‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 298 sur 504 · BOUQUET (bou-k"), s.m. Sorte de grosse crevette · texte numérisé non relu

BOUQUET (bou-k"), s.m. Sorte de grosse crevette

— ÉTYM. Petit bouc, comme la crevette ou chevrette est une petite chèvre.

BOUQUETIER (bou-ke-tié) , s. m. \ase de fleurs. - HIST. XVI' S. Le jardinage se distingue en potager, bouqueticr, medecinal et fruitier, o. de SERRES, 601. Nous embellirons douo nostre jardin bouquelier, id. 650.

--ÉTYM. Bouquet.

BOUQUETIÈRE (bou-ke-tiê-r') , s. /. Femme qui fait et vend des bouquets de fleurs naturelles.

— ÉTYM. Bouquet.

BOUQUETIN (bou-ke-tin), s. m. Mammifère du genre des chèvres (capra ibex, L.). Corneille est comme les bouquetins et les chamois de nos montagnes, qui bondissent sur un rocher escarpé et descendent dans des précipices , volt. Lett. d'Àrgental, 25 févr. <763.

— r.TYM. Ce mot paraît un diminutif de bonc; cependant il est très-probablement pour fcouc-Cifain, mot dont se sert Belon, i, <3, pour désigner cet animal, et q;ui est tiré de l'allemand Steinbock,

nou

de Boek, bouc (voy. ce mot) , et Siein, pierre : bouc des rochers.

t BOUQUF.TON (hou-ke-ton), t. m. Filet à prendre les crevettes.

— KTYM. Bouquet 3.

i BOUQUETOUT (bou-ke-tou), s. m. Terme de pèch . Sorte de filet dont on se sert sur les côtes de Normandie; il a la forme d'une poche et est monté carrément sur un morceau de fer auquel est adapté un manche; il sert particulièrement à la pêche de la crevette.

— ÉTYM. Bouquet 3.

tBOUQUETTE (bou-kè-f), s. f. L'un des noms vulgaires du blé sarrasin, dans le Nord.

1. BOUQUIN (bou-kin), s. m. || 1» Vieux bouc. Cornet à bouquin, trompe ordinairement faite d'une corne. Quand les voix des onagres répondent au cornet à bouquin qui appelle.... voltaire, Babouc. Il 2° Sentir le bouquin, exhaler une odeur de bouc. Allez, bouquin puant, faire l'amour aux chèvres, RACAN, Berg. Lisimandrc, ii, 2. Il se serait donné corps et Jme à celle que la Rancune lui aurait nommée, tant le bouquin avait la conscience troublée, SCARR. Jlom. com. ch. xi. || 3° Satyre, démon. Gageonsque son brodequin Nous cache un pied de bouquin, BÉRANG. CoHon. Il 4° Terme de chasse. Vieux lièvre ; lièvre mâle ; lapin mâle. || 5° Terme de vétérinaire. Bouquet (voy. eolquet 2).

— HIST. XVI' s. Bouquin, maladie ainsi appellée, parce que la sueur et vapeur des malades est puante comme un bouc, paré, Introd. n. Et partant acquièrent pourriture et mauvaise odeur, comme la senteur d'un bouc; c'est pourquoy l'on dit qu'ils sentent le bouquin ou l'espaule de mouton, id. XVI, 39. Les espics sont à Cerès, Aux dieux bouquins les forés, bons. 494.

— ÉTYM. Bouc.

2. BOUQUIN (bou-kin), s. m. Vieux livre dont on fait peu de cas. S. un si horrible spectacle (il parle de ce p;Ué que je fis sur son bouquin), mon sang se gela dans mes veines, p. l. cour, i, 70.

— HIST. xvi' s. Il faut louer la peine qu'ils ont prise à escrire ce qu'ils avoient trouvé ez bouquins de leurs devanciers, du haillan, Hist. Préface.

— ÉTYM. Flamand, boeckîn, petit livre; de l'allemand l?uch, livre. Étymologie préférable à celle de Génin, qui dit que boxqum a été ainsi nommé à cause do la mauvaise odeur.

I 3. BOUQUIN (bou-kin) , s. m. Petite pièce qui s'ajoute à une pipe et se met dans la bouche. Un bouquin d'ambre.

— ÉTYM. Bouque, pour bouche.

t. BOUQUINER (bou-ki-né), V. n. Terme de chasse. Se dit d'un lièvre ou d'un lapin qui s'accouple ou qui court les hases. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— ÉTYM. Bouquin i .

2. BOUQUINER (bou-ki-né), v. n. Consulter de vieux livres; chercher des livres d'occasion. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— ÉTYM. Bouquin 2.

BOUQUINERIE (bou-ki-ne-rie) ,s.f.\\l° Commerce de bouquins. || 2° Amas de vieux livres. Au lieu de cette bouquinerie, j'emplissais ma chambrede fleurs, j. j. Bouss. Prom. B.

— ÉTYM. Bouquiner 2.

BOUQUINEUR (bou-ki-neur), s. m. Celui qui s'occupe, qui aime à chercher de vieux livres.

— ÉTYM. Bouquiner 2.

BOUQUINISTE (bou-ki-ni-sf), s. m. Celui qui achète et vend de vieux livres.

— ÉTYM. Bouquin 2.

BOUUACAN (bou-ra-kan), s. m. Gros camelot.

— ÉTYM. Arabe, barrakan, de barak, fl.chir les genoux pour s'accroupir, en p:irlanl des chameaux; d'où bark, borouk, troupeaux de chameaux, bere/f , vêtement en poil de chameau (detic).

■j- BOURAflHER (bou-ra-cUéj , s. m. Ouvrier qui travaille au ras de Gênes et autres étoffes de soie.

—ÉTYM. Sans doute bourre.

\ BOURAGNE (bou-ra-gn') ou BOURAQUE (boura-k'), s. f. Terme de pêche. Nasse d'osier faite en forme de souricière.

BOURBE (bour-b"), s. f. Boue qui forme le fond des eaux croupissantes. || La Bourbe, nom d'un hôpital de Paris destiné aux f nnmes en couches.

— HIST. XII' s. Car en la boe et en l'ordure Et en la borbe de luxure L'avomes nos lot pové pris, benoît, t. ui, p. B14. Il xv s. Et p;issoient aucuns [Anglois] sus les pavois, afin que la bourbe ne les engloutist , froiss. u, ii, 65. || xvi' s. On no laisse pas de voir le jour à travers ; aussi apperçoit-on aisément la bourbe qui est au fond de l'eau , lanoub, bi o.

BOU

— ÈTTM. Waflon, borbnu, porbou, fondrière; bourguig. et Bcrry, borbe; bas-bret. bourbou , bourbonnen^ ampoule, ébuUition; kymri, berw, bouillonnement. Le radical est celtique; car on le trouve dans la langue des Gaulois : Borvo ou Bormo, nom gaulois de Bourbon l'Archambaut, à cau.se des eaux qui y bouillonnent. La tourte est donc, étymologiquement, une boue telle qu'on y fait bouillonner l'eau en la foulant. En regardant de près, on est porté à croire que le radical celtique beno ou boTv est très-voisin du radical latin buil-ire.

t BOURBKMER (bour-bé lié), ». m. Terme de chasse. La poitrine du sanglier.

— HIST. xiv's. Du bourbfclier [chez le sanglier], c'est le nomblet, Uénagier, ii, B.

