‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 51 sur 403 · AT)J · texte numérisé non relu

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qui œuvreru seion vertu n'a mestier d'autre delettacion, qui à elle soit adjoncte, car tele vie a sadelettacion et son propre délit en soy et de soy meisme, oresme, Eth. i 9. || xvi* s. Le comte de Meurs se rendit chef de son armée, et y ajoingnit quelques places, d'aub. Hist. il, 460.

— êtym. Adjungere,de ad, à (voy. A),et;'ungrere, joindre (voy. joindre).

ADJOINT, TE (a-djoin, join-t'), part, passé. Un professeur adjoint. Membre adjoint à une commission.

ADJOINT (a-djoint), s. m. || 1° Celui qui est associé à un autre. Momus a pris pour adjoints Des rimeurs d'école, bëranger, Gaudriole. || 2° Officier qui assiste le maire. || 3° Terme de grammaire. Mot qui est ajouté à une proposition sans en faire partie. Dans ce vers de Deshoulières : Hélas ! petits moutons, que vous êtes heureux ! hélas est un adjoint. Les adjoints sont pour la plupart des interjections.

— HisT. xvi" s. En la place du duc de Parme fut estaWi le comte Charles de Manfeld avec deux adjoints, sans lesquels il n'ordonnoit rien, d'aub. Hist. m, 320.

— ÉTYM. Adjoint.

ADJONCTION (a-djon-ksion; en poésie, de quatre syllabes) ,s.f.\\i° Jonction d'une personne ou d'une chose à une autre. L'adjonction de cet homme d'affaires à la commission. L'adjonction d'une lettre à un mot. Les adjonctions à la liste électorale. On ne jugea pas à propos d'en faire signer davantage [des pairs] , pour en réserver en adjonction , st-simon , 283, (ou. || 2° En termes de grammaire, sorte d'ellipse par laquelle on retranche, dans une section de phrase, un mot exprimé dans une section voisine (voy. zeugme).

— HIST. xiv* s. Lesmesons canoniaux que les chanoines ont à présent hors du cloistre avec toutes les adjonctions, ducange, adjunctiones. Puisqu'il est ainssi que Dieux m'a tolu touz les hoirs de mon cors par mon pechié, il me convient querre et pourchacier autres filz d'ajonsion, n>, 16.

— ÉTYM. Adjunctio, de adjungere, adjoindre. ADJUDANT (a-dju-dan), s. m. \\ 1° Officier ou

sous-officier d'état-major destiné à seconder les chefs dans le commandement. Adjudant-major, officier chargé de commander le tour de service des officiers, de surveiller les consignes, l'instruction, de veiller à la police générale. Adjudant sous-officier, chef des sous-officiers du régiment sous les ordres des adjudants-majors. || 2° Adjudant de place, officier chargé des détails du service dans les villes de guerre ou du commandement de quelque fort qui dépend d'une ville de guerre. || 3° On dit aussi adjudant général, adjudant commandant. La princesse de Santa-Croce a lancé son fils dans l'armée française; et le voilà digne d'être adjudant général, p. l. cour. Let. i, 30.

— ETYM. Espagn ayudante, de ayudar, aider, de adjurare, aider (voy. adjuvant).

ADJUDICATAIRE (a-dju-di-ka-tê-r'), s. des deux genres. Celui, celle à qui on adjuge quelque chose dans une vente publique ou faite sous la sanction de l'autorité. Un philosophe trouvait sous Séjan moins d'adjudicataires qu'un cuisinier, dider. Essai sur Richardson.

— ÉTYM. Adjudicare, adjuger (voy. adjuger).

t ADJUDICATEUR (a-dju-di-ka-teur) ,s. m. Celui qui adjuge.

AD.IUDICATIF, IVE (a-dju-di-ka-ti-f, ti-v'), adj. Qui adjuge. Jugement adjudicatif.

— étym. Adjudicare, adjuger (voy. ce mot). ADJUDICATION (a-dju-di-ka-sion), s. f. Acte par

lequel on adjuge une chose. Travaux qui doivent être faits par adjudication. Pendant l'adjudication. Mettre en adjudication l'habillement d'une armée. Obtenir des travaux publics par adjudication.

— HIST. xvi' s. Héritages vendus par décret sont sujets à retrait dans l'an de l'adjudication, loysel,

— ÉTYM. Adjudicatio , de adjudicare, adjuger (voy. ce mot).

ADJUGÉ, ÉE (ad-ju-jé, jée). || i'Part. passé. Biens adjugésau plus offrant. || 2° Adjugé, se dit, dans les encans, par ellipse, pour exprimer que la chose est adjugée.

ADJUGER (ad-ju-jé. Dans le xvi« s. Palsgrave et Bèze disent qu'on prononce ajuger; dans le xvn", Chifflet remarque que le d ne se prononce pas ; aujourd'hui le d se prononce. Partout oùle g est devant a ou. o, on intercale un e pour conserver la prononciation), e. o. || 1" Terme de pratique. Déclarer en jugement qu'une chose contestée entre deux parties appartient de droit à l'une d'elles. || 2° Adjuger au

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demandeur ses conclusions, rendre un jugement conforme aux prétentions du demandeur. || 8° Déclarer par autorité de justice qu'une personne devient propriétaire d'un bien meuble ou immeuble mis à l'enchère. || 4° Se dit de même des fournitures, des travaux proposés au rabais. On vient de lui adjuger l'éclairage des rues. ||B" Dans le langage général, attribuer, décerner. Adjuger le prix. Il s'adjugea la chose en litige. Il voulait que le prix fût adjugé au trésor public, boss. Hist. m, 7.

— HIST. xin' s. Chose ajuigie parla cort, Bibl. des Chartes, f série,t. H, p. 467. || xiv* s. Le marié peut cognoistre sa cousine non pas comme son cousin, mais comme son mari adjugié par l'Église, oresme, Eth. 16*. || xv s. Si l'adjugèrent [le duché de Bretagne] à messire Charle de Blois, et en oster3nt le comte de Montfort,FROiss. 1,1,464, || xvi* s. Dettes privilégiées sont celles qui sont adjugées par sentences, services de mercenaires, louages de maisons, etc. LOVSEL, 684.

— êtym. Adjudicare, de ad à (voy. À), et judicare, juger (voy. juger).

ADJURATION (a-dju-ra-sion ; en poésie de cinq syllabes), *. f. || 1° Formule dont l'Église catholique se sert dans les exorcismes. || 2° En langage général , prière instante, sommation avec prière. Après de longues adjurations, il lui fit avouer....

— HIST. xvi' s. Et de fait, par une semblable adjuration que font les Pharisiens de l'évangile saint- Jean, il appert.... calv. Inst. 290.

— SYN.'adjuration, conjuration, signifient en liturgie les paroles dont on se sert pour exorciser. Là une nuance est visible : l'adjuration n'est qu'une partie de l'acte, le commencement; la conjuration est l'acte tout entier et dans sa plénitude; les verbes adjurer et conjurer suivent la même distinction. Mais adjuration, conjuration, adjurer, conjurer, dans le langage général , ne comportent plus la même distinction : ils sont très-voisins; seulement adjurer paraît exprimer quelque chose de plus impérieux, et conjurer quelque chose de plus suppliant. On adjure quelqu'un de dire la vérité; on le conjure de se laisser fléchir. Il n'est pas besoin d'ajouter que dans la locution conjurer un orage, un péril, conjurer n'a plus pour synonyme adjurer.

—étym. Adjuratio, de adjurare, adjurer.

ADJURÉ, ÉE (a-dju-ré,rée), part. passé. Adjuré de dire ce qu'il savait.

ADJURER (a-dju-ré. Au xvr* s. Bèze dit qu'on prononçait a-jurer), v. a. || 1" Commander, au nom de Dieu, de faire ou de dire quelque chose, particulièrement dans les exorcismes. || 2° Dans le style oratoire, sommer en faisant appel à la conscience. Je vous adjure, au nom de la patrie....

— HIST. xvi* s. Il adjura, par serment, son fils Joseph d'y faire porter son corps, calv. Inst. 333.

— étym. Adjurare, de ad, à, etjurare, jurer, f ADJUTEÙR (a-dju-teur), s. m. Celui qui aide.

— HIST. xvi* s. L'esprit de Dieu qui besongne en toi est celui qui aide ceux qui besongnent; ce nom d'adjuteur monstre que toi aussi fais quelque chose, calv. Inst. 244.

— étym. Adjutor, de adjuvare, aider (voy. aider).

f ADJUVANT, ANTE (a-dju-van, van-t'), adj. || l°Qui aide, auxiliaire. || 2° En termes de pharmacie, un«médicament adjuvant, ou subst. m. un adjuvant, médicament qu'on fait entrer dans une formule pour seconder l'action de celui qu'on regarde comme plus énergique.

— HIST. xvr s. Faut que les causes adjuvantes concurrent pour servir d'aide, paré, vi, 23.

— ÉTYM. Adjurare, aider (voy. aider).

AD LIBITUM (a-dli-bi-to-m') , loc. adv. A volonté, d'une ou d'autre façon.

— étym. Ad, à (voy. X), et libitum, volonté, de libère, plaire, agréer.

ADMETTRE (a-dmè-tr'. Se conjugue comme meure). |{ 1" V. a. Laisser entrer, recevoir. Admettre dans sa maison. J'entends qu'on n'admette personne chez moi. 11 ne m'admit pas en sa présence. Refuser d'admettre un suppliant. On l'admit à l'audience du pape. Ils furent admis au pied du trône. Être admis devant quelqu'un. Caron admet dans sa barque le jeune Grec,FÉN. Tél. xvm. En vous le produisant, je ne crains pas le blâme D'avoir admis chez vous un profane, madame, mol. F. Sav. m, 5. C'est ainsi qu'elle parle, et j'ai dû lui promettre Qu'à vos pieds en ces lieux vous daigneriez l'admettre, volt. Orphel. m, l. Respectant ce vieillard qui daigne ici t'admettre, id. Tancr. m, 6 devant moi je veux qu'il soit admis, id. Mér. IV, l. || 2" Fig. Admettre quelqu'un parmi ses amis. Ceux

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que l'Eglise admettait au nombre des siens. Les plébéiens furent admis aux honneurs. Il admet dans sa confiance ceux qui.... On ne doit admettre dans cette école que les jeunes gens qui.... Il fut admis dans l'amitié de ce grand homme. Ils l'admettaient dans tous leurs conseils. Il déclara qu'il n'admettrait personne à partager le prix de la victoire. Idoménée régla sa table, où il n'admit que du pain excellent, du vin du pays.... fên. Tél. xn. L'admettre dans sa confidence et dans sa plus entière familiarité, bourd. Pensées,t. n,p. 433. Dansundésii ardent d'être admise à la béatitude céleste, id. tft p. 447. Rome.... N'admet avec son sang aucun sang étranger, rac. Bérén. H, 2. Admettons-nous quelque autre à cet honneur suprême? volt. Mort de Ces. il, 4. Digne, un jour, d'être admis parmi nos citoyens, id. Orphel. i, I. On le leur amène, cet homme propre à parer les avenues d'une foire, et à être montré en chambre pour de l'argent; ils l'admettent dans leur familiarité, labruy. 13. || 3° Admettre à, permettre de. Il fut admis à défendre son projet. Admettre quelqu'un à se justifier. Admettez l'innocence à réprimer l'outrage, rotrou, Bélis. v, B. Il n'y avait point d'homme si souillé que la religion du Christ n'admit à repentir, chateaub. Génie, i, ,vi 2. || 4° Reconnaître pour véritatable. Admettre un privilège. Les épicuriens admettaient des dieux oisifs. Les astronomes admettent la gravitation pour cause du mouvement des corps célestes. Tout le mondeadmet aujourd'hui que le soleil est au centre du monde Mon cœur, qui s'ignore, Peut-il admettre un Dieu que mon amant abhorre ? volt. Zaïre , i , 4 . L'esprit doci le admet la vraie religion, et l'esprit faible ou n'en admet aucune ou en admet une fausse, labruy. 16. Admettre les penséescreuses, écartées des notions communes, ou tout au plus les subtiles et les ingénieuses, id. ib.... ou, comme vous parlez quelquefois, les merveillesdu hasard que vous admettez seul pour cause première de toutes choses, id. th. Les admettre tous [les récits de magie] ou les nier tous, paraît un égal inconvénient, id. 14. || 6° Tenir pour bon, agréer pour valable. J'admets vos raisons. Ses excuses furent admises. L'action judiciaire ne fut pas admise. Mon esprit n'admet point un pompeux solécisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux barbarisme , boil. A P. 1. 1| 6" Supposer. Admettre qu'il eu soit ainsi. Ad mettons qu'il y ait des auspices. J'admets qu'il y ait six millegraines semées qui meurent. || 7" En parlant des choses, comporter, souffrir. Cette affaire n'admet point de retard. L'adverbe admet le comparatif. Ce haut rang n'admet point un homme sans honneur, corn. Cid, i, 8. L'hymen chez les Romains n'admet qu'une Romaine, rac. Bér. i , 6.

