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ALPISTE (al-pi-sf), s. m. Terme de botanique. Nom de plusieurs plantes graminées dont les graines peuvent servir à la nourriture des petits oiseaux.

— ÊTYM. Espagn. alpiste, blé desCanaries. C'est sans doute un mot de ces lies.

fALQUIFOUX (al-ki-fou), s. m. Nom commercial du minerai de plomb sulfuré.

t ALRUNES (al-ru-n'). Terme d'antiquité germanique. Petites statues faites des racines les plus dures des plantes; espèces de poupées couvertes de caractères runiques.

ALSINE (al-si-n"), s. f. Voy. morgeline.

— ÊTYM. 'A>rori|, qui vient d'àXuo;, bois, parce que cette plante croit dans les lieux ombragés.

t ALTAÏQUE (al-ta-I-k'), adj. Terme d'ethnologie. Race altalque, race à laquelle appartiennent les populations s'étendant des sources de l'Oby et de llrtisch jusqu'au nord de la Sibérie et au Kamtchatka, et dont le berceau primitif doit être cherché dans les monta Rims de l'Altaï. Cette race a été aussi désignée sous le nom d'ougro-finnoise.

t ALTARlSTE(al-ta-ris-t'),i. m. Chanoine particulier de la basilique du Vatican qui a le soin du maître autel et des palliums.

— ÊTYM. Altare, autel (voy. autel).

t ALTA VELUE (al-ta-vè-l'),«. f. Raie-pastenaque.

ALTE, S. f. Voy. HALTE.

t ALTÉRABILITÉ (al-té-ra-bi-li-té), s. f. Qualité de ce qui est altérable.

ALTÉRABLE (al-té-ra-bl') , adj. Qui peut être altéré.

— ÊTYM. A Itérer; provenç. altérable.

ALTÉRANT, ANTE (al-té-ran,ran-f), adj. || l'En

termes de médecine, qui modifie profondément et graduellement la constitution. L'iode est un médicament altérant. || 2* S. m. Va altérant, un médicament altérant. Les altérants. || 3" Qui cause la soif. Un mets altérant. Une nourriture altérante.

— ETYM. Altérer.

ALÎ

ALTÉRATION (al-té-ra-sion ; en poésie, cinq syllabes), s. f. || 1" En termes de physique, changement dans l'état d'une chose. L'altération d'un sel, d'une liqueur. || 2* Dans l'usage ordinaire, changement de bien en mal. Il y a des altérations dans le texte , boss. Hist. il, 43. Quelacopie soit sans altération, id. Polit. Les altérations qu'ils faisaient à loi de Dieu, id. Hist. H, )». || 3* Falsification des monnaies. On ne saurait trop sévèrement punir l'altération des monnaies. || 4- Emotion pénible qui se manifeste par le changement des traits, de la voix. L'altération de sa voix annonce une émotion profonde. Il répondit avec altération. || 6* Grand besoin de boire. Il éprouve une altération que rien ne peut calmer. || 6" En termes de musique, changement qu'on fait subir à certaines notes d'une gamme ou d'un accord.

— HIST. xiv# s. Altération est transmutation d'aucune qualité, oresme, Thèsede meunier. || xvr* s. Parce qu'il n'y avait ny enflure ny altération par le dehors, mont, i, 100. La mule mouroit d'altération, despeb. Contes, xcu. Sans qu'on se fust douhtê d'aucune altération ny changement en sa personne , il luy prit tout soudain une.... amyot, P. Mm. 62.

— ÉTYM. Provenç. alteracio; esp. alteracion; ital. alteraxione (voy. altérer).

ALTERCAS (al-tèr-kâ), s. m. Altercation, débat. Quoi qu'il en soit, cet altercas Mit en combustion la salle et la cuisine, la font. Fab. xn, s. || Vieux.

— ÊTYM. Voy. alterqukr.

ALTERCATION (al-tèr-ka-sion), s. f. Débat ou contestation. Une vive altercation. Ils ont de fréquentes altercations.