— ÉTYM. Origine inconnue, à moins qu'on ne suppose que la poitrine du sanglier est dite ainsi de la bourbe, où il aime à barboter.

BOURBEUX, EUSE (bour-beû, beû-z'), adj.

Plein de bourbe. Rivière Iwurbouse. Eau bourbeuse. Il Oui vit dans la bourbe. Tortue bourbeuse.

— ÉTYM. Bourbe; Berry, borboux.

BOURBIER (bour-bié; l'r ne se lie jamais; au

pluriel \'s se lie : des bour-bié-z empestés) , s. m. Il 1' Lieu creux plein de bourbe. Tomber dans un bourbier. Se tirer d'un bourbier. || Fig. Au fond de son bourbier je fais rentrer Fréron , volt. Ép. 83. Il i° Affaire embarrassée, difficile. Je suis dans le bourbier. Il s'est mis dans le bourbier. || Raisonnement d'où l'on ne peut se tirer; obscurité philosophique qu'on ne peut éclaircir. Cette naïveté embarrassait le bonhomme; il faisait de vains efforts pour se tirer de ce bourbier, voltaire. Ingénu, lo.

— HIST. XV* s. Et le portèrent en ung boulon ou bourbier, du cange, bullio. || xvi' s. Et ainsi, visans à mesme but que les premiers, ils se vont souiller en un bourbier semblable, lanode, 5ï2.

— ÉTYM. Bourbe.

BOURBILLON (bour-bi-llon , Il mouillées, et non bour-bi-yon), s. m. || 1* Amas do bourbe. La Vrilhère di.sait de lui [le maréchal d'Estrées] que c'était une bouteille d'encre qui tantôt ne donnait rien, tantôt filait menu, tantôt laissait tomber de gros bourbillons, st-si,m. H4, 285. || 2° Terme de médecine. Cosps filamenteux, blanchâtre et tenace, qui existe au centre des furoncles.

— ÉTYM. Bon be.

t BOURBONNAISE (bour-bo-nê-z') , s. f. Sorte de chanson bur' csque accompagnée de grimaces. Quant à ce vieux papa, ce n'est pas le pérou [allusion au nom de l'acteur Perroult dont il s'agit] ; Mais il peut, au besoin, encor boucher un trou; Et quand de rire un peu le public est bien aise. Il peut lui faire aussi chanter la bourbonnaise. Discourt en vers fait sous la Restauration pour une réouverture de rodéon.

— ÉTYM. Sans doute le Bourbonnais, d'où l'air sera venu.

t BOURBONIEN, lENNE (bour-bo-niin, niè-n'), adj. Oui a rapport à la famille des Bourlions, qui est attaché à la royauté des Bourbons. || Nez bourbonien, nez arqué qu'on a vu dans plusieurs membres de la famille de Bourbon.

— ÉTYM. Bourbon, fief apporté par Agnès de Bourbon à Robert, comte de (Ûermont, quatrième fils de saint Louis; mariage duquel est issue la branche de Bourbon.

t BOURBOTTE (bour-bo-f) , s. f. Poisson qu'on appelle aussi barbote.

— ÉTYM. Bourbe.

t BOURCER ou BOURSER (bour-sé), c.o. Terme de marine. Bourcer la voile, tendre seulement une partie de la voile , pour qu'elle prenne peu de vent. On dit présentement cargucr.

— ÉTYM. Bourse, à cause de la forme que prend la voile.

t BOURCET (bour-sè), s. m. Terme de marine. Anciennement voile et mât de rai.'aine. jj Aujourd'hui, voile à bourcet, voile au tiers, voile trapèzoîde suspendue au mât par un point pris au tiers de son envergure.

~ HIST. xvi* s. Ce navire n'eut point pluslostappareille, que ses boursets et pavillons n'ayent esté embrasez par la foudre, d'aub. Ilitl. Prif. e. Le capitaine Arnaud avec sept hommes, en un vaisseau de 36 tonneaux, contrefit le pescheur, n'aianl que son haut bourcet et la misene defrclée, id. Ux$I n, bo.

— ÊiVM. Coir pto.i du hollandais (iifi) z:H, voil» de l'avant , de î>o«9 , avant , et ieil , voile , d'après ial.

BOCRCETTE (bour-sè-t'). t. f. Terme de botanique. Un des noms de la mâche.

— ÉTYM. Bourse; mot à mot, par assimilation, petite bourse.

BOU

BOimiUINE (bour-dê-n") ou B0UH6ËNE (bourjê-n'), *. }■ KspJce de nerprun (rhamnus frangula, L). Arbrisseau dont Técorce intérieure est purgative; «on bois blanc fournit le charbon le plus propre k la fabrication de la poudre à canon. La bourgène toujours verte est le nerprun glanduieun ; la bourgfcne des Alpes, le nerprun des Alpes. Des promenades au milieu des marceaux, des bourdaines, 1. }. Fouss. Prom. 6.

— ÊTVM. Bas-lat. bourdena, bourdaine. Bourdena et bordcnale (voy. du cange) ont aussi le sens de bois, fût, etc. Il est possible que ces mots aient même radical que bourdon, bâton.

BOtlRDALOU (bour-da-lou), s. m. || 1» Ruban ou tresse qu'on attache avec une boucle autour d'un chapeau. || 2° Sorte de vase de nuit de forme oblongue.

— ÊTYM. lUchelet fait ce mot du féminin: porter une bourdalou à son chapeau; il dit aussi que bourdahu est le nom d'une sorte de linge ouvré qui se fjibriquait aux environs de Caen.fiourda/ou, comme bourdaloue, tire sans doute son nom du célèbre prédicateur, par quelque caprice du langage de la mode.

i BOUKDALOnE (bour-da-loue), s. f. Étoffe peu coûteuse qui date, dil-on, des sermons de Bourdaloue contre le luxe. Inusité.

t. BOURDE (bour-d'), s. f. Mensonge, mauvaise excuse, défaite. Appelez-moi grand fourbe et grand donneur de bourdes, corn, le Ment, m, 5. Oui baillent pour raisons des chansons et des bourdes, ré- ONiEB, Sat. X. Tous les uns aprts les autres [les dupés], lesvoil.\à pester contre M. deLauzun, et leur sottise d'avoir donné dans celte bourde, st-eim. 330, 7«.

— HIST. xm* s. Saciez vraiement que bourde ne puet iestre celée en la fin, Chron. de Rains, <69. Face li les oreilles sordes; Ne croie riens, que ce sunt bordes, la liose, <3990. || xv* s. Bourdeurs et langayeurs et vendeurs de bourdes, froiss. ii, u, 45. Pour les belles bourdes polies et paroles mensongères que vous m'avez dictes et par plusieurs fois mandées, Douciq. ri, ch. 3). Lui, assuré autant en bourdes qu'un autre à dire vérité, s'en excusa très-hautement, louis xi, Nouv. m. Hadea! dit l'autre, ses bourdes [caquet] sont rapaisées, n. ib. xxix.

— ÉTYM. Bourguig. bode; proveiiç. borda. Diez, le prenant au sens de divertissement, y voit une contraction de behort, joute à la laun, beliorder, jouter à la lance; d'où, par extension de .sens, jeu, puis raillerie, mensonge. La difficulté est cette contraction même. Toutefois il est vrai qu'on la trouve réellement effectuée dans le provençal, où le beliort est dit beor, biorl, et enfin bori, et dans le français, où l'on trouve aussi bourder pour behourder, bourde pour bâton (voy bourde 2). En prenant en considération les différentes formes et les différents sons de behorl et behorder, dans l'ancien français et le bas-latin, la conjecture devient tout à fait vraisemblable.

t 2. BOURDE (bour-d'), ». f. Terme de marine. Mât pour soutenir un bâtiment échoué.

