‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 193 sur 504 · L-ut aa · texte numérisé non relu

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— HIST. XVI' S. TouleTois cela ne vient point d'icelle [fontaine], ains de la source, laquelle lui administre assidueraent ce qui peut suffire pour les ruisseaux coulants, et pour les hommes qui en puisent, CALV. 51.

— ETYM. Assidue et le suffixe ment. Ano. espagn. asiduamente; ital. assiduamente. Au xvi' siècle, on disait d'ordinaire assiduellement (voy. l'étymologie

d'ASSIDU).

ASSIÉGÉ, ÉE (a-sié-jé, jée), part, passé. || l;Oui subit un siège. La ville assiégée par l'ennemi. On nous tient assiégés. De Romains le rivage est chargé, Et bientôt dans ces murs vous êtes assiégé, nAC. ifilhr. IV, 7. Il a° Autour de qui on se presse. Nous nous voyons sans cesse assiégés de témoins, Et les plus malheureux osent pleurer le moins, rac. Iph. < , 5. Il 3° Fig. Accablé. Nous sommes assiégés de soucis. De soupçons jaloux assiégé , Dorval n'a ni bu ni mangé, DÉHANG. Ofo gra(ia«. || 4° Substantivement. Les assiégés ont fait une vigoureuse sortie. L'assiégé a longtemps défendu les approches.

ASSIÉGEANT, ANTE (a-sié-jan, jan-t'). || 1° Àdj. Oui assiège une place forte. Les troupes assiégeantes. Il 2° S. m. L'assiégeant avait fait de grands progrès. Mais se mêler ici parmi les assiégeants, volt. Adélaïde, i, 3.

f ASSIÉGEMENT (a-sié-je-man) , s. m. Action d'assiéger.

— HIST. XVI* s. Deux batailles et deux assiegemens donnent l'entière victoire , langue , 409. Joustes, escarmouches, batailles feintes, assiegemensde place, m. dobellay, 24.

— f.TYM. Assiéger.

ASSIÉGER (a-sié-jé), j'assiège, nous assiégeons; j'assiégeais; j'assiégeai; j'assiégerai; j'assiégerais, V. a. Il 1° Faire le siège d'une place. On sait que Louis foudroie les villes plutôt qu'il ne les assiège ; et tout est ouvert à' sa puissance, boss. Marie-Thérèse. [Il] Nous surprend, nous assiège et fait un tel effort, Que, laviUe aux abois, on lui parle d'accord, CORN. Rodoo. I, 8. Il 2° Par extension, se presser autour. Les curieux assiégeaient la porte du tribunal. Les vents déchaînés assiègent les rochers sourcilleux. Du palais cependant il assiège la porte, RAC. Esth.n, <. Je n'assiège pas la porte des grands, BOSS. III, Yétur. 3. Ceux-ci de la faveur assiègent les sentiers, lamart. Ilarm. iv, 1t. || 3° Fip. Obséder, importuner, poursuivre. Il m'assiège de ses supplications, de ses plaintes. Ses créanciers l'assiègent à toute heure. Ce souvenir m'assiège. Beaucoup de maux assiègent la vieillesse. Mathan.... Plus méchani qu'Athal-'î à toute heure l'assiège, rac. Athal. I, i.U viole en un jour les droits des souverains, Ceux raême des 'utels où ma fureur l'assiège, ID. Andr. v, 4. Les discours flatteurs assiègent leur trône, mass. Tent. Le révérend père vint assiéger ses derniers moments, volt. L'h. aux 40 écus. Non qu'après tout Valois [Henri III] ait un cœur inhumain. Mais l'exemple du crime assiégeait sa jeunesse, m. Jienr. n.

