SYN. S'AFFECTIONNER A, S'AFFECTIONNEB. POUR
S'affectionner à, dit Marmontel, c'est s'attacher; s'affectionner pour, c'est s'intéresser vivement, se passionner.
— REM. Bouhours dit dans ses Remarques : Des personnes très-jolies disent affectionner en un sens
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particulier : « Les faiseurs de comédie doivent affectionner les spectateurs. » Ce sens n'a pas prévalu. On a créé, en place , impressionner.
— HIST. xvi' s. Ceux qui s'affectionnent aux guenons et petits chiens, mont, i, 2t. Il s'y affectionne et s'y embesogne [à ces exurcices], id. u, 358. Conservant tant de nations si esloignées , si mal affectionnées, id. iv, 85. L'avocat estant affectionné [animé] va dire : Monsieur le président, un mot , desper. Contes, xix. Le plus affectionné serviteur et ami qu'elle ait-, marg. Nouv. ix. Si quelque beau père affectionné au couvent, vient à lire ceci.... lanoue, 63. La concorde, qui nous rend affectionnez au bien les uns des autres, id. 66. Le tout représenté si vivement, qu'en le lisant nous nous sentons affectionnez , comme si les choses n'avoient pas esté faictes par le passé, ains se faisoient présentement, amyot, Préf. xiv, 42. Il estoit si fort affectionné à l'estude, qu'il en oublioit toute autre chose, m. ib. xxiv, 62. Et qu'il soit vrai que Martius fust ainsi alors affectionné, il le monstra bien tanstost après évidemment par ses effets, id. Cor. 33. Ilz n'ozerent jamais se mettre aux champs pour les aller secourir : tant estoient leurs cueurs espris de deffiance, et mal affectionnez à la guerre, id. ib. 49. Sa Majesté affectionnait beaucoup M. le mareschal, carl. ix, 22. Un bon historien doit escrire la vérité, sans s'affectionner à l'une ou à l'autre part, m. du bell. Préf. Mon ami, je vous convie suivant vos juremens à venir mourir avec votre affectionné, d'aub. Vie, ex.
AFFECTUEUSEMENT (a-fè-ktu-eû-ze-man) , adv. D'une manière affectueuse. Il m'a parlé affectueusement. C'est par le sentiment et l'impression de ce désir du salut que lé saint roi David s'écriait si souvent et disait si affectueusement à Dieu.... bourd. Pmsées, t. 1, p. 44.
— hist. xiii* s. Car si affectueusement Ne si très amoreusement Riens que je saiche ne me point, J. he meung, Tr. <79, if xv* s. Il fit [Hue le Dépensier] le roi d'Angleterre escrire au Saint-pere, en suppliant assez affectueusement qu'il voulust escrire et mander au roi Charles de France qu'il lui voulust renvoyer sa femme.... fsoiss. i , 1, 1 1. Ces parolles d'appoinctement plaisoient au roy et audit conte de Charolois comme je luy ay ouy compter depuis, et si affectueusement parloient d'achever le demourant qu'ils ne regardoient point où ilz alloient, comm, i, 1 3. y xvi" s. Je ne me suis point espargné de servir à l'église de Dieu en cest endroit, le plus affectueusement qu'il m'a esté possible , calvin, Inst. épit. Si vous avez ce que vous demandez, qui vous contraint d'en parler si affectueusement? marg. Nouv. x.... Dont il se prit à l'aimer et honorer fort affectueusement, amyot, Luc. 16. Il le pria le plus affectueusement qu'il luy fut possible, qu'il retournast en volunté de vivre , id. Péric. 36. Les soudards de Fimbria venoient saluer ceidx de Marius et leur aidoient bien affectueusement à faire leur trenchée, id. Sylla, 52. Ne doutant point qu'une telle et si rare perle ne deust estre fort affectueusement recherchée, carl. 1, 26.
— ÉTYM. Affectueuse au féminin, et ment; provenç. affectuosamens.
AFFECTUEUX, EUSE (a-fè-ktu-eû , eû-z'), adj. Qui montre beaucoup d'affection. Je m'étais conduit comme un ami très-affectueux. Lettre affectueuse. Discours affectueux. On assiste les pauvres parce que naturellement on est sensible aux misères d'autrui, et qu'on a le cœur tendre et affectueux, bourd. Pensées, t. 1, p. SU.
— REM. Ce mot est fort bon, et se dit, surtout en matière de piété, pour marquer ce qui vient du cœur : Ces mouvements de dévotion tendres et affectueux, bouhours, Atout'. Rem.
— ÉTYM. Provenç. affectuos; espagn. afectuoso ; ital. affettuoso; d'affectuosus,d'affectus, impression, d'afficere (voy. affection).
t AFFENAGE (a-fe-na-j'), *. m. Terme d'agriculture. Action d'affener.
— ÉTYM. Affener.
+ AFFENÉ, ÉE (a-fe-né, née), part, passé.
t AFFENER (a-fe-né. La syllabe ne prend l'accent grave, quand celle qui suit est muette; et elle est sans accent, quand la syllabe qui suit est sonnante), v. a. Terme d'agriculture. Donner la pâture aux bestiaux.
— êtym. Ad, à, et fenum, foin (voy. foin). AFFERENT, ENTE (a-fé-ran, ran-f), adj. En
termes de droit, il se dit de la part qui revient à chaque intéresse dans un objet indivis. Portion afférente.
— HIST. xi* s. Ice plait afierent à la couronne !e rei, Lois de Guill, 2. || xu* s. 11 n'aûert pas à vous
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que nuls s'en plaigne, Couet, 9. || xiir s. Lors furent li ostel desparti à chascun endroit soi, tel comme il aferoit, villeh. 49. Car ce n'aferist mie à l'homme Que sens et proesce renomme, la Rose, 6427. Il xiv* s. Le gai [guet] fu d'autre part, qu'on ala ordenant, Et avoit fait son tour, si con est aferant, Guescl. 16547. || xv* s. Si honorablement comme à telle damoiselle qui devoit estre roino d'Angleterre afferoit, froiss. i, i, 46. || xvi* s. Tel est vestu de cappe hespaignolle, qui, eu son couraige, nullement affiert à Hespaigne, rab. Garn. t , Prol. Mais pour autant qu'il atiert aux amis Et serviteurs, Jamais ne celer rien X leurs aymez, soit
de mal soit de bien marot, ii, 72. H n'affiert
qu'aux grands poètes d'user des licences de l'art, mont, i, 466.
— ÊTYM. Provenç. afferir; bas-lat. afjirere , dans un texte du xn* siècle. M. Burguy le tire de ad et ferire, frapper (voy. férir). La conjugaison y invite en effet, et elle est parfaitement régulière; dès lors le sens sera : frapper à, aller à, convenir. Comme on voit , afferir , avec le sens de convenir, avait un usage étendu et n'était pas borné au participe présent.
AFFÉRENT, ENTE (a-fé-rant , ran-t') , adj. En termes d'anatomie, qui apporte. On appelle vaisseaux afférents les vaisseaux lymphatiques qui, marchant vers leurs réservoirs centraux, arrivent aux ganglions situés sur leurtrajet, etyapportent les liquides absorbés.
— étym. Afferens, apportant, de afferre.
f AFFERMAGE (a-fèr-ma-j'), s. m. Action d'affermer. Les propriétés nationales, proposées d'abord au prix de to années de leur affermage annuel, s'élevèrent avec les succès de la république [d'Angleterre], chateaub. Stuarts, 255.
— êtym. Affermer.
f AFFERME (a-fèr-m'), s. f. Fermage. On ne peut moins donner que deux moulins à chaque lieue carrée, chacun desquels pourra rendre d'affermé, l'un portant l'autre, pour le maître et pour les valets, trois cent trente livres, vaub. l)lme, p. 76. Il Terme vieilli.
— HIST. xvi* s. En cas d'affermé, que le seigneur accorde avec son fermier du prix du revenu de son bien, 0. de serres, 57.
AFFERMÉ, ÉE (a-fèr-mé , mée), port, passé. Il 1° Donné à ferme. Terre affermée par le propriétaire à un homme actif. || 2° Pris à ferme. Terre affermée par un homme actif qui la fera bien valoir.
AFFERMER (a-fèr-mé), v. a. Donner à ferme ou à bail ; prendre à ferme ou à bail. J'ai affermé mes terres à un excellent fermier. Mon fermier a affermé une terre qui me restait. Affermer la perception des impôts. Cet entrepreneur afferma la fourniture des chevaux. Les financiers, sous l'ancienne monarchie, affermaient, pour un prix qu'ils payaient à l'Etat, les impôts.
—SYN. affermer, louer. Ces deux mots signifient l'action par laquelle le propriétaire d'une chose en cède à un autre la jouissance et l'usufruit, au moyen d'une somme annuelle. Mais affermer ne se dit que des biens ruraux, des impôts ou des fournitures, et louer est un terme plus général qui s'applique atout, aux terres, comme aux logements, ustensiles, animaux.
— HIST. xvi* s. Nous voions quel bien nous pouvons affermer ou arrenter et quel tenir à nostre main, ol. de serres, 57.
— ÉTYM. À et ferme, s. f.
AFFERMI, MIE (a-fèr-mi, mie), part, passé. Rendu ferme. Affermi sur ses pieds. Maison affermie sur ses fondements. Trône affermi dans la maison de Hugues Capet. Un État affermi. Paix affermie. Autorité mal affermie. Affermi dans son opinion. Le tremblement de terre de Lisbonne empêche-t-il que vous n'ayez fait le voyage de Madrid à Rome sur la terre affermie? volt. Dial. xxiv, 4. Ce même Bajazet, sur le trône affermi, Méconnaîtra peut-être un inutile ami, rac. Baj. 1,1. Les Dieux m'ont secourue, et mon cœur affermi N'a rien dit ou du moins n'a parlé qu'à demi , id. Mithr. Il, t. Mais si dans son devoir votre cœur affermi Voulait ne point s'entendre avec son ennemi.... id. Brit. m, t. Rien ne remuait en Judée contre Athalie : elle se croyait affermie par un règne de sixans, boss. Hist. 1, 6. Un prince est sur son trône à jamais affermi, Quand il est honoré du nom de son ami, corn. JVi'com. in, 2. Enfin notre bonheur est-il bien affermi? m. Hor, 1, 4. Je vois que Cécile l'accuse; Dans un projet coupable il le fait affermi, th. corn. Essex, n, 3.
AFFERMIR (a-fèr-mir), v. a. || 1* Rendra femo
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au propre et au figuré. Affermir une colonne. Le vinaigre affermit certains légumes. Cet événement affermissait la paix. Affermir le courage de quelqu'un. Vous m'avez affermi dans cette opinion. Ma raison me rappelle ces grands motifs qui m'ont toujours déterminé à croire, et m'ont paru jusqu'à présent les plus propres àm'affermir dans la foi où j'ai été élevé, bourd. Pensées, 1. 1, p. (00. Or, qui peut le déterminer, l'affermir, le mettre à toute épreuve? C'est la religion, id. ib. p. 229. Tout ce qu'on a fait d'efforts pour la détruire [la religion chrétienne] n'a pu l'ébranler, et l'a plutôt affermie, id. «6. p. 244. Enfin des légions l'entière obéissance Ayant de votre empire affermi la puissance.... lue. Brit. IV, a. Oui, c'est moi qui longtemps contre elle et contre vous Ai cru devoir, madame, affermir votre époux, id. Iphig. v, 6. Affermis par ma mort ta fortune et la mienne, corn. Pol. v, 2. Pais-lui, fais-lui savoir le glorieux dessein De m'affermir au trône en lui donnant la main,lD. Sert. Il, t. || 2° S'affermir, v.réfl. Devenir ferme. Les chemins se sont affermis par la gelée. Si votre santé s'affermissait. Pourvu que nous nous affermissions davantage dans la vertu. Et son cœur s'affermit au lieu de s'ébranler, corn. Pol. m, 4 ce cœur infatigable, Qui
semble s'affermir sous le faix qui l'accable, rac. )Iith.ui,i. Il 3° Terme de manège. Affermir la bouche d'un cheval, l'accoutumer à la bride. || Affermir un cheval sur les hanches, l'accoutumer à tenir les hanches basses.
— SYN. AFFERMIR, RAFFERMIR , CONFIRMER. Le sens
est donner de la fermeté. Ces trois verbes ne sont synonymes qu'au figuré. Cet événement m'affermit dans mon opinion ; j'avais l'opinion, et il m'y rend ferme. 11 me raffermit dans mon opinion; j'étais ébranlé, ilm'yrend fermedenouveau.il meconfirme dans mon opinion jj'avais l'opinion, rien ne l'a ébranlée; ce qui survient ajoute une nouvelle raison pour y demeurer.
