AUGE
t ALVÉOLÉ, ÉE (al-vé-o-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est pourvu d'alvéoles.
f ALV1ER (al-vié) ou ALVINIER (al-vi-nié), s. m. Petit étang destiné à élever de l'alevin pour peupler les grands étangs.
ALVIN, INE (al-vin, vi-n'), adj. Terme de médecine. Qui a rapport au bas-ventre. Évacuation alvine. Flux alvin.
— ÊTYM. Alvinus, de alvus, ventre, radieal d'alveus, auge (voy. auge).
f ALYSSE (a-li-s'), s.f. ou ALYSSON (a-li-sson), s. m. Plante d'agrément. Alysse jaune, corbeille d'or.
— ÊTYM. 'A privatif, et XOÇeiv, avoir le hoquet; parce que les anciens attribuaient à cette plante la vertu d'arrêter le hoquet.
ALZAN, ANE (al-zan,za-n'), adj. Voy. alezan. [ AMABILE(a-ma-bi-lé),od». Terme de musique. Marque une exécution douce et gracieuse.
— ÊTYM. Ital. amabile, aimable (voy. aimable). AMABILITÉ (a-ma-bi-H-té), s. f. Qualité de ce
qui est aimable. L'amabilité de ses manières. Je suis persuadée de toute l'amabilité de la belle Rochebonne, sêv. 3)8.
— HIST. xiv s. Puis que il n'ont en soy chose qui soit aimable ou digne d'estre amée, il ne pevent avoir amiableté à soy meisme, oresme, Eth. 268.
— ÊTYM. Amabilitas , de amabilis (voy. aimable). f AMADE (a-ma-d'), s. f. Terme de blason II se
dit de trois listes parallèles qui traversent l'écusans toucher aux bords.
AMADIS (a-ma-dis'), *. m. Manche de robe qui s'applique exactement sur le bras et se boutonne sur le poignet.
— ÊTYM. « On appelle ainsi, dit Ménage, depuis quelques années, la manche d'une veste d'homme serrée et boutonnée jusqu'au poignet. Et elle a été ainsi appelée parce que dans l'opéra d'Amadis les acteurs avaient de ces sortes de manches. » Amadis, nom du héros d'un roman célèbre du moyen âge et qui vient de amare, aimer (voy. aimer).
f AMADOTE (a-ma-do-f). Poire amadote. Terme formé par corruption du mot damoudot ou plutôt dame Oudet, laquelle dame était du village de Demigni, entre Boaune et Châlon, et eut la première de ces fruits en ce pays-là.
AMADOU (a-ma-dou) , s. m. Substance qui , recevant une étincelle, prend feu. L'amadou est la partie spongieuse de l'agaric du chêne, réduite en plaques minces par le martelage sur un billot en bois, bouillie ensuite dans une solution de nitrate de potasse, puis battue de nouveau et séchée.
— REM. Il y a beaucoup de tendance à faire amadou du féminin; c'est une faute grossière.
—ÊTYM. Voy. amadouer ; génev. madou.
AMADOUÉ, ÉE (a-ma-dou-é, ée), part, passé. Amadoué par de belles paroles. Qu'on est aisément amadoué par ces animaux-là I mol. le Bourg. G. m, to. Glorieux de me voir si hautement loué, Je devins aussi fier qu'un chat amadoué, Régnier, Sat. vin.
t AMADOUEMENT (a-ma-doû-man) , s. m. Action d'amadouer.
— hist. xvi* s. L'autre plus ordinaire est par flatterie et amadouement ; car il ne lui faut pas résister tout ouvertement, charron, Sagesse, liv. m, chap. 4.
— ÊTYM. Amadouer. Il est écrit amandouement dans cotgrave, Dict.
AMADOUER (a-ma-dou-é) , v. a. Flatter quelqu'un, le caresser de manière à le rendre favorable et facile. Voilà les discours qu'elle tenait à son mari; et l'ayant su amadouer, Francion, 11, p. 00. 11 l'amadoue, elle le flatte, la font. Fab.n, t8. Quant à Vulcain, elle le flatte, le supplie, l'implore, l'amadoue, bern. de s. p. Arcad. Mme de Soubise amadoua et intimida si bien Chàteauneuf, qu'elle lui fit écrire sur ses registres que ces messieurs [de Soubise et comte d'Auvergne] n'avaient pas pris l'ordre pour n'avoir pas voulu céder à des cadets de la maison de Lorraine, st-sim. 68, 222. Demeure, toi, je veux te parler sans témoins (Il faut l'amadouer, j'ai besoin de sessoins), regnard, F olies am. 1, 8.
AMA
— hist. xvi«s. Puisque desja nousne sommes que trop enclins à hypocrisie, il n'estoit jamestier d'attiser le feu, ou bien nous faire crouppir en nosorduresen amadouant nostre paresse, calv. Inst. 31 7. Il na nous faut imaginer une fiance, laquelle amadoue l'aine et lui donne un repos souef pour l'endormir, id. ib. 683. Ores le guerroiant comme il pouvoit, ores l'amadouant par trefve, brant. Ferdinand l.
— ÊTYM. Picard, amidoûler, ramiouler ; wallon , madoûler, amadoûler, amidoûler, et aussi adawi, adoûler, amadoûler, amidoûler, amilourder; et encore, agnoûler. andmVrr; rouchi, amadoûler .amitouler; madoule, enjôleuse. Ménage tire ce mot de OtnatUê, aimé, sans aucun fondement. Diez fait venir non pas amadouer d'amadou, mais amadou d'amailouer : l'ancien Scandinave mata, danois mode, veut dire donner de la nourriture, par exemple aux petits oiseaux; gothique, maljan, manger; amadouer en aurait été formé avec l'introduction de la voyelle de dérivation ou (comp. évanouir) : a-mad-ouer, attirer avec des aliments; ital. ad-escare; à la vérité, on devrait attendre amatouer; mais que le ( gothique se change en d, c'est ce que prouve guider devitan; la forme picarde est amidoûler. Cette étymologie est savante et probablement bonne. On remarquera qu'amadouer est récent dans la langue française (je n'ai pas d'exemple plus ancien que le xvr* siècle ; et même amadou n'est pas dans la première édition du Dictionnaire de l'Académie). On remaïquera aussi que amadouer, dans ses diverses formes, appartient aux pays du Nord (Picardie, pays wallon, Namur, Rouchi). Cette circonstance favorise l'opinion de M. Diez, en même temps qu'elle fait croire que c'est du patois de ces pays que le mot a passé dans le français. M. Grandgagnage, vu les formes adawi, adouler, préfère une étymologie latine, adulari, flatter, avec une m épenthétique par raison d'euphonie. Toutefois, de mon côté, prenant en considération les formes agnoûler, andouler, je suis porté à croire que les formes ont subi cette dégradation-ci : amadoûler, andouler, agnoûler, adoûler; par conséquent j'incline du côté de l'opinion de M. Diez.
fAMADOUEUR,EUSE (a-ma-dou-eur, eû-z'), *.
m. et f. Celui, celle qui amadoue.
t AMADOUVIEU (a-ma-dou-vié) , s. m. Terme de botanique. Nom donné particulièrement à l'agaric amadouvier, sorte de champignon.
— êtym. Amadou.
AMAIGRI, LEfa-mè-gr^grie), part, passé. Rendu maigre. Un bœuf amaigri. Son visage amaigri par la douleur.
AMAIGRIR (a-mè-grir), v. a. || 1" Rendre maigre. Le jeûne l'amaigrissait. || Absolument. On prétend que l'usage du vinaigre amaigrit. || 2", Fig. Bien qu'il soit infiniment sensible à la misère et aux plaintes de son peuple, il n'a pu néanmoins s'empêcher de l'amaigrir, balz. Le Prince, ch. 17. Il 3° Amaigrir un terrain, le rendre stérile. Le cheval et la plupartdesautresanimaux amaigrissent en peu d'années les meilleures prairies, buff. Bœuf. || 4°Terme d'architecture. Diminuer l'épaisseur. Amaigrir une pierre, une pièce de charpente. || En peinture, amoindrir. Ce muscle est trop fort ; il faut l'amaigrir. Il 5° S'amaigrir, v.réfl. Se rendre maigre. S'amaigrir par l'abstinence. Pour m'alleramaigrrr avec un tel chagrin, mol. le Dépit, 1, 2. Il En parlant d'un modèle en terre glaise, diminuerde volume, se resserrer en séchant. Cette figure s'est amaigrie.
— HIST. xm* s. Icis venirs, icisalers,Icis veilliers, icis parlers Font as amans sous lor drapiaus [vêtements] Durement ameigrir lor piaus , la Rose, 2558. X li [papelardise] et as siens est la porte Deveée de paradis; Car ices gent si font lor vis [visages] Amegrir, a dit l'Evangile, Pour avoir loz parmi la ville, la Rose, 433. || xv* s. Il convient qu'il soit amesgriz; n a trop grasse laventraille, Mart. de S. P. et S. P. ||xvr s. En lieu d'amaigrir pour le jeune de caresme, elle estoit plus belle et plus fraische qu'à caresme-prenant, marg. Nouv. xxxv. Lesciches emmaigrissent la terre, 0. de serres, <oo.
— ÊTYM. Provenç. amagrezir; catal. amagrir; espagn. amagrecer; de à (voy. À) et maigrir (voy. maigrir).
AMAIGRISSEMENT (a-mè-gri-se-man), s. m. Diminution d'embonpoint.
— hist. xvi" s. L'atrophie ou amaigrissement vient d'avoir trop longtemps tenu la partie en repos, et aussi pour l'avoir tenue liée, paré, xiv, 62.
— ÊTYM. Amaigrir.
AMALGAMATION (a-mal-ga-ma-sion) , s. f. Terme d'arts. Procédé métallurgique au moyen du-
AMA
quel on sépare l'or et l'argent de leur minerai, à l'aide du merci: re.
— ÉTYM. Amalgamer.
AMALGAME (a-mal-ga-m'), s. m. || 1" Alliage du mercure avec un autre métal. Quand on dit amalgame d'étain, on indique l'alliage de ce métal avec le mercure. || 2" Fig. Mélange de personnes ou de choses de nature, d'espèce différente. Un amalgame d'hommes de tous les rangs. Cet homme, étrange amalgame de défaut! et de qualités.
— HIST. xv* s. Car si ne fais purs corps et ame, Jane feras bonneamalgame, la font. 460. || xvi" s. Amalgame est appelle par les alchimistes l'or, quant il est dissout, et entremeslé avec le vifargent, pa-
L1SSY, 377.
— ÊTYM. Ital. amalgama. On trouve aussi algamala dans du Cange, comme terme d'alchimie D'après Diez, de u.àX*-,u.a , ramollissement.
AMALGAME, EE (a-mal-ga-mé, mée), part, passé. L'étain amalgamé constitue le tain des glaces. || Fig. Des opinions incohérentes vainement amalgamées.
AMALGAMER (a-mal-ga-mé), t'. a. || 1" Terme de chimie. Combiner le mercure avec un autre métal. || 2° Fig. Unir des choses différentes. Les philosophes néoplatoniciens essayaient d'amalgamer la mythologie avec des idées prises au christianisme. || 3° S'amalgamer, v. réfl. S'unir. Je ne sais quelle métaphysique de Platon s'amalgame avec la secte nazaréenne, volt. Phil. U, 00. Fénelon vit M™" Guyon ; leur esprit se plut l'un à l'autre; leur sublime s'amalgama, st-simon, 3) , 407. Pontchartrain s'était bassement mis sous la protection du maréchal Liesons, dont il réclamait la parenté, et d'Effiat par lui, à qui Besons s'était depuis longtemps amalgamé, id. 42), 74. lien résultait.... un ensemble d'arts et de talents qui n'en formait qu'un peuple, propre à s'amalgamer avec le reste du genre humain, bebn. de s.-p. Arcad. prol. La civilisation et la nature semblent ne s'être pas encore bien amalgamées ensemble, stael, Allemagne, I, ch. 2.
— HIST. xiv s. Qu'il ne falloit pour vraye estoffe Fors prendre le bel vif argent Tout crud, et estre diligent De l'amalgamer avec l'or, l'Alchim. à nat. 495.
— ÉTYM. Amalgame.
+ AMALGAMEUR (a-mal-ga-meur), ». m. Celui qui est chargé de vérifier l'amalgame, le minerai, en en lavant un peu dans une augette.
f- AMANDAIE (a-man-dê) , s. f. Lieu planté d'amandiers.
—HIST. xvi" s. Esolivetes, amendaiesetcoudraies, cinq ou six toises d'entre-fossé satisferont, o. de
— ÉTYM. Amande.
AMANDE (a-man-d'), s. f. || 1° Fruit de l'amandier. || Amandes à la praline, amandes pralimVs, ou simplement pralines, amandes cuites dans du sucre brûlant. || Amandes lissées, dragées faites d'amandes couvertes de sucre. || Huile d'amande douce ou d'amandes douces. || En amande, en forme d'amande. Les Arabes ont les yeux grands et coupés pn amande, chateaub. Itin.n, 4 92. || 2° Toute graine contenue dans un noyau. L'amande du noyaude l'abricot. || En termes de botanique, ce qui est contenu dans Pépisperme. || 8° Dans la fabrication des armes, partie ovale et occupant le milieu de la branche ou garde de I'épée.
— REM. Amandre, prononciation de quelques personnes,est un provincialisme qu'il faut éviter.
— HIST. xui' s. Amandie, Ass. de Jérus. n, 180. Quiconques est huiliers à Paris, il puet faire huile de olives, de amandes, de nois, de chenevis et de pavoz, Liv. des Met. 4 69. || xvi* s. Ces glandules sont de grandeur et figure d'une amende, et pour ceste cause sont dites amydales, paré, vi, 6. Huile d'amendes douces, id. vi, 8. Huile d'amendes tant douces qu'ameres, in. xxv, 24.
— ÉTYM. Génev. amandre; bourguign. aimandre; provenç. amandola, amella, amenta; ital. mandarin, mandola; espagn. almendra; portug. amendoa; catal. ametlla;deamygdala, de iu.vY8<i>.ï] , amande.
AMANDE (a-man-dé), s. m. Boisson faite avec du lait et des amandes broyées et passées. Boire un amande.
— HIST. xvr s. Son manger sera panade, orge mondé, et non amendé, pour ce que les amendes causent douleur de teste, paré, vin, 14
— ÊTYM. Amandr.
AMANDIER (a-man-dié. LV ne se lie jamais : un amandier en fleurs, prononcez un a-man-dié en fleurs), s. m. Arbre de la famille des rosacées, qui produit les amandes.
— HIST. xii" s. Grant masse i avoit de loriers, De
AMA
et d'alemandiers, Le hrmi dnenneus, dans Arch. des missions identifUjuti , t. v, p. < 73. || xiii" s. Alemandiers i ot planté, Et si ot ou vergier planté Maint figuier et maint hiau datier, la Rose, 4 345. || xvi" s. Le noyer, allemandier, et plusieurs autres espèces d'arbres fruitiers, palissy, 85. Palmiers, amandiers.... m. 274. Estant l'amandier arbre primerain, aussi sera-il mis des premiers en terre, o. de serres, 679.
— ÉTYM. Amande; provenç. amelier; catal. amelller; espagn. almendro; portug. amendonira; ital. mandorln.
AMANT, ANTE (a-man, man-t'), s. m. et f. || 1° Amant, celui qui, ayant de l'amour pour une femme, a fait connaître ses sentiments, et est aimé ou tâche de se faire aimer. Amante, celle qui est attachée à ur homme par des sentiments tendres et passionnés. Un amant fidèle , une tendre amante. Elle reçoit les vœux de son nouvel amant, rac. Ilrit. m. o. J'aime assez mon amant pour renoncer à lui, m. liaj, m, 4. Et le sultan l'avait chargé secrètement De lui sacrifier l'amante après l'amant, id. ib. v, 4 1. Ne désespères pas une amante en furie, id. ib. n. 4. Et vous doutez encor qu'elle en fasse un amant, id. Alex, i, 4. Quels pleurs par un amant ne sont point essuyés! id. Iphig. u, 3. Je sais jusqu'où s'emporte un amant irrité, id. ib. m, 7. Que la mort la rassure [une amante] ou qu'un rival l'emporte, La douleur d'un amant est également forte, cohn. Hodog. iv, 6. || 2° Galant. Cette femme a un amant. || 3° Il se dit de celui qui aime une chose avec passion. Cet homme, amant de la vérité. Non, je ne puis souffrir, en quelque rang qu'il monte, L'ennemi de ma gloire et l'amant de ma honte, rotr. Vencesl. u, 4. || Les amants des muses , les poètes. || Poétiquement. Non, ce n'est .... Ni l'or ni la victoire, amante du carnage, Que les fils d'Apollon s'empressent d'obtenir, lebrun, Ode, i, liv. i. |j 4° S. m. plur. En parlant de deux personnes de sexe différent qui s'aiment. La gloire et le plaisir, la honte et les tourments, Tout doit être commun entre de vrais amants, corn. Cinna, v, 2. Mais il faut des amants excuser l'injustice, rac. Iphig. n, 6. Amants, heureux amants, voulez-vous voyager? Que ce soit aux rives prochaines, la font. Fab. ix, 2.
— SYN. 1° amant, amoureux. M. Guizot a trèsbien indiqué la différence. « Il suffit d'aimer pour être amoureux. Il faut témoigner qu'on aime pour être amant. On est souvent très-amoureux sans oser paraître amant. Quelquefois on se déclare amant sans être amoureux. » |j 2° amant, GALANT.Unhomme se fait amant d'unepersonne qui lui plaît. Il devient le galant de celle à qui il plaît, guizot.
— HIST. xii* s. Et fins amans destrois et angoisseus Doit joie avoir par jugementd'amours, Coud, vu. X maint amant [ils] ont fait ire et damage, ib. xix. || xiv* s. Et enamisté aucune fois l'aman accuse Pamey pour ce que il aime plus que il n'est amez, oresme , £th. 247. Il semble une dérision ce que aucuns amans dient simplement que il doivent estre amés autant corne il aiment, in. ib. 244. || xv* s. Tu as oy parler les malheureux, Non pas amans qui congnoissent qu'est joye, OH. d'orl. 4. || xvi*s. L'ame d'un amant vit au corps d aulruy, non pas au sien, amyot, Anton. 85. Les amants, pour l'affection véhémente qu'ils porteraient à leurs aimez, ne les abandonneraient jamais, id. Pelop. 33.
— ÉTYM. Provenç. amans; espagn. et ital. amante (voy. aimer).
f AMAPER (a-ma-pé), v. a. Terme de marine. Empoigner une voile avec vigueur pour la serrer.
AMARANTE (a-ma-ran-f), s. f. || 1° Fleur d'automne d'un rouge pourpre et velouté. Des prés semés d'amarantes et de violettes, fén. Tél. i. Ta louange dans mes vers D'amarante couronnée [rendus immortelle] , malh. il, 2. || 2° Adj. De couleur amarante. Velours, étoffe amarante. Ne dis plus qu'il [ce beau carrosse] est amarante; Dis plutôt qu'il est de ma rente, mol. F. sav. m, 2.
• — ÉTYM. Arnarantus, deà\j.doavio;, de à privatif, et u.apaiveiv, flétrir ; la fleur qui ne se flétrit pu (voy. marasme).
fAMAREILLECR (a-ma-rè-lleur, Il mouillées), s. m. Ouvrer chargé des soins qu'exige le parcage des huîtres.
f AMARESCENT, ENTE (a-ma-rè-ssan , ssan-t'), adj. Terme didactique. Légèrement amer.
