AGA
hamilt. Gramm. e. Petite bonne agaçante et jolie, bérang. Célib.
AGACE ou AGASSE (a-ga-s'), t. f. Oiseau appelé ordinairement pie. Le hasard les [aigle et pie] assemble en un coin détourné; L'agace eut peur; mais l'aigle, ayant fort bien dîné, La rassure.... la font. Fab. xi'i, H.
— HIST. xiii* s. Et tout aussi comme l'agache Par son crier et agachierNul oisel ne laisse anichier Près de li, ains les fait fuir....DUCANGE, agaiia.
— ÉTYM. Bourguig. aiguaisse ; picard, agache; Berry, aguiasse, ageasse, égeasse, ouasse; angoumois, ajasse; wallon, aguèse; norm. agase; bas-lat. agasia, aigatia; provenç. agassa, gâcha, guadia; ital. gaiza, gazzera; romagnol, argaza ; de l'anc. haut-allem. agalstra, pie; allem. sclster, elster; holland. aaksler, aaxter.
AGACÉ, ÉE (a-ga-sé, sée), part, passé. || 1" Qui éprouve de l'agacement. Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en sont agacées, bernabdin de st-piebbe. Ch. Ind. préamb. || 2° Qui reçoit des agaceries. Le chat était souvent agacé par l'oiseau, la font. Fab.xn,2. Le cardinal de Retz avait beaucoup d'esprit; mais il était très-laid : ce qui ne l'empêcha pas d'être agacé par les plus jolies femmes, dideb. Princ. de polit.
AGACEMENT (a-ga-se-man), s. m. || 1° Sensation désagréable produite par le contact des substances acides, et l'action de la lime et des sons aigus sur les dents. Agacement des dents. Ce bruit me cause un agacement tout à fa* désagréable. || 2* Irritation légère. Agacement des nerfs.
— HIST. xiii* s. 8e vous volés removoir le aacement des dens qui sovent avient.... alebband, Régime, f 37, verso.
— ÉTYM. Agacer.
AGACER (a-ga-sé. Lee prend une cédille quand il se trouve devant un o ouun o), v. a. || 1° Causer de l'agacement. Ce bruit agace les dents. || 2' Agacer les nerfs, causer une irritation intérieure. || 3° Figurément, faire des agaceries. Je voudrais qu'on les agaçât pour les exciter à parler, i. j. bouss. Ém. v. Las de l'avoir inutilement agacé% sur d'autres sujets, hamilt. Gramm. 4. Mme Duples'sis agaçait ma fille; ma fille la battait, sév. 70. Au salon ou sur la pelouse, Laure, jamais ne m'agacez, bérang. Passez. j. filles. || 4" S'agacer, v. réfl. Devenir agacé. Celte femme s'agace d'un rien. || S'agacer l'un l'autre. Quel plaisirde.... Manger sur nos genoux nos fruits et notre pain, Nous agacer du coude et nous prendre la main, lamart. Joe. rx, 342. Et plus loin des valeu l'un l'autre s'agaçans, boil. Sat. n.
— REM. Boileau a accordé ce participe présent, suivant en cela l'ancienne règle qui le traitait absolument comme un adjectif; depuis, la grammaire a changé; et, en des cas pareils, ce serait aux poètes a voir s'ils veulent ou non suivre l'archaïsme.
— HIST. xm' s. De la noix [ils] vont rongeant l'escorce, Mais ne savent qu'il a dedens; Péchez leur aace les dens, saint Léocade, éd. babbazan, i, 277. Pautonniers qui.... Et le descirent et agacent [un fou], Amadiset Tdoine,ms. 6987. || xvr* s. Les Israélites, ayans esté longuement affligez de diverses calamitez, avoyent un proverbe commun, que leurs pères avoyent mangé du vert-jus, et que les dens des enfans en estoyent agacées, calv. Inslit. 287. Avoyt il mangé prunes aigres sans peler? avoyt il les dens esguassées? bab. Pant. iv, nouv. prol. Il les agacea tant enfin par ses paroles picquantes, que.... mont, i, 353. Les viandes aigres agassent les dents, o. de serres, p. 906. Il me voulut volontiers agacer, palsgr. p. 657. Les arquebuzades et les zagayes des Mores qui agaçoient à toute heure l'armée.... brant. Gouast.
— ÉTYM. Norm. agosser, crier après quelqu'un avec aigreur; picard, agacher, agucher ; bourguig. agaçai; ital. agazzare, provoquer. Ménage tire ce mot de l'italien allegare qui a le sens de agacer les dents ; mais agacer est ancien dans la langue, et n'a pas une origine italienne. Diez le fait venir de l'ancien haut-allemand hazjan, nouvelallemand hetzen, poursuivre, harceler, avec la particule romane à, ce qui a permis de changer h en g. Cette dérivation a beaucoup pour soi. Cependant il faut faire entrer en considération l'ancienne forme aaccr; elle ne s'explique ou qu'en supposant un verbe composé de à et un radical acer, comme aovrir, aorer, aûner, etc. (mais alors comment ce radical n'a-t-il pas gardé l'h de hazjan , et n'est-il pas ahacer?) ; ou bien qu'en admettant quelej est tombé, comme tombaient beaucoup de consonnes intermédiaires entre deux voyelles. Mais cette seconde hypothèse conduirait à considérer aacer comme formé de agace,
AGÀ
pie, par cette supprwsion três-comiiiune d'une consonne intermédiaire et non commençant le mot. En Normandie, on dit qu'un oiseau agace, en parlant de ses cris quand son nid est attaqué, et les vers cités au mot aqasse établissent cette dérivation. La série des sens serait agacer, crier comme la pie qui chasse les autres oiseaux, puis piquer, exciter provoquer, et enfin irriter les dents. Près Paris, on dit aguicher un chien. Comme on voit, il y k deux étymolùgies en présence : le verbe allemand haijan et le mot français agace. Dans Olivier de Serres, on trouve agassin avec le sens de bourgeon venu sur le bois dur (p. 170) et avec celui de cor au pied (p. 069) ; ainsi dit, dans le premier cas, parce que le bourgeon ve-'iU sur le bois dur a quelque chose de hardi et qui provoque ; dans le second , parce qu'un cor au pied est quelque chose d'agaçant.