— HIST. xiv's. Le lundi après les bordes [brandons], DU CANGE, bordx. Li dit habitant auront es diz bois usat;e de prGn<lre et coper des diz bois, pour faire les bordes le jour des brandons, m', ib. |{ xvi° s. Si vous ouvrez encor les yeux. Si vos oreilles ne sont sourdes. Tant de bourdes [béquilles] de ces boiteux. Qu'en dittes vous? ce sont des bourdes, d'aub. f œn. II , B.

— ÉTYM. Contraction de behourt, behort, beliourde, sorte de lancedont on se servait pour jouter dans les tournois (voy. béhoubdis); provenç. beor;; anc. espagn. bohordo, bofordo; hai. bagordo, bibordoidii l'allem. Ilûrde, claie; anc. haut-allem. hurt (([ui se trouve dans hourdcr, voy. ce mot), et d'un préfixe qu'on ne peut déterminer; Diez propose d'y voir bol (radical qui est dans boltare. bouter), de sorte que bohorder, behourder, signifierait bouter, heurter contre le hourd, l'échafaud, la coustruction.

+ 3. BOURDE (bour-d'), t. f. Terme de métier. Mélange de sel et de soude pour fabriquer du savon et du verre.

BOURDEE (bour-dé), «. n. Dire des bourdes. Peu usité.

— msT. xiv s. Et oy le service Dieu dévotement, sans border et sans regarder cà ne là, du CANOK, burdare. Et sachiés, à l'eure de lors. Ne pensast nulx que il l'amast. Mais si comme as autres bourdast, Chasicl. de Court, (840. Il xV s. Ainsi bourdoient et jangloient les chevaliers l'un â rautre, moiss. j, i, an Lors plus me va bour-

BOU

dant; Mon ami est qui me fait entendant D'un cigne blanc que c'est un corbeau noir, ch. d'obi.. Vall. <07.

— CTYM. Uourde i.

BOURDKUR (bour-deur), s. m. Celui qui donne des bourdes. Peu usité.

— HIST. XV* s. Adonc prit la parole le duc de Bretagne : Entre vous, bourdeurs et langayeurs, vous mettez le royaume en vostre volonté, froiss. II, II, 46. Jehan dit à hauUe voix qu'il y avoit aucuns bourdeurs et bourderessos en la ville qui avoient bourde et rapporté aux gens d'armes.... du CANOË, burdare.

— ÉTYM. Bourde.

f BOURDIGUE (bour-di-gh") , s. f. Terme de pêche. Sorte de labyrinthe construit en roseau et composé de différents réservoirs dans lesquels le poisson s'introduit successivement, sans pouvoir revenir sur lui-même, jusqu'au dernier, d'où on le retire avec des filets faits en forme de poche, legoarant. Il On dit aussi bordigue.

— ÉTYM. Bas-lat. bordigala, burdicala, burdiculuM, diminutif de borda, logis, demeure (voy. borde).

BOURDILLON (bour-di-Uon , Il mouillées) , s. m. Bois de chêne refendu pour faire des futailles.

— ÉTYM. Bourdon t , ou bourde 2.

I .BOURDON (bonr-don), s. m. || l°Long bftton de pèlerin , surmonté d'un ornement en forme de pomme. Robert Gtiiscard et ses frères vont en pèlerinage â Rome le bourdon h. la main, volt. Uœurs, 39. Il 2» Terme de pêche. Bâton dit aussi bordeneau, qui s'ajuste à l'extrémité des seines. || 3° Dans l'armement de la chevalerie, lance à grosse poignée. Il 4° S. m. plur. Perches formées des arbres dépouillés de leur écorce. |1 5° Bourdon de Saint-Jacques, nom vulgaire de la guimauve. || 6» Terme d'imprimerie. Faute d'un compositeur qui a passé un ou plusieurs mots de la copie.

— lllST. xiii's. Si prist bourdon et eskerpe et esclavine et se tapi au miex qu'il pot, Chron. de Bains, p. 107. Il [J. C] qui par le bordon de fust, Por les amosparpechié mortes, Devoitd'enferbrisier les portes, la Bose, (8982. Et [je] port o moi par grant effort Escherpe et bordon grant et fort, ib. 2(622. Et Pieres li Hermites, li pèlerin sénés, Son bordon en sa main, qui fu fors et quarrés, Ch. d'Ànt. 443. Gel abbé de Cheminon si me dona m'escharpe et mon bourdon, joinv. 200. || w s. Ce sera avecques ses enfants.... et bourdon pour lui appuyer, fboiss. ni,

IV, 68. ||xvi" s Qu'il voyoit bien, que la prise

de Metz, ainsi précipitée, le contraindroit de planter à Wissembourg le bourdon [de s'y arrêter]; et qu'il falloit penser du retour, cabl. iv, 23. Je n'ai ni querelle ni procez, et suis bien aimé de mes voisins et tenanciers, d'ailleurs j'ai une petite lame dans ce bourdon, d'aub. Fa>n. i, (. Si avoient du commencement proposé de charger les Romains avec leurs bourdons [lances] , pour essayer de fendre et ouvrir leurs premiers rencs, amyot, Crassus, 46.

— ÉTYM. Bas-lat. bordonvs, bordo, burdo, burdus; provenç. bordo; espagn. burdos, étai: ital. bordone; d'un radical latin hurdo, âne ou mulet; le bâton qui soutient ayant été assimilé au mulet qui porte, ou plutôt, comme dit Du Cange, les pèlerins allant souvant sur des ânes ou des mulets, et le nom de l'animal qui les portait étant resté au long bâton dont ils étaient munis. Mais, examinant les sens du texte ou de l'historique , on en voit une part revenir à bourde 2 ou beliourde, lance.

2. BOURDON (bour-don) , s. m. Terme de musique, il 1° Bourdon d'orgue, celui des jeux de l'orgue qui a les tuyaux les plus longs et les plus gros, et qui fait la basse. || 2° Ton qui sert de basse continue dans certains instruments tels que vielle, musette et cornemuse. Il 3° Dans le violon, nom ancien de la quatrième corde (le sol argenté). Dans la vieille musique, on voit souvent écrit : sur le bourdon; on écrit maintenant : sur la quatrième. Si le son est tiré de la chanterelle ou du bourdon, J. J. rouss. Ém. II. Il 4° Faux-bourdon, musique dont toutes les parties se chantent note contre note. (>'est là la définition de l'Académie; mais, d'après de Lafage, Court complet de plain-chant, n" C89, le faux-bourdon signifie fausse-basse, parce que la basse est transportée à la partie supérieure, et il est toujours du plain-chant chanté à plusieurs parties et note contre note, et non de la musique proprement dite. Il 5° Grosse cloche. Le bourdon de Notre-Dame. || Fig. Le maréchal de Duras écoute un instant le bourdon des aiiplaudissements Idonnés à ViUeroyl, si-sm.