— ÉTYM. Amarescere, devenir amer, de amarus (voy. amer).
AMARINAGE (a-ma-ri-na-j'), s. m. Action d'amariner un bâtiment capturé sur i'ennemi.
— ÊTYM. Amariner.
AMA
AMARINE, ÉE (a-ma-ri-né, née), pari, passé. Les prises furent amarinées, malgré une grosse mer.
AMARINER (a-ma-ri-né), v. a. || 1" Envoyer du monde à bord d'un vaisseau pris sur l'ennemi pour y tenir garnison. || 2° Habituer à la mer.
— ÉTYM. À et marin.
t AMARQUE (a-mar-k'), t. f. Terme de marine. Bouée ou balise.
— ÉTYM. À et marque.
AMARRAGE (a-ma-ra-j') , s. m. || 1" Action d'amarrer, || 2" Union de deux cordages par un autre plus petit qui fait plusieurs tours symétriques, et qui est dit non pas amarre, mais ligne d'amarrage. Les galères hivernèrent à Rouen, et celui qui le; y avait amenées devait naturellement les préserver des accidents dont elles étaient menacées dans ce séjour étranger; aussi imagina-t il une nouvelle sorte d'amarrage, fonten. Chazelles.
— ÉTYM. Amarrer.
AMARRE (a-ma-r'), s. f. || 1* Cible servant à retenir un vaisseau. Ce bâtiment est sur ses amai il est àl'ancre. ||2° Toutcordage employé au service d'un navire. Jeter une amarre dans une embarcation. || 3°En architecture et charpente, se dit de deuj morceaux de bois, percés au milieu d'une onverture, par où l'on fait passer le bout d'un moulinet.
— ÉTYM. À et le holl. maaren; angl. to moor, amarrer. On a cité l'arabe marr, corde; mais il est beaucoup plus naturel de chercher dans les langues du Nord, qui ont fourni tant de termes de marine, l'origine de celui-ci.
AMARRE (a-ma-ré), part, passé. Le bâtiment étant amarré. Canons amarrés.
AMARRER (a-ma-ré), v. o. Attacher, lier avec une amarre. Je m'arrêtai à l'extrémité de l'Ile, et j'y amarrai mon vaisseau à une grosse roche, fén. xxi, 44 3.|| S'amarrer, v. réfl. Se fixer avec une amarre.
— HIST. xvr s. Pour ce que le hable [havre] de ladite ville [de Honfleur] pourrait empirer, dont il convendroit les diz marchans et leurs gens amarer en la ville de Leure, du cange, amarrare.
— ÉTYM. Amarre.
AMARYLLIS (a-ma-ril-lis'), s. f. Terme de botanique. Plante d'agrément de la famille des narcisses.
— ÉTYM. Nom transporté dans la botanique, et qui est celui d'une jeune bergère dans Virgile et Théocrite ('Au.apv>,>.i<;). Il est probable que ce mot, pourvu d'une désinence diminutive (yllis), qui se trouve dans d'autres noms grecs, est identique pour le reste (amnr) avec amarante (voy. ce mot), et signifie celle qui ne se fane pas.
AMAS (a-mâ. Vs se lie : Un amas immense ; dites : un a-mâ-z-immense), s. m. || 1° Ensemble de choses accumulées ou réunies. Un amas de ruines. Amas d'eaux pluviales. Amas d'humeurs. La contagion, suite nécessaire des trop grands amas de toute matière vivant dans un même lieu, boff. /. Pourquoi ne voir dans la pyramide de Chéops qu'un amas de pierres et un squelette? chateaub.
Itin. 6* partie d'un amas confus des vapeurs de
la nuit, corn. Poly. i, 4 où se garde caché Ce
formidable amas de lances et d'épées, bac. Atli. m, 7. ô vous qui croyez être un amas de boue, sortez donc du monde où vous vous trouvez seul de votre avis, mass. Car.Vér. d'un avenir. || 2° Par exte; Pendantqu'il faisait amas d'armes et de tro pas pour s'emparer, la force à la main, du gouvernement, vertot, Révol.rorn. xn, 474. Hors Céthégus et toi, dignes de mort estime, Le reste est un amas élevé dans le crime, volt. Catil. i, 4. Si c'est un sénat qu'un amas de bannis, corn. Serlor. m, 2. || 3° Action d'amasser. Biens dont l'amas ne lui a coûté aucunes peines, boss. Amb. 2. ||4° Fig. En lui montrant, comme réunis en un point de vue, cet amas monstrueux decrimes,MA.ss. Arent, Bonh. des justes. Cet amas de civilités mondaines, fléch. Serm.n. ». La justice gémit sous un amas de liens et de formalités,id. dans girault-duvivier. 11 a fait grand amas de matériaux, boss. Soumiss. 2. En faisant amas de plusieurs expériences, DF.sc.ifé7'». Mille et mille douceurs y semblent attachées, Qui ne sont qu'un amas d'amertumes cachées, coRN.//c'racZ.i,4. Leur fier amas de puissance et de gloire, ID. Sertir. il, 4. Nelui laissez plus voir ce long amas de gloire Qu'à pleines mains sur vous a versé la victoire, id. Nicom. m, 6. Ou plutôt mille amas de carnage et d'horreur, id. Hor.i, 3. Un long amas d'honneurs rend Thésée excusable, rac. l'hèd. i, 4. De cet amas d'honneurs la douceur passagère Fait sur mon cœur à peine une atteinte légère . in. I il, 4 . Et tout ce vain amas de superstitions Qui ferment votre templeaux autres nartions, id. Atli. u,4.
AMA
j| 5' En géologie , masse informe, bloc irrégulier qui ne constitue pas un terrain.
— hist. xv s. Le roi de France faisoit un grand imas des nobles de son royaume, froiss. i, i, 84. Il [Louis XI] avoit envoyé deux ambassadeurs au Lyegepour les solliciter contre ledit duc; lesquelz ambassadeurs a voient si bien diligente qu'ilz avoient ja fait un grant amatz, et vindrent d'emblée les Lyegeois prendre la ville de Thongre, comm. ii, 7. Survint en la ville la vefve dudit chevalier blanc et mère dudit Mathias bien fort acompaignée, car elle estoit riche femme d'argent contant, que son mari avoit laissé, parquoy elle avoit peu faire grant amatz soubdainement, id. vi,13. || xvi' s. Des amas et pièces de chair informes [môles|, mont, i, 3t. Il presta lors sa villeàTimoleon pour y faire son amas, et persuada à ses citoyens d'entrer en ligue avec les Corinthiens, amyot, Timol.tt. Il feit amas de gens de cheval, id. Eumènes, 7. Le prince voyant son amas [armée] pressé de faim, refusé de passage au Liège, d'aub. Hist. I, 339.
— ÉTYM. Provenç. amas (voy. amasser).
AMASSÉ, ÉB (a-m.Vsé, sée), part. passé. Misen
amas. Décombres amassés.Richesses amassées àgrand' peine. Eaux amassées dans un creux. Foule amassée. Colère amassée depuis longtemps. Vous cachez les trésors par David amassés, bac. Athal. i, i. Il s'est fait apporter ces annales célèbres Où les faits de sonrègneavecsoinamassés.... id. Eslh. a , l. Toutes les provisions de guerre et de bouche amassées par les ennemis pour la campagne, volt. Louis XIV, M. AMASSER (a-mâ-sé), v. a. || i" Faire un amas. Amasser des provisions, des matériaux. Ce spectacle amassait la foule. Le jeune Hartsoeker amassa en secret le plus d'argent qu'il put: il le dérobait aux divertissements qu'il eût pris avec ses camarades, fonten. Hartsoeker. L'abondance est si grande qu'il faut amasser les restes [des pains multipliés par J.-C] , KASS.CoM/8r. Communion. Ce général du sénat, qui voulait tirer la guerre en longueur pour avoir le temps d'amasser de plus grandes forces , passa d'Italie en Êpire, vertot, Révol.rom. xm, 267. Vingt mille hommes, archers et frondeurs, qu'il avait amassés dans sa province, vaugel.Ç. C. 589. |] 2° Absolument. Thésauriser. La vieillesse chagrine incessamment amasse , boil. A. P. m. || Absolument, mais avec un sens général. Par mon propre bras elle amassait pour lui, corn. Nie. iv, 2. Voltaire a condamné ce vers, disant : Amasser quoi? Mais amasser peut être employé absolument comme beaucoup d'autres verbes. || 3° Fig. Amasser des preuves. Il amassait sur sa tête les malédictions du ciel. || 4° S'amasser, v.réfl. Les eaux pluviales s'amassent dans cette citerne. La foide, le monde s'amassait autour de lui. Et ce qu'on voit de peuple autour d'eux s'amasser , Frémit de leur audace et les laisse passer, corn. Othon, iv, 7.
— REM. Dans le xvn* s. amasser avait le même sens que ramasser présentement. Dans la f éd. du Dict. de l'Académie, amasser est défini : Relever de terre ce qui est tombé, amasser ses gants, amasser un papier. La Fontaine a dit : L'un se baissait déjà pour amasser la proie, Fabl. ix, 9. Dans le Berry, amasser signifie encore ramasser; mais la langue a varié , et aujourd'hui l'usage a séparé amasser de ramasser, et l'on dit ramasser ses gants, ramasser un papier (voy. syn.).
— SYN. || i° amasser, ramasser. C'est faire un amas. Mais amasser indique simplement l'idée d'amas, tandis que ramasser marque les soins qu'on a pris, la peine qu'on a eue pour rassembler les choses. On amasse de l'argent, quand on en acquiert successivement. On en ramasse de tout côté, dans un besoin pressant, et pour une affaire qui en exige. || 2° amasser, entasses, accumuler , amonceler. Amasser, c'est réunir ensemble des choses de même nature : un amas de bit, de foin. Entasser, c'est faire un amas de forme déterminée : un tas de blé, de foin. Accumuler, c'est joindre amas sur amas: on accumule des richesses, des héritages. Amonceler, c'est faire une accumulation, en désordre, de choses mêlées: amonceler des ruines, des cadavres.
— HIST. HT s. Mais les armes et la despuille Firent coillir et amasser, Chron. des ducs de Norm. t. m, p. 2)6. Nous ferons amasser princes et vavassors, Chevaliers et sergens, les granz et les menors, Sax. xxvn. || xin* s. Uns vilains entules et riches, Oui moult estoit avers et chiches, Oar de despendre n'avoit cure, En l'amasser ot missa cure, Ren. 49C7. D'oisiaus chantans avoit assés Par tout le vergier amassés, la Rose, 878. Car cil qui ri- «heces amassent, ib. 5158. || xiv* s. Ils amassent et amoncellent un secret et couvert courro ix eu leuu
AMA
cuers, Ménagier, i, 6. || xv s. Pour ce vous vueil je requérir Qu'il vous plaise de mo tollir Les maux que m'avez amassez , ch. d'orl. Bal. 40. Et à l'exemple des vaillants anciens.... ne luy chailloit de trésor amasser, Bouciq. i, ch. 2. Quand le duc Albert de Bavière.... entendit que le duc d'Irlande estoit venu loger et amasser.... en sa ville de Dourdrech, si pensa sus un petit, froiss. ii,iii, 80. Amasser une armée, comm. vi, 6. A Arras il amassoit gens tant qu'il pouvoit, id. m, 2. || xvi* s. Ils se baissent à terre pour amasser [ramasser] en du linge son ordure, mont, i, ho. Qui sçauroitle poids d'un sceptre ne daignerait l'amasser quand il le trouverait à terre, id. 1,330. Cette prévoyance d'amasser et espargner pour le temps à venir, m. n, (86. Je feis sortir de sa playe l'ordure qui s'y amassoit, id. n, i!>3. Il estoit homme trape, bien amassé, et mesme qui savoit bien jouer des couteaux, desper. Contes, l. Tout artifice pour amasser argent y estoit permis aux esclaves, amyot, Lijc. et Numa camp. 4. Ayant receu le royaume d'un peuple nouvellement amassé, qui ne luy contredisoitenrien.... id. ib. 9. Le sable que les undes de la mer y amassoient et entassoient, id. Uarius, 25. Hz s'amassèrent en grosse trouppe, et s'en allèrent dans la rivière, id. ib. 3a. Il amassa ces lettres et papiers de Sertorius en un monceau, et les brusla toutes, id. Serlor. U . La bastine de son cheval tumha à terre toute ensanglantée, et un page de celuy qui l'avoit frappé l'amassa, id. Artax. 13. La femme du Pont enquise par lui où estoit son mari, respondit assez brusquement qu'il amassoit des chastaignes à S. Christel, d'aub. Hist. il, 60.
— ÊTYM. À (voy. À) et masse; bourguig. emassey ; provenç. amassar; espagn. amasar ; ital. ammassare.
t AMASSETTE (a-ma-sè-f) , s. f. || 1° Palette, lame dont les peintres se servent pour amasser les couleurs broyées. || 2" Petit instrument aveclequel on amasse la pâte.
t AMASSEUR (a-mâ-seur) , *. m. Celui qui amasse.
— hist. xiii* s. Uns useriés, uns amasseras, du cange, amassator. || xiV s. Si font li amasseur, qui les deniers musis Gardent en leurs escrins, et les vairs et les gris, Baud. deSeb. vm, <2t7. || xvi* s. Ne prisant rien que l'avare amasseur, marot, iv, 244. Tout à coup les uns tuent les amasseurs de noix, d'aub. Hist. ni, 387. Si la nourriture des amasseurs de feuille vous importune, avec de l'argent seul vous vous ferés faire tel service, o. de serres, 4«o. On est bien aise d'ouïr ceulx qui se nomment amasseurs de sagesse, amyot, Morales, t. u, p. 444. À père amasseur fils gaspilleur, cotgrave, Dict.
— ÊTYM. Amasser; provenç. amassaire, amassador ; espagn. amasador; ital. ammassatore. Amassere du vieux français et amassaire du provençal sont le nominatif, du bas-latin amassator; amasseor et amassador, le cas du régime, de amassatorem.
AMATELOTAGE (a-ma-te-lo-ta-j'), s. m. Terme de marine. Action d'amateloter.
AMATELOTË (a-ma-te-lo-té), part, passé.
AMATELOTER (a-ma-te-lo-té) , v. a. Terme de marine. Classer deux à deux les matelots d'un équipage pour qu'ils s'aident ou se remplacent dans un même service.
— ÊTYM. A et matelot.
AMATEUR (a-ma-teur), *. m. || 1° Celui qui a un goût vif pour une chose. Un amateur de peinture, de musique, ô le soin inutile, diront les fols amateurs du siècle, boss. Fr. de P. II, i. On est amateur de son repos : quiconque peut le trouli pour importun et fatigue par saprésence,BOURn. Pensées, t. il, p. 252. J'ai parlé avec quelque étendue des ruines d'Athènes, parce qu'après tout elles ne sont bien connues que des amateurs des arts, chateaub. 'Itin. 6* partie. Profanes amateurs de spectacles frivoles, bac. Esth. prol. Les entreprises les plus éclatantes des amateurs du monde, mass. Resp. On se donne pour amateur de la patrie, id. Obsl. || 2* Absolument. Celui qui cultive les beaux-arts sans en faire sa profession. C est un amateur distingué. || 3" En mauvaise part. C'est un amateur, c'est un homme d'un talent médiocre.
— SYN. Il y a une différence entre aimer et être amateur. Aimer est un terme général : j'aime les roses exprime que je.les aime , sans ajouter à cette idée rien de particulier. Être amateur indique toujours une préférence particulière et devenue, en quelque sorte, une étude : je suis amateur de roses signifie que je les recherche, que j'en fais collection.
— hist. xu* s. Et j'ai plus haute pensée Que tuit li autm uineor [amants]. Coud, I. Courtois ameor,
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Qui à sejor [en repos] Gisez en chambre coie, Romancero, p. 07. ||xm* s. Et si cuidast bien li donsiaus Estre ameres de daines bêles , Fables et contet anciens, t. m, p. 118. Ki a les iex gros et grans et tremblans, si est lens et de grande vie et ameres de femmes, alebrant, f tt, verso. || xvr s. Amateur do vraye gloire, amyot, Flamin. 9. Si estoit bien aise de s'ouyr saluer et nommer Philellen, c'est-à-dire amateur des Grecs, id. Anton. 27.
— ÊTYM. Aimer; provenç. amaire, amador; espagn. amador ; ital. amatore. Le vieux français amere et le provençal amaire sont le nominatif, de amator ; ameor et amador , le cas du régime, de amatorem. Le français actuel a été directement calqué sur le latin à une époque plus récente.
t AMÂTINER (a-ma-ti-né), v. a. Faire couvrir une chienne par un mâtin.
— ÊTYM. À et mâtin.
AMATI, IB (a-ma-ti, tie), parL passé. Or amati.
AMAT1R (a-ma-tir), v. a. Terme d'orfèvrerie. || 1* Rendre mat, ôter le poli. || 2° Danslesmonnaies, blanchir les flans, les rendre mats.
— HIST. xu* s. L'orgueil Carlon à la barbe florie Amatirez ains l'heure de complie, Honc. p. fit. Quant li sainz veit venir les suens à lui fuitiz, E les enfanchunetz pendre as mères az piz [aux poitrines des mères], E que lui e les suens aveit li rois proscriz, Mielz volsist estre morz,mult fort estamatiz. Th. lemart. 65. || xv* s. Lesquels Liégeois généralement demeurèrent en leur pays très dolents et amatis de la douleur qui leurestoit advenue, monstr. liv. n, ch. 60. Comme les jeunes et tendres fleurettes se sèchent et amatissent [se fanent] , quand aucun accident leur advient, louis xi, Août), c. || xvi* s. U pensoit que l'empereur à la première ville qu'il assaudroitsans en venir au dessus et à son intention, amattiroit et affoibliroit le cœur de ses gens, m. du bell. 366.
— ÉTYM. A (voy. X) et mat. Dans l'ancien français, mat a toute l'étendue de sa signification et s'applique à toute chose pour signifier rendre rnat, faible , vaincu. La signification , dans le français moderne, en est réduite à ôter le brillant, le poli.
f AMATIVITÉ (a-ma-ti-vi-té), s. (. Nom que les phrénologues donnent à l'instinct qui préside à la propagation de l'espèce.
— ÊTYM. D'un adjectif amalif qui n'existe pas, et qui voudrait dire disposé à aimer.
t AMATRICE (a-ma-tri-s') , s. f. Féminin d'amateur. Cette capitale est pleine d'amateurs et surtout d'amatrices qui font leurs ouvrages comme M. Guillaume inventait ses couleurs, i. J. rouss. Ém. m. || Mot qui, bien que bon et utile, a beaucoup de peine à s'introduire.
— HIST. xvi* s. Parce qu'ils ne se pouvoient persuader que la nature en de telles choses fust dedans le corps humain, comme dedans une ville arnatrice et inventrice denouvelleté, amyot, Propos de table, liv. vin , quest. 9.
— ÊTYM. Voy. amateur; provenç. amairiti. AMAUROSE (a-mo-rô-z') , s. (. Terme de méd^
cine. Cécité causée par la paralysie de la rétine e\ du nerf optique.
— ÊTYM.'AnaijpM^i;, obscurcissement, de à aug, mentatif, et de u-sOco;, obscur.
tAMAUROTIQUE(a-mo-ro-ti-k'). || l'Adj. Terme de médecine. Qui a rapport à l'amaurose. || 2" S. m. et /.TJnamnurotique, une personne atteinte (l'amaurose.
