VIVRE
t BRACnYCATAlECTE (bra-ki-ka-ta-lè-kf) et BRACUYCATALECriQL'E (bra-ki-ka-ta-lè-kti-k'J, adj. Terme de métrique ancienne. Nom des vers auxquels il manquait un pied.
— ÉTYM. BpayO;, et /.aTOi/TiXTtxo;, qui finit.
t BRACHYCÉPHALE(bra-ki-sé-fa-l'), ad;. Terme d'histoire naturelle. Nom donné aux races d'homme» dont la boite crânienne, vue d'en haut, présente k forme d'un œuf, mais plus courte ou tronquée et arrondie en arrière. Les races brachycéphales. \\ Substantivement, les brachycéphales.
— ÉTYM. Boayùs;, court, et «ça)Ti, tête.
t BRACUYCÈRE (bra-ki-sê-r"), adj. Terme d'histoire naturelle. Qui a les cornes courtes. || Le brachycère, coléoptère ^ cornes courtes.
— ÉTYM. Epayù;, court, et xÉpa;, come.
tBRACUYCUÔRÉE(bra-ki-ko-rée), s. m. Terme
de métrique ancienne. Pied formé d'une longue entre deux brèves. C'est la même chose que l'amphibraque.
— ÉT"yM. Epayù;, court, et xopeto;, chorée (voy. ce mot).
t BRACH\T)ACTYLE ibra-ki-da-kti-l') , ad;.Terme d'histoire naturelle. Qui a les doigts courts.
— ÉTYM. ppayO;, court, et SotxTyXo;, doigt.
t BRACHYGRAPHE (bra-ki-gra-f), s. m. Celui qui sait écrire lar abréviation.
— ÉTYM. Voy. BRACHYGRAPHIE.
t BRACHYGRAPHIE (bra-ki-gra-fie), s. f. Art d'écrire par abréviation.
— ÉTYM. Bpayùc, bref, et ffi^tiv, écrire.
t BRACHVLOGIE (bra-ki-lo-jie), s. f. Vice d'élocution, qui consiste dans une brièveté excessive, et poussée assez loin pour rendre le style obscur.
— ÉTYM. Bpayù;, court, et Xô^Os, discours.
t BRACHYLOGIQUE (bra-ki-lo-ji-k'), adj. Qui a rapport à la brachylogie.
t BRACHYPNÉE (bra-ki-pnée), s. f. Terme de médecine. Respiration courte et lente.
— ÉTYM. BpayO;, court, et hveÎv, respirer.
t BRACHVPODE (bra-ki-po-d') , t. m. Terme d'histoire naturelle. Nom d'une famille d'oiseaui (passereaux) qui ont les pieds courts.
— ÉTYM. Bpay.";. court, et isoOç, pied.
t BRACIIYPTÉRE (bra-ki-plè-r'), s. m. Terme d'histoire naturelle. Nom d'oiseaux aquatiques qui ont les ailes courtes.
— ÉTYM. BpayO;, court, et «repiv, aile.
f BRACHYSCIÈN, lESÎŒ (bra-ki-»siin, sslè-n"), adj. Terme de géographie. Dont le corps ne peut donner au soleil qu'une ombre très-courte ; ce qui est le cas des habitants de la zone torride. Les peiK pies brachysciens.
— ÉTYM. Bpjx'J;. court, et axtà, ombre.
t BRACHYSYLLABE (bra-ki-sil-la-b'), t. m. Pied de \ers latin ou grec composé de twis brèTe». Ou dit plutôt tribraque.
— trrtt. Bpax^c, court, et syllabe.
f BRACHYURB (bra-ki-u-r") , adj. Terme d'his toite naturelle. Qui a la queue court».
BRA
BTTM. npayie, court, et oOpô, queue.
f BRACON (hra-kon), i. m. Terme d'arcliiteclure Iiy(fraiiliqu8. Poiitro qui soutient le» portes il'iine écluse.
— BTYM. Voy. BRAIB S.
BnAaWNAGE (bra-ko-na-j'), t. m. L'ensemble de» déprédations commises par les braconniers; action de braconner.
— HIST. xin* .s. Et il, comme sire de Mareuil, puet et doit avoir droit de braoonage [droit de seigneur] sur filles et fiUetes,au me [ma] dite seigneurie, nucAHOR, braconagium.
— ftTYM. BracontiFT.
t BRACONPJfi, KE (hra-ko-né, née), adi. Chien braconné, ancienne locution pour chien bien dressé.
