OXYDE
ACIDE (a-si-d'), s. m. || 1" Substance qui produit sur la langue une saveur analogue à celle du vinaigre, et qui fait passer au rouge les couleurs bleues végétales. Les acides sont des corps d'une saveur plus ou moins piquante. || 2° En chimie, on donne le nom d'acides aux corps composés qui ont pour caractère: d'avoir la saveur acide; de rougir la teinture bleue de tournesol ; de saturer complètement ou incomplètement les alcalis et de se porter au pôle positif de la pile dans la décomposition ; et aussi à des corps composés sans saveur acide, mais jouant le rôle de l'élément électro-négatif,par exemple la silice.
— ÊTYM. Acide, adjectif.
t ACIDIFIABLE (a-si-di-fi-able) , adj. Terme do chimie. Qui peut se convertir en acide.
—ÊTYM. Acidifier.
t ACIDIFIANT, ANTE (a-si-di-fi-an, an-t'), adj. Qui acidifie, qui fait passer à l'état d'acide. L'oxygène a été d'abord considéré comme le seul principe acidifiant qui existât. La chimie actuelle reconnaît qu'il n'est pas possible d'admettre de principe acidifiant.
— ÊTYM. Acidifier.
t ACIDIFICATION (a-si-di-fi-ka-sion), s.f. Termo de chimie. Conversion en acide.
— ÊTYM. Acidifier.
t ACIDIFIÉ, ÉE (a-si-di-fi-é, ée), part, passé.
t ACIDIFIER (a-si-di-fi-é), v. a. || 1° Terme de chimie. Convertir un corps liquide, solide ou gazeux en acide. || 2" S'acidifier, v. réfl. Devenir acide.
— ÊTYM. Acide et ficare, fréquentatif de facere (voy. paire).
ACIDITÉ (a-si-di -té), *. f. Qualité de ce qui est acide.
— HIST. xvi' s. Sa qualité seconde, sçavoir acidité et aigreur, parê,vi, 23. Le vinaigre mixtionné avec eau estanche merveilleusement la soif, par la vertu de sa froideur et acidité, id. xxiv, 23.
— ÊTYM. Acidilas, de acidus, acide.
f ACIDULANT, ANTE (a-si-du-lan, lan-t'), part, prés, pris adjectivement. Des substances acidulantes.
— ÊTYM. Acidulé.
ACIDULE (a-ci-du-1'), adj. Légèrement acide.
— ÊTYM. Acide.
ACIDULÉ, ÉE (a-si-du-lé, lée), part, passé. Boissons acidulées.
ACIDULER (a-si-du-lé), v. a. Rendre acidulé.
— ÊTYM. Acidulé.
ACIER (a-sié ; l'r ne se lie jamais ; l'acier et le fer, dites : l'asié et le fer), s. m. || 1" Fer combiné avec le carbone et devenu susceptible d'acquérir par latrempeun grand degré de dureté. || 2* Par extension, arme blanche, glaive, poignard. J'ai senti tout à coup un homicide acier Que le traître en mon sein a plongé tout entier, rac. Ath. 11, 5. Mais l'acier des bourreaux fut plus prompt à trancher.... corn. Héracl. 11 , 6. Cette mère [au siège de Paris] Enfonce, en frémissant, le parricide acier, volt. Henr. x. Mourir noyé! dit-il, lorsqu'au rivage J'entends le feu, je vois luire l'acier, béranger, Poniatowski. || 3"Fig. Ces cœurs d'acier s'obstinent, corn. Hor. m, 2. Mon cœur n'est pas fait de l'acier des blancs, chateaub. Natch.u, 3<8. Cette roche de foi, cet acierde courage, MALH. 1, 3.
— HIST. xi* s. [Ils] ceignent espées de l'acer vianeis, Roi. 77. (I xii* s. Car onc ne lui rendimes Costume ne péage, fors de nos aciers froids, Sax. 33. [Il] brandist la hanste, dont bien tranche l'acer, Roncisv.p. 62. Parmi le cors [il] lui fait le froid acier passer, Berte, m. Aciers est de la meisme coustume et de la meisme droiture que fer est en foiro et hors de foire, livre des Met. 320. Li un portent espiez d'acier; Li autre arc et sajetes tiegnent, Ren. (6150. Il xv* s. Lesquelles clefs il ne trouva pas appareillées; car elles estoient en un coffret long, tout de fin acier et fermé d'une petite clef d'acier, froiss. m, iv, 23. Disoient les fols et les outrageux [de Gand] : Laissons les ouvrer, se Audenarde estoit ores d'acier, si ne pourroit elle durer contre nous, quand nous voudrons, id. il, 11, 63. Qui ne sauroit desnoer tous ses neux, Teste d'acier y fauldroit fort armée, cb. d'orl. Bal. 97.
— êtym. Provenç. acier, acer, assier ; anc. catal. asser; espagn. acero; ital. acciajo ; du bas-latin aciarium, de actes, proprement pointe, d'un radical ac (voy. acide).