— HIST. XI* s. En Saragoze vous viendrat aseger, Ch. de Roi. xxxv. || xn* s. David se cureçad forment, e assejad la cited, e prist la tur,de Syon, ço est la cited David, Uois, <37. En vain se travilleroit por esleveii- noz cuers, s'il ne savoit ke li cree-

. res de nostre salveteit fust assigiez [assis] en ciel, ST BERN. 625. E il les avironerent tôt en tor e les assegierent, Machab. i, ch. 6. Ainz que passast la matinée, Orent lur gent tute ordenée, Des or est Paris assegiez, benoît, ii, 3999. || xiii" s. Et bien cuidoit certainement que ce fussent Grieu qui le venissent assegier, villeh. clxu. Einsi se logea 11 os, et fu Jadres assegié droit au jor de feste Saint- Mariin, id. xlvi. Dejoste lui [il] l'a aseigié [assis], Uen. 16(31. Un jor que li dux repaira, Molt ot grant gent, si asejaLacité, e teiidi ses tentes, Grégoire le Grand, p. 58. || xv* s. Si issirent de Nantes et allèrent assiegerKennes tout autour, froiss.i.i, I70. Il xvi* s. "Nostre chevet assiégé de médecins et de prescheurs, mont, i, 90. Leurs affaires vous tiennent encore assiégée [occupée], in. ii, 69.

— ÉTYM. Berry, assiéger, assiéter , assiter, asseoir; provenç. asseljar , assetiar , asetiar; eatal. assetjar, assitiar; espi-ign. asediar; ital. assediare; bas-lat.' assfdiarir, avec les deux sens de donner un siège et mettre le siège; de ad, à, et d'une forme barbare «edj'a dérivée de sedes (voy. siège, et, pour les formes qui ont un t, assiette).

tASSIEfJ, lENNE (a-ssiin, ssiè-n'), ad;. Pierre assienne, pierre à laquelle aans l'antiquité on attribuait la propriété de consumer les corps des morts.

— ÉTYM. Assos, ville de Lycie.

t ASSIENTE (a-si-in-f) ou ASSIENTO (a-si-in-to),

*. m. Marché par lequel le gouvernement espagnol cédait à une compagnie le droit d'importer des esclaves dans les colonies.

— ÉTYM. Espagn. asiento, marché, convention, proprement siège (voy. assiette à l'étymologie).

t ASSIENTISTE (a-si-in-ti-sf) , s. m. Celui qui avait des actions dans la compagnie de l'Assiente.

— ÉTYM. Assienle.

