‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 50 sur 403 · ADJ · texte numérisé non relu

ADJ

— t,TYM.Adhacsio,deadU,rrere (voy. adhérer). t AD HOC (a-do-k), loc. adv. Expressément, pour

l'objet même. Répondez ad hoc. Proclamons la Sainte Alliance, Faite au nom de la Providence Et que signe un congrès ad hoc Entre Alger , Tunis et Maroc, béranger, Sainte Alliance.

— ÊTYM. Ad, à (voy. A), et hoc, cela (voy. hoc).

t AD HOMINEM (a-do-mi-nè-m'), loc. adv. Argument ad hominem, argument attaquant directement la personne à qui l'on s'adresse.

— ÊTYM. Mots latins : ad, à, et hominem, l'homme ; à l'homme.

AD HONORES (a-do-no-rès) , loc. adv. Pour l'honneur, sans fonction ni émolument. C'est une place ad honores.

— ÊTYM. Ad, à (voy. X), et honores, les honneurs, de honor, honneur (voy. honneur).

ADIANTE (a-di-an-f), s. m. Terme de botanique. Genre de plantes de la famille des fougères, dont deux espèces sont employées en médecine, gous le nom de capillaires.

— REM. Le dictionnaire de l'Académie fait ce mot féminin; mais les éditions précédentes le faisaient masculin, genre que lui donnent aussi les livres de botanique; c'est donc une faute de la 8* édition.

— HIST. xvi* s. Scolopendre, adianthe,politricon, paré, 64. || N'écrivez pas adianthe par un th.

— ÉTYM. 'ASiavco;, qui ne se mouille pas, de a privatif, et Statveiv, mouiller.

ADIEU (a-dieu, au plur. a-dieû). || 1° Loc. adv. dont on se sert par civilité en prenant congé. Dire adieu. Adieu , j'assiégerai Néron de toutes parts , rac. Brit. m, 5. || 2° Dire adieu signifie quelquefois prendre congé. 11 est allé dire adieu à son ami. Je n'ai pas encore dit adieu à Eucharis, fén. Tél. vu. Elle recevait des visites d'adieu dansles formes, hamilt. Gramm. 8. La faculté dit adieu là-dessus , la pont. Con t.Abb. mal. || 3° Je ne voue dis pas adieu , ou sans adieu, se dit familièrement à une personne qu'on se propose de revoir bientôt. || 4" Adieu vous dis, locution familière et qui vieillit, pour adieu simplement. || Fig. Adieu vous dis, il ne faut plus compter sur.... Mais si dorénavant votre imprudence éclate, Adieu vous dis, mes soins, pour l'espoir qui vous flatte, mol. l'Étour. II, 4. Adieu vous dis, qui n'est plus usité en ce sens, est ici une sorte d'adverbe composé. || 6" Fig. Dire adieu à quelque chose, y renoncer. Il a dit adieu a la poésie. Quoi | votre muse en monstre érige la sagesse ! Vous blâmez ses enfants, et leur crédit vous blesse I Vous, jeune homme 1 au bon sens avez-vous dit adieu? gilb. Le X VIII' siècle. Que Dorval, à la roulette, X tout son or dise adieu, bérang. Homme rangé. || 6° Absolument Bt figurément , adieu exprime la disparition , la perte. L'âge la fit déchoir : adieu tous les amants, la font. Fab. vu , 6. Haranguez de méchants soldats; Ils promettent de faire rage : Mais, au moindre danger, adieu tout leur courage, id. ib. ix,4 9. Adieu mes nourrissons,si vous les rencontrez, id. t'o.v,48. Adieu notre braverie! mol. Préc. 46. Puisqu'il n'y a autour de la lune ni vapeurs assez grossières, ni nuages pluvieux, adieu l'arc-en-ciel avec l'aurore, ponten. Mondes, 3* soir. Je vais combattre, Agnès l'ordonne. Adieu repos; plaisirs adieu! bérang. Charles VII.

