‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 55 sur 403 · ADV · texte numérisé non relu

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versier [du diable], Berte, ((. Nostre mort ft presque acordée, dont il avint ainsi que un amirant qui estoit nostre adversaire, cuida que en [on] nous deust touz occire, joinv. 248. [| xiv* s. Se un grant segneur estoit prins et se il se humilioit devant son adversaire par paour de mort.... oresme, Eth. 4i>. Paix entre nous et nos adversaires, leUenagier, i, 3. ||xv* s. Guerroyer contre les ennemis de N. S. J. C. et les adversaires de la foi chrestienne, froiss. i , i , 47. Nous en aurons le cueur plus chaud , Et vaincrons mieux nostre adversaire, bassel, 47. || xvi* s. Ce n'est que la violence des tyrans et 1 1 laschetédes peuplesqui lui soit adversaire [opposée] mont, i, 2(2, Soubtenir hardiement l'effort des ari> versaires, ID. m, (69. Pour aller veoir un peu nos adversaires, J. marot, v, (3(.

— ÊTYM. Provenç. adversari, aversari; espagn. advtrsario; ital. avversario; de adversarius , de advrrsus(voy. adverse). L'ancien français disait aversier et aversaire, tous deux réguliers, ayant l'accent sur la syllabe qui répond à la syllabe accentuée du latin, adversarius. Aversier signifiait souvent le diable, c'est-à-dire le grand ennemi.

ADVERSATIF, IVE (a-dvêr-sa-tif, ti-v*), adj Terme de grammaire. Qui marque quelque différence entre ce qui précède et ce qui suit. Les conjonctions adversatives sont : mats, quoique, bien que, cependant, etc.; elles indiquent une opposition, une restriction. Une proposition adversative est celle qui est composée de deux propositions dont la seconde s'oppose à la première ou la restreint.

— ÊTYM. Adversativus, de adversus, adverse (voy. adverse).

ADVERSE (a-dvèr-s'), adj. || 1° Contraire, opposé. Il n'est guère usité que dans ces locutions : Fortune adverse ; Partie adverse , celle contre laquelle on discute, on plaide; Avocat adverse, avocat qui plaide contre nous. Quand on n'a ouï qu'une partie, on est toujours de ce côté-là; mais l'adverse fait chan» ger, pasc. P. Jés. 65. Comme elle change [la fortune], adverse ou favorable, Nous changeons tous ainsi, oarn. les Juives, iv. Chargé de tous les traits delafortuneadverse, du ryer, Thémùt. i, ( . Ne croyant pas que son adverse partie eût des armes, volt. Cand. 9. || 2* Terme d'histoire naturelle. Qui est placé à l'opposite d'une chose ou tourné vers elle.

— REM. On pourrait étendre l'emploi du mot aoV verse, et dire, par exemple : Les circonstances adverses où il se trouve.

— HIST. xi* s. Grans sont les oz [armées] de celle gent averse, Roi. (86. || xm* s. Aucun sont qui bien se présentent dedens hore de miedi , et après s'en vont de la cort sans congié ou quant lor averse partie veut pledier, beaum. 67. Et quiet [choit, tombe] en autele amende vers le segneur, comme s'a verse partie serait, s'il avoit prové s'entencion, id. xxxix, (9. || xiv* s. Car meilleur [chevalier] n'a de vous de ci jusqu'en Surie, Ne plus aventurant contre adverse partie, Guesclin, (8(34. || xv's. L'evesque qui avoit esté esleu, qui estoit la partie adverso de cellui que soutenoit le duc de Bourgogne, comm. iv, (. || xvi* s. Mais si très bien nous nous esvertuerons, Que devant toi noz ad vers tuerons, J. marot, v, (8. Les responses impourveues de sa partie adverse le rejectent de son bransle, mont, i, 40.

— ÊTYM. Provenç. advers; espagn. adverso; ital. avvcrso; de adversus, de ad, contre (voy. À), et versus, tourné (voy. version).

ADVERSITÉ (a-dvêr-si-té), s. f. Fortune adverse. Etre dans l'adversité. Secourir un innocent dans l'adversité. Grand dans l'adversité. Une probité éprouvée par l'adversité. Souffrir héroïquement les grandes adversités. La patience dans les adversités. Us ont, selon le cours des choses humaines et selon les conjonctures, leurs contradictions, leurs traverses à essuyer; ils ont leurs chagrins, leurs ennuis, leurs dégoûts, leurs adversités, leura souffrances à porter, bourd. Pensées, t. i, p. 2(4. Acceptez toutes sortes d'adversités temporelles et de calamités, plutôt que de consentir à un seul péché, id. ib. p. 294. Ma gloire me suivra dans mon adversité, volt. GEd. v, (. Pour avoir comme moi vaincu l'adversité, volt. Mér. iv, 2. Il faut se faire un cœur capable de résister aux adversités, fléch. Pa~ nég. il, p. B02. Il [Dieu] répand tantôt des prospérités, tantôt des adversités, in. Serm.u, p. (5(.

— HIST. xm* s. Ha ! fait-il, tante adversité Ai fait de moi et tant dangier, Lai de l'Ombre. Dont lor profite aversités Plus que ne fait prosperitez, la Rose, 4973. Se Dieu t'envoie adversité, si le reçoit en patience, joinv. 300. ||xv* s. Tant pour adversité [opposition] des meurs et conditions que

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pour les vioier.ocs.... comm. vi, s. ||xvi* s. Balf,qui, comme moy, prouves l'adversité, Il n'est pas tousjours bon de combattre l'orage, du bellay, vi, (8, recto.