JiUU

— HIST. XV* Musique notée par fainte, Avecqup faulx bourdon de maleur, ch. d'oul. Bond. || xvr s. Je ne saurois chanter, et, quand je le voudrois, Js jure par ton bouc qu'encor je ne pourrois : Car on m'a pris d'emblée à ceste matinée L'anche de mon bourdon que tu m'avais donnée, bons. 743 Toy, Perrot, prends en don cette belle chevrette [corne muse] ; Son ventre est fait de cerf, son anche est dt coudrctte; Son bourdon de prunier; jamais ne perd le vent, m. 745.

— ÉTYM. Provenç. bordas, vers; espagn. bordon , sorte de vers, refrain; ital. bordone; angl. hurden, refrain. II y a dans le gaélique, bûrdan, bourdonnement; ancien anglais, bourdon. Diez pense que, s'il était certain que les longs tuyaux d'orgue eussent reçu, en bas-latin, le nom de burdones, il faudrait considérer le bourdon d'orgue comme le même, à cause d'une assimilation de forme, que bourdon, bâton de pèlerin, et le gaélique biJrdan, comme emprunté aux langues romanes. Mais trop de doute reste sur cette dérivation. La présence d'un radical burd signifiant bourdonner, à la fois dans le gaélique, dans l'anglais et dans le français, porto à croire que le mot est celtique et non roman.

3. BOURDON (bour-don) , s. m \\ 1° Insecte de la famille des abeilles. Vrais bourdons ou bourdons proprement dits, hyménoptères de la famille des abeilles, volumineux, très-velus, vivant dans des galeries souterraines, en sociétés peu nombreuses, composées de mâles, de femelles et d'ouvrières. Leur piqûre offre les mêmes dangers et réclame les mêmes soins que celle de l'abeille. || 2* Faux bourdon, mâle de l'abeille; il y en a 600 à 800 pour 20 000 à soooo ouvrières dans une ruche, et une seule femelle. Ici l'abeille et le bourdon murmurent , bern. de s.-p. Étude VIII. Il Fig. Cette divine abeille [Emilie] va porter son miel aux bourdons de Versailles, volt. Leltr. vers, ao.

— HIST. XVI" s. Les abeilles ou avettes, les guespes, les freslons, les bourdons, les tahons, pabé, xxiii, 34. Touchant les bourdons ou frelons, qu'en plusieurs endroits de Languedoc l'on appelle abeilîards, c'est une espèce d'abeilles naissant avec les bonnes, o. de serres, 446. Comme les bourdons inutiles au bournal [ruche] pillent sur les abeilles, LA bqbtie, 236.

— ÉTYM. Bas-lat. burdo, dans les gloses d'iElfricus; b«rdoni/s dans Papias. Le nom de l'insecte est le même que celui du bourdon en musique.

t BOURDONNANT, ANTE (liour-do-nan.nait 1'), adj. Qui bourdonne. Les témoins déposaient qu autour de ces rayons Des animaux ailés, bourdonnants, un peu longs. De couleur fort tannée, et tels que des abeilles. Avaient longtemps paru, la font. l'abl. I, 2(.

t *. BOURDONNÉ, ÊE (bour-do-né, née), aaj Il l'Terme de blason. Croix bourdonnée, croix dont les branches sont arrondies comme le bourdon d'un pèlerin. || 2°Termede commerce. Papier bourdonné, papier ridé.

— ÉTYM. Bourdon t.

2. BOURDONNÉ, ÉE (bour-do-né, née), part. passé. Un air bourdonné.

BOURDONNEMENT ( bour-do-ne-man ) , s. m. Il 1" Bruit des petits oiseaux et de certains insectes en volant. Le bourdonnement des oiseaux-mouches, des abeilles, des hannetons. || 2° Par extension, le murmure sourd et confus d'un grand nombre de voix. J'entendais autour de moi un bourdonnement : ahl ahl monsieur est Persan, montesq. lett. pers. 30. Il 3° Terme de médecine. Bourdonnement d'oreilles, bourdonnement qui dépend soit du battement des artères, soit de l'introduction de l'air pur le conduit auditif rétréci, soit enfin d'une disposition particulière du nerf acoustique. || Bounloniiement amphorique, son perçu à l'auscultation de la poitrine, et ressemblant au bourdonnement d'une abeille enfermée dans un vase.

— HIST. xvi* s. Bourdonnement [d'oreilles] causé d'un humeur plus cras et visqueux, paré, xvi, 40.

— ÉTYM. Bourdonner.

BOURDONNER (bour-do-né), V. n. || 1* Bruire comme les bourdons, en parlant des insectes, etc Une mouche bourdonne à ses oreilles, pasc. Imag. 6. Ne souffrons pas qu'elle bourdonne, Qu'elle bourdonne autour de nous, bérano. Ubuche. Abandonnant les fleurs, de sonores abeilles Viennent en bourdonnant, sur ses lèvres vermeilles. S'asseoir e déposer ce miel doux et flatteur.... a. chénieb, ÉÙg. 30. Il Par extension. En entendant cet essaim [de nonnes] bounionner,On eùtàpcineertendu Dieu tonner, GREss. Vert-tert, ch. n. \\ 2° .Murmurer. Les ducs n'avaient rien à perdre; ils laissèrent bour-

BOU

aonner et aboyer, st-sim. 484, 47. Les plus familiers [du roi] bourdonnèrent contre ce valet [qui »vait pris un biscuit], iD. 30, 97. || 3" F. a. Chanter à demi-voix, entre ses dents. Il bourdonne toujours quelque vieil air. |{ Fig. L'insecte bourdonne ses louanges [de Dieu] , l'éléphant le salue au lever du soleil, CHATEAUBR. Génie, l, v, 3. || 4" Faire entendre une chose avec imporlunité. 11 faut que je bourdonne mes peines comme la mouche, sÉv. 393. Il 5* Mouvoir le battant de la cloche pour frapper des deux côtés.

— llIST. xiii* s. Et tant enseigne qui vers le ciel bordone, Agolant dans du cange, Glnss. français. Il xvi* s. Ils claquetent comme cigales, ils bourdonnent comme les mousohes, paré, Anim. 25.

— ÉTVM. Bourdon 3.

BOUBDONNET (bour-do-nè), s. m. Terme de chirurgie. Petit rouleau de charpie de forme oblongue.

— ÉTYM. Mot à(^iot petit Vourdon, petit biton

(voy. BOURDON ))■

t BOUBDONNEUR (bour-do-neur), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui bourdonne. Les colibris et les oiseaux-mouches sont bourdonneurs, et, substantivement, sont des bourdonneurs.

— ÉTYM. Bourdonner.

t BOUKDONNIER (bour-do-nié), s. m. Penture dans un gond renversé. || Arrondissement au haut du chardonnet d'une porte. || Support de la poutre d'un moulin.

— ÉTYM. Bourdon 1 .

BOURG (bour; le g ne se fait pas entendre, bien que l'Académie dise qu'on prononce bourk'. Cette prononciation, qui n'a plus pour elle l'usage, n'a par conséquent rien qui la justifie. Devant une voyelle, plusieurs prononcent le g comme un k : un bourg étendu, un bour-k étendu; d'autres disent : un bour étendu. Au pluriel l's ne seUepas: des bourgs étendus, dites : desbour-étendus; cependant plusieurs prononcent en liant : des bour-z étendus), s. m. Grand village où il se tient des marchés. Ils habitaient un bourg plein de gens dont le cœur Joignait aux duretés un sentiment moqueur, la font. Phil. et B. Il Bourg pourri, petit bourg d'Angleterre, qui , ayant le droit d'envoyer des membres au parlement, n'usait de ce droit que sous le bon plaisir de quelque grand seigneur, ou en trafiquait.

