BOL
BOU
bourreau, id. Iphig. m, 6. (IFig. Le remords sera son bourreau. Le vice est lui-même son cruel bourreau, d'ablancouht, Lucien, dans richelet. En quelque lieu que se trouve un parricide, il y rencontre un accusateur, un juge et un bourreau, lemaIthe, Pinid. 28, dans RICHELET. Les envieux sont eux-mêmes leurs bourreaux, vaugel. Q. C. liv. viii, ch. <2. 11 est lui-même son impitoyable bourreau, païuu. Plaid. 6. || 3° Familièrement. Être le bourreau de quelqu'un, le tourmenter, lui rendre la vie dure. Un amiral était sa bote [à Pontchartrain], et un amiral bâtard du roi, son bourreau, ST-siM. 141,03. Il Etre le bourreau de soi-même, faire plus qu'on ne peut, s'excéder, ne pas ménager sa santé. || 4° Un homme cruel, inhumain. Voyez comme il mallraite son clieval; c'est un vrai bourreau. Il 5° Un bourreau d'argent, un dissipateur, un homme qui n'hésite devant aucune dépense, il 6° Terme de reproche, expression d'humeur, d'impatience. Te tairas-tu , bourreau ! Donne-le donc , bourreau, lui dis-je, iiamilt. Gramm. 7. Oh! le double bourreau, qui me va tout gftter, mol. l'Étour. III, 4. Mes bourreaux de symphonistes raclaient à percer le tympan d'un quinze-vingts, J. J. Rouss. Confess. iv. || 7° Bourreau des arbres, nom donné à plusieurs plantes à. tige volubile qui nuisent aux arbres, entre autres le célastre grimpant. {[S" Terme de salines. Sac garni de paille que met sur son épaule l'ouvrier qui porte un panier de sel.
— SYN. BOURREAU, EXÉCUTEUR DES HAUTES ŒU- VRES. Dans le langage légal d'aujourd'hui, on ne dit qu'exécuteur des hautes œuvres. Bourreau est le terme général pour tous les temps et tous les pays.
— HIST. xiv° s. Le licteur, c'est le bourrel, se tenoit desjà à le lier d'un laz, bercheure, f" <4, verso. Il XV" s. Prenez un bourrel et lui faites trancher la teste, troiss. ii, ii, <38. De la soif je nomme l'eau Le bourreas Qui la fait mourir martyre, BASSELIN, XXIX.
— ÊTYM. Bourguig. borea ; wallon, loie; provenç. borel; pays de Coire, îojer; provenç. mod. hoijou ; axia. espagn. borrero; espagn. mod. boya, bourreau et boucher; ital. boja. Ménage supposait que bourreau venait de boucher, par l'intermédiaire d'un diminutif bouchereau, contracté en
•ourreau; mais la contraction de ch ne se suppose pas. Diez pense que, au moyen du double suffixe ^-ell (qui se trouve en effet : mât-er-eau, de mât), bourreau peut venir de boie, qui est le nom du bourreau en wallon, en espagnol et en italien (boi'eer-el, d'où bourrel); du latin bota ou boja, carcan; d'où l'ancien français bute, chaîne. D'autre part, on a dit que bourreau venait de Borel , seigneur de Bellecoml)e, en 42G(, à la charge de pendre les voleurs du canton. Il est certain que plusieurs fiefs ont été possédés à charge de fournir au suzerain nn pend- larron; il est certain aussi que Borel est un nom propre ou plutôt un surnom très-ancien (on le trouve dès la fin du xi" siècle : Ernegisus filius Borel, ordbric vital , édit. de la Société de l'Histoire de France, t. v, p. <88; Odo cognomento Borel, BOUQ. xi, 204 A). Malheureusement, les annalistes ne nous disent pas ce que signifie ce surnom; s'il signifiait bourreau, ce qui est vraisemblable (ce surnom a pu être donné à un seigneur rigoureux justicier), botirreou serait beaucoup plus ancien que ne l'indiquent nos textes, et la dérivation n'en pourrait pas être chercliée dans un nom propre; au contraire, le nom propre en dériverait. On a aussi songé à l'ancien français bourrel, tas de bourre, d'où les sens de remphr de bourre, tasser, et battre pour tasser; mais l'historique, ni dans bourreau, ui dans bourre, ni dans bourrel, ne fournit les transitions qui autoriseraient cette étymologie.
BOURRÉE (bou-rée), s. f. \\ l'Assemblage d'un volume, à peu pris déterminé, de menues branches. Brûler une bourrée. Les haies pourront produire quantité de bourrées et fagots de leur superflu, à l'usage des habitants, vauban, DHne, p. lut. Si je n'arrivais pas le 2 ou 3 avril, fais vendre les bouTées par Bloiideau, p. l. cour. Lett. u, U4. 1,) 2° Air de musique, à deux temps, qui a deux parties égales, chacune de huit mesures. On nomme aussi bourrée une danse composée sur le môme air. Le pas da bourrée est composé de deux mouvements ; un demi-coupé avec un pas marché sur la pointe du pied, et un demi-jeté, qui fait le second mouvement. La bourrée est une danse rustique originaire d'Auvergne, qui consiste en ce que les danseurs et les danseuses, placés sur deux lignes, s'avancent et se reculent, après quoi chaque danseur fait tour-
ner la danseuse qu'il a eu face. U est plus loin de vous oublier, qu'il n'est prêt à danser la bourrée, sévignB, 43. Des demoiselles qui dansent la bourrée dans la perfection , m. 277. Pauvres enfants [Auvergnats] qui dévalent bien tristes de leurs montagnes et qui préféreront toujours le pain bis et la bourrée aux prétendues joies de la plaine , chateauu. Clermont, <22. || 3° Terme de chasse. Chasse aux cailles qui se fait avec un hallier. || Proverbe. Fagot cherche bourrée, c'est-à-dire les gens de même sorte se recherchent.
— SYN. bourrée, fagot. Ce sont des bottes, des assemblages de même bois; mais ce qui les distingue, c'est que le fagot a toujours trois ou quatre brins de bois plus gros que les autres, tandis que la bourrée est exclusivement formée de menus branchages.
— HIST. xv* s. Sitosf qu'il fut lié à l'estache, on appuya autour grand foison de bourrées et de fagots secs, et on bouta le feu dedans, fhoiss. m, IV, 7. Il xvi" s. Mettant d'un costé les grosses busches, bois de fente et de moule : de l'autre les fagots, bourrées et costerets, o. de serres, 808.
— ÉTYM. Ainsi dit à cause de la comparaison avec la bourre.
t BOURREL (bou-rèl), s. m. Nom vulgaire de la buse.
— ÊTYM. Sans doute bourreau, à cause de la cruauté des oiseaux de proie.
BOURRELÉ, ÉE (bou-re-lé, lée), part, passé. Tourmenté. L'âme du criminel bourrelée de remords. La Rappinière et les siens remarquèrent sur son visage de si grandes marques d'une conscience bourrelée que tout autre n'eût point balancé à l'arrêter, scarh. Rom. com. ch. <5. Oh! mon ami, quel spectacle que celui d'un homme méchant et bourrelé I dider. Lett. à Grimm. Ces pécheurs bourrelés qui accumulent tant de prières, j j. rouss. Hél. VI, U.
t BODRRÈLEMENT (bou-rè-le-man) , s. m. Sensation douloureuse, comparée à la torture que ferait éprouver le bourreau. Avoir un bourrèlement dans l'estomac. || Fig. Le bourrèlement de la conscience.
— HIST. XVI" s. Les Lacedemoniens mignardoient leur Diane par le bourrellement des jeunes garsons qu'ils faisoient fouetter en sa faveur, mont, ii, 258. Tibère, grand maistre en la science de bourrellerie, ID. III, 301.
— ÈTYM. Bourreler.
BOURRELER (bou-re-Ié. L'Académie conjugue ce verbe en mettant un accent grave sur rc quand la syllabe qui suit est muette : il bourrelé, je bourrèlerai, je bourrèlerais ; mais pourquoi ne pas le conjuguer comme oppeJer, mettant: il bourrelle, je bourrelleraijje bourrellerais, etc. ou conjuguer oppfler avec l'accent grave , en un mot effacer une anomalie?), v. o. Tourmenter comme ferait le bourreau. La conscience bourrelé les méchants. Elle [cette parole] aggravera vos douleurs dans vos maladies, elle vous bourrèlera dans votre lit de mort, saurin, t. IV, p. 32.
— HIST. XVI" S. L'ambition le bourelle sans cesse, tellement qu'ayant la mort entre les dents il songe encore à la guerre contre Mithridate, AMYOT,ifar. et Pyrrh. 14. Ainsi bourrelé de cette vergogneuse appréhension, YVER, p. 046.
— ÉTYM. Bourreau, par l'ancienne forme bourrel; bourguig. horelè.
BOURRELERLE (bou-rè-le-rie), s. f. Le métier, le commerce du bourrelier.
f— REM. Dans la désinence ellerie, l'Académie met généralement deux l : coutellerie, hôtellerie, etc. il n'y a que deux exceptions : grivèlerie qui prend un è, et bourrelerie qui a une seide i et un e muet. Ces anomalies sans raison doivent être corrigées.
— HIST. xui" s. Coliers à cheval, dossieres de seles, et toute autre manière de bourelerie, Liv. des met. 220.
— ÈTYM. Ancien franc, bourrel, tas de bourre
(voy. BOURRE I).
BOURRELET (bou-re-lè) ou BOURLET (bour-lè ; le ( ne se lie pas dans le parler ordinaire; au plur. Vs se lie: des bou-re-lè-z épais ; bourrelets rime avec traits, succès, jamais), s.in. ||l°Coussinet rempli de bourre, qui est fait en rond, avec un vide au milieu. Bourrelet pour porter un fardeau. Bourrelet à bassin. Il Bourrelet d'enfant, coiffure rembourrée qui protège la tête des enfants quand ilstombenî.Émilen'aura ni bourrelets ni lisières, J. J. housseau. Ém. ii. Des sceptres étaient mes hochets; Mon bourlet fut une couronne, bérano. Deux cousins. || 2» Sorte de gaine en toile qu'on remplit de bourre ou de crin, et
qu'on adapte auï portes et aux fenêtres puur empêcher l'air extérieur de venir refroidir les appartements. Il S" Terme de marine. Cordes tressées autour des mâts pour les fortifier, pour tenir les vergues. || 4° Renflement circulaire qui se forme en certaines circonstances à la tige d'ime plante. Le chêne, dans son nœud la retenant [la hache] de force , Et recouvrant le fer de son bourlet d'écorce, Grandissait.... lamart. /oc. ix, 354. || Excroissance au bord ou à la surface d'une coquille. || Terme de vétérinaire. Partie renflée de la peau de l'extrémité inférieure du membre, au point c^l commence 1» sabot. Il 6° Partie arrondie qui règne autour de la bouche d'un canon, de la douille d'une baïonnette. Il Bord d'une plaque de plomb roulé. || 6° Rond d'étoffe mis au haut du chaperon qui est porté sur l'épaule par les docteurs, les licenciés et certains magistrats. 1 1 7" Terme de blason. L'ancienne chevalerie était dans l'usage de porter, aux tournois, sur le casque, un tour de livrée de la couleur qui était propre au chevalier. Ce tour de livrée, conservé dans les ornements de l'écu, est dit bourrelet.
— HIST. xiii" s. Li bourelier puet enplir ses coliers de heure ou de poil; mais se l'enplist de l'im, il ne le puet parenplir de l'autre ; et se il le feroit, li bouriaus seroit ars et li bourelier seroit en l'amende le roi, Liv. des met. 22<. Face tant que l'en li aporte Cheveus de quelque famé morte , Ou de soie blonde borriaus, lallose, <3499. || xv" s. Dames i rebrassez coUetz, De quelconque condicion, Portant attours et bourrelets Mort saisit sans exception, VILLON, Gd Test. La quelle herbe le suppliant fena et amassa en petiz burelez, du cange, burellus. Il XVI" s. Les compagnons du bourlet [les mignons] esclatent leur lamentations; mais d'O, Manou, son frère, Antragues,Chasteauvieux murmurent, d'aub. Hist. in, 183. Un fou à bourlet nommé Briandas, CARL. i, 25. Iln'ya ni bonnet quarré, ny bourlet [au parlement — ailleurs : à l'université] que je ne fasse voler s'ils m'eschauffent trop les oreilles, Sat. Hén. p. H 00. Pareillement me faisois mettre un bourrelet sous mes fesses, de figure ronde, rempU de duvet, PARÉ, xm, 27. Est aussi nécessaire d'avoir un fonds de corbeille d'une torce ou borlet, approprié à recevoir la casse, pour la tenir droitement et fermement, 0. DE SERRES, 870.
— ÈTYJI. Diminutif de l'ancien français bourrel, qui signifie amas de bourre (voy. bourre l) ; lequel diminutif ne se montre, ici dans l'historique, qu'au XV" siècle; auparavant, c'est bourei, bouriaus.^
BOURRELIER (bou-re-lié) , s. m. Ouvrier qui fait et vend des harnais.
— HIST. xiii" S. Quioonques veut estre boureliers à Paris, c'est à savoir feseres de coliers de cheval, estre le puet franchement, de quelque terre et de quelque pals qu'il soit, Liv. des met. 220.
— ÉTYM. Ancien français bourrel, amas de bourre (voy. bourre).
BOURRELLE (bou-rè-l'), s. f. La femme du bourreau. Vieux.
— REM. L'Académie écrit le substantif bourreUe et le verbe il bourrelé ; c'est une anomalie.
— ÈTYM. Ancien franc, bourei (voy. bourreau). t BOURRE-NOIX (bou-re-noî) , s. m. Terme d'art
militaire. Poinçon qui fait partie d'une botte à tournevis, et qui sert à repousser le carré de la noii de la platine. || .lu plur. Des Ixiurre-noix.
BOURRER (bou-ré), v. a. || 1" Terme de chasse. Enlever du poil à un lièvre, se dit d'un chien qui, saisissant un lièvre, lui enlève du poil. || 2" Enfoncer la bourre d'une arme à feu. Son fusil partit au moment où il le bourrait. || 3° Frapper, maltraiter. Les soldats bourraient la foule à coups de crosse. On le bourra de coups de poing. || Hg. Je me mis à lui répondre avec assez d'assurance, et à le bourrer du mieux que je pus, j. J. rouss. Conf. u. || Absolument. Bourrer quelqu'un , lui faire une verte réprimande, le maltraiter en paroles. || 4° Par extension et familièrement, faire manger avec excès. Bourrer un enfant de pâtisserie. || rtg. Bourrer un enfant de grec et de latin, l'en surcharger, ne lui faire apprendre que du grec et du latin- Nous les bourrions de mathématiques. || B" Se bourrer, v. réft. Se gourmer réciproquement- Ils se bourraient vigoureusement. Il Manger de quelque chose avec excès. Il se bourre de gâteaux.
iilST. xvi" s. Si les relTormcz eussent bourré
[chargé] les premiers comme ils prenoient le large au sortir des chemins.... d'aub. Ilist. m, 6i.