AMAZONE (a-ma-zô-n' ; d'autres prononcent aa-ma-zo-n'), s. f. ||1° Terme de mythologie. Nom de femmes guerrières qui vivaient sans hommes. || 2° Dans le langage général, femme d'un courage mille et guerrier. C'est une véritable amazone. || 3° Habit d'amazone ou amazone, longue robe de drap que portent les femmes pour montera cheval.
— ÉTYM. 'Au.oir,Mv, mot d'origine fort incertaine. Les uns l'ont tiré de à privatif, et (taÇo;, mamelle; parce que, dit-on, les Amazones détruisaient une mamelle chez les petites filles ; mais on a un grand nombre de monuments anciens où les Amazones sont figurées et où leur sein n'est pas mutilé; et Hippocrate, qui parle de cette mutilation , l'attribue non aux Amazones , mais aux femmes scythes ; il dit seulementque les amazones estropiaient, dans le bas âge, les enfants du sexe masculin. Les autres ont fait venir amazone de a augmentatif, et (laÇo;, mamelle; qui a de grosses mamelles; d'autres, de £u.a, ensemble, et Cvjv, vivre. Toutes ces étymologies sont incertaines ;'et il est possible que amazone soit quelque nom géographique, ou quelque terme mythologique d'une étymologie aujourd'hui méconnaissable.
AMBAGES (am ba j'), s.f. plur. Circuit de paroles.
A MB
Point d'ambages, de circonlocutions, mol. Le mar. f. 6. Emprisonnez, >!!"•'., on n'aurait jamais fait, s'il fallait tant d'ambages et de circonlocutions, p. [, cour, i, 473. || Au sing. L'ambage de ses dis- CBurs [du duc deNoailles] me fit entrevoir ce qu'il e oroposait par le duc de Beauvilliers , st-simon,
— HIST. xiv* s. Menaces des quelles par ambages et par paroles doubteuses il li avoit parlé, berciieure, f° 32, reclo. || xvi* s. Il y adjousta encores assez d'autres indignitez à rencontre du roy, en s'involvant et fourrant si avant en ambages et superfluitez de paroles que .... m. du bellay, 349.
— étym. Ambage, circuit, détour, de amb, autour (voy. AMBE),et de agcre , pousser (voy. agir).
t AMBALARD (an-ba-lar), *. m. Brouette qui sert à transporter la pâte dans les papeteries.
AMBASSADE (am-ba-sa-d'j, s. f. || 1° Fonction, charge d'ambassadeur. Obtenir une ambassade. || 2" Députation à un souverain. Envoyer une ambassade. Recevoir ambassade en qualité de reine, corn. Nicom. ni, 4. Voilà donc le succès qu'aura votre ambassade, rac. Andr.m, 4. C'est toi dont l'ambassade, à tous les deux fatale, L'a fait pour mon malheur pencher vers ma rivale, îD.iïi.v, 3. || 3° La suite d'un ambassadeur. Il fait partie de l'ambassade. || 4° Hôtel d'un ambassadeur. Je loge à l'ambassade. || 5°Comaiission, message entre particuliers. Son frère arrive et lui fait l'ambassade, la font. Joconde. || Ironiquement. J'ai fait une belle ambassade, c'est-à-dire ma mission n'a pas été heureuse. 0 I juste ciell j'ai fait une belle ambassade, mol. Ampk. i. 2.
— HIST. XV s. Et pour certaines matières, icellui et autres avec lui avons envoie en ambaxade auprès de notre très chier et très amé frère le roy d'Escosse, Lettre de Charles VII, dans Chron.de la Pucelle,4dit. viriville, p. 76. Avant que le grandmaistre de Saint-Jacques de Portingal et Laurentien Fougasse fussent venus en Angleterre en ambassaderie, froiss. n, m, 29. ||xvi" s. Que le donneur n'en soit repris, Un sold en fit les ambassades, Ohasque chose vaut bien son prix, st-gel. 438. La parole de reconciliation a esté mise en la bouche des ministres, afin qu'ils portassent ceste ambassade au monde de par Christ, calv. Inst. 526. Jésus a limité tout leur ambassade en ceste sorte, leur commandant d'aller et enseigner.... id. t'6. 925. De négociateur il passa pour ambassade [ambassadeur], et fut laissé aller, d'aub. But. a, 90. Rome ne fut pas courtoise au commencement aux premiers et seconds ambassades, m. ib. lu, 355. Il veut pour ambassade avoir mon lieutenant gênerai, afin d'envoyer ce pendant assaillir mon camp, m. du bell. 290. Nous sommes appelles comme par un herault et embassade envoyé du ciel, paré, xxiv, 63.
— ÉTYM. Froissard a dit ambassadcrie ; dans le xvi" siècle, ambassade est tantôt féminin, tantôt masculin, tantôt avec le sens actuel et tantôt avec le sens de messager. Provenç. ambaissada , et masculin, ambaissat; ital. ambasciala; espagn. embaxada; bas-lat. ambascia, ambasiata, anibassata, ambasseria, ambasciata, ambaxala. L'italien a ambascia, ambascio, dans le sens d'angoisse, peine. Ambassade et les formes ci -dessus relatées viennent de ambactia, qui figure dans les plus anciens textes du bas-latin (loi salique, loi des Bourguignons et autres), avec le sens de service, emploi, mission. Ambactia rappelle aussitôt ambactus, homme de service, qui est dans César. César dit en parlant des chevaliers gaulois : Circum se ambactos clicntesque habent. De son côté, Festus dit : Ambactus apud Ennium lingua galHca servus appellatur. Saumaise a prétendu que ambactus n'était pas gaulois; en effet ambact us s'expliquerait sans peine parle latin : amb, autour, et actus, poussé, mené. Mais, outre que ambactus n'a aucun emploi et aucun appui dans la latinité, il faudrait ne tenir aucun compte du dire de Festus. Aussi Zeuss {Gramm. celtique, ï, 89 et 4 79) a-t-il cherché une origine celtique : kymri amaet (pour ambaeth, le i> tombant souvent) , laboureur, ouvrier. Mais la difficulté croît, quand on reconnaît que les langues germaniques ont un mot tout à fait analogue : ancien islandais, ambat, ambot, et anglo-saxon, xmbehl, serviteur; suédois, embête, charge, ministère; hollandais, ambagl, métier; allemand, ami, fonction; gothique andbalhs; ancien haut allemand, ambaht, serviteur; gothique, andbahti, service. M. Diez remarque, en faveur de l'origine germanique, que le bas- latin ambactia ne peut découler do ambactus, le suffixe t'a n'étant pas usité,
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mais qu'il peut découler du gothique andbahti. Tout cela montre en tout, cas que ambactus ,ambaclia , et par suite les formes romanes, sont dues aux nations que les Latins nommaient transalpines. Cela posé, il est difficile de décider entre le celtique et l'allemand; mais sans doute en cette circonstance, comme en plusieurs autres, le celtique et l'allemand ont eu une forme très-voisine qui est venue se confondre dans le bas-latin.
AMBASSADEUR (am-ba-sa-deur) , s. m. ||1° Représentant d'un souverain, d'une république, près d'une cour étrangère. L'ambassadeur auprès de la cour de France. Les privilèges d'un ambassadeur. Les ambassadeurs que les Scythes envoyèrent à Darius. Le rang d'ambassadeur doit être respecté, corn. Nicom. 1, 4. Ambassadeur de France dans cette cour, la bruy. B. Par mes ambassadeurs mon cœur vous fut promis, rac. Andr. iv, 6. Tout petit prince a des ambassadeurs, la font. Fab. ï, 3. || 2° Toute personne chargée d'un message. Vous ne pouvez envoyer un plus agréable ambassadeur. Et Je baron couvert, de gloire Triomphe par ambassadeur, millev. le Baron Chrétien.
— SYN. AMBASSADEUR, ENVOYÉ, DÉPUTÉ. De Ces
trois termes envoyé est le plus général ; l'envoyé a une mission, de quelque part qu'elle vienne, et quel que soit celui à qui elle s'adresse. Aussi peut-on dire l'envoyé de Dieu. Le député est nommé par des citoyens, par des corps particuliers, par des sociétés subalternes, ou bien par des sujets ou des vaincus pour faire des représentations, des demandes ou des prières ; il a un mandat déterminé. Enfin envoyé , par rapport à ambassadeur, exprime un rang inférieur; l'ambassadeur représente son souverain, au lieu que l'envoyé ne paraît que comme simple ministre autorisé. Si, par une raison d'étiquette bu autrement, on ne veut pasavoir un ambassadeur auprès d'un gouvernement, on y a un envoyé.
— HIST xv" s. Vous ambasseurs et messagiers, Qui alez par le monde es cours Des grans princes pourb*songnier, e. desch. dans le Gloss. de saintepalaye. Et dévoient les ambaxadeurs .... avoir sauf conduit allant et retournant parmi le royaume d'Angleterre, FROISS. II, II, 216.
— ÉTYM. Provenç. ambassador, embaichador ; espagn. embaxador; portug. embaixador; ital. ambasciadore (voy. ambassade).
AMBASSADRICE (an-ba-sa-dri-s'),' *. f. || 1" La femme d'un ambassadeur. C'est madame l'ambassadrice. || 2" Une femme chargée d'un message. La princesse lui fit sentir qu'elle était indignée que son frère lui dépêchât une telle ambassadrice, volt. S. de Louis XV, 3.
— ÉTYM. Voy. AMBASSADEUR.
\ AMBATTAGE (an-ba-ta-j') , s. m. Terme de charronnage. Opération par laquelle on garnit une roue de son bandage ou d'un cercle qui en tient lieu.
AMBE (an-b'), s. m. Deux numéros qu'on a pris ou qui sont sortis ensemble à une loterie. J'ai gagné un ambe. Ambe déterminé, deux numéros dont l'ordre est indiqué par le joueur. || Au jeu de loto, deux numéros placés sur la môme ligne horizontale.
— HIST. xi' s. Ambes [deux] ses mains en levant contre-mont, Ch.de Roi. xxxi. || xir» s. Et d'ambes parz très bien jurer et fiancier, Sax. iv. || xv* s. Si y ot, par ces dicts vaillans chevaliers et leurs gens, plusieurs kesongnes entre Françoiz et Angloiz, où ilôt pertes et gaignes, souventefoiz d'ambe les deux parties, christ, de pisan, Chartes V, m, ch. 26.
— ÉTYM. Latin ambo, grec âuçto, signifiant tous deux , et venant de la prépositi on amb , ambi , qui n'est usitée qu'en composition, en grec àu.9'1, qui signifie autour, et par conséquent des deux côtés. Ambes, dans l'ancienne langue, signifiait deux, les deux, tous deux; de là ambe, terme de jeu.
AMBESAS (an-be-zas'), s. m. Terme de jeu de trictrac. Deux as. On dit plus souvent bezet.
— HIST. xir s. Quant cil denier serunt despendu e aie, E en malvaises genz e en guerre guasté, Malvaisement conquis, malement alué, Li dé serunt mult tost sur ambes as turné, Qui unt esté sovent sur sines ruelé, Th. le mart. 467. || xni* s. Tant ont fait Lombart que il ont jettes ambe-as, H. de valenc.xx. Et se bien retenu les as, Tu n'as pas geté ambesas, la Rose, 40486. Or t'est-il cheO ambes as; Or te tien à ce que tuas, ruteb. ii, 93.
— ÉTYM. Ambe et as.
f AMBI (an-bi), s. m. Terme de chirurgie. Nom d'une machine employée à réduire la luxation de l'humérus. || On ne s'en sert plus.
— HIST. xvi* s. La sixième manière de réduire la luxation de l'espaule, avec le ambi, paré \iv, 22.
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— ÉTYM. "Au,Siq, rebord, à cause du rebord qu'a vait la piN;e de bois principale.
AMBIANT, ANTE (an-bi-an, an-t'), ad). Qui vu autour. Fluide ambiant. L'air ambiant, l'air < lequel un corps est plongé. L'air moins ami' vous porte une autre sensation au visage, J. j. rouss. Ém. 'ï. L'air ambiant et pur semblait s'être adouci , Quelques oiseaux posaient sur le givre durci, lamart. Joe. rv, 4 47. || Il ne se met qu'après le substantif.
— hist. xvi« s. .. une pelle de fer rouge : à fin que par la réverbération d'icelle, l'air ambiens, c'est à dire qui est à l'entour, soit corrigé, paré, vm, 4 4.
— étym. Ambiens, de ambi, autour (voy. ambe), et Uns, allant, de ire, aller (voy. irai).
AMBIDEXTRE (an-bi-dèk-stf'). || i'Adj. Qui se sert également des deux mains. Hermagoras vous révélera que Nemrod était gaucher et Sésostris ambidextre, la bruy. 6. || 2° S. m. C'est un ambidextre. || Il ne se place qu'après le substantif : Un enfant ambidextre.
— HIST. xvi* s. Où beaulté est, ambidextre je suis, amyot, Comment il faut lire les poètes, 4 1.
— ÉTYM. Âmbidexter , de ambo, deux (voy. AD
et dexter, droit (voy. dextérité) ; mot à mot, qui a deux mains droites.
tAMIilEUX, ETTSE (an-bi-eû, eû-z'), ad). Qui a des détours, des tortuosités. [Le duc d'Orléans ressentait] l'aiguillon de l'honneuret de l'esprit ambieux et imaginaire de Mme sa fille [la duchesse de Berry], st-simon, 309, 46. || Mot inusité.
— ÉTYM. Mot mal formé sur le modèle d'ambiant (voy. ce mot).
AMBIGU, UË (an-bi-gu, guê. On met le tréma pour indiquer que gue ne se prononce pas ghe, mais que lu y est articulé), ad). || 1° Qui est à plusieurs sens, et par conséquent d'un sens incertain. Langage ambigu. Martian n'en a parlé qu'en termes ambigus, corn. Othon,i, 3. Ce n'est pas s'expliquer en termes ambigus, mol. Sgan. 16. || 2' Par extension. Use tenait dans un état ambigu entre les poissons et les oiseaux, pasc. P. Jés. 8. Aristote a dit que le phoque était d'une nature ambiyuê et moyenne entreles animaux aquatiqueset terrestres, buffon, Phoque. Le chapeau ambigu, couvert d'un étui de toile cirée, bamilt. Gramm. 8. || 3° S. m. Repas où l'on sert a la fois les viandes et le dessert. On nous adressé un somptueux ambigu. C'étaient des ambigus qui partaient de France pour renchérir, au milieu de Londres, sur les collations du roi, hamilt. Gramm. 7. || 4° Fig. Mélange de chosescontraires. C'est un ambigu de précieuse etdecoquette, mol. Préc.rid. 4 . || 5° Sorte de jeu de cartes qui réunitplusieurs manières de jouer propres à divers jeux, ce qui s'opère avec un jeu dont on retire toutes les figures.
— SYN. ambigu , équivoque, amphibologique, louche. Ce qui est ambigu offre plusieurs sens. Ce qui est équivoque offre deux sens. Ce qui est amphibologique offre un sens incertain, à cause que la construction grammaticale est mauvaise. Ce qui est louche n'a pas de netteté, par la faute, soit de la construction, soit de l'expression. Ambigu et équivoque sont plus généraux et ne supposent pas une faute, soit d'expression, soit de construction.
— HIST. xvi* s. Le parler obscur, ambigu et fantastique du jargon prophétique, mont, i, 47. La victoire qui jusques alors avoit esté suspense et en ambigu.se commença d'incliner à l'ennemy, m. du bel. 374.
— étym. Ambiguus , de ambigere, douter.de amb, autour (voy. ambe), et igere, pour agere, pousser (voy. agir) ; mot à mot, qui pousse de deux côtés.
AMBIGUÏTÉ (am-bi-guï-té. On met un tréma sur l't pour indiquer qu<* gui ne s'y prononce pas ghi, mais que l'u y est entendu. Le mot est de quatre syllabes. Au xvic s. la prononciation était la même, palsgr. p. 4 0), i. f. Défaut d'un discours, d'un terme équivoque et à plusieurs sens. Ces passages n'ont aucune ambiguïté, boss. Exp. Avert. Jésus ayant dit ces choses sans aucune ambiguïté, id. Quinq. 4. Comme si la profession de foi laissait une ambiguïté dans la créance des fidèles, pasc. Prov. 16. Dans tout ce qu'il m'a dit, ce n'est qu'ambiguïté, piron, Courses de Tempe.
— SYN. ambiguïté, double sens, êquivoqub. L'ambiguïté a plusieurs sens, plusieurs interprétations; d'où obscurité, incertitude. Le double sens présentedeux interprétations, qui peuventêtre toutes deux manifestes et apparentes: en cela il est plus général que l'équivoque, où l'un des sens est manifeste, tandis que l'autre, caché, fait une allusion.
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— II1ST. xvi« s. Les poursuites de l'esprit humain sont sans terme ; son aliment est doubte, ambiguïté, charron, Sagesse, I, t5.
— ÊTYM. Ambiguitas (voy. ambigu).
AMBIGUMENT (am-bi-pu-man. L'Académie, qui
met un accent circonflexe dans assidûment, n'en met pas dans ambigument), adc. D'une manière ambiguë. L'Eglise anglicane parle ambigument, boss. Variât. t 6. Il sait encore mieux parler ambigument, u MUT.IO.Ceux [des cardinaux] à qui il [le cardinal de Bouillon] eu parla [de la calotte], lui répondirent ambigument, st-simon, 384, (83.
— ETYM. Ambigument pour ambigument, pour ambiguement, de ambiguë, au féminin, et ment
(voy. MENT).
t AMBITÉ (an-bi-té), adj. m. Se dit du verre qui, après avoir été affiné, perd sa transparence, et semble rempli de boutons.
AMBITIEUSEMENT (an-bi-si-eû-ze-man), adv.
|| 1° Avec ambition. Bien loin de se produire et de vouloir ambitieusement étaler les études de la loi de Dieu, fléch. Panég. i, p. 335. || 2° En parlant du style, avec recherche. Ecrire ambitieusement.
— HIST. xiv s. Tarquinius ha demandé ambitieusement le royaume, bercheure, f* (9, recto. || xvi* s. Il se porte trop ambitieusement et chaudement en tout ce qu'il faict, à louer, s'offrir et servir, charron, Sagesse, p. 496 dans Lacurne.
— ÊTYM. Ambitieuse, au féminin, et ment (voy. ment).
AMBITIEUX, EUSE (an-bi-si -eu , eû-z'), adj. || 1° Qui a de l'ambition, et aussi, qui a l'ambition de. L'ambitieux César. Un homme ambitieux. Am- Ditieux d'honneurs. Ce n'est plus des Romains l'esclave ambitieuse, corn, liicom. v, to. Âme ambitieuse, m. llor. ni, 2. Cœur ambitieux, rac. Baj. v, 4. Ambitieux du pouvoir, st-évrem. n, 7. Ils [les saints] sont ambitieux de plus nobles richesses, L. rac. Relig. ch. m. Ambitieux de vaincre et non de discourir, m. ib. ch. v. Je suis ambitieux; tout homme l'est sans doute, volt. Fanât, n, 5. || 2* Il se dit de tout ce qui annonce de l'ambition. Une politique cruelle et ambitieuse. L'ode avec plus plus d'éclat et non moins d'énergie, Élevant jusqu'au ciel son vol ambitieux, Bon.. A.p.u. Cette concurrence ambitieuse dans les deux premiers hommes de l'univers causa de nouvelles révolutions, vert. Révol. rom. xw, 22). || 3° Fig. Prétentieux, recherché. Style ambitieux. Une traduction ambitieuse. || 4" .V. m. Celui qui a de l'ambition. Un ambitieux. L'esclave n'a qu'un maître ; l'ambitieux en a autant qu'il y a de gens miles à sa fortune, la brut. 8.
