AISÉ
AISÉMENT (è-zé-man), adv. || 1° Sans peme. Celui qui a l'habitude de mentir se parjure aisément. On n'aime point à passer pour une personne que l'on puisse aisément attaquer et qui ne sache pas se défendre, bourd. Exhort. 1. 1, p. 499. Ne me demandez pas d'où vient qu'ils résistent si rarement à la tentation, qu'ils y succombent si aisément, qu'ils se relèvent si difficilement, n>. Carême, 1. 1, p. 232. Obsédées de tant d'adorateurs qui les flattent.... et qui leur tendent des pièges, à quoi elles ne se laissent prendre que trop aisément, id. 16. p. 239. Mais qu'aisément l'amour croit tout ce qu'il souhaite ! rac. Baj. 1, 4. Votre cœur aisément se montre magnanime, id. Iphig. I, 3. S'il est prêt à partir, il peut en ce moment Enlever avec lui son otage aisément, corn. Nicom. v, 5. Je doute que le flot des vulgaires humains  ce discours pourtant donne aisément les mains, boil. Sat. a. Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, Etles mots pour le dire arrivent aisément, id. A. P. I. Si nous ne savions qu'il est le fils d'un mortel , on le prendrait aisément pour Bacchus , pour Mercure , ou même pour le grand Apollon, fén. Tél. vu Il 2° Commodément. Ce cheval va, galope aisément Le discours marche plus aisément.
— SYN. aisément, a l'aise. L'emploi en est bien distinct. Aisément répond à facilement, et à l'aise à commodément. Où l'on marche aisément, on marche sans difficulté; où l'on marche à l'aise, on marche sans embarras ni gêne.
— HIST. xrv' s. Plus aisiéement, Ménagier ,u,6. Il xv* s. Entrementes fut le pont refait, bon et fort pour passer son ost aisément et sans péril, froiss. 1, 1, 273. y xvi* s. Aiséement , amyot , Philop. 44.
— ÉTYM. Aisée et ment. L'adverbe régulier est, comme dans Amyot, aiséement, d'où par contraction aisément. Aisément de Froissard est l'adverbe do aise.
t AISSADE (è-sa-d') , *. f. Terme d'agriculture. Sorte de pioche en fer pointue.
fAISSANTE (è-san-f), s. f. Technologie. Bout de planche mince qui sert à faire une couverture de toit.
t AISSAUGUE, ASSAUGUE ou ESSAUGUE (è-sôgh', a-sô-gh'), s. m. Terme de pêche. Filet formé de deux ailes ou bras, avec une manche placéeau milieu.
t AISSEAU (6-sô) , s. m. Petit ais ou planche trèsmince, qui sert à couvrir comme la tuile.
AISSELLE (è-sè-P), *. f. H i" Cavité qui se trouve au-dessous de la jonction du bras avec l'épaule. Au printemps, on les [les vers à soie] arrose de vin et d'eau tiède : ils sont couvés sous les aisselles des femmes, fén. xix, 470. Il 2° Terme de jardinage. Intérieur de l'angle formé par une feuille avec un rameau, par un rameau avec une branche, par une branche avec une tige. || 3* Terme de marine. Aisselles d'une ancre , angles formés par la verge et les bras de l'ancre. || 4° En architecture, partie de la voûte d'un four, depuis la naissance de cette voûte jusqu'à la moitié de sa hauteur.
— HIST. xin* s. Le roy sailli en la mer, dont il fu en yaue jusques aus esseles, joinv. 246. Et il mist le glaive dessous s'essele et l'escu devant li, et eust couru sus aus Sarrazins, se ses preudeshomes li eussent souffert, id. t'6. ||xv" s. Messire Tresilienfut délivré au bourrel.... et puis pendu au gibet du roi parles aisselles. Ainsi fina messire Robert Tresilien, froiss. n, ni, 76. Boutant son sac soubz son esselle, Il vint racompter la nouvelle X ses compaignons, et comment II falloit faire sagement, villon, 2" Repue fr. Il xvi* s. Avoir l'eseille surette et les pieds fu-
mants, d'aub. Fcen. iv, 7. La puanteur des aiscelles vient.... paré, xvi, 39.
— ÉTYM. Provenç. aissela; catal. axella; ital. ascela; du latin axilla. Allem. Achsel; suéd. axelf anc. haut ail. ahsala ;gnHl.achlais,asgall,aslaich, bras , aisselle , sein.