— hist. xi* s. Afermet [il] est à ses estreus [étriers] d'or fin, Ch. de Roi. cxlix. || xn* s. Tant s'est amours affermée En mon cuer à long sejor, Couci, i. Quant plus se fut bone amour entr'eus mise Par loiauté affermée et reprise, audefr. le bast. Romancero, p. ». || rv* s. Ce mariage futtantost octroyé et affermé d'une part, froiss. i, i, 46. || xvi" s. [Dans Rabelais, on trouve fréquemment affermer pour affirmer et pour affermir.] Tout ce que le cours de l'eau emmené aval s'y attache et s'y lie si bien, que l'un par le moyen de l'autre s'y affermit et prend une fermeté asseurée, amyot, Philop. 4 2. Puis au laict sera ajoustée la pressure pour le cailler et affermir, o. de serres, 285. Le coing s'affermit à la chaleur du sirop, id. 865.
— ÊTYM. Provenç. affermar; espagn. afirmar; ital. affermare. L'ancienne forme est afermer qui a son analogue dans le provençal, l'italien et l'espagnol,et qui vient du latin affirmare, affermir, rendre ferme, de ad, à, et firmus, ferme. La forme affermir provient du môme mot par un changement de conjugaison ; elle ne parait qu'au xvi* siècle dans le langage écrit; mais elle doit être plus ancienne dans le langage parlé, car ce n'est pas au xvi* siècle qu'on aurait changé la conjugaison d'un verbe latin.
AFFERMISSEMENT (a-fèr-mi-se-man), s. m.
|| i° Action d'affermir, de consolider; résultat de cette action. Affermissement des chairs, des gencives. || 2° Fig. L'affermissement de la santé. L'affermissement des empires. Nous voyons combien il est de notre intérêt que cette église subsiste, et combien il nous importe de travailler tous et de concourir a son affermissement, bourd. Pensées. t. u, p. ai b. Pour son honneur, son affermissement et son agrandissement, id. ib. p. 329.
— HIST. xvi* s. Au temps des extrêmes froidures, il faudra aider à l'affermissement du laict par le
feu, o. de serres, 284 Craincte de l'importun
affermissement, auquel les mêles [nèfles] sont sujettes, ID. 888.
— ÊTYM. Affermir.
AFFÉTÊ.ÉB (a-fé-té, tée), adj. Qui a de l'afféterie; qui marque de l'afféterie. Jeune homme affété. Manières affétées. Si quelque autre affétée, en sa douce malice... , Régnier, Sat. vu. Je laisse aux doucereux ce langage affété, boil. Sat. ix. Et sous l'indigne appât d'un coup d'oeil affété, corn. Rodog. m, 3. L'Esope des Français.... A de la Champmeslé vanté la voix aimable, Ses accents amoureux et ses sons affétés, volt. Ép. 85.
— HlST. xii* s. Olivers fut courtois et afaitiez, Ronc. p. 85. |l xlu* s. Li neims le vit [le chevalier] ti affeitf [poli], Si franc, si bel, si enseigné, Lai
del désiré. Maint vaillant homme a mis à glaive Cis mireors, car li plus saive [sage], Li plus preus, li miex afetié [instruit] Y sunt tost pris et aguetié [attrapés], la Rose, 4 589. ||xv* s. Ouquel soubz un langaige affaité sont enclos les commencemens et ouvertures de mettre rigueur en la court amoureuse, al. chart. Requête aux dames. C'est ung très beau roy. Il ayme fort les femmes. Il pourroit trouver quelque affettée à Paris qui luy pourroit bien dire tant de belles parolles qu'elle luy feroit envye de revenir, comm. iv, (0. Le mari se fit mander quérir par un messager affaicté pour aller vers un seigneurdu pays, louis xi,*ft>uv. 56. Elle, comme femmes savent bien faire, trouva une bourde toute affectée, id. ib. 65. || xvi* s. Un autre respondit de mesme à son confesseur; mais il sembloit estre un peu plus affaité [ruséj, desier. Contes, xlii. Il n'y a amour si secrète, qui ne soit sue, ni petit chien si affetô [dressé] ni fait à la main, duquel on n'entende le japper, marg. rVouc. lxx. Les poètes et orateurs qui se veulent garder d'une façon affettée et non pure, la boêtie, Règles de mariage. Les uns cerchent un langage affetté, qu'ils appellent fleuri, d'aub. Hist. prèf. 3. Il n'entroit en leur pais aucun affetté rhetoricien pour enseigner à finement plaider, amyot, lyc. «5. Il étoit bien affetté [sournois, trompeur] et faisoit toujours quelque chatonnie [malice], desper. Contes, xn. Une beauté molle, affettée, délicate, artificielle, mont, i, 477.
— ÊTYM. Le même mot, sauf l'orthographe, que affaiter ou affecter (voy. ces mots). Il n'y a qu'à parcourir l'historique pour s'en convaincre.
AFFÉTERIE (a-fé-te-rie) ,s. f. Recherche mignarde dans les manières ou dans le langage. Eut recours aux regards remplis d'afféterie, la font, la Coupe. Dont l'œil rit mollement avec afféterie, Régnier, Sat. îx. Rien ne se refuse dans les embrassements d'une femme artificieuse.... les moindres de ses afféteries emportaient les grâces des criminels, balzac, le Prince, ch. xi.
— HIST. xvi" s. J'eus honte que mes caprioles et affecteries de cour me fissent entrer sans barbe où ces vieillards estoient refuzés, d'aub. Hist. i, 4 54. Vous n'estes point subjecte à faire des affaiteries [coquetteries] comme la plupart d'elles font, carl. vi, 36. Langage sans afféterie [tromperie], amyot, Lyc. 44.
— ÊTYM. Affété.
AFFETTCOSO (a-ffet-tou-ô-zo) , adv. Terme de musique, indiquant qu'un morceau doit être rendu avec une expression tendre.
— ÊTYM. Ital. affettuoso (voy. affectueux).
t AFFEURAGE (a-feu-ra-j'), s. m. || i" Droit que les seigneurs mettaient sur les boissons et sur certaines denrées. || 2° Fixation du prix des denrées.
— ÊTYM. Ad, et forum, marché.
T AFFICHAGE (a-fi-cha-j'), f . m. Action de poser un certain nombre d'affiches. On m'a demandé tant pour l'affichage.
AFFICIIE (a-fi-ch'), s. f. ||1° Feuille imprimée ou manuscrite que l'on applique sur les murs, pour donner connaissance au public de quelque chose. Poser une affiche. Il annonça par une affiche qu'il vendrait.... Tous les murs de Paris sont couverts d'affiches. || 2* Petites Affiches, feuille périodique d'annonces. || 8° En termes de pêche, petit engin dont on se sert pour tendre un verveux. Longue perche ferrée pour arrêter et fixer les bateaux.
— HIST. xv* s. Non trop curieux en déguisements; ne moult ne s'y entend, ne amuse, ni ne dore son corps par diverses affiches, Bouciq. iv, 7. || xvi* s. Il denoncea et publia par affiches que ce mesme jour là il vouloit lever gens pour la guerre, amyot, Cam. 76. Dans Rabelais, ce. mot signifie épingle.
— ÊTYM. Voy. afficher.
AFFICHÉ, ÉE (a-fi-ché, chée), part, passé. Ordonnance affichée dans toutes les rues. Honte affichée, rendue publique par celui-là même qui a commis l'action honteuse. Homme affiché, devenu très-connu en bien ou surtout en mal. Femme affichée, femme dont la galanterie est notoire. Quand une fois ma personne fut affichée par mes écrits, j. j. rouss. Prom. 6.
AFFICHER (a-fi-ché), v. a. || l'Appliquer au mur des affiches. Afficher une loi , une vente. Charles XII fit afficher qu'il n'était venu que pour donner la paix. Quoi! mes pères, afficher vous-mêmes dans Paris un livre si scandaleux, avec le nom de votre P. Meynier à la têtel pasc. Prov. 46. || 2* Par extension. Un ministre veut m'enrichir Sans qu'au Moniteur on m'affiche, bëranger, Refus. || 3* Faire étalage de. Afficher la douleur. Afficher la préten-
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tion de connaître à fond. 11 affiche sa honte, ses vices. Plutôt que d'afficher notre impuissance à l'égard de certains désordres. Vous abjureriez la philosophie pour afficher la dévotion, volt. Dial. 30. || 4° Afficher une femme, rendre public le commerce de galanterie qu'on a ou qu'on veut faire croire qu'on a eu avec elle. || 5° S'afficher, v. réfl. Ne se prend qu'en mauvaise part. N'avez-vous point de honte de vous afficher ainsi? S'afficher pour un homme sans mœurs.
— SYN. afficher, affecter. Faire montre de.... c'est là la signification commune à ces deux verbes, en tantque synonymes. La différence est que affecter implique qu'on ne ressent pas les sentiments dont il s'agit : affecter la douleur, c'est faire montre d'une douleur qu'on ne ressent pas. Afficher n'implique rien de pareil : afficher une douleur, c'est faire montre d'une douleur qu'on ressent ou qu'on ne ressent pas.
— HIST. xi* s. Puisqu'il l'a dit, moût s'en estafichét [résolu] , Ch. de Roi. clxxxviii. La bataille est moût dure et afichée, ib. ccxlvi. || xii* s. Affichez [affermi] s'est sur les estriers dorés, Ronc. p. 6». Et puis remontent [à cheval], si se sont afichez, ib. p. 67. De ce qu'oit [eut] dit, est forment afichez [il tient fortement à ce qu'il a dit], t'b. p. 419. Pur ço esguard par raisun, e bien l'os afichier, Que, se li clers forfait à perdre sun mestier, Face le sis prelaz en sa chartre lancier, Th. le Kart. 31. E jure les oilz deu e volt bien afichier Que jamais à cel puint ne purra repairier, t'b. 4(0. || xm* s. Li empereres s'afficha bien d'eus destruire selonc son pooir, H. de valenc. xxxiii. Or voil-je bien afichier Que n'a si loial ne si sage En ma cort, ne de tel corage, Ren. 6048. Li porc li vint gole baée, Et li chevaliers tint l'espié, X un chesne s'est afichié, Ren. 22508. Car il dit, et por voir l'affiche En son noble livre Auréole Qui fait bien à lire en escole, la Rose, 8604. Sine di-ge pas ne n'afiche Que roi doient estre dit riche Plus que les personnes menues Qui vont nuz piez parmi les rues, t'b. 4876t. Carusurier, bien te l'afiche, Ne pourraient pas estre riche, Ains sunt tuit povre et soffreteus, Tant sunt aver et convoiteus, tb. 60R3. Richece ot une porpre robe, Ici ne tenés mie à lobe [fable] , Que je vous di bien et afiche Qu'il n'ot si bêle, ne si riche Ou monde, ne si envoisie [gaie], t'b. (062. Li plus poures se tint à rice, Et de grant hardement s'afice, FI. et Bl. (349. Li quens Raimons s'afiche de faire une envaïe, Ch. d'Ant. iv, 67. Quant li vesques oî Buiemont afichier Que il ne veut la lance par nul endroit baillier, t'b. vm, 4(5. Garsions s'enfol, por sa vie alongier, Amont el haut castel qui siet en haut rochiez ; Bien avoitde hautesse un trait d'arbalestrier ; En la porte s'afiche que firent aversier, t'b. vi, 4020. ||xiv* s. C'est à dire gens de forte sentence affichiés et ahurtés, qui sont fors à persuader, oresme, Eth. 214. H s'afiche es estriers comme homs amanevis, Baud. de Seb. vi, S7l. || xv* s. Et pour ce Dieu le trabucha, Ou font d'abisme l'aficha Et nous aussi qui l'ensuïsmes, Nat. deJ.C. Si s'afichierent à oster les pilots [pilotis], dont il en y avoit en l'Escaut semé grand foison, froiss. I, I, 436. || xvi* s. Et furent décapitez, et leurs testes affichées sur les portes de la ville, carloix, x, 44. Et firent afficher par les carrefours de la ville l'edict du roy, m. t'b. Dans Rabelais, afficher est mis pour greffer.
— ÊTYM. À et ficher; picard, affilier; provenç. aficar, afiquar ; espagn. afijar; ital. afficcare.
AFFICHEUR (a-fi-cheur) , s. m. Celui qui pose les affiches.
— ÊTYM. Afficher.
