FÉN. XXI
— hist. xv* s. Quant rencontré a un accusatif,
CH. D'ORL. Rond. 68.
— ÊTYM. Accusativus, de accusare, accuser; provenç. acusatiu; espagn. acusativo; ital. accusativo.
ACCUSATION (a-ku-za-sion ; en poésie, de cinq syllabes), s. f.\\ i° Action en justice par laquelle on accuse quelqu'un. Les chefs d'accusation. Accusation d'empoisonnement. Intenter une accusation contra quelqu'un. Dresser une accusation. Par son éloquence, l'avocat ruina l'accusation. Il se lava de l'accusation de péculat. Il défendit aux tribunaux d'admettre les accusations de fourberie. L'accusation qu'il suscita contre cet ecclésiastique, pasc. Prov. 16. || 2° Toute espèce de reproche, d'imputation. Ne prêtons pas l'oreille aux accusations. Il fut indisposé contre moi par des accusations mal foi*dées. Former des accusations contre quelqu'un, boil. Sat. \n,arertiss. || 3° Au sens passif, l'accusation de quelqu'un, l'accusation dont il est l'objet. Encore que ses accusations soient incessammentaux oreilles de V. M.... felusson, h, <6i. || 4° Action de révéler, de confesser. Nous entendons tous les jours des pécheurs qui mêlent à l'accusation de leurs fautes les maximes du siècle et le langage des passions, mass. Carême, Confession.
— hist. xiii* s. Vérités est que toutes accusations de foy , à savoir mon qui croit bien en le [la] foy et qui non , la conoissance en appartient à sainte Eglise , beaum. ii , 2. || ivi» s.'Le peuple ayant mis en justice d'accusation capitale ses capitaines,
MONT, i, 3.
—ÊTYM. Provenç. accusation; espagn. acusacion; ital. accusaiione; de accusatio, de accusare, accuser. Dans l'ancien français, on ne se servait guère" que d'accusement dont les exemples abondent. Accusement a été employé jusque dans le xvi" s. : Le riche dessous toy ne craint point que son bien Par faux accusement ne demeure plus sien, rons. 857. Quant à accusation cité plus haut de Beaumanoir, c'est une forme faite directement sur le latin et non un mot d'origine. La forme d'origine eût été acusaison, comme raison, oraison, etc.
ACCUSÉ, ÉE (a-ku-zé, zée). || 1* Part, passé. Accusé d'un crime. Accusé d'aspirer au trône. Les vents, les mêmes vents si longtemps accusés Ne te couvriront pas de ses vaisseaui brisés ? rac. Iph. v, 4. Un homme, justement accusé d'adultère, vint lui demander s'il lui était permis de se justifier par serment, fén. Philosophes, Thaïes. Selon vous, on est coupable dès qu'on est accusé ; un soupçon mérite la mort, id. Tél. xx. || 2" Accusé, accusée, f. m. et/". Celui, celle qui est accusé en justice. C'est lui qui est l'accusé. Se consacrer à la défense des accusés. Qui fonde vos soupçons ? de vains cris ? de faux bruits? Quels sont les accusés?... m. j. chén. Charles IX, rv, 4. Dieu, jugez entre nous; Les accusés tremblants sont ici devant vous, ducis, Lear, m, 8. || 3" Accusé de réception, mot d'écrit par lequel on reconnaît avoir reçu une lettre, un paquet.
ACCUSER (a-ku-sé), v.a. || l'Imputer un crime à quelqu'un. Il fut accusé de brigue, de violence. Accuser quelqu'un d'un crime capital. On l'accusa d'avoir fui du combat. Socrate fut accusé de niei les dieux que le peuple adorait. Pour vous justifier du crime dont ma raison vous accusait... mol. Fest. de Pierre, i, 3. Je n'accuse personne et vous tiens innocent, corn. Rod. v, 4. Ce n'est pas qu'après tout tu doives épouser Celui qu'un père mort t'obligeait d'accuser, id. Ct'd, iv, a. D'un amour criminel Phèdre accuse Hippolyte, rac. Phèd. iv, 2. Je le crois criminel, puisque vous l'accusez, id. ib. v, 7. || 2' Dans le droit criminel actuel, poursuivre, en vertu d'un arrêt de la chambre des mises en accusation, une personne devant la cour d'assises. || 3* Accuser un acte faux , soutenir qu'un acte est faux. |] Cette locution a vieilli. On dit présentement, arguer un acte de faux. || 4* En général, imputer, reprocher. Tu pouvais, pour toi, m'accuser de froideur, kol-
ACC