AISSIEU (è-sieu), s. m. Voy. essieu.
t AISSON (è-son) , s. m. Terme de marine. Petite ancre à quatre bras.
AITIOLOGIE (é-ti-o-lo-jie),». f. Voy. étiologie.
t AJOINTER(a-join-té),«. a. Technologie. Joindre des tuyaux bout & bout; joindre deux planches ensemble.
AJONC (a-jon), s. m. Arbuste fort épineux, à fleurs légumineuses, dit aussi genêt épineux.
— HIST. xm* s. Autres terres qui sont appelées adjoubs, du cange, adjotum. Pour la moitié d'un adjoub, séant vers le bois de Arcies, m. t'6. || xiv s. Pour ce que le dit Pierre Sarre, sans congié ou consentement du dit chevalier, en icelle terre ou fief, avoit cueilli et emblé certains biens et choses du dit chevalier appelez ajoous selon le langage du pays [diocèse de Luçon].... ajous sont défendus de cueillir et prendre sa'nz licence de celui à qui il appartient; et yceulx ajous avoit mis sur une jument et sur une mule.... id. 16. En laquelle terre avoit ajoous, is. 16. H xvT s. Ajous, furze, sorte de genêt, cotgr. Dict. gall. angl.
— ÉTYM. Berry, aujon, ajon, ajonsi; bas-lat. adjotum, ajoudum. Les formes de l'ancien français et du bas-latin ne permettent pas de rattacher ce mot h jonc. Un adjoub, adjotum, est une terre plantée d'ajoncs. Faudrait-il y voir la préposition à et une forme altérée de genista? Il y a, dans l'ancien français, jaam, avec une signification très-analogue : De hous et de jaam sauvage, Vie du bienheureux Thomas.
fAJOUPA(a-jou-pa),*. m. Espèce de hutte portée sur des pieux et qu'on recouvre promptement de feuilles et de ramée. Je te ferai avec les feuilles [d'un palmiste] un ajoupa pour te mettre à l'abri, bern. de st. p. Paul et Yirg. p. 72. La pureté de l'air et la douceur du climat nous permettaient de dormir sous un ajoupa au milieu des bois, id. »6. p. 4 07.
t AJOURÉ, ÉE (a-jou-ré, rée) , adj. Terme de blason. H se dit de pièces percées à jour.
— ÉTYM. k et jour.
AJOURNÉ, ÉE (a-jour-né, née), par», pats. Il 1" Ajourné à comparaître. || 2" Différé. Nos projets sont ajournés.
AJOURNEMENT (a-jour-ne-man),ï. m. \\ i* Terme de pratique. Assignation, sommation de comparaître en justice à un jour désigné. Exploit d'ajournement. Etre décrété d'ajournement. Dès le lendemain de la représentation il reçut un ajournement personnel, balz. Le prince, ch. xxv. || 2° Remise d'une affaire. Il y a ajournement à quinzaine. Il 3° En général, retard. Ajournement d'une décision.
— HIST. xm* s. Sire, sauve vostre grâce, je n'enten que je tel ajornement deie acuillir, corne voz me faites, Ass. deJ. 84. || xiv* s. Illec se reposa jusqu'à l'adjornement [retour du jour], Guescl. 4 358, |l xv« s. Aucuns preux chevaliers et bacheliers d'Ecosse chevauchèrent à la fois, et par vesprées, et par adjournemens, reveiller l'ost aux Anglois, froiss. 1, 1, 68. Droit à un ajournement et un petit devant soleil levant arrivèrent à Mortaigne, id. I, I, 79. Il xv« s. Tous ajournemens doivent estre faits à personne ou domicile, loypel, 694.
— étym. Provenç. ajornament Voy. ajourner.
AJOURNER (a-jour-né), v. a. || 1" Assigner quelqu'un en justice à un jour marqué. || 2° Renvoyer une affaire à un autre jour. Ajourner une affaire, une délibération. || 3" Remettre à un temps indéterminé. Ajourner un projet, un travail, une dépense. Ajourner la guerre. Trop de sécurité fit ajourner les précautions.
