XV
— ÊTYM. Agglutiner.
AGGLUTINATIF , IVE (a-glu-ti-na-tif , ti-v') . || 1° Adj. Se dit des emplâtres qui ont la propriété de s'attacher promptement et d'adhérer fortement à la peau. Emplâtres agglutinatifs. Bandelettes agglutinatives. || 2° S. m. Un bon agglutinatif.
— HIST. xvi* s. Mettant un linge délié beaucoup plus grand que la playe, couvert de heaume agglutinatif, paré, vu.
— ÉTYM. Agglutiner.
AGGLUTINATION(a-glu-ti-na-sion),s./'. || 1° Action
d'agglutiner. En termes de médecine, recollement de parties contiguês accidentellement divisées; c'est la première période de l'adhésion des plaies. || 2' En linguistique, l'agglutination est le procédé par lequel un ou plusieurs mots, étant dans un rapport de dépendance avec un autre mot, s'introduisent, à l'aide de certaines modifications, dans le corps du
AGG
mot dont ils dépendent, ou se joignent à lui, de manière à composer avec lui un mot unique. Ainsi, par exemple, il y a des langues où, dans cette phrase': Le cerf que j'ai chassé hier, les mots que j'ai chassé hier s'incorporent avec cerf et en suivent toutes les modifications.
— HIST. xvi* s. Les choses estranges empeschent l'agglutination de la playe, paré, vu, 5. Ils [les vieilles gens] ont le sang moins propre à faire l'agglutination, 10. vin, 10.
— ÊTYM. Agglutiner.
AGGLUTINÉ, ÉE (a-glu- ti-né, née), part, passé. Il 1" Recollé, rejoint. Les lèvres de la plaie étant agglutinées. Il 2° En botanique, agglutiné se dit des organes colles comme avec de la glu, de manière à pouvoir être détachés sans déchirure. || 3° En linguistique, se dit d'un mot réuni à un autre et fondu en lui.
AGGLUTINER (a-glu-ti-né). || 1» V. a. Terme de médecine. Recoller, réunir les chairs, la peau. Il 2° S'agglutiner, v. réfl. Être réuni, recollé. Les lèvres do la plaie s'agglutinent. En italien, souvent le pronom s'agglutine au verbe.
— HIST. xvi" s. Il faut que le sang afflue à la partie qui doit estre nourrie, puis qu'il soit fiché et agglutiné, paré, Introd.O.
— étym. Agglutinare, de ad, à (voy. i), et gluten, colle (voy. glu).
AGGRAVANT, ANTE (a-gra-van, van-t'), adj. Qui rend plus grave, plus grief. Circonstance aggravante, circonstance qui ajoute à la gravité d'une faute. Ce qui est aggravant dans cette affaire, c'est que....
— hist. xvi* s. Les navrés sentent en la partie une douleur aggravante, une stupeur et endormissement, paré, ix, 2» Dise.
AGGRAVATION (a-gra-va-sion),î. f. || 1° Terme de droit. Augmentation de peine; ce qu'on ajoute à une condamnation. || 2° En termes de médecine, augmentation. 11 y a aggravation. L'aggravation du mal, des symptômes.
— êtym. Aggravalio, de aggravare (voy. aggraver).
AGGRAVE (a-gra-v'), *. f. Seconde fulmination d'un monitoire avec menace des dernières censures de l'Eglise.
— êtym. Aggraver.
AGGRAVÉ, ÉE (a-gra-vé,vée), par*, passé. || i* A propre, appesanti. Achevant son somme, Et le yeux encore aggravés, la font. Ann. || Vieux en ce sens. Il 2°Augmenté. Peine aggravée. Péchés aggravés parl'impénitence. Maladie aggravée par l'imprudence du malade.
t AGGRAVÉE (a-gra-vée) , s. f. Terme de vétérinaire. Maladie du pied du chien qui consiste en une inflammation du réseau vasculaire situé au-dessous de l'épiderme épais et dur, dont les tubercules plantaires sont recouverts à leur surface d'appui. On a aussi observé, chez les porcs surmenés, des aggravées, que l'on guérit en conduisant à l'eau les animaux malades ou en enveloppant de cataplasmes argileux ou astringents les pieds aflectés.
fAGGRAVEMENT (a-gra-ve-man), s. m. Synonyme d'AGGRAVÊE.
AGGRAVER (a-gra-vé),e. a. || 1° Rendrepluslourd. Un corps qui nous aggrave et nous abaisse vers la terre, pasc. édil. Cous. Pourquoi vous faites-vous de nouveaux liens? pourquoi aggravez-vous votre fardeau? boss. Pensées détachées, 12. || 2° Porter, prononcer une aggrave. || 3° Fig. Rendre plus grief. Aggraver une peine. Il aggrave sa faute. Les fatigues aggravèrent sa maladie. || 4° S'aggraver, v. réfl. Devenir plus lourd. La main du Seigneur s'aggrava sur les Azotiens, volt. Phil. iv, 283. Il 5° Devenir plus grief. Le mal s'aggrava rapidement.
— HIST. xii" s. Dune agreva Deus sa main sur cels de Azote e de la cuntrée, e forment les descunfist, fioi's, i». Sire Bernier, frans chevaliers membrez [illustre] , Vivres en vous? gardez, nel me celez. Oïl voir, sire, mais molt sui agreveiz, R. de Cambrai, 202. || xin" s. Quant il se senti agrevé, si manda au roi Phelippe son filleul que il venist à lui, Chr. de llains, p. 43. Mahius de Monmorency acoucha malades, et tant fu agrevé qu'il morut, villeh. 39. || xiv" s. L'estat de la personne agrave le fait, oresme, Eth. et. En icelle heure que mes yeulx seront si aggravés de l'obscureté de la mort.... Menagier, 1, 1. || xv" s. Fut pris et mené en Espaigne [le sire de l'Esparre], et là fut plus d'un an et demi ; car il estoit tousles jours aggravé du [persécuté par le] lignage de ceux de Pommiers, froiss. 11, h, *. Nerci [noirci] de dueil
AGI
et aggravé de petne, a. chartier, Complainte contre la mort. || xvi« s. Ce corps qui est corruptible aggrave l'ame, et l'habitation terrienne déprime le sens pensant maintes choses, calvin, 57. Le crime Je Manassê est fort aggravé par ceste circonstance, id. Inslit. 964. L'ame est lors aggravée de profonles pensées, mont, i, 40. si extrêmement aggravé Je travail et de faulte de dormir, que.... m. 1, 344. Aggravé de vieillesse, id. h, 4 9. En moy, la proximité n'allège pas les defaults, elle les aggrave plus tost, m. iv, 96. Comme on voit un pavot agravé de pluie, baisser tristement la teste contre terre, yver, p. 04). Cela fut rapporté à Rome, qui aggrava bien encore plus le mescontentement que l'on avoit de luy, amyot, Fab. 4 9. Il est vraysemblable que Caton l'escrivit en ceste sorte pour aggraver le crime et le rendre plus atroce, id. Flamin. M. Estant aggravé de travail et de faulte de dormir, il se coucha dessoubs quelque arbre à l'ombre, id. Sylla, 60.
— ÊTYM. Provenç. agreviar, agrieviar; espagn. agravar ; ital. aggravare; de aggravare, de ad, à, et gravare, charger, de gravis, pesant (voy. grave et grief).
AGGRÉGAT, AGGRÉGATION, AGGRËGER, voy.
