‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 86 sur 403 · AGNEAU · texte numérisé non relu

AGNEAU

t AMNIOTIQUE (a-mni-o-ti-k'), adj. Terme d'anatomie. Qui appartient à l'amnios.

AMNISTIE (a-mni-stie). s. f. || 1° Pardon collectif accordé par le souverain. Il fut compris dant l'amnistie. On donna une amnistie générale au duc de Rohan, anquet. Ligue, m, 365. || 2* Par extension. Ces jubilés qui amènent les pécheurs à l'amnistie de la religion, chateaub. Génie, m, v, 6.

— SYN. amnistie, -grâce. La grâce est individuelle; l'amnistie est collective.

— HIST. xvi* s. Pardonnant tout le passé avec oubliance sempiternelle de toutes offenses précédentes, comme estoit l'amnestie des Athéniens, rab. dans ménage.

— ÉTYM. 'A(j.vnuT£a, deàprivatif, et u.vàou.ai,jeme souviens, au parfait |iéu.vï]u.«i, de même radical que le latin meminisse, memoria (voy. mémoire). Rabelais disait amnestie, reproduisant l'orthographe grecque; nous disons amnistie, reproduisant la prononciation dans laquelle l'êta a le son de l't.

AMNISTIÉ, EE (a-mni-sti-é, ée). || 1° Pari, pasaé. Les chefs de la rébellion amnistiés. || 2° Subst. Les amnistiés rentrèrent dans le pays.

— ÊTYM. amnistie.

AMNISTIER (a-mni-sli-é) , e. a. Accorder une amnistie.

AMODIATEUR (a-mo-di-a-teur) , t. m. Celui qui prend une terre à ferme.

— étym. Amodier.

AMODIATION (a-mo-di-a-sion) , s. f. Bail à ferme d'une terre.

— êtym. Amodier.

AMODIÉ, ÉE(a-mo-di-é,ée), part, passé. Terre amodiée en grain , en argent.

AMODIER (a-mo-di-é), v. a. Donner à ferme.Synonyme d'affermer.

HIST. xiv s. Admuidier ou abourner du vin à

vendre en détail, du canoë, amodium.

— ÉTYM. Bas-lat. admodiare, de ad, à (voy. X), modus, mesure (voy. mode).

AMOINDRI, IE(a-moin-dri, drie), part, passé. Les revenus amoindris par les impôts. L'autorité royale amoindrie.

AMOINDRIR (a-moin-drir) , t>. o. || 1° Rendre moindre, au propre et au figuré. L'éloignement amoindrit les objets. Seigneur, s'il vous plaisait d'entendre ma défense, Possible que l'excuse amoindrirait l'offense, Tristan, M. de Chrispe, v, 2. ||2° Absolument. Les lunettes qui amoindrissent , pasc. Pens. part, i, art. 2.J| 3° V. n. Devenir moindre. Votre revenu en amoindrira considérablement. || 4" S'amoindrir, v. rifl. Son revenu s'amoindrit tous les jours.

— HIST. xn* s. Et si vostre pénitence estoit amanrie, st-bern. 672. || xiii* s. Il laissa le pleuvoir, s'amenri la froidure, Berte, xlh. Par sa très grant convoitice, il amenrisçoit cescun jour les garnisons [provision] de laiens, Chr. de Rains, 4|4.[| xiv* s. Mais pourtant sa perfection Amoindrira sans fiction, Et mercure ne sera plus Parfaict, Trait. d'Alch. 290. || xv* s. Je ne di mie que nous affoiblissions ni amendrissions l'héritage de monseigneur de Flandre, froiss. Discours de Jean Lyon, n, il, 63. Et pour ce que les pourveances de la cité commencèrent à amenrir, froiss. i, I, m. Et virent bien que en la fin ils ne le pourroient tenir [le pont] ; car les Anglois croissoient toujours, qui issoient hors de Calais, et leurs gens amenrissoient, id. i, i, 327. Et veulent les aucuns dire que on trouva les viandes toutes entières que on lui avoit portées, ni rien ne les avoit amenries au jour de sa mort, id. ii, m, 43.

|| xvi* s. Quand il n'y auroit autre mal, il [Dieu] est amoindri de sa dignité, et est rendu contemptible, calv. Inst. 289. Croistre je voy d'un costé ta douleur, Et amoindrir d'un autre ta couleur, marot, ii, 247. Il se retiroit en sa maison, où tant de compagnie l'alloit voir, que sa dépense n'amoindrissoit guère en son ménage, maro. Nouv. lix. 11 déclara à ses compagnons son entreprise, sans en amoindrir le péril, d'aub. Hist. m, 4). Son obligation s'en amoindrissoit et luy en poisoit moins, mont, i, »4.