— HiST. XI* s. Quatre homes ou de burt ou de vile, Lois de Guill. 43. Gésir [nous] pourrons au bure de St Denise, Ch. de Bol. Lxxv. || ni* s. [Il] Ne trove bore ne castel qu'il nen praigne, Ronc. p. ^. Ardant irons ses viles, ses chastiaux et ses hors, Sax. xxvu. Mais um faiseit les portes del bure tûtes guaitier. Th. le mart. 49. Là o [où] estoient 11 champ et li maisnil, Les bêles viles et li bore seignori. Croissent li bois, ronces et aubespin, Lamort de Gann, 2939. Il xiu" s. Com se il fussent né au bour à St Denis, Berte, v. Bours et chastiaux et villes, fermetés et destrois, ib. LXi. Li Grifon avoient mandé que il venist à la serre lorsque il seroit anuitié, et il le meteroient ou bourc, H. de valenc. xxiv. Maintenant se prist le roy à fermer [fortifier] un neuf bourc tout autour le viex chastiau, dès l'une mer jusques à l'autre, joinv. 26».

— ÉTYM. Bourguig. bor; provenç. bore; espagn. burgo; ital. borgo; du latin burgus, reçu dans la langue latine dès le iv siècle, et qui se rattache à l'ancien haut-aiiemand burg, goth. baurgs, lieu fortifié. Il y a aussi, dans le celtique, borg, qui est gaélique. Comparez le grec mpyoi, une tour.

BOURGADF, (bour-ga-d'), s. f. Petit bourg dont les maisons disséminées occupent un grand espace. Il est prêt à faire entendre sa voix dans les hameaux et dans les bourgedes avec autant de satisfaction que dans Rome même, fl^ch. Panég. Ii, p. 350. lis [les préceptes de J. C] ne furent d'abord annoncés qu'à des disciples grossiers et aux bourgades de la Judée, mass. Car. Evidence. Les Romains étaient passionnés pour leur patrie, pendant que ce n'é- Wit qu'une bourgade, vauven. Nouv. max. 35. Dans ti solitaire bourgade , Rêvant à ses maux tristement Languissait un pauvre malade, millev. Prieî voar moi. Les bourgades des sauvages, au nombre de deux ou trois cents, détachées les unes des auras, u-i peuvent pas se soutenir , montesq. Lettr. pers. 4 20.

— HIST. xvi' s. Il vieillit en une méchante bourgade de barbares , amyot , Sertor. 4 1 .

— ÉTYM. Bourg.

t BOCBGAGE (bour-ga-j'j , s. m. Terme d'ancienne coutume. Héritage roturier, en Normandie, situé dans une ville ou bourg, et qui n'était assujetti à aucune redevance féodale ou censuelle.

BICT. DE LA LANGUE FRANÇAISK

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— ÉTYM. Bas-lat. burgagium, de burgus (voy. bourg).

t BOtTBGELAS (bour-je-lâ), s. m. Variété de raisin à grains blancs ou dorés et de forme ovale.

BOURGÈNE (bour-jô-n'), s. f. Voy. bourdaine.

t. BOURGEOIS, OISE (bour-jol, jol-z'; l's se lie : un bourgeois honorable, dites : un bour-joi-z honorable), s. m. et^. Il 1° Citoyen, citoyenne d'une ville, jouissant des droits attachés à ce titre. Un bourgeois considéré. Une riche bourgeoise. Et ne savez-vous plus qu'il n'est princes ni rois Qu'elle [Rome] daigne égaler à ses moindres bpurgeeis ? c"bnN. Nicom. 1 , 2. Les bourgeois de Rome sentirent qu'ils s'étaient enlevé à eux-mêmes leur plus zélé défenseur, le p. catrou dans DESFONTAiNES. Combien n'a-t-on pas vu de belles aux doux yeux. Avant le mariage anges si gracieux, Tout à coup se changeant en bourgeoises sauvages. Vrais démons, apporter l'enfer dans leurs ménages, boil. Sat. x. || 2'> S. m. sing. collectif. Tout le corps des citoyens d'une ville. Le bourgeois a pris les armes. || 3° Terme de féodalité. Bourgeois du roi, celui qui était exempté par le roi de toute servitude. On vit des échevins se qualifier bourgeois du roi, VOLT. Moeurs, 98. || 4° Personne appartenant à la classe moyenne d'une ville. Un bon bourgeois. Les bourgeois et les ouvriers. |j 5° Le patron ou maître chez lequel un ouvrier travaille. On dit dans le même sens, au féminin, bourgeoise. || 6° Il se dit par opposition à noble, à militaire. Un simple bourgeois. Il 7" Par dénigrement, homme sans distinction. Il est sans goût, c'est un bourgeois. Cela sent spn bourgeois. Alors lui et ses compagnons ouvrirent la bouche quasi tous ensemble pour m'appeler bourgeois ; car c'est l'injure que cette canaille donne à ceux qu'elle estime niais ou qui ne suivent point la cour, Francion, p. 286 de l'édition de )635. Vous êtes une sotte et une mal apprise de traiter de bourgeois un officier du roi.... moi, bourgeois! Voyez, je vous prie la simplicité et l'impertinence, Le Théâtre italien de ghérardi, 4690, t. i, p. 437, 438. Et quand nous leur témoignons, Proserpine et moi, que cela nous choque, ils nous traitent de bourgeois et disent que nous ne gommes pas galants, BOiL. Héros de romans.

— ÉTYM. Voy. le suivant.

2. BOURGEOIS, OISE (bour-jol,joî-z'), odj. || l°Qui est de bourgeois. Caution bourgeoise , caution solvable et facile à discuter. Je veux caution bourgeoise qu'ils ne me feront point de mal, mol. les Préc. 4 0. || Comédie bourgeoise, représentation donnée par des personnes qui ne jouent la comédie que pour leur amusement. || Maison bourgeoise, maison simple, bien tenue, mais sans luxe; on l'emploie aussi par opposition à maison garnie, à hôtel. || Habit bourgeois, par opposition aux différents costumes officiels. Comme il n'y avait pas de galons à sa livrée, cela faisait à peu près un habit bourgeois, i. j. Bouss. Conf n. \\ Cuisine bourgeoise, cuisine bonne, mais sans apprêts. X la bourgeoise , se dit d'une manière très-simple d'apprêter les viandes. Vin bourgeois, vin non frelaté. || 2° Par dénigrement, qui manque de dignité, d'élévation. Avoir l'air bourgeois. Des discours bourgeois , de caillières , en ( 690. Est-il de petits corps un plus lourd assemblage. Un esprit composé d'atomes plus bourgeoisÏMOL. F.sav. n, 7. (Les expressions atomes bourgeois, air bourgeois sont citées comme nouvelles dans le grand Dictionnaire des précieuses, publié onze ans avant les Femmes savantes , ) 672.) Des personnages qui ne sont point dans la nature, des amours bourgeois et insipides, VOLT. Lett. Damilaville, 24 août 4764. Monsieur, pour ses amis, entretient une actrice; Madame, des beaux-arts bourgeoise protectrice.... gilb. XVIIP siècle.il Substantivement. Ce que vous dites là est du dernier l)ourgeois, mol. Prdc. b. || 3° Terme de diplomatique. Lettre bourgeoise, caractère tenant le milieu entre la gothique cursive et la gothique moderne.