AFFIDÉ, ÉE (a-fi-dé, dée), adj. ||l*En qui on a confiance ; sur qui l'on compte. Favori de Philippe et si affidé à Alexandre que.... vaugel. Q. C. 383. s'il plaisait à S. M. d'envoyer nombre de gens de bien affidés dans les provinces, pour en faire une visite exacte jusqu'aux coins les plus reculés et les moins fréquentés, vaub. Dtme , p. 465. Ne voyant point revenir une servante qui lui était allée quérir une sage-femme affidée , elle s'était sauvée heureusement, scarr. Rom. corn. ch. 43. || 2° Substantiv. C'est un de ses affidés. Aposter quelqu'un de ses affidés. || Il se place toujours après son substantif : Un homme affidé ; une femme affidée.
' — HIST. xii* s. Quatre anz i fu li ber, qui en Deu suls'afie, Th. le ttart. 98. Sire Rolant, vous m'aviez afiée [fiancée], Roncisv. p. 4 76. || xiii* s. Vous disiez que afiée Estoit la pais et bien jurée, Ren. 4 784. Ensemble trestuit trois s'ahent, Et s'entrejurent et affient Qu'à lor pooir s'entraideront, la Rose, 4 6318. C'est li rois souverains en cui du tout [je] m'afie, Bertt, 69. |l xv* s. Il s'affioit tant «n sa
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puissance et prospérité et grandeur.... froiss. I, I, 248. Et non pourtant, soit ou sens ou folie, Je m'y actens [attends], et en luy je m'alie, ch. d'orl. Hall. 12. J'en suyz grandement scandalizé, je vous affia, et ne m'en peux pas taire, RAB.Pant. m, 22. Charles de Blois lui depescha des personnes affidées, Mém. s. du G. ch. 40.
— ÉTYM. Ital. affidato; A'affidare. Affidi est un mot tiré de l'italien au xvi" s. et qui a dépossédé le mot véritablement français, qui est afié, du verbe afier; provenç. afiar, afidar, afizar; anc. espagn. afiar; ital. affidare; de à et fides (voy. foi).
f AFFIER , v. a. Planter ou provigner des arbres de bouture.
— ETYM. Â et le verbe fier, confier, dit ainsi par métaphore.
t AFFILAGE (a-fi-la-j'), s. m. Technologie. Action d'affiler un outil.
— ÊTYM. Affiler.
t AFFILE (a-fi-1'), s. m. Terme d'art et métier. Nouet de toile plein de graisse, pour aider à affiler certains outils de fer.
— ÊTYM. Voy. AFFILER.
AFFILÉ, ÉE (a-fi-lé, lée), part, passé. || !■ Couteau mal affilé. Lame bien affilée. C'est ainsi que Dieu, comme un chirurgien, avec son couteau affilé et à deux tranchants, qui est sa parole, pénètre les jointures, les moelles, les pensées, les intentions les plus secrètes, boss. Pensées chrét. 8. || 2° Fig. et fam. Avoir la langue affilée , parler beaucoup. Vous avez le caquet bien affilé, pour une paysanne, mol. Bourg. Genl. m, 3. || 3° Se dit des blés, quand la gelée en a rendu les fanes petites, pointues et filiformes.
AFFILER (a-fi-Ié), v. a. || 1* Donner le fil à un tranchant. Affiler un couteau , un canif. Le glaive qui a tranché les jours de la reine est encore levé sur nos têtes : nos péchés en ont affilé le tranchant fatal, boss. Marie-Thérèse. || 2° Fig. C'est là qu'on dévoile tous les événements de la chronique scandaleuse , c'est là qu'on affile avec soin le poignard , J. J. rouss. Hél. II, 17. Nousles laissons affiler les armes dont elles nous subjuguent, id. Ém. iv. Je ne crois pas qu'il soit plus conforme aux convenances de la politique qu'aux principes de la morale d'affiler le poignard dont on ne saurait blesser ses rivaux, sans en ressentir bientôt sur son propre sein les atteintes, mirab. Collect. t. m, p. 378. Il 3" Par une autre figure. Les uns affilent leurs langues de serpent, flêch. Serm. 1, 331. || 4° Planter des arbres à la file les uns des autres. || 6° Mettre un lingot d'or ou d'argent dans la filière.
— H1ST. xi* s. Sur l'herbe verte li clairs sangs s'en afile [coule en filets], Ch.de Roi. cxxiv. || xiii" s. S'a dedenz un rasoir trové Qui moult estoit bien afilé, Ren. 3204. Vers lui [elle] a sa corne tournée, Plus tranchant et plus afilée Qu'onques nus homs ne vit rasoir, Unicorne et Serpent. Se ele [l'épée] fust droit afilée, De Jehan fust chose finée [Jehan eût été tué], Bl. et Jeh. 4(54. X lor cotiaus qu'il ont trenchans et alliés, Escorchoient les Turs, aval parmi les prés, Ch. d'Ant. v, 30. || xiv" s. S'il a homme céans dont je soie adesez, De ce coustel sara s'il est bien afilez! Guescl. 6858. || xv" s. Un large fer de Bordeaux aussi tranchant et affilé que nui rasoir pourroit estre.... froiss. ii , 11 , 5. Il xvi* s. En le frayant contre sa gorge, il se coupe le gosier de ce tranchet, qui estoit si bien effilé, desper. Contes, XXI. Langue je n'ay diserte et affilée Pour haranguer devant une assemblée, amyot, Comment il faut nourrir les enfants, 15.
— ÉTYM. Provenç. afilar; ital. affilare; de à (voy. X) et fil (voy. ce mot).
t'AFFILEUR (a-fi-Ieur), s. m. Terme de manufacture. Celui qui affile les outils.
— ÊTYM. Affiler.
AFFILIATION (a-fi-li-a-sion), t.f.\\i' Association à une compagnie, à une corporation. Il y a affiliation entre ces deux académies. Il n'y a pas affiliation entre toutes les loges maçonniques. On ne voit pas grande affiliation apparente entre la famille de Rosny de Sully et la vôtre, p. l. cour. 11, 369. y 2" Par extension, affiliation à des sociétés secrètes, à un complot. || 3° Communication qu'un ordre religieux fait de ce qu'il a de plus précieux et de plus saint.
— ÊTYM. A ffilier; provenç. afilhamen.
AFFILIÉ, EE (a-fi-li-é, ée). || 1" Part, fasse.
Affilié à une corporation. Affilié aux ennemis de l'Etat. Il 2° S. m. Les sociétés secrètes ont des affiliés jusque dans les campagnes.
AFFILIER (a-fi-li-é), v. a. || 1° Associer à une corporation, à une société. Affilier une société à une
AFF
autre. || 2° S'affilier, v. réfl. Il s'est affilié à beaucoup de sociétés.
— êtym. Provenç. afilhar; catal. afillar; espagn. ahijar; de ad, à (voy. A), etfilius, fils (voy. ce mot). On ne trouve pas d'emploi ancien de ce mot ; cependant il est probable qu'il n'est pas nouveau, vu qu'il se trouve dans le provençal.
t AFFILOIR (a-fi-loir), s. m. || 1" Instrument d'acier qui sert à affiler. || 2* Sorte de pince avec laquelle le ratureur tient le fer tranchant qui sert à raturer le parchemin.
— ÊTYM. Affiler.
t AFFILOIRES (a-fi-loi-r') , s. f. plur. Terme de menuiserie. Pierres à aiguiser, assorties et fixées dans du bois.
AFFINAGE (a-fi-na-j'), s. m. || 1» Action d'affiner. L'affinage du fer ; l'affinage des métaux. || 2° Affinage du sucre, du salpêtre ; on dit maintenant raffinage pour ces deux substances. || 3* Meilleure et dernière tonte qu'on peut donner aux draps. || 4° Dernière façon donnée aux aiguilles pour les adoucir par la pointe. Il 5° En reliure, action de coller une bande de papier sur le côté du carton destiné à être passé dans le mors du volume. || 6° En agriculture, opération qui a pour but de diviser la terre. ' — êtym. Affiner.
AFFINÉ, ÉE (a-fi-né , née) , part, passé. || 1» De l'or affiné. Ce fromage est bien affiné || 2* Fig. Les connaisseurs crurent trouver , sous ce langage barbare [des Maximes des saints], un pur quiétisme, délié, affiné, s.-sim. 45, 44.
t AFF1NEMENT (a-fi-ne-man) , s. m. || 1° Action d'affiner. Affinement des métaux. ||2" Fig. L'affinement des esprits.
— hist. xvi" s. L'affinement des esprits n'est pas l'assagissement, charron, Sagesse, 1, 4 5.
AFFINER (a-fi-né) , v. a. || 1" Purifier. Affiner l'or, l'argent. || 2° Rendre plus délié. Affiner du chanvre. 1 1 3° Donner un goût plus fin. Le temps , la cave affine le fromage. || 4° Fig. en ce sens. C'est s'affiner le goût, de connaître et de voir, Régnier, Sot. m. H 5" Tromper. Maître Mitis Pour la seconde fois les trompe et les affine, la font. Fab. m, 4 8. Il 6* Dans l'industrie, faire la pointe des clous, en les passant sur la meule. || Réduire le ciment en poudre très-fine. || Renforcer le carton. || Chauffer le verre à un tel degré qu'il n'y ait plus de bulle sur le bain. || 7° En termes de marine, devenir beau, en parlant du temps. || 8" S'affiner, v. réfl. L'or s'affine, devient plus pur. Ce fromage s'affinera, prendra un goût plus fin. || 9° Fig. L'esprit s'affine par la conversation.
— REM. Le Dictionnaire de l'Académie donne affiner du sucre, affiner du salpêtre; ce qui est la vraie locution: maison ditaujourd'hui abusivement, de préférence, raffiner en cet emploi.
— hist. xiii' s. Quar il est près de mie nuit, Et à tele eure fuil nez Li purs, li fins, liafinez, rut. h, 220. Il xiv* s.... de plomb il n'est nulle mine Es pays ou l'en en affine Que pour vray lu grain fin n'y soit, Trait. d'Alch. 324. || xv" s. Car il [l'or] endure et froitetchault, Ne de gros feu il ne lui chault. Mais tant plus s'amende et affine, Et bien affiné define, Tant est parfaict en sa nature, L'alch. à Nat. 454. H xvi" s. Deux millions d'or affiné à 24 karatz, rab. Garg. 1, 60 Le dyable ne m'affineroyt [tromperait] pas, car je suis de la lignée de Zopire, id. Pant. n,24. Ce sont quelques fines gens, je dy fins à dorer, fins comme une dague de plomb, fins non affinez, mais affinans, passez par estamine fine, m. ib. v, 27. Je voy maint œil où s'embrase et affine Le traict d'amour, qui tousjours estenqueste, Faisant des cœurs gracieuse rapine, st-gel. 203. Il prend à gentillesse, quand il le veoid affiner son compaignon par quelque malicieuse desloyauté et tromperie, mont, i, 407. L'amitié ne prend accroissance qu'en la jouissance, l'ame s'affinant par l'usage, id. 1,209. Lessangliersaffinent leurs deflenses , id. 11, 464. Pitheus luy persuada , ou bien par quelque ruse l'affina, amyot, Tliésée, 4; Lyc. *3;Agésil. S7. Les Lacedœmoniens dissimulant le malcontentement qu'ilz avoient de se veoir ainsi affinez par luy, le renvoyèrent sain et sauf, id. Thém. 37. Cela procède de faulte d'avoir le jugement affiné et le discours espuré par raisons de philosophie, id. Aratus, 42.
— ÉTYM.Bourguign.e/et'gnoi; provenç. et espagn. afinar; ital. affinare ; ded et fin, adjectif.
AFFINERIE (a-fi-ne-rie) , t. f. j| 1" Lieu où l'on affine. Affinerie de fer; affinerie de cuivre. || 2' Petite forge où l'on tire le fer et le fil d'archal.
— êtym. Affiner.
^AFFINEUR (a-fi-neur), t. m. Ouvrier qui affine.
AFF
— hist. xiv" s. Cela je sçay Par expérience certaine, Et n'y ay pas eu si grant peine, En suivant le dict desmineurs Et la façon des affineurs, Traité d'Alchim. 352. |j xvi" s. Les orfèvres, affineurs, fondeurs de lettres, paré, xxiv, 47. Interroge un peu les teinturiers et les affineurs de sucre, paussy, 4 72.
— Etym. Affiner; provenç. et espagn. afinador/ ital. affinatore.
