‹ Dictionnaire de la langue française (volume 3)Chapitre 97 sur 403 · FEUILLE · texte numérisé non relu

FEUILLE

t ANKYLOGLOSSE (an-ki-lo-glo-s') ou ANCYLO- GI.OSSE(an-si-lo-glo-s'), s.m. Terme de chirurgie. Adhérence de la langue, soit avec la face postérieure des gencives, soit avec la partie inférieure de la bouche.

— ÉTYM. 'AyxûXic, courbe (voy. ankylose), et f).(">idot, langue (voy. glotte).

ANKYLOSE (an-ki-lô-z') , s. f. Terme de chirurgie. Diminution ou impossibilité absolue des mouvements d'une articulation naturellement mobile. L'ankylose est vraie ou fausse.

— ÉTYM. 'AyxûAwoïc , courbure, de àvxûXo; , courbe, de même radical que ancre (voy. ce mot). L'ankylose est ainsi appelée parce qu'en général elle déforme la rectitude du membre.

(•ANKYLOSE, ÉE (an-ki-lo-zé , zée), part, passé. Genou ankylose.

f ANKYLOSER (an-ki-lo-zé) . || 1° V. a. Terme de chirurgie. Causer une ankylose. Une inflammation peut ankyloser le genou. || 2° S'ankyloser, v. rifl. Contracter une ankylose. Je crois que son coude s'ankylose.

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t ANKYROÏDE (an-ki-ro-i-d'). || 1" Adj. Terme didactique. Qui est en forme de crochet. || 2" S. m. Sorte de pince.

— ÊTYM. "Ayxupa, ancre (voy. ancre), et ti&oç, forme (voy. idée).

ANNAL, ALE (a-nnal, nna-1'), adj. Au pluriel, annaux. Terme de jurisprudence. Qui ne dure qu'un an ; qui est valable seulement une année. Droits annaux. Location annale. || Possession annale, possession absolue pendant an et jour. || Il ne se met qu'après le substantif : Procuration annale.

— HIST. xvi* s. Toute prescription annale ou moindre, coutumiere, court contre les absens et mineurs, sans espérance de restitution, loysel, 721. Aucuns parlèrent d'un dictateur perpétuel et de consuls annaux, Salir. Ilén. p. t99.

— ÊTYM. Annalis, de annus (voy. an) ; provenç. annal; ital. annale.

ANNALES (a-nna-1'), *. f. plur. || 1* Récit des événements année par année. La plupart des cités les plus célèbres de l'antiquité ont péri avec leurs annales et la langue même que parloient leurs habitants, la place, Expos, v, 4. Et ces catastrophes fatales Dont l'histoire enfle ses annales, lamart. Harm. m, 9.11 s'est fait apporter ces annales célèbres Où les faits de son règne avec soin amassés Par de fidèles mains chaque jour sont tracés, rac. Esth. n, 4 . H 2° Dans le style élevé, histoire. Son nom sera écrit dans les annales de la postérité parmi les conquérants, mais il ne le sera pas parmi les bons rois, mass. Petit carême, Tentations.

— ÊTYM. Latin annales, d'annalis (voy. annal). ANNALISTE (a-nna-li-st'), s. m. Celui qui écrit

des annales.

— ÊTYM. Annales.

ANNATE (a-nna-f), *. f. Ancien droit du pape sur les bénéfices consistoriaux desquels le revenu montait au moins à vingt-quatre ducats; ce droit consistait ordinairement dans une année du revenu. Le grand maître de Malte retirait une annate de toutes les commanderies de grâce. Les commandeurs de la Toison ont trouvé le moyen de s'accommoder avec Rome, en payant tous les cinq ans une modique annate pour leur commanderie, st-sim. 4 62, 218. Chaque diocèse se gouverna par son évêque; on ne paya plusd'annates, volt. Mœurs, 74.

— HIST. xvi* s. D'autre part qu'il ne se souloit prendre qu'une annate du bénéfice qu'on impetroit : mais de présent on la fait payer de tous les autres bénéfices qu'on impetre par dispense, m. du bell. <74.