— HIST. xi* s. Com pesmes [très-mauvais] jura nous est hoi ajurnez [s'est levé pour nous] ! Ch. de Roi. clxviii. Il xii* s. Quant li rois vit le matin ajorner, Ronc. p. 4 67. Tute la nuit erreient entresqu'à l'ajurner ; E le jur se muçowent d'ici qu'à l'avesprer,Od muines,od noneins, en bois, pur els celer, Th. le Mart. 49. || xm* s. Lors commença à ajorner, et li os [ost] commença à armer tout communalment, villeh. lxxxv. Devant l'aube aparant, ains qu'il fust ajourné.... Berte , xv. Me sire li rois vous semont et ajourne à Paris, sa cité, d'ui en quarante jours, Chr. de Rains, p. (32. Et estoit ainsi establi que , se nus des ouvriers des mestiers dessuz diz fussent adjourné devant le dit
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mostre touques, et il dofailloit de venir.... Liv. des llét. 406. Au matin, quant V ajorna, Sire Lietart s'apareilla, Ren. 47527. Diex! quant sera il ajorné? Trop ai en ce lit sejorné, la Rose, 2503. Bien furent irente mil sor les chevaux monté, Et ont tant chevalchié et tant esperonné Qu'ils vienent à Artois encontre un ajorné, Ch. d'Ant. m, 637. Je voz ajorné à respondre à voz lettres, beaum. x, 4. Ne H ajorné n'aloient pas à lor jor, id. 64. Et le roi l'ajourna au parlement à Paris, et le roy Thibaut de Navarre le secont, qui là estoit pour oyr et pour droit fere aus parties, Jomv. 80. ||xv* s. Et l'avoient les douze pairs et les bar*ns de France donné l messire Philippe de Valois , d'accord et ainsi comme par jugement, sans appeler ne ajourner .partie adverse, froiss. I, i, 62. Ledit duc seroit adjourné à comparoir en parlement à Paris, comm. m, 4. |! xvi" s. Te faudrait voir tous ces vieux romans et j'oetes françois, où tu trouveras un ajourner, pour faire jour; que les praticiens se sont faict propre ; et mil autres bons mots , que nous avons perdus pai nostre négligence, dubell. i, 29, recto. D'une entresuivante fuyte II ajourne, et puis ennuyte [il fait nuit], id. m, 78, verso
— ÉTYM. Provenç. ajornar; ital. aggiornare ; de à et jour. Dans l'ancien français ajourner signifiait faire jour, et assignera un jour dit : double signification très-bien en rapport avec l'étymologie. Il est fâcheux que nous ayons perdu la première des deux ;car nous sommes réduits à une périphrase : il fait jour, le jour natt.
AJOUTAGE (a-j'ou-ta-j'), *. m. Terme d'arts mécaniques. Chose ajoutée à une autre.
— étym. Ajouter.
AJOUTÉ, ÉE (a-jou-té,tée),por(.yui4f/. || 1" Passage ajouté à un livre. La guerre ajoutée à la peste. La province ajoutée à l'empire, par la conquête. || 2° S. m. Addition faite à un manuscrit. 11 y a des ajoutés à toutes les pages.
AJOUTER (a-jou-té), v. a. || 1° Mettre en plus. Ajouter ce travail à tous les autres. Ajouter une aile à une maison. Un bon régime ajoute des années à la vie. Des arbres ajouteraient du prix à cette maison. César ajouta la gloire des lettres à celle des armi Lesalîuvions ont ajouté plus d'une lieue à ce rivage. Aux auteurs déjà nommés il faut ajouter Cicéron. Ce je ne sais quoi d'achevé que les malheurs ajoutent aux grandes vertus, boss. L. de Bourbon. Gardez-vous bien d'ajouter à la faute de votre promesse celle de l'accomplir contre les lois de la nature, pén. Télérn. v. Il n'y a point dans le cœur d'une jeune personne un si violent amour auquel l'intérêt ou l'ambition n'ajoute quelque chose, la bruy. 3. Mille petites pratiques qui ont passé en coutume et qu'une sainte ferveur ajoute à la règle, ne sont plus dans son estime que des minuties et des dévotions de novice, bourd. Pensées, t. n,p.389. Elle n'a point prétendu parla vousdresserun piège, ni vous exposer au péril d'ajouter péché sur péché, id. Carême, 1. 