‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 256 sur 504 · BER · texte numérisé non relu

BER

t BENZINE (binzi-n'), s. /'..Terme de chimie. Quadricarburo d'hydrogène, découvert parmi les produits de la décomposition, au feu, du benzoato de chaux. Elle dissout les corps gras et sert à enlever les taches sur toutes les étoffes. Elle est aussi employée pour tuer les poux des hommes et ceux des animaux.

— ÉTYM. Benxoe, nom du benjoin (voy. ce mot), t BENZOATE (bin-zo-a-f), s. m. Terme de chi-

niie. Nom générique des sels qui résultent de la combinaison de l'acide benzoîque avec une base.

— ÉTYM. Benzoe, nom du benjoin (voy. ce mot). BENZOÎQUE (hin-zo-i-k'), adj. Terme de chimie.

Acide lire du benjoin. 11 existe dans tous les véritables baumes.

— ÉTYM. Voy. BENJOIN.

t BÉOTAKQCE (bè-o-tar-k') , *. m. Terme d'histoire grecque. Nom des premiers magistrats chez les Béotiens.

— ÉTYM. Boi(otdip5(ri;,deBoiwTà;, béotien, et ôpxeiv, commander (voy. archonte).

t BÉOTIEN (bé-o-siin), s.m. Lourd et peu lettré, par allusion aux Béotiens, qui passaient pour illettrés parmi les Grecs, jj 11 est familier.

— ÉTYM. Béotie, contrée de la Grèce.

t BÉOTISME (bé-o-ti-sm'), s. m. Familièrement, lourdeur et stupidité illettrée.

—ÉTYM. Béotien.

tBÊQUE-BOIS (bè-ke-bol), s.m. Nom vulgaire de lasittelle, oiseau. || Au plur. Des Lèque-bois.

— ÉTYM. Becquer et bois.

BÉQCÊE (bé-kée), s. f. Voy. becquée.

t BÈQUE-FLE0R (bè-ke-fleur) , s. m. Nom vulgaire des colibris. ||.4u plxir. Des bèque-fleurs.

tBÉQUET(bè-kê),i. m. || l» Petit bec. || 2° L'un des noms vulgaires du brochet. || 3" Pièce ajustée à un ,'oulier. |) 4* Terme d'imprimerie. Petit morceau de papier écrit qu'on ajoute à une épreuve ou à une copie.

— HIST. XIV* s. En laquele fosse lesdiz Jesson et exposant ont pris nuitantre [pendant la nuit] environ 1 3 ou 4 4 carpes et un bequet [brochet] , nu cange, becchelus. || xv* s. Esquelx fossez le suppliant prist furtivement des poissons, c'est assavoir becquez et carpes, ro. ib.

— ÉTYM. Diminutif de bec.

BÉQUETEH, V. a. Voy. becqueter.

tBÊQUETTE(bé-kè-t'), s.f. \\ 1» Pince à l'usage du

chalnetier, de l'épinglier, du fondeur et du serrurier. Il 2° Sorte de perche qu'on emploie dans certains bateaux, pour mouvoir le gouvernail.

— ÉTYM. Diminutif de bec.

BÊQUILLARD (bé-ki-llar, Il mouiUées, etnonbéki-yar; le d ne se lie pas; au pluriel, I's ne se lia pas: des béquillards impotents, dites: des bé-killar impotents; cependant d'autres la lient : des bé-ki-llar-z impotents), s. m. Vieillard qui se sert d'une béquille. Alors sortit d'une portière Un béquillard sec et gris. Voyage de Bachaumont, dans bichelet. Un voyageur jeune?— Nenni vraiment; Un béquillard, un vieux ridé sans dent, volt. Enf.prod. 1, 6.

— ÉTYM. Béquille.

BÉQUILLE (bé-ki-ir , Zi mouillées , et non bé-ki-y e) , s. f. Il 1* Bâton surmonté d'une petite traverse sur lequel on appuie la main ou l'aisselle, et dont les gens infirmes se servent pour marcher. {| Fig. L'Europe qui marche àbéquiUes, Riche goutteuse, ne croit pas  la vertu sous des guenilles, bérang. Ildtonsnous. Il 2° Terme d'agriculture. Instrument servant à donner de légers labours aux plantes. || 3° Poignée qui s'adapte en dessous au fusil de chasse pour prévenir les accidents. || 4» Couteau à béquille, couteau à deux lames, dont l'une reste dans le manche quand l'autre en est sortie. || 5° Sorte do bouton qui s'adapteauxserruresaumoyend'unetigeenfer. || 6" S./". plur. Terme de marine. Màtereaux à l'aide desquels on tient droit un bâtiment échoué.