— UEM.l . On dit admettreà quand la chose où l'on admet ne se présente pas facilementà l'esprit comme un lieu : Admettre aux honneurs, au consulat; admettre au nombre. Avec un infinitif, c'est toujours d:On l'admit à siéger. Admettre dans, quand la chose où l'on admet peut se présenter comme un lieu : Admettre dans un séjour, dans la familiarité; mais même alors la préposition à n'est pas exclue : Admettre à sa familiarité. Admettre parmi, entre, quand une idée de nombre se présente à l'esprit : On les admit parmi les privilégiés. || 2. Admettre que, au sens de reconnaître pour vrai, veut l'indicatif, s'il n'y a pasde négation ; et, s'il y en a, le subjonctif : j'admets qu'il en est ainsi ; je n'admets pas qu'il en soit ainsi. Au sens de supposer, il veut toujours le subjonctif : admettant que cela soit vrai.

— SYN. admettre, recevoir. C'est donner entrée ou accès. La différence est que celui qui admet prend une détermination qui lui est propre, et que celui qui reçoit consent à ce qui lui est proposé. On admet quelqu'un qu'on désire, qu'on trouve digne, etc. On reçoit celui qui est présenté. On admet une vérité qu'on a examinée. On reçoit une opinion sur parole, par tradition.

HIST. xvi* s. Le nid ne peult recevoir ny admettre que l'oyseau qui l'a basti, mont, ii, 198. Le peuple ne voulut point admettre ny recevoir son excuse, amyot, Cam. 63.

ÉTYM. Provenç. Amettre et admettre; espagn.

admitir; portug. admitlir; ital. ammittere; de admittere, de ad, à (voy. À), et miltere, envoyer (voy. mettre). On voit que l'espagnol et le portugais ont changé la conjugaison, et supposent une forme bas-latin admittlre.

ADMINICULE(ad-mi-ni-ku Y),s. m. || i°Terme de jurisprudence. Ce qui, sans former une preuve complète, contribue à faire preuve. Il n'y a pas de preuves formelles, il n'y a que des adminicules. || 2° Dans le langage général , secours. Nous sommes

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obligés d'avoir recours à des secours étrangers, a des règles, à des principes, à des instruments; tous les adminicules sont des ouvrages de l'esprit humain , buff. Animaux, || 3° S. plur. Ornements qui entourent la figure sur une médaille.

— ÉTYM. Adminiculum, échalas, et, en général, toute espèce d'appui, de ad, à (voy. i), et miniculum , radical dont on a donné deux étymologies : 1" manicula, petite main, de là aide, appui; 2° le radical min , qui se trouve dans eminere, prominere. Ce mot semble de même racine que minister (voy. ministre).

fADMINISTRANT, ANTE(a-dmi-ni-stran , stran-t') , adj. Qui administre. Dans le ministère de l'instruction publique , il y a la partie enseignante et la partie administrante.

ADMINISTRATEUR, TRICE (a-dmi-ni-stra-teur, tri-s'), *. m. etf. || i° Celui, celle qui régit les biens, les affaires d'un grand établissement. Administrateur de toutes les affaires. Entrerai-je dans le huitième denier ou dans les aides? Serai-je avare partisan ou administrateur? la bruy. 14. || 2" Qui est chargé de quelque partie du gouvernement. || 3° Absolument, qui sait bien administrer. Ce préfet n'est point administrateur. D'une égale capacité comme militaire et comme administrateur.

— HIST. xiii* s. Li sires veut que li deerains procureres soit aministrares des chozes aussi du tans passé comme du tans à venir, beaum. 85. On cuidoit que la dete fust à Pierre , ou on cuidoit que Pierres fust encore serjans et amenistreres de ses besognes, id. vu, 18. || xvi« s. La parole de Dieu, de la quelle ils sont constituez administrateurs, calv. Inst. «26. En l'hospital des malades il y avoit un gênerai administrateur, cinq médecins.... d'aub. But. m , 87. Ayans soubs eulx des commis, des receveurs et administrateurs, amyot, Comment refréner la colère, 43.

— étym. Provenç. administrais , aministraire , aministrador ; espagn. adminùtrador ; ital. amministralore; de adminùtrator (voy. administrer). Le vieux français aministreres, et le provençal administrais sont au nominatif, et viennent du nominatif administrator ; le régime est administreor et adminùtrador, et vient de l'ablatif latin administratore; c'est la forme du régime qui est celle des autres langues romanes. On remarquera que l'ancien français n'écrivait pas le d.

' ADMINISTRATIF, IVE (a-dmi-ni-stra-tif, ti-v'), adj. Qui appartient, qui a rapport à l'administration. Talents administratifs. Science administrative. Règlements administratifs.

— ÉTYM. Administratifs, de administras, administrer.

ADMINISTRATION ( a-dmi-ni-stra-sion ) , *. f. || !• Gestion, conduite, des affaires publiques ou privées. L'administration du Trésor. 11 leur confia l'administration des biens publics. Avoir l'administration d'une province, d'un hôpital. Vous êtes chargé de l'administration de ces biens. Dans l'administration des choses temporelles. Entrer dans l'administration des affaires. On vous regardait comme un homme à l'épreuve dans l'administration de votre charge. Jonathan prit l'administration du royaume, boss. Polit. Protésilas, à qui j'avais confiél'administration de mes plus grandes affaires, fén. Tél. xin. Cherchez dans vos impositions et dans vos administrations publiques ces proportions de justice et de charité , fléch. ii , 2 1 9. 1 1 2» L'administration de la justice, l'exercice de la justice avec autorité publique. Chargé de la principale administration de la justice. Pur et ferme dans l'administration de la justice. || 8" Avec un sens actif, en parlant de celui qui administre. Solon réduisit à dix ans l'administration des archontes. La loi établissait les magistrats ; c'était elle qui châtiait leur mauvaise administration. Ce qui couronna sa glorieuse administration. Sous l'administration du grand Colbert. Iln'yeut, sous l'administration de Louis XIV, qu'une seule conspiration. || 4° Absolument, l'administration , la gestion des affaires publiques. La science de l'administration. Entrer dans l'administration. Se tenir éloigné de l'administration. || 5° Corps d'administrateurs et d'employés chargés collectivement de quelque partie de l'administration publique. L'administration des contributions indirectes. On emploie aussi administration pour gouvernement, considéré surtout dans son action administrative. L'administration a fait connaître ses intentions par une circulaire aux préfets. || 6° L'administration des sacrements, l'action de conférer les sacrements. || 7" Au plur. Secours spirituels. Voilà les opérations et les administrations du Saint-Esprit,

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fléch. m, <os. Soit dans nos délibérations, soit dans nos administrations, m. Serm. H, 218. ^"Maison religieuse qui ne contenait qu'un petit nombre de religieux.

— HIST. xv' s. [Le duc d'Anjou] pour ce temps, de droit avoit le regard et l'administration dessus ses frères, froiss. h, ii, 135. || xvi* s. Disant que où l'aministration du royaume lui aviendroit, qu'il les feroit filer [les femmes d'Hérode] avec les esclaves et servantes, josephe, Guerre, i, 17, Trad. de des essars. Ils veulent que pour eulx les aultres soient nonchalans et oublians du devoir en l'administration d'un magistrat, en leurs jugements et en leurs actions, amyot, De la mauvaise honte , l9.Non qu'il eust ainsi soigneusement fait ce procès verbal de toute son administration pour approuver sa foy.... id. Cal. d'Ut. 6).

—ÉTYM. Provenç. administracio , aministracio ; espagn. administracion ; ital. amminislraiione; de administrais, d'administrare , administrer.

t ADMINISTRATIVEMENT (a-dmi-ni-stra-ti-veman), adv. Suivant les formes, les règlements administratifs. Décider une affaire administrativement.

— ÉTYM. Administrative au féminin, et ment. ADMINISTRÉ, ÉE (a-dmi-ni-stré, strée), part.

passé. || 1° Etats bien administrés. Les finances administrées par Colbert. Une justice quelquefois mal administrée. || 2" Qui a reçu l'extrême-onction. Malade administré. || 3' Donné en remède. Ce purgatif administré àtort. || 4" S. m. Se dit du citoyen par rapport à l'administration. Ils [le procureur du roi et le commandant de la gendarmerie] sont serviteurs l'un de l'autre contre l'administré qui les paye tous deux, p. L. COUR. I, <76.

ADMINISTRER (a-dmi-ni-stré), v. a. || 1° Gérer les affaires publiques ou privées. Administrer une maison. Mal administrer sa fortune. Il avait administré le royaume. Il est bon de veiller sur des enfants, sur des domestiques, sur toute une famille, d'en administrer les biens et d'en ménager les intérêts, bourd. Pensées, t. i, p. 2<2. Elle [l'opinion de Descartes] dit que les mouvements des animaux ne sont point administrés par les sensations, boss. Connaiss. v, 13. || 2* Administrer la justice, rendre la justice. || 3" Administrer les sacrements, conférer les sacrements. || Administrer un malade, phrase elliptique pour : administrer à un malade les derniers sacrements , le viatique et l'extrême-onction. Qui de nous voudrait, durant les rigueurs de l'hiver, être réveillé, au milieu de la nuit, pour aller administrer au loin le moribond expirant sur la paille, chateaub. Génie, iv, m, 2. || 4" Donner. Administrer un remède. || Populairement, administrer des férules, des coups de bâton. || 5° En termes de pratique, administrer des preuves , des titres, les produire. || 6" S'administrer, v.rèfl. Le restant de son bien s'administra si mal, que bientôt il n'y eut plus rien.

— HIST. xin' s. Il est mestiers que cil qui sont en longes langeurs [maladies] aient qui aministrent lor besongnes , beaum. 72. Le quint est qu'il ressuscita Et quarante jours habita En terre avec ses esleuz , Et pluseurs fois les visita Et reput et administra, J. de meung, Tr. 786. Procurators est cil qui aministre autrui besoignes par le commandement à celi cui eles sont, tancr. Li ordinaires, Me. || xiv s. Dous penser et bonne espérance Lifont avoir douce plaisance, Etli amenistrent matière Dont il fait à plus lie chiere Que cils qui vit dolentement, machault, p. 1 0. Il ouvrera [opérera] tous jours et fera très bien selon les circonstances et la qualité des choses que fortune lui administrera, oresme, Eth. 25. Il administra l'empire par conseils privez, bercbeure, f. 24, recto. || xv* s. Je fus douze semaines en son hostel , et très bien administré et délivre de toutes choses , froiss. ii, m, 18. Pour administrer vivres et pourveances, id. i,i, 61. Et si tu y veux adjouster Chose estrange, ou administrer Soulphre, sel.huyle, n'aultres riens, Pourvoir, tonfaictne vaudrariens, lafontaine, 894. La confortant et administrant, à leur leal pouvoir, de tout ce qu'elles sentoient que bon lui fust, L. xi, Nouv. 21 . || xvie s.Administrer les sacrements, calv. 259. Il est bon toutes fois, quand on est près d'une grosse force et de capitaines déterminez, de redoubler son soin, et penser que le désir d'honneur leur administre des ailes, lanoue, 665. Il semble ou que vous n'estimez pas beaucoup vos magistrats [charges], ou que vous n'avez pas beaucoup d'hommes que vous jugiez dignes de les administrer, amyot, Cal. 16.

—ÉTYM. Provenç. administrar, aministrar, amenistrar; espagn. administrar ; ital. amministrare ;

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de administrar* , de ad, à (voy. X), et ministrare, minister, minisire (voy. ce mot). Le d ne s'écrivait guère dans l'ancienne langue.

ADMIRABLE (a-dmi-ra-bl'), adj. || 1° Qui mérite ou attire l'admiration. Homme d'une éloquence admirable. Le spectacle admirable des cieux. Statue d'un travail admirable. Femme d'une admirable beauté. Le sage Nosophuge était moins admirable par ses remèdes que par le régime qu'il conseillait pour prévenir les maux et pour rendre les remède» inutiles, fén. Tél. xvn. Elle eut une magnificence royale.... Ses autres vertus n'ont pas été moins admirables, boss. /{. d'Angl. ô mère,ô femme, ô reine, admirable etdigne d'une meilleure fortune.... id. ib. Au lieu de l'histoire d'une belle vie, nous sommes réduits àfaire l'histoire d'une admirable, mais triste mort, id. Duch. d'Orl. Je n'ai rien fait pour Madame, quand je vous ai représenté tant de belles qualités qui la rendaient admirable au monde.... id. ib. Tout est grand et admirable dans la nature ; il ne s'y voit rien qui ne soit marqué au coin de l'ouvrier.LABRUY. 16. Combien d'hommes admirables et qui avaientde très-beaux génies sont morts sans qu'on en ait parlé! id. 2.Vastes cieux, qui cachez le Dieu qui vous a faits! Terre , berceau de l'homme , admirable palais! lamart. Jtëdrt. xviii. Ô spectacle! Ôtriomphe admirable à mes yeux, hac. Esth. i, 1. Antigone est parfaite, Ismène est admirable, corn. CFA. I, 3. || 2° Ironiquement, singulier.étonnant, et, par suite, qui est ma! venu à. Ils sont admirables de vouloir prendre le parlement pour dupe, pasc. Prov. 19. Hermolaùs n'est-il pas admirable de vouloir que je m'oppose à Jupiter? vaugel. Q. C. 468. Ce que je trouve admirable, c'est qu'un hommequi s'est passé durant la vie d'une assez simple demeure, en veuille avoir une si magnifique pour quand il n'en a plus que faire, mol. Fest. de P. m, 7. Chose admirable-! On aime la sévérité de la pénitence partout et en tout, hors en soi-même, bourd. Pensées, t. i, p. 358. || 3° Terme de chimie. Sel admirable, sel de Glauber; sulfate de soude. || Admirable se met d'ordinaire après son substantif; on peut le mettre devant, quand le substantif peut soutenir la prononciation : Cette admirable loi.

