‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 205 sur 504 · PALISSY · texte numérisé non relu

PALISSY

— ÉTYM. Atteler.

ATTELÉ, ÉE (a-te-lé, lée), part, passé. || 1° Mis en attelage. Les bœufs attelés à la charrue. || 2° Muni d'un attelage. Dans une conque de saphir De huit papillons attelée, bérang. Pet. fée. \\ Fig. Attelés tous deux au char de la fortune , et tous deux fort éloignés de s'y voir assis , labbuy. 8. || Fig. Charrette mal attelée, se ditd'associés qui ne s'entendent ni ne s'accordent. Moi , dont la destination n'avait point changé, je fus fort fâché de me trouver si mal attelé [avec Besons dans le conseil de régence] , stsiM. 422. 86. Il En termes de marine, un vapeur attelé, est un vapeur accouplé à un bâtiment pour le remorquer.

t ATTELÉE (a-te-lée), s. f. Temps pendant lequel des animaux de tirage restent attelés.

ATTELER (a-te-lé), j'attelle, j'attelais, j'attellerai, j'attellerais, attelant, attelé, v. a. || 1° Attacher des animaux de trait. Atteler des chevaux à un carrosse. Cérès présentait aux hommes une charrue et faisait atteler des bœufs, fén. Tél. xvii. || Absolument. C'est d'ordinaire le cocher qui attelle. Nous fîmes atteler. Il On dit aussi atteler une voiture, une charrue, il 2° Par extension. Il fit atteler à son char les rois qu'il avait vaincus, fén. M. xix. Il [Napoléon] attelait des rois au char de ses victoires, v. hugo. Odes, II, 4. Il 3° S'atteler, V. réfl. Il se dit par extension des personnes. Ils s'attelèrent au chariot et le traînèrent. Il Fig. S'atteler au char de la puissance, servir les puissants.

— HIST. xir s. Quatre escuiez des miex enparentés Ont lor roncins au tinel atelez, Bat. d^Aleschans, 3746. Hoc au jour se voudra asteler [préparer, disposer], Ronc. p. 8. || xiu" s. Quant la vieille fu arse, Tybert[i!s]font ateler [àlaclaie], Bcrfe, xlvii. En leu de chevaus atelés, Ot es limons huit colombiaus Pris en son colombier moult biaus, la Rose, 4 5986. Car Eolus, li diex des vens. Quant il les a bien atelés [les nuages] , Lor met es piez si bonnes eles Que nus oisiaus n'ot onques teles, ib. 48203. Ens on la croûte à voûte en est 11 Turs aies. Puis à l'eschieie prise, au chief s'est atelés, Ch. d'Ant. vj, B04 . Il XIV s. Lors le fit Tulles lier à deux charrotes, et à chascune ateler six chevaux, dercheure , f^ 40, verso. Lequel Colin, pource qu'il estoit haïz de tout le peuple, aucuns mire ne ciruigien ne le voult [voulut] aler remuer, etji'y eut que une femme qui atela ses jambes, du cange, astula. || xvi' s. Il part donc à minuit avec la fleur de son armée, et deux canons bien astelez, d'aub. Hist. n, 277. Et les os fracturés estant réduits, bandés, et astelés ainsi qu'il appartient, le bras sera pendu enescharpe , paré, xm, 4 8.

— ÉTYM. Bas-lat. astellare. On donnait le nom d'astelet au bois du collier des chevaux ; de là atteler; ce mot vient donc do aslele ou, comme nous écrivons aujourd'hui, attelle (voy. ce mot). Ainsi il faut complètement rejeter l'étymologie de pro-telum qui en latin signifie attelage ; nous ne connaissons pas en cette langue de mot attelum, qui ait pu produire le mot français ; et si l'on invoquait dételer, nous remarquerions que estHe s'est dit pour astele, et que dételer est pour desteler. Comparez le Berry dte, s. f. timon d'une voiture à bœufs.

f ATTELET (a-te-Iè) , s. m. Voy. iiattelet.

ATTELLE (a-tè-l'), S. f. \\ l' Partie du collier des chevaux à laquelle les traits sont attachés. || 2° Terme de chirurgie. Lame de bois flexible, mais résistante, cl garnie de linge, qui sert â maintenir les

fractures. || 8* Instrument de bois qui sert aux potiers à lever la poterie sur la roue.

— HIST. xii" s. Depeciés en astele [morceaux], R. de Cambrai, 70. || xiu" s. Pour s'amour [les chevaliers] mèneront mainte lance en a.stele, aud. lb bast. Romancero, p. 4 8. Li vilains est coruz au feu; Si a esprise une chandelle. Et en sa main prist une astele. Et si est venuz à Primant, Ren. 4054.

Il XIV s. Lui donna un coup d'une astelle qu'il tenoit, DU CANGE, astella. Collier de hmons, garui de brasseuros, d'astellets, id. ib. Le suppliant prit une atele ou coipel à terre devant lui et le jeta vers sa femme , id. astula. Le dit Filleau prist une attelle, autrement appelée bûche de moule, de laquelle il feri très oultrageusement le dit Lucas . id. ib. Il XVI* s. Il faut que les compresses et astelles embrassent toute la partie fracturée, PARâ, xii, 2. Les férules ou astelles sont faites de papiers collés ensemble, ou de bois mince et délié, ou de cuir, ou d'escorce d'arbre, ou lame de fer blanc ou de plomb, ID. Kii, 8. Adonques le vieillard esclata des astelles; Il fit trois petits feux en cerne tout en rond, bons.

— ÉTYM. Norm. hatel, s. m. bois coupé et fendu, et atelle, s. f. bâton; wallon, estale, et namurois. a.'itale, copeau; provenç. astela; calai, astella; du latin hastella , -petH bâton, àehasta, bâton, lance

(voy. HASTE).

fATTELLEMENT (a-tè-le-man), t. m. Action d'atteler; résultat de cette action.

t ATTELOIRE (a-te-loi-r'J, s. f. || 1° Cheville fixant les traits du cheval au timon ou aux brancards. Il 2° Poignée pour saisir un instrument.

— ÉTYM. Atteler.

ATTENANT, ANTE (a-te-nan, nan-f), adj.