AFFINITÉ (a-fi-ni-té), t. f. || 1" Degré de proximité avec la famille de celui ou de celle qu'on a épousée. L'Église a fini par déclarer empêchement» dirimants de mariage tous les degrés d'affinité, ciiateaub. Génie, 1, 1, 40. ||2" Affinité spirituelle, alliance établie par le baptême entre parrains et marraines et leur filleul. || 3" Conformité, convenance, rapport entre plusieurs choses. Affinité de goûts. Les païens disaient que l'âme a de l'affinité avec les dieux. Les poètes ont beaucoup d'affinité avec les orateurs. Il n'y a aucune affinité entre cette émotion et le désir, desc. Médit. 6. Etoiles de justice, qui avez beaucoup d'affinité avec l'or, volt. Zadig, 3. || 4» En chimie, on appelle affinité la force en vertu de laquelle des molécules de différente nature se combinent ou tendent à se combiner. Il donna, en 4 718, un système singulier et une table des affinités ou rapports des différentes substances en chimie; ces affinités firent de la peine à quelques-uns qui craignaient que ce ne fussent que des attractions déguisées, d'autant plus dangereuses que d'habiles gens ont déjà su leur donner des formes séduisantes, fonten. Geoffroy. || 5" En musique, affinité des tons. Le ton d'ut a de l'affinité avec les tons de sol et de fa ses adjoints, ou de la mineur son relatif.
— HIST. xii" s. Cist [ceux-ci] les affinitez [voisinages] germaines [de Germanie] E les paluz metodianes Conquistrent, puis.... benoît, 1, 464. Il xiii" s. Aucune foiz apele l'en droit besoing; si comme droit en aucunechoseou par lignage ou par affinité, Liv. de just. 3. Note que affinité nuit eh esposales, ib. 202.... ou s'il y a grant afinité d'amor à le [la] veue et à le [la] seue du commun , beaum. v, 4 9. Il xiv" s. Et vertu moral semble avoir grant affinité et estre appropriée as passions, oresme, Eth. 348. y xv* s. Pour laquelle alliance et affinité, le dict roy de Hongrie lui manda et fit savoir par un herault, que Bazat venoit sur luy, Bouciq. Hist. 1, ch. 24.
— êtym. Provenç. affinitat, afenitat; espagn. afinidad; ital. affinité; deaffinis, de ad (voy. À) et finis, fin, limite (voy. fin, substantif).
AFFINOIR (a-fi-noir), s. m. Instrument au travers duquel on passe le chanvre Ou le lin pour l'affiner.
— êtym. Affiner.
t AFFIQCAGE (a-fi-ka-j'),*. m.Opération qui consiste à passer l'extrémité d'une grosse patte de homard dans tous les points de la broderie du point d'Alençon, pour les faire ressortir.
— ÊTYM. Même radical qu'affiquet.
AFFIQCET (a-fi-ké), s. m. || 1" Petit objet d'ajustement. Mme de Montauban était une bossue, pleine de blane, de rouge et de filets bleus, de parures et d'affiquets, s.-sim. 440, 43. Les affiquets, les habits à changer, la font. Cal. Ces femmes jolies, Oui par les affiquets se rendent embellies, Régnier, Sat. ix. Il Ce mot dans ce sens s'emploie presque toujours au pluriel. || 2° Porte-aiguille à tricoter.
— HIST. xiv" s. D'avoir et de riqueches le vaissel bien querqua [chargea] ; Couronnes et capiaus et affiques i a.,Baud. de Seb. 11, 431. || xv" s. Tant d'ameçonsettant d'affiques, villon, Repues franches, l'acteur. Tant de bullettes pendantes à chainesd'or, tant de carquans, tant d'affiquetz, de laborde. Émaux, p. 4 73. Il xvi" s. Il n'entroit en leur pais ny orfèvre ny joyaulier pour y faire ou y vendre aucuns affiquetz d'or et d'argent à parer les dames, amyot, Lyc. 4 4. Ses bagues, ses petits affiquetz d'or, id. Timol. 22.
— ÊTYM. Diminutif de affique, qui s'est dit pour affiquet et qui est la prononciation picarde de affiche; mot à mot, ce qu'on attache (voy. affiche).
AFFIRMATIF,IVE (a-fir-ma-tif,ti-v'j, adj. || l°Qui affirme. Il fit un geste affirmatif. Discours, ton affirmatif. H 2° Proposition affirmative, en termes delogique, toute proposition exprimée sans négation. Le mode affirmatif, le mode indicatif. || 3" Affirmative, ». f. Toute proposition par laquelle on affirme. Ils sont pour l'affirmative, moi pour la négative. Il prouve l'affirmative de la question par Moïse, boss. Hist. 11, 7. Quand on est détrompé, il parle encore pour l'affirmative, la brut. 40. || 4* S. m. Nom que l'inquisition donnait à ceux qui avouaient .«t «ou-
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tenaient leurs erreurs. || Il suit toujours son substantif : Un raisonnement affirmalif ; une proposition affirmative.
— lllST. un' s. Quand la preuve cliiet sur la parole afirmative et non pas sur la négative, Ass. de Jérus. (09. Li clerc si dient, et il dient voir, que négative ne doit pas queoir [tomber] en proeve, mais afirmative i queoit, por ce qu'on le [la] pot et doit prouver, beaum. xxxix, 47. || xv* s. Affirmatif d'une chose incertaine, en. d'obl. liai. m. || xvi* s. Ils n'estiment point qu'un homme soit chreslien, si non qu'il s'accorde à toutes leurs déterminations, tant affirmatives que négatives, calv. lnst.
— ÊTYM. Affirmativus, de affirmare , affirmer (voy. affirmer) ; provenç. affirmatiu; espagn. afirmativo ; ital. affermativo.
AFFIRMATION (a-fir-ma-sion ; de cinq syllabes en poésie), s. f. || 1° Action d'affirmer. J'avais- besoin de votre affirmation pour croire ce fait. || 2" En termes de logique, caractère d'une proposition affirmative. {/affirmation est opposée à la négation. || 3° En termes de palais, assurance avec serment. Prendre acte d'affirmation.
— SYN. affirmation,- affirmative. L'affirmation est l'action d'affirmer ; l'affirmative est une proposition qui a la propriété d'affirmer. 11 soutint son affirmation, il soutint ce qu'il avait affirmé; il soutint l'affirmative, il soutint la proposition qui affirmait une opinion.
— lllST. xin* s. Et cix afirmemens doit estre provés par tesmoins ou par recort d'ommes, beaum. xxxïx, 48. || xiv' s. Et aussi comme affirmation et négation sont en la pensée ou entendement, semblahlement et proporcionellement sont en l'appétit prosecution et fuite, oresme, Eth. m.
— ÊTYM. Afjirmatio (voy. affirmer) ; provenç. afjtrmatio ; espagn. afirmacion; ital. affermasione. Affirmation ne parult être que du xiv s. ; auparavant on a dit afirmement.
AFFIRMATIVE (a-fir-ma-ti-v') , t. f. Voy. affirmatif.
AFFIRMATIVEMENT (a-fir-ma-ti-ve-man) , adv. D'une manière affirmative. Nous croyons qu'il est ridicule de parler affirmativement et avec chaleur de quoi que ce soit, vauven. Sur les anciens et les mod.
AFFIRMÉ, ÉE (a-fir-mé, mée), part, passé. [Dans la magie] Il y a des faits embarrassants affirmés par des hommes graves qui les ont vus, ou qui les ont appris de personnes qui leur ressemblent, la bruy. 14,
AFFIRMER (a-fir-mé), v. a. || 1" Assurer qu'une chose est vraie. Affirmer avec serment. J'ose affirmer que.... Ne rien affirmer. || 2° En termes de logique, exprimer l'affirmation. Toute proposition affirme ou nie. || 3* En termes de palais, jurer, assurer par serment.
— HIST. xn« s. Mais il ne voleit pas la cote verte osier; Kar jo quid bien pur veir, esil puisafermer. Qu'il out desuz [dessous] la haire, qu'il ne volt pas nmstrer, Th. le mart. (62. || xin* s. Lors fu mandé li messager que Salehedin i avait envoiié, si lor fu dit et affremé que il averoient bataille au jour que il avoient requis, Chr. de Rains , 26. Seigneur, se là fussiés , po» voir vous puis conter , Très bien peûssiés dire et pour voir afermer Qu'aine ne veïste» gentsi vaillament errer, Ch. d'Anl. v. 40). Se li barons [marij revient.... et dist que li enfant sont bastart, en afermant qu'il ne fu el païsparnuit ne par jor, beaum. xvin, (4. ||xiv* s. Il avait donné à entendre de bouche et affermé aux ditscourretiers.... liibl. des Chart. 2* série, t. ni. p. 424. || xv* s. Les Anglois se vantoient et affermoient que [les Bretons] les avoient mandés, et se tenoient leurs soudoyers, froiss. H, II, 68. || xvi* s. Clitomachus affermoit n'avoir jamais sceu.... mont, n, 238. Peudegents faillent, notamment aux choses malaysées à persuader, d'affermer qu'ils l'ont veue, id. îv, 479. Sylvestre la [la puissance du pape] préfère à tous conciles et tous décrets, affermant que toute la vertu de l'Escriture dépend d'icelle, sleidan, F. 3. La mère afferma qu'elle avoit conceu les deux enfants du Dieu Mars, amyot, Rom. 6.
— êtym. Affirmare, de af pour ad (voy. a), elfirmare, rendre ferme (voy. ferme et fermer) ;provenç. affermar; espagn. afirmar ; ital. affermare. Affirmer est la forme moderne du mot, dont affermer est la forme antienne (voy. aussi affermir). On a dit affermer dans tout le cours de la langue, même au xvi' s. , conformément à l'analogie française qui de firmus avait hit firme, et qui, par conséquent, d'afomarc faisait affermer. Ce n'est qu'au xvir I
siècle qu'affirmer a supplanté affermer, sans doute pour établir une distinction entre affermer, donner à ferme, el affermer , assurer.
fAFFIXE (a-fi-ks'). || 1° Adj. Terme de grammaire. 11 se dit des particules ou des lettres qui s'ajoutent aux mots pour en modifier le sens. Particules affixes. || 2' S. m. Un aflixc. Affixe est le nom commun des préfixes et des suffixes.
— étym. Affixus , de ad (voy. À) et fixus (voy. fixe).
tAFFLEURAGE(a-fieu-ra-j'), s. m. || i" Action de délayer la pâte du papier. || 2° Se dit de la farine lorsqu'elle rend beaucoup.
f AFFLEURANT, ANTE (a-fleu-ran, ran-t') , adj. Terme de papeterie. Il se dit d'une pile qui délaye la pâte à maillet nu.
AFFLEURÉ, ÉE (a-fleu-ré, rée) , part, passé. || 1" Mis de niveau. Deux planches exactement affleurées. Les bords étaient affleurés par l'eau qui croissait encore. || 2° En termes de géognosie, stratifications affleurées, stratifications, qui, en raison de leur épaisseur croissante, se rapprochent de la direction horizontale.
t AFFLEURÉE (a-fleu-rée), s. f. Terme de papeterie. Pâte fournie par une pile affleurante.
f AFFLEUREMENT (a-fleu-re-man), s. m. || 1* Action d'affleurer; état de ce qui est affleuré. || 2° En termes de mines, condition d'un filon qui se rapproche de la surface du sol.
AFFLEURER (a-tleu-ré), v. a. || 1" Mettre de niveau deux corps contigus, de manière que l'un ne fasse pas saillie sur l'autre. Affleurer les battants d'une armoire. || 2° En termes de physique, enfoncer dans un liquide jusqu'à une marque précise. Affleurer un aréomètre. || 3° Arriver jusqu'à être de niveau. La rivière affleure ses bords. || 4° Être tangent, en parlant du fil à plomb. || 5° V.n. Ces pièces de bois affleurent bien , elles sont bien de niveau. || 6* En termes de tourneur, rendre uni. || 7" Délayer la pâte du papier. || 8° Mêler ensemble de l'orge, du seigle et du froment.
— hist. xvi* s. Ces remèdes repoussent le sang et les autres humeurs qui affleuraient à la partie, à cause de la douleur et-inflammation, paré, x, 8.
— êtym. À et fleur (voy. fleur). On a dit dans le xvt* s. fleurer: Enterrés îles grands vazes de terre ou de bois, jusques à la gueule fleurans le plan de la terre, o. de serres, 625.
f AFFLEURIE (a-fleu-rie), s. f. La fine fleur do la farine.
— êtym. A et fleur.
AFFLICT1F , IVE (a-fii-ktif , kti-v") , adj. Qui frappe directement la personne. Ce qu'il y a d'afllictif dans les peines. Peines afflictives. On y voit l'esprit du vainqueur dans les peines afflictives, montesq. Esp. xxviii , (. || Il ne se place qu'après le substantif.