ASSIETTE (a-siÈ-f), *. f. || 1" Manière de se poser, d'être posé. Ce malade ne peut se tenir longtemps dans la même assiette. Déranger quelqu'un de son assiette. L'assiette d'une poutre. Les jambes trop courtes, point d'assiette de pied, buffon, l'Unau. Il Par analogie. Les hommes errants dans les bois ayant pris une assiette plus fixe, i. J. nouss. Orig. 2. Il Terme do manège. Perdre son aissiette, n'être pas solide sur la selle. Donner l'assiette, bien placer sur la selle. Un bon cavalier ne perd jamais son assiette. || L'assiette d'un navire, la situation la plus favorable à la navigation. || 2° Position topographique d'une maison, d'une ville, etc. Assiette d'un lieu. Celle ville a une assiette favorable. Choisir l'assiette du camp. De grandes plaines où il y a peu de lieux forts d'assiette, montesq. Esp. xviii, 13. L'assiette en est heureuse et l'accès difficile, corn. Agés. III, t. Le général n'avait pas la première notion de l'assiette ni de la disposition d'un fourrage, st-sim. 158,68.113° L'assiette d'un impôt, sa répartition. L'assiette d'une rente , le fond sur lequel elle est établie. || Assiette de terre, indique, dans les anciens titres, l'engagement d'un immeuble ou la translation de sa propriété. || En termes d'eauxet forêts, faire l'assiette des ventes, marquer aux marchands lesboisdont ils ont accepté la coupe. Il 4° Fig. État, disposition de l'esprit. Garder son assiette. Quand l'esprit est dans son assiette. Faire sortir l'âme de son assiette. Et je veux bien périr comme vous l'ordonnez. Et dans la même assiette où vous meretenez,C0RN. Cinna, iv, 4. Une atteinte secrète Ne laisse pas mon âme en une bonne assiette, mol. le Dép. i, 1. Si votre esprit demeure dans la même assiette, BOSS. Leit. 30. Les hommes commencent par l'amour, finissent par l'ambition, et ne se trouvent dans une assiette plus tranquille que lorsqu'ils meurent, la bruy. 4. Mlle Caminski est vive, violente même , la contredisant sans ménagement, et ne la tirant jamais de son assiette tranquille, DiDER. Sur la princ. d'Ashkow. Nous brûlons du désir de trouver ime assiette ferme, pasc. Dispr. 2. Garde au sein du tumulte une assiette tranquille, boil. Lutrin, i. Jamais un de ces moments de vivacité qui ait pu marquer que sa grande âme était sortie de son assiette, mass. Conti. Il n'est pas besoin d'un grand art pour faire sortir les meilleurs esprits de leur assiette, vauven. Ilax. C3LXVIII. Laissant emporter son esprit, qui manque peut-être un peu d'assiette, au plaisir rapide de la surprise, iD.4/ctppe. Il 5° Vaisselle large et plate sur laquelle on mange. Je vous trouve aujourd'hui l'âme tout inquiète. Et les morceaux entiers restent sur votre assiette, boil. Sat. m. Un gourmand dans son assiette Fond le bien de ses aïeux, bérang. //. rangé. Les assiettes des conviés seront creuses, afin que l'on puisse se présenter du potage ei s'en servir à soi-même, sans prendre cuillerée à cuillerée dans le plat, NICOLAS DE bonnefons. Délices de la Campagne, p. 26, 5* édit. 1673. Il Assiettes volante:;, certaines assiettes creuses que l'on sert entre les plats et où l'on met des entrées. || Assiettes blanches, assiettes nettes qu'on donue en relevant celles qui ont servi. Il Par extension, une assiette de potage, la quantité de potage qu'une assiette peut contenir. Jacob force son frère de lui céder son droit d'aînesse pour une assiette de lentilles, volt. P/it7. ii, 47. Il Familièrement. Piquer l'assiette, manger habituellement chez "les autres. Piqueur d'assiette et plus souvent pique-assiette, parasite. || Son assiette dîne pour lui, se dit de celui qui manque de venir à une table d'hôte et qui ne laisse pas de payer son dîner. || 6° Technologie. Terme de doreur sur tranche. Composition qu'on met sur la tranche d'un livre avant que de la dorer. || Cuve préparée et remplie des ingrédients nécessaires pour la teinture. || Tout ce qui dans une horloge supporte une pièce quelconque. Il 7° Terme de paveur. Pavé mis au sens où il doit être sur le sable. Une assiette de pavés en plein sable. Il 8° Autrefois, assiette à mouchettes, pièce qui était ordinairement d'orfèvrerie ou d'étain, qui était faite' en forme d'assiette, autour de laquelle il y avait des rayons avec un manclie au bout, et sur laquelle on posait les mouchettes. On dit aujourd'hui porte-mouchetles. || 9° En termes de chasse, assiette de fer, sorte de piège.

