérais, et l'accent grave quand cette syllabe est muette, j'acère), v. a. || 1" Garnir d'acier un instrument pour le rendre tranchant. || 2" Fig. Quelques motifs particuliers acéraient encore les calomnies et les haines qui doivent préparer les dissensions de Marseille, mirab. Collection ,t. m, p. 407.
— HIST. xii" s. Hanste [il] eut moult fort, li fers fu acerez, fionc. p. 36.Vostre espée est reburse, ses brans est acerez; S'il traist sur vus s'espée, sustenir
ACH
nel purrez, Î7i. le Mart. sa. L'escu [il] saisi, qui fu à or bendez, Etprent l'espié qui fu bien acerez, B. de Cambrai, 24. || xm" s. Les portes [ils] desferrerent à grans pels [pieux] acérés, Ch. d'Ant. vi, 843. || xv" s. Et tenoit un glaive roide et fort à un long fer bien acéré, froiss. i, i, 435. || xvi" s. Il n'y a harnois si bien trempé et acéré qui eust pu préserver un cœur de leur pointe, yver, p. 639. Saichant que cueur d'amye ou vray amant Est acéré trop plus que dyamant Contre infortune, j. marot, v, 209. De sa lance asserée verde et roide rumpoyt un huys, rab. Garg. i, 23. Ilz ont les gryphes tant fortes, longues et asserées, que rien ne leur eschappe, depuys que une foys l'ont mis entre leurs serres, id. Pant. v, 41. Cela que le soudart aux espaules ferrées, Que le cheval flanqué de bardes acérées, Ne put faire par force, amour le fait seulet, rons. 662. Il faut roidir son courage, affermir son ame, l'endurcir et acerer à jouir, sçavoir, entendre, juger toutes choses, charron, Sag. Préface.
—ÊTYM. Acier; provenç. aceirar ; espagn. acerar; ital. aciajare.
t ACÊRURE (a-sé-ru-r*),». f. Morceau d'acier préparé pour être soudé à une pièce qu'on veut acérer.
ACESCENSE (a-sè-ssan-s'), s. f. Terme didactique. Disposition à s'aigrir.
— ÊTYM. Acescent.
ACESCENT, ENTE (a-sè-ssan, ssanf), adj. Terma didactique. Qui commence à devenir acide.
—ÊTYM. Acescens, deacescere, devenir acide, d'un radical ac qui se trouve dans acide (voy. acide).
t ACÉTABCLE (a-sé-ta-bu-1'), s. m. || 1" Terme d'antiquité. Sorte de vasedestiné au vinaigre. || 2° Mesure répondant à la cotyle grecque et contenant 0,27 litres. || 3" Les anatomistes appelaient autrefois acétabules les cavités articulaires qu'on nomme aujourd'hui cavités cotyloïdes. Ils donnaient aussi le nom d'acétabule à des enfoncements qui se voient à l'intérieur de la matrice chez les chèvres, les brebis, etc. || Histoire naturelle. Suçoir des bras des mollusques céphalopodes.
— HIST. xvi" s. L'air est conduit.... de la grand artère aux artères de la matrice et cotilidoines , qui sont au chorium, par les acetables, et des acetables à l'umbilic de l'enfant, par la veine umbilicale, paré, t. H, p. 634. Iceux orifices ont esté appelles des Grecs cotylédons, et des Latins acetables, id. xvm, 6.
—ÊTYM. Acetabulum, de acelum, vinaigre (voy acétique).
ACÉTATE (a-sé-ta-f) , s. m. Terme de chimie. Se dit des sels produits par les combinaisons de l'acide acétique avec une base. De l'acétate de morphine, un grain dans une cuve se perd , en une cuillerée tue, p. l, cous, n, 384.
— ÊTYM. Acétique.
ACÉTECX, EUSE (a-sé-teû, teû-se), adj. Qui a le goût du vinaigre. Acide acéteux, nom anciennement donné au vinaigre ordinaire, que l'on croyait différer de l'acide acétique concentré, par un degré moindre d'oxygénation.
— HIST. xvi" s. Toutes ces choses aceteuses sont fort louées, parce qu'elles irritent l'appétit, pare,
XXJV, 2.
— ÉTYM. Acelum, , vinaigre , d'un radical ac qui se trouve dans acide (voy. acide).
t ACÉTIFICATION (a-sé-ti-fi-ka-sion), s.f. Réaction chimique qui transforme l'esprit-de-vin en vinaigre.
— ÉTYM. Acetum, vinaigre, et facere, faire. ACÉTIQUE (a-sé-ti-k'), adj. Terme de chimie.
Acide acétique, acide qui est le principe du vinaigre.
— ÉTYM. Rectum, vinaigre, d'un radical ac qui se trouve dans acide (voy. acide).
t ACHALANDAGE (a-cha-lan-da-j'), *. m. L'ensemble des chalands.