— hist. xin* s. Il firent une accordance de paix des altercations, du cange, accordia. || xiv s. En mains debas et altercacions, behcheure, t. *l,verso. Une autercacions est entre eulz encontrée , Girart de Ross. y. 6(40. || xvi* s. Sur quoy il avoit tous les jours ordinairement de grandes altercations en la tribune aux harangues alencontre d'Octavius, amyot, Gracques, 16. Difficultez, disputes et altercations, carloix, vu, 23.

— êtym. Provenç. altercatio; espagn. altercacion; ital. altercation» ; d' 'altercatio (voy. alterqueb).

ALTÉRÉ, ÉE(al-té-ré,rée),port.pos*^. || 1° Changé de bien en mal. Couleur altérée. Santé altérée. Monnaie altérée. ||2* Peiné, affecté. Un tel discours n'a rien dont je sois altéré, mol. Femm. sav. v, 4. || 3° Quia soif. Buvons toute cette eau; notre gorge altérée En viendra bien à bout, la font. Fab. vin, 26. || Fig. Ils sont altérés de sang, fén. Tél. xvi. Ainsi parle en secret l'ange altéré de crime; Et tandis qu'il se couche auprès de sa victime, D'un sourd et long fracas retentissent les monts, gilb. Jfor( d'Abel, ch. vu. Je vois ces fiers chrétiens, de rapine altérés, volt. Zaïre, î, 2. Le ciel.... Du sang de l'innocence est-il donc altéré T bac. Iph. rv, 4. || On a dit autrefois , substantivement , c'est un altéré , pour c'est un homme âpre au gain. || 4* En musique, se dit des notes naturelles ou diatoniques modifiées par les dièses et les bémols.

t ALTER EGO(al-tè-ré-go), J.m. ||f Titre donné, particulièrement dans le royaume des Deux-Siciles et en Espagne, à une personne chargée de remplacer la puissance souveraine. || 2* Familièrement. C'est mon alter ego, c'est un autre moi-même.

— ÊTYM. Alter ego , autre moi-même ; alter , autre (voy. autre), ego, je, moi (voy. je).

ALTÉRER (al-té-ré), v. a. || U En termes de physique, changer l'état d'une chose. Le sel altérerait ce corps. || 2° Changer une chose de bien en mal. Le soleil altérera ces couleurs. Altérer les mœurs. Altérer l'amitié. La diverse nourriture [éducation], Fortifiant en l'un [chien] cette heureuse nature, En l'autre l'altérant, la font. Fab. vm, 23. Une pitié qui n'altère en rien leur félicité, fén. Tél. xix. Mais quel triste mélange altère ce bonheur! volt. Zaïre, u, t. Et nos seuls ennemis altérant sa bonté Abusaient contre nous de sa facilité, bac. Brit. v,3 Et du méchant l'abord contagieux N'altère point son innocence, m. Athal. n, t. Des interprétations qui en altéraient la pureté , mass. Évid. Ce qui peut aboutir à déranger la fortune et altérer les affaires, n>. Car. Nombre des élus. || 3* Agiter, émouvoir péniblement, en parlant des personnes. Quel sujet inconnu vous trouble et vous altère? boil. Sat. m. || 4* Altérer la vérité, ne pas s'y conformer. Son ingénuité N'altère point encor la simple vérité, rac. Athal. n, 7. || Altérer un discours, le rapporter autrement qu'il n'a été prononcé. Altérer un texte, en corrompre le sens. Après avoir altéré saint Grégoire, l'auteur affecte.... boss. Pr/f. Il Altérer les monnaies, les lalsifier. || 6° Exciter la soif. La cuajeiu.

ALT

ALT

ALU

altère tous les animaux. || Absolument. Les salaisons altèrent. || 6* S'altérer, v. rifl. Se changer en mal. Le vin s'altère àl'air. Les bonnes coutumes s'altèrent peu à peu. La bonne humeur ne s'altère jamais, boss. Lett. quiét. 177. Monsieur, votre visage en un moment s'altère, mol. l'Étour. m, 2.