— HIST. XVI* s. Un chien trop jeune ou trop peu braconné, Alectnr Ilomain, p. m, dans lacuhne
SAINTF.-PAI.AYE.
— ÊTYM. lirncwmer.
BRACONNER (bra-ko-né), v. n. Prendre ou tuer, à la déroliée, du giliier sur les terres d'autrui. Les pauvres gens qui n'.iuront pas braconné, J. J. houss. l^.m. IV. Il Fig. Avoir des galanieries cachées. Gabrii'Ue [la maltresse d'Henri IVJ daignait permettre Qu'on braconnSt dans son canton, bérang. Chasse. Il 11 se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
— HIST. xin' s. Si flUes et filletes se marient et si le dit sire ne les braconne [n'use du droit du seigneur], escheent en deux sols envers le [la] dite seigneurie, du cange, braconagium.
— ÊTYM. Voy. bhaconnieh; wallon, hrakener. BRACONNIER (bra-ko-nié ; IV ne se lie jamais;
au pluriel l't se lie : des bra-ko-nié-z audacieux), s. m. Il 1° Celui qui Ijraconne. J'aurai bientôt des braconniers à punir, j. i. rouss. Ém. iv. Comment.... ce braconnier? .... c'est pour un braconnier que tu me demandes la place de garde-chasse? Il débute bieni bavard et dumanoir, la Marquise de Prc'tintaille , scène S. || Fig. Auprès de ta femme jolie Combien de braconniers voit- on I bérang. Chasse. || 2° Chasseur qui ne ménage pas le giliier et tue le plus qu'il peut.
— HIST. XII* s. Braconier maistre en fist li rois Pépin; Les chiens li baille, cil volentiers les prist, Garin, dans du cange, braeeo. || xui's. Li braconier les chiens descoptenf, Et li hrachet au leu [loup] s'acoplent. Et Ysengrin moult se herice, hen. 1221. Il XIV* s. Jehan des Chiens, serviteur et braconier de nostre amé et féal cousin Guy seigneur de la Trimouille, bu cange, escorca. || xv*8 Et que chacun prist sans plus un pain, et le troussast derrière lui, en guise de braconnier, moiss. 1,1, 37.
— ÊTYM. Braconriier veut dire, d'après les anciens exemples, Celui qui dirige les chiens broi/iies, il vient de braque (voy. ce mot); il a pris ensuite le sens détourné qu'il a maintenant.
t BRACTÊAIRE (bra-kté-ê-r'), adj. Terme de botanique. Oui tient de la bractée.
— ÊTYM. Bractée.
t BRACTEAL, AIJ8 (bra-kté-al, a-1'), adj. Terme te botanique. Qui concerne les bractées. Feuilles bractéales, celles qui avoisinent le plus les bractées et en ont quelques caractères.
— ÊTYM. Bractée.
t BRACTÊATE (bra-kté-a-f) , adj. féru. Terme de numismatique. Monnaie bractéate, et, substantivement, une bracleale, nom .lu ,jl.iijucs décoratives et de monnaies fabriquées avec une mince feuille de métal, avec un seul coin, et l'oruiant relief aux dépens du revers qui se trouve porter le type en creux. On a fait usage de monnaies bracteates en Allemagne, en Polo>;ne, en Alsace, en .Suisse, depuis le XII* siècle jusqu'au xiv*. Les plaques décoratives appartiennent à l'antiquité; cepondant on conserve quelques braciéates d'or athéniennes que l'on croit être de petites divisions monétaires.
— Rtym. Bractea, feuille de métal.
BRACTÉE (bra-ktée), s. f. Terme de, botanique.
Nom de petites feuilles distinctes des autres par leur forme et leur couleur et qui, placnes au point d'insertion des (leurs, les recouvrent avant leur développement.
— ÉTVM. Bractea, feuille de métal.
t BRACTÉIFP.RE (bra-kté-i-fê-r'}, ad/. Terme de botanique. Oui porte une ou plusieurs bractées.
— ErVM. Bradée et ferre, porter.
i RRACTTIFORME (lira-kté-i-form'), od/. Terme do Iwtaïuqiip. Oui est en forme de bractée.
— ÊTYM. JtrMtie et forme.
t BRACTÉOLAIRK (bra-klé^vlê-r^, adj. Terme ne hoiiiminm. Qui a rapport aux bracléoles.
— r.TYM. Ilrncténlf.
i BRACTP.(»|.E (hra-kté-o-l'), s. f Terme de bo-
BRA
taniqiie. Petite bractée. || Terme de métier. Feuille ou lame d'or; rognure de feuilles d'or.
