‹ Dictionnaire de la langue française (volume 4)Chapitre 312 sur 504 · CARL. V · texte numérisé non relu

CARL. V

— ÉTYM. Brusque ; Berry, braquer, heurter, choquer. Dans l'historique, brusquer a^Xs sens de chercher, proprement aller par les broussailles; ce qui tend à confirmer l'étymologie latine indiquée pour l'italien brusco (voy. brusque). Bouhours remarque que l'emploi de brusquer dans le sens de rudoyer est récent, et que sans doute, du discours familier, il ne tardera pas à passer dans les livres ; cela est en effet arrivé.

1 2. BRUSQUER (bru-ské), v. a. \\ 1° Terme de marine. Chauffer un navire pour le caréner. || 2° Terme de cuisine. Brusquer une volaille, la passer à la flamme après l'avoir plumée. || On dit aujourd'hui plus souvent la flamber.

— ÉTYM. Ane. catal. bruscar, passer à la Hamme ; ital. bruscare, de brusco, brusc (voy. brusc), broussaille, à cause de la flambée que l'on fait avec les broussailles; étymologie qui vient en confirmation de celle qui a été donnée pour brusque.

BRUSQUERIE (bru-ske-rie), s. /■. || 1° Caractère d'une personne ou d'une chose brusque. || 2° Action, discours brusque et offensant. Le maréchal de Joyeuse, qui ne se communiquait à personne et à qui il échappait des brusqueries fréquentes, st-sim.

— ÉTYM. Brusquer.

t BRUSQUET, ETTE (bru-skè , skè-t') , adj. Un peu brusque. || Substantivement, nom de chien. Et votre petit chien Brusquet, gronde-t-il toujours aussi fort, et mord-il toiijours bien aux jambes les gens qui vontchez vous? mol. Feslin,iv, 3. || Proverbe. X brusquin brusquet, c'est-à-dire, à celui qui parle d'une manière désobligeante, on répond sur un ton semblable. Il Aussi chanceux que le chien à Brusquet, se

BRU

dit d'une personne à qui rien ne réussiu; le chien de Brusquet n'alla qu'une fois au bois, et le loup le mangea.

— ÉTYM. Diminutif de ftrtuque.

t BRUSSOLES (bru-so-l'), s. f. plur. Terme de cuisine. Sorte de farce ou de ragoût.

— ÉTYM. C'est peut-être, avec un b épenthétique, une forme de rissole, autrefois roissole.

BRUT, BRUTE (brut', bru-t'; le ( se prononce au masculin, même devant un mot commençant par une consonne; il se prononce aussi au pluriel : des esprits brut'), adj. || 1" Qui n'a rien que de grossier et d'informe, en parlant des animaux. De tous les quadrupèdes, le cochon parait être l'animal le plus brut, BUFF. Cochon. C'est ainsi que devaient naître [de la terre et de l'eau] ces âmes vi'antes d'une vie bruteet bestiale [les bêtes], noss. llisl. ii,). Il 2" Kig. Sans culture, sans éducation, sans politesse. Un homme, un caractère brut. || Familièrement. C'est une bête brute, une personne stupide. Il 3* Oui est dans son premier état, avant toute maind'œuvre. Matière brute. Vous avez merveilleu.sement bien taillé et admirablement mis en œuvre ces pierres que je vous avais envoyées toutes brutes, VOIT. Lett. 126. Nous avons encore du plaisir, lorsque nous voyons un lieu brut et champêtre, montesq. Goût, Cur. Il Terrain brut, terrain qui n'apai encore été cultivé. || Fig L'éducation qui d'ordinaire dans les autres hommes embellit ou cultive un fonds encore brut ou ingrat.... mass. ViUeroy. || En termes d'histoire naturelle, corps bruts, les minéraux, par opposition aux corps organisés (végétaux et animaux). Il 4° Terme de finance, d'agriculture, d'exploitation , etc. Produit bnit, la totalité d'un produit avant la déduction des frais. || Recette brute d'un spectacle, d'un concert, tout ce qui a été reçu à l'entrée de la salle. || 5* 0"! n'est qu'à l'état d'ébauche. Celte statue est encore brute. |1 6° Patente brute, voy. patente. || 7° S. m. Cela nous prouve que la nature ne tend pas à faire du brut, mais de l'organique, buff. Animaux reprod. || 8" Adverbialement. Ce boucaut de sucre pèse brut cent kilogrammes, c'est-à-dire en comprenant dans le poids le fût et l'emballage.