AGACERIE (a-ga-se-rie), *. f. Mines , manières, paroles par lesquelles on cherche à attirer l'attention. Elle lui fait des agaceries dont il n'est que plus dépité, j. j. rouss. Ém. v.ll y a un aii d'agacerie au travers de tout cela, sév. 36. Elle m'écrit mille agaceries pour lui, id. 537 Donnant tête baissée dans les premières agaceries de l'invincible Germaine, hamilt. Gramm. 6. Mme du Châtelet ne sait comment répondre à ces agaceries séduisantes, volt. Lettres, Pruss. 46.
— REM. On distinguera soigneusement agacement et agacerie. L'agacement est une sensation désagréable des dents, des nerfs. L'agacerie est une provocation agréable et piquante qui, se disant surtout des femmes, a cependant aussi d'autres emplois.
— ÉTYM. Agacer.
t AGA1LLARDLR (S')(a-ga-llar-dir, II mouillées), v. rifl. Devenir plus gaillard.
— ÊTYM. À et gaillard.
fAGALACTIE (a-ga-la-ktie) , s.f. Terme de médecine. Absence de lait dans les mamelles.
—ÉTYM. A privatif , et Yd&a, lait. On trouve quelque fois agalaceie ; mais c'est une mauvaise orthographe.
AGAME (a-ga-m'), adj. Terme de botanique. Se dit desplantes auxquelles on ne connaltpoint d'organes sexuels, tels que certains champignons et des algues.
— ÉTYM. "Ayau-o;, de a privatif, ety»!";, mariage (voy. gendre).
AGAMI (a-ga-mi) , t . m. Oiseau de l'Amérique méridionale, de la classe des gallinacés. On apprend aux agamis à faire àpeuprèsceque font nos chiens, buff. Agami.
t AGAMIE (a-ga-mie) ,s. f. Terme de botanique. État des plantes agames. L'agamie est une subdivision "de la cryptogamie. Dans la cryptogamie la fructification n'est que cachée; dans l'agamie les plantes sont ou paraissent dépourvues de fructification, et se reproduisent au moyen de propagules.
— ÊTYM. Voy. AGAME.
t AGANTER (a-gan-té), v. a. Terme de marine. Prendre, atteindre, saisir.
AGAPE (a-ga-p'), s. f. Repas que les premiers chrétiens faisaient en commun. Vous voyez que la communion était générale, comme les repas nommés agapes, fén. t. xvn, p. 606. Les bénéfices réguliers durent leur origine aux agapes, chateaub. Génie, iv, m, 2. Il faut, quand on fait le repas des agapes, envoyer les meilleurs platsà l'évêque, volt. Phil. II,
— ÊTYM.'AYâir»], amour, amitié.
M5APÈTES (a-ga-pè-C), s. m. et f. plur. S'est dit
jan.i de clercs que des religieuses gardaient parmi elles dans leurs couvents, et de filles ou veuves que les moines gardaient dans leur couvent parmi eux.
— étym. 'AyamiTÔs, digne d'être aimé, de àyàitri (voy. agape).
AGARIC (a-ga-rik), *. m. On donne ce nom à plusieurs champignons dont quelques-uns appartiennent au genre bolet, caractérisé par un grand nombre de trous sous le chapeau. On trouve parmi les agarics des champignons recherchés comme comestibles, tels que le champignon de couche, le mousseron, l'oronge, la morille, et de très- vénéneux, tels que la fausse oronge. Deux agarics sont employés en médecine: (•l'agaric blanc ou bolet du mélèze; c'est un violent purgatif, il est émétique aussi; on ne l'emploie plus guère qu'en médecine vétérinaire ; 2" l'agaric de chêne ou bolet amadouvier; c'est l'agaric des chirurgiens, dont on sert pour arrêter les hémorragies; il agit en s'adaptant exactement à l'orifice des vaisseaux et en favorisant ainsi la formation d'un caillot.
— HIST. xvr s. Apozemes apéritifs et relaxatifs de séné, agaric, rhubarbe, pare, xx, 22,
AGE
— ÉTYM. Aqaricus, àvapixiv , d'Agariu, d'après loscoride, ville de Sarmatie, où ce champignon abondait.
t AGARICE (a-ga-ri-s') , s. f. Terme de minéralogie. Variété de calcaire blanche et spongiaire, nommée aussi agaric minéral, farine fossile, moelle de pierre et lait de lune.
AGASSE (a-ga-s'), s. f. Voy. agace.
f AGASSIN,*. m. Bouton de vigne qui estplacé le plus bas et d'où il ne sort jamais de grappe, (voy. i'étymologie d'AGACER).
AGATE (a-ga-t'),s./'. || 1° Variété de quartz ou cristal de roche ; c'est de la silice à peu près pure, à cassure terne et cireuse, de couleurs variées après le poli. Ces pierres, soitagates, soit espèces de marbres et de cailloux, sont fort communes, volt. Sing. || i° Tout ouvrage en agate. Il y a dans ce musée une collection d'agates très-précieuses. |) 3" Instrument dans lequel est enchâssée une agate, etqui sert à brunir l'or.
— HIST. xiii* s. Et ciers bericles et filâtes, Jaspes, topaces et acates, FI. et RI. 669. || xvi' s. Acathe où du soleil le signe est imprimé.... Cher présent que je donne à toi , chère guerrière, rons. 244. Tertres d'agathe blanc, petits gazons de laict, id. 286. De tels vers fut son epitre achevée, Puis la scella d'une agathe engravée, m. 633.