— HIST. xiv" s. Et ainsi sa félicité n'est en riens altérée ne muée, oresme, Elh. 25. || xv* s. Mais qui s'altère en trop chantant Peut bien trois fois ou quatre, Sans vergongne, boire d'autant, basselin, i.

|| xvi' s. Le vin s'altère aux caves, mont, i, 20. Ils souffraient d'estre fouettez jusques-à la mort sans altérer leur visage, m. i, 307. Le degousté charge la fadeur au vin ; l'altéré, la friandise, id. H, 373. 11 se sentit tellement embrasé et altéré, que toute son attente n'estoit qu'à complaire à sa chère captive, yver, p. 644. Et y estoit la peinture en réputation de retenir la vraye perfection, sans y avoir rien de corrompu ny d'altéré, amïot, Aratus, 41. Il ne beuvoit jamais estant à la guerre que de l'eau, si ce n'estoit aucunefois qu'il se trouvoit excessivement altéré, id. Calon, 3. De ne plus s'altérer contre [se brouiller avec] les femmes, carl. ii, 9. Cela les altéra tellement que chacun d'eux taschoit à désarçonner son compagnon , Salir. Mén. p. M4. Des estrangers altérez de nostre sang, ib. p. 463. La décoction de deux poulets ou chapons altérés avec ozeille, scabieuse.... o. nE serres, 947. Estant la personne fort altérée en temps chaud, pourra boire.... id. 948. Les rois de France et de Polongne, sous couleur de porter un mommon, entrent chez Nantouillet, mettent tout par place jusques à rompre les coffres, piller la vaisselle et l'argent monnoié au profit de quelques altérez qui les sui voient, d'aub. Hist. n , 4 04.

— ÉTYM. Provenç. et espagn. alterar; ital. alterare: i'altcrare, de aller, autre (voy. autre). On voit la série des sens : changer, émouvoir, affecter, et, finalement, causer de la soif.

t ALTERNANCE (al-tèr-nan-s'), s. f. I| 1* Action d'alterner. || 2* En botanique, loi d'alternance dans la disposition des pièces qui composent les verticilles floraux, qui fait que chacune d'elles correspond à l'intervalle qui sépare les deux pièces voisines, placées devant ou derrière. || 3" On appelle aussi alternance la superposition des couches de terrain stratifiées. || 4° Succession naturelle des espèces végétales sur un sol non cultivé.

— ETYM. Alternant.

ALTERNANT, ANTE (al-tèr-nan, nan-t') , ad). || 1* Oui alterne. Deux professeurs qui font tour à tour le même cours sont des professeurs alternants. || 2" Se dit, en minéralogie, d'une roche dont les feuillets sont alternativement de nature différente.

ALTERNAT (al-tèr-na), *. m. Action ou droit d'alterner.

— ÉTYM. Voy. alterner.

ALTERNATIF, IVE (al-tèr-na-tif, ti-v'), ad). || 1* Qui vient tour à tour. Mouvement alternatif. Culture alternative. Un mouvement alternatif de l'appétit au dégoût, boss. Am. des plais. ^"Proposition alternative, proposition contenant deux parties opposées dont l'une doit nécessairement être admise, comme par exemple : Il faut ou payer ou rendre. || 3° En termes de botanique, pétales alternatifs, pétales qui sont insérés aux points qui séparent les lobes du calice. || 4* En termes de droit, obligation alternative, obligation dans laquelle le débiteur a le choix de se libérer par la délivrance d'une des choses spécifiées.

— HIST. xvi* s. Et estoyent les compaignies si alternatives, que, quand les unes se retiraient, il en revenoit d'autres, carl. v, 4.

— ÉTYM. Alterner.

ALTERNATIVE (al-tèr-na-ti-v') , *. A". || f Successiondedeui choses qui reviennent tour à tour. Vivez-vousencoredans ces alternatives de grâce et de péché'? mass. Rcch. {Si on ne menait une vie égale et uniforme] on ne pourrait comparer, sans beaucoup d'erreur ou d'incertitude, les transpirations de différents temps; une alternative irrégulière d'intempérance et de sobriété brouillerait tout, fonten. Dodart. || 2° Option entre deux choses, entre deux propositions.Vous jugez bien que dans l'alternative qu'elle me proposait je n'avais qu'un parti à prendre, fonten. Candaule, Gygès.