— REM. Des grammairiens ont prétendu qu'on ne pouvait pas dire ambitieux de. C'est à tort; ni la raison, ni l'usage ne s'y opposent.
— HIST. xv s. Laissons vivre malheureuses Ces âmes ambitieuses, Et joyeusement vivons De si peu que nous avons, basselin, xxxn. || xvr" s. Les hypocrites qui par une monstre ambitieuse de prières cerchent d'estre glorifiez et favorisez du peuple, calv. Inst. 708. Les serpens ne perdent pas leur venin pour estre engourdis par le ïroid ; ni l'ambitieux ses vices pour les couvrir par une froide dissimulation, charron, Sagesse, i, 2).
— ÉTYM. Ambitiosus (voy. ambition) ; provenç. ambecios.
AMBITION (an-bi-sion; de quatre syllabes en poésie), s. f. || 1° Désir ardent de gloire, d'honneurs, de fortune. Une ambition effrénée. L'ambition chez les princes est une passion dangereuse. Une généreuse, une indigne ambition. De l'ambition, quand un certain âge est passé, où l'on n'a plus assez de force pour la soutenir, on va se perdre dans l'avarice, boss. Pensées chrét. 7. L'ambition, appelée à- V)ut mériter au lieu de tout envahir, mikabeau, Collection, t. m, p. 26. Ayez moins de faiblesse ou moins d'ambition, corn. Cinna, iv, 4. L'ambition déplaît quand elle est assouvie; D'une contraire ardeur son ardeur est suivie, id. ib. u, l. L'indigne ambition que ton cœur se propose, id. ib. m, 4. J'ai de l'ambition ; et, soit vice ou vertu.... id. Pomp. n. t . Tous ceux qui auront de l'ambition , pasc. Prou. (2. Voilà l'ambition d'un cœur comme le mien, rac. Bérén. n, 4. L'ambition des intérêts humains, mass. Paraph.psaume 26. || 2° En un sens général, désir, recherche. Ce qui avait été l'objetde sonambition. Ilmet son ambition à.... Ce grand nom deviendra l'ambition des rois, corn. llor. m, 6. Un prince sans ambition d'étendre sa gloire, perrot d'abl. Tacite, 2(5. L'ambition d'un nouveau consulat, id. ib. 85. Toute mon ambition est de rendre service aux gens de nom et de mérite, bol. le Sicil. se. u.
AMB
— rem. Suivant Laveaux, ce motne régit pas les noms : on ne dit pas, l'ambition de la gloire; mais il régit les verbes et Tondit, l'ambition d'acquérir de la gloire. Cette règle n'est pas bonne (voy. les exemples).
— HIST. xiV s. Ambition et convoitise de honneur, bercheure, f" 1 9 , recto. || xvi" s. L'ambition, qui est une faimd'honneurs, est une bien douce passion qui se coule aisément es esprits plus généreux et ne s'en tire qu'àpeine, charron, Sagesse,i, 21.
— ÊTYM. Ambitio, de amb, autour (voy. ambe), et ire, aller (voy. irai).
AMBITIONNE, ÉE (an-bi-sio-né . née; en poésie , de cinq syllabes) , part, passé. Le duché de Milan ambitionné par François I".
AMBITIONNER (an-bi-sio-né; en poésie, de cinq syllabes), v. a. Rechercher avec ardeur. Ambitionner les dignités, les places. La duchesse de Mazarin à qui l'on ambitionnait de plaire Mon cœur n'ambitionnera Que d'être auprès de vous tout ce qu'il vous plaira, mol. l'Étour. v, 3.
— HIST. xvr* s. Je luy appris encore à dire souvent, ....courir risque, symboliser , jalouser , ambitionner, un esprit poly, et mille autres termes en cette façon, à quoy on eonnoit aujourduy une belle ame, d'aub. Conf. u, 1.
— REM. Ce mot, dénoncé par d'Aubigné comme un néologisme affecté, fut attaqué par Vaugelas, qui déclara qu'il n'était pas du bel usage, par Marg. Buffet, qui dit que ambitionner une charge n'est plus une manière reçue de parler. Mais il fut défendu par Th. Corneille, et aujourd'hui il est en plein usage.
— ÊTYM. Ambition.
AMBLE (an-bT), s. m. Allure dans laquelle le cheval lève ensemble les deux jambes du même côté, alternativement avec celles du côté opposé. Le magnifique avait un cheval d'amble, la font. Magn. || Amble rompu, allure particulière à certains chevaux (voy. traquenard).
— HIST. rvi* s. Courtaux, bestesd'emble, mulles, mullets et bagage, m. du bel. 330. Hacquenées et autres bestes d'ambles, id. 333. Un cheval d'Espagne fort aisé et allant l'amble , id. 482. Il m'est permis de vous dire combien Elle me couste, et quel emble elle va, marot, m, 4 49.
— ÊTYM. (Voy. ambler) ; génev. ambe ; provenç. amblama, ambladura ; ital. ambiaàura. On disait aussi ambleure dans l'ancien français.
AMBLER (an-blé), «. n. Aller' l'amble. || Terme vieux.
— HIST. xii" s. Li clers i vint sur un mulet ambiant, Ronc. p. 463. || xin* s. Et fu montés sour un cheval moriel ambiant, et ot viestue une grant cape fourrée de cendal vert, Chr. de Rains, 4 70. Et li destrier sorkoi [elles] seoient Molt tost et molt souef ambloient , Lai du trot. Or s'en vont li baron ensemble; Diex ! con la mule Grinbert amble! Ren. K)92i.|| xv s. Adonc monta le roi anglois sur un pelit palefroi moult bien ambiant, froiss. i, i, 93. De beaux mulets tous blancs et très bien amblans, id. n, m, 39.
— ÊTYM. Provenç. amblar; ital. ambiare; espagn. amblar ; vallaque, ëmblà, dans le sens de se promener; de ambulare, se promener.
t AMBLEUR (an-bleur), adj. || 1° Dont l'amble est l'allure naturelle ou acquise. Cheval ambleur. || 2° Se dit du cerf dont la trace du pied de derrière dépasse celle du pied de devant.
f AMBLYGONE (an-bli-go-n'), adj. Qui a les angles obtus. Il Peu usité.
— ÊTYM. 'AuëXù;, obtus, et ywvoi;, angle.
| AMBLYOPE (an-bli-o-p'), *. m. Celui qui est affecté d'amblyopie.
f AMBLYOPIE (an-bli-o-pie), s. f. Terme de médecine. Affaiblissement de la vue.
— ÊTYM. 'Aji^viuma, de à(jië).ù;, émoussé, et &ty, œil (voy. optique).
t AMBOUTISSOIR (an-bou-ti-soir) , s. m. Poinçon d'acier trempé qui sert à faire les têtes de clous.
AMBRE (an-br"), s. m. Nom donné à deux substances différentes : 1° l'ambre, proprement dit, ou ambre gris : matière concrète, ayant la consistance de la cire et une couleur cendrée, parsemée de taches jaunes et noirâtres,, répandant une odeur particulière très-forte, que beaucoup de personnes trouvent suave: 2* l'ambre jaune ou succin (voy. ce mot). [Ils] voguaient vers ces climats où l'Océan pour eux Sur l'amhre et le corail roulait ses flots heureux, delat. Paria, 1, 1. Que l'ambre le plus pur s'exhale à tes festins, millet. Élég. liv. n, Homère. Qui n'avait pas le goût de musc, civette ou d'ambre, Régnier, Sat. xi. Chercher jusqu'au
A.MB
Japon la porcelaine ou l'ambre, boil. Sat. vrri. Qu'un fat soit l'aigle des salons ; Qu'un docteur sente l'ambre, bêranger, Marotte. || Proverbe. Il est fin comme l'ambre, se dit d'un homme d'une grande pénétration.
— HIST. xiii' s. Il estacordé entre les mestres patrenostriers d'ambre et de gest [jayet ] que il ne ouvreront jamès de nuiz des dites patenostres, Livre des métiers, 7t. Adonc est li sires levez, Et est entre* dedenz sa chambre, Qui tote estoit ovrée à l'ambre, Ren. 22(64. Moult ierent gent li autre membre, Et plus olant que pomme d'ambre, la Rose, 21008. Et toutes ces chtses estoient fleuretées de ambre ; et estoit l'ambre lié sur le cristal à bêles vignetes de bon or fin, joinv. 260. |l xw s. Boire de l'ambre jaune subtilement pulvérisé, o. de serres, im. Du musc, de l'ambre gris, de la civette, id. B34.
— ETYM. Provenç. ambra, ambre; espag. ambar ; ital. ambra; de l'arabe anbar.
AMBRÉ, ÉE (an-bré, brée), part, passé et adj. Qui a la teinte de l'ambre jaune ou le parfum de l'ambre gris. Couleur ambrée. Odeur ambrée. L'air qui les enfle et les colore [les bulles de savon], En voltigeant sous nos lambris. Leurdonnela fraîcheur de Flore, Ou le teint ambré de l'aurore, Ou le vert inconstant d'Iris, bernis, Sur la mode. Oh! si j'étais capitane [femme d'un capitan] Ou sultane, Je prendrais des bains ambrés, v. iiugo, Orient, xix. Si j'avais des melons ambrés au cœur de l'kiver 1. J. rouss. Ém. iv.
t AMBRÉINE (an-bré-i-n'),s. f. Terme de chimie. Matière particulière formant les 85 centièmes de l'ambre gris, duquel on l'extrait par l'alcool bouillant.
AMBRER (an-bré) , v. a. Parfumer avec de l'ambre.
— êtym. Ambre.
AMBRETTE (an-brè-f), s. f. Semence provenant d'une plante appelée herbe à la poudre de Chypre, et ayant l'odeur de l'ambre. On s'en sert dans certains parfums. || Poire d'ambrette, espèce de poire qui a quelquefois une odeur d'ambre ou de musc.
— êtym. Ambre.
— iiisT.xm* s. Herbe prenez, k'anun amblete, La racine me fêtes nete, Epuis mettez au mal de dent, llanuscr. Si-Jean.
AMBROISIE et quelquefois AMBROSIE (an-broizie ou an-bro-zie), s. f. || 1° Mets des divinités de l'Olympe. L'ambroisie donnait l'immortalité à ceux qui en goûtaient. D'hommes vous faisant dieux vous paissait d'ambroisie, rEgnier, Sat. v. II répandit une odeur d'ambroisie dont l'Olympe fut parfumé, fén. Tél. IX. Tout ce que Nélée boit devient nectar, tout ce qu'il mange devient ambroisie, id. xix, 87. Il 2° Fig. et poétique. L'abeille, qui pourtant n'avait vécu qu'un matin, comptait déjà son ambroisie par générations de fleurs, chateaub. Génie, 1, iv, 4. Que vos heureux destins, les délices du ciel, Coulent toujours trempés d'ambroisie et de miel, a. chén. 92. [Elle] Enivre les humains de sa douce ambroisie, gilb. Au prince de Salm. Ce fut en vain queCymodocéepriala Nuit de lui verser l'ambroisie de ses ombres, chateaub. Mart. xxxi. Enivronsnous de poésie ; Elle est un reste d'ambroisie Qu'aux mortels ont laissé les dieux, bêranger , Sciences. Il C'est de l'ambroisie, se dit familièrement d'un mets délicieux. Ils mangeaient à sa table, avalaient l'ambroisie, Régnier. Sat. xiv. || 3° Terme de botanique. Ambroisie duMexique ou thé du Mexique, nom d'une plante à odeur forte et agréable, saveur acre et aromatique, employée en infusion comme tonique etdigestive. || Ambroisie des jardins, un des noms vulgaires duchénopode ambrosioïde.
— REM. La Fontaine a dit ambroise : Et Tiennette estamhroise, Dit son époux, les Troqueurs.
— ÊTYM. 'Aixëpoina, de â|i6poxo; ou âëpoToç, immortel, de à privatif, et (5ooto;, mortel.
t AMBROSIAQUE (an-bro-zi-a-k'), adj. Qui a une odeur d'ambroisie, une odeur agréable.
AMBROSIEN, IENNE (an-bro-zien, ziè-n'), adj. Il 1° Attribué à saint Ambroise, évoque de Milan. Chant ambrosien. || 2" Qui est selon le rite de l'église de Milan. Messe ambrosienne.
— ÉTYM. Ambrosius, Ambroise, nom d'homme, de àtiëpoiia (voy. ambroisif,).
fAMBULACKE (an-bu-la-cr') , s. m. En horticulture, se dit d'un lieu planté d'arbres en rangées régulières.
— ÉTYM. Amlntlacruw , promenoir, venant de ambulare, se promener (voy. ambler).
AMBULANCE (an-bu-lan-s'), s. f. || 1" Etablissement hospitalier temporaire, formé près des corps ou des divisions d'armée, pour en suivre les mouvements. St destine à assurer les premier* secours
AME
AME
AME
aux blessés et autres malades. || 8° Etablissement provisoire formé pour donner les premiers soins à des blessés ou à des malades. On a établi des ambulances dans chaque quartier. || 8° Emploi d'un commis des contributions indirectes , dont l'office est de parcourir incessamment un certain district.
— Etym. Ambulant.
AMBULANT, ANTE (an-bu-lan, lan-t'), adj.
|| 1° Qui n'est pas fixe, qui ne demeure pas au même lieu. Ils tachent d'intéresser les voyageurs par le concert ambulant de leur famille errante, staél, Allem. i, ch. 2, Mrr.urs. || 2° Hôpitaux ambulants, petits hôpitaux provisoires que l'on établit à la suite d'une aimée ou d'un corps d'armée pour recevoir immédiatement tous les militaires blessés ou malades, jusqu'àce qu'on puisse les diriger sur un hôpital sédentaire. || 8* Comédiens ambulants, troupe ambulante, comédiens, troupe sans résidence fixe. || 4° Receveur ambulant, contrôleur ambulant, receveur, contrôleur des contributions indirectes qui parcourt un certain district. || 6" C'est un homuie fort ambulant, qui mène une vie fort ambulante , c'est un homme qui se déplace sans cesse.
— ÉTYM. Ambulans , de ambulare, se promener (voy. ambler).
AMBULATOIRE (an-bu-la-toi-r') , adj. || l" Terme de jurisprudence ancienne. Oui n'a pas de siège fixe. Juridiction ambulatoire. || 2° Variable. La volonté de l'homme est bien ambulatoire, regnard, le Dislr. V, se. dern. || Ne se met qu'après le substantif.
— ETYM. Ambulalorius , de ambulare, se promener (voy. ambler).
t AMBUSTION (an-bu-sti-on) , s. f. Terme de chirurgie, synonyme de cautérisation.
— ÉTYM. Ambustio, de amb, autour, et ustt'o brû-lure (voy. ustion).
ÂME (â-m'); s. f. 1» Principe de vie. »• Le principe immatériel de la vie, famé après la mort. 3° L'ensemble des facultés morales n intellectuelles. Grande âme. Avoir de l'âme. Être tout àme. 4° L'âme, en parlant des relations amoureuses. 5° Une personne, homme, femme ou enfant. 6" La vie, l'existence. V Imitation de la vie, chaleur, expression. 8" Agent, moteur principal, en parlant des personnes. 9' En parlant des choses. 10' Emplois techniques. || 1* Principe de vie. Les anciens philosophes admettaient une âme raisonnable, qui présidait aux fonctions de l'intelligence; une âme sensitive , qui présidait aux sensations ; et une âme végétative, qui présidaitàlanutrition. L'àmedu monde, principequi, suivant quelques philosophes, vivifie le monde. || 2°Leprincipe immatériel de la vie, l'âme après la mort. L'immortalité de l'âme. Evoquer les âmes des morts. Une âme régénérée par le baptême. Les âmes des trépassés. Ainsi voit le monde une âme juste au lit delamort, mass. Afort. Vigilant, qui n'a pas reçu son âme en vain, m. Élus. || Locution familière : Dieu veuille avoir son âme; sorte de prière pour le repos d'une personne trépassée. || Donner son âme au diable, faire un pacte avec le diable à qui l'on abandonne son âme pour des avantages terrestres. On croyait que les sorciers donnaient leur âme à Satan, et recevaient en échange une puissance surnaturelle. Faust est la plus célèbre de ces légendes où un homme donne son âme au diable. || Une âme en peine, une âme livrée aux peines de l'enfer ou du purgatoire. 11 est comme une âme en peine ; il est en proie à la plus vive inquiétude, affliction, etc. || Corps et âme, tout entier. Il se donna à lui corps et âme. || C'est un corps sans âme, se dit d'une armée, d'un parti sans chef. || Être comme un corps sans âme, être abattu, sans volonté, sans résolution. || 8" L'ensemble des facultés morales et intellectuelles. L'aliment de l'âme, c'est la vérité et la justice. Ce qui souille l'âme. Ame bien née, noble, élevée. Àme basse, vénale. Les yeux sont le miroir de l'âme. L'âme humaine peut tout se représenter par la pensée. Une âme généreuse et que la vertu guide, corn. Cinna, m, 4. Ainsi parlent, seigneur, les âmes soupçonneuses, id. Sertor. n, 2. Ne me prenez point tant pour une âme insensible , in. Agésil. iv, 5. Mardochée à ses yeux est une âme trop vile, rac. Esth. n, t. Mais bien qu'il l'abandonne, il l'adore dans l'âme, corn. Sertor. iv, 2. Le lâche! il vous flattait lorsqu'il tremblait dans l'âme, id. Ilèracl. i, t. J'en rougis dans mon âme, m. Nicom. n, 4. De mon trône en son âme elle prend la moitié, id. Pomp. 1. Je voudrais le connaître, Mais connaître dans l'âme, id. le Ment, il , 2. Je vous rappelle un songe effacé de votre âme, rac. Mithr. i, 2. ...ladame, Qui riait sans doute en son âme, la font. Fianc. Et je veux qu'un amant pour me prouver sa flamme, Sur d'éter-
nels soupçons laisse flotter son âme, mol. Fâcheux, H, 4. || Grande âme, homme d'un esprit étendu, homme d'un grand caractère. Les plus grandes âmes sont celles qui s'arrangent le mieux dans la situation présente et qui dépensent le moins en projets pour l'avenir, fontf.n. Chatelles. || Avoir de l'ami-, avoir un coeur noble, sensible et généreux. Que d'âme et de douceur dans ses regards! || Être tout Ime, être doué d'une excessive sensibilité. ||4°Pirticulièrement en parlant des relations amoureuse». Son âme ailleurs éprise, rac. Andr. u, 2. L'amcur n'est pas un feu qu'on renferme en une âme, id. ib. n, a. Que vous et IJajazet vous ne faites qu'une âme, id. Baj. iv, 3. Chacun peut à son rhoix disposer de son âme, id. Andr. m, 2. || 5° U ie personne, homme, femme ou enfant. Qu'on ne U .sse monter aucune âme là-haut, rac. Plaid. i, «. En y comptant les femmes, vous trouverez près «le vingt millions d'âmes, volt. Ilusxie, i, 2. Je fiu bien surpris de ne pas trouver une âme chez M. di' Luxembourg, st-sim. 4 4 , (28. En effet il n'a vu âme vivante, sév. 206. 11 n'est âme vivante Qui ne p^he en ceci, la font. Fab. îx, ir. || Familièrement. C'est une bonne âme. C'est une personne bonD»* et simple. || Familièrement. On dit d'un homme qui est l'aveugle instrument des volontés d'un lutre, quand en soi-même on les condamne comme immorales ou criminelles : c'est son âme damn<ie. || 6" La vie, l'existence. Essuyez des pleurs qui n'arrachent l'âme, J. J. roijss. llél. lu, 2. Dans cet embrassement dont la douceur me flatte, Venez et recavez l'âme deMithridate, rac. itithr. v, 6. Que des plaurs, des baisers de flamme Fassent passer toute mon âme Dans ces dons qu'elle doit toucher, gress. le Chartreux. || Familièrement, lia l'âme sur les lèvres, il est près d'expirer. || 11 a rendu l'âme, il est mort, il vient de trépasser. Pendant que la pauvre femme rendait l'âme, sév. 348. lia rendu l'âme entre les mains de M. de Condom, m. 443. Peut-être ils rendent l'âme, bac. Plaid, n, 42. || Familièrement. Sur mon âme, expression affirmative, c'est-à-dire sur ma vie, mon honneur. Mon bras, sur mon âme, la font. Cal. || Mon âme, terme de tendresse. Iras-tu, ma chère âme? et ce funeste honneur.... corn. Hor. n, 6. || 7" Imitation de la vie, expression de vie, chaleur, mouvement. Phidias avait donné de l'âme à l'ivoire. Chanter avec âme. || 8* Fig. Agent, moteur principal. C'est l'âme de l'entreprise et l'homme de confiance, sév. 525. Enfin vous êtes l'âme de tout cela, id. 491. Elle est l'âme de toute la parure de l'hôtel de Condé, id. 399. Elle fut l'âme de l'entreprise, flf.ch. Aig. LaRenaudie était l'âme du parti, boss. Déf. Vous qui devez être l'âme d'un Etat, m. Polit. Si Charfemagne, qui était l'âme des Français sans le paraître.... mably, t. n, p. 424. J'étais de ce grand corps l'âme toute-puissante, rac. Brit. i, 4. Âme de mes conseils, et qui seul tantdefoisDu sceptre dans ma main as soulngé le poids, id. Esth. n, 5. Toi, pour qui j'ai tout fait; toi, l'âme de ma vie, volt. Ali. H, 3. || 9° En parlant des choses. L'ambition, qui est l'âme de notre conduite, mass. Conf. Ma passion pour vous, généreuse et solide, A la vertu pour âme et la raison pour guide, corn. Pulch. 1,4. Les passions qui doivent être l'âme de la tragédie, id. Ex. de Nie. La charité qui est l'âme «t la vie de la grâce, pasc. Prov. 5. Cette tristesse qui en est l'âme, ne s'y remarque plus, la bruy. 45. || 10° On dit qu'une étoffe n'a que l'âme, quand elle n'a ni force ni consistance. || L'âme d'une devise, les paroles qui l'expliquent. || L'âme d'un violon, d'une basse, le petit morceau de bois placé dans le corps de l'instrument pour soutenir le chevalet et mettre en communication les deux tables de l'instrument. || L'âme d'un soufflet , la soupape de cuir par laquelle l'air pénètre. || L'âme d'un fagot, le menu bois qui se trouve au centre. || L'âme d'une statue, le massif sur lequel on applique la terre qui sert à modeler la statue. || L'âme d'un canon , d'une arme, le creux où l'on introduit la charge. || L'âme d'un tableau, l'esquisse. || Àme d'un cordage, fils que l'on met au milieu des différents torons dont le cordage est composé. || Âme d'une fusée, trou conique ménagé dans le corps d'une fusée volante. || Dans les manufactures de tabac, on appelle âme: 4° un bâton autour duquel le tabac cordé est monté ; 2° les petites feuilles qui remplissent le dedans des andouilles de tabac. ||Àme de la plume, petite masse sèche et longue que renferme le tuyau d'une plume.