— REM. Plusieurs bons auteurs ont écrit, avec un e final, brute au masculin comme au féminin. Que lui reviendrait-il de ces brutes ouvrages'? volt. De la liberté. Moi! complaire à ce peuple, aux monstres de Scythie, X ces brutes humains pétris de barbarie 1 ID. Scyth. v, 4. 11 n'y a aucune raison pour ne pas imiter, en poésie, cet exemple.

— HIST. XIV* s. II souffri que l'en li bailla le sournom de Brutus, pour ce que il se portoit à guise d'une beste brute, berciieure, ^ 26, recto. |1 xvi* s. Les choses esloient encore brutes et très incertaines.... Mém. s. Du G. ch. 19. J'ay veu aultrefois parmy nous des hommes amenez par mer de loinglain pals, desquels parce que nous n'entendions aulcunement le langage.... qui de nous ne les estimoit et sauvages et brutes 1 mont, ii, t78. Le capitaine de l'ille d'Ischie advertit par trois volées de canon que la merestoit brute; ils usent de ces mots pour dire qu'il y a des corsaires en mer, Brantôme, Cap. esirang. t. ii, p. 62, dans lacurne.

— ÉTYM. Provenç. brut; espagn. et ital. bruto, brute, et bruMo, laid; du latin brutus, lourd, pesant, stupide.

BRUTAL, ALE (bru-tal, ta-l'), ad;. || 1* Tenant de la brute. Il y a tant de gens qui se laissent entraîner à leurs appétits brutaux, descahtes. Les pauvres.... au fond de leurs demeures champêtres, vivant au gré d'un instinct brutal et à peine encore hommes, mass. Yillars. \\ 2* Grossier, violent, en parlant des personnes ou des choses. Leur brutale vertu veut qu'on s'estime heureux.... corn. llor.iv, 4. Tel porte jusqu'aux deux leur vertu sans égale. Et tel l'ose nommer sacrilège et bnilale, id. Ilor. m, 2. Il fallut satisfaire à son brutal désir, m. Rodog. n, 3. Apprenez en deux mots leur brutale insolence, ID. Poly. m, 2. Qui le pourrait croire, si l'expérience ne nous faisait voir qu'une erreur si stupide et si brutale [l'idolâtrie] n'était pas seulement la plus universelle mais encore la plus enracinée et la plus incorrigible parmi les hommes? boss. Uist. Il, 3. Ils se sont laissés aller à des actions brutales, id. Loi de Dieu. Qu'en un lâche silence Phèdre enseyelirait ta brutale insolence, bac. Phèd. iv, 2. Dites-lui [au roi] que, toute la nuit, ses satellites étrangers, gorgés d'or et de vin, ont prédit, dans leurs chants impies, l'asservissement de la France, et que leurs vœux brutaux invoquaient la destniction de l'Assemblée nationale, MIRAS. CoW. t. I, p. 323. Nos brutales perfidies, halb. m, a. Ce n'était pas de ces con-

BRU

BRU

BUB

quérar.ts brutaux et avare» cpii ne respirent que le pillage, Boss. Ilùt. m, «. || 3° S. m. Bête. Sauvemci des lions, sauve-moi des licornes. Et de tous les brutaux pleins de rage et d'erreur, RAC.Pia«m.2(. Inusité aujourd'hui en ce sens. || Celui qui a une violence grossière, qui est livré à des passions brutales, qui manque de savoir-vivre. Je ne serais pas surpris de l'extrême vaillance d'un brutal qui ne connaît ni le plaisir ni les douleurs, méré, dans bou- H0UR3, Nouv. Rem. La licence effrénée de ces brutaux avait rendu le nom des Macédoniens odieux, vAUGEL. dans bouhours, ib. La fortune avec toute sa puissance ne pourra jamais apprivoiser un brutal et polir la rudesse des mœurs, balz. dans bouhours, ib. La conquête de l'Egypte se fit par Cambyse; ce brutal ne survécut guère à Smerdis, son frère, qu'un songe ambigu lui fit tuer en secret, Boss. Ilist. I, 8. Il Populairement, homme qui bat, qui maltraite. || En langage de soldat, le brutal se dit pour le canon.