l'Élour. I, % Il l'avait accusé de discours médisants, n>. t'6. m, (. Quand vous devez la vie aux soins de ce grand homme, Vous osez l'accuser d'avoir trop fait pour Rome, volt. Catil. v, 4. Ah! si nous périssons, n'en accusez que vous, rac. Baj. h, 3. La vie n'était pour lui qu'un esclavage et une triste captivité ; et sans en accuser la Providence ni s'en plaindre.... bourd. Pensées, t. i,p. 46. || 5" Gourmander,blâmer.D'Egmont.... Del'incertain Mayenne accusait la lenteur, volt. Henr. vm. Mais avec quel courroux, avec quelle tendresse Mahomet de mes «ns accusa la faiblesse .' iD. Fanât, iv, 3. Contre l'effort des vents ces myrtes sans appuis Accusent notre indifférence, c. delav. Paria, n, 6. N'acouse pointmonsort;c'est toi seul quil'as fait, corn. Cinna, m, 4. Par des ambassadeurs accuser ma paresse, rac. Mithr. m , i . Où donc est ce grand cœur dont tantôt l'allégresse Semblait du jour trop long accuser la paresse? boil. Lutr. il En vain de ton départ Les
tiens impatients accusent le retard, delille, Enéide, m. || 6° En parlant des choses, servir de preuve, d'indice. Le fait même l'accuse. Devant les dieux vengeurs, mon désespoir m'accuse, volt. Sémir. I, 5. Voyons qui son amour accusera des deux, rac. Mithr. m, 4. Et son silence même accusant sa noblesse Nous dit qu'elle nous cache une illustre princesse, id. Iph. i, 2. Caché sous des lambeaux, un reste de richesse Semble encor de son rang accuser la noblesse, ducis , Lear, n, 2. || 7° X certains jeux de cartes, accuser son jeu, en faire connaître ce que les règles veulent qu'on déclare. || 8° Accuser juste , accuser faux, être exact, inexact dans son récit. Chamillart convenait que Catinat accusait vrai en tout et partout, st-simon, 405, 4 20. La renommée accuse juste en contant ce que vous valez, mol. Préc. 40. || 9° Accuser une douleur, accuser son âge, dire qu'on sent une douleur, qu'on a tel âge. j| 10° Accuser la réception ou accuser réception d'une lettre, d'un paquet. M. Plet ne nous accusa ni la réception de cette lettre ni celle d'un assez gros paquet que je lui avais adressé, volt. Lettr. Prusse, 35. Je n'ai de temps que pour en accuser la réception, boss. Lettr. Quiét. 4 90. La plupart commencent par accuser la réception de ma lettre, sév. 243. || 11° En termes de peinture, faire sortir certaines parties qui sont recouvertes par quelque enveloppe. Accuser les muscles, les os. Il 12° S'accuser, v. réfl. Se dire coupable. Il s'accuse d'homicide. S'accuser d'une faute , de sa crédulité. Elle s'accusait de ralentir ma marche. Vientelle s'accuser et se perdre elle-même? rac. Ph. m, 6. Votre coeur s'accusait de trop de cruauté, id. Brit. iv, 3. Je m'accuse, moi-même, d'en avoir trop entendu, mol. F. de Pierre, i, 3. Je me suis accusé de trop de violence, corn. Cid, m, 4. || 13° S'accuser , déclarer ses péchés au prêtre dans la confession. S'accuser d'avoir rompu le jeûne.
— REM. Régnier a dit : Un rêveur m'accuse Que je ne suis pas net.... Sat. H. Cette tournure est insolite , et l'on dit d'habitude de avec l'infinitif : De n'être pas net. Cependant elle n'a rien qui soit fautif en soi.
— HIST. xii" s. S'aucuns est acuseis qu'il ait aucun ochis.... tailliar, Recueil, p. 49t. Et feissent deux homes avant venir, qui Naboth acusassent et sur lui testemoniassent que il out mesparlé de Deu meime et del rei, Rois, 33 1. || xm" s. Cil cui je n'avoie riens mesfait, m'acusoient, Psautier, f. 48. Par iceste manière bien nous acuserons [nous prouverons noire fait], Berte, 23. Qui est accusé de cas de crieme, il ne se puet défendre par procureur, beaum. 80. En cas de crieme dont on pot perdre vie ou membre, li acusés n'est pas tenus à jurer, se li cas n'est de gages, id. xx, 9. Li mariages fu après acusés, et fu depeciés [cassé], et fut tenu por malvès, id. xvm, 18. Tretout ansinc vous dis pour voir [vrai] Que li cristal, sans décevoir, Tout l'estre du vergier accusent À ceux qui dedans l'iaue mutent, la Rose, 1669. || xiv" s. Et encore ettst on tout occis et tué, S'il n'ettssent nommé Penglois et accusé Qui les armes pendi de Bertran l'aduré, Guesclin, 4 9767. Dame, dist Galerans , jà n'aie je pardon, Se je vous en accuse par nulle entention , Baud. de Seb. il, 90. || xvi' s. Ils ne nous accusoient [dénonçaient] jamais aux ennemys, carloix, v, 6. Ceux qui accusent les hommes de.... mont, i, h. Les vieux du Sénat accusèrent [blâmèrent] cette pratique, id. i, 43. Les mesmes paroles qui accusent [indiquent] ma maladie, id. i, 34.
— ÊTYM. Provenç accusar; espagn. acusar; ital. accusare ; de accusare, de ad, à, et d'un radical sur lequel on a varié. Priscien dit que ce radical es* cusar«, fréquentatif de cudere, qui veut dire