— REM. 1. Ce mot s'était toujours écrit sans accent circonflexe jusqu'en 4798; mais alors l'Académie, dans son édition, l'a marqué d'un accent Èlrconflexe, et a maintenu depuis cet accent. L'accent,
outre qu'il indique la prononciation, représenta une lettre supprimée ; l'ancien mot était anme et, par suite, aime et mêmearme. || 2. Balzac a ditâme pour ce qu'il y a de meilleur dans une chose. Je choisis les oiseaux qui sont engraissés de sucre, et me nourris de l'âme du fruit, lin. n, lelt. 4.
— syn. Ame faible, cœur faible, esprit faible. Comme âme est plus compréhensif que cœur et esprit, l'âme faible désigne une personne en qui tout est faible; elle est sans ressort et sans vigueur. Le cœur faible est, suivant les deux acceptions du mot cœur, ou trop tendre, trop facile à toucher, à séduire, ou pusillanime et facile à décourager, à effrayer. Un esprit faible est incapable d'examen, crédule et inhabile à sentir la vérité et la raison.
— HIST. xi" s. Wart l'om que l'om l'anme ne perde , que Dex rachatat de sa vie, Lois de Guill. 44. Assoudrai vous pour vos anmes guarir, Ch. de Roi. lxxxvii. Toutes vos anmes ait Deus li glorieus, ib. clx. || xii*s. Pour la moie arme messes chanter ferez, Ronc. p. 48. Se plaist Jhesu, qui l'ame m'a donnée, ib. p. 49. Qui donc veïst le duc nostre seignor prier Qu'il ait merci de s'arme, corn de son chevalier.... Sax. xi. Li clers deivent les lais [laïques] elur anemesguarder, Th. le Mari. 30. Ore, mis sires, veirement vit Deus ta anenie, ki t'ad guarded que ne voises avant, Rois, too.Ço fud grant demustrance ke les anmes furent salvées devant Deu, ib. 202. Ellevos[voici que] en tamainest, mais nequedentl'anrme de lui guarde , Job. 4M. || xiii* s. Si ne troverent nule ame qui venist encontre aus, villeh. cvii. Mainte ame en fut de corps sevrée et départie, Berle, 4 1. [Dieu] Qui en ame et en corps en soit toujours gardere, ib. iv. Sire, que la vostre ame soit de Dieu couronnée, ib. xlvi. Lors regarde tôt contreval Le bois, por savoir s'aime orroit [entendroit], Et quant il nule aime ne voit.... lien. 24745. Et qui premiers istra fors enlapraerie, Semartire reçoit ne que arme ï'ocie, Devant nostre seigneur ira s'ame florie, Ch. d'Ant. vm, 4 74. Et une autre dame quiestoit à l'autre partdulit, ne li souffri mie; ainçois[mais] disoit que il avoit encore l'ame ou cors, joinv. 207. Et, ainsi, biaussire Diex, je lèverai m'amme à toy, et je me fie en toy, m. 204. || xv* s. Les Pisains.... respondirent.... que qui guerre leur feroit, bien et bel se defendroient , et qu'ils ne craignoient ame [personne] , Bouciq. m, chap. 4 4. Si très tost que cette petite fistule lai ra le couler et séchera, vous mourrez sans point de remède, mais vous avez quinze jours au plus de loisir pour vous aviser et penser à l'ame [le médecin à Charles V], froiss. ii,ii, 70. L'espie entra ens èi fossés où point d'eau n'a ni ne peut avoir, car ils sont de sablon bouillant ; et regarda dessous et dessus, et n'y ouit ni ne vit ame, et tout ce rapporta il ainsi à son maistre, id. ii , il, 43. Il n'avoit ame avec luy, mais avoit envoyé ses serviteurs pour.... comm. in, 2. || xvi' s. Vous lui direz le contenu en une petite ame [billet] escripto de ma main, que vous trouverez en ceste lettre, ou la luy monstrerez, marg. lett. 4 49. Un bastiment capable de deux ou trois cents âmes, mont, i, 237. Ils croyent les anies éternelles, id. i, 238. La fermeté du courage et de l'ame — Rendre l'ame , id. i , 243. Si ce ne sont quelques uns, qui ont (comme on dit) l'ame de travers , les autres sentent assez le fruit qui en revient [de la concorde], lanoue, 44. Des bénéfices qui vaqueroyentles premiers, qui sont sans charge d'ames.... in. 4 29. Considérez que la Roine mère est l'ame de l'Estat, elle qui est sans ame, d'aub. Hist. n, 40. Chascunpour sauver sa vie et respirer une ame précaire se faisoit bourreau de son compagnon, id. ib. n, 4 22. Il lui donna un bouquet d'olive, de laurier et de cyprès, avec un sonnet quiservoit d'ame à cet emblème, id. ib. n, 4 86. Voyant que le Roy, de sa propre ame [de son propre mouvement] , luy faisoit ce présent, carl. n. 46. Ame couarde en un beau corps logée, rons. 635.
— ÉTYM. Provenç. anma, arma; espagn. et ital. aima; de anima, dont la signification primitive est souffle, vent, et, par extension, respiration, vie, esprit, âme. On voit par là l'identité de ce mot avec l'âvEjjioi; des Grecs, qui a conservé exclusivement l'acception de vent ;anima et àv6(j.o; ont pour radical le souscrit ana. respirer. Cela montre comment les mots abstraits dérivent de ceux qui servent à désigner les objets matériels. Aneme dans certains textes anciens n'est un mot de trois syllabes que pour les yeux; la mesure du vers prouve qu'on ne donnait au mot que deux syllabes; cette orthographe était un archaïsme reproduisant de plus près la forme latine.
AMÊ, ÉE (a-mé, niée), adj. Ieime de chancel-
AME
AME
AME
lerie. Aimé. X nos amés et féaux conseillers, etc. Henri V [d'Angleterre] nomma son trèsamé fils Henri, héritier, régent du royaume, volt. Jfœurs, 4 86.
— ÉTYM. Amatus (voy. aimer).
+ AMELET (a-me-lé), s. m. Petit listel ou filet qui orne les chapiteaux.
f AMÉLIORANT, ANTE (a-aé-li-o-ran, ran-t'), adj. Qui améliore. Culture améliorante, culture qui accroît la fécondité du sol.
AMELIORATION (a-mé-li -o-ra-sion) , t. f.
|| 1° Changement en mieux ; meilleur état. 11 y a une grande amélioration dans l'état de ce malade. || 2° En parlant d'un bien-fonds. 11 a fait une amélioration considérable dans sa terre. || 3° En termes de droit, améliorations voluptuaires , améliorations d'agrément.
— HIST. xvi' s. Cet argent se consommera pour ses édifices et en l'ameliorementde sa maison, cahl. I, 31. Outre l'ameliorement de la chair par lechastrer, la furie de ces coqs est abbatue,o. de sei>hes,
— ÉTYM. Améliorer.
AMÉLIORÉ, ÉE (a-mé-li-o-ré, rée), fart, passé. Des terres améliorées par la culture. Des hommes améliorés par l'éducation.
AMÉLIORER (a-mé-li-o-ré). || 1° V. a. Rendre meilleur. Leurs travaux ont amélioré le sol. Cet événement a amélioré sa fortune. || 2° Dans l'ancienne chimie, améliorerun métal, l'épurer. || 3° S'améliorer, v. réjl. Devenir meilleur. Sa santé, sa conduite s'améliore de jour en jour.
— HIST. xii" s. Car or savum bien senz devise Que Deus nos a toz regardez; Tant nos somes améliorez, Que reial sûmes; mult vait bien, benoît, ii, 4 497). || xvi' s. La terre estameilleurée par la marne l'espace de dix ou trente ans, paussy, 329. L'eau y charrie de la graisse tant fertile, que le fonds s'en emmeliore beaucoup, o. deserres, 95.
— ÉTYM. À (voy. X) et meilleur.
t AMÉLIORISSEMENT (a-mé-li-o-ri-se-man), t.m. Terme particulier à l'ordre de Malte, et qui signifiait lamême chose qu'amélioration. Un commandeur ne pouvait passer d'une commanderie à une autre meilleure, s'il ne prouvait qu'il avait fait des améliorissements dans celle qu'il voulait quitter.
— ÉTYM. Améliorer.
AMEN(a-mèn'),s.m. || l°Mot hébraïque usité dans
les prières de l'Église, et signifiant: Ainsi soit-il. Le prélat fait l'action de grâce; l'assistant répond amen, chateaub. Génie, t. i, i, 8. Les élus auront un autre nom et un amen bienheureux, boss. Ilist. n, 4. || 2° Il sert à exprimer le consentement. Amen , soit. Il dit amen à tout, il ne fait aucune objection. J'ai été ravie que vous ayez dit amen sur toutes les bagatelles que je vous mandais, sév. 630. || 3° Familiènt. La fin d'une chose. Il m'a tout dit jusqu'à amen. || De pater à amen, du commencement à la fin.
— HIST. xui* s. L'oroison dist apertement Tybert et le per omnia, Devant l'autel s'agenoilla, Et Henart respondi amen; Puis li a dit : levez vos en. Et si alez fermer ces huis, Je dirai benedicamus, Ben. îi3cn. || xvi* s. Il ne faut pas prendre cela comme l'opinion d'un seul homme, car tous disent amen après lui, calv. lnstit. 65. toutes les promesses de Dieu sont Oui et Amen en Jésus Christ, id. ib. J20. Tant qu'il y a de promesses de Dieu, elles sont en lui Oui et Amen : c'est-à-dire ratifiées, id. ib. 448.
— ÉTYM. Hébreu amen.
| AMENAGE (a-me-na-j'), s. m. La peine et les frais pour amener, voiturer quelque chose.
— HIST. xvi' s. Les frais de l'aménage du sel sont par trop grands, paussy, 255.
— ÉTYM. Amener.
AMÉNAGÉ, ÉE (a-mé-na-jé, jée) , part, passé. Forêts, prés aménagés.
AMENAGEMENT (a-mé-na-je-man), s. m. Action de régler les coupes d'une forêt; résultat de cette action.
— REM. Au pluriel il a été abusivement employé pour emménagement, terme de marine.
— ÉTYM. Aménager.
AMÉNAGER (a-mé-na-jé), v. a. \\i° Régler les coupes d'une forêt, d'un pré. || 2° S'aménager, v. réfl. Être aménagé. Des prés qui sont regardés communément comme le bien qui rend le plus et qui s'aménage avec le moins de frais, vauban, Dtme, p. 193. || 3" Débiter en bois decharpente. Aménager un arbre. || ge devant a et o : aménageant.
— HIST. xv s. Le suppliant amesnagié [pourvu] ùechevaux, bestiaux, du cange, auctorabilis. Quand mossire Jean de Vienne, qui capitaine estoit de Ca-
lais vit que le roi d'Angleterre se ordonnoit et amenageoit pour la tenir le siège.... froiss. i, I, 2»'. || xvi* s. S'il retourne s'amesnager chez soy, et qu'il ait donné forme à une famille complète, il ne prisera pas, comme il doist, sa femme et ses enfans, ni le revenu de sa maison, lanoub, 449.
— ÉTYM. À (voy. À) et ménage.
AMENDARLE(a-man-da-bP), adj. || 1" Qui peut
être amendé, corrigé. Sol, terre amendante. || 2° Sujet à l'amende. Cas amendable. || Vieux en ce sens. || 3° En droit féodal , crimes amendantes, crimes dont on évitait le châtiment en payant une certaine somme'.
— ÉTYM. Amender.
AMENDE (a-man-d'),*.f. || 1* Peine pécuniaire. Mettez des amendes sur ceux qui....FÊN. Tél. xn. On a condamné à des amendes tous lesdonatistes, boss. I.elt. 237. Me mettrait-on à l'amende? Non, la font. Cas. Dix mille francs, dix mille francs d'amende! Dieul quel loyer pour neuf mois de prison I béranger, Dix m. f. || 2° Amende honorable, peine infamante, aveu public et forcé d'un crime. Son arrêt qui était de faire amende honorable devant Notre- Dame, sév. 296. ]| Fig. Faire amende honorable, demander publiquement pardon. Si on ne vous eût fait amende honorable pour l'affront... hamilt. Gramm. 9. Il a fait une grande amende honorable de sa vie passée, sêv. 473. Va, va-t'en faire amende honorable au Parnasse.... mol. Femmes «ai;, m, 5. Pour lui faireamonde honorable de ses infidélités, boss. Prière, 3. || Proverbe. Les battus payent l'amende, celui à qui une réparation serait due, souffre un nouveau dommage. Hé quoi donc? les battus, ma foi ! paieront l'amende , rac. l'iaid.n. Outre la perte de son procès, le baltu payait encore l'amende à l'époque où la plupart des différends se vidaient dans un champ de bataille à coups de mains.
— HIST. xii' s. Sire Reinaus, je m'en escondirai [excuserai] :À cent puceles, sur sains [je] vous jurerai Qu'oncques nul home fors vostre cors [je] n'aimai ; Prenez l'emmende, et je vous baiserai, Romancero, p. 60. || xin* s. Pour Dieu, prendés l'amende [réparation] que li rois vous offre, Chr. de Rains. p. <43. Et s'il i a nule parole Que sainte église tiengne à foie, Prest sui qu'à son voloir l'amende, Se ge puis suffire à l'amende, ia Rose, 4 5504. Il fut jugié quelitaverniers seroit en amende envers Pierre, beaum. xxvi, 4 5. Se cil devant Dieu li demande, Je ne respont pas de l'amende, ruteb. 73. Nous estahlissons que nulz de nos baillifs ne lieve amande pour debte que nos subjez doivent, ne pour malefaçon, se ce n'est en plein plet où elle soit jugée et estimée, joinv. 295. La quarte amende fu telle, que frère Hugue de Joy, qui estoit maréchal du Temple, fut envoie au soudanc de Damas de par le mettre du Temple , id. 2iis. || xv* s. Ceux de l'ost estoient moult courroucés, et ne savoient sur qui prendre l'amende, fkoiss. ii, il, 76. Et, quant pour parler il avoit reçu quelque dommage [Louis XI] ou en avoit soupçon, et le vouloit reparer, il usoit de ceste parole au personnage propre ; Je sçay bien que ma langue m'a porté grand dommage, aussi m'a elle fait quelqueslois du plaisir beaucoup ; toutes fois c'est raison que se repare l'amende, comm. i, 40. || xvi" s. Par l'amende et réparation qu'il en fit aux ombres des amants morts, yver, p. 549. Les autres furent condamnez en l'amende, partie honorable et partie profitable, castelnau, 5. Si l'enfant est jàformé, qu'il [celui qui fait avorter] en perde la vie : mais s'il n'est encore formé, qu'il soit condamné à amende pecuniere,
PARÉ, XXVII, p. 668.
— ÉTYM. Amender; bourguig. aimande.
AMENDÉ, ÉE (a-man-dé,dée), part, passé. Un sol
amendé. Une terre amendée. Projet de loi amendé. AMENDEMENT (a-man-de-man) , s. m. || 1° Changement en mieux. L'amendement d'une terre, d'un sol. Il n'y a point d'amendement à sa santé, à sa conduite. L'amendement que les années apportent à ma pauvre cervelle, sêv. '121. Ceux qui récidivent, sans qu'on y voie aucun amendement, pasc. Prov. 10. Satisfaites les deux par votre amendement, rotrou, Antig. v, 6. ||2° En agriculture, moyens par lesquels on améliore ou on modifie le sol, à l'aide du colmatage, de la chaux, de la marne, du sable, de l'argile, de l'humus, ou par le mélange des terres. || 3" Modification d'un projetde loi. Onaproposé plusieurs amendements. || 4° Dans l'ancienne jurisprudence, correction d'un jugement. Ilvoulutque l'on pût demander amendement des jugements rendus dans ses cours, montesq. Esp. xxvni, 29.