— ÉTYM. Achalander.
ACHALANDÉ , ÉE (a-cha-lan-dé , dée) , part, passé. Qui a beaucoup de chalands. Boutique achalandée. Ce marchand est très-achalandé. Il y a des artisans bien plus achalandés les uns que les autres, plus forts et plus adroits, et qui gagnent par conséquent davantage, vauban, Dime, p. »4.
ACHALANDER (a-cha-lan-dé), v.a. || l°AchaIanderune boutique, yfairevenirdeschalands. || 2° Fig. Procurer la vogue. Il fallait bien des cérémonies, bien du temps pour achalander un oracle, volt. Mœurs, Oracle. || 8" S'achalander, v. réfl. Devenir achalandé.
— ÊTYM. A et chaland.
. ACHARNÉ, ÉE (a-char-né , née), part, passé. || 1° Attaché furieusement à sa proie, au propre et au figuré. Accusateur acharne. C'est un joueur
ACH
acharné. Elles n'étaient pas moins acharnées les unes contre les autres, boss. liist. n, 8. D'un peuple d'assassins les troupes effrénées, Par devoir et par zèle au carnage acharnées, volt. Henr. n. On dit que ces brigands aux meurtres acharnés.... id. Orphel. i, 6. Je courais, furieux dans ma rage homicide, Sur ses flancs acharné, dévorer un perfide, ducis, Hom. iv, 5. Ce n'était plus, dans cet amas confus d'hommes acharnés les uns sur les autres, que massacre, vengeance.... fén. Tél. xx. || 2°Où ily ade l'acharnement. Un combat acharné. On fait une guerre acharnée. Haine acharnée.
ACHARNEMENT (a-char-ne-man),*. m. || 1* Action d'un animal qui s'attache opiniâtrement à la chair qu'il dévore. || 2° Fureur avec laquelle se battent des animaux ou des hommes. Combattre avec acharnement. On poursuivit l'ennemi avec acharnement. || 3" Fig. Animosité opiniâtre. L'acharnement des plaideurs. L'acharnement des guerres civiles. L'acharnement odieux du chancelier Séguier contre Fouquet.
— êtym. Acharner.
ACHARNER (a-char-né), v. a. || 1* Donner aux chiens, aux oiseaux de proie le goût de la chair. || 2" Irriter des hommes, des animaux les uns contre les autres. Ce n'est point, madame, et ce ne peut point être votre dessein d'acharner les fidèles contre les fidèles, balz. Disc, à la Régente. Le premier sang versé rend sa fureur plus forte [du peuple}; Il l'amorce, il l'acharné, il en éteint l'horreur, corn. Nicom. v, 4. Puisse leur liberté, préparant leur ruine, Acharnant les époux, les pères, les enfants.... volt. Scyth. v, 4. Qu'allons-nous donc faire parle renvoi de la délibération? Manquer le moment décisif, acharner notre amour-propre à changer quelque chose à un ensemble que nous n'avons pas même conçu! mibab. Collection, t. n, p. t82. || 3° S'acharner, v. réfl. Mettre fureur et opiniâtreté dans la lutte. S'acharner sur les vaincus. Ce qu'il y avait de plus grand en France s'acharnait à ce combat. On s'acharne, on combat sur le corps d'Indatire, volt. Scyth. iv, 7. Que l'ours s'acharne peu souvent Sur un corps qui ne vit, ne meut ni ne respire, la font. Fab. v, 20. Ton extrême rigueur S'acharne sur mon cœur, mol. Princ. d'Él. m,3»interm. 2. || 4° S'attacher avec opiniâtreté. Us s'acharnent à diffamer cette harangue. Ils s'acharnaient contre le baptême des petits enfants, boss. For. n.
— HIST. xv s. Et tant estoit sur eulx acharné qu'après eulx es jardins ficher se voulait, Bouciq. n, 20. || xvi" s. Bertrand leur remit le cœur en disant qu'il falloit s'acharner sur la personne du baron de Mareuil, Guescl. Mèm. 8. Il se verroit maistre de ces vices qui sont habituez et acharnez en luy , mont, i, 3»7. Qui a jamais leu d'homme si obstinément acharné envers femme, que de celui-là envers Poppée? m. iv, 382. Des puissants dieux et des hommes mocqueur,Tout acharné de meurtre et de furie, Enflé d'orgueil, enflé de vanterie, rons. 652. Prince né avec un esprit vif, prompt à tout, acharné à toutes sortes d'amour, d'aub. Hist. n, 4 29.
— ÊTYM. A et chair (voy. ce mot); Berry, achargner ; bourguig. écharné.
