AUGE
t ALVÉOLÉ, ÉE (al-vé-0-lé, lée), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui est pourvu d'alvéoles.
t ALVIER (al-vié) ou ALVINIER (al-vi-nié), s. m. Petit étang destiné à élever de l'alevin pour peupler les grands étangs.
ALVIN, INE (al-vin, vi-n'), adj. Terme de médecine. Qui a rapport au bas-ventre. Evacuation alvine. Flux alvin.
— ÉTYM. Alvinus, de alvus, ventre, radical d'alveus, auge (voy. auge).
t ALYSSE (a-li-s'), s. f. ouALYSSON (a-li-sson), s. m. Plante d'agrément. Alysse jaune, corbeilled'or.
— ÉTYM. 'A privatif, et XO!;etv, avoir le hoquet; parce que les anciens attribuaient à cette plante la vertu d'arrêter le hoquet.
ALZAN, ANE (al-zan , za-n') , adj. Voy. alezan. |- AMABILE(ama-bi-lé),a<i». Terme de musique. Marque une exécution douce et gracieuse.
— ÉTYM. Ital. amabile, aimable (voy. aimadle). AMABILITÉ (a-ma-bi-li-té), s. f. Qualité de ce
qui est aimable. L'amabilité de ses manières. Je suis persuadée de toute l'amabilité de la belle Rochebonne, SÉV. 318.
— HIST. xiv* s. Puis que il n'ont en soy chose qui soit aimable ou digne d'estre amée, il ne pevent avoir araiableté à soy meisme, oresme, Eth. 268.
— ÉTYM. Amabilitas , de amabilis (voy. aimable). t AMADE (a-ma-J'), s. f. Terme de bla.son. Il se
dit de trois listes parallèles qui traversent i'écusans toucher aux bords.
AMADIS (a-ma-dis'), s. m. Manche de robe qui s'applique exactement sur le bras et se boutonne sur le poignet.
— ÉTYM. a On appelle ainsi, dit Ménage, depuis quelques années, la manche d'une veste d'homme sériée et boutonnée jusqu'au poignet. Et elle a été ainsi appelée parce que dans l'opéra d'Àmadis les acteurs avaient de ces sortes de manches. » Amadis, nom du héros d'un roman célèbre du moyen âge et qui vient de amare, aimer (voy. aimer).
t AMADOTE (a-ma-do-l'). Poire amadote. Terme formé par corruption du mot damoudot ou plutôt dame Oudet, laquelle dame était du village de Demigni, entre Beaune et Chàlon, et eut la première de ces fruits en ce pays-là.
AMADOU (a-ma-dou) , s. m. Substance qui , recevant une étincelle, prend feu. L'amadou est la partie spongieuse de l'agaric du chêne, réduite en plaques minces par le martelage sur un billot en bois, bouillie ensuite dans une solution de nitrate de potasse, puis battue de nouveau et séchée.
— HEM. Il y a b-iaucoup de tendance à faire amadou du féminin ; c'est une faute grossière.
—ÉTYM. Voy. amadouer ; génev. modou.
AMADOUÉ, ÉE (a-ma-dou-é, ée), part, passé. Amadoué par de belles paroles. Qu'on est aisément amadoué par ces animaux-làl mol. le Bourg. G. m, to. Glorieux de me voir si hautement loué, Je devins aussi fier qu'un chat amadoué, Régnier, Sat.
t AMADOUEMENT (a-ma-doû-man) , s. m. Action d'amadouer.
— HIST.xvi's. L'autre plusordinaire est par flatterie et amadouement ; car il ne lui faut pas résister tout ouvertement, charron, Sagesse, liv. m, chap. 4.
— ÉTYM. Amadouer. Il est écrit amandouement dans COTORAVE, Dict,
AMADOUER (a-ma-dou-é) , v. a. Flatter quelqu'un, le caresser de manière à le rendre favorable et facile. Voilà les discours qu'elle tenait à son mari; et l'ayant su amadouer, Francion, n, p. 60. Il l'amadoue, elle le flatte , LA FONT. Fab.n, 1 8. Quanta Vulcain, elle le flatte, le supplie, l'implore, l'amadoue, DERN. DE s. p. Arcdd. Mme de Soubise amadoua et intimida si bien Châteauneuf, qu'elle lui fit écrire sur ses registres que ces messieurs [de Soubise et comte d'Auvergne] n'avaient pas pris l'ordre pourn'avoir pas voulu céder k des cadets de la maison de Lorraine, st-sim. 58, 222. Demeure, toi, je veux te parler sans témoins (Il faut l'amadouer, j'ai besoin de sessoins), regnahd, Folies am. i, 3.
— HIST. xvi's. Puisque desja nousne sommes que trop enchns à hypocrisie, il n'estoitjamestier d'attiser le feu, ou bien nous faire crouppir en nosorduresen amadouant nostre paresse, calv. Inst. 317. Il ne nous faut imaginer une fiance, laquelle amadou» l'ame et lui donne un repos souef pour l'endormir, id. ib. 683. Ores le guerroiant comme il pouvoit, ores l'amadouant par trefve, brant. Ferdinand I.