— HIST. XVI" s. Nous sommes acharnés à une vie brutale, laquelle est pire que mille morts, calv. 235. Si on demande aux plus idiots, voire aux plus brutaux du monde, pourquoi c'est qu'ils vivent, ils n'oseront pas simplement dire que ce soit pour boire et manger et dormir, id. 235. On ne peut pas discerner en quoi diffère l'ame de l'homme d'une ame brutale, id. Inst. 454. Quelle brutale stupidité! MONT. I, 72. L'ivrongnerie, entre les aultres, me semble un vice grossier et brutal, id. ii, <2. Tout liomme noble doit tant faire en ses jours que son nom ne se passe point en silence, comme le nom des brutaux [bêtes] , fabri, Art de rhét. liv. 1,^8),

dans LACURNE.

— ÉTYM. Drut; provenç. et espagn. brutal; ital. brutale.

IIRUTALEMENT (bru-ta-le-man), adv. Avec brutalité. Qui hait brutalement permet tout à sa haine, CORN. Perthar. i, 2, Reprenez tout ce sang de qui la lâcheté A si brutalement souillé la pureté, id. llor. V, <. Agamemnon déclare brutalement qu'il aime autant Briséis que son épouse parce qu'elle fait d'aussi beaux ouvrages, chateaub. Génie, ii, ii, <2.

— IlIST. XVI* s. Vray est que telles gens arguent trop brutalement, ou plustost abusent de l'ignorance des hommes, calv. Inst. 23.

— ÉTYM. Brutale, et lesuffixe ment.

BRUTALISÉ, ÉE (bru-ta-li-zé, zée), part, passé.

Maltraité. Cet apprenti brutalisé par son mattre.

BRUTALISER (bru-ta-li-zé), v. a. Traiter quelqu'un durement, grossièrement. Si l'on vous brutalise, e.M-ce ma faute à moi? regnard, Ilénechmes, II, 6. Il Mot du langage familier.

— ÉTYM. Brutal.

BRUTALITÉ (bru-ta-li-té), ». f. || 1° Caractère de la brute. Ils ne vivent pas comme des hommes, mais comme des bêles, en se laissant conduire à la brutalité de leurs appétits, BOUHOURS, ^oui;. rem. Esprit lâche et grossier, quelle brutalité Te fait juger en moi tant de crédulité? corneille, lléracl. iv, 6. Un homme qui, avec une impétuosité de prévention, une raideur de confiance, une brutalité de sens commun et de raison, donne au travers des purgations et des saignées, mol. Mal. imag. m, 3. || 2° Férocité, violence. C'est gloire de passer pour un cœur abattu Quand la brutalité fait la haute vertu, corn. Hor. IV, 4. Il 3" Passion brutale. Assouvir sa brutalité. Quand Dieu voulut sauver la ville de Béthulie, il tendit, dans la beauté de Judith, un piège imprévu et inévitable à l'aveugle brutalité d'Holopherne, boss. Reine d'Angl. || 4* Grossièreté, manque de savoir-vivre, de politesse. Il faut avouer, disait l'une d'entre elles, que les hommes d'aujourd'hui sont bien différents de ceux que nous voyions dans notre jeunesse; ils étaient polis, gracieux, complaisants; mais aujourd'hui je les trouve d'une brutalité insupportable, montesq. Lettres pers. 59. Il B° Action brutale. Combien de fois entreprit-il d'arrêter les efforts des ministres de l'impiété et les brutalités d'un peuple barbare par les seules armes de l'Êvangila, qui sont la douceur, la patience et la charité? fléch. l'anc'g. ii, p. 367. || Parole dure. Je suis las d'endurer ses brutalités.

— HIST. XVI' s. Ils trouveront là mille sentences, lesquelles pour le moins resveilleront leur brutalité, CALV. Inst. 44.

— ÉTYM. Brutal; ital. 6ri((oZi(d.

BRU1"E (bru-f), s. jT; La bête considérée dans ce qu'elle a de plus éloigné de l'iiomme. || C'est une brute, se dit d'un homme qui n'a ni esprit ni raison. Peut-être eût-il passé pour une brute jusqu'à l'âge de raison, j. J. rouss. Ém. u.