ACHAT (a-cha; le « se lie: l'achat et la vente, dites: l'acha-t et la vente ;au pi. a-châ, rimant avec appas; d'autres prononcent a-cha, comme au singulier; î's se lie; les achats et les ventes, dites: les acha-z et les ventes) , s. m. || 1" Action d'acheter. Hispal fit achat d'un château , la font. Fiancée. Faites achat d'un vin qui pousse à vivre, béranger, ifon tombeau. || 2" La chose achetée. Je veux vous montrer mes achats.
— hist. xiii* s. Et gardés que nus qui l'achat N'i puisse faire bon achat, la Rose, 4 3248. Ce ne puet tstre que Jehans tiengne un ceval par title d'achat et par title d'emprunt, beaum. vi, 26. Je fac savoir que tous les acas.... du canoë, accatum. || xiv" s. Les volontaires sont teles comme vendicion , achat , prest , plegerie, usage, oresme, Eth. 4 45. || xvi* s.L'achet de paradis estoit taxé à certains deniers, calv. lnst.
*22 perdit sa chalemie et son pipeau d'avaine,
Qui valoient bien d'achat quatre toisons de laine, Rons. 743.
— ÉTYM. Voy. ACHETER.
t ACHATE (a-ka-f) , s. m. Fidèle compagnon. C'est son fidèle Achate.
— êtym. Achates, nom, dans YÉnéide, du fidèle compagnon d'Enée, et qui est devenu, dans notre langue, un nom commun.
ACHE (a-ch'), t. f. Plante ombellifère qui ressemble au persil. Le front couronné d'ache toujours verte, nous nous excitions à jouir de la vie, chateaobr. ilart. 4 50.
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— HIST. xvi* s. Nous disons quand quelcun est bien malade et en grand danger de la vie, qu'il ne lui fault plus que l'ache , c'est à dire la sépulture, pour ce que nous avons accoustumé de couronner les sépultures des morts avec ceste herbe, amyot, Timol. 35.
— ÊTYM. Apium, du grec âittov.
t ACHKE (a-chée) , *. f. Appât pour la pêche à la ligne.
— ÊTYM. Voy. A1CHE.
ACHEMINÉ, ÉE (a-che-mi-né, née), part, passé. || 1° Mis en chemin, au propre et au figuré. Convois acheminés. Du blé acheminé au marché. Une affaire bien acheminée. De nous voir en nostre navire A si bon port acheminés, malh. ui, 3. Le cardinal voyant l'affaire assez acheminée pour pouvoir former le dessein de l'arrêter [M. le Prince], il résolut de prendre des mesures avec Mme de Chevreuse, laroch. Uém. 4 03. || 2* Technologie. Se dit d'une glace dont on a enlevé les plus grosses aspérités.
ACHEMINEMENT (a-che-mi-ne-man), s. m. Ce qui est voie, chemin d'une chose. Toute lavie est un acheminement vers la mort. Cela était un acheminement au consulat. Ce premier crime fut un acheminement à un autre. Cette manière de vivre est un merveilleux acheminement à la passion, pasc. édit. Cous. La venue des faux prophètes semblait être un acheminement à la dernière ruine, boss. Hist. il, ». J'ai cru que, pourvu que nous conservassions les effets de l'histoire, toutes les circonstances [de la tragédie] ou, comme je viens de les nommer, les acheminements étaient en notre pouvoir, corn. Ex. de Rodog.
— ÊTYM. Acheminer.
ACHEMINER (a-che-mi-né), v. a. || !• Mettre dans le chemin, au propre et au figuré. Acheminer du blé vers le camp. La joie où vous m'acheminez.... mol. le Dép. v, 5. C'est une nouvelle qui achemine la paix, sév. 329. II refusait d'acheminer cette affaire par des voies raisonnables, boss. Projet. Au trépas Chaque moment de plaisir l'achemine, la font. Mandrag. || 2° En termes de manège, acheminer un cheval, habituer un jeune cheval à marcher devant lui. || 3° S'acheminer, v. réfl. Se mettre en chemin, partir pour. Je n'ai point trouvé étrange de les voir arrivés où je les avais vus s'acheminer, balz. 7" Disc, sur la cour. Le maréchal s'étant acheminé pour aller à Trêves.... sév. 205. Une troupe mutine, Maîtresse de la ville, au palais s'achemine, qiun. Paus. v, 4. || 4* Fig. Arriver à son but, à ses fins. Sa sagesse.... S'achemine à grands pas à l'empire du monde, corn. Nie. v, 4. Denuis ce coup fatal le pouvoir d'Agrippine Vers sa chute à grands pas chaque jour s'achemine, rac. Brit. i, 4. L'œuvre de Dieu s'acheminait, boss. Hist. n, 6. Les choses s'acheminent où nous voulons, mol. Pourc.m,*. Il n'y a pas une ode dont le but soit plus évident et où le poète s'y achemine plus droit, dider. Leltr. à Gai. Ce qui fut décidé maintenant s'examine ; Et vers nous pas à pas la raison s'achemine, m. i. chén. Charles IX, u, 3. On est trop heureux de n'être trompé que dans des choses médiocres; les grandes ne laissent pas de s'acheminer ; et c'est la seule chose dont un grand homme doit être en peine, fén. Tél. xxn.
