‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 69 sur 403 · AIL · texte numérisé non relu

AIL

froiss. 11, 11, 87. Ainsi, en eux dissimulant et boutant hors de la presse, ils s'en vinrent sur un coin de la bataille, et firent une aelle, id. 11, EU, 79. Ce duc [d'Anjou] se tenoit communément à Paris, et supportoit dessous ses aelles ceux de Paris, id. u, 11 , (35. Estre devraient diffamez, S'ilz ne voloient de bonne elle Vers les grands biens qui sont en elles, en. d'orl. Rondel. 38. Et voloient de si haulte aisle, que à peine on en osoit parler, juven. Charles VI, 4 392. Il xvi' s. Si vous souffrez qu'un oyseau'de basse aelle Au nid de l'aigle aille à force loger.... J. marot, v, 65. Dont il revint tost en vie et si sain Qu'il s'en vola battant l'une et l'autre aile, st-gel. 200. Elle vous tire à tous les coups quelque argent de sous l'aile, despeb. Contes, x, La pesanteur des Parisiens donna desaeles àlapaix, d'aub. But. n, 4 4 9. Le régiment de Combelie fut le premier qui arriva en Haynaut avec quelque trouppe de noblesse, qui marchèrent sous son aile, id. ib. 11, 385. Les ailes du nez, paré, m, 2. Je ne le puis si peu raccointer [Plutarque] , que je n'en tire cuisse ou aile, mont, m, 355. Onlesa veu voler d'une aile si haultque.... id. i,44. || On remarquera qu'au xvi* siècle la locution tirer pied ou aile était tirer cuisse ou aile; ce qui se rapporte mieux à une volaille qu'on découpe.

— ÉTYM. Berry, aie; bourguig. aute; provenç. ital. etespagn. àla ; de ala, aile. On regarde ala comme une abréviation de axla , comme tela , toile , est pour texla, et axla est le radical i'axilla (voy. aisselle).

AILE (é-1'), s. /*. Mauvaise orthographe d'un mot anglais qu'il faut écrire aie si l'on veut garder l'orthographe originale, et èle si l'on veut figurer la prononciation, mais non aile, ce qui le confond avec aile d'oiseau (voy ale).

— ÉTYM. Angl. ale; dan. et suéd. sel.

AILÉ, ÉE (é ou è-lé, lée), adj. || i" Qui a- des ailes. Les chants mystérieux du peuple ailé des airs, M.}, ch. Œdipe roi, iv, 3. || 2° Se dit de certains animaux à qui il n'est pas ordinaire d'avoir des ailes. Des poissons ailés. Pégase, cheval ailé. || 3° En iconologie. Un foudre ailé, symbole de victoire et de puissance. || 4° Par allusion aux voiles de vaisseaux. Je montrai le premier aux peuples du Mexique L'appareil, inouï pour ces mortels nouveaux, De nos châteaux ailés qui volaient sur les eaux, volt. Ali. 1, 4. Il 8° En termes de blason, se dit des oiseaux, quand leurs ailes sont d'un autre émail que leur corps.

— hist. xvi* s. Pressant la légère fuyte Des cerfs ailez par la peur, dubell. m, 80, verso.

— ETYM. Provenç. alat; espagn. alado ; ital. alato; de alatus, de ala (voy. aile).

AILERON (è-le-ron) , s. m.\\ 1* Extrémité de l'aile d'un oiseau, à laquelle tiennent les grandes plumes. Cet oiseau a un aileron rompu. Il 2" Nageoires de quelques poissons. Les ailerons d'une carpe. || 3° Par analogie. Il porte un pourpoint à ailerons, la bruy. 4 3. 1 1 4° Petites planches qui garnissent les roues d'un moulin à eau, et servent à le faire tourner. || S" En architecture, se dit de petites consoles dont on décore les lucarnes. || 6" En termes de marine, se dit des deux planches que l'on cloue momentanément sur le gouvernail, pour en augmenter l'effet dans les passes étroites. || 7" Petit bord d'étoffe qu'on mettait aux pourpoints, pour couvrir les coutures du b,aut des manches. || 8" En serrurerie, aileron d'une fiche, partie d'une fiche qui entre dans le bois comme un tenon dans sa mortaise.

— HIST. xvi' s. L'armée présenta de ce costé 3000 lansquenets on gros, et tous leurs arquebusiers françois à divers ailerons, d'aub. Hist. 1, 285. Le reste en deux assiérons aux' costez , et quelques-uns en confusion devant, id. ib. 11, 170. Les autres se servent de ces deux pièces appellées ailerons , et les mettent à costé des tenailles : l'une dessus et l'autre dessous [pour tirer la pierre] , paré , xv, 45. 11 semble voir l'artichau sortir freschement du jardin, avec ses ailerons pointus et entiers, et sa naïfve couleur verte, 0. de serres, 86«.

— êtym. Aile.

t AILETTE (è-lè-t'),s. f. || 1° Terme d'architecture. Avant-corps ajouté à un corps de bâtiment , et plus petit qu'une aile. || 2" Pièce qu'on ajoute sur le côté d'un soulier, d'un bas, d'une manche de chemise, pour servir de renforcement.

AILLAUE (a-Ua-d', Il mouillées), î. f. Sauce faite avec de l'ail. Pour suppléer au défaut de Taillade [repas d'ail], la font. Pays.

— HIST. xn* s. Et Renoarz vet [va] deus aues [oies] sachier; Si les touelle en faillie au mortier, Bat. d'Àleschans, 3894.

— ÊTYM. Provenç. alhada; anc. catal. allada ; ital. agliala (voy. ail). Aillade vient du provençal; l'ancien français disait aillie.

f.... AILLE, suffixe qui indique la pluralité et a un sens collectif comme danscanai/Je; il répond à alia, ilia, pluriel neutre de noms latius : aum-aille , de animalia; ou-aille, <de ov-ilia. Au contraire, il n'est pas suffixe et fait partie intégrante du thème du mot dans paille, de palea, maille, de macula, et autres semblables.

t AILLER (a-llé, Il mouillées), *. m. Grand filet pour prendre des cailles; on dit aussi cailler.

AILLEURS (a-lleur. L's ne se lie pas. Ailleurs on est mieux , prononcez : a-lleur on est mieux. Ayez soin de mouiller les II et dene pas dire, comme plusieurs, a-yeur. Ménage remarque que les badauds de Pari» prononçaient a-li-eursen trois syllabes, cequ'il réprouve; on entend encore quelquefois cette prononciation; elle est très-fautive) , adv. || 1° Dans un lieu autre que celui où l'on est. Ailleurs qu'au théâtre. Nulle part ailleurs. Vous êtes distrait, votre esprit est ailleurs. Il les a envoyés se consoler ailleurs, sév. 4 53. Il se lève déconcerté et chagrin et va dire ailleurs qu'il veut se remarier, la bruy. 6. Ne le cherchez pas ailleurs que dans la maison de ce riche qu'il gouverne, id. 5. || 2° Partout ailleurs, en tout autre lieu. || 3° Ailleurs, dans un autre passage, en parlant d'un livre. Nous avons dit ailleurs.... Ailleurs il est dit.... Il 4" Chez une autre personne. Son cœur était donné ailleurs. Il vous hait ; son âme ailleurs éprise.... rac. Andr. 11, 2. Quoi! s'il aimait ailleurs, serais-je dispensée.... corn. Pnly. m , 2. [Cléante et sa femme] Chacun de sa partfait toutle plaisir et tout l'agrément des sociétés où il se trouve : l'on ne peut voir ailleurs plus de probité, plus de politesse... la bruy. 6. || 5° D'ailleurs, d'un autre endroit, d'un autre côté, au propre et au figuré. Vous croyez que ces fruits viennent de Touraine; ils viennent d'ailleurs. Nous dépendons des supérieurs; ils dépendent d'ailleurs, pasc. Prov. 2. Hermippe tire le jour de son appartement d'ailleurs que de la fenêtre ; il a trouvé le secret démonter et de descendre autrement que par l'escalier, la bruy. 44 II 6° De plus, outrecela. El vous avez d'ailleurs Laodice en otage, corn. Nicomed. v, 3. Et d'ailleurs Polyeucte est d'un sang qu'on révère, id. Poly. m, 5. Il 7° Pour le reste, du reste. Homme d'ailleurs plein de savoir. Père injuste, cruel, mais d'ailleurs malheureux, rac. Mithr. 11, 6. Nestoret Philoctète, ces deux capitaines d'ailleurs si sages et si expérimentés, n'étaient pas assez secrets dans leurs entreprises, fén. Tél. xvi. Les commentateurs et les scholiastes, si fertiles d'ailleurs, si abondants et si chargés d'une vaine et fastueuse érudition dans les endroits clairsetqui ne fontde peine ni à eux ni aux autres, la bruy. 44. ||8° Par ailleurs, par une autre voie. Il faut faire venir vos lettres par ailleurs.

— hist. xii* s. En Normandie vint, aler aillors ne sout, itou, 2528. Ne ma joie ne peut venir d'aillors, Coud, vu. Tant [j']ai en lui [elle] ferme assis mon courage, Qu'aillors [je] ne pense..., ib. xix. Puisqu'allours [je] n'ai convoitise [d'amour] , ib. p. 449. N'i a cel des messages [messagers] [qui] ne voussist [voulût] estre aillors, Sax. rxvu. Après celui [ils] eslurent dant Garin le Pohyier ; [ils] Ne sorent la corone allors mieux emploier, Sax. iv. || xv* s. Si ordonna le roi de France à garder le passage par où il convenoit que les Anglois passassent et non par ailleurs, FHOiss. 1, 1, 277. Si monstre bien sembîantque ailleurs sont ses pensées, Bouciq. îv, ch. 6. Toutefois il eut semblables lettres par ailleurs, comm. u, 5. y xvi* s. Prens t'en ailleurs, mont, vi, 22. Des honnestes nommes d'ailleurs, id. i, 37. Un homme qui pense ailleurs, ne..., id. 111, 66. Accident que Ton ne sçauroit référer ailleurs qu'à la faveur des dieux, amyot. P. Mm. 3».

— ÉTYM. Provenç. alhors; non pas de alia hora, comme le veutRaynouard, mais de al iorsum, comme le dit Diez; aliorsum pour alioversum, de alius, autre (voy. aliéner), et versus, tourné (voy. version).

t AILLOLI (a-llo-li, Il mouillées), *. m. Coulis d'ail finement pilé avec de l'huile d'olive.

— ÊTYM. Ail.

AIMABLE (è-ma-bl'), adj. || 1* Qui est digne d'être aimé. Pour être aimé soyez aimable. J'ai cru honteux d'aimer quand on n'est plus aimable , corn. Sertor. rv, 2. Quoil l'empire et Pison n'ont pour vous rien d'aimable? id. Othon, iv, 4. Et quiconque peut tout, est aimable en tout temps, id. Sertor. n, 4 . Néoptolème me promit de m'emmener ; alors je m'écriai : 0 heureux jour! ô aimable Néoptolème, digne de la gloire de son père , fén. Tél. xr. Il 2" Qu'on aime, qui [ifelt, en parlant des chose».

Caractère aimable. La lettre aimable que vous lui avez écrite. Hélas! disait-il, faut ilqueje vousquilte, ô aimable grotte, où le sommeil paisible venait toutes les nuits me délasser des travaux du jour ! fên. Tél. xiv. Rien n'est beau que le vrai , le vrai seul est aimable, boil. A. P. i. Que le Seigneur est bon ! que son joug est aimable! bac. Esth. m, ». Aimable pudeur, id. ib. i, 4. Je quitte le séjour de l'aimable Trézène , id. Phèd. i , 4 . Noble et dure contrainte ! aimable tyrannie 1 corn. Cid, I, 40, Jamais la liberté ne cesse d'être aimable , id. Cinna, n, 2. Jamais ma raison N'avoua de mes yeux l'aimable trahison, id. Poly. i, 3. Aimable pitié , volt. Zaire, iii,6. |l 3° Dans le langage de la société, qui a le don de plaire. N'ai-je pas de la bonté , de la franchise, du courage? ne suis-je pas aimable en société?... stael, Corinne, i, 3. || 4° Aimable de , suivi d'un infinitif. Vous êtes un aimable homme d'être revenu si ponctuellement.... fén. xxi, 42. || 5° Cela est aimable. C'est une attention aimable. Cela est affectueux et poli, c'est une altention affectueuse et polie; ou ironiquement, celaest aimable, voilà un trait blessant, déplaisant. || 6° Aimable à. Jamais prince ne fut plus capable de rendre la royauté non-seulement vénérable et sainte, mais encore aimable et chère à ses peuples, boss. Reine d'Anglet. Jusques à cet hymen Rodrigue m'est aimable, corn. Cid, 1,2. Quoiqu'elle ait soin de tout, et qu'elle soit chargée de corriger, de refuser, d'épargner (choses qui font haïr presque toutes les femmes), elle s'est rendue aimable à toute la maison, fén. Tél. xxn. |! 7° Substantivement. Faire l'aimable , se donner de la peine pour paraître aimable. || On peut le placer avant ou après le substantif : Un homme aimable ou un aimable homme.

— HIST. xiii* s. Ki rist volentiers si est bénignes et amables, alebrand, f. 70. |j xiv* s. Les choses aimables ou que l'en fait à ses amis et par lesquelles il semble que lesamistés soient déterminées vienent des choses aimables que l'en se fait à soy meismes, oresme , Eth. 263. || xvi' s. L'empire romain ne fut jamais ne plus aimable, ne plus redoutable aux habitans de la Sardagne qu'il fut soubz son gouvernement, amyot, Caton, 43. Ne pensez point que ne soyez aymable, marot, m, 4 29. Il n'y a aucune d'elles, pour malotrue qu'elle soit, qui ne pense estre bien aimable, mont, m, 284.

— ÉTYM. Bourguig. emiaule; provenç. amable; ital. amabile; de amabilis, de amare (voy. aimer).

f AIMABLEMENT (è-ma-ble-man) , adv. D'une manière aimable. Vous me répondez trop aimablement, SÉV. 378.

— REM. Cet adverbe, qui manque dans le Dictionnaire de l'Académie , est autorisé par l'analogie et par de bons auteurs.

— ÉTYM. Aimable et ment.