— HIST. xvi" s. Par la vicissitude et alternation des heureux succès et malheureux evenemens,

M. nu. BELL. 294.

— ÉTYM. Alternatif.

ALTERNATIVEMENT (al-tèr-na ti-ve-man) , adv.

Tour à tour. Des plages alternativement sèches et noyé,es. Ils ont commandé alternativement.

— HIST. xvi' s. Et avoient l'authorité souveraine de commander alternativement l'un après l'autre, Aratus et luy, amyot, Arat. 38. Et affin que l'on tire nuict et jour, il fault que les canoniers alternativement s'entre-raffraischissent, CARL. Y, 25.

—ÉTYM. Alternative, et le suffixe ment.

ALTERNE (al-tèr-n'), adj. ||1° Terme de géométrie. Angles alternes internes, ou simplement alternes, angles formés par une sécante et deux parallèles, et situés l'un d'un côté, l'autre de l'autre de la sécante, en dedans des deux parallè les. Angles alternes externes, angles disposés de même, mais en dehors des deux parallèles. || 2" En termes de botanique , feuilles alternes , feuilles disposées les unes au-dessus des autres des deux côtés opposés de la tige.

— ÉTYM. Allernus, de aller (voy. autre). ALTERNÉ, ÉE (ai-tèr-né, née), adj. En termes

de blason, se dit des pièces qui se correspondent.

ALTERNER (al-tèr-né),t;.n. || l°Faire une chose à deux et tour à tour. Ces deux employés alternent tous les mois. || 2" Se succéder régulièrement. Dans cette allée les ormeaux alternent avec les tilleuls. || 3" Terme d'agriculture. Varier la culture. On alterne chaque année. || 4" V. a. Dans le même sens, alterner un champ ; alterner une culture.

— HIST. xvi* s. Mais en ton cabinet quelquefois il le plaistDe Henry nostre prince escrire les histoires , Ses combas alternez de pertes et victoires, rons. 866.

— ÉTYM. Alterne.

t ALTERQUER (al-tèr-ké), v. n. Avoir des altercations. 11 n'y avait pas moyen d'alterquer beaucoup là-dessus, J. J. rouss. Uél. îv, 42. || Peu usité.

— HIST. xvi' s. Il advient en telle manière qu'on languist en combat de paroles, que la vérité en altercant est perdue, et la charité détruite, calv. Inst. 14.

— ÉTYM. Altercari, proprement prendre la parole à son tour, et de là le sens d'altercation qu'il a en latin; de aller (voy. autre).

ALTESSE (al-tè-s'),*./*. |l i' Titre d'honneur donné ordinairement aux princes et aux princesses du sang.... Je sais, sage princesse, Quelles soumissions je dois à Votre Altesse, rotroo, Vencesl. n, 4. Le cardinal de Bouillon prétendait à Rome l'altesse éminentissime, st-sim. 53, 140. L'Italie, fertile en mots honorifiques, nous adonné l'altesse vers 1600, et les gens d'Église même s'en sont emparés ; elle est due aux princes du sang, et on la donne par courtoisie aux princes étrangers sortis de maisons souveraines, quand on leur écrit, de caillières, 1690. || 2* La personne même qui porte ce titre. Je vais au palais d'une altesse, Et j'achète un habit de cour, bérang. Hab. de cour.

— ÉTYM. Provenç. allesza, auleza ; ital. aliéna. Ce mot est exactement le même que hautesse. Seulement dans le premier la prononciation conforme à l'étymologie a prévalu, tandis que dans l'autre la prononciation est conforme à l'usage français qui veut que al des Latins se change en au. Altesse vient de altus, haut (voy. ce mot).

ALTILEA (al-té-a), *. m. Plante, espèce de guimauve.

— hist. xvi* s. Gargarismes fait» de racines de althea, figues, etc. paré, vi,8.

— ÉTYM. Latin althxa, du grec à).6aioi, du verbe <£a8<o, guérir, parce que la guimauve était regardée comme un remède excellent.

