‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 56 sur 403 · AER · texte numérisé non relu

AER

— hist. rv* s. Parmi la région aerine, lemaihe, Illustration des Gaules, p. 87. || xvi' s. La manne, appelée par Galien miel aérien, paré, xxv, 2. Tout bestail terrestre , aquatique et aerin , o. de serres, 488. Venez tost , aerins gendarmes; Démons, volez à mon secours, rons. 67.

— ÊTYM. Aer, air (voy. air); provenç. aèrent. Autrefois on a dit aerin aussi bien qu'aérien.

AÉRIFÈRE (a-é-ri-fê-r') , adj. Terme d'anatomie. Oui porte l'air. Voies aérifères , ce qu'on nomme plus ordinairement voies aériennes. Les conduit! aérifères des insectes portent le nom de trachées.

— ÊTYM. Aer, air (voy. aid), et ferre, porter.

t AÉRIFICATION (a-é-ri-fl-ka-si on) , ». f. Opération par laquelle on fait passer a l'état gazeux une matière solide ou liquide.

— ÊTYM. Aer, air (voy. air), et ficare, fréquentatif de facere (voy. faire).

AÉRIFORME (a-é-ri-for-m'), adj. Qui ressemble à l'air. Tous les gaz sont des fluides aériformes, parce 7'i'ils ont la transparence et l'élasticité de l'air atmosphérique.

— ÉTYM. Aer, air (voy. air) , et forma, forme

(voy. FORME).

f AÉRISER (a-é-ri-zé) , v. a. Terme de physique et de chimie. Réduire à l'état d'air ou de gaz.

t AÉRODYNAMIQUE (a-é-ro-di-na-mi-k') , ». f. Partie de la physique qui traite des lois présidant aux mouvements des fluides élastiques, ou de celles qui règlent la pression qu'exerce l'air extérieur.

— étym. Aer, air (voy. air), et dynamique (voy. dynamique).

AÉROGRAPHTE (a-é-ro-gra-fie), s.f. Description de l'air.

— ÊTYM. 'Ainp, air (voy. air), et ypôçeiv , décrire (voy. graphique).

AÉROLITHE (a-é-ro-li-tf) , ». m. Pierre tombée du ciel. Les aérolithes sont des composés pierreux qui viennent d'au delà de l'atmosphère , la traversent en s'échauffant beaucoup , et tombent sur la terre avec fracas.

— ÊTYM. *Aiîp , air (voy. air) , et Aî8oç , pierre (voy. lithiasie).

AÉROLOG1E (a-é-ro-lo-jie), s. f. Traité sur l'air, théorie de l'air.

— étym. 'A^p , air (voy. air) , et Xoyoj , traité (voy. logique).

AÉROMANCIE (a-è-ro-man-sie) , ». f. Art prétendu de deviner par l'air et par les phénomènes aériens.

— ÊTYM. 'Atp, air, et (tavTeio, divination (voy. mancie).

fAÊROMANCIEN (a-è-ro-man-siin), ». m. Qui pratique l'aéromancie.

— étym. Airomancie.

— HIST. xvi« s. Autres sont nommés aéromanciens ou prognostiqueurs de la disposition future, parce qu'ils devinent par l'air, sçavoir est par lo vol des oiseaux, ou par tourmentes, orages, tempestes et vents, paré, xix, 3(.

t AÊROMEL (a-é-ro-mel), s. m. La manne.

— êtym. Aer, air, et mel, miel.

t AÉROMÈTRE (a-é-ro-mè-tr") , ». m. Terme de physique. Instrument qui sert à mesurer la condensation ou la raréfaction de l'air.

— ÊTYM. "Aïjp, air (voy. Ain), et (xévpov, mesure (voy. métré).

f AÊROMÉTRiE (a-é-ro-mé-trie) , s. f. Mesure de la constitution physique de l'air et de ses effets mécaniques.

— ÊTYM. Aéromètre.

AÉRONAUTE(a-é-ro-nô-t'), s. m. et f. Celui, cello

qui parcourt les airs dans un aérostat.

— ÊTYM. "Airip, air, etvaÛTriç, navigateur, de votOç, vaisseau (voy. nef).

+AÊRONAUTIQUE (a-é-ro-nô-ti-k') , adj. || 1' Qui a rapport à l'aéronaute. Une expérience aéronautique. || 2° S. f. L'art de l'aéronaute.

— étym. Aéronaute.

fAÉROPHOBE (a-é-ro-fo-b') , ». m. Terme de médecine. Celui qui craint l'air. Les aérophobes ne peuvent supporter l'action, sur la peau, de l'air en mouvement.

— étym. 'Af\p, air (voy. air), et 9660;, crainte.

t AÉROPHOBIE (a-é-ro-fo-bie) , ». f. Terme de médecine. Crainte de l'air. L'aérophobie est un symptôme assez fréquent de la rage, quelquefois aussi de l'hystérie et d'autres affections nerveuses.

— étym. Aérophobe.

fAÉROPHORE (a-é-ro-for'), adj. Qui porte l'air. Il Le même que aérifère.

— êtym. 'Arip, air, et çopà«, qui porte.

f AÉROSPHERE (a-é-ro-sfê-r'), ». f. Terme de

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physique. Masse d'air qui entoure le globe terrestre, On dit plutôt atmosphère.

— ÊTYM. Aer, air, eXsphnra, sphère.

AÉROSTAT (a-é-ro-sta; le t ne se lie pas), ». m.

Grand ballon rempli d'un air échauffé ou d'un gaz plus léger que l'air, et qui, par ce moyen, s'élève et se soutient dans l'air.

— étym. 'A^p, air (voy. air), et arat6i, arrêté, de atiu>, je suis debout, en latin stare (voy. stable).

AÉROSTATION (a-é-ro-sta-sion), ». f. Art d'employer les aérostats.

AEROSTATIQUE (a-é-ro-sta-ti-k'). || 1* Ad). Oui a rapport à l'aérostation. || 2" S. f. Partie de la physique recherchant les lois de l'équilibre de l'air. Après avoir rampé longtemps comme un ver, il est tout à coup pourvj de quatre ailes brillantes; plus habile que Icare, il traverse les airs en se jouant avec les vents, sans apprentissage et sans aucune connaissance de l'aérostatique, bern.de st-p.... Harm. v, Harm. anim.

f AÉROSTIER(a-é-ro-stié), ». m. Celui qui dirige un aérostat. || S'est dit d'un corps d'ingénieurs qui fut créé et attaché aux armées pendant la Révolution pour observer en ballon la position de l'ennemi.

