‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 90 sur 403 · AMY · texte numérisé non relu

AMY

Il En parlant des choses. Les faibles déplaisirs s'amusent à parler, corn. Pomp. v, 4 . Vains transports où sans fruit mon désespoir s'amuse, id. aidée, 1,6. || 3° S'amuser de, se moquer. S'amuser de quelqu'un. S'étant beaucoup amusé aux dépens de son visage. || 4* Fig. S'amusera la moutarde, s'arrêter à des bagatelles.

— syn.amuser, divertir. Amuser, c'est faire passer le temps avec agrément, s'il s'agit de quelque chose qui plaît. Mais cela aussi explique pourquoi amusera, en outre, le sens d'abuser, de repaître de vaines espérances. Divertir, c'est, étymologiquement, détourner l'esprit, et, au sens que ce verbe a pris, tourner l'esprit vers des choses agréables. Aussi divertir est-il plus expressif qu'amuser, et les divertissements sont plus vifs que les amusements. L'usage de la conversation tend beaucoup à délaisser le verbe divertir , et par conséquent à donner & amuser tout le terrain que perd celui-là. Mais, en écrivant, on fera bien d'avoir devant les yeux la nuance qui les sépare.

— HIST. xiii* s. Or PaRenart tant amusé Que ambedui sont acordé, Ren. 1981. || xiv s. Et pour toy j'en parle souvent, Afin que point tu ne t'abuses, Et qu'en pratiques ne t'amuses À choses que tu ne cognois, Nat. à l'alch. err. 324. || xv" s. Le ducd'Anjou.... trouva des cauteles en diverses manières pour amuser le peuple, juvén. CharlesVI, 4382. || xvi* s. Vrai est que toutes ses cauteles ne sont que morneries ou jeux de farce et amuse-fols, calv. Inst. 267. Il amusa [occupa] toutes ses heures dernières, mont, i, 4 7.Cyrus amusa une armée plusieurs jours à se venger de.... id. i, 22. Ils ne s'amusèrent [s'occupèrent] qu'à haster les mariniers de..., id. i, 63. Les Amadis et tels fatras de livres à quoy l'enfance s'amuse, id. i, 4 96.

— ÉTYM. À et muser (voy. muser) ; bourguig. aubusai.

AMUSETTE (a-mu-zè-t') , s. f. || i" Petit amusement. Le fermier vient, le prend, l'encage bien et beau, Le donne à ses enfants pour servir d'amusette, la font. Fabl. n,46. Chaquesiècle a son amusette, bérang. Pèlerin, de Lis. D'Avaux, notre ambassadeur en Hollande, lassé de toutes les amusettes avec lesquelles on le menait, salua le roi le lendemain, st-simon , 97 , 29. || 2* Pièce d'artillerie de petit calibre ; espèce de gros fusil de rempart , monté sur affût.

— ÉTYM. Diminutif tiré d'amuser; bourguig. emusôte.

AMUSEUR, EUSE (a-mu-zeur, zeû-z'), s.m.etf. Celui qui amuse par ses contes, par sa conversation, ou de toute autre manière. Un agréable amuseur. [Mme de Chevreuse disait] que jusque-là je ne m'étais que plaint, parce que l'on m'amusait ; mais qu'étant à la reine au point qu'elle était, elle ne lui cèlerait pas que l'on ne pouvait plus amuser l'amuseuse, retz,iii, 430.

— ÉTYM. Amuser ; Berry, un amuseux à* filles, un cajoleur.

AMUSOIRE (a-mu-zoi-r'), s.f. Moyen d'amuser, de distraire. Cela n'est pas sérieux ; ce n'est qu'une amusoire. || Très-peu usité.

— étym. Amuser.

AMYGDALE (a-mig-da-1'), s. f. Terme d'anatomie. Chacune des deux glandes placées , l'une à droite, l'autre à gauche, à l'entrée de la gorge.

— HIST. xvi' s. Spongieuse et molle, comme les amygdales ou salivales.... dense et dure comme les glandules qui sont à la racine de la langue , nommées amygdales — à la racine de la langue, les tonsilles ou amygdales, paré, i, 47.

— étym. Amygdala, amande (voy. amande), à cause de la forme de cette glande.

fAMYGDALIN, INE (a-mig-da-lin, li-n'), adj. Terme de pharmacie. Qui est fait avec des amandes.

— ÉTYM. Amygdala, amande (voy. ce mot).

t AMYGDALINE (a-mig-da-li-n') , s. f. Terme de chimie. Nom donné à une substance qui est dans les amandes amères.

— ÉTYM. Amygdalin.

f AMYGDALITE (a-mig-da-li-f) , s. f. Terme de médecine. Inflammation des amygdales ( appelée aussi angine tonsillaire, esquinancie.

— ÉTYM. Amygdale.

AMYGDALOÏDE (a-mig-da-lo-ï-d') , s. f. Terme de minéralogie. Pierre qui renferme, au milieu de sa pâte propre, d'autres parties ayant la forme d'une amande.

— ÉTYM. 'A|iuySoiao£i8t|i;, de à|iuY6<x>.r) , amande (voy. ce mot), et eTSo;, forme (voy. idée).

AMYLACÉ, ÉE (a-mi-la-sé, sée), adj. Terme didactique. Qui ressemble à l'amidon.

— ÉTYM. Amylum (voy. amidon).

t AMYLE (a-mi -1'), s. m. Terme de chimie. Radical hypothétique d'une série de composés, dont l'oxyde hydraté est l'huile de pomme de terre ou alcool amylique.

t AMYLÈNË (a-mi -lè-n'),ï. m. Terme de chimie. Produit qui se présente sous l'aspect d'un liquide clair, incolore ; il est volatil et d'un poids spécifique très- peu considérable; il est anesthésique comme l'ether.

t AMYLIQUE (a-mi-li-k'),adj. Terme de chimie. Acide amylique, acide qui a une couleur citrine, une forte odeur aromatique, une saveur acide et très-piquante. || Alcool amylique, huile de pomme de terre , liquide huileux , incolore, d'une odeur forte et désagréable, qu'on retire surtout en distillant les produits de la fermentation alcoolique de la fécule de pomme de terre.

AN (an), s. m. || 1* Le temps que met la terre à faire sa révolution autour du soleil. || 2° Le premier jour de l'an ou le premier de l'an, le premier jour de l'année. || 3° La fleur des ans, la première jeunesse. || Les jeunes ans, le temps de la jeunesse. || Les vieux ans, le temps de la vieillesse. || Les ans, la vieillesse. Sous le faix du fagot aussi bien que des ans, la font. Fab. i, ) 6. Approchez, je suis sourd, les ans en sont la cause, id. ib. vu, 4 6. Dans la nuit du tombeau les ans l'ont fait descendre, volt. Œdipe, v, 2. Tithon n'a plus les ans qui le firent cigale, malh. Ode à Vuperier. || 4° An du monde, an de la création, de Notre-Seigneur; l'an où l'on est depuis la création , depuis la naissance de Jésus- Christ. || 6° An i, an D, an vm s'employaient pour indiquer les années de l'ère de la république française, commencée le 22 septembre 4 792. || 6° Bon an mal an, compensation faite des bonnes et des mauvaises années. Et l'on m'a assuré qu'elle portait d'ordinaire sur elle, bon an mal an, trente quintaux dechair, scarr. Rom. com. ch. vm, 2* part. Nous payons [au gouvernement] , bon an mal an, 900 millions, p. L. cour, i, 490. || 7° Par an, chaque année. Il gagne 2000 fr. par an. || 8" Service du bout de l'an ou simplement bout de l'an, le service qu'on fait dans une église pour une personne un an après sa mort. || 9" Bon jour et bon an, façon de saluer populaire quand on voit une personne dans les premiers jours de l'année. ||10° En termes de jurisprudence, an et jour, l'année révolue et un jour en plus.

— SYN. an , année. Ces deux termes s'emploient indifféremment l'un pour l'autre, sauf certaines locutions consacrées où l'on ne peut pas substituer année à an, comme bon an mal an, et sauf que, quand on veut qualifier l'année à l'aide d'une épithète, on se sert non de an, mais d'année. On ne dira pas un bon an, un an abondant, un an heureux, mais une bonne année, une année abondante, une année heureuse.

HIST. xi* s. Â tant cum la censé est de un

an, L. de Guill. 40. Set anztouz pleinzad ested en Espaigne, Ch. de Roi. 1. Ensemble [nous] avons ested et ans et dis [jours], ib. cxlix. || xji' s. [Charlemagne] a bien passé cent ans, Roneisv. p. 26. Puis fu set anz accomplis et entiers, ib. p. 34. En vieille geste est escriz de Ions ans, tfc. p. 86. Et pour son fil qu'il eut nourri tant ans, ib. p. 4 42. L'an que rose ne feuille Ne fleur [je] ne voi paroir, Couci, vm. Je souferrai mon domage, Tant que l'an verrai passer, Dame de Faiel dans Couci. Bien [tu] peuz conquerra France, or est entrez li ans [l'année en est venue] , Sax. v. ||xin* s. Trois ans [il] fut chevaliers, pleins fut de courtoisie, Berte,u. Vingt ans avoit Pépins, ainsi [je] l'ouï esmer, ib. m. Cinq cens livres par an à chascunç [il] donra, t'b. cxxxi. Li an et li jour s'en vont aussi comme l'aiguë qui court aval sans retourner, richard de fournival, dans Hist. litt. t. xxm, p. 723. Quant la terre est bien replenie de fiors et de fruiz, lors est li anz coronez, Psautier, f" 75. Ceste addition fu fête en l'an de grâce mil.... Liv. des met. 360. Se baillage escheit à damoiselle qui ait douze ans ou plus d'aage, et le vueille aveir et tenir et user, Ass. deJèr.i, 267. Il pot commandera l'église à qui li lais [legs] est fes, que il l'oste de se [sa] main etlemete en main laie dedans an et jour, beaum. xu, 6. || xv* s. Si Monseigneur de Flandres vouloit, il aurait, tous les ans, un grand profit sur les navieurs dont il n'a maintenant rien, froiss. ii, ii, 52. Si fut cette chose si approchée que, droitement la nuit de l'an, la chose fut arrestée d'estre faite, et devoit le dit Aimery délivrer le chasteau de Calais en icelle nuit, id. li, 326. Il xvi* s. L'an passé est toujours le meilleur, génin, Récréât, t. n, p. 243.