Il 1° Qui est contigu. La maison attenante. Sou jardin est attenant au mien ou du mien. || 2° Attenant, adv. Tout proche. Je demeure tout attenant. Il 3" Prepos. Touchantà. Lemurattenaiildelaporte, LA FONT. Berc. Le théâtre représente une chambre attenant la galerie où se sont passés les quatre premiers actes, de belloy, Gaston et Bay. v. || On le dit aussi avec à : mur attenant à la porte.

— mST. XII* s. Mieux aim [j'aime] ainsi endurer Que grant roiaume atenir, Couci, p. 423. || xin* s. Mieux aim de lui [de ma dame] dure pensée Que d'une autre greignors biens atenir, Romancero, p. 4 4 4. Il XIV" s. Obvier de Mauny, qui fu son alenans. Et ses frères aussi n'i furent pas faiUans, Guescl. 8250. Il XV* s. Nous, considerans la prochaineté de lignage en quoy nous allient nostre très chier et très amé cousin germain Charles roy de Navarre, du cange, attinentes. \\ xvi* s. Charlemagne estoit attenu à l'evesque de Rome, d'autant qu'il estoit parvenu à l'empire en partie par son moyen, calv. Instit. 909. La meilleure cire est la plus légère, la plus grasse. la plus attenante es moins Crangible , o. deserres, 454.

— ÉTYM. Attenant est le participe présent do l'ancien verbe atenir, de à et tenir.

t ATTENDANT, ANTE (a-ten-dan, dan-t'), adj. Il 1° Qui attend. || 2° En termes de musique, cadence attendante, cadence imparfaite, ijui se fait en montant d'une quinte et qui semble attendre une réponse. || 8° S. m. Sectaire qui soutient qu'il n'y a dans le monde aucune Eglise véritable, et qu'il faut attendre que la véritable vienne.

ATTENDRE (a-tan-dr'), j'attends, lu attends, il attend, nous attendons; j'attendais; j'attendis; j'attendrai ; j'attendrais; que j'attende ; que j'attendisse ; attendant; attendu, v. a. || 1° Demeurer pour la venue de quelqu'un ou de quelque chose. Qu'attendezvous pour vous sîuver? L'armée attend impatiemment son général. Le vaisseau attend un vent favorable. Attendre les bêles à la chasse. Attendre l'arrivée d'une lettre. Il attendait le beau temps. J'attends vôtre commodité. Mais attendons la fin, la font. Fah. 1, 24. Il n'attend qu'un préteiA» à s'éloigner de lui, RAC. Andr. ii, 3. L'ingrat qui ne m'attend que pour m'abandonner, m. Iph. u, 6. La bonlé de Dieu nous attend à rcpenlance, boss. Asc. 3. Ne vous a-t-il pas attendu a.ssez longtemps à pénitence? mass. Rech. On attend tous les jours que M. de Luxembourg batte les ennemis, sév. 300. [Elle] Attend l'ordre d'un père à choisir un époux. CORN. Cid, 1, 4. Qu'allendez-vous à vous soumettre? BOss. IHst. n, 43. Qu'attendez-vous , «hrétiens, à vous convertir, et pourquoi désespérez-vous de votre salut? id. Anne de Gonx. Sur cette terre déserte Qu'attends-lu? je n'y suis pas! lamaht. Jlarm. ii, 4. || Familièrement et par ironie. Atleudez-moi sous l'orme, se dit d'un rendez-vous où l'on n'a pas desscii) d'aller, d'une chose que Ion ne