— REM. Bien que afflictif se dise particulièrement au féminin et dans la locution , peine afflictive, il n'y a cependant aucune raison pour ne pas employer ce mot au masculin et d'une façon générale.
AFFLICTION (a-fli-ksion ; de quatre syllabes en poésie), s. f. || 1* Peine morale. Profonde affliction. Etre plongé dans l'affliction. Si vous voyez quelqu'un dans l'affliction. Le temps amortit les afflictions. Dieu, qui voyez mon trouble et mon affliction, rac. Athal. y, 7. Quelque soulagement pour votre affliction , corn. Hor. v, 2. Les enfants ont des joies immodérées et des afflictions amères sur de très-petits sujets; ils ne veulent point souffrir de mal el ils aiment à en faire : ils sont déjà des hommes, la bruy. ((. Si, de tous les hommes, les uns mouraient, les autres non, ce serait une désolante affliction que de mourir , id. h. Soyons tous dans les larmes, retranchons toutes les visites, comme au jour d'une grande affliction.... boss. Pensées chrét. 7. Pendant que tant de mondains sur la terre nous assurent encore tous les jours et nous prennent à témoin qu'il n'y a pour eux dans le monde qu'amertume, que trouble et affliction d'esprit.... bourd. Pensées, t. i, p. 468. Calypso ressent une nouvelle fureur, voyant que l'affliction augmente la beauté d'Eucharis, fén. Tél. vu. || 2° Malheur, tribulation. Il succomba sous les afflictions. Les pertes, les afflictions , les disgrâces. L'aflliction et la misère publique dans les empires. Si toutes ces souffrances et toutes ces afflictions étaient prises, acceptées, offertes en sacrifice et présentées par un esprit de foi, tout profiterait alors pour la vie éternelle, et rien ne serait perdu, bourd. Pensées, 1. 1, p. 215. Dans mes afflictions , dans toutes mes traverses et tous les chagrins inséparables de la mi-
sère humaine , id. ib. p. 4 ta. || 3* En termes de spiritualité, le pain de l'affliction. Nourri du pain de l'affliction.
— SYN. affliction, douleur. L'idée commune à ces mots est do représenter notre âme comme sujette à une uction qui lui cause du mal. La différence est que affliction porte l'esprit sur une cause qui a agi, tandis que , dans douleur, l'action de la
est présenta. Un éprouve de la douleur; on reçoit une affliction ; mais, lorsquele coup est porté, être plongé dans la douleur ou être plongé dans l'affliction est d'une synonymie à peu près complète.
— HIST. xi* s. [Qu'il] les prie et serve par grant afflictiun, Ch. de Uni. ccxxxvn. || xu" s. [11] s'en est entrez à grant affliction, Honc.p. ne. Quant ert entré laenz , dune jut en oreisun , E en plur e en lermes e en afflictiun , Th. le Mart. loi. Certes je prierai al seignur de vertuz : Venge le sanc des tuens , Deus , qui est espanduz, E les afflicliuns, dunt numbres est oUs[eu],i'6. 76. ||xm*s. Humeliez me sui en afflictions ; sire Dieux , met moi en vie pardurable, Psautier, f (40. || xiv* s. Si comme aucune afflicion ou peine corporel, oresme, Eth. 49. Car eidx punissent et establissent peines et afflictions à tous ceux qui font mal, id. ib. 72. ||xvi* s. Il n'appartient pas aux fidèles d'affliger [frapper , punir] ne faire nuisance. Mais aussi ce n'est pas faire nuisance ni afliger, de venger par le mandement de Dieu les afflictions des bons, Calvin, Insl. (198. Ils s'attendoient bien de recepvoir toutes les plus extrêmes afflictions et peines, que peuvent souffrir les vaincus d'un vainqueur justement indigné, amyot, Démélr. 65.
— ÊTYM. Afflictio (voy. affliger) ; provenç. affliction; espagn. affticcion; ital. affliiione.
AFFLIGÉ, ÉE (a-fli-jé,jée), part, passé. || l'Atteint d'un malheur. Affligé d'une peste terrible. Affligé d'un cancer. Affligé par tant de maux. [Gens] qui, par la délicatesse de leur complexion ou le dérangementde leur santé, sont affligés de fréquentes maladies , d'infirmités habituelles, souvent même do douleurs très-aiguës, bourd. Pensées, t. i, p. 217. || 2* Qui a de la tristesse. Il est très-affligé de cette mort. Un cœur affligé. Une âme affligée. Il parut presque aussi affligé que moi, il versa des larmes, fén. Tél. xv. Combien de fois l'a-t-on vu inquiété de leur salut, affligé de leur résistance, consolé par leur conversion ! boss. Louis de Bourbon. Sa mort m'a changée D'implacable ennemie en amante affligée, corn. Cid,\, 7. || On dit par antiphrase : Il est affligé de cent mille livres de rente, d'une santé ro buste. || 3° Substantivement. Il est bon de consoler les affligés , de compatir à leurs peines et de les secourir dans leurs besoins, bourd. Pensées, t. i, p. 212. Quoi que j'aie pu dire ailleurs, peut-être que les affligés ont tort; les hommes semblent être nés pour l'infortune, la bruy. ((. || On fait suivre affligé de de avec un infinitif ou de que avec le subjonctif: Je suis affligé de voir les choses en cet état. Je suis affligé que vous ayez perdu votre procès.
— SYN. AFFLIGÉ, ATTRISTÉ, FÂCHÉ, MORTIFIÉ. L'idée commune à ces quatre mots est , péniblement affecté. Mais attristé, venant de triste , indique quelque chose de général : on est attristé par tout ce qui cause la tristesse, aussi bien par des événements malheureux que par des modifications intérieures de l'âme. Une journée pluvieuse peut nous attrister, mais elle ne nous afflige pas. Affligé au contraire suppose un mal considérable qui nous est arrivé : on est affligé de la perte de ce qu'on aime, des malheurs publics. Fâché a le même sens, saut qu'il se rapporte à des peines moins grandes et surtout à des contrariétés. On fâche quelqu'un en suscitant sa mauvaise humeur ; on l'afflige en portant des coups à son cœur. Mortifié s'adresse à l'amourpropre. On est mortifié d'une défaite, d'un manque d'égards, d'un refus d'honneur, des fautes qu'on a commises, d'un affront.
AFFLIGEANT, ANTE (a-fli-jan, jan-f), adj. Qui afflige, qui cause de l'affliction. Des infirmités affligeantes. Cette vue est affligeante. A peine leur reslet-il quelque lueur pour se conduire ; situation affligeante et presque accablante.... bourd. Pensées, t. 11, p. (9. y II est affligeant de, loc. impers. Il est fâcheux, triste de. Il est affligeant de voir comme ils se conduisent. || On peut mettre cet adjectif avant son substantif, quand l'harmonie le permet : Une nouvelle affligeante et Cette affligeante nouvelle.
AFFLIGER (a-fli-jé. On met un e muet après le g devant J'a et l'o), ». o. || 1* Causer un grand dommage , désoler , tourmenter. De longues guerres ont affligé l'Europe. Un grand malheur eût affligé l'État. Êlre affligé d'une maladie cruelle Le
AFF
choléra, parti de l'Inde, vint affliger l'Occident, r.a guerre est le pins grand des maux dontlesdieux affligent les hommes, vt.n.Tél. x. Jeserai du parti qu'affligerale sort, conN. Ilor. 1,4. Il affligera d'impôts la ploire du royaume, PASO. Proph. 25. Quand la mort affligeait un corps innocent, pasc. édit. Cousin. Si le ciel.... Veut encor m'affliger par une longue vie, MO. Bérén- in, < . Tout cela [les pénitences imposées par" le confesseur] devient impossible; pourquoi '? Parce que tout cela afflige les sens et qu'on ne prétend rien leur retrancher de leurs commodités et de leurs aises, bourd. Pensées, t. i, p. 340. De quelles austérités affligez-vous votre corps? m. ib. p. 352. L'on s'insinue auprès do tous les hommes, soit en les flattant dans les passions qui occupent leur Ame, ou en compatissant aux infirmités qui affligent leur corps, la bruy. *i. \\ 2° Causer de l'affliction. Cette mort nous afflige. Peu de chose nous conso'e, parce que peu do chose nous afflige. Je viens de l'affliger, c'est a moi d'adoucirLedépIaisir mortel qu'elle a dû ressentir, volt. Zaïre, m, t. Il m'adore, I >ha?d imo , et les mêmesdouleurs Qui m'affligeaient ici le tourmentaientailleurs.RACMïfhr. H, t. Je l'af 11 itérais trop si j'osais achever, m. Phèd.v,3. Son visage odieux m'afflige et me poursuit? id. Eslh.n,*. J'ai tantôt sans respect affligé sa misère, id. Iphig. m, i . ÔDieu, vous plaît-il de m'abaisser ou de m'élever, de m'affliger oude me consoler, de traverser mesdosseinsou de les favoriser? boord. Pensées, t. n,p.73. || Par extension. Ils voudraient toucher les cœurs et ne font qu'affliger les oreilles. || 3° Mortifier. Vous pouvez réparer, en affligeant votre chair, vos voluptés criminelles, mass. Car. Vocation. L'austérité d'une haire presque perpétuelle affligeait l'innocence de son corps [de Saint-Louis], id. St Louis. J'ai affligé mon âme parlejeiine, id. Resp. Commentas-tu pensé.... que, pendant que tu te permets tout, tu eusses le droit d'affliger tous mes désirs? montesq. Leur. pers. 161. ||4" S'affliger, v. réfl. Eprouver de l'affliction. S'affliger des malheurs d'un ami. Je m'afflige de voir que.... La contrition est une douleur et, par conséquent, un acte de la volonté qui s'afflige, qui hait, qui déteste, bourd. Pensées, t. I, p. 288.
Sans vous eu affliger, présumez avec moi corn.
Poly. 1,3. Ne nous affligeons point vainement l'un et l'autre, rac. Baj. ni, *.
— HlST.xii's.Parveueetpar oîe eret il justes, si manoit entre eeazki dejorenjor affilent l'arnme[âme] del juste par lor malvaises œvres, Job, 44 1. Cant la severiteiz de la deventriene [intérieure] Visitation enflammet l'afflite pensée encontre soi-mimes.... ib. 484. Elyphas, qui premiers entre les amis Job parolet, si forvat juske al ramponnement del afflit, ib. 476. || xm" s. C'est le Baudrain qui fist nostre roi si afflire Que par force le fist desus son arçon gire, du cange, affligere. || XV s. Et vers la nuit les Ecossois.... prindrent le roy qui moultestoitlasetafflict, j. de troyes, Chron. 1465. || xvr5 s. Affligé de longue hydropisie.... mont, h, 26. J'ay aultrefois esté employé à consoler une dame vrayement affligée, id. m, 29t. Il n'est pas raisonnable de laisser et abandonner l'affligé en son affliction sans luy donner quelque reconfort, amyot, Démoslh. 31. Nous souspirons avec les affligés, compatissons à leur mal, charron, Sagesse, î, 33.
— ÉTYM. Wall, affligi, bossu ; de affligere, de ad (voy. X) et fligerc, frapper. Fligere est le même que le grec %\rfttiv (voy. plaie). Le latin affligere, ayant l'accent sur fit, n'aurait pu donner, que par méprise de conjugaison, affliger; aussi ne l'a-t-il pas donné dans l'ancien français. Le verbe y est aflire et le participe aflil, de afflictus. C'est au xvi' siècle que affliger, calqué sur le latin, a fait oublier l'ancienne forme régulière.
t AFFLORTNEMENT (a-flo-ri-ne-man),s.'ro. L'ensemble de l'évaluation des -fiefs. D'autres gentilshommes ont demandé si c'est mon père ou moi qui paye l'afflorinement des fiefs , terme barbare que j'espère voir bientôt bannir de la langue provençale, mirab. Collect. 1. 1, p. 115.
— ÊTYM. À et florin. En Provence les contributions étaient réparties entre les trois ordres. C'étaient les biens et non pas les personnes qui les devaient. La noblesse répartissait entre les fiefs la part d'impôt qui retombait à sa charge. A cet effet, la valeur de chaque fief était représentée par un certain nombre d'unités qu'on nommait florin. Le florin, monnaie de l'empire, n'était plus en Provence, ni une monnaie de compte, ni une monnaie ayant cours ; c'était une mesure commune qui servait à estimer le prix et le revenu de chaque fief.
