MAI.H. V
— REM. Pascal a employé adresser dans le sens de dresser : On les avertirait de l'embûche qu'on leur adresse, Prov. 44. C'est un archaïsme (voy. l'historique).
— HIST. xii* s. Face le sis prelaz en sa chartre lancier; Qu'il ne puisse jamais hors d'iluec repeirier; Iluec pourra, s'il volt, ses mesfeiz adrecier [redresser], Th. le Mart. 34.
— xin* s. Nous otroions le pardon à tous ceux qui confès morront, por cest forfait adrecier, villeh. 98. Dont fist li rois Richars atourner ses nés [nefs], et monta sour mer, et s'adrecha an plus droit et au mius qu'il pot vers Alemaigne, et prist port, Chron. de Reims, p. 46. Belle Doette s'est en estant dressie ; Voit l'escuier , vers lui s'est adrecie, Romancero, p. 47. Vers une rivière m'adresce, Quej'oi près d'ilecques bruire, laRose, 404. En tex péris les met jonesce, Qui les cuers à délit adresce, tb. 4486. Et tel sentier si furent fait pour soi adrecier de grant quemin [chemin] à autre, beaum. xxv, 2. Fai premier ce qu'il afiert à Dieu, et il te adrescera toutes ces autres besoignes, joinv. 4 94. Li rois de France, qui sot [sut] que il estoient là, s'adreça tout droit là pour combattre à eulx, id. 404. Et se il ne vouloient adrecier la trêve que il li avoient rompue.... id. 264. Et se il i a aucune chose à amender, si l'amende et adresce [redresse] , et les [tes sujets] tien en faveur et en amour, id. 30)
ADH
— xiv* s. C'est la conclusion de cest chapitre que Dieu nous adresce a bien faire en délectations et en tristesces, oresme, Eth. 39.
— XV s. Et tant y sont avenues d'aventures, et tant de batailles adressées, froiss. 1,1, ). Si s'en vint sa voie, et s'adressa sur Monseigneur Geffroy, et là, en parlant à lui, il changea un peu de contenance, id, I, i, 329. Là endroit [avant la bataille] so confessa et adressa chacun à son loyal pouvoir, id. i , i , 41 . Et celui qui parlera pour le roi de France adrecera ces paroles au roi et duc et dira ainsi.... id. i, i, 63. De première venue il y eut dure enrontre, et s'adresse le roi dessus messire Eustache de Ribeumont, lequel estoit moult fort chevalier, jd. i, i, 328. En leur priant humblement excuser et supployer à mon ignorance et adresser ce que y seroit mal mis, J. de troyes, Chron. I4G0. Garni et adressé de tout ce qu'on saurait louer en noble homme, louis xi, ffouv. 28.
xvia s. Le premier à qui il s'adressa estoit vestu
d'une robe.... rab. Pant. v, <8. Dieu permet bien que les trompeurs adressent quelquefois à dire vérité, calv. Inst. <30. Pour estre esclairez et adressez en la vraye religion, il nous faut commencer l>ar la doctrine céleste, id. Inst. 29. Ce n'est pas à l'homme d'adresser ses pas. Les pas de l'homme sont adressez de Dieu, id. ib. t38. Et puis leur gibier ne s'adresse pas [ne vient pas] par deçà, des periers, Cymb. * 68. A toy s'est adressée Ma clameur jours et nuits, mar. iv, 332. A un qui est soigneux, qui s'adresse et exerce, le bien lui vient toujours plus tostqu'à un autre, la boêt. 200. Tu t'adresses aux armes, id. 20). Les Dieux sont amoureux de ceui dont ils purifient les meurs, et les addressent à la vertu, amyot, Ifum. 7. Ainsi que dit Epicharmus, en un petit traitté qu'il a escrit et addressé à Antenor, id. ib. *6. On doibt former les meurs des enfants, et les duire et addresser dès et depuis leur naissance à une mesme fin, id. Lyc. et Num. 9. Minutius, adressant sa parole à Brutus et à tous les assistants, leur dit.... id. Publ. 4. Il mit en pièces les premiers des ennemis, ausquelz il s'adressa et arresta tout court les autres, id. Cor. 40.11 receut sur son propre corps plusieurs coups qui estoient addressez à jîïmylius, id. Marc. **. Adressant leurs corps et les endurcissant à la peine, id. Eum. 7. On ne s'adresse [on ne s'en prend] pourtant qu'à lui, mont, i, 99. On reçoit ces advis comme adressez au peuple, u>. i, ne. S'adresser aux loix pour avoir raison d'une offense, id. i, H9. N'adresse elle [redresse-t-elle] pas quelques fois nos conseils et les corrige [la fortune]? id. i , 254. Il faut adresser et arrester nos désirs aux choses les plus aysées, id. m, 277. Puis addressant son propos à son oncle, ID. IV, 324.