— HIST. XI* s. Li burgeis qui ad en sun propre chatel [avoir, bien] demi marc vaillant. Lois de Guill. 4 8. Toutes les rues où li burgeis estent, Ch. de Bol. cxc. Il xu' s. Un borzois fut moût riches et manant [opulent] , Itonc. p. 4 90. Ses borjois [il] fait armer chascun à sa maison , Sax. viii. Tuz les en fist chacier e humes et muilliers; Les elers enpersonez, burgeis e chevaliers, Od filles et od fiz, od enfanz laiteniers, Th. le mart. 64. || xiu' s. Moût sonttrestuit dolent libourjoi de Paris, Berte, xax. Chevahers ne bourgeois, vilains na paîsant, <b. cvn. Li bourgois requisentassolution et li proierent que il les menast par ordene de droit, Chron. de Kains, 4 4 5. Moult a en lui [elle] franche borjoise, Ben. 44648. C'est quant le [la] mare est de franque

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nascion [naissance], si comme de bourgois ou de gent de poesté, franque et hors de serritude, DEAUH. XLV, 29. Or arint encore ainsi que un mien bourjois de Joinrille m'aporta une baniere et un fer de glaive, joinv. 228. Estaut de Nogent fu le bourgois du monda que le conte creoit le plut [croyait le plus] , id. 205. Ces bourgois de Troies, quant il virent que il avoient perdu le secours de leur seigneur, id. 204. L'argent et la chandoile por ce quep^it poise, Porte par contenance à l'autel la borgoise, j. de meung, Tesl. 42o«. || xiv* s. Comme la bourgeois veille pour acquérir richesses à lui et à ses enfants, le chevalier et le jioble veille pour acquerre pris et les ou monde, Ménagier, t. l, 3. Il xv s. Il y avoit un bourgeois àGand qui s'appeloit Jean Lyon, froiss. n, it, 52. Mes bourgeoyses sans nul séjour Partent et se mettent en voye, co- QL'ILLART, Ûonologue des perruques.

— ÉTYM. Bourguig. borgey; Berry, borgeois; provenç. borges, borxes; espagn. burges ; ital. borghese; du bas-latin burgentis, adjectif tiré do burgus (voy. BOURG). Le bourgeois était un homme du bourg, du lieu clos et fortifié, tandis que le villain était l'habitant (le la ville Oatin, rilla), maison de campagne, lieu ouvert et non fortifié. Cuisine bourgeoise se disait, au xiii* siècle, viande demaitnie, c'est-à-dire nourriture de la maison.

t BOURGEOISE (bour-joi-z'), ». f. Sorte de tulipe d'un rouge vif.

BOURGEOISEMENT (bour-joi-ze-man), odo. D'une manière bourgeoise, en simple bourgeois. Il a toujours vécu bourgeoisement.

— ÉTYM. Bourgeoise, et le suffixe ment. BOURGEOISIE (bour-joi-zie), (. f. || 1° Qualité de

bourgeois. || Droit de bourgeoisie, prérogatives accordées aux citoyens d'une ville, d'un Éuit. Le droit de bourgeoisie à vos peuples donné, corn. Sertor. II, 2. Il Fig. Laquelle maladie ayant pris droit da bourgeoisie chez lui, mol. Jf. de Pourc. i, 4 4. Il 2° Le corps des bourgeois, les bourgeois en général. Hanter la bourgeoisie. S'allier à la bourgeoisie.

— HIST. XIII* s. Et establi à estre juges de la court de la borgesie, Ass. de J. l, 23.

— ÉTYSl. Bourgeois; provenç. borguesia; itaL borghesia.

BOURGEON (bour-jon), *. m. || 1" Œil des arbres qui, se développant, donne les branches ou les feuilles. Faux bourgeon, œil qui, l'année da sa formation, au lieu de rester àl'état d'oeil, se développa en bourgeon. Mais attends que l'hiver s'en aille , et tu vas voir Une feuille percer ces nœuds si durs pour elle. Et tu demanderascomment un bourgeon frêle Peut, si tendreet si vert, jaillir de ce bois noir, v. HUGO, F. d'aut. 26. Il 2" Le nouveau jet de la vigne. Il 3° Fig. Boutons rouges qui viennent au visage. Elle peint de bourgeons son visage guerrier, boil. Lutr. i. C'était [Riom] un gros garçon court, joufllu, pale, qui, avec force bourgeons, ne ressemblait pas mal à un abcès, st-sih. 485, 64.1a duc de la Feuillade avait une physionomie si spirituelle qu'elle réparait sa laideur et les bourgeons dégoûtants de son visage, ID. «9, 55. || 4- Terme da pathologie. Bourgeons charnus, nom de granulations coniques et rougeàtres qui se développent à la surface des plaies suppurantes et en déterminent la cicatrisation. || 5° S. m. plur. Terme de commerce. Laines fines qui s'allongent par brins.

— SYN. ŒIL, bourgeon, bouton. L'œil est ce qu'il y a de plus général; c'est la première marque d'un développement nouveau dans l'arbre. En se développant, l'œil devient bourgeon ou bouton : bourgeon, s'il doit donner des branches ou des feuilles; bouton, s'il doit donner des fleurs et des fruits.

— HIST. XII* s. Bon burjon de boue raîz [racine], E de haut père vaillant fiz, benoIt, ii, 4273». Il XIII' ti. X cel tens ne sera mie fruiz en arbre ne borjons en vigne, Psautier, ^ 4M. Et quant borjon à l'une [plante] viennent, Les autres flestries se tiennent, la Rose, b»83. Barbier, or viennent les groiseles; Li groiselier sont boutoné, Et je vous raport les noveles Qu'el front tous sont li borjon né, ruteb. 246. Il XIV* s. Jeune bourgeon et tendre, Ménagier, u, 6. Il 3tv*s. Dès le temps de la Praguerie, là où ses meurs commenchoient à estre cogneus en leur bourgeon, y perchupt on ce que on y trouva da puis, o. CHASTEL. Ch. des ducs de Bourg- i, ch. 58. Il XVI' s. Tunica ocularis : en françois, maille, taye, bourgeon, pabè, xv, 5. Une pluma très molle, comme de duvet, ou un petit bourgeon [flocon | da laine cardéa, qui par la mouvement puisse testi fier la respiration, m. xviii, 54. Au wmps d'cntei en fente , un bon œil ou bourgeon est prins du grella

liOU

où il se troive plus gros, bois et tout, o. bb semés,

-1 ÉTYM. Berry, borgeon; y icarà, ftordon. Ménage le tire de bourre, à cause de l'état bourru des bourgeons. Dlez le fait venir de l'allemand : goth. burjdn, s'élever. On l'a aussi rattaclié, par transposition de l'r, au français irt-ou(;provençal, trot, bro(o; ce à quoi s'accorderait le picard bordon. Mais l'étyniologie reste incertaine.

HOlIRGKOiNNÉ, ÉE (bour-jo-né, née), adj. Quia dus boutons sur la peau. 11 ne se dit gutre qu'en parlant de la face. Visage, front bourgeonné. Cet homme au nez bourgeonné.

t nOURGEONNBMENT (bour-jo-ne-man) , s. m. Evolution des bourgeons; époque do cette évolution.