1, p. 4 14. X ce fils supposé dont il me faut défendre, Tu parles ''.'ajouter un véritable gendre, corn. Héracl. m, 3. Et vous ne deviez pas envelopper d'un crime Ce que votre victoire ajoute à votre estime , m. Nicom. H, 2. J'ajoute à ces tableaux la peinture effroyable De leur concorde impie, affreuse, inexorable, id. Cinna, I, 3. Mais j'espère qu'enfin le ciel, las de tes crimes, Ajoutera ta perte à tant d'autres victimes, rac. lirit. v, 6. Est-ce ainsi qu'au parjure on ajoute l'outrage? id. Iphig. iv, 6. Ajoutez cette grâce à tant d'autres bontés, id. Baj. v, 4. || 2° Ajouter foi à quelqu'un, le croire. Ajouter foi à quelque chose, y croire. Je ne veux pas que vous m'ajoutiez foi, la font. Cal. || 3° Pris absolument. Votre départ a ajouté à mon affliction. 11 fut obligé d'ajouter du sien. Cela ajoutait encore à l'horreur du crime. L'habitude a ajouté à l'affection. Les dernières nouvelles ont ajouté à l'inquiétude générale. Ajoutez quelquefois, et souvent effacez, boil. A. P. i. Vous avez ajouté à des désordres qui n'ont jamais été pardonnés, mass. Car. Rechute. Mon fils, que la clémence ajoute à votre gloire, volt. Ali. iv, 4 Au poids de nos fers il [l'amour] ajoute, Elle [l'amitié] nous aide aies porter, bérans. Amitié. || Ajouter au conte, ajouter à la lettre, amplifier, exagérer. Ne vous fiez pas sans réserve à ses discours; il ajoute à la lettre. || Ajoutez, ajoutons; de plus, en outre. Ajoutez à cela que.... Ajoutez que j'aime son père. Ajoutez que si je reste.... Ajoutons que les vieillards apprennent encore. || 4' Dire en sus, écrire en sus. Il ajouta que.... Je n'ajouterai plus rien. Quelque obstacle imprévu rompra de si doux nœuds, Ajoutaisje.... corn. Pulch. il, 4. Si vous me fâchiez, j'ajouterais peut être.... id. Nie. m, 2. |[ 5° S'ajouter, v.
réfl. Être ajouté. Toute chose ne s'ajoute pas a une autre. X la vieillesse s'ajoutait la cécité. Une seule année s'ajoutant à votre travail. Cet homme qui vient s'ajouter à mes ennemis. De nouvelles affaires s'étant ajoutées aux anciennes. Il ne se peut rien ajouter à ces excès contrela piété, pasc. Prov. 4 l.
— HIST. xi* s. Quatre cent mille [il] en ajustet en trois' jours, Ch.deRol. lxxi. [Que] Devant Marsile as autres si s'ajust, ib. lxxii. Franz et payens aslesvous [voilà] ajustez [auxprises], t'o.xc. Onquesmaishoms ne vit tel [bataille] ajustée, ib. cxi. || xn* s. Et je ferai nos Franzois ajoster [ranger en bataille], Ronc. p. 47. Gelers s'ajouste à la gent honorée,*, p. 63. A l'ajouster fut la noise esbaudie, ib. p. 68. En la grant presse à Rolant [il] s'ajosta, ib. p. 80. lluekes [ici] sunt andui [tous deux] lié [unis] et ajusté, Qu'il seront mais ami en estabilité, Th. le Mari. 99. As altres chambres out une chambre ajustée, Par unt la veie esteit al cloistre plus privée, ib. 4 40. E vindrent es herberges, et ajosterent soi od eaus [eux] , Machab. i, ch. 3. Mouchet, n1 9. Etavoecce nous adjostons que les dimes de vos bestes nuls ne vos osecedemander,TAiLLiAn,HecueiJ,p. 60) ||xurs. Cil qui sont adjostei à le [la] banlieue, t'6. p. 327. Tu ajousteras jours seur les jours de ton roi, Psautier,h. M. 268, f. 7<. Or entendes corne grans domages ce fu , quant il ne furent avec aus [eux] ajousté ; tous jors mais en fust crestienté haucie, villeh. c. Uns singes qui fu nez d'Espaingne S'est ajostez à la conpaingne, Ren. 9026. Li Diex d'Amors se fu bien pris X une dame de haut pris, Et delez lui iert ajoustés : Icele dame ot non Biautés, la Rose, 995. || xiv" s. Se un autre bien, ja soit ce qu'il soit très petit, est adjousté.... oresme, Eth. vru, 4 6. || xv s. Ledit duc n'y adjousta point de foy, comm. iv, 4 3. || xvi* s. Ceste oraison ne me prouffictera de rien, car je n'y adjousté point de foy, bab. Garg.l, 42. Adjoustant que ce n'estoit raison de molester ainsy ses voisins, id. i, 47. Il adjousté que les dicls ambassadeurs.... mont, i, 69. Les ambassadeurs lui adjousterent qu'il avoit cinquante mille hommes.... id. i, 229. 11 conseilla au peuple de n'adjouster foy quelconque à personnes qui estoient si manifestement convaincues de mensonge, AMYOT,iVtc. 48.