— ÉTYM. Picard, adrécher; wallon, adiersî; rouchi, adercer; provenç. adressar, adreysar; espagn. aderexar; ital. addirisxare ; de det dresser .-signification première , mettre à droit , ce que nous disons aujourd'hui redresser, puis diriger, conduire, porter vers.
ADROIT, OITE (a-droi, droi-t'), adj. || 1° Quiade l'adresse, soit de corps, soit d'esprit. Adroit tireur. Adroit à tous les exercices. Homme adroit et entreprenant. Les gens adroits à tromper.Qu'est devenue cette redoutable cavalerie...? Ni les chevaux ne sont vites, ni les hommes ne sont adroits que pour fuir devant le vainqueur, boss. Anne de G. L'homme seul se trouverait-il être sans action? La nature l'aura-t-elle destiné à une oisiveté éternelle ? L'aura-telle formé si beau, si adroit, si désireux de savoir, pour le laisser toujours inutile ? id. Pensées chrét. 33. Que la nature est adroite et qu'elle sait bien ménager ses intérêts ! Nous pensons nous défaire d'une passion ; que fait la nature? en la place de cette passion, elle en substitue une autre toute contraire, bourd. Pensées, t. i, p. 428. Ce n'est ni à l'intempérie à\. l'air, ni à la faute des peuples, ni à la stérilité des terres qu'il en faut attribuer la cause, puisque l'air y est excellent [en France] , les habitants laborieux, adroits, pleins d'industrie ; mais aux guerres et au défaut d'économie , vaub. Dime, p. 27. 112° En parlant des choses, oùilyadel'adresse. La louange agréable est l'âme des beaux vers ; Mais je tiens, comme toi, qu'il faut qu'elle soit vraie, Et que son tour adroit n'ait rien qui nous effraie, boil. Ép. ix. Adroit mensonge, rac. Mithr. m, 4. Son adroite vertu ménage son crédit, id. Brit. iv,4.
— rem. Du temps de Corneille on prononçait aussi adret, adrète, ce qui est la prononciation normande : Ma sœur vous êtes plus adroite ; Souffrez que je ménage un moment de retraite, corn. Agés, n, 4. D'abord j'appréhendais que cette ardeursecrète Ne
ADU
fût du noir esprit une surprise adroite, mol. Tari. m, 3. La prononciation adret est fort ancienne, dit Chifflet. Gramm. p. 20t.
— SYN. adroit, habile. Ils donnent l'un et l'autre l'idée d'une action facile et heureuse. Habile exprime davantage l'aptitude générale; adroit, l'application particulière de cette aptitude générale. Un homme adroit n'est pas nécessairement habile ; un homme habile est nécessairement adroit, et s'il ne l'est pas en une circonstance donnée, c'est qu'il s'oublie. L'adresse ne suppose pas l'habileté; c'est quelque chose d'inférieur. L'habileté au contraire ne va pas sans adresse. L'étymologie même indique la nuance; l'habile, habilis, de habere, a une disposition générale qui est bonne pour tout; l'adroit, de à et droit, met les choses comme droit est, c'est-à-dire se prend bien à ce qu'il fait , à un objet quelconque.
— HIST. xii* s. Et moult adroit [il] est arrer retourné, Roncisv. p. ••90. || xm* s. En la forest fu Berte, qui est gente et adroite; D'aler aval le bois moult durement s'esploite, Berte, 29. || xiv* s. Semblablement celui qui juge adroit des operacions humaines, qui est sain selon l'aine, oresme, Eth. t9. Et quiconque conselie bien , il fait adroit, id. ib. <82. || xvi* s. Carneades souloit dire que les enfants des roys et des riches n'apprenoient rien adroit, qu'à picquer et manier les chevaulx, amyot , Comment discerner le flat. de l'ami, 30. Des combattants bien aguerriz et adroicts aux armes, m. Tim. et P. Mm. comp. Leurs vaisseaux adroits et légers pour bien servir en un bon affaire, id. Pomp. 36.
