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t ACIÉRATION (a-sié-ra-sion), t. f. Opération par laquelle l'acier se produit ; formation de l'acier.
— Ktym. Aciérer.
ACU5RÉ, ÉE (a-sié-ré, rée), par». pa.vse\ AC1ÉRER (a-sié-ré; la syllabe cie prend l'accent grave, quand la syllabe qui suit est muette, excepté au futur et au condit. j'aciérerai, j'aciérerais, t a. Il 1° Convertir en acier. || 2° S'aciérer, v. ré/i Se transformer en acier.
— êtym. Acier.
t ACIÉREUX, EUSE (a-sié-reû, reû-z'), adj Technologie. Qui peut être converti en acier. Fei aciéreux. Fonte aciéreuse.
ACIÉRIE (a-sié-rie), f. s. Usine où l'on fabrique l'acier.
— ÊTYM. Acier.
t ACIN ACI FORME (a-si-na-si-for-m') , adj. Terme didactique. Qui a la forme d'un sabre.
— ÊTYM. Acinaces, sabre, et forme.
f AC1NIER (a-si-nié), s. m. Un des noms vulgaires de l'aubépine.
t AC1SELER (a-si-ze-lé),t). a. Terme d'agriculture. Coucher pour la première fois le plant de la vigne.
— ÊTYM. Acier.
ACOLYTE (a-ko-li-te) , s. m. || 1° Clerc promu à l'un des quatre ordres mineurs, et dont l'office est de porter les cierges, de préparer le feu, l'encensoir, le vin et l'eau, et de servir à l'autel le prêtre, le diacre et le sous-diacre. || 2° Familièrement et en plaisantant, celui qui accompagne quelqu'un. Au moment de son arrivée [de Ceilamare] avec ses deux acolytes [Dubois et Leblanc], un détachement de mousquetaire; s'empara des portes et de la maison,
— HIST. xvi* s. En ces petits exercices, comme de lecteurs et d'acolytes, il n'y avoitpasgrand danger, veu qu'on ne les recevoit qu'en charge de bien peu d'importance, calv. Inst. 864.
— ÊTYM. Acolylhus, acoluthus et acolithus, de àxàÀovOo;, suivant, et non, comme dit Ménage, de ixûhixoi, non empêché, de apriv. et xu/Oeiv, empêcher , parce que , dit il , l'acolyte . tout en ne remplissant pas les fonctions ecclésiastiques, n'était pasécarté de la société des personnes qui les remplissaient. Mais il est certain que la formation n'est pas régulière ; il n'y a de correct que la forme latine acoluthus, par conséquentenfrançaiscedevraitêtre acoluthe. Quelques-uns écrivent acolylhe; cela est plus conforme à Pétymologie.
ACOMAS ou ACOMAT (a-ko-ma) s. m. Terme de botanique. Arbre des Antilles dont le bois est propre à la menuiserie.
f ACOMPTE (a-con-t'), s. m. Payement partiel que l'on fait sur une dette. Je vous envoie un léger acompte dans celle que renferme cette boite, 1. j. rouss. Ml. i,(5. y Auplur. desacomptes. X compte, employé adverbialement, s'écrit en deux mots. Voilà mille francs à compte sur ce que je vous dois.
— ÊTYM. À , compte.
ACONIT (a-ko-ni-f), s. m. Terme de botanique. Plante fort vénéneuse, de la famille des renonoulacées.
—HIST. xvi« s. L'aconit est une herbe qu'aucuns appellent luparia, parce qu'elle tue les loups, paré, xxiii, 44. La terre parle cielencor n'estoit maudite; Son sein ne produisoit encores l'aconite,
—ÊTYM. 'Axovitov. D'après Théophraste, ce nom vient de Aconis, ville de Bithynie, où l'aconit était très-abondant. D'autres le font venir de àxôvri , roche, parce que l'aconit croît dans les lieux rocailleux.
ACOQUINANT, ANTE (a-ko-ki-nan, nan-t') , adj. Qui acoquine.