— ÉTYN. Féminin de britt, avec béte sous-entendu.

t BRUTIER (bru-tié), s. m. Oiseau de proie, que quelques naturalistes ne croient pas différent du butor, et qui ne peut être dressé pour la chasse.

— ÉTYM. Brut.

tBRUTlFIER (bru-ti-fié), v. a. Abrutir. || 11 ne s'écrit point, et ne se dit que dans le langage le plus familier.

— ÉTYM. IfruI, et le suffixe /ler, dérivé de /ocere, faire.

t BRUTUS (bru-tus'), s. m. Un brutus, se dit d'un républicain, en bonne et en mauvaise part.

— ÉTYM. Brutus, celui qui fut un des fondateurs de la république romaine et qui feignit d'être stupide (bru(Ms) (voy. brut); et aussi le second Brutus, celui qui fut parmi les meurtriers de César.

BRUYAMMENT (bru-ia-man; plusieurs disent brui-ia-man) , adv. Avec grand bruit. Louis, voici le temps de respirer les roses Et d'ouvrir bruyamment les vitres longtemps closes, v. hhgo, Voix intér. XIV.

— lliST. xvi* s. Endormy des eaux roulantes Bruyantement doux coulâmes, Po^ii'es de jaq. ta-

HUREAU, p. 243, dans LACURNE.

— ÉTYM. Bruyant, et le suffixe ment.

I. BRUYANT, ANTE (bru-ian, ian-t'; plusieurs disentbrui-ian), adj. \\ l''Oui faitdubruit. Musique bruyante. Agrippine jouit de leur bruyant hommage , H. I. CHÉN. Tib. l, 4. Ainsi, bruyante abeille, au retour du matin , Je vais changer en miel les délices du thym, A. cnÉN. Élég. 4. Loin de ce médisant infâme, Qui de l'imposture et du blâme Est l'impur et bruyant écho, GRESSET, Chartreuse. || Terme de chasse. Vol bruyant, se dit du vol de la colombe. || 2° Où il- se fait du bruit J'ai fui la ville aux muses si contraire; Sur les pavés poudreux d'un bruyant carrefour Les poétiques fleurs n'ont jamais vu le jour, A. ciiÉN. tÛg. 44. Fuyons leurs dieux, leurs mœurs et leurs bruyantes villes, volt. Hinos, m, (. || Un homme bruyant, un homme qui parle beaucoup ou qui parle d'une voix retentissante. Tous ces galants de cour dont les femmes sontfoUes, Sont bruyants dans leurs faits et vains dans leurs paroles, mol. Tartufe, m, 3. C'est un des bons convives que nous ayons; son humeur est douce et vive, sa gaieté n'est point bruyante, volt. l'Homme aux 40 écùs, Grande querelle.

— HIST. xiu* S. Et li bruiant [les torrents] de félonie me troblerent; ce furent li Jui,qui, ausi comme aiguë rade, couroient entour. Psautier, P'23. Etcomencierent à gieter grosses pierres et bruians qui confondoient quanques elles ataignoient, Chron. de Rains, 37. De l'ost s'en est issus tout soavet ambiant. Tout selon la rivière qui moult estoit bruiant, Ch. d'Ant. m, 632. || xiv* s. Il furent si espris du tonnoirre bruiant, Guescl. 10433. || xv s. Une très belle, gente et jeune dame, et du quartier du pays où elle se tenoit, la plus bruyante, la plus mignonne et plus renommée, louis h, Nouv. lxxxi. |1 xvi' s. Le diable vostre ennemi circuit comme un lyon bruyant, cerchant quelcun à dévorer, calv. Instit. tiB.

— ÉTYM. Participe présent du verbe bruire.

1 2. BRUYANT (bru-ian), t. m. Un des noms vulgaires du bruant jaune. || Bruyant-verdier, un des noms vulgaires du bruant commun.

— ÉTYM. Voy. BRUANT.