.ESTHÉTIQUE, »• f- voy. ESTHÉTIQUE.

t^THRIOSCOPE (é-tri-o-sko-p"), ». m. Terme de physique. Instrument propre à mesurer la chaleur qui rayonne de la surface de la terre vers les espaces célestes.

— étym. Alôpca, sérénité de l'air (voy. étheh), et axoiteïv, explorer.

.STIOLOGIE,». f. voy. étiologie.

AÉTITE (a-é-ti-f), ». f. Pierre d'aigle, parce qu'on a prétendu qu'elle se trouvait dans le nid des aigles. C'est du tritoxyde de fer. On lui attribuait des vertus merveilleuses qu'elle ne possède aucunement.

— ÉTYM. 'AsTtttic, de àerô;, aigle.

+ AFATONIER(a-fa-to-nié), ». m. L'un des nom» vulgaires du prunellier.

AFFABILITÉ (a-fa-bi-li-té) , ». f. Qualité de celui qui reçoit, écoute et entretient avec bienveillance ceux qui s'adressent à lui. La douceur et l'affabilité si nécessaires dans les grands emplois. N'avait-il pas réconcilié la grandeur avec l'affabilité? mass. rilleroy.

— hist. xtv* s. Il détermine d'une vertu qui peut estre appellée affabilité ou amiableté, oresme, Eth. 130.

— ÊTYM. Provenç. afablitat; catal. afabilitat; espagn. afabilidad; ital. affabilità; de affabilitatem , de affabilis, affable.

AFFABLE (a-fa-bl'), adj. || 1* Qui a de l'affabilité. On affecte une certaine modestie extérieure; on est honnête, prévenant, affable, bodrd. Pensées, t. n, p. 106. Doux, humbles, patients, affables à tout le monde , et ne cherchant à l'égard de tout le monde que les sujets de faire plaisir et d'obliger, id. ib. t. 1, p. 197. Libéral, intrépide, affable et sans orgueil, corn. Sert. 11, 2. Lui, parmi ces transports, affable et sans orgueil, X l'un tendait la main, flattait l'autre de l'œil, rac. Ath. v, i. Affable à tous avec dignité, elle savait estimer les uns sans fâcher les autres, boss. duch. (VOrl. L'extérieur paratt affable, ce qui fait quelque montre de modestie, id. Pensées chrét. 2ï. Il 2° Pris substantivement. [Il] doit mêler à propos l'affable et le sévère, rotrod, Vencesl. 1,4.

— REM. Bouhours, Nouvelles Rem. dit, au sujet de affable et affabilité : « Ces deux mots ne plaisaient point à M. Patru. Ils sont françois, me ditil un jour, mais laissons-les dire aux autres. Racine s'est servi d'affable, qu'on trouve aussi dans V Oraison de la Dauphine : Applaudie de tous, mais affable et civile à tous. M. l'abbé Reynier se sert de ces deux mots. Il ne faut pas, après cela, s'arrêter à l'antipathie de M. Patru.» De son côté, Cailliêres disait, en 1690 : « Affable n'est plus guère dans le commerce des gens du monde ; honnête a pris sa place, de même que honnêteté a pris la place d'affabilité. » || Ces deux mots sont en plein usage aujourd'hui ; ils remontent jusqu'au xiy* siècle.

— HIST. xrv* s. Celui qui le fait selon ce qu'il convient et appartient, il peut estre appelle amiable ou affable ou agréable, oresme, Eth. 50.

— êtym. Affabilis, de ad, à, et fart, parler (voy. fable).

AFFABLEMENT (a-fa-ble-man), adv. D'une manière affable.

AFFABULATION (a-ffa-bu-la-sion). ». f. Partie d'une fable qui en explique le sens moral ; c'est ce qu'on nomme plus souvent la moralité .

— ÊTYM. Ad, à (voy. X), et fabula, fable (voy. fable) ; ce qui se joint à la fable.

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AFFADI, IE (a-fa-di, die), part, passé. Vin affadi. Ragoût affadi. Estomac affadi. Votre cœur en est affadi, sév. 23». [II] a longtemps le teint pâle et le cœur affadi, boil. Lutr. u. Et 11'eslimant dignes d'être applaudis Que les héros par l'amour affadis, j. b. rouss. Ép. u, 2.

AFFADIR (a-fa-dir), v. a. |] 1° Rendre fade. Affadir une sauce. || 2° Fig. ôter le sel, le piquant. Affadir une épigramme. Vous avez fardé la peinture; Vous affadissez l'opéra, bêrangeh, Pauvres am. || 3° Causer une sensation désagréable au palais, à l'estomac, par quelque chose de fade. Le miel affadit le cœur. Comme il y a de bonnes viandes qui affadissent le cœur, il y a un mérite fade et des personnes qui dégoûtent avec des qualités bonnes et estimables, la rochef. Pensées, 48. || 4° Fig. Ces gens. . . . l'affadissaient, L'endormaient en contant leur flamme, la font. Petit Ch. || 5° S'affadir, v. réfl. Devenir fade. De Molière oublié le sel s'est affadi, volt. Ép. ci. [Dans le monde] Il faut se prêter, s'accommoder, s'affadir avec les enfants de la terre, nous qui devions en être le sel, mass. Conf. Fuite. L'éloquence, toujours flatteuse dans les monarchies, s'est affadie par des adulations dangereuses aux meilleurs princes, mass. Louis le Grand.

— HIST. xvr" s. Comme le vin se perd et affadist par l'eau, et toute la farine s'aigrit par le levain, calv. Inst. 4 63. Cettui-ci , receu avec honneurs et caresses, fut renvoyé si plein de douceurs qu'il en affadit ses compagnons au retour, d'aub. llist. I, 252. Je suis si affady aprez la liberté, que qui me deffendroit l'accez de quelque coing des Indes, j'en vivrois aulcunement plus mal à mon ayse, mont, iv, 242. Au lieu de m'aiguiser l'appétit par ces préparations et avantjeux. on me lasse et affadit, id. h, 407. C'est le goust d'une molle fortune,qui s'affadit aux choses ordinaires et accoustumées, m. iv. 283.

— ÉTYM. A et fade.

\ AFFADISSANT, ANTE (a-fa-di-san , san-f), adj. Oui affadit. Une saveur affadissante. Des louanges affadissantes.