ACOQUINÉ, ÉE (a-ko-ki-né, née), part, passé. Mon Dieu, qu'à tes appas je suis acoquiné I mol. Dép. amour, iv, 4.
ACOQUINER (a-ko-ki-né), v. a. || f Faire contracter des habitudes, des attachements. Et je crois tout de bon que nous les verrions [les femmes] nous courir, sans tous ces respects et ces soumissions où les hommes les acoquinent, mol. Princ. d'Él. m,3. Il 2" S'acoquiner, v. réfl. S'attacher trop, s'adonner trop. On s'acoquine à servir ces gredinslà, je ne sais pourquoi, regnard,/.» Sérén.9. || Il est familier.
— HIST. xvi* s. Ils se souillent en se pensant délecter, et,s'acoquinans aux escrits de mensonge, ils desdaignent ceuz 01; reluit la vérité, lan (46. Tous les hommes sont accoquinez à leur estre misérable, mont, m, (97. Six mois après, roui raurez si bien accoquiné vostre estomach que.... id. iv, 289. Si vous vous acoustumez d'aynsi accocquioer.
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les gens vous tiendront pourung belistre deshonté,
PALSGR. p. 504.
— ÉTYM. À jet coquin; bourguig. tfécôquignai. ACOTYLÉDONE (a-ko-ti-lé-don'). || 1" Ad}.
Terme de botanique. Se dit des plantes dont les semences sont dépourvues de cotylédons. || 2° S. f. La classe des acotylédones. Les acotylédones forment, dans la méthode de Jussieu, la première des trois grandes divisions du règne végétal. Les acotylédones forment un embranchement qui correspond à la cryptogamie de Linné.
— ÊTYM. A privatif, et cotylédon (voy. ce mot)
f ACOTYLÉDONE, ÉE (a-ko-ti-lé-do-né, née), ailj. et s. f. Les végétaux acotylédones et les Acotylédonées. S'emploie comme acotylédone.
— ÊTYM. Acotylédone.
t ACOTYLÉDONIE (a-ko-ti-lé-do-nie) , s. f. Terme de botanique. Classe des acotylédones , première classe de la méthode naturelle de Jussieu.
— ÊTYM. Acotylédone.
f ACOUMÈTRE (a-kou-mè-tr'),s. m. Instrument propre à mesurer l'étendue du sens de l'ouïe chez l'homme.
— ÊTYM. 'AxoOew, entendre, et |j.éTpov, mesure. A-COUP (a-kou; le p ne se prononce jamais), s.
m. Mouvement saccadé, arrêt brusque. Au plur. des a- coup.
— ÊTYM. À et coup.
ACOOSTIQUE(a-kou-sti-k'). || 1° Adj. Qui sert à
produire ou à modifier les sons. Cornet acoustique. || 2° Terme d'anatomie. Qui sertà l'ouïe. Nerf acoustique. || 3" S. f. Partie de la physique qui traite des lois suivant lesquelles le son se produit et se transmet.
— ÉTYM. 'AxouuTixèi;, de àxovsiv, entendre.
ACQUÉREUR ( a-ké-reur), s. m. Celui qui acquiert [surtout des biens immeubles]. Ce domaine n'a pas trouvé d'acquéreurs. Acquéreur de biens confisqués.
HIST. xiv' s. La dite femme qui estait acquete-
resse, du cange, acquittare. || xvi* s. Plus que César 'des Gaules acquéreur, marot, h, 34 4.
— ÊTYM. Acquérir.