adieu,*, m. || 1° Un dernier adieu. Des adieux touchants. Il faisait ses adieux à ses amis. Sous une autre couleur, lui faire mes adieux, corn. Sert. 1, 2. Quel adieu gai nous leur faisionsl sév. 430. Et je viens donc vous dire un éternel adieu, rac. Bérén. î, *. Pendant que les rois faisaient leurs adieux.... fén. Tél. xn. Le temps de faire ses derniers adieux à safamille id. ib. xiv. Vous avez entendu sonadieu magnanime, volt. Œdip. m, 4. Digne épouse, reçois mes éternels adieux, id. Orphel.v, 5. [Ô nature] Quoi doncl n'aimes-tu pas au moins celuiquit'aime?N'astu pas de pitié pour notre heure suprême? Ne peuxtu, dans l'instantde nosderniers adieux, D'un nuage de deuil te voiler à mes yeux? lamart. Harold, 42. || 2* Fig. Dire un adieu, faire ses adieux, renoncer à. J'ai dit à vos autels un éternel adieu, rotrou , SI -Genest, m , 8. Vous allez dire au monde un adieu éternel, mass. Prof. 4 . || 3° Proverbe. Adieu paniers, vendanges sont faites, se dit d'une affaire manquêe sans ressource, et quelquefois simplement d'une affaire complètement terminée.

— syn. adieu, bonjour, bonsoir, bonnb nuit. Formules de salutation où l'idée commune est celle d'un souhait de bonheur. Adieu se dit quand on prend congé; bonjour, quand on se rencontre; bonsoir, quand on prend congé le soir; bonne nuit, quand on quitte quelqu'un qui va se coucher. En certaines provinces on emploie mal le mot adieu : ainsi l'on dit : Adieu, comment vous portez-vous?

Dites : Bonjour, comment vous portez-vous? Adieu doit se réserver pour le départ.

— HIST. xm* s. Sire, dit-elle, adieu! Saluez moi, mon frère, Berte, lv. || xv* s. C'est bien désiré quant on réchappe , Sans desbourser pas ung denier , Et dire adieu au tavernier En torchant son nez à la nappe, villon, la Repue franche du souffreteux. Il se conforte des gracieuses paroles qu'il avoit eu au dire-adieu et de l'espoir qu'elle lui avoit baillé, louis xi, Afouv.48. Je vous baille le grand congé et vous dis le grand adieu; velà l'huis, prenez ce chemin, id. ib. 68. || xvi' s. Ils estoyent venus sans convey [invitation]; aussi se sont ils retirez sans dire adieu, carl. iv, 26.

— ÊTYM. À et Dieu, c'est-à-dire je vous recommande à Dieu ; picard , adé; bourguig. aidieu ,aidey; provenç. a dieu; espagn. adios; ital. addio.

t ADIEU-VA (a-dieu-va), s. m. Terme de marine. Commandement que le timonier donne à l'équipage d'un bâtiment pour virer de bord vent devant

ADIPEUX, EUSE (a-di-peû, peû-z'), adj. Terme d'anatomie. Graisseux. La même cause a fait que la veine nommée adipeuse s'est haussée, desc. Fœtus, 4.

— hist. xvi* s. Elle n'est que membrane simple, meslée par cy par là avec la gresse à soy subjacente : et pour ce peut estredite pannicule adipeux, paré, I, 6. Et sont dites veines adipeuses, id. I. 25.

— ÊTYM. Adeps, graisse. On trouve dans Hésychius SXety ; c'est le mot latin avec changement de l en d, comme le d a été changé en l entre lacryma et ôâxpuov, larme. "AXe*)/ a la même racine que àXeiçeiv, oindre, qui est sans doute de même racine que /.Tito: ou Xiicoç, graisse (voy. aliptique).

ADIPOCTRE (a-di-po-si-r') , i. /".Terme de chimie. Nom du gras des cadavres , qui est un savon ammoniacal, produit par l'altération spontanée des matières animales enfouies dans la terre ou plongées dans l'eau.

— ÊTYM. Adeps, graisse (voy. adipeux), et cire. ADIRE, ÉE(a-di-ré, rée), part, passé. Egaré,

perdu. Pièces adirées.