AFFADISSEMENT (a-fa-di-se-man), s. m. || 1* Effet que produit la fadeur. Les choses trop douces causent de l'affadissement. || i" Fig. Louer jusqu'à l'affadissement. Tellier se promit toutes choses de l'affadissement du sel de la terre (la faiblesse du clergé; voy. s'affadir) , qu'il reconnut en plein dans les assemblées des évêques sur cette affaire, st-sim.

— ÉTYM. Affadir.

AFFAIBLI, IE(a-fè-bli,bIie), port, passé. Corps affaibli par l'âge. Armée affaiblie par les désertions et les maladies. Courage affaibli par de longs malheurs. Son esprit n'est point affaibli. Style affaibli par trop de minutie. Gouleurs affaiblies. Se servir d'un terme affaibli. Quand les hommes veulent quitter le mal , le mal semble encore les poursuivre longtemps; il leur reste de mauvaises habitudes, un naturel affaibli, des erreurs invétérées..., fén. Tél. xxn. Quoi! pour Britannicus votre haine affaiblie.... rac. Brit. iv, 4. Sur tant de fondements sa puissance établie Par vous-même aujourd'hui ne peut être affaiblie, id. ib. m, 3. Mes yeux, mes tristes yeux , affaiblis par les ans, Hélas! avez-vous pu le chercher si longtemps? volt. AU. u, 2. Ces hautes idées, ces grands objets n'étant plus affaiblis ou par les fausses préventions d'un esprit indocile ou par les aveugles cupidités d'un cœur passionné, bourd. Sermon pour les dimanches , t. iv, p. (80. Il est vrai • d'ailleurs que la foi n'est point non plus tellement affaiblie ni altérée dans tout le christianisme, qu'il n'y ait encore, jusques au milieu du siècle, de parfaits chrétiens, id. Pensées, t. i, p. 4 79. N.... est moins affaibli par l'âge que par la maladie ; car il ne passe point soixante-huit ans, la bhuy. 44.

AFFAIBLIR (a-fè-blir), v. a. || 1« Rendre faible, au propre et au figuré. Affaiblir le corps. L'âge affaiblissait son esprit. Affaiblir un malade parla saignée et par la diète. On avait affaibli la garnison par des détachements. L'usage des lunettes affaiblit quelquefois la vue. Affaiblir la puissance d'un Etat. Pour ne pas affaiblir sa gloire. Affaiblir l'autorité d'un témoignage. La vieillesse languissante et ennemie viendra rider ton visage, courber ton corps, affaiblir tes membres, faire tarir dans ton cœur la source de la joie.... fén. Tél. xix. Peut-être croirait-on, en se soumettant, affaiblir l'autorité dont on est maître ; c'est au contraire ce qui l'affermirait, bourd. Pensées, t. u, p. 35». Comme les aliments dans un corps malade, bien loin de le fortifier et de le nourrir, l'affaiblissent et se tournent

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en corruption jusqu'à détruire le principe de la vie. .. . id. Carêmt, 1. 1, p. 406. La première maxime en matière de guerre est d'affaiblir son ennemi et de le fatiguer, id. Carême, t. i, p. 228. Quelques jeunes personnes ne connaissent point assez les avantages d'une heureuse nature ; elles affaiblissent les dons du ciel , si rares et si fragiles , par des manières affectées et par une mauvaise imitation, la bruy. 3. La loi de l'histoire ne nous a permis ni de rien déguiser ni de rien affaiblir dans le récit de cette tragique aventure, volt. Russie, u, 40. Je vous ai montré l'art d'affaiblir son empire, corn. Sert, m, 2. Sa perte m'affaiblit, et son trépas m'afflige, id. Cid, u, 7. Pourquoi nous déchirer par des guerres civiles, Où la mort des vaincus affaiblit les vainqueurs? id. Hor. 1,4. Tant de précautions affaiblit votre règne, rac. Brit. iv, 4. Un traître, en nous quittant, pour complaire à sa sœur, Nous affaiblit bien moins qu'un lâche défenseur , id. Alex, u, 5.... Mes maux m'ont affaibli plus encor que mes ans, volt. Zaïre, il, 8, Vous qui du poids des ans n'êtes point affaiblis, id. Tancr. V, 2 || 2° Affaiblir se prend aussi absolument. Tropretoucher un ouvrage, c'est moins retoucher qu'affaiblir. Je me sens affaiblir, quand je vous encourage, corn. Rod. m, 6. Je sens affaiblir ma force et mes esprits,rac. Milhr. v, scènedern. || 3" Affaiblir les monnaies, les espèces, en diminuer le poids ouïe titre || 4" S'affaiblir, v. réfl. Devenir faible, au propre et au figuré. Ses forces s'affaiblissent. Sa douleur s'affaiblit. J'ai vu nos espérances s'affaiblir. La raison de son père s'était affaiblie. Nous laissons s'affaiblir l'autorité. Quoi ! déjà votre foi s'affaiblit et s'étonne I rac. Ath. i, 2. Ma vue s'affaiblit, dit Irène. Prenez des lunettes, ditEsculape. Je m'affaiblis moi-même, continue-t-elle ; je ne suis ni si saine ni si forte que j'ai été. C'est, dit le dieu , que vous vieillissez, la bruy. 44. || 6* En peinture et gravure, affaiblir marque l'abus ou l'exagération de l'adoucissement; en architecture, c'est diminuer l'épaisseur d'un mur ou la grosseur d'une pièce de charpente.

SYN. affaiblir , énerver. Diminuer la puissance. On affaiblit ce qui est fort; on énerve ce qui est nerveux. Toutes les fois que fort et nerveux ne pourraient être confondus, affaiblir et énerver ne doivent pas l'être. Puis affaiblir est beaucoup plus général : L'âge affaiblit naturellement; Une diète sévère affaiblit, mais pour procurer la santé. Au lieu que énerver indique quelque chose d'accidentel et de malfaisant : Se laisser énerver par les délices, par l'oisiveté.