AIMANT (è-man), s. m. || 1' Minerai de fer oxydulé dont une des propriétés est d'attirer le fer. Cet aimant est l'aimant naturel dit aussi pierre d'aimant. On distinguait autrefois l'aimant en aimant mâle et aimant femelle : le premier, de couleur bleuâtre, et le meilleur, venant de la Chine et du Bengale; le second, d'un roux noirâtre, et se trouvant en Allemagne et dans quelques endroits d'Italie. L'aimant artificiel est un barreau de fer aimanté par frottement à l'aide de la pierre d'aimant ou de toute autre façon. || Les deux pôles d'un aimant, les deux points où sa faculté attractive est la plus puissante. || Armer un aimant, l'envelopper d'une plaque de fer doux qui. en rend la puissance plus grande. || 2° Fig. Qualité de ce qui attire. La douceur est un aimant qui attire les cœurs. Vous attirez les cœurs avec un tel aimant, Que qui n'a point d'amour n'a point de sentiment, bacan, Bergeries , Tisimandre, n, 3. La Providence a attaché les pieds de chaque homme à son sol natal par un aimant invincible , chateaub. Génie , 1, v, 44.

— hist. xiii» s. [L'étoile polaire] S'est ele encor de tel nature Qu'à l'aimant fait le fer traire, Lais inédits, p. 4 44. Car tout en autretel manière Cum la pierre de l'aiment Trait à soi le fer soutiiment, Ausinc atrait les cuers des gens Li ors qu'en donne et li argens , la Bose , 4 465. Ceste , si li actor ne ment , Perceroit pierre d'aïment , Por qu'ele fust bien de li pointe [piquée] ; Car ele a trop aguê pointe, la Rose, 4 5696.

— étym. Provenç. aximan, ayman, ariman; espagn. iman; de adamantem ,de adamas, diamant et aussi quelquefois aimant, de àiâtiac, fer, acier, diamant, d'à privatif et Sa|xâw, je dompte (voy. dompter) ; mot à mot , l'indompté. Adamantem a donné en provençal aziman, en ancien français

Alfll

aimant, d'où par contraction aimant, qui du reste est le même mot que diamant (voy. diamant).

AIMANT, ANTE (è-man, man-t'), adj. Porté à aimer. Naturel aimant; âme aimante. Malheur au cœur aimant que leur charme séduit I delav. Paria, n, 6. || Il suit toujours son substantif.

t AIMANTAIRE (è-man-tê-r') , adj. Terme de minéralogie. Fer aimantaire, aimant naturel.

f AIMANTATION (è-man- ta -sion) , s. f. Terme de physique. Action d'aimanter. L'aimantation d'un paratonnerre par la foudre.

AIMANTÉ, EE (è-man-té, tée), part, passé. Aiguille aimantée. Barreau de fer aimanté par un coup de foudre. Elle se communique au fer aimanté dans un certain sens, J. J. Rouss.^m.ni. On a observé qu'une lame d'acier, après avoir été fortement aimantée , conserve le même poids qu'auparavant,

LA PLACE, Exp. IV, 4 6.

AIMANTER (è-man-té), v. a. || 1° Communiquer la propriété de l'aimant à un autre corps. Aimanter une aiguille. || 2° S'aimanter, v. réfl. Prendre la propriété de l'aimant. Le fer s'aimante par divers procédés.

— ÉTYM. Aimant.

AIMANTIN, INE (è-man tin, ti-n'), adj. Qui appartient à l'aimant. || Vieux. On dit aujourd'hui magnétique.

— HIST. xvi* s. Ha trop heureux, si le cruel destin N'eust emmuré d'un rempart aimantin Si chaste cœur dessous si belle face I rons. 3. Un court despit, une aimantine foy, id. 4 3

— ÉTYM. Aimant.

AIMÉ, ÉE(è-mé, mée), part, passé. || 1° Aimé parce qu'il était bienfaisant. Aiméde ses concitoyens. Aimé de Dieu. Ô rives du Jourdain, ô champs aimés des cieux! rac Esth. i, 2. || 2° Substantivement. [Elle].... verrait en l'aimé ce qu'il y faut blâmer, Si ce même devoir lui commandait d'aimer , corn. Perthar. i,2.

— REM. Aimé de, aimé par. Il n'y a point de règle précise pour l'emploi de l'une ou de l'autre préposition ; il n'y a que des nuances quelquefois sensibles , et qui d'autres fois se confondent. On se sert généralement de de, à l'exclusion de par, quand le nom n'a point d'article ■ Aimé de tous ceux qui le connaissent; aimé de chacun; cependant il n'y aurait pas de faute à dire aimé par chacun, par tous ceux qui le connaissent. Quand aimé n'est plus simplement participe, mais verbe passif, il faut par de préférence : Cette femme a été aimée par son cousin ; Louis XII fut aimé par ses sujets ; mais on dirait aussi sans faute : Fut aimé de ses sujets. Tout ce qu'on peut dire , c'est qu'aimé de porte plutôt l'idée sur aimé considéré comme adjectif et exprimant un état; et aimé par, sur aimé considéré comme participe passif et exprimant une action reçue.

AIMER (è-mé), v. a. || 1° Avoir un sentimentd'affection,de tendresse pour. Aimer son père, ses enfants. Il aime sa patrie avec sincérité. Aimer Dieu. Je me fis aimerdetous les bergers, fén. Tél. il. Cet homme si fidèle aux particuliers, si redoutable à l'État , d'un caractère si haut qu'on ne pouvait ni l'estimer, ni lecraindre, ni l'aimer, ni lehaïràdemi.... boss. Le Tellier. Qu'un père vous ait aimé, je ne m'en étonne pas; c'est un sentiment que la nature inspire ; mais qu'un père si éclairé.... id. L. de Bourbon. Celui qui se persécute soi-même doit avoir un quelque chose qu'il aime plus que soi-même . id. Profession de la Vallière. Mais la nature est là qui t'invite et' qui t'aime ; Plonge-toi dans son sein qu'elle t'ouvre toujours : Quand tout change pour toi , la nature est la même, Et le même soleil se lève sur tes jours, lamart. Médit, i, 6. C'est peu de croire en toi, bonté, beauté suprême; Je te cherche partout, j'aspire à toi , je t'aime! id. t'6. i, 46. || 2" Absolument, ô âme, vous connaissez et vous aimez; c'est là ce que vous avez de plus essentiel , et c'est par là que vous ressemblez à votre auteur, qui n'est que connaissance et qu'amour , boss. Profession de la Vallière. || 3° Eprouver la passion de l'amour. 11 aime cette femme. Cette jeune fille a épousé l'homme qu'elle aimait. || 4° Dans le même sens, absolument. 11 aima longtemps sans espoir. Et même en n'aimant plus il est doux d'être aimé, corn. Pulch. iv, 2. 11 n'est plus temps d'aimer alors qu'il faut mourir, m.Héracl. i, 4. Quoique Scythe et barbare, elle a pourtant aimé , rac. Phèd. m, 4. Qu'un autre vous réponde, ô sages de la terre! Laissez-moi mon erreur : j'aime, il faut que j'espère, lamart. Médit. I, 5. Aimons donc, aimons donc! De l'heure fugitive, Hâtons-nous, jouissons! L'homme n'a pointde port, le temps n'a point de rive ; Il coule et nous passons I id. Médit, i, 4 3. J'ai quelquefois aimé : je

AIM

n'aurais pas alors Contre le Louvre et ses trésors.... la font. Fab. îx, 2. Ah! si mon cœur osait encor se renflammer' Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête? Ai-je passé le temps d'aimer? id. t'6. || 6° Aimer quelqu'un de, l'aimer à cause de. J* vous aime d'avoir ainsi pris sa défense. Au moin» sais-je bien que vous les devez aimer [les fleurs] de cela, qu'il n'y en a pas une qui n'accompagne sa beauté de quelque vertu, voit. Lettr. 73. Je l'aimerai toute ma vie du courage qu'il a eu de vous aller trouver, sev. dans la veaux. || 6° Avoir du goût pour, se plaire à. Il aime les animaux. Il aime les tableaux. Il aime le théâtre, lamusique, les chevaux. Il aime les fruits, le lait, les huîtres. J'aime la musique de ce compositeur. J'aime la manière de ce peintre. Cet homme est méchant, il aime les procès, les querelles. Mais , dites-vous , comment estimerons-nous et comment aimerons-nous ce qui nous rabaisse dans l'opinion des hommes? bourd. Exhort. t. i, p. 54 4. Et que signifient ces expressions, si nouvelles peut-être pour vous, estimer les injures, aimer les injures, se réjouir dans les injures? id. t'6. p. 54 2. Aime , aime cette mort qui fait notre bonheur, corn. Mot. iv, b. Je n'aime mon bonheur que pour le mériter , m. Poly. n , 4 . Qui aime son péril, aime sa mort, boss. Intég. s. Qui que tu sois, Byron, bon ou fatal génie , J'aime de tes concerts la sauvage harmonie , Comme j'aime le bruit de la foudre et des vents , lamart. Médit, i , 2. || 7° En parlant des choses La violette aime l'ombre. Le saule aime l'humidité. La vertu aime les sacrifices. Le vice aime les ténèbres. || 8" Aimer à, suivi d'un infinitif, avoir du plaisir à. On aime à voir dans les disputes le combat des opinions; mais de contempler la vérité trouvée, point du tout, pasc. Pensées, part, i, art. 3. L'homme n'aime pointa s'occuper de son néant et de sa bassesse.MAss. dans giraultduvivier. J'aime à voir comme vous l'instruisez, rac. A thaï, n, 7. J'aime à voir que du moins vous vous rendiez justice, id. Andr. iv, 5. On n'aime point à voir ceux à qui l'on doit tant, corn. Nicom. n, 4. Puisqu'il aime à périr, je consens qu'il périsse, id. Poly. v, 3. Tout favorise une jeune personne, jusqu'à l'opinion des hommes, qui aiment à lui accorder tous les avantages qui peuvent la rendre plus souhaitable, la bruy. 3. Il y a des lieux que l'on admire ; il y en a d'autres qui touchent et où l'on aimerait à vivre, id. 4. Ah ! c'est là qu'entouré d'un rempart de verdure , D'un horizon borné qui suffit à mes yeux, J'aime à fixer mes pas, et, seul dans la nature, X n'entendre que l'onde, à ne voir que les cieux, lamart. Médit, i, e. || 9" Aimer de, même sens. Monseigneur aimait les peuples , et il aimait d'en être aimé, mass. Dauph. Cette passion [l'amour] fait qu'on aime de s'unir à ces choses et de les avoir en sa puissance, boss. Conn. i, 6. Pourquoi pour la justice ai-je aimé de souffrir ? lamart. Socrate , 347. Aimer d'être estimé pour soi-même, flécii. Serm. i , 337. Nous le conjurons [Dieu] de nous délivrer de la tentation, et nous aimons d'y succomber, mass. Car. Prière. Une religion qui n'aimerait pas d'être approfondie et qui craindrait l'examen serait suspecte, id. Carême, Vérité relig. Elle aime la conversation et surtout de plaire au roi, sêv. 44 4. || 10° Aimer que, suivi du subj. Savoir gré, être content. J'aime qu'on soit sincère avec moi Aimez qu'on vous conseille et non pas qu'on vous loue, boil. Art poét. i, ||110 Aimer mieux, préférer. Quoiqu'à peine à mes maux je puisse résister, J'aime mieux les souffrir que de les mériter, corn. Hor. i, 3. Et si tu n'aimes mieux que l'un ou l'autre meure, id. Iléracl. v, 5. Et j'ai bien mieux aimé me voir aux mains d'un autre Que ne pas mériter un cœur comme le vôtre, mol. Éc. des mar. m, 40. Il y a telle femme qui aime mieux son argent que ses amis, et ses amants que son argent, la bruy. 3. L'électeur de Cologne aimait mieux se promener que le séjour de nos villes de France, st-sim. 465, 479. Il aimera mieux s'attirer le mépris que contrister l'objet de sa passion, mass. J. Bapt. On aime mieux se rendre nécessaire à l'assemblée des méchants que d'être inutile au parti des gens de bien.iD. Villeroy. || Il ne faut pas confondre aimer mieux, qui signifie simplementpréférer,avecaimer mieux pris absolument, qui peut signifier aimer davantage. Ne fais point d'autre crime, et j'atteste les dieux Qu'au lieu de te haïr, je t'en aimerai mieux ; Oui, je te chérirai... corn. Hor. n, e.

s'aimer, v. réfl. || 1" Aimer soi. Cet homme s'aime trop pour aimer les autres. Il s'aime beaucoup , il a beaucoup d'amour-propre, il est uniquement préoccupé de sa personne. Dieu se connaît soi-même, il s'aime soi-même, et c'est là sa vie, boss. Profes-

AIM

«ton de la Vallière. || 2° S'aimer dans uu lieu, s'y plaire. Pourquoi me chasses-tu? Pourquoi fuis-tu mes pas? — Tu me plais loin de moi. — Je m'aime où tu n'es pas, mol. Mélic. i , t. Il s'aime mieux dans un tronc d'arbre ou dans une grotte que dans un palais ou sur un trône, pasc. Prov. 9. C'est là-dessus que roule le si ècle ; on le sent , on s'en plaint et on s'y aime, hass. ifyst.Visit. ||3° En parlant des oiseaux et desplantes. Les pigeons s'aiment où il y a de l'eau. Les oliviers s'aiment dans les lieux sablonneux. || 4° S'aimer l'un l'autre. Ils s'aiment comme frères. Les hommes sont cause que les femmes ne s'aiment point, la bruy. s. Ceux qui s'aiment d'abord avec la plus violente passion, contribuent bientôt, chacun de leur part, à s'aimer moins, et ensuite à ne s'aimer plus, la bruy. 4. || Proverbes. Qui bien aime bien châtie ; c'est une preuve d'amitié que de reprendre quelqu'un de ses défauts. || Qui m'aime me suive; ceux qui nous aiment doivent prendre nos intérêts , se joindre à nous. || Qui m'aime aime mon chien ; quand on aime une personne , on aime ce qui lui appartient. || Aimer mieux deux œufs qu'une prune ; préférer un grand avantage à un moindre.

