LA BRUY
— HIST. xii* s. Le jor [il] eûst maint des noz [nôtres] lapidé [tué] ; Mes Renoars Pot moult tost affronté X [avec] son tinel [massue] qui devant fu ferré, Bat. d'Aleschans, 6330. || xm* s. Ja n'i viengneil sainte ne saint; Vassal, vassal, seDiex me saint [sauve], A poi que ge ne vous affronte [frappe sur le front, tue], la Bose, t5037.N'il ne m'osent veoir do honte, Par quoi que chascun ne s'afronte [se déshonore], ib. «0)62. De voir sachiez que cil s'afronte Qui le mauvais loe etamonte, alars de cambrai , ms. de Caignat, f° (60, dans ste palaye. || xvi* s. Affronter les ennemis, mont, i, 5. Ces esquadrons de lances, s'estans affrontez avecques nos files de gendarmerie,les ont aisément renversées, lanoue, 288. Encores que Pesquadron de lances face sa charge valeureusement , il n'en peut succéder grant effect; car à l'affronter, il ne tue personne, id. 3)2. Autres courent par ci et par là, pour tromper et affronter ceux.... id. 477. Il ne fault point faire compte de tout cela, ains aller droit affronter les hommes et s'attacher hardiment àeulx, amyot, Thém. a. Les uns reculoient, les autres n'ozoient affronter ce bataillon de Macédoniens , id. P. Mm. 33. Il avait toujours esté choisi pour estre du nombre des trois ou quatre qui s'affrontoient hardiment dans les délibérations avec les députez du roy , d'aub. Vie , eu. Encores le pont pour en sortir estoit affronté et bloqué de bons retranchemensgarnis de mousqueterie, id. Hist. il, 436. H donna tant de voilées dans les bataillons que l'amiral avoit affrontés [mis en front) au ruisseau, que.... id. ib. i, 304.
— ÊTYM. Affront; provenç. afrontar; Ual.affrontare.
AFFRONTEUR, EUSE (a-fron-teur, teû-z'), s. m. eif. Qui trompe. Et ainsi, c'est vous qui êtes Paffronteur,BALZ. Liv. vu, lett. iv. Un affronteur public, d'alemb. v, 221. Voilà comme vous faites , bons affronteurs , vous ordonnez souvent les choses à tort et à travers, hauter. Crispin M. m, 4 2.
— ÊTYM. Affronter; bourguig. efronteu; provenç. afronlier.
fAFFRUITER (S') (a-frui-té), v. réfl. Terme de jardinage. Se mettre à fruit, en parlant d'un arbre. Ce poirier s'est affruité cette année.
— HIST. xni* s. Je ne voi que ma chose à nessun bien s'afruite, Berte , 37.
— êtym. A et fruit. Dans le Berry, affruiler est verbe neutre : cet arbre bien taillé affruitera.
AFFUBLÉ, ÉE(a-fu-blé, blée), part, passé. Affublé d'une robe. Etre affublé de ridicules, être couvert de ridicules.
AFFUBLEMENT(a-fu-ble-man), s. m. Action d'affubler; ajustement singulier, ridicule. Que signifie cet affublement ? c'est une vraie mascarade.
— ÊTYM. Affubler. On trouve dans l'ancien français afublail, Rois, 93, et dans le provençal a/ublalh.
AFFUBLER (a-fu-blé), v. a. || 1" Habiller d'une manière irrégulière , bizarre , ridicule. Ce fut elle [la maréchale de Villeroy] qui sans y penser affubla
AFF
M. de Brissac de ce bonnet qu'ils ont mis [dans leurs armes], st-sim. to, ub. || 2° S'afTubler, v. réfl. Il s'était affublé d'un costume singulier.