— ÊTYM. 'Axa-mi;, agate, ainsi appelée d'un fleuve de Sicile, près duquel cette pierre abondait.
t AGATE, TÊE (a-ga-té, tée), adj. Qui contient de l'agate. Jaspe agalô.
— étym. Agate.
t AGATHE (a-ga-f), t. f. Nom d'une fleur. De cette fleur il passe à l' agathe, la brut. 13.
t AGATHEE (a-ga-tée) , s. f. Arbrisseau d'ornement, à fleurs bleues du Cap.
t AGATIFÈRE (a-ga-ti-fê-r') , adj. Qui contient de l'agate.
— ÊTYM. Agateel fer, de ferre, qui porte.
+ AGATIFIE, ÊE (a-ga-ti-fi-é, ée), adj. Transformé en agate.
— étym. Agate et fieri, devenir, passif de facere (voy. faire).
t AGÂTIS (a-ga-ti), *. m. Dommage causé par des bestiaux dans les héritages des voisins.
— étym. â et gâter.
t AGATISER (S') (a-ga-ti-sé) , v. rifl. Se transformer en agate. Pierre agatisée.
— ÉTYM. Agate.
t AGATOÏDE (a-ga-to-i-d'), adj. Semblable à l'agate.
— ÊTYM. Agate eteISo;, ressemblance (voy. idée). AGAVE (a-ga-vé), s. m. Terme de botanique. Genre
delà famille des amaryllidées,quiale port des aloès, mais qui est propre à l'Amérique du Sud. Une espèce s'est naturalisée sur les côtes de la Méditerranée , on l'appelle pitte ou aloès. Les faisceaux de fibres des feuilles servent à faire des cordes. L'agave vivipare s'élevait plus haut dans les criques salées, et présentait une forêt d'herbes de trente pieds perpendiculaires, chateaub. Voy. en Amérique , 447 '.
— ÊTYM. 'Ayauri, admirable, de àyaiiai, j'admire, t ....AGE, suffixe indiquant d'abord la disposition
à : voler, volage ; puis, de là, l'emploi, l'action de : affiner, affinage; ombre, ombrage; assembler, assemblage.
— ÊTYM. Le suffixe latin alicus; provenç. atge; ital. aggio; composé lui-même de at, qui est le suffixe du participe passif, et de t'eus; ainsi umbra, ombre, umbratus, qui est ombragé, umbraticus, qui a beaucoup d'ombre.
t AGE (a-j'), s. m. Partie de la charrue destinée à transmettre au corps de l'instrument le mouvement qui lui est donné. L'âge est horizontal ou incliné, droit ou courbe.
— ÊTYM. /(ge.dans ce sens, doit tenir à un ancien mot français, agiot ou agiau, qui a eu le sens d'affiquet, et dont I'étymologie est inconnue.
ÂGË(â-j'),s. m. || 1" Durée ordinaire de la vie. L'âge de l'homme ne passe pas communément quatre-vingts ans. Il faut épargner le temps de la jeunesse ; celui qui reste au fond n'est pas seulement le plus court, mais le plus mauvais et comme la lie de tout l'âge, boss. Pensées chrét. 3). || Âge d'homme, l'âge viril : Quand cet enfant sera parvenuà l'âge d'homme. || Âge d'homme, la durée commune de la vie: Il n'a pas vécu âge d'homme. || 2° Temps qu'il y a qu'on est en vie. Celui qui continue de cacher son âge pense enfin lui-même être aussi jeune qu'il veut le faire croire aux autres, la uruy. 14. Eh! quel âge avez- VOUS? vous avez bon visage, rac. Plaid, i, 7. L'empereur Charles VI mourut au moisd'octobre 4740, à l'âge de ti>aus(voLT. LouùXtV, 6. || Hue parait pas son âge, il
AGE
ne paraît pas avoir l'âge qu'il a réellement. ||8*Carri&re de la vie que l'on a à parcourir et qui a un commencement, un milieu et une fin. Les progrès de l'âge; avancer en âge ; mon âge avance. Être à la fleur de l'âge. Louis et Thérèse Passeront leur âge en ces lieux, hac. Poésies, (. Ce peu d'heures saintement passées parmi les plus rudes épreuves , tiennent lieu toutes seules d'un âge accompli, boss. Duch. d'Or. Plus nous avançons dans l'âge, id. Pén. 2, Ce vice f l'avarice] est plutôt l'eflet de l'âge et de la complexion des vieillards, qui s'y abandonnent aussi naturellement qu'ils suivaient leurs plaisirs dans leur jeunesse ou leur ambition dans l'âge viril, la bruy. 4 4. Qu'un long âge apprête aux hommes généreux Au bout de leur carrière un destin malheureux! corn. Cid. il, ». Mais dès que le long âge Eutglacé le pauvre animal, La même cuisine alla mal, la font. Fab. z, 4. Les vieillards étonnés de voir ce qu'ils n'auraient osé espérer dans la suite d'un si long âge, fén. Tél. xw. Ce n'est pas une honte ni une faute à un jeune homme que d'épouser une femme avancée en âge ; c'est quelque fois prudence , c'est précaution ; l'infamie est de.... labruy. 44. Et quel est ce temps [de la grâce]? Une conjoncture favorable que Dieu ménage ; un âge plus avancé et plus mûr , où le feu do la passion commence à s'amortir, boubd. Pensées, t. i, p. 281. Mais ta jeune et brillante image, Que le regret vient embellir, Dans mon sein ne saurait vieillir : Comme l'âme, elle n'a peint d'âge, lamart. Médit, i, 9. Quand l'âge dans mes nerfs a fait couler sa glace, corn. Cid,i, 7. Vous perdez le respect : mais je pardonne à l'âge, id. ib. il, 7. Mais je suis né robuste et n'ai point passé l'âge, A. chén. 62. Les fils des dieux n'attendent presque rien du temps et des années ; le mérite chez eux devance l'âge, la bruy. 2. || 4° La durée d'une génération. Ce vieillard dans le chœur a déjà vu quatre âges, boil. Lutr. i. Ce vieillard qui a vécu trois âges d'homme, fén. Tél. xv. Il lui racontait toutes les aventures de sa jeunesse et tout ce qu'il avait vu faire de plus remarquable aux héros de l'âge passé, ID. ib. xv. || 5° Les diverses époques de la vie. Chaque âge a ses plaisirs , son esprit et ses mœurs, boil. Art poét. ni. Tous les âges, tous les états changent quelque chose en nous : quand sera-ce que nous changerons pour la vertu ? boss. Pensées chrét. 