ADIRER (a-di-ré), v. a. Perdre, égarer. || N'est usité qu'en jurisprudence. Adirer une pièce.

— HIST. xi* s. Altersi de aver endirez et de altre troveure, L. de Guill. 7. || xm* s. Moult ai le cuer du ventre irié, Dont j'ai Bel-accueil adirié, laHose, 3778. [celui] Qui nostre frère nous ramaine, qui perduz iert et adirez, ruteb. n,p.3i4. Oez unenouvelle histoire, Qui bien devroit estre en mémoire, Lonc tens a esté adirée; Mais or l'a uns mestres trovée, Ren. 20493. Une fois un pasteur ot adirée une seue beste, si se fu .férue en la forest, Rom. de< sept Sages, 22. Il disoient qu'il avoient perdue et adirée la soie, Livr. des llét. 337. || xvi* s. Telle a esdiré (adirée, éd. de 4 595; il y avait d'abord, Telle aperdu)....MONT. ni, 344. L'Italienne s'en osoit assurer du premier coup, vu le long temps qu'il l'avoit adiré, desperriers, Contes, 26. Voici venir Bellin qui seul avoit erré Tout un jour à chercher son bélier adiré, rons.742.

— ÉTYM. Bas-lat. adirare, adiratus, adisratus, addisratus. Ëtymologie fort obscure. Du Cange propose adseratus, qui veut dire évalué à prix d'argent et par suite dont on doit restituer la valeur, puis l'italien adirato, irrité, parce que les gens en colère, s'en allant, ne reviennent plus; ces deux origines sont manifestement fausses. Henschel, le nouvel éditeur de Du Cange , propose a-dextratus, éloigné de la main, qui n'est pas sous la main; ici le sens est bon, mais la forme résiste. De Chevallet, Orig. et form. de la langue franc, i, p. 449, propose aderrare ; mais il ne paraît pas que errare puisse donner irer; et les formes endirer, esdirer (voy. l'historique) indiquent pour radical non t'rer, mais dr'rer.Onpeut donc en revenir à l'opinion de Nublé dans Ménage. Nublé tire ce mot de à dire, signifiant en effet manquer dans la locution suivante : Il s'y est trouvé à dire un écu. Et qu'on ne croie pas cette locution récente, on la rencontre dès le xn" s. Aisi cum nef n'en fu à dire, I arrivent à sauvement , benoît, Chr. de Norm. f. 469. De là au verbe adirer, il y a très-près; et il faudra considérer comme des formes moins exactes en-direr et es-direr. Voy. pour des mots composés de cette façon, affaire, affairé, alarme, alarmé, aliter, etc.

ADITION (a-di-sion) , s. f. Terme de droit usité dans cette seule locution, adition d'hérédité , acceptation d'une succession.

— ÉTYM. Aditio, de ad, à (voy. X), et ire, aller (voy. le fut. irai).

ADJACENT, ENTE (a-dja-san , san-t') , adj.

|| l°Situé auprès. Lieux adjacents. Acquérir des terres adjacente! aux siennes. L'Algérie est adjacente à ce qu'on appelle le Désert L'élévation du sol de l'Egypte s'opère en même temps que cette extension de sa surface, et le fond du lit des fleuves s'élève dans la même proportion que les plaines adjacentes, cuv. llévol. p. 4 4». || 2° En géométrie, angles adjacents, angles immédiatement contigus l'un à l'autre, de ' re à avoir un côté commun. || Ne se met qu'après son substantif.

— HIST. xvi* s. Ils eurent charge d'aller par tout le Peloponese, et de là passer dans le pays des Locriens, en toute la terre ferme adjacente, jusques en la contrée de l'Acarnanie,AMYOT, Péricl. 37.

— ÉTYM. Provenç. adjacent; espagn. adyacente; de adjacens, de ad (voy. X), et jacêre, gésir (voy. gésir).