— R.EM.1. Des grammairiens ontprétendu que avec aimer suivi d'un infinitif, s'il s'agit non d'une action à faire, mais d'une impression reçue ou d'un état, on peut supprimer la préposition à, par exemple : Il aime entendre une bonne musique. L'usage est contre un pareil emploi. Tout ce qu'on peut accorder, c'est que la poésie use de cette licence, qui, n'ayant rien de contraire à la grammaire, ne serait qu'un archaïsme. || 2. On remarquera que aimer mieux , suivi d'un infinitif , ne prend ni à , ni de : Saint Louis aimait mieux mourir que pécher. || 3. Faut-il dire : Il aime mieux faire cela que de faire autre chose ; ou bien : il aime mieux faire cela que faire autre chose? L'usage des auteurs montre qu'on peut à volonté mettre ou omettre ce de. La seule remarque à faire , c'est qu'il vaut mieux le mettre quand la première alternative est une longue proposition , et le supprimer quand elle est courte. On dira plutôt: J'aime mieux mourir que pécher, qu'on ne dirait : J'aime mieux mourir que de pécher. || 4. Aimer mieux, présente quelquefois une construction difficile. Par exemple : J'aime mieux que vous alliez à Paris que que vous perdiez votre temps chez vous. Ces deux que sont lourds. Pour les éviter , on en a parfois supprimé un : J'aimerais mieux souffrir la peine la plus dure Qu'il eût reçu pour moi la moindre égratignure, mol. Tart. in, 8. J'aimerais mieux mourir qu'un autre que moi vous eût mandé.... sév. 29 avril 4 687. Ce moyen est mauvais; les deux que sont nécessaires. On a eu recours a non pas intercalé entre les deux verbes. J'aime bien mieux qu'elle aille le chercher que non pas qu'elle l'attende chez moi, dancourt, Chevalier à la mode, v, 4. J'aurais mieux aimé qu'elles eussent été des lanternes que non pas qu'elles fussent des carrières, volt. Dict. phil. Monde. Cette tournure est bonne ; seulement elle a un peu vieilli : on pourrait la remettre en honneur ; car elle s'applique à tous les cas. En certaines circonstances, on substitue au second subjonctif un infinitif précédé de de: Il vaut mieux que vous soyez heureux que de briller à la cour. Enfin, et c'est aujourd'hui le procédé général de remédier à cette difficulté, on substitue au second que la conjonction si : J'aime mieux que vous alliez à Paris que si vous perdiez votre temps chez vous. Et songez qu'il vaut mieux encor qu'il en mésuse Que si de l'en frustrer il faut qu'on vous accuse, mol. Tart. iv, 4. Il vaut mieux que l'innocent périsse que si toute la nation allait se révolter contre César, mass. Petit carême, vendredi saint. Voy. jullien, Gramm. p. 274. || 6. Aimer de suivi d'un infinitif est devenu un archaïsme; mais, soutenu par d'excellents auteurs et n'ayant rien d'incorrect, la poésie et le haut style ont toujours licence de s'en servir.

— SVN. 1" aimer, chérir. Aimer a un sens plus étendu que chérir. Quand il s'agit de la passion de l'amour, aimerdittout cequipeutêtredit ;chérirn'ajouterait rien, et même affaiblirait le sens, car ici il serait moins précis. Maîtresse chérie n'exprime pas plus que maîtresse aimée; et femme chérie est moins précis que femme aimée; car dans femme aimée il s'agit de l'amour entre les deux sexes, et femme chérie peut s'appliquer à nos mères, à nos sœurs. Mais aimer ayant des acceptions étendues et comportant tous les degrés du sentiment qui nous incline vers son objet, chérir en marque le plus haut degré. || 2" aimer mieux, aimer plus. Il y a un cas ou ces deux locutions se confondent ; c'est quand aimer

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mieux répond à aimer bien ; alors aimer mieux est tout à fait synonyme de aimer plus. Je vous aimais bien déjà, mais depuis que vous vous êtes ainsi comporté, je vous aime mieux. Dans l'autre emploi, aimer mieux marque non pas une affection, un sentiment, mais seulement une préférence d'option; quelquefois il arrive qu'on a à choisir entre deux maux. Au contraire, aimer plus marque non pas une option, mais une affection, une inclination, un sentiment, M. Guizot donne cet exemple-ci.: Une âme honnête et juste aimerait mieux être déshonorée par les calomnies les plus atroces que de se déshonorer elle-même parla moindre des injustices, parce qu'elle aime plus la justice que son honneur même.

— HIST. x' s. Ne ule cose non la pouret oncque pleier [que] La polie [jeune fille] non amast le deo menestier, Eulalie.

— xi' s. Etditaucomte: Jene vous aimneant, Ch. de Roi. xxii. Car autrement ne m'amerat-ilmie, ib. xxxvi. Li douze pair, que Charles aimet tant, ib. xli.

— xii* s. Ne vos am [aime] de néant, iionc. p. 4 6. Je suis Rolant, qui tant vous a amé,t'6. p. 94.Licristien qui ne vous aimentraie,t'6. p. 446. Mieux [j']ameroie destruire ces irois, ib. p.4 30. [les mauvais amants] Dont jà dame n'iert [ne sera] amée, Couci, i. Onques n'amai sans poor [peur], ib. Amer qui me toit [enlève] la vie, ib. m. Ele voit bien etconoistet entent Qu'il n'en est plus qui si amtleaument, ib. v. Assez [j'] aim mieuz mourir en bon désir, Que vivre irez et m'amie haïr, ib. ix. S'onques amis eut joie pour amer [en raison deson amour].... t'6. x. Et tous les biens qu'on peut avoir d'amer, Aura mes cuers qui adès s'i atent, t'6. xni. Et vous, seigneur, qui par amour amez, Faites ainsi, se jouir en voulez, ib. xiv. Onques Tristans, cil qui but le breuvage, Plus loiaument n'ama sans repentir, ib. xix. Ou cil qui aime du cuer à sonpovoir, ib. xx. Puisque chascun vous aime si sans prendre [rien obtenir].... t'6. xxiv. Et jà de sa prison [je] Ne quier issir se morzou amez non, ib. ix. Sisui je riche et de moult haut parage, Qu'on m'ameroit à petit de biauté, quesnes, Romancero, p. 409. On n'aime pas dame pour parenté [sa famille], Ainz quant ele est bêle, courtoise et sage,iD. t'6. p. 4)0. Etcil qui plus les aimment sont plus ensoupeçon, Sax. xxii. Et tous les Herupois que il moult aime et prise, ib. xxiu. Homs qui bien aime est trestoz enragiez, la prise d'Orenge,

— xiii* s. Dame, ce a dit Berte, et je les amerai, Berte, vn. J'aim miex que elle meure, t'6. xi. Elle amast assez mieux que elle eûst mentit [elle aimerait mieux avoir menti], t'6. lui. Il l'amoient [Berte] de cuer comme bien enseignée, t'6. lx. Jà est-ce la chose du monde Que le miex ains et plus desirre; Qar m'i menez, biautres doz sire, Ren. 4024). Seli cors en prison remeint, Gardés au mains qui li cuers m'aint, la Rose, 4024.. Mes or veilfje veux] , por ce que je t'ains, Estredetoi si bien certains, t'6. 1979. Ele [l'envie] fondoit d'ire etardoit, Quant aucuns qu'ele regardoit, Estoit ou preus, ou biaus,ougens, Ou amés, ou loés des gens, t'6. 290. Et de ceste vertu descendent deus autres, qui grant mestier poent avoir à maintenir son estât et à li avancier et fere amer de Diu et du siècle, beaum. 2). Biau filz, fist il, je te prie que tu te faces amer au peuple de ton royaume, ioinv. 4 93. Or vous demande je, fistil, lequel vous ameriez miex, ou que vous feussiez mesiaus [lépreux], ou que vous eussiez fait un péché mortel , id. 4 94.

— xv s. Mieux [j'] aimeroie à mourir, froiss. i, i, 44. Qui m'aime, si me suive, id. Il, H, 32. Elle laissoit le boire et le manger pour aimer par amour, louis xi, Nouv. LXXXV1II.

— xvi* s. J'aymemieulx que le sachez parsaconfession que par ma parolle, rab. Garg.i, 46. Car vraie amour qui le sien cueur enflame, Plaignoit celluy qu'au monde plus elle ame, J. marot, v, 86. C'est à bon droict que je vous sers et ame,iD. v, 256. Il aime ailleurs, et de luy suishaye, id.v, 325. Si quelque ennuy ne vient ramentevoir Le povre humain d'invoquer Dieu, qui l'ame.... marot, ii, 268. Toutesfois si les lecteurs aiment mieux d'ouir un récit des tesmoignages de la loy.... je tascherayde satisfaire à ceci.CALvm, Inslit. 32 7. Frère bienaymé, mont, i, 22. Je n'aime ny à conseiller ny à suyvre une vertu si sauvage, id. i, 224. Ils ayment mieulx la mort que de relascher.... id. i, 244. Les femmes s'aiment le mieulx où elles ont plus de tort, id. 11, 84. J'aimeroy bien mieulx reglermes affaires par le sort des dez que par ces songes, id. 45. Je m'aimerois mieulx bon escuyer.que bon logicien, m. iv, 74. Les amants, pour l'affection véhémente

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qu'Hz porteraient à leurs aimez, ne les abandonneraient jamais, amyot, iV/op. 33. Il n'est rien si cruel ne si aimant le sang qu'est un tyran couard, in. Priait. 37. Les Lacedemoniens aimantsmieux que leurs citoyens fussent obéissants que qu'ils eussent la présidence sur tous les Grecs, id. Arist. 3. Elles aiment d'avoir quelque chose qui donne plus de lustre à leur beauté, lanoue, 96. M. deChasteaubriant s'y aimoittant, qu'il y a séjourné, carl. m, 6.

— ÊTYM. Provenç. et espagn. amar; ital. amarc; de amare, aimer. On remarquera que l'ancien français conjuguait ot'mer au singulier du présent de l'indicatif : J'aim, tu aims, il aint, ou j'am, tu ams, il ant. Pourtant on trouve aussi la forme actuelle.

t AIN (in), t. m. Terme de manufacture par lequel on désigne un certain nombre des fils de la chaîne, en sorte que les draps employés pour les troupes étant de 4 8 ains et de 22 ains dans le même lé, ces derniers sont plus fins, leooarant.

—ÊTYM. D'après M. Legoarant, ain serait provenu d'une abréviation de centain (C«'° et définitivement ain) ou centaine, les toiles se désignant par las centaines de fils dont la chaîne était composée.

t AINARD (è-nar) , s. m. Ganse dont les pêcheurs se servent pour attacher le bord de leur filet sur une ralingue qui la borde.

AINE (ê-n'), s. f. Lepli de la cuisse au bas du ventre. Des taureaux auxquels ils [les bourreaux] mirent dans l'aine des fers ardents, volt. Phil. v, 84.

— HIST. xii" s. Si le navrunt el aine.... Job, 444. I1 xin' s. N'onc por Adonis n'ot tel paine, Quant li senglers l'ot mors en l'aine, Dont il morut à grant hascie, la Rose, 40550.

— ÉTYM. Wallon , t'ne et ewex ; provenç. mod. lengue , pour l'engue; espagn. engle; ital. inguinc; û'inguen, aine; sanscr. anji, parties honteuses.

fAINE (ê-n'), s. f. || ^Technologie. Petit bâton qu'on passe dans la tète des harengs destinés à être fumés. || 2° Aine et demi-aine, pièce de peau de mouton qui sert à joindre une éclisse et une têtière dans un soufflet d'orgue.

AÎNÉ, ÉE (è-né, née), adj. || 1" Celui des enfants qui est né le premier. Fils aîné. Fille atnée. Frère atné. Sœur aînée. || 2° Le fils aîné de l'Église, qualification donnée autrefois au roi de France. || 3° La fille aînée des rois de France, titre que prenait autrefois l'Université. || 4° S. m. Fils aîné. C'est là l'alné de mes fils. De deux princes jumeaux nous déclarer l'alné, corn. Rodog. 1, 4. Quel intérêt Nous fait tous deux aînés quand et comme il vous platt? id. t'6. iv, 6. Il 5° S. f. Atnée , fille ainée. 11 a marié l'aînée de ses filles. || 6° Frère aîné. Il est jaloux de son aîné. || 7° Qui est plus âgé qu'un autre. C'est mon aîné. Respectons nos aînés. |l 8° Aîné de Normandie, aîné particulièrement avantagé. J'ai vu 54 lettres de cachet dans ma famille, et j'en ai eu 47pour ma part; ainsi, vous voyez que j'ai été partagé en aîné de Normandie, Mirabeau, Collection, t. îv,

— HIST. xni* s. X cinq labiaus de gueule l'ainsnés fils le porta [porta sonécu], Berte, cxxxi. Li aisnés ot non Robiers, etlimainsnéLoeys, Chr.de Rains, p. 2. En tel point que ses ainsnés fix n'avoit pas aage d'entrer en l'ommage de ce que se [sa] mère avoit aquesté, beaum. xii, 40. Tant fust ce que eles fussent ains nées des premiers mariages , id. xiii, 6. Son ainznê frère qui eust mis contredit et chalonge , s'il faire le peust, Ass. de Jérus. 1, 220. Il xv* s. La raine et son ains-né fils, froiss. i,

— ÉTYM. L'historique, décomposant le mot, montre l'étymologie : ains, avant (voy. ains) et ne': né avant (voy. né). Espagn. enlenado, enfant d'un premier lit; ital. antenalo, ancêtre.

AÎNESSE (è-nè-s'), s. f. Priorité d'âge entre frères et sœurs. Le dernier peut-être d'une famillo nombreuse, ou du moins exclu des droits et des prérogatives de l'aînesse , vous vous seriez vu réduit dans le monde à une portion de cadet toujours fort mince dans les maisons les plus anciennes , ' mass. Revenus ecclésiastiques. Et ce vieux droit d'aînesse est parfois si puissant Que pour remplir un trône il rappelle un absent, corn. JVt'e. iv, 3. L'invention des arts étant un droit d'atnesse, Nous devons l'apologue à l'ancienne Grèce, la font. Fab. m, 4.

— HIST. xiii' s. Entre femeles n'a point de enneece, Liv.deJust. 233. Li fiés qui vient as hoirs en descendant, il y a ainsneece, beaum. xiv, 8.