BRUYÈRE (bru-iê-r*; plusieurs disent brui-iô-r'), s. f. Il 1° Terme de botanique. Genre nombreux de la famille des éricacées. Les bruyères sont des arbrisseaux communs dans les montagnes et sur les terres incultes. Les bniyères ont un feuillage toujours vert. Il 2° Lieux, landes où croît la bruyère. Ombre vaine et semblable à la vapeur légère Qu'on voit au gré des vents errer sur la bruyère, ducis. Oscar, i, 2. Il 3° Terre de bruyère, espèce de terre formée par la décomposition des bruyères dans la couche superficielle du sol, et employée par les jardiniers à la culture de plusieurs plantes délicates. || Plantes de bruyère, plantes qui ne viennent que dans la terre de bruyère. || 4° Coq de bruyère, oiseau qui vit dans les bruyères et qui appartient au genre tétras. Le dXneryient; la délicate chère. L'oiseau du Phase et le coq de bruyère. De vingt ragoûts l'apprêt délicieux Charment le nez, le palais et les yeux, VOLT. Pue. i.

— HIST. XII* S. Qui tute hir larreit en bandun la rivière. De porcs etdeberbiz voidreient [videraient] labruiere. Th. le mart. (64. || xin* s. Nient plus qu'en prés fleuris semble gaste bruiere, Berte, xii. Moût [nous] sommes en bel pré mis de pauvre bruiere, ib. cxxx. Lor anemis estoient près d'aus [d'eux], dejouste une bruiere, u. de valenc. vi. Par un malin d'un vendredi Issi Renart de sa tesniere. Si s'eslessa par la bruiere, Ren. i30oo. || ivi* s.

Les premiers mettoient pied à terre dans la bruere et menoient leurs chevaux par la bride, d'xub. Hist. II, 2DI.

— ÉTYM. Berry, bruere, breu, bru, bruée, bernée, beruère; picard, breviére; catal. bruguera, ital. brughiera; milanais, brug; génois, brûgoi bas-lat. brtigarto; du celtique :kymri, brwg , buisson ; bas-bret. bruk, brug, brugen; gaé!. fraoch.

t BRYACÉ, ÊE (bri-a-sé, sée), adj. Terme de botanique. Qui a rapport aux mousses. || S.f.plur. Les bryacées, plantes du genre des mousses, qui viennent sur le chêne.

— ÉTYM. Bryon.

t BRYOÏDES (bri-0-i-d*), t. f. plur. Le même que les bryacées.

— ÉTYM. Bryon, et eWoç, forme.

t BRYOLOGIE (l)ri-o-lo-jie), «. f. Partie de id botanique qui traite de la classe des mousses et hépatiques (muscinées).

— ÉTYM. Bpûov, mousse, et/ôfo;, traité.

BRYON (bn-on), s. m. Mousse qui s'attache à l'é-

corce des arbres.

— ÉTYM. Bpûov, mousse.

BRYONE (bri-o-n'), s. f. Terme de botanique. Plante de la famille des cucurbitacées (bryonia ifioica, L). X trop forte dose la bryone agit comme les poisons végétaux acres.

— ÉTYM. BpuûvT).

tBRYONINE(bri-o-ni-n'), s. /•. Terme de chimie. Principe trouvé dans la bryone.

t BRYOPUILE (bri-o-fi-l'), adj. Terme de boUnique. Se dit des végétaux qui se plaisent parmi ou sous les mousses.

— ÉTYM. Bpuov, mousse, et ç!).o;, ami.

BU, BUE (bu, bue) . part, passé du verbe boire. Le vin tiré et bu. || Santé bue, coup bu en l'honneur d'une personne. Ne croyez pas que votre santé ne soit point bue ici, s6v. 75. || Fig. U a toute honte bue, il n'a honte de rien. || Trop bu, s. m. Sorte de droit sur les boissons.

t BUADE (bu-a-d'), s. f. Terme de manège. Mors à longues branches droites.

BUANDERIE (bu-an-de-rie), s. f. Lieu où l'on fait la buée, la lessive.

— inST. XVI* s. Fournil, buanderie, garde manger.... 0. DE SERRES, 20.

— ÉTYM. Buée.

BUANDIER, 1ÈRE (bu-an-di<5, diê-r'), s. m. et f. Celui, celle qui fait le premier blanchiment des toiles neuves. || Buandière, la femme chargée des lessives dans les grands établissements.

— HIST. XVI* s. Tu laves ta lessive, dit l'eve^que? es-tu devenu buandier? est-ce Testât d'ua prestre? DESPER. Contes, 36.

— • ÉTYM. Buée.