— ÉTYM. Bas-lat. annota, revenu d'un an (voy. année).

ANNEAU (a-nô; d'après Palsgrave, p. 23, au xvi" siècle, on prononçait les deux n; d'après Ménage, au xvii* , on reprochait aux Parisiens leur prononciation agnau, qui est encore celle de quelques provinces), s. m. || 1° Cercle régulier ou non. fait de métal ou de matière dure et servant à attacher. Des anneaux d'or, de fer. Un petit anneau d'ivoire. || 2° Fig. Ici se forge le premier anneau de cette longue chaîne dont l'ordre social est formé, J. J. rouss. Em. i. Remontant depuis le dernier anneau de la chaîne des êtres jusqu'à l'homme, chateaub. Génie, 1, i, 9. Laroyauté.... De la chaîne d'airain qui lie au ciel les trônes A retrouvé l'anneau perdu, v. hugo, Odes, m, 4. || 3° Bague. Les chevaliers romains portaient tous un anneau semblable. || Anneau nuptial , bague de mariage. || Anneau pastoral , épiscopal , gros anneau que portent les cardinaux et les évêques. || L'anneau du pêcheur, le sceau qui est apposé à certaines expéditions de la cour de Rome. Les brefs donnés sous l'anneau du pêcheur. || 4" Boucle de cheveux frisés. Ses beaux cheveux [d'Ulysse], tombant par gros anneaux, ombrageaient ses épaules, fén. t. xxi, 354. || 5° Fig. Le serpent se traîne en longs anneaux. || 6° Terme d'histoire naturelle. Saillie, marque, rangée circulaire. Les cornes du bélier croissent tous les ans d'un anneau, bupf. Mouton. ||7° En anatomie, les anneaux sont des ouvertures naturelles, circulaires ouobrondes, que présentent des parois musculaires ou aponévrotiques, et qui, le plus souvent, servent au passage de quelque vaisseau ou conduit. || 8° En botanique, anneau du champignon, débris du bord infléchi du chapeau déchiré en raison de la croissance rapide de la partie charnue du chapeau, et resté autour du pédicule. || 9" Terme de jardinage. Greffe en anneau, en flûte ou en sifflet. Elle se fait par l'application, sur un sujet en pleine sève, d'une portion d'écorce annulaire plus ou moins grande, de longueur différente, garnie d'un oeil ou gemme. || 10° Anneau d'une clef, la partie qu'on tient à la

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main pour tourner la clef dans la serrure. L'anneau est à l'une des extrémités de la tige qui le réunit au panneton. || 11* En astronomie, cercle qui entoure la planète Saturne. L'anneau de Saturne est formé de deux anneaux concentriques d'une très-mince épaisseur, la place, Expos, iv, 9. || Anneau astronomique, instrument pour mesurer la hauteur du soleil et de la lune. || Anneau solaire ou horaire, espèce de petit cadran portatif. || 12° Cercle de fer que l'on emploie à retenir les vaisseaux dans les ports et les bateaux sur les quais au moyen de longs cordages. || 13* Cercle de fer employé autrefois pour mesurer le bois; trois anneaux composaient une voie.

— HIST. xi* s. De Paître dei qui ported l'anel, L. de Cuill. (3. || xii* s. Donnez.... cest annel, Jionc. p. 3i. [Elle] Ot un anel où durement se fie, t'B. p. <62. Vait s'en la gaite, que plus n'i atendi, Dès qu'à la chambre dant Wedon le hardi, L'anel loiga [remua] : li chambrelains l'ol, Raoul de C. 78. || xin* s. Cel anel de vo doit o moi [j'] emporterai, Berte, vu. Car onques mieudre dame n'ot en son doi anel, ib. lxxxv. Et s'il i a deffiement, Sor sains vous jur que vraiement Bel Acuel iert mis es aniaus, Ars en feu.... la Rose, 7897. Et li deit l'on oster l'aniau dou bras, et peut aler et venir quitte et délivre, Ass. deJér.i, 4 89. Etli met l'anel au doit qui senefieroi, ib. i, 30. Un geu que l'en dit des aniaus, A quoi l'eu gaaingne et pert, Savoit-ele tout en apert, ruteb. h, 1*2. || xiv* s. Je sui mieulx pris que par le doy, Et fort enserré d'un anneau, S'a fait un visage si beau Qui m'a tout conquesté à soy, ch. d'orl. Rond. || xv* s. Plusieurs cherchoient fort sa bonne grâce, les uns pour l'amour seulement, les autres pourl'anneau [mariage]; car, outre sabeauté, elle estoit fort riche, marg. Nouv. lui.