— ÉTYM. Aine. On voit que l'ancienne forme est ainsneece, et que aînesse est une contraction; par

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conséquent, elle suppose un substantif ante-natitxa, donnant régulièrement ains-neece.

fAINETTE (è-nè-f) , s. f. Petite baguette pour embrocher des harengs qu'on veut saurer.

AINS (in-s'. On ne sait comment il se prononçait autrefois ; aujourd'hui on fait sentir l's), conj. Mais, Digne non de pitié , ains de compassion , Régnier, Sat. vu. Car il ne faut jurer.... Ains changer par le temps et d'amour et de flamme, id. Epit. n.

— REM. Ce mot est hors d'usage ; mais s'il était possible de le faire rentrer dans la langue, cela serait à désirer; car nous avons parfois des mawqui, s'échelonnant, deviennent fastidieux ; ains se mettrait en place avec beaucoup d'avantage.

— HIST. n* s. Einz i ferai un peu de legerie, Ch. de Roi. xxi. Einz demain nuit bêle en iert [sera] l'amendise, t'6. xxxvm. Ainz que Rolanz se seit aperceût.... ib. cl. Ainz qu'on alast un seul arpent de champ.... ib. clxiii. One einz ne puis ne fut si fort [bataille] justée, ib. ccxlvi.

— xn* s. Ains [mais] de s'espée ne fu li pons [la poignée] guerpis [lâchée], Ronc. p. 24. Ainz [auparavant] i mourra maint chevaliers eslis , ib. p. 72. Fors de la presse comme ainz il put s'est mis, ib. p. 4 03. [Il] nel salue, ainz [mais] l'a contralié, t'6. p. 486. Ainz que j'aille outremer.... Coud, vi. [Ses beaux yeux] M'eurent ainz pris que [je] m'osasse doner, t7j. vi. Je ne m'en puis mie ariere retraire; Ainz me convient otroier et graer, t'6. n. Ne me vout [voulut] pas Diex pour néant donner Tous les soûlas qu'ai eus en ma vie ; Ainz les me fait chèrement comparer [payer] , ib. xxu. Quatorze rois i eut ainz que table fust mise, Sax. xxin. Ainz [il] i lairroit la teste que il fust asservis, ib. xxvi. De grant outrage faire nuls hom nemonteplie, Ainz se monte et essauce qui son cuer humilie, ib. xxxii. Amis doit secorre autre , ainz que il soit prié , ib.

il, p. 97.

— xin* s. Ains [avant] que l'en commençast a chanter la grant messe, li dus de Venise monta el letrin, villeb. xxxix. J'iroie ains [auparavant, plutôt] d'uis en huis mes aumosnes rouver [demander] , id. xLin. One puis [elle] ne fu levée, ains [mais] a tousjoursgeû, m. lxxix. Mes ains pria qu'il travaillassent Tant porli, que sa mort venjassent , la Rose, 8683. Puis fu par ceste mesprison Apius mis en la prison, Et là s'occist hastivement Ains le jor de son jugement, t'6. 6674. C'est celé qui à la karole , La soe merci, m'apela, Ains que nule, quant je vins là, t'6. 4 240. Blasmer le doit l'en et reprendre, Ains qu'en li laist folie emprendre , t'6. 44 52. Mais l'en puet tiex songes songier, Qui nesunt mie mençongier, Ains sont après bien aparant, ib. 6. Arierest cascuns retornés Dedensla sale', qui ains ains [à qui le plus vite] , FI. et Bl. 838.

— xv s. Ils esperoient un grant fait à faire ains leur retour, froiss. i, i, 460. Ains que je la commence [l'histoire] , je requiers au Sauveur de tout le monde.... qu'il veuille...: id. Prol. Certes, dame, voyez ci votre chevalier qui ne vous fauldroit pour mourir, si tout le monde vous failloit , ains ferai tout mon pouvoir de vous et de monseigneur votre fils conduire, id. i, i, 4 4. Pensant que le roi ne tint point ces places, ains que les rendroit, comm. vu. 8.

— xvi* s. Le cler soleil, ains qu'estre en occident, Lairra espandre obscurité sus eile, rab. Garg.l, 68. Lors je ne me reputerai totalement mourir, ains [mais] passer d'ung lieu en aultre , id. Paru, n , 8. Vous n'estes jeunes, qui est qualité compétente pour en vin, non en vain, ains [plus , plutôt] physicalement philosopher, id. t'6. m, Prol. Conclusion : Roy nostre souverain, De cuer humain vous prions, et bon zelle, C'est qu'il vous plaist ains à nuyt que demain Venir en France, j. marot, v, 224. Mais ains que fusse entré au gouffre noir, Je voy à part un autre vieil manoir, marot, i, 248. Mille ans ains sa venue, id. iv, 204. Ce n'est point une isle, ains terre ferme, mont, i, 232. Cela n'est point la faulte de l'histoire, ains des hommes partiaux , qui abusent indignement de ce nom, amyot, Prê/. ni, 39. Ou me transforme, ou bien fay moi mourir : La seule mort me pourra secourir, Ains que l'ardeur de ce bouquin je sente, rons. 964.

— ÉTYM. Provenç. ant, ans, anï; catal. ans; espagn. antes; ital. ami ; de ante, avant.

AINSI (in-si), adv. || i* De cette manière. Il s'exprima ainsi. Les choses étant ainsi. Quand les peuples seront ainsi dans la paix et dans l'abondance , les délices les corrompront, et ils tourneront contre moi les forces que je leur aurai données, fén. Tél. xn. Ainsi on s'embrouille, ainsi on s'entête, ainsi les hommes prévenus vont devant eux avec une aveu-

gle détermination, boss. Variai. 4 4. Ainsi la pieuse reine consolaitla captivité des fidèles, id. R.d'Anglet. Ainsi me tançait-il d'une parole émue , Régnier, Sat. iv. Tu me veux de sa main plutôt que de la mienne. Mais ne crois pas qu'ainsi jamais je t'appartienne, corn. Cinna, ni, 4. Ainsi mes ennemis sentiront mon courroux, Ainsi je punirai les erreurs insensées, Les révoltes du cœur et les moindres pensées , volt. Fanât, v, 4. Ainsi dit, ainsi fait : les mains cessent de prendre, la font. Fab. m, 2. Croyons ce bœuf.— Croyons, ditla rampante bête. Ainsi dit, ainsi fait,iD. t'6. x, 2.... Tous les enfants Qui sont passés entre vos dents , N'avaient-ilsni père ni mère? Ils en avaient.— S'il est ainsi, Et qu'aucun de leur mort n'ait nos têtes rompues.... id.i6. x,i3. || 2° Elliptiquement. Ainsi des autres choses, ainsi du reste ; il en est ainsi desautres choses.... || 3* En formede souhait. Ainsi le ciel vous soit propice! Ainsi tes honneurs florissants De jouren jour aillent croissants! malh. v,6. Conservez le souvenir d'un héros dont la bonté avait égalé le courage ; ainsi puisse-t-il toujours vous être un cher entretien ! Ainsi puissiez-vous profiter de ses vertus! boss. L. de Bourbon. || 4° Ainsi soit-il, formule elliptique qui sert d'expression à un vœu, et qui termine certaines prières. Et seriez-vous mort avec tant d'ignominie, si, en participant à votre croix, nous ne devions pas partager un jour avec vous la gloire de votre immortalité ? Ainsi soit-il I mass. Car. laPasston. || 5° Ainsi donc, c'est donc ainsi que. Ainsi donc mon amour était récompensé, rac. Raj. iv, 5. Il 6° Est-ce ainsi que.... Formule de reproche. Est-ce ainsi que vous obéissez à votre maître? Est-ce donc ainsi, ô jeune témérai re , que tu es venu dans mon île pour échapper au juste naufrage que Neptune te préparait? fên. Tél. vu. Où êtes-vous, ô Mentor ? est-ce ainsi que vous soutenez Télémaque contre le vice auquel il succombe ? id. tTj. || 7» De l'a même façon. Le fini s'anéantit en présence de l'infini,et devient un pur néant; ainsi notre esprit devant Dieu ; ainsi notre justice devant la justice de Dieu, pasc. Pensées, part, u, art. 3. Comme celui qui darde une flèche contre un autre est coupable de sa mort, ainsi celui qui nuit à son frère et qui dit : Je ne l'ai fait qu'en riant, fléch. Serm. n , 70. Comme une colonne dont la masse solide parait le plus ferme appui d'un temple ruineux , lorsque ce grand édifice fond sur elle sans l'abattre, ainsi la reine se montre le ferme soutien de l'État, boss. R. d'Angleterre.

ainsi, conj. H 1° Par conséquent, par telle raison. Il vous a promis, il est fidèle à sa parole; ainsi comptez sur lui. Bien loin de gêner le commerce par des impôts, on promettait une récompense à tous les marchands qui pourraient attirer à Salente le commerce de quelque nouvelle nation; ainsi les peuples y accoururent bientôt enfouie de toutes parts, fén. Tél. xn. H a* Ainsi donc, conj. redoublée, qui a le sens de donc. Ainsi donc, sans cet avis fidèle, Deux traîtres dans son lit assassinaient leur roi? rac. Esth. 11, 2. Il 3° Ainsi que, loc.conj. Comme. Ainsi que je vous l'ai dit. Ainsi que je l'espère. Ainsi que par César on jure par sa mère, rac. Brit. 1,2. L'un et l'autre parti, cruel également, Ainsi que dans le crime, est dans l'aveuglement, volt. Henr. 11. L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours, la FONT.Fo6.vn,4.Tous regardent l'empire ainsi qu'un bien commun, corn. Pulch. iv, 2. Je crains que, l'avenir détruisant le passé, Il ne finisse ainsi qu'Auguste a commencé, rac. Brit. 1, 4. Vous prenez la chose ainsi qu'il la faut prendre, m. Plaid. 1, 7. Hercule ainsi que moi commença sa carrière, volt. Uérope, rv, 2. Je réponds de son cœur ainsi que de moimême, id. Fanât, m, 3. Marcher écarquillés ainsi que des volants , kol.Éc. des Uar. 1 , 4 . Et les avaliez tous ainsi que des pois gris , mol. L'Étour. iv , 6. || 4° Comme ainsi soit que... Puisque ainsi est que.... Puisque ainsi va que.... locutions qui ont à peu près le même sens et qui signifientvuque, attendu que. Comme ainsi soit que la terre a un mouvement de rotation.... Puisque ainsi est que l'argent est plus estimé que la vertu.... Puis que ainsi va que l'expérience des pères ne sert pas aux enfants. || 5° Par ainsi, en conséquence. Cette locution a vieilli, et n'est restée que dans l'usage du peuple. Par ainsi, tout esprit n'est propre à tout sujet, Régnier, Sat. 1. H 6* S'il est ainsi que.... S'il est ainsi que les étoiles sont des soleils, on peut croire que chaque étoile a un cortège de planètes. S'il est ainsi que des choses futures L'école d'Apollon apprend la vérité.... malh. 11,2. Cette locution a vieilli un peu ; elle est pourtant très-bonne et peut sans scrupule être employée. || 1° Quand ainsi serait que.... quand il serait vrai que.... Puis, quand ainsi serait que, selon ta prière, Elle aurait obtenu

D'avoir en cheveux blancs terminé sa carrière, Qu'en fût-il advenu? malh. à Duperrier. Mais quand ainsi serait que ce passage aurait une signification doiteuse.... boss. Conf. || 8° Qu'ainsi ne soit, n'en doutons pas, voyons, voyez. Vous n'aurez plus de moi que des prières et des remerciements, et je vous ferai bien avouer que j'importune mieux que je ne loue; qu'ainsi ne soit, madame, je vou» envoie déjà plusieurs maux en même temps, balz. liv. vu, lett. 23. C'est le cœur seul qui peut rendre tranquille; Le cœur fait tout , le reste est inutile. Qu'ainsi nesoit, voyons d'autres états, la font. Quoique notre raison ne se mêle pas dans l'altération corporelle de l'organe et dans la sensation qui s'excite immédiatement après, ces deux choses ne laissent pas de se faire convenablement par la raison supérieure qui gouverne tout ;' qu'ainsi nesoit, nous n'avons qu'à considérer ce que la lumière fait dans notre œil, nous verrons qu'il n'y a rien de plus convenable ni de plus suivi , boss. Cnnnaiss. v , 3. Qu'ainsi ne soit, un fat apprivoisé Parle de tout, sûr de la réussite, j.b. rouss.

— REM. 1. Cette dernière locution est difficile. Manifestement qu'ainsi ne soit est le contre-pied de ainsi soit; et puisque celle-ci acquiesce , celle-là n'acquiesce pas. Le complément de l'ellipse parait être : ne dites pas qu'ainsi ne soit, qu'il n'en est pas ainsi. Cette locution n'est plus du tout usitée, et ne peut pas renaître. Elle avait pris un sens fort éloigné de la signification simple des mots; la tradition s'en est rompue; et quand on la lit, on a beaucoup de peine à la comprendre. Si donc on l'écrivait, on ne serait pas compris. || 2. Avec ainsi que, placé entre deux substantifs, faut-il mettre le verbe au singulier ou au pluriel? faut-il dire : Le français ainsi que l'italien dérive ou dérivent du latin? L'un et l'autre sonl bons ; cela dépend uniquement de la vue de l'esprit et de l'intention de celui qui parle ou écrit. Si l'on veut exprimer une comparaison, on mettra le singulier : Le français, ainsi que l'italien, dérive du latin. Si on ne considère ainsi que que comme unissant le! deux mots sans idée de comparaison, on mettra 1« pluriel : Le français ainsi que l'italien dérivent de latin. H 3° Ne dites pas : Ainsi par conséquent, c'est un pléonasme tout à fait désagréable; dite! simplement ainsi.

— SYN. AINSI QUE, DE MÊME QUE, COMME. Commt

se dit quand il s'agit de la comparaison de qualités : blanc comme neige, faux comme un jeton, hardcomme un lion. De même que se rapporte à la manière : il a opiné de même que son voisin, son opinion a été la même. Ainsi que exprime la réalité, l'événement : faire une chose ainsi qu'un autre . c'est la faire aussi ; il a parlé ainsi que vous, c'est-àdire vous avez parlé et il a parlé aussi ; il a parU de même que vous, il a tenu le même langage. Outre son usage spécial , comme s'emploie en place de ainsi que et de de même que , sans avoir égard au> deux points de vue spécifiés plus haut : il apartf comme vous, pouvant signifier ainsi que vous ou dt même que vous. A côté de ces distinctions, qui sont justes etque marquent les auteurs de synonymes, i faut noter que ainsi que n'est pas restreint au sem indiqué plus haut : de même que ne peut pas se prendre pour ainsi que , mais at'nst que peut se prendre pour de même que.