AGRÉGAT, AGRÉGATION, AGnÉGER.
f AGI, IE (a-ji , jie), part, passé. Poussé, mis en mouvement. Toute âme chrétienne est mue et agie, boss. Nouv. myst. 8. Un corps est modifié par la seule puissance de Dieu; il n'agit en rien; il est seulement agi , fén. Exist. 67.
— rem. Ce participe n'est pas en usage. Cependant l'autorité de Bossuet et de Fénelon pourrait en justifier l'emploi dans le langage philosophique.
t AGIAU(a-ji-6),j. m. || 1" Sorte de pupitre sur lequel le doreur place le livret qui contient les feuilles d'or. || 2° Familièrement , colifichet de femme. Les agiaux de la mariée de village, affiquets, bijoux. Terme vieilli. || Voilà bien des agiaus et Une longue kirielle, se dit d'un long discours, d'une longue affaire. || En somme, mot peu usité aujourd'hui.
— HIST. xiii* s. Ci poés vos trover les agies [portraits] des douze apostres assis, wilars de honecort, Planche 2 de l'album. || xv s. Faut-il faire tant d'agios? Commencez, mes petits deablos, arnoul gresban , Mystère de la Passion. Après un grand tas d'agios [façons], se part la compagnie de l'hermite, et vindrent à l'hostel tout devisant, louis xi, Nouv. xiv. || xvi* s. Je ne veidz oneques tant de sandeaulx, tant de flambeaulx, de torches, deglimpesetd'agiaux, rab. Pant. v,40.
— ÉTYM. Origine incertaine; à moins qu'on ne veuille y voir, comme l'ont dit quelques-uns, le mot grec Syco;, souvent répété dans des prières ou litanies. Il est possible aussi que agies de Wilars vienne de Syioc.et signifie un portrait de saint.
AGILE (a-ji-1') , adj. Qui a facilité à agir , à se mouvoir, dispos, léger, souple. Un homme robuste, agile. Un pas agile. Une main agile. Une langue agile. Prenez vos plumes sacrées, vous qui composez les annales de l'Eglise : agiles instruments d'un prompt écrivain et d'une main diligente, hâtez-vous de mettre Louis avec les Constantin et les Théodose, boss. Le Tellier. Il [l'amour] rend agile à tout l'âme la plus pesante, mol. Ée.desf. m, 4.
— HIST. xiv s. Agonie [exercice] , agonization , agonizement sont une chose la quelle est exercitation pour faire les corps agiles et fors, oresme , Thèse de Meunier. || xv« s. Or ça, Jehanne, ma doulce fille, Voilez vous donqùes estre armée? Vous sentez vous assez agille Que vous n'en soyez pas grevée ? Bibl. des Ch. i'série. t. v,p. 362 || xvi* s. La beaulté des vaisseaux de Demetrius n'empeschoit point qu'ilz ne fussent bons et agiles pour combatre, amyot, Démétr. 60.
—ÊTYM. Agilis,de agere, agir (voy. agir). Agile est un mot introduit dans la langue au xiv" siècle, peutêtre par Oresme; s'il y était entré d'origine, agilis, ayant l'accent sur ag:,aurâSl donné àiie ou ele, comme fragilis a donné freile ou frêle.
AGILEMENT (a-ji-le-man) , adv. Avec agilité. Il s'est élancé agilement sur son cheval.
— ÊTYM. Agile et ment.
AGILITÉ (a-ji-li-té), ». f. Légèreté dans les mouvements. L'agilité du lièvre. L'agilité du cavalier. On n'a guère ménagé la terre , et pour une grosse masse asssi pesante qu'elle est, on lui demande bien de l'agilité, fonten. les Mondes, t" soir. Où ils croient découvrir Les grâces du corps, l'agilité, la 'souplesse , la dextérité , ils ne veulent plus y admettre les dons de l'âme, la profondeur, la réflexion, la sagesse, la bruy. 2. Vous voyez les oiseaux; ils ont des ailes et ils en sont chargés; mais ce qui les charge fait leur agilité, et plus ils en
AGI
sont chargés, plus ils deviennent agiles, bourd. Carême, t. i, p. 457. || En musique, agilité des voix, exécution rapide d'une mélodie.
— HIST. xiv s. Celui qui vouldroit avoir domination et vittoire as luttes ou es courses ou autres gieux as quiex agilité de corps est requise, oresme, Eth. 44. || xvi* s. Leur légèreté et agilité estoit encore plus digne d'estre regardée , que non pas leurs magnificences et sumptuosité [des vaisseaux], amyot, Démétr. 60. Qui jette les hommes à la folie, à la manie, que la poincte , l'agilité et la force propre de l'esprit? charron, Sagesse, i, 35.
— ÊTYM. Agilitus, de agilis, agile (voy. agile); genevois, agileli; provenç. agililat; espagn. agilidad; ital. agililâ.C.e mot a peut-être été introduit par Oresme, au xiv siècle.
AGIO (a-jio) , s. m. || 1" Terme de banque. Bénéfice qui résulte du change de la monnaie et de l'échange des effets de commerce contre l'argent. Agio est un terme de banque publique qui, dans son origine, signifie la différence entre l'argent courant et l'argent de banque ou le billet, melon, Essai politique sur le Commerce, xxi, 4734. ||2° Spéculation sur la hausse et la baisse des effets publics. Les usuriers avaient gagné gros à trafiquer les papiers du roi; on appelait ces gens-là agioteurs, et leur manège s'appelait agio, st-simon, 286, 4 33.
— ÊTYM. Ital. aggio , qui , en ce sens, n'est qu'une autre forme de agi > , aise (voy. aise) ; l'agio étant considéré comme une aisance. St-Simon, plusieurs auteurs et la 2* édition du Dictionnaire de l'Académie écrivent agiot. Ce ( est une lettre euphonique ajoutée pour former agioter, agiotage, agioteur. Agio, dans le sens qu'il a aujourd'hui, est né dans les dernières années de Louis XIV. Le Dictionnaire des Arrêts de Brillon, imprimé en (727, au mot agio, dit que c'est un terme venu d'Italie et usité en Hollande pour marquer la différence entre l'argent de banque et l'argent courant, laquelle dépend de la rareté des lettres de change. On s'en est servi, ajoute-t-il, en France, depuis vingt ans environ, en disant : Cet homme entend l'agio, pour marquer celui qui connaissait le fort et le faible des effets de commerce , et le profit qu'on y pourrait faire. Cela ne supposait pas qu'il en fit un mauvais usage. Depuis, le mot agioteur a été pris en mauvaise part, pour caractériser un commerce illicite sur les papiers publics et autres, entrepris dans l'espoir de arands bénéfices, et consistant surtout à rechercher les porteurs de papier obligés de le lâcher à vil prix. Brillon cite deux Déclarations de 4706 et 4707, qui condamnent au carcan et aux galères ceux qui faisaient des négociations usuraires de hillets royaux connues dans le public sous le nom d'agio; car, pour désigner le nouveau genre d'usure, il a fallu aussi inventer un nouveau terme. Le Dictionnaire du Commerce de Savary des Brus- Ions (4 723) dit : Agio, le change de l'argent en monnaie de banque; se dit aussi du profit, distinct de l'intérêt, d'une avance faite pour le commerce; Agioteur, terme nouvellement en usage parmi les marchands, banquiers et gens d'affaires, pour désigner une personne qui place son argent à gros intérêts en prenant des billets, promesses et autres semblables papiers sur un pied très-bas pour les remettre dans le public sur un pied pius haut. D'Aguesseau, Mémoire sur le Commerce des Actions de la Compagnie des Indes, 4 720, dit : Agio, dans sa véritable signification , est ce qui se donne à un courtier ou à un agent de commerce ou à un banquier, pour le change ou pour sa peine et son industrie, ou pour l'escompte d'une lettre de change qu'il se charge de négocier.