— ÉTY.M. On le tire de bacillus, petit bâton; mais cette étymologie est inapplicable à un mot qui ne paraît pas ancien, et la vraie dérivation est celle de Diez, qui le tire de bec; la béquille étant ainsi dite à cause de l'espèce de bec que représente la traverse.

BÉQUILLEU (bé-ki-Ué, ?î mouillées, et non béki-yé). Il 1* V.n. Marcher avec une béquille. || 2" V. a. Terme d'agriculture. Faire un labour avec la béquille. Il 3° Terme de marine. Placer des béquilles pour soutenir un bâtiment échoué.

— ÉTY.M. Béquille.

f BÉQUILLON (bé-ki-Uon) , s. m. Petite béquille sur laquelle on s'appuie avec la main.

— ÉTYM. Diminutif de béquille.

t BIÎQUOT (bé-ko), t. m. Petit de la bécassine.

— ËTYH. Diminutif de bec. On trouve aussi écrit bécau.

<.BER(bèr), «. m. || l'Terme de marine. Appareil de charpente en forme de berceau pour mettre un navire à flot. || 2° Ber se dit encore pour lierceau dans quelques provinces et dans ce vieux proverbe: Ce qu'on apprend au ber dure jusqu'au ver, c'est-àdire, on conserve jus<|u'au tombeau las impressions et les habitudes de l'enfance.

— ÉTYM. Voy. berceau; bourguig. brei. B<t devrait être écrit avec unes, bers, comme on le verra à berceau.

t 2. BER... Préfixe équivalant kba, bar, bi*, et qui a un sens péjoratif.

t BERBER, ÈRE (bèr-bèr, bè-f), t. m. et {. Nom des habitants primitifs de l'Afrique du Nord. Les berbers portent le nom de Kabyles en Algérie. || Adj. La langue berbère ou le berber, langue parlée par ces peuples, laquelle n'a rien de commua avec l'arabe.

— ÉTYM. Les Berbers sont les anciens Numides, et leur nom paraît avoir fourni aux Grecs, et de là aux Latins, le mot de pipgapo;, barbare.

t BEUBÉUIDÉE (bèr-bé-ri-décl , ». f. Terme de botanique. Les bprbéridées, famille de plantes dont répine-violette"(fcerjCT'i»i«<i<;aris, L.) est le type.

tBERBOUlSSET (bèr-boui-sè), t. m. L'un des noms vulgaires du fragon, plante.

BERCAIL (bèr-kall, H mouillées, et non bèrka-ye),s. m. Élable où on loge les moutons. || Fig. Ramener au bercail une brebis égarée, retirer quelqu'un de ses erreurs ou de ses désordres. Rentrer au bercail, revenir au bien. Exhortait-il ses domestiques à rentrer dans le bercail de Jésus-Christ... FLÉCH. M. de Mont.'Les saints se réjouissent sept fois lorsqu'un pécheur retourne au bercail, cuateaub. Jllart. 79. Du bercail il chassait les loups, Sans abuser de la houlette, BtfiKHO. Petite fée,

— HIST. XII* s. Deus vus ad comandô sun berzUà guarder; E s'il est vostre oeiUe, vus le devez mener. Th. le mart. 29. ||xvi* s. Tant n'est la guespe ennemie au raisin, Ny au bergeail le moleste cusm, AM. JAMYN, liv. V, Ép. à Gellia.

— ÉTYM. Bas-latin, verteca'e; deveriex, bas-laU berbex, bélier, mais qui , dans les langues romanes, a pris le sens de brebis (voy. brebis). Berzil do l'historique vient de vervecile.

4. BERCE (bèr-s'),s. f. Terme de botanique. Un des noms vulgaires de Vluradeum sphondylium (ombellifères), dit aussi branche- ursine biurde, fausse branche-ursine et acanthe d'Allemagne.

t 2. BERCE (bèr-s'), s. m. Petit oiseau qui vit dans les bois.