— HIST. xm* s. Quar n'a François remès en la crestienté, Qui ça outre ne soit à navie passé, Antioche ont assise [assiégée] , l'amirable cité, Cli. d'Ant.v, 619. Vers Paris s'en avale [elle descend], l'amirable cité, Berte, 8t. || xvr* s. Eleazare saisit d'une force amirable un roi eslevé de la muraille, lequel il renversa de si grand roideur.... josephe, Guerre, m, 9. Trad. de des essars. On voit que l'ancienne prononciation était amirable.

—ÉTYM. Admirabilis, de admirari, admirer.

ADMIRABLEMENT (a-dmi-ra-ble-man), adv.

D'une manière admirable. Il s'est conduit admirablement, il s'est admirablement conduit. Femme admirablement belle. La plaisanterie sert admirablement l'orateur. Ces deux adverbes joints font admirablement, mol. F. Sav. m, 2.

— REM. L'Académie donne parmi ses exemples : II. danse admirablement bien. On a critiqué cette locution, arguant qu'on ne peut dire: il danse bien d'une façon admirable. Pourquoi cola ne se dirait-il pas, admirablement qualifiant danser bien ? On trouve dans un recueil de lettres cette phrase de Voltaire : Il était admirablement bien fait.

— ÉTYM. Admirable, et ment (voy. ment). ADMIRANT, ANTE (a-dmi-ran , ran-f) , adj. Qui

admire. La souplesse, la bassesse, l'air admirant, dépendant, rampant, étaient les uniques voies de lui plaire [à Louis XIV] , st-simon, 406, 75.

ADMIRATEUR, TRICE (a-dmi-ra-teur, tris'), s. m. et f. || 1" Celui, celle qui admire. Ce style a ses admirateurs. Le grand philosophe Montaigne et sa jeune admiratrice, Mlle deGournay. La vertu a cela d'heureux qu'elle se suffit à elle-même et qu'elle sait se passer d'admirateurs, de partisans, de protecteurs,la bruy. 13. Un homme dévoué à l'Etat, à sa famille , au chef de sa famille ; autant admirateur du mérite que s'il lui eût été moins propre et moins familier.... id. 2. Qu'il est rare d'être les censeurs sévères et incommodes de nos admirateurs, mass. Confér. Fuite du monde. Qui toujours des Romains admirateur secret.... rac. ilithrid. n , 3. [| 2" Adj. Ces cris enivrants qu'un peuple admirateur Élève en son transport vers un libérateur.. ..arnault, BlancU. et M. i, i.

— ÉTYM. Admiralor, de admirari, admirer. ADMIRATIF , IVK, (a-dmi-ra-tif, ti-v') , adj.

|| 1" Porté à admirer. Ils deviennent peu à peu admiratifs, desc. Pass- »<» || 2" Terme de grammaire. Point admiratif, point qu* ?■* marque ainsi ! et qui

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sort à indiquer qu'il y a admiration ou exclamation dans la phrase. Particuleadmirative, particule qu'on emploie pour marquer l'admiration, par exemple: Ah ! || 3° Oui exprime l'admiration. Ton admiratif, gestes admiratifs. La traduction de Mme Dacier est soutenuede remarques utiles, les unes historiques, les autres admiratives, Mercure de janvier 4747. || Genre admiratif, se dit en parlant des ouvrages de poésie et d'éloquence qui ont plus particulièrement pour objet d'exciter l'admiration. || Admiratif se met toujours après Bon substantif.

— HIST. xvi" s. Le magnanime n'est pas admiratif, oresme, Eth. 4 24.

• — ETYM. Admirativus, de admirari (voy. aomirer). ADMIRATION (a-dmi-ra-sion ; en poésie, de cinq syllabes), «Y, || l°Sentimentexcitéparcequi est beau, merveilleux, sublime. Ravi d'admiration. Exciter des transports d'admiration. Souvenez-vous de l'admiration que la princesse donnait à toute la cour, boss. Duch. d'Orl. Princesse, le digne objet de l'admiration de deux grands royaumes, id. Reine d'Angl. Seize années d'une prospérité accomplie qui coulèrent sans interruption avec l'admiration de toute la terre, id. t'6. Ils n'étaient pas moins en admiration de leur rétablissement fait contre toute apparence, dans le temps et par celui qui leur avait été marqué, id. Hist. n, 6. L'innocence des généraux faisait l'admiration des peuples, id. Hist. m, 6. Vous serez en admiration de ces conseils de la Providence, id. Hist. m, 4. Toute la cour fut dans l'admiration de la magnificence de ce présent, ham. Gramm. 7. Un parc qui faisait l'admiration de tout le pays, sév. 406. Ils paraissaient pleins d'admiration pour Protésilas,FÊN. Tél. xiv. L'admiration de sa bonté [de Dieu] ,flech. m, 340. C'est à nous de répondre àl'admiration Que Rome en expirant conserve à notre nom, volt. Mort de César, n, 4. Qu'à l'univers surpris cette grande action Soit un objet d'horreur ou d'admiration, id. t'6. m, 2. Je hais les admirations fondées sur des contes , st-êvrem. h , 3. || 2" L'objet même qu'on admire. On tient à ses vieilles admirations. Il devient l'admiration de la superbe Ninive, mass. Péch.

— HIST. xiv s. Il ne fait pas grans admiracions ; car il ne repute chose grande.... oresme, Eth. 124. Kt pour ce que il cuide que l'en face de luy grande admiration et grant loenge, id. ib. (17. || xV s. On en feroit un livre [des punitions de Dieu sur les princes] et de grande admiration, comm. viii, 17. Quand il vit ceste couronne, il fit une grande admiration, feignant que rien n'en sust, L. xi, Nouv. eo. 1 1 xvi* s. Il a bien appris à dire toutes les admirations comme Jésus, le plus du monde, oh, oh, il y a de l'excès, c'est pour en mourir, d'aub. Confes. n, I.

— ETYM. Provenç. admiracio ; espagn. admiracion; ital. admiraxione ; de admiratio , de admirari, admirer (voy. admirer).

-ADMIRÉ, ÉE (ad-mi-ré, rée), part. passé. Chose admirée du peuple. Ce général admiré même par ses ennemis. On le questionna, il fut admiré; on résolut de le faire roi, fén. Tel. vi. Cette Ile [la Crète] admirée de tous les étrangers et fameuse par ses cent villes, id. t'6. v. Il était tellement admiré de tout le monde que l'on ne faisait aucune différence entre ses paroles et les oracles de Delphes, id. Philos. Pylhag.

— REM. Admiré de, admiré par. On est admiré par tout le monde, quand on reçoit de tout le monde des marques d'admiration; on est admiré de tout le monde, quand on inspire à tout le monde des sentiments d'admiration, lafaye.

ADMIRER (a-dmi-ré), v. a. || 1° Considérer avec admiration. Adraste admirait malgré lui ce qu'il venait de voir, et n'osait le louer, fén. Tél. xx. La Grèce, l'Asie et toutes les lies l'ont admiré [Ulysse] malgré ses défauts : mille qualités merveilleuses les font oubUer. Vous serez trop heureux de pouvoir l'admirer aussi et de l'étudier sans cesse comme votre modèle, fén. Tél. xu. Quel excellent maître que celui qui fait des ouvrages, je ne dis pas que les hommes admirent, mais qu'ils craignent! la broy. 16. La cour.... Distingua le naïf du plat et du bouffon, Et laissa la province admirer le Typhon, Bon.. A. P. 1. On admire en secret sanaissance et son sort, rac. Iph. v, 6. Ce grand roi, plus capable encore d'être touché par le mérite que par le sang , ne se lassait point d'admirer les excellentes qualités de Madame, boss. Duchesse d'Orl. Admirons ici la piété de la reine, qui a su si bien conserver les précieux restes de tant de persécutions, id. Heine d'Anglet. Si l'on eût pu avancer ces belles années dont nous admirons maintenant le cours glorieux.... id. t'6.

ADM

J'admire avec horreur ce dessein généreux, volt. Orphel. i,6. J'admire avec terreur De ce désert muet la ténébreusehorreur,Ducis,Jfa<;6. i, 4. 1| 2" Admirer, se dit aussi absolument. Assis sur le bord de la mer, il admirait. Le voyageur s'arrête étonné de l'entendre, Il écoute, il admire, et ne saurait comprendre D'où partent ces divins soupirs, lamart. Nouvelles Médit. v. Le peuple écoute avidement, les yeux élevés et la bouche ouverte, croit que cela lui plaît, et, à mesure qu'il y comprend moins, admire davantage, la bruy. I. H 3° Voir avec étonnement. Tandis qu'Achillas même, épouvanté d'horreur, De ces quatre enragés admire la fureur, corn. M. de Pomp. n, 2. Vous formez des craintes que j'admire, id. Sert, u, 2. Admirez cependant quel malheur est le mien, id. Héracl. v, 6.... admirez Que ces prisonniers même avec lui conjurés Sous cette illusion couraient à leur vengeance, id. t'6. v, 7. Je ne puis assez admirer combien ce dessein d'inquisition a été mal concerté pour avoir été conduit par de si habiles gens, pasc. Prov. i». J'admire comme le ciel a pu former deux âmes aussi semblables en tout que les nôtres, mol. Pr. d'Él. rv, l. Mais admire avec moi le sort dont la poursuite Me fait courir alors au piège que j'évite, rac. Andr. I, 4. J'admirais les coups du sort, fén. Tél. u. || 4° Admirer avec de et l'infm. ou que et le subj. Voir avec étonnement. N'admirerons-nous pas plutôt que d'une hauteur si prodigieuse elles [les étoiles] puissent conserver une certaine apparence et qu'on ne les perde pas toutes de vue? la bruy. 46. Vous admirerez comme moi que tant d'éclatantes préparations se soient anéanties sur le point de produire un si grand effet, pasc. Prov. 3. Les jplus aveugles de vos amis sont contraints d'admirer que vous ayez été si méchants que d'étendre cette calomnie jusqu'aux religieuses de Port-Royal, id. t&. 16. On admirera de voir que, malgré tout ce que je viens dédire, vous n'ayez pas cessé de publier qu'ils étaient toujours hérétiques, id. t'6. 17. Pourquoi admirez-vous que nous nous soyons trompés, nous qui sommes des hommes? id. t'6. 4 8. Vous admirerez que la dévotion qui étourdit tout le monde ait pu être traitée par nos pères avec une telle prudence que.... id. t'fr. 19. Mais n'admirez- vous point que cette même reine Le donne pour époux à l'objet de sa haine? corn. Rod. i, t. J'admire de le voir au point où le voilà, mol. te. des F. I, 6. Et j'admire de voir cette lettre ajustée Avec le sens des mots et la pierre jetée, id. t6. m, 4. L'homme admire de s'y voir placé [daos l'univers] , sans savoir comment il y a été mis, fén. Exist. 40. Nous admirerons de nous y reconnaître nous-mêmes [dans la peinture du peuple athénien], nos amis, nos ennemis, ceux avec qui nous vivons, et que cette ressemblance avec des hommes séparés par tant de siècles soit si entière, la bruy. Disc, sur Théoph. || Corneille a employé le que avec l'indicatif : Admirez Que ces prisonniers même avec lui conjurés Sous cette illusion couraient à la vengeance, Héracl. v, 7. N'admirezvous pas que Dieu m'a ôté cet amusement ? sév. 4 i 3. || 5° Par critique ou par ironie, en parlant de ce qui paraît excessif, étrange. Je vous admire de vouloir qu'on suive en tout vos conseils. J'admire avec quelle hardiesse ces personnes entreprennent de parler de Dieu, pasc. édit. Cousin. J'admire ma simplicité et la faiblesse de mon cœur, mol. Fest. de Pierre, i, 3. J'admirais cet impertinent ; et, pendant qu'il parlait tout haut, je disais tout bas.... jiontesq. Leur. pers. 60.

s' admirer, v. réfl. Une âme séduite qui s'admire elle-même. L'ignorance toujours est prête à s'admirer, boil. A. P. I. Loué, exalté et porté jusqu'aux cieux par de certaines gens qui se sont promis de s'admirer réciproquement, la bruy. 4.

— HIST. xvi' s. J'admire de les veoir si doulces et molles [les guerres civiles], mont, i, 470.

— ÉTYM. Bourguig. admirai; de admirari,. de ad, à (voy. À), et. mirari, regarder (voy. miber). Admirer paraît être récent dans la langue. Anciennement on disait se merveiller. Cependant amirable se trouve dans les textes du xni' siècle.

ADMIS, ISE (a-dmi, mi-z'), part, passé. || i" Reçu. Députés admis. Ces gens admis à la table du prince. Admis dans une corporation. Citoyen nouvellement admis. Admis au partage. Les conversations légères, les cercles, la fine plaisanterie, les lettres enjouées et familières, les petites parties où l'on était admis seulement avec de l'esprit, tout a disparu, la bruy. 4 3. || 2° Reçu, en parlant des choses. C'est une coutume admise parmi les hommes. || 3° Reconnu pour vrai. La version la plus généralement admise est que.... C'est un fait admis.

t ADMISSIBILITÉ (a-dmi-ssi-bi-li-té) , *. f. Etat

ADM

d'une chose ou d'une personne admissible. L'admissibilité de tous les citoyens aux emplois publics.