— étym. Provenç. ajostar, ajuslar; de à (voy. À) et juxta, près (voy. jouter). Quelques étymologistes l'ont fait venir de justus; mais le sens est bien plus favorable à juxta qu'à justus. Dans l'ancien français, il est impossible de distinguer ajouster d'ajuster.
AJOUTOIR (a-jou-toir), s. m. Voy. ajutage.
t A JOUX (a-jou) , s. m. Les deux lames de fer qui servent à retenir les filières du tireur d'or.
t AJUS (a-ju) ou AJUST (a-ju; cette dernière orthographe est préférable), s. m. Terme de marine. Action de faire un aboutage, c'est-à-dire de réunir par un nœud les bouts de deux cordages ou d'un cordage cassé.
— ÉTYM. Ajuster.
AJUSTAGE (a-ju-sta-j'), s. m. || 1° Terme de monnayeur. Action d'ajuster, de donner à une pièce le poids légal. || 2" En général , action d'ajusterensemble les différentes pièces d'un instrument, d'une machine. L'ajustage d'un fusil.
— ÉTYM. Ajuster.
AJUSTÉ , ÉE (a-ju-sté , stée) , part, passé. || l'Rendu juste. Une balance ajustée. || 2° Accommodé. Cette pièce est bien ajustée. Tout est bien ajusté ensemble. Faux cheveux ajustés sur la tête. || 3" Orné, paré. Cette femme est très-bien ajustée. || Ironiquement. Vous voilà bien ajusté! en parlant d'un homme dont les vêtements sont en désordre ou qu'une voiture a éclaboussé. Il Maltraité en parole ou en action. Parbleu! chevalier, tevoilàmal ajusté, mol. Crû. se. 7. C'est ainsi Que les fourbes.... sont ajustés ici, id. l'Étourd. iv , 4 . || 4° Visé. Un lièvre ajusté.
AJUSTEMENT (a-ju-sle-man), s. m. || 1° Action par laquelle on ajuste quelque chose. L'ajustement d'un poids. L'ajustement d'une machine. || 2° Accommodement, conciliation. Chercher des ajustements dans une affaire . Ils ne connaissent point ces relâchements, ces ajustements, comme on parle aujourd'hui en Italie, balz. 6* dise. s. la cour. || 3° Disposition, arrangement. L'ajustement d'une maison, d'un jardin. || 4° Parure. C'est un ajustement des mouches emprunté, la font. Fab. iv, 3. Pour moi je tiens que la braverie et l'ajustement est la chose qui réjouit le plus les filles, mol. l'Amour méd. i, 4. Je ne comprends pas comment un mari, qui est trop négligé dans son ajustement.... la bruy. 3. J'appelle superflu, femme mondaine, ce que vous dépensez , disons mieux, ce que vous prodiguez en mille ajustements frivoles qui entretiennent votre luxe , bourd. Carême, 1. 1, p. 473. ||5° Action de réduire les
flans de monnaies au poids qu'ils doivent avoir avant d'être frappés sous le balancier.
— syn. ajustement, parure, toilette. Ces mots donnent l'idée de la recherche et du soin qu'on met à s'orner dans son habillement. Toilette est plus général que ajustement et parure, n'ayant pas le sens spécial que l'un ou l'autre emporte. L'ajustement exige du temps, du talent et du goût; la parure veut des objets qui aient de l'éclat et qui soient propres à relever la figure. La toilette embrasse i la fois l'ajustement et la parure. Toilette en ce sens ne se dit guère que des femmes; ajustement peut se dire au^;i des hommes.
— ÉTYM. Ajuster; provenç. ajustamen.