BERCÉ, ÉE (bèr-sé, sée), part, passé. L'enfant bercé par sa nourrice. || Fig. Bercé par de doux songes. Tout dormait : vos amis, bercés par l'espérance. Bénissaient le sommed et la paix de retour, M. j. cuÉN. Charles IX, v, 2. Par l'espoir galment bercés. Dansez, chantez, dansez, béhano. Orage. Dans mon réduit où l'on voit l'indigence Sans m'éveiller assise à mon chevet, Grâce aux amours bercé par l'espérance, D'un lit plus doux je rêve le duvet, ID. Le Dieu des bonnes gens.

BERCEAU (bèr-sô), s. m. \\ 1* Lit des enfants à la mamelle, fait d'ordinaire de telle façon qu'on peut lui communiquer un mouvement de balancement. Un enfant couché dans son berceau. Les berceaux dans les salles de cet hôpital sont trop rapprochés. Joas, enfant encore au berceau, boss. Hisl. I, 6. Les enfants mêmes dans le berceau sont forts, ID. Politiq. Athahe étoufl'a l'enfant même au berceau, RAC. Athal. I, I. Il 2° Par extension, la première enfance. Après avoir été attrapé, comme je l'ai été, en ce que j'ai dit de ceux qui ont mémoire de ce qu'ils ont fait au berceau, voit. Leitr. 57. Il fallait qu'ils fus-ent tous deux au berceau, cobn. Ex. d'Uér. Les enfanU apprenaient dèsie berceauà....BOSS.//iil.lli,».Ilpassa pour ainsi dire du bi;rceau sur le trône, kass. Louis IlV. Au sortir du berceau vous m'avez établi sur le trône, ID. Malh. Votre Oreste au berceau va-t-il finir sa vie? RAC. iphig. i, 4. Je sortais du berceau.... volt Zaïre, il, 4. Pour moi, des Sarrasins esclave en mon berceau , id. ib. i, *■ Nous demandons des sourir«s au berceau et des pleurs à la tombe, chateaub. Génie, i, 4. Il Étouffer le monstre au berceau , étoufl'er le mal dès sa naissance. Etoufl'er l'hérésie dans son berceau, patro. Plaid. 4, dans bicuelbt. jj 3* Fig. Lieu oiU'onestné, où une chose a commencé; naissance, commencement. La ville qui fut le berceau de rélo(]uence. Les Romains ont rasé Albe qui etaii leur berceau. Art qui était encore au berceau. Les

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■fit Hnt «MXtr* tu boreMO dan* e« paya. Da mon iort Isâot naeaniiudn, DtuM*-je en mon >M>re«au trovrar ta aâniluda f m. ;. cnaw. , O.rfip* ro«i ■" , 4. A4Im, «Jiannam paya de rranM, Oua Ja doit tant aMHrl Bareaaa d« moo bauNuia anfance, Ailieu I I» 4«ttMr cTwi noorir, UaAMO. H. siuan. ij» Hjfllan aattaot laur oitpMil k cacher leur Iwr- «n «Mi lat aiMaa, chatkai-o. G^nie, i, iv, t. OêUê KirUaa devait être auai|uée à&i ton berceau, ■oaantT, Pou/, «. || 4* Treillage en voùlo Kami da verdure. Faire monter la TJgna en berceau. Dtner mus un berceau. Inquiet de ce que me Toiilalt Dumont areo tant de in>'«t<'^re, Je gagnai doucement l'entrte dea berceaux [de Marly) , st-xim. *M, 4to. Eapriti aAriana de la terre et dea eaux Dont lea lonpira parfument cea berceaux, dblav. Paria, n, a. Alite en berceau, allée courarta. Il Loiipue allée KUTont courorta d'une voûte de charmille, pour l'exercer k tirvr de l'arc, de l'arlialMe, elo. Tirer au berceau. || 5* Outil du graveur pour travailler en manière noire. || S* Kn typographie, berceau de preite, partie antérieure de la preise, aur laquelle roule le roarhro. || 7* Kn termes d'architecture, voûte en plein-cintro. || 8*Uerceau de la Vierge, nom vulgaire do la clématite des bols.