— ÉTYM, Provenç. on; espagn. ano; Ital. onno; d»

ANA

anmis. On a rapproché annus de !voç ou Svo;, l'année, dorien Fé»ïo;, çiwo?, et aussi de ho«, laconien Fé>o«, comme du gothique athn, année; mais ces rapprochements ne paraissent pa» s'accorder avec l'osque amnud, équivalent de anno. Amnud appuie ceux qui disent que annus est pour am-nus, et qui y voient un radical commun aux langues celtiques : cornouail. amser; bas-bret. aimer; irland. am; gaél. dm, le temps; sanscrit, amati, même signification. L'osque amnud empêche de confondre annus, an, et annus, anneau.

t. ANA (a-na). || 1* Affixe qui se joint k certains noms propres pour indiquer un recueil de pensées détachées, de bons mots, etc." Le Ménagiana, le Segraisiana. C'est dommage qu'on n'ait pas fait un Harleana de tous les ditsqui caractérisaient ce cynique [Harlay}, st-sim. 173, 49. || 2» S. m. Recueil de bons mots. Tous nos livres en ana ont répété l'historiette, volt. Mœurs, <23. 11 savait par coeur tous les petits traits desana,J. j. rouss. Conf. iv. [| Au plur. Les ana.

— ÊTYM. Suffixe latin anus, exprimant ce qui appartient à : Virgili-ams, ce qui appartient à Virgile et ainsi de suite ; dicta virgiliana , les dits de Virgile, ou, en français, un virgiliana, et, par la même analogie, un huetiana, les dits de Huet,etc. d'où enfin un ana, ei> faisant de la finale un mot qui comprend ces sortes d'ouvrages.

2. ANA, mot employé par les médecin» dans leurs ordonnances, et signifiant autant de l'un que de l'autre.

— Etym. 'Avà, indiquant répétition.

fANABAPTISMK (a-na-ba-ti-sm'), s. m. Secte

des anabaptistes.

ANABAPTISTE (a-na-ba-ti-sf), s. m. Sectaire qui ne croit pas que les enfants puissent être baptisés, et qui les rebaptise quand ils ont atteint l'âge de raison. On a vu les illusions des anabaptistes, et on sait que c'est en suivant les principes de Luther et des autres réformateurs qu'ils ont rejeté le baptême sans immersion et le baptême des Muants, boss. Variât. )6.

— ÊTYM. 'Avà, indiquant réduplication , et paitTiarr,;, celui qui baptise (voy. baptisir).

f ANABROCHISME (a-na-bro-chi-snV) , s. m. Terme de chirurgie. Opération imaginée autrefois pour remédier, à l'aide d'une aiguille et d'un cheven, au renversement des cils contre le globe de l'œil.

— ÉTYM. 'Avaêpoxw|i4«, de àvà, en sens inverse,

et .îp'X*?» I'en-

} ANACAMPTIQTJE (a-na-kan-pti-k'), adj.

|| 1' Terme de physique. Qui réfléchit, en parlant du son ou de la lumière. || 2° En géométrie , se dit des courbes produites par la réflexion de la lumière sur une ligne ou sur une surface.

— ÊTYM. àvaxâu.Ttiv , réfléchir, de àvà, en sens inverse, et yàu/nTEiv, courber.

ANACARDE (a-na-kar-d') , s. m. Fruit en forme de coeur dont l'amande est bonne à manger.

— HIST. XYi* s. Les médicaments septiques, comme moustarde, anacarde, cantharides.... paré, xxxv, 33.

— ÊTYM. 'Avà, selon, et xapSia, cœur (voy. cœur).

ANACARDIER (a-na-kar-dié), s. m. Arbre des Indes orientales qui produit l'anacarde (anacardium orientais, L.).

t ANACATHARTIQUE (a- na-ka-tar-ti-k'), adj. et i. m. Terme" de médecine. Qui excite l'expectoration. Potion anacathartique. Un anacathartique.

— ÊTYM. 'AvwiiiOapTtxoi;, de àvà, en haut, et xoctaipEiv, purger (voy. cathartique).

t ANACÉPBALÊOSE (a-na-sé-fa-lé-ô-z'), s. f. Terme de philologie. Récapitulation d'un discours, d'un écrit, fl Peu usité.

— ÉTYM. 'AvaxEeaXatw<riç, de àvà, exprimant retour, et xeoàXouov, chapitre (de xtçaXrj, tête, voy. céphalique) : reprise des chapitres.

ANACHORÈTE (a-na-ko-rê-t'), s. m. || «.'Religieux qui vit dans la solitude, par opposition à cénobite, religieux qui vit en communauté avec d'autres. Un bon vieillard, pieux anachorète, Depuis vingt ans sous ce toit résidait, millev. Charlem. à Pav. v. Des anachorètes consommés dans une piété éminente par de longues macérations et par une vie angélique, HASS.Vocat. à l'état ecclésiasl. \\ 2° Homme qui vit loin du monde. Il mène une vie d'anachorète.

— ÊTYM. 'Avaxwpr)Tïte, de àvà, indiquantéloignement, et y topetv, aller.

ANACHRONISME (a-na-kro-ni-sm'), s. m. Faute contre la chronologie. Pour éviter les anachronismes, cette erreur qui fait confondre les temps, boss.

ANA

Hist. Préf. On connaît l'heureux anachronisme de l'Enéide; tel est le privilège du génie, que les malheurs de Didon sont devenns une partie de la gloire de Carthage, chateaub. Itin. m, <25. || Anachronisme de costume, erreur qui consiste à attribuer à une époque des vêtements, de» meubles qui n'ont existé qu'à une autre époque.

— REM. Anachronisme se disait d'abord d'une erreur qui consiste à placer un fait avant sa date; l'erreur opposée se disait parachronisme; mais parachronisme est devenu peu usité, et anachronisme a pris une acception générale.

— ÉTYM. 'Avà, indiquant renversement, et xpôvo;, temps (voy. chronique).

t ANACLASTIQUE (a-na-kla-sti-k'). || f Adj. En termes de physique, se dit du point où un rayon lumineux se réfracte ou se réfléchit. Courbe anaclastique, courbe apparente suivant laquelle une ligne est vue à travers un milieu réfringent. || 2" S. f. Partie de l'optique qui traite des réfractions. On ne dit plus que Dioptrique.

— ÊTYM. "Avà, indiquant déviation, et xXàw, je romps.

ANACOLUTHE (a-na-ko-lu-f) ou plus rarement ANACOLUTHIE (a-na-ko-lu-tie) , s. f. Terme de grammaire. || 1* Ellipse qui consiste à employer un relatif sans son antécédent. Il y a une anacoluthe dans ce vers : Je vais où va toute chose, c'est-à-dire dans les lieux où.... || 2* Tournure dans laquelle commençant par une construction , ou finit par une autre, comme dans ces vers de Ct'nna, v, < : Toutes les dignités que tu m'as demandées, Je te les ai sur l'heure et sans peine accordées.

— ÊTYM. 'AvaxaAOuOia, et àvaxoXouOoç, de àv privatif, et àxôXovOoç, qui suit (voy. acolythb).

f ANACOSTE (a-na-ko-sf) , s. f. Terme de commerce. Sorte de serge fabriquée en Normandie.

ANACRÉONTIQUE (a-na-kré-on-ti-k'), adj. Qui est écrit dans le goût d'Anacréon; qui écrit dans le genre d'Anacréon. Poésie anacréontique. Poète anacréontique. J'ai tâché de lui ressembler [à Anacréon] dans les odes que j'appelle anacréontiques, iamotte, Discours sur la poésie en général.

— REM. Ce mot, qui ne se trouve pas dans les éditions antécédentes du Dictionnaire de l'Académie, parait dû à Lamotte.

— ÉTYM. Latin, anacreonticus , d' "Avorepéuv , Anacréon , poète grec quia donné son nom au genre dans lequel il a chanté.

fANADIPLOSE (a-na-di-plô-z'), ». f. Espèce de répétition qui consiste à placer deux fois de suite le même mot à la fin de la phrase qui finit et au commencement de celle qui commence, pour donner plus de force à l'expression. Cette phrase de Bossuet, Or.fun. de la duchesse d'Orléans, offre une anadiplose : Et lesprinceset les peuples gémissaient en vain ; en vain Monsieur, en vain le roi lui-même tenait Madame serrée par de si étroits embrassements, etc.

— ÉTYM. 'AvaSt'nXoxTic, de àvà, indiquant répétition, et 8i7t)ôw, je double.

fANAEROÏDE (a-na-é-ro-ï-d'), adj. Terme de physique. Baromètre anaéroîde, nom donné à un appareil récemment construit pour remplir l'office de baromètre, et dont une boîte vidée d'air est la pièce principale.

— ÉTYM. 'Av privatif, et àrip, air: sans air.

t ANAKIN (a-na- fin), s. m. Sorte d'instrument de musique arabe. Au lieu du son des anafins, du bruit des trompettes, un silence profond régnait autour d'Aben Hamet, chateaub. Abenc. 167.