— ÉTYM. Picard (Béthune) , ongnieau ; wallon onai , Namur, ania; Berry, angniau, anniau; provenç. anel; catal. anell; espagn. anillo; ital. anello; d'annellus ou anellus. On a tiré ce motdeannus, année, à cause de la révolution circulaire du soleil; mais l'orthographe anellus et la forme amnu, année, dans l'osque, s'y opposent.

ANNÉE (a-née, et non, comme disent quelquesuns, surtout les gens du Midi, an-née, où an est prononcé comme dans antérieur), s. f. || 1* Temps d'une révolution complète de la terre dans son orbite autour du soleil. Les quatre saisons de l'année. || Année civile, année de trois cent soixante-cinq jours. || Année bissextile, année de trois cent soixante-six jours, dans laquelle le mois de février a vingt-neuf jours. || Année julienne, année déterminée par le calendrier qu'adopta Jules César. L'année julienne commence douze jours après la nôtre. || Années grégoriennes, années écoulées depuis 4 682, époque de la réforme du calendrier par Grégoire XIII. || Année solaire ou année tropique, année de 365 jours et un quart, ou, exactement, 365 jours 6 heures 48 minutes 49 secondes. || Année lunaire (voy. lunaire). H Année synodique (voy. synodique). || Année sabbatique (voy. sabbatique). || Grande année, période de 36000 ans au bout de laquelle les platoniciens et les stoïciens prétendaient que les astres se trouveraient exactement au même point, et qu'une ère nouvelle commencerait son cours. || Année républicaine, l'année de la république française commençant à l'équinoxe d'automne. || Année scolaire ou scolastique, le temps de l'année consacré aux études classiques. || Année de probation, année de noviciat. || Année théâtrale, le temps qui s'écoule depuis la rentrée de Pâques jusqu'à la semaine sainte. || Année désigne aussi la révolution des autres planètes autour du soleil. L'année de Jupiter. || 2° Durée de douze mois. Il y a bien des années que nous ne nous sommes vus. || 3° Année d'exercice, celle où l'on exerce actuellement une charge que plusieurs officiers ont droit d'exercer l'un après l'autre. Être en année, d'année. La tête tourna au duc d'Aumont, qui se mêla de toutes ces fêtes à la place du duc de Beauvilliers, qui était en année, mais qui ne put les ordonner à cause de ses fonctions auprès des enfants de France, st-sim. 64 , 409. || 4° Année , par rapport à la température. Année pluvieuse , année chaude , sèche. || Par rapport aux productions de la terre. Bonne, mauvaise année, année où la récolte est bonne, mauvaise. Demi-année, année où la terre ne donne qu'une demi-récolte. || 6* Somme à payer ou à recevoir par année. Je suis d'une année en retard. Son fermier lui doit trois années. || 6° Les différents âges de la vie. Perdre les plus belles années de sa vie. Un plus puissant démon veille sur vos années, corn. Cinna, n, 4.

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— HlST. xiiV s. Ains qu'ele i eûst mes [demeuré] anée ne demie, Verte, lx. L'eritage si sont cozes qui ne poent estre mues et qui valent par anées as signeurs à qui el sont, beau», xxiii, 3.

— ÊTYM. Has-lat. annata, d'annus (voy. an), mot à mot la durée d'un an.