— SYN. amendement, correction, réforme , c'est changement en mieux. La correction ôte une faute,
un défaut, un vice. L'amendement rend meilleur. La réforme modifie tout à fait le sujet. On »e corrige d'un défaut; on s'amende, en gagnant des qualités; on se réforme, en substituant à un genre de vie déréglé un genre de vie tout contraire.
— HIST. xu* s. Quant par amendement lur ad Deus pardoné, N'erent par mun escrit el siècle vergundé, Th. le Uart. 4 36. Encuntre saint Iglise a estôlungement, Mais des ore trarra à sun delivrement, La pietez de Deu l'a trait à amendement, ib. 72. || xin* s. Quant aucuns se deut d'aucun tort qu'on li a fet, dont il veut avoir amendement par justice, il convient qu'il face.... beaum. 45. Li sires, à qui li amendemensapartient, doitdonner jordeveue, m. ix, 9. Sire, je dirai pour Pierre, parainendenientde liet de son conseil.... id. v,7. Ce ne soufist pas, ains convient qu'il raporte l'héritage, à tout [avec] son amendement, id. xiv, 4 3. Li labeurs et li amendemens qu'on met sur le lin fet le [la] seurté, par coustume, vers celi qui baille se [sa] terre, id. xxxiv, 4 7. Et se li quens voit que ce soit li porfit du pais et li amendemens du cemin, bien le doit soufrir, in. xxv, 7. Et s'il a avoué, il doit présenter li et son avoé, et se présenter par amendement d'armes, id. lxiv, 4. || xiv s. Mais il n'a en mesfaire fors que amendement, Itaud. de Seb. va, 34. Nous voulons que nos amendements soient faiz par la main de nos exécuteurs, du cange, amemlamentum. Le dit Juhannin mena une chartée d'amendement [fumier] aux champs, id. ib. || xv s. Les deux principaulx et les complices, lesquelx et non autres feront l'amandise du méfiait, id. ib. ||xvi's. En ces bains-là demeurèrent tous les malades, jusqu'à ce que, par leur amendement, ils connurent qu'ils s'en pouvoient retourner, marg. Prcf. Puisque le bon traitement que je vous ai fait n'a pu servir à votre amendement, m. A'ouc. vi. Je voy que l'amendement ne vault pas la douleur qu'il en fault endurer, amyot, Marius, ».
— ÉTYM. Amender; provenç. amemiammt.
AMENDER (aman-dé), v. a. || 1° Rendre meilleur. Les labours amendent les terres. Les bons exemples ont amendé ce jeune homme. Le réveillematin eut la gorge coupée; Ce meurtre n'amenda nullement leur marché, la font. Fab. v, 6. J'espère avec usure amender mon défaut, Régnier, Élég. iv. || 2° Modifier un projet de loi. On a amendé le projet présenté par le ministre. || 3" Autrefois, amender signifiait aussi condamner à l'amende. || 4° F. n. Faire des progrès en mieux. Ce malade n'a point amendé depuis sa saignée. || 6* Baisser de prix. L'abondance étant universelle, et le blé étant amendé, scarr. i, 62. Vieux en ce sens. || 6° V. réfl. S'amender. Cette terre s'est bien amendée. Et disais à part moi : mal vit qui ne s'amende, Régnier, Sat. xin. || Proverbe. Jamais cheval ni méchant homme n'amenda pour aller à Rome; c'est-à-dire on ne se corrige pas de ses vices en voyageant.
— HIST. xi* s. E qui enfraint la pais le [rei, cent solz le amendés, lots de Guill. I. ||xn* s. Dame, valeur, beauté et courtoisie [il y] A tant en vous qu'on n'y sait qu'amender, Couci, xxi. Al gentil rei Englois, conte d'Ango, Henri, Ducnorman,aquitan, sun seignureami, Thomas li arcevesques, qui jadis le servi , Mais or est suens en Deu , saluz eovres si Qu'il guerpisse e ament tu/, mais que a fait ci, Th. le Uart. 7t. Et se li reis Henris a de rien meserré Encuntre l'arcevesque , par els seit amendé, ib. 66. Aine mais si bons romans ne fu faiz ne trovez; XCantorbirefue faiz e amendez: N'iadmis un seul mot qui ne seit veritez, ib. 166. || xin* s. Sont en terre establi li juges Por estre deffense et refuge A cel cui li monde forfet, Por faire amender le meffet, la Rose, 6486. Bêle robe et biau garnement Amende les gens durement, ib. 2154. Dangier, si Diex m'amant [me favorise] , Vous avez tort vers cel amant, Quant par vous est si mal menez, ib. 326 9. Se chevaliers maine chevaliers, il ne les garantist pas, ne escuiers escuiers, ains convient que cascuns amende le meffet en se [sa] personne, beaum. xxx, 58. Li hoirs a bone reson de soi deffendre', à qui on demande qu'il amende le meffet que ses pères ou si devancier firent, id. vu, s. Et par cex doit estre osté et amendé ce que Ii baillis a fet trop, id. 30. C'est bone seurté quant cil qui le [la] coze prent y met toz jors du sien en amendant le lieu dusqu'à tant que ce vient au despouillier [récolte] , id. xxxviii , 4 s. Or vous agenoillés et m'amendes ce que vous y estes aies contre ma volenté , joinv. 288. Par cest establi ssement [le roi] amenda moult le royaume, id. 296. Ils cuevrent [couvrent] dedans la terre les fourmens.les orges, les ris, et viennent si bien que nulz u'i saurait qu'amender, id. 220. Après la me-
AME
AAjE
AME
nace, quant le mauvais serjant ne se veut amender, le seigneur fiert ou de mort ou.... id. (97 Le comte de la Marche, comme cil qui ne le pot amender, s'en vint en la prison le roy, id. 206. || xv* s. Le roi Edouard sejournoit àVilvort.... et perdoitson temps, dont il lui ennuyoit moult, et ne le pouvoit amender, Fsoiss. î, i, 78 Bonnegens, que vous faut?Qui tous meut? Pourquoi estes-voussi troublés sur moi? En quelle minière vous puis-je avoir courroucé? Dites le moi, et je l'amenderai pleinement à votre volonté, id. i, i, 248. Si manda tantost à celui Parot le Biernois, que incontinent rendist les forteresses et amendast les forfaitures, Bouciq. i, ch. 20. Et deux grans princesqui se voudraient bien entr'aimer, ne se devraient jamais voir, mais envoyer bonnes gens et sages, l'un vers l'autre, et ceux les entretiendraient ou amenderaient les fautes, comm. i,(4. Et ne pense point mentir de dire que depuis ceste première bataille deGranson jusquesau trespasdu roynostre maistre, lesdictes villes et particuliers ont amendé de nostre roy d'ung million de florins du Rhin, id. v, 2. X l'heure que fut achevé le mariage dessus dit, leurs affaires n'en amendoieut gueres, car ils estoient jeunes tous deux, ledit duc Maximilien n'avoit congnoissance de riens, id. vi, 3. Je confesse bien que tousjours en y a en telles mutations [révolutions des royaumes entre eux] qui en ont joye, et qui en amendent, id. viii, 17. Dites-moi, jevous requiers, qui a esté votre recteur, ou, par saint François, vous l'amenderez [le payerez] I louis xi, Nouv. lx. || xvi" s. Il y a p*eu de paroles qui ne se puissent amender, mais la vie perdue ne se peut recouvrer, marc Nouv. x. La médecine qu'elle lui bailloit pour amender sa douleur la lui rendoit beaucoup plus forte, id. t'6. Il n'y a méfait ne crime qui ne se puisse amender; mais après la mort, n'y a point d'amendement. — Commentsauriez-vous amender la honte? dit Longarine, id. ib. xxxu. Le médecin lui dict que son habitude s'en pourrait amender, mont, i, (H. Non seulement ils n'amendent pas ce qu'on leur commet, mais l'empirent, id. i, (48. On disoit à Socrates que quelqu'un ne s'estoit aucunement amendé en son voyage, id. i, 275. Chascune des parties espérait que sa condition amenderait parle changement, amyot, Solon, 60. Il alloit flattant et caressant les femmes pour en amender [tirer profit], id. Crassus et Nicias, 2. A mesure que son ulcère couloit, tousjours alloit en amendant, de façon qu'il recouvra du tout sa veue, paré, vm, 25.
— ÉTYM. Emendare (de e, indiquant extraction, et mendum, faute) , altéré de très-bonne heure dans le français et même le provençal (voy. amendement) en amendare.
AMENÉ, ÉE (a-me-né, née). || 1° Part, passé. Amené devant le tribunal. Un cheval amené par la bride. Cet homme amené à résipiscence. || 2° S. m. En termes de droit, un amené sans scandale, ordre d'amener q elqu'un devant le juge, sans bruit, sans lui faire affront. Tout doux! un amené sans scandale suffit, rac. Plaid, n, (4.
AMENER (a-me-né; se conjugue comme mener), v. a. || 1° Mener vers. Je l'amènerai dîner chez vous. Amène-le devant nous. Cet ingénieur amena les eaux de fort loin dans la ville. Le lapin ne fait sortir ses petits de leur retraite pour les amener en dehors que quand ils sont tout élevés, buff. Lapin. Quels motifs jusqu'ici peuvent nous l'amener? corn. Sertor. i, 2. Hélas! qui peut savoir le destin qui m'amène? rac. Andr. i, >. || Mandat d'amener, ordre de comparaître devant un juge. || 2° Fig. Amener quelqu'un à une opinion, à un sentiment, faire qu'il l'adopte. II amena les autres à ses sentiments. L'amour où je voulais amener sa tendresse, rac. Brit. iv, 2. A quel excès d'amour m'avez-vous amenée ! id. Bérén. iv, 6. Jouis de mes travaux, mais crains d'empoisonner Ce bonheur difficile où j'ai su t'amener, volt. Alt. I, 4. || Amener quelqu'un à faire une chose, à prendre un parti, etc. || 3° Tirer à soi. Il amène à lui tout le tapis. L'accoucheuse a amené un enfant fort et bien portant [du sein de la mère]. || 4° En termes de marine, abaisser, faire descendre. Enfin, nous amenâmes la voile, chateaub Hin. n, 48. || Amener pavillon, et, absolument, amener, se rendre. || 5° Introduire, donner occasion à. Ce sont les jeunes gens et les femmes qui amènent les modes. C'est vous qui avez amené l'entretien. Les brusques changements amènent les maladies. || Amener un incident, une reconnaissance, un dénoûment, les préparer avec art. lia très-bien amené cette comparaison, il l'a présentée d'une manière heureuse et naturelle. || 6° Terme de jeu de dé, de trictrac. Amener beset, double deux , sonnez, double six.
— HIST. xi* s. E s'il pot dedenz un an e un jur trover le larun e amener à la justice... Lois deGuill. 4. Diz blanches mules fist amener Marsiles, Ch. de Jl l. vu. || xii" s. Et vint ostages qui ci sunt amenez, Jîonc.p. 31. On lui amené un destrier de Ongrie, t'6. p. 55. Sim'ament [qu'il m'amène] Aude, qui tant a le vis clair, id. p. (57. Tant qu' [il] aitocis celui qui sa terre lui art, Ou il l'en amaint pris en chaaine ou en hart, Sax. xix. Et sainz Pois ne se repentivet [repentait] mie de ceu k'il ses disciples avoitameneizàtristeee,ST. bern. 564. || xm's. Pour la raison de ce qu'o moi [je] l'ai amenée [la terre] , Berte, xvi. Et je fui amenée en la cil de Paris, ib. xxx. Qu'ele amaint, s'ele peut, ou Rainfroy ou Heudri,ib. lxxi. Ou HeudriouRainfroi [j']enamenrai o mi [avec moi], ib. lxxi. En leurgalies montèrent et en amenèrent avec eux le bon conte Perron de Bretaingne, joinv. 249. Nous l'amenâmes à la meson,là où le roy et la royneet touz les barons la reçurent moult honorablement,joinv. 2(2. || xv* s. Là une anesse trouverez Liée, vous la deslierez, Etla m'amarrez maintenant, la Pass. de N. S. J. C. Ils trouvèrent les nefs et les vaisseaux tous prests que on leur avoit amenés d'Angleterre, froiss. i, i, 29. Il ameine avec lui grant monde pour quelque occasion do guerre, comm. vi,3. || xvi" s. Et me semble qu'il n'en faudra point amener [produire] de grandes preuves, lanoue , (47. Les propres parents ne peuvent demeurer longtemps ensemble, sans entrer en des débats, qui après les amènent aux armes, id. 247. Estant fort, vous amenez vos ennemis a raison bien tost, soit par victoire ou composition, id. 4(6. En suivant le fleuve, on abonderait de toutes provisions nécessaires qui s'amèneraient par icelui , ED. 422. Comme ceux de la caraque lui commandèrent de ameiner, il abat et amure sa grand voile tout d'un coup, D'aub. Hist. n, 50. Les Portugaisne crurent pas qu'ils osassent parler à eux jusqu'à ce qu'ils crièrent ameine, id. ib. a, 208. Voyla cinq esclaves, mange-les, et nous t'en amenons davantage, mont, i, (29. Il desfeit et meiten pièces dix mille barbares, et en amena très grande quantité de butin, amyot, P. Mm. (3.
— ÉTYM. À (voy. À) et mener; bourguig. emenê; Berry , j'amerrai , j'amènerai (archaïsme) ; provenç. amenar.
AMENITE (a-mé-ni-té), s. f. \\ 1" Agrément accompagné de douceur. Aménité d'un lieu. Aménité de l'air, de la température. Vous pourrez jouir de l'aménité de la France, que vous aimez, montesq. Corresp. (7. || 2° Douceur accompagnée de grâce et de politesse. D'Artaguette offrait en lui la loyauté des anciens jours et l'aménité des moeurs du nouvel âge, chateauer. Natch. m, (69.
— REM. Laveaux conteste à l'Académie sa définition d'aménité : Ce qui fait qu'une chose est agréable. Suivant lui, l'aménité ne se dit pas des choses, et on ne peut dire avec l'Académie : L'aménité d'un lieu. Malgré la remarque de Laveaux et bien qu'en effet aménité soit plus souvent employé en parlant des personnes, cependant on peut suivre l'Académie et le dire des choses.
— ÉTYM. Provenç. amenitat; à'amoznitatem, d'omœnus, agréable.
t AMÉNORRHÉE (a-mé-no-rrée), s. f. Terme de médecine. Absence du flux mensuel chez une femme en âge d'être réglée ; suppression de la menstruation par maladie.
— ÉTYM. 'A privatif, u.?)v, mois (voy. mois), et feiv, couler.
AMENTACÉES (a-man-ta-sée) , s. f. plur. Nom donné à la famille des plantes à chatons.
— ÉTYM. Amentum, qui signifie lien , courroie, attache.
t AMENTIFÈRE (a-man-ti-fè-r') , adj. Terme de botanique. Qui porte des chatons.
— ÉTYM. Amentum, chaton, et ferre, porter.
| AMENT1FORME (a-man-ti-for-m') , adj. Terme didactique. Qui est en forme de chaton.
AMENUISÉ, ÉE (a-me-nui-zé, zée), part, passé. Rendu menu. Un bâton amenuisé. Bien.... Qu'elle ait sèche la chair, le corps amenuisé, Régnier, Sat. n.
AMENUISER (a-me-nui-zé). || 1° V. o. Rendre plus menu. Amenuiser une planche. || 2° S'amenuiser, v. réfl. Devenir plus menu. Le cœur se dilate au dedans, quand il s'apetisse et s'amenuise au dehors, boss. Connaiss. n, 3.
— HIST. xin* s. Einsi aloit li os [armée] ameimisans de jor en jor, villeh. liv. Amant ne me vuelent prisier, Ains s'efforcent d'amenuisier Mes biens, quant ge les lor départ, Et les regietent d'autre part, la Rose, (0298. Ne ne soufferront nos droiz que il soient soustrait, neosté, ne amenuisié, joinv. 294. Nulz vers ne la puet pertuisier , Ne son
vernis amenuisier, Car elle est de tous vers tueuse. j.dkmeung. TV. 636. ||xv*s. Quand ceux de Wanvich veirent qu'ils n'estoient confortés de nul costé, et que les vivres leur amenuisoyent, froiss. i, i, 63.
— ÉTYM. A (voy. À) et menu (voy. ce mot). AMER. ÈRE (a-mèr, mê-r'), adj. || l*Quia une
certaine saveur désagréable, comme l'absinthe ou le quinquina. Avoir la bouche amère, sentir dans la bouche un goût d'amertume. || En poésie, l'onde amère, l'eau de la mer. Les chevaux du soleil, sortant de l'onde amère. fén. Tél. iv. || 2° Fig Triste, pénible. Une douleur amère. Sa perte, que je veux, me deviendrait amère, corn. Cinna, i, 2. Cependant mon destin est à ce point amer, id. Agésil.w, 5. Ce sont des répugnances qui ne sont amères qu'aux sens. mass. Car. Dégoûts. La piété et la vie chrétienne sont trop amères à la nature pour être jamais le parti du plus grand nombre, id. Car. Élus. Les dégoûts de la vertu ne sont pas si amers que ceux du monde, id. Dégoûts. Pour épargner les moments les plus amers d'une sainte tristesse , m. Mélanges. Ils menèrent une vie pauvre, dure, amère, id. Confér. Revenus. Ge bonheur amer que la crainte empoisonne, delav. Paria, i, 2. Mes premières paroles furent amères à mon père... montesq. /„<?«. péri. 87. || En style marotique et en parlant d'ut>e maîtresse, cruelle. Depuis le jour qu'amour trouva Celle qui me fut tant amère, ciiaul. t. i, 210. || Larmes amères, celles qu'une profonde douleur fait répandre. Je versais des larmes amères, fén. Tél. iv. Malgré les pleurs amers dont j'arrose ces lieux, créb. Electre, i, 6. || 3" Dur, offensant. Une raillerie amère. Un reproche amer. Le zèle des saints Pères était encore bien plus amer, sév. 344. || Familièrement, il est d'une bêtise am're, il est extrêmement sot. || 4° S. m. Ce qui est amer. L'amer et le doux sont deux qualités contraires. || 5" Fiel de quelques poissons. L'amer d'une carpe. L'amer d'un brochet. On le dit aussi en parlant du bœuf: l'amer du bœuf. || 6* S. m. plur. Les amers. Terme de médecine. Groupe de médicaments remarquables par leur amertume plus ou moins prononcée. || Proverbes. Qui est amer à la bouche est doux au cœur; c'est à-dire des choses désagréables peuvent être salutaires. || On ne peut mâcher amer et cracher doux; c'est-à-dire les mauvais traitements aigrissent le caractère.