ACQUÉRIR (a-ké-rir; ne prononcez pas a-krir, comme en quelques provinces. J'acquiers , tu acquiers , il acquiert, nous acquérons, vous acquérez, ils acquièrent. J'acquérais, etc. J'acquerrai, etc. J'acquis, etc. Acquiers, qu'il acquière, acquérons, acquérez, qu'ils acquièrent. Que j'acquière, que tu acquières, qu'il acquière, que nous acquérions, que vous acquériez, qu'ils acquièrent. Que j'acquisse, etc. J'acquerrais, etc. Acquérant, Acquis. La syllabe quie prend un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette),»', a. || 1° Devenir propriétaire par achat ou échange. Acquérir des terres. Acquérir à prix d'argent. || 2° En général, se procurer, venir à posséder. Acquérir un héritage. Acquérir de l'argent. Acquérir des richesses. La France a acquis par une expédition promptement terminée le territoire d'Alger. En moins d'un siècle l'Angleterre a acquis l'Inde. Ceux par le sang desquels ce territoire fut acquis. La passion d'acquérir du bien pour soutenir une vaine dépense, corrompt les âmes les plus pures, fén. Tél. xxn. || 3° Absolument. Il se rendailpropriétaire de l'héritage; ainsi les parjures étaient sûrs d'acquérir, montesq. i?spr. xxvm,4 8. La fureur d'acquérir corrompit leur justice, volt. Scyth. Iv, 2. || 4° Avec une personne pour sujet , attirer sur soi , appeler sur soi, en bonne ou en mauvaise part. Acquérir les bonnes grâces de quelqu'un. S'acquérir des amis, de la gloire. S'il voyait le monde pour se faire un nom, pour acquérir du crédit, de la réputation , bourd. Pensées,^. u,p. 492. Us y auraient beaucoup mieux rempli que moi la place que j'occupe, et y auraient acquis bien d'autres mérites que moi, id. t'6. p. 453. N'acquérez point ma haine en perdant votre temps, cobn. Théod. u, 4. C'était le vrai moyen d'acquérir sa tendresse, mol. l'Étourdi, iv, 4. [Elle] Efface son estime et s'acquiert des mépris, botbou, Vencesl. I, 4. Ne vous acquérez pas par votre dureté Un renom odieux à la postérité, id. Antig. il, 2. Quelle gloire il acquit dans ces tristes combats ! volt. Zaïre, I, 4. || 5° Procurer, faire avoir, en bonne ou en mauvaise part. Cela lui a acquis l'estime publique. Ses services lui ont acquis une position honorable. Il n'est point de climat où mon amour fatale N'ait acquis à mon nom la haine générale, corn. Médée, m, 3. Mon bonheur ordinaire M'acquiert les volontés de la fille et du père, id. héd. i, 4. Vous ai-je icquis sur eux en ce dernier effort La puissance absolue et de vie et de mort? id. Pomp. m, 2. Ces fameux Lévites.... qui.... Et par ce noble exploit vous icquirent l'honneur D'être seuls employés aux au-
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tels du Seigneur, bac. Athal. iv, 3. ||6°Gagner. Cet artiste acquiert de l'habileté. Ce terrain acquiert de la valeur. Avec le secours d'en haut , on peut s'y former [à la prudence] , on peut l'acquérir ; on l'acquiert par la réflexion et par de fréquents retours sur soi-même, bourd. Pens. t. n,p. 478. L'autre se fait écouter comme un maître, tant il paraît avoir acquis de connaissances et être versé en tout genre d'érudition, id. ib.p. 499. Et, à mesure que l'on acquiert d'ouverture dans une nouvelle métaphysique, y perdre un peu de sa religion, labruy. (6. || 7" Absolument. Devenir meilleur, en parlant des personnes et des choses. Cet orateur acquiert tous les jours. Ce vin acquiert en vieillissant. || 8° Acquérir quelqu'un, acquérir sa foi, son coeur, gagner son affection, ses services, et, en parlant d'une femme, son amour, sa main. Ce coeur vous est acquis après le diadème, cobn. Rod. m, 4. Ce qui touche mon cœur, ce qui charme mes sens, C'est Laodice acquise à mes vœux innocents , id. Nie. v, 5. Quand, pour vous acquérir, je gagnais des batailles.... id. Perth. i, 4. Il pense m'acquérir par cette perfidie , id. Tois. d'Or, iv, 7. Et si vous