HIST. xi* s. E pur un porc un dener, et issi trèsque huit, Lois de Guill. 6. Dient Paien : issi peut-i! bien estre ? Ch. de Roi. rv. Laissez les morz tout issi come il sont, t'6. clxxiv.

xn's. Et par quelgentesploit il issi tantîflonc.

p. 20. Beaus sires Dex, tout issi voirement Com vous donastes.... t'6. p. 402. Ensi le croi-je, sire, Tierris lui respondit, t'6. p. 4 92. Ensi l'ont fait as fourches contre mont sus lever, t'6. p. 4 97. Car ensi doit-on faire de traîtor félon, t'6. p. 200. Ne m' laissez ensi desconseillé, Coud, vu. Nennil, poui voir; il ne peut estre ensi, t'6. ix. J'aim mieux ensi souffrir et endurer Ces très dous maus.... 16. x. Et vous, seigneur, qui par amour amez, Faites ensi, se jouir en voulez, ib. xiv. Et qu'il vous plaist à ouïr ma prière, Ensi com je l'espoir, t'6. xvm. Puis qu'ainsi est qu'à lui [contre elle] [je] ne puis contendre.... t'6. xxi. Vous quirobezles croisés, Ne despendez mie l'avoir ainsi, quesnes, Romancero, p. 96. Si me doinst Dieux de la très bêle née Joie et soûlas, ainsi com. je désir, vidame de Chartres, p. 4 4 4. Ensi [ils] fièrent de haches comme vilain de flael, Sax. ix. Tout ainsi que li asnes qui regarde le faix.... t'6. xv.

— xni* s. Ensi come il fu devises fu fait, vu-leh. crv. Ensi jlna la chose, que de faire les Chartres fut pris jors à l'endemain, et bien furent faites et devi-

«ées,viLLEii.xvin. Dame, o vous remaindrai, puisqu'il vous plaist ainsi, Berte, ux. Quant Tybers et les serve voient qu'il va ainsi, ib. lxxxix. Puis qu'ainsi est que [vous] estes des gens à nostre roy.... ib. cxvi. Vingt ans avoit Pépins; ainsi [je] l'ouï esmer, id. m. [Ella] dist qu'ainsi le fera, n'eut talent d'escondire, ib. xjv. Tout ainsi s'en alerent, sans mensonge aèointer, ib. xix. Ainsi a nom [tel est le nom de] la dame qui à Pépin est drue, ib. lu.

xv" s. Puis qu'ainsy est, dist-elle , mon enfant,

Que de savoir son nom desirez tant.... ch. d'orl. (0. Enfin ilz rendirent la ville au roy, par ainsi qu'ilz s'en yroient leurs corps et leurs biens saufs, fenin , M(2. Ainsi qu'ils assembloient, les coureurs dessus gommés s'en vinrent ferir sur eux.... froiss. i, i, 4 40. Si fut durement courroucé et se tint ainsi que pour déçu, id. i, i, 4 89. Donc se logea le roi en la ville mesmement; et, tout ainsi que les seigneurs venoient, ils se logeoient, id. i, i, 278. Mes les aucuns ensi opposent Qu'il sont amé, puis qu'amer osent, id. Espinette amour. Là demanda [le roi de Behaigue à la bataille de Crécy] aux chevaliers qui de lez lui estoient, comment l'ordonnance de leurs gens se portoit. Cils lui en recorderent la vérité et lui dirent: Monseigneur, ainsi et ainsi, tous les Gennevois sont desconfits, id. i, i, 288. Touteffois que s'il avoit dit ne fait chose qui fust contre l'honneur du roi et que ainsi se trouvast par information.... comm. i, i.

— xvi* s.Ainsy périsse quifeaulx serviteurs blasmera, rab. Car.i, 47. Et, ainsy que il feut on droit d'entre eulx, il luy demanda.... m. Pant. il, 9. Ainsi que je reguardoys ce beau feu, sortirent plus de six cens chiens, id. u, 44. Par ainsi, jeneplaincz point ce que m'a cousté à les bancqueter, id. ii, 4 7. "... Comme si le temps, ainsi que les vins, rendoit les poésies meilleures, dubeix. i, 21 , recto. J'avois horreur des trop maigres, ainsi Comme j'avois des trop grasses aussi, id. iv, 76, recto. S'il vouloit faire paix , il y venoit aussi, Et en toute autre chose en usoit tout ainsi, id, viii, 64 , recto.. ..Quand on lui donne pour pourtraict quelque pièce de pierre, de bois ou d'or, comme ainsi soit qu'il [quoiqu'il] remplisse tout de son essence infinie, calv. lnslit. 63. Comme ainsi soit que les hommes ayent un amour d'eux-mesmes desordonné et aveuglé, ils se feront volontiers accroire qu'il n'y a rien en eux digne d'estre desprisé, id. t'o. 169. Ainsi soit que l'homme en sa création ait eu faculté d'eslire la vie ou la mort, mais que sera-ce si nous respondons qu'il l'a perdue? id. ib. 247. Et qu'il soit ainsi, nous ne le forgeons pas auplaisirde nostre cerveau, id. ib. 4063. Voilà comment ce qui en soy peut advenir ainsi ou ainsi [d'une ou d'autre façon] , est déterminé en une sorte au conseil de Dieu, id. ib. 443. Monseigneur, ainsin que je voulois commancer cette lectre, celé qu'il vous a pieu escripre par mon homme est arrivée, marg. Lett. xxxvin. Ainsi marcha, ainsin alla, mont. Avis vm. Elle se forge ainsin [de la sorte] une prinse frivole, id. i , si. Il n'est pas dangereux, comme en une drogue médicinale, en un conte ancien, qu'il soit ainsin ou ainsi, id. i, 404. Ainsi du reste, id. i, 404. Ainsi [pendant] qu'il faisoit le

conte de la conjuration, id. i, 256 Par ainsin

ils nous représentent bien plus vifvement que les aultres.... id. n . 89. Il voulut mourir, disant qu'ainsi comme ainsi luy falloit il, un jour, franchir ce pas, id. n, 386. Or comme ainsi soit que les familles soient composées de différentes personnes, les unes pour commander, les autres pour obéir, si ne doitil pourtant y avoir aucun respect qui exempte les uns plus que les autres d'en user [d'un esprit de concorde], lanoue, 44. Comme ainsi soit que la haine produise ordinairement le discord, toutesfois.... id. 54. Il ne voyoit que sans défenses expresses, et ainsi qu'ainsi déclaratives d'hostilité, il peust retirer ses subjects de la fréquentation des pays de l'empereur, m. du bell. 605. S'ainsin estoit, toute peine fatale Me seroit douce et nemechaudroit pas, rons. 25. Ainsin Endymion soit tousjours ton amy, Ainsi soit-il toujours en ton ^ein endormy, id.

— ÊTYM. Bourguig. anst'n; picard, ensin; provenç. aissi, aysti, aici; espagn. asi; portug. assim. Diez pense que ainsi vient de asque sic; ce qui l'y détermine, ce sont les formes acsi dans le texte provençal du Boece, v. 445, le romagnol acsè, le brescian t'est, et le lombard insci; de la sorte, il y rattache Vital, cosl, le commencement du mot s'étant perdu, ce qui n'est pas rare dans cette langue. Néanmoins je ne puis acquiescer à cette opinion : la forme la plus ancienne du français est issi, puis ensi, et ces deux formes conduisent à in tic, mot à mot en ainsi; et

AIR

iirui serait composé comme avant. Quant aux formes acsi, je les croirais plutôt produites par ac si, et ainsi, et l'italien cost par euro sic, avec ainsi.

4. AIR (or), s. m. || 1" Fluide invisible, transparent, sans odeur ni saveur, pesant, compressible, élastique, qui forme autour de la terre une couche nommée atmosphère, et qui est composé de 0,79 d'azote et de 0,24 d'oxygène. L'air était un des quatre éléments de l'ancienne physique. L'air n'est pas un élément, c'est un corps composé. Les nuages sont portés dans l'air. L'air est l'aliment de la respiration. Un air pur, un air vif, un air tempéré. Ces émanations ont infecté l'air. Un air lourd et épais. Si l'air était plus épais, il n'aurait pas cette douceur qui fait une nourriture continuelle du dedans de l'homme, fèn. Exist. 44. Ces gardes, cette cour, l'air qui nous environne, Tout dépend de Pyrrhus et surtout d'Hermione, rac. Andr. ni, 4. Je sais trop que je dois au bien de votre empire Et le sang qui m'anime et Pairque je respire, corn. Cid. iv, 3. || Les habitants de l'air, les oiseaux. || 2" Au pluriel , les airs, l'espace au-dessus de nos tètes. Le ballon s'enleva dans les airs. Avez-vous dans les airs entendu quelque bruit? RAC. Iph.l, 4. Hélas! ma prière iuutile Se perdra-t-elle dans les airs?J. b.rouss. Cantate, 5. Ses foudres impuissants se perdaient dans les airs, volt. Henr.v. || 3° Dans un sens général, air signifie gaz. L'oxygène, l'azote et l'hydrogène sont des airs différents. L'ancienne chimie donnait le nom d'airs à tous les fluides aériformes qu'on appelle gaz aujourd'hui; de là le nom d'air atmosphérique attribué souvent à l'air proprement dit. Dans l'ancienne chimie, l'air fixe est le gaz acide carbonique; l'air inflammable est l'hydrogène. || 4" Air libre, l'espace ouvert. On dit dans le même sens le plein air. Arbres de plein air, arbres en plein air. || Air confiné, désigne, par opposition à air libre , l'air des enceintes dans lesquelles séjournent des êtres vivants, et qui se trouve par conséquent plus ou moins vicié. || 5° En termes de théologie, le prince de l'air, Satan; les puissances de l'air, les démons. || 6° Mettre, exposer à l'air, soumettre une chose à l'influence, à l'action de l'air. || 7° Prendre l'air, respirer le frais, se promener.Je marche etjeprends l'airavec plaisir, sév. 261. Se faire porter dans son carrosse pour prendre l'air, m. 40. Il faudrait prendre l'air quand il est bon, id. 64 7. Prendre l'air à sa fenêtre, mol. L'Av.u, 6. [| Fig. Prendre l'air, prendre la fuite. Il n'est rien tel que de mettre son crime ou son innocence au grand air [s'enfuir quand on est accusé], sév. 402. || 8" Fendre l'air, en parlant d'un oiseau, voler; et fig. traverser l'espace avec rapidité. Les oiseaux fendent l'air. La flèche fend l'air et vient frapper le but. L'exécution fut prompte : le jeune homme fendit les airs, montesq. Lett.pers. 441. || 9° Donner de l'air à une chambre, en ouvrir les fenêtres et en renouveler l'air. || Fig. Donner de l'air à un tableau, en détacher les différents plans, de sorte que l'air semble circuler entre eux. || 10° Air natal, le pays où l'on est né. C'est l'air natal qui séchera tes larmes , bérang. Nostalg. || 11° Vent. Il fait beaucoup d'air. 11 ne fait pas un souffle d'air. || Courant d'air, air en mouvement qui pénètre par les ouvertures d'un appartement. La porte et la fenêtre ouvertes feront un courant d'air. Ne vous mettez pas dans le courant d'air ; vous en seriez incommodé. || Coup d'air, fluxion ou douleur qui survient àlaface, au cou, aux mâchoires, et qui est souvent causée par l'impression d'un air froid. || 12° Prendre l'air du feu, un air de feu, se chauffer un moment, en passant. || 13° Cela est dans l'air, sedit decertaines conditions physiques ou morales qu'on croit provenir de la nature d'un pays, d'une société, etc. I| 14° Porter le mauvais air en quelque endroit, y porter la contagion; prendre le mauvais air, gagner la contagion. J| Fig. L'air du monde est contagieux, la fréquentation du monde n'est pas salutaire au moral. L'air de cour est contagieux; il se prend à Versailles, comme l'accent normand à Rouen ou à Falaise, la bruy. 8. On suit le train du monde, onestde toutes ses compagnies, on en prend toutes les manières; et est-il surprenant alors que dans un air si corrompu on s'empoisonne et qu'au milieu de tant de scandales on fasse des chutes grièvesetmortelles?BOURD. Pensées, t.i, p. 85. || 15" Fig. et familièrement. L'air du bureau, ce qui parait en bien ou en mal des dispositions de ceux qui ont la décision d'une affaire. || 16° Diverses locutions familières, proverbiales et figurées. Être libre comme l'air , n'avoir aucune sujétion. || Ne faire que battre l'air, se donner inutilement beaucoup de peine. || Vivre de l'air du temps, êtredans la plus profonde misère, n'avoir rien pour subsister. || En l'air, loc.adv. Au milieude l'air, dans les airs. Tirer