— P.TYM. Diminutif de bractée.
t BRACTFX)I.É, ÉE (bra-kté-o-lé, lée), adj. Terme de liotanique. Oui est pourvu de bractéoles.
t BRADYPE (bradi-p'), t. m. Terme d'histoire naturelle. Nom de l'animal dit paresseux.
— RTYM. Bpaîùî, lent, et tuoOi;, pied.
t BRADVPEPSIE (bra^di-pè-psie), s. f. Terme de médecine. Digestion lente et difficile. Je veux que vous tombiez dans la bradypepsie, mol. Mal. imag.m, 6.
— ÈTYM. BpaSu7teij/îa, de PpaSùç, lent, et ■nia- (TEiv, digérer, proprement cuire (voy. cuire).
j- BRAOYPODE (bra-di-po-d') , t. m. Terme d'histoire naturelle. Les bradypodes, les animaux appartenant à la famille des bradypes ou paresseux.
— ETYM. Voy. BRADYPE.
tBRAGtTE (bra-gh'), s. f. || 1* Autre forme de braie. Culotte, caleçon. L'écuyer de Darius tint .sa main cachée sous ses bragues, p. l. cour, ii, lOii. Vieux. Il 2° Ancien terme militaire. Partie du bas de la cuirasse. || 8° Terme de marine. Nom de cordages qui retiennent les affûts des canons. || 4° Morceau de bois placé au bout du corps du luth pour en cacher les éclisses.
— ËTYM. Voy. BRAIES.
t t. BRAGCET (bra-ghè), s. m. Terme de marine. Cordage destiné à soutenir le poids du niftt qu'on veut mettre en clef.
— ÊTYM. Diminutif de brague.
t 2. BRAGUET (bra-ghè), s. m. Voy. brachet. BRAGUETTE (bra-ghè-f) , s. /. Voy. bravette.
— HIST. XV* s. C'est un chasseur sans sa trompe. Sans braguette un lansquenet, bassel. 60.
t BKAIIMA (brâ-ma), s. m. La première déité de la triade des Indiens et le formateur du monde. Mais je les corvaincrai d'orgueil et d'imposture Ces élus de Brahma.... delavigne. Paria, 1, *.
— ÊTYM. Sanscrit, brùhma, la divine essence du monde; brShmàn, le dieu Brahma.
BRAHMANE (brâ-ma-n'), s. m. Nom donné aux prêtres formant la première des quatre grandes castes chez les Indiens, et enseignant la doctrine des Védas ou livres sacrés. || On dit aussi brachmane, brame, bramine.
— ÊTYM. Sanscrit, bràhmàn, homme de la caste sacerdotale, issue de Brahma.
BRAHMANIQUE (bra-ma-ni-k'), adj. Qui appartient, qui a rapport aux brahmanes.
— ÊTYM, Brahmatie.
BRAHMANISME (bra-ma-ni-sm'), s. m. Doctrine des bralimanes ou religion des védas.
— ÊTYM. Brahmane.
t BRAHME (bra-m'), t. m. Voy. brahmane.
t. BRAI (brê), s. m. Suc résineux qu'on tire du pin et du sapin. Brai sec, l'arcanson; brai liquide, le goudron ; brai gras naturel, sorte de bitume retiré de l'asphalte; brai gras artificiel, mélange de goudron, de brai sec et de poix grasse.
— HIST. xiti" s. Retraire le bray [fange] de l'yau de Somme, du cange, braium.
— ÊTYM. Provenç. brac, fange; ital. brago ; anc. frarç. brai, fange; du Scandinave brdk, goudron, par assimilation entre le goudron et la fange.
t 2. BRAI ou BRAY (brè) , s. m. Terme de chasse. Piège pour les oisillons, composé de deux petites pièces de bois.
— ÊTYM. Voy. BRAIL.
t ». BUAI ou BRAY (brè), t. m. Terme de commerce. Escourgeon, orge broyée pour la bière.
— HIST. xiii* s. Moudre nostre gru et nostre brais, du cange, brace. \\ xiv* s. Toutes les autres rentes soient en deniers, en blez, en avaines, en brès.... ID. bretium. \\ xv* s. lYoys molins , dont l'ung nommé 1° molin braseret n'estoit que à moire braie, grain à brasser cenoise ou goudalle, id. brace.
— ÊTYM. Bas-lat. brace, brexiutrt, sorte de blé
(voy. BRASSER).