ALTIER, 1ÈRE (al-tié, tiâ-r'. Cet homme allier et dur; dites : al-tié-et-dur. Des grammairiens veulent qu'on prononce al-tiê-r' et-dur; mais cela est mauvais, même en poésie: l'hiatus vaut mieux que cette articulation de l'r), adj. Qui a de l'orgueil, de la hauteur ou qui marque l'orgueil, la hauteur. Un caractère altier. Humeur altière. Démarche altière. Don Diègue est trop altier, et je connais mon père, corn. Cid, il, 3. Le Jourdain ne voit plus l'Arabe vagabond Ni l'altier Philistin par d'éternels ravages.... rac. Athal. n, 5. Peut-être on t'a conté la fameuse disgrâce De l'altière Vasthi, dont j'occupe la place , id. Esth. i , 4 . Pour un si bas emploi ma muse est trop altière, boil. Sat. I. Et fausse trop souvent, cette altière sagesse N'attend qu'un crime heureux pour montrer sa bassesse , gresset, Edouard III , n, 6. Incapable de ces passions altières et véhémentes qui sont presque les seules sources du sublime, vauven. Mont, et Pose. || En prose, il suit toujours le substantif ; en vers et dans la prose élevée, il le précède souvent.

— REM. Quelques grammairiens soutiennent qu'on doit faire sentir l'r, et ils s'appuient sur ces deui vers de Boileau : La colère est superbe et veut des mots altiurs : L'abattement s'explique eu des termes

moins fiers, A. p. ni, (3». Mais d'autres leur répliquent par ces deux vers du même auteur : Ce perruquier superbe est l'effroi du quartier, Et son courage est peint sur son visage altier, Lutr. I, 223. La vérité est quelarime d'allier et fier n'est plus qu'une rime pour les yeux et doit être bannie aujourd'hui ; mais autrefois elle était exacte; Chifflet, Gramm. p. 4B8, note que allier se prononce comme enfer , hiver. Mais alors il ne rimait pas avec quartier.

—HIST. xvi* s. Fort altier [en bonne part] en son ame d'avoir eu un si bon visage, et tant de louanges du plus grand capitaine de France, carl. i, lu.

— ETYM. Ital. altiero; de altus, haut (voy. haut). t ALTIÈREMENT (al-tiô-re-man), adv. D'une

manière altière.

— ÉTYM. Altière au féminin, et ment

t ALTIMÉTRIE (al-ti-mé-trie) , s. f. Mauvais mot

Voy. HYPS0MÉTK1K.

t ALTITUDE (al-ti-tu-d') , s . f. Terme de géographie. Hauteur par rapport au niveau de la mer. Les altitudes de plusieurs localités et de diverses montagnes.

— ÉTYM. Altitudo, hauteur, de altus, haut (voy. haut).

ALTO (al-to), s. m. || 1° Instrument à quatre cordes, de même forme, mais un peu plus grand que le violon. On le nomme aussi, mais très-rarement, viole, de son nom italien viola, et plus souvent quinte, parce qu'il descend une quiute au-dessous du violon. \\Auplur. des altos. || 2" Nom donné autrefois au genre de voix intermédiaire entre le dessus ou le soprano et la taille ou le ténor. On dit aujourd'hui contralto en parlant des femmes, et hautecontre en parlant des hommes.

— ÉTYM. Ital. alto, haut (voy. haut), ainsi nommé, non qu'il ait un son élevé, mais par opposition a basse.

fALTO-BASSO (al-to-ba-sso) , s. m. Instrument carré, à cordes, et que l'on frappe avec des baguettes. || Dans les quintettes où se trouvent deux parties de violoncelle, on remplace quelquefois la partie de second violoncelle par une seconde partie d'alto; alors le premier alto s'appelle alto-vio!a, et le second, alto-violoncelle ou alto-basso.

— ÉTYM. Ital. alto, haut, et basso, bas (voy. alto).

t ALTRUISME (al-tru-i-sm') , s. m. Terme de philosophie. Ensemble des penchants bienveillants. L'altruisme est opposé à l'égoïsme. Mot dû à a. comte.