— HIST. xh* s. Mult sunt li bon et li hardi Amenuisé et afiebli, Rou, 6750. Li remananz est moût afebliez. Ronci.ro. p. 70. Vous i mourrez, France en ert [sera] afeblie, ib. p. 82. Lors sa parole prist à afebloier. «6. p. 99. En la cause veïmes l'apostolie afeblir, Qu'il ne pout l'arcevesque contre tuz maintenir, Th. le Mart. 4 04. Car j'en sui si meûz et afoibliz, Couci, v. ||xiii' s. Et bien furent mort en celé voie quarante chevalier ; dont li os [armée] fu durement afebloiés et apovris, villeh. 422. Escias courait souvent sour lui, et l'afoibloioit moût de gent et d'amis et de chastiaus, h. de val. 40. Ce vont li trois portier disant: Mais, que qu'il aillent devisant, Forment en sunt afebloié, la Rose, 44805. Or te voil dire et conseillier Que l'amors metes en obli. Dont je te voi si afoibli, Et si conquis et tormenté, ib. 3033. Lor dru [elles] ne vont pas oubliant; Molt aloient afoibloiant, Lai d'Ignaurès. Dont commencent li prince forment à empirier; Li cors lor affebloient, et lor corant destrier, Ch. d'Ant. vu, 268. || xv* s. Nous sommes affoibliz de toute foi et loyauté les uns envers les autres, comm. u, 6. Ha! le sacrement de l'autel, Je suis affoibli [j'ai peur], qu'est ceci? villon", Arch. de Bagnol. j| xvi* s. Toutes fois, monseigneur, je la vois sans cesse affoibli r; en sorte que, si je le vous celois, je ne vous serois telle que je suis, marguer. Lett. 99.

— ÉTYM. A et faiblir; picard, affleboyer; bourguig. éfoibli; provenç. afeblir, aflebir, afflebleiar. Il y avait deux formes en vieux français et en provençal : afeblir ou afoiblir, suivant les dialectes, et afebloier ou afoibloier. La première seule a survécu, sauf dans la picard, où la seconde est conservée.

AFFAIBLISSANT, ANTE (a-fè-bli-saa , sau-t') , adj. Qui affaiblit. Régime affaiblissant.

AFFAIBLISSEMENT (a-fè-bli-se-man),i.m. Il 1" Diminution de force, au propre et au figuré. L'affaiblissement des forces , de la santé , de la vue , du courage. L'affaiblissement de la lumière du soleil dans une éclipse. Recourons à Dieu dans les allai-

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blissements où la vertu tombe comme en défaillance, fén. t. xvm, p. 495. Pour s'opposer au relâchemea des mœurs , aux affaiblissements de la discipline, mass. Car. Mélangé. Il est rare que leurs grâces [des grands] ne soient pas le prix de nos affaiblissements et de nos complaisances, id. Conf. Scand. Soit par la désertion de quelques-uns de ses enfants, soit par l'affaiblissement de la charité du plus grand nombre , bourd. Pensées, t. n,p. 346. || 2' Affaiblissement des monnaies, abaissement de leur titre.

t AFFAINÉANTI , IE (a-fè-né-an-ti , tie) , part. passé et adj. Devenu fainéant. Ils parlaient dans ces lettres en vrais étourdis , et y traitaient le roi [Louis XIV] de gentilhomme campagnard affainéanti auprès de sa vieille femme, M. l.m. d. l. f. Mémoires, p. 264. Amsterdam, 4 734. || Mot très-bon et à employer.

t AFFAINEANT1R (S') (a-fè-né-an-tir) , v. réfl. Devenir fainéant. Les grandes possessions des biens de la fortune sont cause que l'on s'affainéantit et que l'on néglige de posséder les biens de la vertu , Francion, livre iv, p. 480.

— étym. À et fainéant.

AFFAIRE (a-fô-r") , s. f. || 1* Ce qui est l'objet de quelque travail ; occupation , soin , devoir , fonction. Une petite affaire. Une affaire importante. N'avoir pas d'affaire. C'était l'affaire d'un jour. Charger le fusil et tuer la bête fut l'affaire d'un instant. Je ne me suis mêlé d'aucune affaire. Être accablé d'affaires. C'est mon affaire ; vous n'avez rien à y voir. L'étude est son uuique affaire. Ils ont pour unique affaire de toucher leurs rentes. C'est l'affaire d'un bon juge de.... Il est tout à son affaire. Vie douce et paisible, sans bruit, sans embarrasd'affaires, sans inquiétude, sans soin, bourd. Pensées, t. i , p. 348. Le czar en partant de Paris avait d'autres affaires qu'à vérifier des passages de saM Epiphane, volt. Hist. de Russ. a, 9. Je suis eu affaires avec l'abbé , sév. 228. J'ai quelque affaire Là dedans avec certain frère, la font. Cord. || Faire son affaire d'une zhose, s'en charger, en répondre. J'avancerai les frais et j'en fais mon affaire. As-tu fait ton affaire principale de sa justice? boss. Nécess. i. C'est là que je mets toute mon affaire , id. 5, Vêtur. 4. Quelle ne sera pas la lenteur des progrès de la sagesse dont si peu d'hommes se font une affaire? dider. Essai sur Claude. C'est mon affaire que la conversion, pasc. Myst. 2. C'est l'affaire des dieux, ce n'est pas la nôtre, dider. Princ. de polit. 75. Qu'il brûle encor pour elle, ou la quitte pour moi, Ce n'est pas votre affaire, corn. Othon, il, 5. Ce qu'on y voit de plus pompeux n'est l'affaire que d'une scène, mass. Drap. Former des ;itoyens n'est pas l'affaire d'un jour, J. i. Rouss. Écon. 2. Cliton n'a jamais eu, toute sa vie, que deux affaires, qui est de dîner le matin et de souper le soir, la bruy. 44. Nous devons travailler à nous rendre très-dignes de quelque emploi : le reste ne nous regarde point, c'est l'affaire des autres, id. 2. || Faire son affaire d'une chose, savoir la mettre à profit. Que dans mes mains pleuve de l'or, De l'or, De l'or, Et j'en fais mon affaire, béranger, El. de la rich. || 2° Tout ce qui est l'objet d'un intérêt. Abandonner un ami dans une affaire qui intéresse l'honneur. U faut tenter l'affaire. On parle du salut comme d'une affaire souverainement importante , et on a raison d'en parler de la sorte; mais c'est trop peu dire: il faut ajouter que c'est une affaire absolument nécessaire, bourd. Pensées , 1. 1 , p. ». Sire , j'en ai trop dit , mais l'affaire vous touche, corn. Hor. v, 3. Tantôt son père Au sortir du conseil doit proposer l'affaire, id. Cid, i, 2. Tout le monde craint d'avoir quelque affaire avec lui, fén. Tél. m. || Affaire d'honneur, ou absolument, affaire, un duel . un combat singulier. Il a une affaire d'honneur. Une première affaire, un premier duel. J'ai appris qu'il avait eu quelques affaires en Italie et qu'il s'y était battu plusieurs fois, j. J. rouss. Hél. i, 46. || Affaire d'amour, un commerce de galanterie. || Affaires d'esprit, les matières de goût. Il veut qu'on le consulte sur toutes les affaires d'esprit. || 3» C'est une affaire de, une question de.... Elle était de sa nature une affaire de religion chez les païens, fonten. Oracles, chap. i, Introd. La foi de beaucoup d'hommes est une affaire de géographie, i. J. rouss. Ém.iv. C'est une affaire de soumission et d'humilité, boss. Lett. 63. || 4° C'est une affaire, la chose est difficile. Ce n'est pas une affaire , la chose n'est pas importante. On se persuade que. comme ce n'est pas une affaire d'en [de certains défauts] être coupable, il n'y a pas aussi grand mal d'en être censeur, mass. Car. Médis. Et conter pour conter me semble peu d'affaire, L* font. foi», yi, 4. Ce ne serait pas une affaire, siv. «8.