— ÈTYM. Bourre.
tBOURRElTE (bou-rè-f), s. f. So.o (.rossière qui entoure le cocon.
— HIST. XVI' s. Les coucons seront enOIés, en iai-
iantpMser l'enguille parla première fi lozellc, »ppellée bourrellc, o. de srrbes, ««o. Des filozeles, la bourrete est la plu» grossière, comme estant l'escume de la soie, id. 884.
— Rtym. Diminutif de bourre.
BOURRICIIB (bou-ri-ch'), f. ^. || f Panier de forme oblongue dont on se sert pour envoyer du gibier, du poisson. Dourriclie de volaille, de gibier. llourriche de poisson. Gr9ce à votre bourriche pleine De gibier dignu d'un glouton, bérahg. Chaste. || Les bourriches d'huîtres, dites aussi cloyères, contiennent chacune 2B douzaines d'huîtres. Dans le langage ordinaire, quand on parle de bourriche, c'est i 2 douzaines. || Par plaisanterie. J'envoie une bourriche de «.liants [rubans) que je vous supplie de faire mettre entre les mains de sa confid(Mite, voit. /,c((r.f08. ||2''Panieren fornin d'œuf.dans lequel les oiseleurs portent en vie les oiseaux de marécage.
— ÉTYM. Ce mot paraît, suivant l'observation de Ménage, venir de bourre, à cause de la bourre, foin ou paille dont on garnit les bonrrichei.
t BOURRIER (bou-rié), s. m. || 1» Petite paille, fétu, ordure. Dessus moi.... Qui ne suis qu'un bourrier qui vole, bêonier, Stances relig. Vieux. Il 2° Mélange de paille et de blé battu. || S» Terme de métier. Écharnures de cuirs.
— lllST. XVI* s. Que la marchandise n'estoit pas trop loyale, ou que pour le moins il y avoit quelques bourriers, carloix, i, 37. Que s'il n'y avoit aultres bourriers en leurs fleustes que l'évasion de la Trousse, ils seroient en espérance de quelque remission, ID. VI, 4 9. Ceux qui se sentoient les moindres bourriers en leurs âmes changèrent incontinent de climat, ID. x, 8,
— f.TYM. Bourre. Bourrier a eu un sens figuré qu'il n'a plus.
BOURUIQUE (bou-ri-k'), t. f. || 1° Ânesse. || Âne ou ânesse, quand, ne tenant pas compte du sexe, on parle d'un Ane chétif. Hé quoi 1 charger ainsi cette pauvre bourrique, la FONT.faM. m, t.\\ Fig. et populairement, une personne stupide. Il ne comprend rien, c'est une vraie bourrique. || 2° Toute sorte de mauvais petits chevaux. Ce sens est tombé en désuétude.
— ÊTYM. Provenç. burquier, écurie à ânes;espag. et napolit. borrico; portug. burrico; lombard, borich; ital. bricco; du latin buricus ou burricus, nom qui se donnait à un petit clieval. Burricus est le grec tcO^fij^o;, rougefttre, nom spécial, étendu, dans la latinité', à tous les petits chevaux, quelle que fût leur couleur, et finalement aux ânes (voyez bure). Burricus ayant l'j bref et l'accent sur la première syllabe, il faut supposer que les langues romanes ont allongé l't et mis l'accent sur cet t, buricus, d'où bouriqve, bourrique, et l'italien bricco.
BOURRIQUET (bou-ri-kè; le t ne se lie pas dans le parier ordinaire; au pluriel l'sse lie : les bou-rikÈ-z et les finesses), s. m. \\ i° Petit ânon, âne de petite taille. || 2° Terme de métier. Civière qui sert à monter du mortier ou des pierres au moyen d'une grue. Il Tourniquet qui sert à monter les fardeaux du fond d'une mine. || Banc qui soutient les branches des cisailles du ferblantier. || Chevalet sur lequel le couvreur met l'ardoise, pour l'avoir à sa portée.
— f.TVM. Diminutif de bourrique.
fBOURRIQUIER (bou-ri-kié), s. m. Celui qui
conduit des ânes. La canne à sucre croît vigoureusement en Syrie; les bourriquiers et les muletiers la transportent à Damas de Saïdah et de Tripoli, qui en produisent abondamment, Joum. des Débats, 7 août (860.
— ÉTYM. Bourrique.
t BOCRRIR (bou-rir) , v. n. Terme de chasse. Se dit du bruit que les perdrix font de leurs ailes en prenant leur vol. On les entend bourrir.
— ÊTYM. BumVe, crier en parlant d'une béte, mot bas-latin qui se trouve dans des textes du XII* siècle.
tBOCRROICnE(bou-roi-ch'), ». f. Instrument en ■'orme do panier pour pêcher.
1 BOURROIR (bou-roir), ». m. Pilon pour bourrer.
— ÉTYM. Bourrer.
t BOURRON (bou-ron) , ». m. Terme de métier. Laine en bourre ou en paquets,
— ÉTYM. Bourre.
BOURRO, UE(bou-ru, rue), ad'/. i|l* Qui n'est P" dégrossi, qui est comme plein de bourre. 11 le Usait lui-même neuf ou dix fois, et y faisait des marquesavec un crayon; puis, en ayant tiré des m.i 1?. 2?* ^^'""ues, il les dictait à Audebert V^m . .tJ""'"*" '""' '•"• Franeion, liv. ii, p. 468. nZ^«?A«..""'-'l?'°'"« ^"■•™. fentôme; revenant ,ui «tklt rm ob,.t d« superstition. Ce fantôme
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était ainsi dénemmé, parce qu'on se le représentait vêtu de bourre ou bure. Moine bourru dont on se moque, A Paris l'efîroi des enfants, Ksprits bourbeux, je vous invoque, le CMnet satyrique, (833, p. 488. Je le vois, il me voit, et demande étonné Si le moine bourru m'avait point promené, RÉGNIER, Sat. VII. Heureux temps, heureuse saison. Où n'était porte ni cloison, Moine bourru ni loup garou, d'assoucy, Ovide travesti, 4088, in-4a, p. 44. Il Fig. Un moine bourru, un homme brusque. || Terme de graveur. Hachure bourrue, hachure boueuse. Il Vin bourru, vin blanc nouveau qui se conserve doux dans le tonneau pendant quelque temps. || 2"Qui est d'une humeur brusque et chagrine. Dieu m'a créé bourru , bourru je dois vivre et mourir, p. l. conit. Let. Il, 94 . Il Substantivement. Un bourru, un homme d'un caractère bourru. Un bourru bienfaisant, homme qui, avec des manières rudes, ne laisse pas d'avoir un cœur bienveillant. || 3° S. m. Terme de maçonnerie. Moellon ou pierre dont on s'est contenté d'enlever le bousin.
— HIST. XVI* s. Je demeurai à la boutique pour leur servir de truchement, parce qu'il venoit bourru de Gascogne [neuf, comme les jeunes animaux encore couverts de bourre, de duvet], d'aub. Fort. IV, 7.
— ÉTYM. Bourre; bourguig. borru.
t BOURSAL (bour-sal) , ». m. Terme de pêche. Filet conique fait en forme de bourse. || Au plur. Des boursaux.
— ÉTYM. Bourse.
t BOURSAUT (bour-s6), s. m. Sorte de saule.
— ÉTYM. Sansdoute debourpour houîe ou hourse, et saut pour saule , comme dans marsauU' saule en boule ou en bourse.
BOURSE (bour s'), s. f. \\ i° Petit sac dans lequel on met son argent de poche. Une bourse pleine d'or. On lui a volé sa bourse. || Sa bourse est bien plate, il n'a guère d'argent. || Demander la bourse ou la vie, se dit d'un voleur qui menace de tuer si on ne lui livre pas la bourse. || Fig. Se laisser couper la bourse, donner son argent trop facilement. Il Coupeur de bourse, voleur, ainsi dit, parce qu'autrefois les bourses étaient attachées avec des cordons que les voleurs coupaient. || 2° Toute espJce de petit sac comparé à une bourse. Bourse à jetons. Bourse de jetons. Bourse de quêteuse, petit sac dans lequel une dame qui quête reçoit l'argent qu'on lui donne. || Sac de cuir que l'on met de chaque côté de la selle. On dit aujourd'hui sacoche. || 3° Fig. Argent. Disposez de ma bourse. Il y pourvut de sa bourse. M. le Tellier a ouvert sa bourse à Bagnols, sÉv. 236. La bourse de César fit plus que sa harangue, CORN. Pompée, i, 4 . Les rois ne pouvant fouiller dans la bourse de leurs sujets mettaient à la torture les Juifs, MONTESQ. Esp. XXI, 20. || Toutes les bourses lui sont fermées, il n'a plus personne à qui recourir. Il Avoir la bourse, tenir la bourse, les cordons de la bourse, avoir le maniementde l'argent. || Familièrement. Faire une affaire sans bourse délier, sans rien dépenser. Le domaine, ayant fait mettre en prison les pères de famille, avait acheté leurs meilleures possessions sans bourse délier, volt. L'Hom. aux 40 écus , audience. ||Ne pas laisser voir le fond de sa bourse, ne pas montrer l'état de ses affaires. Il Familièrement. Faire bon marché de sa bourse, se vanter qu'on a payé une chose moins qu'elle n'a coûté réellement. || Donner la bourse à garder au larron , remettre une chose à celui qui méritait le moins la confiance. Dans le même sens : au plus larron la bourse. || Loger le diable dans sa bourse, n'avoir point d'argent. Un homme n'ayant plus ni crédit ni ressource Et logeant le diable en sa bourse. C'est-à-dire n'y logeant rien, lafont. Fabl. ix, I6. Il 4° Masse de deniers que les membres d'un même corps mettent en commun, pour subvenir auxcharges de la société. || Faire bourse commune, n'avoir ou ne faire qu'une bourse, faire toutes les dépenses en commun. Les disciples de Pythagore ne faisaient qu'une même bourse, fén. Pythag. || Société, entre plusieurs personnes de même profession , pour partager également les profits et les pertes. || Masse de deniers formée par ceux qui tiraient à la milice, pour fournir un remplaçant à celui que le sort désignait. Il 6* Pension içratuile accordée à un élève. Une bourse entière, remise de la totalité des frais de la pension ; une demi-bourse, remise de la moitié; un quart de bourse, remise du quart; trois quarts de bourse, remise des trois quarts. Des places gratuites qu'on appelle en France des bourses, j. j. rooss. Pol. iv. Il 6* Sommeévaluée dans le levant à 500 piastres, ou 4 78 4 fr. 28 c. de notre monnaie. Ce cinquième sera pris dans les bourses que Mustapha sera obligé de vous
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payer, volt. Lett. à Cather. 4 44. || 7* Dans les villes de commerce, bourse de commerce ou, simplement, bourse, lieu où s'assemblent les personnes qui se livrent au commerce ; lieu de réunion pour les négociants, agents de change, courtiers; et le temps que dure cette réunion; marché public où se négocient les effets publics, lettres de change, actions. Aller \ la bourse. Affaires, bruits débourse. Arrêt du Conseil portant établissement d'une bourse dans la ville de Paris, pour les négociations des lettres de change, billets au porteur et à ordre, et autres papiers commerçables, Arrêt du 24 sept. 4724. D'un côté [à Alexandrie] la bourse et l'allée du change, de l'autre la société royale et le muséum, volt. Phil. v, 354. Il Le cours de la bourse, le cours des effets publics. Qu'a fait la bourse ? la bourse a monté, a baissé. Il Les spéculateurs. Il a pris l'esprit de la bourse. I Bourse des marchandsou bourse commune, bourse et convention des marchands, juridiction qui connaissait des affaires entre commerçants pour fait de commerce. || 8° Petit sac de taffetas noir où les hommes renfermaient autrefois leurs cheveux rassemblés en forme de queue. || 9* Petit sac où l'on met une montre. Un chaudron ébréché, la bourse d'une montre, Régnier, Sot. xi. || 10° Terme d'église. Double carton dans lequel on met les corporaux qui servent à la messe. || 11 " Terme de chasse. Poche placée à l'entrée d'un terrier pour prendre des lapins qu'on chasse au furet. || 12' Terme de jardinage. Point de la lambourde où sont attachés les fleurs et les fruits du poirier et du pommier; petit corps charnu, tendre, tronqué, ayant plusieurs yeux à sa circonférence. Il 13' Terme de botanique. Membrane qui enveloppe les champignons. || Bourse, bourse-à-pasteur, noms vulgaires de la capselle bourse de pasteur (capsella bursa pastoris, L.), appelée aussi bourse de berger et tabouret. || 14° Terme d'anatomie. Bourses muqueuses, petits sacs membraneux qui sont de la nature des membranes séreuses ou des synoviales, et qui servent à faciliter les mouvements de certaines parties. || Bourses synoviales, petites ampoules contenant de la synovie, placées sur le trajet de certains tendons pour en faciliter les mouvements. Il S. f. plur. Les bourses, la peau qui enveloppe les testicules. || 15" Terme de fauconnerie. La gorge de l'oiseau.
— HIST. XII* s. [Je] Copoie borses et gueilles bien fermées, li Charois de Nxjmes,^222. Maiz quant chascun meigne [moine] fet borse , Li comuns bien tant en reborse, Roman de Bou, 4 0G7». || xiii* s. Avarice en sa main tenoit Une borse qu'el reponnoit. Et la nooit si durement. Que demorast moult longuement Ainçois qu'el en peûst riens traire, la Rose, 227. Et porce que li héritages li descendi du lignage, il le requeroit à avoir par le [la] borse, comme plus prochains, beaum. xliv, 2. Se exeouiteres vendoit héritage par le [la] vertu du testament, li parent du mort le poent rescorre par le [la] bourse, comme se cil l'eust vendu qui fist le testament, id.xii, 38. ||xiv*s. Une bourse à pelles [perles] broudée, laborde. Émaux, p. 474. || Pour une bourse de cerf à mectre les clefs de l'ostel de Neelle , ID. ib. Pour broder, faire et estoffer la bourse au sceldu secret du roy, id. ib. Et oc voit qu'uns larrons qui se met à l'emliler, Iln'aconte noient [ne se fait pas scrupule] d'une bourse à couper, Baud. de Seb. VI, 263. Il XV* s. Ils estoient si bien d'accord, que tous metoient la main à la bourse, quand il besognoit, froiss. ii, ii, 4 2 i . Priez, galans joyeulx en compaignie. Qui despendre desirez à largesse; Guerre vous tient la bourse dégarnie, ch. d'orl. Bail. 4 17. Le dict de Pavilly, qui tendoit fort au profict de sa bourse, juv. des ursins , Charles VI, (44 3. 11 xvi* s. La bourse des gen i toi res [le scrotum], MONT. I, 44 4. Une bourse d'escus, lo. i, 41 s. Ilsluy offrirent de souldoyer, chascun sur sa bourse, un homme d'armes, id. m, 476. Venir entre la bourse et les deniers [entre l'achat etle versement du prix], loysel, 434. En une hostie [victime] qui fut immolée, il se trouva deux bourses du fiel enveloppées d'une seule taye, amtot, Arat. 63. C'est un but où tirent les couppebourses, les larrons domestiques, et les calumniateurs, id. Comment nourrir les enfants, 4 3. Amy, je n'ai point d'argent en ma bourse, iv.De la mauv. honte, 4 3. La bource des testicules, paré, XX bis, 24. Bource-à-pasteur est herbe peu délicate, car sans nul soin elle s'engeance partout, jusques sur les murailles, 0. deserres, 64 (. Rets, panneaux, toiles, bources, cordages, espieux, ID. 993. Ouvre ta bourse, j'ouvrirai ma bouche, génin. Recréât, t. ii, p. 248. Trop tost d'édifier se haste qui faict palais à bourse plate, id. ib. p. 264. X bourse de joueurs, de plaideurs et de gourmands, ils nt
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faut point de ferrements, le roux de linct, t. n, p. 120. Assez trouverez amis de bouche, mais bien peu sont amis de bource, id. 16. p. 242. Petit gain emplit la bourse.— Qui n'aargent en bourse ait du moins du miel en bouciie. — Selon ta bourse gouverne ta bouche, cotghave. La principale cause de quoi provient de ce qu'il n'y a pas de lieu qu'on appelle change, estrade ou bourse, où les marchands, facteurs ou trafiqueurs puissent convenir, pour respondre et rendre raison les uns aux autres de leurs trafics et faire leurs entreprises.... Édit de juillet
— ËTYM. Bourguig. et Berry, borse; provenç. borsa; espagn. boisa; ital. borsa; du latin byrsa, du grec pOosa, bourse.
tBOCRSEAU (bours-s6), s. m. || 1° Moulure ronde, au sommetdes toits d'ardoise. || 2''Instrument de plombier pour arrondir les tables de plomb.
t BOCRSER (bour-sé), v. a. Voy. dourcer.
t BOURSET (bour-sè) , s. m. Terme de pêche. Corps flottant qui sert à tirer un des bouts du filet.
tBOURSETTE (bour-s6-t'), s. /•. || 1° Partie du sommier de l'orgue, qui laisse passer un fil de for sans laisser passer le vent. || 2° Terme de botanique. Un des noms de la bourse-à-pasteur.