refusez par là de m'acquérir , Vous ne sauriez vous-même éviter de périr, id. Attila, iv , 6. Le désespérer ce n'est pas l'acquérir, id. Théod. n, 6. ....ne me perdez pas envoulant m'acquérir, m. ib. m, 6. Sa tête est le seul prix dont il peut m'acquérir, id. Cinna, i, 2. Et c'est pour l'acquérir [Emilie] qu'il nous fait conspirer, id. ib. m, 4. Je viens de la trouver tout à fait adorable; Et je suis en suspens si, pour me l'acquérir, Aux extrêmes moyens je ne dois point courir, mol. l'Étourdi, m, 2. Il faut se multiplier en quelque façon par la charité et avoir autant d'esprits et autant de cœurs qu'on a de sujets qu'on veut acquérir à l'Église, flêch. Panég. n, p. 36). Ma foi lui fut acquise etluifut enlevée, volt. Irène, i, 4. 1| 9" Obtenir. J'ai acquis la preuve de ce que je vous dis. De ses feux tôt ou tard j'acquerrai quelque indice, ducis, Olhel. iv, 4. Ces mortels dont l'État gage la vigilance, Ont de tous ses projets acquisla connaissance, id. ib. v, 6. || 10* S'acquérir, v. réfl. Être acquis. Tout ce qui peut s'acquérir par l'expérience. Les amitiés s'acquièrent par les services.
— REM. Il n'y a point de verbe sur l'orthographe et sur la conjugaison duquel les auteurs aient varié davantage. L'abbé Grosier, Le Gendre , l'abbé de Mably ontdit au présent il acquière pour acquiert ; et les deux derniers , ils acquèrent pour ils acquièrent. D'autres écrivains, au nombre desquels il faut mettre Corneille, ont dit au futur simple et au conditionnel, acquéreraetacquérerait, au lieu de acquerra et acquerrait; ni l'un ni l'autre ne doivent être imités.
— HIST. xii' s. Là vint Rolant, mais il fu si aquis [fatigué], Ronc. p, 4 03. Par Guenelon,qui cest mal nous aquit, ib. p. 480. Dont s'escrierentet Gautiers et Geris : Cuivers bastars, corn or estes aquis [réduit à l'extrémité] ! H. de Cambrai, 204. || xiu* s. Que j'aïsansma desserte tel mescheance aquise,Bcrfhe,34. Mieux [je]veuilmourir que vivre , tant sui de deuil acquise, ib. 400. Mais qui amis vodra avoir, Si n'ait mie chier son avoir, Ains par biaus dons amis acquière, la Rose, 4)63. Par eus n'aqeudrez mauvais los, Ren. 8)37. Cascuns n'est tenus à respondre, fors de tant qu'il enportera de le [la] coze mal aquise, beaum. vu, 8. ||xiv's. Quant cils jeunes roysvintà terre . Moults'entremistd'onneuraquerre, guiart, Roy. lign. 4 90. Le riche pecunieux souvent aquert ou pert ses richesses par violence ou par force, oresme, Eth. iv, 10. Et les choses que l'en fait pour aucun bien acquérir, l'en les fait avecques delettacion, n>. ib. 60. Des anemis avez par de çà et de là; Se en aquerés plus,grant folie sera, Baud. de Seb. x, 40(4. || xv* s. Ils vous sauront bien conseiller de quels seigneurs vous vous pourrez bien aider et lesquels et comment vous les pourrez mieux acquérir, froiss. i,i, «2. Depuis, en bien peu de temps, il gagna tant et acquit et profita par rançons, par prises de villes et de chasteaux, qu'il devint si riche que.... id. i, i, 325. A quarante ans depuis ce me trouvay Nices et foulz, chetis, poures, dolens; Tous esbahis, de mon cuidier plouray, Et commençay lors à estre acquerans, e. desch. Erreurs de la jeunesse. Les ennemys qu'il avoit lui mesme acquis à son adveuement au royaulme, comm. i, 40. || xvi*s.... homme ne suit la guerre, Que pour honneur ou profit y aquerre, marot, 1,358. Il eut enfin la paix par luy acquise ; Tantquise l'as, qu'enfin tu l'as acquise, id. iv,499. Se contentant par piperie de s'acquérir l'ignorante approbation du vulgaire, mont, i, 457. Acquérir des
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cognoissances, id, ii, 243. Ils ne se sont point souciez d'acquérir ce dont ils n'eussent point voulu user , amyot, Arist et Cat. Il admonestait ses gens d'y passer sans y faire aucun dommage, comme en pais qui leur estait jà tout acquis, v. Flam. 8.