— XIII* a. KIo lur roe [ilemaniln| isiieicment Un berasoll quere bel e gcnt. Où luen puist se coucher sia fis, Qui «noor iert assia petis, Grégoir* le Grand. p. 11. Après [elle] le coucha el bercuel, 0 [avrc] pion, o lermes, o duel, ib. p. sa. Quant le Iwrs veiras devant tel , Où tesanfcsTu morz p.-ir mei, maan DB ntANCi, t. ii, p. 372. Kors seul Hclain qu'en •aeapa,Et fors un autre en bore petit, /lomnnd(/''J rlonopeui, 1. 1, p. 4 ). U raz nels [même] l'estrangluroient. Quant au bersueil le troveroicnt, la Uotr, 4«04S. Kt li bon quens d'Artois Robers, Qui dis lors qu'il issi du bcrs, ilanta tous lea jora de sa vie Largece, honor, chevalerie, ib. 48M<. Pot estre que li sous aagiâs serait encore en bers, beaum. xvi, a. Il XIV* s. Les quelz avoient laissiA en leur ho.stcl sans aucune garde un leur petit enfant, qui estoit au barseul, du canob, bercMum. Quand olle eust couché icelle fille en un berch , id. ib. Un bcrseil k parer quiavoit esté paint et ordonné pour feu M. le Uaulphin, DB LABORDE, Émnuz, p. <a4. || xv* a. Là où foy une, ung fonn et ung baptême, Ung bers, un sang, un lien doibt estraindre.... o. ciiastbijiin, Kxpot. fur vérité.

— ÊTYM. Ucrry, btrciau, boreiau; provenç. bers , brfi, bretx, brtaol; portug. berço; ba«-lat. btrciolum, herceolum. Du Cange le tire du bas-latin bn$a, claie d'osier, treillage, dont on environnait los forêts de chasse; ce mot ayant été transporté au bfrt ou btretau, qui est fait d'osier. Diez n'admet paa cette étymologie ; il croit que brrc^ est le même que beTMT, vieux français, tirer de l'arc, chasser, percer d'une (liche. Trouvant dans un texte baslatin dltalie 6rrcW<ujou barbiceltus, signifiant bélier k battre lai murailles, il suppose un vcrbo it.ilien 6«reiare, frapper, heurter (im-6«rcrore existe avec le sens de toucher le but, donner dans le blanc) ; d'où ensuite les sens de frapper avec une flèche, de cha.wer, et aiis5i de bercer, c'est-à-dira agiter comme le bélier qui frappe une muraille. Il manque trop d'intcrméiliaires pour qu'on ajoiito confiance k cette dérivation; et il vaut mieux s'en tenir k l'étymnlogie donnée par Du Cange, beria.

t BERCKLI.K(l>Vso-l'), ». f. Pince d'émailleur pour tirer l'émail k la lampe.

t BERCELORNBTTB (bir-se-lo-né-f) , t. f. Voy.

BABCBLONBTTB.

f BERCBMKNT (bêr-ae-man) , t. m. Action de bercer.

BERCER (bir-sé; le c prand une cédille devant un a ou un 0 ; je berçai, noua berçons), v. a. Il 1* Balancer dans un berceau. On berça le* enfants pour laa apaiser et les endormir. Comme nos citoyens, de race désireux. Qui bercent les enfants qui ne sont pas k aux , rIonibr, Soi. ii. Ijl'l'ar extension. Comme de vieux nochers dont la couche mobile eal suspendue aux mita, plus ils [les corbeaux] sont biarcés par les orages, plus Ils dorment profondément, cratbaub. Génie, l, v, s. L'eau berce.... La tente des matelots, umakt. Hnrm. i, ». j| I* Fig. Endormir, adoucir. On m'a conté qu'au bord du Gange aasis. Des exilé*, gais enfanta de la Seina, A mes chanaona, là, bernaient tours aoocia, aouNO. CimpUU à (t*t habit, de llaurit». iM songe d'un anhot que berce un vngue •«>*'. T; "y«». Od«, V, «. Il «• Amuser d'eapértaojj. On U berçait de vaincs promesse*. Un eapotrimole le berça longtemps. Je ne regarde la trie qneeomae<« songe; nais, de toutes lea Uéea

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