4. BRAIES (brê), t. f jilur. || 1° Culotte, caleçon. Tous ces barbares [les Francs] portaient de longues braies, chateaub. Hart. (9t. Vieux en ce sens. Il Fig. et populairement. 11 en est sorti, il s'en est tiré les braies nettes, il s'est tiré heureusement d'une mauvaise affaire. Moi, je dis que nos libertés auront peine à sortir d'ici les braies nettes [saines et sauves] , MOL. lesPréc. ii. || 2* Ausing. Une braie, couche ou lange qu'on met aux petits enfants pour les empêcher de se salir. || 3° Terme de marine. Morceau de grosse toile goudronnée que l'on cloue en certains endroits, pour empêcher l'eau d'entrer dans le lAtiment. || 4» Terme de métier. Traverse
BRA
de bois qu'on met sur le pailler d'un moulin à »ent. Il Morceau de papier dont les typographes «arnissent la frisquette de leur presse.
— HIST. XII* s. Après aveitla haire près de la char vestue, Einsi apareillie que ne fust pas veUe, E les braies de haire plus près de la char nue, Ulanchea braies desus de telle chier vendue, 1h. le mari. tti«. Car les brais de sa haire lui firent si granl mal, ib. <<4. Celé a ses braies avalées Qu'ele avoil à son cul fermées, 71m. 7(59. Et puis que n'i ot braies traites, Ne huis brisiez, ne portes fraites, S'ele m'a chier et ele m'aime. Cil faus jalons de coi se claime? ib 1(1997. Et li drois fu tel .selonc les u.sages du pais, que le .«îerjant vint en ma herberje deschaus et en braies, jomv. 288. Par la menaison [diarrhée] qu'il avoit, il li convint le soir couper le fonz de ses braies, m. t92. || xv* s. Il cueillit en si grand haine son compagnon qie, pour lui faire plus grand blasme, il le fit prendre par ses varlets et le fit mener et courir tout nud en ses braies parmi la ville, FROiss. Il, m, (7. Et se devestirent là ces six bourgeois [de Calais] en leurs braies et leurs chemises, in. I, I, 32t.
— ÊTYM. Wall, brdie, bandage passant autour du ventre; provenç. braia, braga; espagn. hragas ; ital. brache; du latin fcroco, mot gaulois d'après le dire des auteurs, qui se retrouve encore aujourd'hui dans le celtique : bas-bret. brage%, braies, brôi, jupe; gaéL brigit, briogais, braies. On a là, dans nos textes, un exemple de orais écrit sanse et monosyllabe, tandis que braie était toujours de deux syllabes.
t 2. BRAIE (brê), s. f. Sorte de muraille servant de retranchement (voy. fausse-braie, au mot faux, adj.).
— ÊTYM. Bas-lat. braca, bracea, digue, levée; anç. franc, bracon, braccon, qui paraît signifier poutre; on ne sait d'oil vient braca ou bracon.
f ». BRAIE (brê), s. f. Terme de pêche. Sorte de grand entonnoir en filet, que l'on forme au bord de la mer, et que l'on soutient avec des clayonnages ou des pieux.
— HIST. xrv* s. Et que braie à chance orbe ne queure [ne coure], du cange, brace.
— ÊTYM. Bas-lat. braca, braga; sans doute dite ainsi par assimilation avec les braies, vêtement
t BRAIL (brall, Il mouillées), s. n». Piège pour la chasse aux oiseaux.
—HIST. XII* s. Que si sont pris come oiseletàbroi, Gérard de Vienne, 3593. || xiii* s. Sise tenront en nostre loi. Tant qu'il nos aient pris ni broi, Parton. 9017. Il XVI* s. On peut aussi prendre oiseaux par autres manières, comme est au hrail àuneguvette, à quoi l'on prend les petits oiseaux, du cange, bre nexellus.
— ÊTYM. Il y a dans le provençal bretx, brec, bres, piégea oiseau, ancien français, brct (il eut peur d'estre prins au bret, dans raynouard. Lexique); espagn. portug. et ital. brete. Brail, le baslatin brenexellus, l'ancien français broi, dont brail n'est qu'une autre forme, le dérivé broion qui a le même sens, semblent être de même origine que bret; mais cette origine est inconnue (comp. briller 2).
BRAILLARD, ARDE (bra-Uar, Ilar-d', Il mouillées, et non bra-yar), adj. Oui braille. Enfant braillard. Femme braillarde. || Substantivement Non,
non, c'est à vous [àne] de parler, X leurs orateurs [des hommes] de se taire; Voilà les vrais braillards, LA FONT. Fab. XI, (6. Je fis entendre aux braillards que je soupçonnais quelque autre [du vol du manteau], P. L. cour. lett. I, 68. Il S. m. Terme de marine. Sorte de petit jiorte-voix de bord.