— HIST. XV' s. Quand ce vint sur le point que l'enfes dut partir, le roi le trait à part en sa chambre secrètement, et lui donna une moult belle boursette pleine de poudre, fboiss. ii, m, <3. || xvr s. Puis y soit adjousté autant d'eau contenue dedans les boursettes de l'orme, paré, xxv, 44. Tu t'en iras, Jamin, d'une autre part. Chercher songneux la boursette toffue, bons. 9ôi.
— ÉTYM. Diminutif de bourse.
BOlTRSICAnT(bour-si-ko),s.m. || 1» Petite bourse.
Il 2° Petites économies; petites sommes mises en réserve.
— HIST. XV" s. [Un florin] Que je trouvai en un anglet D'un bourselot.... froiss. Le dit dou florin. Il xvi' s. Mais, nonobstant son riche habillement. Pas ne sembloit avoir au cueur grant joye ; Et croy pour vray qu'il avoit de monnoye Plus que d'escuz dedans son boursicault, Chasse d'amours, ]). 33, col. 2, dans lacurne ste-palaye.
— ÉTYM. Diminutif de bourse.
+ BOURSICOTER (bour-si-ko-té), v. n. Faire un boursicaut, mettre un peu d'argent en réserve. Il Faire un tas de petites opérations de bourse. J'ai des capitaux considérables, engagés à la bourse; je boursicote, je coulisse, je reporte, cogniard frères et BOURDOis, le Monde camelote, l, 5.
— REM. L'Académie écrivant boursicaut, on devrait écrire boursicanter et boursicaulier , mots qu'elle n'a pas; mais l'usage les écrit par 0, et la prononciation est conforme à cet usage.
— HIST. XII' s. Qui avoient par ensemble boursicoté jusques à six ou sept vingts escus, Contes d'Eutrapel, dans le Dict. de doche».
— ÉTYM. Boursicaut.
t BOURSICOTIER (bour-si-ko-tié), s. m. Celui qui fait de petites affaires à la bourse. Mot toujours pris en mauvaise part.
— ÉTYM. Boursicoter.
*. BOURSIER (bour-sié; IV ne se lie jamais; au plur.l'i se lie : les bour-sié-z au collège), s. m. Celui qui jouit d'une bourse dans une école publique. || Adjectivement. Les élèves boursiers. || Au fém. Je ne crois pas être en droit de nommer une boursière, Boss. ie«. Abb. 33.
— HIST. XVI" s. Boursiers furent en la ville de Tholose appelez collégiaux, comme enfans des collèges, et en l'université de Paris boursiers, comme estant nourris et alimentez de la bourse commune de leurs fondateurs, pasquier. Recherches, liv. ix, p 791 , dans LACURNE ste-palaye.
— ÉTYM. Bourse.
2. BOURSIER, 1ÈRE, s. m. et f. Ouvrier, ouvrière qui fait et qui vend des bourses. Peu usité maintenant.
— HIST. xui" s. De rechief veulent li commun des boursiers de Paris que nus ne puisse conporter par la ville de Paris, se n'est lui ou sa famé, Liv. des métiers, 20B.
— ÉTYM. Bourse.
BOURSILLER (bour-si-Ué, Il mouillées, et non bour-si-yé), ti. n. || 1° Contribuer chacun d'une petite somme pour quelque dépense commune. On les fit tous boursiller. |j 2° Vider sa bourse. Il faut soutenir [au parlement] son droit par beaucoup d'argent; je m'en souviens et j'ai boursillô moimême, VOLT. Mœurs, i'i, || Il est famiUer, et se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. XVI" s. Les reitres se sont deux fois mu-
tinés et nous ont contraints de boursiller partout pour leur fournir argent, henriiv, dans le Dict.
de DOCHEZ.
— ÉTYM. Bourse.
t BOURSILLON (bour-si-llon , Il mouillées), s. m. Petite bourse. Popiilaire. '
— ÉTY»l. Bourse.
BOURSON (bour-son), s. m. Petite poche au dedans de la ceinture d'une culotte. Vieux; on dit aujourd'hui gousset. Enfin, rageant tout vif, il fit la somme en toutes sortes d'espèces, qu'il tira de différents boursons, scarr. liom. Corn. 2" part. ch. <7.
— ÉTYM. Bourse.
BOURSOUFLAGE (bour-sou-fla-j'), t. m. Enflure, en parlant du style. Discours plein de boursouflage.
— ÉTYM. Boursoufler.
BOURSOUFLÉ, ÉE (bour-sou-flé, flée), part, passé. ||1° Enflé. Visage boursouflé. || 2° Kig. Style boursouflé, style où domine une emphase vide. Quels seront les heureux poètes. Les chantres boursouflés des rois? volt. Ép. 56. Un mélange du style poétique et boursouflé avec le langage de la philosophie, volt. Lett. Thieriot, 7 février <7B9. || Substantivement. Je ne peux plus souffrir le boursouflé et une grandeur hors de nature, volt. Lett. Voisenon, 23 févr. 1763.
t BOURSOUFLEMENT (bour-sou-fle-man) , s. m. Il 1° État de ce qui est boursouflé. (| 2° Terme de chimie. Augmentation de volume d'une substance par quelque action chimique.
— HIST. XVI" s. Qui est une tumeur et comme inflation et boursouflement de toutes les membranes qui sont à l'œil, paré, xv, 5.
— ÉTYM. Boursoufler.
BOUR.SOUFLER (bour-sou-flé). t'. a. i| 1° Rendre enflé. Cette maladie lui a boursouflé les yeux. || 2° Se boursoufler, e. réfl. Augmenter de volume par quelque action mécanique ou chimique. Le sulfate de soude se boursoufle par la chaleur.
— REM. L'Académie écrit boursoufler avec une seule f, tandis qu'elle écrit souffler avec deux ff.
— HIST. xii" s. Viens et ords et borsoflés. Toutes ces taches [vous] avez, hues de la feuté, Romancero, p. <88. J'oi [j'eus] parmi le cors mainte plaie Por les espines de la haie ; Quant ma robe fu descirée, J'oi la char toute boussouflée, Hist. littéraire, t. xxiii, p. 730. Il XV" s. Mais je dis le droit ancien Sur ces perruques boursouflées, Legiores, qui par bon moyen. Deviennent grosses et enflées, coQtnL- LART, Les droits nouv. || xvi" s. 0 belle matierequidevoitboursoufler, RAB. Carff. 1,4. Quelquesfois par une grande contusion la chair oontuse devient mucqueuse et boursouflée, comme si on l'avoit enflée de vent, PAUÉ, X, 6. Naseaux ouverts, souflant et boursouflant, MERLIN COCAIE, t. I, p. 9, dans LACITRNE.
— ÉTYM. Grandgagnage le tire de boule-souffler , souffler en boule, s'appuyant sur le wallon bourlote, petite boule. Mais il est probable que la première partie du mot est l'équivalent, non de boule, mais do bourse: souffler en bourse, gonfler; comme dans cette phrase : Le ventre lui commença à bourser [enfler], LOUis xi, Nouv. xiv. Diez explique autrement cette première partie du mot : il y voit l'équivalent du provençal moderne boud-enfïa, boursoufler étant pour boud-soufler , et boud étant le radical bod ou boudqm se trouve dans plusieurs mots et signifie quelque chose de gonflé.
BOURSOUFLURE (bour-sou-flu-r'), i. f. || 1» Gonflement, soulèvement. Les boursouflures que produisit dans le terrain l'éruption du volcan. || 2° Terme de médecine. Engorgement formé par la présence de l'air ou de la sérosité dans le tissu cellulaire. Il 3° Fig. La boursouflur^du style.
— HIST. XVI" s. Faut promptement faire la réduction, puis on remédierai ceste boursoufleure, paré, XIV, 20. Boursouffleure est ce que les Grecs appellent cachexie, ID. xvni, 73.
— ÉTYM. Boursoufler.
t BOUS AGE (bou-za-j'), s. m. Opération par laquelle le teinturier dégorge une étoffe, avant d'y appliquer le mordant.
— ÉTYM. Bouse.
t BOUSARD (bou-zar), s. m. Terme de vénerie. Fiente du cerf, en certains mois, quand elle a peu de consistance, comme la bouse de vache.
— ÉTYM. Bouse.
BOUSCULÉ, ÊE (bou-sku-lé, lée), port, passé. Horriblement bousculés par la foule.
BOUSCULER (bou-sku-lé), v. a. || 1» Mettre en désordre, renverser. Quand il entre dans cette chambre, il bouscule tout. || Fig. J'ai gagné la mienne [ma croix] à ces guerres Où nous bousculions tous les rois, bérang. Vieux cap. \\ 2" Pousser en tous sens. La fotile nous bouscula horriblement. || S° Se
bousculer, ». riifl. Ils se pressent, ils se l>ouscu< lent, mais ils n'en avancent pas davantage.
— ÉTYM. Génev. basculer, busculer. On trouve dans l'ancien français bouteculer : [le paysan] au feu bouteculant, Ben. 4517. San? doute bousculer est une altération de bouteculer, qui vient de bouter et cul, étymologie confirmée par la forme bousser, au lieu de bouter, laquelle a été usitée dans le XV" siècle (voy. du cange, boutare).
BOUSE (bou-2'), s. f. Fiente de bœuf ou de vache.
— HIST. xiii" s. Mais nequedent dirai je bouse De ces eskevins trestous douze. Poésies fr. ms. t. iv, p. I37B, dans lacurne. Bouse vous di, bran de vous, Roman d'Audigier, ms. de St-Germain, dans LACUHWE. Il xiv" s. Ouafre hommes qui furent chascun huit jours à faire une fonce pour meytre le bousoM dudit Coullart, du cange, basa. Se la beste est férue [d'une flèche] en la bouze, c'est en la pance, Modus, f" LV. Il xvi" s. La bouse de bœuf chaudement appliquée. Paré, xviii, 88. Prenez de la boue de vache, lie de vin.... id. Mumie, 9. Une bouze de vache, palissy, I65.
— ETY.M. Provenç. boxa, buxa; bas-lat. basa dans un texte italien, et busa, peau de bœuf. Bien qu'il y aitdans le pays de Coire boratscha, de Come, boascia, de Parme, bouzia, on ne peut y rattacher bouse; car une formation pareille aurait donné au français bouasse. Diez indique l'allemand Butse, monceau. D'autres en rapprochent le las-breton beûiel, bouzel, bouzil; mais le bas-breton n'est-il pas emprunté du français? Paré, disant boue au lieu de bouse, suggère une autre opinion, c'est que bouse pourrait être le même que boue. Cependant on est toujours tenté de rattacher bouse k bœuf, bien qu'on ne puisse le faire qu'en supposant une formation très-irrégulière, de bov ou bou.
t BOUSER (bou-zê), v. a. Terme technique. Former l'aire d'une grange avec un mélange de terre et de bouse de vache.
— ÉTYM. Bouse.
f BOUSIER (bou-zié), s. m. Terme de zoologie. Genre de coléoptères qui vivent dans les excréments des mammifères.
— ÉTYM. Bouse.
BOUSILLAGE(bou-zi-lla-j', Il mouillées, et non
bou-zi-ya-j'), s. m. || 1" Mélange de chaume et de terre détrempée avec laquelle on fait des murs de clôture. Il 2° Fig. Tout ouvrage mal fait, peu solide. Il Ouvrage fait précipitamment avec un burin.
— HIST. XVI" Ma maison n'est point faite de bousillage, ny couverte dt roseaux, mehlin cocaIe,
t. I, dans LACURNE ST-PALATE.
— ÉTYM. Bousiller.
BOUSILLÉ, ÊE (bou-zi-llé, liée. Il mouillées), part, passé. Ouvrage bousillé.
BOUSILLER (bou-zi-llé. Il mouillées, et non Itouzi-yé). Il 1° V. n. Maçonner en bousillage. || 2° V. a fig. Faire un travail sans soin.
— ÉTYM. Ce mot paraît venir de bouse ; provenç. hoxinar.
BOUSILLEUR, EUSE (bou-zi-lleur, Ueû-z", Il mouillées, et non bou-zi-yeur), î. »n. etf || 1° Celui, celle qui travaille en bousillage. || 2° Fig. et familièrement, celui, celle qui travaille mab
— ÉTYM. Bousiller.
i. BOUSIN (bou-zin), s. m. || 1" Surface tendre des pierres de taille. || i' Tourbe de mauvaise qualité.
— ÉTYM. Bouse.
t 2. BOUSIN (bou-zin), s. m. || 1" Tapage. || 2" Mauvais lieu. Terme grossier et du plus bas langage.
— ÉTYM. Angl. botosing, cabaret, mauvais lieu, dans l'argot des marins, d'après Ch. Nisard.
t BOUSINGOT (bou-zin-go) , s. m. Chapeau de marin. Il Fig. Nom donné, après la révolution de Juillet, à des jeunes gens qui affectaient un costume négligé et qui manifestaient des opinions démocratiques.
— ÉTYM. Angl. bowsing, cabaret fréqiienfé parles matelots (voy. bousin 2), d'après Ch. Nisard.
t BOUSQUER (bou-ské), v. a. Terme de marine. Faire travailler malgré lui un matelot paresseux.