— HIST. XIe s. [Il] entre en sa veie , si s'est acheminez, Ch. de Roi. 26. Vers doulce France tuit sont acheminié, ib. 63. || xii* s. Ne à haut ne à baslur conseil ne mustrerent; Quant il virent lur aise, par nuit s'acheminèrent , Th. le ilart. 60. Quant il orent ensemble, tant cum voldrent, parlé, Muntent sur lur chevals et sunt acheminé , tb. -n 8. En vers la mer se sunt nuitantre acheminé, t'6.50. || xui's. Il issent de la ville; es les acheminés, Ch. d'Ant. m, 688. Jusques à l'endemain que sont acheminé, t'6. ni, 477.Ysengrin s'est acheminez, Et erre tant qu'il vint à cort, ttenart, 8248. Lors après celé départie, Eschivant la destre partie, Vers la senestre m'achemin Por querre le plus brief chemin, 2a Rose, 10063. Si [elle] l'a tant poursivui [le sentier] et tant acheminé.... Berte, 45. Au temps que les cornoilles braient Et la froidure s'achemine.... rdteb. u, 66. || xv* s. Si s'en achemina [de Dynant] vers Vennes, froiss. i, i, 208. || xvi* s. Chose à quoy nature mesme nous achemine, mont, i, 14, Il s'achemina de ce pas au supplice , id. i , 4 9. Mon opinion est de les acheminertousjours aux meilleures choses et plus proufitables, id. i, 169. [Cette chose] acheminant ainsi cette amitié que nous avons nourrie , id. 1,206. Estant donc les Barbares acheminez en ceste intention vers Rome.... amyot, Cam. 34. Ses affaires estoient jà si bien acheminez qu'il les tenoit pour achevez, id. Tim. 4 2. Quand toute la monstre de
ACH
son triumphe fut acneminée, luy mesme monta dessus son chariot triumphal, id. ifarc. 4 0. Lucullus ne laissa point d'acheminer et haster son armée le plus tost qu'il lui fut possible, id. hucull. 44. Ces choses ainsi faittes, Lucullus s'achemina devers la cité de Tigranocerta, id. to. 48.
—êtym. A et cheminer; picard, akeminer.
ACHÉRON (a-ché-ron), s. m. Terme de mythologie. Fleuve des enfers. Les poètes le piemunt pour l'enfer ou pour la mort. Un mal qui répand la terreur.... La peste, puisqu'il faut l'appeler par son nom, Capable d'enrichir en un jour l'Achéron, la font. Fabl. VII, 4.
— ÊTYM. 'AyépMv.
ACHETÉ, ÉE (a-che-té,tée),p. passé. || 1° Acquis à prix d'argent. Des noirs achetés à la côte d'Afrique. Je gouverne l'empire où je fus acheté, rac. Esth. Il, 4.||2° Gagné par corruption. Applaudissements achetés. Un témoin acheté. Retourner à Tannée! Ah! sachez que la reine La sème d'assassins achetés par sa haine, corn. Nie. i, 4. || 3" Obtenu avec peine. Récompense achetée au prix d'un grand travail. L'honneur d'un si beau choix serait trop acheté.... corn. Hor. il, 8. Ce reste malheureux [de vie] serait trop acheté, S'il faut le conserver par une lâcheté, rac. Baj. n, 3. Au prix du déshonneur quelques heures de plus Lui sembleraient trop achetées, a. chén. 200. [Pierre le Grand] remportant avec lui la science de la construction des vaisseaui, acquise en moins de deux ans, parce qu'il l'avait acquise par lui-même, et achetée courageusement par une espèce d'abdication de la dignité royale, fonten. Ciar Pierre. Il est si ordinaire à l'homme de n'être pas heureux, et si essentiel à tout ce qui est un bien d'être acheté par mille peines, qu'une affaire qui se rend facile devient suspecte, la bruy. 4 4.