— ÊTYM. Brailler.
+ BRAILLE (bra-ll'. Il mouillées), ». f || l'Terme de pêche. Pelle de bois à l'usage du saleur de harengs. Il 2" Terme d'agriculture. Balle du blé séparée du grain.
t BRAILLEJIEXT (bra-Ue-man, Il mouillées, et non bra-ye-man), t. m. || 1° Cri désagréable de certains animaux. Le braillement d'un chien, d'un cheval. || 2* Manière de parler des braillards.
— ÉTVM. Brailler.
t. BRAILLER (bra-Ué, U mouillées, et non brayé), V. n. Il 1° Parler d'une voix haute et a.ssourdissante. Cet homme ne cause pas, il braille. || 2° Crier d'une manière importune. Pourquoi braillez-v.im si fort? Il Substantivement. L'Angeli Ile fou de Louis XIV] dit qu'il n'aimait pas le brailler, volt. Louis Iir, 24. Il Familièrement. Mal chanter. Nous n'irons plus dans les coulisses Brailler en cnœur à l'Opéra, BÉRANG. CofKordar. Il 3° Terme de chasse; Se dit d'un chien qui crie sans être sur la voie.
BRA
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BRA
-- HIST. xm* s. Ains (iert et frape et roillo et maille Celé qui brait et crie et braille , la Rose, 9m. XVI* s. Son asne voltipeoyt aprfts les eîeplians la gueule bée, comme s'il brailloyt et, braillant martialement, sonnast l'assaut, rab. Punt. v, 40, Il ne perJra pas l'avoine pour brailler, cotghavk.
— JvTVM. Bourguig. braillai; picard, hrnyi-r ; provenç. hrailar. Brailler parait formé de hroire (qui avait jadis le sens général de crier), comme criailler l'est de crier (voy. braisk).
t 2. BRAILLER (bra-llé,H mouillées), e.o. Terme de pècbe. Remuer les harengs avec la braille en les saupoudrant de sel.
— ftTYM. Braille.
BRAILLEUR, ECSE (bra-lleuf, leû-z', Il mouillées, et non bra-yeur), adj. Oui braille, qui ne fait que brailler. Quel enfant brailleur! Cheval braiUeur, clieval qui hennit très-souvent. || Substantivement. Diable soit îles brailleurs! mol. Prol. de la Princ. Et jamais, quelque appui qu'on puisse avoir d'ailleurs. On ne doit se brouiller avec ces grands brailleurs, MOL. Jfi's. II, ♦.
— ÊTYM. Brailler.
RRAIMEN'T (brê-man), S. m. Cri de l'âne.
— HIST. XIII' s. Tiercelin entent la losenge, Ovre la bouche el giete un bret [cri], Ren. 7277. Devant •uis brait à vois série, X si bas cri merci leur crie, Ou'envis puet l'en oir le brait , la Rose,t 5289. Quant li Turs les coisi [vit], si a un brai jeté, Ch. d'Ant. VI, 782. Il XV* s. Si ce n'eust esté la brairie Du co.sté (leversla prairie. Oui disoit : Pierre, quefaictes-vous? VILLON, Arch. de Bag. || xvi* s. Nenny; malgré vo.stre brayrie Vostre cause perdrez content, j. mabot, V, 306. Il veut stimuler tant mieux ses vrais serviteurs à prier, quand ils voyent que les cris et brayemens des gens profanes ne sont pas quelquefois sans profit, CALVIN, Instit. «90. Chasser aux bois, voiler aux grans prairies, Ouyr des chiens les abhois et brayries, mabot, ii, 76. Encore que le bray d'vn asne ou la chanson D'vne importune rane ait beaucoup plus de son.... dubell. iv, 83, verso.
— ÉTYM. Voy. braire. L'ancien français était hrait, qui, n'ayant d'autre sens que celui de cri en général, s'applique aussi bien à l'homme qu'aux animaux ; puis sont venus hrairie et brayement.
RRAIRE (brê-r'). Il l°K.n. Crier, en parlant de r?ine. L'Une se mit à braire. || Fig. et familièrement. Cet homme ne chante pas, il brait. Et puis viens-t'en me braire. Viens me conter ta faim et ta douleur, la FONT. Jum. Il faut hurler avec les loups, d'autres disent braire avec les Anes, p. L. COOR. I^tt. n, 83. Il 2° Substantivement. Il [l'homme] traite notre rire et nos discours de braire, la font. Fabl. xi, 5. Le prince de Conti avait un rire qui eût tenu du braire dans un autre, st-sim. 220, 24 1.