— HIST. xm* s. Noz veismes iebat que Pierres requeroità Jehan qu'il li assei.st dix livrées de terre, les queles il li devoit asseir de son héritage, il avoit [il y avait] cinq ans qu'il li dut fere cela assiete [d'une renie], bealm. ix, 7. Il avient à le [la] fois que cil qui font assieta por cous [coûts] de quemjns ou d'église ou d'aucun commun porfit et sont aus [eux] melsmesdel'assiete, se mettentàmains [moins] en lor persone que les autres, id. xxv, <«. || xjv* s. Pour ce que la cité estoit moult fort de murs et de asiete.... bercheure, Pu, rerso. Deux maistres d'hostel pour faire lever [laver] et ordener l'assiette des personnes [leurs place.?], Ménagier, II, *. Prenez de la rouelle de la cuisse, et convient mettre avec, près d'autant de grosse de beuf; et de ce fait l'en six bons pastés d'assiette, l'i;. ii, 5. L'ordonnance pour les nopces Hautecourt , pour vingt escuelles [couverts], ou [au] mois de septembre : assiette, roisins et pesches ou pelis pastés, potages.... ib. II, 4. Premier mets et assiette ; pommes cuites.... ib. Premier mets et assiette.... second mets.... tierce assiette.... quarto assiette, th. [assiette signifie ici ce que nous nommons sei-vice]. Et fut l'assiette de la table telle que je vous dirai, proiss. m, iv, 62. Si assemblèrent à la jouste les deux chevaliers : mais sans ce que j'alonge plus ma matière, pour deviser l'assiette des coups d'un chacun, Bouciq. i, ch. <3. Comme l'assiette de Champaigne et Brye leur estoit propice à tous deux, etquesile roy d'avanlure le vouloit fouller du jour au lendemain , il pouvoit avoir le secours de Bourgongne, comm. ii, 16. Une assiette très forte [celle de Picquegny] , id. m, 3. Toutefois ne demeura pas qu'elle ne se mist en ses devoirs pour l'ester hors de cette mélancolie, et pour assiette, en lieu de cresson [fig. par allusion au cresson sur lequel on po.se le rôti], elle lui dit, louis XI, Nouv. xxxiii. Il xvi* s. Le premier qui y mena un cheval leur feit tant d'horreur en cette assiette, qu'ils.... mont. I, 237. Le privilège de quelque assiette particulière aux assemblées publiques, ID II, 63. En assiette de terre, corvée ou peine de vilain n'est pour rien comptée, loysel, 8i». Ville bastie en une assiette bien forte, amyot, Solon, 65. Il feist ceste taxe et assiette de taille non seulement justement.... id. Arist. 68. Sa très-belle assiet» à cheval, CARL. I, 46.

— ÉTYM. Provenç. assieta, assiette des taxes. Mot de difficile discussion. Il y a dans l'ancien français un motsi'et, qui signifie fixé : un jour c'on i a siet, TAILLIAH, Recueil, p. 2)3. Siet vient du latin situs, situé (voy. site). De siet s'est formé, par assiet, mot fictif ou du moins qu'on ne trouve pas, le substantif assiette. Cela posé, -il y a plusieurs autres formes à débrouiller. 5en(ar, provençal, catalan, espagnol et portugais, qui signifie être assis, est formé de situs, par l'intercalation de la nasale; de sentar dérivent assentar en catalan et en portugais, asentar en espagnol. Le provençal assetar, asttar, dérive de ad et de situs. Le provençal assetiar, assitiar, asetiar, le catalan assetjar, assitiar, dérivent de ad et encore de sttus, mais par l'intermédiaire d'un substantif barbare sitius ou sitium , dont l'espagnol .vtd'o, lieu, porte témoignage. Le provençal assestar, asseoir, placer, et l'italien assestare, arranger, rendre un poids juste, être propre, convenable, «ont plus incertains; cependant il est probable qu'ils viennent d'une confusion de sessum, supinde sedere, et desitusi d'où assestar. Il ne reste plus que l'italien assetlare, asseoir, ajuster, suborner, châtrer; assetlato, assis, d'accord; ctssettamente, poliment, proprement; assettatore, qui ajuste, qui pose; asscllo, arrangement; ici lesdeux t font difficulté ; aussi Diez tire-t-il assettare de adseetare, dérivé de îretus, coupé; signification qui va bien à châtrer, et qui peut s'accommoder aussi à celle de mettre en ordre, diviser, conduisant à ordonner ; c'est à ce radical qu'il rattache le français assiette. On a vu plus haut que assiette est étroitement lié par la forme et par le sens à siet; quant à l'italien qui veut dire à la fois asseoir, ajuster, châtrer, faut-il admettre q\i'asselare a été changé, par assimilation, en assettare qui, lui, tiendrait do adseclare, comme Diez le dit: d'où alors les sens trèsdivers qu'il a? On suit sans peine la série des sens d'assiette: situation, puis place que les convives occupent à table, et premier, second, etc. service, enfin plat mis devant chaque convive.

ASSIETTÉE (a-siè-tée), s. f. Ce que tient une assiette. Une assiettée de potage.

— ÉTYM. Assiette.

ASSIGN.\BLE (a-si-gna-W) , adj. Oui peut être assigné, déterminé. Il n'y a pas entre ces deux objets de différence assignable. De cette diversité naît

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