ADMISSIBLE (a-dmi-ssi-bl'), adj. Qui peut être admis. Homme admissible dans la corporation. Proposition, excuse admissible.

ADMISSION (a-dmi-sion), *. f. Action par laquelle on est admis. Donner l'admission. L'admission dans l'ordre des patriciens.

— ETYM. Admissio , de admittere , admettre (voy. ce mot).

t ADMIXTION (a-dmi-kstion ; le t gardant le son qui lui est propre), ». f. Action d'ajouter en mélangeant.

— HIST. xvi* s. Des apostemes d'un seul humeur pur et louable, ne peschant qu'en quantité, sans admixtion d'autre humeur, paré, v, 7.

— ÉTYM. Admixtio, de ad, à (voy. A), et mixtio, mixtion (voy. ce mot).

ADMONESTER (a-dmo-nè-sté) , voy. admonéteb.

f ADMONESTATION ou ADMONÉTATION ( admo-nè-sta-sion ou a-dmo-nè-ta-sion) , s. f. Action d'admonéter.

— HIST. xiii' s. Uns clers empêtra letres dou roi à l'abé de Saint-Benoit-sus-Loire, qu'il le porveïst; et en celés letres n'avoit nule amonestation , Liv. de Just. 24.

— 1ÎTYM. Admonéter; provenç. amonestassio ; espagn. amonestacion.

ADMONESTÉ, ÉE ou ADMONÉTÉ, ÉE (a-dmonè-sté , stée ou a-dmo-né-té , tée,), part, passé. || 1° Elle fut admonestée, qui est une très-légère peine, sév. 422. || 2° S. m. En termesjudiciaires,acte par lequel on admonétait. L'admonété n'emportait point d'interdiction.

ADMONÉTER OU ADMONESTER (a-dmo-né-té OU a-dmo-nè-sté. Les deux prononciations sont usitées. Dans le xvi* s. Bèze prononce amonester, et Palsgrave, p. 23, écrit ammonester et prononce les deux m. La syllabe ne, dans admonéter, prend l'accent grave quand la syllabe qui suit est muette, mais au futur et au condit. : amonéterai , amonéterais) , v. a, || 1° Terme de jurisprudence dont on se servait autrefois , lorsqu'un particulier ayant commis une faute qui ne méritait pas une grande punition, le juge le mandait pour lui faire une remontrance. Mme de Dreux sortit hier de prison ; elle fut admonestée, sév. 422. || 2° En général, faire une remontrance à. De ces mêmes discours ses fils il admoneste, Régnier, Sat. v. On aurait obligation A

qui pourrait Admonéter par nom et par surnom

Ces ennemis jurés de la raison, volt. Étrennes aux sots.

— HIST. xu* s. Entre vous et le rei avez esté medlé; L'apostolies l'en a sovent araisuné; Li prélat du reaume l'en unt amonesté, Th. le Mart. 84. Et celé qui sa mort désire, De l'autre part li amonesté Qu'isnelement li trant [tranche] la teste, la Charette, 2920. || xiii* s. 11 est convenable coze au segneur qu'il les amonesté qu'il y metent de lors volenté soufisament, beaum. xlix, 5. Et doit cis mefîèsestre amonestés par sainte Eglise, id. xi, 4 3. De pecheor miséricorde, Puisque franchise s'i acorde, Et le vous prie et amonesté ; Ne refusés pas sa requeste, la Rose, 3325. || xiV s. Il n'appartient pas au magnanime fuir ou refuser celui qui le admoneste en raison, oresme, Eth. 420. Il ensaignoit les mariniers et amonestoit que il gardassent bien.... id. t'6. 4. || xv" s. Messire Gui de Flandres qui admonestoit et prioit tous les compagnons de bien faire froiss. i, i, 69. Et [Louis XI] dit au dit herault plusieurs autres raisons pour admonester le roy d'Angleterre de prendre appoinctement avecques lui, comm. iv, 6. Comme amour et vaillance chevaleureuse admonestent souvent le courage des bons à entreprendre choses honorables, Hist. de Bouciq. i, 46. || xvi* s. Ses amis l'admonestoient qu'il regardast à ce qu'il disoit, amyot. Sol. 65. Estant bien confessé et admonesté, aiant baisé sa femme et ses enfants, d'aub. Fœn. m, 2. Qui est admonesté est à demy armé, palsgr. p. 447.

— ETYM. Berry, amonéter et amonnéter; provenç. et espagn. amonestar ; portug. admoestar; d'un verbe bas-latin, admonestare, fait d'une forme bas-latin admonestum ou admonistum, de admonere, avertir, de ad, à, et monere, avertir (voy. monition).

t ADM0N1TEUR (a-dmo-ni-teur) , ». m. || 1° Celui qui fait des admonitions. Pour les hommes supérieurs, la religion est un admoniteur sévère qui leur apprend à s'humilier, chateaub. Pensées, 287. || 2° Au noviciat des jésuites, admoniteur est un titre d'»ffice; c'est un des plus fervents novices qui est chargé d'avertir les autres de ce qu'ils ont à faire, h»

ADO

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général du même ordre a son admoniteur, qui est une espèce de surveillant, nommé par la congrégation générale, pour l'avertir en secret de ses fautes. || 3° Quelques congrégations de filles ont aussi des officières qui portent le nom d'admonilrices.

:— ÉTYM. Voy. admonition. L'ancien français disait admoneslcur.

ADMONITION (a-dmo-ni-sion), s. f. || 1° Action d'admonéter. L'admonition a été abolie. || 2° Avertissement. Après avoir inutilement tenté près de moi les admonitions charitables, Marcellin employa les mesures sévères, chateaubr. if art. t32.

— HIST. xiii" s. Et s'il n'obeist à l'ammonission, il doit estre escommeniés publiquement, beaum. xi, 13. || xvi* s. Que ceux qui sont rebelles à son admonition soient notés et marqués afin que chacun les fuie, calv. 298. Sachant que sa femme estoit retrouvée par l'admonition du bon archidiacre,

MARGUER. JVOU». 61. AmOnitiOIl, O. DE SERRES, p. 26.

—ÉTYM. Provenç. amonicio; itai. ammoniiione; de admonitio, de ad, à (voy. a), et monitio, munition (voy. ce mot).

t ADNÉ, NÉE (a-dné, dnée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est immédiatement attaché à une chose et paraît faire corps avec elle.

— ÉTYM. Adnatus, de ad, à, et natus, né.

t ADNOTATION (a-dno-ta-sion) , s. f. Terme de chancellerie. Réponse du pape a une supplique, quand cette réponse ne consiste qu'en une signature.

— ÉTYM. Voy. ANNOTATION.

ADOLESCENCE (a-do-lè-ssan-s') , s. f. L'âge qui succède à l'enfance et qui commence avec les premiers signes de la puberté.

— SYN. adolescence, jeunesse. Dans le langage scientifique adolescence et jeunesse sont synonymes et expriment l'âge compris enlre l'enfance et l'état adulte. Mais dans le langage ordinaire il y a une nuance, et adolescence désigne de préférence la première partie de la jeunesse.

— • HIST. xiv s. Et n'est que bien et onnesteté de ainsi passer l'aage de vostre adolescence féminine, ilcnagier, Prologue. || xv" s. Car jeunesse et adolescence(C'est son parler, ne moins ne mais) Ne sont qu'abus et ignorance, villon, Grand Test. || xvi* s. Considérez que par nous allaictez Avez esté en vostre adolescence, i. marot, v, 285. L'adolescence , qui commence depuis dix-huit ans jusques à vingt et cinq, est la tempérée et moyenne entre tous excès, paré, Introduc. 6. Sa beauté se maintint tousjours florissante en son enfance, en son adolescence , et encore après qu'il fut devenu homme parfait, amyot, Aie. 2.

—ÉTYM. Provenç. et espagn. adolescentia ; ital. adolescenza; de adolescentia, de adolescens, adolescent.

ADOLESCENT, ENTE (a-do-lè-ssan, ssan-f), s. m. et f. || 1° Celui, ' celle qui est dans l'âge de l'adolescence. || 2" Se dit surtout des garçons, et alors souvent en plaisantant. Un jeune adolescent. L'essai et l'apprentissage d'un jeune-adolescent qui passe de la férule à la pourpre et dont la consignation a fait un juge, est de décider souverainement des vies et des fortunes des hommes, la bruy. 14. || 3° Adj. Encore adolescent il avait quitté Rome, arn. Mar. à Mint. i, 2. Mérovée est ardent, et la pitié naissante Bientôt mène à l'amour une âme adolescente, lemerc. Fréd. et Brun. 1, 2.

— hist. xv" s. Quelle hardiesse te meut, o jeune adolescent royal, ne quelle fiance présumes tu de mettre la mayn aux nymphes, j. lehaire , dans palsg. p. 351. || xvi" s. L'ardeur du courroux que l'on sent Au premier âge adolescent, Me fit trop nicement t'escrire, rons. 454.

—étym. Adolescens, de adolescere, croître, de ad, à (voy. À), et olescere, olere, croître. Quelquesuns ont rattaché ce radical à ôXo;, entier (voy. solide pour ce mot) ; mais l'opinion préférable est celle de Benfey, i, 70, qui le rattache à alere, nourrir (voy. aliment), de même racine qu'un radical grec ba(i>, je fais croître, d'où àXSotivEiv, faire croître; radical qui appartient aussi aux mots congénères : gothique, alds, qui a crû, âgé (voy. alderman); allem. oit, âgé; ceit. altruim, nourrir, ait, nourriture.

fADOMESTIQUÉ, ÉE (a-do-mè-sti-ké, kée), part, passé. Gens adomestiqués.

+ ADOMESTIQUER(a-do-mè-sti-ké.),«. o. || l°Faire de sa maison. Villars l'avait adomestiqué[Heudicourt], protégé, et lui avoit souvent donné de l'argent, stsimon, 278, to. || 2° S'adomestiquer, v. réfl. Se faire de la maison.

— HIST. xv" s. Par la douçour de doulz nourris- • iinentS'aprivoisist mainte beste sauvage, S'adomes-

che.... e. deschamps dans raynouard. || xvi" s. Par ce moien le cardinal , de qui les meschancetez avoient esté odieuses auparavant, se reconcilia avec Sigismond ; s'etant adomestiqué , persuada à son cousin d'ouir messe tous les matins, d'aub. Hisl.

—ÉTYM. Â (voy. ce mot), et domestique; provenç. adomesgar, adomesjar ; ital. addomesticare. L'ancienne forme française est adomescher ; adomestiquer a été refait postérieurement sur le latin.

f ADONC (a-don-k), adv. En ce moment, alors. Adonc Darius pousse sa dague, et d'aventure n'atteignit que le mage, p. l. cour.ii, <<h.|| Vieux.

— HIST. xii" s. Adonc aurez vostre guerre finie, Roncisv. p. 28. Adonc fiorist mes cuers et mes vouloir En bone amour.... Coucy, vin. j| xiii" s. Il estoit adonc quaresmes, villeh. 18. Adont tenoient Franc les Tyo:i [Allemands] pour amis, Berle, v. || xv" s. Ce fut l'an de grâce nostre seigneur 1326, le jour de Noël [que fut couronné Edouard III], et pouvoit avoir adonc environ seize ans, froiss. I, l, 27. 11 n'estoit adoneques riens dont il eust si grant crainte que de perdre son auctorité, comm. vi, 7. || xvi" s. Les gendarmes ont jeté le sort, qui setiroit adonc d'un chapeau ou d'un bocal, calv. ibo. Et si tout est confus, qui adoneques dira Les hymnes de ta gloire et ton nom bénira? rons. 872. Quand le sentiment du feu fut passé jusques à la chair vifve, adonc commencèrent les bœufs à sedebatre, amyot, Fab. 17.

—ÉTYM. A et donc; wallon, adon; provenç. adonc; anc. catal. adonchs ; ital. adunque.

ADONIEN ou ADONIQUE (a-do-niin ou a-do-nik') , adj. et s. m. Terme de prosodie grecque et latine. Se dit d'un vers composé d'un dactyle et d'un spondée.

— ÉTYM. Adonius, de Adonis (voy. ce mot).

ADONIS (a-do-ni-s') s. m. || 1° Dans la mythologie, nom d'un jeune homme célèbre par sa beauté et qui fut aimé de Vénus. || 2" Ironiquement , jeune homme qui fait le beau et qui est très-soigneux de sa parure. || 3° Terme de botanique. Plante à Heurs rouges ou citrines, qui approche de la renoncule et qui vient dans les près.

—ÉTYM. Adonis, de "ASwviç ou "ASmv, de l'hébreu Adan, seigneur. Adonai en hébreu est le nom de Dieu. Adonis est la forme grecque du nom d'une divinité phénicienne; la langue desHébreux et celle des Phéniciens étaient deux dialectes d'une même langue.

ADONISÉ, ÉE (a-do-ni-zé, zée), part, passé. Paré et adonisé.

ADONISER (a-do-ni-zé) , v. a. || 1° Parer avec une grande recherche. || 2°S'adoniser, v. réjl. S'ajuster avec un trop grand soin. Se dit surtout en parlant des hommes.

— HIST. xvi" s. Quand ses cheveux troussés dessus l'oreille, D'une Venus imitent la façon; Quand d'un bonnetsa teste elle adonise, Et qu'on ne sçait, tant neutre elle déguise Son chef douteux, s'elle est fille ou garçon, rons. 61.