ANNELÊ, ÉE (a-ne-lé, lée), part, passé. || 1° Arrangé en anneaux. Cheveux annelés. |l 2° En termes d'architecture, se dit d'une colonne coupée par des espèces d'anneaux. || 3° En histoire naturelle, se dit des parties de plantes qui ont un anneau au collet; de certains reptiles dont le corps présente des raies circulaires d'une couleur différente de celle des parties voisines. || 4° Annelés, s. m. plur. Animaux invertébrés pairs, et articulés ou annelés extérieurement; ils constituent le premier des quatre embranchements en lesquels se subdivise la grande division des invertébrés de Lamarck (annelés, mollusques, radiaires, spongiaires).

ANNELER (a-ne-lé), v. a. j'annelle, j'annelais, j'annelai, j'annellerai , annelant. || 1° Arranger en anneaux, en parlant des cheveux. Anneler la chevelure. || 2' Se dit de l'action de passer un anneau au groin des cochons pour les empêcher de fouiller la terre.

— HlST. xvi* s. Pour à quoi remédier, conviendra anneler les pourceaux, c'est à dire leur mettre de petits anneaux en fer au groin.... car pour la douleur qu'ils sentent ainsi annelés, désistent de fouiller, o. de serres, 337. L'asne de couleur noire ou grise obscure, barré etannellé de noir, es jarrets et sur les espaules, faisans la croix, m. 3io. Et ses cheveux ondez, annelez et tressez Sont de feuilles de myrte et de rose enlacez, rons. 707.

— ÊTYM. Armel, ancienne forme d'anneau.

ANNELET (a-ne-lè), s. m. \\l° En blason, petit

anneau. US" En architecture, les annelets sont de petites pièces carrées qui se placent au chapiteau de l'ordre dorique , et qu'on nomme aussi filets ou listaux.

— HlST. xm* s. Berte prent l'anelet, qu'elle plus n'i délaie. Berte, vin. En son doit [elle] ot un anelet, Lai d'ignaur. Et li cuens, comme fol et mal enscigniés, trait un anelet de son doit, et rend à l'empereor la baillie de tout le roiaume de Salenyque, H. devalenc. xxh. Toute l'uevre qui li ménestrel du mestier devant dit font, doit estre bien et leaument et netement appareillie ausinc dedens corne dehors, et especiaument li anelet que il font doivent estre ouvré aussi ouni et aussi net dedens comme dehors, Liv. des Met. 98. || xvi* s. Les annelets de la trachée artère sont organes de la voix, paré, u, ».

— ÊTYM. Diminutif d'anneau, par annel; provenç. anelet; espagn. anilejo; ital. anelletto.

ANNÉLIDES (a-nné-li-d'), s. m. plur. Terme d'histoire naturelle. Les annélides ou vers à sang rouge forment la première classe de la subdivision des vers.

ANNELURE (a-ne-lu-r^, s. f. Frisure des cheveux par anneaux. Plus Satan y touchait, moin» l'annelure se lâchait, la font. Ch. imp. || Peu usité.

— ÊTYM. Anneler.

t ANNEXATION (a-nnô-ksa-sion), ». f. Action d'annexer.

ANNEXE (a-nnè-ks'), *. f. || 1» En droit féodal, domaine attaché à une seigneurie sani en dépendre. || 2° Succursale d'une église paroissiale. Tomes les annexes relèvent d'une cure. ||3"Tout ce qui est uni & une chose principale. Tout l'ancien territoire de la baie d'Hudson fera bientôt une riche annexe du Canada. Ils deviennent l'annexe d'une monarchie étrangère, boss. Avert. 6. Ces annexes inséparables du premier commandement ont la même étendue que le commandement, id. 2* écrit, 4. || 4" Pièces jointes à l'appui d'un rapport, d'un procès-verbal, etc. ||6* Droit d'annexé, en ancienne jurisprudence, droit par lequel les bulles et expéditions de la cour de Rome ne pouvaient être exécutées dans le ressort du parlement de Provence, avant qu'il ne les eût enregistrées.