ACHETER (a-che-té; ne prononcez pas a-je-té,ni, comme Vaugelas le défend aussi, a-jé-ter. La syllabe che est muette quand la syllabe qui suit est sonnante, et prend l'accent grave quand cette syllabe qui suit est muette ; gardez- vous donc bien de prononcer, comme font quelques personnes, ach'trai pour a-chè-te-rai, et ainsi de suite), v. a. || 1* Acquérir une chose à prix d'argent. Acheter une maison. Les gens qui font la traite achètent des noirs sur la côte d'Afrique. Des étrangers achetèrent de quelques pêcheurs ce qu'ils allaient tirer du coup de filet qu'ils venaient de jeter dans la mer, fen. Philosophes, Thaïes. Comme une pierre précieuse qu'on n'achète qu'en se défaisant de tout le reste et le vendant, bourd. Pensées,t. i, p. 90. Une femme de qui il achetait des herbes au marché, la bruy. Disc sur Théoph. M'habiller de bonnes étoffes et me nourrir de viandes saines, et les acheter peu, id. 40. Les huit ou dix mille hommes sont au souverain comme une monnaie dont il achète une place ou une victoire; s'il fait qu'il lui en coûte moins.... id. to. || Absolument. La manie d'acheter. || 2° Acheter un homme, lui donner une somme pour qu'il serve en place d'un autre à l'armée. || 3' A.cheter des soldats, donner à un gouvernement étranger de l'argent pour qu'il fournisse des soldats. Dans la guerre d'Amérique, l'Angleterre acheta plusieurs régiments dans les petits Etats de l'Allemagne. || 4* Procurer à prix d'argent une chose qui n'est pas vénale, corrompre à prix d'argent. Acheter ses jv. ges. Il acheta par des largesses l'attachement des soldats. Et des mêmes présents qu'il verse dans mes mains, J'achète contre lui les esprits des Romains, corn. Cinna, i, 2. Je gage, s'il naît un Voltaire, Qu'on emprunte pour l'acheter, bér. Poète de Cour. || 6° Fig. Obtenir avec peine et difficulté. Acheter la bienveillance par des flatteries. Il acheta la victoire au prix du sang de ses meilleurs soldats Ceux qui de leur sang m'ont acheté l'empire , corn. Cinna , v, 4 . Ce que de tout mon sang je voudrais acheter, id.PoJ. iv, 3.' N'achetez point si cher une gloire inutile, rac. Alex, v, J. J'entrevois vos mépris, etjuge, à vos discours, Combien j'achèterais vos superbes secours , id. Iph. iv , 6. Nul ne leur a plus fait acheter la victoire, id. Mithr. v, 6. Il a par trop de sang acheté leur colère, n>. Andr. i, 4. Vous achetiez sa mort avec mon hyménée, volt. Mér. iv, 2. Que les jours de mon fils n'achètent point ses jours, id. Orphel. n, 3. Il achetait par ses propres périls sa réputation , fléch. Mar.-Th. Les plaisirs qui se font acheter par des remords, mass. Prod. Chactas avait acheté la vertu par l'infortune, chateaub. Atala, 207. Si les hommes ne sont point capables d'une joie plus sensible que de connattre qu'ils sontaimés, et si les rois sont hommes, peuvent-iLs jamais trop acheter le cœur de leurs peuples? la bruy. 40. Fallût-il doncl'ache-
Acn
ACH
ACH
ter [le salut] par les mêmes supplices, par les mêmes sacrifices [que les martyrs] , nous y devons être disposés, bourd. Pensées, t. i, p. 98. Qu'est-ce après tout que ce retour? et, si j'ose le dire, doitil être d'un grand mérite devant Dieu, lorsqu'on le lui a fait acheter si cher? m. t'6. p. 283. || 6* S'acheter, v. réfl. Être vénal. C'est un bien qui ne s'achète pas. || 7" Proverbe. Qui bon l'achète , bon le boit, se dit du vin et en général de toute marchandise.
— SYN. acheter À, acheter de. X quel marchand avez-vous acheté cela, ou de quel marchand? Le premier est plus usité dans le langage ordinaire; mais voici toute la différence. D'après Lafaye, on dira le premier quand on voudra aller trouver le marchand pour acheter un objet semblable, et le second quand on aura seulement l'intention d'indiquer la provenance : à désignant vers qui l'on est allé, à qui l'on s'est adressé, et de désignant de qui on tient la chose achetée. Mais l'usage confond tout à fait ces deux emplois. Et en effet, soit qu'on achète à, soit qu'on achète de, il faut toujours aller à celui qui vend.
— rem. Je me suis acheté un manchon, c'est-àdire j'ai acheté un manchon pour moi, est une locution qui peut se dire, puisqu'il n'y a aucune amphibologie. .Mais déjà l'amphibologie commence si l'on met : On m'a acheté un manchon , qui peut signifier : on a acheté pour moi , ou de moi , an manchon. On peut voir au n° 6 que Corneille s'en est servi ; mais elle mérite beaucoup d'attention, pour quïl n'y ait pas d'équivoque. Le danger de l'amphibologie augmente dans une phrase comme celle-ci qu'on entend tous les jours et qui est en effet dans le dictionnaire de l'Académie : J'ai acheté une montre à mon fils, avec le sens de pour mon fils ; mais qui peut aussi signifier : J'ai acheté de mon fils une montre, il m'a vendu une montre. On prendra donc bien garde , en s'en servant, à l'amphibologie; et, en tout cas, on remarquera qu'ici l'emploi de d au lieu de pour est du parler vulgaire et négligé.