ADONNÉ, ÉE (a-do-né, née), part, passé. Qui s'applique à. Adonné à l'étude, au vin.Grandeâme, aux grands travaux sans repos adonnée, malh. iv,2. Je chante dans ces vers les filles de Minée, Troupeaux arts de Pallas dès l'enfance adonnée , la font. Filles de Minée. L'abondance d'hommes adonnés à la guerre , fén. Tél. xm.

ADONNER (S') (a-do-né), v. réjl. || 1° Se livrer, s'appliquer à quelque chose avec ardeur, habituellement. S'adonner à l'étude, aux plaisirs. S'adonner à boire. Il s'adonnera aux exercices de la religion sans en négliger aucun, bourd. Pensées, 1. 1, p. 97. Les exercices auxquels ils s'adonnent, fén. Tél. x. La jeunesse ne s'adonne plus aux lettres, id. ib.xiv. || 2" Fréquenter habituellement. S'adonner à une société, à un lieu. || 3" Ce chien s'est adonné à moi ; m'ayant rencontré par hasard, il s'est attaché à moi. || 4° Se diriger , en parlant d'un chemin , d'une chasse, etc. Le seigneur de Thouars mandait à celui d'Oiron, qu'il chasserait un tel jour dans son voisinage, et qu'il eût à abattre une certaine quantité de murs de son parc, pour ne point trouver d'obstacles, au cas que la chasse s'adonnât à y entrer, stsimon, 76, 223. Est-ce jamais par là que son chemin s'adonne?LA chaussée , Préjugé à la mode,l, e. || 5° Adonner, v. n. Terme de marine. Devenir plus favorable, en parlant du vent qui était contraire.

— hem. Quoique l'Académie n'indique que le verbe réfléchi s'adonner, il semble qu'on pourrait très-bien dire , comme dans le xvi" siècle , adonner son cœur , son esprit, etc., à une chose.

—SYN. se donner 1 s'*noNNER 1. Se mettre a un

certain genre de travail. Se donner à l'étude, c'est s'y livrer sans réserve; s'adonner à l'étude, c'est simplement s'y appliquer. Il y a donc une nuance entre ces deux expressions ; et la première est plus forte que l'autre.

— HIST. xv" s. Le jeune Edouard, qui fut depuis roi d'Angleterre, s'adonnoit plus et s'inclinoit de regard et d'amour sur Philippe [fille du comte Guillaume] que sur les autres, froiss. 1,1, 16. Adonné à tous les plaisirs, comm. v, 18. || xvi" s. Mais Dieu ce bien ne m'a donné Que vostre chemin adonné Se soit icy.... marot, n, uo. Fut l'humain genre asprementestonné, Et tout le mondeàl'horreur adonné [en proie], id. iv,22. Sçavoir voulut toutes sciences lionnes, Et qui est celle à quoy tu ne t'adonnes, id. iv, (99. Encore que mon feu père eust adonné tout son estude à ce que je prouffictasse.... rabel. l'ant. Il, 8. Quant à la congnoissance des faietz de nature, je veulx que tu te y adonnes curieusement, id. Pant. n, 8. A raison de quoy il le faulftousjours addoner [l'entendement] à co qui est le meilleur, amyot, Péricl. i. Ils s'addonnent aux exercices que plus vous honorez, id. Coi. 15. L'estude de la philosophie à laquelle il s'adonna , id. Pélop. 4. On peut affermer, quand ils s'adonnent à bien, qu'ils sont excellents, lanoue, 85. Pour sauver quelques maisons de gentils hommes et Gergeau, si le besoin s'y adonnoit, d'aub. Ilist.u, 191. Afin aussi d'adonner nos cœurs à l'amour d'icelle [justice] et à une haine d'iniquité.... calv. Inst. 273. Qu'on suive hardiment l'esprit, lequel ne demandera rien de mal, moyennant qu'on s'adonne à sa conduite, id. ib. 470. Il ne laissoit pas de prier au milieu de la multitude , si l'opportunité s'y adonnoit , id. ib. 709. Pour s'adonner du tout à la dévotion, mont, i, 143. J'ay veu nos princes s'y adonner depuis en personne [à l'exercice louable de la comédie] , id. i, 1 98. Son chemin s'adonnant au travers d'une église, il ne passoit jamais qu'il.... id. i, 403. Si quelque serviteur s'y adonne [s'attache à lui].... id. ii, 79.

—ÉTYM. A et donner; provenç. et espagn. adonar ; ital. adonare.

ADOPTANT (a-do-ptan), t. m. Terme de droit. Celui qui adopte.

ADOPTÉ , ÉE (a-do-pté , ptée) , part, passé. || 1" Octave adopté par César. Vous étiez des enfants dan» son cœur adoptés , volt. M. de Ces. m, 3. || Substantivement : l'adoptant et l'adopté. || 2° Fig. Proposition adoptée à l'unanimité. Règlement adopté bientôt par toutes les nations. |l 3° Adopté, formule de vote qui indique que la proposition est reçue.

ADOPTER (a-do-pté) , v. a. || 1° Choisir quelqu'un pour fils ou pour fille et lui en donner les droits civils, en remplissant certaines formalités légales. Jamais, sans ses avis, Claude, qu'il gouvernait, n'eût adopté mon fils, hac. Brit. m, 3. Toutes les fois, tyran, qu'on se laisse adopter, corn. Iléracl. v, ». || 2° Par extension, prendre un enfant et le traiter comme sien. Hélas! ce Juif jadis m'adopta pour sa fille, rac. Esth. m, 4. Mais mon cœur, plus prudent, l'adopta par vengeance, créb. Atr. i, 3. Je t'adopte pour fils, adopte ma vengeance, ducis, Rom. m, 5. || 3° En général, se porter vers, s'attacher à.. Adopter un parti. Adopter un plan, un genre de travail. Adoptant l'opinion de cet auteur. Le peuple adopta la loi proposée. Jusque-là on n'avait adopté de l'antiquité que des erreurs. L'Amérique à genoux adoptera nos mœurs, volt. Ali. i, i. N'a-t-il pas adopté Nos climats et nos mœurs et notre liberté? ducis, Abuf. ni, 4. Il apprend mon dessein, l'adopte, l'autorise, c. delav. Vêpr. sic. i, *.

— HIST. xvi" s. Aphidnus adopta les Tyndarides pour ses enfants, comme Pylius avoit adopté Hercules, amyot, Thés. 42.

—ÉTYM. Adoptare,de ad, à, et optare, opter (voy. À et opter).

f ADOPTIEN, IENNE (a-do-psieu, psiè-n'), s m. et /'.Membre d'une secte chrétienne qui soutenait que Jésus était seulement le fils adoptif de Dieu.

ADOPTIF, IVE (a-do-ptif, pti-v') , adj. || 1° Qui a été adopté. Fils adoptif. || 2° Qui a adopté. Père adoptif. || 3° Qui a rapport à l'adoption. Le droit de bourgeoisie à vos peuples donné Ne perd rien de son prix sur un front couronné ; Sous ce titre adoptif, étant ce que vous êtes, Je pense bien valoir une de mes sujettes, corn. Sert, n, 2. || Se met toujours après son substantif.

— HIST. xvi" s. Thaïes eut un fils adoptif , il adopta un sien nepveu nommé Cybistus, fils de sa sœur, amyot, Sol. 10. Lorsque son père adoptif fut tué, U estoit en la ville d'Apollonie, id. Brut. 27.

— ÉTYM. Adopthus (voy. adopter) ; provenç. adop- (tu; espagn. adoptivo; ital. adotlivo.

ADO

AR-OTTION (a-do-psion ; en poésie, de quatre sylfcbes), s. f. || 1° Action d'adopter. Entrer dans me famille par adoption. Donner son fils en adoption. Père par adoption. Fils de César par adoption, boss. Hùt.1,9 Un sceptre que jadis vos

aïeux ont reçu De ce fameux mortel que la terre a conçu; L'adoption le mit entre les mains d'Egée, rac. Phèd. h, 2. Tu n'as de fils qu'Octave, et nulle adoption N'a d'un autre César appuyé ta maison, volt. M. de Ces. i, 4. Droit fondé sur la grâce de notre adoption , puisque nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, nous avons acquis un pouvoir spécial de devenir enfants de Dieu, bourd. Pensées, t. i, p. 1 31 . || 2° Par extension. La France est sa patrie d'adoption. L'adoption que Rome faisait, en certains cas, des étrangers Rome vous

permet cette haute alliance, Dont vous aurait exclu le défaut de naissance, Si l'honneur souverain de son adoption Ne vous autorisait à tant d'ambition, corn. Nie. i, 2. || 3° Fig. L'adoption, dans une langue, de mots étrangers. La physique est son étude d'adoption. L'adoption qu'un homme fait d'un autre. Ces adoptions de deux âmes l'une par l'autre. L'adoption d'une loi par la Chambre. L'adoption fut mise aux voix et rejetée.

— HIST. xvi' s. Galba pensa qu'il n'estoit plus temps de différer l'adoption qu'il avoit porpensée, amyot, Galba, 28.

— ÊTYM. Provenç. adoptio ; espagn. adoption ; ital. adoiione; de adoptio, de ad, à (voy. A), et option.

ADORABLE (a-do-ra-bl') , adj.\\i' Digne d'être adoré. Dieu seul est adorable. Jeune peuple, courez à ce maître adorable, rac. Esth. ni, 9. Cet adorable mattre nous a dit que son joug est doux et son fardeau léger, bourd. Pensées, 1. 1, p. 4 00. Tirez le voile qui me cache cet adorable, mais redoutable mystère de votre providence, id. ib. p. 66. || 2" En parlant d'une maîtresse. Une femme adorable, une adorable amie. Yeux adorables, rotrou, Vene. n, 2. 0 dieux qui, comme vous, la rendez adorable, Rendez-la, comme vous, à mes vœux exorable, corn. Cinna, m, 3. || 3° Par exagération, se dit de tout ce que l'on estime ou on aime extrêmement. Il est adorable du bon courage qu'il a de vouloir venir, sïv. 4 54. Dans les bouts-rimés, je vous trouve adorable, mol. F. Sav. m, 5. || Ne peut se mettre avant le substantif que quand le substantif n'est pas monosyllabe, ou, étant monosyllabe, ne commence ni par une voyelle, ni par une h muette.

— ÊTYM. Adorabilis, de adorare, adorer.

ADORATEUR, TRICE (a-do-ra-teur, tri-s*), s. m.

etf. Il 1° Celui, celle qui adore. Les Guèbres sont adorateurs du feu. Si le monde n'attachait les hommes que par le bonheur de leurcondition présente , comme il ne fait point d'heureux, il ne ferait point d'adorateurs, mass. Dauphin. D'adorateurs zélés à peine un petit nombre Ose des premiers temps nous retracer une ombre, KAC.Ath.i, 4. || 2" Celui qui a amour et respect pour. N'étant pas en état d'en voir le faible, ils deviennent adorateurs de ce qu'ils ignorent, bourd. Pensées, t. H, p. 200.Etdeleur chaîne antique adorateurs heureux, volt. Brut, i, 2. || 3° Celui qui aime, courtise une femme. Et je triompherai, voyant périr mes fils, De ses adorateurs et de mes ennemis, corn. Rod. iv, 3 je brûle pour Thésée; Je l'aime, non point tel que l'ont vu les enfers, Volage adorateur de mille objets divers, rac. Phèdr. n, 6. Laissons la, je vous prie, les adorateurs, repritelle, et parlons du soleil, fonten. Mondes, 4" soir. || 4" Adj. Je n'ai percé qu'à peine Les flots toujours nouveaux d'un peuple adorateur, rac. Bér.i, S.

— HIST. xvr* s. L'adorateur se tourne vers l'Orient, et puis se retourne devers le Dieu, amyot, Mima, 25.

— ÉTYM. Provenç. adoraire, adorador; espagn. adorador; ital. adoratore ; de adorator, de adorare, adorer. En provençal, adoraire est le nominatif, de adorator, avecl'accent sur râ, adorador le régime, de adoratdrem, avec l'accent sur tô. Dans l'ancien français, le sujet serait aorere, et le régime aoreor ; adorateur a été refait sur le latin.

ADORATION (a-do-ra-sion; en poésie, de cinqsyllahes), s. f. || 1° Action par laquelle on adore. L'adoration proprement dite n'est due qu'à Dieu seul. L'adoration que tous les peuples lui rendent, boss. Honneur, 1. Ils rendaient à J. C. une adoration extérieure, id. Euch. 2. Si avec toutes ces doctrines, toutes ces pratiques et tous ces cultes' de Rome, avec l'adoration et avec l'oblation du corps du Sauveur.... id. Variât. 15. L'adoration qu'ils rendent à l'Eucharistie, pasc. Prov. 4«. Les adorations qu'ils rendent à l'idole, id. Prov. 5. Conservez toutes vos

AW)

adorations pour l'Arche, fléch. Panég. H, p. 426. Peut-être , brillantes parcelles De l'immense création , Devant son trône imitent-elles L'éternelle adoration , lamart. Ilarm. I, 4. || 2" Cérémoniedans laquelle les cardinaux vont rendre honneur au pape mis sur l'autel après son élection. Dans le même sens : Ce pape a été fait par voie d'adoration, tous les cardinaux sont allés le reconnaître pour pape, sans scrutin préalable. || 3° Par extension, amour, attachement extrême. Il a de l'adoration pour cette femme. Je l'admirai longtemps; oui, j'eus pour Scipion Ce sentiment qui tient de l'adoration, M. J. chén. Grae.n, 3. || 4° Au plur. Démonstrations de tendresse et de respect. Comme vous êtes accoutumée à ne recevoir jamais que des hommages et des adorations de tout le monde, mol. Princ. d'Él. n, 5. Gervaise, devant les amis de M. de La Trappe, quand ils étaient gens à être ménagés, était dans les adorations, saint-simon, et , 22. || 5° Nom des tableaux et estampes qui représentent les mages aux pieds de Jésus enfant.