en l'air, un coup en l'air, tirer sans viser de but ; et 6g. Faire une démarche sans résultat. || Paroles, projets en l'air, paroles, projets sans fondement, sans réalité. Cène sont pas là, mes pères, des contes en l'air comme les vôtres, pasc. Prov. 46. Ils dépendent d'un discours en l'air , de mille occasions imprévues, id. Conv. i. Vous l'accusez seulement en l'air de quatre faussetés, id. Réfut. de la rép. à la 4 2° Lett. Et si d'une offre en l'air votre âme encor frappée Veut bien s'embarrasser du rebut de Pompée.... corn. Sertor. iv, 2. Ces menaces en l'air vous donnent trop de peine, id. ib. v, 4. Un discours en l'airqu'il forge, id. Le tient, v, 2. Et d'une cause en l'air il le faut bien leurrer, rac. Plaid, m, 2. Moïse ne parle point en l'air, il particularise et circonstancié toutes choses, boss. Hist. univ. n, 3. Ce discours en leur bouche n'est qu'un discours en l'air, m. «6. n, 4 3. La sincérité ne permet pas de donner des paroles en l'air, id. Lett. 52. Que de suppositions bâties en l'air! id. Déf. com. 11 ne s'agit pas d'un soupçon en l'air, m. Rem. Quoiqu'il ait trouvé plus aisé de parler en l'air du droit des peuples, id. Avert. 5. Ce n'est point un fait qu'on avance'en l'air, id. Ilist. u , 48. Ce n'est pasici uneprédictionenl'air,MASS. Car. Communion. Il est venu arrêter les pensées vagues de l'esprit humain et fixer ses raisonnements en l'air, balz. Socrate, Disc. 4. Pour quelque Iris en l'air faire le langoureux, boil. Sat. ix. Il est qui fait la moue aux chimères- en l'air, Régnier, Sat. x. Parler ainsi, c'est parler en l'air, et vouloir être cru sur tout ce qu'on s'imagine , fén. Exist. 7». Ne vous amusez pas à vous inquiéter en l'air, sév. 24 5. Je vous dis cela extrêmement en l'air, id. 240. II me le dit en l'air, id. 379. C'est une chose qu'on dit souvent en l'air, n>. 34. Il dit une parole en l'air à M. de Lavardin, id. 684. Sur des soupçons en l'air je m'irais alarmer, mol. Le Dèp. i, 4. Contes en l'air, id. Tari. iv, 3. Les personnages qu'il représente sont des personnages^ l'air, id. Imp. 3.Xconsidérercetouvrage comme un système, j'en trouve le fondement bien incertain, bien en l'air, dider. Lett. de Ramsay. Je n'ai pas prétendu faire un système en l'air et qui n'eflt aucun fondement, fonten. Mondes, Préface. Il fut question de Mlle d'Armagnac et de Mlle de La Trémouille , mais fort en l'air, st-sim. 28, 64. || Etre, mettre en l'air, en mouvement, dans l'agitation. Cette affaire mit toutes les têtes en l'air. Puisque vous êtes en l'air, sév. 339. Je suis tellement en l'air que je m'en vais.... id. 640. Enfin j'ai un pied en l'air [je suis prête à partir], id. 442. Il faudra n'être plus ici un pied en l'air, comme vous yêtes toujours, id. 399. || En parlant des choses, être en l'air, en désordre. Dans son cabinet tout est en l'air. || N'être pas solide. Toute sa fortune est en l'air. || En termes militaires , on dit qu'une troupe est en l'air, quand elle n'est pas appuyée sur son flanc par un obstacle quelconque. L'aile droite de l'armée était en l'air. || En termes de fauconnerie, prendre l'air se dit d'un oiseau qui s'élève fort haut. Nouer [nager] entre deux airs, manière de voler particulière aux oiseaux de proie.

— REM. En termes de marine, air de vent, chacune des trente-deux divisions du vent. Je suivais le même air de vent pour toute règle, J. J. rouss. Ém. v. Les marins ont pris l'habitude d'écrire air de vent; mais ce n'en est pas moins une faute et une confusion d'ot'r avec aire; l'expression propre est une at're de vent (voy. aire) , c'est-à-dire la 32' partie delà surface ou cercle qui renferme la direction des trente-deux vents. On trouve aussi air pour vitesse : Ce vaisseau a de l'air, il va vite. C'est encore une faute , et c'est erre qu'il faut mettre (voy. ce mot) : ce vaisseau a de l'erré.

— REM. Airs au plur. se prend dans deux sens différents. Air s'emploie pour gaz; en ce sens l'azote, l'hydrogène sont des airs différents l'un de l'autre. L'examen approfondi des propriétés nous apprend qu'il existe des airs d'espèces très-diver ses, c'est-à-dire plusieurs airs, biot. C'est là le pluriel comme on l'entend ordinairement. Quand au contraire on dit : s'élever dans les airs, entend-on parler de plusieurs airs, en tant qu'ils diffèrent les uns des autres? Non assurément; or, veut seulement désigner la généralité de l'air; ce pluriel n'a donc qu'un sens collectif et non pas le sens distributif qu'exige la définition ordinaire du nombre pluriel, jullien.

— HIST. xin* s. Eles repairent à lor première matere et deviennent airs ansi come uns aniauspert sa forme au fu et devient ors ouargens que il estoit ançois, Compul, f. 4 3. Et moût estoit li airs de froide atrempeûre, Berte, xltj. || xrv* s. Ele vit de l'acr

AIR

AIK

AIR

non pas pur et sans mangier, oresme, ffln. 23. || xv s. Car estoit tané de tant avoir esté à Bruges sans changier air, g. chastel. Chr. des D. de Bourg. in. ch. 169. Et pour la puantise des bestes que on tuoit en l'ost , l'air en estoit ainsi qu'à demi corrompu.... et vint le roi loger, telle fois fut, à Maie, pour esloigner ce mauvais air , frois. Il , H , 232. || xvi* s. [Le vent] barbe et cbeveux tous blancs me fait branler, Ne plus ne moins que feuilles d'arbre en l'air, marot, i, 395. D'un toict de tortue qui eschappa des pattes d'un aigle en l'air, mont. I, 74. L'on ne leur demandoit qu'un titre en l'air, au lieu de quoy on leur offrait realement et defaictles chosesdont ilzavoientplus grant besoin, amyot, Sertor. 85. Si tost que les deux compagnons ouirent parler de cette rumeur, ils prirent l'air sous couleur d'aler à la guerre , et depuis on a su leurs projets , d'aub. llist. m, 60. Ou je suis fol,encores vaut-il mieux Aimer en l'air une chose incogneue Que n'aimer rien.... rons. si 5.

— étym. Bourguig. et Berry, ar ; provenç. aer, air, aire; ital. aria, aère; espagn. aire; du latin aer, le même que le grec àrip.

2. AIR (êr),i. m. ||1" Apparence extérieure. D'abord on ne l'avait point regardé, à cause de ses habits simples et négligés, de sa contenance modeste, de son silence presque continuel , de son air froid et réservé, fén. Te7.vi.Ne vousy fiez pas, elle a, ma foi, les yeux fripons; je lui trouve l'air bien coquet, boil. Héros de romans. Les blessures du visage y donnent d'ordinaire certain air violent et guerrier qui ne sied pas mal, hamilt. Gramm. 7. Je ne suis point d'avis qu'on vous peigne en amazone ; vous avez l'air trop doux, fonten. Lelt. xu. Elle a l'air bien furibond, volt. VÈcoss. i, 6. Elle avait l'air timide, embarrassé, ta. L'Enf. prod. iv, 7. Qu'elle est laide à présent, et qu'elle a l'air mauvais ! regnard, Dém. amour, iv, 7. De grâce, dites-moi, parlant sincèrement, Sous l'habit de Vénus aurais-je l'air charmant î m.ib. Mon Dieu! qu'elle est jolie et qu'elle a l'air mignon ! mol. l'Étour. m , 1 1 . Je l'ai vu ; son même air , sonmême habit de lin, rac. Alhal. n , 5. J'admirais sa douceur, son air noble et modeste, id. ib. Elle a l'airdoux et semble assez docile, col. d'harlev. Célib. m, 10. Un inconnu qui avait un air majestueux, fén. TÙ. xxiv. Votre père me regardait avec un air de compassion, m. ib. xv. Protésilas reprenant son air sévère et hautain, fén. Tél. xiv. || 2° Un air de famille, une sorte de ressemblance. Avoir un faux air de quelqu'un. Vous avez un peu de l'air de Mme de Sottenville, sév. 1 53. Elle a de l'air du coadjuteur, id. 86. || 3° Manière , façon. Il est vrai , madame , que ce jeune prince a fait voir une adresse peu commune, et quel'airdontil aparu a été quelquechose de surprenant, mol. Princesse d' El. ni, 5. Parlez , Don Juan, et voyons de quel air vous saurez vous justifier, id. Fest. l, 3. Et traitent du même air l'honnête homme et le fat, m.lfts.i, 1. Au contraire, j'agis d'un air tout différent, id. L'Etour. v, 13. Vous preniez tout l'air d'un méchant garnement , m. Tart. i , l . Les gens de mon air, id. Mis. m, l. Et je me vis à demeurer d'accord Que l'air dont vous viviez vous faisait un peu tort, id. ib. m, 5. Et l'école du monde en l'air dont il faut vivre Instruit mieux à mon gré que ne fait aucun livre, va. Éc. des mar. i, 2. L'air précieux n'a pas seulement infecté Paris; il s'est aussi répandu dans les provinces, id. Préc. rid. I. Et voyez cependant de quel air on m'écrit, corn. Serlor. i, 2. Promenades où il n'y ait ni dissipation dans les airs ni indécence dans les habits, flëch. Serm. n, 334. Ces dévotions superficielles qui retranchent à l'extérieur quelques airs mondains et qui laissent au cœur la liberté de ses désirs, id. Panég. u, p. 315. Qu'est-ce que ces airs de franchise, de simplicité , de cordialité , que nous affectons quelquefois en parlant au prochain, et lui disant certaines vérités très-désagréables? bourd. Pensées, t. u, p. 299. Ils disent d'un air envenimé ce qui n'avait été dit qu'avec des intentions innocentes, mass. Pard. Rien nel'égalait[LouisXIVJ ni pour les grâces de sa personne, ni pour la grandeur de son air, hamilt. Gram. 5. Ce fut d'un air et d'un regard à lui faire croire que c'était Vénus avec toutes ses grâces qui venait de lui parler, m. ib. 8. Elle connut à l'air et aux manières de son mari....iD. ib. Il n'y avait point à la cour d'homme de meilleur air, id. Gram. 9. Il me lâcha par la ville pour perdre l'air de la campagne, id. ib. 3. j'avais tellement l'air de la cour et du monde.... id. t'6. 3. Elle n'aura point un air de gouvernante , boss. Lelt. abb. 108. Elles auront assez de l'air d'une dame de province , sév. 220. Il a pris le mauvais air des officiers subalternes, id. 386. Le roi l'avait regardée d'un bon air,

id. 623. || 4> Accueil. Elle nous fit un air honnête, sév. 41». Vous avez vu l'air gracieux que S. M. m'a fait, hamilt. Gram. 5. || 5" En termes de peinture et de sculpture, un air de tête, des airs de tête, l'attitude d'une tête. Pour former ce vif coloris, ces attitudes si variées, ces airs de tête si passionnés, fén. Exist. 8. || 6" Le bel air, les manières élégantes. J'ai vu les personnes du bel air, mol. Pourc. in, 2. Apprendre le bel air des choses, id. Préc. 5. Croyantintroduire le bel air en traitant les Anglais d'étrangers, hamilt. Gramm. 6. Les beaux esprits et les gens du bel air traiteront d'imbécile un homme qui professe le désintéressement , dider. Disc, prélim. Ce n'est plus la mode du bel air, sév. 42. Votre frère est dans le bel air, id. 42. Un chapeau du bel air, id. Iùb. Quand on la voit habillée du bel air, id. 282. Us ont pourtant été d'un assez bel air, id. 232. Tout le bel air [le beau monde] était sur le théâtre, id. 112. Les dames, les jeunes gens, tout le bel air de la cour était pourM. deLuxembourg,ST-siM. xvn,20l.|| 7"Legrand air, le ton du grand monde. Quels biens sur vous un prince va répandre ! D'abord viendra l'étiquette aux grands airs, bérang. Belges. || Grand air, ungrand air, une belle et noble apparence. La duchesse de Bourgogne avait un grand air, une taille noble, volt. Louis XIV ,27. || En mauvaise part, les grands airs, des manières hautaines et fastueuses. Barbezieux, avec tous sesgrands airs, sentait plus l'intendant que le général d'armée, st-sim. 23, 6. || 8* Bon air, manière élégante, distinguée ; mauvais air, les manières de la mauvaise compagnie. On voit l'impudence devenue un bon air, mass. Pan. Ste-Âgnès. Vous accoutumez les pécheurs à regarder la débauche comme un bon air en l'opposant au ridicule de la vertu ,id. Car. Inj. du monoe.La profession d'incrédulité est presque devenue un bonair parmi nous,m. Doutes. L'extérieur de la piété estun mauvais airdont on se cache, mass. Vices. Il y en a à Vitré qui ont fort bon air, sév. 556. Il cherchait le bonair, pasc. edit. Cous. Cela n'est point du bon air, id. Préf. génér. Il n'affecte point d'avoir son chapeau cloué sur sa tête pour montrer qu'il sait les bons airs , j. j. rouss. Hél. vi, 9. Vous avez tout à fait bon air avec cet habit, mol. Bourg, m, 4. M. le comte a tout à fait bon air, id. Comtesse, 29. Il est bien fait, oui, ce petit pendard, il a bon air, bonne physionomie,» la Princ. m, 5. || Absolument. Elle n'avait point de taille, encore moins d'air , hamilt. Gramm. 6. Il avait le visage fort agréable, la tête assez belle, peu de taille et moins d'air, id. t'6. 8. Au lieu de mettre de l'accent dans son parler, il y met de l'air, j. j. rouss. Ém. 1. 1| Bon air, en parlant des choses. Rien n'est d'un meilleur air pour la maison que de bâtir pendant le procès, sév. 479. Un château qui a le meilleur air du monde, id. 354. Le carrosse qu'on avait fait pour le roi n'avait pas trop bonair, hamil. Gramm. 7. || 9° Sorte de manière affectée qui consiste à faire entendre ce qu'on ne témoigne pas. Faire une chose par air. Tout cela était un air pour me faire savoir qu'elle a un équipage, sêv. 69. Quand je vous ai demandé si vous n'aviez point jeté mes lettres, c'était un air, id. 98. || Prendre, se donner des airs, de grands airs, affecter un ton, des manières au-dessus de son état. Bien loin de se donner de ces airs que prennent les gouverneurs en pareille occasion , hamilt. Gramm. 8. Vous voyez les airs qu'elle se donne , id. ib. 8. S'étant aperçue des airs que Sydney se donnait, id. t'6. lo. Avec cela, on fait le fier, on se donne des airs, volt. L'h. aux 40 écus. || Se donner l'air de, prendre l'air de, se montrer comme.... Pour parer mon discours et me donner l'air d'habile homme, mol. Méd. m. lui, ni, 1. Ces airs mystérieux qu'on se donne, fléch. M. de Mont. Je ne saurais me donner des airs de singularité, mass. Visit. Mme Guyon continue à se donner un air prophétique, boss. Relat. Pour leur apprendre à prendre un air de guerre, sév. 669. || Familièrement. Se mettre sur son air, prendre une certaine manière d'être. Enflé de ses premières prospérités, il s'était mis sur son air vainqueur pour achever cette dernière conquête , hamilt. Gramm. 6. || 10° En parlant des choses, avoir l'air, avoir un air de, paraître. Votre dernière lettre a un air de gaieté, sév. 491. Nous voulûmes donner à cette chambre un air d'accouchement, id. 5. Cela a toujours l'air d'un miracle, id. 478. Quoique ces paroles aient un air de dureté bien sec, BOSS.Dév. l. Et ses effets soudains ont de l'air des miracles, mol. Éc. des f. m, 4. || 11° En termes de manège, allure du cheval. Airs bas, ceux où le cheval manie près de terre; airs relevés, ceux où le cheval s'enlève davantage. || 12*Suite de tons et de notes qui composent un chant. Il se dit aussi du chant et des paroles. Chanter des airs a boire. J'ai fait

pour toi des airs, jeté les veux chanter/A. chên. l«. Vivent les grands airs Du conservatoire ! bérang. Musique. Que leur nom retentit dans les airs que l'on chante, Régnier, Sat.in. || N'être pas dans l'air, ne pas chanter exactement un air. || Fig. Je connais des paroles sur cet air-là , j'ai déjà entendu les mêmes choses, les mêmes opinions, les mêmes excuses, etc. Il Fig. Avoir l'air à la danse, annoncer des dispositions à réussir dans ce qu'on fait , être disposé à faire ce dont il s'agit, être vif et dispos.