— HIST. XVI' s. Au premier rang sont mis les abricotiers, aubergers, pêchers, pour leur hastif bourgeonnement, o. de serres, 67«.

— f.TYM. Bourgeonner.

BOUKGEOiNNKK (bour-jo-né), V. n. \\ 1° Pousser des bourgeons. Les arbres commencent à bourgeonner. Il 2° Fig. et familit'rement. Son visage bourgeonne, il lui vient des boulons au visage. Le front lui bourgeonne. || 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

— mST. xii* s. La verge leva [il], si flori. Et borjona et reverdi, wace, Vierge Marie, p. 38. Il Hii* s. lort [était] leur créance bourjonnée [répandue] En pluseurs liens par le royaume, guiart, t. I, p. 30, v. 282 (780). || xvi" S. Eu ce tardifplanter la reprinse de l'amandier est très douteuse, pour son natiuel hastif à bourgeonner, o. de

SBRBES, 679.

— ÉTYM. Bourgeon..

t BOCUGEONNIER (bour-jo-nié), s. m. Un des noms vulgaires du bouvreuil.

— ÉTYM. Bourgeon.

\ BOUKG-ÉPINE ou DOURGUE-ÊPINE ( bourghé-pi-n'), I. m. L'un des noms de l'ilaterne.

— HIST. XIV" s. Quxiam nigra spina qux dicitur gallice bourque espirie, du cange, pepuia.

ÉTYM. Ce mot semble dire épine de bourg,

épine dont on ceignait les bourgs; mais il faudrait des textes à l'appui.

t BOURGERON (bour-JG-rnn), s. m. Petite casaque de toile que portent certains ouvriers.

— ÉTYM. Peut-être tiré de horge, ancien nom d'une sorte de toile (voy. bourgeteur, à l'étymologie), ou peut-être encore, comme on dit aussi bergeron, de berger : vêtement de berger.

t BOURGETEUR (bour-je-teur), s. m. Nom, à Lille, des ouvriers qui travaillent en laine.

— ÉTYM. Ricbelet dit que ce mot vient de la ville de Bourges, à cause que des ouvriers de Bourges portèrent à Lille cette industrie. Mais l'ancien français avait borge, sorte de toile, borgier, fabricant de borge, dont d'ailleurs l'origine n'est pas connue.

fBOURGlN (bour-jin), «. m. Terme de pêche. Sorte de filet.

— ÉTYM. Bas- lat. broginus, bruginus, sorte de filet; origine d'ailleurs inconnue.

BOURGMKSTRE (bourgh'-mè-str') , s. m. Titre du premier magistrat des villes de Belgique, d'Allemagne, de Suisse, etc.

— HIST. XV' s. Li brugemaistro et les seigneur» de Bruges firent ouvrir le guichet, froissart, ii,

— ÉTYM. Allem. Burgmeister, de Burg, cité, bourg (voy. bouhg), elUeistcr, maître.

t BOURGNE (bour-gn'), s. (. Terme de pêche. Sorte de nasse, dite aussi l)Ourgnon, que l'on place à l'extrémité des parcs ouverts.

— HIST. XV' s. Certains instruments et engins pour pescher poissons, nommez et appeliez borgnes ou borgnons, du cange, borgnus.

— ÉTYM. Borgne : les épithètes de borgne et d'aveugle étant données à des objets qui n'ont point d'issue.

t BOURGNON (bour-gnon) , s. m. Voy. bocrgne. - 1 '. BOURGOGNE (bour-go-gn'), s. m. Le vin de Bourgogne. Une bouteille de bourgogne vieux. Le ''Ion bourgogne.

— ÉTYM. Burgundia, de Burgundi, nom d'un peuple germain qui s'établit dans l'est de la Gaule, lors de la chute de l'empire romain.

t 2. BOURGOGNE (bour-go-gn"), s. f. Nom vulgaire du sainfoin.

^^.^^«•GNON (bou-ri-gnon), s. m. Terme de ï»ecno. hUet pour les petits poissons.

.,1- '"^'^•.^* s- Le suppliant alloit pour lever cer- »n« on™ ^T\°" ^"8'°' '»°"ïi'^ ^ prendre poU- ""ÏCk'^C^'^^-™- « au'tremenSise,

BOU

t BOURIOLK (bou-rl-o-1'), ». f. On des noms de la béca.sse.

t BOURJANOTTE (bour-ja-no-f) , s. f. Sorte de figue d'une couleur bleufttre foncée.

t BOURLE (liour-1'), s. /■. Tromperie, attr?pe. Une certaine mascarade que j(; prétends faire entrer dans unebourle que je veux faire à notre ridicule, mol. B. Centilh. m, l*. Vieux.

— HIST. xv S Si ne guerroyons pas courtoisement, fors à labourle, sans nul titre de guerre raisonnable, froiss. ii, ii, 207.

— ETYM. Provenç. fturjo et biiWar're, moqueur; cat. etespagn. burla; portug. buîra. D'après Ménage, approuvé par Dlez, de burra, bourre (voy. ce mot), employé déjà par Ausone dans le sens de plaisanterie, par l'intermédiaire d'un diminutif burrufa, burla. La première édition de Molière a bourle, changé dans beaucoup d'éditions, mais à tort, en bourde.

BOURLET, s. m. Voy. bourrelet.

t BOURLINGUER (bour-lin-ghé) , v. n. Terme de marine. Fatiguer, enparlantd'un b&timent qui lutte contr« une grosse mer.

fBOURNOUS (bour-noû), s. m. Manteau de lai ne blanc et à capuchon, porté par les Bédouins. On dit actuellement de préférence burnous.

— RtYM. Arabe, boraos, manteau à capuche; espagn. albomoi (avec l'article arabe o2).

BOURRACHE (bou-ra-ch'), s. f. Plante à feuilles velue»; on l'emploie en tisane, commç diaphorétique et diurétique (borrajo officinalis, L.).

—HIST. x^II•s.Fleursdebourraces,ALEBRANT,^ I5. Il xvT 8. Il usera de bouillons, ausquels auront cuit bourrache, buglosse, etc.PARfi, v,9.Houbelon,bourroche, iD. v, 26. Ceste-ci [buglosse ou langue de boeuf] a ses vertus plus fortes que la buglosse ou bourrache des jardins, quoique syrabolisans presques en toutes propriétés, o. de serres, «27.

— ETYM. Arabe, obou rae.h, père de la sueur. Planta sudorifique, originaire d'Afrique et introduite par 1rs Maures en Espagne. Borrago est du latin des botanistes, formé de borrache.

BOURRADE (bou-ra-d') , s. f. \\ 1° Terme de chasse. Atteinte du chien qui enlève du poil au Uèvre qu'il court. || 2° Par extension, coups de crosse de fusil, coups de poing. Cela vous aurait épargné les bourrades que ces brutaux vous ont données, DANCOURT, les Curieux, 4 7. 1| 3° Fig. Attaque en paroles ou vive repartie. MM. des enquêtes donnèrent, à leur ordinaire, maintes bourrades à MM. les présidents, retz, ii, 255. Il [Brissac] lui donnait [à Fagon] des bourrades devant le roi qui mettaient Fagon en véritable furie, st-sim. 339, 2m. Roquette remboursait accortement ces sortes de bourrades; il n'en sourcillait pas, id. 4 09, 8.

— HIST. xvi* s. Le roi le suivit [le duc de Parme qui battait en retraite] , lui donnant toujours quelque bourrade, p. de l'étoile, dans le Dictionnaire

de D0CBEZ.