— ÉTYM. Picard, amidouier, rami'ouier; wallon. madoûler, amadoàler, amidoûler, et aussi adaict adoûler, amadouler, amidojiler, ami7our<fcr; et encore, agnoûler. andoûUr ; ronchi , amadouler . amitouler; madoule, enjôleuse. Ménage tire ce mot de amatus, aimé, sans aucun fondement. Diezfait venii non pas amadouer d'amadou, mais amadou d'ama- (/oner: l'ancien Scandinave ma(a, danois mode, veut dire donner de la nourriture, par exemple aux petits oiseaux; gothique, matjan, manger ; amadouer en aurait été formé avec l'introduction de la voyelle de dérivation o!t(comp. évanouir) : o-mad-ouer, attirer avec des aliments; ital. ad-escare; à la vérité, on devrait attendre ania/ou«r; mais que le t gothique se change en d, c'est ce que prouve guider devitan; la forme picarde est amidoûler. Cette étymologie est savante et probablement bonne. On remarquera qu'amadouer est récent dans la langue française (je n'ai pas d'exemple plus ancien que le xvi' siècle; et même amadou n'est pas dans la première édition du Dictionnaire de l'Académie).On remarquera aussi que amadouer, dans ses diverses formes, appartient aux pays du Nord (Picardie, pays wallon, Namur, Rouchi). Celte circonstance favorise l'opinion de M. Diez, en même temps qu'elle fait croire que c'est du patois de ces pays que le mot a passé dans le français. M. Grandgagnage, vu les formes adawt, adouler, préfère une étymologie latine, adulari, flatter, avec une m épenthétique par raison d'euphonie. Toutefois, de mon côté, prenant en considération les formes agnoûler, andouler, je suis porté à croire que les formes ont subi cette dégradation-ci : amadouler, andouler, agnoûler, adoûler; par conséquent j'incline du côté de l'opiniot de M. Diez.
fAMADOUEUR.EUSE (a-ma-dou-eur, eû-z'), s.
m. et /. Celui, celle qui amadoue.
t AMADOUVIER (a-ma-dou-vié), s. m. Terme de botanique. Nom donné particulièrement à l'agaric amadouvier, sorte de champignon.
— ÉTYM. Amadou.
AMAIGRI, lE (a-mè-gri, grie), par(. passé. Rendu maigre. IJn bœuf amaigri. Son visage amaigri par la douleur.
AJIAIGRIR (a-mè-grir), v. a. || 1° Rendre maigre. Le jeûne l'amaigrissait. |{ Absolument. On prétend que l'usage du vinaigre amaigrit. || 2" Fig. Bien qu'il soit infinimeut sensible à la misère et aux plaintes de son peuple, il n'a pu néanmoins s'empêcher de l'amaigrir, hkLZ. le J'rince, ch. I7. Il 3° Amaigrir un terrain, le rendre stérile. Le cheval et la plupart des autres animaux amaigrissent en peu d'années les meilleures prairies, BUFF.Bœu/'. || 4° Terme d'architecture. Diminuer l'épaisseur. Amaigrir une pierre, une pièce de charpente. || En peinture, amoindrir. Ce muscle est trop fort; il faut l'amaigrir. ||5° S'amaigrir, v.réjl. Se rendre maigre. S'amaigrir par l'abstinence. Pour m'aller amaigrir avec un tel chagrin , MOL. le Dépit, i, 2. Il En parlant d'uu modèle en terre glaise, diminuerde volume, se resserrer en séchant. Cette figure s'est amaigrie.
— HIST. XIII' s. Icis venirs, icis alors, Icis veilliers, icis parlers Font as amans sous lor drapiaus | vêlements]^ Durement ameigrir lor piaus , la Rose, 2658. A li [papelardise] et as siens est la porte Deveée de paradis; Car ices gent si font lor vis [vi- .sages] Amegrir, a dit l'Evangile, Pour avoir loz parmi la ville, la Rose, 433. || xv* s. Il convient qu'il soit amesgriz; Il a trop grasse laventraille, llart. de S. P. et S. P. \\ xvi» s. En lieu d'amaigrir pour le jeune de caresme, elle estoit plus belle et plus fraische qu'à caresme-prenant, marq. Nouv. XXXV. Lesciches emmaigrissentla terre, o. de serres, too.
— ÉTYM. Provenç. amagreùr; calai, amagrir; espagn. amagrecer; de à (voy. À) et maigrir (voy. maigrir).
AMAIGRISSEMENT (a-mè-gri-se-man), s. m. Diminution d'embonpoint.
— HIST. xvi's. L'atrophie ou amaigrissement vient d'avoir trop longtemps tenu la pai-tie en repos, el aussi pour l'avoir tenue liée, paré, ïiv, 62.
— ÉTY.M. Amaigrir.
AMALGAMATION (a-mal-ga-ma-sion) , s. f Terme d'arts. Procédé métallurgique au moyen du-