— ÉTYM. .A et moindre. Une des anciennes formes de moindre était mendre, d'où l'ancien verbe amendrir ou amenrir.

AMOINDRISSEMENT (a-moin-dri-se-man), s. m. Action de rendre moindre. L'amoindrissement de yotre fortune, de son crédit.

— HIST. xvi* s. La fin du discours fut un jure- . ment de fidélité entr'eus, et l'amoindrissement des

Guisars, d'aub. Hist. i, 404.

— ÊTYM. Amoindrir.

f AMOISE (a-moi-z'), s. f. Voy. moïse.

AMOLLI , IE (a-mo-li , lie) , part, passé. || 1° Rendu mou. La terre amollie par les pluies. || 2° Enervé. Amolli par les voluptés. || 3° Se dit, en gravure, des contours équivoques , qui ne sont pas assez ressentis.

AMOLLIR (a-mo-lir), v. a. ||1° Rendre mou. La chaleur amollit la cire. || 2° Fig. Enerver, adoucir. Amollir le courage. N'amollissez pas l'enfance dans les délices. Pour amollir son cœur, je n'ai rien négligé, corn. Poly. v, 4. Une larme d'un fils peut amollir sa haine, id. Rodog^n, 4. || 3° S'amollir, v. réfl. Devenir mou. La cire s'amollit à la chaleur. || 4° Devenir efféminé. S'amollir dans les délices et l'oisiveté, fén. Tél. m. || B* S'adoucir. Son cœur s'amollissait par degrés. Courage! ils s'amollissent, corn. Hor. ii, 6. || 6° Terme de marine. Le vent s'amollit, devient moins violent.

— HIST. xn* s. Ke la chars, se ele dist aspres choses, ne l'atraiet à impatience, u, se ele dist lo- •enges, ne l'amolisset à luxure, Job, 462. ||xrn* s. Si mandèrent au connestable que il vint parler à

AMO

eus; et il i venist, et parlèrent ensamble, atant que li empereres s'amollia auques, et si taillèrent entre els une pais telle que, etc. h. de valenc. xxxn. Molt les a fait amollier Li biaus parlers dou chevalier, Laid'Ignaur. Il [Danger] se set bien amoloier, Par chuer [flatter] et par soploier, la Rose, 3)47. Mes quant ele ot bien arousé De lermes l'ort vilain housé, Si le convint amoloier, ib. (5609. Moult a dur cueur qui n'amolie, Quant il trove qui l'en suplie, ib. 3295. || xiv* s-. Car onques pour prières son cuer ne s'amoli , Ouesel. (2998. Cuidiés-vous pour menaces nous soions esbahis? Nous cuidiez-vous trouver tellement amollis Que nous rendons à vous si tost nos edifis?... ib. 2)678-2)696. || xv* s. Cet exemple amollia grandement le courage du roi d'Angleterre [fléchit la rigueur], froiss. i, i, 320. Son cueur ne se admollit jamais, comm. iv, 13. |] xvi* s. 0 bienheureux tombeau I la manne, comme rosée tombante de l'air serein, puisse amollir ta pierre! yver, p. 667. Il le pria d'amollir son courage en priant, amyot, Sylla, 49.

— étym. À et mou. Dans l'ancien français, il y avait deux formes : amolir et amolier ou amoloier.

AMOLLISSANT, ANTE (a-mo-li-san , san-t'), adj. Des volupté» amollissantes.

AMOLLISSEMENT (a-mo-li-se-man), s. m. || 1" Action d'amollir; état de ce qui est amolli. L'amollissement de la cire. || 2° Fig. L'amollissement du courage.

— hist. xvi* s. Et un amolissement aux courages de ses serviteurs, d'aub. Hist. n, 24.

— ÉTYM. Amollir.

f AMOMACÉES ou AMOMÉES (a-mo-ma-sée ou a-mo-mée) , s. f. plur. Famille de plantes monocotylédones, vivaces, voisine des orchidées.

— ÊTYM. Amome.

AMOME (a-mô-m'), s. m. Terme de botanique. Genre de plantes presque toutes exotiques, et douées, en général, d'une saveur piquante et aromatique.