—ÉTYM. Wallon, adreût, convenable; Berry et norm. adret; picard, adrot, d'une façon adroite; de à, droit (voy. droit, adj.). Dans plusieurs des exemples anciens, adroit pourrait s'écrire aussi bien en deux mots, à droit, et est une espèce d'adverbe: juger adroit ou à droit ; n'apprendre rien adroit ou adroit; c'est aussi de cette façon que le picard emploie son odrot.Quelques étymologistes, trompés par une des significations de droit, font venir droit et adroit de dexter; c'est une erreur; il vient de addirectus, proprement, dirigé vers, adressé.
ADROITEMENT (a-droi-te-man), adv. D'une manière adroite.... cette prompte ruse Divise adroitement trois frères qu'elle abuse , corn. Hor. iv, a. Elle prévient ma plainte et cherche adroitement X la faire passer pour un ressentiment, id. Nie. m, *. Sachez adroitement ce qu'on dit a la cour, th. corn. Art. iv, ». Je savais bien que vous aviez une manière particulière de raisonner et d'envelopper adroitement ceux à qui vous aviez affaire, fonten. Mont, et Socrate
— ÉTYM. Adroite au féminin, et ment.
ADULATEUR, TRICE (a-du-la-teur,tri-s'). || 1° S.
m. et f. Celui, celle qui donne des louanges excessives. L'adulateur qui ne cherche qu'à plaire. Cette femme est une grande adulatrice. Ne soyez à la cour, si vous voulez y plaire, Ni fade adulateur ni parleur trop sincère, la font. Fab. vu, 7. Comme si c'était être indiscret que de n'être pas adulateur et prévaricateur de son ministère, mass. Confér. Scandales. La grandeur, je le sais, ne manque guère d'adulateurs, mais les grands manquent souvent d'amis, id. Villeroy. De leur malheureux roi lâches adulateurs, volt. Marianne, i, 2. De vingt maîtres divers adulateur banal, millev. Indépend, du poète. Soit qu'il fasse au sénat courir les sénateurs, D'un tyran soupçonneux pâles adulateurs, boil. Art. p. u. || 2° Adj. Langage adulateur. D'un peuple adulateur l'ardente idolâtrie..., Tout pénétra mes sens de langueur et d'ivresse, c. delav. Par. i, t. Si pour caresser sa faiblesse, Sous tes pinceaux adulateurs, Tu parais du nom de sagesse Les leçons de ses corrupteurs.... lamart. Médit, xix.
— HIST. xive s. Celui qui est adulateur ou dateur est ami ou aimé superexcedanment, oresme, Eth. 242. Adulateurs, menteeurs et flatteurs, id. ib.409. Et est manifeste que celui qui est ami est autre que n'est le flatteur ou adulateur, id. ib. 300. || xvs. Comme sont les aduleurs ou dateurs, portons venim angoisseux, chr. de pisan, Charl. V, I, to.
— ÉTYM. Adulator, de adulari, aduler.
— SYN. adulateur, flatteur. Qui loue excessivement. On a essayé de trouver une différence, en disant que l'adulateur flatte plus que le flatteur. Là n'est pas la différence. D'abord il y a la distinction qui résulte de leur usage : flatteur est du langage ordinaire, adulateur appartient au langage relevé; puis le flatteur peut être vrai; l'adulateur ne l'est pas. Dans la Princesse Aurélie, de c. delà vigne, m, 6, après une tirade où Alphonse peint toute l'ardeur de son amour en rappelant à Aurélie le bonheur que son peuple avait à la revoir, celle-ci lui ré-
a nu
pond : « Flatteur I » Adulateur serait un con're-sens. ADULATION (a-du-la-sion; en poésie, de cinq syllabes), s. f. Flatterie. L'impudence de l'adulât»»' alla si loin.... De vaines adulations. Si vous prétendez vous en rendre digne par îles bassesses, des soins, des assiduités, des adulations, des sollicitations humaines, vous êtes un profane qui achetez le don de Dieu, mass. Cunf. Amh. dis clercs. Il n'estimait la voix de l'adulation Qu'en ce qu'elle a d'utile à son ambition, lemerc. Clovis,i, i.
— SYN. adulation, flatterie. Adulation diffère de flatterie parce que le premier appartient au langage relevé, et que le second est de l'usage commun ; puis parce que adulation emporte idée de servilité et de fausseté qui n'est pas dans flatterie. Boileau disant que lui, le satirique, a parlé de Louis XIV comme l'histoire, c'est une flatterie, mais ce n'est pas une adulation.
— HIST. xiii' s. Par barat estuet barater, Servir, chuer, blandir, dater Par hours, par adulacions, la Rose, 7427. || xiv s. Et pour ce plusieurs aiment que l'on leur face adulacion, oresme, Eth. 242. || xv s. Sera recité par moy véritablement et sanz aucune adulation le principe et mouvement de ceste présent petite compillation, chr. de pisan, Charles V, i, Prologue.