— hist. xvi* s. J'appelle adoration la révérence que lui fait la créature, se submettant à sa grandeur, calv. Instit. 283.

— ÊTYM. Adoratio, de adorare, adorer.

ADORÉ, EE (a-do-ré, rée), part, passé. Les dieux

adorés par les nations. Ce roi adoré de son peuple. Une femme adorée de son mari, et, absolument, une femme adorée. Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes, Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés; Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes Sur ses pieds adorés, lamart. Médit, xm. Si tu dois comme nous achever ta carrière, Sois mon appui, mon guide, et souffre qu'en tous lieux De tes pas adorés je baise la poussière, id. 16. xvii. Monseigneur est adoré; il est libéral, sév. 471. M. de Saint-Héran a été adoré à Fontainebleau, id. 367. Du magister fille adorée, Par son bon cœur elle plaisait, réranger, Jeanne la Rousse.

— REM. Adoré, avec les personnes pour complément, veut ordinairement de : Dieu veut être adoré des créatures; mais, quand il s'agit des idoles, des faux dieux, on peut très-bien mettre : Les faux dieux étaient adorés des Romains ou par les Romains. Quand adoré est dans le sens d'aimé, de est à peu près de rigueur : Ce général est adoré de ses soldats; cet enfant est adoré de son père, etc. De s'emploie plus particulièrement quand il s'agit d'un sentiment, et par quand il s'agit d'un acte extérieur: Alexandre adoré par les Perses ; ce roi adoré de ses sujets.

ADORER (a-do-ré), v. a. || !• Rendre à la divinité le culte qui lui est dû. Dieu veut être adoré de ses créatures. J'adore la bonté de Dieu, je l'admire, j'y mets maconfiance, bourd. Pensées, t. 1, p. 67. Et comme ces rois de l'aurore, Un instinct que mon âme ignore, Me fait adorer un enfant, lamart. Médit, xv. Assis à ce degré suprême, Il faut s'y défendre soi-même, Comme les dieux sur leurs autels; Rappeler en tout leur image, Et faire adorer le nu;ige Qui les sépare des mortels, id. ib. Ah! j'aurais dû peut-être.... Et courbant sous sa foi ma raison qui l'ignore [Dieu] , L'adorer dans la langue où l'univers l'adore, id. Ilarold, 39. Il voulut se faire adorer comme un dieu, boss. Hist. m, 4. De l'ombre de Ninus l'oracle est adoré, volt. Sémir. v, 4. Il 2° Adorer la croix, se dit par relation à J. C. en parlant d'une des cérémonies du culte catholique. On dit de même -.Adorer les reliques. || 3°Adorersedit aussi absolument. De tous les endroits de la terre, les Israélites étaient obligés d'y venir adorer [dans le temple] , mass. Car. Respect des lempïes.L'immobilité d'un corps anéanti et la profonde religion d'une âme qui adore, id. ib. Il 4° Se prosterner devant. D'où vient, lui dit Alexandre, que tu ne m'adores pas? montesq. Lysim. || 5" Fig. Je ne vais pas au Louvre adorer la fortune, boil. Sot. 11. Détestais-tu la tyrannie? Adorais-tu la liberté? De l'oppression impunie Ton œil

était-il révolté? lamart. Harm. iv, 4. Les uns,

sacrifiant leur vie à leur mémoire, Adorent un écho qu'ils appellent la gloire, id. iv, 44. || 6° En termes de spiritualité , se soumettre avec adoration. Que j'adore en silence l'ordre de votre providence , pasc. Prière. Ils adorent les jugements de Dieu,BOSS.7/ist. 11, 4. Ne laissez pas d'adorer la main qui nous l'enlève, fléch. Aig. || 7° En général , dans le même sens. Puisqu'ils font des heureux, adorez leurouvrage, corn. Pomp.i, 4 permettez Que jusques au tombeau j'adore vos bontés, id. Nie. v, 9. Et le peuple, inégal à l'endroit des tyrans, S'il les déteste morts, les adore vivants, id. Cinna, 1, 3. Ils adorent la main qui les tient enchaînés, rac. Brit. iv, *. Je sais rendre aux sul-

ADO

tans de fidèles services; Mais je laisse au vulgaire adorer leurs caprices, id. Raj. 1, t. J'adore avec dépit cet excès de courage , volt. Orphel. iv, 4. || 8" Aimer avec passion. Il adore Emilie, il est adoré d'elle, corn. Cinna, m, 1. Vous que de tout mon cœurj'ai toujours adorée, id. Théod. m, 3. Rome sait vos hauts faits, et déjà vous adore, id. Nie. iv, 4. Cette princesse se fait adorer de toute la cour, sév. 418. Allez, en lui jurant que votre âme l'adore, A de nouveaux mépris l'encourager encore, rac. Andr. 11, 6. Déjà de ma faveur on adore le bruit, id. Brit. v, 3. Ils ne seraient pas inutiles à l'éducation d'une fille qu'elle adore , J. J. rouss. Ilél. 1 , 4. Je te jure, à mon tour, de n'adorer que toi. lamart. Méd. n, 40, Il 9° Proverbial et figuré, adorer le veau d'or, faire la cour à un homme de peu de mérite, à cause de ses richesses.

s'adorer, v. réjl. || 1° S'adorer l'un l'autre. Ces deux amants s'adorent. || 2° Être en adoration de soi. Cet homme n'est occupé que de lui ; il s'adore véritablement.

— REM. C'est par abus qu'on emploie adorer pour aimer beaucoup, quand il s'agit d'objets que l'on ne peut supposer sensibles à notre adoration. Delille dit que Voltaire adorait le café. Un autre adore les huîtres. De telles expressions, dites sérieusement, corrompent la langue.

— syn. adorer, vénérer, honorer. Rendre des hommages, un culte ou une espèce de culte. Honorer est un terme général qui n'implique que l'hommage qui est rendu; vénérer enchérit, il s'y joint une idée de crainte respectueuse qui n'est pas incluse dans honorer; enfin adorer ajoute à l'honneur, à la crainte respectueuse , l'idée d'un amour profond et sans bornes.

— HIST. xi* s. [Dieu] Le glorius, que défisse aûrer, Ch. de Roi. 9. N'i ad paien , [qui] nel prit [prie] et nel aort, ib. 66. Touz ses idoles que il seult adorer, ib. 4 86. || xn* s. Et de cil Deu qu'aorent li Persant, Roncisv. p. 28. Mais par Mahom, cui je doie aourer, ib. p. 78. Ainz [je] l'aim et serf et aor por usage ; Si [je] ne lui os [ ose ] mon penser descouvrir, Couci, 4 9. Dame, dit-il, que très bon jour Vous doint cil que j'aime et aour, audefr. le bast. Romane, p. 9. || xm" s. Qui plus a à soufrir, plus vous doit aourer, Berte, 43. Partoz les sainz que l'en [on] aeure, Et se dame diex me sekeure [secourt].... Ren. 9709. Car de cent amis aparens, Soient compaignons ou parens, S'uns lor en pooit demorer, Dieu en devraient aorer, la Rose, 4904. Lors je plorai et rendis grâces à Dieu, et li dis ainsi : Sire, aouré soies tu de ceste soufraiteque tu me faiz, joinv. 264. || xiv s. Le commencement et premier article parle de adourer et du lever, le Menagier, 1, 4. Et aourez de tout vostre cuer, ib. 1, 2. Il xv* s. Et l'adoroient toutes gens comme leur dieu, pour tant qu'il avoit donné le conseil dont.... froiss. n, n, 460. Il xvi' s. Ils baiseront la terre où vos piez marcheront, Ils iront après vous, ils vous adoreront, Leurs cueurs seront bruslants aus rais de votre flàme, de brach, Olimpe.

— êtym. Picard, aorer; provenç. adorar, atorar; espagn. adorar; ital. adorare; de adorare, de ad, à (voy. a), et orare, parler, de os, bouche (voy. oraison, oral). D'après quelques étymologistes, adorare signifie proprement porter à la bouche , baiser , de là adorer : adorare purpw ram principis, se présenter au prince, parce qu'en l'abordant, on baisait le bas de sa robe. D'autres, prenant en considération le sens de orarequi est parler, ne voient dans adorare que parler à, s'adresser à et, finalement, prier. Cette dernière explication est la plus simple. L'ancien français était aorer, suivant la tendance à supprimer les consonnes et à rapprocher les voyelles. Le picard a gardé cette forme.

ADOS (a-dô), *. m. Terme de jardinage. Terre en pente inclinée vers le midi et favorable aux primeurs. Ils sont tout étonnés de lui voir diriger des ados avec plus d'intelligence.... j. j. rouss. Em. v. Les ados qui sont des talus de terre qu'on ménage dans les potagers ou le long des espaliers, buff. Exp. sur les végêl. 4* mém.

—ÉTYM. Berry, adous, s. m. et adouse, s. f. de

à et dos.

ADOSSÉ, ÊE (a-dô-sé, sée), part, passé. || l6 Adossé à un mur ou contre un mur. Corinthe adossée à une montagne. Le théâtre [à Sparte] était adossé à la citadelle, chateaub. Itin. 102. || 2° En termes de blason, se dit de deux pièces d'armoiries qui sont placées dos à dos. Il porte de gueules à deux lions adossés. || 3° En termes de dessin et d'antiquités, têtes adossées, deux têtes mises sur une même ligne en sens opposé.

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f ADOSSEMENT (a-dô-se-man), s. m.]\f Etat de ce qui est adossé. L'adossement de votre maison a un coteau. || 2° En termes d'anatomie, adossenient de deux membranes, connexion de deux membranes qui s'appliquent l'une à l'autre par des faces opposées.

ADOSSER (a-dô-sé), v. a. || 1° Mettre le dos contre quelque chose. Il adossa ses hommes à une muraille. || 2° Placer une chose contre une autre qui lui sert d'appui. Adosser son camp à un fleuve. L'architecte veut adosser la maison au coteau. |[ 8° S'adosser, v. réfl. 11 s'adossa contre un arbre et se défendit vaillamment. Le général voulait s'adosser a un marais impraticable.

— HIST. xn* s. Par l'apostolie sont de lur mestier sevré; Pur la pour del rei ont Deu tut adossé [ils ont tourné le dos à Dieu], Th. le mort. 69. || nu' s. Jà coars n'enterra [entrera] en paradis celestre ; Si n'est nuns si coars qui bien n'i vousist estre; Mais tant doutent mesaize et à guerpir lor estre, Qu'il en adossent Dieu et metent à senestre , ruteb. t 40. Bien avez vergoigne adossée, Qui honissiez vostre espousée, Ren. 14301. Contremont vers le mur ont puié les degrés; El haut estagevienent, qu'est el mur adossés; X une des fenestres es-les vous [les voilà] acoutés, Ch. d'Ara, vi, 486. Or prions Dieu le glorious, Que il mete tel sensennous, Que nous puissommes adosser Les fols delis -st oublier, Unicorne et serpent. \\ xiv* s. Tel vie menèrent longuement, et adoserent nostre Seigneur et ses commandemens; et nostre Sire les adosa, si comme vous oirez ci après, Chr. Si-Denis, m, (0. Aussi est il des gens de religion qui le monde ont adossé et guerpi, t'6. IV, 6. || xv* s. Quand il vit que on l'avoit ainsi adossé, il ordonna ses besognes et se despartit de Paris tout melancolieux, froiss. m, iv, 2). Si estoit arresté aux champs, et avoit adosse un noyer, et là 6e combattoit, id. H, n, 6(. Non pourtant elle s'apaisa, et adossa la tendeur féminine, et s'adouba de virile vertu , lodisxi, Nouv. 26.

— êtym. Ital. adossare; de à et dos.

ADOUBER (a-dou-bé), v. n. || 1° N'est guère usité

qu'au trictrac et aux échecs, quand on dit j'adoube, indiquant qu'on touche un pion "pour l'arranger, non pour le jouer. || 2° Terme de marine. Réparer, raccommoder.

— HIST. xi* s. Escuz au col et lances adubées, Ch. de Roi. 64. Li empereres touz primerains s'adube, t'6. 2)3. Adubez-vous; sempres aurez bataille, t'6. 226. || xn* s. Cil adoba le roi Marsillion, Roncisv. p. 29. Desor un mont s'est Rolant adobez, t'6. p. 36.

! Chevaliers] Qu'il ot fait adober en son maistre donon, Sax. 6. || xm* s. Il dist qu'à pentecostè chevaliers [il] les fera, Droit au Mans la cité; là les adoubera, Berte, <08. Es vous par la bataille le frère dant Tangré [du seigneur Tancrède] ; On l'apeloit Guillerme, un chevalier membre ; En lui ot moult bel homme de noveladobé; Son sens ne puet tenir, puisque on l'ot armé, Ch. d'Ant. m, 92. ||xiv s. De ce qui lui failli, l'ont très bien adoubé, Guesclin, «744. || xv* s. Les deux bretons qui n'entendoient que à malice, pourveirent cette tour de trente compagnons bien armés et adoubés, froiss. m, iv, 4t. Et si ne sçavoit le duc de Bourgongne adouber [arranger] avec eux le fait du connestable, comm. iv, 6. Le chemin est tel que la nature l'a fait, et n'y a a rien adoubé, id. vin, 6. Et lui fut adoubée sa playe, qu'il avoit au col, id. I, .4.