— ÉTYM. Bourrer.

t BOURRAGE (bou-ra-j'), s. m. \\ l'Action et manière de charger une mine. || 2° Matières dont on se sert pour bourrer quelque chose.

— ÉTYM. Bourrer.

t BOURR AGUE (bou-ra-gh') ,s.m. Terme de pêche. Sorte de nasse.

BOURRAS (bou-râ), s. m. -Grosse toile faite d'étoupes de chanvre.

— HIST. xiii* s.Vestue [elle] ot unesorquanie [souquenillej. Qui ne fut mie de borras; N'ot si bêle jusqu'à Arras, la Rose, <2(7. ||xv' s. Le suppliant demanda aux compaignons se ilz avoient point prins les penelles et bourras que leurs bestes avoient sur eulx, DU GANGE, bouratium.

— ÉTYM. Bourre.

BOURRASQUE (bou-ra-sk") , s. f. || 1° Coup de vent impétueux et de peu de durée. Le canot, à peine en mer, fut assailli d'une bourrasque. || 2° Fig. Emportement brusque et passager. Les bourrasques populaires. Songe combien il t'a fallu essuyer de bourrasques. || Caprice, entraînement passager. Je n'ai jamais été follement prodigue que par bourrasques, j. j. rouss. Conf. V. Il Violentes attaques. Si vous avez encore quelques bourrasques à essuyer de votre bile, sév. 2.

-- HIST. XVI' s. L'asseurant que les Princes avoient desja pas.sé la Dordonne, après cette bourrasque de Montcontour. carl. ix,44. Lafriandisede Parisestoit telle, qu'en disputant à ce séjour s'il falloit attaquer Chartres, le prince eut envie de retourner faire une bourrasque dans les fauxbourgsde Paris, d'aub. Ilist. i, 166. Ou comme on voit qu'en mer une bourrache Par violence en tempestant arrache Hors de son lieu le mast qui es* lebout... rons. 966.

BOU

— ÉTYM. Espagn. borrasea; ital. burratca, mai», avec un o, borrascoso. D'après Diez, de l'italien borea, vent du nord, bora dans les patois, d'où, avec réduplication de l'r, borrasca, burrojco, mot formé comme l'espagnol nevasca, orage de neige, de nietie, neige.

I . BOURRE (bou-r") , s. f. || 1° Amas de poils détachés de la peau de certains animaux à poil ras. Terre grasse mêlée avec de la bourre. Matelas remplis de bourre. Le petit-fils de Cé.sar se vit réduit k manger la bourre de son lit, j. j. rouss. Ém. iv. Il Bourre de laine ou bourre lanice, la partie la plus grossière de la laine. || Bourre de soie, la partie du cocon qui ne se dévide pas. || Fig. Chose de peu de valeur. Il y a bien de la bourre en cet ouvrage. Jour à jour j'étais informé du fond de cette curieuse sphère [la cour] ;la bourre mêmeen était amusante, et parmi cette bourre rarement n'y avait-il pas quelque chose d'important, st-sim. 239, 189. || 2" Ce qu'on met par-dessus la charge des armes à feu pour la retenir et la presser. La bourre d'un fusil. J'ajoute aux pistolets une petite charge sans bourre, J. J. nouss. Em. i. || 3° Par extension, duvet qui couvre certains bourgeons à leur naissance. La vigne a gelé en bourre. Le chameau de tête [celui qui est en tête de la caravane] est attaché par une corde de bourre de palmier, chatkaubr. Itinér. u, 194. Les mousses dans leur bourre élastique.... jd. Génie, m, v, 5. || Enveloppe sèche de certaines graines. De la graine de trèfle en bourre. || i-Terme de tannerie. Vieux tan qui est sur la peau du mouton au sortir de la tannerie, jj 6° Drogue colorante faite avec du poil de chèvre très-court qui a bouilli dans la garance. || 6° Terme de métallurgie. Fer défectueux. Il 7° Ancien terme de commerce. Bourre de Marseille, étoffe moirée, dontlachalne était de soie, et la trame de bourre de soie.

— HIST. xiu* s. Primes [il] vest unes espauliores De boure de soie moult chieres, Bl. et Jeh. 3978. Chauces faites de bourre et d'autres mauve.ses estoffes, Liv. des mit. 4 39. Nus seliers ne puet coudre bazane avec vache ne avec veel pour nul fournement. ne nule menuiere de poil avec bourre quele que elle soit, ib. 209. Il peut mètre devant son pis et devant son ventre un contrecuer de teille et de coton , ou de laine ou de borre de sée [soie] , tel et si fort come il vodra, Ass. de Jér.i, (70. || xv s. Et à brief parler je m'y fourre Ne plus ne moins qu'eu une bourre, villon, Archer de Bagn. jj xvi' s. Le sergent de qui Goas avoit tiré promesse de ne tirer que le bourre n'entrast, et de rompre croce sur cap, passe plus de la moitié du champ, d'aub. Hist. i, 288. Et ceux [les chevaux] qui restoient se mangeans les crins et les queues les uns aux autres, et encorle bourre qu'ils arachoient de leurs selles, id. ib. m, HO. Courir après une petite pelote de cuir et de bourre, despeb. Contes, xl. De la bourre de foulons, 0. DE SERBES, 388. Avec Un peu de bourre blanche de tondeur, id. 394. Amitiez dignes de l'aage des amans, qui n'ont encore aucune vertu qu'en bourre, ni nul jugement qu'en boulou.

SAINT FRANÇOIS DE SALES, p. 54 3.

— ÉTYM. Provenç. espagn. et ital. barra; du latin burro, qui se trouve dans l'anthologie; dans Ausone , burrx , au pluriel , avec le sens de moquerie.

t2. BOURRE (bou-f'), s. f. Nom vulgaire de la cane en Normandie.

— ÉTYM. Bas-lat. boureta, dans un texte du xiv* siècle.

BOURRÉ , ÉE (bou-ré , rée) , part, passé. \ \ 1° Bien rempli. Un matelas bien bourré. || Gorgé. Bourré de sucre et brûlé de liqueurs, gress. Vert-Yert, ch. IV. Il 2° Grondé, gourmande. Si nous les attrapons, ils seront bien bourrés, sév. 4 96. || Bourré de coups , bien battu.

BOURREAU (bou-rô), «. m. || 1° Celui qui inflige les peines corporelles qu'ordonnent les arrêts rendus en matière criminelle. Livré au -bourreau. Livre brûlé par le bourreau. Faisant passer Photin par les mains d'un bourreau, corn. Pomp. v, 4. Val je suis ta partie et non pas ton bourreau, id. Cid, III, 4. Je craignais beaucoup moins tes bourreaux que ses larmes, id. Poly. iv, 4 . On les bat de verges par la main de bourreaux, boss. iu , Pent. 4 . Fouetté par la main du bourreau, pasc. Pror. 6. || Valet de bourreau, homme qui aide le bourreau dans les exécutions. || Insolent comme un valet de bourreau, odieusement insolent. || 2° Par eiten.sion, meurtrier. Et toi-même des tiens devenu le bourreau, CORN. Cinna, iv, 3. De deux princes ses fils elle fait ses bourreaux, id. Rodog. n, 4. Toi-même de ton sang devenir le bourreau, hac. Phèd. iv, 6. Il veut... Qu'au lieu de votre époiu je sois votre

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