— hist. xi* s. E il ait testimoines que il l'achatad al marchied le rei, t. de Guill. 26. || xii's. Respundi li reis : n'iert pas issi [ce ne sera pas ainsi] ; mais jo l'achaterai à tei, flots, 2)9. Qui 1' pourra prendre moult m'aura achaté [m'aura rendu un grand service] , Roncisv. p. 483. Si en [par largesse] puet l'on acheter L'amour au roi de Paradis [de Dieu], le comte de bret. Romane, p. 462. || xm' s. Jà n'i verrez joiel, tant soit de chère vente , Que je ne vous achate, Berte, 4 4 4. La paour que [elle] a eue, [vous] eussiez achetée [payée cher], t'6. 415. Voirs est se je demande aucun héritage, por ce que je di que je Pacetai, et li defenderes met resons encontre.... beaum. vn, 7. Ençois [plutôt] voulons soffrir martire Et travail por nos amender Et por Dame Deu achater, Ben. 13246. || xv* s. Si achapterent lechasteau des Anglois ceux de Bayonne quatre mille francs, froiss. ii,ii, 39. || xvi* s. Il en achapte force mestayryes, force granges.... rab. Pant. iv, Nouv. Prol. Les Acheens les retirèrent et achepterent tous à cinquante escuspar teste, amyot, Flam. 28.
— ÊTYM. Picard et norm. acaler; bourguig. echetat; provenç. acaptar, prendre à redevance ; anc. espagn. acaptar; anc. portug. achatar; bas-lat. accapilare. Diez le tire de ad-captare ; mais la forme accapitare ne le permet pas. Le mot vient de ad , à, et caput, tête (voy. capital), et signifie prendre pour chef, prendre à bail, à redevance, acheter. C'est ainsi que capital est devenu cheptel, qui signifie toute espèce d'avoir, en ancien français, chetel ou catel.
ACHETEUR, ECSE(a-che-teur, teû-z'), s. m.etf. ||1* Celui qui achète. L'empire trouva un acheteur, boss. Hist. î, 4 0. Son livre, aimé du ciel et chéri des lecteurs, Est souvent chez Barbin entouré d'acheteurs, boil. A. P. i. || 2° Celui ou celle qui a la manie d'acheter. C'est un grand acheteur, c'est une grande acheteuse.
— hist. xm' s. Se il vent cel uzage àgrengneur personne, estimations doit estre fête àl'aceteur,selonc ce que li venderes en pooit uzer,BEAUM. xxiv, 18. L'avoir, le pris a li vendierres, Si que toutpert li «chatierres, la Rose, (0833. ||xv" s. Les acatoursdes prises, du cangs accatum. || xvi's. Et pourtant parloit il lui mesmt Jpart aux achepteurs qui mettoient à l'enchère, amtot, C. d'Ut. 48.
— Êtym. Acheter.
t ACHEVAGE (a-che-va-j'), s. m. Dernière façon çu'on donne à une poterie moulée.
t ACHEVA LER (a-che-va-lé), v. a. et n. Terme de guerre. Mettre à cheval sur, être à cheval sur un Oeuve, une rivière, en occuper les deux rives.
t ACHEVANT ANTE (a-che-van , Tant') , adj. Les
esprits qui entreprennent sont communs; les esprits achevants ne le sont pas.
ACHEVÉ, ÊE (a-che-vé, vée). || 1° Part.passi. Mené à terme. La moisson achevée. Les travaux achevés sont agréables. Le péché n'est pas achevé , si la raison ne consent, pasc. édit. Cousin. Chacun reste interdit, l'oeil et le bras levé; Le coup demeure en l'air et n'est point achevé, rotrou, Antig. i, 2. Ma honte est confirmée et son crime achevé, rac. Andr. îv, 3. || 2" Adj. Accompli en bien ou en mal. Orateur achevé. Epicurien achevé. Scélérat achevé. La France le vit alors accompli par ces derniers traits, et avec ce je ne sais quoi d'achevé que les malheurs ajoutent aux grandes vertus, boss. iouts de Bourbon. C'était une pièce achevée, sév. 422. Voilà le principe le plus achevé de toute votre morale, pasc. Prov. 9. Dans le dessein quevousavez d'avoir un portrait achevé de la personne que vous aimez, mol. Sic. 2. Jamaison n'a vu tyran plus achevé, corn. Perlh. iv, 2. Ces francs pécheurs, pleins et achevés, pasc. Prov. 4. C'est une pièce achevée dans le style de Diafoirus, P. L. cour, i, 80. || 3" Fou. Elles sont achevées, mol. Prie. 6. Le petit voyage qu'elle a fait l'a ramenée plus achevée qu'elle n'était, id. Comtesse, i. || 4° Réduit à l'extrémité, excédé. Achevé par tant de malheurs. Achevé par les importunités et le bavardage.