— ÉTYM. Sans doute pour bout]uer.
t BOUSSARB (bou-sar), s. m. Terme de p6che. Hareng qui vient de frayer.
t BOUSSERADE (bou-se-ra-d') ou BOUSSEROLB (bou-se-ro-l') , s. f. Un des noms vulgaires du raisin d'ours ou busserole {arbutus ut-a ursi, L.).
BOUSSOLE (bou-so-l') , s. ^ || 1" Cadran au centre duquel est fixée une aiguille aimantée et mobile, dont la pointe se dirige vers le nord. || 2° Par extension, ce qui dirige. 11 fallait une boussole [aux pas-
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leurs obaldéen»] pour se conduire dans ces forêts sans chemins, ciiatbaub. Génie, i, iv, s. || Terme de jardinage. Planter à la boussole, donner & l'arbre qu'on plante la même orientation qu'il avait dans la pépiniftre. || 8°Fig. Dans ces ténèbres, monsieur le cardinal a-t-il vu moins clair? a-t-il perdu la tramontane î durant cette tempête, n'a-t-il pas toujours tenu le gouvernail d'une main et la boussole do l'autre? voit. LeU. 74. Mme de Lavardin et M. d'Arrouy sont mes boussoles, sév. 20^ . Ce qui se passerait avec le roi et Mme de Maintenon devait être la boussole de sa conduite [à Mme des Ursins], stsiM. <44, 103. C'est laconfcssiond'Augsbourg qui devint la boussole des lutliériens, voltaihe, llœurs, 132. Ayant dans votre esquif, qui des nôtres s'isole, Deux choses seulement, la voile et la boussole. Votre âme et votre Dieu, v. hdgo, F. cCautomiie, 33. 114° Terme d'astronomie. Nom donné à une constellation de l'hémisphtre austral.
— lllST. xvi* s. Levant le grand artemon, et à droicte calamité du boussole dressant le gouvernail, rumpit le tourbillon susdict, hab. PaïU. v, 17. Il faut un bon timon poursesçavoir guider, Bien calfeutrer sa nef, sa voile bien guinder : La certaine boursolle est d'adoucir les tailles, Estre amateur de paix et non pas de batailles, bons. og7.
— ÉTYM. Espagn. bràxula (avec l'intercalation d'une r); de l'italien bôssolo, petite boite, diminutif do bosso, buis (voy. buis). Le molboussole a été pris des Italiens assez tard; auparavant la boussole se nommait marinete.
BOUSTROPUÉDON (bou-stro-fé-don), s. m. Antique écriture grecque dans laquelle, après avoir écrit une ligne de gauche à droite, on continuait en écrivant de droite à gauche.
— ÉTYM. Bou(TTpoçri3iv , de poûç, bœuf (voy. dceuf), et CTTpÉspeiv, tourner (voy. strophe) : à cause que cette écriture ressemblait aux sillons dont l'un recommence où l'autre finit.
t BOUSDRE (bou-zu-r'), s. f. Terme d'art. Composition pour blanchir la monnaie.
— ÊTYM. Bouse, dans le sens de délayage.
t . BOUT (bou ; le t se lie : de bout en bout , dites : de liou-t en bout), s. m. \\ l" La portion qui termine un corps, un espace. Le bout des rames. Le bout de la queue. Les deux bouts d'une corde. Le bout du champ. Bâton à deux bouts, sorte de bftton avec lequel on peut frapper aussi bien par un bout que par l'autre. Je l'ai trouvé, seigneur, au bout de cette allée. Où la clarté du ciel semble toujours voQéo, coiiN. flodog. V, 4. Un architecte avait bâti une maison dans un bout de la ville de Paris, fén. m, 1C7. Qui n'a pas besoin de mettre les bras d'un autre au bout des siens, j. i. rouss. Ém. ii. Notre principal avantage est au bout de nos doigts : nos paysans ont eu l'industrie de travailler en horlogerie pour les Genevois, volt. Lett. Fargès, 25 février 1776. [Le nain) Sur un pied danse Au bout d'un flot, v. HUGO, Orient. 28. Que les Romains, pressés de l'un à l'autre bout, Doutent où vous serez, et vous trouvent partout, rac. Mithr. m, l. || Fig. L'aridité des calculs est presque toujours l'ennemie mortelle de la littérature; heureux les esprits bien faits qui touchent à la fois à ces deux bouts! volt. Lettr. de Vaines, m mars 1771. Mon Dieul nous savons tout. — Quoi 1 — Votre procédé de l'un à l'autre bout, MOL. l'Étour. m, 3. || Aux deux bouts de la terre, par toute la terre. Aux deux bouts de la terre étendre mes travaux, corn. Cid, v, 8. Que cent peuples unis des bouts de l'univers, lu. Uor. IV, 5. La guerre Que sa fureur Tde Rome] envoie aux deux bouts de k terre, rac. ilitlir. m, i. Rmssemblez-vous des bouts de l'univers, ID. JCslh. m, 9. Faites, déesse, que ma lyre.... Aux deux bouts du monde aille dire Des chansons dignes de mon roi, EACAN, Ode au roi. Mais qu'est-il ce renom? c'est le bruit du tonnerre Qui, volant tout à coup aux deux bouts do la terre. Dure à peine quelques instants.... oilb. Le prince de Salm. D'un bout du monde à l'autre bout L'habit fait tout, BÉRANG.Fj'eux haiits. Il Au bout de l'univers, dans des contrées trèséloignées. Au bout de l'univers, va, cours te confiner, KAC.BA'rfn.iv, 4. S'il y eût eu un homme comme TOUS, j'eusse été le chercher au bout du monde, roKiEH.Apieius, Galilée. || Par exagération. Être logé au bout du monde, dans un quartier fort éloigné. Dans le temps que nous sommes aux deux bouts de la terre, sév. 227. || Fig. et familièrement. C'est tout le bout du monde, c'est tout ce que la chose vaut, tout ce qui est possible. Je pars, et si je vous écris encore lundi, c'est tout le bout du monde, SÊV. i b3. Il 'Terme de manège. Uettro las deux bouts en dedans , faire travailler un cheval, de manière que la tête se
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rapproche de la croupe. || Bout à bout, loc. adv. X bouts se touchant. Tuyaux assemblés bout à bout. Il Fig. Les nombre» sont bout à bout à la suite l'un de l'autre, pasc. l'ens. div. «9. Quatre Mathusalem bout à bout ne pourraient Mettre à fin ce qu'un seul désire, la font, l'abl. vni,25. || Mettre bout à bout, au propre et au figuré, rapprocher et réunir de petites portions d'une chose. Mettez bout à bout ces morceaux de ruban. Si l'on mettait bout à bout toutes les heures que l'on perd, on ferait un long espace de temps. || D'un bout à l'autre, loc. adv. Du commencement à la fin, entièrement. J'ai visité le parc d'un bout à l'autre. J'ai entendu sou discotirs d'un bout à l'autre. Il a pu vous dire ma maladie d'un bout à l'autre, sÊv. 292. || De bout en bout, loc. adv. Même sens. Le ciel est noir de bout en bout, st- AMAND, Œuvres, 78. Les cris.... qui.... Firent de bout en bout retentir les déserts, lafont. Psyché, I, p. 34. Lisedebouten bout lui conte le mystère, ID. Comment l'esprit, etc. Lui dit de boutenbout toute la vérité, ID. Ch. imp. Contez-lui votre cas De bout en bout, ID. Fais. Momus, alors présent, reprit de bout en bout De nos deux envoyés les harangues frivoles, ID. Quinquina, ii. Vous saurez tout cela tantôt de bout en bout, mol. Uélic. ii, 7. || Bout-ci, bout-là, par-ci, par-là. || Terme de jeu de domino. Le bout ouvert, le bout de la rangée de dominos auquel on peut encore poser des dés. || X bout portant, loc. adv. C'est-à-dire le bout de l'arme étant mis près de l'objet qu'on vise. || Fig. On a vu le mot étrange, à bout portant , que Tonnerre , évêque comte de Noyon , lâcha au roiea plein petit couvert, st-sim. 413, 180. Il Au bout de la plume. Voy. Au bout de la langue. Il Ce mot est resté au bout de la plume, il a été oublié. Il 2° Extrémité des parties du corps. Le bout du pied. Le bout de la langue. Le bout de l'oreiUe. Il Au bout de la langue, au bout de la plume, en parlant de ce qui est dit, écrit avec facilité. Quand ils se trouvent au bout de ma plume, sév. 299. Dès qu'un mot se trouvait au bout de sa langue ou de sa plume , hamilt. Gramm. 10. || Avoir un mot sur le bout de la langue, chercher dans sa mémoire un mot qu'on croit tenir et qui ne vient pas. || Rire du bout des dents, rire sans en avoir envie. On dit aussi rire du bout des lèvres. || Dire quelque chose du bout des lèvres, le dire par condescendance et sans vouloir être pris au sérieux. Ce que vous m'accordâtes du bout des lèvres et que vous fîtes pour m'obliger, VOIT. /,e«r. 76. Il Montrer le bout de l'oreille, un bout d'oreille, laisserpénétrersa pensée, sesdesseins. || Savoir une chose sur le bout du doigt, la savoir parfaitement, de mémoire. || Toucher du bout du doigt, toucher légèrement, au propre et au figuré. || Toucher aune chose du bout du doigt, être près d'y arriver, de l'atteindre. On y touchait du bout du doigt, quand tout a manqué. || Le bout du sein, ou, simplement, le bout, le mamelon. L'enfant n'a pas encore pris le bout. Elle ne peut nourrir faute de bout. Il Bout de sein, instrument de caoutchoucou d'ivoire ramolli , destiné à former le bout du sein chez les nouvelles accouchées, ou à préserver le mamelon malade. || Des bouts d'ailes, les extrémités des ailes de certains oiseaux bons à manger. Une terrine de bouts d'ailes. || Des bouts d'ailes, des plumes du bout de l'aile des oies dont on se sert pour écrire. || 3° Le bon bout, le côté par où il convient de prendre une chose. Prendre une chose par le bon bout, la prendre comme il faut. X quiconque le sait prendre par le bon bout, MOL. l'Étour.iu, 2. Mais je les veux avoir par le bon bout, la font. Papef. || Par quelque bout que vous preniez cette afl'aire, de quelque façon que vous l'entrepreniez. Prendre quelqu'un par tous les bouts, faire auprès de lui toutes les tentatives imaginables pour le décider, le persuader, etc. Il On ne sait par quel bout le prendre, se dit de quelqu'un dont l'humeur est revêohe et difficile. Il Se mettre sur le bon bout, se mettre sur un bon pied, faire plus de dépenses. La cour ne se mit pas seule sur le bon bout; Et le luxe passa jusqu'à la bourgeoisie; Chacun fit de son mieux, ce n'était qu'or partout, la font. Lettr. i. |{ Terme de marine. Le bon bout, le bout du câble qui reste à bord. Il Fig. Et toujours retenez le bon bout à la main. De crainte que le temps ne détruise l'affaire, Régnier, Sat. xm. || 4° Le haut bout, la place la plus honorable. X table, au plus haut bout il veut qu'il soit assis, mol. Tart. i, 2. || Fig. Cela avec Escobar les met au haut bout, pasc. Prov. 9. Peu de gens en leur estime Lui refusent le haut bout , LA FONT. Fabl. viii , < 3. Les Dominicains en Espagne , comme partout ailleurs où elle [l'inquisition] est établie, tenaient le haut bout, st-sim. 90, luo. || Le bas bout, une das dernières places. Ils furent ad-
mis à sa table au bas bout, sans que le seigneui du château les honorAtdu regard, volt. Zadig, lo le me refuse d'être au bas bout, non parce qu'il est bout.... PASC. Grand. 21. || 6° Ce qui garnit l'extrémité de certaines choses. Un bâton qui a un bout de fer, c'est-à-dire qui est ferré par le bout. Des bouts de manche, petites manches qu'on met par-dessus les manches de son habit pour les préserver. Bouta de souliers, morceau de cuir qu'on met à la semelle quand elle est usée. Bout de fleuret, le bouton qui garnit la pointe du fleuret. {| 6° Petite partie, petit morceau. Un bout de lettre. Un bout de corde. Entendre un bout de messe, un bout de sermon. || Dans un autre sens, un bout de discours, un discours très-peu étendu. Il n'a fait qu'un bout de plaidoyer. Il n'avait dans cette pièce qu'un bout de rôle. || Un bout d'homme, un petit bout d'homme, un homme très-petit. || Des bouts de chandelle, ce qui reste d'une chandelle consumée en partie. || Familièrement. Une économie de bouts de cliandelle, une épargne mesquine et sans utilité. On dit que le contrôleur général a fait retrancher.... ces ménages de bouts de chandelle ne sont peut-être pas ce qui fait fleurir un État, volt. Lettr. Damilaville, 15 février no'i. Il Bout de boudin, voy. boudin. || 7° Terme, point où quelque chose cesse. Le bout de l'année. Au bout de huit jours. Le bout du chemin. Et comme au bout d'un an sa santé fut parfaite.... coRN.Po/y.i, 4. On en fait revivre un au bout de vingt années.... id. néracl. ï, 1 . Il tomba dans leurs fers au bout de sa poursuite, id. Uodog. 1,1. Savoir discerner.... d'un bien qui s'envole un qui n'a point de bout, malh.
I, 4. Je ne me suis connu qu'au bout de ma carrière, VOLT. Alx. v, 7. La moindre taupinée était mont à ses yeux; Au bout de quelques jours le voyageur arrive.... la font. Fabl. vin, 9. || Être au bout de sa carrière, toucher au terme de sa vie. 1| Fig. X tout bout de champ, à tout propos. || Bout de l'an, service funèbre qui se célèbre un an après le décès de quelqu'un. On fit à St-Denis le boutde l'an du Dauphin et de la Dauphine, st-sim. 340, 208. Je fais des bouts de l'an de tout, sév. iib. 1| Fig. Joindre les deux bouts, avoir tout juste de quoi subsister. Le maréchal de Choiseul savait trouver les deux bouts de l'année sans dettes, st-sim. 289, 195. La locution entière est : joindre les deux bouts de l'an, c'est-à-dire aller, sans dépasser son revenu, d'un bout de l'an à l'autre. || Fig. Être au bout de son rôle, de son rôlet, de son rouleau, ne savoir plus que dire, que faire. Ils voient à tous moments le bout de leur esprit, sév. 432. Il se voit tous les jours au bout de son fonds, boss. ii, Jos. 2. ||I1 est au bout de ses écus, il a épuisé ses ressources. || N'être pas au bout, avoir encore bien des choses pénibles à supporter. || Et haïe au bout, locution vieillie et hors d'usage, qui se disait pour signifier : et quelque chose de plus. Il a dix mille livres de rente, et haïe au bout. Haïe parait ici une simple exclamation pour désigner quelque chose vaguement, quelqu« chose qu'on ne peut ou ne veut désigner précisément. Il Jusqu'au bout, loc. adv. Jusqu'à la fin. Vous êtes généreux, soyez-le jusqu'au bout, corn. Poly. ly, 6. Sa vertu jusqu'au bout ne s'est pas démentie, m. Héracl. ni, 3. Voyons si ta constance ira jusques au bout, ID. Cinna, v, 1. Je veux voir jusqu'au bout quel sera votre cœur. Et si de me trahir U aura la noirceur, mol. ifis. iv, 3. Pousser l'examen jusqu'au bout, BOSS. Hist. 11, 13. Jusqu'au bout il a poussé l'outrage, rac. Andr. y, 2. Suivons jusques au bout ses ordres favorables, id. Brit. n, 8. || X bout, loc. adv. Être à bout, être épuisé. Mais je sens que bientôt ma douceur est à bout, rac. Alhal.