ATT

T«ui p«> (tira. ANMHlM-aol kmm I'otiim; Voiu nrillvnilra. looKlamp*, iiiiomird, AtUmlrs-moisout Cormi, 11. || Yvn ttundr* ufM cboM k qu«U •lu'uii, U lui ratmiir, ililT4r«r (U U lui donocr. Une elroonsUOM «MMiUalUi à la Ju>ti< o '|uu l'on doit au> tutr*4, e'aal da U faira proin|)teriient at MOI différer; I> fiiro attendra, o'eit liiju>tic«, la URUr. tl. Un eet P^typtieiii qui U mirent Ici, Tniblilin qui U gtnle uiteiKiuvIiiue louci, Kt trouvant •on argent (|u'ili lui fuiitlru)) attendre, Je uis bien qu'il lerait tr6a-ravi da la vendre, hol. l'Êtour. i, i. lit* Compter sur, es{><rer; iiuelquefoia, craindie. On ne pouvait attendre aucun lecouni du sénat. N'attendra aon lalut que de u valeur. Je n'aitonda rien que de mol-mCme. On attend beaucoup d« vous. Ce lervice, momeigneur, n'eat pas lu seul qu'on attend de vous, ik)ss. Hein* itAngUl. S'il nuusouvru aiijnunl'bui le lunn de l'enfer, c'est pour nous y montrer un réprouvé que nous n'y attendions point, luas. C*r- MatMait riche. Concurrent malheureui à cette place insigne, Volru orgueil l'atieudàit; malt en élies-vous iligneT volt. Catin. i, t. Quels honneurs daot ta eoui , quel rang pourrais-je attendre? «ac. Urit. IV, k. LesapAlres attoiidaient que leur maître délivrerait israfiUlu joug des nations, et qu'il les (trait aaaeoir nux-mfimea sur douze trAncs lerreatrea, luta. Car. Fautu confiotue. N'attendezpas que Je recueille ici toutes taa actions dont une partie est presque incroyable, vlecr. Panig. il, p. a«a. N'attendez pas ici que j'éclate en injures, *AC Bir. IV , 6. Attendez tout aussi de ma recoiinaiiMDca, cotN. Serl. i, i. kUle qui do vous seul attend son diadème, id. f'omp. m, 3. Les Juifs n'attendent rien d'un méchant tel que toi, bac. &'«(/i. III, t. Dans un tge si tendra Quel éclairo.-isemcnt eu pouvei-voua attendre? m. Àih. u, 7. Attendant tout de sa bonté pour les malbeuroux , mass. Prièrt. Il n'y a rien à attendre de la tradition des saints, koss. i'éerit. || Attendre de, suivi d'un inûnitir, espérer, se promettre. N'attendei pas de le trouver sans imperfection, rtn. Tél. xit. Cher amant, li 'attends plus d'être un jour mon époui, corn. Ilor. 1, 3. lit* Attendre quelqu'un à.... attendre qu'il s'engage dans une diffleuté dont on pense qu'il no te tirera pas. U est vrai, celte somme lui est due; mais je l'attends à cette petite formalité ; s'il l'oublie, U n'y revient plus et il perd sa tomme, la ■auT. U. 11 ne faut plus qu'un pas, mais c'est oà je l'attends, bac. Baj. i, i. Ne vous mettez pas en peine, j'ai des remèdes qui se moquent de tout, et je l'attends à l'agonie, hol. Uid. m. lui, m, b. Les comedient m'ont dit qu'ils l'attendaient sur la réponse, ID. Impromptu, S. || 4* Attendre de, différer. Si voua attendex de vous convertir à la mort, vous mourrez dans voire péché , mass. Car. Impinit. Ils attendent de n'être plut propivs au monde pour être propres au royaume de Dieu, id. Etienne. l'our juger de ce qu'il est, attendez de savoir ce qu'il a fait, 1. 1. touta. Ém. V. || 6* Ëtra réservé à, meniicer. Les indignes traitements qui attendent les vaincus. Kstce donc \ï M qui vous attend T De nouveaux outrages vous attendaient dans votre gloire, hass. Indig. || •■ Kig. Un coup n'attendait pas l'autre, Isa coups te tuccédaient tans interrj|>tion. La valeur n'attend pas le D'>mbredea années, corn. Cid, ii , t. Il 7* Attendre un cheval, en retarder l'éducation jusqu'à ce i,u'il ait acquis de la force. |i Attendre du vin, attendre qu'il soit S point Attendre des fruits. attendre qu'Us soient mûrs. || 9* F. n. Attendez ici un moment. J'attendis longtemps sans rien voir venir. Four ne pas attendre et pour arriver juatefflcni en ce temps-U, voit. Lett. ta. Kspénr, attendre, c'est vivre? Oue sert de compter etdc suivre Dec jours qui n'apportent plus rien? lamart. Harm. m, e. IJKaire attendre quelqu'un, U retarder, lui ftiire perdre aon tempe. Il fait attendre ses '■.'éanoiers. Préparez tout, je ne .erai pas attendra. ||Se ikire aHaiMire, urder à venir, au oropre et au figuré. 11 ne M flt pas attendre. Ses bienfaits ne te feront pas attendre. || •* Attendre à, différer ju.<>qu'\. U attend fc la belle saison, au priutemps. Kaudrai-il aur ta gtoira attendra k m'extrcar Que ma tremblante voii eommencek te glaotr? aoiL. i^pil. i. Il ^ a daa honuiMa qui attende it à être dévota que tout le monde te déclara imr'- ou libertin, la mot. tt. Meaj réaolui d'atteo< .e à se déterminer, qu'il fût lAr du parti qu'embrasseraient Lépidusot l'Uncus, vwwT, Weel. reai. Uv. xiv p. sa*, un attend k se J«»««w à rkMra de la mort, rucH. Serm. u, M. OwéMjaapoar ton pin (Ica OMidiw de Pis.tlratt] , ■âto anMdn t Ma hd donner quand il aura anex u '^•?" *!• "•««»«•*». n». TH. XXI. A me ctenhar tiicintiu aUecdnit-U ai laniT aac. Btj.

ATT

I III, i. Le feu dameura caebé dans let veinea dw eailloui , et U y attend à éclater juiqu' ï ce que le choc d'un autra eorpt rezeiti», rt». ÊMtl. it. Il n'attendit pas à U mon k consacrer k Jésot-Christ une (lartie de tea rebatMa , rttoi. M, de Mont. M 10* Attendra apW4, avoir beaom d'un« rH.nL/.nnn, (l'une chose. Ap|iorte-lui ce livre; il .> '^.

l« n'est |ias aïoir du respect pour le ■ . lu

de le faire attendra apr^s vous, boss. Ont. jj 11* Kn attendant, loe. adv. Jus(]u'k tel moment, hn att4:ndant il s'est refx>sé. || Kn attendant que, toc.conjonct. Jusqu'à ce que. Kn attendant qu'il vienne. Les poètes disent quelquefois attendant que. Il satisfera, sire, et vienne qui voudra, Atleiidaul qu'il l'ait su, voici qui ré|>ondra, œitN. Cid, il, 7. I.« sort de nos guerriers réglera notre sort; Ce|iendant tout ust libre attendant <|u'on le nomme, id. Hor. i, 3.

s'ATTKNmii!, V. rifl. Il 1* Différer jusqu'à ce qu'on soit réuni. Nous nous sommesattendus, et nous sommes partis ensemble. I|t* Compter sur, eapérar ou craindre. Tous s'attendent à retourner dans leur patrie. Attnnds-toi àe«uyer des contrariétés sans nombre. U s'attend bien àce qui doit arriver. l'Iulél qu'on no s'y attendait. Au moment qu'ils s'y attendaient le moins. L'erreur la plus pernicieuse est de nous attendre que Dieu nous attendra, uourd. Cartmt, il, Crdce, 3«a. Je sais ce qu'il faut croire de ce payslà; je ne m'attends pas du tout à m'y amuser, STAËL, Corinne, liv. i, ch. 3. Ils ne s'attenda:3iit pas, lorsqu'ils me virent naître. Qu'un jour liomitluH dût me |)arler en maître, hac. £rit. m, H. Il S'attendre à quelqu'un, compter sur quoiqu'un. Ne t'attends qu'à toi seul : c'e.st un commun proverlie, la fom. h'ah. iv, %i. Toi donc, qui que tu sois, 6 p<>re de famille, Tattendrc aux yeux d'autrui, quand tu dort, c'est erreur, ixt.ib. xi, 3. Après Cïcoup, Narcisse, à qui dois-je m'atlendre? hac. Prit. Il, «. Il Avec la préposition de et un infinitif. Cassius s'éUiit bien attendu de trouver une opfiosition générale à sa proposition, de la part des grands de Home, vkrtot, Hérol. rom. liv. ui, p. »w. On lui donne une pompe fun'bre où l'on s'attendait de lui dresser un triomphe, FLficii. Turnine. Ulysse en fit autant : On ne s'attendait guère De voir Ulysse en cette affaire, -a font. Faii. x, 3. Ues transports aigourd'hui s'attendaient d'éclater, rac. Birén.ui, *. Il Des grammairiens ont prétendu que ce vers de Racine était fautif et que la faute avait été commandée par U nécessité d'éviter l'hiatus; mais on voit par les exemples que la préposition de était alors aussi usitée dans ce sens que à, et que, aujourd'hui, parler ainsi, caserait non pas pécher contre la grammaire, mais u.ser d'une tournure dont ou peut dire seulement qu'elle est présentement moins usitée. [I Proverbes. On l'attend comme les moines font l'aobé; c'est-à-dire en se mettant à table et commençai,! toujours à dtner. || Il ennuie à qui attend. || Tout vient à point à qui sait attendre, c'est-à-dire avec de la patience on fiait par trouver une occasion favorable. || Vous ne perdrez rien pour attendra; le ratard sera un avantaige, ou, dans un sens contraire, vous recevrez le chAtimcnt qui vous est dû. Il U faut attendre le boiteux [le aessagerj ; c'est-à-dira, pour être sûr d'une nouvelle, il faut en avoir U confirmation. || Qui s'attend à l'écuelle d'autrui a souvent mal dîné, c'est-à-dire il ne faut pas compter sur a.itrui.