— HlST. xm* s. Amors, se bien sui apensée, C'est maladie de pensée Entre deus personnes annexes, Franches entr'eus, de divers sexes, la Rose, 4394. Il xiv" s. Puisque verecunde et paour de mort sont eorporeles en ce que il ont annexes transmutacions corporeles. .. .oresme , Eth. 1 38. Et après, ou [au] quart livre, il détermine des autres vertus annexes à vie humaine, id. ib. 78. || xvi* s. Le pape ne peut faire aucunes unions ou annexes des bénéfices de ce royaume à la vie des beneficiers, ny à autre temps, r. pithotj, 4». Nous avons déclaré les choses qui

composent nostre corps, et quelques unes de leurs annexes, paré, Introd. lu.

— ÊTYM. ,4nnracus, annexé, de annectere, de ad, à, et nectere, attacher.

ANNEXÉ, ÉE (a-nnè-ksé,sée), part, yassé. Joint a, attaché à. Le droit de corriger les abus était annexé à la royauté, boss. Var. 40. Le sacerdoce auquel la royauté était annexée, id. Ilist. n, 6.

ANNEXER (a-nnè-ksé), t). a. Joindre à. Annexer un titre a un dossier. La Bretagne fut annexée au royaume. || S'annexer, v. réfl. être annexé.

— HlST. xnr* s. [Jésus] Qui tant par grâce s'apressa De nous, qu'en lui nous ennexa Sanz jamais faire départie, J. de meung, 7Y.t253. ||xivs. Après la putréfaction Se faict la génération Par chaleur qui est annexée Dedans l'euvre jà commencée , JVaJ. d l'alck. err. 327. Nous avons approprié, uni et annexé, approprions, unions et annexons perpétuellement à nous, à nos successeurs et au domaine de la couronne de France, ducange, appropriare. Les sommes contenues au rolle parmi lequel ces présentes [lettres] sont annexées, Compte de dépense, Bulletin de la langue, t. il, n- 1 , p. 56. ||xv's. Les bon.» nés villes et les egbses estoient si fort annexées et liées en Urbain.... que on ne les en pouvoit qster, froiss. n, h, 204. ||xvi*s. Le péricarde est annexe par ses membran es avec la base du cœur , paré , n , 1 0. Hz sont si fort annexez qu'on ne les peult séparer d'ensemble, palsgr. p. 432.

— ÊTYM. Annexe.

f ANNEXION (a-nnè-ksion), *. f. Action d'annsxer.

— ÊTYM. .4nn<it'o (voy. annexe).

t ANNEXIONNISTE (a-nnè-ksio-ni-sf). || 1» Ad). Qui a pour objet l'annexion d'un pays à un autre. Les tentativesannexionnistes que font les Etats-Unis sur les provinces du Mexique. || %" S. Partisan de l'annexion.

ANNIHILATION (a-nni-i-la-sion), s. f. Action d'annihiler. Annihilation d'un acte, d'un testament. Les idées de création et d'annihilation, j. j. kouss. Ém. iv.

— HlST. xiv* s. Se anichilacion est possible, creacion de niant est possible, oresme, Thèse de meunier.

— ÊTYM. Annihiler.

ANNIHILÉ, ÉE (a-nni-i-lé, lée), part, passé. Acte annihilé, donation annihilée.

ANNIHILER (a-nni-i-lé). Ml" V. a. Mettre à niant. || 2° S'annihiler, v. réfl. Devenir à néant.