AGIOTAGE (a-jio-ta-j'), s. m. Trafic sur les effets publics, jeu sur la hausse ou la baisse, manœuvre pour faire hausser ou baisser les fonds publics, ou faire varier le prix de certaines marchandises en vue d'un profit. L'agiotage a commencé au premier discrédit de la caisse des emprunts, s'est multiplié à mesure de l'augmentation des billets, et enfin est monté au comble par les opérations de notre banque, melon, Essai politique sur le Commerce, xxi.
— ÊTYM. Agioter, a Agiotage pourrait bien n'être autre chose, dans sa signification ordinaire, que la manière de gagner par l'agio ; mais aujourd'hui il signifie cette espèce de commerce de papier qui ne consiste que dans l'industrie et dans le savoir-faire de celui qui l'exerce, par le moyen duquel il trouve le secret de faire tellement baisser ou hausser le prix du papier, qu'il puisse acheter à bon marché et revendre cher, » d'aguesseau, Mémoire sur le Commercedes Actions de la Compagnie des Indes.
AGIOTER (a-jio-té). || 1* T.r». Faire l'agiotage. Ils
AGI
ont agioté sur les fonds publics et gagné beaucoup d'argent. || 2° V.a. I.'Angleterreabonifié toutes lesdettes de l'Etat, quoique les particuliers les aient agiotéesà 50 et 40 pour 100, law, 2* Mémoire sur les Banques. || On dit qu'un fameux agioteur, interrogé par ses connaissances sur les personnes avec qui il avait agioté, nomma des prélats, des grandi seigneurs et des magistrats, melon, Essai polit, sur le Comm. xxi. Qui eût dit autrefois à la noblesse française qu'un jour leurs enfants commerceraient, agioteraient même? l'Ami des Hommet, 2# partie, p. 444.
AGIOTEUR (a-jio-teur), s. m. Celui qui fait 1'»giotage. Les usuriers qui avaient gagné gros à trafiquer les papiers du roi, on appelait ces gens-là des agioteurs, st-simon, 286, 133. D'agio est venu le terme d'agioteur, donné odieusement en France à ceux qui font le commerce des papiers publics, melon, Essai polit, sur le Comm. xxi. Ils se seraient associés dans votre capitale avec des agioteurs, avec des vampires, mirab. Collect. t. i , p. 327.
— ÊTYM. Agioter. Duhautchamp , Hist. des finances pendant la minorité de Louis XV, raconte que, lorsque le papier s'introduisit, pendant la guerre qui suivit la paix de Ryswick, certains courtiers s'établirent dans la rue Quincampoix, sous le nom de banquiers, pour faire le commerce des papiers publics (billets de monnaie en usage depuis 4 702 et surtout 4 704) à bureau ouvert; on tes appela agioteurs. Il y a une pièce de Dancourt, de 1710, intitulée les Agioteurs; l'agioteur y est défini un homme qui change le papier en argent et l'argent en papier. L'agioteur est aussi mis en scène dans l'Usurier gentilhomme de Legrand, 474».
AGIR fa-jir. Use conjugue avecl'auxiNaire avoir), v. n. || 1° Faire quelque chose. Le moment d'agir est venu. Il faut agir et non délibérer. Il sait mieux parler qu'agir. Tout le mérite de la vertu consiste à agir. Rester sans agir. Homme que l'ambition seule fait agir. [Un grand homme] il a fait . il a agi avant que de savoir , ou plutôt il a su ec qu'il n'avait jamais appris, la bruy. 2. Il n'y a point de péché qui ne méritât des larmes éternelles, si la divine miséricorde n'agissait en notre favour, bourd. Pensées, 1. 1, p. 343. Ils se livrent au penchant naturel , ils suivent l'attrait, ils entreprennent, ils agissent.... id. ib. p. 280. Ils croient et pour cela ils agissent; et, parce qu'ils agissent, leur foi croit à mesure, id. ib. p. 4 78. Un défaut qui empêche les hommes d'agir, c'est de n3 sentir pas de quoi ils sont capables , boss. Pensées chrél. 33. Ce n'est pas notre intérêt qui nous fait agir, pasc. Prov. 8. Laissons donc agir ce serpent et cette Eve, id. êdit. Cous. Lafoiqui n'agit point, est-ce une foi sincère ?rac. ^ thaï. 1,4. La sagesse seule agissait en eux, fén. Tél. v. Ma vertu tout entière agit sans s'émouvoir, corn. Cinna, IV, 6. La force et la vengeance agiront à leur tour , id. Sertor. il , 5. Fais agir ta constance en ce coup de malheur , id. Cid, n, 3. En vain on fait agir la force ou la prudence, id. ib. n, 3. Rends-moi mon Curiace ou laisse agir ma flamme , id. Hor. iv , 5. C'est lui qui de Pyrrhus fait agir le courroux, rac. Andr. m, 4. || 2° Opérer un effet, produire une impression. Les plantes qui agissent le plus énergiquement. Les remèdes agissent moins vite que les maux. Laisse agir le remède. L'état de l'atmosphère agit sur les hommes. Rien n'agit plus puissamment sur la multitude que la superstition. Toutes les autres grâces qui sans ce brillant et sans ce bruit agissent intérieurement sur l'âme.... bourd. Pensées, t. n, p. 448. Cela vous persuadequele péché estdétruit, lorsqu'il viten nous plus que jamais, lorsqu'il y agit et qu'il y domine, id. ib. t. i, p. 390. Dans la dévotion même, il y a toujours, si l'on n'use d'une extrême vigilance, quelque chose d'humain et un fond de notre nature corrompue qui s'y glisse et qui agit imperceptiblement, id. ib. p. 433. Le temps avait agi, la font. Malr. Et le ciel qui pour moi fit pencher la balance , Dans ce temps-là sans doute agissait sur son cœur, rac. Eslh. i, 4. Il ne veut point sur lui faire agir sa justice, corn. Poly. m, 2. || 3° Négocier, s'employer en quelque affaire. 11 agit beaucoup auprès de l'archevêque de Chieti , boss Lett. quiét. 253. L'intérêt va faire agir le Sénat, id. Hist. n, 12. Mais songe à bien agir pour moi, mol. l'htour. i, 4 0. On fit agir tant de femmes, qu'il y eut, après la bulle , plus de jansénistes que jamais , volt. Louis XIV, 37. Ils servent à l'envi la passion d'un homme Qui n'agit que pour soi, feignant d'agir pour Rome, corn. Cinna, m, 4. Agis de ton côté, je la laisse avec toi, id. Héracl. iv, 5. 11 fit agir Pompée et son autorité, iD.Pomp. i,».... il me reste un moyen De faire agir pour toi son crédit et le
AGI
mien, m. Cinna, I, 4. ||4°Se comporter de telle ou telle manière. Agir avec toute la rigueur du droit. Agir en citoyen. Vous avez agi en ami. Agir sagement. Il n'a pas bien agi à votre égard. Il a mal ngidans cette circonstance. Est-ce là agir en pire? Agissez donc enfin, madame, en souveraine, corn. D. Sanche, ui,4. Tout chrétien qu'on est, on agit en
païen, bourd. Pensées, t. i, p. 2)0 qui, dans