— hist. xii* s. Puis il fu en Egipte asez plus qu'emperere, E guardi ses parenz de la famine amère, Th. le Hart. 65. || xin* s. Li nature a une vesie qui se tient à une des brances du foie, qui est apelée l'amer, alebrand, f* 39. Ne soiez vers les pauvres ne sure ne amere, Berte, îv. Lasse! com j'ai trouvé gent mauvaise et amere, ib. xvm. Car la nuit qu'ai passée, [j'] ai trouvé moût amere, tb. xliv. Se vers moi [vous] eussiez eu pensée amere Si comme avoit Tybers, ». cxi. Ysengrin a fet sor Renart Fol jugement et fol esgart; Trop est d'aus deus la guerre amere , Ren. (803(. Certes, Honte, ja n'amerai Ne vous, ne Raison votre mère, Qui tant est as amans amere, la Rose, 20982. Amant sentent les maulx d'amer [aimer] , Une bore dous, autre hore amer, ib. 2(93. Comment le maulvais empereur Néron, par sa grande fureur, Fist devant luy ouvrir sa mère, Et la livrer à mort amere, Parceque veoir il vouloit Le lieu où conceù l'avoit, ib. 6! 98. || xiv*s. Et les choses qui sont douces selon vérité leur semblent aucune foiz amères, oresme, Eth. 70. |j xv* s. Vrais Diex, en qui n'a point d'amer, Vueilles nous secourir, sy te plaist; Perdu avons, doDt nous desplait, L'estoille qui nous conduisoit, le Jeu des trois rois. || xvi" s. X vous elle est trop plus douce que miel, Aux desloyaux plus amere que fiel, marot, i, 287. Le sens est une puissance naturelle de discerner et cognoistre autant le blanc comme le noir, et non plus le doulx que l'amer, ou le mol et enfondrantcomme le dur et le ferme, amyot, Démétr. t.
— ÉTYM. Berry, amar; provenç. amar; espagn. amargo; ital. amaro; d'amarus.
AMÈREMENT (a-mê-re-man) , adv. Avec amertume. 11 ne s'emploie qu'au figuré. Regretter amèrement. Je pleurais amèrement en vous écrivant, sév. 42.
— HIST. xii* s. EFenenna iço li turna à repruce, e acoustuméement l'eu atarjout , e amèrement rampodnout, Rois, 3. Por ceu plorerent li engele de paix amèrement, et si disoient.... st. bern. 6i7. || xv" s. Ce bon orfèvre avoit un serviteur qui estoit amoureux et jaloux très amèrement de sa dame, louis xi, Nouv. lxxxv. Si commença à soi desmenter et crier plus amèrement que devant, id. tb. 9s || xvi* s. Or est ma cruelle ennemie Vengée bien amèrement, marot, n, 243. Ce que le roy ayant entendu, s'en aigrit et courroucea si amèrement,
AMË
«pi'il commanda incontinent que l'on luy tranchast la teste, amyot, Artax. 4 8.
— Etym. Amère, au féminin, et ment; provenç. amaramen; ital. amaramente.
AMF.RS(a-mêr), s.m.plur. Terme demarine. Marques apparentes sur les côtes, telles que clochers, tours, rochers, propres à guider les navigateurs qui sont a vue de terre.
— ÉTYM. I (voy. X) et mer (voy. mer). AMERTUME (a-mèr-tu-m'), ». f. || 1* Saveur
amère. L'amertume de l'absinthe. || 2* Fig. Peine, déplaisir, tristesse. L'absence jette une certaine amertume qui serre le coeur, sév. 209. Elles me font sentir plus tristement l'amertume de votre absence, m. 436. Il [l'amour] a de l'amertume à son commencement, malh. v, 26. Pour repasser dans l'amertume de son âme toutes les années de sa vie, fléch. Dauph. L'amertume de leur pénitence, n>. Serm. I, 229. Sa douleur sera grande à ce que je présume; Mais j'en saurai sur l'heure adoucir l'amertume, corn. Rod. iv, 4. Il trouve l'amertume Au milieu des plaisirs, rac. Esth. il, 9. Ma plus grande amertume, en ce funeste sort, C'est d'entendre Alvarez prononcer notre mort, volt. Alx.v, 4. Il meurt dans l'amertume , et son âme incertaine Demande en soupirant si vous êtes chrétienne, id. Zaïre, n, 6. Que cet étatnouveauoùvous allez entrer console toutes les amertumes de votre pénitence passée, mass. Confir. Jubilé. Vous écrivez contre moi, dans le livre de votre colère, toutes les amertumes de mes passions, m. Avent. Mort du péch. Répandez des amertumes sur des passions insensées, id. Prof. 2. L'amour du monde répand sur le cœur une amertume universelle , id. Prière. Vous êtes venu répandre l'amertume de votre cœur au pied des tribunaux sacrés, id. Rech. Il faut boire toute l'amertume de ce calice, id. Car. Dégoûts. Répandre mille amertumessur leurs plaisirs, boss. Souff. 4 . Ils ont goûté en esprit les amertumes de la croix, id. Mit. n, 2. Cet inconnu m'a répondu comme un homme qui écoute à peine ce qu'on lui dit et qui est plein d'amertume, fên. Tél. xxiv. Âmes mercenaires, qui ne peuvent veiller une heure en amertume avec Jésus agonisant, id. t. xvn, p. 268. Le Christ a bu jusqu'à la lie le calice d'amertume, chateaub. Génie, n, n, 8. M. de La Trappe excusait tout ce qu'il ne pouvait nier, et avalaità longs traits l'amertume de ce calice [les duretés de Gervaise], st-simon, *t, 23. Bien que tout reconfort lui soit une amertume, Avec quelque douceur qu'il lui soit présenté, malh. vi, 44. || 3" Ce qu'il y a d'amer, d'offensant, démordant dans des paroles, des écrits, etc. Seigneur, trop d'amertume aigrirait vos reproches, rac. Iphig. m, 7. L'amertume et le zèle d'Elie sur les scandales et l'idolâtrie d'Israël , mass. Car. Passion.
— HIST. xii* s. Mais de ço est en mun quer grant amerté asise Que ne vus ai el chief la corune d'or mise Sulunc la dignité de nostre mère iglise, Th. le Kart. 4 29. Et tuz ces ki furent en anguisse, e ces ki furent traveillez pur dette qu'il durent, e ki furent en amertume de lur curage, s'asemblerent od David, Rot», 86. Envelopeiz soit d'amertume, Job, 459. || xiii* s. Que lupin soient tempré en l'ewe, tant que leur amertune soit ostêe , alebrant , f* 6 1 . Mes qui bien les esproveroit, Tant d'amertume i troveroit, Qu'il s'i craindrait moult à bouter; Tant fait lor grâce à redouter, la Rose, 48784. Vierge qui du haut fil de Dieu t'enceinturas, Qui le dous fruit de vie en tes flans mettras , Dont toute l'amertume du monde assavoras, Ne nos oblie mie.... j. de meung, Test. 24 23. || xvi* s. Voy mes compaings lesquels ont de coustume Faire grands plaints de pareille amertume, marot, i, 34 6. Sçais-tu pas bien qu'amour a de coustume D'entremesler ses plaisirs d'amertume? id. i, 340. Elle engendre en l'ame une mauvaise habitude, que l'on appelle cholere, laquelle finablement devient un feu d'ire soudain, une amertume vindicative, amtot, Comm. refren. la cholere, e.
— ÉTYM. Provenç. amaruns ; de amaritudinem , de amarus (voy. amer). On a dit aussi amerté dans l'ancien français.
t AMESTRER (a-mè-stré), v. a. Terme de teinturier. Mêler le carthame lavé avec de la cendre gravelée, en les piétinant par petites portions.
AMÉTHYSTE (a-mé-ti-sf) , s.f. Pierre précieuse, de couleur violette. C'est le nom donné par les lapidaires au quartz hyalin violet des minéralogistes. || Fausse améthyste, le spath-fluor violet
— hist. xi* s. Pierres i a, ametiste et topaze, Ch. de Roi. cxiii. || xn* s. Jagonces, saurs, calcédoines, Esmeraudes, bonnes sardoines , Et bons coraus et crisolites, Et diamans et amatistes, Romancero,
AMI
p. 59. || xiii* s. Pelles [perles], coraus et crisolites Et diamans et amecites, FI. et RI. 657. ||xvi*s. Estant entaillé en un camoïeu d'amatite, tver, p. 688.
— ETYM. 'A|itf)u<TToç, de à privatif, et neOûtiv, enivrer, de |«8v vin, à cause que l'on attribuait & cette pierre la vertu de prévenir l'ivresse.
— REM. On lit dans Ménage : « Du Bartas et Belleau ont dit améthyste, et plusieurs le disent encore aujourd'hui. Pourtant la meilleure et la plus saine partie des écrivains disent amathyste, de l'italien et l'espagnol amalista : il y a plus de 200 ans qu'on dit ainsi : Vermeille comme une amathyste, villon. On ne parle pas autrement à la cour. » Aujourd'hui on ne dit qu'améthyste.
AMEUBLEMENT (a-meu-ble-man) , s. m. Tous les meubles qui garnissent un appartement, une pièce.
— Etym. Ameubler, verbe factice, de d (voy. A) et meubler.
AMEUBLI, IE (a-meu-bli , blie) , part, passé. Biens ameublis. Des terres bien ameublies.
AMEUBLIR (a-meu-blir) , v. a. |f 1° Terme de droit. Faire entrer ses immeubles dans la communauté. Un époux peut ameublir ses immeubles en tout ou en partie. || 2* Terme d'agriculture. Rendre meuble. On ameublit un terrain par des façons, labours , binages , hersages, etc. qui divisent la terre, et en rendent la couche superficielle plus perméable aux engrais, aux agents atmosphériques, aux racines , et plus légère aux semences.
— ÉTYM. A et meuble, adj.
AMEUBL1SSEMENT (a-meu-bli-se-man) , s. m.
|| 1* Action d'ameublir; état de ce qui est ameubli. Par Pameublissement , les époux font entrer dans la communauté tout ou partie de leurs immeubles présents ou à venir. || Clause d'ameublissement, celle par laquelle on fait entrer des immeubles en communauté, en leur donnant fictivement la qualité de meubles. || 2* Terme d'agriculture. Action d'ameublir un sol.
— ÉTYM. Ameublir.
t AMEULONNER (a-meu-lo-né) , v. a. Terme d'économie rustique. Mettre les foins, les pailles en meule, pour les conserver.
— ÉTYM. A et meule.
AMEUTÉ, ÉE (a-meu-té,tée), part, passe. Chiens ameutés. La foule ameutée.
t AMEUTEMENT (a-meu-te-man), s. m. || 1° Assemblage de chiens dans une meute. || 2° Action d'ameuter. Ces ameutements, en apparence contre les ducs, ne furent en effet pratiqués que pour se fortifier contre les princes du sang, st-sim. 262, 4 86.
— ÉTYM. Ameuter.
AMEUTER (a-meu-té), v. a. || 1* Mettre les chiens en meute pour chasser. j| 2° Fig. Attrouper pour un but de désordre ou de sédition. Il ameuta les oisifs du quartier. Il ameuta les faubourgs. Ces peuples avilis qui se laissent ameuter par des ligueurs, i. J. rouss. Pol. 8. Est-ce moi qui menace? ai-je ameuté l'empire? m. j. chên. Tibère, ni, 3. || 3° S'ameuter, ». réfl.he peuple s'ameuta contre les patriciens.
— REM. Ameuter, v. n. s'est dit pour se réunir à la meute, et, figurément, se réunir à un parti, à une coterie. Chamillart l'emporta [sur Bagnols] , et Bagnols quitta l'intendance et vint ameuter à Paris , st-sim. 499, 448. Inusité en cet emploi.
— HIST. xvi* s. Les reformez, quoique tous esperdus par les divers combats, s'ameutoient à retirer le Prince, d'aub. Hist. i, 246. Trois puissans fléaux de Dieu furent en mesme temps desploiez sur la France occidentale ; car la famine et la peste s'ameuterent à la guerre, id. ib. m, 6. Je descouplay mes chiens et for-huant après, Les nommant par leurs noms, il n'y eut ny forés, Montagnes ny chemins, ny lande inhabitée, Qui ne fissent un bruit sous ma chasse amutée, rons. 670.
— ÉTYM. A (voy. A) et meute.
AMI, IE (a-mi, mie), s. m. et f. || 1° Celui, celle qui nous aime et que nous aimons. Ami de cœur. Un ami d'enfance. Avoir beaucoup d'amis. Prendre quelqu'un pour ami. Une femmeest souvent pour un homme une excellente amie. Qu'un ami véritable est une
douce chose! la font. Fab. vin, 4 4 cet ami
sincère Du secret de nos cœurs connaît tout le mystère, rac. Rérén. n, 4. Il a été l'ami de votre adversité, mass. Rech. Mais je veuxbien vous répondre en amie, corn. Nicom. ni, 2. Voilà, mes chers amis, ce qui me met en peine, in. Cinna, II, 4. Il se fit des amis fidèles qui ne le trompèrent jamais, boss. Polit. H est un peu de mes amis, mol. Fest. m, S. Je suis ami de don Juan, id. ib. in, 5. D'une heure encore, ami, mon bonheur se diffère, volt. Zaïre, m, 4. Et j'aurais les mortels et les dieux pour amis, En révérant le père et punissant le fils, lit.
AMI
Ah. ni, 5. || Ami de table, de Jeu, etc. compagnon de plaisir. Vous êtes de l'humeur de ces amis d'épée Que l'on trouve toujours plus prompts à dégainer Qu'à tirer un teston, s'il le fallait donner, mol. l'Étour. ni, 5. || Ami de tout le monde, du genre humain, homme qui accorde indistinctement son amitié à tout le monde. L'ami du genre humain n'est point du toutmon fait, MOL.Jfïs. i, 1. 1| Ami de cour, celui qui n'a que de fausses apparences d'amitié. Allons, ferme, poussez, mes bons amis de cour, mol. Mis. n, 5. || Mon ami, mes amis, termes d'affection avec des égaux, de familiarité avec des inférieurs. || L'ami , se dit à l'égard d'inférieurs. L'ami, ferez-vous co message pour moi? I| Mon petit ami, est quelquefois aussi un terme de hauteur : Mon petit ami, je veux que vous sachiez.... || M'amie, abréviation de ma amie, expression familière en s'adressant à sa femme, à sa fille ou aussi à une femme d'une condition inférieure. ||2°Amie, en langage de chevalerie, dame des pensées. Beaumanoir dit qu'il fallait combattre pour savoir qui avait la plus belle amie, volt. Mœurs, 76. || 3° Bon ami, bonne amie, se disent familièrement pour amant, maltresse. Comment Mlle N. traiterait le bon ami de sa maman, i. j. rouss. Conf. vi. || 4* En termes de généalogie, amie, maîtresse, en parlant de bâtardise. Un tel eut d'une telle, son amie, un fils.... || 5° Allié, en parlant des Etats. La France tira peu de secours de ses amis. Ceux que tu laisseras en paix te seront bons amis, vauoel. Q. C. 424. J'en obtiendrai pour fruit le nom de son amie , Je vous verrai , consul , m'en apporter les lois , corn. Sertor. iv, 2. || 6* Ami, qui a de l'attachement pour. Ami de son pays. Lequel de nous deux est l'ami du peuple? || 7° Qui a du goût pour. Les amis des lettres. Ami de la modération. Je suis fort ami de la brièveté. Naturellement, le jeune prélat était plus ami de ses aises que jaloux de commander, anquetil, Ligue, in,467. || 8° Personnes liées par un intérêt de parti, de coterie; fauteurs. Ami delà noblesse. Les amis de Catilina. Nuln'aura de l'esprit hors nous et nos amis, mol. F. sav. m, 2. || 9" Qui a de la sympathie pour, en parlant des animaux et des végétaux. Le chien est ami de l'homme. Le concombre est ami de l'eau. || 10* Adj. Qui appartient à un ami, favorable. Sentiments amis. Une divinité amie. Visage ami. Toutes les fois, tyran, qu'on se laisse adopter, On veut une maison illustre autant qu'amie, corn. Héracl. v, 3. Jugez si les coups qui partent d'une main si amie et si favorable peuvent n'être pas proportionnés à notre faiblesse , MASs.^lvent, Afflict. Il 11* Allié. Peuples amis, cités amies. Les prenant pour une troupe amie. || Couleurs amies, couleurs qui produisent ensemble un effet agréable. || Pôles amis, les pôles qui s'attirent, en parlant des aimants. || Proverbes. Ami au prêter, ennemi au rendre , c'est-à-dire on se fait souvent un ennemi de celui à qui on a prêté de l'argent, en le lui redemandant. || Jamais honteux n'eut belle amie ; en amour , il faut être entreprenant || Les bons comptes font les bons amis; c'est-à-dire il faut régler les intérêts réciproques et se bien entendre , si l'on veut rester amis.
— REM. Suivant Laveaux, on dit ami de quelqu'un, et non ami avec quelqu'un, et il ne faut pas imiter Voltaire, dans cette phrase : «Claveret, avec qui il était ami, avait été celui qui avait fait courir cette pièce. » Malgré cette remarque, on peut dire arec. qui ne choque en rien la grammaire. || On dit aussi ami d : Quelque ami que vous lui soyez, mol. Don Juan, m, 4. La neutralité entre des femmes qui nous sont également amies, la bruy. 43. Il faut observer que ce genre de régime ne doit s'employer qu'avec des pronoms qui se mettent avant le verbe.
— HIST. xi* s. Etsi nul [quelque] parent n'ami ceste justice deforcent [s'opposent de force].... Lois de Guill. 46. Et Pinabel mon ami et mon pair, Ch. de Roi. xxvi. Pour sa beauté dames lui sont amies, ib. lxxv. Eh! reis amis, que [pourquoi] vous ici nen estes? ib. cxxvi. Ami Rolans, Deusmete t'ame en flursl ib. cciv||xii*s. Ami prisé, Ronc. p. 4 7. Tant fu blasmés de ses meillors amis, ib. p. 24. Tante pucele gaste [privée] de lor amis, ib. p. 72. Atant es-vous Braimimonde s'amie, ib. p. 4 4 6. Li cuens Rolant cui vous estes amie, ib. p. 4 60. Où est Rolant, qui de moi fit s'amie? ib. p. 468. Que vous amez [aimiez] vostre loial ami, Couci, vil Tuit mi penser sont à ma douce amie. ib. n. Las! pourquoi l'ai de mes ieuz regardée La douce rien qui fausse amie a nom? ib. vi. Assez aim [j'aime] mieuz mourir en bon désir Que vivre irez et m'amie haïr, ib. ix. Li cuens de Blois devrait bien mercier Force d'amoursqui lui dona amie, ib. xxi. Rois, vous savez que Diex a peu d'amis; Ne onques mail
AMI
n'en eut si grant mestier, queshes, Romane, p. 4 04. Diexl donnez m' [moi] à mari Garin, Mon dous amin, ib. p. 72. Jamais en nos aages [nous] ne portassions enseigne, [si] Ne fust vos bons amisli cuens Hues du Maine , Sac. xxx. Tei amin [tes amis] , chier sire, et tei proisme aprocharent et esturent encontre ti, st-behn. 556. || xiii« s. II furent bon ami sans mal et sans envie, Berte, II. Adonc tenoient Franc les Tyois pour amis, ib. v. HaDiex! verrai -je mais, fait-elle, mes amis? ib. xxx. Devant lui sont venu si plus privé ami, ib. cvni. Symons en [de Berte] fait sa nièce, et Constance s'amie, ib. lx. Dame, or aies seoir arrière ;Amit avésetcointe et noble , Lai d'Ignaur. Si croi que mains en esprovast De ceus qui à son tens vivoient, Qui si ami de bouche estoient, la Rose, 5428. Se cil qui tant iert tes amis, En bien amer a son cuer mis, Lors vaudra miex sa compaignie, ib. 27)3. Biaus amis, que faites-vous là? Fait Cortoisie , ça venez , ib. 784. Texgens ne poent ne ne doivent penre don ne promesse de nului , se ce n'est de lor amis de char, ou de lor sengneurs, beaum. xxxii, 33. || xiv s. Et te souviengne de la guerre Qui a régné en mainte terre Par espicial ou pays Dont tu es toy et tes amis [partisans], Liv. du bon Jeh. 66. Hxvr1 s. L'amour de m'amye, rab. Car. I, 9. Ce gentilhomme lui sembla n'estre point si riche, qu'il lui dust tenir fort d'avoir sa amie non plus que lui, marg. Nouv. ix. Quoi, m'amie? il n'est point un meilleur mari que le mien, id. ib. xv. Quand il vouloit, il parloit à son amie, id. ib. xxi. Ils estoient amis de leur païs — amis d'ambition et de trouble — Us n'estoient ni amis l'un de l'autre , ny amisàeulx mesmes, mont, i, 2(4. Maniepce, m'amie, depuis que je t'ay cogneu.... id. iv, 328. Elle fit apparoir à Alessio s'amie couchée auprès de lui, des per. Contes, cxxviu. Le regard du bien public feit que Brutus devint amy de Pompeius, duquel auparavent il estoit ennemy , et ennemy de Caîsar, duquel il estoit amy, amyot, Brut, et Dion, 6. Ces amis de fricassée et de nappe mise, id. Comment discern. le flatt. 47. Au besoin cognoist on l'ami, H. est. Précell. p. <80. La mort n'ha point d'ami , le malade n'en ha qu'un demi ; et quant au poure, point du tout, id. ib. p. 467.