— HlST. xiv* s. Il adnichilloient droiture Contre Dieu, sens et mesure, bruyant, dans Ménagier, t. n, p. 27. La delettation que il a en sa vertu asorbe et anichille toule tristece, oresme, Eth. 90. || xv" s. Les Anglois veant la prudence et la valeur du souverain prince, par lequel leur bonne fortune estoit malement adnichilêe, christ, de pisan, Charles V, 1. H, ch. 39. Par lesquelles tribulations le dit duc de Bedfort fut très courroucé en coeur contre son frère, doutant que par telles divisions les alliances ne fussent du tout corrompues et annichillées, monstrel. u, ch. 23. L'evesque anichila le mariage de la cordouanniere au barbier, louis xi, Nouv. lxvii. || xvi* s. Aucuns ne peuvent porter que la vertu de l'homme soit destruite et annichilée, pour édifier en lui celle de Dieu, calv. Instit. tso. Il nous faut amener la vraye définition: laquelle, quand elle sera approuvée par bons tesmoignages, elle annichillera facilement les autres, id. t&. 480. Palais dont la superbe structure annihiloit la gloire des pyramides du Caire, yver, p. 522. Iceux articles ne sont recevables pour ce qu'ils annichilent l'autorité des conciles, sleidan, p. 27. Ariere donc, royne Pantasilée, Maintenant est ta gloire anichilée, ma-

— ÊTYM. Bas-lat. annihilare, dead, à, et de nihil, rien ; nihil est composé de n» pour ne (voy. ne), et de hilum, le hile de la fève (voy. hile).

f ANNILLE (a-ni-U', Il mouillées), *. f. || 1° Terme de blason. Sorte de croix ancrée ou figure en forme de deux crochets adossés. || 2° Technologie. Fer qu'on met autour des moyeux de moulin pour les fortifier. L'annille du blason et l'annille fer de moulin n'ont pas la même forme.

ANNIVERSAIRE (a-ni-vèr-sê-r'), ad). || 1" Qui ramène le souvenir d'un événement arrivé à pareil jour, une ou plusieurs années auparavant. Jour, fête, cérémonie, service anniversaire. || 2° S. m. Un glorieux anniversaire. || 3° Service qu'on fait pour un mort au retour annuel du jour de^ son décès. Il a constitué une rente pour qu'on lui fît un anniversaire.

— HlST. xiii* s. Diex, com leur avient bien à faire anniversaires, Et à porter tuertiz et autres lu-

minaires, i. de meung, Test. 4 22». || xvi' s. Ils pensoyent bien estre quittes s'ils fondoyent quelques anniversaires, pour effacer la mémoire de toute leurmeschanceté, eux. Instit. H3». Anniversaire, amyot, Marcel. 4.

— ÊTYM. Anniversarius , de annus, an (voy. ce mot) et de vertere, tourner (voy. version) ; mot à mot, ce que ramène l'année.

t ANNOMINATION (a-nno-mi-na-sion) , s. f. Terme de rhétorique. Traduction ou dérivation qui s'applique à un nom propre. Ainsi il y a une annomination dans ce passage de l'Évangilede saint Matthieu, xvi, 48 : Je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église.

— ÊTYM. Ad et nominare (voy. nommer).

ANNONAIRE (a-nno-nê-r') , ad;. Terme d'antiquité. Loi annonaire, loi qui chez les Romains pourvoyait à ce que les vivres n'enchérissent pas.

— ÊTYM. Annonarius, qui se rapporte à la récolte, d'annona récolte. Annona vient d'annus, et signifie le produit d'une année en biens de la terre (voy. an).

ANNONCE (a-non-s'), s. f. || l'Avis par lequel on fait parvenir une chose à la connaissance du public. Annonce d'une publication. Faire uneannonce. Mettre une annonce dans les journaux. Jupiter eut jadis une ferme adonner; Mercure enfit l'annonce et gens se présentèrent, la font. Fab. vi, 4. || 2" Fig. Cette apparente stupidité qui est l'annonce desâmes fortes, j. J. rouss. Èm. n. || 3° En diplomatique, déclaration que portent les chartes et les diplômes, et qui a pour objet de constater telle ou telle condition.

— HlST. xvi* s. Elle incita et força quelques ecclésiastiques de proclamer ses annonces [de mariage], b'aub. Hist. i, 268.

— ÊTYM. Voy. Annoncer.