— ÉTYM.*Ai«i)(jiov, aromate de l'Inde.

AMONCELÉ, EE (a-mon-se-lé, lée), part, passé.

Les cadavres amoncelés autour de la redoute.

AMONCELER (a-mon-se-lé. J'amoncelle; j'amoncellerai; j'amoncellerais; j'amoncelai; amoncelant; quelques-uns mettent un accent grave et une seule l : j'amoncèle , j'amoncèlerai) , i>. a. 1 1 1° Mettre en monceau. Amonceler des gerbes. || 2* Fig. Amonceler des richesses. Amonceler les preuves , les citations. 1 1 3° S'amonceler, e. réfl. Être mis en tas. Les nuages s'amoncellent.Les figures, l'onyx, le cristal, les métaux Partout sur les buffets, sur la table étincellent....et partout s'amoncellent, a.chënier, 49. || Fig. Hélas! je vous le dis , ne vous endormez pas , Tandis que l'avenir s'amoncelle là-bas, v. hugo, Crép 45. ||4° V. n. En termes de manège, se dit d'un cheval bien ensemble, bien sous lui, et qui marche sur les hanches sans se traverser.

— hist. xni* s. U amoncelé or et argent Por lui lever et essaucier, Theophilus. Et en l'esperite de ta forsenerie sunt amoncelées les eves [eaux] , Psautier^ 483. ||xiv* s. Car la douce parole les amis amoncelé, Girart de Ross. v. 1278. || xvi* s. Nous sommes touts contraincts et amoncelez en nous, et avons la veue raccourcie à la longueur de nostre nez, mont, i, )70. Lors la cholere et la fureur, s'emmoncelant en un , esclatte touts ses efforts à la première chargé , id. m, 361. Je lui appris à escrimer des deux bras, à s'amonceler le ventre, à reculer la teste, à la bordeliner de bonne grâce , d'aub. Conf. n , ) . Il a le front refrongné, ridé et amoncelé, ses cheveux se hérissent, paré, Inlrod. )8. La tunique cornée se ride et se amoncelle, id. iv, 6. Aucunes fois les veines sont courbées et repliées en plusieurs circonvolutions emmoncelées, id. xi, 21. La pluspart du bled en roulant s'emmoncelle dans lefons des lignes, o. deserres, 4)3. Pour vuider l'humeur que rendent les olives estans amoncelées, o. de serres,

— êtym. À et monceau; picard, amoncheler. AMONCELLEMENT (a-mon-sè-le-man), s. m.

Action d'amonceler; état de ce qui est amoncelé. L'amoncellement des sables, à l'embouchure des rivières.

— étym. Amonceler.

AMONT (a-mon) , s. m. || i* Le haut d'où descend un fleuve, une rivière, par opposition au bas qui est dit aval. Pays d'amont, pays en amont, le pays situé dans le haut du fleuve, de la rivière. |] En amont de, au-dessus de. En amont de la ville. || 2* Vent d'amont se dit, sur les côtes où la terre est au levant, de tout vent qui souffle de l'un des points

AMO

compris entre le nord-est et le sud-est, passant par l'est. || 8° Terme de fauconnerie. Mettre l'oiseau amont, le jeter. || Tenir amont, se dit de l'oiseau quand il se tient en l'air en attendant qu'il découvre le gibier.

— HIST. xi* s. Gardez [regardez] amunt devers les porz d'Espaigne, Ch. de Roi. lxxxv. [Il] Regarde aval et si regarde amont, ib. clxiii. || xii* s. Il se dresa amont en son esté, Ronc. p. 35. Amont le Sebre font les voiles tourner, ib. p. ))8. Enmi la ville parvinrent en amont, t'6. p. )20. [Ils se frappent] Amont es haumes où luisent li cristal, ib. p. )44. Amont au ciel où joie est esclarcie, ib. p. )74. Reynaus passa lès le meis [logis] [d'j Erembor, Ains ne daigna dresser le chef [la tête] amont [en haut], .Romancero, p. 49. Amont par mi le Rin li orages [le temps] les guie, Soi. vu. || xiii* s. Le coutel [elle] a saisi, si l'a amont levé, Berte, xv. Et Bel-Acueil est en prison Amont en lator enserré, la Rose, 3927. Si ot dedens la pierre escrites Ou [au] bort amont letres petites Qui disoient.... ib. 1444. Mes onques si bel [homme] armé ne vi; car il paroit [paraissait] desur toute sa gent dès les espaules en amont [en haut], joinv.