— liF.d. 1. S'attendre que régit l'indicatif quand le sens est afflrmatif : Je m'attends qu'il viendra. U régit le subjonctif quand le sent est négatif : Ne vous attendez pat que je le fasse. || t. S'attendre, avec le sens d'espérer, compter, serait inintelligible si on ne connaissait pas à attendre un autre sens que c«l'ji qu'd a aujourt. hui. Ce verbe signifiait aussi faire attention, ce qui en est le sons propre. S'attendre, c'est donc s'appliquera, tendre son esprit à, et de là la signification dérivée dont il s'agit.

— lllST. XI* s. De Gueoelon aient li reis novelrs, Ch. dr Hol. ui. k grant dolur iUrc fil] aient son plait, ib. ccLxxii. || xit* s. Baron, or aten'iez [faites attention!, Rone. p. *. OA Sarazin atcmlcnt l'ajournée, ib. p. 33. Oui l'atendist ne fil mie que sage, «^. p. H. Puissent ironté, n'i ont plus atondu, ib. p. 413. Dist t'uns à l'autre : grant joie nous alénd, «b. p. I3&. S'onqiiea granz biens dut estra detaerriz Pourmalavoir, Dien [je] doi merci tiendra, Covei. v. De vous [j'] aten guerrédon et merci, tb. vu. Kttou« lea bient qu'on puet avoir d'aimer. Aura mea eneis ir<i adès si <i>nt, ib. xiii. Les bient d'amour que jai ateiiilus Unt, t6. || xni* s. Si me convient ainodra ton vouloir [de ma dame], Et j'alMMlni «onw loial ami. LEcoMTxn'ANMr. Homnnrrro, p. Ml. .-:n Uoa«ri« (elle] rtrient, là où li rois l'atant, 0«rir, u.

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Lora t'ctt oo.ichi«i l«x ua» haie, ilae ataudn ai— tura, nm. 771. MouMignew Baudoin de Raina, lU praudofflfflequi ealoitdoaoMMlak terre, me maiida par «on etcnior que J« l'aioadiaa. .

iprft4 orru de pUMun pmocucio»' (lue j'oy ao Acrt, doeqiuoi Dion, à jui je m ne >, doie et k qni Je m'aMn, mo délivra, ii>. ■ti.i Il XIV* t. Libéralité doit «tira attoodue et jugiée m - Ion la substance et la faculté, oiMiu, Eth. IM. ( >ii dit nue bien atlent, qui point n« taunlent (n'atteud trop], Guesel. IMSI. Auui dit-on communément Que trop ennuyé k qui atant, Liv. du bon Jeh. «ta. Conaidmiu et ailendans diligemment les bons M agretblet torricea, du canok, attmdire. |j xva. Lot aucuns diaoiant en cberauchant et conaeuloient que on atteudeaitt le matin et qu'il serait tantOM nuit, Fiioiss. H, III, lu. Le roi attendit un petit k parler, 10. I, i, 314. Cela fait, elle revint k sa maittreato, et lui dit que son ami n'atleiid qu'elle [ne pente qu'k elle, l'attend impaUiMimonlJ, Lniis Xi, Sont. XXXIX. Il XVI* s. Je m'attends bien qu'il y fera ton devoir, et qu'il n'y obmettra rien, itsao. L 73. J'cftuit bien fort mal, de mal de eueur et dasvoyement d'estoumac, que j'atbindois durer juaques à mercredi, qui est le bout de mou troisieame mois, ii>. ib. H 4. Ne vous attendez pas qu'ils y mettent la main, mont, i, 71. Attendez vous y [failea-y atiaolion] pendant que vous y estes, id.i, sa. Un malade aiii|uel je m'attends [je m'intéresse] et que je eonaidcre, ID. I, ei. Je m attends à ce qu'elle (la tciaooa] ser\'e d'ornement, non d^ fondement, lu. i, **». Quelle reaverie est-ce de s'attei.dre de mourir de vieillesse? id, i, 4o«. Il permet au sage d'agir à sa mode, tans s'attendre aux lois, id. iv, lit. l'iiu on attend, pios s'enracine le mal, uuiout, m. CI ascun commencée à luy |>orter envie, pource que l'on s'attendoit bien qu'il emporteioilcocoie le pris, ahtot, Tkiiée, 11. Va t'en demain les avertir qu'ilz s'attendent d'avoir bientost icy let Gaulois u. Cam. 13. Plusieurs en conceurent bonue espérance, s'altendans que, quand et la charte des v'vres, deust autai cesser la sédition civile, id. Cor. t>. Pensans tousjours à l'advenir. cl atlendsns à quelle fin et à quelle itaue la fortune conduira t'euvie de pro.sperité présenta, id. P. jBm. i*. Des esdairs si souvent reoouppez, que l'un n'att(.:doit pas l'autre, i:i. Timol. 38. Ils n'avoient qu'un cor|<s de kgia, qui ne pouvoit attendre un ca...on, d'aub. llitt. u, >9». I^iis It cavalerie commenya à paater, à t'alendrc et à reprendra quelque forme, id. ib. m, s«<. Attendues lea nouvelles qu'il avoit dudit ennemy, l'intention du maistra, et l'eatat et oontequence de sesaffaircs, il persistoiteo cet advis, m. du aux. 3ta. Kt retirant tes brebis de l'herbage. Sous un rocher attend venir l'orage, hons. Mi. A celui qui attendre ppult, tout Tient à temps et k ton voeu, otMii, Secréai, t. u, p. M3.