— HIST. xi' s. Afublez est d'un mantel zabelin, Ch. de Roi. xxxiv. || xn« s. [Il] afublé ot un petit mantel gris, Rom. p. <4. Il fu bien afublez d'une pelice vaire, Sax. xxxi A la curt en ala, quant il i fu mandez ; Par desus le surpliz s'est de l'estole armez, D'une chape à canoine par desus afublez, Th. le Kart. 37. || xiii* s. Lors prent li air son mantel inde, Qu'il vest trop volontiers en Inde, Si s'en afublé, et si s'apreste De soi cointir et faire feste, la Rose, 4821 5. Si tost com povreté l'afuble De son hideus mantel onuble.... ib. 48(1. El [pauvreté] n'avoit plus queafubler, Grant loisir avoit de trembler, ib. 453. Quant les borgoises du chastel, Affublées de lor mantel, buteb. il, <77. || xvs. Affublé d'un mantel. fhoiss. ii, ii, 30. Philippe se leva moult tost et affubla une gonne, id.ii, n, <92. Ladamoiselle fut affublée par son serviteur d'un seau d'eau et de cendres, louis xi, Nouv. xxxvii. Si ce ne (tut pas l'amour de vos bons amis, je vous ferois affubler la prison de céans, id. ib. xciv. || xvi' s. Il s'en va la coiffer comme d'un chapeau d'albanois, le lui affublant du costé qu'il estoit rompu, desper. Contes, xxii. Puis s'affubla la teste avec sa robbe , amyot , Détnoslh. 42. Luy s'esloit retiré à part, sanS lumière, gisant la teste affublée, de peur de voir personne, id. Crassus, 62. Puis un beau guimple affubla par dessus, Prime, dougé [délicat au toucher], filé de main sçavante , bons. 638. Généralement toutes les opinions superstitieuses dont sont affublés les enfans, femmes et esprits foibles, charron, Sagesse, I, u.
— ÉTYM. Affubler est pour affibler, de af pour ad (voy. a), et fibula, boucle, diminutif de fiber, qui est à l'extrémité (voy. fibbe) ; bourguig. tffeublai; normand, affluber; picard, affulcr; wall. afûler ; ital. affibbiare; bas-lat. affibulare, affiblare.
t AFFUSION (a-ffu-zion) ,s. f. Terme de médecine. Moyen thérapeutique qui consiste à verser en nappe et seulement de quelques centimètres de hauteur une certaine quantité d'eau sur une partie du corps. L'affusion diffère de la douche, en ce que, pour celle-ci, l'eau est versée d'un lieu élevé.
— HIST. xvi* s. Comme la lumière d'une lampe qui est amortie par affusion de trop d'huile, paré, xviii, 73.
— ÉTYM. Affusio, de affundere, de ad, h, et fundere. verser (voy. fusion).
AFFÛT (a-fu. Le t ne se lie pas : l'affût est orisé, dites l'afu est brisé) , s. m. || 1° Endroit où l'on se poste pour attendre le gibier. Le chasseur qui est à l'affût. La chasse à l'affût. Tirer un lièvre àl'affût. || Par extension. Ceuxquidevaientse mettre a l'affût aux environs de Péronne, hamilt. Gramm.b. || 2" Fig. Etre à l'affût, épier le moment favorable pour faire une chose. Être à l'affût des occasions. Il est à l'affût de ce qui se dit sur son compte. Cupidité toujours à l'affût. || 3° Pièce ou assemblage de diverses pièces de bois ou de métal qui supporte une bouche à feu. Je dormis sur l'affût des canons meurtriers, v. hugo, Oaes,v, 9. || Par extension. L'affût d'un télescope. || 4° Scie à découper.
— ETYM. À et fût. L'accent circonflexe est mis à ce mot et aux suivants, à cause de fût; mais pourquoi ne le met-on pas & futaie, futaille, futé , qui ont aussi fût pour radical? Af-fût, c'estau bots.
AFFUTAGE (a-fu-ta-j'), s. m. || 1" Action d'affûter, d'aiguiser des outils. 1 1 2° Assortiment d'outils nécessaires à un ouvrier. || 3" Autrefois, action d'affûter un canon.
— ÉTYM. Affûter.
AFFÛTÉ, ÉE (a-fû-té, tée), part. passé. Burin affûté.
AFFÛTER (a-fu-té) ,v.a. || 1° Aiguiser un outil. Les graveurs affûtent leur burin. Affûter un crayon, en refaire la pointe. || 2° Ajuster les outils aux fûts qui servent à les maintenir dans la position la plus propre piurlesfaire couper. || 3° Autrefois, affûterun canon, le disposer pour tirer; maintenant on dit mettre en batterie.
—hist. xv s. Et affûtèrent grant nombre d'artillerie, comm. 1,9. || xvi* s. Aprèz, les afusta justement vene contre vene, nerf contre nerf, sponâyle contre spondyle, affin que il ne feust torty colly, Iîab. Pant. il, 30. Or mouchez vos nez, petits enfans , et vous aultres , vieulx resveurs , affustez voz besicles, et pesez ces motz ou poys du sanctuaire, ID. Progn. Pant. préf. Le médecin a besoingdetrop de pièces pour affuster justement son desseing , mont, m, 217. Le gouverneur nommé Mousa court à l'alarme, les soldats s'affustent et crient au raar-