8. Le fer ne connaîtra ni le sexe ni l'âge , rac. Esther, i, s. En cet âge penchant Où mon peu de lumière est si près du couchant, malh. vi , 3i. || Bas âge, jeune âgej. Son fils encore en bas âge, boss. Hist. i, 9. Laissant des enfants en bas âge , id. Hist. m , B. Plût au ciel que , dès l'âge le plus tendre et dès les premières années de la vie, on travaillât à se purifier de la sorte 1 bourd. Pensées, 1. 1, p. 367. || Le bel âge, la jeunesse. Toi-même, 6 mon fils , qui jouis maintenant d'une jeunesse si vive et si féconde en plaisirs, souviens-toi que ce bel âge n'est qu'une fleur qui sera presque aussitôt séchée qu'éclose, fén. Tél. xix. || Moyen âge, âge intermédiaire de la vie. Un homme de moyen âge, Et tirant sur le grison, la font. Fab. i, 47. Aussi a-t-on remarqué que c'est dans le moyen âge que les hommes sont le plus sujets à ces langueurs de l'âme, à cette maladie intérieure, à cet état de vapeurs dont j'ai parlé, buff. Nature des anim. || Âge de raison, âge mûr, âge avancé. || Sur l'âge, sur le retour. Le prieur, déjà un peu sur l'âge, était un très-bon ecclésiastique, volt. Ingénu, 4. Quoique père de famille, et déjà sur l'âge, M. Caffe s'obstina à rester sur le pont , chateaubr. Itin. m, 91. || Âge critique, âge où les femmes cessent d'avoir leurs règles. || En particulier , l'âge requis par les lois pour certains actes, certaines fonctions. Elle ne peut pab se marier, parce qu'elle n'est pas en âge. Lettres de bénéfice d'âge , de dispense d'âge, lettres par lesquelles le prince accordait à quelqu'un le privilège de posséder, d'exercer une charge avant l'âge prescrit par les lois. || Président d'âge, celui qui, provisoirement, préside une assemblée, parce qu'il en est le plus âgé. || Être d'âge à, en âge de, avoir un âge qui permet de. Ils assemblent les hommes en âge de combattre, fén. Tél. x. Il était en âge de se marier, corn. Ex. de Pomp. Que prétend-il que vous fassiez ? n'êtes-vous pas en âge d'être mariée? mol. L'Am. méd. I, 4. || Etre entre deux âges, n'être ni jeune ni vieux. Elle était entre deux âges, d'une figure fort noble, J. J. rouss. Conf. il. || Famil. Être d'un certain âge, n'être plus jeune. Elle est d'un certain âge. Un certain âge est un âge trop certain. La dévotion vient à quelques-uns, et surtout aux femmes, comme une passion ou comme le faible d'un certain
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âge, ou comme une mode qu'il faut suivre, la bruy. 3. || 6" Il se dit du nombre d'années qu'a un cheval, un chien, un arbre, un bois. Quel âge a ce cheval, ce chien? Quel est l'âge de ce chêne, de ce taillis? || 7° Terme d'astronomie. L'âge de la lune, le temps qui s'est écoulé depuis le renouvellement de la lune. || 8° Par analogie. Je ïe sais si l'on ne devrait pas faire un peu plus l'attention à l'âge du lait [au temps depuis lequel S est venu aux nourrices], j. j. rouss. Ém. i. || 9" Fig. L'amour n'a point d'âge , il est toujours naissant , pasc. Amour. La grandeur musulmane est à son dernier âge , volt. Tancr. i, 1 . || 10° S. pi. Les siècles dans leur succession indéfinie. Les différents âges de la nature. Les premiers âges de la monarchie. De sorte qu'après d'immenses révolutions d'âges et de temps qui auraient dû l'affaiblir, elle [la religion chrétienne] est toujours la môme, bourd. Pensées, t. i, p. 246. Le monde, de qui l'âge avance les ruines, Ne peut plus enfanter de ces âmes divines, boil. Lulr. m. Les, sages lui dénoncèrent qu'en remuant ce seul point, il mettait tout en péril, et qu'il donnait, contre son dessein, une licence effrénée aux âges suivants, boss. Reine d'Angleterre. Que l'on célèbre ses ouvrages Au delà des temps et des âges, rac. Esth. m, 9. Tu cessas de parler : l'oubli , la main des âges Usèrent ce grand nom empreint dans tes ouvrages, lamart. Médit, i, 28. || 11° S. sing. Le temps présent. Il est le vrai héros de notre âge. Vous qui ne pouvez souffrir vos frères, sans doute que vous êtes parfait et le seul parfait; à vous entendre, vous devez être le modèle de votre âge, boss. Pensées chrét. 4 2. || 12° L'âge du monde, le temps qui s'est écoulé depuis la création. || 13° Les quatre âges du monde, les quatre périodes imaginées par les poètes , et qu'ils ont désignées sous les noms d'âge d'or, d'âge d'argent, d'âge d'airain, d'âge de fer. On dit figurément un âge d'or pour désigner une époque de prospérité ; et un âge de fer pour désigner un temps de guerre et de calamité. Un des captifs avait ramené l'âge d'or dans ces déserts, fén. Tél. u. Mettez votre gloire à renouveler l'âge d'or, iD.tb.xxiv |j 14° Le moyen âge, le temps qui s'est écoulé depuis la chute de l'empire romain jusqu'à la prise de Constantinople par Mahomet II. || 15° En géologie, âge des terrains, âge des diverses formations de roches; ordre de succession des substances minérales stratifiées. || 16° D'âge en âge, locut. adv. De siècle en siècle, de génération en génération. Les secrets de la nature sont cachés; le temps les révèle d'âge en âge. Ce souvenir sera conservé d'âge en âge. || 17° Prov. L'âge n'est fait que pour les chevaijjx, c'est-à-dire, peu importe l'âge qu'on a pourvu qu'on le porte bien, ou encore il est d'un mal appris de parler d'âge devant des personnes âgées.