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Ce dieu fripon ressemble assez aux rois, Le bien servir n'est pas petite affaire, volt. Poés. mêl. 150. On faisait une grande affaire de rien, sév. 396. Par le chaud, c'était une affaire, id. 287. D'en avoir toujours les preuves présentes, c'est trop d'affaire, pasc. Moyens, 8. H faudrait bien des affaires pour leur faire entendre [aux Tartares] ce que c'est qu'un financier parmi nous, montesq. Esp. xxx, 13. || 5° Ce qu'il faut, ce qui convient. Ceci est bien mon affaire. La place qu'il a obtenue fait parfaitement son affaire. Maisle moindre grain de mil Serait bien mieux mon affaire, la font. Fab. i, 20. Deux minutesferont l'affaire, m. Nie Ce choix était mieux votre affaire, mol. Jft's. i,4. Votre fille n'est point l'affaire d'un bigot, id. Tari. n,2. C'estmoi qui ferai votre affaire mieux que personne, id. Préc. Rid. 40. Je n'irais pas bien loin pour trouvermon affaire, id. Femmes sav. iv,3. Le chaud fera mon affaire [me fera du bien] , sév. 284. Je voudrais bien que vous pussiez y faire l'affaire du roi et la vôtre, n>. 402 ah! Monsieur,

li feu mon pauvre père Était encor vivant, c'était bien votre affaire, rac. Plaid, i, 5. || 6° Faire son affaire [à soi-même], faire son affaire [à un autre]. Faire son affaire [à soi-même], c'est se mettre à l'abri, s'arranger, réussir. Il fait tout doucement son affaire. Il songe à se retirer à la campagne, son affaire est bientôt faite. Quand on connaît bien les péchés mortels, on tâche de ne pas commettre de ceux-là, et l'on fait son affaire, montesq. Lettr. pers. 67. (| Faire son affaire [à un autre], c'est le châtier, lui donner une leçon, même le tuer. Son affaire est faite, il a été châtié, puni, tué. L'espion fut découvert, et on lui fit son affaire. S'il le rencontre, il lui fera son affaire. Le chat fut trois jours sans manger et sans pouvoir remuer ni pied ni patte; mais il est bien heureux qu'il n'y a point de chats médecins; car ses affaires étaient faites, et ils n'auraient pas manqué de le purger et de le saigner, mol. l'Amour méd. Il, 4. || 7° Avoir son affaire, en bonne part, avoir ce qui convient; en mauvaise part, recevoir correction, châtiment, leçon. Vouliez ou non, elle aura son affaire, la font. Rém. || 8" Point d'affaire, signifie en aucune façon. Point d'affaire, marquis, mol. Fâch. m, 4. Point d'affaire, signifie encore c'est en vain. J'ai'beau lui faire signe et montrer que c'est ruse; Point d'affaire, il poursuit sa pointe jusqu'au bout, mol. l'Étour. m, 5. || 9'S. f. plur. Les affaires de quelqu'un, ce qui l'intéresse particulièrement, ce qui constitue sa situation. Il sent que l'âge vient, et il songe à mettre ordre à ses affaires. Être bien dans ses affaires. Ceux qui sont mal dans leurs affaires. Nous sommes mal , monsieur, dans nos affaires , mol. Mis. iv, 4. Un valet conseiller y fait mal ses affaires [ne gagne rien de bon], id. î'2?(our.i,2.Si je savais chanter, J'enferais bien mieux mes affaires, id. laPrinc.d'Él. H. lnterm. Enfin j'ai fait mes affaires, Je suis procureur du roi, béranger, Ventru. Vous n'avez, vous ni lui, pensé qu'à vos affaires, corn. Othon, n, 6. Chacun des deux partis y fit mal ses affaires, la font. Fianc. Mais que répondrons-nous? — J'ai d'autres affaires présentement , dit un mondain. — Et quelles sont-elles, ces autres affaires? — L'affaire de mon établissement , ajoute-t-il , l'affaire de mon agrandissement, les affaires de ma maison, en un mot tout ce qui regarde ma fortune temporelle, bourd. Pensées, t. i, p. 406. || 10° Transaction, marché. J'ai fait affaire avec lui. Il me vend sa maison, l'affaire est conclue. En achetant cette terre, il a fait une mauvaise affaire, une bonne affaire. Ce mariage est pour lui une bonne affaire. L'adjudication est remise à quinzaine ; mais je crois que je ferai affaire avant ce temps, p. L. cour. Leur, il, 4 23. Si elle le peut épouser, elle fera une très-bonne affaire, sév. ai. J'étais lié, dit saint Augustin, par ma propre volonté, plus dure que le fer, et, sans un dernier effort de la vertu d'en haut, je n'aurais jamais conclu mon affaire [sa conversion] que je désirais, mais qui devait coûter si cher à mon cœur, bourd. Pensées, t. i, p. 282. || 11° Absolument, les affaires, le commerce, l'industrie, la banque. Il est dans les affaires. Il a quitté les affaires. Les grandes affaires. Les hommes d'affaires, les gens d'affaires. L'esprit même d'affaires ne s'était pas refusé à lui, fonten. Malézieu. \\ Au sing. Organiser, lancer une affaire. || En mauvaise part, faiseur d'affaires. || 12° S. f. pi. Tout ce qui concerne la fortune et les intérêts de l'État. Le mouve. ment des affaires. Les affaires d'Etat. Ce ministre est depuis longtemps aux affaires. Les affaires publiques

sont dans une. telle situation Loisirs que laissent

les affaires. La vieillesse éloigne des affaires. Ceux qui sont à la tête des affaires, mass. Conv. Il faisait né-