— ÊTYM. Wallon, adobé, qui a reçu un fort coup; bas-lat. adobare; provenç. adobar; espagn. adobar; ital. addobbare. Du Cange dérive ce mot de adoptare, dans le sens de adouber chevalier; Ménage, de l'italien addoppiare, doubler; Henschel, et après lui Diez, du mot germanique dubban, frapper(voy. dauber), parce qu'en effet, dans le cérémonial, on frappait le chevalier en l'armant. Cette dernière opinion est confirmée par l'ancien anglais dub, un coup , et (o dub , adouber chevalier. On comprend comment ad-douber, c'est-à-dire toucher à, frapper à, i pu donner les sens divers de adouber, adobare, jui a signifié orner, réparer. Le wallon est le seul qui ait conservé le sens primitif, dont on ne trouve aucun exemple dans les anciens textes.

ADOUCI, IE (a-dou-si, sie), part, passé. L'amertume du breuvage adoucie par du sucre. Voix adoucie. Froid adouci. Se servir d'un terme adouci. Poirte adoucie. Voyons d'un esprit adouoi Comment vous vous prendrez à soutenir ceci, mol. Mis. v, 4. Des mœurs aussi délicates pour ainsi dire et aussi adoucies que les nôtres, fonten. Czar Pierre. [Elle] ....veut lier les mains au destin adouci Qui m'offre en d'autres lieux ce qu'on me vole ici , corn. (iid. il, 2. Ce qu'il y a de certain dans la

mort est un peu adouci par ce qui est incertain, la bruy. * < .

t ADOUCI (a-dou-si), s. m. Première façon qu'on donne aux glaces brutes ou au cristal ébauché pour la taille.

ADOUCIR (a-dou-sir) , v. o. || 1" Rendre doux. Adoucir l'amertume, l'âpreté des fruits. Adoucir des fruits par la culture. Il n'est rien de si amer dont cette onction céleste n'adoucisse l'amertume, bourd. Pensées, 1. 1, p. ion. || 2° Par extension , ôter les qualités qui blessent. La pluie adoucit le temps [le rend moins froid]. Adoucir sa voix, parler d'un ton moins élevé, moins aigre. Adoucir la prononciation d'une langue. S'il m'en restait un seul, j'adoucirais

ma plainte, la font. Fab. m, 9 cher amour,

épanche ta douleur ; J'adoucirai ta peine en écoutant ta plainte , Et mon cœur versera le baume dans ton cœur, lamart. Nouv. Médit, x. Ses aumônes, s'étendant, parleur abondance, même sur les ennemis de la foi, adoucissaient leur aigreur et les'ramenaientà l'Église, boss. Reine d'Anglet. Elle [Cérès] montrait à ces hommes grossiers l'art d'adoucir la terre, fén. Tél. xvn. Cécrops, apportant des lois utiles de l'Egypte, qui a été pour la Grèce la source des lettres et des bonnes mœurs, adoucit les naturels farouches des bourgs de l'Attique et les unit par les liens de la société, id. ib. xix. Ne pourrai-je adoucir vos inflexibles mœurs? volt. Alt. iv, 1. 1| 3° Au moral, rendre plus supportable. Ô vous, admirables personnes, qui, par la douceur de vos chants, avez l'art d'adoucir les plus fâcheuses inquiétudes.... mol. Prince d'Él. iv, interm. se. *. Si l'espoir de régner et de vivre en mon cœur Peut de son infortune adoucir la rigueur.... rac. Bérén. m, i. Vous seule adouciriez le destin des vaincus, volt. Orphel. iv, 6. S'il ne tarit, au moins il adoucit mes larmes, ducis, Ose. m, 2. Ce qui porte avec soi quelque difficulté, il le propose comme difficile et ne cherche point à l'adoucir par de faux tempéraments, bourd. Pensées, t. I, p. 88. || 4° Calmer, apaiser. Adoucir la colère. On parvint à adoucir son ressentiment. Rien ne pouvait l'adoucir. Le juge que l'avocat doit adoucir. Je l'irritais encore au lieu de l'adoucir, volt. Orph. i, 3. Comme par sa prudence il a tout adouci.... corn. Rod. v, 4. Ctj qui irrite la douleur en un temps, l'adoucit en un autre, fén. Tél. xxi. Il ne faut quelquefois qu'une jolie maison dont on hérite, qu'un beau cheval ou un joli chien dont on se trouve le maître , pour adoucir une grande douleur, la bruy. *l. || 6° Polir, ôter les aspérités. On adoucit le bois avec la prêle. On adoucit les glaces avec l'émeri. || 6" En peinture et en sculpture , adoucir, rendre moins saillant, moins tranchant; adoucir les contours. || En un sens analogue, cette coiffure adoucit l'air du visage. Adoucissez ce front et ce regard austère, ANCELOT,Ft«ique, i,4. || 7° Mitiger, atténuer, présenter d'une façon plus excusable , plus acceptable. Adoucir une expression, des reproches. Je puis me vanter, répliquai-je, que je vous adoucis bien tout ce système, fonten. Mondes, i" soir. Eux seuls [les gens de bien] vous épargnent, cachent vos vices, adoucissent vos défauts, excusent vos fautes, mass. Injust. du monde. || 8° S'adoucir, v. réfl. Devenir plus doux, au propre et au figuré. Le raisin s'adoucit en mûrissant. Le froid s'étant adouci. Que la voix s'adoucisse. Les mœurs se sont adoucies. Le vainqueur ne s'est pas adouci à l'égard des vaincus. Le peuple par leur mort pourrait s'être adouci, corn. Nie. v, 4. Un vainqueur s'adoucit auprès de sa captive, id. ib. rv, 3. Et déjà son courroux semble s'être adouci, rac. Andr. I, 4. Quand même ma fierté pourrait s'être adoucie.... id. Phèd. 1, t. Ils se persuadent que les devoirs rigoureux que l'Évangile prescrivait d'abord aux premiers âges de l'Eglise, se sont adoucis avec le relâchement des mœurs, mass. Car. Immutab. Votre cœur malgré vous s'émeut et s'adoucit, volt. AU. i, I.

— SYN. 1° adoucir, mitiger, modérer, tempérer. Tous ces verbes sont opposés au trop et en expriment le retranchement. On adoucit par quelque chose de doux ; on mitigé par quelque chose de débonnaire; on modère par quelque chose qui apporte de la mesure ; on tempère par quelque chose qui apporte du mélange. De là vient ce qu'il y a de commun et ce qu'il y a de différent dans ces quatre verbes. On adoucit l'amertume de la douleur ; on mitigé une pénalité sévère; on modère la passion; on tempère la crainte avec l'espérance. || 2° adoucir, radoucir. Rendre doux, au propre et au figuré. Souvent ces deux verbes ont un même sens et s'emploient l'un pour l'autre; mais, quand ils sont distincts, radoucir se dit des choses ou des personnes qui, étant douces, ont été changées, et en général

qu'on ramena à la douceur. La pluie adoucit le temps; mais la pluie a radouci le temps signifie que le temps s'était mis au froid et qu'il redevient doux. On adoucit l'humeur d'une personne rude naturellement; mais un homme en colère se radoucit

— HIST. xiii* s. Dit Renoars : Or vois je [je vais] aprenant;Des ore iré [j'irai] mes cox [coups] plu» adouçant, Bat. d'Aleschans, 6767. Quant Pierres l'a ol, s'el [alors il le] prent à adolchier, Ch. d'Ant. vu, 916. || xv* s. Lorsqu'il est en grant courroux, Voulez-vous Lui adoucir le couraige?Faiteslui tout seulement Promptement Boire quelque breuvaige, bassel. 36. || xvi' s. J'espère, si le temps s'adoulcist ou qu'elle fasse une pierre, que ce sera la guerison,MARguer. Lettr. 40. Les chants addoucissoient les cueurs félons des escoutans.et les induisoient à aimer les choses honnestes, amyot, Lyc. 4. Il voulut entremesler le rire parmy leurs convives et autres assemblées, comme une saulse plaisante pour adoulcir le travail et la dureté de leur règle de vivre, id. Lyc. 64. Ils desguisoient et addoulcissoient des plus gracieux noms qu'ils pouvoieut, les faultes qu'il faisoit, id. Alcib. 28.

— ÉTYM. Picard, adouchir ; bourguig. édouci; provenç. adoliar, adouhar, adolcir, advssir ; espagn. adolcir, et anc. espagn. adulzar ; portug. adueir, adoçar ; ital. addolcire, addolcare et addolciare; de ad, à (voy. a), et dulcis, doux. Les conjugaisons romanes viennent de deux formes bas-latin, addulcire et addulcare. L'ancien français adoucer est tombé en désuétude; il n'est resté que adoucir.

tADOUCISSAGE(a-dou-si-sa-j'),ï.m. || l'Sortede poli qu'on donne aux métaux, au moyen de la poussière de diverses substances. || 2° Poussière servant à adoucir. || 3° Terme de teinturier. Manière de rendre une couleur moins vive en y mêlant des substances qui l'éclaircissent.

ADOUCISSANT, ANTE (a-dou-si-san , san-t'). Il 1° Âdj. Terme de médecine. Qui adoucit, calme l'inflammation, la douleur, l'irritation. || 2° S. m. Les principaux adoucissants sont les liquides émulsifs, le lait, les plantes mucilagineuses.

ADOUCISSEMENT (a-dou-si-se-man),f. m. || l'Action d'adoucir, état de ce qui est adouci, au propre et au figuré. L'adoucissement d'une liqueur acide. L'adoucissement du temps, qui devient moiui froid. L'adoucissement de l'humeur, de la colère. Donner de l'adoucissement à un mal. Les adoucissements de la douleur. L'espérance, seul adoucissement des peines des hommes, n'est plus un bien quimeregarde, fén. Tél. xx. Pourvu qu'ils [lesexercices de piété] s'accordent avec l'extrême attention que vous avez à votre santé et à toute votre personne ; car voilà tous les adoucissements et toutes les facilités que vous voulez trouver, bourd. Pensées,t. i, p. S48. Ils ne trouvent aucun adoucissement à leur esclavage, boss. Hist. n, 8. Je suis libre en prison, et ma garde est ma foi ; C'est l'adoucissement qui se trouve en ma peine, du ryer, Scévole, n,3.11 a un mouvement de tête et je ne sais quel adoucissement dans les yeux, dont il n'oublie pas de s'embellir, la bruy. i 3. || 2° Atténuation, tempérament. Pour préparer des adoucissements à sa doctrine, boss. Somm. de la Doclr.Si vous voulez vous juger vous-mêmes.... vous verrez que tous vos discours et toutes vos démarches ne sont que des adoucissements de la vérité, mass. Avent, Epiph. Vous nous reprocherez peut-être un jour d'avoir accommodé la sainte sévérité de votre Evangileaux indulgences et aux adoucissements de nos siècles, mass. Car. Parole de Dieu. Les complaisances et les adoucissements de l'usage, id. Villeroi. Dès que les gens de bien se permettent certains plaisirs innocents, c'est alors que le monde triomphe des adoucissements de leur piété, m. Panég. S. Jean-Bapt. J'ose même espérer Des adoucissements à leur arrêt funeste , volt. Scyth.v,*. || 3" En termes d'architecture, procédé par lequel on rattache un ornement saillant et anguleux au nu du mur; la moulure même employée à cet effet. || 4° Terme de peinture. Procédé par lequel les couleurs sont finement noyées. || 5° L'adoucissement des métaux par les recuits. || 6° Aplanissement des glaces.

ADOUÉ, ÉE (a-dou-é, ée),part. passé. Terme de chasse. Accouple, apparié. Les perdrix sont adouées.

— HIST. xiv* s. En aoust l'on treuve bien des perdris qui en cest an furent couvées au plus tart et sa adouerent plus tart que les autres, Menayier, m, 2.

— ÉTYM. A et deux.

t ADOUX (a-dou), s. m. Terme de teinturier. Pastel qui commence à jeter une fleur bleue, après avoir été mis dans la cuve.

AD PATRES (a-dpa-très', oupluscornmtiiément

ADR

a-tpa-tnV), loe. lat. Aller ad patres, mourir. Envoyer ad patres, faire mourir.

— ÉTYM. Ad, à (voy. a), et patres, le» pères, les aïeux (voy. père).

ADRAGANT ou ADRAGANTE (a-dra-gan ou adra-gan-t'), adj. Gomme adragant ou gomme adragante, gomme qui sort spontanément, en filets ou en bandelettes tortillées, des tiges et des rameaux de plusieurs arbrisseaux du genre des astragales. On a dit aussi gomme d'adragant.

— HIST. xvi' s. On fait aussi des tablettes de sucre rosat, de tragacanthe,de racines de guymauves, paré, xx Mi, 4 4. Gomme adragant dissoute avec un blanc d'œuf, id. xx bis, 4 7. Mucilage de gomme tragacanthe, o. de serres, 903.

— étym. Voy. tragacanthe, dont adragant est une altération.

AD REM (a-drè-m') , loc. latine. D'une manière catégorique, précise, sans réplique. Ce raisonnement parut si fort, si lumineux, si ad rem.... queveui-tu? j'entraînai l'assemblée, p. L. cour. Lett. i, «4.