— ËTYN. Bourguig. étandrt ; provenç. ûlmdn; espagn. alender ; ilal. ailendert ; du latin olicndtrt. de ad, k, et tendere, tendre (voy. tmdrk) : molk mot, tendre vers; de là oc arrive au aena actu^ D'après Palsgrave, p. ta, on prononçait les daiul au xvi* sivcle.

ATTI'lNnRI. lE (a-tan-dn, drie), part. posté. Une volaille attendrie. |l Pig. Attendn par lot supplications. Heureux l'homme pour qui U prière attendrie S'élève des lèvres d'autrui ! U obucnt par la voix de l'orphelin qui prie Plus qu'd n'a (ait pour lui , la- HAUT. Ilarm. m, 10.

ATTENDRIR (a un-drir), v. a. || 1* Rendra tendre, non dur. U gelée attaodrit laa oboux. || Par extension. Avant d'avoir attandri ta rua an te taoant en un lieu obecar, ncac Diopi. 1. 1| t* Fig. Bmo«voir, rendra tentibla. Heuraote, « met plaon pa«vent vous atteiîdrir, rac. Iphig. m, i-. La vue du fils m'attendrit le co-ur pour le père, ri». Tél. rv, Aptjb donc s'être biaaattondri la oceur l'un à l'antre, VfMÛ» flt savoir à Dattin tout laa bonaottcei qu'elle avoit rendue k laCavoma, acau. Htm. aaas. u, «•. Pour cet doux éuangan laiaaai-ioaa attendrir, VOLT. Omte, nr, a. Le monologua da Mme Denis attendrit tout le monde, parce que Mme Denis a U voii tendre, roLT.LeUr. dTArgenlal, ta ta; t. <7«o. llParextention.Sansqu'une fois au moiMTOtramiiaa en ettasa Du mot da tolénnoe atlaodritaa une pbraie, oiu. Apologie. Ah I dita» bien qu'amoaraut «t tansible. D'un luth joyeux il attendrit lot tons, BtMàMO, Boimt 9it%U*. Un roi qui, non «aoMMd'affrayar lai moftala, Laiiaa aux plaart d^na éponsa attendrir ta vicloira, bac tph. m, 4. (| fs'atwtdrir, a. r#(. Davanir tendre, non dur. L«s cboui s'attandritaaiil k la gaita. || 4* rig. Je i l'atteodria sur aile, volt. Stmir. U, *. Caal «oiu seul pour qui

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mon cœur s'attendrit, fén. Tél. m. Elle feignit de s'attendrir pour Ulysse, id. *. i.

— SYN. s'ATTENnnin sur, s'attendrir pour. S'attendrir sur quelqu'un, c'est être sensible à son malheur, en avoir compassion. S'attendrir pour quelqu'un, c'est s'attendrir en faveur de quelqu'un, être disposé à le secourir, à le défendre.

- HIST. XII' s. Rolant l'entent, li cuers li atenrie, Ronc. p. 68. |{ xiu» s. Durs fu li pains et crouste et mie : Li dui n'en menjaissent demie, Se il atendri ne refissent, ruteb. il, 474. Je ne voz [voulus] onques retourner les yex vers Joinville, pource que le cuer ne me atlendrisist du biau cbastel que je lessoie,ioiNV. 209. ||xvi' s. 11 n'eut onques le cueur de ce faire, tant il estoit lasche, ains altendry par je ne sçay quelle espérance, aima mieux estre luymesme'pariie (le ses propres despouilles, amyot, P. jEm. 56. La perte de celuy-li seul luy attendrit le cueur, m. Péric. 69. Il trouva Antonlus preschant lessoudarts, et eulxtout esblouis et attendris par la doulceur de son éloquence, ID. Marius , »l. Cculx qui trempent le fer, après qu'ils l'ont amoUy et atlendry par lefeu.... id. Comm. discerner le flatteur, 01. Ce qu'on fait premièrement en attendrissant le fruit par bouillir dans l'eau claire, o. de SKRRES, 849. La laisser [la ponlaillej mortifier et attendrir d'elle-mesme, h. est. Apol. pour lier.

— ÉTYM. À et tendre, adjectif; provenç. alendrir, atenrezir; espagn. atemecer. Â côté d'altendnr, il y avait atendric"-, dans l'ancien français.

ATTENDRISSANT, ANTE (a-tan-dri-san, san-t'), adj. Oui attendrit, qui émeut l'âme. Spectacle, récit attendrissant. Il faut [dans Tancrède] un vieillard vert, chaud, à voix moitié douce, moitié rauque, attendrissante, tiemblotante, woLT.LeUr.UUe Clairon, 24 sept. )700.

ATTENDRISSEMENT (a-tan-dri-se-man) , s. m. 111° Action de rendre tendre, mou. L'attendrissement de ces viandes. Il 2° Sentiment par lequel on s'attendrit. Cédant à l'attendrissement. Mme Denis joue à peu près comme Mlle Clairon, excepté qu'elle a dans la voix un attendrissement que Clairon voudrait bien avoir, volt. Leur. Tliiriot, 23 sept. I7C0. Cela jette dans l'acte un attendrissement, un intérêt qui manquait, m. Lettr. d'Argenlal , déc. 4760.

— HIST. XVI' s. Cest attendrissement du fruit se fait par bouillir dans l'eau claire, o. de serres, 85).

— ÉTYM. Attendrir.

ATTENDU, UE (a-tan-du,due), part, passrf d'attendre. Le Messie attendu par les Hébreux. Des honneurs longtemps attendus. Quoiqu'attendu, madame, à l'empire du monde, rac. Bérén. i, 4. Et tu vois le triompha où j'étais attendu! id. ib. v, 4. Il En termes de cuisine, une viande attendue, une viande à point pour la faire cuire. || Attendu, loc. prépositive. Vu, eu égard à. Il fut exempté de cette charge, attendu son infirmité. || Attendu que, loc. cnnjftnet. Vu que, comme. Les parents de sa femme s'étaient opposés à son mariage, attendu qu'il n'était pas gentilhomme, bern. de s. p. Paul et Virg. J'eus un maître autrefois que je regrette fort Et que je ne sers plus, attendu qu'il est mort, destouches, le Gtorie^tx, i, 3.