— SYN. a notre Age, a nos âges. X nos âges on n'est plus bon pour.... dites : A notre âge on n'est plus bon pour.... Ce substantif n'a de pluriel que dans ces exemples-ci : les quatre âges de l'homme ; l'homme entre deux âges, etc. c'est-à-dire lorsqu'il désigne une des époques principales de la vie humaine, et non un des points si nombreux marqués par chaque année. Ce qui fait que la locution à nos âges est mauvaise, c'est qu'au fond il ne s'agit que d'un seul âge, celui' que vous et moi nous avons. Mais un homme de eo ans qui dirait à un adolesoent de 20 ans : Â nos âges la vie offre des aspects bien différents , parlerait correctement ; car ici il s'agirait réellement de deux âges différents. Ainsi dans leeage, la Tontine, 46 : Pour moi je n'aurais jamais pensé à Mlle Mariane , à cause de la disproportion de nos âges.
— BEM. 1. Aage a été de trois syllabes dans l'ancienne poésie; il n'a cessé de l'être, et la contraction des deux a ne s'est faite, bien que l'ancienne orthographe subsistât, que vers le xv" siècle. || 2. Âge était fort souvent du féminin au commencement du xvii' siècle. Que d'hommes fortunés en leur
âge première.... malh. i, 8 et de qui les yeux
Font un visage d'or à cette âge ferrée, id. 1, 4. Outre l'âge en tous deux un peu trop refroidie, Cela sentirait trop sa fin de comédie, corn, la Galerie du $alais,v,B.
— hist. xi' s. Qui durerat à trestout ton edage, Ch. de Roi. xx. || xn« s. Assez [je] vel mieux devancer mon aage [mourir avant le temps] , ib. p. 47. Ainçois me dout [je crains] qu'en trestout mon aage [je] Ne puisse assez lui et s'amour servir, Ceuci, xix. Tous li clergés et li home d'eage Qui en aumosneeten bien faismainront, quesnes, Romancero, p. »4. Certes, ne sera-il en trestout mon aage, Sax. mi. Quand [ils] eurent leur aage, sen [sens]
et discrétion, ib. m. Jofnes [jeune] hom fu de poi d'eage, Chr. de Norm. 3 ne 69. Vieux ert Hunf reiz et bien d'aage, t7j. 32002. ||xm*s. Nous poons trover autrement l'aage de la lune, quele elo est en cascun jor du mois, Comput, f° 9. Ou vintiesme an de mon aage, Ou point qu'Amors prend le paage Des jones gens, couchiez estoio Une nuit.... la Rose, 2). Li enfant demorent en le [la] saizine, et li pies en Testât où il estoit quant li pores morut, dusqu'à l'aage des enfans, beaum. «9. Ch'est tout cler que li sires tenist le [la] moitié du conquest dusqu'à tant que li enfes venist en aage, id. xii, 4 0. Comment on doit son cors garder en chascun aige, alebrand, Régime, f° 2, verso. Il xiv s. Et en aucun eage a l'en entendement aussi comme la nature de î'eage en fust cause, oresme, Elh. 4 85. Et à ceulz qui sunt en eage souvrain, c'est à dire moien , amis leur sont nécessaires à leur bonnes attions accomplir, id. ib. 229. [Majorité] toutefoiz qu'il plaira au dit Daurri, lui venu en aaige, ou à son tuteur ou cureur, du cange, aagiatus. Se nous leur voulons donner aage, par quoi que il fussent hors de tutirie, id. ib. Il XV s. Qu'est devenu le temps où je cuidai, Quant je me vi en l'aage de vint ans.... e. deschamps, Erreurs de la jeunesse. Le jeune comle Louis de Flandre qui point n'avoit quinze ans d'aage.... proiss. 1, 1, 3io. L'ancien aage du ducPhilippe lui fist endurer ce pacienment , comm. 1, 2. Estant en assez jeune aage, id. iv,9. || xvr* s. Les enfans d'aage, qui ont esté circoncis, ont figuré seulement les enfans spirituels qui sont régénérez par la parole de Dieu,CALV. Instit. 4077. L'homme d'aage [par opposition au petit enfant]. Les grands d'aage [même sens], id. ib. 4 083. Les gens d'aage [hommes] doivent estre instruits et croire avant qu'estre baptizez, id. ib. 1080. Les années enclouses entre ceste eage courante, l'an 4550, rab. Pant. v, prol. Voire, en la saison la plus licentieuse de mon aage, mont, i, 77. Les pensées sérieuses d'un homme d'aage [homme fait], id. 1, 490. Une femme hors d'aage, id. 1, 228. L'aage doré [d'or], id. i, 235. En ces nouvelles terres descouvertes on nostre aage, id. 1,228. J'ay restitué plusieurs passages par conjecture, avec l'aide de quelques uns des plus sçavans hommes de ceste aage en lettres humaines, amyot, Préf. xxv, 64. Estant jà sur son aage , il disoit ordinairement ce vers : Je deviens vieil en aprenanttousjours, id. Solon, 3. Ceulx qui estoient en aage de porter les armes, id. Péric. 24. On estimoit chascun desdits ouvrages devoir à peine estre parachevé en plusieurs aages, id. ib. 26. Un désir plus ambitieux que ne portoit l'aage en laquelle il se trovoit alors, id. Marcel. 46. Prenant en mariage une fille , qui n'estoit ny de maison convenable à sa dignité , ny d'aage sortable à la sienne , id. Arist. et Cat. 4 2. Aage est un cours ou espace de la vie, par lequel la constitution et température du corps, de soymosme, sans survenue d'aucun accident, est changée évidemment, paré, Introd. v. Aage viril ; aage caduque etdecrepitée, id. ib.
