AB
B (hé), s. m. Seconde lettre de l'alphabet. Un B majuscule; un petite. || Familièrement. Être marqué au 6, être borgne, bossu, boiteux, etc. || Nesavoir ni A ni B, être fort ignorant. || Ne parler que par B et par F, employer fréquemment des jurements grossiers. Les B, les F voltigeaient sur son bec; Les jeunes sœurs crurent qu'il parlait grec, gresset, Vert-Vert, iv. || B marque le lundi dans le calendrier de l'ancien rituel.
— HIST. xm" s. Je ne puis bien nommer sans B ; Par B commencent li bien fait; Ne jà sans B n'erent bien fait, Sene/îarice del'k, B,C,^dt(. jubinal, t. ir, 278. Il XV' s. Je ne cognois ne B ne R; Mais je sçai bien qu'en celle terre N'avéra paix, ne ou pays. Se le poovoir des (lours de lys Ne vient la chose refourmer, fhoiss. Pastourelle.
— ÉTYM. Le 6 latin, grec p, du phénicien ou hébreu heth.
f BA.... Particule qui exprime la dépréciation , la mauvaise qualité, la mauvaise façon, et qui est une forme particuhère de be.... (voy. ce mot).
+ BAAL (ba-al), s. m. Grandedivinité des Assyriens, que les Grecs assimilaient à leur Jupiter. Qui peut vous inspirer une haine si forte? Est-ce que de Baal le zèle vous transporte? Pour moi, vous le savez, descendu d'Ismaêl, je ne sers ni Baal ni le Dieu «l'Israël, SAC. Ath. m, S. ]| En style biblique, Baal est le nom collectif des dieux des païens.
— ÉTYM. Mot assyrien et hébreu qui signifie seigneur.
t BAANITE (ba-a-ni-f), s. m. Hérétique appartenant à une sorte de secte manichéenne.
— ÉTYM. Baanis, disciple d'Êpaphrodite, au nt' siècle.
BABA (ba-ba) , «. m. Pâtisserie dans laquelle sont mêlés des raisins de Corinthe. || Au plur. Des babas.
BABEL (ba-bèl), s. f. Babylone. || Poétiquement. Il [Paris] bâtit au siècle où nous sommes. Une babel pour tous les hommes. Un panthéon pour tous les dieux, v. hugo. Voix, 4. jj Proverbe. C'est la tour de Babel, se dit, par allusion au récit biblique , d'une assemblée où tout le monde parle sans s'entendre, où personne n'est d'accord.
— ÉTYM. Babel, nom hébreu de Babylone.
BABEURRE (ba-beu-r'), s. m. Nom vulgaire du
lait de beurre ou petit-lait, c'est-à-dire liquide blanc qui reste du lait , quand la partie grasse du lait est convertie en beurre.
—ÉTYM. De ba, qui indique dépréciation (voy. BA....) elbeurre, ou, comme le veut Diez, de battre le beurre (bat-beurre) ? D'anciens textes, si on en avait, décideraient la question.
t *. BABICHEs./'. Barbiche. Couper ses babiches.
— ÉTYM. Altération et mauvaise prononciation de barbiche. Ce mot, qui se dit encore, est dans le Dictionnaire de l'Académie, f édition.
t 2. BABICUE (ba-bi-ch'), s. f.ou BABICHON(babi-chon), s. m. Nom d'une sous-variété de petits chiens dits chiens d'appartement. Vous perdez pour une babiche Des pleurs qui suffiraient pour racheter un roi , voit. Poésies.
— ÉTYM. Corruption de barbiche ou barbichon. BABIL (ba-bill, /J mouillées), s.m. || l'Abondance
de paroles faciles et sans importance. Les jeunes
filles acquièrent vite un petit babil agréable, j. j. Rouss. Ëm. v. Il écoutait au maillot le babil de sa nourrice, m. Ém. i. L'éloge va se placer comme de lui-même dans leur babil éternel [des académiciens], MONTESQ. Lelt. pers. 73. || 2" Cri de la corneille et de plusieurs oiseaux. || 3° .Terme de chasse. Aboiement d'un limier qui a perdu la piste, ou qui donne trop de voix.
— SYN. BABIL, CAQUET. On dit que les pies et les perroquets caquettent ; ce sens reste dans l'emploi de caquet. Le caquet exprime une élévation de ton, une prétention à régenter ou à médire, et des propos bons ou mauvais. Babil n'implique rien de tout cela; ce n'est que la simple efl'usion, en paroles faciles, d'une personne qui se complaît à p.irler.
— HlST. xv s. Au fait d'amours, babil est peu de chose; Riche amoureux a toujours l'avantage, VILLON, Boi(. Il XVI' s. Ils convertissent la philosophie en un babil sophistique, calv. Instit. ;>37. Des nonnains la doulce babille. Leur habit sainct, le chant d'icelles. Leurs cérémonies tant belles, ma-
— ÉTYM. Island. bab, babil; Dan. bahle; angL to babble; holl. babbelen; allem. babbein; tous verbes qui signifient babiller. D'après b;ez, c'est un mol fourni par l'imitation de la naUire; d'après d'autres, il viendrait de Rabel, ce à quoi l'ensemble des formes ne se prêle pas.
BABILLAGE (ba-bi-Ua-j', Il mouillées, et non ba-bi-ya-j'), s. m. Action debabillerqui se prolonge Quand finira ce babillage?
— ÉTYM. Babiller.