— ÉTYM. Adulatio, de adulari, aduler; provenç. adulatio, asulatio; espagn. adulacion; ital. adulaiione. Ce mot, qui était encore peu usité aux xin* et xiv siècles, était tombé en désuétude au xvi* siècle. Il fut repris à la fin du xvn* siècle.
ADULÉ, ÉE(a-du-lé, lée), part, passé. Louis XIV adulé par une cour idolâtre.
ADULER (a-du-lé), v. a. Flatter. Vite un prix au sot qui l'adule, béranger, Denys.
— SYN. aduler, flatter. Une différence d'aduler avec flatter, c'est qu'aduler est du langage relevé et n'a d'emploi que là, tandis que flatter a un emploi général. Une autre, c'est qu'aduler implique une servilité et une fausseté qui ne sont pas nécessairement dans flatter.
— HIST. XV s. La haulte généalogie des nobles roys de France nous peut aydier en ceste partie comme préambule de gloire non adulant, chr. de pisan, Charles V, i, 6.
— ÉTYM. Adulari, sur l'origine et la racine duquel les étymologistes ne s'accordent pas.
ADULTE (a-dul-f), adj. || 1* Qui est parvenu à la période de la vie comprise entre l'adolescence et la vieillesse. Âge adulte. j| 2° S. m. Un adulte.Cette maladie attaque rarement les adultes.
— ÉTYM. Provenç. adulto; catal. adult; espagn. et ital. adulto; de adultus, part, passif de adolere, croître, dont adolescens est le part, présent (voy. adolescent).
ADULTÉRATION (a-dul-té-ra-sion),î. f. || 1° Terme de jurisprudence. Action de gâter, de fausser. L'adultération des monnaies. || Mot peu usité en ce sens. || 2° En pharmacie, action d'adultérer les médicaments ou le résultat de cette action.
— ÉTYM. Adulteratio, de adulterare, adultérer.
ADULTÈRE (a-dul-tê-r'). || 1° S. m. et f. Celui ou celle qui viole la foi conjugale. Les fornicateurs et les adultères. Faut-il que sur le front d'un profane adultère Brille de la vertu le sacré caractère ? rac. Phèdre, iv, 2. || 2° Adj. Qui viole la foi conjugale. Époux adultère. Tableaux ou estampes qui représentent la femme adultère de l'Évangile. Flamme adul» tère, rac. Phèdre, m, 3. || 3° Par extension, ce qui offre un mélange vicieux, coupable. Pour rendre à d'autres dieux un honneur adultère , rac. Esth. i , t. ||4°Fig. Votre lumière ne luit pas sur les âmes adultères et corrompues, mass. Prod.
— REM. On donnait autrefois un complément à adultère. Par le moyen de Mucilia, dont il [Séjan] était l'adultère, perr. d'abl. Tac. 200. On dirait aujourd'hui l'amant ou la mal tresse.
— HiST. xin* s. Et un autre homme elle a choisi, En guise d'avoutre ou d'ami, jubin. Contes, t. u, p. 37.
— ÉTYM. Adultère est une formation récente faite sur le modèle d'adulterium, et comme s'il y avait un mot latin adultérins. La forme ancienne est avoutre ou aourre; provenç. adullre, avoutre, avoutro. En effet, le latin adulter ayant l'accent sur du, le mot français dut l'avoir sur la même syllabe : ce qui est dans avoutre, dans le provençal, dans l'italien et l'espagnol adultero. On trouve dans un texte duxr* siècle : Ben li leist [est permis]ocire la avultere [la femme adultère], L. de Guill. 37. Il faudrait donc admettre un bas-latin adulterius ayant l'accent par conséquentsur (e.Mais le texte des Lois
, jt Guillaume a été écrit en Angleterre, et il est
ADU
défectueux ; on peut croire qu'il faut y lire la avul-
tre. , . ,
ADULTÈRE (a-dul-tê-r') , s. m. Violement de la foi conjugale. Commettre un adultère. Né d'un adultère. Fruit d'un adultère. Ici dispensez-moi du récit desblasphèmes Qu'ils ont vomis tous deux contre Jupiter mêmes; L'adultère et l'inceste en étaient les plus doux. corn. Poly. in, 2. Et par où votre amour se peut-il couronner, Si pour moi votre hymen n'est qu'un lâche adultère? m. Théod. m, 30. || Adultère simple, terme d'ancienne législation, celui qui est «.ommis par une personne mariée avec une personne non mariée. || Adultère double, celui que commettent ensemble un homme mariéret une femme mariée.