toutes leurs paroles »t dans toutes leurs manières d'agir, prennent soigneusement garde à n'offenser personne, n>. ib. p. <97. Cet esprit religieux et pieui me fera toujours résoudre, toujours agir avec moralité, avec modération et retenue, avec droiture de cœur, avec réflexion et avec sagesse, id. tfc. p. 413. Les criminels doivent agir différemment envers un juge qu'ils ne feraient avec un père, noss. Pensées détachées, 2t. || 5° Agir contre, lutter contre. Or, encore une fois, quand il nous verra agir contre ses ennemis et pour ses intérêts, nous abandonncra-t-il? bourd. Pensées, t i, p. 376. || 6°Agir, poursuivreen justice. Agircontre quelqu'un. s'agir, v. réfl. Il ne s'emploie que sous la forme impersonnelle : il s'agit, il s'est agi, il s'agissait, il s'agirait. Je ne voulais pas qu'il s'agit do cette affaire, qu'il s'en fût agi; je n'ai pas voulu qu'il s'en soit agi. Il s'agit de vos intérêts. 11 s'agit de la gloire du peuple romain. Il s'agit de vous en cette affaire. Voici ce dont il s'agit. De quoi s'agit-il? Il s'agit du salut de l'Etat. || Avec de et un infinitif : Il s'agit de savoir, il no s'agit pas seulement de parler. || Avec que et le subjonctif : Il ne s'agit pas que vous écriviez, il faut que vous alliez vous-même. || Avec si : 11 ne s'agi' point s'il viendra ou ne viendra pas. || La vie d'un seul homme n'est rien quand il s'agit d'assurer celle de tant de rois, fén. Tél. XX. Quand il s'agissait de traiter avec ce souverain maître et d'aller à lui.... bourd. Pensées, 1. 1, p. 424. S'il s'agissait ici de le faire empereur, corn. Héracl. îv, t. Ô ciel ! puisqu'il s'agit demori, fais-moi la grâce de n'être point pris pour un autre, mot,, te Fftt. n, to. || S'agissant, loc. conj. Vu qu'il s'agit, puisqu'il s'agit: bonnelocution, et qui abrège beaucoup. La .nême retenue devenait impossible à conserver, s'agissant d'accusations énormes portées contre lui , st-simon, 602, 78. J'en ferai d'autant moins de difficulté [de vous écrire notre conversation], que, s'agissant d'un prince pour lequel j'ose disputer avec vousmême de respect, rien de tout ce que je pense ne pourra vous blesser, id. 265, 46. J'ai rassemblé ces autres acceptions de que, parce que, s'agissant d'une particule d'un si grand usage, j'ai cru.... r. desmarais, 7V. x,§)7. Et vouloir ôter au pape la puissance avant l'assemblée où l'on voulait, disaiton, lui faire son procès, n'était-ce pas un trop inique préjugé, surtout ne s'agissant pas d'un crime personnel du pape, mais de la doctrine qu'il avait reçue de ses prédécesseurs depuis tant de siècles? boss. Variât. 5.
— REM. 1. Ne dites pas : votre frère en a mal agi envers moi; dites, votre frère a mal agi envers moi , ou en a mal usé. On voit, dans une lettre de Racine à son fils, qui était fort jeune, qu'il le reprend d'avoir dit en agir pour en user bien ou mal avec quelqu'un. Bouhours, qui con damne expressément cette façon de parler, dit que plusieurs provinciaux s'en servent. || 2. Ne dites pas : l'affaire dont s'agit; dites, l'affaire dont il s'agit; il ne peut pas être supprimé. || 3. « On dit agir d'autorité, et non pas agir de puissance, comme l'a dit Corneille: Agissez donc, seigneur, de puissance absolue, » volt. tur Pcrtharite, a. iv, se. 3. La critique de Voltaire est trop rigoureuse. || 4. Lesgrammairiens disent que s'agir n'est pas usité; cependant on ne voit pas pourquoi on ne dirait pas : Il doit s'agir d'affaires importantes dans cette réunion.
— HIST. xvi« s. Si l'imaginer et désirer un agir plus noble quelenostre, produisoitla repentance.... mont, m, 268. Ladignité de la cause qui s'agit [dont il s'agit] est aussi quelquesfois telle, et la qualité des associez si grande, que.... lanoue, 566.
— ÊTYM. Agere,S.^in, pousser, presser; sanscrit, a/, mouvoir. Agir ne paraît d'abord que dans des textes du xvi" s. Cependant on a peine à croire qu'il ne soit pas plus ancien. Ce qui le fait penser, c'est le changement de conjugaison : au xvi' s. agere aurait donné ager; et agir, qui suppose un verbe agire, doit remonter au temps où le latin était remanié pour devenir du français.
AGISSANT, ANTE (a-ji-san, san-t'), ad). || 1-Qui agit, qui est actif. Un général aussi agissant qu'il le doit être. L'excellence desœuvres, si ce sontles fruits d'une foi vive et agissante.... bourd Pensées , t. i, p. 216. Concevons la dévotion la plus vigilante et
AGI
tout ensemble la plus agissante.... id. ib. p. 402. ....qu'on pourrait avoir des galères sur l'Océan, qu'elles y serviraient à remorquer les vaisseaux, qu'enfin elles les rendraient indépendants du vent et par conséquent beaucoup plus agissants que ceux des ennemis, fonten. Chaielles. Un amour ennemi de tout vice, un amour agissant et servant dans la pratique de toutes les vertus, bouro. Pensées, t. M, p. 89. Cela s'appelle, ce me semble, une vie assez agissante, lesage, Turc, il, (2. S'il est agissant, S'il suit des favoris la pente trop commune , Plautine hait en lui ces soins de la fortune, corn. Othon, 1,4. || 2° Qui opèreavec force. Remède agissant. Médecine agissante ; on donne ce nom à un système de médecine qui a recours à l'emploi de remèdes énergiques. Ce sont leurs conseils qui sont encore agissants et vivants en nous, pasc. édit. Cous. || Il suit toujours son substantif : Un homme agissant; une femme agissante.
— SYN. agissant , actif. Ils expriment tous les deux la disposition à agir. La différence provient de la désinence, if indiquant l'aptitude à, etissant indiquant l'action effective. Quand on dit qu'un homme est actif, on ne dit pas nécessairement qu'il est agissant; car son activité peut n'être pas en exercice. Quand on dit qu'un homme est agissant, nonseulement on dit qu'il est actif, mais encore qu'il agit effectivement.
t AGITABLE (a-gi-ta-bl') , adj. Qui peut être agité.
— HIST. xvi" s. Leurame, pourestre crasse et obtuse, en est moins penetrable etagitable, mont, iv,
— etym. Agiter.
t AGITANT, ANTE (a-ji-tan, lan-t') , adj. Qui agite. Ces nouvelles sont singulièrement agitantes.
AGITATEUR (a-ji-ta-teur), s. m. || l'Celui qui cherche à troubler, a soulever le peuple. || 2°Nom donné dans les laboratoires de chimie à une baguette en verre, dont les bouts sont arrondis et qui est emp oyée à remuer les réactifs dans les veires.
— ÉTYM. Agilalor, de agitare, agiter (voy. agiter).