— REM. 1. Elle a l'air fâché ou fâchée. L'adjectif se rapporte également au sujet du verbe ou à son propre substantif. Quelques grammairiens ont voulu régler l'emploi de ces deux accords et fonder sur des nuances fines, mais arbitraires, le choix de l'un ou de l'autre ; mais l'usage a rejeté aveo raison ces distinctions, et conserve à celui qui parle ou qui écrit une entière liberté. 11 est toujours entendu que, pour que cette liberté existe , l'adjectif doit pouvoir se rapporter aux deux substantifs. S'il rtait impossible qu'il se rapportât à l'un des deux, il faudrait nécessairement l'accorder avec l'autre. Ainsi on dira : Cette femme a l'air enceinte, et non pas l'air enceint, puisque enceint n'a pas de masculin dans ce sens. Ils ont l'air fâchés de ce qu'ils viennent d'apprendre , parce que le complément de ce qu'ils viennent d'apprendre ne peut être une cause de fâcherie que pour les personnes et non pour l'air, jullien, p. 234. On peut ajouter que, quand le sujet est un nom de chose, il vaut mieux accorder l'adjectif avec ce nom qu'avec air. Cette poire a l'airmûre ; cette maison a l'air gaie. En effet , on ne peut que difficilement concevoir que l'air de la poire , delà maison, soit mûr ou gai. Cette proposition n'a pas l'air sérieuse, volt. Remarque sur les Horaces. Cependant quelques écrivains ont, même en ces cas, accordé l'adjectif avec air. La tuile a l'air plus propre et plus gai que le chaume, j. j. rouss. Emile. En voilà une [statue] qui a l'air bien grossier, fén. Fable, xxv, 3. || 2. Grand air, air grand. Ce sont deux choses bien différentes. On dit d'un homme qui vit en grand seigneur : il a le grand air.On dit d'un homme dont la physionomie est noble et la mine haute , qu'il a l'air grand , bouhours , Remarques sur le langage. || 3. De même, ne confondez pas mauvais air avec airmauvais, bon air avec air bon, etc. Il a mauvais air, il a des manières de mauvaise compagnie; il a l'air mauvais, il paraît méchant. Il a bon air, il a des manières de bonne compagnie; il a l'air bon, fi paraîtd'un bon caractère. ||4. De Caillières(i690) remarque qu'à la cour on dit . Il se donne d'un air d'homme à bonne fortune; ces sentiments-là vous donnent d'un air de vieillard; et Bouhours, Nouv. rem. dit : «Prendre l'air, c'est ainsi qu'on parle; prendre de l'air, comme disent quelques-uns, c'est mal dit. » Ces locutions sont mauvaises, et le de ne peut être accepté. Mais que faut-il penser de ces phrases-ci : Cela a bien de l'air d'une chimère, le président hénault; et : Vous ne devez pas trouver étrange que, vous aimant comme je le fais, je sois si facile à m'alarmer sur toutes les choses qui ont de l'air d'une faute, racine, Lettre 19 à son fils. Féraud fait observer, à l'occasion de ces deux phrases, que ce de est inutile et contre l'usage ; en effet, ce n'est que quand on parle de la ressemblance qui existe entre les traits du visage de deux personnes, que le de s'emploie avant le mot air : Ils ont bien de l'air l'un de l'autre ; ils ont beaucoup d'air l'un de l'autre. Mais ici on doit dire que ce de est partitif, et atténue la force de l'expression dans la phrase de Racine, ainsi : sur toutes les choses qui ont de l'apparence d'une faute. Quant à l'exemple du président Hénault, le de est sans doute amené par l'adverbe de quantité 6t'en qui le précède.

— SYN. air, mine. Les auteurs de synonymes adjoignent d'ordinaire physionomie; mais physionomie ne s'appliquant qu'au visage , ne peut pas être synonyme de mine et d'air qui s'appliquent à toute la personne. Mine et air sont très-voisins. Ce qui parait le plus les distinguer, c'est que mine se rapporte plutôt à l'apparence de la personne , et air plutôt aux manières et au maintien. Un homme de bonne mine , c'est un homme dont la personne est d'un bon aspect ; un homme de bon air est un homme dont les manières sont bonnes. Un malade a meilleure mine, quand des signes du retour de la santé se manifestent. Un jeune homme a meilleur air, quand U s'est habitué à la politesse du monde.

— HIST. xi" s. Ahil cuivert, mauvais hom de pute aire, Ch. de Roi. 69. ||xir*s. Mais se vos œil ne mi sont de maie aire, Couci, s. ||xui' s. Kar estes fel et de put aire, marie de France, t. h, p. 377. Nés fu de Mazovie et nourri de vostre aire, du cangb, area.

AIR

Il xvi' s. C'est une ladrerie spirituelle qui a quelque air de santé, mont, i, 62.

— étym. Provenç. aire; catal. ayre; ane. ital. aire (cuore di bon aire). Les dictionnaires confondent air, rtuide gazeux, et air, manière, façon. 11 est bien difficile de voir comment l'air atmosphérique aurait fini par signifier l'apparence, la manière. Diez a senti la difficulté, et il tire air dans le second sens de l'allemand art, manière, façon. Mais on ne voit pas comment le t aurait disparu. Dans un travail subséquent, il est disposé à réunir air de l'atmosphère et air manière, par le sens de souffle, spiritus, qui, donnant esprit, conduirait à manière, caractère. Le vieux français, à ma connaissance, n'emploie pas aire dans le sens d'air atmosphérique; et il a air auquel il ne donne pas le sens de manière. Le provençal, qui a aer, ailatmosphérique , ne s'en sert pas pour signifier manière, non plus que l'ancien catalan de son aer, et l'italien de son aer ou aère. Le provençal et l'espagnol emploient aire, ayre, dans le double sens de manière et d'air atmosphérique : c'est donc sur aire seul que porte le double sens ; c'estai're seul qui a permis une confusion ; car en effet aire (voy. aire) existe, dans l'ancien français du moins, avec le sens de place et nid. Voici dès lors comment je conçois la filiation des sens: place et nid;demeure, famille; qualité, manière. Puis air et aire se seraient confondus dans les langues romanes. Air de vent et aire de vent est un exemple d'une confusion analogue. C'est, je crois, la fauconnerie qui, en signalant le faucon de bon aire, a permis le passage d'idée entre aire, nid, et extraction, famille, qualité.

t AIRAGE (è-ra-j'),*. m. Technologie. On nomme ainsi l'angle que forment les ailes d'un moulina vent, ou mieux la voile de chaque aile , avec le plan de leur circulation, lequel est perpendiculaire à la direction du vent; et, chaque aile étant une surface gauche, l'airage varie généralement de 9 à 26 degrés, aux différents r oints d'attache de la voile, legoarant.

— étym. Air.

AIRAIN (è-rin),*. m. || l'Alliage de cuivre et d'étam , plus sonore et plus fusible que le cuivre. Statue , vase d'airain. Le fer et l'airain , n'étant plus polis par lesCyclopes, commençaient à se rouiller, fên. Tel. n. Aussitôt on assembla des ouvriers pour travailler sur le fer, sur l'acier, sur l'airain, id. ib. xu. Tandis que l'ennemi, par ma fuite trompé, Tenait après son char un vain peuple occupé, Et, gravant en airain ses frêles avantages, De mes Etats conquis enchaînait les images.... rac. Mithr. m, (. La campagne autour est couverte d'hommes qui taillent et qui coupent, qui roulent et qui charient le bois du Liban, l'airain et le porphyre, la bruy. 6. || 2° Un ciel d'airain, sécheresse excessive. Les cieux par lui fermés et devenus d'airain, rac. Alhal. i, t. Le ciel est d'airain sur sa tête.Boss. Pass. 1,3. L'Egypte, ce climat si fertile sous un ciel d'airain . ;. J. rouss. Sciences. || 3° Un front d'airain, un front sans pudeur qui ne rougit jamais. Ce sont des monstres [ces femmes] qui ont un front d'airain, sév. 452. Pour le nier il faut avoir un front d'airain, boss. Avert. 4. S'étant fait un front d'airain, il fit semblant de ne pas le reconnaître, hamilt. Gramm. (t.|| Un front d'airain signifie aussi une attitude inébranlable. X ces adversités oppose un front d'airain ; Reçois d'un visage serein La nouvelle de ta défaite , chaul. La vie champ. || 4* Avoir un cœur d'airain, être impitoyable. || 5° En termes de mythologie, le siècle d'airain, le siècle intermédiaire entre le siècle d'argent et le siècle de fer. || Un siècle d'airain, un temps de calamité. || 6° Un mur d'airain , une barrière infranchissable. || 7° Fig. et poétiquement , canon. J'entends l'airain tonnant de ce peuple barbare , volt. AU. n, 6. || 8° Cloche. Les pontifes saints autour de mon cercueil, Appelés aux accents de l'airain lent et sombre, A. chén. 90. Ou l'airain gémis- §ant, dont les sons éperdus Annoncent aux mortels qu'un malheureux n'est plus, lamart. Médit. I, 6. Écoutez.... l'airain sonne, il m'appelle, il vous crie Que l'instant est venu de sauver la patrie, delav. Vêpr. Sicil. iv, 4. H9" Dans le langage de l'Écriture, l'airain sonnant, un vain brait. Les vérités les plus terribles ne sont pour eux qu'un airain sonnant et une cymbale retentissante, mass. Parole. Nous ne sommes plus pour vous qu'un airain sonnant, id. Car. Inconst. || 10° En termes d'antiquité, airain de Corinthe. C'était un composé d'or ou d'argent et de cuivre, dont on coulait des statuettes et des vases fort recherchés. || Proverbe. Les injures s'écrivent sur l'airain et les bienfaits sur le sable; on

AIR

se souvient des unes, et on oublia facilement les autres.

— HIST. xii* s. Sonent buisines d'arain et de métal, Ronc. p. 78. Eareim multde grant manière prist de dous citez Adadezer, Bethe e Beroth, Rois. (47. || xm*s. Ne keuvres [cuivre] , nearains, neestains, ne fiers, tailliar, Recueil, p. 25. Arains, coivres et tout autre manière de métal hors mis or et argent, monneé et à monoier, chascun fès à home, soit petis soit grans, doit obole de rivage, Lit), des Met. 304. Par devers destre [il y] a un oisel; D'arain est trestous trejetés; Onques mais ne fu veûs tes [tel], FI. et Bt. (986. || xiv s. Li marissaus [ le maréchal] a bien tout che fait acordé ; Il a un cor d'arain grailloët et sonné, Baud. de Scb. x, 748. || xvi" s. Œil d'airein, quand l'œil est rous, fier et estincelant comme un lion : ainsi les ont les ladres, paré, xv, 5.

— ÉTYM. Provenç. aram, eram; portug. arame; espagn. arambre, alambre ; ital. rame, cuivre; de xramen, airain, de ,vs, airain, cuivre. Comp. l'allem. eisen, fer; angl. iron; goth.et'iorn; celt. iarunn; sanscr. ayas, fer.

AIRE (ê-r') , s.f.\\l° Surface unie et dure où l'on bat les blés. L'aire d'une grange. || 2° Toute surface plane. L'aire d'un plancher. L'aire d'un bassin, le fond d'un bassin. Aire d'un pont, partie sur laquelle on marche. Aire d'une maison, espace compris entre les murs. Il eût fallu commencer par nettoyer l'aire et écarter tous les vieux matériaux, j. J. rouss. Orij. 2. || 3° En termes de géométrie , surface terminée par des lignes, eu égard surtout à l'évaluation de sa superficie. L'aire d'un carré, l'aire d'un triangle. Appliquant l'attention de mon esprit à l'aire qu'ils renferment, desc. Jfc'dt't. 6. ||4"En astronomie, l'espace parcouru dans un temps donné par le rayon vecteur d'un astre. Toute planète décrit des aires égales en temps égaux, volt. Neut. m, 2. Quels sont, dans les révolutions des planètes, les rapports des aires parcourues en temps égaux? j. j. rouss. Sciences. 2. j| 5° Terme de marine. Aire de vent, direction du vent. On distingue trente-deux aires de vent principales. Quelle aire de vent devionsnous tenir ?chateaub. ltin. il, 9t. Plusieurs marins font ce mot du masjulin et l'écrivent air; c'est une faute (voy. air). || 6° Nid, c'est-à-dire surface plane de rocher où l'aigle fait son nid, et, par extension, nid des grands oiseaux de proie. C'est un aiglon qui retombe dans son aire, j. j. rouss. Ém. n. || 7" Le plus petit des bassins carrés d'un marais salant. || 8° Dessus d'une grosse enclume. || 9° Terme d'eaux et forêts. Couper les bois à tire et à aire, les couper entre les lisières marquées, en ne laissant que les arbres de réserve et sans choisir çà et là. || 10° Ontrouve aussi, en termes de marine, aire pour vitesse, sillage d'un vaisseau; ce navire a de l'aire (voy. erre).