ANAGALLIS (a-na-gal-lis'), s. m. Voy. mouron.

— HIST. xvi* s. Du jus de porée, choux, marjolaine, anagallis, hyssope, paré, xxv, 36.

— ÊTYM. 'AvaYotXXî.

fANAGLYPHE (a-na-gli-f ) ou ANAGLYPTE (ana-gli-pt'), s. m. Terme d'antiquité. Bas-relief ou vase orné de bas-reliefs.

— ÉTYM. 'AvâvXwco; , àvÔY^uipo;, de àvà, en haut, et vXvseiv, ciseler.

ANAGNOSTE (a-nag-no-sf) , s. m. Terme d'antiquité. Esclave qui, chez les riches Romains, faisait la lecture pendant le repas.

— ÊTYM. 'AvavvtidTTi?, lecteur, de àvayiviiaxeiv, lire, primitivement reconnaître, de àvà, indiquant réduplication, et yivwsxsiv | connaître (voy. gnostiquk).

t ANAGOGIE (a-na-go-jie) , s. /.Terme de théologie Ravissement de l'âme dans la contemplation des choses divines, ou efforts qu'elle fait pour découvrir le sens mystique do quelques passages de l'Ecriture.

— ÉTYM. 'AvotYMYia (voy. anagogiquk).

ANAGOGIQUE(a-na-go-ji-k'), adj. Terme de théo-

ANA

logie. Interprétation anagogiquc, interprétation qui s'élève du sens littéral à un sens spirituel. Pour distinguer le sens anagogique des phrases hébraïque» chez les prophètes, volt. Phil. iv, 466.

— ÊTYM. AvaYMYixoç, qui élève, de àvà, en haut, et àv^vô;, qui conduit, de âyeiv (voy. agir).

t ANAGRAMMATIQUE (a-na-gra-mma-ti-k') , adj. Qui a rapport à l'anagramme.

ANAGRAMMATISER ( a-na-gra-mma-ti-zé) , v.n. Faire des anagrammes.

— ÉTYM. Anagrammt. St-Amand a dit anagrammrr : Il me souvient qu'un acrostiche Anagramme par l'hémistiche.... dans ménage.

ANAGRAMMATISTE (a-na-gra-mma-ti-sf) , s. m. Celui qui fait des anagrammes.

ANAGRAMME (a-na-gra-m'), s. f. Transposition de lettres, qui d'un mot ou d'une phrase fait un autre mot ou une autre phrase. Les mots nacre, rance et ancre sont des anagrammes ies uns des autres. J'aimerais mieux tirer l'oison, Et même tirer à la rame, Que d'aller chercher la raison Dans les replis d'une anagramme, colletet, dans ménage.

— rem. C'est une faute assez commune de faire anagramme masculin.

— ÉTYM. 'AvâYpau.u.a, de àvà, indiquant renversement, et -ypàçeiv, écrire (voy. graphique).

ANAGYRE(a-na-ji-r') ou ANAGYRIS (a-na-ji-ris'), s. m. Terme de botanique. Arbrisseau de la famille des légumineuses, dont les feuilles sont purgatives, et dont le bois et l'écorce sont fétides (anagyn't (cetida, L.); dit vulgairement bois puant.

— ÊTYM. Avâyupi; OU àvâYupo;.

t ANAL, ALE (a-nal, na-1'), adj. Terme d'anatomie. Qui a rapport à l'anus. Les veines anales.

ANALECTES (a-na-lè-kf), s. m. plur. Terme de philologie. Morceaux, fragments choisis d'un auteur ou de plusieurs auteurs.

— ÉTYM. 'AvâXexTix, de àvà, indiquant distribution, et >éyeiv, choisir (voy. lire).

ANALÈME (a-na-lè-m') , s. m. Terme de géographie astronomique. Représentation des cerclés de la sphère sur une surface plane, comme on le Toit dans les cadrans solairs* (yoj. aux additions).

— REM. Pourquoi ne pas écrire analemme comme on l'écrivait autrefois et comme on écrit encore aujourd'hui lemme T Irrégularité que l'Académie aura à faire disparaître.

— ÉTYM. 'Av£Xri|jLu.a, base ou pied d'estal du cadran, dont on a, par métonymie, donné le nom aux lignes quiforment le gnomon; de àvà, en haut, et >rjp.u.a, prise (voy. lemme), c'est-à-dire soutien.

t ANALEPSIE (a-na-lè-psie) , s. f. Terme de médecine. Rétablissement des forces après une maladie.

— ÉTYM. 'AvaXlnJ/t'a (voy. ANALEPTIQUE). ANALEPTIQUE (a-na-lè-pti-k'). || 1» Adj. Terme

de médecine. Qui restaure, qui rétablit les forces épuisées. Médication , alimentation analeptique. || 2° S. m. Un bon analeptique.

— ÉTYM. 'AvaXriTmxo;, de àvocXapëâveiv, reprendre, de àvà, indiquant reprise, et Xup6àveiv, prendre (voy. lemme)

t ANALGÉSIE ou ANALGIE (a-nal-jé-zie ou anal-jie), s. f. Terme de médecine. Absence de douleur; insensibilité à la piqûre, au pincement, etc. dans la plupart des cas d'hystérie.

— ÉTYM. 'AvaXvTiaiot , de àv privatif, et 4Xyo?, douleur.

ANALOGIE (a-na-lo-jie), s. f. || 1" Rapport, similitude entre plusieurs choses différentes. Il y a de l'analogie entre le cheval et l'âne. || Raisonner par analogie, former un raisonnement fondé sur les rap» ports ou sur les ressemblances en tant qu'elles indiquent des rapports. || 2* Rapport que les mots ont entre eux par leur formation. Le mot passionné est formé de passion par la même analogie qu'affectionné est formé d'affection. || 3° En termes de mathématiques, rapport, proportion. Il y a la même analogie entre 2 et 3 qu'entre 6 et ». Vieux en ce sens. || 4» En philosophie, procédé de l'esprit qui s'élève, par l'observation des rapports, à la raison de ces rapports. || Analogie prochaine, la perception actuelle de la similitude, de la ressemblance do deux ou plusieurs choses présentes ; analogie éloignée, celle par laquelle, étant connu le rapport île deux faits, nous concluons l'existence de l'un de l'existence de l'autre. En elle-même, l'analogie n'est que la somme des rapports avec les choses connues, buff. Homme, arilhm. morale. Par la seule chaîne du raisonnement et les probabilités de l'analogie, k péché originel est retrouvé, chateaub. Génie, l, m, 3.

— ÉTYM. 'AvaXovîa, de àvàXovoç (vov.>nai.oOue>

ANA

ANALOGIQUE (a-na-lo-ji-k'), adj. Qui est conforme à l'analogie, qui est appuyé sur l'analogie. Ces mots sont formés d'une manière analogique. || Il se met après son substantif: Expressions analogiques.

— ÊTYM. 'AvaXovtxéî (voy. ANALOGIE).

ANALOGIQUEMENT ( a-na-lo-ji-ke-man ) , adv.

D'une manière analogiaue. Procéder analogique-

— ÊTYM. Analogique et le suffire ment (voy. ment).

ANALOGUE (a-na-lo-gh'). || 1* Adj. Oui a de la ressemblance, de l'analogie. L'italien et le français sont des langues analogues. || 2* S. m. Les ailes des oiseaux sont les analogues des membres antérieurs des quadrupèdes. || 3" En anatomie comparée, théorie des analogues, théorie qui recherche les parties analogues dans les corps organisés. On donne le nom d'analogues a des organes qui, sans avoir la môme forme, les mêmes proportions dans les divers animaux, ofTrent les mêmes connexions avec les organes voisins. || 4* En physique, pôle analogue de la tourmaline électrisée, celui qui concorde, par le signe de l'électricité qu'il acquiert, avec le signe de la température.

— ÊYTM. 'AvâXoyoi;, deàvà, d'après, et X6yo«, raison (voy. logique).

ANALYSE (a-na-li-z'), *. f. || 1* Résolution d'un tout en ses parties. || 2' Analyse chimique, décomposition d'un composé au moyen de réactifs appropriés, et séparation de ses principes constituants. Cette tache était d'une encre tout extraordinaire, qui résistait à l'analyse, p. L. cour, i, 79. || Analyse qualitative, celle qui détermine la nature ou qualité des parties d'un composé, sans s'occuper de leur quantité. || Analyse quantitative, celle dans laquelle on détermine le poids et le volume, absolu ou proportionnel, des parties obtenues par l'analyse qualitative. || Analyse immédiate, celle qui sépare les partie,? dont un corps est composé. Exemple : Séparation d'un sel en son acide et sa base ou ses bases. || Analyse élémentaire, celle dans laquelle on ne s'occupe que du poids et de la nature des éléments chimiques ou corps simples. || 3" En grammaire, analyse, exposé que le maître fait faire de tous les accidents et des propriétés des mots ou des phrases. || L'analyse grammatologique consiste à faire connaître les lettres, les syllabes, les signes orthographiques. || L'analyse spécilique des mots est ladécomposition d'une phrase ou d'un discours selon les espèces de mots qui y entrent. || L'analyse étymologique consiste à décomposer tous les mots d'une phrase par rapport à l'étymologie, c'est-à-dire à indiquer les primitifs et les dérivés, les simples et les composés. || L'analyse logique consiste à expliquer exactement la nature, le nombre et la composition des propositions, et à en distinguer et déterminer les différents termes. || L'analyse syntaxique des phrases est celle qui nous fait connaître les rapports que les motsont les uns auxautres. || L'analyse grammaticale est l'analyse syntaxique et l'analyse spécifique réunies et faites toutes deux à la fois de la même phrase. || 4' En logique, méthode par laquelle on remonte des effets aux causes , ou des conséquences aux principes, du particulier au général, du composé au simple. L'analyse est l'opposé de la synthèse. || 6* En littérature, extrait , précis, examen d'un ouvrage. Je ferai l'analyse des notes et de l'instruction, boss. Lett. quiét. i 99. Si l'on faisait en toute rigueur l'analyse de ce discours, io. Or. 9. En faisant l'analyse des propositions de Fauteur, m. Préf. Voici le temps de luiapprendreà faire l'analyse d'un discours, j. J. rouss. Ém. iv. || 6° Au moral, examen, recherche. L'analyse de nos facultés, des passions. || 7* En termes de mathématiques, l'analyse est l'algèbre. L'analyse transcendante est le calcul différentiel et intégral. On appelle aussi quelquefois analyse l'application de l'algèbre à la géométrie, ou géométrie générale. || 8* En dernière analyse, Joe. adv. En dernier résultat.