— ÉTYM. Autrui.

t ALTRUISTE (al-tru-i-st'), adj. Qui a rapport à l'altruisme (voy. ce mot).

ALUDE (a-lu-d') , s. f. Basane colorée dont on se sert dans la reliure.

— HIST. xiu's. Ne bourse d'alue n'est preux, Livr. des met. 206.

— ETYM. Provenç. aluda; du latin aluta, peau à faire des souliers, des sacs, etc.

ALUDEL (a-lu-dèl), s. m. Terme de chimie. Assemblage de pots ou chapiteaux qui s'emboîtent les uns dans tes autres, de manière à former un tuyau.

— HIST. xin" s. Por quoi donc en tristor deinores? Je vois maintes fois que tu plores Cum alambic sus alutel, la Rose, 6406. || xvi' s. Cornue, cuenne, recipiens, aludel, materas, paré, t. m, p. 638.

— ÉTYM. Mot dont l'origine est inconnue, à moins qu'on ne le fasse venir de a et de lutum, lut, dont on se sert pour luter les vases employés en chimie. Il signifie le vase en verre employé dans la sublimation; il signifie aussi un chapiteau doublé, ou même quadruplé; c'est un terme des anciens alchimistes.

t ALUINE (a-lui-n') , *. f. Synonyme d'ABSiNTHE.

— HIST. xvi* s. De plant enraciné et de semence s'édifie Paluine ou absinthe, o. de serres, 565. Les poulailles ayans mangé de l'aluyne, leur chair est amere, paré, xxin, 4.

—ÉTYM. Sans doute ainsi nommée à cause de son amertume (voy. aloês).

ALUMELLE (a-lu-mè-1') , s. f. || 1° Lame de couteau ou d'épée. Vieux. || 2» Terme de marine. Petit» plaque de fer qui sert à garnir la mortaise du gouvernail. || 3* Outil d'acier qui sert à polir et à achever les peignes.

— HIST. xiii* s. Qui tel fait faire li velst, Dm fust qui pitié n'en preïst, Quand si veîst Dido la bêle Sorla pointe de l'alemele, la Rose, 43412. Qui a deux cornes à la teste, Si tranchans comme une alemele, le Bestiaire. || xiv* s. Portant une grant hache à son col, la quelle avoit bien trente deux posses [pouces] d'alemelle, du cange , alumella '|xv*s. Et ont Irlandois couteaux aigus devant, à large allumelle à deux taillans, fboiss. m, iv, 4a,

ALV

[Le comte (le Foix] fit ouvrir l'huis de la prison, et vint àson fils, et tenoit l'alemelle de son couiel par la pointe, id. ii, m, 13.

— ÊTYM. Norm. armetle. Alumelle est venu d'a- Umtllê, par uns fausse assimilation avec le verbe allumer, qui n'a rien decommun ay&calumelle. Alemelle est composé de la préposition à, et de lamelle, petite lame (voy. lamelle). On trouve dans une ordonnance de <680 la forme correcte: allemelles de couteaux de toutes sortes, le cent pesant payera trente -^ols.

t A LUMINAIRE (a-lu-mi-nê-r') , adj. Terme de minéralogie. Se dit des pierres volcaniques qui contiennent de l'alun tout formé.

ALUMINE (a-lu-mi-n'), s. f. Terme de chimie. Base salifiable qui existe dans l'alun et dans les diverses argiles; à l'état de pureté, elle est blanche, douce au toucher, insipide, adhérente à la langue.

— ÊTYM. Alumine, ablatif de alumen (voy. alun).

t ALUMINE, ÉE (a-lu-mi-né, née), adj. Où on a mis de l'alumine.

t ALUMINER (a-lu-mi-né), v. a. Mettre de l'alumine.

A LUMINEUX, EUSE (a-lu-mi-neû, neû-z'), adj. Oui conlient de l'alun. Un terrain alumineux ; terre aluminéuse.

— HIST.xvr's. Galien loue fort l'eau aluminéuse, paré, xi, 6. S'il est alumineux, elles auront legoust d'alum, id. xxv, 41.