+ AFFLOUAGE (a-flou-a-j'), s. m. Terme de marine. Action d'afflouer un navire.
f AFFLOTJER (a-flou-é), v. a. Terme de marine. Ramener un bâtiment échoué à un endroit où il y a assez d'eau po\ir qu'il flotte.
— ETYM. À et flot.
AFFLUENCE (a-flu-an-a*), s. f. || i* Ecoulement abondant d'eau, de liquides. L'affluence des eaux fit déborder hvrivière. L'affluence des humeurs. || 2" Fig. Grande abondance de choses. Une aflluence considérable de marchandises. Le bonheur du peuple ne consiste pas seulement dans l'affluence des fruits de la terre, rtr». t. EDI, p. 375.Cetteaffluence, ce crédit, cette autorité, ces titres, ces trésors, voilà ce que Dieu abandonne indifféremment au vice et au libertinage, bourd. Pensées.X. i, p. 331. L'auguste maison d'Autriche, où, durant l'espace de quatre cents ans, on ne trouve que des rois et des empereurs et une si grande aflluence de maisons royales, avec tant d'États et de royaumes, qu'on a prévu, il y a longtemps, qu'elle en serait surchargée, boss. Marie-Thérèse. \\ 3" Grand concours de monde. Affluence extraordinaire. Au milieu de l'affluence des spectateurs. Il y eut une grando aflluence à ses obsèques. Les habitants sortaient des villes et des bourgades en affluence. L'affluence des étrangers dans cette ville.
— syn. affluence, concours. Il n'est pas besoin d'indiquer que ces deux mots diffèrent essentiellement de multitude et de foule, par l'idée de mouvement qui y est incluse. Concours et affluence se confondent souvent ; pourtant toutes les fois qu'il importera de distinguer l'arrivée en masse d'une foule ou l'arrivée successive d'une foule, on se servira dans le premier cas de concours et dans le second d'afflnence.
— hist. xvi" s. Et non seulement vescurent en affluence plantureuse de tous biens, ains encores amassèrent ilz de l'argent pour l'entretenement de la guerre, amyot, Timol, 34.
— ÉTYM. Provenç. et espagn. afluencia; ital. affluenza;An afftuent'ia, de affluais (voy. affluent).
AFFLUENT, ENTE (a-flu-an, an-t'). H 1" Adj. En parlant d'un cours d'eau, qui ason embouchure dans un fleuve ou dans une autre rivière. Le Rhin et les rivières affluentes. || 2° S. m. L'Indre et le Cher sont des affluents de la Loire. La Seine a de nombreux affluents. || Onleditaussi des fleuves qui se jettent à la mer. Le Danube est un des affluents de la mer Noire. || 3" Adj. En termes de médecine, se dit des humeurs qui se portent en abondance dans quelquo partie. Sang affluent; sérosité, salive affluente.
— ÉTYM. Affluer.
AFFLUER (a-flu-é), u. n.||l* Couler vers. Les fleuves affluent dans la mer. Le sang afflue vers le cœur. || 2° Fig. Abonder, surveniren grande quantité. Les biens , les honneurs, tout leur afflue. Voilà pourquoi tout afflue à Paris, J. J. rouss. Ém. v. || 3° Survenir en grand nombre. Les étrangers affluent à Paris. On affluait à Rome de toutes les parties du monde.
— hist. xiv* s. Ge donne et laisse à tousjours mes aux paroissiens affluans chacun an en l'église de Juigné au jour de Pasques.... du cange, receptio.
— ÊTYM. Affluere, de ad, à, etfluere, couler(voy. flux).
AFFLUX (a-flu), s. m. Terme de médecine. Action d'affluer, en parlant des liquides du corps. L'afflux du sang vers la tête.
— ÉTYM. Affluxus, de ad, à, et fluxus, flux (voy. flux).
t AFFOLAGE (a-fo-la-j') , s. m. Maladie des anémones qui les fait pousser en feuilles et les empêche de fleurir.
— ÉTYM. Affoler, 1.
AFFOLÉ, ÉE (a-fo-Ié, 16e), part passé. \\ 1* Rendu fou et, par extension, qui aime d'une manière folle. Vous ne sauriez croire comme elle est affolée de ce Léandre, mol. Méd. m. lui, m. 7. || 2° En termes de marine, aiguille affolée se dit de l'aiguille d'une boussole qui est dérangée soit par le voisinage du fer, soit par un orage.
f AFFOLEMENT (a-fo-le-man) , s. m. Action de devenir fou et surtout fou par amour.
— HIST. xvi* s. Lorsqu'Apollon vient troubler sa prestresse De son divin et sainct aflbllement... du bellay, v, 34, verso. Ta raison toujours attrempée Ne veut souffrir estre trompée Par leur mignard affolement [des passions et des plaisirs] , bons.
i. AFFOLER (a-fo-lé; dans le xvt' s. Palsgrave, p. 23, recommande de prononcer les deux f), v. a. || i' Rendre fou, et particulièrement rendre fou d'amour. Il y a de quoi l'affoler. Cette femme l'a af-
AFF
folê. || 2° En termes de marine, déranger l'aiguille aimantée.Un coup de foudre qui frappa le bâtiment, affola la boussole. || 3° S'affoler, v. réfl. S'affoler de quelqu'un , de quelque chose. Voyez-vous pas de tous côtés De très-décrépites beautés.... S'affoler de dévotion? volt. Ép. 31.
— HIST. xii" s. [Je] Chanterai pour mon courage, Que je veuil reconforter; Car avec [malgré] mon grant domage, Ne veuil mourir n'afoler, Dame de Faiel dans Coud. Plus est ferms que la piere qui siet sur vive mole; Vicaries est saint Pierre, bien sois, n'est pas ventvole; Duns,presensne preierejà nelmuetneafole,77i. leMart.M. ||xm*s. Nule autre chose ne demant, Ne me sers jamès autrement, Et lesse ta pensée foie Et le fol Dieu qui si t'afole, la Dose, 6928. || xvi* s. Carneades s'en trouva si affolé [delà soif de savoir] qu'il n'eut plus le loisir de se faire le poil et les ongles, mont, i, 4SI. En espandant toutes ces mocqueries sur cet homme, qui, au demourant, n'estoit pas guère sage, ils le gasterentet l'affolèrent encore davantage, amyot, Ûémélr. 17. Ceste passionnée affection de Dionysius estoit un malheur à Platon , car il en estoit affolé, ne plus ne moins que sont les jaloux de leurs amours, w.Dion, (9. Heureux celui que ta folie [Calliope] affole, rons. 397. Elle vouloit, tant le plaisir l'affole, Tout à la fois desgorgersa parole, id. 642.
— êtym. X et fou (voy. fou) ; provenç. afolir.
1 2. AFFOLER (a-fo-lé),u.o. Blesser, endommager, léser. Ce qui me console , C'est que la pauvreté comme moi les affole, Régnier , Sat. n. Il m'a perdue, il m'a toute affolée, la font. Papef. || Ce mot est tombé en désuétude.
— hist. xii* s. Defendez-moi de honte et d'afoler, Ronc. p. 2. Jà fustRolantetmorset afolé, ib. p. 91. L'on ne doit pas son baron afoler [faire tort 1], ib. p. 180. Lors verrez vous son corps destruire et afoler, ib. p. 201. || xm* s. Miex vosisse, voir, qu'afoie M'eust l'en d'un pié ou d'un oïl, Ren. 5b58. Sunt en terre establi li juge.... Por ceus pugnir et chastoier Qui ,por ceste amor renoier , Murdrissent les gensetafolent, Ou ravissent, emblent et tolent, la Rose, 6490. Mes li archiers qui moult s'efforce De moi grever et moult se paine , Ne m'i lest mie aler sans paine; Ains m'a fait, por miex afoler, La tierce floiche au cuers voler, ib. 477) . Ne voil ge pas que les gens aiment De celé Amor dont il se claiment En la fin las, chetis, dolant, Tant les vaamorsafolant, ib. 4364. N'ert pas grans los, si con je cuit, Se il les deus enfans afole, FI. etBl. 3020. Si comme se uns bons convenence à un autre qu'il tuera un home por cent livres, ou afolera; ou bâtera.... bbauk. xxxiv, 2. Si est aussi comme s'on me prestoit un ceval de vingt livres sain de toz membres, et il afoloit avant que je le rendisse, ib. xxxiv, 18. Se je l'ai servi de ronci [cheval] sain , et il l'afolo tant comme il le tient, n>. xxviii, 5. Sur sespiez.... tu acolas [tes cheveux] En baisier les, etenmouiller De tes lermes dont feiscourcier [courroucer] Dyables que lors tu affolas, J. de meuno , Tr. 888. || xv" s. Grand foison y en eut de mors et d'affolés, Bouciq. i, ch. 30. [Messire Olivier d'Auterme et autres] se contrevengerent sur des navieurs de la mort de leur cousin et les découpèrent trop vilainement.... et les renvoyèrent à Gand ainsi affolés.... froiss. ii, h, 61 . Luy sembloit [au roy] que son pays [du duc de Bourbon] estoit foible et que tantost l'auroit affolé, comm. i, 2. || xvi* s. Vous nous affolerez de coups, monsieur, cela est seur, rab. Pant. iv, te. Et leur sembloit que c'estoit affoler les mystères de Venus que de les oster du retiré sacraire de son temple, mont, n, 360. Les flesches, pierres et traiclz les alloient assener jusques là où ilz estoient escartez au loing, de manière qu'il y en eut beaucoup affolez, amyot, Marcel. 25. Hz venoient à deschirer leurs playes davantage, et consequemment à se perdre et affoler eulx mesmes , id. Crass. 47.... Qu'il ne chaloit point aux dieux , si aucun s'estant affolé un pied [boiteux] venoit à estre roy, mais..., id. Agésil. 4.
— ÊTYM. A et fouler; provenç. afolar , afoliar. f AFFOLIR (a-fo-lir), t). n. Devenir fou. Cet homme affolit tous les jours.
— rem. Ce mot est encore dans la 1™ édition du Dictionnaire de l'Académie. Il est vieux, mais n'est pas tout à fait hors d'usage. Il mériterait de ne pas périr tout à fait.
— ÉTYM. A et fou.
AFFORAGE(a-fo-ra-j'), *. m. Terme de féodalité.
Droit qui se payait à un seigneur pour la vente du vin. Prix mis par autorité de justice à une chose vénale.
— HIST, xv* s. Les religieux ont certain droit
seigneurial »n ladite ville de Laigny, appelle droit d'afforaige ou tavernerie , du canoë, afforagium.
— ÊTYM. Bas-lat. afforagium, du bas-lat. affnrare, mettre un prix, de af pour ad (voy. À), et forum, marché (voy. for, fur, forum).
fAFFORER (a-fo-ré), v. a. Terme de féodalité. Mettre le prix aux vins, aux denrées.
fAFFORESTAGE (a-fo-rè-sta-j') , ». m. Droit d'usage qu'on exerce dans une forêt.
t AFFORESTER (a-fo-rè-sté) , v. a. Concéder un droit d'usage dans une forêt.
— ÊTYM. A et forêt.
AFFOUAGE (a-fou-a-j') , ». m. Droit de prendre dans une forêt la quantité de bois nécessaire pour se chauffer, ou répartition, entre les habitants d'une commune, du bois dont ils ont la propriété en commun. || Entretien en combustibles d'une usine. || Terme d'anciennes coutumes. Droit sur chaque feu ou maison.
— HIST. xiv s. Donnons encore aus diz religieux l'affouage pour le four, et pour leur affouage de la dite maison à prendre dou mort boys, du cange, affoagium.
— ÊTYM. Bas-lat. affoagium, du bas-lat. affoeare, mettre au foyer, de ad, à (voy. À), et focus, foyer (voy. feu).
f AKFOUAGEMENT (a-fou-a-je-man), s. m. Terme d'ancienne administration. Impôt payé par feux. Les fonctions des municipalités consistent principalement à choisir et à établir des impositions suffisantes pour produire la somme qu'exige la quotité de leur affouagement,' opération très-simple, qui rend en quelque sorte l'impôt volontaire par le choix do ceux qui doivent le supporter, mirab. Collcct. t. u, p. 378.
— ÊTYM. Voy. AFFOUAGE.
t AFFOUILLEMENT (a-fou-lle-man , U mouillées) , ». m. Action produite par les eaux dont le courant a fouillé, a dégradé un ravin, une pile de pont, une berge. 11 faut réparer le dommage causé par cet affouillement.
— ÊTYM. À et fouiller.
t AFFOURAGÉ, ÉE (a-fou-ra-jé, jée), part. passé.
j AFFOURAGER (a-fou-ra-jé), v. a. Donner du fourrage sec aux bestiaux à l'écurie, à l'étable ou à la bergerie.