— REM. Des grammairiens ont dit que achevé, en parlant des personnes, se prend toujours en mauvaise part; et qu'ep parlant des choses il se prend toujours en bonne part. Cette distinction n'est pas confirmée par l'usage des auteurs : un orateur achevé est un excellent orateur.
ACHÈVEMENT (a-chè-ve-man), s. m. || 1" Action d'achever. Donner l'achèvement à un ouvrage. Et pour l'achèvement d'une plus grande chose, mair. Soph. m, 4. || 2° Fig. La perfection dont un ouvrage est susceptible. Il y a toujours de l'imperfection aux œuvres de la nature, et elle n'apporte jamais tant de soin à l'achèvement de ce qu'elle fait qu'elle ne laisse quelque côté plus faible, balz. Lei Romains. Elles m'ont donné l'achèvement d'une joie parfaite, sév. 400. || 3'En termes de critique littéraire, l'achèvement est ce qui complète le dénoûment d'un ouvrage. Dans VIliade, la réconciliation d'Achille et d'Agamemnon est le dénoûment; la mort d'Hector est l'achèvement.
— hist. xv* s. En pensant à l'achèvement de cette oreille, L. xi, Contes, 44.
— étym. Achever.
ACHEVER ( a-che-vé. La syllabe che est muette quand la syllabe qui suit est sonnante ; elle prend l'accent grave quand la syllabe qui suitestmuette), 17. a. || 1° Mener à terme. Achevons notre entretien. César acheva de subjuguer la Gaule. Quelques-uns achèvent de se corrompre par de longs voyages, et perdent le peu de religion qui leur restait, la bruy. 4 6. Achevez de vous convaincre par cette méthode d'étudier, que c'est la paresse des hommes qui.... id. 4 4. Voici ce qui glacera le cœur, ce qui achèvera d'éteindre la voix, ce qui répandra la frayeur dans toutes les veines.... boss. Anne. ]| 2" Rendre complet. Et ce qui achève notre impuissance à connaître les choses, pasc. édit. Cousin. Laisse-les, je te prie, achever leur repas, la font. Fab. xn , 1 3. Il fixa l'année à 365 jours et borna chaque mois à 30 jours; à la fin de chaque douzaine de mois il ajoutait cinq jours pour achever l'année, fën. Thaïes. Puisqu'en un même jour l'ardeur d'un même zèle Achève le destin de son amant et d'elle, corn. Flor. v, s dislui que je cours achever sa vengeance, id. Pomp. v, 4. Comme si je vivais, achevez l'hyménée, id.
Hor. n, 4 laissons-les sans nous achever leurs
querelles, id. Rod. m, 6. Arrêtez, n'achevez pas ce souhait étrange, mol. Princ.d'ÉUde,i\,i. Je voulais que ton zèle achevât en secret De confondre un amour qui se tait à regret, rac. Bérén. n, 2. L'amour achèverait de sortir de mon cœur, id. Andr. I, <. Je tremble qu'Athalie,à ne vous rien cacher, N'achève enfin sur vous ses vengeances funestes, id. A th. i, 4. Heureux si, sur son temple achevant ma vengeance, Je puis convaincre enfin sa haine d'impuissance, id. ib. m, 8. Rigoureuse fortune, achève ton courroux, id. Théb. v,3. Le dessein en est pris, je le veux achever, id. Andr. m, 4. Vérité que j'implore, achève de descendre, id. Êsth. m, 4. Ma vengeance s'étonne et craint d'être achevée, odinault, Agripp. v, 2. On croit faire grâce à des malheureux quand on n'achève pas de les opprimer, flêch. dans gir. duvivier. Ah! Madame, empêchez qu'on n'achève le crime, volt. lier. m,4. Il vit pour achever le malheur de Zamore, volt. Alf. v, 4. J'ai tout Calot hormis une seule estampe, qui n'est pas, à la vérité, de ses bons ouvrages; au contraire, c'est une des
moindres, mais qui achèverait Calot, la brut. 4 S. || 3" Absolument. Parle, achève, ô mon Diei! Ce sont là de tes coups, volt. Zaïre, n, 3. Heureux si sa fureur, qui me prive de toi , Se fait bientôt connaître en achevant sur moi I corn. Rod.v, t. || 4° Venir au terme de. Œdipe en achevant sa triste destinée, rac. Théb. i, 3. Hécube près d'Ulysse acheva sa misère, id. Andr. i, 2. J'aurais loin de Jocaste achevé mon destin, volt. CEd. i, 4. Qu'il m'aime ou me haïsse, il est temps d'achever Des jours que sans horreur je ne puis conserver, id. Orphel. v, 4. Il est certain que la lune n'achève par jour que cinq cei .'• quarante mille lieues, la bruy. (6. || B" Porterie derni^, 'U[>, le coup mortel à quelqu'un qui est déjà blessa fit nos soldats trahis ne l'ont pas achevé I corn. Hor. ni , 6. 11 faut donc l'achever [la raison], pasc édit. Cousin. |! 6'Kigurément et familièrement, consommer la ruine, le désappointement, les contrariétés de quelqu'un. Notre maison de Paris m'assomme, et Livry m'achève, sév. 34. Vienne encore un procès, et je suisachevé,coRN.Ifent. n,40. Souvent, pour m'achever, il survient une pluie, boil. Sol. vi. On dit de même : il ne lui manquait plus que cela pour l'achever. || 7° Terme de manège. Achever un cheval, le dresser entièrement.