— ETYM. Alumine; provenç. alluminos.

f ALUMINIUM (a-Iu-mi-ni'-om'), s. m. Terme de chimie. Métal qui est le radical de l'alumine.

ALUN (a-lun), s. m. Sulfate acide d'alumine et de potasse ou d'ammoniaque, sel d'une saveur astringente. Quatre bottes d'onguents, une d'alun brûlé, régn. Sat. xi.

— hist. xin" s. Nus tainturiers ne puet ne ne doit mètre alun de bouquauz ne fuel de fuelle, car ce sont fausses taintures, Liv. des met. <35. Et sur res cercles getent piaus de mouton conrées [corroyées] en alun, joinv. 230. ||xiv' s. Tu cuis alumz, nitre, atramens, Fonds metaulz, brûles orpimens, Nat. âl'alch. err. t 9. || xvi's. Alum, escorce de grenade.... un peu d'alun de roche, paré, vi, 8. Alun calciné, id. vu, 7. Alun de glace, m. xxv, 32. Alum de roche. Alum de glace bruslé réduit en poudre, 0. de serres, 908.

— ÊTYM. Wall, alon; provenç. alum, alun; espagn. allumbre ; ital. allume; du latin alumen. C'est la formation régulière, comme de legumen, on fit levn; alumine, légume sont des formes modernes.

ALUNAGE (a-lu-na-f), s. m. Terme de teinturier. Action de plonger les étoffes dans une dissolution d'alun pour les préparer à la teinture.

— ÊTYM. Aluner.

ALUNATION (a-lu-na-sion) , s. f. Terme de chimie. Formation de l'alun, soit naturelle, soit artificielle.

— ÊTYM. Aluner.

ALUNÉ, EE (a-lu-né, née), part, passé. Étoffe alunée.

ALUNER (a-lu-né) , v. a. Tremper une étoffe dans une dissolution d'alun pour que la couleur y adhère. Aluner une étoffe.

— ÊTYM. Provenç. alumenar; espagn. alumbrar; ital. alluminare (voy. alun).

fALUNERIE (a-Iu-ne-rie), s. f. Fabrique d'alun. T ALUNEUX, EUSE (a-lu-neû, neû-z'), adj. Qui contient de l'alun. Terrain aluneux.

— ÊTYM. Alun.

ALUNIÈRE (a-Iu-niê-r") , s. f. Lieu d'où l'on tire de l'alun.

— ÊTYM. Alun.

t ALUNIFÈRE (a-Iu-ni-fê-r'), adj. Qui porte de l'alun.

— ÊTYM. Alun, et ferre, porter.

t ALUNITE (a-lu-ni-f) , s. f. Terme de minéralogie. Roche d'où on tire l'alun du commerce.

fALUNOGENE (a-lu-no-jê-n') , s. m. Terme de minéralogie. Sulfate d'alumine hydraté, en petites masses blanches, fibreuses ou écailleuses.

ALVEOLAIRE (al-vé-o-lê-r') , adj. Terme d'anatomie. Qui appartient aux alvéoles. Nerfs, artères alvéolaires.

— ÊTYM. Alréole.

ALVÉOLE (al vé-o-1'), t. m. || 1» Petite cellule où l'abeille dépose ses œufs et son miel. Les unes de leurs toits font sortir leur jeunesse Aux rayons du soleil et dans les champs fleuris, Épaississent le miel , ou dans leurs alvéoles De ce nectar si doux amassent les trésors, malfil. Génie de Virg. || 2° Cavité dans laquelle les dents sont enchâssées.

— HEM. Buffon, par une faute assez commune,

AMA

a fait alvéole du féminin : Les mouches construisent tel nombre d'alvéoles plus grandes que les premières, buff. Abeilles.

— HIST. xvi* s. Les dents sont fichées dans les mandibules en certaines cavités appellées alvéoles, comme un pau fiché en terre, paré, iv, 2. À fui de réduire et rassembler l'alvéole qui aura esté eslaigi,etquelques fois rompu en tirantla dent, id. xv,28.

— ÊTYM. Alveolus, diminutif d'alrexis, qui signifie lit d'un fleuve, auge, vase, vaisseau, etc. (voy.

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