ANNONCÉ, ÉK (a-non-sé. sée) part, passé. La victoire annoncée aussitôt. Un spectacle annoncé. Annoncé par le domestique, il entra. L'avenir annoncé par les devins. Le printemps annoncé par les hirondelles.

t ANNONCEMENT(a-nonse-man), *. m. Action d'annoncer. || Rien n'empêche de reprendre ce mot, qui est ancien.

— HlST. xm' s. C'est cil qui par anoncement Prist en la Virge aombrement, ruteb. n, (42.

— ÊTYM. Annoncer.

ANNONCER (a-non-sé. On met une cédille sous le e, quand il est suivi d'un a ou d'un o : annonçant, annonçons), v. a. |J 1° Rendre connu, faire savoir. Annoncer une bonne nouvelle. Comme on annonçait des choses terribles au sujet des enn Une m'annonce pas même par une lettre ce qu';l a fait. Croirai-je le bonheur que ta bouche m'annonce? rac. Eslh. m, 2. || 2* Dire le nom de quelqu'un qui va entrer; faiie savoir l'arrivée de quelqu'un. Au moment où j'écris ceci, on m'annonce votre parent. Annoncez-nous. Quelle est cette dame qui entre à ma toilette sans se faire annoncer? volt. Dial. 13. || 3° Publier, faire connaîire au public. Annoncer une vente, un spectacle. Le curé annonce au prône les fêtes et les jeunes. Quoique j'eusse quelquefois annoncé des partitions, je ne comprenais pas comment un homme pouvait faire six parties, j. j. rouss. Confess.v. || 4* Dire en commençant. Dans cette partie de mon ouvrage , il m'est bien permis d'annoncer.... ||5* Prêcher, expliquer la parole de Dieu. Annoncer l'Evangile. Moins il peut souffrir Qu'on vous ose annoncer un Dieu qu'il doit haïr, volt. Zaïre, iv, l.||6° Dire d'avance, prédire. Pour rendre l'auditeur attentif, annonçons que.... Les prophètes ont annoncé la venue du Messie. Tout annonce le Dieu qu'ont vengé tes ancêtres , volt. Zaïre, II, 3. || 7Mndiquer, présager, être un pronostic, unsigne. Prodiges qui annonçaientlecourroux du ciel. Ce vent annonce la tempête. Plantes qui annoncent les saisons.Toiletlesqui annoncent le luxe. Quel est donc ce grand mal que leur courroux annonce ? rac. Théb. n, 2. Combien d'avant-coureurs annoncent ta ruine! L. rac. 7id.iv. Et tout de Syracuse annonçait la ruine, volt. Tancr. i, t. La clémence et la majesté peintes sur le front de cet auguste enfant nous annoncent déjà la félicité de nos peuples, mass. Petit car. Humanité. || Annoncer de, tournure rare et peu usitée. Ces devoirs religieux, vous supposant réuni avec votre frère, deviennent des dérisions si vous ne l'êtes pas, déposenteontrevousà la face des autels et vous annoncent de sortir de l'assemblée sainte comme un publicain et un infidèle, mass. Carême, Pardon || 8" Montrer, faire preuve. Ceux qui annoncent de l'instruction. || 9' S'annoncer, v. réfl. Se faire connaître, se manifester. La colère s'annonce

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par la violence. S'annonçant comme consul. Dès que )e printemps s'annonce. Il y a descaractères qui s annoncent presque en naissant, 3. i. Rouss. Hél. v, 3. Les sciences s'annoncent tous les jours par de nouvelles lumières, et les arts par de nouveaux progrès,

BARTHÊL. dans GIRAULT-DUVMER.

jllST xi's. Il luiadanunciet, Ch. deRol.ecxxxi.

Il xif s Au roi [il] parole, si lui a anuncié [déclaré]... lionc.p. 486. || nu' s. Trestoutes leur journées [je] ne vous veuil anoncier, Berte, xvin. Si grant mésaventure [elle] ne leur puet anoncier, th. xix. Kt qui de Blanchefleur nouveles anonça, ib.

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