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gligemment les affaires de l'empire, boss. Hist. i, u . La tentation, dans les grandes charges, dans les grandes affaires, c'est qu'on les trouve si importantes, qu'on y donne tout, et que l'affaire du salut s'oublie, id. Pensées détachées, 41. Il parle bas dans la conversation, et il articule mal, libre néanmoins sur les affaires publiques, la brut. 6. Personne presque n'a assez de fonds pour remplir le vide du temps sans ce que le vulgaire appelle des affaires, id. 2. Que faut-il à un homme d'affaires, ou que ne lui faut-il pas pour vaquer dignement et en chrétien soit au service du prince dont il est le ministre, soit au service du public dont il a les intérêts aménager? Quelle étendue de soins.... bourd. Pensées, 1. 1, p. 40l.|| Affaires spirituelles, affaires qui concernent la religion; affaires temporelles, celles qui concernent le monde. || 13° Embarras, peines, querelles. On lui a suscité mille affaires désagréables et fâcheuses. Voulez-vous qu'avec lui je me fasse une affaire? mol. Mis.ii, 3. Pourquoi chercher à lui faire des affaires [des ennemis]? mol. Impr. 3. Voici bien des affaires, id. l'Étour. î, a. Vous ferez-vous toujours des affaires nouvelles? boil. Sat. ix. Cette réserve pourrait m'attirer des affaires, j. i. rouss. Ém. iv. De peur de me faire des affaires avec le prince, hamilt. Gram. 7. Je crains que cela ne lui fasse une affaire, sév. 322. Tout le monde veut que j'aie des affaires à Rome, boss. Lettr. rel. 83. Ce n'est point du tout mon intention de vous faire des affaires, id. Lettr. abb. 73. Il composa un livre fort curieux, mais qui lui fit quelques affaires, volt. Microm. i. Si quelqu'un eût osé ouvrir la bouche.... on lui eût fait des affaires dont il ne se fût jamais tiré, fonten. Oracles, ch. 4 3. Rome, qui avait toujours usurpé, avait continuellement de grandes affaires, montesq. Esp. xi, 17. || 14° Se tirer d'affaire, se tirer d'embarras,

sortir d'affaire, sortir d'embarras se plaint

qu'elle [mouche] agit seule et qu'elle a tout le soin ; Qu'aucun n'aide aux chevaux à se tirer d'affaire, la font. Fab. vu, 9. Les sueurs me tireront d'affaire [me guériront] , sév. 245. Il faut remercier Dieu du bonheur qui vous tira d'affaire , id. 78. Il est hors d'affaire [il est guéri], in. 84. || Une mauvaise affaire, une affaire où l'honneur, la fortune, la vie sont engagés; une bonne affaire, une affaire où il y a beaucoup d'argent à gagner. || 15° Procès, contestation , démêlé. La plus petite affaire d'argent. Suivre une affaire. Affaire civile. Affaire criminelle. Plaider une affaire. Instruire une affaire. Les affaires du barreau. Voyant un président, je lui parle d'affaire, Régnier, Sat. viii. Il plaide depuis quarante ans, plus proche de sortir de la vie que de sortir d'affaires, la bruy. 4 i. || 16° Dans un sens très-vague, chose, circonstance, conjoncture. Qu'en ce mois le manteau leur est fort nécessaire [aux voyageurs] ; Les Latins le nommaient douteux pour cette affaire , la font. Fab.vi , 3. || 17° En t. de guerre , combat. L'affaire fut courte , mais chaude. On perdit beaucoup de monde dans cette malheureuse affaire. L'affaire avait étéfort mal engagée. Il l'en remercia quand l'affairefut finie, hamilt. Gramm. 5. || 18° Avoir affaire de, avoir besoin de. L'un allume du feu dont j'avais bien affaire, Régnier, Sat. xi. Vous n'avez pas trop affaire de ce détail, sév. 87. Si Pluton a affaire d'uh mort, il ne sait plus où le prendre, fonten. Jugement de Pluton. Vous trouverez un statuaire; Mais vous n'en avez plus affaire, volt. Ép. 79. Qu'un lion d'un rateut affaire.... la font. Fab.n, 44. Qu'avons-nous affaire du monde et de ses emplois? boss. Lelt. 27. Qu'avions-nous affaire de son amour naturel? Ht. Relat. Vénus, Saturne et Mars, dont je n'ai point affaire, mol. F. sa». H,7. Un pouvoir dont le malheureux, Madame, n'aura plus affaire, id. Psych. 1, 3. Qu'avions-nous affaire de vie, Si nous ne pouvions être à vous? id. ib. v, 2. Le mohatra est quand un homme qui a affaire de vingt pistoles, achète d'un marchand des étoffes pour trente pistoles, payables dans un an, et les lui revend à l'heure même pour vingt pistoles comptant, pasc. Prov. 8. Qu'avons-nous affaire que leur assurance dépende de là? id. ib. 49. Qu'ai-je affaire, disait-il aux Juifs, des fruits de la terre que vous apportez dans mon temple? bourd. Pens. t. 11, p. 413. Dieu veut qu'il y ait entre nous un rapport naturel et continuel, que nous ayons affaire les uns des autres... id. ib. p. a26. Qu'ai-je affaire d'aller me tuer à travailler pour des gens dont.... montesq. Lelt. pers. 44. Qu'avez-vous affaire de décrier le luxe? fléch. Serm. 11, a20. Qu'ai-je affaire du trône et de la main d'un roi? th. corn. Ariane, m, 4. Qu'avonsnous affaire d'un nouvel auteur qui se pare des imaginations des Grecs, et donne au monde leurs lu-