— ÉTYM. Bourguig. aige; picard, ache; provenç. ùtge; d'une forme bas-latin non conservée, <rtaticum, dont le sens propre serait accumulation d'âge, comme ombrage, de umbraticum, est accumulation d'ombre. Mtaticum vient de setas, qui est pour œvitas, deœrum,âge, siècle, en grec cùwv (voy. éternel). JEtas avait, par xtatem, donné directement dans l'ancien français les formes eded , aé , eé , usitées concurremment avec aage, eage, edage, et correspondant aux formes provençales état, edad, espagnole edad, italienne età. Toutefois il y a une différence à noter; tandis que ces mots des autres langues romanes sont, comme ils doivent être, féminins, vu qu'ils viennent i'wtatem, aé, eé, eded, du vieux français, sont constamment masculins, par une faute manifeste qui suppose un mot barbare setatum.
ÂGÉ,ÉE (â-jé,jée), adj. Quia un certain nombre d'années. Un enfant âgé de dix ans. Un homme âgé de trente , de quarante , de cinquante ans. Les plus jeunes enfants conduisent les moutons dans les pâturages; les autres, qui sont plus grands, mènent déjà les troupeaux; les plus âgés labourent avec leur père, fén. Tél. xii. || Absolument. Qui est avancé en âge. Il paraît plus âgé qu'il n'est. Sésostris qui était fort âgé, fén. ib. II.
— HIST. xiii° s. Certaine coze est que li hoirs malles est aagiés [majeur], par nostre coustume, quant il a quinze ans acomplis et le [la] femme quant ele a douze ans acomplis, beaum. xv, 4 4. Il xiv* s. Une chose est terrible à un enfant qui n'est pas terrible à un homme aagey, oresme, Eth. 80. Nobles personnes, messire Jean de Hodene, dame
Marie sa femme et Martin leur fils aisné et aagié [majeur], du cang«, aagiatus. ||xvr* s. Ceulx qui sont ignorans des choses advenues avant qu'ilz fussent iez, }Uoy qu'ilz soient sur-aagez, demeurent toujours enfans, amyot, Préf. vu, 33.
— ÊTVM. Age.
t AGEASSE (a-jea-s'), s. f. Pie-grièche grise.
AGENCE (a jan-s') ,s. f.\\t° Emploi , charge d'agent. Il a obtenu l'agence de cette compagnie. || 2° Ancienne fonction d'agent du clergé. L'abbé d'Aquin aurait plu au roi dans l'exercice de son agence du clergé, st-simon, 63, 49. L'abbé de Maulevrier avait eu deux agences du clergé de suite, id. 281 , 69. Appelé à l'agence dans ces temps périlleux, où l'autorité du gouvernement mal affermie ne laissait espérer aux droits de l'Eglise qu'une faible protection, il ne fit paraître ni moins de zèle, ni moins de fermeté, mass. Villars.
— ÉTYM. Aqent.
AGENCÉ, ÉÈ (a-jan-sé, sée), part, -passé. || l'Arrangé. Ces ornements sont mal agencés. ^"Familièrement, ajusté, paré. Vous êtessingulièremint agencé.
AGENCEMENT (a-jan-se-man ) , s. m. || 1° Action d'agencer. L'agencement des os est une chose admirable. L'agencement des mota. Il 2° En termes de peinture, arrangement des groupes, des figures. i tement des draperies, disposition des accessoit
— HIST. xvi* s. C'est un bel et grand adgencement sans doubte que le grec et le latin, mais on l'acheté trop cher, mont, i, 4 03.
— ÉTYM. Agencer^ provenç. agensamen AGENCER (a-jan-sé. Le c prend une cédille quand
il est suivi d'un a ou d'un 0), v. a. || 1° Ajuster, mettre en arrangement. Agencez tout cela le mieux possible. || 2° Par extension. J'accommodais ma grâce, agençais mon visage, Régnier, Dial. || 3° En termes de peinture, arranger des groupes , des figures, ajuster les draperies, disposer les accessoires. Il 4° S'agencer, v. réfl. De rubans piolés s'agencent proprement, Régnier, Sat. ix. On a beau s'agencer et faire les doux yeux, id. Sat. xm.