AJUSTER (a-ju-sté), v. a. || 1° Rendre conforma
à, rendre juste. Il ajuste la balance Ajuster une pièce de monnaie. || 2° Accommoder une chose en sorte qu'elle s'adapte à une autre. Vous ajusterez ce manche à la bêche. Bien qu'au moins mal qu'il pût, il ajustât l'histoire, Le loup fut un sot de le croire, la font. Fab. xi,6. Pour ajuster les temps de l'histoire sainte avec ceux de la profane, boss. llist. i, 6 || 3° En termes de musique, rendre juste. Ajuster un tuyau d'orgue. Ajuster un diapason. || Familièrement. Ajustez vos flûtes, se dit à un homme qui n'est pas d'accord avec lui-même ; à plusieurs personnes qui ne peuvent s'entendre. || 4° Ajuster deux personnes, les concilier. Il n'est pas aisé de nous ajuster ensemble, balz. liv. 7, lettre 4 2. Ajuster un différend, le terminer à l'amiable. || 6° Mettre une chose en état. Ajuster une machine. Et c'est ce même Dieu de qui la main puissante De ma frêle machine ajusta les ressorts, chaul. Sur la mort. Mon hymen ajustait vos affaires, mol. Femmes sav.y, 6. || Ajuster toutes choses pour quelque dessein, prendre toutes les mesures nécessaires pour réussir. || 6" Embellir, disposer. Ii se divertit fort à faire ajuster cette maison , sév. 1 64. Elle s'amusa à faire ajuster l'appartement de M. de Montpensier, id. 42. || 7° Disposer avec soin, avec goût leschoses delà toilette. On ne peut veniràboul de l'ajuster. Ajustons un peu nos cheveux au moins, et soutenons notre réputation, mol. Préc. rid. se. 7. Après s'être peignéet avoir ajusté ses canons, id. t'6. se. 40. || Fig. On l'a ajusté de toutes pièces, on l'a maltraité en paroles ou en actions. || 8° Viser. Ajuster son coup. Ajuster un lièvre. || Absolument. Il ajuste bien. || Fig. Ce sont les conseillers fidèles Dont il prend les avis pour ajuster ses coups , corn. Agésil.i, 3. || 9»Terme demanége. Dresser un cheval aux divers exercices. Ce terme ne paraît plus usité aujourd'hui dans les manèges. || Ajuster les rênes, rendre chaque rêne égale. || 10° Terme de marine. Réunir deux cordages entre eux parlenœud appelé ajust.
s'ajuster , v. réfl. \\ i° Etre unies, adaptées, en parlant de plusieurs choses. Ces deux pièces s'ajustent bien. Combien de ces sortes de mouvements doivent s'ajuster pour opérer cet effet, boss. Conn. de ZH'eu,v, 3. || 2° Etre d'accord. Ces deux hommes ne sauront jamais s'ajuster. Elle viendra tantôt elle-même en personne, Vous vous ajusterez ensemble en quatre mots, regnard, le Joueur, i, 4. || 3° S'accommoder. Tout le globe de l'œil s'allonge ou s'aplatit selon l'axe de la vision, pour s'ajuster aux distances, comme les lunettes à longue vue, boss. Conn. iv, 2. Elle leur fait [à ses fils] une destinée au gré de ses souhaits, sans consulter si les conseils éternels s'ajustent avec la témérité de ses espérances, mass. Car. Voc. Tout ce qui ne s'ajuste pasànosvuesetànoslumières dans l'arrangement des choses d'ici-bas, trouve auprès de nous sa condamnation et sa censure, id. Pur. 4 . Que votre langage à mon faible s'ajuste, mol. le Dép. u, 7. Cela s'ajuste assez mal au dessein.... id. Sicil. 7. Ne voyezvous pas bien que tout ceci n'est fait que pour nous ajuster aux visions de votre mari? id. B. gent. v, 7. Suivons, suivonsl'exemple, ajustons-nous au temps, ID. Psyché, 1,4. Tâchez de vous ajuster aux mœurs, sév. 29. Il 4" Se parer. Chacun s'ajuste au mieux qu'il peut.
— HIST. xiu* s. Et doit avoir cil cui la mesure est, pour la mesure, soit mine, soit minot, quatre deniers pour l'ajouster et pour le seigneir, Liv. des Met. 22. || xvi* s. Afin de pouvoir ajuster toutes les contrarietez qui s'y rencontreroient, d'aub. Vie, exil. Il lui demanda s'il n'y avoit pas moyen de l'en retirer en s'ajustant de bonne foi et en cherchant quelque tempérament pour concilier les controverses qui divisoient les esprits, id. cxiv. Synarthrose : quand lajointure des os est serrée et adjutée de près, paré, iv, 43.
— étym. A (voy. i) et juste; ital. aggiustare.