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mières pour les siennes? st-évrem. t. îv, p. a. || Ironiquement. J'ai bien affaire de lui, je nie soucie bien de lui! J'ai bien affaire de tout cela! Leur savoir à la France est beaucoup nécessaire, Et deslivres qu'ils font la cour a bien affaire! mol. F. sav. iv, ï. J'avais bien affaire qu'il attaquât ma réputation! fonten. Didnn, Stratonice. Il avait bien affaire de s'aller.... hamilt. Gramm. 9. La république a bien affaire De gens qui ne dépensent rien ! la font. Fab. vin, 9. Il 19° Avoir affaire à quelqu'un, avoir à lui parler , à débattre avec lui. Et , s'il avait affaire à quelque maladroit.... corn. Poly. v, l. L'homme à qui nous avons affaire n'est pas des plus fins de ce monde, mol. l'Am. méd. m, 3. Il n'a pas affaire à un sot, et vous savez des rubriques qu'il ne sait pas, id. Méd. m. lui, ni, 7. Il vaudrait autant avoir affaire à des gens qui.... pasc. Pruv. 7. Ayant affaire à des personnes de toutes sortes, id. ib. 6. Ils ont affaire à un homme bien vigilant, sév. 662. Saint Cyrille avait affaire à un de ces dialecticiens.... boss. Conc. On ne sait si on a affaire à un chrétien ou à un païen, id. Avert. 4 . || Par menace. Si vous tenez ce langage, vous aurez affairn à lui, il vous cherchera querelle, il vous en fera repentir. Quiconque rira aura affaire à moi, mol. Pourciv,4. Il 20° Avoir affaire avec quelqu'un, avoir à tiaiter d'affaires avec lui.J'aiaffaire ce matin avec le ministre. Ceux avec qui ils ont affaire tous les jours, fén. Tél. xxm. || Absolument, llaaffaire, il ne peut quitter, boss. Princ. de P. 2. ||21° En termes de fauconnerie, un oiseau est de bonne affaire, quand il est bien affaité, bien dressé pour la volerie. Il Par extension. Un autre était muet et d'amoureuse affaire, la font. Fianc. Sa femme était encor de bonne affaire, id. Berceau. || 22° En parlant d'une femme, avoir ses affaires, avoir ses règles. Il 23° Faire ses affaires, aller à ses affaires, satisfaire ses besoins naturels. Autrefois, chez le roi, on appelait chaise d'affaires la chaise percée, et brevet d'affaires, le privilège d'entrer dans le lieu où le roi est sur sa chaiso d'affaires. On sait que le roi Henri III fut blessé mortellement, par Jacques Clément, étant sur sa chaise d'affaires. Il 24° Proverbes. Corsaires à corsaires, L'un l'autre s'attaquant, ne font pas leurs affaires, Régnier, Sat. xil. Il Avoir affaire à la veuve et aux héritiers, c'est-à-dire avoir affaire à forte partie. || Ceux qui n'ont point d'affaires, s'en font, c'est-à-dire l'oisiveté fatigue, et on se fait des occupations. || X demain les affaires , c'est-à-dire ne songeons aujourd'hui qu'à nous divertir. || Chacun sait ses affaires, se dit quand on ne veut pas entrer dans les motifs de la conduite de quelqu'un. || Il a plus d'affaires que le légat, c'est-à-dire il est très-occupé.

— SYN. AVOIR- AFFAIRE À QUELQU'UN, AVOIR AF- FAIRE AVEC quelqu'un, se trouver en rapport avec lui. Les auteurs de synonymes disent que à marque supériorité, autorité, pouvoir de celui à qui on a affaire, et dépendance, infériorité, besoin de celui qui a affaire. Cette distinction est sans fondement; la seule réelle, c'est que à est plus général : on a affaire à quelqu'un pour toutes sortes de choses; on a affaire avec quelqu'un pour traiter avec lui, et en raison d'une certaine réciprocité qui n'est pas impliquée par à.

— REM. Dans la locution avoir affaire de, pour avoir besoin , quelques-uns écrivent à faire en deux mots. Cela ne peut être considéré comme une faute ; car à faire ici convient mieux que affaire; mais l'usage est d'écrire affaire en un seul mot dans cet emploi.

— HIST. xne s. Dire brevement l'affaire , Machab. 11 , Mouchet, n° 9. Là ont de leur afaire leur parlement tenu, Sax. xxvm. [Que chaque baron aille]Pour aprester ses homes, son cors et son afaire, Sax. xxxi.

— xiii* s. Vous avez empris le plus grant afaira et le plus perilleus que onques mais gent entrepreissent, viller. lxii. Endementres que ce fu fait, li empereres Baudoins avoit ja fait tous ses afaires en Salenique, id.cxxii. Ou [au] mantiau n'ot pas penne vaire Mes moult vies et de povre afaire, D'agniaiu noirs velus etpesans, la Rose, aie.Mèssans faille tu ne savoies X quel seignor afaire avoies, 16. 4258. Mes de tout ce qu'en ai-ge afaire, S'ele est cortoise et débonnaire ? ib. 4079.Quemon afaire va tousjours de mal en pis, Berte, xxx. Qui de si grant afaire [de si haute positionlfust à tel meseûr [malheur], t'6. xli. Conté [elle] m'a son afaire «t tout son errement. ib. xlvii. Quant li messagiers eut son afaire apresté.if». lxvii. Son afaire [elle] appareille, mains [moins] qu'ele peut, detrie [tarde], t'6. LXXii.Liquex [lequel] est coustumiersde dire vilonie au bailli ou as jugeurs ou à la partie à qui il a à fere, beaum. t, 4 8,

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— xiv* s. Mais quant vint au fort de l'araire, Monseur Charles ne sot que faire, Ne ses gens en nulle manière, Lin. du bon Jeh. 1387,

— xV s. Ces quatre chevaliers chevauchèrent si avant qu'ils approchèrent de moult près les Anglois et que ils purent bien aviser et imaginer une grande partie de leur affaire [de leurs dispositions] , froiss. i. i 285. Et n'est nul en Angleterre tant soit noble ni de grand affaire , qui l'ose courroucer.... id. i, l, 7. Se le grant Dieu me gart d'essoine, J( leur voiz compter ceste affaire, la Pass. de N.

5. J. C. Caïphas, tost congié prenons De Pilate, et nous hastons : Sy en alons en nostre afaire, la Itésutr. de J. C. Un curé voyant cest affaire, De la femme fut amoureulx, villon, Repues. Il y eut plus affaire à les renvoyer qu'à les appeler, comm. i, 2. Congnoissant que le roy d'Angleterre l'avoit fort désiré, il sembloit bien que s'il [le duc de Charolois] en avoit affaire, qu'il le gaigneroit des siens, id. i,

6. Son maistre ou ung prince de qui on a affaire, id. m, a Pour certain sien affaire, comme ildisoit, Bouciq. m, ch. 22. Et pour advertir de ceste affaire ceulx qui prennent plaisir à lire et à escouter les faiz de la guerre.... Bibl. des Chartres, 4« série,*, i, p. 430. Et faisoient de merveilleuses choses, et donnèrent de fors affaires aux ennemys, Jeh. de Saintré, ch. 81.