s'achever, v. réfl. Devenir achevé, terminé. Sa vie s'achevait en paix. Cet hymen m'est fatal, je le crains et souhaite; Et je meurs s'il s'achève ou ne s'achève pas, corn. Cid, i, 6. Pour briser en vainqueur cet hymen s'il s'achève, id. Sert, m, 4. Dès qu'elle [la trêve] a commencé, faut-il qu'elle s'achève? rac. Théb. n, 3. Ou plutôt leur hymen me servira de loi; S'il s'achève, il suffit.... id. Iph. il , 4 . Notre paix qui s'achève Rompt de tous nos soldats le repos et la trêve, mair. Asdr. iv, 4. Cet horrible attentat ne s'achèvera pas, volt. Tancr. m, 3. Que ce rêve est brillant! maisliélas! c'est un rêve. Il commençait alors; maintenant il s'achève, lamart. tiédit, xvni. Il n'y a point au monde un si pénible métier que celui de se faire un grand nom : la vie s'achève que l'on a à peine ébauché son ouvrage, la bruy. 2.
— SYN. achever, terminer, finir. Faire en sorte qu'une chose soit faite et non plus à faire, et qu:un arrêt y soit mis. Achever c'est, il est vrai, mener à terme, mais avec idée que la chose menée à terme est parfaite et accomplie. Terminer, c'est simplement y mettre un terme, qu'elle soit parfaite ou non, complète ou non, finie ou non. Finir, c'est non-seulement la terminer, mais la mener jus |u'au bout; seulement elle peut n'être pas achevée, c'est-à-dire n'avoir pas reçu toute la perfection qu'elle comporterait. Mon livre est terminé; des circonstances m'ont obligé do n'y pas donner tout le développement que j'avais conçu. Mon livre est fini, mais j'ai besoin de le corriger. Mon livre est achevé, je l'imprime. Comme on le voit par ces exemples, il y aura beaucoup de cas où il importera peu de prendre un de ces termes pour l'autre.
— hist. xi' s. Sans home mort [la bataille] ne puet estre achevée, Roi. 260. || xn* s. De Compiegne se sont li messagier turné ; Et frère Franc ad bien son message achevé, Th. le Mart. 55. E se li arcevesque ad vers li trespassé,Par els soit adrescié.ju- ' gié et achevé, t'6. 58. Mieux fj'] aime à lui faillir [ne pas réussir auprès d'elle], si me promete [pourvu qu'elle me promette] , Qu'à une autre achever [réussir auprès d'une autre] , Couci, 6. Il n'i a roi en cest païs, Se autretel plaît avoit*quis, Qui par force ou par avoir Jà l'akievast, si com j'espoir, FI. et Bl. 1 773.Et que par lui sera toute Poevre achevée, Berte , xvi. Car forment [fortement] le hastoit de la chose achever, t'6. xvn. [j xv' s. J'y vueil envoyer le cueur,au lieu du corps, pour mon vœu achever, froiss. i, i, 47. || xvi' s. Si ma femme se mocquoit de ma calamité , ce seroitpourm'achever de peindre, rab. Pant. m, 9. Encore que ton aage ne soit pas achevé, ta vie l'est, mont. i,89. X treize ans je sortis du collège, j'avois achevé mon cours, id. i, t9B. Ils achevèrent de perdre les reliques de la romaine liberté [en se tuant], id. ii, 3). J'adjouste au bout de chasque livre le temps auquel j'ay achevé de le lire, id. Il, 442. Achever un ennemy, id. m, HO. Il acheva sa vie avant son œuvre, amyot, Salon, 66. Paulus estoit assis auprès d'une roche, attendant que quelqu'un des ennemis vinst l'achever de tuer, id. Fab. 33. Tous ces petits affaires achevèrent dans la mi-septembre, d'aub. Hist. n, 93.
—étym. À et chef, tin, but (voy. chef) ; bourguig echety.
t ACHEVEUR (a-che-veur), s. m. || 1" Celui qui achève. || 2° Le plus grand de tous les vases que le» batteurs d'or emploient.