— HIST. xu* s. Les aires des salines [areas salinarum], Machab. I, ch. 2. Il est venus à l'aire [place] où celé est qui ses bons Est prested'asseuir

[suivre sa volonté] aubef. le bast. Romancero,

p. 34. Salomons de Bretaigne fu en pié en mi l'aire [le lieu de l'assemblée], Sax. xxxi. Quant il vindrent al aire Nachor, Oza estendid sa main vers l'arche, flots, (40. Fist l'emperere el paleiz faire Banc à siège envirun l'aire, wace , flou, 8275. || xiii' s. S'il s'enfuioit, le edefises de se [sa] maison seroit abattus ; et li meuble et li aire seront l'eveske, tailliar, Recueil, p. B<4 . A. terre l'estut sommeillier; S'ele dormi, ce ne fu gaires; N'ot pas toz jors geu en aires, ruteb. ii, ((9. Quant li ostoirs [autour] se fu assis, Ses oiseaux [ses petits] laidist et blasma, Par maltalent leur reprova , Que vingt ans ot aire tenue. Unques si grant desconvenue Si oisel ne li firent mes, marie, fable 80. Se tu veus trouver l'aire du triangle equilatere.... Comput, f* te. Et certaine chose est, se la meson ardet, l'en ne doit pas loage ne de l'aire ne des pareiz, Liv. de Just. 134. || xiv* 8. Chacun sextier dou meilleur, qui es aires dou dit Pont sera vendu, du cange, aéra. Nidos seu ayres avium de rapina, du cange, area. Desoresnavantà tous jours li ditreligieusse souffreront de clore et de bailier àprez, à airesouàautre waingnage [pâturage] plus que clos et baillié en ont , id. ib. Au trait d'un arc de leur dit aire [des épervicrs], Hénagier, ni, 2. || xv' s. Une aire de bois contenant environ demi arpent , id. ib. Aire de marais salant , id. ib. Aires où se font les lins, id. ib. Icelui Bustor dit qu'il estoit bon maronier [marinier] et qu'il savoit bien en quel are de vent la lune et le soleil estoient, m. ib. || xvi* s. Le vaultour est chose bien rare, et mal aisée à veoir, et ne treuve l'on facile-

AIS

ment leurs aires, amyot, flom. <4. Afin que la dite eau soit bien préparée et eschauffée auparavant qu'elle soit mise dedans les aires salans, palissy, 253. Helas! pren donc mon cœur avecque ceste paire De ramiers que je t'offre, ils sont venus de l'aire De ce gentil ramier dont je t'avois parlé, rons, 161. En cependant que les rides ne font Cresper encor Taire de notre front.... id. (17. Ores en un aire environné Du bien de Cerès engrainé, garnier , Purcie , ii .

— ÉTYM. Area. Aire est tantôt féminin et tantôt masculin, comme aire dans le sens de façon, manière (voy. air, 2). Dansle bas-latin, on trouve aéra, nid, acra , place à battre le blé, aerea, aria, acria. emplacement non cultivé, étable à porcs.

AIRÉE (orée), s.f. Quantité de gerbes qu'on met en una lois sur l'aire d'une grange.

— HIST. xiv* s. Le quel Pierre avoit perdu deux solz en une arée ou place où l'on bat le blé, do cange, area.

— ÉTYM. Aire.

AIRELLE (ê-rô-P), s. f. Terme de botanique.

Sous-arbrisseau (vaccinium) portant des baies dites aussi airelles, grosses comme la merise, noires violacées, aigrelettes.

— ÉTYM. Portug. airella.

AIRER (è-ré), v. n. Faire son nid, en parlant des

oiseaux de pro.e. L'aigle avait aire sur un rocher escarpé. || Il se conjugue avec l'auxiliaire oiotr.

— ÉTYM. Aire.

t AIRCRE (è-ru-r1), s. f. Terme de minéralogie.

Extrémité d'une veine de charbon de terre, qui finit en s'amincissant.

— ÉTYM. Aire.

AIS (ê), s. m. || i* Planche de bois. Il se trouve

derrière un long ais de menuiserie que porte un ouvrier, la bruy. t< . L'un me heurte d'un ais dont je suis tout froissé, boil. Sot vi. Sur l'ais qui le soutient auprès d'un Avicenne Deux des plus forts mortels Tébranleraient à peine, id. Lutrin, v. Aces mots, il saisit un vieil infortiat, Inutile ramas de gothique écriture, Dont quatre ais mal unis formaient la couverture, id. t'o. Ses ais [du lutrin] demi-pourris, que l'âge a relâchés, Sont à coups de maillet unis et rapprochés, id. i6.hi. La table où l'on servit le champêtre repas Fut d'ais non façonnés à l'aide du compas, la font. Philém. Six douves de poinçon servaient d'ais et de barre, Régnier, Satire il. On mange sur un ais dans le carrosse, sév. 425. Ce fut bien pis quand l'homme de Mayence [Gutenberg] eut imaginé de serrer entre deux ais la feuille qu'un autre fit de chiffons réduits en pâte, p. l. cour. I, 2(0. || 2° Au jeu de paume, un coup d'ais, le coupque la balledonne de volée dans unais qui est du côté du service . || 3" Sorte de planchette à l'usage des relieurs. || 4* Établi sur lequel le boucher débite la viande. || 5" Outil du fondeur en sable.

— HIST. xiii* s. Me fet crever le cuer ou ventre Li ors vens del pertuis punais ; Miex vosisse estresorun ais D'une privée [latrines] où me geùsse,flen. (7176. Lorsveïst on celés et ceus Qui en la chambre erent

adès, Hurtez as parois et as es Lor chies [têtes]

Vescoufle. Nousentendons decertein que tousles es de vostre nef sont tous eslochez, joinv. 283. || xv* s. Et là le [le pont] trouverent-ils fort pourvu de Flamands qui le defaisoient ce qu'ils pouvoient; et quand ils en avoient osté un ais , ils le couvroient de Sens, froiss. n, n, (76. Le dessus du pont estoit couvert d'aiz seullement pour la pluye, comm. iy, 9. Il se força tant, qu'il arracha l'ais percé du retrait et le repporta à son col, louis xi, Nouv. lxxii. Deux charges de aes ou assennes, du cange, acs. Jehan, qui avoit sur son espaulle ung aes, id. ib. || xvi* s. 11 rompit un ais qui estoit entre la chambre de sa maistresse et celle où il couchoit, marg. Nouv. i. Je ne sçay s'il le demande [relié] en aix de bois, ou en aix de papier [carton], desper. Cymbal. 74. Ung infini nombre d'aisses semées de poinctes.... pour la deffence d'une bresche, carl.

— ÉTYM. Berry , ais, prononcé aisse ; espagn. exe ,• portug. eixe; ital. asse; de assis, planche.

AISANCE (è-zan-s'), s. f. || 1* Absence de peine, facilité. Porter avec aisance un fardeau. || 2° Liberté de corps ou d'esprit. Il fait toute chose avec aisance. L'aisance de ses manières. La liberté et l'aisance doivent régner dans les conversations. || 3° État de fortune qui permet de se procurer les commodités de la vie. Il est dans l'aisance ; il jouit d'une honnête aisance. Ces gâteaux étaient les seuls présents que Virginie pût faire de l'aisance de l'habitation, bern. de st. p. Paul et Virg. || 4° Au plur. Lieux , cabinet, fosse d'aisances; latrines.

AIS

Il E" Terme de jurisprudence. Servitude, commodité, service qu'un voisin retire d'un autre en vertu de convention ou de prescription.

— REM. « Plusieurs personnes entendent par là, un air aisé et dégagé. Il y a pourtant des gens délicats qui ne peuvent souffrir ce mot, à cause de la signification qu'il a au pluriel , » bouiiours , Nouv. Rem. Heureusement cette puérilité n'a pas prévalu ; et aisance est resté dans le bon usage.

— HIST. xvi« s. Ils s'abstenoyent tant qu'il estoit possible de tout ce qui appartenoit à l'aisance et soulagement du corps, calvin, Instit. 4043. Cette aysance que les bons esprits ont de rendre ce qu ils veulent vraysemblable , mont, n, 329. L'aysance qu'il a trouvé à desgosiller un passant, u>. i, 402. Si aucun a jardin ou terre labourable, estable, cheminée ou aisances contre un mur metoien, il y doit faire contre mur, loysel, 294. Il avoit à faire bien long chemin sans trouver aisance d'eau quelconque, amyot, Pomp. 53. Et estoit une belle assiette pour loger un camp à seureté, ayant commodité et aisance de toutes choses, id. Marius, 38.

ÉTYM. Aise. On trouve dans les contrats de

vente de la fin du XV* s. : Maison, court, puits, lieux, aisances et appartenances, ainsi qu'elle se comporte. De là, selon M. Léon de Laborde, lieux d'aisance (par abus).

f A1SCEAC (fc-sê) , ». m. Terme de tonnellerie. Instrument recourbé qui sert à polir le bois.

AISE (ê-zO , s. f. || 1° Sentiment de bien-être et de contentement. Ils avaient toute l'aise que la situation comportait. L'aise est vive et peut se manifester par des mouvements du corps. Tressaillir d'aise. Saint Jean l'entend etil saute d'aise , boss. n , Visit. 4 .Ce pêcheur d'aise tout transporté , corn. D. Sanc.v , 8. Vous le pardonnerez à l'aise de vous voir, id. le tient, i, 5. L'aise de voir la terre à son pouvoir soumise , m. Pomp. m, 4. Ne dois-je point encore en témoigner de l'aise ? n>. Médée, i, 5. En l'aise de la victoire Rien n'est si doux que la gloire, malh.ii, 2. Aime.... maintenant l'aise de nos yeux, id.u, 8. Sans jamais en son aise un mal-aise éprouver, ld. i, 4. Prince, l'aise et l'amour des âmes et des yeux, eacan, Sonnet. || 2" Etat commode et agréable, liberté. Il est à son aise partout, comme s'il était chez lui. J'étais là bien à mon aise pour mentir, chateaub. llin. 209. Je me trouve fort à mon aise toute seule, sév. 222. 11 est bien à son aise quand il est avec elle, m. 680. Que j'en ai de vous voir belle et bien à votre aise, hégnier, Sot. xiii. Voilà les ecclésiastiques bien à leur aise, pasc. Prov. «. || X votre aise, elliptiquement, à votre commodité, quand vous voudrez. || Être mal à son aise, être indisposé. J'étais mal à mon aise, sév. 359. Quand l'enfant pleure, il est mal à son aise, 1. j. rouss. Ém. 1. H Etre mal à son aise , être embarrassé, Devant lui il était mal à son aise. Il 3° Mettre quelqu'un à son aise, l'encourager, dissiper sa timidité. Le prêtre l'écoutait, le mettait à son aise, j. j. rouss. Ém.iv. || Se mettre à son aise, pousser la familiarité jusqu'à l'oubli des convenances. Il se met à son aise partout, et nulle considération ne le gêne. || 4" Familièrement. N'en prendre qu'à son aise , travailler en son temps , ne faire que ce qui platt.||6'En parler à son aise , discourir de sang-froid des choses au succès desquelles on n'est pas intéressé. Vous en parlez bien à votre aise , pasc. Prov. 2. Vous en parlez bien à l'aise, mol. Fem. sav. n, ». X votre aise vous en parlez, m. Prol. Amph. Ce missionnaire fait son métier, il en parle bien à son aise.FLÉCH. Serm. 11, 208. Elle luiditqu'il en parlait fort à son aise, hamilt. Gramm. 40. 116° Être, vivre à son aise , être dans une situation de fortune modeste, mais heureuse. Des louanges toutes pures ne mettent pas un homme à son aise , mol. le Bourg. G. 1,4. On ne vaut et l'on n'est heureux qu'autant qu'on se voit à son aise et bien pourvu, bourd. Exhort. t.i, p. 465. L'argent est rare, c'est pour cela que les paysans sont à leur aise , j. j. rouss. Uél. 1, 23. Celui qui travaille est aussi à son aise que celui qui a cent écus de revenu sans travailler, montesq. Esp. xxni, 29. Voilà un homme bien riche, bien à son aise, sév. 608. Ceux qui sont mal à leur aise, pasc. Prov. 8. || Il n'est malade que de trop d'aise, se dit d'un homme riche qui a de fréquentes incommodités. || 7" Paix et aise, doucement, commodément. Il n'a pas un grand bien, mais il vit chez lui paix et aise (vieux dans cette construction). Je ne demande que paix et aise. 118° S. f. plur. Les commodités de la vie. Dieu se contente de vous priver d'une partie de vos aises , flech. Serm. n, 203. Les petites règles qu'il s'est faites et qui tendent toutes aux aises de sa personne, la bruy. u, 45. Elle nous prive du com-

AIS

mode, c'est-à-dire des aises de la vie qui, quoique absolument permises, ne laissent pas de fomenter la rébellion de la chair, bourd. Carême, t. i, p. 86. || 9" X l'aise, loc. adv. Commodément, librement. Qu'on est assis à l'aise aux sermons de Cottin, boil. Sat. ix. Celui qui n'a de partage avec ses frères que pour vivre à l'aise bon patricien, veut être officier, la bruy. 6. || Mettre à l'aise , donner de l'espace. Les spectateurs étaient fort serrés; on les mit à l'aise avec des bancs qu'on apporta. || Fig. L'expédient pour rendre intelligible un auteur si concis et étroitement enveloppé dans son style , c'est de mettre ses pensées plus à l'aise dans une juste étendue de discours. || X son bel aise, loc. adv. X son aise. X son bel aise aura lieu de s'instruire, la font, ilazet. La Fontaine a fait ici aise du masculin; aise en effet a été longtemps d'un genre indécis; mais aujourd'hui il est fixé au féminin ; et il ne faudrait pas employer cette locution de La Fontaine.

— REM. Locution vicieuse : On ne peut pas avoir tous ses aises ; dites : on ne peut pas avoir toutes ses aises.

— SYN. aises, commodités. Les aises disent quelque chose de voluptueux et qui tient de la mollesse. Les commodités expriment quelque chose qui facilite les opérations ou la satisfaction des besoins, et qui tient de l'opulence. Les gens délicats et valétudinaires aiment leurs aises. Les personnes de goût, et qui s'occupent , recherchent leurs commodités,

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