— HIST. xm* s. Quant li rois voit qu'il velt tencier,Sicommençaàagencier,Silirespondimotàmot, Ren. 8412. Or en ferai apareillier Toutàvostrelos un chapel;Etpor agencierleplusbel.... ib. 2526. || xiv° s. En milieu des bachinsfu li enfes petis; Il ot assez menguiet,ne fumiefamis;Regarde les florins gaunes [jaunes] et agensis, Baud. de Seb. 1, (072. Aletaire a à nom le paen dont je di; N'a que dix huit ans, le corps a agensi, Guescl. 16729. Le beau chemin qui tost adresse Tous ceulx qui y vont , et agence En tout honneur, c'est diligence, bruyant dans Menagier, t. H, p. 20. ||xvi* s. Les contenances et façons simples, et mal agencées desescoliers.au prix des honnestetez, courtoisies et dexteritez de ces jeunes gentilshommes, lanoue, 422. L'on voiteommunement les maisons des simples bourgeois et marchans (mesmement es païs bas) si joliment agencées et de peu, que les nobles devroyent avoir honte de tenir les leurs si salles, id. 4G8. Les traducteurs françois ne se sont pas seulement estudiez à bien agencer leurs traductions, mais ont aussi adjousté.... id. 4 39. Les Parthes laissent croistre leurs cheveux à la mode des Tartares, sans les agencer ny peigner aucunement, amyot, Crassus, 46. Quelque bigearre et rebours que soit le lieu [emplacement], il se peut neantmoins ageancer, 0. de serres, 48.
— ÉTYM. Picard, agincher; -wallon, ajancener ; provenç. agenzar, plaire, embellir; catal. agenzar; anc. itâl. agenzare; de d (voy. X) et gent (voy. GENT.ad/.) : rendre gent, gentil.
AGENDA (a-jin-da), s. m. Petit livret destiné à noter les choses qu'on doit faire. J'oubliais la principale affaire; je ne l'ai pas mise sur mon agenda, lesage, Turc, m, 9. || Au plur. les agendas.
— ÉTYM. Agenda, choses qui doivent être faites, participe futur passif de agere, faire (voy. agir).
t AGENDE (a-jan-d'), s. f. || 1° Administration municipale. En ce tempsl'ancienneagende fut changée, boss. Var. 46. || Terme aujourd'hui inusité. Il 2° L'office des morts en neuf leçons chez les chartreux.
— ÉTYM. Voy. AGIR.
t AGÉNÉSIE (a-jé-né-zie), s.f. Terme do médecine. Impossibilité d'engendrer.
— ÉTYM. A privatif, et Yévcai;, génération (\oy. génération).
AGENOUILLÉ , ÉE (a-je-nou-llé .liée , Il mouillées) , part. passé.Tous deux agenouillés. Statue agenouillée.
fAGENOUILLEMENT (a-je-nou-Ue-man,M mouillées, et non a-je-nou-ye-man), s. m. Action de s'agenouiller.
AGE
— HIST. xvi" s. Si par le mot agenouillement l'apostre signifioit la vraye adoration que rendent les fidèles à Dieu, calv. Inst. 628. Quant aux testes nues et agenoillements qui sont ordinaires devant la face de nostre roy, carloix, II, 2.
— ÊTYM. Agenouiller; provenç. aginolhamen. AGENOUILLER (S') (a-je-nou-llé, Il mouillées),
v. réfl. Se mettre à genoux. Il s'agenouille toujours sur la pierre. S'agenouiller devant quelqu'un.
rem. Des auteurs de synonymesont vouludis-
tinguer s'agenouiller et se mettre à genoux, disant que s'agenouiller ne se prend qu'au physique et se dit seulement de la position du corps qu'il représente; que se mettre à genoux ajoute une idée morale et exprime de plus le sentiment d'humilité ou d'adoration dont cette posture est le signe. Les incrédules quelquefois s'agenouillent dans les églises : les dévots seuls s'y mettent à genoux. Cette distinction n'a aucun fondement dans l'usage ; l'un et l'autre se prennent tantôt au figuré et tantôt au propre.
— HIST. xii* s. Rolant le conte [il] en fist agenoiller, Ronc. p. 50. Devant le roi [il] se vait agenoiller, ib. p. (29. Humblement vint à l'uis, iloecs'agenoilla, En plur e en larmes grament i demura, ï'ft. leilarl.ioo. Liquens Raoul bêlement l'en apele ; Il s'agenoille, vostueot sa gounelle; Pargrant amor li a dit raison bêle, R. de Cambray , 99. || xin' s. Lors s'agenouilleront li sis message à leur pies, moult plorant, villeh. xvii. Encoste [de] la roïno [elle] se va agenoiller, Bcrte, XI. Si qu'il l'ont contre terre par force agenouilliée. ib. xxi. Et tout li chevalier et les dames qui illuec estoient s'agenouillèrent devant li à ses pies et li crièrent merci pour son filg, Chr. de Rains, 222. Devant eus vous agenoilliés, Jointes mains, la Rase, 7496. Quant la royne le vit entrer en la chambre où elle estoit, sis'agenoilla contre li, et le chevalier se ragenoilla contre li [devant la reine] aussi, joinv. 280. |j xiv* s. Mais devant lui m'ageloinguay, machault,p.20. || xv* s. A donc se trait sagement ce Jacques Lambe devers Yvain et se agenouilla devant lui, froiss. ii, ii, 30. Il xvi' s. Et n'y a nul empeschement qu'un malade qui ne se peut agenouiller, ne prie tout droit, calvin, Instit. 969. Us ne s'agenoillent nullement, et en sont quittes pour une reverance d'entrée et d'issue de la salle, carl. 11, 2.
— ÊTYM. A et genouil (voy. genou) ; wall. s'aïlégni; rouchi, s'agligner; bressan, s'azcnoiller ; provenç. agenolhar, aginollar; ital. agginocchiare.
AGENOUILLOIR (a-je-nou-lloir, Il mouillées), s. m. P<Hit escabeau sur lequel on s'agenouille.
— ÊTYM. Agenouiller.