II, 5. Un reste de respect en pouvait être cause, Mais c'est trop me pousser, ce respect est à bout, MOL. le Di'p. V, 8. Je me trouve à bout do ma subtilité, ID. l'Étour. ui, 1. Sa patience et son espoir furent à bout, hamilt. Gramm. 8. Les valets enrageaient, l'époux était à bout, la font. Fabl. vn, 2. X bout sur un frère si extravagant [qued'Aubigné], Mme do Maintenon fit tant par St-Sulpice qu'on lui persuada de quitter ses débauches, st-sim. 6i , 100 Il Terme de manège. Être à bout, se dit d'un cheval outré de fatigue. || Terme de vénerie. Être à bout de voie, se dit d'un limier qui se perd; et fig. ne plus savoir que faire. || Mettre à bout, vaincre, réduire. Les Grecs.... Par mille assauts, par cent batailles. N'avaient pu mettre à bout cette fière cté, LA FONT. Fabl.n, 1. Nous mettrons autant de cœurs à bout Que nous voudrons en entreprendre, id. Joe. Pour mettre à bout les plus cruelles.... mol. Amph. Prologue. || Mettre à bout, irriter, fatiguer, impatienter. £t tu me mets à bout par ces contes frivole» MOL. l'Élour. I, 1. U met sa patience à bout, Bost
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Obi. t. n n'y a point de patience cpie vous ne mettiez à bout, PASC. Prov. )0. Sitôt qu'il aura mis ma patience à bout, corn. Agésil. Ii, 8. || Pousser à bout, irriter, et aussi réduire à ne pouvoir répondre, mettre à quia. Ils lui conseillent de ne le point pousser à bout, cohn. Ex. du Cid. La reine.... Sachant ce que je puis-, mo pousse trop à bout, m. Nicom. Il, 3. Faut-il pousser à Ijout une reine obstinée? iD. Sertor. iv, s. On pousse ma doiileur et mes soupçons à bout, mol. IHis. iv, 3. Voilà donc comme parle cet amant outré et poussé à bout, boss. Or. <0. Les esprits poussés à bout par tant d'injustices, ID. Hist. n, <2. C'est pousser l'amour à bout, que.... ID. Lett. Corn. 99. Ce raisonnement pousse à bout la subtilité de nos adversaires, ro. Déf. comm, Ondit,i ce propos, qu'un jour ce dieu bizarre, Voulant pousser à bout tous les rimeurs françois. Inventa du sonnet les rigoureuses lois, boil. Art p. u. Poussons à bout l'ingrat, hac. Baj. iv, 4. Il fallait poussera bout de tels imposteurs, pasc. Prov. 16. Il Pousser à bout, porter à l'extrémité, exagérer. Il pousse à bout toutes les décisions, Boss. Rem. Poussant à bout ses maximes, ID. Var. 2. Si l'on voulait pousser à bout la subtilité, id. Or. <0. jj Venir à bout d'un dessein, d'une entreprise, réussir. Ilcrojtque son remède viendra à bout de tout, sev. 4<2. Sans pouvoir en venir à bout, id. 536. Ils n'entreprennent rien qu'ils n'en viennent h bout, Régnier, Sat. in. En viendrons-nous à bout? corn, le MenLiv, 7. Mettez à bout l'effet qu'amour a commencé, rotr. Vencesl. iv, e. Thaïes disait que [de toutes les choses] la plus forte était la nécessité parce qu'elle venait h bout de tout, fén. Thaïes. Le p5re, pour venir h bout D'une précaution sur qui roulait la vie De celui qu'il aimait.... la font. Fabl. viii, te. Je ne viendrais jamais <i bout De nombrer les faveurs que l'amour leur envoie, id. .Toc. L'Église est enfin venue à bout d'exterminer cette superstition, mais il lui a fallu du temps, fonten. Oracles, chap. h 8. il Venir à bout de, triompher, vaincre. Par là de nos mutins le feu roi vint à bout, corn. Pomp. m, 2. Je vous plains fort tous deux s'il vient à bout de moi, ID. D. San. in, 2. Mais quand j'ai bien mangé, mon âme est ferme à tout, Et les plus grands revers n'en viendraient pas à bout, mol. Sgan. 7. Je me porte à merveille, quoique je fasse tout ce qu'il faut pour venir à bout de ma santé, dider. Lett. à l'abbé Lemonier. Ahl certes celui-là l'emporte et Tient à bout De toute ma raison, mol. Dép. il, 1. ||Fig. Au bout du compte, loc. adv. Tout bien considéré. On vous fait de grandes promesses; mais, au bout du compte, qu'avez-vous obtenu? || 8» Terme de marine. L'avant, la proue d'un navire. Avoir le vent de bout, se dit quand le vent vient du côté de l'avant. Il Aller bout au vent, aller contre le vent. Il Donner le bout à terre, aborder droit. || Aborder de bout au corps, aborder un bâtiment par le travers. Il Filer un câble par bout, le laisser sortir tout entier par l'écubier. || 9° Terme de serrurerie. Clef à bout, clef dont la tige n'est pas forée. J] Terme de graveur. Bout, outil de graveur en pierre dure. Il 10' Bouts-rimés. Voyez ce mot à son ordre alphabétique. Il Bout-saigneux. Voy. bout-saigneux. || Proverbes. Au bout le bout, cela durera autant que cela pourra. || Au bout du fossé la culbute, se dit de ceux qui, par insouciance ou perversion de sens, se résignent aux tristes conséquences qui résulteront de leur conduite. || Au bout de l'aune, faut le drap, c'est-à-dire toutes choses ont leur fin. || Brûler la chandelle par les deux bouts, faire des dépenses de toute espèce, et figurément, ruiner sa santé par des exc&s de difl"érents genres.
— SYN. BOUT, EXTRÉMITÉ , FIN. Mots qui expriment l'endroit où une chose se termine. Bout diffère d'extrémité et de fin, en ce qu'il emporte toujours l'idée d'une certaine longueur, d'un bout en un mot, tandis que extrémité et fin n'expriment que la limite abstraite qui borne une chose. Le bout du doigt, c'est une portion de doigt; l'extrémité du doigt est la surface qui termine le bout du doigt. X un autre point de vue, bout termine une étendue en longueur; extrémité la termine en tous les sens : le bout d'un bâton; les extrémités d'une surface; bout fait considérer une chose dans sa longueur; extrémité la fait considérer par rapport aux parties centrales. Tandis que bout et extrémité sont relatifs à l'étendue et à l'espace, fin l'est au temps et à la durée ; c'est l'action de finir qu'il exprime : la fin de la vie; la fin d'un spectacle, d'un concert. Fin a rapport au commencement, comme bout a rapport à »m autre bout, comme extrémité a rapport à un centre. Quand fin s'applique à l'étendue, ce qui arrive quelquefois, il exprime, à vrai dire, le temps
(pie l'on met à parcourir cette étendue : un désert sans fin, est un désert qui ne finit pas; un désert sans bout ou sans extrémité, ne pourrait se dire, car on ne conçoit pas qu'un désert n'ait pas un hout, si on le considère dans .sa longueur, ou des extrémités, si on le considère on tous sens. On ne dit pas le bout d'un cercle; mais, dans une place circulaire, on dirait fort bien qu'on va ou qu'on est au bout, en considérant la ligne à parcourir. Nous disons très-bien aller au bout de la terre, parce que nous considérons la distance qui nous sépare d'un point; et de même au bout du monde. On ne dirait pas au bout du globe, au bout de la sphère, parce qu'un globe, une sphère, n'étant point en longueur, n'ont pas de bout.
— HIST. xir s. Son tinel [il] lieve à loi de bachelier Par tel aïr, que tost le flst branler ; Del bot devant va .son mestre hurter. Si qu'il li fist andeus leseuz [yeux] voler, Bat. d'Aleschans, 4052. Tut de but se teneient cil très par tut al rei. Ne il ne voleient faire pur Deu ne ço ne quel , Th. lemart. 69. Il xiii* s. Se marchant font change de chevaus li uns à l'autre boutàbout, Liv. des met. 3io.||xivs. Qu'il fasse les tonneaux dessus le bout lever. Et tous les assaillans face bien abruver, Guescl. 20(27. Englois font les vaisseaux [barriques] des charrettes verser. Et puis les vont sur bout tout en l'eure lever, Et pour boire du vin les vont tost défoncer, ib. 22106. Prenez la penne rompue de vostre oysel, et en coppez le bout rompu à unes forces [ciseaux] , Hodus, {'xav, verso. || xv"s. Quantleroi vitq\i'iln'en pnurroit venir à bout, froiss. l, i, ai6. Mahieu fut un de ceux eslus d'y aller.... et ce bout lui doua Jean Lyon [Jean Lyon lui joua ce tour], id. ii, ii, 53. Les .oncles du roi nepouvoient avoir bout nivelée ni audience en la cour du roi pour eux, id. ii, ii, 62. Dont j'ai souffert tant longuement Dure peine, ennuyeux tourment. Qu'il pert [paraît] que je fuz né à tout Et qu'onques ne fu autrement, Et si n'en puis trouver le bout, al. chart. le Débat du liéveille matin. J'en meurs sur bout, et n'euz onques depuis Aise de cueur, bon jour, ne bonne nuiz, id. Le débat des deux fortunes. X ma dame je ne sçay quejedye, Ne par quel bout jedoye commencer, Pour vous mander la doloreuse vie Qu'amour me fait chascun jour endurer, en. d'ohl. Bail. 19. Le roy cuidant tousjours persévérer et avoir le bout d'iceulx Bourguignons.... se rebouta dedans les dits Bourguignons qui s'estoient fort râliez, J. de trotes, Chron. I4(i5. Il est à avoir par beau et par humilité; et pris par le bon bout, c'est le meilleur des bons, G. chastel. Chron. des ducs de Bourg, n, ch. 25. Et jamais n'en estoit peu venir à bout, cOMM. IV, 6. Dieu ne luy permist pas prendre ceste matière, qui estoit si grande, par le bout qui luy estoit nécessaire, iD.v, 12. En Bourgongnese faisoit la guerre tousjours, et n'en povoit avoir le roi le bout, pource que les Allemands faisoient quelque peu de faveur au prince d'Orenge, m. vi, 4. Il l'accola et la baisa doucement, car elle estoit belle et g ente, et en bon point, et mise sur le bon bout [bien mise, sur un bon pied], Lonisxi, Nouvelles, Lxxi. I| XVI' s. Soyés seurque sy toust que je serai à bout de ma grosseur [grossesse] , ne faudray vous en advertir, marg. Lett. 82. Mon nepveu, encore suis je sus bout; quy m'ennuye plus que le mal que j'ay à passer ne me donne de crainte, id. ib. 83. Il se voulut mettre sur le beau bout [faire l'aimable], n.Nouv. xi. Sa resolution arresta sus bout [tout court] la furie de son maistre, mont, i, 2. Si je peux venir à bout de moy à garantir un danger par.... id. i, 37. À chasque bout de champ ils sont prests, id. 1,^0. Le hault bout d'une table, id. i, 168. La science qu'il choisira ayant le jugement desjà formé, il en viendra bientôst à bout, m. i, 174. Comme ils commençoient à se desordonner, il en vint ayséement à bout, ID. i, 343. Mon estomach est assez empesché avenir à bout de ce qu'il prend, ip. n, 18. Petit bout d'homme, et honte de nature, dubell. v, 8, rerso. Il se tint tout de bout sans mot dire, amyot, Thém. Bo. Le sénat ne voulut point permettre qu'il se deposastde sa charge avant le bout de l'an, id. Cam. 54. À la fin, au bout de neuf mois, les Samiens furent contraints de se rendre, id. Péric. 63. Les mamelles convertissent dedans soy mesmes la nourriture que prennent les femmes, en lait que puis après elles rendent par les bouts, id. P. JEm. 22. L'infanterie, comme estant des plus vieux soldats de France, tira aussi bien que les autres à bout apuié, d'aub. Ilist. 1, »3i. Le roi de Navarre n'eut de contentemens que par le bon bout [par ironie, il fut maltraité], id. ib. 11, 219. Lors les galères venoient tirer à bout touchant l'équipage de ce vis-ami-
ral, ID. ib. II, 302. Les assiégez donc bien tost à bout de munitions, iD.ib. n, 30B.Espées dorées et argentées, aux fourreaux de velours et bouts d'argent, CARL. V, 32. Se mettant en despence, et, comme l'on dict, sur le bon bout, pour se faire valoir, ie. VI, 36. Aucuns chirurgiens ont bien osé coudre ce* tendons bout à bout, afin do les réunir ensemble, PARÉ, VIII, 37. Arrivé que soit le printemps, la première eau qu'elle fera distiller sera des bourgecue et bouts [pou.sses] de chesne, 0. de serres, 890. 11 nous fait accroire qu'il estoit à la feste, mais il ne sçait pas qui tenoit le hault bout, palsgs p. 713.
' — ÉTYM. Wallon, bote (voy. bouter) , tal. botto, botta, coup, botte; espagn. 6o(e, môme sens.
t 2. BOUT (bou), s. m. Terme de pêche. Poisson appelé aussi lune de mer.
BOUTADE (bou-ta-d'), t. f. || !• Coup porté, saillie d'e.sprit ou d'humeur, caprice. Pousser jusqu'à l'excès ma critique boutade, boil. Sat. xii. M. de Richelieu et M. de Rohan étaient gens à boutades qui ne donnèrent pas peu d'aflairesaux autres, stsiM. 18, 210. Eh bien I souperons-nous avant la promenade?— Non, je jeûne ce soir. — D'où vient cette boutade? mol. Éc. des femmes, nr, 8. Vient-il de la province une satire fade. D'un plaisant du pays insipide boutade. Pour la faire courir on dit qu'elle est de moi, boil. Ép. vi. || Par extension, petite pièce de vers où l'on décharge sa mauvaise humeur sur les hommes et sur les choses. C'est une espèce de satire, mais courte, sans plan et sans prétention. Il 2° Ancienne danse. Elles vous prient de ne plus tant danser la boutade et de choisir quelque danse plus grave comme les branles ou la pavane, voit. Lett. 102.