— HIST. XV* s. Attendu qu'ils ne pouvoient ignorer qu'il ne fust fils et frère du roi, monsthelet,

ATTENTAT (a-tan-ta; le (se lie, du moins dans le parler soutenu; au pluriel l's se lie : des attentats odieux; dites des a-tan-ta-z odieux; attentats rime avec appas, repas), s. m. Entreprise criminelle, entreprise contre les lois. De ce couple perfide J'avais presque oublié l'attentat parricide, rac. Esth. n, 3. Et son trouble, appuyant la foi de vos discours, De tous ses attentats me rappelle le cours, iD. ib. m, 6. De grâce, apprenez-moi, seigneur, mes attentats, id. Brit. ii, 3. Il nous a déployé l'ordre dont Amurat Autorise ce monstre à ce double attentat, id. Baj. v, 44. S'attaquer à mon choix c'est s'en prendre à moi-même. Et faire un attentat sur le pouvoir suprême, co.>N. Cid, u, 7. Ce serait.... Sur votre autorité commettre un attentat, ip. Sicom. H', 4. Tout ce peuple a des yeux pour voir quel attentat Font sur le bien public les maximes d'État, ID. ib. m, 2. ||En termes de droit, attentat à la pudeur, tentative violente contre la personne d'une femme ou d'un enfant.

— HIST; xvi' s. ILt se sentoient coulpables detelz attentats, et pretendoient à faire de telles choses au maniement des aff'aires, qu'ilz avoient craint que Caton ne fust eleu praeteur, amyot, Caton d'Utique, 55.

— ÉTYM. Attenter.

BICT. DE LA LANGUK FRANÇAISE.

ATTENTATOIRE (a-tan-t.a-toi-r'), ad;. || 1* Qu! attente à. Mesure attentatoire à la propriété. 112' Qui va contre l'autorité d'une juridiction. Cette sentence est attentatoire à l'autorité du parlement.

— KTYM. Attentat.

ATTENTE (a-tan-f), s.f. Il 1° Action d'attendre ou temps pendant lequel on est à attendre. Quelque soit le transport d'une âme impatiente, Ma parole m'engage à rester en atten^i, mol. l'Étour. v, 6. Il n'y a plus qu'un peu de temps à attendre , et les temps di'stinés à celte attente sont dans leur dernier période, Doss. llist. II, 4. La cour est en grande attente de ce qui arrivera, id. Lett. quiVf. 126. Et Dieu, en les conservant [les Juifs], nous tient en attente de ce qu'il veut faire encore des malheureux restes d'un peuple autrefois si favorisé, boss. Hist. ii, 2. Le peuple était dans l'attente de la volonté du roi, m.Avert.i. \\ Salle d'attente, salle oii l'on attend. Il Fig. H y a une place d'attente dans leur cœurs, pasc. dans cous. || Pierres d'attente, en maçonnerie, pierres qui avancent d'espace en espace, à l'extrémité d'un mur, pour en faire la liaison avec celui qu'on a dessein de bâtir auprès. || Fig. Chose qui Sert de commencement. Certaines répétitions , certains vers lâches et décousus qui sont des pierres d'attente, volt. Leit. au roi de Prusse, 404. Les ducs de la Trémoille exigèrent deux bagatelles qu'ils donnèrent à leur sœur pour pierre d'attente , st-sim. 4 88, 4 5. Il Table d'attente, plaque, pierre, etc., où il n'y a encore rien de gravé, de sculpté, de peint. || 2° L'objet de l'attonle. Les Juifs s'en remettent à des inconnus sur un sujet qui avait fait de tout temps l'attente et la passion de leurs pères, fléch. Serm. i, 24 5. Cet enfant de David , votre espoir, votre attente, rac. ^l(/ia(. 11,7. Le Messie devient l'attente des nations, et il règne sur un nouveau peuple, boss. Hixt. ii. Les deux testaments regardent Jésus-Christ . l'ancien comme son attente, le nouveau comme son modèle, tous deux comme leur centre, pasc. Pensées, part, u, art. 4 0. Il 3° Prévision , opinion, espérance. Répondre à l'attente. L'attente générale. Surpasser l'attente. L'événement trompa son attente. Contre l'attente générale, contre toute attente. On conçoit une si haute attente de ces maximes, pasc. Prov. 4 4. Je romps tes attentes, mol. !'^(our.iii, 5.Monbonheur surpassait mon attente, RAC.B<y. vi, 4. L'événement n'a point démenti mon attente, id. Uithr. v, 4 . Qui te donne , tyran , une attente si vaine? corn. Héracl. V, 3. Tout mon dessein n'était qu'une attente frivole, ID. Sertor. v, 4. C'est l'attente du ciel, il nous la faut remplir, m. Poly. u, 6. Tout ce qui brille moins remplit mal son attente, id. Hor. v, 2. Ainsi, trompé de mon attenta , Je me consume vainement,

MALH. v, 5.

— HIST. XII' s. De ce [je] sui en bone atente. Que je son homage [amoureux] pris. Dame de Faiele dans Cuuci. La dame, ki fu en atente, Avoit lepostio entrouvert, Lai d'ignaurès. || xui* s. Quant la messe fut dite, [ils] n'i firent longue atente, Berfe, x. [Je] Ne ferai pas trop lonc séjour ; Dedens huit j,ours revenrai ci ; Tenez dix livre que j'ai ci , Pour le domage de l'atente, Bl. et Jeh. 2443. Se aucuns plede, sans atente de loier, por aucun de son lignage.... beaum. V, f . Excepté UL seul cas, c'est li cas de très grant famine sans attente de secours, id. 67. || rv' s. Le duc de Glocestre retourna en son hostel et chastel de Plaissy, et vit bien que, pour celle fois, il ne viendroit point à ses actentes, fhoiss. m, iv, 56. Et lui avons assigné sur nos rentes Sa pension en joyeuses actentes, cH. d'orl. Lectre de retenue. Tant avoit vaqué et donné son attente [attention] à l'estude, que.... LOUIS XI, Nouv. c. || xvi* s. Toute son attente [étude] n'estoit qu'à complaire à sa chère captive, ïver, p. 544. L'attente de ceste bataille les tenoit en grand soucy, amyot, Démétr. 4 9. Tout ainsi qu'entente, Espoir et attente Nous avons eu

tOy, MAROT, IV, 274.