— REM. D'après l'Académie, ce verbe est usité seulement à l'infinitif: braire; aux troisièmes personnes du présent de l'indicatif : il brait, ils braient; du futur : il braira, ils brairont; et du conditionjel : il brairait, ils brairaient. Cela est trop sévère. D'abord un fabuliste, faisant parler ries flnes, pourrait employer sans hésiter les autres personnes : je brais, tu biais, nous nrayons, vous brayeï ; de même au futur et au conditionnel. Fuis rien n'empêche de se servir de l'imparfait : il brayait; et des temps composés : il a brait, il avait brait, etc.
— HIST. xi's. Et homes, braue, contre teriemourir, Ch. de Roi. cclv. Cil d'Ociant i braient et hcnis^ent, tb,ccLvii, 1| xii's. Mort [il] le trébuche sans braire et sans crier, iîorac, p. 62, Que que li felun l'un t féru et deti-enchié, Edel ferir se sunt durement etforcié.N'aviei brait, negroni,ne crié, ne huchié, Ne pié ne main n'aveit à sei trait ne sachié Th. le warl. 4l>0. Il xiii* s. Au temps que les cornoilles braient. Qui por la froidure s'esmaient — ruieb. II, BO. Cil qui de chanter .se fait cointe, commence de rechief à brere, Ren. 72H3. Quant les enfants ans Sarrasines hreoient, elles leur disoient: tiitoy, tai toy, ou je irai querre le roi Richard qui te tuera, joiNv. 275, virant pitié estoit d'oïr brere les gens parmi l'ost auxquiex l'en copoit la char morte, ID. 237. Il XIV* s. Du car [char] le [la] piour roe [plus mauvaise roue] ot-on bien souvent braire, Baud. de Seb. I, («021 II XV* s. Si fut il bien en la porte, tondis huyant et bravant et faisant signe, bien une heure, fhoiss. ii, iii,43. Tantost fist.... les arbalestriers tirer druement sur celé chiennaille, qui là brayoent comme enragés, Bowciç, 11, ch, 21 , ||xvi*s, J'ay icy longuement repeu mes yeulx, mais mon estomicli brait de maie raige de faim, rab. Pant. v, St. Les Papistes, contre la défense de l'Apostre, chantentetbrayent de langue estrange et incognue, en laquellele plus souvent ils n'en tendent pas eux-
mnsmes une syllabe, calv. Tnst. 7 12, Mais comme ilz ne cessassent point pour cela de crier et de braire contre luy, il .se meit à leur faire ce compte, amtot, /•hoc, i2. Ils brament comme les cerfs, ils brayent comme les asnes, paré, Anim. 25,
— RTYM, Normand, picard, wallon, hrai're, crier, pleurer; provenç, braire, crier, 11 y a dans le baslatin braqire, hennir, d'où liraire aurait été fait, comme l'ancien français muire de muriire, bruire du bas-latin brugire ; de bragire on rapproche l'irlandais brea.i, cri, bragain, crier; le bas-breton breûgi, braire; le kymri bragal, crier; le gaél, bragain, crier, X cftlé de bragire, Diez propose de considérer plutit braire comme raire (voy, baihf) fortifié par un b : b-raire. On remarquera que dans l'ancien français, dans le provençal et dans nos patois, braire a le sens général de errer, sens qui ne s'est limité que tardivement au cri de l'ftne,
t RRAIRÈTE (brè-rè-f) , i. f. L'un des noms vulgaires de la primevère,
BRAISE (brê-z') ,s.f.\\i' Bois réduit en charbons ardents. Une belle braise. La braise donne beaucouji de chaleur. Un cerf dont leschairs n'avaient point encore pétillé sur la braise, chateaub. Natch. 11, 89, Il [un génie qui anime et transforme la braise du feu du prisonnier] me fait voir, sur la braise animée. Des bois, des mers, un monde en peu d'instants, BÉRANG, Feu du pris. |{ Gigot à la braise, gigot cuit dans une braisière. || Fig, Tomber de !a poêle dans la braise, tomber d'un état fftcheux en un pire. .le tombai par malheur de la poêle en la braise, ré- GMF.R, -.Sat. X. Il Passer sur quelgue chose comme chat surbraise, se dit pour exprimer qu'on glisse sur un sujet .sans oser en parler à fond. Le garde des sceaux parla peu, dignement, en bons termes, mais comme un chat qui court sur la braise, st-sim. 5(4, 60. Harcourt, qui parla après [d'Estrées] , fut court et do même avis; Noailles parut comme un chat sur braise, ID. 426, 153. || Le rendre chaud comme braise, se venger à l'instant, || Être chaud comme braise, avoir un tempérament ardent. Dans les gardes françaises J'avais un amoureux Fringant, chaud comme liraise. Jeune, beau, vigoureux, vadé, Amatile abandonnée. \\ Fig, Être sur la braise, être en proie à une vive anxiété, à une extrême impatience. Il 2° Fig. Ardeur, Si vos yeux sont toute sa braise. Et vous la fin de tous ses vœux, MALH,iii,t. >\ Vieux en cet emploi, || Les Calabraises sont noires dans la plaine, blanches sur les montagnes, amoureuses partout; Calabraise et braise, c'est tout un, p. l. couRH. Lett. I, 167, Il 3° Charbons éteints. Braise de boulanger. La braise est trè.s-commode pour allumer le feu. La braise asphyxie comme le charbon.