— HIST. XVI* s. Je hazarde souvent des boutades de mon esprit, de.squelles je medesfie, mont, iv, 64. Qui ne juge que ce sont boutées d'un courage eslancé hors de son giste? id. ii. 22.-
— ÊTYM, Bouter. L'ancienne forme était boutée, qui fut longtemps usité seul; boutade fut fait dans le XVI* siècle, d'après les formes espagnole et italienne.
t BOUTAGE (bou-ta-j'), s. m. || 1° Endroit d'un train de bois où se tient celui qui le boute ou dirige. Il 2^ Action de bouter, de placer les épingles dans les trous du papier où elles sont rangées.
— ÊTYM. Bouter.
BOUTANT (bou-tan), adj. m. Terme d'architecture, employé seulement avec le mot arc (voy. abc boutant).
— ÉTYM. Bouter.
tBOUT-X-PORT ou BOUTE-X-PORT (bou-tapor), s. m. Terme de marine. Officier chargé de faire ranger les bateaux qui arrivent. \\Àu plur. Des boute-à-port.
^ ÉTYM. Bouter, à, port.
BOUTAUGUK(bou-tar-gb'), s. /".Sorte de mets qu'on prépare en Italie et dans le midi de la France avec des œufs de poisson salé , confits dans le vinaigre. On dit aussi botargue.
— HIST. xvi* s. D'entrée de table, ils lui offrent caviaus, boutargues.... bab. iv, «o.
— ÉTYM. Ital. buttagra, œufs de poisson sec. BOUT-DEHORS (bou-de-or) ou BOUTE-HORS
(bou-te-or), s. m. Terme de marme. Pièces de bois qu'on ajoute à chaque bout de vergue du grand màt et du mât de misaine, et qui servent à porter des bonnettes quand le vent est faible. \\ Au plur. Des bouts-dehors, des boute-hors.
— ÊTYM. Bout, dehors, oabouterethors.
• t BOUTE (bou-f), s. f. Terme de commerce. Outre pour le transport du vin. || Tonneau. Sa Majesté veut qu'il exécute ponctuellement les ordres qu'il a reçus de faire travailler à la quantité de boutes cerclées de fer nécessaires pour tous les vaisseaux qui sont dans le port, seignelay, au sieur Amoul, 28 août 1679, dans jal. || Boite où l'on met les cartes. |l Baril à tabac.
— ÊTYM. Autre forme de botte, tonneau.
BOUTÉ, ÊE (bou-té, tée), part, patsé. || 1* Mis. Vu
coin bouté dans cette bûche. Vieux. || 2° Du TÎn bouté, du vin qui tourne au gras. || 3* Terme de vétérinaire. Cheval bouté , synonyme de cheval bouleté (voy. ce mot).
t BOUTEAU (bou-tô), s. m. Terme de pèche. Filet attaché à une perche founoue pour pêcher sur le sable.
— ÊTYM. Bouter.
t BOUTE-CU^VRGE (bou-te-char-j') , *. m. Terme militaire. Sonnerie de trompette dans la cavalerie pour avertir de placer la charge sar les chevaux.
— ÉTYît. Bouter, charge.
tBOUTÉK (bou-tée), s. f. \\ l' Terme d'architec-
BOU
ture. Culée d'un pont. || OuvraRO qui soutioiit la poussée d'une voùlo ou d'une terrassa. || 2° Terme de commerce. Certaine quantité de cartes rangées par joui
— Btym. Bouter.
fnoUTK-KN- COURROIE (bou-tan-cou-rol), s. m. Escamoteur. Vieux.
— HisT. xiw s. C'est le gieu de boute en couroie, la Udse, «882.
— ETYM. Bouter, eti, et courroie, ceinture, bourse.
BODTK-HN-TRAIN(boH-lan-trin),.s. m. || l°Terme de hara.s. Cheval entier placé au voisinage des femelles à l'elTet do les mettre en chaleur et de les disposer à l'accouplement. || 2° Petit oiseau qui sert k faire chanter les autres. || 3° Ki^ç. ot familii^rement, homme qui met les autres en train, en gaieté. Je ne veux pas qu'on me pleure, Moi le boute-en-lrain des fous, BRRANO. J. des morts. Ehl va ton train. Gai boute-en-train, id. Désaugiers. \\ Au plur. Des boule-en-train.
— ÉTYM. Bouter, en, train.
BODTE-FKU (hou-te-feu) , ». m. || 1° Bâton garni S son extrémité d'une mêclie pour mettre le feu au canon. || 2° Celui qui mettait le feu au canon. Vieux en ce sens. || 3» Incendiaire. || 4° Kig. Celui qui excite des discordes, suscite des querelles.
— UE.M. L'Académie écrit au pluriel des houlefeux. Les grammairiens remarquent que l'idée de pluralité ne tombe pas sur feu, que les boute-feu sont des gens qui boutent ou mettent le feu et non les feux, et que par conséquent il faut écrire les boule-feu. Cette observation est incontestable, si l'on met le trait d'union. On pourrait écrire en un seul mot boulefeu qui suivrait alors la règle de tous les substantifs; ce qui ne serait pas une innovation, car on lit dans Malherbes, v, 23 : Impudents boutefeux de noise et^o querelle.
— lii.ST. XV' s. Conclusion, se assemblèrent et entrèrent dedens le pays des Liégeois, boutant les feux par les maisons et par les bleds qui ostoient prêts de cueillir, et conduisoit iceux boutefeux le sire de Jument, alain chaut. Charles VII. Plusieurs compagnons d'icelle artillerie, comme canoniers, chargeurs, cartiers, aydes, boutefeux, André DE LA VIGNE, Voij. de Nttples de Charles VIII, p. )B6, dans LACUHNE SAINTE- PAIAYE. Il XVI* S. Néron dovonu parricide, boutofeu, MONT. I, <3. Les qualitez du mary sont les boutefeux de leur maltalent et de leur rage [aux jalouses] , id. ni, 3H. Les divisions des Chartrains avec les gens de guerre les avoient faict commencer trop tard la ruine des fauxbourgs, dont avint qu'en voulant y remédier après le siège commencé par sorties et boute-feux, ils firent perte de leurs meilleurs soldats, d'aub. Jlisl. I, 230. La vertu, la santé, le mérite, la réputation senties bouttefeus de cette rage, charron, Sagesse, i, 29. Trois boutefeuz servant à la dicte artillerie, Archives de Ilarfleur, dans jal.
— ÊTYM. Bouter, feu.
+BODTE-IIACIIE(bou-te-ha-ch'), s.f. Instrument
de fer h deux ou trois fourchons.
— HIST. xiv* s. Lances agiiës bien amourées que l'en appelle boutehaches, Chr. mss. de g. de nanois, en 1302, dans LACURNE sainte-palaye.
— ÊTY.M. Bouler, hache.
BOnTE-HORS(bou-te-hor),ï. m. || l°Espècedejeu
qui n'est plus en usage et où l'on prenait la place l'un de l'aulre. || Fig. Us jouent au boute-hors, se dit de deux hommes qui cherchent à se supplanter. Il 2" Terme de marine. Voy. bout-dehors.
— HIST. XIV' s. Comme le suppliant et autrdl jouassent ensemble au jeu de la pelote, appelé boutehors, du cange, boutare. Boute-hors [hors d'oeuvre, à table]: vin et espices, i/e'nagicr, n, *. ||xvi's. Ces deux grands seigneurs qui ne se pouvoient compatir jouoient à boute-hors, carl. h, ». Avoir le Doutehors aisé [être toujours prêt à parler] , mont. i, 40. Ces principes ne sont non plus exempts du boute-hors qu'estoient leurs devanciers, ID. ii, 330.
— ÊTYM. Bouter, hors.
t BODTEILLAGE (bou-tè-Ua-j', Il mouillées), s. m. Terme de droit féodal. Droit sur le vin vendu en gros et en détail.
— ÊTYM. Bouteille.
BOUTEILLE (bou-tè-U', Il mouiUées, et non t|ou-t!|-ye; c'est un vice de prononciation commun il .' . î*""* •''' '* France, de ne pas mouiUer les llnft i''^ bo":tè-l') ,,.f.\\l' vase à goulot étroit , W ^in ?'"^«"'f d" vin ou d'autres liquides. Une S« ri! 1:^"^"J- ""« ^'"eille de grès. Une boul^uteiirvèL''T'""ù' déboucher, décoiffer une oouteilta. Versez d'un bordeaux réchauffant, Reste
BOU
d'un vin mis en bouteilles Au baptême de votre enfant, biîrang. Eau bénite. || Vider une bouteille, boire le vin qu'elle contient. Quand ces Parques, vidant bouteille. Filent nos jours sans nul souci.... BÈRANO. Parques. \\ Laisser la raison au fond d'une bouteille, s'enivrer. Un jour que celui-ci, plein du jus do la treille, Avait laissé ses sens au fond de la bouteille, la font. Fob. m, 7. || Kig. N'avoir rien vu que par le trou d'une bouteille, ne pas connaître les choses. Le duc de Luynes, abusant de la jcimesse de Louis XIII, qui n'avait pu voir encore le jour, par l'éducation qu'on lui avait donnée, que par le trou d'une bouteille, se fit connétable, st-sim. 107, 240. |IFig. C'est la bouteille à l'encre, c'est une afi^aire obscure, embrouillée, et, en parlant d'une personne, c'est quelqu'un dans les idées de qui on nevoht pas clair. || Fig. Porter les bouteilles, marcher lentement comme quelqu'un qui craint de casser les bouteilles dont il est chargé. Et l'autre.... Portait , comme on dit, les bouteilles, la font. l'ab. ri, 4 0. Il Fig. Être dans la bouteille, être dans le complot, dans l'intrigue. Sa conduite [de Vaudemont], toujours soutenue, rendra toujours difficile à croire qu'il ne fftt pas dans la bouteille, et qu'il ne fût pressé de se mettre à quartier de ce qui allait arriver, ST-siM. 120, 66. Le P. Tellier était dans la bouteille, avec moi, du mariage que nous avions fait réussir, in. 274, 204. Il est dans la bouteille, vous lui avez fait jurer le secret; ce secret est essentiel, volt. Lett. d'Ârgental, l" août 1703. || 2° La liqueur contenue dans une bouteille. Bouteille de vin, de bière. Us avaient bu bouteille ensemble. Vous qui de votre sort voulez être éclaircis. Consultez comme moi le démon de la treille; Mon oracle est Bacchus quand j'ai quelques soucis. Et ma sibylle est la bouteille, la font. Daphné, m, 8. || Aimer la bouteille, aimer à boire. 1 1 Payer bouteille, payer à boire. Il 3° Maison de bouteille, petite maison de campagne qui n'est qu'un pied-à-lerre. Une maison de campagne à Champ, que, d'une maison de bouteille, il [Bourvalais] avait fait chef-lieu d'une grande et belle terre, ST-siM.47(, 243. On composa trois lots : Enl'un, les maisons de bouteille.... la font. Fabl. n, 20. Il On dit aussi un vide -bouteille. || 4° Familièrement, globule rempli d'air que forme un liquide qui rejaillit ou bouillonne. Ces bouteilles de savon que fout les enfants, volt. Neicton, ii, (0. Il faut que chaque enfant, vieux ou jeune, fasse ses bouteilles de savon, ID. Lett. Mmedu Deffant, 22 juillet h76I. Aujourd'hui on dit plus souvent bulle. || 5° Terme de physique. Bouteille de Leyde, appareil électrique ainsi appelé parce que c'est à Leyde qu'il a été découvert en <748 par Musschenbroeck. C'est un bocal de verre recouvert d'une feuille d'étain jusqu'à une certaine hauteur, contenant des feuilles de cuivre et fermé par un bouton de liégo traversé par une tige métallique recourbée en crochet, dontl'extrémité supérieure, externe, se termine en boule, et dont l'autre extrémité, intérieure, est en contact avec le cuivre contenu dans le vase. || 6° Terme de vétérinaire. Tumeur molle, froide et fluctuante, qui se développe dans le tissu cellulaire de l'auge, chez les moutons atteints de la maladie dite cachexie aqueuse. On la nomme aussi bourse. || 7" Chaque chaînon de la chaîne qui élève l'eau d'un puits salant. Il 8" S. f. plur. Terme de marine. Les bouteilles, les lieux d'aisance dans un vaisseau.
— HIST. Xiii' s. De son bon vin li fu uns botelsprésentés; Li rois Tafurs en but, aus autres fut livrés, Ch. d'Ânt. V, 67. Les autres de douce aiguë font les boutiaus remphr, ib. viii, 494. Macy qui fet lesbouteilles, DE LABORDE, iSmaiii, p.l7l. || xiv's. Pour deux bouteilles de cuir, achetées à I,ondres pour Ms Philippe, id. ib. p. <72. Deux petites bouteilles de voirre grivellé, gcirnies d'argent, à tout les tissus de soye, senz ferrure, id. ib. || Deux bouteillesd'argentesmaiUées,iD. «6. p. <7l. ||xvi"s. Ces petites bouteilles qui s'engendrent dessus l'eau quand il commence à pleuvoir, amyot, Bom.Si. Autre comparant ceste vie à vme fumée, ou vapeur d'une bouteille d'eau qui s'esleve en temps de pluye ,
PARÉ, XXI v, 63.
— ÊTYM. Berry, botaille ; provenç. botelha ; espagn. botella;\\al.botliglia; du bas-lat. buticuia, diminutif de buta, botte, sorte de tonneau (voy. botte). L'ancien français bo(ei , boutiaus, suppose im mot bas-latin buticutus.
*. BOUTEILLER (bou-tè-llé, Il mouillées et non boutî-ié; IV ne se lie jamais; au plur. riselie),s. m. Officier qui a l'intendance du vin de la table d'un prince. Celui qui fournissait le vin du roi s'appela grand bouteiller de France, volt. Mœurs, 70. Le i^igneur de Ch&teaubriand, amiral de Bretagne,
BOU
était petit-fils de ce comte de I^aval et de sa second»» femme, dont le père était grand bouteiller de France,
— HJST. xn* s. Qui veïstle saint hummeseïrà sun mangier , Que il n'aveit od sei ne clerc ne chevalier, Senescal ne garçun ne cou [cuisinier] ne bouteillier,ï'/i. k Jllart. 60.Cum la reine vit lagrant sapience Salomun e son roerveillus paleis, e le grant cunrei e la vitaille de sa maisun, e les riches sales à.ses humes, e le ordenement, e l'afaitementde ses ménestrels, et lur atur de vesture, o .ses butcillers, e les sacrefises, Jiot's, 272. || xiii' s. Li coupiers [la coupe] ert ciers etvaillans, D'escarboucles resplendissans; N'est sous ciel si orbes [obscur] celiers, S'il i estoit, li boutilbers Ne peOst sans autre clarté Cler vin connoistre d'ysopé, FI. et Bl. 49). Ils aiment miex les eschançons Et les kex [queux, cuisiniers] elles bouteilliers Que les chantersni les veilliers, RUTED. li, 5).||xvi' s. Barbiers, cuisiniers, boulcillers, muletiers... calvin, Inslit. 370.
— ÉTYM. Bouteille ; provenç. boteillier ; espagn, botillero; ital. bnttiqliere; bas-lat. bulicularius.
t 2. BOUTEILLER (bou-tt-llé, Il mouiUées), u.n. Terme de verrerie. Se remplir de bulles d'air, en parlant des verres, des glaces.