— ÉTYM. Même radical que attendre; provenç. atenda, atenta.

ATTENTE, ÊE (a-tan-té, tée), part, passé. Les crimes attentés. Tout lut attenté par ce tyran.

ATTENTER (a-lan-té). || i'V. n. Commettre un attentat. Ils avaient déjà attenté sur sa vie, BOSs. Déf. Il avait osé attenter sur le trône de son créateur, id. II, Démons. 2. Ces pauvres qui attenteront contre les riches, fléch. Serm. i, 56. De quel droit sur vous-même osez-vo:;3 attenter? bac. Phèd. i, 3. Et l'on craint.... Que sa douleur bientôt n'attente sur ses jours, ID. Brit. v, 8. Vous croyez que.... Je prétonds attenter à votre liberté, id. ilithr. i, 2. Vous attentez enfin jusqu'à ma liberté, id. Brit. IV, 3. Qui conserva le flls attente sur ib père, corn. Hiratl. lU, 2. On a dix fois sur vous attenté sans

effet, id, Cinna, u, 4. Je recevrais de lui la place de Livie Comme un moyen plus sur d'attenter à ta vie, ID. Cinna, i, 2. C'est attenter sur nous qu'ordonner de .sa vie, id. Nie. v. Sous promesse de ne plus attenter à sa vie, pasc. Prov. 7. jj Absolument. Guiso attenta, quel que fût son projet , Trop peu pour un tyran, mais trop pour un sujet, volt. Henr. m. Il Commencer l'exécution. Un Marsyas songea qu'il coupait la gorge à Denys; celu'-ci le fit mourir.... c'était une grande tyrannie, car quand même il y aurait pensé, il n'avait pas attenté, montesq. Eipr. xii, 4 4. Il Faire une tentative sur. Chassez des corps les maladies les plus obscures; n'attentez pas sur celles d» l'esprit; laissez à Corine, à Trimalcion, la passion ou la fureur des charlatans , la bruy. 44. Il 2° V. a. Ils ne voulaient rien attenter contre le roi ni contre la reine, boss. Var. lo. Pour qu'on n'attente rien les uns sur les autres, id. Poitt. Ayant attenté le plus grand de lous les crimes, vaugel. Q. C. >»4 1 . Jusqu'à plus attenter que je n'aurais osé. CORN. Pomp. III , 2. U n'attentera rien taut qu'il craindra pourlui , id. Hicom. v, 5. Et si ma main pour vous n'avait tout attenté, id. Ilod. ii, 3.

— HIST. XVI' s. Si nous attentons de pénétrer au décret éternel de Dieu, ce nous sera un abysme pour nous engloutir, calv. Inst. 774. Oser attenter un tel acte, id. ib. 795. Quantes victoires ont esté tollues des mains des vaincqueurs, quand iiz ont attenté destruire totallement leurs ennemyz, bab. Garg'. i, 43. Haïssant ceulx qui attenteroient de changer Testât présent de la chose publique, amyot, Solon, 64. Et luy commandèrent de les conduire tout chaudement à rencontre de ces tyrans, qui avoient attenté et entrepris sur la liberté du peuple, id. Aie. 53. Plustost mourir que d'attenter à sa vie .... Qu'il .euille attenter jusques-là de rompre la paix et remettre le royaume en trouble, cahl. IX, 36. Combien ce Dieu qui noz esprits resveiUe, Faisu.nt plus haut mes désirs attenter, du bellay, V, 36, recto.

— ETYM. Provenç. attentar; ilal. attentare; du latin altentare, de ad, à, et de tentare, tenter.

ATTENTIF, IVE (a-tan-tif, ti-v'), adj. \\ l" Qui a, qui porte de l'attention, de l'application. Rendre son auditoire attentif. Les esprits, comme les yeux, étaient attentifs. Porter un œil attentif sur toutes les parties de l'État. Il fut fort attentif à ce que rieu ne nous manquât. Roxane, attentive, écoutait sou amante, rac Baj. m, 2. Des coursiers attentifs le crin s'est hérissé, id. Phèd. v, 6. Prêtez-moi l'un et l'autre une oreille attentive, id. Athal. u, 5. Attentive au soin de son trépas, id. Baj.iv, f>. Xses seules fureurs Thèbes fut attentive, volt. Œdipe, I, 3. Le fidèle, attentif aux règles de sa loi, boil. Lutr. ch. VI. Attentif à Dieu, fléch. i, 407. François, cet homme caché dans les bois et dans les forêts, sans expérience dans les affaires, attentil à lui-même, id. 11, 427. Plus Dieu vous afflige, plus il vous aime, plus il est attentif sur vous, un.ss.Afflic.Ces hommes toujours attentifssur eux-mêmes.... ID. Car. Fautes légères. Suffit-il à un évêque d'avoir été attentif à soi-même ? ID. Yilleroy. Attentive à faire de nouveaux progrès dans les voies de la grâce, id. Conc. Attentive à peser toutes ses paroles, boss. Heine d'Anglet. \\ Être attentif auprès d'une femme, la courtiser. || 2° Qui a le caractère de l'attention. Soins attentifs.

— HIST. XVI' s. Chacune soit d'en porter attentive, MAROT, m, 302. Ils travaillent de leurs mains au labeur qui peut entretenir leurs corps, sans empescher leur esprit qu'il ne soit attentif à Dieu, LANOUE, 634. Des sergens crioient au peuple que l'on se teust, laissant toute autre ouvre pour estre attentif au service divin, amyot. iVuma, 24.

ÉTYM. Voy. ATTENTION. Djuis Tancieu franijais,

on disait ententif.

ATTENTION (a-tan-siun ; en poésie, ue quant! syllabes), s. f. \\ 1° Action de fixer "esprit sur, de prendre garde à. Tout ce qu'il a été donné d'attention à un homme, njus l'avons mis en œuvre. Ce ne sont pas seulement les grands objets qui ont plusieurs faces, ce sont aussi les plus petits, et une grande attention est une espèce de microscope qui les grossit, fonten. Dodart. Ces trois efforts n'avaient pas été troublés par le cours rapide du jeu ni par les différentes attentions promptes et vives qu'il demande à chaque instant, id. Dangeau. Les grandes vues d'un génie ardent qui embrasse tout d'un coup d'œil, et les petites attentions d'un instinct laborieux qui ne s'attache qu'à un seul point, BUFF. Théorie de la terre, i" discours. Elle tourna son attention sur la manière de faire exécuter l'édit de Poitiers, anquet. Ligue, n. 248. Ayez atlenliou

AIT

Mrvom laiifM. »••• Bit. i. L'attention qu'on dort ato>r ma Jininunti du ninu . id. Uii. a)h. loo.