AGITATION (a-ji-ta-sion ; en poésie, de cinq syllabes) ,s. f.\\l° Ebranlement, mouvement irrégulier et répété. Les ouragans sont de terribles agitations de l'air. Les planètes sont portées dans la matière céleste qui est d'une subtilité et d'une agitation prodigieuse, fonten. les Mondes, 4» soir. L'air du menuet ne vous donne pas une seule agitation dans les jambes, sév. 404. Il voit dans les enfers de tous côtés voltiger les ombres, plus nombreuses que les grains de sable qui couvrent les rivages de la mer; et, dans l'agitation de cette multitude infinie , il est saisi d'une horreur divine, observant le profond silence de ces vastes lieux, fén. Tél. xvm. Il était comme un hommequi, dans un songe, est oppressé jusqu'à perdre la respiration, et qui, par l'agitation pénible de ses lèvres, ne peut former aucune voix , id. i'o. xxiv. || 2° Fig. Les agitations populaires. L'Etat était dans l'agitation. Il y a beaucoup d'agitation dans la ville ; des groupes se forment.... Exciter, calmer l'agitation. Poussé par la cabale, Chaville le vit tranquille durant plusieurs mois au milieu de l'agitation de toute la France, boss. ieteUier. Il laissa l'empire dans une grande agitation, id. llist. i, il. Quelle force, quel transport, quelle intempérie a causé ces agitations et ces violences? id. Reine d'Angleterre. Toutes ces manières et toutes ces agitations extérieures ont je ne sais quel air d'importance dont le cœur se laisse aisément flatter, bourd. Pensées, t. I, p. 437. Vous convenez que les agitations du monde, des affaires, des plaisirs vous occupent presque tout entiers, mass. Car. Salut. Quand nous ne gagnerions, en nous tournant à Dieu, que de secouer le joug du monde, que de nous mettre au-dessus de ses espérances, de ses événements, de ses agitations et de ses vicissitudes éternelles, MAss.Cor. Dégoûts. Il y voit partout des agitations qu'on appelle plaisirs, et il ne voit nulle part de bonheur, id. Car. Bons et méchants. || 3° Trouble de l'âme ; trouble intérieur. Une grande agitation d'esprit. En proie à l'agitation. Il [J. C] voit leurs sollicitudes , leurs agitations , leurs entreprises, et il les laisse faire, mass. Avent, Disposit. à la comm. Vous n'aviez pas tantôt ces agitations, corn. Cinna, ni, 2. Mille agitations que mes troubles produisent, id. Poly. m, 4. Pendant que les princes étaient dans cette agitation [produite par le conflit de Télémaque et de Phalante] , toutes les troupes étaient consternées , fén. Tél. xvi. Il n'est point nécessaire pour cela de ressentir les mêmes serrements de cœur, d'entrer dans les mêmes agi-
AGI
tations, que si l'on venait nous annoncer quelque infortune humaine et quelque désastre où nous fussions intéressés, bourd. Pensées, 1. 1, p. 296. ôque vous vous seriez épargné de mouvements et d'agitations, soit dans vous-même , soit hors de vousmême, si de bonne heure vous aviez écrasé ce ver qui vous pique et qui vous ronge! id. ib. p. 382. || 4° En termesdemédecine, mouvement irrégulier et continuel. On dit qu'un malade a de l'agitation quand il éprouve un malaise qui le fait changer continuellement de position.
— hist. xvi* s. Le mesme suc réduit en forme de leniment , par forte agitation dans un mortier de plomb, est.... paré, v, 29. Jactation et agitation de tout le corps, id. xx, 20. L'agitation est vrayement la vie de l'esprit et sa grâce, charron, Sagesse,
— ÊTYM. Provenç. agitacio; espagn. agitacion; ital. agitaiione ; de ooi'tott'onem, de agitare, agiter (voy. agiter).
t AGlTATO(a-ji-ta-to) , adv. Terme de musique. Indique dans l'exécution une expression vague et agitée.
— étym. Ital. agitalo, de agitare (voy. agiter). AGITÉ, ÊE(a-ji-té, tée), port, passé. Mer agitée.
L'empire agité par des discordes. Sommeil agité. Agité de soucis. Un malade agité. La question agitée par les philosophes. Quoi, disait-il, tant de devoirs, tant de périls [pour les rois] .... enfin tant de tourments horribles dans les enfers, après avoir été si agité, si envié , si traversé dans une vie courte ! fén. Tél. xix. Dans une nation agitée eten désordre, on trouve souvent des gens injustes et artificieux qui sont déjà en autorité, id. ib. xxiv. Télémaque agité au dedans par une peine secrète.... m. ib. xxiv. Ses yeux et ses sourcils montraient je ne sais quoi d'agité, de sombre et de farouche, id. t'b.xiv. Mon cœur était sans cesse agité de désirs nouveaux, de crainte et d'espérance, id.i'6. xvm. L'Angleterre a tant changé, qu'elle ne sait plus elle-même à quoi s'en tenir; et, plus agitée en sa terre et dans ses ports mêmes que l'Océan qui l'environne.... boss. Reine d'Angleterre. De soins plus importants je l'ai crue agitée,RAC Andr. i, 2. X mes sens agités venez rendre la paix, id. Athal. n, 3. Elle finit le cours d'une vie agitée, iD.Ba/.il, 3. Jeunes et tendres fleurs par le sort agitées, id. Èslh.i,*. Du triste état des Juifs nuit et jour agité, m. ib. I, '.Le bonheur de l'impie est toujours agité, id. ib. n, 9. Dans le doute mortel dont je suis agité.... id. Phèd. I, t. Dans quelque retraite profonde, Sous les arbres par lui plantés, Nous verrons couler comme l'onde La fin de nosjoursagités,
LAMART. Médit. I, 25.
— SYN. agité, ému, troublé. L'émotion est la mise en mouvement , de e et mouere, mouvoir hors, le commencement de l'action. L'agitation est plus que l'émotion, c'est le mouvement qui, commencé, se continue. Le trouble est la confusion que cause l'agitation. M. Guizot a très-bien expliqué cela : « Être ému, c'est éprouver un mouvement; être agité, c'est éprouver une succession rapide de mouvements produits en différents sens et réagissant les uns sur les autres. Être troublé, c'est être mis en désordre par un mouvement quelconque. » Emotion, agitation et trouble, bien qu'exprimant d'ordinaire un état péniblede l'âme, ne l'impliquent pas nécessairement. On est quelquefois ému délicieusement; l'espérance du bonheur peut nous agiter, et un trouble charmant s'emparer de l'âme.
AGITER (a-ji-té) , d. a. || 1" Ébranler, remuer en différents sens. Agiter une urne. Les vents agitent la cime des arbres. Les vagues agitaient le vaisseau. Avant que de bercer les enfants , il faut être sûr qu'il ne leur manque rien, et on ne doit jamais les agiter aupointdeles étourdir, buff. De l'enfance. || 2° Fig. La Grèce fut violemment agitée. Des démagogues agitaient le peuple. |[ 3° Exciter divers mouvements dans l'âme. Les passions qui agitent les hommes. Le remords agitait son âme. Terrible et plein du dieu qui l'agitait sans doute, rac. Iphig. v, 6. Il faut réprimer cette ambition qui vous agite, bourd. Pensées, t. i, p. 37». C'est assez de cette passia pour vous agiter et pour vous faire votre supplice, id. ib. p. 384. || 4° Examiner, discuter. Cette affaire fut agitée dans le sénat. Ils agitèrent s'ils devaient fermer l'accès des Alpes. Agiter une question. Avant que de passer outre, je voudrais bien agiter au fond cette matière, mol. Le mar. f. 6. || 5° S'agiter, v.réfl. Être en mouvement, se tourmenter. La mer s'agite. Je m'agite, je cours, languissante, abattue, Rkc.Bérén. iv , i .Vous ne ferez qu'éloigner vos affaires en vous agitant, boss. Lett. Corn. 97. Seslèvres s'agitent pour former des paroles, fén. Tél. xax. || 6° Etre discuté
AGN
Une importante question s'agite en ce moment. Si un grand fstérêt s'agite. |l Impersonneltement.il fut agité dans Versailles si le roi se retirerait à Chainbori sur la Loire, volt. S. de l. XIV, 23.