BUBALE (bu-ba-l'), s. m. Terme d'histoire nalurelle. Nom vulgaire de l'antilope bubale.

— ÉTYM. Bubalus, de poOêaXo;.

BUBE (bu-b'), s. f. Bouton, ampoule qui vient sur la peau.

— HIST. XIII* s. Et s'el n'a mains bêles et netes Ou de sirons ou de bubetes, Gart que lessier ne les i vueille. Face les oster à l'agueille, la Rose, 4352S. Ou ses mains en ses gans repoingne [qu'il mette]; Sin'f perra [paraîtra] bube ne roingne, «6. (3532. Il xvi* s. La cause de ces hydropisies est l'imbécillité des facultés, principalement alteratrice et concoctrice du foye, provenante des petites bubes pleines d'eau qui s'engendrent en la membrane qui l'enveloppe, paré, vi, tt. Ces oignons prohibent qu'il ne se procrée bubes ou vessies, id. x, ». Le ceneau n'est fait de sang comme les autres bubes [bulles, ampoules fœtales] et autres parties, m. XVIII, to. Faisant eslever petites bubes d'eau comme perles, id. J/um. et Lie. Védic.

— ÉTYM. Provenç. buba ; espagn. buba et bua; porlug. bouba ; mot tiré de bubon (voy. ce mol).

BUBON (bu-bon), s. m. Terme de médecine. Tumeur inflammatoire, siégeant dans les ganglions lymphatiques sous-cutanés. || Bubon sympathique, bubon produit par l'irritation qui, d'une partie enflammée ou ulcérée, s'est propagée jusqu'aux ganglions lymphatiques. || Bubon pestilentiel, bubon qui est un des phénomènes de la peste d'Orient. Il Bubon scrofuleux, bubon dû à une irritation scrofuleuse. Il Bubon syphilitique, bubon causé par l'infection syphilitique.

— HIST. XVI* s. Bubo, ainsi nommé parce que les apostumes qui viennent es cavités des aines et aiscelles des malades, y sont cachées, comme le hibou es creux des arbres, pare, Introd. 2i. Il chasse ledit virus aux aisnes, et fait apostemes appellées bubons, vulgairement poulains, id. xvi, f.

nue

— fiTYM. BovSùv, tumeur, proprement aine, parce que ces tumeur» viennent souvent aux aines. L'étyniologio donnée par Paré est chimérique.

DUDONOCPXK (bu-bo-no-sW), *. m. Terme de chirurgie. Ilemie inguinale.

— REM. Il serait mieux de faire ce mot féminin comme presque tous ceux qui sont composés avec le nom féminin xriXri, tumeur. Il est toujours loisible de rectifier les erreurs commises à propos d'un nom scientifique, auquel manque l'u.sago populaire.

— BTYM. Bou6ùv, aine (voy. bubon), et xrjXri, tumeur.

t BCCAILLE (bu-kâ-11', U mouillées), s. f. Blé sarrasin.

— HlST. XVI' s. Le millet sarrazin en est une autre espèce que l'on appelle bucail; il a la paille

rouge, CL. DE SERRES, HO.

— ÊTYM. D'après Olivier de Serres, de bockent, nom qu'on donnait de son temps, en Hollande, au blé sarrasin.

t BCC'AnDE(bu-kar-d'), s. f. Terme de zoologie. Coquille en forme de cœur de bœuf qui loge un mollusque.

— ÊTYM. Boûî, boeuf, et xopôta, creur.

t BUCARDIER (bu-kar-dié) , s. m. Nom du mollu.sqno logé dans la bucarde.

t BUCARDITE (bu-kar-di-f), s. f. Terme de minéralogie. IJucarde pétrifiée.

BUCCAL, ALE (bu-kkal, kka-l'), adj. Terme d'anatomio. Qui appartient à la bouche, et particulièrement à la face interne des joues. Les muscles buccaux II En grammaire grecque, les lettres buccales, et, substantivement, les buccales, le premier ordre des muettes (p, n, f).

— ÊTYM. Succalis, de bucca bomae (voy.

bouche).

t BUCCELLAIRE (bu-ksèl-lê-r'^ ou 5UCCELLÊ, IvE (l)u-ksèl-l6, lée), adj. Terme inutoi-a naturelle. Qui est en forme de petite bouche; qui est muni d'une petite bouche.

