‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 87 sur 403 · AM · texte numérisé non relu

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dre leur course, d'aub. Hist. n, <3S. Tl despescha au comte du Ludde pour faire marcher les parties qui restoier.t de l'entreprise, comme ceci n'estant que l'amorce, n>. ib. (70. Et au lieu qu'on envoie communément quelques sergens et harquebusiers pour faire brusler l'amorce, à ce mestier furent employez trente gentilshommes , m. ib. n, 280. Il les falut netoier à la merci des canonnades, desquelles on escliapoit une partie parle moien d'une clochette qui sonnoit quand l'amorce brusloit, id. ib. m, (44. Ledit seigneur se voulut venger, parquoy dressa une amorse [piège, embuscade] à ceux de la ville,

H. DU BELL. 1 t 7.

— ÊTYW.Amors, participe passé de l'ancien verbe amordre, mordre à; proprement, chose à laquelle on mord; wallon, amoise, amorce dans le sens de pierre d'attente; le simple est dans l'italien , morsa, pierre d'attente. Dans le xvi* siècle, on disait esmorce à côté de amorce. Le provençal a amoriar, amorsar, amorcer, amorxamen, amorcement; ce qui suppose un substantif amorsa. L'orthographe amorce est mauvaise; il faudrait écrire amorse. L'Académie devrait faire ce changement, autorisé d'ailleurs par d'anciennes orthographes en français ou en provençal.

AMORCÉ, ÉE (a-mor-sé, sée), part, passé. || 1" Garni d'une amorce. Une ligne amorcée. il 2° Attiré. Les poissons amorcés par l'appât qu'on jetait. Les hommes amorcés par les plaisirs.

f AMORCEMENT (a-mor-se-man), s. m. L'action d'amorcer. L'amorcement d'une ligne.

— ÊTYM. Amorcer; provenç. amorsamen.

AMORCER ( a-mor-sé. Le c prend une cédille devant a et o : amorçons, j'amorçai), v. a.

|| 1" Garnir d'amorce. Amorcez vos hameçons, vos lignes. Amorcer un fusil, un pistolet, une mine. Quand le pêeheur amorce l'eau, le poisson vient, j. j. rooss. Ém. iv. || Absolument. Amorcer. Vous n'aurez pas le temps d'amorcer. || 2" Attirer avec de l'amorce. Amorcer des poissons, des oiseaux. || 3° Fig. Attirer, par des choses qui flattent, les sens ou l'esprit. Amorcer par des récompenses. Le premier sang versé rend sa fureur plus forte; Il l'amorce, il l'acharné, il en éteint l'horreur, corn. Kicom. v, 4. Vos raisons, comme vous, sont de si peu de force, Que, loin de m'arrêter, cet obstacle m'amorce, rotrou, Antig. m, 5. || 4" Amorcer se dit, en physique, de l'action de faire le vide dans un siphon pour y déterminer l'ascension du liquide qu'on veut transvaser. || Amorcer une pompe, y verser un peu d'eau, afin qu'elle puisse marcher; cela est nécessaire dans une pompe qui fait air par de petites fissures. || 5° Technologie. Tremper une plaque de cuivre dans une forte dissolution d'or, de platine ou d'argent. || Commencer à percer, dans une pièce de fer ou de bois, un trou, qu'on achève avec la tarière ou le laceret. || Aplatir un morceau de fera l'un des bouts, comme un coin.

— hist. xvi* s. Mais ces fols qui leur font hommage, Amorcez de vaines douceurs, Ne peuvent sentir le dommage Que traynent ces mignardes pinurs, dubell. m, 9t , recto. Il prend une pistole toute preste, bandée et amorcée, carl. x, h 2.

— ÉTYM. Amorte; provenç. amonar, amorsar. Le vieux français avait amordre, qui voulait dire mordre à, attirer. L'orthographe amorser se ait préférable (voy. l'étymologie d' amorce).

f AMORCEUR (a-mor-seur), s. m. Celui qui amorce.