— HIST. xiv" s. Je parle adonc des elemens; Car par contraires qualitez Sont transmuez et agitez De leur propre en autre nature , Nat. à l'alch. 470. || xvi* s. Nous sentons nostre corps agité au bransle de nos imaginations, mont. I, 02. L'inspiration ayant agité le poëte à la colère , audueil, frappe encore par le poëte l'acteur, id. i, 208. Nos âmes se treuvent souvent agitées de diverses passions, id. i, J68. Les affaires de vos enfants vous ont agitée par tous les coings de France , id. n, 69. Sa saincte église agitée comme nous la voyons de tant de troubles et orages, id. ni, 6. En un corps de maux agité Tu remets le courage , J. le houx, xvi.
— ÉTYM. Agitare, fréquentatif de agcre, pousser (voy. agir).
AGLOMÉRATION , AGLOMÊRER, voy. agglomération, AGGLOMÉRER.
AGLCTINANT , AGLUTINATIF , AGLCTINA- T10N, AGLUTINER, voy. agglutinant, aggluti-
NATIF, etC.
t AGNAN (a-gnan), s. m. Terme de marine. Petite plaque de fer ou de cuivre percée d'un trou et servant à supporter le rivet des clous employés à relier les bordages à clins.
AGNAT (ag-na), s. m. || lc>Termede droit romain. Membre d'une famille. || 2° S. m. plvr. Terme de droit ancien. Collatéraux descendant par maies d'une même souche masculine. Les plus proches parents par mâles qu'on appela agnats, montesq. Esp. xxvn, 4.
— ÉTYM. Agnatus, de ad ( voy. X ) et natus, né (voy. né).
AGNATION (ag-na-sion), s. f. Qualité des agnats; lien de consanguinité entre eux.
— ÉTYM. Agnatio, de agnatus (voy. agnat). AGNATIQCE (ag-na-ti-k') , adj. Oui appartient aux
agnats.
— ÉTYM. Agnat.
AGNEAU (a-gnô),«. m. AGNELLE (a-gnè-1'), s. f.
|| 1° Petit d'une brebis. L'agneau et l'agnelle. || 2° Viande de boucherie, chair d'un agneau. Cet agneau est fort tendre. Côteletted'agneau. |j 3° Agneau pascal, l'agneau que les Juifs mangeaient a la fête de Pâques. 1 1 4° Fig. Le lion rugissant est un agneau paisible, rac. Esth.n, 9. Faibles agneaux livrés à des loups furieux, id. ib. i, 6. Et lions au combat, ils meurent en agneaux, corn. Poly.iv. e. || Proverbe. Etredoux comme un agneau, être d'une humeur, d'une nature fort douce. Il est doux comme un agneau en particulier, montesq. Lelt. pers. 48. Avec Destin seul, il était doux comme un agneau, scarr. Rom. corn. ch. v. || 5° En langage mystique, l'agneau sans tache, l'agneau qui efface les péchés du monde, Jésus- Christ. || 6° En termes de blason, symbole de la douceur et de la franchise. Agneau pascal , celui qui est peint tenant une banderole.
— HIST. xu* s. [Ils sont] Et simple comme aignel, et fier comme liepart , Sax. xxix. || xm* s. Dehors semblans aigniaus pitables , Dedens sommes leus ravissables, la Hose, 1192. Ou [au] ruantiau n'ot pas penne vaire, Mes moult vies et de poure afaire, D'agniaus noirs, velus et pesans , id. 2(5. Sept signaulx y a en ung livre Que Dieu qui siet ou trosne livre A Paignel qui sept cornes a Et sept yeulx.... j. de meung, Tr. <23. || xvi* s. L'aigneau qui plus en son parc lui plaisoit, marot, ii, 218. Un aigneau ayant trois testes en une, paré, xix, 20. L'agneau qui aura teté une chèvre sera plus farouche que ne porte son naturel, paré, xviii, 24.
— ÉTYM. Bourguig. ainille; picard, aignieu; Berry, aigneau , igneau ; wallon, ognai; Namur, agnia; provenç. agnel, anhel ; ital. agnello ; d'agnellus, diminutif d'agnus, agneau; dans l'anc. lat. arnus. L'ancien françaisdéclinait ce mot: nominatif li agnaus, régime le agnel; pluriel li agnel , régime les agnaus. Ménageait '.«Tous les Parisiensgénéralement prononcent anneau, au lieu d'agneau : un quartier d'anneau , qui est une prononciation trés-vicieuse à cause de l'équivoque; et cependant, ces messieurs étant les maîtres du langage, il faut parler comme eux. » La prononciation véritable a repris le dessus sur celle que Paris avait au xvn* siècle; il est possible que cette prononciation qui supprime le g ait' — ETYM. Mot hybride formé de 4yvoç, nom grec
AGN
— HIST. xiv* s. Celle monnoie à l'aignel.... li denier d'or à l'aignel , Ordonn. des li. de Fr. -1304,
t. I,p. 536 et 637.
— ÉTYM. Voy. AGNEAU.
t AGNELAGE (a-gne-la-j') , s. m. Mise bas de la brebis.
— ÉTYM. Agneler.
AGNELER (a-gne-lé),e. n. Mettre bas, en parlant
de la brebis. || Se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— REM. L'Académie ne dit pas s'il faut écrire : elle agnèle ou agnelle, agnèlera ou agnellera. Comme elle n'a rien décidé, on fera bien d'adopter agnèle, agnèlera, etc.
— HIST. xm* s. Une brebix ot aingnelé , Marie, Fable, 44. || xiv* s. Pierre dist à son berger ces paroles : Tu ne fais pas bien de moy laisser en ceste saison, qui est la plus nécessaire de l'an pour les bestes qui aignelent, du cange, aignelincs. || xvi* s. Une brebis conceut et aigneja d'un lyon , chose monstrueuse en nature, paré, xix, 20. Ainsi les brebis de la métairie empreignées les premières, les premières aussi aignelent elles, o. de serres,
— ÉTYM. Agneau; wallon, ogneler; Namur, agniè- 1er; Berry, igneler.
AGNELET (a-gne-lè), s. m. Petit agneau. X poursuivre lesloups les agnelets s'ébattent, mol. Le Dép. il, 8. Et moi loup j'en ferai scrupule.... Thibaut l'agnelet passera Sans qu'à la broche je le mette, la font, fa 6. x, 6.
— HIST. xm* s. Et li bergiers li a osté Son aingnelet, si l'emporte, marie , Fable, 44. Cist r'ont en lor rais atachies, Dont jamès n'ierent relachie , Les noires brebis dolereuses, Lasses, chetives, morineuses, Qui ne voldrent aler la sente Que li biaus
aignelés présente, la Rose, 204)4. || xvi* s
Voulut gaiger à Jecquet son compère , Contre un veau gras, deux aignelets bessons, marot, i, 2)8. Les petits aignelets qu'allaictera une chèvre, auront leur laine plus dure, paré, xviii, 24.
— ÉTYM. Agnel. Dans l'ancien français, le nominatif était li agnelès, le régime le agnelet.
t AGNEL1N (a-gne-lin) , s. m. Peau d'agneau mégissée à laquelle on a laissé la laine.
AGNKLIN'E (a-gneli-n'), adj. f. Terme de commerce. Laine agneline, laine des agneaux tondus pour la première fois.
— hist. xm" s. Nus ne puet mètre aignelins avec laine pour draper, et se il le fet, il est de chascune drapée en dix sous d'amende, Liv. des Met. 121. Nus chapeliers de feutre ne doit faire chapiaus de feutre fors que d'aignelins purs sanz bourre, id. 248.