— SYN. analyse, inouction. L'analyse est proprement et essentiellement la résolution du composé en ses éléments, et la synthèse, la reconstitution des éléments en leur composé ; c'est ce que la chimie nous enseigne d'une manière nette et précise. Mais quand on dit que l'analyse est la méthode qui Ta des effets à la cause , des conséquences au principe, du particulier au général, on ajoute à l'analyse une idée qui en fait la méthode inductive, l'induction. L'induction est donc l'analyse considérée quant à la recherche de la cause, du principe, du général. C'est en ce sens que l'analyse a été dite «ouvent méthode de* découvertes. L'astronomie offrit

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le plus bel exemple d'analyse ou Induction, quand Newton trouva la gravitation, cause des faits particuliers, et de synthèse ou déduction, quand (le la gravitation ou loi générale on tira les faits particuliers du système solaire.

— ÉTYM. 'AvâXuffii;, de àvaUu, résoudre, de àvà et Xûw, délier.

ANALYSÉ, ÉE (a-na-li-zé, zée), part, passé. Les substances analysées par la chimie. Cette comédie analysée par un critique habile. Les facultés de l'entendement analysées à l'aide d'une méthode plus sûre.

ANALYSER (a-na-li-zé), v. a. Faire l'analyse. Analyser une substance. Analyser une phrase. Analyser un discours, une pièce de théâtre.

— étym. Analyse.

t ANALYSEUR (a-na-li-zeur), s. m. Celui qui analyse. Locke, ce profond analyseurdes procédés de l'esprit humain..., mirab. Collection, t. v, p. 32.

— ÉTYM. Analyser.

ANALYSTE (a-na-li-st') , s . m. Celui qui est versé dans l'analyse mathématique.

— ÉTYM. Analyse.

ANALYTIQUE (a-na-li-ti-k') , adj. || 1* Qui tient de l'analyse, qui procède par analyse. Méthode analytique. Esprit analytique. J'ai suivi la voie analytique dans mes méditations, desc. lièp. 2. ||2° Géométrie, mécanique analytique, traités qui reposent sur l'emploi de l'algèbre ou du calcul infinitésimal.

—ÉTYM. 'AvaXviTixô; (voy. analyse).

ANALYTIQUEMENT (a-na-li-ti-ke-man), adv.

D'une manière analytique; par voie d'analyse. Procéder analytiquement.

— ÉTYM. Analytique et le suffixe ment.

t ANAMNESTIQUE (a-na-mnè-sti-k'), adj. Terme de médecine. Qui rappelle le souvenir. Signes anamnestiques ou commémoratifs, signes à l'aide desquels on découvre ce qui a précédé.

— ÉTYM. 'Avativï)aTixo;, de àvà, derechef, et livrât;, mémoire (voy. mémoire).

ANAMORPHOSE (a-na-mor-fô-z') , s. f.\\ i* Image déformée dessinée sur une surface plane, qui, réfléchie par un miroir cylindrique vertical, offre une figure régulière. || 2* En botanique, nom donné à l'ensemble des changements qui se manifestent chez certains lichens et autres cryptogames.

— ÉTYM. 'Ava[;.ôpço)îi;,mot fictif, de àvau.opçow, autre mot fictif, de àvà, indiquant transposition, et |Aopçri , forme.

ANANAS (a-na-nâ), s. m. || f Plante de l'Inde et de l'Amérique méridionale, qui produit le fruit délicieux et rafraîchissant appelé aussi ananas. || 2° Espèce de grosse fraise très-parfumée.

— ÉTYM. Péruvien, nanas, nom du fruit.

t ANANDRE (a-nan-dr'), adj. Terme de botanique. Se dit d'une plante dont les fleurs sont privées d'organes mâles.

— ÉTYM. 'A privatif, etàv^p, mâle.

t ANANTH. I (a-nan-V) , adj. Qui ne porte pas de fleurs.

—ÊTYM. 'Av privatif, et àvOoç, fleur.

ANAPESTE (a-na-pè-sf) , s. m. En poésie grecque et latine, pied composé de deux brèves et d'une longue.

— ÊTYM. 'Avàitaïutoç, de àvà, indiquant réduplication, et irateiv , frapper.

ANAPESTIQUE (a-na-pè-sti-k'), adj. Dans lequel entre l'anapeste. Vers, mètre anapestique.

— ÊTYM. 'AvocTcaiurixo; (voy. ANAPESTE).

+ ANAPHONÈSE (a-na-fo-nê-z') , s. f. Terme de médecine. Exercice ou éclats de la voix; action de crier. || En thérapeutique, emploi des exercices vocaux pour fortifier les poumons et les voies respiratoires.

— ÊTYM. 'Avetfûvnai;, de àvaçwv£(o , de àvà, en haut, et «(uvÉti), faire entendre un son.

ANAPHORE (a-na-fo-r'), s. f. Figure de rhétorique. Répétition du même mot en tête des phrases ou de membres de phrase. Il y a une anaphore dans ces vers de Delille : Tendre épouse , c'est toi qu'appelait son amour, Toi qu'il pleurait la nuit, toi qu'il pleurait le jour, Géorg. liv. iv.

— ÊTYM. 'Avoupopà, de àvà, de nouveau, et çépeiv, porter.

t ANAPHRODISIAQUE (a-na-fro-di-zi-a-k') , ad}. Terme de médecine. Qui éteint les désirs vénériens.

— ÊTYM. 'Av privatif, et aphrodisiaque.

+ ANAPHRODISIE (a-na-fro-di-zie), s. f. Terme de médecine. Absence des désirs vénériens. || Il n'a pas un sens aussi étendu que le mot impuissance.

— ÊTYM. Voy. ANAPHROniTE.

ANAPHRODITE (a-na-fro-di-f), adj. Terme de médecine. Insensible a l'amour.

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— ÊTYM. 'AvouppéSito;, de àv privatif, et 'Açpoîitri, Vénus (voy. aphrodisiaque).

t ANAPLASTIE (a-na-pla-stie), ». f. Terme de chirurgie. Art de rétablir la forme normale des parties mutilées. On emploie plus généralement le mot autoplastie, qui n'a pourtant pas le même sens.

— ÊTYM. 'Avà, indiquant rénovation, et «Xiaouv , former (voy. plastique).

t ANAPLASTIQUE(a-na-pla-sti-k'), adj. Terme de chirurgie. Qui se rapporte aux procédés de restauration des parties.

— ÉTYM. Anaplastie.

t ANAPLÊROTIQUE ( a-na-plé-ro-ti-k' ) , adj. Terme de médecine. Médicaments anaplérotiques, médicaments auxquels on attribuait la propriété de favoriser la régénération des chairs dans les plaies.

— ÉTYM. 'AvanXripôw, remplir, de àvà, et TiXripow, emplir.

ANARCHIE (a-nar-chie) , t. f. Absence de gouvernement, et par suite désordre et confusion. On ne voit que trouble et anarchie. L'anarchie des esprits. De ce que l'ordre est meilleur que la confusion, je conclus qu'il n'y a rien de pire que l'anarchie, c'est-à-dire de vivre sans gouvernement et sans lois, noss. Connaiss. i, 43. La Hollande du joug en vain s'est affranchie , Sa liberté lui pèse et touche à l'anarchie, lemierre, Barnevelt. i, i.

— ÉTYM. 'Avapxiï, de àv privatif , et àpxr), commandement (voy. archonte).

ANARCHIQUE (a-nar-chi-k') , adj. || 1" Qui tient de l'anarchie. Etat anarchique. Dis-lui que ma présence N'autorisera point l'anarchique insolence D'un tas de malheureux qui peuvent m'égorger, rotrou, Phocion, iv, 2.||2* Favorable à l'anarchie. Opinion anarchique. Discours anarchique.

— ÉTYM. Anarchie.

f ANARCHISER (a-nar-chi-zé) , v. a. Néologisme. Rendre anarchique. Une loi qu'il est impossible de faire exécuter, même en anarchisant toutes les parties de l'empire, mirab. Collection, t. v, p. 402.

— ÉTYM. anarchie.

ANARCHISTE (a-nar-chi-st'), s. m. Fauteur d'anarchie, perturbateur.

t ANARMOSTIQUE (a-nar-mo-sti-k') , adj. Terme de minéralogie. Se dit des cristaux offrant des faces qui ne sont pas toutes produites par une même loi.

— ÊTYM. 'Av privatif, et àpnéCeiv, disposer.

ANASARQUE (a-na-zar-k') , *. f. Terme de médecine. Gonflement du corps produit par de la sérosité infiltrée dans le tissu cellulaire.