226. Sire, nous n'avons pooir d'aler au roy parmi ceste gent; maiz alons amont, et metons cest fossé que vous veez devant vous, entre nous et eulz, id.

227. Et disoient qu'il avoient trouvé merveilles de bestes sauvages, lyons, serpens, oliphans, qui les venoient regarder desus la rivière, aussi comme il aloient amont, id. 220. ||xv* s. J'appelle aussi, et en bas et amont, Loyal espoir; mais je pense qu'il dort, Oujecuide qu'il contrefait le mort, ch. d'orl. Rond. H xvi's. Je marche plus sur et plus ferme à mont qu'à val, mont, i, )6). Le moust bouillant dans un vaisseau, poulse à mont tout ce qu'il y a dans le fond, id. n, )2. L'aigle s'envolant à mont, signifioitque.... id. 11, 269. Quand la criminelle est descendue, on retire à mont l'eschelle , amyot, JVuma, 48. Iltiroyt à la butte, du bas en mont, d'amont en val, devant, de cousté, en arrière, rab. Garg. 1, 23. X ceste heure fays bien à point l'arbre fourchu les piedz à mont, la teste en bas, id. l'ant. iv, )9

— ÉTYM. À et mont.

AMORCE (a-mor-s'), s. f. || 1" Appât pour prendre certains animaux. Mettre l'amorce à l'hameçon. Il 2° Fig. Tout ce qui fait mordre à, tout ce qui attire. Se laisser prendre à l'amorce des voluptés. Et quand l'âme une fois a goûté son amorce [de l'amour], corn. Hor. m, 4. Mais au lieu dégoûter ces grossières amorces, id. Cinna, v, 3. Permettez cependant qu'à ces douces amorces Je prenne un nouveau cœur et de nouvelles forces, id. Pomp. iv,

3. Je verrai leur amour, j'éprouverai sa force, Sans flatter leurs désirs, sans leur jeter d'amorce, id. Rodog. m, 3. L'hymen où je prétends ne peut trouver d'amorces Au milieu d'une ville où régnent les divorces, id. Sertor. iv, 2. Que pour lui cette gloire eût eu trop peu d'amorces , id. D. San. m , 4 . Plus j'y vois de hasard, plus j'y trouve d'amorce, malh. v,

4. Sa grâce et sa vertu sont de douces amorces Qui, pour tirer les cœurs, ont d'effroyables forces, mol. l'Étour. m, 2. Craignez d'un vain plaisir les trompeuses amorces, boil. Art poét. 1. Il ne suffit pas d'ôter aux passions les amorces qui les irritent, mass. Pécheresse. || 3° Poudre avec laquelle on enflamme lacharge d'un fusil, d'un canon, d'une mine. Je brûle d'abord une amorce dans un pistolet, J. j. rouss. Ém. 1. L'amorce brûla les moustaches du plus jeune spahi, chateaub. Itin. 57. L'amorce esl déjà conduite, et la mine prête à jouer, la bruy. 8. Il Prendre une ville sans brûler une amorce , sans tirer un coup de fusil. Puységur eut la gloire de l'occupation de toutes les places espagnoles des Pays- Bas sans brûler une amorce, st-sim. 408, )08. Tessé croyaitdéjàtenir le bâton de maréchal, quoiqu'il n'eût jamais vu d'action, ni peut-être brûlé une amorce, id. 9), 202. ||4°Technologie. Dissolution d'or, d'argent ou de platine, dans laquelle on trempe les planches, lames ou vases de cuivre qu'on veut plaquer. Il Une petite quantité d'eau qu'on verse dans une pompe , pour qu'elle fonctionne.

— HIST. xvi* s. Ce sont amorces pour escumer l'argent des bourses, calv. Inst. 957. Ces amorces [promesses] les firent retourner à la charge avec une nouvelle vigueur, ttém. s. du G. ch. 29. Pensans que ce fussent les mesmes ruses , et les mesmes amorces de bonne espérance et de belles paroles.... amyot, Timol. 46. Il appelle la volupté la principale amorche et le plus grand appast de mal faire que les hommes ayent, m. Caton, 6. Ce jeune homme et ses compagnons ne faillirent pas, dès qu'ils ouïrent siffler l'amorce [de la mine] , de pieu-

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