—ÉTYM. Ad, à, et res, chose (voy. rien).

t ADRESSANT, ANTE (a-drè-san, san-t'), adj. Oui s'adresse, qui est adressé. Un paquet adressant à un tel. Des lettres adressantes à M.... || Terme vieux.

— HIST. xv« s. Plusieurs lettres adressantes à Monseigneur de Normandie, comm. ii, 9. ||xvi's. L'hermite nous bailla une lettre adressante à ung que il nommoyt Albian Camar, rab. Pant. v,2. 11 engrava sur des pierres des paroles addressantes aux Ioniens, ajcyot, Thém. 46.

ADRESSE (a-drè-s'),«. f. \\l° Indication de la personne à qui il faut s'adresser, de la maison, du lieu où il faut aller, envoyer. L'adresse d'une lettre. Une lettre à l'adresse de son père. J'en connais l'écriture , elle est de Bélisaire, Et le défaut d'adresse en marque le secret, rotrou, Bélis. iv, 8. Elles avaient un billet d'adresse ; mais il n'en fut pas besoin; le cocher.... hamilt. Gramm. 40. Grégoire thaumaturge écrit une lettre au diable ;lalettre parvient à son adresse, volt. Phil. n, 374. Je ne doute pas que ce grand pays [la Grande-Grèce] ,où tout est grec, ne me fournît aisément de quoi vous intéresser et rendre mes lettres dignes de leur adresse, p. l. cour. Lettr.ï, <♦». On n'en trouverait aucun vestige [de Persépolis] , si l'Araxe n'en donnait l'adresse, valtgel. Q. C. 309. || Fig. etfamilier.Cela va à j'adresse , est à l'adresse d'un tel , c'est-à-dire ce trait malin est dirigé contre lui. || Bureau d'adresse, établissement où l'on s'adresse pour obtenir des renseignements. || Figurément, bureau d'adresse se dit d'une maison où l'on débite beaucoup de nouvelles, ou d'une personne qui aime à savoir et à répandre les nouvelles. Allant trouver celle-là, qui est un vrai bureau d'adresses, qui sait toutes les nouvelles, boss. SU. 3. || 2° Ecrit ayant pour objet une demande, une adhésion, une félicitation, etc., présenté par un corps constitué, par une réunion de citoyens. L'adresse de la chambre des pairs en réponse au discours de la couronne. La difficulté est qu'il n'y a point d'adresse aux évêques, boss. Lettr. Quiét. 446. Richard Cromwell n'emporta [de Whitehall] que deux grandes malles remplies des adresses qu'on lui avait présentées pendant son petit règne, chateaub. Stuarts, 28». || 3° Habileté à s'y prendre soit dans les exercices du corps, soit dans les choses de l'intelligence. Son adresse à manier un fusil, un cheval. Un tour d'adresse. Persuadé qu'il fallait user d'adresse. Certes, ma sœur, le conte est fait avec adresse, corn. Pomp. i, 3. L'avis de Léonice est sans doute une adresse , id. Rod. in, a.... mais j'aurais tort d'instruire ton adresse , m. Sert, u , 4 . Toi , va par quelque adresse amuser sa visite, id. Théod. m, e. Et j'ai trouvé l'adresse, en lui faisant la cour, De relever mon sort sur les ailes d'amour, id. Méd. I, 4. Enfin, j'ai vu le monde et j'en sais les finesses ; Il faudra que mon homme ait de grandes adresses, Si message ou poulet de sa part peut entrer, mol. Ée. des F. iv, s. Il s'est soustrait d'adresse , et pour un bel ouvrage, «otrou, Antig. i, 2. Et puisse ton supplice à jamais effrayer Tous ceux qui , comme toi , par de lâches adresses. Des princes malheureux nourrissent les faiblesses, rac. Phèd. rv, 6. Le ciel punit ma faute et confond votre adresse, id. Baj. il, 6. Vous savez sa coutume ,et sous quelles tendresses Sa haine sait cacher ses trompeuses adresses, id. Milhr. 1,5. île éternellement mémorable par les conférences de deux grands ministres, où l'on vit développer toutes les adresses et tous les secrets d'une politique si différente.... boss. Marie-Thérèse. Il avait eu l'a- . dresse de sortir de prison, fen. Tél. u. Les hommes •ont fort pénétrants sur les petites adresses qu'on

ADR

emploie pour se louer, vaoven. Contre la vanité. Si les revenus dont on jouit ne sont pas assez amples, à quelles injustices a-t-on recours? quelles voies prend-on, tantôt de violence ouverte , tantôt d'adresse et d'industrie pour enlever aux autres le pain qu'ils ont reçu de Dieu? bourd. Pensées, t. n, p. B8. On ne peut plus toucher à ces matières sane avoir M. Newton devant les yeux, sans le répéter ou sans le suivre, et, si on veut le déguiser, quelle adresse pourra empêcher qu'il ne soit reconnu? fonten. Newton. Voilà jouer d'adresse et médire avec art, boil. Sat. îx. || 4" Adresses de style, certaines tournures fines et délicates dans la manière d'écrire. || En peinture, adresse de pinceau se dit d'une manière de peindre précise et spirituelle. Auplur. Adresses de pinceau, certaines touches qui expriment la forme avec précision et facilité.

— HIST. xv« s. Et crois bien que en eux vous trouverez toute adresse de bon conseil, fhoiss. i, i, 4 2. Se partit de nuit, monté sur fleur de coursier, et esloigna les Escots; car il savoit les adresses et les refuites du pays, pour ce qu'il en estoit, id. i, i, 4 64. Et se faisoit fort d'eux mener sans péril, car il savoit toutes les adresses et torses voies, n>. I, l, 408. Et quand le jour fut venu, en quoi ils esperoient avoir aucun confort et aucune adresse pour eux et leurs chevaux aiser, pour manger et pour loger, id. i, i, 38. Etdegranthaste,pourplustot estre et venir à l'escarmouche, le dit Philippe prit une adresse parmi les champs et brocha coursier des espérons, id. i, i, 298. Mais leur convenoit retourner à Rhodes, et de là prendre l'adresse du vent, Bouciq. n,4 8. ||xvr»s. Mais si peult on y arriver, qui en sçait l'addresse, par des routes ombrageuses.... mont, i, 4 76. Nos conseils fourvoyent, parce qu'ils n'ont pas d'adresse et de but, id. ii, 9. Estant donques Hannibal descendu en ce fond de sac, Fabius, qui cognoissoit le païs et sçavoit les adresses des chemins.... amtot, Fab. 45. Quand ce vint à combattre à coups d'espée, où il n'est pas moins besoing d'adresse et d'art que de force, id. Tint. 38. Il sembloit avoirunenaturelleaddresse àlalucte,iD. Phil. 4. Lesquels [philosophes] ont si bien discouru de tout ce qui apartient à toutes les parties de la vie civile, que, les préceptes divins eiceptez, on ne pourroit trouver de meiÛeure adresse, lanoue, 4to. Le présent lieu est une adresse générale pour guider ceux qui désirent estre aidez, calv. Inst. Epit. Sachant bien les adresses de la maison, des per. Contes, 56. Ceux qui connoissoient les adresses des chemins furent ceux qui eschapperent , marg. Préf. Estant convié à embrasser leur bon droit par l'adresse [requête] que lui avoit faicte M. Bouchart, carl. ni, 47. Tu t'en vas droicten Avignon; Vers Paris je prends mon adresse, mar. ii, 4 89. De tes sentes et adresses Veuilles moi estre enseigneur, id. iv, 266.

— étym. Voy. adresser. Le sens propre de adresse est de mettre à droit, de là les sens divers : indication pour aller trouver quelqu'un; dans l'ancien français, chemin qui mène où l'on veut aller; puis manière d'aller à droit, c'est-à-dire dextérité. Bourguig. aidroisse; picard, adrèche; wallon, adièse. Dans le Berry, adresse signifie direction, et les adresses, comme au xvi* s. les êtres d'une maison.

ADRESSÉ, ËE (a-drè-sê, sée), part, passé. Une lettre adressée au ministre. Cet homme adressé à un grand personnage. Coup bien adressé.... une victime à moi seule adressée, rac. Andr. rv, s. Je fixe ses regards à moi seul adressés, volt. Zaïre, I, 4. Ce beau nom que l'amour grava dans votre coeur N'est point dans cette lettre à Tancrède adressée, id. Taner. n, t.

ADRESSER (a-drè-sé),t>. a. || 1° Envoyer avec une indication. Il leur adressa son ami avec beaucoup de recommandations. Je vous ai adressé à l'homme qui pouvait le mieux vous renseigner. Je ne savais où vous adresser ma lettre. Montrons l'ordre cruel qui vous fut adressé, rac. Baj. i, 2. La voici ! mon bonheur me l'adresse, iD.Bn't.m, 2. || Mal adresser, donner une fausse adresse, une fausse indication. Paix, voici votre père; le vilain usurier est avec lui. — Vient-il demander ce que je lui dois? — Il serait maladressé, regnard. Sérénade, iv. ||2° Par extension, adresser la parole à quelqu'un, lui parler directement. Adresser une question, des vœux. Je ne vous adresse pas ce reproche. Il ne m'a pas trouvée assez bien faite pour m'adresser ses vœux, mol. Princ. d'Élide, v, 2. Mon esprit, il est vrai, trouve une étrange voie Pour adresser mes vœux au comble de leur joie, id. l'Étour. rv, 2. Entre ceui qui t'adressent leurs veilles, Bon,. Dise, au Roi. Sur un plus digne objet adresse ta pensée, rotrou, St-Gen. m, 6. Quoi I c'est lui dont les vœux

ADR

vous furent adressés I volt. Orphel. i, 4. |[ 8* Fig. Adresser, envoyer à l'adresse de quelqu'un, dire quelque chose qui est à son adresse. Sans doute il m'adressait le discours [il m'avait en vue], mass. Magd. || 4° Diriger, tourner, Mais votre frère Attale

adresse ici ses pas, corn. Nie. 1, 4 mais vous

n'ignorez pas Quel important sujet adresse ici mes pas, rotrou, St-Gen. n, 8. Où suis-je? c'est ici qu'on adresse mes pas, volt. Orphel. iv, 3. Il |le ciel] adressait mes coups, il soutenait mes armes, rotrou, Bel. i, 4. Ainsi l'homm" qui fuit l'abord des médisants Et chemine en la voie où le Seigneur l'adresse, A pour sa récompense une heureuse vieillesse, racan, 4" Psaume. Il a établi la raison dans la suprême partie de notre âme, pour adresser nos pas à la bonne voie, boss. Serm. Quinq. 2.

s'adresser, v. réfl. \\ 1° Aller trouver, avoir recours. S'adresser par écrit & quelqu'un. Je m'adresse à vous pour savoir ce que je dois faire. Au factotum tu n'as qu'à t'adresser, la pont. Matet. Les Juifs à d'autres dieux osèrent s'adresser, rac.

Esth. m, 4 Dieu, maître des rois, à qui mon

cœur s'adresse, volt. Orphel. v, 6. || 2° Familièrement. Vous vous adressez mal; X qui croyezvous vous adresser ? se dit quand on avertit quelqu'un qu'il se méprend. || 3* Se diriger, aller. Nous sommes aperçus, quelqu'un vers nous s'adresse, rotrou, Antig. m, 7. Mais son chemin, je crois, s'adresse par ici, du ryer,Sc^b. n, 2. Tout le monde courant çà et là pour se? affaires, on ne sait où s'adresse le chemin de chacun, perrot d'abl. Tac. 260. Où s'adressent tes pas? mol. Amph. i. Quelle est donc cette pompe où s'adressent tes pas? volt. AU. n. || 4° S'adresser à quelqu'un, adresser la parole à quelqu'un. Il s'adressa ensuite aux assistants. C'est aux malades que je m'adresse. C'est à vous que ce discours s'adresse. Cet orateur s'adressait à la pitié. Quand je dis vous, je m'adresse presque à tous les hommes, mass. Élus. Et, s'adressant aux siens d'une voix oppressée, volt. Orphel. v, 4. || 6° Cette lettre s'adresse à lui ; la suscription fait voir qu'elle lui doit être rendue. || Figurément, cela s'adresse à vous, se dit d'une chose qui concerne indirectement quelqu'un dans un discours, une critique, etc. Cela s'adresse à vous , esprits du dernier ordre , laf. Fabl.v, 4 6. || 6» Être dirigé. Toute métaphore s'adresse à nos sens. Mais pourquoi, trompeuse déesse, S'il est vrai que tu n'as point d'yeux, Est-ce plutôt à de haut! lieux Qu'à des toits de bergers que ta rigueur s'adresse? rotrou, Antig. m, 4. Mon frère, au nom des dieux protecteurs de la Grèce , Car vers eux maintenant votre zèle s'adresse, id. ib. n, 2. C'est à toi que dans cette guerre Les flèches des méchants prétendent s'adresser, rac. Ath. iv, 6. Je vois qu'en m'écoutant vos yeux au ciel s'adressent, id. Esth. n, 7. Le seul [cœur] où mes regards prétendaient s'adresser, id. Andr. m, 4.

adresser, v. n. Toucher droit où l'on vise. Bien adresser n'est pas petite affaire, la font. Fab. i, 47. C'est assez.... qu'une aveugle pensée.... vous ait fait adresser Au plus haut objet de la terre,

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