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Dont toola l'«li«»llon «t re ,

LA wvr. If. S«ni avoir k uiuintlru altcnttou pour wui ^lti i^trunl ou qui lortcnt, id. ». le* «aTanlii, fa, ! m [ayant égard] à la di»er»il4 dot

m nt trailtea, ne pâuTent l'empêcher....

m l'fi- lur ihfophr. Combien do temps, de règles, d'itti-iiiion cl dn travail.... ti>. <». San» une grand* roldaur et uns continuelle Attention à toute* «es parolai, m. ib. lU ne firent paa aaiez d'attention à tio aTla li nJuUire, rtn. Tél. xvi. Voua aurez de l'attention à votre aanlé, atv. »«». Sana faire nulle attention nir lui, ii>. «0». Je n'ai eu d'attention q^J'.^ '" . m. iai. Il lui fit faire une attention i sur.... PAiic. Rtlig. On n'avait attention '\n .1 1.1 uiminutlon do leur prix, montmo. Ktp. XT, »7. L'on disait que j'avais licaucoup plus d'esprit et de vue» que l'ordinaire des gens, que chacun m» eralgn.iit et avait attention à moi, 8Tsm. *4i , 13*. i'our ne pas pousser trop loin votre attention, ri.«cii. Srrm.i, n*. Que aont devant Dieu tous let hommes ensemble, qui puisse mériter que rilmo tidMc fasse des attentions sur euxT MAS.S. ifyft. Miiérie. »li. Si tous faisiez attention que dans le temps ml^mo que des ténèbre* profondes sont répandues sur tout ce qui tous environne.... ID. Cqt. Samarit. La premitra attention que nous deTons faire lorsqu'il nous arrive de nous produire parmi Xd hommes, id. Conflrtnce$, Conduite dei tUrtâ. Il semble oue le temps soit un ennemi commun contre lequel tous les hommes sont convenus ft conjurer '.toute leur vie n'est qu'une attention déplorable às'endéfkire, 10. Car. Emploi du temps. Les jours où ToiM STez vécu avec plus d'attention sur Tous-mème*, m. Priht. || Abeolumcnt et par forme de commandement, attention 1 c'est-à-dire prenez garde à vnusl Attention au commandement. Il S* Cgards, soins, action de courtiser. C'est uno attention dont je lui sais beaucoup de gré. Les attentions qu'ils ont pour moi , stv. 670. Un joli monsieur à marier m'honore de ses attentions, i. j. Dousa. Hil. Ti, t. Il voulait bien qu'on eût de l'attention pour sa femme, hahilt. Cramm. *. Db» qu'il la crut honorée de l'attention de son maître, 10. Cramm. a. Il a une attention fort obligeante pour vous, str. *a4. Je vous suis obligé de l'attention que TOUS avez eue k m'en donner avis, boss. un. *3*. Va homme en place a de l'attention pour VOU.1, ut «SUT. ». L'air de brusquerie de Madame n* rebuta point l'air d'attention et do politesse du roi pour elle, srsm. 1, 48. Cet heureux ascendant que les soins, la souplesse. L'attention, le temps savent si bien donner, volt. Sémir. u, 4.

— t:Tyu.Allentio,(i'atlendere, faire attention (V07.

ATTEWDHa).

t ATTENTIOînCÉ, ÊK (a-tan-sio-né , Dée), adj. Qui a des attentions, des égards, des préven:inces; et aussi, qui a de l'application.

— REM. Ce mot, du langage familier, est correctement fait d'altmd'on, comme affectionné l'est i'affection.

ATTENTIVEMKlfT (a-Un-tl-Te-inan), adv. Avec attention. J'ai suivi atlcnlivement les leçons du professeur. Il avait attentivement écouté ce discours. Quand je considère attentivement dans l'Evangile la parabole ou plutAt l'hiatoire du mauvais ricbe, BOea. It Trllier.

— IIIST. XVI* a. Sa H^eslé catholique derroit regarder attentivement k ceci, langue, 397. Il escoutoit attentivement.... Tvsn, p. 641. Prester l'oreille atteiitifvement, amtot, Corn. 7.

— r.TYM. Attentire, ei le suifRxe mnil. ATTfiMlANT, ANTK (a-lé-nu-an, an-t"), adj.

Il 1* Kn ternii't do médecine, qui atténue. On appelait autrefois ntt^nuanLs, des médicaments auxqueU on supposait la propriété de rendre Ic^ humours plus ténuee, moilta épiiwia, |[SuheUntivement. les atténuant*. I|i* En tennai ae droit. 1-'' mil tliminiio la graviti d'une accusation. 1 "s atté-

nuantea. Si J* troulaia, J'oppow'! .ition.i i

déclaration», j'oppoaerâia des faiu allénuanU k de* «ngérations.... mirarcao, Collettion, t. y, p. aaa.

— nST. xrr s. Me^icamens atlenuani, incisib el aptritirs. fAst, T, «4.

*™*ï'*'"*''' (a-té-nn-a-sion), 1. (. \\ 1* Action Ivîî?''?.» *** diminuer; rétulut de cette action. LaMMMtkM du corps par la Jeflne. L'atténu-ition ^me^hnlf>. || «• Tenne de médecin*. Action des reatténuanU; «aploi de U diéUtiqus de ma- ""*"'•* '^""-— MKguUer. Il »• Tenue 1 <{ni p^Mnt !nir un

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petite* parties.

— *TYH. AttenHotin, de aiunuart, atténuer. A'niMr n té-nu-é, ée), pari. pai$4

IJlM I arles jeûnes, rutcii. 1. »*4.

Un pauvre i<ti-:ii<'i><ii no peine atténué, Chargé d'ans et d'ennuis, de force dénué, ). a. aooa*. PabU.

Il II. *.t..1hr.iip fhiiAioi^ per QUelnil*** rirr^m^lJliirj^

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