— HIST. xvi* s. Quand toute l'habitude du corps est pleine de phlegme blanc, on appelle l'hydropisie anasarcaou leucophlegmatia, paré, vi, t(.

— ÉTYM. 'Avà, indiquant dispersion, et càp£, chair (voy. sarcasme).

ANASTOMOSE (a-na-sto-mô-z'), s. f. Terme d'anatomie. Abouchement de deux vaisseaux. Je lui demande un petit éclaircissement sur les veines lactées et sur les anastomoses, et il ne me le veut pas donner, tonten. Jug. dePluton.

— h.ST. xvi* s. Anastomose est communication de veine avec artère, afin que si elles ont indigence, qu'elles s'aident, paré, i, 22. Les aneurismes se font par anastomose et diapedese, ruption, érosion et playe, id. v, 30.

— ÊTYM. 'AvoKrrétMixri;, de àvaaTOtiôu, ouvrir, de àvà, et <rr6na, bouche.

ANASTOMOSÉ, ÉE (a-na-sto-mô-zé, zée), part, passé. Des veines anastomosées entre elles.

ANASTOMOSER (S') (a-na-sto-mô-zé), ti. réfl. Terme d'anatomie. Se joindre par anastomose.

t ANASTOMOTIQUE(a-na-sto-mo-ti-k'), adj. Qui a rapport à l'anastomose.

ANASTROPHE (a-na-stro-r), s.f. Terme de grammaire. Renversement de construction ; par exemple, en latin, mecum, fecum, vobiscum, au lieu de cum me, cum te, cum vobis.

— ÊTYM. 'Avwrrpoçi) , de àvotrrpéçeiv, renverser, de àvà, indiquant renversement, et oxpéçeiv, tourner (voy. strophe).

ANATHÊMATISÉ, ÉE (a-na-té-ma-ti-zé, zée), part, passé. Opinions dangereuses anathématisées par le concile.

ANATHÊMATTSER (a-na-té-ma-ti-zé), v. a.

|| 1* Frapper d'anathème, excommunier. || 2° Blâmer avec force, vouer à l'exécration. Nous anathématisons cette opinion comme hérétique, pasc. Prov. i.

— ÊTYM. 'Avaee[taT(Ctiv, maudire, de «vâOtiia, anathème (voy. ce mot).

t ANATHÉMATISME (a-na-té-ma-ti-sm') , s. m. Malédiction. Vouloir trouver un autre sens dans ces

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anathématismes du concile, c'est.... boss. Averl. e. Tout ce que les premiers conciles œcuméniques ont inséré dans leurs symboles ou dans leurs anathématismes, m. «• Avertissement sur les Lettres de Jurieu.

— ETYM. 'Ava8«|iaTt(j|ièc, do àvaBsiiatCÇtiv (voy. anathématiser).

ANATHÈME (a-na-tê-m'), s. m. || 1* Personne exposée publiquement à la malédiction par l'autorité ecclésiastique. Vous êtes donc là, comme un anathème, séparé de tout le reste de vos frèresî mass. Temples. Vous séparer, comme un anathème, de tout le corps des justes, id. Corni. L'assemblée même des fidèles leur était d'abord interdite [aux pénitents publics] comme à des anathèmes, id. Respect dans les Temples. Dieu vous rejette invisiblement, vous êtes à ses yeux un anathème et un excommunié, m. t'b. Vivant comme des anathèmes séparés de l'assemblée sainte, id. Carême, Petit nombre des Élus. N'êtes-vous pas un anathème, si vous n'aimez pas J. C. crucifié? id. Carême, Passion. Vous serez jusqu'à la fin marqué d'un caractère de réprobation , et un anathème caché au milieu d'Israël, id. Conférences , État ecclésiastique. J'ai confiance, 0 mon Dieu, qu'il n'y a pas ici, comme autrefois sous les tentes d'Israël , un autre Achan caché dans la foule ni un anathème parmi les fidèles, id. Carême, Communion. C'est ce monde qui doit être pour vous un crucifié , c'est-à-dire un anathème et un objet d'horreur, id. Carême, Petit nombre des Élus. || 2° Adjectivement. Qu'il soit anathème. Saint Paul a l'autorité d'un père et la tendresse d'une mère ; il veut être anathème pour ses enfants, fén. xviii, 363. [| 8* Par extension , retranchement de la communion de l'Eglise. Le concile frappa d'anathème un évêque célèbre, boss. Hisl.i, tt. Josué immola au Seigneur 3( rois du pays tous soumis à l'anathème, volt, il oeurs, Vict. humaines. || 4° Malédiction. Je ne viens pas ici prononcer des anathèmes contre les grandeurs humaines, mass. Vices. La religion ne semble avoir des anathèmes que pour ceux qui.... id. Prosp. Enfin vous avez dit anathème à Satan et à ses œuvres, id. Carême, Petit nombre des Élus. Regarder le moment de la mort comme le plus grand des malheurs, c'est dire anathème à J .C, e'estne vouloir avoir aucune part avec lui, id. Carême, Xort. L'eau du baptême Ne vous apporte point la mort et l'anathème, volt. Zaïre, III. 4. || 6* Fig. Tout l'anathème des malheurs publics tombe sur vous seul, mass. Carême, Sur les causes ordinaires de nos rechutes. || 6* En parlant des personnes, opprobre, exécration. Vous n'êtes que l'anathème du ciel et le scandale de la terre, mass. Carême, Vocation. Les impies mourront la honte de l'humanité, l'opprobre de la religion et l'anathème du ciel et de la terre, id. Paraphrases, psaume 27. || 7* Fig. Réprobation, blâme solennel. Cette proposition est frappée d'anathème , pasc. Prov. 3. On ose lever l'anathème que saint Paul prononce contre.... id. Prov. <o.

— hist. in" s. L'apostolies les leies [laïques] idanc escumenja [eicommunia] , E celui , qui qu'il seit, qui jamais les tendra; E desuz anathème à tuz dis conferma, Th.leUart.i». ||xiu*s. Por plus enforcier l'anatesme , Quant il aura fine son tesme,Li met ou poing ung ardant cierge Qui ne fu pas de cire vierge, la Rose, «9787.

wm étyh. 'AvâOefia, exposition, et aussi personne exposée, de àvanèévai, formé lui-même de àvà, en haut, et xiOevai, poser (voy. thème).

ANAT1FE (a-na-ti-f), s. m. Terme d'histoire naturelle. Genre de cirrhipèdes, dont les valves sont soutenues sur un pédoncule tubuleux susceptible de s'allonger et de se contracter, d'où le nom de pousse-pieds.

— ÊTYM. Anatifa, abrégé à'anatifère , d'anas, canard, et ferre, porter; parce que, dans certains pays du nord , on a cru que ce coquillage produisait des canards sauvages.

t AN'ATOCISME (a-na-to-si-sm') , t. m. Capitalisation des intérêts d'une somme prêtée.

— ÊTYM. 'Avotoxiou.4;, intérêt d'intérêts , de otvaTOxiÇciv, formé lui-même de àvà, et de tôxo;, génération, et, par auite, intérêt.

ANATOMIE (a-na-to-mie), s. f. || 1* Art de disséquer les différentes parties des corps organisés. L'anatomie du corps humain. L'anatomie d'une plante. || 2' Science qui a pour objet les corps organisés considérés à l'état de repos, et pour but la connaissance de leur organisation ou constitution. || Anatomie générale, partie de l'anatomie qui a pour sujet lee parties du corps qui, une fois observées dans une région de l'économie, sont connues pour toutes les autres, et quia pour but l'étude de leur organisation. || Anatomie descriptive, partie de l'anatomie

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qui a pour sujet les parties du corps dont l'examen doit être fait spécialement, et qui a pour but la conconnaissance de leur mode de connexion et de leur constitution. || Anatomie pathologique, celle qui s'occupe des altérations que peuvent éprouver les organes ouleurs tissus. || Anatomie chirurgicale et médicale, application de toutesles sections d'anatomie, soit normale, soit pathologique, à l'étude des maladies dites chirurgicales et internes, considérées dans leurs causes, leurs symptômes etleur thérapeutique. || Anatomie topographique ou anatomie des régions, étude de toutes les parties que l'on rencontre dans telle ou telle région considérée de la superficie au centre; l'étude de la position respective des muscles, nerfs, vaisseaux, etc. || Anatomie comparée, étude comparative de chaque partie des êtres par rapport aux modifications de leur structure dans les diverses classes d'animaux et de végétaux. Aussi excellait-il dans l'anatomie comparée, qui est l'anatomie prise le plus en grand qu'il soit possible et dans une étendue où peu de gens la peuvent embrasser, fonten. Du Verney.\\ Anatomie artificielle, art de modeler et de représenter avec la cire ou le carton les différents organes ou les différentes partiesdu corps humain dans l'état sain ou dans l'état de maladie. || 8' Corps disséqué, imitation d'un corps disséqué. Une pièce d'anatomie. Cabinet d'anatomie. Personne ne doute que des anatomies en cire colorée ne soient des ouvrages d'habiles artistes, volt. Princ. d'action, <.||4' Fig. Analyse, examen. Nous fîmes une anatomie de la Bretagne , sév. 238. X faire l'anatomie de ces sortes de discours, id. 447. Il s'appesantit sur les détails; il fait une anatomie, la bruy. i. Je ne ferai point l'ana- ■tomie des paroles de Malebranche pour en tirer des conséquences rigoureuses, fén. m, 8. Le prédicateur a fait une anatomie des passions du cœur humain qui égale les maximes de M. de La Rochefoucauld, id. xxi, 5. L'objet perpétuel de l'optique de M. Newton est l'anatomie de la lumière ; l'expression n'est point trop hardie ; ce n'est que la chose même, fonten. Newton.