— HIST. XII* s. Et cil guardad e vit à sun chief un pain quit .sur breze, et ewe en un vais.sel, Jiot's, 320. Il XIII* s. Lors les ont mises sor la brese. Qui des tisons lor fu remese [restée], Ren. 927, En [on] vos deûst ardoir en brese. Si que la poudre en fust ventée, ih. 12878, C'est amor qui soulle et atise La brese qu'il t'a ou cuermise, la Rose, 6424, Li remembrers m'en met la breise Au cuer de fine amor \ernie, Roman de la poire.
— Ktym. Namurois, brè.je; rouchi, bresse; provenç. et espagn. brasa; ital, brada, brancia, brngia; du germanique : flamand brase; ancien allemand, bras, feu, brasen , brûler ; suédois, brasa, feu vif; anc. .Scandinave, brasa, souder, braser. 11 y a aussi dans le celtique (gaélique) brath, conflagration.
BRAISÉ, ÊE (brè-zé, zée), part, passé. Gigot braisé, gigot cuit dans une braisière,
BRAISER (brè-zé), v. a. Faire cuire de la viande à la braise,
— ÊTYM, Braise.
BRAISIER (brè-zié; l'r ne se lie jamais), s. m. Huche où le boulanger met la braise quand elle est étouiïée,
— ETYM. Braise.
BRAISlfiRE (biè-ziê-r'), s. f.\\ 1° Vaisseau dans lequel on fait cuire certaines viandes à la braise. Il 2° Grand étouffoir à braise.
— KTYM. Braise.
•j- BRAISINE (brè-zi-n'), s. f. Mélange d'argile et de crottin de cheval pour tremper l'acier
— ÉTYM, Voy, BRASER,
BRAME (bra-m'), s. m. Voy. brahmane.
f BRAMEMENT (bra-me-man) , s. m. Action de bramer. On n'y entendait d'autre bruit que le bramement des cerfs, BERN. DE st-p Paul Cl Virginie. Le désert ne répétait que les soupirs des vents, le bramement des cerfs et le chant des oiseaux, cha- TEAUBR, Match. 1, 80, J'écoulais le bruit du vent dans
la solitude, le bramement des daims et de: rerfs, m llinér. t" partie.
— ETYM, Bramer.
BR AMER (brâ-mé),r,n. Crier, en parlant du cerf. Dans ce val solitaire et sombre, Cecerf qui brame au bruit de l'eau, throphile, OF.uvres, )'* partie, p, «4», dans LACORNR STE-PALAYE. || Il se conjugueaveo l'auxiliaire a«oir.
— HIST. XVI* s. Le plus grand des elephans estoil cheutde travers tout au beau milieu de la porte, où il bramoit et empescboit de sortir ceulx qui vouloicnt reculer en arrière, AMTOT, Pyrrhus ,16. Nous voyons le cerf estant en rut bramer et crier après les biches, parK, xviii, 3. Begayans de voix, et bramans comme asnes, puis hennissans ainsi que chevaux, m. xxiii, 44, Ils brament comme les cerfs, ils brayent comme les asnes, id. Animaux, 25.
— ÉTYM. Berry, bermer, bremer, crier très-fort ; génev, bramer, crier, hurler; bourguig, braimai, crier; provenç, et espagn. bramar, crier; itul. bramnre; paysdeCoire, brammar; du germanque : ancien haut allem. iwffmanyhollandais, bremmen, mugir; comparez le grec ppE|i£tv, Marot a dit bramer en parlant des bœufs, l, 3<8, et d'autres écrivains en parlant d'autres animaux.