— HIST. xvi* s. Tant y a que oette amorce fut bruslée [on attira au combat] , et les amorseurs deffaits, d'aub. Uist.u, 468.

— ETYM. Amorcer.

AMORÇOIR (a-mor-soir), s. m. || 1" Terme d'arts mécaniques. Outil dont l'artisan qui travaille en bois se sert pour commencer les trous. Synonyme d'ébauchoir, qui est plus usité. || 2° Petit instrument dont on se sert pour amorcer les fusils à piston.

— ÊTYM. Amorcer.

t AMOROSO (a-mo-ro-zo), adv. Terme de musique. Indique une expression tendre et gracieuse et un mouvement un peu lent.

— étym. Ital. amoroso, amoureux (voy. ce mot).

f AMORPHE (a-mor-f), adj. Terme didactique. Qui n'a pas de forme déterminée.

— étym. "A|Aop<po;, de à privatif, et |xop»i|, forme (voy. morph....).

t AMORPHIE (a-mor-fie), s. f. Terme didactique. Absence de forme déterminée, difformité, désordre dans la conformation.

— ÉTYM. Amorphe.

AMORTI, LE (a-mor-ti, tie), part, passé. Balle

AMO

amortie. Le coup amorti par les vJtemôats. Halnps amorties par le temps. L'inimitié qui règne entre nos deux partis N'y rend pas de l'hon.leur tous les droits amortis , corn. Sertor. m, 2. Htlasl il consultait de mettre bas les armes; Et déjà son courroux était presque amorti, rotrou, Antig. ni, 7. Et jurant que la flamme est du tout amortie, Régnier, ÊUg. il. Les passions amorties dégradent les hommes extraordinaires, dider. Pens. phil. 9. Quand la fougue de la jeunesse sera amortie , volt. Ingénu , 1 3. Quand de nos jeunes ans l'éclat est amorti , mol. Mis. m, 6. Je vois de votre teint les roses amorties , id. Psych. IV, 3.

AMORTIR (a-mor-tir), v. a. || 1° Rendre comme mort, c'est-à-dire rendre plus faible, moins vif, moins violent, moins dur. Un barrage amortissait la force du courant. Amortir unchoc, une chute. Amortir l'éclat de la lumière. L'âge amortira l'ardeur des passions. L'esprit ? C'est un feu qu'une maladie et qu'un accident amortissent , fléch . M ont. Mille choses que le temps devrait avoir amorties, sév. 26. | En parlant des herbes, leur faire perdre leur ftcreté. Amortir ou faire amortir des herbes, du céleri. || Rendre la viande plus tendre. Certaines viandes ont besoin d'être amorties. || 2° En termes de finances, racheter une dette, une rente, une redevance. || 3" Autrefois, donner aux mainmortables le droit de devenir propriétaires. || Donner un bien sous la condition qu'on sera nourri jusqu'à la mort par le donataire. || Dans l'anciennejurisprudence, amortir un héritage, diminuer les droits, profits et revenus qui en dépendent. || Amortir la foi et hommage , se faire décharger de la foi et hommage , à la charge de quelque autre redevance. || 4" En termes de marine, Ôter à un bâtiment sa vitesse par un moyen quelconque. || F. n. Rester échoué pendant le reflux. || 5° S'amortir, v. réfl. Devenir amorti. Son ardeur s'est promptement amortie. Ce nectar où tes feux s'amortissent, béranger, Bacchante.