— HIST. xi* s. Si le père truvet sa fiie en avulterie en sa maisoun.... L. de Guill. 37. || xu* s. Tu ne feras mie avoltierge; mais je vous di : s'alcuns voit une femme pour li aconvoitier, cil at jà fait avoltierge en son cuer, Job, 449. || ira' s. Tant comme il furent ensanle, il furent en avoltire, beaum. xvni, 7. Si que Vulcanus li félons, Ardans de jalousie et d'ire , Jà ne provast lor avoltire.... la Rose, (8280. Jà n'oïstes vous onque dire Que j'aie fait nul avoutire,Se li fol qui le vous contèrent Par mauvestié nel controverent, ib. (6708. || xiv's. Et en operacions, adultère, larrecin, homicide, ces choses jà et toutes telles sont malvaises selon elles meismes, opesme, Eth. 46. Et que elle serait morte en si vil adultère, bercheure, f. 26, verso. || xv's. 11 est escript en nostre loy, Que, famé prise enadvoultire, Son corps est livré à martire, la Nativité, ttyslère.
— ÊTYM. Provenç. adulteri; espagn. et ital. adulterio; de adulterium, de ad, à, et ulter pour aller, autre (voy. autre). L'ancien français, avoltierge, avoutire, le français moderne, adultère, sont régulièrement formés du latin avec l'accent sur la syllabe qui correspond à te accentué en latin. La forme avulterie n'y déroge qu'en apparence; c'est une différence d'orthographe pour avultiere, comme apostolie pour apostoile.
ADULTÉRÉ, ÉE (a-dul-té-ré, rée), part, passé. Médicaments adultérés.
ADULTÉRER (a-dul-té-ré. La syllabe te prend un accent aigu, quand la syllabe qui suit est sonnante; et un accent grave, quand la syllabe qui suit est muette, excepté au futur et au conditionnel où l'accent aigu reste), v. a.]\ 1° Terme de pharmacie. Falsifier, mettre en place de substances actives et chères des substances inertes et moins chères. || 2' En jurisprudence, adultérer les monnaies , adultérer les marchandises. || 3° Fig. Fausser, vicier. 11 adultère tous les ouvrages de Dieu , boss. Démons , 2. || Régnier a dit adultériser : Voilà comme à présent chacun l'adultérise, Sat. v.
— HIST. xv* s. Et ne peut adultérer l'espouse incorrompue de Jesus-Christ, monstrel. t. n, f" (60. || xvi* s. Les nouvelles qui viennent de si lointain pays, ou se buffettent comme les vins , ou sont falsifiées comme les pierreries, ou sont adultérées comme tout, desper. Contes, i. Son amant la connaissant de bonne lignée et sage, au reste de la faute que lui mesme avoit commise , ne voulut point adultérer ni estre cause ailleurs d'un mauvais mariage [il l'épousa], marg. Nouv. 44.
— ÊTYM. Provenç. adulterar, avoutrar ; espagn. adulterar; ital. adulterare; de adulterare (voy. adultère).
ADULTÉRIN, INE (a-dul-té-rin, ri-n'). || l'Âdj. Qui est né d'adultère. Il n'est pas question , dans ces pays, d'enfants adultérins, montesq. Espr. xxm, 5. || Cet adjectif suit toujours son substantif. || 2° S. m. Les adultérins ne peuvent jamais être reconnus.
— HIST. xvi* s. Vostre frère utérin (les politiques disent adultérin) Satyr. Men. p. 93.
— Êtym. Àdulterinus, de adulter (voy. adultère).
fADURENT, ENTE(a-du-ran, ran-t') , adj. Terme de médecine. Brûlant. Fièvre adurente et soif plus que cynique, J. b. rouss. Épigr. i, 5.
— ÊTYM. Adurens, part. prés. de adurere, de ad, à (voy. À), et urere, brûler (voy. ustion).
ADUSTE (a-du-sf), adj. Terme de médecine. Qui est brûlé. On donnait autrefois cette épithète au sang et aux humeurs; la sécheresse du corps, la chaleur, la soif, la couleur noire du sang tiré des veines, le peu de sérosité qui s'en séparait, étaient les indices de cet état prétendu du sang. Nous avons d'abord entendu Ce fameux ennemi d'Auguste, Qui depuis peu nous a rendu, Par un placard, le sang aduste, chaul. A la duch. du Maine. Un sang a^ri et r,ifT«te qu. 'os rend fous [les