— ÊTYM. Bitccella, diminutif de bucca, bouche.

BUCCIN (bu-ksin), *. m. Terme d'histoire naturelle. Coquille univalve tournée en spirale, ayant la forme d'un cornet, et où loge un genre de mollusques. Palissy a cru que les mines calcaires de Touraine étaient des couches de buccins, volt. Colim. 3.

— HlST. XVI* s. n m'avoit fait présent de deux coquilles bien grosses, sçavoir est, de la coquille d'un pourpre, et l'autre d'un buxine, lesquelles avoient esté apportées de la Guinée, palissï, H8.

— ÊTYM. Buccinum, de buccina, cornet, trompette, ainsi dit à cause de sa forme; buccina vient de buaa, bouche (voy. bougée).

t BUCCINAL, ALE (bu-ksi-nal, na-l'), adj. Qui est en forme de trompette, de buccin.

— ÊTYM. Buccin.

BUCCINATEUR (bu-ksi-na-teur) , adj. m. Terme d'anatomie. Le muscle buccinateur ou, substantivement, le buccinateur, muscle situé dans la joue, et servant soit à mAcher, soit à soufller.

— IIIST. XVI' s. ô bienheureux adolescent, qui as (rouvé un tel buccinateur [trompette] de tes louanges, DUBELL. 1, 27, reeto.

— ÊTYM. Biiccinator, de bucnnare, souffler dans urtc trompette, de bucciim, trompette, de bucco, bouche (voy. bouche).

t BUCCINÊS (bu-ksi-né), t. m. plur. Terme de zoologie. Nom d'une famille de mollusques gastéropodes habitant la coquille buccin.

— ÊTYM. Buccin.

tBUCCINlER (bu-ksi-nié), *. m. Le mollusque vivant dans le buccin.

t BUCCINITE (hu-ksi-ni-f), s. f. Buccin pétrifié.

t BUCaVLABUL, ALE (bu-kko-Ia-ci-a., a-l'), adj. Tenue d'anatomie. Qui a rapport a ia uviche et aux lèvres.

— ÊTYM. Bucca, bouche, et labial.

tBUCCO-PHARYNGIEN, lENNE (bu-kko-fa-rin-

jiin, jiè-n'), od;. Terme d'anatomie. Qui a rapport à la bouche et au pharynx.

— ÉTYM. Bucca, bouche, et pharyngien.

BUCENTAURE (hu-san-to-r'), s. m. || 1° Vt;seau

de cérémonie que montait le doge de Venise quand il épousait la mer. || i' Sorte de navire k rames usité anciennement dans les mers d'Italie.

— ÊTYM. liai, buctntoro, bueintoro; de fitÂii, bœuf, etxéytaupo;, centaure; sans doute à cause de la teprésentation d'un centaure i, corps de bœuf. Copendant on a cherché d'autres étymologie», qui ne paraissent pas mériter d'être rapportées ici.

BUCÊPHALE (bu-.é-fa.|'), ,. m. Cheval d'Alexandre. Il Par analogie, cheval de parnde ou de bataille. l\ Par «ntipbra^, mauvaise rosse.

BÛC

— REM. On a quelquefois écrit bueéphal, comme St-Gelais en ces vers sur le cheval que montait François 1": Joli, gentil petit cheval. Bon à monter, IJon à descendre. Sans que tu sois un bueéphal, Tu porles plus grand qu'Alexandre, dans d'olivet, Prosodie fr. art. m, n' 6.

— ÊTYM. Bouxéç<«>oc, de poù;,bœur (voy. bœop), et xeçaXri, tête (voy. céphauque); à cause que la tête du cheval d'Alexandre avait quelque ressemblance avec celle du bœuf.

bCchE (bû-ch') , s. f. Il 1° Morceau de bois taillé pour le chauffage. Bûche de Noël, grosse souche de bois qu'on met au feu la veille de No61, et qui doit durer toute la nuit, parce que c'était autrefois la coutume de veiller la nuit de Noël pour assister à la messe de minuit et, plus tard, à celle de l'aurore. Il Fig. et familièrement, personne stupide, lourde. Cet homme est une vraie bûche. || U ne se remue non plus qu'une bûche, il n'a pas la moindre activité. Et l'on demande l'heure, et l'on bâille vingt fois Qu'elle s'émeut autant qu'une bûche de bois, MOL. Mis. II, B. Il 2° Par extension, bûche de charbon de terre. || Bûche économique, espèce de brique préparée avec de l'anthracite en poudre, de la houille et un peu d'argile. || 3" Terme d'horticulture. La tige des orangers étêtés qui viennent de Provence et de Gênes. || 4° Établi du tréfileur, de l'épinglier. || Barre de fer dont se sert le verrier. Il Jauge pour régler l'épaisseur des pains de savon.