— ÊTYM. Provenç. acquirir; de acquirere,de ad, à, et quxrere, quérir (voy. quérir). Acquérir, provençal acquirir, vient d'un verbe à conjugaison changée, acquirire avec l'actent sur ri; acquerre, qui s'est dit aussi, est formé régulièrement de acquirére qui a l'accent sur qui.
ACQUET (a-kê ; le t ne se lie pas ; au pfur.el l'î se lie : les acquêtset les propres, dites: les a-kê-z et les propres), s. m. || i" Terme de jurisprudence. Chose acquise par donation ou testament. || 2° Au plur. Biens acquis pendant le mariage par l'un ou l'autre des époux et qui tombent dans la communauté ; par opposition à propres, ceux qui ne tombent pas dans la communauté. Dans les pays où une coutume locale a disposé des propres , Bodindittrès-bienqu'ilne faudrait confisquer que les acquêts, montesq. Espr. v, 4 5. || 3° Profit, gain. Le prophète parlant à ces riches qui entassent acquêts sur acquêts et joignent maisons à maisons.. ..bourd. Pensées, t. n, p. 3«o. Des acquêts de son lit accroître son domaine, Régnier, Sot. xiii. Il y a des gens qui gagnent leur réputation par supercherie , mais la vôtre est un légitime acquêt, balz. Livre v, Lettre xv. || 4° Acquêts, droit jadis dû au roi ou au seigneur par les roturiers acquéreurs de fiefs. || 5" Proverbe. Il n'y a si bel acquêt que le don ; c'est-à-dire il n'y a point de bien plus agréablement acquis que celui qui nous est donné.
— REM. Ce mot, dans la signification d'un immeuble acquis à titre onéreux ou lucratif par une personne pendant le mariage, ne se dit qu'au pluriel ; mais dans son sens primitif on l'emploie au singulier.
— hist. xm« s. Se n mueble ne pooient soufire, on doit penre les aquès, beaum. xxi, 6. Après, la mère morut, et li enfant demandèrent la moitié du fief, par la raison de l'aqueste lor mère, id. xiv, 20. Por ta malice te consentira Dieux à destruire à tes anemis, et à chacier de ton terrien aquest, Psautier, B. if. 258, f. 63. ||xv's. Iln'estpas apparent qu'il se fust mis en péril pour si peu de choses, où il ne povoit avoir acquest ne nulle gloire, comm. v, 4. Jamais mal acquest ne profite, villon, Bail. Leçon aux enfants perdus. || xvi" s. Tous biens sont réputés acquests, s'il n'appert du contraire, loysel, 222. Mais tu as eu par un don libéral De leurs francs cueurs un acquest gênerai, marot, h, 34 2. Afin que ce ne fust pas un acquest, mais une naturelle possession, mont, i, 4 52. Les afflictions employées à l'acquest d'une resjouissance éternelle, id, i, 283.
— ÉTYM. Provenç. acquit, aquest; ital. acquisto; par contraction de acquisitum , de acquirere, acquérir (voy. acquérir). En Berry, acquêt, abatis de volaille.
ACQUÊTÊ, ÉE (a-kê-té, tée) . part, passé.
ACQUÊTER (a-kê-ter) , v. a. Terme de jurisprudence. Acquérir un immeuble par un acte quelconque. || Vieux.