I BRAMIN (bra-min), s. m. Voy. brahmane.
BR.AMINE (hra-mi-n'), .v. m. Autre nom des brahmanes (voy, ce mol). Je serais curieux de savoir s'il reste encore quelque trace de l'ancienne langue desbrachmanes;lesbramines d'aujourd'hui .se vantent de la savoir, volt. letl. Pilavnine, 23 avr, (760,
BRAN (bran), s. m. || 1* Partie du .son la plus grossière. || Bran de Judas, tache de rousseur au visage. Locution vieillie, et qui vient sans doute de ce qu'on se représenta Judas roux. || 2* Bran de scie, poudre qui tombe du bois quand on le scie. Il 3° Matière fécale. || 4° Interjection qui sert à exprimer le mépris. Bran de lui ! Surtout vive l'amour et bran pour les sergents, bégnier, Sal. 11. || Vieux. Il Proverbe. Faire l'.lnepour avoir du bran, se montrer plus simile qu'on n'est réellement pour obtenir quelque chose.
— msT. XIII s. Li talemelier [boulangers] qui sont haubanier sont quites du tonlieu des pors cochon.s] qu'il achètent, por tant qu'il aient une fois mangié de leur bren [son], Livr. des met. e E.schalaz, bren, fuerre, tuile, ne doivent point de chaucie, ib. 278. jjxiv's. Pren des deux voies la meilleur; Laisse le bren et pren la fleur, bruyant, dans Ménagier, t. II ,p. <7. Chandelle mise en bran se garde souverainement, Uenagier, 11, 6. || xvi° s. Vendre à l'enchère autant bren que farine, j. marot, v, p. 2)6. Il n'est jour auquel on ne m'ouist gronder en moy mesmeet contre moy : bran du fat! mont, i, 270. Que cherches-tu , mon fils? — Quelques espousseltes, un miroir, une chaulTerette, un manche de cuillère, du bran de froment [pour la toilette], o'adb. Fan. III, t. Nulle peste, nulle guerre, nul ennuy; bren de paourté, bren de soulcy, bren de melancholie I rab. Progn. Pant. vi. [il] Faisoit de l'asne pour avoir du bran, id. ib. i, 2.
— ÉTYM. Berry, bren, prononcé 6rtn, ordure; provenç. bren, son; anc. espagn. bren de la farina; brenno, son dans plusieurs patois italiens; angl, bran; du celtique : gaél. bran; kymri, brdn ; basbret. brenn. Tous ces mots signifient son de farine; et pour le sens d'excrément que bran a aussi en français : gaél. breun; gall. bram, mauvaise odeur.
t BRANCADES (bran-ka-d'), i. f.plur. Nom qu'on donnait aux chaînes des forçats.
— ÉTYJ!. Branche.
BRANCARD (bran-kar ; le d ne se lie jamais : le bran-kar et 'e malade; au pluriel l'î ne se lie pas : les bran-kar et les malades: mais plusieurs la lient : les bran-kar-z et....), s. m. || 1° Litière à bras .sur laquelle on transporte un malade ou des objets fragiles, M. de ViUeroy se fit emporter sur un brancard à Villeroy, st.-sim, 82, 45. Je disais que je me ferais porter en brancard , du mont Caucase où je demeure, sur les bords de l'Oronte. chez le grand Barmécide, volt, Mme de Choiseul, u (évr. <77i.
Formant à la hftte un brancard de verdure,
nous marchons. Et dans ma grotte enfin mourairt nous le couchons, lamart, Joc.in, »5. Faisant un brancard de nos bras, 1. J. Bouss. Ém. v. || i*Braacard d'une charrette, deux pièces de bois sntr« lesquelles est placé le cheval. Cheval de brancard. Mettre le cheval au brancard. || Le brancard d'unt voiture à timon et à quatre roues consiste en deux pièces de bois qui joignent le train de devant à celui de derrière, et sur lesquelles porte la voiture. Le brancard d'une berline. En ce sens, on dit aussi les brancards. L'un (ies brancards est rompu.
BRA
— HIST. X»' B. Icnllui Genirt qui tenolt une fourqufite en su main, et le dit Olivjcr ung t)riuiquiart [gourdin], dd canok, branchia. || xvi's. En une proceuion où l'on trainnoit par la ville des images des dieux sur des hraiicarls, l'un des chevaux qui les tiroinnt, faillit à tirer, amyot. Cor. *«. Les rusclies »vec les alwillus dedans seront portées j]ar des hommes, non au col, ains avec un brancas, o. de