— ÊTYM. Bourguig. aimin, aimie; Berry, aimi, émi; provenç. amie, amt aa,amt'a; espagn. amigo ; ital. amieo ; d'amicus, ayant même radical que amare, aimer. Dans l'ancien français, nominatif singulier amis, régims ami; nominatif pluriel om», régime pluriel amis.
AMIABLE (a-mi-a-bl'), adj. || i* Doux, gracieux. Paroles amiables. La confraternité, trop oubliée de l'espèce humaine , s'entrelacera par une circulation plus amiable et plus aclive dans tous les rapports politiques et commerciaux, mirabeao, Collection, t.v, p. 39. Le ciel amiable, malh. i, 4. || Peu usité en ce sens hors de la poésie. || 2° Amiable compositeur, celui qui est charge d'accommoder un différend. L'arbitre choisi est unmédiateuramiable et non un juge de rigueur, Pén. Tél. xxm. || Convention ou partage amiable. || 3* X l'amiable, loc. adv. Par voie de conciliation, sans procès. Il valait mieux traiter à l'amiable, boss. Lett. quiét. 4 39. Si les affaires ne peuvent pas être accommodées à l'amiable avec nos parties, id. Var. 3. Il n'a pas tenu-à moi que nous n'ayons terminé notre différend à l'amiable, 10. Lett. 4 83. La charité les obligeait à s'expliquer à l'amiable avecl'auteur, id. 4" écrit. || Vente à l'amiable, vente de gré à gré.
— HIST. xn" s. Naissance plaine de sainteit, honoraule al munde, amiaule as hommes, st-bern. p. 630. || xiV s. Et ceulx qui tantost font l'unà l'autre ouvres amiables, ilmonstrent parce que il veulent estre amis, oresme, Eth. 235. ||xv"s. Et leur bailla certains articles assez amyables par escript, comm. h, 3. Il avoit la parolle doulce et amyable, id.iv, 7. ||xvr* s. Les supplians estre traictez plus humainement, en consyderation de ce qu'ilz avoyent de tous temps esté bons et amiables voisins, rab. Gar. i, 26. Ces salades me semblent bien aussi bonnes, et quelque peu plus doulces et amiables à l'estomach, id. Épi. 42. Dieu tegard, douce, amiable Calandre, marot, in, 4 45. Le mespris de la mort nous donne le goust pur et amiable de la vie.... mont, i, 70. Il estoit le plus doulx et le plus amiable envers les autres qu'il estoit possible, amyot, Lyc. <6. Il estoit courtois, «t avoit la parole doulce et amiable, id. Solon, 64. Conquérant aucuns des peuples par force d'armes, et gaignant les autres par amiable voye, id. Caton, 4 9. Mithridates luy feit tout le bon traittement et amiable recueil qui luy fut possible, id. ilarius, 66.
— ÊTYM. Bourguig. aymiaule; picard, amieabe;
AMI
provenç. amicable, amigable; à'amicabilis, de amicus (voy. ami).
AIMABLEMENT (a-mi-a-ble-man) , adv. D'une manière amiable. Je lui ai parlé amiablement. Et l'on prend plaisir à lui enfoncer le trait dans l'âme, d'autant plus avant et plus sensiblement qu'on paraît le faire plus charitablement et plus amiablement, bourd. Pensées, t. u, p. 300.
— HIST. xn* s. Puis lui a dit moût amiablement, Ronc. p. 4 72.0r vus requiert li reis mult amiablement , Qu'en vostre terre n'ait en nul liu recetment, Th. le llart. 64. E jo frai droiture à tuz amiablement e dulcement, Rois, 473. ||xiir» s. Cis [Bel-accueil] m'abandonna le passage De la haie moult doucement, Et me dist amiablement.... la Rose, 2808. Donnés donc amiablement Biaus petis dons resnablement, Si que n'en cheiez en poverte; Damage i auriéset perte, t'6. 3239. ||xiv* s. Et, à dire vérité, nous cuidons que tout hommebon et sage soustient et porte amiablement et convenablement toutes fortunes, oresme, Eth. 26. Et ainsi appert que le malvès n'est pas disposé quant à soy meisme amiablement, car il n'a en soy chose amable ou qui soit d'amiableté, id. t'î». 268. || xv* s. Et alla, atout grand route de ses gens, le maréchal [de France] à rencontre de lui le seigneur de Coucy, et le recueillit moult amiablement , froiss. h, II, 7. Traicter de leurs affaires le plus amyablement que faire se pourrait, comm. ii, 7. || xvi' s. Les peuples voisins, doulx et gracieux, les receurent amiablement, amyot, JRom. t. C'est une chose divine à Numa qu'il les ait peu contenir en paix, et faire vivre amiablement ensemble, id. Lyc. et Numa comp.10. Pour décider amiablement ce différent, ilz eleurent arbitres les ambassadeurs des Parmesans, id. ilarius, 46.
— Étym. Amiable et ment.
AMIANTE (a-mi-an-t'), s. m. Substance minérale, naturelle , à filaments nacrés et soyeux , incombustible et infusible. C'est un silicate de magnésie.
— ÊTYM. 'Au.£avxoç, de à privatif, et u.iaiveiv, souiller (voy. miasme) : qui ne peut être souillé.
AMICAL, ALE (a-mi-kal, ka-1'), adj. Inspiré par l'amitié; qui annonce l'amitié. Relations amicales. Protestations amicales.
— REM. L'Académie le dit inusité au pluriel masculin, mais aucune raison n'oblige à ne pas s'en servir. Des conseils amicaux.
— ÊTYM. Ami; wall. amistdve; namurois , amichelauve.
AMICALEMENT (a-mi-ka-le-man) , adv. D'une manière amicale. Quiconque a vu des masques dans un bal danser amicalement ensemble.... peut se faire une idée du monde, vauven. Max. 330.
— ÊTYM. Amicale au féminin, et ment.
AMICT (a-mi. Le et ne se prononce jamais, même
devant une voyelle) , s. m. Linge bénit que le prêtre met sur ses épaules pour dire la messe.
— HIST. xni* s. Au plus tost que il pot venir, S'ala des vestenienz vestir, L'aube et l'amist tôt sanz dangier, Et Renart li curut aidier, Ren. 3377.
— ÊTYM. Amictus, d'amicire, couvrir.
f AMIDE (a-mi-d'), s. f. et mieux s. m. Terme de chimie. Radical organique admis hypothétiquement par les chimistes et représentant un sel d'ammoniaque moins un atome d'eau.
f AMIDINE (a-mi-di-n') ou AMIDONE (a-mi-do-n') , s . f. Terme de chimie. Substance opaque ou demitransparente, blanche, ou d'un blanc jaunâtre, insipide, inodore; elle se forme lorsqu'on abandonne à lui-même l'empois d'amidon à la température de l'atmosphère.
AMIDON (a-mi-don), s. m. || 1° Fécule tirée des végétaux, sous forme de poudre blanche grenue , ou formée de petites masses amorphes. L'amidon du commerce est préparé avec la farine gâtée, l'orge ou le froment grossièrement moulus. || %° En chimie, principe immédiat neutre des végétaux, trèsabondamment répandu dans leurs organes.
— SYN. amidon , fécule. En chimie amidon et fécule sont des synonymes parfaits ; mais l'usage auquel on applique la substance qu'ils désignent leur donne une acception différente. Ainsi, dans les arts, la fécule des céréales s'appelle amidon; appliquée à l'alimentation et à la thérapeutique, la fécule de pomme de terre garde le nom de fécule, et l'on dit aussi fécule d'arrow-root. Amidon est une expression spécifique; fécule un terme générique, legoarant.
— HIST. xiv# s. Fleur d'amidon ou ris, Ménagier, h, 6. || xvi" s. Faut prendre lait de tintimal et poudre d'encens incorporés avec un peu de fleur d'amidon, farb, xv, 26. Poudre de ceruse de Ve-
AMI
nise ou blanc d'amidon, id. xxv, 44. Celuy qui auparavant et hier rejettoit avec horreur des orufs, de l'amidon et du pain le plus blanc du monde, aujourd'hui mange du pain bis, amyot, De la tranq. d'âme, 6.
— ÉTYM. Bourguig. aimidon ; d'une forme allongée faite probablement sur l'italien ou l'espagnol ; car dans l'ancien français amidon se disait godron; ital. amido; portug. amido ; espagn. aimidon; d'amylum, d'âu.u>ov , de à privatif, et u.û/r,, meule (voy. meule) : qui n'a pas été préparé à la meule.
t AMIDONNE (a-mi-do-n'), s. f. (Voy. amidink).
t AMIDONNE, ÉE (a-mi-do-né, née'), adj. Enduit d'amidon. Bandage amidonné, bandage dont les pièces ont été trempées dans une solution d'amidon.
t AMIDONNER (a-mi-do-né), t>. a. Enduire d'amidon.
t AMIDONNERIE (a-mi-do-ne-rie), *. f. Fabrique d'amidon.
— ÊTYM. Amidon.
AMIDONNIER (a-mi-do-nié) , s. m. Fabricant, marchand d'amidon.
— ÉTYM. Amidon.
AMIGDALE (a-mi-gda-1') , *. f. Mauvaise orthographe. Voy. amygdale.
f AMIGNARDER (a-mi-gnar-dé) , v. a. Rendre mignard.
— HIST. xvi' s. Les petits enfants se délectent à ouir paroles flateuses et qui les amignardent, paré, xviii, 24.
— ÉTYM. À et mignard.
A-MI-LA (a-mi-la). Terme de musique. Il servait à désigner la note la, et surtout le ton de la. Cet air est fait en a-mi-la. || Il n'est plus usité.
AMINCI, CIE(a-min-si, sie), part, passé. Devenu, rendu mince. Sa taille amincie.
AMINCIR (a-min-sir) , v. a. || 1° Rendre plus mince. Amincissez ces planches, qui sont trop épaisses. || 2' S'amincir, v. réfl. Etre aminci. La peau s'amincit au-dessus d'un abcès.
— ÊTYM. À et mince.
AMINCISSEMENT (a-min-si-se-man), s. m. Action d'amincir, de diminuer d'épaisseur; état de ce qui est aminci. L'amincissement d'une lame de couteau qui passe sur la meule.
— ÊTYM. Amincir.
AMIRAL (a-mi-ral), s. m. || 1» Chef suprême des forces navales. Les amiraux. Calmez-vous, amiral; vous, Guise, respectez Un vieillard, ma puissance et la foi des traités, m.i. chén. Charles II, iv, *. || 2° Il s'est dit aussi de l'officier qui commandait une flotte, quoiqu'il n'eût pas la charge d'amiral. || 3° Aujourd'hui titre du grade le plus élevé dans la marine militaire. || 4" Adj. Le vaisseau amiral, le vaisseau d'une flotte monté par un amiral.'L'incendie, attaquant la frégate amirale, Déroule autour des mâts son ardente spirale, v. iiugo, Orient. 5. || 5" Dans un port, levaisseau amiral ou simplement l'amiral, le vaisseau sur lequel se font les inspections, siègent les conseils de guerre, et s'exécutent les jugements qu'ils prononcent. || 6" Amiral ou grand amiral, la quatrième dignité de l'ordre de Malte. || 7° Nom d'une coquille univalve fort jolie, des côtes de la mer des Indes.
— HIST. xi" s. Les amirafles et les filz as conturs [comtes] , Ch. de Roi. lxvi. Si la tramist [Tespée] li amiralz de Primes, ib. lxxv. || xu* s. Que li [Marsile] tramist un amiral [émir] cortois, Ronc. p. 6. Irez à l'amirant, t'b. p. 4 3. Li amirauz [émir] de cui nos fiefs tenons, «6. p. 4 47. Seignor baron, dit-il, nobile chevalier, Estes ci assemblé, amiraut et princier, Sax. vi. Jà Loeys ne lor sera aidans, Ne empereres, ne rois, ne amirans, Raoul de C. 4 54.
||xin* s. Si i fu li soudans de Coigne.... et cius de Halappe, où li boin chevalier sont de paienie, et moult d'autre soudant et amirant, et s'accordèrent tous que.... Chr. deRains, 90. ||xiv' s. Y avoit une table qui de vertu ot tant, Que nulz homs ne pooit , ne roy ne amirant, Aporter nul venin qui tant fu mal faisant, Guescl. 9H0. ||xv s. [Ceux de Karentan] sentoient sur mer l'admirault de France et l'admirai d'Espaigne avec lui gisant & l'ancre. froiss. n, n, 27. || xvi* s. Les galères venoient tirer à bout touchant l'esquipage de ce vis-amiral, qui s'estonna moins que l'amiral, d'aub. Hist. n, 302.
— ÊTYM. Provenç. amirau, amirar, amiralh, amiratx; espagn. almirante; ital. almiraglio, ammiraglio; bas-lat. admiralius, almiragius, meral dans une chronique de 1190, amirarius, amiratus, amurati, amirandus, amir.rus; bas-grec, i\ir,? et àu.T]pô«. On fait venir ce mot de l'arabe amir al bahr, commandant de la mer. Le mot balir l'étant perdu, il vaut mieux y voir seulement le mot émir
AMI
(voy. ce mot) pourvu de finales très différentes, entre lesquelles le français moderne a adopté al. t AMIRALAT (a-mi-'ra-la) , s. m. Dignité d'amiral.
— Orra. Amiral.
f AMIRALE (a-mi-ra-1') , s. f. Galère que montait l'amiral des galères.
— HIST. xvi* s. Le feu du ciel brusla son amiralle près de Catare, d'aub. Mst. i, 346. Le comte envoia en course en divers endroits, ne gardant que son amiralle et vice-ami ralle, id. t6. u, 87.
AMIRAUTÉ (a-mi-rô-té), s. f.\\ 1° Anciennement, office de grand amiral. || 2* Tribunal qui connaissait do toutes les affaires relatives à la marine. || 3° Administration supérieure de la marine; conseil d'amirauté.
— HIST. xvi* s. Le roi lui donna l'amirauté, d'aub. Mst. ni, tu.
— ÊTYM. Amiral.
f AMISS1BILITÉ (a-mi-ssi-bi-li-té), s. f. Terme de théologie et de jurisprudence. Qualité de ce qui est arnissible.
— ÉTYM. Amissible.
f AMISSIBLE (a-mi-ssi-bl') , adj. Terme de théologie et de jurisprudence. Qui peut être perdu. La grâce, la justice amissible.
— ÊTYM. Voy. AMISSION
f AMISSION (a-mi-ssi-on), s.f. Terme de théologie et de jurisprudence. Perte. L'amission de la grâce.
— ÊTYM. Amissionem, de amittere, de a, ab, exprimant séparation, et millere, envoyer (voy. mettre).
AMITIÉ (a-mi-tié ; de trois syllabes) , s. f. |j 1° Sentiment qui affectionne, attache une personne à une autre. Les liens d'une étroite amitié. Mon amitié pour vous. Rompre l'amitié. Retirer à quelqu'un son amitié. Bien placer son amitié. Une hauto amitié. Les grandes amitiés vontjusque-là, pasc. édit. Cousin. La grande amitié que vous avez faite avec tout l'hôtel de Rambouillet, voit. Lett. 130. Oui, monsieur veut faire amitié avec vous et lier ensemble un petit commerce de visites et de divertissements, mol. le Bar. forcé, 12. L'amitié qu'il avait eue avec le roi Philippe, vaug. Q. C. 346. Mais enfin l'amitié n'est pas de même rang, Et n'a point les effets de l'amour ni du sang, corn. Hor. ni, 6. Qu'aisément l'amitié jusqu'à l'amour nous mène! id. Béracl. ni, \ . L'amitié d'un grand homme est un bienfait des dieux, volt. Œdipe, i, l.Le capitaine prit amitié pour moi , mol. l'Av. v, 6. Leur tuante amitié de tous côtés m'arrête, id. Amph. m , I . Quoi I vous avez Nestor dans l'Hespêrie, et vous n'avez pas su l'engager dans vos intérêts! Nestor dont vous aviez l'amitié, fén. Tél. x. Télémaque que Narbal prit en amitié, u». tb. vrn. Si je ne vous aimais que d'amitié, j'avoue que je ne vous aimerais pas tant qu'elle, voit. Lett. 23. J'ai cru qu'il était impossible qu'une personne qui fait naître de l'amitié en tous ceux qui la voient, n'en eût point en elle, id. ib. 25. Veut- il un prêtre qui s'insinue dans l'esprit des grands, qui aime mieux gagner leurs amitiés que leurs âmes? FLÉcii. Panég. i, p. 343. || Par bonne amitié, de bonne amitié, abonne intention. Quoi que ce soit qui apprenne aux hommes à persécuter leurs semblables, par bonne amitié.... dider. Ess. surlavertu. || 2° Affection profonde , tendresse, amour. Ta douleur, Dupérier, sera donc éternelle; Etles tristes discours Que te met en l'esprit l'amitié paternelle , L'aug menteront toujours, malh. àDupér. Je voue à votre fils une amitié de père, rac. Andr. v, 3. ô Dieux! tant de respects , une amitié si tendre, Que de raisons pour moi si vous pouviez m'entendrel id. Andr. u, 2. Rarement l'amitié désarme sa colère, id. Bithr. i 6. Je ne murmure pas qu'une amitié commune Se range du parti que flatte la fortune, id. Brit. m, 7. C'est une obligation de la nature que les hommes fassent les avances pour gagner l'amitié des dames, pasc. édit. Cousin. Vous me gâtez si fort par l'amitié que vous avez pour moi, que je ne puis plus être contente de toutes les amitiés que je vois dans les familles, sév. 345. Qui te porte amitié, c'est à lui que tu nuis, mal. i, 4. || 3° La liaison, l'union des amis. Les unions et les amitiés humaines, mass. Car. Offenses! L'illusion des amitiés de la terre qui s'en vont avec les années et les intérêts, boss. Anne de, Gonx. Sensible aux amitiés raisonnables , fléch. Panég. t. u, p. 495. Renonçant aux sentiments les plus naturels des amitiés et des bienséances humaines, id. ib. i, p. 365. || 4° Objet de l'affection. On voudrait être l'amitié et, pour ainsi dire, l'idole de tout le monde, fléch. Serm.i, 244. || 5° Accord, relations entre nations. Il y a paix et amitié entre les deux puissances. Ma funeste amitié pèse à tous mes amis [alliés |, rac. Bithr. m, l. Il 6° Bienveillance.