— HIST. xiii* s. Guillaume aquesta ledit héritage, etlepeust donner, aumosner ou vendre sans retraite, beaum. xliv, 2. Je ne di pas qu'en doingne quan qu'en a acquesté, Mais selon l'aisement queDiex t'ara preste, j. demeung, Test. 369. || xiv* s. Par Tus ou la coustume du pays, au cas où home ou femme bastars acquestoient aucuns héritages, du cange, acquistum. || xvr* s. Car par vous seule il faut que je l'acqueste , st-gel. 86. La cour de parlement a esté contrainte de leur faire deffence déplus acquester, cabl. m, 20.
— ÊTYM. Acquêt; ital. acquistare.
ACQUIESCEMENT (a-ki-è-se-man), s. m. Action
d'acquiescer. Donner son acquiescement. J'apporte un entier acquiescement d'esprit à tout ce que vos lettres contiennent, balz. Liv. v, Lett. xv. Faire un acquiescement simple à la perte de son intérêt propre, boss. Mand. Elles affectèrent de donner à leur acquiescement la forme d'un acte volontaire, did. Sur les letlr. d'un fermier. Il faut donner à la grâce une force invincible qui ne soit pas une violence; à la liberté, un acquiescement qui ne soit pas une contrainte, fléch. Panég. Saint- Augustin.
— ÊTYM. Acquiescer.
t ACQU1ESCENCE (a-ki-è-ssan-s') , s. f. Action d'acquiescer. Nousprenonsd'ordinaire l'acquiescence donnée à la détermination pour un jugement libre et un acte volontaire , boulainvilliers , Réfut. de Spinoza , p. 8.
— ÊTYM. Acquiescer; ital. acquiescenza.
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ACQUIESCER (a-ki-è-ssé. On met une cédille sous le c devant a et o. Se conjugue avec l'auxiliaire avoir), v. n. Se soumettre à , donner son assentiment. Acquiescer à la volonté de quelqu'un. Acquiescer à un jugement. Vous^vez acquiescé. Je ne puis m'imaginer qu'il y ait encore quelqu'un qui n'acquiesce à la fin à votre grand jugement, balz. Liv. i Lett. n. On y voit les âmes parfaites acquiescer à leur damnation, boss. Préf. Je suis très-aise que le P.Toquet acquiesce, n>. Lett. abb. 20t. Si, comme la sœur de Moïse, vous aviez trouvé un législateur sage et sévère qui , sans avoir égard au rang que vous tenez dans votre peuple, sans acquiescer à la chair et au sang, vous eût séparés du tabernacle saint , mass. Car. Constance. Il est naturel d'acquiescer à la voix de sa propre conscience , dider. Essai sur Claude. En acquiesçant à ce qu'on me demande, j'offenserais un maître bien plus puissant que tous les maîtres et tous les potentats de la terre, bourd. Pensées,t.i.f. 48. Sil'onme dit que je puis du moins acquiescer à cette doctrine, labruy. 46.
— hist. xvi* s. Facilement j'acquiesceoys [je me reposais] en la doulce recordation de vostre auguste majesté, engravée en mon cerveau, rab. Pant. iv, 4. Telle doctrine, laquelle enseigne l'homme d'acquiescer en soy mesme, ne le fait qu'abuser, calv. lnst. 470. Les fols se reposent et acquiescent en leurs plaisirs mondains qui sont transitoires, id. ib. 336. Si vous acqueescez à ce conseil.... carl. rv, 26. X quoy ils acquiescèrent, m. vi, 4.
— ÊTYM. Acquieseere ,se reposer, de ad, k,etquiescere (voy. coi et quiétude).