— HIST. xrv* s. Et en ont un livre que il appellent anatomie, oresme, Eth. 29. || xvi* s. Les égyptiens faisoient apporter l'anatomie sèche d'un corps d'homme mort, pour.... mont, i , 7S. A d'aulcuns l'estude des histoires, c'est l'anatomie de la philosophie en laquelle les plus abstruses parties de nostre nature se pénètrent, id. i, 4 69. Après avoir fait une anatomie [examen] superficielle de ce petit miracle, tout esperdu d'aise, volut.... yveh, p. B«o. Donnant toujours quelques nouveaux attraits à ceux qui la regardoient , et prenant plaisir à faire l'anatomie des cœurs des jeunes gens, desper. Contes, lxvi. L'anatomie, premier et principal fondement delà médecine, paré, Prêf. J'ai délibéré de poursuivre tout d'un trait l'anatomie des muscles, id. iv, Prêf. En grecsceletos, qui signifie anatomie seiche, id. iv, 43.

— ETYM. Anatomia, de ma-zou.it, dissection, de àvaTéuvetv , couper en morceaux, de àvà et tép.vciv, couper (voy. tome).

ANATOMIQUE (a-na-to-mi-V), adj. Qui appartient à l'anatomie.

— HIST. xyt» s. Ils se sont estudiés d'entendre son architecture admirable par dissection anatomique, paré, Prêf. Dilater la playe, en évitant les nerfs et grands vaisseaux, ainsi que fait le bon et expert chirurgien anatomique, paré, ix, 22.

— ÊTYM. 'AvaTO|uxèç (voy. anatomie), ANATOMIQUEMENT (a-na-to-mi-ke-man) , adv.

D'une manière anatomique.

— ÊTYM. Anatomique et le suffixe ment (voy.

ANATOMISÊ, ÉE (a-na-to-mi-zé, zée), part, passé. || i'Corp» anatomisé. || 2° Fig. Jamais le cœur n'a été mieux anatomisé que par ces messieurs-là, sév. 77.

ANATOMISER (a-na-to-mi-zé), ». a. || f Faire l'anatomie, disséquer. || 2* Fig. Le barbare [Newton] a montré aux hommes ce que c'est que la lumière, et il a su anatomiser les rayons du soleil, volt. Dial. xxix, 8. Il est inutile de tant anatomiser les sons, d'olivet, Pros. franc. |j 3" Anatomiser un livre, un discours, l'examiner en détail, en analyser les différentes parties.

— HIST. xvi* s. Encores que durant quatre jours ils eussent anatomisé quatre testes de criminels, carloix, vu, 28. Ceux qui ont anatomisé et decoupé les corps, paré, i, Prif. v, 30. X touts les millions de diables qui te puissent anatomiser la cervelle, rab. Pant. iv, 6«.

— ÊTYM. Voy. ANATOJUB.

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t ANAT0M1SME (a-na-to-mi-sm'), s. m. Terme de physiologie. Abus qui consiste à vouloir trouver, dans les parties de structure simple, des dispositions compliquées qu'on suppose capables de rendra compte, physiquement ou chimiquement, des phénomènes organiques ou vitaux qu'elles offrent.

— ÊTYM. Anatomie.

ANATOMISTE (a-na-to-mi-sf), s. m. Celui qui «'occupe d'anatomie, qui est versé dans l'anatomie. M. du Verney fut assez longtemps le seul anatomiste de l'Académie, et ce ne fut qu'en 1884 qu'on lui joignit M. Mery, fonten. Du Verney.

— HIST. xvi' s. Les anatomistes le divisent communément en quatre parties, paré, i, '.

— ÊTYM. Anatomiser.

t ANATROPE ( a-na-tro-p'), adj. Terme de botanique. Se dit de l'ovule végétal qui est réfléchi.

— ÊTYM. 'Av<xTpÉ7rw, retourner, de àvà, re, et TpéitEiv , tourner (voy. trope).

ANCÊTRES (an-sê-tr'), *. m. plur. || f Dans le style noble , les ascendants qui ont précédé le grand-père. Homme qui compte une longue suite d'ancêtres. Un grand seigneur est un homme qui voit le roi, qui parle aux ministres, qui a des ancêtres, des dettes et des pensions, montesq. Leur, pers. 88. Attale, était-ce ainsi que régnaient tes ancêtres T corn. Nicom. iv, «. || 2° Les hommes qui ont vécu avant nous, sans être de notre famille. Suivant la coutume de nos ancêtres. Quitte un vain préjugé, l'ouvrage de nos prêtres, Qu'à nos peuples grossiers ont transmis nos ancêtres, volt. Alt. i, 4. || 3- S. m. et f. Qu'importe qui puisse être Ni leur père, ni leur ancêtre? malh. vi, 8. Le Père, ancêtre majestueux des temps, serait-il donc une peinture inférieure à celles de la mythologie ?chateaub. Génie, i, 3. Dieu créa une lumière qui, passant d'élu en élu, d'ancêtre en ancêtre de Mahomet, parvint enfin jusqu'à lui, montesq. Lettres pers. 3». C'était justement un duc de Parme, ancêtre du duc régnant, volt, dans legoarant. Un ancêtre important de ce prince, le grand Henri IV, id. ib. Des corps constitués ont dit en parlant à Victoria, reine d'Angleterre , delà reine Elisabeth : La glorieuse ancêtre de Votre Majesté.

— rem. C» mot, dit Th. Corneille, n'a pas de singulier; il ne faut pas dire : Un tel est mon ancêtre, mais un tel est un de mes ancêtres. Ménage, Trévoux, Féraud approuvent cette décision, et, dans les exemples donnés par l'Académie, ce mot n'est employé qu'au pluriel. Néanmoins, avec Malherbe, Voltaire, Montesquieu et Chateaubriand, on peut employer ancêtre au singulier.

— SYN. ancêtres, aïeux, pères. Ces expressions ne sont synonymes que quand on les applique aux hommes qui ont vécu avant nous , sans y attacher l'idée de liens de famille. Voici la gradation : nos pères sont les plus voisins de nous: nous y touchons ; nos aïeux sont plus éloignés : ils touchent à nos grands-pères ; enfin les ancêtres sont les plus éloignés de tous.

— HIST. xi* s. Granz [il] est et forz, trait à ces anceisurs, Ch. de Roi. ccxxvm. || xir»s. Prenez Sissons la grant cité de pris; Moie doit estre, nos ancestres la tint, Garinle loherain, t I, p. 443. Ce tesmoignent liancissour, audefr. le bast. Romane. p. to. Qui de l'histoire aux Saisnes veut ouïr par raison , Desancessors ariere doit mouvoirla chanson, Sax. m. Ço que à saint igliseunt si ancesur dune, En parmenable almosne li unt tut graanté, Th. le Mart. 46. Si l'esracera de ceste bone terre qui à lur ancestres dunad, Rois, 293. Por remembrer des ancessours Li fezelidiz eli mours, Deit l'en li livres e li gestes E liestoires lire as festes, wace, Rou, 60. || xiii* s. Pour ce que si ancestre l'eurent tenu ainçois [auparavant], Berte, lxi. Se il n'achate i'iaue de Guerin Dubois à cui ancisseur li rois Phelippele donaeneritage, Liv. des met. 261. 11 avoit eu la garde de Saint Rémi de Rains de lonc tans, il et si ancissour, et les menoient trop malement, Chr. de Rains, 238. Pour accueillir moi et mes ancesseurs en leurs prières, du cangk, accolligere. Ainçois l'en doit on bon gré savoir quant il esclarchissent les cozes que lor anchisseur tinrent orbement, beaum. xxiv, 6. Cuides pour ce gentiz hom estre, Encor le fussent ti ancestre ? Dit de gentillesse. Il xiv* s. Nous Jehans contes de Joigny considerans les courtoisies que li dit habitant et leur ancesseur ont fait ou tamps passé, du cange , ancessor. || xv* s. Vos ancesseurs [il] a servi largement Et tout son temps employé jusquescy, E. desch. SuppUcat. au roi. Et dit ainsi que la guerre a trop riuré entre lui et ses ancesseurs au royaume de France et que

Mil

ANC

ANC

ANC

trop da vaillants hommes ea sont morts, froiss. m, nr, 4*.

— ÊTYM. Provenç. ancessor; espagn. antecesor; ital. antecessore; de anle, avant (voy. ains), et cedere, marcher (voy. cédbr). Le vieux français a ancestre et ancessor: ances tre répond au nominatif antecéssor, avec l'accent sur ces; ancessor répond au régime anteccssôrem, avec l'accent sur so. On trouve des exemples où l'emploi de ces deux formes est régulier, la première pour le sujet, la seconde pour le régime; mais, de bonne heure, elles furent confondues, comme prestre et provoire. C'est pour cela que dans le français moderne , la forme sujet ancêtre a prévalu contre l'habitude qui a fait généralement prévaloir la forme régime. L'ancien français avait te substantifféminin ancesserie , qui désignait l'ensemble des ancêtres ; il est dommage que ce mot ait péri.

ANCHE (an-ch'), *. f. || 1* Languette mobile qui ouvre et ferme alternativement le passage de l'air dans un tuyau, où onlafait vibrer. C'est par une anche qu'on souffle dans les clarinettes, les hautbois et les bassons. || X' Demi-tuyau de cuivre pour l'orgue. || Jeu d'anches, la série des tuyaux de l'orgue embouchés comme des instruments à anche. || 3° Conduit par lequel la farine tombe du moulin dans la huche.