— ÉTYM. Agnel.
t AGNELLE, s. f. Voy. agneau.
fAGNELLEMENT ou AGNÈLEMKNT (a-gnè-le-
man), s. m. Action d'agnelef. L'agnellement a lieu vers le cent-cinquantième jour après la conception.
— HIST. xvi* s. Et encores que les mères aiment leurs petits , sera bon qu'ils demeurent ensemble les deux premiers jours del'aignellement, o. de serres, 318.
— Étym. Agneler.
AGNÈS (a-gnès'), s. f. Jeune fille très-innocente
et très-timide. Cette fille est une Agnès. La fausse Agnès, comédie de Destouches.
— ÉTYM. Nom propre pris ici pour un nom commun, 'Ay^i; , de «yvôç, pur, chaste, du sanscrit yaj, vénérer.
AGNUS (a-gnus'), s. m. Cire bénite par le pape, sur laquelle est imprimée la figure d'un agneau. On donnait cesagnus aux petits écoliers qui disaient bien leur leçon. Il est mort [Satan]! disent tous les moines ; On n'achètera plusd'agnus, bérang. Mort du Diable. Chercher à la fois Et les agnus de Rome et les faveurs des rois, volt. lelt. vers. 76. Jusqu'au lever de l'astre de Vénus, Il reposait sur la boite aux agnus, gresset, Vervcrt, ch. i.
— ÉTYM. Agnus, agneau.
AGNUS-CASTUS (ag-nus' ka-stus'), s. m. Arbrisseau, dit aussi vitex, gattilier commun (vilex agnus casliis, £.)etdont les branches sont pliantes. Ses fleurs en longs épis d'un blanc violet, étaient l'emblème de la chasteté chez les anciens.
— hist. xvi* s. Prenez une dragme de semence d'agnus castus, paré, xxiii, 20.
d'anciennes racines ; car il y avait dans la haute antiquité française, en certains lieux du moins, tendance à atténuer les consonnes ; et dans le bourguignon, comme on a vu, le g est supprimé aussi. AGNEL (a-gnel) , s. m. Ancienne monnaie d'or française dont le type était un agneau pascal.
de l'agnus castus , dit ainsi de âyvôç, pur , à cause que les femmes couchaient dessus lors de la célébration de certaines fêtes à Athènes , et du mot latin castus (voy. chaste) , qui n'est que la réduplication de la même idée.
t AGNUS DEI teg îm-sdé-i), s. m. Terme de li-
AGR
turgie. L'endroit de la m£sse où le prêtre, se frap. pant la poitrine, répète trois fois à haute voix une prière qui commence par les mots Agnus Dei. La messe en était à l'agnus Dei.
— étym. Agnus, agneau (voy agneau) , et Dei, de Dieu (voy dieu).
t AGONALES (a-go-na-1') , s. f. plur. Terma d'antiquité romaine. Fêtes en l'honneur de Janus.
— ÉTYM. Agnnalia, de aaonad's,de àftiv , combat (voy. agonie).
AGONIE (a-go-nie) ,s. f. || 1° Etat dans lequel le malade lutte contre la mort. L'agonie n'a lieu que dans les maladies où la vie s'éteint par degrés. L'agonie des adultes est ordinairement pénible et douloureuse. L'agonie est caractérisée par une altération profonde de la physionomie, l'aphonie, la sécheresse ou la lividité de la langue, des lèvres, le râle, la petitesse et l'intermittence du pouls, le froid des extrémités qui s'étend graduellement au tronc. Il faut suer, veiller, fléchir, dépendre, pour avoir un peu de fortune, ou la devoir à l'agonie de nos proches, la bruy. 6. Les tourments mérités d'une lente agonie, delav. Vêpres sicil. iv, 4. || Il aété à l'agonie, ila été dans un extrême danger de mort. Le pauvre Léon a été à l'agonie, sév. 86. La cloche funèbre sonne ses dernières agonies [du trappiste] ,chateaubr. Génie, iv, 111,6. y 2° Fig. L'empire romain étant à l'agonie. Il 3° Extrême angoisse, grande peine d'esprit. 11 est dans de continuelles agonies. Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde, pasc. BFyst. I.
— HIST. xvi* s. Ceulx qu'on veoid défaillants de foiblesse en l'agonie de la mort, mont, h, lit. Il passa la nuict en grande agonie, et puis mourut, amyot, Sj/Ua, 175. Il y demoura toute la nuict en grande détresse et grande agonie de divers pensemens [perplexité], id. Cicéron, 59.
— ÉTYM. Ital. aqonia; de àyoviot, combat, angoisse, de &y<&v, lieu d'assemblée, combat, da âY«v> conduire, mener (voy. agir). On trouve agonie dans Oresme, xiv* s. mais avec le sens grec d'exerci je.
t AGONIR (a-go-nir), v. a. Accabler d'injures. Il Mot populaire et du plus mauvais langage.
— ÉTYM. Norm. Agonir. On a demandé s'il ne serait pas pour ahonir, verbe ancien, encore usité en Normandie, pour faire honte.
AGONISANT, ANTE (a-go-ni-zan,zan-f). || l'Adj. Qui est à l'agonie. Un malade peut être agonisant, et cependant revenir à la vie. Quand elle vit que le.« forces du roi étaient épuisées et qu'il était comme agonisant.... fénel. Tél. vm. || 2° S. m. La prière des agonisants. Le ministre s3int s'entretient avec l'agonisant dePimmortalité de son âme, chateaubr. Génie, I, 1, 1 1. Il 11 ne se place qu'après le substantif: Un homme agonisant, une femme agonisante.
AGONISER (a-go-ni-zé) ,v. n. || i* Être à l'agonie. L'abbé se meurt: il agonise, sév. 64. || 2° Fig. Lanuit quand la veilleuse agonise dans l'urne, v. nuG0,f. d'aut. 23.
— étym. Ital. agonissare; de agonitare, de àY«v((eiv, combatlre (voy. agonie).
AGONISTIQUE (a-go-ni-sti-k'), *. f. Partie de la gymnastique chez les anciens, qui avait rapport aux combats des athlètes.
— ÉTYM. 'Aywv.ttixiô, de àyiati^v.v , combattre (voy. agoniser).
AGONOTIIÏÎTE(a-go-no-l5-t'),î. m. Présidentdes jeux sacrés chez les Grecs.
— ÉTYM. 'AvwvoOéttk, de àytàv, combat (voy. agonie), et TiSÉvai, poser (voy. thèse). «
t AGORA (a-go-ra), s. f. Le marché, la place publique dans les villes grecques.
— ÉTYM. 'Ayopà,de àYEÎpeiv, rassembler.
t AGORANOME ( a-go-ra-no-m') , s. m. Sorte d'édile à Athènes.
— ÉTYM. 'Avopavô|io;, de àyopâ, marché, etvspif.iv, diriger, gouverner.
AGOUTI (a-gou-ti), s. m. Terme d'histoire naturelle. Quadrupède de l'ordre des rongeurs, qui a l'apparence du lapin.
AGRAFE (a-gra-f) , s. f. \\ 1* Sorte de crochet qui s'attache à un anneau. Porte de l'agrafe, petit anneau auquel on attache le crochet. Agrafe de diamants, agrafe montée en diamants. || 2° En termes d'architecture, crampon de fer qui sert à empêcher que les pierres ne se désunissent. [| Ornement sculpté placé en tête des arcs. || Espèce de boucle en fer qui sert à fermer en même temps la croisée et les volets.