ACQUIS, ISE (a-kl , kl-z') , part, passé d'acquérir. || 1* Richesses bien acquises. Terre acquise à prix d'argent. Amitié acquise. Crédit subitement acquis. L'impunité leur fut acquise. Il est vrai, dit-on, cette somme lui est due, et ce droit lui est acquis; mais je l'attends à cette petite formalité.... labruy. 4 4. Et plus le bien qu'on quitte est noble, grand, exquis, Plus qui l'ose quitter, le juge mal acquis, corn. Cinna, u, t. Surtout ce privilège acquis aux grandes âmes,iD. Serf. m, 4. Et de toute la gloire acquise à ses travaux, id. Sic. I, 4. Prince digne en effet d'un trône acquis sans crime, id. Héracl. i, 6. C'est un bien mal acquis que j'aime mieux vous rendre, id. Nie. i, 2. Mes exploits près du roi parleront pour moi-même; II me rendra l'estime acquise à mon devoir, volt. Zaïre, n, 3. || 2" Dévoué. Cet hommo vous est acquis. Assurez-vous sur moi, je vous suis tout acquise, corn. Sert, u, 4. Vous savez comme quoi je vous suis toute acquise, id. Rod. 1,5. Je vous suis trop acquispour vouspouvoir sans peine Faire savoir, seigneur, le sujet qui m'amène, rotrou, Bel. v, 2. L'archevêque de Reims vous est fort acquis, sév. 4 68. Je vous assure que vous n'avez pas de serviteur plus acquis que moi , id. 4. Vous n'avez point d'ami plus fidèle ni de serviteur plus acquis, boss. Lett. abb. 9. Veulent-ils se les attacher? ils leur sont déjà acquis autant qu'ils peuvent l'être, montesq. L. pers. 424. Vous direz à Son F.xcellence que je lui suis acquis, la font. Petit ch. J'ignore ses complots, mais on sait que dans Pise Du prince à ses désirs l'âme était toute acquise, ducis, Rom. I, 4. || 3* Obtenu par l'étude, le travail, par opposition à naturel. Qualités acquises. Dans certains fruits la douceur du goût est acquise. Grâce de langage naturelle et non acquise.
ACQUIS (a-kî), s. m. Instruction acquise, connaissances acquises. Homme qui a beaucoup d'acquis. C'est une merveille surprenante qu'elle [une dame] ait plus d'acquis à dix-huit années que celles qui ont trois fois son âge, harg. buffet, Observ. p. 285. Comme illui trouvait peu de véritable vocation pour l'état dont il portait l'habit, et d'ailleurs beaucoup d'acquis dans la physique.... fonten. Chirac. L'éléphant a plus d'acquis que les autres animaux, pane qu'il est plus à portée d'acquérir, buffon, Éléphant. Il le pourvoit d'un acquis de facile étalage, J. J. rouss. Ém. n. L'acquis de notre expérience est l'éducation des choses, id. ib. i.
— HIST. xvi" s. Biron s'acquitta suffisamment de sa charge [d'ambassadeur], comme n'estant point despourveu des dons de l'esprit, non plus que du courage.... Il avoit , avec le naturel , l'acquis, comme il parut un jour que, le roi demandant l'interprétation d'un emblesme grec, Biron la jeta pardessus l'espaule, comme honteux de l'avoir fait, d'aub. Hist. v, 40. Il est certain qu'an chose pareille le naturel vaut mieux que l'acquis, charron, Sagesse, n,3.
— ÉTYM. Acquis, part, passé d'acquérir.
ACQUISITION (a-ki-zi-sion ; en poésie , de cinq syllaoes) , ». f. |l 1° Action d'acquérir. Conclure une ac-
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quisition. L'acquisition de l'Alsace à la France par le cardinal Mazarin. Les nobles ne pourront faire d'acquisition sur les pauvres , fén. Tél. xn. Que j'avoue que je ne sais pas où et comment se peuvent conclure les mariages, les contrats, les acquisitions, la paix, la trêve, les traités, les alliances, labruy. H. || 2" Chose acquise. Conserver ses acquisitions. Cette acquisition lui donne un très-bon produit. || 3" Fig. L'acquisition de qualités. Cette langue fit quelques acquisitions de mots. Songeant à des acquisitions d'honneur et de gloire.On fit une grande acquisition en cet homme illustre. La délicatesse n'est pas une acquisition de l'âme, pasc. Amour. || 4° Terme mystique. Le peuple d'acquisition, les chrétiens. Le peuple d'acquisition, la nation sainte, les chrétiens, autrefois la bonne odeur de J. C. au milieu d'un monde païen et corrompu, mass. Conf. Zèle contre les scandales.