— HIST. xvi* S. Marsyas qui inventa la hanche pour emboucher le hautbois, amyot, Comment refréner la colère, <a. Je ne sçaurois chanter, et quand je le voudrais, Je jure par ton bouc qu'encor je ne pourrais : Car on m'a pris d'emblée à ceste matinée L'anche de mon bourdon que tu m'avois donnée, rons. 743. Toy Perrot, prens en don ceste belle chevrette [musette] : Son ventre est fait de cerf, son anche de coudrette, Son bourdon de prunier ; jamais ne perd le vent, m. 746.

— Êtym. Ane. haut-allem. ancha, jambe, tibia, d'où le français anche, avec le sens de tuyau; Berry, anche, robinet; d'où le provincialisme, tirer du vin par l'anche ; dites par la cannelle.

t ANCHÉ (an-ché) , adj. m. Terme de blason. Il se dit d'un cimeterre recourbé.

— ÉTYM. Anche.

T ANCHEAU (an-ch8), t. m. Terme de mégisserie. Vase à détremper la chaux.

t ANCHER (an-ché) , v. a. Technologie. Mettre une anche à un instrument.

t ANCHIFLURE (an-chi-flu-r"),*. f. Technologie. Trou qu'un ver fait à une douve de tonneau dans l'endroit où elle est couverte par le cerceau.

ANCHILOPS (an-ki-lo-ps'), s. m. Terme de médecine. Petite tumeur située vers le grand angle de l'oeil, devant ou à côté du sac lacrymal.

— ÉTYM. 'Ay^iÀonj/, mot formé comme alu.<xAw<j/, amas de sang, u.<JXci>i|/, ecchymose, où il ne faut pas voir des composés de ô>i(/, œil.

ANCHOIS (an-chol), s. m. Petit poisson de mer que l'on sale pour le conserver, et qui se mange d'ordinaire en hors-d'œuvre. Es-tu prié de quelque fête Que donne ce seigneur courtois Qui toujours entouré d'anchois, Pendant sa podagre passée.... chaul. Au duc de Nevers.

— hist. xvi* s. Des barrils d'anchoies, o. de

— ÉTYM. Espagn. anchoa, anchova; portug. anchova; ital. acciuga ; sicil. anciova; veron. ancioa; génois, anciua; vénit. anchioa; angl. anchovy. Diez tire l'italien acciuga du latin aphya, apua, anchois, avec le suffixe uga; mais alors tous les autres mots seraient altérés. Il est plus vraisemblable que l'italien seul est altéré en raison de quelques assimilations, par exemple avec acciugare, sécher. Mahn fait venir anchova, anchoa, du basque ant- %ua, anchua , qui veut dire sec.

t ANCHOITÉ, EE (an-choi-té, tée), «d;. Il se dit des sardines préparées à la manière des anchois.

t ANCHUSE (an-ku-z'), s.f. Terme de botanique. Orcanette ou buglosse.

— ÉTYM. "A-yxou<ret.

ANCIEN, IENNE (an-si-in, si-è-n' , ou an-siin, siè-n'. Dans la poésie du xvn" siècle , ancien est de trois syllabes ; aujourd'hui on le fait souvent de deux. Au xvi* s. on prononçait an-si-an, palsgr. p. 60), adj. || 1" Qui existe depuis longtemps. Une invention ancienne. Notre ancienne amitié. Lettre déjà ancienne. Date plus ancienne. Sacrifice aussi ancien que Rome. [| En termes d'administration forestière, arbres anciens , arbres réservés, qui ont plus de trois fois l'âge du taillis, c'est-à-dire qui ont atteint ou passé cent ans. || 2" Qui a existé autrefois. Les peuples anciens ; les nations anciennes. Aristote est plus ancien que Cicéron. L'histoire des anciens

temps. Mots anciens. Le modèle des anciennes moeurs. Nous devons l'apologue à l'ancienne Grèce, la font. Fables, vin, t. Il est, dit-il, d'un maître tel que moi, De s'éloigner des routes anciennes, i. b. rocss. Ép. il, 2. Le génie naturel aux écrivains allemands est d'une couleur ancienne plutôt qu'antique, staël. Allem. Observ. génér. || 3" En langage mystique, l'ancien homme, l'homme non renouvelé. Qu'il ne vous reste rien de l'ancien homme , boss. Lett. abb. 66. || i' Ils'emploie paropposition à nouveau, moderne. L'Ancien et le Nouveau Testament. La jurisprudence ancienne etmoderne. L'histoire ancienne. Il n'y a point d'histoire ancienne où il ne paraisse des vestiges manifestes de la nouveauté du monde, boss. Hist. i, 2. Il était là maintes filles savantes, Qui mot pour mot portaient dans leurs cerveaux Tous les noëls anciens et nouveaux, gresset, Vert-Vert. \\ 5* Qui n'exerce plus une charge, une profession. Un ancien préfet, un homme qui n'est plus préfet. L'ancien gouverneur de la province. L'ancien président de l'assemblée. || Par analogie, monancien patron, mon ancien propriétaire. || 6° Substantivement, ancien se dit de celui qui a été avant un autre dans une charge, dans un corps. A l'armée, à grade égal , le plus ancien commande. Villars avait avec lui le maréchal de Bouffiers, son ancien, volt. Louis XIV, 2 1 . La dispute fut jugée et décidée en faveur de Mme d'Halluyn,commel'anciennedeMmedeRohan,ST-siM. 67,20». || 7* Substantivement, il se dit de ceui qui ont vécuavant nous. Les anciens étaient persuadés que.UD ancien a dit. || Il se dit encore de ceux qui ont existé avantnouset nous ont transmisdes œuvres. Onnefait que glaner après les anciens. Les modèles que les anciens nous ont laissés. || 8* Ancien, homme âgé. Nous devons du respect à nos anciens. Les anciens du canton. Et que depuis cent ans sous l'abîme avaient vus Les anciens du vaste empire, la font. Fab. vm, 8. || On dit quelquefois familièrement àun homme âgé, mon ancien. Salut, mon ancien! Notre ancien, qu'a donc fait l'Espagne? bérano. S. ordre du j. ||9*En termes de l'Ecriture, l'Ancien des jours, Dieu. || Chateaubriand a dit par imitation : Ainsi chantait l'ancien des hommes [le vieux religieux], Atala, 300. || 10« Titre de dignité. Les anciens du peuple d'Israël , parce que d'abord on choisissait des vieillards pour remplir les fonctions les plus importantes. Ils ne parurent plus assis parmi les anciens d'Israël, mass. Louis. On lit les saintes Écritures : un ancien exhorte le peupie à imiter de si beaux exemples, cbateaubr. Génie, i, i, 8. || Conseil des Anciens , une des deux sections du Corps législatif, dans la constitution de l'an III.

— SYN. ancien, vieux. Il 1. Ancien a rapport au siècle ; vieux, à l'âge. Aristote est plus ancien que Cicéron. Cicéron était plus vieux que Virgile. On dit une maison ancienne quand on parle de la famille ; une vieille maison quand on parle du bâtiment. || 2. Un ancien ami , un homme qui n'est plus ami ou du moins avec qui les relations sont devenues moins étroites. Un ami ancien, un homme avec qui on est ami depuis longtemps.

— hist. xi* s. Il est escrit en l'anciene geste, Ch. de Roi. cclxxh. || xrv s. X tout viel home ou ancien , l'en ly doit faire révérence selon ce que il appartient à son eage, oresme, Eth. 262. [Une abbesse permettant l'entrée de son couvent].... ce fu, par m'ame, Jgrant peine ; car pourtant, s'elle est famme De tel honneur, si craint elle le blasme Des anciennes , christ, de pisan, Dit de Poissy. || xv* s. [Edouard fait complètement évacuer Calais] et ne retint que trois hommes : un prestre et deux autres anciens hommes, bons coutumiers des lois et ordonnances de Calais, et fut pour enseigner les héritages, froiss. i, i, 322. Le mareschal Joachin, Monseigneur de Crussol, Sallezard, etc.... tous anciens [anciens soldats], comm. m, to.

— ÉTYM. Provenç. ancian ; espagn. anciano; ital. anxiano ; d'une forme non latine, antianus, tirée de ante, avant (voy. ains).

ANCIENNEMENT (an-si-è-ne-man ou an-siè-neman ; en vers, de cinq ou de quatre syllabes), adv. Autrefois, dans les siècles passés.

— syn. anciennement, jadis, autrefois. Ces mots désignent le temps passé. Anciennement, dans les temps anciens, sert à représenter ce qui se faisait ou se pratiquait chez les anciens, parmi nos ancêtres. Autrefois, c'est-à-dire une autre fois, dans d'autres conditions, marque un contraste entre le passéet le présent. Jadis (jam dies, c'est-à-dire il y a des jours), moins précis qu'anciennement qui se dit des choses vraiment anciennes, peut s'appliquer soit à un passé très-peu éloigné : jadis, dans ma jeunesse, on s'habillait ainsi; soit à une antiquité

reculée : jadis, au temps d'Homère ; soit à une antiquité indéterminée : jadis, au temps que les bètes parlaient.

— HIST. xni's.Et à celé partie par où l'on entroit avoit anciennement forteresce de murs et de tours, villeh. clxvi. Ceste franchise ont anciennement les seignors dou roiaume de Jérusalem doné as borgeis, Ass. de Jér. 47. Anchiennement, si comme noz avons entendu des segneurs de loys, fu fes uns establissemens comment on mainteneroit la larguesse des voies et des quemins, beaum. xxv, ). || xit* s. Si comme anciennement souloient faire, Ord. des roisde Fr.X. vu, p. 544. || xv* s. Anciennement avoit en la ville de Dan une guerre mortelle de deui riches hommes navieurset de leur lignages, froiss.ii, il, 62. || xvi* s. Anciennement et auparavantAristote,on mettoit différence entre le sens de la veue et les autres sens, charron, Sagesse, i, 10.