— HIST. xvr* s. Ils vindrent jusques au pied de la muraille, et avecques une longue pique, et une chorde, ayant une agraffe de fer, ils y montèrent, i.anoue 664. Pièges, agraffes, fosses, trapes, rets,
AGH
ponts, amorces, o. de serres, 995. Ne plus ne moins que les chirurgiens se servent des tiredents et des agraphes à joindre les lèvres des playes, amyot, De laTranq. d'âme, n.
— ÊTYM. À et un radical graf ou grap (voy. grappin). Dans les textes du xv" siècle on trouve agrappe.
' AGRAFÉ , ÉE (a-gra-fé, fée) , part, passé. Une robe agrafée.
AGRAFER (a-gra-fé) , t>. a. Attacher avec une agrafe.
— HIST; xii* s. Et si aucunes gens viennent à ois feux] pour ois soscorre,siplungent ensemble oceols qu'il puyent [peuvent] agrappeir, st-eern. 522. || xm* s. Facent tant tuit que cil lor doingne Sorcot en cote ou gans ou modes, Et ravissent cum uns escofles Quan qu'il en porront agraper, la Rose, <392i. || xv's. Ainsi surprins et agrapé, ch. d'orl. Rond. 73. || xvi* s. Elle se fait decrocheter par son agathe; mais las! elle estait agrafée d'un autre crochet bien difficile à relascher, yver, p. 537. Tous couverts avec leurs capuchons et habits agrafez, Satyr. Mén. p. a.
— ÊTYM. Agrafer. Agrafer et agraper sont deux formes d'un mémo mot, Vf et le p permutant facilement.
AGRAIRE (a-grê-r'), adj. Terme d'antiquité romaine. Loi agraire, loi qui avait pour objet la distribution dos terres conquises entre les citoyens. || Dans l'histoire moderne, loi agraire se dit, d'une façon plus générale, des lois qui tendent à changer soit le mode de distribution, soit le mode de possession de la terre. Le communisme veut une loi agraire.
—ÊTYM. Agrarius, àeager, champ, à-rpôç (comp. agreste).
AGRANDI, 1E (a-gran-di , die), part, passé. Un parc agrandi. Une scène agrandie. Un empire agrandi, ô de la liberté vieille et sainte patrie. Ton empire est tombé, tes héros ne sont plus; Mais dans ton sein l'Ame agrandie Croit sur leurs monuments respirer leur génie, lamart. Médit. I, 2).
AGRANDIR (a-gran-dir) , V. a. || 1° Rendre plus grand. Agrandir une maison , la ville. Le chirurgien fut obligé d'agrandir la plaie. Agrandir ses terres, ses possessions. Rome agrandissait incessamment son domaine. Puis-je oublier les soins d'agrandir votre empire? corn. Sert. iv,2. || 2" Par analogie, rendre plus puissant. Agrandir la puissance de l'Etat. Si l'on cherche à élever sa maison et à l'agrandir, qu'on pense que les chrétiens ont une postérité qui né dépend pas des grandeurs de ce monde, boss. Pensées chrét. 23. Rome a voulu le perdre, et non pas m'agrandir, corn. Nicom. iv, 5. Le roi, occupé de l'établissement de ses bâtards , qu'il agrandissait de jour en jour, avait itarié deux de ses filles à deux princes du sang, st-sim. h, 40. || 3° Fi g. Agrandir les idées, les vues. Il y a des passions qui resserrent l'ame, et il y en a qui l'agrandissent, pasc. (dit. Cousin l'aspect du péril agrandit le courage, m. j. ciiÈN. Graeq. m , 5. || Donner un caractère de grandeur. Agrandir un sujet. Corneille a agrandi la scène française. || 4° Faire paraître plus grand. Ce vêtement agrandit la taille. |j 5* Exagérer. Cet homme agrandit tout ce qu'il raconte. Méfiezvous de ses récits : il agrandit toujours. Ce mot est familier en ce sens.
s'agrandir, ». réfl. || 1" Devenir plus grand, au propre et au figuré. Cette ville s'agrandit rapidement. Lorsque la république romaine se fut agrandie. Son courage s'agrandissait avec les dangers. Il ne suffit pas de s'agrandir dans les choses qu'on dédaignera aussi bien que les autres, quand on sera le maître : il faut chercher quelque chose qui soit digne de satisfaire un grand coeur: la vertu, boss. Pensées chrét. )6. Déjà, déjà je nage en des flots de lumière; L'espace devantmoi s'agrandit, et la terre Sous mes pieds semble fuir, lamart. Médit. i, 27. On sent le feu [de l'amour] s'agrandir, pasc. édit. Cous. Puisqu'elle [Rome] va combattre , elle va s'agrandir, corn. Hor. 1,1, Seigneur, qui des mortels eût jamais osé croire Qu'un nom à qui laguerre a trop fait applaudir, Dans l'ombre de la paix trouvât à s'agrandir? m. Sertor. m, t. Jamais, pour s'agrandir, vit-on dans sa manie Un tigre en factions partager l'Hyrcanie?BOiL. Sat. vm. Un ambitieux qui se laisse dominer par la passion de s'agrandir , bourd. Pensées, t. il, p. 472. Lorsqu'un juge veut s'agrandir et qu'il change en une souplesse de cœur le rigide ministère de la justice, boss. Letellier. || 2° Accroître ses propriétés. Il emploie tout son argent à s'agrandir.
— SYN. agrandir, étendre. Agrandir c'est rendre •)lus grand. Etendre, c'est rendre plus étendu. Toutes
DIOr. DE LA LANGUE FRANÇAISE.
AGK
les fois que l'idée d'étendue, c'est-à-dire de prolongement dans une direction déterminée, soit au physique soit au figuré, prévaudra, c'est étendre qu'on emploiera. On se servira au contraire d'agrandir, s'il est question d'une augmentation qui ne soit pas seulement en étendue. C'est pourcela qu'on dira étendre un empire ou l'agrandir, suivant la circonstance; mais on ne peut employer qu'agrandir en parlant d'un homme dont on augmente la puissance ou le crédit.
— HIST. xv* s. S'abandonnoient aucuns jeunes chevaliers et escuyers des François pour eux montrer et agrandir leur renommée, raoïss. n, n, 7«.
|| xvi* s. Il est assez grand pour agrandir une femme, de laquelle les enfans ne porteront point le nom , d'aub. Foen. in , 4 9. Ils demandèrent le lendemain, si au lieu de remparer la brèche, on voûtait qu'ils l'agrandissent, id. Hist.ui, 296. Jusques à quand abbreuveront ils leurs enfants d'un mesme laict? Car s'ils n'agrandissent jamais jusques à porter quelque légère viande , il est certain que jamais ils n'ont esté nourris de bon laict, calv. Insi. 667.
— ÊTYM. A et grandir; ital. aggrandire. Ce verbe ne parait pas avoir été usité dans l'ancien langage ; cependant on y trouve agrandoier : mais le véritable verbe de ces temps était agréger ou engreger, composé de à ou en, et grandior, plus grand.
AGRANDISSEMENT (a-gran-di-se-man) , s. m. Action d'agrandir, résultat de cette action. Il fait travailler à l'agrandissement de sa maison. Agrandissement d'un royaume. Travailler à l'agrandissement de sa famille.
— hist. xvi* s. Jamais les plaisirs amoureux ne lui [César] firent perdre une heure du temps qu'il pouvait employer à son agrandissement, charron, Sagesse, i, 2t.
— ÊTYM. Agrandir.
fAGR ASSOLE (a-gra-so-1') , s. m. Nom vulgaire du groseillier à maquereau.
AGRAVANT, AGRAVATION, AGRAVER, voy.