ADJECTIF (a-djè-ktif, kti-v'). || 1° Adj. m. Terme de grammaire. Nom que l'on jointàun substantif pour le qualifierou ledéterminer. Grand, bon, utile, sont des noms adjectifs. || 2°Avecles deux genres: Qui tient de l'adjectif. Une forme adjective. || 8- S. m. Heureux est un adjectif. En anglais l'adjectif est toujours indéclinable. Les adjectifs se divisent en deux classes : les adjectifs déterminatifs ou articles, c'est-à-dire ceux qui , sans rien ajouter à la compréhension du substantif, indiquent positivement l'application du nom aux individus auxquels il peut appartenir dans la circonstance; tels sont le, la, les, tout, aucun, etc. et les adjectifs qualificatifs ou proprement dits, ceux qui, sans déterminer, restreindre le substantif, y ajoutent une idée accessoire; tels sont blanc, rond, etc. jullien, d'après dumahsais, beauzée et de thacy. || 4° Terme de chimie. Couleur adjective, couleur qui ne peut être fixée sur une étoffe qu'à l'aide d'une autre substance.

— REM. 1. L'accord de l'adjectif avec le substantif présente un cas qui fait difficulté. C'est celui où il se rapporte à plusieurs substantifs de différents genres. Si le dernier substantif est masculin , la chose va de soi : l'adjectif se met au pluriel masculin : Il avait sa vie et son bonheur attachés au succès. Mais si le dernier substantif est féminin , faut-il suivre la même règle? faut-il dire Son bonheur et sa vie attachés au succès ; 11 a le cœur et la bouche ouverts à vos louanges? Ce serait la rigueur de la règle; mais l'oreille et l'euphonie réclament, et déjà Vaugelas décide que, dans ce cas, l'adjectif doit se rapporter au dernier, c'est-à-dire êtremisau féminin singulier. Vaugelas a raison ; on dira donc : Son bonheur et sa vie attachée au succès ; Il a le cœur et la bouche ouverte à vos louanges. Mais, pour que cet usage ait lieu, il faut que l'adjectif ne soit séparé par aucun verbe; car on doit dire : Un lieu, où le temps et la peine sont bien employés ; au masculin pluriel. Cependant Bossuet a dit : Les temps, les personnes et les circonstances étaient bien différentes, Variât. 44. En somme, pour décider cette question, l'oreille doit être surtout consultée. || 2. Faut-il dire les cotes personnelle, mobiliaire et somptuaire, ou bien la cote personnelle, la mobiliaire, la somptuaire? Les grammairiens se sont partagés. Evidemment, rien dans la grammaire n'empêche que les deux ne soient bons. Mais l'usage a établi une certaine différence. Le premier appartient plus au langage technique et a par conséquent quelque chose de peu élégant. Les poésies anglaise, française et italienne, ou la poésie anglaise, la française et l'italienne, les livres deuxième et quatrième de l'Enéide, ou le deuxième et le quatrième livre, se diront suivant le style dans lequel on écrira.

— ÊTYM. Adjectivus, qui s'ajoute, de adjicere , ajouter, de ad, à, et jacere, jeter (voy. jet).

f ADJECTION (a-djè-ksion) , s. f. Terme didactique. Jonction d'une chose à une autre.

— ÊTYM. Adjectio, de adjicere (voy. adjectif). ADJECTIVEMENT (a-djè-kti-ve-man), adv. En

manière d'adjectif. Mot employé adjectivement.

— ÊTYM. Adjective au féminin, et ment.

ADJOINDRE (a-djoin-dr'). || 1° V. a. Se conjugue

comme joindre. Joindre une ou plusieurs personnes à une ou à plusieurs autres pour faire une chose. On lui adjoignit un aide. Il s'adjoignit un collègue. Ceux que la fortune lui avait adjoints pour compagnons. Adjoignez-vous des gens capables. || 2" S'adjoindre, v. réfl. Se faire associé. 11 s'était adjoint à des voyageurs qu'il avait rencontrés. Adjoignezvous à des gens capables.

— HIST. xm* s. Por diverses cevres de miséricorde que on feit et fera en ladite abaïe et en l'ospital ajouint, tailliar, Recueil,?. 253. Porquei il sereit mis en faus gages, por ce qu'il aureit ajoint le cop au murtre, Ass. de Jér. 4 48. || xiv* s. La vie de ceulx

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