— xvi1 s. Et m'excuser, si pour le mien affaire Je ne suispoint vers vous allé parler, marot, dans Xénage.En guerre, en paix, en affaires urgents, Au gré des rois et profit de leurs gens, iD.t'ô. Enfans, avez-vous encores affaire de mon ayde? rab. Pant. iv, 24. Juppiler tenoyt conseil sus certains urgens affaires, id. ib. iv, Nouv. prol. Quiconque donc se présentera à nous ayant affaire de nostre aide, calv. Inst. 544. Il n'est pas seulement requis qu'il ait bonne cause en quelque affaire particulier, mais qu'il ait une justice entière en tout le cours de sa vie, id. ib, C45. Christ a toujours conformé ses responses à ceux auxquels il avait à faire, ib. 668. Mon esprit se donne plus d'affaire à soy mesme, mont, i, 33. Lorsque nous en avons le plus affaire, id. i, 97. Aulcuns me convient d'escrira les affaires de mon temps, id. i, 103. Le marchand ne faict bien ses affaires qu'à....lD. i , i o 4 . Ils veulent avoirà faire àgens qui....iD. ii,107. Moi qui m'espiede plusprez, comme celuy qui n'ay pas fort à faire ailleurs, id. ii, 323. En tels affaires, comme cestui-ci, il ne faut point dater soy-mesmes, ni autrui, lanoue, 22. En nulle action passée, on n'auroit eu tant d'afaire qu'on auroit en ceste-ci,iD. 437. Ils conurent qu'il y auroit de l'affaire à chasser les pigeons de ce colombier, id. 681. [Affaire est tantôt masculin et tantôt féminin dans d'aubignê,

LOUIS Xi, LESPERISRS, MARGUERITE et TVEr]. Il est

une commune affection que l'on averslesmeschans, pendant que l'on a affaire d'eulx : ne plus ne moins que ceulx qui ont affaire du fiel et du venin de quelques bestes venimeuses , amyot , iîotn, 28. Les utensiles dont on ne se peult passer, et dont on a tous les jours à faire, id. Lyc. 14. Il chassa de Sparte les estrangers,sinon ceulx qui y auraient nécessairement affaire, id. Lyc. 67. La ville estoit contaminée de quelques cas abominables, qui avoient nécessairement affaire de purgation, id. Solon, 19. Hannibal estima qu'il le falloit attirer au combat , ou autrement que les affaires des Carthaginois s'en alloient ruiner, id. Fab. 12. Il luy envoya un officier luy faire commandement de descendre de cheval, et de venirà pied, si d'adventure il avoitaucune chose à faire au consul, id. t'6. 48. Ellenetrouvoitpas àqui se marier pour sa pauvreté, et avoit beaucoup affaire à vivre, id. Arist. 66. J'ai veu plusieursjurisconsulteset grands hommes d'Etat s'etendresur cet affaire [le duel], d'aub. Fcen. I, 9. On dit qu'elle a fait ses affaires [ordures] dan3 ses chausses, id. ib.

— étym. Bourguign. ai faire; wall. afé; provenç. afar, afairi; anc. catal. afaire; ital. affare; de à et faire. Ce mot était masculin dans l'ancien français, dans le provençal; il l'est encore dans l'italien. Lepremierexemple du féminin est, ici , du xv" siècle. Ce mot était nécessairement, à l'origine, du masculin, puisque c'est un infinitif, et que tous les infinitifs pris substantivement sont de ce genre. Ce qui aura probablement induit à le faire féminin, c'est sa terminaison féminine. Danslexvm* siècle la chancellerie avait conservé l'ancien genre, et sur les dépêches du roi on mettait : Pour les exprès affaires du roi, et non expresses. Chapelain, voulant se rendre raison du genre masculin dans l'ancien usage, dit que c'est que nous l'avons tiré de l'italien affare qui est de ce genre : c'est une erreur; affaire ne Tient pas de l'italien affare. Il est, dès lexir» siècle,

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dans les textes français, à une époque où le français n'empruntait rien à l'italien.

AFFAIRE, ÉE (a-fe-ré, rée), ad}. Qui a beaucoup d'affaires. Toujours affairé. Ayant l'air affairé. Elle paraissait fort affairée, hamilt. Gramm. 7.

— HIST. xvi'. s. Un riche malaysé, nécessiteux, affaireux, me semble plus misérable que.... mont, i, 314. la modération est vertu bien plus affaireuse que n'est la souffrance, id. m, 185. J'aime mieulx une vie moins brave et moins affaireuse, id. iv, 77. En toute sa vie, il n'a esté si afferré ny empesché que depuis dimanche dernier, carl. v, 23.

t AFFAISAGE (a-fé-za-j') , s. m. Terme de fauconnerie (voy. affaitage).

AFFAISSÉ, ÉE (a-fê-sé, sée), part, passé. Terres affaissées. Visage amaigri, tempes affaissées. Affaissé sous le poids de l'âge. Pendant que l'empire d'Orient était affaissé sous un mauvais gouvernement, des causes particulières le soutenaient, montesq. Rom. 23.

AFFAISSEMENT (a-fê-se-man), s. m. || 1« État de ce qui est affaissé. L'affaissement dos terres, du sol. L'affaissement du corps. Affaissement moral. || 2° En géologie, système des affaissements, celui qui explique la formation des montagnes par l'abaissement des terres environnantes.

AFFAISSER (a-fê-sé), v. a. || i° Faire ployer sous le faix. Une trop grande charge a affaissé le plancher dugrenier. || 2° Faire baisser, tasser des choses posées les upes sur les autres. Les grandes pluies affaissent les terres. || 3° Fig. Accabler, affaiblir. Le grand âge n'a point affaissé votre esprit. || 4" S'affaisser, v. réfl. Le terrain s'affaisse. Elle ne pouvait se tenir et s'affaissait, sév. 151. Velléda porte à sa gorge l'instrument sacré [sa faucille d'or] : elle s'affaisse sur le char, chateaub. Hart. 345. || 6° S'affaiblir, succomber. Le corps s'affaisse par la fatigue. Rome s'affaissa sous le poids de sa propre grandeur. Esprit qui s'affaisse.

— HIST. xiii' s. Durement s'estent et s'afaiche ; De fein li dolent li bouel, Ren. 24352. ||xvi" s. La vessie s'affaisse et reserre selon que l'urine sort,

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