— HtST. xin's. Licos, qui ert touz amortez , Quant il senti laschier la bouche, Bâti ses eles, si s'en touche Et vint volant sur un pomier, Renart, lèse. Car ainsqu'ele en poût cheoir, Tost eD porroit, sans resortir, La Rose du tout amortir, la Rose, 16628. Paor a que no Franc n'aient perdu la vie; Poignant s'en vient aus murs de la cité an tie , Nostre gent i trova dolente et amortie : Devant eus gist Peschiele qui estoit depecie, Ch.d'Ant. vi, 8(4. Tel uzage qui sont amorti se passeroient par amende du meffet, beaum. xxiv, (6. Li tiers cas, qui apartient àsainte Eglise, si est de toz les biens et de toutes ammosnes qui sont données, ammosnées ou amorties, por sainte Eglise servir et soustenir, id. xi, 4. Tout soit li héritages venus de lor sers , ce que li serf des églises aquierent ne demeure pas amorti as églises, s'il n'est otroié du souverain, id. xlv, 33. || xiv s. [La mort] L'assailli tellement qu'il n'ot ne cuer ne veine Qui ne fust amortis ains la sepmaine pleine, Guescl. 22677. || xv* s. [Le maître médecin] amortit tout ou en partie le venin qu'il avoit pris et reçu, froiss. ii,ii,70. || xvi* s. 11 amortit l'inimitié qu'ilavoit portée contre ce duc [sa propre inimitié], mont, i, 2. En moins de rien lui furent, que vuidés, que accordés, que amortis, deux ou trois cents procès, des per. Contes, xxxvi. Toutes ces envies, toutes ces haines et detractions à rencontre de Marius, furent ljien tost après esteinctes et amorties par le grand danger qui survint à toute l'Italie du costé du ponent, amyot, Marius, 16. Sa gloire et son authorité s'alloit petit à petit anéantissant et amortissant par trop demourer en paix sans rien faire, id. Marius, 56. La lassitude du corps amortissoit l'aise et le contentement de l'esprit, id. Aratus, 27. Les privilèges que quelques uns avoient de ne contribuer pas esgallement aux levées du pays, c'estoit que, par une somme une fois levée, ils vouloient amortir toutes ces choses, d'aub. Hist. i, 362. Si pour telles choses les porreaux ne s'amortissoient , on les touchera d'huile de vitriol, paré, v, 21. Quelques fois on trouve les vipères si surprises de froid qu'elles demeurent toutes amorties et immobiles, comme si elles estaient gelées, id. xxm, 6. Ce qui attise ou amortit le feu, rons. 820.

— ÊTYM. Bourguig. émoti; provenç. amortir, amortar, amorsar; anc. cat. amortir; ital. ammortire, ammortare; de à et mort. L'ancien français avait aussi amorter.

AMORTISSABLE (a-mor-ti-sa-bl') , adj. Terme de finances. Qui peut être amorti. Rente amortissable.

— ÊTYM. Amortir.

AMORTISSEMENT ( a-mor-ti-se-man ) , t. m. || 1" Action d'amortir, d'affaiblir. L'amortissement du

eoup. L'amortissement des haines. \\1? Faculté donnée autrefois aux mainmortables de devenir propriétaires. || 3° Rachat d'une rente, d'une pension, d'une redevance , etc. Amortissement de la dette publique. Cette confiscation était une espèce de droit d'amortissement pour le prince des taxes qu'il levait sur les Juifs, montesq. Esv. xxi, 20. || Caisse d'amortissement, caisse établie pour l'extinction graduelle de la dette publique. || Fonds d'amortissement, fonds destinés à l'amortissement d'une rente. || 4° En termes d'architecture, ce qui termine, ce qui finit le comble d'un bâtiment. || 6° Amortissements, les cavets renversés qui couvrent des corniches, des croisées et des portes extérieures, pour les garantir de la pluie. || 6* En termes de marine, état d'un bâtiment qui est amorti.

— HIST. xv* s. Lesquelz il renta moult richement par amortissement perpétuel, christ, de pisan, CharlesV, m, ch. ((. || xvr* s. L'amortissement [droit pour ce qui passe en mainmorte] de ce qui est tenu immédiatement du roi s'estime à la valeur du tiers de la chose, loysel, 78. Peu de temps après ils apperceurent bien que ce partage n'estoit point amortissement d'inimitié, ains plus tost commencement de querelles et de dissensions entre eulx, amyot, Pyrrh. 23.