— IIIST. XII' s. E les jugs [jougs] des boes pren pur busche pur fairesacrese, Hois, 2i9. || xiii* s. Li fenix quiert la buisse et le sarment. Par quoi il s'art et giete hors de vie, Thibaut, Chansons, dans lacuRNE. Elle en la buscherieprentladisisme [dixième] boise, Berte, uni. X Paris tj'] emportoie chaume, busche et estain, ib. lxxiii. Et pour ce que en aucun temps, bûche, charbon sont plus chiers une fois que autre, se aucun se douloit, atrenpement convenable y sera mis par prevost de Paris, Liv. des met. 489. Et 11 feus fu tost alumez, Qu'il orent bûche à grant plenté, Ben. »25. Si comme il avient que uns gentix bons ou une meson de religion a es iKJS d'un segneur une caretée de buce le jor, et il en envoie querre deus ou trois, beaum. xxiv, <6. N'ai pas busche de chesne, huteb 7. Nobles ne set engin ne art. Ne qu'uns des asnes de Senart Qui busche porte, ib. 199. Luxure est un pechiés que glotonnie aluche, Et si le faitOamber plus cler que seiche bûche, j. de meuno, Test. (760. || xiV s. [Qu'ils] abatissent arbres et noyers, pommiers et tout ce qu'ils trouveroient de bûche, Chr. de Saint- Denys, t. ii, P" 68, dans lacorne. || xv s. C'est à entendre que ils doivent [les serfs anglois] de droit et par coutume.... la busche couper et amener à l'hostel et toutes telles corvées, fhoiss. u, il, io«. L'autre dit : ce n'est qu'un monstre Et ainsi que busche vestue ; Or ne fait rien et si se tue, eust. deschamps. Poésies mss. f°6ta, col. 3, dans lacurne. Il xvi' s. Il devint sec comme une busche, et son ventre creux comme une lanterne, df.sper. Contes, Lxxv. Des souliers de busche [sabots] , ib. lxxxi.

— ÊTYM. Wallon, boiehe; rouchi, baisse; provenç. busca; sicil. vusca; de même radical que bois (voy. ce mot).

BOCHÉ, ÉE (bu-ché, chée), part, passé. Pierre bûchée.

t bCCHEMENT (bu-che-man), s. m. 1erme de maçon. Action d'enlever une partie de pierre faisant saillie.

— ÊTYM. Bûcher 2.

i. BOcuer (bu-ché; l'rne se lie jamais; au pluriel l'j se lie : des bu-ché-z allumés), s. m. || 1° Lieu où l'on serre le bois à brûler. || 2° Amas de bois .sur lequel les anciens mettaient les morts pour les brûler. Cet époux si cher A-t-il reçu de toi les honneurs du bûcher? corn. Pomp. v, t. Romains, priverez-vous des honneurs du bûcher Ce père, cet ami qui vous était si cher? volt. M. de Ces. m, 8. Déjà Troie en alarmes Redoute mon bûcher et frémit de vos larmes, bac. Iphig. v, a. Sur un autel sanglant l'afTreux bûcher s'allume, La foudre dévorante aussitôt le consume, j. b. rouss. Cantate, Circé. Il fait de tous ces arbres un bûcher sur le sommet de la montagne, fén. Tél. xv. || 3° Amas de bois sur lequel on brûlait les personnes condamnées au feu, les livres réprouvés. Un tribunal impuissant Au bûcher livra î'Êmile, bérano. U use en fuite. Il Fig. File avait dressé de ses propres mains le bûcher où elle devait consommer son sacrifice, FLÉCH. Ifar. Th.

— IIIST. xYi' s. Une petite garse qui couchoit au btischcr, s'en aperçut, obspkb. Contes, xxxi.

— CTYM. Biche.'

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