— ÊTY.M. Bouteille.
t BOUTEILLEUIE (bou-te-Ue-rie, H mouillées), s. f. Il 1° Charge, office de bouteiUer; lieu où l'on conserve le vin. || 2° Terme de commerce. Fabricatioc de bouteiUes; lieu où on les met.
— HIST. xiii' s. Au chief du cloistre d'autre part estoient les cuisines, les bouteiUeries, les paaaeteries et les despenses, joinv. 2U6.
— ÉTYM. Bouteille.
t BOUTE-LOF (bou-te-lof ) , s. m. Terme de marine. Sorte de boute-hors servant à amurer la misaine. Il Au plur Des boute-lofs. || Onditaussi boutede-lof.
— ÊTYM. Bouter, lof (voy. lof).
BOUTER (bou-té) , 1). o. || 1° Mettre. Quelle fantaisie s'est-il boutée là dans la tête ? mol. Jf^d. malgré lui, i, 5. Vieux. Il 2°Terme de corroyeur. Nettoyer avec le boutoir. || 3» Terme d'épinglier. Placer les épingles sur des papiers. || 4° Terme de vénerie. Bojiter la bête, la lancer. Vieux. || 5° Terme de serrurier. Limes à bouter, limes qui servent pour les pannetons des clefs. || 6» En termes de marine, bouter au large, pousser une embarcation au large. Il 7° V. n. En parlant d'un vin qui pousse au gras. Les vins de ce cru sont sujets à bouter.
— HIST. xi° s. Il les a prises, en sa hoese les butet, Ch. de Bol. xlix. Hxii' s. Dedans le corps son espié [il] lui bouta, iionc. p. *'■>». En ces laz le voleient li cardenal buter. Th. le mart. t05. Et quand cil seront fors bouté de leur baiUie.... Sax. xxzii. Cil ki après vont lo bottent et trabuchent, st bernp. 667. ||xin' s. Ensi dura li assaus moût longuement, tant que nostre sires fist lever un vent qu'eu apele byse , qui bouta les nés et les vessiaus plus près que il n'estoient devant seur la rive, villeh. civ. Dont boutèrent le feu entr'ex et les Grieus, id. lxxx. De la chambre [elle] l'en boute ;[à] Berte vint mou à gré, Berte, xv. Touailles eschaufées [ils] lui boutent en son sein, ib. xlix. Et en a U uns l'autre tout coiement bouté [louché}, ib. lxxxi. En un trou de tarière [ils] lui boutent erramment Les deux pois [pouces], et les ceignent moût angoisseusement,ii>. xcv. Mauves hoste en ton hostel as; Por ce te lo [conseille] que hors le boutes, Qu'il te tost les pensées toutes Qui te doivent à preu torner, la Rose, 4026. Assez i feri et boutai Et par maintes foisescoutai Se j'orroie venir nulle arme [âme], ib. 62S. Car jonesce boute homme et famé En tous péris de corps et d'ame, ib. 4449. Carpovre chose, où qu'ele soit. Est adès boutée et de.spite. ib. 459. Ne demora pas demi an que li fus fu boutés en celé grange, BEAUM. xxxiv, 44. Quant j'oï ce, je bouté m'escuele arieres, joinv. 24). Nous voulons que les foies femmes soient boutées hors des mesons, id. 295. Tout li tavernier de Paris pueent vendre tel vin comme il voelent, cras ou bouté, et à tel fuer comme il voelent, Liv. des met. 29. Je vos fais asavoir qu'il [les vers] viennent de diverses viandes reschaufées el de ces vins enfuteizetboteiz,RUTEB.257. || xiv's.Ceulx qui se boutent es perilz des guerres impétueusement, 0RESME,E(/i. 81. Et s'au roi tu ne pues parler à toc commant. Bureau de la Rivière tu m'iras saluant; El lui baille ma letre; il vaudra autretant ; Car, voir, qui boute l'un, il va l'autre boutant, Guescl. 4 7(07- 474 1 1 . Il ïv' s. [Le sire de l'Esparre] eut une fortune de vent sur mer qui le boula en la mer d'Espaigne, FBOiss. II, II, 4. Les hommes de la viUe bouteren lors leurS'testes ensemble et commencèrent à muA
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murer et k parler, id.ii, m, ia.Tous les autres archers se boutèrent au hahay, et navrèrent de commencement tout plein de garçons des Hainuyers, ID. I, I, 3f. Il» vinrent en Hainaut, et se boutèrent dedans le bois de Blaton, ID. i,i, 79. Kt n'estoient point les troux entre les barreaulx plus grans que à y bouter ung bras à son aise, comm. iv, 9. {| xvf s. Mon cœur serré au larpe boule : De ta pitié ne me reboute, Mais exauce mon oraison, marot, iv, 231. Mais qui a il ? voicy merveilles; De rire tant, et qui vous boutte lexcite] 1 st gel. 42. Boutte à moy sans eaue, HAB. Car. i, 5. Boutons, boutons, passons oultre, ID. Pant. v, 36. Alors la terre s'ouvre, et les germes des plantes et des herbes commencent à bouter et sortir dehors, AMYOT, Num.3t. Les vertus boutent et florissent en cest aage là, et prennent pied ferme par les louanges que l'on leur donne, ID. Agis et Cléoin. a. Les anciens tiennent estre en toutesplantes trois divers mouvements; assavoir, bouter, fleurir, meurir, o. de serbes, 476. Le couldrier sera planté de bonne heure, à cause de son avancé bouter, ID. 680.
— ËTYM. Bourguig. bottai; provenç. et espagn. bofor; ital. buttare ; du moyen allemand bôzen, heurter, frapper. U y a aussi le kymri bot, bôtli. corps rond. Ces mots tiennent les uns aux autres (voy. BUT et BUTTE). Bouter, en parlant du vin, est le même mot employé comme nous employons aajourd'lmi pousser : du vin poussé au gras.
t BOtJTEREAD (bou-te-rô), s. m. Terme de métier. Burin du cloutier. || Outil pour graver latêle de l'épingle.
— ÉTYM. Bouler, par l'intermédiaire du suffixe erel.
BOCTEROLLE (bou-te-ro-1') , s. f.\\ i° Garniture, par le bas, d'un fourreau d'épée, pour empêcher que la lame ne le perce. || 2° Terme de pêche. Sorte de filet. Il 3° Morceau de fer avec lequel le boutonnier creuse une lame demétalen la frappant suruncreux. Il Terme de bijoutier. Outil pour faire les chatons. Il Chacune des fentes de la clef qui reçoivent les gardes delà serrure. || Terme de graveur. Outil en forme de poinçon rond dont les lapidaires se servent pour percer les pierres dures. Trous percés à la bouteroUe dans une table de marbre.
— HIST. xiv* s. Pierre Possartle frappa d'un coup d'un baston qu'il portoit, où il y avoit une bouterole de fer, do cang^, bouteria. En la bourse il prist trente six solz parisis et une bouterole d'argent, ID. ib. Il XV' s. La ceinture et la guaine d'icelle espée couvertes de velours, et la bouteroUe de mesmes, AL. CHART. Charles VIL
— ÉTYM. Bouter: mot à mot ce qui se boute, s'adapte; par l'intermédiaire d'un suffixe eroUe, comme dans banderole; wallon , boteroule.
\ BOUTEUOUE (bou-te-roue), s. f. Bande de fer dont on garnit la voie d'un punt pour recevoir les roues des voitures. Les bornes placées devant les maisons se sont aussi appelées bouteroues, ce qui valait mieux, puisque ces bornes ne bornent rien du tout.
— ÉTYM. Bouter et roue.
BOUTE-SELLE (bou-te-sè-1'), s. m. Signal donné avec la trompette, pour avertir les cavaliers de montera cheval. Éperonné, botté, prêt à monter à cheval, il [Dorante] attend le boute-selle, p. l. coub. I, 227. Il Au plur. Des boute-selles.
— HIST. xvi* s. Approchant de Oudan, il pousse Mouy avec huict cornettes et touslesharquebusiers, qui, s'estans mis au granttrot d'une lieue, surprindrent la Valette entre le boute-selle et à cheval, d'aub. Hts(. I, 234. Là dedans il attend le bouleselle, à cheval, et l'esbranlement des chariots de bagage des reistres, ID. Ilist. m, UB.
— ÉTYM. Bouter, selle.
BOUTE-TOOT-CUIRE (hou-te-tou-kui-r'), s. m.
Dissipateur. Mot vieux et familier. || Au plur. Des boute- tout-cuire.
— REM. L'Académie, qui n'a pas ce mot à son rang alphabétique, l'a mis à cuire.
— ÉTYM. Bouter, tout, (à) cuire.
t BOnTEnSE(bou-teû-z'),ï./'. Ouvrière qui boute les épingles.
— ÉTYM. Bouter.
f BODTECX (bou-teù) , s. m. Terme de pêche. Sorte de grande trubleque l'on peut bouter, pousser devant soi à l'aide d'un manche.
— ÉTYM. Bouter.
+ BOnTICLAR, s. m. Boutique pour poisson.
BOU TILLIER. S. m. Voy. boutf.illeb.
BOUTIQUE (i.ou-ti-k'), i. f. || 1° Lieu où un marchand vend sa marchandise. Grande etbelle boutique, l/ouer une boutique. Fille de boutique, garçon 'iu
DICT. DE LA LANGUE FHA.NCAISE.
boutique, courtaud de boutique. S'établir ou se mettre en boutique. Avoir ou tenir bor'ique. Toutes les boutiques sont tendues [à Paris] ae tilets invisibles où se vont prendre tous les acheteurs, montesq. Lettres pers. 68. En vain contre ce flot d'aversion publique Vous tiendrez quelque temps ferme sur la boutique; Vous irez à la fin, honteusement exclus, Trouver au magasin Pyrame et Régulus, BOIL. A ses vers, Ep. x. Et Gombaud tant loué garde encor la boutique, ID. Art p. iv. Les uns y tiennent boutique et ne songent qu'à leur profit, J. J. Houss. Êm. IV. Il Fonds de boutique, les marchandises qui sont depuis longtemps dans une boutique. Il Ouvrir boutique, commencer un commerce en houtique. Fermer boutique, cesser son commerce; et fig. quitter une profession. || Faire de son corps une boutique d'apothicaire, prendre des remèdes à tout propos, sans raison. || 2° Lieu où un artisan travaille. Boutique de tailleur, de cordonnier, do menuisier. .I.-C. passe trente ans de sa vie dans la boutique d'un artisan, fén. xviii, 246. || 3° Ensemble des marchandises qui sont dans une boutique, des outils d'un artisan, et, eu général, d'ustensiles servant à quoi que ce soit. Son chauffe-cire [du garde des sceaux] et sa boutique étaient dans une chambre à part, ST-siM. B)3, 38. l|4°Tout endroit où quelque chose se fait. || Fig. Ce pamphlet sort d'une boutique que l'on connaît. C'est un intrigant, il tient boutiquedephilanthropie. J'en voudrais.. ..tenir boutique ouverte, réqnihr, Êp. ii. Moi qui ne lève point boutique de philosophie, sÉv. B83. C'en était plus qu'il n'en fallait pour persuader M. de Paris que ce livre était sorti de leur boutique [des Jésuites], STsiM. 65, 77. 11 [Tonnerre] était fort mal dans cette petite cour par se» bons mots; il lui avait échappé de dire qu'il ne savait ce qu'il faisait dans cette boutique, ID. 24, 630. Il 5° Bateau de pêcheur pour conserver le poisson. || 6° Gaine de bois ou de cuir qui contient les outds du boucher. I) Boite des merciers ambulants. || 7° Populairement, maison où les domestiques sont mal nourris ou mal payés. || Par antiphrase, boutique d'honneur, maison de débauche. —HIST. XIV* s. Item que toutes filles de vie ou femmes communes difl'améesvoisent [aillent] tenir, tiennent et facent leurs bouticles es lieux à ce ordonnés, DU GANGE, boligia. l|xvi's. Tigres, lyons, ours, serpens, basiiicques Sont plus humains en leurs creui et bouticques Que ces vilains quant entrent eu leur rage, J. mahot, v, 70. Bourgeoys, marchans, eC peuples meohaniques Sont tous perplex en leurs banc» et boutiques, id. v, 75. Ainsi est Rome li boutique fatale, où se sont forgez les glaives d'oocision, qui ont jadis respandu tant de sang, langue, 58. Davantage ce seroyent des boutiquet [réserves] d'où se tireroyent les capitaines d'inianterie, ID. 266. Les guerres civiles sont les boutiquet de toutes meschancetez , m. 708. Valets et gens ds. boutique, carl. v, 32. On les peut longuement garder [les murènes] dedans les viviers et boutique> pour s'en servir en temps, paré, xxiii, 39. Qui tient boutique doit parler à chacun, cotohave. La grande boutique, le palais où l'on plaide; un de la grande boutique, un avocat, oudin.
— ÉTYM. Bourguig. bouticle; provenç. botiga; espagn. botica; ital. bottega; napolit. potega; sicilien, puliga; du latin apotheca, du grec àito- 6ï|XTi, de ànà, latin ab, et Ti6évai, mettre (voy. thèse) : mot à mot mise en réserve. Ce mot est venu d'Italie, comme le porte à croire l'apocope de l'a.
BOUTIQUIER (bou-ti-kié; lY ne se lie jamais; au pluriel l'ï se lie : des bou-li-kié-z en leurs boutiques), ï. m. Artisan ou marchand qui est en bour tique. Il II se dit quelquefois par dénigrement. Ce n'est qu'un boutiquier. L'opinion des boutiquiers.
— HIST. XVI' s. Bouticlier ou boutiquier, rob. bs- TIENNE, Dict.
— ÉTYM. Boutique.
BOUTIS (bou-ti), t. m. Terrain oà les bêles noires ont fouiUô avec leur museau, et particulièrement celui où le sanglier a creusé pour chercher des racines.
— HIST. XV s. Là eut très bons poingnis, et fort boutis de glaives, et mainte belle appertise d'armes faite, FHOiss. i, i, 20«. De première venue, il y eut dur encontre et fort boutis, id. i, i, 328.
— ÉTYM. Bouter.
BOUTISSE (bou-ti-s') , s. [. Pierre qui , sans faire parpaing, est placée dans un mur selon sa longueur et de manière à ne laisser voir qu'un de -ses bouts, il Par analogie, mettre en boutisse des briques, des gazons.
— ÉTYM. Bout.
tBOUTOI (bou-toi), s. wi. Terme de blason. Bout
du groin du sanglier, d'émail différent de lahurft, ou tourné vers le naut de l'écu.
— ÉTYM. Autre prononciation de boutoir.
BOUTOIR (bou-toir), i. m. || l'Outil de corroyeur
et do maréchaL || 2° Groin du sanglier. || Fig. Coup de boutoir, attaque soudaine, parole dure. Iji patience [de Maisons] fut inaltérable aux coups de boutoir que mon impatience porta souvent sur les présidents et leurs usurpations, st-sim. 377, 99.
— HIST. xiv'8. Boutoir [engin de pèche] nu canbe, boutoir.