— ÉTYM. Amortir ; provenç. amortissament, amorlesimen; espagn. amorlecimiento.

t AM0U1LLE (a-mou-U', Il mouillées), s. f. Nom vulgaire du premier lait fourni par une vache qui vient de vêler.

fAMOClLLER (a-mou-llé, Il mouillées) ,v. n. Il se dit d'une vache qui est sur le point ou qui vient de vêler.

t AMOULER (a-mou-lé), v. a. Technologie. Passer sur la meule, aiguiser, affiler.

— étym. À et meule (voy. meule).

AMOUR (a-mour),s. m. || 1° Sentiment d'affection d'un seie pour l'autre. Epris d'amour. Brûler d'amour. Un secret amour. Unamourpartagé. L'amour des femmes. Lettre d'amour. Un amour violent aux raisons ne s'amuse, Régnier, Élég. u. En amour l'innocence est un savant mystère, id. Sat. xui. Chloris et moi nous nous aimions d'amour, la font. Quipr. En un habit à donner de l'amour, m. Or. Le duc de Richemont mourait d'amour pour elle, HAMLvr. Gramm. 9. Seigneur, l'amour toujours n'attend pas la raison, rac. Brit. n, 2. L'amour n'est pas un feu qu'on renferme en son âme; Tout nous trahit, rac. Andr.u, 2. X peine cependant Bajazet m'a parlé; L'amour fit le serment, Pamourl'a violé, in. Baj. m, 6. L'amour le plus discret Laisse par quelque marque échapper son secret, id. ib. m, 8. Un véritable amour brave la main des Parques, corn. Hor. iv, 4. L'amour entre les rois ne fait pasl'hyménée, id. Nicom. n, 4. L'amour au désespoir fait gloire encor d'aimer, id. Agésil. IV, 7. L'amour est un tyran qui n'épargne personne, id. Cid, v, 4. 11 n'y a point, dans le coeur d'une jeune personne, un si violent amour auquel l'intérêt ou l'ambition n'ajoute quelque chose, la bruy. 3. || Au féminin. Mais j'ai grand' peur, enfin, que l'amour soit plus forte, Régnier, Élég. u. Il disait qu'il m'aimait d'une amour sans seconde, mol. Éc. des F. u, e. Vous ne pouvez aimer que d'une amour grossière, id. Femmes sav. îv, 2. J'ignore le destin de mon amour ardente, id. le Dép. îv, 3. L'aimes-tu d'une amour qui soit si violente? id. Mélic. 1,2. C'estl'amour, jointeà la tristesse, qui cause la plupart des larmes, desc. Pau. H7. Qu'une première amour est belle! Qu'on a peine à s'en dégager 1 Et qu'on doit plaindre un cœur fidèle, Lorsqu'il est forcé de changer I quin. Alys , iv , ( .Outre que tant d'amour vous serait importune, la font. Joconde. Votre amour de la mienne eût dû se défier, rac. Baj. v, 6. Amour ignorée, id. Brit. l, t. De l'amour la plus tendre et la plus malheureuse, id. Bérén. v, 7. Avant que dans son , cœur cette amour fût formée, id. Baj. I, 4. Ne l'a point averti de votre amour nouvelle, id. ib. iv, 5. Possédant une amour qui me fut déniée, id. Milhr. lu, 5. Sur la foi d'une amour si saintement jurée, id. Andr. u,t. Tant d'amour n'en peut être effacée, id. Bér. iv, 6. Si d'une égale amour votre cœur est épris, volt. Zaïre, i, 2. Que vos destins.... Coulent toujours trempés d'ambroisie et de miel, Et non sans quelque amour paisible et mutuelle, a. chén. 02. || Au plur. f. De mutuelles amours. Je redoutai du roi les cruelles amours, rac. Mithr. i, (. Il déshonora son règne par ses amours monstrueuses, boss. Hist.i, 40. || Commerce amoureux. Mais ce n'est pas assez expier vos amours, rac. Bérén. v, 5. N'allez point par vos pleurs déclarer vos amours. id. Baj. I, 4. L'hymen va succéder à vos longues

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