— ÊTYM. Ancienne au féminin, et le suffixe ment (voy. ment) ; provenç. ancianamens.

ANCIENNETÉ (an-siè-ne-té; en vers, de cinq syllabes ou de quatre), s. f. || 1° Qualité de ce qui est ancien. L'ancienneté d'une loi, d'une coutume,d'un titre. L'ancienneté d'une famille. L'ancienneté des maisons est une des principales marques de leur noblesse, bouhours, Remarques. || 2* Priorité de réception dans un corps. Ils ont rang selon leur ancienneté. Droit d'ancienneté. Il est arrivé à son grade par ancienneté. || 3* De toute ancienneté, depuis un temps immémorial, de tout temps.

— HIST. xv* s. Nous laisserions par espée et par conseil le juste titre de notre héritage, au préjudice de notre anciennableté, monstr. liv. i, ch. 148. [Los six bourgeois de Calais s'agenouillent devait Edouard] Gentil sire et gentil roi, veez nous cy six, qui avons esté d'ancienneté bourgeois de Calais et grands marchands, froiss. i, i, 321. Lesquelles [villes] d'ancienneté avoient esté ennemyes desdilz Suysses, comm. v, 1. || xvr» s. L'ancienneté [l'antiquité] a tenu de certaines femmes en Scythie, que.... MONT. I, 101.

— ÊTYM. Ancien; provenç. ancianetat; calai, ancianitat; espagn. ancianidad; ital. anzianilà.

ANCILE (an-si-1'), s. m. Terme d'antiquité romaine. Bouclier sacré que les Romains croyaient tombé du ciel, et à la possession duquel ils supposaient attachée la durée de leur empire.

— ÊTYM. Ancile, de ancilla, servante, de ancus, serviteur. Ancile ne signifie pas autre chose que instrument pour le service divin.

t ANCIPITÉ, ÉE (an-si-pi-té, tée), adj. Terme de botanique. Se dit de toute partie de plante qui est comprimée sur ses deux faces, et qui a deux tranchants.

— ÊTYM. Anceps, ancipttis, de an pour amb, des deux côtés (voy. ambe), et cep pour caput, tùte (voy. chef).

fANCOETJR (an-keur), s. m. Voy. avant-cœur.

— ÊTYM. An pour avant, et cœur.

ANCOLIE (an-ko-lie) , s. /'.Terme de botanique.

Nom de l'aquilégie vulgaire, dite aussi gant de Notre-Dame , fleur de parfait amour , manteau royal, herbe de bon et ancolie des jardins. Plante cultivée dans les jardins à cause de la beauté de sa fleur.

— HIST. xv s. Et li pluiseur aiment moult l'anquelie, froiss. Bail. La violette donne aussi Douce odeur ; si fait la soussie, La marguerite, l'angorie, eust. deschamps dans ste-palaye. || xvi* s. Et l'ancolie en semence s'enflant, rons. 740.

— ÊTYM. Wallon, dcolète; dans le latin des botanistes aquilegia, d'où, par altération , ancolie. Dans du Cange on trouve aquilea, aquilée, plante supposée bonne pour les yeux.On a dit que la plante a été nommée aquilegia, soit parce que ses nectaires offraient une forme recourbée comme le bec de l'aigle, soit parce qu'on lui attribuait de rendre la vue perçante comme celle de l'aigle, aquila, soit de la ville d' Aquilée, dans le territoire de laquelle elle est abondante.

t ANCONÉ (an-ko-né), adj. et s. m. Terme d'anatomie. On donne ce nom aux muscles qui s'attachent à l'olécrâne.

— ÊTYM. 'Ayxôjv, olécrâne.

ANCRAGE (an-kra-j'), s. m. Lieu propre pour ancrer. Les vaisseaux se mettent à l'abri derrière la jetée de la Goulette, en payant un droit d'ancrage considérable, chateaub. Itin. m, 2t.

— hist. xvi* s. Les encrages contre les tempestes dépendent de la bonté du cable sur tout, d'alb. Fom. m, <6.

— ÊTYM. Ancrer.

ANCRE (an-kO, s. f. || i" Instrument de fer à

ANC

deux dents qu'on laisse tomber au fond de l'eau pour fixer les bâtiments. Jeter l'ancre. Il fit lever l'ancre , fén. Tél. vra, Les voiles s'enflent : on lève les ancres, id. ib. xuv. || Mouiller l'ancre ou simplement mouiller, jeter l'ancre. || Ancre de miséricorde ou ancre sacrée, se disait autrefois delà maîtresse ancre. || 2' Fig. C'est mon ancre de salut, c'est ma dernière ressource. Rome était un vaisseau tenu par deux ancres dans la tempête, la religion et les mœurs, montesq. Esp. vm, t3. Le christianisme a été l'ancre qui a fixé tant de nations flottantes, chateaub. Génie, m, m, 2. ||8° En numismatique, symbole du royaume de Syrie sous les Séleucides et de différentes villes. || Indique aussi les victoires navales. || Symbole religieux de l'espérance. || 4° En paléographie , indique un passage remarquable d'un manuscrit. || 6° Terme de zoologie. Poisson du genre des spares.

— hist. xii* s. Si faisons aliance estable, E covenant ferme e entier De nos securre [secourir] et entre aidier ; X ce seit nostre ancre fichée, Qui pas ne puisse estre esracée, benoît, ii, 8989. || xiii* s. Quant il furent bien arivé, Le pont [il] mist jus, ancre ad geté, marie, Elidue. || xiv* s. Lors jetèrent leur ancre et leurgrans crosd'achier, Dont il fisent ensamble leur vaissiaus attachier, Baud. de Seb. iv, 7(0. || xve s. Gisant à l'ancre, fhoiss. ii, ii, 27. [| xvi* s. L'encre de mer se fiche au pré tout vert, Fortune ainsi l'a voulu et souffert, marot.iv, 27. Toute la contrée estoyt à l'ancre , c'estoyt pitoyable cas de veoir le travail des humains, pour se guarantir de ceste horrificque altération, HAB.PanJ.u, 2. Il les faisait fouetter oultrageusement, ou bien demourer tout le long d'un jour debout, ayant une ancre de fer pesante sur leurs espaules, amyot, jlrist. 55. Les Estats, conseil de vostre roiaume seul et salutaire, auquel vos majeurs ont tousjours recouru, comme à l'ancre sacré , d'aub. Hist. n, 248. Lansac faisant lever ses ancres fit contenance de descendre en Ré , id. ib. n , 294. Tenir l'ancre à pic , id. ib. Les refformez lèvent l'ancre pour aller à lui, id. ib. Après les ancres levez, id. ib. n, 390. Et à chacun cable un ancre, M. du bell. 460.

— ÉTYM. Ancora, ô-ptupa, crochet, ancre (comp. ankylose) ; provenç. et ital. ancora.

ANCRÉ, ÉE (an-kré, krée), part, passé. || 1* Au propre. Vaisseau bien ancré. || 2° Par extension. Que de tombeaux grecs et romains, dont les pierres étaient ancrées de fer, ont disparu, bern. de s. p. Études, y. || 3° Fig. Établi fortement, affermi. Ce soupçon ancré dans votre esprit. La vanité est si ancrée dans le cœur de l'homme qu'un goujat, un marmiton, un crocheteur se vante, et veut avoir ses admirateurs, pasc. Pensées, part, i, art. 6. || 4" Terme de blason. Se dit des croix et des sautoirs dont les bouts sont divisés et tournés comme les pattes d'une ancre.

ANCRER (an-kré). || V Y.n. Jeter l'ancre. Ils abordent sans peur, ils ancrent, ils descendent, corn. Cid, iv, 3. Nous ancrâmes, nous descendîmes, volt. Jenni, 7. || 2° V. a. Fig. Affermir. Le mérite qu'il s'était acquis de tout le royaume et qui l'avoit de plus en plus ancré dans la faveur du roi , st-sim. 32 , M2. || 3° S'ancrer, v. réfi. Fig. S'établir, s'affermir dans une situation, dans un poste. X ma suppression, il s'est ancré chez elle, mol. Éc. desf. m, 5. Enfin chez son rival je m'ancre avec adresse, id. l'Éiour. m, 5.

— HIST. xni* s. Les premières nés [nefs] quivindrent devant la ville ancrèrent et atendirent les autres , villeh. xlv. Il ont drecié lor voiles et Diex lor a doné Tel vent qui droit les maine ; tant qu'ils ont aancré Desous Constantinoble celé bonne cité, Ch. d'Ant. ii, 66. Le roy encra au bout d'une terre que l'en appelle la pointe de Limeson, et touz les autres vessiaus entourli, joinv. 2)3. Ou il me menroient à terre, ou il me ancreraient enini le flum, jusques à tant que le vent feust choit, id. <40. || xv* s. Mais partis s'en estoyent allés ancrer devant le port de Villefranque, Bouciq. m, ch. 2).||xvi*s. Comme nature est en péché ancrée Par art d'enfer.... marot, ii,362. Depuis, les Romains ayans desfaict Antiochus, commencèrent h, ancrer de plus en plus sur la Grèce, amyot, Philop. 30. Il trouva moyen d'ancrer dedans les affaires de la Macédoine par un tel moyen, id. Pyrrhus, u. Le reste des vaisseaux ancra pour garder les eschouez, u'aub. Hist. n, 300.

— Étym. Ancre.

t ANCRURE (an-kru-r'), s. f. Technologie. || 1» Pli

qui se fait au drap que l'on tond, quand il a été mal tendu. || 2° Barreau de fer que l'on passe dans l'œil ou l'anneau d'un tirant, pour s'opposer & la poussée des voûtea, etc.

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