— ÉTYM. Bouter.
BOUTON (bou-ton), s. m. || !• Œil qui vient aux arbres, et qui donne naissance aux feuilles et aux (leurs. La piaule ouvre ses tendres boutons, fén. Tél. IX. Il La lleur avant son épanouissement. On remarque dans un bouton de rose naissante ce qui promet une belle fleur, fén. xix, <24. Pauvres enfants! chacun d'eux pou.sse. Frais comme un bouton printanier. bérano. Jeanne la Housse. || Boulond'or, sorte de renoncule dont la fleur est d'uu jaune d'or. Boutou-d'argent, variété à fleurs doubles de la matricaire des jardins. || Au plur. Des boutons-d'or, des boutons-d'argent. Il 2° Par analogie, petites tumeurs arrondies qui se forment sur la jeau. Desbouiou.s de variole. |{ Bouton de l'enfance, Voy. ENFANCE. Il 3' Petite pièce de métal ou d'i"toffe, qui sert à attacher, par le moyen de la boutonnière, les différentes partie» d'un vêlement. Les boutons d'un habit. Boutons d'argent. Boutons île .soie, de fil, de drap, boutons faits d'un petit morceau de bois ou d'os recouvert de soie, de fil, de drap. Il Moules de boutons, petits morceaux de bois qui, recouverts d'étoffe, servent de boutons. || Kig. Sa robe, sa soutane ne tient qu'à un bouton, se dit d'un homme qui est prêt à quitter la robe d'avocat ou de professeur, la soutane, et, en général, sa profession. Il Ne tenir qu'à un boulon, être très-peu assuré. La colère du roi fit peur aux Bouillon ; leur rang et leur échange ne tenaient qu'à un bouton, ST-siM. 78, 246. Tout priuces que sa beauté [de Mme de Soubise] avait su faire les Roban, elle avouait librement que cela ne tenait qu'à un bouton, id. 368, <2l. Il Mettre le bouton haut, rendre une chose difficile, onéreuse. L'amant jaloux met le bouton bien haut à nos amants d'ici, sÉv. 4H. La dépense qu'il faisait met le Imuton bien haut à son successeur, m. 405. || 4° Au naiiùge, bcuton de la bride, le petit anneau de cuir qui coule U; long des rênes et sert à les resserrer. Mett'-e un cheval .sous le bouton, racxourcir et tendre les rênes au mo>eu du bouton de la bride. || Fig. Serrer le bouton à quelqu'un, le presser vivement, le menacer même. Je suis homme pour serrer le bouton à qui que ce puisse être, mol. G. Dand. i,4.Jeluiai serré le bouton [à M. le duc] et fait remarquer la différence de ce qu'il me disait, st-sim. 5oa, 245. Entre nous, sans façon, Â Valêre de près j'ai serré le bouton, regnarÏ), le Joueur, m, 6. || a" Tout ce qui a la figure d'un bouton. Un bouton de porte. Un bouton de fleuret. || Dans l'artillerie, bouton de culas>o , l'espèce de boule qui termine la culasse d'un canon Il Terme de chirurgie. Bouton de feu, ferrement terminé en forme de bouton que l'on chauffe et avec lequel on pratique une cautérisation Umitee. Il Terme d'affineur. Bouton de fin, la petite poriifu d'or ou d'argent qui reste après l'opération de la coupelle. Il Terme d'architecture. Ornement de sculpture qui figure un bouton de fleur. || Terme de coutellerie. Pointe arrondie des lames de ciseaux. Il Terme de lutherie. Nom des petites chevilles fixant les cordes de la harpe et de la guitare. Morceau da bois arrondi où est attachée la queue d'uu violon. Il Termede fauconnerie. Sommet d'un arbre, jj Terme de marine. Gros nœud au bout d'un conlage.
—HIST. xu's. Corisels d'orguel ne vaut mie un boton Honc. p. 1 1 . De vos menaces ne m'est pas un boton,' t6. 6». Ijxm's. Mais onques [ils] n'en aprirent un 'bouton valissant, Berte, cvii. Et danl Renan, qui deus boutons Ne donroit pas en son afere. Se couche un petit au derrière; Si met son groiug entre ses piez, Ren. 4290. Boulons [de fleurs] i ot petis et clos, Et tiex qui sunt ung poi plus gros, la Rose, (647. Chasteô [chasteté] , qui dame doit estre Des roses et des boutons.... ib. 2880. Et li bouton de l'oreiller Valent tout le trésor Gaifier, B/uncuntim. Ilxiv's. Gestes choses furent alligutes Devant le roy et pourposées Avec<iues mainte aullre raison; Mais tout na valoit un boulon, iirre dubon Jehan, I46-U8. X Pierre Boudet, orfèvre, pour vingt boutons d'or, pour une boutonneure àsurcot, de LAB0nuE,tmau.T, p. (72. Quatre boutons en façon de lis esmaiUiez de blanc, où en chacun d'eux a un balay et trois per
BOU
le» ID *. n tv s. On ne vols prise deux boutons, Kl pour ce nous vous déboulons, Esloignant noslre compaiKnio, CH. d'ohl. nond. || xvi* s. Boutons serrez, roses ouverte». Se passent trop légèrement, MABOT, in, <^9. Or afin que sainctes et anges No prennent ces boutons eslranges [de syphilis 1, id. ni, sua. Tantost ils laschent un petit» la bruie aux appétits de leurs enfans , et tantost aussi ils leur serreat le bouton, et leur tiennent la bride mille, AMYOT, Comment nourrir les enfants, 39. Ce sont comme fleurs et boutons d'une bonne nature, et (jui se laissent bien cultiver par raison, li>. Jfaulîrti'se honle, K DefTaites trois boutons de votre estomach, et faites moi la grâce de me dire pourquoi vous avez pu me haïr, d'aub. Vie, ex. La catastrophe fut sur les debles du roi, ce qui ne fut pas agréable à ses maislres, non plus que d'avoir un peu trop serré le liouton sur les ecclosiasliiiues, m. Ilist. m, iTi. Les munitions, et sur tout les baies, maiiquoient, et quelques soldats avoient mis leurs boulons en besongne, lo. ib. 273. L'expert mareschal lui donnera quelques boutons de feu, dont les cicatrices embelliront plustosl qu'elles n'enlaidiront les jambes du cheval, o. db serres, 309. L'enter à escusson, appelle aussi emplastration, morceau et bouton, ID. 666. Voyez au mois de may surl'espine la rose; Au matin un bouton, à vespre elle est esclose; Sur le soir elle meurt, bons. 657.
— f.TYM. l'rovenç. et espagn. bolon; calai, botô ; portug. bolâo; ital. boUone; de bout ou bouter, (jui signifie mettre et pousser, au propre et au figuré.
t BOUTONNANT, ANTE (bou-lo-nan, nan-t'), adj. Oui se boutonne. Une robe boutonnante.
BOUTONNÉ, ÊE (bou-to-ué, née), part, passé. Il 1° Un visage boutonné, couvert de boulons. Il 2° Terme de blason. Roses, fleurs boutonnées, fleurs dont les feuilles sont d'un émail, el le bouton d'un autre. || 3° Dont les boutons sont mis. Il portait un habit boulonné sur la poitrine. || Fig. Cet homme est toujours boutonné jusqu'à la gorge, jusqu'au menton, boutonné comme un portemanleau, il ne laisse pénétrer ni ses desseins, ni sa pensée.
\ BOUTONNEMENT (bou-to-ne-mau) , s. ni. Action de pousser des boulons.
BOUTONNEU (l>''>i-'o-"é). || 1° F. n. En parlant des plantes, se mettre en boulons. Les poiriers boulonnent. Il 2° V. a. Attacher, arrêter un vêlement au moyen des boutons. Boulonner son habit. || V. n. La duchesse de Bourgogne vint au sermon en habit de chasse qui boutonnait jusqu'au menton, p. L. COUR, u, 235. Il Se boutonner, v. réfl. Attacher ses boutons. Cet enfant ne sait pas se boutonner. || Être attaché par des boutons. Cet habit ne peut se boutonner. Celle robe se boulonne. || 3° Terme de marine. Boulonner la bonnette, lacer la bonaelte maillée.
— REM. Boulonner, dans le premier sens, se conjugue avec l'auxiliaire aïoir, si l'on veut indiquer l'acte môme : les poiriers ont boulonné de bonne heure ; avec l'auxiliaire être, si l'on veut indiquer l'état : les poiriers sont déjà boutonnés.
— HIST. xiii* s. Barbier, or viennent les groiseles ; Li groiselier sont boutoné ; Et je vous raporl les noveles Qu'el front vous sont li borjoa né, ru- TEB. 216. Uesous un haistre rameit. Boulonnait, Ai [j'ai] un doulc cant escouteit De gentille pastorelle, Ûist. Un. t. xxui, p. 569. Cil qui ont goule rose et malvaise coleur rouge et boutonnée, alebrant, f" •14. Il xiv* s. Il y a différence entre les queux [cuisiniers] entre boulonner et larder; car boutonner est de giroffle, et larder est de larl, Kénagier,u,i. Langue de beuf, boutonnée de clous de giroffle, th. u, 5. Quant vint à lendemain que Bertran se leva. Un bon gippon ouvré vesli et boulonna, Guescl. •1732-174». Il XVI' s. L'arbrisseau franc qui fleurit et boutonne. D'en voir le fruit espérance nous donne, MAROT, J, 237. Leroy, qui avoit la face plombée et boutonnée, l'haleine puante, et autres mauvais signes de santé, d'aub. Ilist. l, 89. Les premières •emences de la ligue commencèrent à boulonner, et bientcst après à esclorre, id. ti>. ii, 4)6. Advisez, ja vous prie, ce poirier boutonne desja, palsgr. p. 67».
— ÉTYM. Itnulon; provenç. et catal. botonar.
BOCTONNKRIE (bou-lo-ne-rie) , s. f. Fabrique do
boutODs; marchandise ou commerce du boutonmer.
— Stym. Bouton.
nlS?""'.™ (bou-to-niâ; ÏV ne se lie pas; au boutons "^ '"> • '■ "•• Celui T^i fait ou qui vend des
d'."^hîlf «/hI'*! '; «"'«'"Ties vwtestre boutoniers darch.1 et de Ia>lon. et de coyra [cuivre] neuf et
BOU
viez, et feseres de dez à dame pour coudre, estro le puet franchement, Liv. des met. 4 84.
— ETYM. Oouton.
BOUTONNIÈRE (bou-to-niê-r'), s. /■. || 1" Petite fente faite à un vêtement pour y passer un bouton. Pour des rubans la France entière Fut eu proie à de longs débals; La fleur des champs brille à la Iwulonnière, bêrano. Ifon fuibit. Vous, messieurs, qui, le nez au vent. Nobles par votre boutonnière. Encensez tout soleil levant, m. Vilain. || Boutonnière fermée, boutonnière qui n'est que figurée sur le vêtement. Il Fig. Faire une boutonnière à quelqu'un, lui faire avec une arme blanche une blessure comparée à une boutonnière. || 2" Terme de chirurgie. Incision longue el étroite qu'on pratiqua au périnée pour retirer un calcul engagé dans l'urètre ou pour ouvrir un abcès urineux. || 3° Terme de serrurier. Sorte de gâche pour les persiennes.
— HIST. xv s. Aornez et resplendissans de riches pierres et perles précieuses, en ceinclures, boutonneures et aclaches, christ, de pisan, Charles V, i, ch. 20.
— ÉTYM. Bouton.
t BOUT-PEKDU (bou-pèr-du) , ï. m. Terme de marine. Extrémité d'une cheville qui ne traverse ])as entièrement la muraille d'un bâtiment. |{ Au plur. Des bouts-perdus.
— F.TYM. Bout, perdu.
BOUT-KIMÉ (bou-ri-mé), s. m. Voy. bouts-rimés.
t BOUTKIOT (bou-tri-o), s. m. Terme d'épinglier. Voy. boutereau.
KOUT-SAIGNEUX (bou-sè-gneû), ». m. Le cou d'un veau ou d'un mouton tel qu'on le vend à la boucherie. \\Au plur. Des bouLs-saigneux.
— REM. L'Académie écrit bout saigneux sans trait d'union.
— ÊTYM. Bout, saigneux.
BOUTS-RIMÉS (bou-ri-mé), s. m. plur. |( 1° Rimes données pour terminer des vers, qu'il faut ensuite remplir, c'est-à-dire pour lesquelles il faut trouver et la pensée qu'on y exprimera el les mots à joindre aux rimes déjà données. Faire des boutsrimés. Ils ont fait des bouts-rimés que je leur ai donnés, sév.so. || 2° Un boul-rimé, une petite pièce de vers faite avec des bouts-rimés. || 3° Par extension et en mauvaise part. Ce sont des bouts-rimés, c'est un boul-rimé, se dit de toute pièce de vers où on ne trouve de louable que les rimes.
— ÊTYM. Bout, rimé.
t BOUTURAGE (bou-lu-ra-j'), s. m. Multiplication des végétaux par bouture. Le bouturage est préférable au semis, en ce qu'il conserve exactement les espèces el les variétés.
— ETYM. Bouture.
BOUTURE (bou-tu-r*), s. f. \\ 1° Branche qui, coupée à un arbre, et plantée en terre, prend racine. Il Drageon qui pousse au pied d'un arbre. Il 1° Eau dont les orfèvres se servaient pour blanchir leur ouvrage. || 3° S. (. plur. En termes de chasse , jointures des jambes de devant des chiens.
— HIST. XVI* s. Par bouleures ou branches, est le vrai planter du rosmarin, o. de serres, 653. ijh possesseur d'un héritage ne peut faire bretecques, boutures, saillies ou autres choses sur la rue, Coustumier génér. t. u , p. 871 , dans lacubne de stepalaye.
— ÉTYM. Bouler; parce qu'on boule en terre la branche coupée.
t BOUTURER (bou-tu-ré). Terme d'horticulture. Il 1° V. n. Pousser des drageons. || 2° V. a. Propager par boutures.
BOUVARD (bou-var), i. m. Marteau qui servait à'frapper les monnaies avant l'inveation du balancier.
— ÊTYM. Origine inconnue, àmoins qu'on n'y voie le mot bouvarl, jeune bœuf, par une métaphore semblable à celle qui a fait dire mouton pour un engin.
t BOUVART (bou-var), t. m. Nom donné aux jeunes taureaux, dans le commerce des cuirs verts d'Amérique.
— ÊTYM. Bœuf.
t BOUVEAD (bou-vû) ou BOUVELET (bou-ve-lô), *. m. Tei-me d'économie rurale. Jeune bœuf.
— HIST. XV' s. Leur feroient rere leurs chiefs et mener par la ville de Paris sur deux ords bouveaux, MONSTRELET, 1, 165. || XVI' S. Les veaux à laict et les bouveaux et génisses marcheront ensemble, o.de
— ÊTYM. Bwuf; wallon, bovelet.
tBOOVEMENT (bou-ve-man) , s. m. Rabot dont
le fer a un taillant sinueux. || Terme de menuisier. Sorte de moulure.
— ÊTYM. Voy. BOCVET.