— HIST. xiv' s. Et quant Grisilidis au vespre revenoit et ïamenoit ses bestes à l'hostelde son père, elle les affouragoit, Ménagier, I, 6. Que vos bestes soient bien afouragées pour la nuit,t'o. n, 3. || xvi*s. Qu'on se donne bien garde de les desdaigner de manger par trop de viande, comme cela avient quand desordonnement on les affourage, le trop leur os tant l'appétit, o. de serres, 282.
— ÊTYM. À et fourrage.
AFFOURCUE (a-four-ch') , s. f. Terme de marine. Ce qui sert à affourcher un bâtiment. Ancre, câbla d'affourche.
— ÊTYM. À et fourche.
AFFOURCHÉ, ÉE (a-four-ché, chée), part, passé. || 1° Qui est à califourchon. Un jour un villageois sur son âne affourché Trouva par un ruisseau son passage bouché, J. B. rouss. Fable. || t' En termes de marine, bâtiment affourché.
AFFOURCHER (a-four-ché) , v. a. || 1° Mettre a califourchon. Affourcher un enfant sur un âne. || 2° S'affourcher, v.réfl. Changé sera lors en rhinocéros L'ailé cheval qu'on appelle Pégase; Et l'on verra sur une selle rase Maître curé s'affourcher sur son dos, chaul. à Mme du Maine. || 3° En charpenterie, joindre ensemble deux pièces de bois, dont l'une est à languette , et l'autre à rainure. || 4° En termes de marine, disposer les câbles de deux ancres en fourche. Affourcher un bâtiment. || V. n. Le vaisseau affourché. || S'affourcher, v. réfl. On s'affourche pour mieux tenir contre le vent.
— êtym. X et fourcher.
tAFFOURË, EE (a-fou-ré, rée), pari, passé.
JAFFOURER (a-fou-ré), t). a. Synonyme d'affourager. Il s'applique plus spécialement aux bêtes a laine. Affourer le troupeau.
— êtym. X et feurre ou fouatre, paille.
t AFFRAÎCHIE (a-frê-chie) , s. /. Terme de marine. Se dit du vent lorsqu'il devient plus fort.
— êtym. À et fraîchir.
AFFRANCHI, IE (a-fran-chi, chie), part, passé. Il 1* Esclaves affranchis par leur maître. Les esclaves des colonies anglaises et françaises ont été affranchis. Les Américains du Nord affranchis de la domination de la Grande-Bretagne. Affranchi de tout souci. [Doctes interprètes des lois] Tout l'univers a les yeux sur vous : affranchis des intérêts et des passions, sans yeux comme sans mains,
AFF
vous marchez sur la terre semblables aux esprits célestes, boss. Letellier. Sortis des figures qui passent et des ombres qui disparaissent, nous arrivons au règne de la vérité, où nous sommes affranchis de la loi des changements, in. duch. d'Orl. Sans attendre, comme d'autres, qu'on lui fasse honnêteté pour l'inviter à monter plus haut, il se croit affranchi de cette loi de hiérarchie et prévient de lui-même celle cérémonie, bourd. Pensées, t. n, p. 104. Il demandait à Dieu d'être affranchi de l'esclavage où le vice le tenait captif et comme enchaîné, id. ib. t. i, p. 281. D'une si longue erreur pleinement affranchie, corn. Cinna, v, 3. Promettez: affranchi du péril qui vous presse, Vous verrez de quel poids sera votre promesse, rac. Baj. il, 3. || 2" Substantivement. Esclave à qui on a donné la liberté. Horace était fils d'un affranchi. Une affranchie. Rome à trois affranchis fut longtemps asservie, rac. Brit. i, 2. Jamais un affranchi n'est qu'un esclave infâme; Bien qu'il change d'état, il ne change point d'âme, corn. Cinna, iv, 7. Un affranchi vient lui parler en secret : c'est Parménon, qui est favori, qu'elle soutient.... la bruy. 3. || 3° Fig. Il n'y eut que les trois affranchis du parlement, Noailles , Canillac et d'Effiat, qui trouvèrent celte grâce [faite au premier président] bien placée, st-simon, 454, t39.
AFFRANCHIR (a-fran-chir), v. a. || 1" Rendre franc, exempt d'impôt. Le roi affranchit cette ville de la taille. Cette marchandise est affranchie de tous droitsà l'entrée. || 2° En termes de féodalité, affranchir un héritage, libérer un héritage de quelque servitude, de quelque charge. || 3° Affranchir une lettre, un paquet, en payer le port en envoyant la lettre, le paquet. || 4' Rendre libre. Affranchir un esclave. Les noirs des colonies ont été affranchis moyennant indemnité. Thrasybule affranchit des trente tyrans la ville d'Athènes. Dieu ayant affranchi son peuple de la tyrannie des Egyptiens, boss. Hisl. t, 4. La gloire d'affranchir le lieu de ma naissance, corn. Cinna, m, 3 je veux l'affranchir
ensemble et la venger, id. t'6. n, 2. Et d'un si rude joug affranchissons ces lieux, id. Nie. iv, 6. || 5° Délivrer, en général, de ce qui gêne. Affranchir d'un tribut, de la crainte, du chagrin. || 6° Figurément. Délivrer d'un mal. Si je puis de sa honte affranchir mon époux, coRN.//or. v, 3. Allons donc l'affranchir de ces frivoles craintes, id. Pomp. m, 3. Combats pour m'affranchir d'une condition Qui me livre à l'objet de mon aversion, id. Cid, v, t. J'attendais que, le temple en cendres consumé, Elle vînt m'affranchir d'une importune vie, rac. Alhal. v. 2. J'aurai d'une rivale affranchi votre amour, id. Baj. v, 6. On affranchit Néron de la
foi conjugale, id. Brit. m, 3 vos invincibles
mains Ont de monstres sans nombre affranchi les humains, id. Phèd. v, 3. 117° En termes d'équitation, affranchir un fossé, sauter par delà. || 8° Affranchir un tonneau , le nettoyer , le purifier, quand le bois est neuf. || S'Affranchir un animal, le châtrer. || 10° Terme de marine. Affranchir la pompe, lui faire jeter une quantité d'eau plus considérable que celle qui entre dans le bâtiment. || 11" S'affranchir, t). réfl. X Rome, les esclaves pouvaient s'affranchir à l'aide de leurs épargnes. Tel fut l'accord delà Gaule pour s'affranchir que.... Quand les âmes se seront affranchies des liens du corps. S'affranchir d'une règle. Pour «'affranchir d'un joug injustement imposé, boss. Pont. Unhomme gémit de l'esclavage où il est [de ses passions] ; et un fonds d'équité, de droiture, de conscience qu'il a dans l'âme, lui fait désirer cent fois de secouer le joug et de s'affranchir d'une telle tyrannie, bourd. Pensées, t. I, p. 229. Il se faut affranchir des lois de votre empire, mai.h. v, 4 1. Et pour s'en affranchir, tout s'appelle vertu, corn. Cinna, u, t. Je saurai m'affranchir, dans ces extrémités, Du secours dangereux que vous me promettez, rac. Iphig. v, ?.. Tu voudrais t'affranchir du joug de mes bienfaits, id. Brit. v, 6. Et c'est pour m'affranchir de cette dépendance Que je la fuis partout, que même je l'offense, id. ib. n,2. || 12°S'affranchir,en jardinage, se dit d'un arbre greffé, quand de l'endroit greffe se produisent des racines qui s'enfoncent en terre.
— SYN. affranchir, délivrer. Affranchir, c'est rendre franc; délivrer, c'est rendre libre. Rendre franc, c'est élever d'une condition servile à celle d'homme franc; rendre libre, c'est ôter tout ce qui captive. Délivrer est donc beaucoup plus général et moins précis. Délivrer des esclaves peut aussi bien s'entendre d'esclaves auxquels on donne la Uberté, que d'esclaves qu'on arrache au pouvoir de l'ennemi. En revanche, on ne dira pas affranchir des prison-
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niers, mais affranchir des esclaves, des serls. L'affranchissement ne s'applique qu'au passage d'une condition sociale à une autre; la délivrance s'applique à toute sortie hors d'une situation où la liberté nous est ôtée. Quant au sens métaphysique, ces deux mots se confondent beaucoup.
— HIST. xii" s. Vendre [elle] me peut ou donner, Ses sers [je] sui sans racheter ; Jà ne m'en quier afranchir, Couci, p. 413. ||xin's. Se clers est marceans, il ne pot pas afrancir se [sa] marceandise parlepriviliege de se [sa] clergie, beaum. xi, 36. Il laist bien à afranquir ses enfans et non à aservir, id. xlv, 21. || xiv s. Et se tu veus dire que tu ne Es miesubgès de fortune, Et que ta grantattrasion [descendance] Afranchist ta condition, machault, p. 86. || xv s. Nous voulons que tu nous affranchisses à tous les jours du monde [les paysans révoltés au roi d'Angleterre] , froiss. U, n, H3. [| xvi' s. X fin que sa mort l'affranchist de l'obligation.... mont. I, 30. Qu'ils les délivraient de toutes garnisons, et affranchissoient de toutes tailles, subsides et impots, amyot, Flamin. 1 9. Trouvant un fossé, le voulut affranchir: et l'ayant sauté.... paré, xix, 7. Ceux des quartiers de Bordeaux qui vendent le bois avec le vin ne se peinent que d'affranchir [purifier] leurs tonneaux neufs pour une seule fois, o. de serres, 205, etc. Mesme les béliers sont affranchis [purgés de mauvais goût] par le chastrement, bien que longuement ils aient servi i saillir les brebis, id. 222.
— ÊTYM. Provenç. afranquir, afrancar; espagn. afrancar; ital. affrancare; de af pour ad (voy. À), et franc, adj.
AFFRANCHISSEMENT (a-fran-chi-se-man), s. m. || 1* Action d'affranchir. L'affranchissement de ces esclaves. L'affranchissement des colonies qui devinrent les États-Unis. || 2° Exemption de charges, d'impôts. L'affranchissement d'une terre, d'une ville. || 3° Acquittement préalable des frais de port soit d'une lettre, soitd'un paquet. L'affranchissement des journauxetdescirculaiiesestobligatoire. || 4" Affraachissement de l'esprit, de la pensée. La possession de ces vérités, l'affranchissement de Ç5S erreurs ne sauraient être plus longtemps le privilège exclusif des naturalistes. || 5° Terme de jardinage. État d'un arbre affranchi.
— HIST. xvi* s. Il y feit proclamer publiquement et solennellement la délivrance et affranchissement gênerai de toute la Grèce, amyot, Flamin. 20. Par divers moyens l'on parvient à tel affranchissement [purification des tonneaux] , tels que ceux qui s'ensuivent, o. de serres, 205. Et suffit pour tout affranchissement [pourôterle mauvais goûtaux béliers] d'estordro les genitoires, puisqu'avec la force engendrante s'esteint de mesme la chaleur qui ea rend mauvaise la chair, m. 223. Cest affranchissement se pratique à souhait es meuriers de tous aa ges.... sur les plus petits arbres de la bastardiere, o. de serres, 464.
— ÊTYM. affranchir; provenç. afranquiment.
t AFFRANCUISSEUR ( a - f r'an - chi - scurj , ». m. || 1" Celui qui affranchit. || 2° Homme qui fait le métier de châtrer les animaux.
— HIST. xvr s. Le protecteur et affranchisseur de la Grèce, amyot, Flamin. 20.
— êtym. Affranchir.
AFFRE (a-fr'), ». f. Grand effroi. Après les affres de la mort, elle ressentit les horreurs de l'enfer, boss. Anne. Mme de Montespan était tellement tourmentée des affres de la mort, qu'elle payait plusieurs femmes dont l'emploi unique était de la veiller, st-simon, <so, < 65. Les premiers moments du vide extrême que laissait la mort de la Dauphine, la douleur, les affres dont elle [Mme de Maintenon] était aiguisée, id. 325, 4.
— HIST. xv* s. Il leur dit que, jour de sa vie, n'eut si belles affres [frayeur] qu'il avoit à cette heure eues, louis xi, Atout;, lxxv.
— êtym. Ane. haut-allem. eiver, eipar, acre, hérissé; comp.l'ital. d/ro, âpre, aigre; afrezza, âpreté; afretto, aigrelet.
AFFRÉTÉ, ÉE (a-fré-té, tée) , part. passé. Pris i louage. Ce navire est affrété.
AFFRÈTEMENT (a-f ré-te-man) , t. m. Action d'affréter.