— hist. xiii* s. Celé naturele francise est corrumpue par les aquisitions desus dites, beaum. xlv, 19. || xiv* s. Et l'aquisicion et perfettion d'elles est en nous acomplie par bonne acoustumance, oresme, Eth. 33; || xvi* s. Toujours prest à faire de bien en mieux pour ceuîx qui lui estoient redevables, afin de les entretenir en sa dévotion, comme la plus belle acquisition qu'il eustsceu faire, amyot, Flam. 4.
— ÊTYM. Acquisitio, de acquirere, acquérir; Berry, acqxtirilion.
t ACQUISIVITÉ (a-ki-zi-vi-té) , s. f. Néologisme. Nom donné par les phrénologues à l'instinct qui porte l'homme à acquérir.
ACQUIT (a-ki ; le I ne se lie pas dans la conversation), s. m. || 1° Terme de finance. Quittance, décharge. Après avoir signé l'acquit de toutes vosdettes.... labruy. 44. j| En recevant le montant d'un billet, d'un mémoire, on met au bas pour acquit et l'on signe. || Acquit de douane, reçu constatant qu'on a payé les droits d'entrée ou desortie. || Payer une chose à l'acquit ou en l'acquit d'un autre, la payer àla décharge d'un autre. || Fairequelque chose à l'acquit de sa conscience , pour l'acquit de sa conscience, pour n'en avoir pas la conscience chargée. Il lui importait peu [à M. de Beauvilliers] qu'il fût goûté, pourvu qu'il fit l'acquit de sa conscience, st-simon, 238, 480. || Faire quelque chose par manière d'acquit, négligemment et seulement parce qu'on ne peut s'en dispenser. Ce n'était que pour la forme et par manière d'acquit, boss. Var. 5. On n'en fit qu'une commémoration fort légère et par manière d'acquit au concile de Nicée, volt. Phil. n, 353. || Au jeu, jouer à l'acquit, se dit lorsque, dans une partie de plusieurs personnes, ceux qui ont perdu jouent entre eux à qui payera le tout. || 2° Acquit de comptant, lettres patentes expédiées à la décharge du garde du trésor royal, pour les sommes qui étaient remises au roi. || 3" Acquit au jeu de billard, premier coup par lequel on ne fait que placer sa bille, sur laquelle l'adversaire doit jouer. Donner l'acquit.
— HIST. xiii* s. Il sunt quite pourunaquit, Livr. des Met. 28) . Il disoit avoir baillié aucune coze en aquit de le [la] dette, beaum. xi, 47. ||xv s. Il sembloit bien à leur habit Qu'ilz fussent gens de grant acquit, villon, Repues franches, || xvi* s. Par manière de descharge et acquit de conscience, amyot, JVuma, 48. Numa pensa qu'il falloit que ses subjects n'ouyssent rien du service divin, par manière d'acquit, en faisant autre chose, id. ib. 24. Il avoit déjà bandé sa part de deux douzaines d'etetifs, et jouoit à l'acquit, des perriers, Contés, 4 2. Ils n'y employent la délibération et le conseil que par acquit, mont, i, 432. Personne n'estudie à vivre; l'on s'occupe plus tost à toute autre chose; l'on ne sauroit rien faire par acquit, sans soin et sans attention, charron, Sagesse, i, 36.
— ÉTYM. Acquitter.
ACQUIT-A-CAUTION (a-ki-ta-kô-sion),î. m. Autorisation que les employés d'une administration financière délivrent sur papier timbré, pour que telle marchandise qui n'a point encore payé les droits puisse librement circuler d'un entrepôt à un autre.
— ÉTYM. Acquit, à, caution.
ACQUIT-PATENT (a-ki-pa-tan), t. m. Voy.