— ÊTYM. Provenç. adversilat, aversitnt; espagn. ndvtrsitnd; portug. adversidade; ital. arversità; de adveisitatem, de adversus (voy. adverse), état de ce qui est tourné contre.

ADYNAMIE (a-di-na-mie) , ». f. Terme de médecine. Profonde prostration des forces.

— ÊTYM. 'ASuvaiiiot, de a privatif, et 8ûvoc|u;, force (voy. dynamique).

ADYNAMIQUE (a-di-na-mi-k'), adj. Terme de médecino. Oui a le caractère de l'adynamie.

tADYTUM(a-di-tom'), ». m. Terme d'antiquité. Chambre particulière ou secrète dans un temple.

-- ÊTYM. Âdytum, iîuiov , de o privatif, et 8ûu, je pénètre.

■f jEDICULE (é-di-ku-1"), t. f. Terme d'antiquité. Petit temple.

— étym. jEdicula, petit temple, de «des, tem pie, édifice.

t jEOLIPYLB (é-o-li-pi-I'),voy. éolipyle.

•f AÊRAGE (a-é-ra-j'), ». m. Action de renouveler l'air dans un espace clos. L'aérage d'un navire, de la chambre d'un malade, d'une mine.

f-ffiRARIUM (è-ra-ri-om'), ». m. Terme d'antiquité romaine. Trésor public à Rome.

— ÊTYM. &rarium, de ses, cuivre (voy. airain).

f AÉRATION (a-é-ra-sion), s. f. L'action d'exposer à l'air une substance, pour qu'elle en reçoive quelque modification. L'aération de l'eau a pour but de faire absorber de l'air à ce liquide. L'aération de certaines étoffes a pour but de les blanchir. On dit aussi aération dans le sens d'aérage.

AÉRÉ, ÉE (a-é-ré, rée). || 1° Part, passé. Bâtiment aéré à l'aide d'un ventilateur. De l'eau aérée, de l'eau qui a reçu de l'air en soi. || 2° Adj. Oui est en grand air, en bel air. Je jouis d'une maison plus aérée crue n'était celle de Hugues-Capet , volt. Biaî. 4.

AÉRER (a-é-ré. La syllabe er prend l'accent aigu , quand la syllabe qui suit est sonnante ; et l'accent grave, quand la syllabe qui suit est muette, excepté au futur et au conditionnel où l'accent aigu reste) , v. a. 1 1 1" Renouveler l'air dans un espace clos. Il faut aérer les salles des hôpitaux. || En ce sens il a pour subst. aérage. || 2° Exposerune substance à l'air. Aérer du blé pour lui faire perdre quelque mauvaise odeur. || En ce sens il a pour substantif aération. || Ne dites pas : il faut airer cet appartement; dites aérer. Airer, qui a été usité, ne l'est plus.

— hist. xvi* s. Esprit est une substance subtile, aérée, transparente et luisante, paré, Inlrod. 10. Saveur aérée ou aquée , id. xxv, 7. Le meilleur seroit de ne se tenir du tout point en maison qui fut mal aérée , amyot , De la curiosité , i . Ayrés ces draps de paour de vers , palsgr. p. 4<9. Voilà comment on met en avant plusieurs mots, comme ceux qui disent : Voici une maison bien aérée, au lieu de dire »rée,-BEROALDE de verville, Le cabinet de Minerve, p. 4 51.

— étym. Aer, air(voy. air); genev. atVer/Berry, aire, ce qui est, comme on voit, un archaïsme; provenc. ayreiar; espagn. arear ; portug. areiar.

t AÉRER (a-é-ré), ». n. Terme de chasse. Faire son aire. Dit par corruption au lieu de airer, qui est la forme correcte.

f AÊRICOLE (a-é-ri-ko-1') , adj. Terme d'histoire naturelle. Se dit d'une plante ou d'un animal qui yit dans l'air.

— étym. j4er,air, et colère , habiter AÉRIEN, ENNE (a-é-riin, riè-n'; en poésie, il est

de quatre syllabes, a-é-ri-in, ri-è-n'), adj. || 1" Oui est d'air, qui est comme l'air, qui vit dans l'air. Les champs aériens. Une forme aérienne. Une taille aérienne. Les météores aériens sont la pluie, la neige, le brouillard , etc. Esprits aériens de la terre et des eaux, c. delav. Par. n, 6. Et mon œil aime à se suspendre X ce foyer aérien ; Et je leur dis sans les comprendre : Flambeaux pieux , vous faites bien, lamart. Harm. i, 4. Ce peuple aérien, dont la vive allégresse Chante la liberté, la joie et la tendresse, rosset, Agric. vi. Ces chants aériens [des oiseaux] sont mes concerts chéris, v. hugo , Odes, iv, 3. || 2° En anatomie , voies aériennes , conduits aériens, l'ensemble des canaux qui conduisent l'air. Vésicule aérienne, vésicule qui contientde l'air chez les poissons. || 3° En peinture , s'emploie particulièrement pour spécifier cette partie de la perspective dont les effets résultent de l'interposition de l'air entre l'objet et l'œil du spectateur. I| Il se met après son substantif.

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