— êtym. Affréter.
AFFRÉTER (a-fré-té. La syllabe fre a un accent aigu, quand la syllabe qui suit est sonnante; et nn accent grave, quand la syllabe qui suit est muetle, excepté au futur et au conditionnel où l'accent aigu est conservé), v. a. Terme de marine. Prendre un bâtiment a louage.
— HIST. xvi* s. L'esprit est si estroictement af-
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fretté au corps, qu'il m'abandonne, atouts coups, pour le suyvre, mont, m, 310.
. — ÉTYM. Provenç. afretar, équiper; ital. affrettare; espagn. afretar; de à et fret (voy. fret).
AFFRÉTEUR (a-fré-teur), s. m. Celui qui prend un bâtiment à louage.
— ÊTYM. Affréter.
AFFREUSEMENT(a-freû-ze-man), adv. D'une manière affreuse. On l'a tourmenté affreusement.
— ÉTYM. Affreuse au féminin, et ment (voy. ment).
AFFREUX, EUSE (a-freû, freû-z'), adj.\\ l°Qui excite une sorte de terreur , au sensphysique et au sens moral. C'est affreux. La blessure qu'ila reçue est affreuse. Une affreuse tempête. Nous passâmes une nuit affreuse.Vie plus affreuse que la mort. Ses malheurs et les miens viennent d'une passion qui cause les désastres les plus affreux ; c'est l'amour, fén. Tél. xv. Les taureaux les plus furieux qui auraient mugi dans leurs combats, n'auraient pas fait un bruit aussi affreux, id. ib. Cette vie, tout affreuse qu'elle est, m'eût paru douce loin des hommes ingrats et trompeurs, !D,t6. Pour mieux comprendre l'extrême folie et l'affreux dérèglement de raison où tomba ce pécheur, bourd. Pensées, t. i, p. 388. J'ajoute à ces tableaux la peinture effroyable De leur concorde impie, affreuse, inexorable, corn. Cmna, i, 3. Que vois-je durant ce temps? Quel trouble ! Quel affreux spectacle se présente ici à mes yeux ! ross. Anne de G. À son âge et avec un corps nourri si mollement, on n'entre pas dans une carrière si affreuse à la nature corrompue, comme dans un chemin couvert de fleurs, mass. Ste Madeleine. || 2" Extrêmement désagréable , mauvais, détestable, laid. Un temps affreux. La pluie a rendu les chemins affreux. D'affreuses habitudes. Des mœurs affreuses. J'ai recueilli les voix et je leur prononce [aux femmes] de la part do tous les hommes, ou de la plus grande partie, que le blanc et le rouge les rendent affreuses et dégoûtantes, la bruy. 3. Pour moi, j'arrivai dans des déserts affreux; on y voit des sables brûlants au milieu des plaines.... fén. Tél. II. Un dévot aux yeux creux et d'abstinence blême, S'il n'a point le cœur juste, est affreux devint Dieu, boil. Sat. il. |] C'est un homme affreux, il est capable des actions les plus noires. || Je ne l'aurais pas cru, c'est bien mal, c'est affreux. || Il est affreux d'assister à un tel spectacle. Il est affreux que le sang ait coulé dans cette circonstance. Il m'est affreux, seigneur, de vous déplaire, volt. Zaïre, m, «.
— SYN. affreux, hideux, horrible. Lesensde ces trois adjectifs est, qui blesse les sens ou l'âme. Mais une distinction y est manifeste : affreux indique ce qui fait peur ; hideux, ce qui soulève le dégoût; horrible, ce qui fait frissonner.
— hist. xvi" s. Sautant du lict elle s'est resveillée : Nuds pieds, sans robe, affreuse [en désordre], eschevelée, rons. 630.
— ÉTYM. Affre
AFFRIANDÊ, ÉE (a-fri-an-dé , dée), part, passé. || 1° Rendu friand. L'enfant affriandé par de la pâtisserie. || 2° Fig. Affriandé par des promesses. || 3°Affriandéde ou à, qui est friand de. Les soldats étaient affriandés au butin. Je ne restai pas même affriandé de jolies femmes, J. J. rouss. Conf. n.
AFFRIANDER (a-rri-an-dé,) V. a. || 1° Rendre friand. N'affriandez pas les enfants. || 2° Attirer par l'appât de quelque chose d'agréable au goût. On affriandé les oiseaux, les poissons par l'appât. || 3° En termes de fauconnerie, affriander c'est encourager un oiseau, en lui offrant une nourriture qu'il aime. || 4° Fig. Attirer par quelque chose d'agréable, d'avantageux. Rien n'affriande comme l'espoir du gain.
— HIST. xvi* s. Aucuns d'iceuxsont aussi afriandez des soldes estrangeres, lanoue, 1 79. Affriandé au travail par la beauté de sa besongne,D'AUB. Hist. II, 485. Le millet frit dans du miel affriandit les pigeons dans le colombier pour ne l'abandonner jamais, o. de serres, 400. Les Florentins, Luquois, Genevois afriandez de la grandeur du profit, apportèrent une infinité d'or et d'argent en France, i. boyvin, Disc, sur les monnayes. Elle l'a trop affriandé [en parlant d'un enfant], palsg. p. 483.
— ÉTYM. A et friand; bourguig. efriandé.
f AFFRICHER (a-fri-ché). t). a. Laisser un terrain en friche.
— étym. A et friche.
AFFRIOLÉ, ÉE (a-fri-o-Ié, lée), part, passé.
AFFRIOLER (a-fri-o-lé) , v. a. || 1° Attirer par des friandises. || 2° Fig. 11 s'est laissé affrioler. || Il est lamilier.
— hist. xvr* s. Vous affiiol'ez cet enfant tant
que vous le gastez,pAi,SGR. p. 483. Affrioliez le ainsi dans sa jeunesse, et vous aurez de lui un beau veau en brief, id. p. 488.
— étym. A et l'ancien verbe frioler, qui veut dire frire légèrement. On trouve dans le patois normand frioler, avoir grande envie.
t AFF1UTER (a-fri-té),«.o. En termes de cuisine, affriter une poêle neuve, la rendre propre à faire une bonne friture, en la préparant par divers moyens.
— ÊTYM. A et frit, de frire.
AFFRONT (a-fron;le t se lie : un affron-t orfeux; au pluriel l'j se lie : des a-fron-z indignes), ». m. || 1* Acte ou parole d'un mépris jeté en face. Les affronts à l'honneur ne se réparent point, corn. Cid. n, 3. Quand je lui fis l'affront, id. i'o. 2. Dès que j'ai vu l'affront, j'ai prévu la vengeance, id. ib. Si on veut vous faire un affront par des paroles, pasc. Prov. 7. Celui qui veut nous faire un affront, id. ib. <*. Le chevalier nous fit un grand affront, sév. 479. Veilà l'affront que je fais à vos lettres, id. 324. Il faut que cette offense de Dieu, que cette perte de la grâce de Dieu me tienne plus au cœur que l'affront le plus sanglant qui me couvriraitde confusion, bourd. Pensées, t. i,p. 291. || Boire, avaler, dévorer un affront , le souffrir patiemment. || Essuyer un affront, le subir , le recevoir. || Ne pouvoir digérer un affront, en garder le souvenir, en conserver du ressentiment. || 2" Déshonneur, honte. Il fait affront à toute sa famille. Sauvez-moi de l'affront de tomber à leurs pieds, corn. Rod. v, 4. Qui n'est point de son sang ne peut faire d'affront Aux lauriers immortels qui lui ceignent le front, id. tfor. v, 3. Sauvonsde cet affront mon nom et sa mémoire, rac. Bcr. m, I. Mai» si dans le combat le destin plus puissant Marque de quelque affront son empire naissant, id. Baj. i, t. Pouréviterl'afTront de tomber dans leurs mains, id. Mithr.v,*. || 3-Familièrement. Sa mémoire lui a fait un affront, la mémoire lui a manqué, il est resté court. ||4° Faire l'affront de quelque chose àquelqu'un , le lui reprocher. Chut! je veux à vos yeux leur en faire l'affront , mol. l'Étour. 111,10. || 5° En avoir l'affront, ne pas réussir. S'il voulait m'aider à terminer cette affaire, je crois que je n'en aurais pas l'affront, sév. 565.
— SYN. 1° FAIRE AFFRONT, FAIRE UN AFFRONT. Entre ces locutions est une nuance assez marquée; le premier a plus d'étendue et annonce une suite d'actes d'où naissent la honte, le déshonneur ; au lieu que le second indique un seul acte. L'enfant qui fait affront à sa famille, est celui dont 4es habitudes vicieuses font rougir ses honnêtes parents ; le prédicateur à qui la mémoire fait un affront, est celui qui une fois manque de mémoire. || 2°afpront, insulte, outrage. Ces trois mots expriment une offense, et ils sont synonymes dans une grande étendue de leur signification. Quand, dans le Cid, le comte donne à D. Diègueun soufflet, il lui fait un affront, une insulte, un outrage, comme on voudra. Mais outrage, dérivant de la préposition outre, et indiquant que l'on passe toute mesure, est plus général et s'applique à tout ce qui offense; aussi dit-on l'outrage du temps, tandisqu'on neditni l'insulte ni l'affront du temps. En effetaffront est ce qui s'attaque directement au front, à la face de la personne offensée, et n'implique pas, comme quelques-uns l'ont dit, la présence de témoins; l'insulte est une agression physique ou morale. Mais ces deux motsse distinguent en ce que insulte est plus étendu, désignant ou pouvant désigner toute espèce d'agression offensante. Ainsi , dans cette phrase, Les tribuns à Rome avaient été créés pour protéger la plèbe contre les insultes des patriciens, affront ne conviendrait pas; il ne dirait pas assez.
— HIST. xvi* s. Faire un affront pour braver un homme est de notre siècle [est une expression nouvelle], pasquier, Recherches , vin , p. 662. Il faut que les harquebusiers soyent à la teste pour faire ce dommage à l'affront [attaque], lanoue, 322. Nostre cavallerie a une furieuse boutée à l'affront, id.
— ÉTYM. A et front. Le sens propre de ce mot est front à front, attaque.
t AFFR0NTA1LLES (a-f ron-ta-lP , Il mouillées) , s. f. plur. Limites d'une terre, ligne où elle touche d'autres terres.
— étym. Affronter.
AFFRONTÉ, ÉE (a-fron-té, tée) , part, passé. || 1" Bravé. Après tant de périls affrontés. || 2° Trompé. Plusieurs marchands affrontés par ses fourberies se plaignaient de lui Monsieur, comme il détale! Et vite, Béatrix! nous sommes affrontés, th. corn. D. Ces. v, 7. I| 3° En termes de blason , il se dit de deux animaux qui se regardent et sont figu-
rés front contre front. || 4°Mis de niveau. Des pièces de bois affrontées.
f AFFRONTEMENT (a-fron-te-man),». m. Action d'affronter, de mettre de niveau.
— HIST. xvi* s. Parlons de l'affrontement de deux escadrons, lanoue, 312.
— ÊTYM. Affronter.
AFFRONTER (a-fron-té) , v. a. || 1« Se mettre avec intrépidité en face de. Affronter l'ennemi. || 2" Fig. Affronter la mort , les tempêtes , les périls de la mer. Aussi intrépide que son maître, le cheval voit le péril et l'affronte, buff. Cheval. Et s'il faut affronter les pi us cruels supplices, corn. Poly. i, «. [Pourquoi] vouloir affronter des travaux infinis? rac. Mithr. m, I. Vous allez de la mort affronter la présence,m. Baj. ii,b. Ma prompte obéissance Va d'un roi redoutable affronter la présence, id. Esth. i, 4. || 3° En termes d'art, mettre front à front, de niveau. Ces deux panneaux sont bien affrontés. || 4* Tromper effrontément quelqu'un jusqu'à l'outrager et à s'exposer à sa vengeance. Courons donc le chercher, ce pendard qui m'affronte, mol. Sgan. M. Si j'y retombe plus, je veux bien qu'on m'affronte, id. Èc. des f. n, 6. Ah I vous me faites tort! s'il faut qu'on vous affronte, Croyez qu'il m'a trompé le premier à ce conte, id. l'Étour. iv, 7. Un cœur ne pèse rien, alors que l'on l'affronte, id. Dép. am. n, 4. Par votre foi, le Mogol est-il homme Que l'on osât delà sorte affronter? lafont. Kondr. [Il] instruit ce malheureux pour affronter Carlos, corn. D. San.v,i. || 5" S'affronter, v. réfl. Si vous voyez deux chiens qui s'aboient, qui s'affrontent, qui se mordent....