AGENi (a-jan), s. m. AGENTE (a-jan-f). s. f. Il 1° Tout ce qui agit, opère. Agent naturel, agent chimique. Bien que l'agent et le patient soient fort différents, desc. Pass. i,l, Mon âme et mon corps Sont-ils d'un autre agent les aveugles ressorts? voi.t. Disc. 2. Je parle, je chemine: Je sens en moi certain agent; Tout obéit dans ma machine X ce principe intelligent, la font. Fab. x, 1. Sans jamais trouver aucun agent commun qui les dirige, J. J. nous. Ém. iv. Dans ce phénomène la nature est la principale agente. || 2° Celui qui fait les affaires d'autrui, qui est chargé d'une fonction , d'une mission publique ou privée. Les agents du roi. Agent et émissaire de cet homme. Le crédit qu'on a dans une secte dont on devient le chef ou l'un des principaux agents.... Botmn. Pensées, t. 1, p. 430 Rome à ses agents donne un pouvoir bien large, corn. Nicom. m. 3. A-t-il eu près de vous un plus soigneux agent Pour hâter les renforts et d'hommes et d'argent? id. ib. iv, 2. Et j'en bannis par là ces rois et leurs agents, in. Attila, i:t J . Cassandre par le prince est si persécutée Et d'agenusi puissants pour lui sollicitée, rotr. Veneesl.m, 2. Tibère.... Sur ses propres agents punissait ses forfaits, M. 1. CHÊN. Tib. m, 3. || En mauvaise part. Dans cette intrigue, elle était la principale agente. Suis cet agent fatal de tes mauvais destins, corn. Poly. 1, 3. || Agent d'une compagnie. || Agent diplomatique, homme chargé de fonctions diplomatiques. || Agent de change, autrefois changeur, entremetteur autorisé pour la négociation des effets publics. Ne m'as-tu pas dit que tu connaissais un agent de change qui te donnerait de l'argent à l'heure même? lesage, Turc. 11, 3. || Agent de police, employé subalterne attaché à la police d'une ville. || Agent d'affaires, celui qui se charge de diriger etde régler des affairesd'intérêt. || Agent comptable, celui qui est particulièrement chargé des recettes et des dépenses. || Les agents d'une faillite, les gérants provisoires d'une faillite qui l'administrent pendant quinze jours
AGG
et quelquefois jusqu'à la nomination des syndics provisoires. || Agents du clergé se disait autrefois de deux ecclésiastiques de second ordre choisis, pour avoir soin des affaires du clergé, par les deux provinces ecclésiastiques qui étaient en droit de les nommer. Qu'attendez-vous ici du ministère de notre agent? Une criminelle complaisance.... ? mass. Villars. || 3° En philosophie, l'être qui possède la faculté de se déterminer.
— HIST. xiv s. Et celui qui ferait injuste à se meisme, il serait agent ou faisant et pacient tout ensemble ou [au] regart de se meisme, oresme, Elh. 168 1| xvi* s. 11 attribua le gouvernement de ce monde à une pure intelligence, laquelle sépare, comme cause première agente, les substances, etc. amyot, P^r. 6. Nature, laquelle est principale agente en cecy.... paré.xvi, 12. Celui qui hayt est patient; le hay est agent, au rebours du son des mots, charron, Sagesse, 1, 27. L'ouye est un sens spirituel, c'est l'entremetteur et l'agent de l'entendement, id. ib. I, 12.
— Étym. Agens, de agere (voy. agir).
f AGÉRASIE (a-gé-ra-zie), s. f. Terme de médecine. Absence de vieillesse, vieillesse verte et vigoureuse.
— ÉTYM. A privatif, et y?,pix«, vieillesse.
f AGGLOMÉRAT (a-glo-mé-ra), s. m. Terme de minéralogie. Masse de plusieurs substances formées à des époques diverses et réunies par un ciment quelconque.
AGGLOMERATION (a-glo-mê-ra-sion) , s. f. Action d'agglomérer; état de ce qui est aggloméré. L'agglomération des sables. L'agglomération des hommes dans les grandes villes.
— ÉTYM. Agglomeratio , de agglomerare (voy. agglomérer).
AGGLOMÉRÉ, ÉE (a-glo-mê-ré, rée), part. passé. Il 1" Réuni en tas. Des sables agglomérés. || 2° Se dit en botanique pour désigner des organes entassés ou rapprochés en masse compacte, qu'ils soient ou non adhérents ensemble.
AGGLOMÉRER (a-glo-mé-ré. La syllabe méprend un accent grave, qtiandla syllabe qui suit estmuette; et garde l'aigu au futur et au conditionnel : agglomérerai). H 1° V. a. Assembler, réunir, entasser. La richesse du sol agglomère les hommes dans cette contrée. || 2" S'agglomérer, ». réfl. S'entasser.
— ÉTYM. Agglomerare, de ad, à (voy. À), et glomus, eris, peloton. Glomus ne paraît être qu'une forme deglobus, globe (voy. ce mot).
fAGGLUTINABLE (a-glu-ti-na-bl'), adj. Qui peut s'agglutiner.
— HIST. xvi* s. Les vieilles gens ont les os plus secs et plus durs, et par conséquent moins agglutinantes, PARÉ, VIII, 10.
— ÊTYM. Agglutiner.
AGGLUTINANT, ANTE (a-glu-ti-nan, nan-t').
Il 1° Adj. Qui est propre à recoller, à rejoindre. Substances agglutinantes. On appelait autrefois remèdes agglutinants, ceux auxquels on supposait la propriété de recoller des parties divisées. On appelle aujourd'hui agglutinants ou mieux agglutinatifs les substances emplastiques qui adhèrent fortement à la peau. |j 2° S. m. Un agglutinant. || 3° En linguistique, langues agglutinantes , celles dans lesquelles prédomine le procédé de l'agglutination. Les langues de l'Amérique du Nord sont agglutinantes.
— HIST. xvi* s. Si tel flux vient de rupture, il sera guéri par choses agglutinantes, paré, xv, 55.
f AGGLUTINATEUR, TRICE (a-glu-ti-na-teur, tri-s'), adj. Terme de médecine. Qui a la vertu d'agglutiner. Un travail agglutinateur.
— HIST. xvi" s. La faculté agglutinatrice, paré,